Imprimer
CS/12853
2 juin 2017
7958e séance – après-midi

RPDC: le Conseil de sécurité condamne le développement d’armes nucléaires et de missiles balistiques, en sanctionnant d’autres individus et entités

Très profondément préoccupé de constater que les activités relatives aux programmes d’armes nucléaires ou de missiles balistiques de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ont aggravé les tensions dans la région et au-delà, le Conseil de sécurité a lancé, cet après-midi, un nouvel avertissement à ce pays en décidant d’ajouter plusieurs individus et entités sur la liste des sanctions prévues par sa résolution 1718 (2006).

En adoptant à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 2356 (2017), présentée par les États-Unis, le Conseil de sécurité condamne dans les termes les plus énergiques les activités de développement d’armes nucléaires et de missiles balistiques, y compris la série de lancements de missiles balistiques et d’autres activités, menées par la RPDC depuis le 9 septembre 2016, au mépris flagrant de ses résolutions.

Le Conseil décide que le gel des avoirs décidé par sa résolution 1718 (2006) s’applique à 14 individus et quatre entités supplémentaires dont la liste figure dans les annexes I et II de la résolution adoptée aujourd’hui, ainsi qu’à toute personne ou entité agissant pour leur compte ou sur leurs instructions.  Il décide également que l’interdiction de voyager s’applique aux personnes visées dans l’annexe I.

De plus, le Conseil réaffirme qu’il importe de maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne et dans l’ensemble de l’Asie du Nord-Est.

« Le Conseil de sécurité envoie un message clair à la Corée du Nord », a résumé la représentante des États-Unis.  « Arrêtez vos tirs de missiles balistiques ou vous aurez à en tirer les conséquences », a-t-elle mis en garde.  Selon elle, les provocations de la RPDC constituent une menace directe pour de nombreux pays, dont les États-Unis, le Japon et la République de Corée.

« Cette résolution n’est pas un but en soi », a expliqué son homologue du Japon, en disant que son pays était prêt à relancer le dialogue, « à condition que la Corée du Nord soit prête à prendre des mesures concrètes pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne ».  À défaut, le Japon n’aurait pas d’autre choix que d’augmenter la pression.

La Chine, en tant que voisine de la RPDC, a toujours été en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, de la suspension d’activités de tirs balistiques de la RPDC et de la fin des exercices militaires des États-Unis dans la péninsule coréenne, a déclaré le représentant chinois.

Le représentant de la Fédération de Russie a apporté une précision en faisant remarquer que, « s’il est évident que Pyongyang viole des résolutions du Conseil de sécurité, la RPDC ne fournit pas d’armes de destruction massive à des acteurs non étatiques ».  « Le Conseil de sécurité n’a pas le droit à l’erreur », a-t-il prévenu, en lui enjoignant d’utiliser des données factuelles et des preuves.  Le représentant russe n’a en outre pas caché sa perplexité face à l’adoption de sanctions supplémentaires par les États-Unis qui visent des ressortissants et trois entreprises russes. 

« Devant la gravité et l’urgence de la menace, l’une des menaces les plus aiguës à la paix et à la sécurité internationales, il était urgent que le Conseil marque sa préoccupation et réaffirme son autorité », a pourtant estimé le représentant de la France.

« De telles provocations de la part de la RPDC, en violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, ne peuvent être excusées et exigent une réponse déterminée », a renchéri le représentant de la République de Corée.  Il a rappelé que la RPDC avait effectué des tirs de missiles balistiques sur une base quasi hebdomadaire depuis l’investiture du nouveau Gouvernement à Séoul le 10 mai 2017. 

NON-PROLIFÉRATION/RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE

Texte du projet de résolution (S/2017/472)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions antérieures sur la question, y compris les résolution 825 (1993), 1540 (2004), 1695 (2006), 1718 (2006), 1874 (2009), 1887 (2009), 2087 (2013), 2094 (2013), 2270 (2016) et 2321 (2016), ainsi que les déclarations de son Président en date du 6 octobre 2006 (S/PRST/2006/41), 13 avril 2009 (S/PRST/2009/7) et 16 avril 2012 (S/PRST/2012/13),

Réaffirmant que la prolifération des armes nucléaires, chimiques et biologiques et de leurs vecteurs constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales,

Se déclarant vivement préoccupé de constater que la République populaire démocratique de Corée a continué de violer ses résolutions pertinentes en effectuant des essais et des tirs répétés de missiles balistiques et constatant que toutes ces activités liées aux missiles balistiques concourent à la mise au point par la République populaire démocratique de Corée de vecteurs d’armes nucléaires et exacerbent la tension dans la région et au-delà,

Se déclarant très préoccupé de constater que les ventes d’armes effectuées par la République populaire démocratique de Corée ont généré des revenus qui sont détournés au profit des programmes d’armes nucléaires et de missiles balistiques alors que les besoins des citoyens de ce pays sont très loin d’être satisfaits,

Se déclarant très profondément préoccupé de constater que les activités relatives aux programmes d’armes nucléaires ou de missiles balistiques de la République populaire démocratique de Corée ont aggravé les tensions dans la région et au-delà, et considérant que la paix et la sécurité internationales continuent d’être manifestement menacées,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, et prenant des mesures prévues à son Article 41,

1.    Condamne dans les termes les plus énergiques les activités de développement d’armes nucléaires et de missiles balistiques, y compris la série de lancements de missiles balistiques et d’autres activités, menées par la République populaire démocratique de Corée depuis le 9 septembre 2016, au mépris flagrant de ses résolutions;

2.    Réaffirme ses décisions, selon lesquelles la République populaire démocratique de Corée: doit abandonner toutes armes nucléaires et tous programmes nucléaires existants de façon complète, vérifiable et irréversible, et cesser immédiatement toutes les activités qui y sont liées; ne procédera à aucun nouveau tir recourant à la technologie des missiles balistiques ou essai nucléaire et s’abstiendra de toute autre provocation; doit suspendre toutes activités liées à son programme de missiles balistiques et rétablir dans ce contexte les engagements qu’elle a précédemment souscrits en faveur d’un moratoire sur les tirs de missiles; doit abandonner tous autres programmes existants d’armes de destruction massive et de missiles balistiques, de façon complète, vérifiable et irréversible;

3.    Rappelle les mesures prévues au paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006), telle que modifiée par les résolutions ultérieures, et décide que les mesures énoncées à l’alinéa d) du paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) s’appliquent aux personnes et entités dont la liste figure dans les annexes I et II à la présente résolution, ainsi qu’à toute personne ou entité agissant pour leur compte ou sur leurs instructions, et aux entités qu’ils possèdent ou contrôlent, y compris par des moyens illicites, et que les mesures énoncées à l’alinéa e) du paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) s’appliquent aux personnes dont la liste figure dans l’annexe I à la présente résolution, ainsi qu’aux personnes agissant pour leur compte ou sur leurs instructions;

4.    Réaffirme qu’il importe de maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne et dans l’ensemble de l’Asie du Nord-Est, exprime son attachement à un règlement pacifique, diplomatique et politique de la situation, se félicite des efforts que font les membres du Conseil ainsi que d’autres États pour faciliter un règlement pacifique et global par le dialogue et souligne qu’il importe de s’employer à réduire les tensions dans la péninsule coréenne et au-delà;

5.    Décide de rester saisi de la question.

Annexe I

Interdiction de voyager ou le gel des avoirs (individus)

1.    U CHO IL

a.    Désignation: Directeur du cinquième Bureau du Bureau général de reconnaissance. Cho serait chargé des opérations d’espionnage et du recueil de renseignement à l’étranger pour le compte de la République populaire démocratique de Corée.

b.    Autres noms connus: Cho Il Woo

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 8 mai 1945; lieu de naissance: Musan, Province de Hamgyo’ng du Nord, République populaire démocratique de Corée; nationalité: nord-coréenne; passeport no 736410010;

2.    CHO YON CHUN

a.    Désignation: Vice-Directeur du Département de l’organisation et de l’orientation, qui supervise les nominations aux postes clefs du Parti du travail et de l’armée de la République populaire démocratique de Corée.

b.    Autres noms connus: Jo Yon Jun

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 28 septembre 1937; nationalité: nord-coréenne

3.    CHOE HWI

a.    Désignation: Premier Vice-Directeur du Département de la propagande et de l’agitation du Parti du travail de Corée, qui contrôle tous les médias de la République populaire démocratique de Corée et que le Gouvernement utilise pour contrôler le public.

b.    Autres noms connus: s.o.

c.    Éléments d’identification: année de naissance: 1954 ou 1955; nationalité: nord-coréenne sexe: masculin; adresse: République populaire démocratique de Corée

4.    JO YONG-WON

a.    Désignation: Vice-Directeur du Département de l’organisation et de l’orientation, qui supervise les nominations aux postes clés du Parti du travail et de l’armée de la République populaire démocratique de Corée.

b.    Autres noms connus: Cho Yongwon

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 24 octobre 1957; nationalité: nord-coréenne; sexe: masculin; adresse: République populaire démocratique de Corée

5.    KIM CHOL NAM

a.    Désignation: Président de la Kumsan Trading Corporation, entreprise coréenne chargée d’acquérir du matériel pour le Bureau général de l’énergie atomique et qui sert de moyen de faire rentrer de l’argent en République populaire démocratique de Corée.

b.    Autres noms connus: s.o.

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 19 février 1970; nationalité: nord-coréenne; passeport no 563120238; adresse: République populaire démocratique de Corée

6.    KIM KYONG OK

a.    Désignation: Vice-Directeur du Département de l’organisation et de l’orientation, qui supervise les nominations aux postes clés du Parti du travail et de l’armée de la République populaire démocratique de Corée.

b.    Autres noms connus: Kim Kyong Ok

c.    Éléments d’identification: année de naissance: 1937 ou 1938; nationalité: nord-coréenne; adresse: Pyongyang (République populaire démocratique de Corée)

7.    KIM TONG-HO

a.    Désignation: Représentant au Vietnam de la Tanchon Commercial Bank, principale entité financière de la République démocratique de Corée pour les ventes d’armes et de missiles.

b.    Autres noms connus: s.o.

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 18 août 1969; nationalité: nord-coréenne; passeport no 745310111; sexe: masculin; adresse: Vietnam

8.    MIN BYONG CHOL

a.    Désignation: Fonctionnaire du Département de l’organisation et de l’orientation, qui supervise les nominations aux postes clefs du Parti du travail et de l’armée de la République populaire démocratique de Corée.

b.    Autres noms connus: Min Pyo’ng-ch’o’l, Min Byong-chol, Min Byong Chun

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 10 août 1948; nationalité: nord-coréenne; sexe: masculin; adresse: République populaire démocratique de Corée

9.    PAEK SE BONG

a.    Désignation: Paek Se Bong est ancien Président du deuxième Comité économique, ancien membre de la Commission de défense nationale, et ancien Vice-Directeur du Département de l’industrie des munitions

b.    Autres noms connus: s.o.

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 21 mars 1938; nationalité: nord-coréenne

10.   PAK HAN SE

a.    Désignation: Vice-Président du deuxième Comité économique, qui supervise la production des missiles balistiques de la République populaire démocratique de Corée et dirige les activités de la Korea Mining Development Corporation, premier marchand d’armes du pays et principal exportateur d’articles et de matériels destinés à la fabrication de missiles balistiques et d’armes classiques.

b.    Autres noms connus: Kang Myong Chol

c.    Éléments d’identification: nationalité: nord-coréenne passeport no 290410121; adresse: République populaire démocratique de Corée

11.   PAK TO CHUN

a.    Désignation: Pak à Chun est ancien Secrétaire du Département de l’industrie des munitions et actuellement conseiller aux affaires relatives aux programmes nucléaires et de missiles. Il est ancien membre de la Commission des affaires publiques et membre du Bureau politique du Parti du travail de Corée.

b.    Autres noms connus: Pak Do Chun

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 9 mars 1944; nationalité: nord-coréenne

12.   RI JAE IL

a.    Désignation: Vice-Directeur du Département de la propagande et de l’agitation du Parti du travail de Corée, qui contrôle tous les médias de la République populaire démocratique de Corée et que le Gouvernement utilise pour contrôler le public.

b.    Autres noms connus: RI, Chae-Il

c.    Éléments d’identification: année de naissance: 1964; nationalité: nord-coréenne

13.   RI SU YONG

a.    Désignation: Fonctionnaire de la Korea Ryonbong General Corporation, entreprise spécialisée dans l’approvisionnement du secteur de la défense de la République populaire démocratique de Corée et l’appui aux ventes militaires de Pyongyang. Les achats qu’il fait viennent aussi probablement en appui au programme d’armes chimiques de la République populaire démocratique de Corée.

b.    Autres noms connus: s.o.

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 25 juin 1968; nationalité: nord-coréenne; passeport no 654310175; sexe: masculin; adresse: Cuba

14.   RI YONG MU

a.    Désignation: Ri Yong Mu est Vice-Président de la Commission des affaires publique, qui dirige et oriente toutes les affaires militaires, de défense et de sécurité de la République populaire démocratique de Corée, y compris les achats et la passation de marchés.

b.    Autres noms connus: s.o.

c.    Éléments d’identification: date de naissance: 25 janvier 1925; nationalité: nord-coréenne

Annexe II

Entités visées par le gel des avoirs

1.    KANGBONG TRADING CORPORATION

a.    Désignation: La Kangbong Trading Corporation a vendu, fourni, transféré ou acheté, directement ou indirectement, à destination ou en provenance de la République populaire démocratique de Corée, du métal, du graphite, du charbon ou des logiciels, chaque fois que le produit ou les marchandises reçues pouvaient représenter un profit pour le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée ou le Parti du travail de Corée. La Kangbong Trading Corporation est placée sous la tutelle du Ministère des forces armées populaires.

b.    Autres noms connus: s.o.

c.    Adresse: République populaire démocratique de Corée

2.    KOREA KUMSAN TRADING CORPORATION

a.    Désignation: La Korea Kumsan Trading Corporation appartient au Bureau général de l’énergie atomique qui supervise le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée; elle opère sous son contrôle, agit ou prétend agir, directement ou indirectement, pour le compte du Bureau ou en son nom.

b.    Autres noms connus: s.o.

c.    Adresse: Pyongyang (République populaire démocratique de Corée)

3.    KORYO BANK

a.    Description: La Koryo Bank opère dans le secteur des services financiers de l’économie de la République populaire démocratique de Corée et est associé aux bureaux 38 et 39 du programme d’armement coréen.

b.    Autres noms connus: s.o.

c.    Adresse: Pyongyang (République populaire démocratique de Corée)

4.    Forces balistiques stratégiques de l’Armée populaire coréenne

a.    Désignation: Les Forces balistiques stratégiques de l’Armée populaire coréenne sont chargés de tous les programmes de missiles balistiques de la République populaire démocratique de Corée et est des lancements de SCUD et de NODONG.

b.    Autres noms connus: Forces balistiques stratégiques Commandement des forces balistiques stratégiques de l’Armée populaire coréenne Forces stratégiques Forces stratégiques

c.    Adresse: Pyongyang (République populaire démocratique de Corée)

Déclarations

« Le Conseil de sécurité envoie un message clair à la Corée du Nord », a déclaré Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis).  « Arrêtez vos tirs de missiles balistiques ou vous aurez à en tirer les conséquences », a-t-elle mis en garde.  Selon elle, les provocations de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) constituent une menace directe pour de nombreux pays, dont les États-Unis, le Japon et la République de Corée.  « Chaque missile pourrait frapper un navire ou un avion et causer des pertes civiles », a-t-elle noté en regrettant que la RPDC choisisse toujours et encore la voie de l’escalade.

Le Conseil de sécurité a demandé à la Corée du Nord d’arrêter ses essais, a rappelé la représentante.  Les États-Unis travaillent d’arrache-pied pour que la communauté internationale n’accepte jamais les violations et la mise au point d’armes de destruction massive par la Corée du Nord, a-t-elle assuré.  « Nous continuerons de mettre la pression car il s’agit d’une menace mondiale qui exige une riposte mondiale. »

La représentante a conseillé de couper toute ligne diplomatique, de cesser tout commerce illicite, de s’attaquer aux réseaux de contrebande et d’assécher les sources de financement.  Si les États-Unis continuent de chercher des solutions pacifiques, il appartient avant tout à la Corée du Nord de respecter ses obligations, a-t-elle souligné.  

« Notre objectif, ce n’est pas un changement de régime », a-t-elle assuré.  « Nous n’avons jamais fermé la porte au dialogue », a-t-elle rappelé en expliquant que toutes les options étaient sur la table.  Réaffirmant l’engagement des États-Unis envers la sécurité de son pays et de ses alliés, elle a estimé que c’était à la Corée du Nord de prendre cette décision.

M. LIU JIEYI (Chine) a indiqué que son pays est opposé aux tirs de missiles balistiques par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  Il a appelé toutes les parties à mettre pleinement en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité relatives à ce pays et à promouvoir la paix par les voies politiques.  « Il y a des possibilités qui s’offrent à nous pour essayer de trouver une solution », a-t-il expliqué en soulignant l’obligation de toutes les parties concernées de faire preuve de retenue afin de rétablir la confiance.  La Chine, en tant que voisine de la RPDC, a toujours été en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, de la suspension d’activités de tirs balistiques de la RPDC et de la fin des exercices militaires des États-Unis dans la péninsule coréenne. 

M. KORO BESSHO (Japon) a salué le rôle joué par les États-Unis pour cette résolution.  Déplorant que la Corée du Nord ait effectué des tirs de missiles en violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité pendant trois semaines consécutives, il a jugé ce comportement « inacceptable ».  Il y a eu huit tirs au total cette année, a-t-il noté en regrettant que la Corée du Nord fasse fi de la volonté de la communauté internationale.

D’après le représentant japonais, ces provocations à répétition entravent les efforts internationaux visant à régler les problèmes liés au programme nucléaire et balistique nord-coréen et représentent une menace directe pour le Japon et la région, et même au-delà.  La résolution adoptée aujourd’hui envoie un message clair selon lequel « ces tirs ont des conséquences ».

Cette résolution n’est pas un but en soi, a assuré le représentant en disant que son pays était prêt à relancer le dialogue, « à condition que la Corée du Nord soit prête à prendre des mesures concrètes pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne ».  Sinon, a-t-il mis en garde, « cela ne nous laisse pas d’autre choix que d’augmenter la pression ».

M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a condamné les tirs de missiles de la RPDC en invitant ce pays à cesser de telles activités.  L’Italie, en tant que membre du Comité de sanctions sur la RPDC, souligne l’importance du régime de sanctions pour que les dirigeants mesurent la détermination de la communauté internationale.  Cependant, a précisé le représentant, ces sanctions doivent être un outil de pression et ne pas être considérées comme une fin en soi.  Les conséquences négatives sur les populations doivent en effet être évitées.  Le représentant a expliqué que l’objectif des sanctions devait rester de provoquer un changement de mentalité des autorités afin d’arriver à une solution durable pour la péninsule coréenne.

« Les tirs de missiles balistiques de la RPDC sont inadmissibles », a lancé M. VLADIMIR K. SAFRONKOV (Fédération de Russie) en les qualifiant de menace à la sécurité des transports et des vies humaines dans la région.  Toutefois, a-t-il ajouté, s’il est évident que Pyongyang viole des résolutions du Conseil de sécurité, elle ne fournit pas des armes de destruction massive à des acteurs non étatiques.  Il a estimé à cet égard que la résolution 1540 (2004) devait permettre avant tout une coopération entre États, dans le but d’éviter que les armes de destruction massive ne se retrouvent entre les mains d’acteurs non étatiques.  Or, a-t-il remarqué, « des pays sont réticents à certains arguments présents dans cette résolution ».  

« Le Conseil de sécurité n’a pas le droit à l’erreur », a prévenu le représentant russe en lui enjoignant d’utiliser des données factuelles et des preuves.  Aujourd’hui, a-t-il argumenté, il n’existe aucune preuve que Pyongyang mette au point des armes biologiques ou chimiques.  La RPDC est membre de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) qui n’a pas remis en cause la démarche de la RPDC, a-t-il ajouté.  Il a aussi rappelé que la RPDC avait appelé la Malaisie à mener une enquête sur l’assassinat de Kim Jong-nam, et que les résultats définitifs de l’investigation n’avaient pas encore été publiés.

Le représentant n’a pas caché sa perplexité face à l’adoption de sanctions supplémentaires par les États-Unis qui visent des ressortissants et trois entreprises russes.  Il a dénoncé « la politique du bâton » et estimé que cette dernière décision ne contribuerait en rien à régler la situation dans la péninsule coréenne.

Le représentant a critiqué ces « mesures controversées qui ne font que rendre plus difficile la normalisation du dialogue ».  Il a averti que « la logique de la confrontation aurait des répercussions négatives ».  Par contre, il a jugé « raisonnable » la proposition chinoise sur un double gel des essais nucléaires et balistiques de la RPDC, d’une part, et du déploiement des systèmes de défense américains et sud-coréens, d’autre part.

Les sanctions contre la RPDC ne devraient pas avoir d’effet sur sa population, a-t-il en outre estimé.  Il a encore dénoncé l’activité militaire accrue de certains États d’Asie du Nord-Est, ainsi que le déploiement d’éléments de défense antimissile américains qui va déséquilibrer la région.  Il a appelé les États-Unis et la République de Corée à réfléchir aux effets à long terme d’un tel déploiement.  Aujourd’hui, a-t-il conclu, « il est plus important que jamais de trouver une solution politique à cette crise ».

M. PETER WILSON (Royaume-Uni) a expliqué que face aux comportements empreints de belligérance des autorités nord-coréennes, la communauté internationale était obligée d’agir avec fermeté.  Avec chaque tir de missile, la RPDC méprise la sécurité internationale, a-t-il affirmé.  À son avis, l’action et le discours du régime montrent bien qu’il entend poursuivre son programme de tirs.  La communauté internationale doit donc lui montrer qu’il y aura des conséquences à ses actes. 

Reconnaissant que les sanctions sont sévères, le représentant britannique a précisé qu’elles sont censées exercer une pression sur un régime qui mène des activités illégales.  Il a invité tous les États Membres à jouer leur rôle en mettant en œuvre les sanctions relatives à la RPDC.

M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine) a déclaré que, face aux tirs de missiles quasi hebdomadaires de la RPDC, le régime de sanctions devait être renforcé.  Nous ne devons pas laisser Pyongyang continuer sur cette lancée, a-t-il déclaré tout en appelant le Conseil de sécurité à maintenir son unité sur ce dossier, pour arriver à ce que la RPDC respecte les résolutions.  Il a regretté que cette ambition d’unité du Conseil de sécurité semble un vœu pieux au vu des déclarations précédentes de son homologue de la Fédération de Russie.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a dénoncé les violations flagrantes de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité par la RPDC.  « Il faut absolument préserver la paix et la stabilité dans l’ensemble de l’Asie », a-t-il plaidé, « et prévenir toute course aux armements ».

Le représentant a ainsi encouragé la RPDC à ne pas prendre des mesures qui menacent la paix et la stabilité dans la région et lui a demandé de faire le même choix que son pays, à savoir ne pas se doter de l’arme nucléaire.  Il a voulu que tous les États Membres prennent « des mesures énergiques pour éviter une escalade et ne pas arriver à une situation irréversible ».

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a rappelé que la RPDC poursuit depuis des années à marche forcée le développement de ses programmes nucléaire et balistique.  Cette situation alimente aujourd’hui une grave montée des tensions dans la péninsule coréenne, a-t-il estimé, ajoutant que chaque pays court le risque de se trouver un jour à la portée des missiles nord-coréens.  « Devant la gravité et l’urgence de la menace, l’une des menaces les plus aiguës à la paix et à la sécurité internationales, il était urgent que ce Conseil marque sa préoccupation et réaffirme son autorité. »

Le représentant a déclaré que la résolution permettait de réaffirmer un triple message, dénué d’ambiguïté, qui exprime l’unité, la fermeté et l’engagement du Conseil de sécurité.  Cette résolution constitue non seulement une réponse déterminée, mais également un nouvel avertissement, a poursuivi M. Delattre, en appelant à mettre fin à la « dangereuse et irresponsable fuite en avant » de la RPDC.

Le délégué a tenu à rappeler que les sanctions n’étaient pas une fin en soi.  « Mais face à l’entêtement irresponsable et injustifiable du régime nord-coréen, il n’y a aujourd’hui pas d’autre solution que la fermeté pour le convaincre de revenir à la table des négociations », a conclu M. Delattre.  

Après avoir salué la décision unanime des membres du Conseil de sécurité, M. OLOF SKOOG (Suède) a condamné dans les termes les plus forts la persistance de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à accélérer son programme d’armes nucléaires y compris les lancements répétés de missiles balistiques.  Ce sont, a-t-il dit, des violations flagrantes des résolutions du Conseil de sécurité.  « Nous sommes aux côtés des pays voisins et de leurs peuples qui vivent sous l’ombre constante du comportement menaçant de la RPDC », a ajouté le représentant.

Relevant que ce pays continuait de montrer un dédain flagrant pour ses obligations internationales, il a jugé crucial de mettre en œuvre toutes les résolutions du Conseil de sécurité, y compris celle qui vient d’être adoptée.  « Nous appelons tous les États Membres des Nations Unies à respecter leurs obligations à cet égard », a lancé le délégué suédois pour qui les sanctions seules ne résoudront pas la situation dans la péninsule coréenne.  Des efforts diplomatiques créatifs et intensifiés sont nécessaires pour éviter que l’escalade ne se poursuive et pour commencer à préparer une solution diplomatique, pacifique et totale pour la péninsule et toute la région.  Il a également appelé la RPDC à participer à un dialogue crédible et significatif avec la communauté internationale.  

M. LUIS BERMÚDEZ (Uruguay) a expliqué que les sanctions contre la RPDC constituaient un outil pour atteindre un résultat ultime qui est la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  Après avoir insisté sur la nécessité d’apaiser les tensions dans la péninsule coréenne, il a plaidé pour le respect des sanctions du Conseil de sécurité sur cette question.  Il a aussi appelé la communauté internationale à suivre la voie d’une résolution pacifique de ce dossier, afin d’éloigner le risque d’un conflit majeur dont les proportions seraient imprévisibles.

M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte) a souligné que la résolution adoptée aujourd’hui par le Conseil de sécurité envoyait un message clair aux autorités de la RPDC.  Il a demandé à ce pays de prendre des mesures pour préserver le régime de non-prolifération nucléaire en œuvrant à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  Il est crucial, a-t-il ajouté, d’éviter que la situation humanitaire en RPDC ne s’aggrave.  Enfin, il a invité la communauté internationale à poursuivre sa collaboration avec le Comité 1718 chargé de suivre les sanctions.

M. GORGUI CISS (Sénégal) a réaffirmé sa position en faveur d’une dénucléarisation de la péninsule coréenne.  Il a condamné les agissements de la RPDC qui constituent des violations flagrantes des résolutions du Conseil de sécurité et vont à l’encontre des demandes répétées de celui-ci.  Ces actes portent en outre gravement atteinte au régime de non-prolifération.  Il a espéré une reprise imminente du dialogue pour trouver une solution pacifique à la crise.   

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a fait remarquer que cette nouvelle résolution envoyait à la RPDC un message clair sur l’unité du Conseil de sécurité concernant ce dossier.  « Il y a une possibilité qui s’offre à nous pour la paix et nous devons œuvrer à une résolution pacifique de cette question », a-t-il suggéré.  Le délégué a invité la RPDC à respecter ses engagements internationaux en matière de dénucléarisation et à contribuer à la désescalade des tensions.  Il a souligné que la présente résolution, ainsi que celles qui ont précédé, avaient pour ambition de parvenir à une solution diplomatique de cette question.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a condamné énergiquement les tirs de missiles de la RPDC.  Il a expliqué que les sanctions prises contre ce pays constituaient un moyen et non pas une fin en soi.  Il a invité toutes les parties à éviter l’escalade qui met en péril la paix et la sécurité internationales, et à s’appuyer sur des outils diplomatiques pour éviter une solution militaire.    

M. CHO TAE-YUL (République de Corée) a rappelé que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) avait effectué des tirs de missiles balistiques sur une base quasi hebdomadaire depuis l’investiture du nouveau Gouvernement à Séoul le 10 mai 2017.  « De telles provocations de la part de la RPDC, en violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, ne peuvent être excusées et exigent une réponse déterminée », a-t-il déclaré.  C’est pourquoi sa délégation soutient l’adoption de la résolution 2356 (2017), qui adresse un message clair, à savoir que le Conseil ne tolèrera plus de tirs répétés de missiles balistiques par le régime nord-coréen, quels que soient leur portée, leur type ou leur cible.  « Grâce à cette résolution, qui d’une certaine façon rompt avec le schéma habituel de sa réponse aux tirs de missiles balistiques par la RPDC, le Conseil a démontré sa résolution unanime » face aux provocations de ce pays, a résumé le représentant.

Se félicitant de l’expansion du régime de sanctions à de hauts responsables gouvernementaux et de l’état-major nord-coréen notamment, M. Cho a exhorté les États Membres à mettre en œuvre « intégralement » les mesures prévues par toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU.  Après tout, a-t-il ajouté, la finalité de ce régime est de contraindre la RPDC à revenir à la table des négociations pour dénucléariser la péninsule.  Selon lui, il faut « parler d’une seule voix » et agir de manière solidaire en mettant rigoureusement en œuvre le régime de sanctions.  La République de Corée espère donc « sincèrement » que la RPDC entendra les demandes de la communauté internationale et saisira l’occasion d’entamer un nouveau chapitre dans les relations intercoréennes, mais aussi dans ses relations avec le reste de la communauté internationale. 

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.