Imprimer
CS/12826
17 mai 2017
7942e séance – matin

Une semaine après la Conférence de Londres, le Conseil de sécurité examine les promesses dont la Somalie est porteuse et les défis qui l’attendent

Depuis le début de l’année, les progrès politiques enregistrés en Somalie font naître de vrais espoirs, ont reconnu ce matin, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour la Somalie, M. Raisedon Zenenga, et le Représentant spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour la Somalie et Chef de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), M. Francisco Caetano Jose Madeira.

La Conférence de Londres sur la Somalie, présidée par les Nations Unies, l’Union africaine, la Somalie et le Royaume-Uni, qui s’est tenue le 11 mai dernier, a été l’occasion pour le nouveau Gouvernement somalien de présenter ses priorités devant la communauté internationale et de forger des partenariats pour les réaliser, se sont félicités les deux hommes.

Cependant, ont-ils averti, la Somalie fait actuellement face à une grave sécheresse et à une dégradation rapide de la situation humanitaire qui pourrait provoquer une famine si la pluie ne vient pas et si l’aide humanitaire n’est pas renforcée à temps.

L’élection pacifique du Président Mohamed Abdullahi Mohamed Farmajo, le 8 février, la désignation et l’approbation d’un premier ministre et d’un gouvernement, et l’accord conclu le 16 avril par les dirigeants somaliens, à la fois au niveau fédéral et fédéré quant à la structure des forces de sécurité du pays, représentent des jalons importants, ont-ils souligné.  

Selon M. Zenenga, qui présentait le rapport du Secrétaire général sur la Somalie*, le pays a aujourd’hui « l’opportunité unique de surmonter sa fragilité et de construire un État fonctionnel dans les quatre années à venir ».

À cette fin, le pays doit progresser dans cinq domaines prioritaires: établir des forces de police et de sécurité à même de protéger la population et de commencer à relayer l’AMISOM; promouvoir la reprise économique; prendre des mesures adéquates pour mieux gérer les fonds publics; finaliser la révision de la Constitution et renforcer le système fédéral; encourager la réconciliation et résoudre les conflits locaux de longue date.

« Les élections de 2020 seront un test des progrès », a lancé M. Zenenga.

Les dirigeants somaliens sont arrivés à un accord historique pour intégrer les forces fédérales et nationales dans une architecture nationale de sécurité, s’est également réjoui M. Madeira.  Le Pacte de sécurité conclu à Londres entre la Somalie et 42 partenaires internationaux entérine cet accord et reconnaît que l’AMISOM reste un pilier pour la sécurité de la Somalie, a précisé son homologue.

Les défis à relever sont énormes, ont toutefois rappelé les intervenants, en soulignant que les Chabab restaient la principale menace.

« Les Chabab se nourrissent des manquements en termes de gouvernance, notamment dans les domaines des droits de l’homme, de la justice et de l’état de droit, et de la fourniture de services de base », a mis en garde le Représentant spécial adjoint.

Citant plusieurs villes situées le long du couloir de Djouba qui restent les fiefs de ce groupe terroriste, le Chef de l’AMISOM a souhaité que l’opération Djouba 2 soit bientôt lancée, avant de plaider en faveur de l’allocation d’un financement prévisible et suffisant à la Mission.   

« L’heure est à l’optimisme et à l’espoir », a assuré à son tour le représentant du Royaume-Uni.  Il a dit avoir vu à Londres la détermination et l’énergie des autorités somaliennes et des dirigeants des États fédérés, ainsi que la volonté de la communauté internationale d’apporter une aide plus cohérente à la Somalie.

« Même s’il reste beaucoup à faire, un message d’espoir est nécessaire étant donné que les bonnes fondations sont jetées », a renchéri la représentante des États-Unis.  Se référant à l’examen conjoint de l’AMISOM, demandé par la résolution 2297 (2016), elle a invité la communauté internationale à envisager la prochaine étape de l’édification de l’État en Somalie.  Compte tenu de la menace continue posée par les Chabab, elle n’a pas jugé opportun d’avoir une véritable mission de maintien de la paix en Somalie.

Pour sa part, la représentante de la France a demandé que le retrait de l’AMISOM, sollicité par certains, ne soit pas seulement soumis à des impératifs de calendrier national, mais aussi lié au développement d’une solution somalienne de sécurité.  « Avant son retrait, l’AMISOM doit encore renforcer son efficacité opérationnelle », a-t-elle insisté.

Pour la Fédération de Russie, un retrait hâtif de la Mission pourrait avoir un effet délétère et créer un vide sécuritaire en Somalie.  Une mauvaise gestion de ce processus pourrait mettre en péril les gains politiques et sécuritaires, a également prévenu la Suède.

En dépit de son départ progressif d’ici à fin 2018, le rôle de l’AMISOM reste important compte tenu des opérations à venir pour déloger les Chabab des zones qu’ils contrôlent encore, a insisté l’Éthiopie.

La sécurité demeure le principal enjeu du pays, est venu rappeler le délégué de la Somalie, tout en appelant à renforcer davantage les forces armées somaliennes, avec l’aide de l’AMISOM.  À son avis, l’embargo sur les armes dont son pays fait l’objet entrave sa capacité à se procurer des armes lourdes pour lutter contre les terroristes, et ce, malgré la levée partielle de l’embargo en 2013.  Il a donc appelé le Conseil à établir une « feuille de route claire » en vue d’aboutir à la levée totale de l’embargo sur les armes.

* S/2017/408 et S/2017/404

LA SITUATION EN SOMALIE

Lettre datée du 5 mai 2017, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Secrétaire général (S/2017/404)

Rapport du Secrétaire général sur la Somalie (S/2017/408)

Déclarations

Alarmé par la tragédie due à la terrible sécheresse en Somalie, M. RAISEDON ZENENGA, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour la Mission d’assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM), a expliqué que la situation humanitaire s’était détériorée plus rapidement que prévu.  On a enregistré des niveaux de malnutrition aiguë au sein des populations rurales et parmi les personnes déplacées à Baidoa et Mogadiscio.

Les pluies sont arrivées très tard et de nombreuses têtes de bétail ont été perdues, a-t-il précisé.  Les risques de mortalité maternelle et infantile augmentent, de même que les cas de violences sexuelles dans les camps de personnes déplacées.

La crise va probablement s’aggraver rapidement, a averti M. Zenenga.  Les besoins en matière d’assistance humanitaire croissent plus vite que la réponse.  En tout, 669 millions de dollars ont été reçus ou promis, mais il y a encore un fossé de 831 millions de dollars par rapport à ce qui avait été prévu dans le Plan d’aide humanitaire de 2017 pour la Somalie.

Parallèlement, a-t-il poursuivi, des mesures doivent être prises pour renforcer la capacité structurelle de la Somalie à faire face à des crises humanitaires récurrentes causées par des conditions climatiques extrêmes.  Sinon, le pays continuera de passer d’une crise humanitaire évitable à une autre.  

Il faut améliorer la sécurité, générer des revenus et lutter contre la corruption pour renforcer la résilience, a insisté le Représentant spécial adjoint.  

Selon lui, la Somalie a aujourd’hui l’opportunité unique de surmonter sa fragilité et de construire un État fonctionnel dans les quatre années à venir.

À cette fin, le pays doit progresser dans cinq domaines prioritaires: établir des forces de police et de sécurité à même de protéger la population et de commencer à relayer l’AMISOM; promouvoir la reprise économique, pour créer des emplois et fournir des services sociaux de base; prendre des mesures adéquates pour mieux gérer les fonds publics; finaliser la révision de la Constitution et renforcer le système fédéral; encourager la réconciliation et résoudre les conflits locaux de longue date.

« Les élections de 2020 seront un test des progrès », a souligné M. Zenenga.

Depuis deux mois, a-t-il noté, le Gouvernement fédéral et les États fédérés et leurs dirigeants ont pris des mesures importantes qui renforcent l’espoir que les priorités énoncées seront respectées. 

Ils ont prouvé leur volonté d’arriver à des accords politiques cruciaux pour que les progrès se concrétisent; ils ont reconnu que le manque de crédibilité actuel qui sépare le Gouvernement et les institutions de la population en général devait être examiné.  Ils ont également montré leur engagement à œuvrer avec le secteur privé.

Le 16 avril dernier, a continué le Représentant spécial adjoint, les dirigeants ont conclu un accord politique très attendu qui porte sur l’architecture de la sécurité nationale.  « Nous disposons ainsi d’un cadre pour renforcer des forces de sécurité qui rendent des compte, qui sont compétentes et acceptées par tous », s’est-il réjoui. 

Un tel accord sert de modèle pour d’autres accords politiques très importants sur des questions clefs, telles que la gestion des ressources naturelles.  Il devrait être aujourd’hui complété par un accord politique sur le secteur pénitentiaire et judiciaire.

« N’oublions pas l’ampleur et la complexité des défis auxquels le Gouvernement somalien va devoir faire face au cours des quatre prochaines années », a rappelé M. Zenenga.

Les attaques des Chabab restent le principal défi à relever, a-t-il mis en garde.  Les Chabab disposent encore des capacités nécessaires pour entraver la consolidation de la paix et le processus d’édification de l’État.

La lutte contre les Chabab requiert une approche à différents niveaux, qui combine les opérations offensives de l’AMISOM et de l’armée nationale somalienne, a expliqué M. Zenenga.  Il faut étendre l’autorité de l’État, combler certaines lacunes en termes de gouvernance et créer des incitants pour ceux qui souhaiteraient profiter de l’offre d’amnistie du Président.

Pour mener à bien ses tâches, L’AMISOM a besoin d’un financement prévisible, si possible par des contributions mises en recouvrement.

Les populations vulnérables doivent être protégées comme il se doit, a plaidé le Représentant spécial adjoint.  D’après lui, la mise en œuvre robuste de la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme de l’ONU est essentielle.  « Les Chabab se nourrissent des manquements en termes de gouvernance, notamment dans les domaines des droits de l’homme, de la justice et de l’état de droit, et de la fourniture de services de base. »

Le dialogue et les efforts de médiation entre l’État de Galmudug et Ahlu Sunna doivent continuer, a-t-il conseillé.  C’est important pour lutter contre la menace de la piraterie.  À ce sujet, il est peut-être trop tôt pour parler d’un retour à un pic de piraterie, mais les progrès ne sont pas pérennes.

M. Zenenga a demandé une aide solide et cohérente des partenaires internationaux pour assurer la transition de l’AMISOM vers les forces somaliennes au début de l’année 2018.  Il a reconnu que l’absence d’une architecture nationale de sécurité convenue et une aide un peu chaotique de la part de la communauté internationale avaient contribué, au cours des huit dernières années, à un manque de progrès à cet égard.

Le résultat de la Conférence de Londres sur la Somalie, qui s’est tenue il y a six jours, a donné à ce pays l’occasion unique de présenter son programme aux partenaires internationaux et d’établir un cadre de coopération pour réaliser des priorités clefs.

Il en est ainsi du Pacte de sécurité entre la Somalie et 42 partenaires internationaux.  Le Pacte entérine l’accord sur l’architecture nationale de sécurité et reconnaît que l’AMISOM reste un pilier pour la sécurité de la Somalie. 

La Conférence de Londres a également produit un « nouveau partenariat sur la Somalie », a-t-il expliqué.  Il concerne la façon dont les partenaires œuvreront de concert pour atteindre des objectifs essentiels dans les domaines politique, sécuritaire et économique.  Ils ont convenu de se réunir de nouveau au mois d’octobre prochain pour assurer un suivi des engagements pris à Londres et envisager une stratégie de financement de l’architecture nationale de sécurité.

La Conférence de Londres a donné un nouvel élan aux efforts visant à faire progresser les priorités clefs de la Somalie, a résumé M. Zenenga, avant de faire le point sur l’examen conjoint Union africaine-ONU et l’évaluation stratégique de la présence de l’ONU en Somalie, dont les résultats seront présentés au Conseil de sécurité.

M. FRANCISCO CAETANO JOSE MADEIRA, Représentant spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour la Somalie et Chef de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), a apprécié les manifestations de générosité très grandes de la communauté internationale face à la sécheresse en Somalie, mais a prévenu que le défi était redoutable et exigeait des contributions plus importantes.  Il a aussi estimé que la Conférence de Londres amorçait de grands changements en Somalie.  Il a noté les efforts menés par le Gouvernement fédéral en faveur de la réconciliation et de la construction d’une Somalie stable et pacifique.

Les dirigeants somaliens sont arrivés à un accord historique pour intégrer les forces fédérales et nationales dans une architecture sécuritaire nationale qui serait à même d’assurer la sécurité du pays, s’est-il aussi réjoui en y voyant un « jalon crucial » dans l’histoire de la Somalie.  Il a exprimé son optimisme face au nouveau dynamisme insufflé par les dirigeants somaliens et à la constitution de forces de sécurité professionnelles efficaces selon l’accord passé entre le Gouvernement national et les États fédérés. 

Pour plus d’efficacité, il a appelé à impliquer tous les pans de la société civile dans les efforts menés par le pays, notamment les organisations de jeunes.  Ce n’est qu’en suivant une démarche multidimensionnelle que le pays parviendra à la paix et à la sécurité, a prévenu M. Madeira.

L’architecture en matière de sécurité est une solution qui se réalisera sur le long terme, a-t-il poursuivi en invitant notamment à mener les opérations nécessaires pour mettre en échec les Chabab.  Citant plusieurs villes situées le long du couloir de Djouba qui restent les fiefs des Chabab, il a demandé que l’opération Djouba 2 soit bientôt lancée pour libérer ces villes. 

Il a recommandé de dispenser une formation adéquate aux forces de sécurité avant leur déploiement afin d’éviter des violations des droits de l’homme lors du déroulement de cette offensive.  Il a demandé de ne pas tirer de conclusions hâtives sur cette question.  Ces opérations, a-t-il ajouté, ne doivent pas être seulement menées par l’Union africaine et les Nations Unies.  Il a en effet souhaité la participation pleine et entière des autorités somaliennes et des différents acteurs, dans une bonne coordination.

Enfin, le Représentant spécial a plaidé en faveur de l’allocation d’un financement prévisible et suffisant à l’AMISOM.  Il a voulu que tous les efforts menés se complètent, afin de conduire la Somalie vers la paix et la stabilité.

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a évoqué la Conférence de Londres réussie sur la Somalie qui s’est tenu le 11 mai dernier.  « Oui, la communauté internationale avance et promet une aide humanitaire de taille, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir si nous voulons éviter la famine », a-t-il dit.  « Nous devons coopérer pour que la Somalie puisse mieux résister aux problèmes à long terme, tout en répondant aux besoins urgents. »

« L’heure est à l’optimisme et à l’espoir », a toutefois souligné le représentant.  D’importants progrès ont été enregistrés sur les plans politique et sécuritaire.  Il a dit avoir vu à Londres la détermination et l’énergie des autorités somaliennes et des États fédérés, de même que la volonté politique de leurs partenaires internationaux.

Le représentant a salué le transfert sans heurt du pouvoir avec la désignation d’un nouveau gouvernement qui a défini ses priorités.  Certes, a-t-il reconnu, la liste des mesures à prendre est considérable.  Dans l’immédiat, le Gouvernement somalien doit agir sur le plan de la sécurité et veiller à mettre en œuvre l’engagement concernant le partage du pouvoir et des ressources.  Il doit aussi parvenir à un accord sur une loi électorale d’ici à 2018.

Le représentant a jugé crucial le soutien la communauté internationale via la MANUSOM.  La sécurité sera indispensable pour étayer les progrès et éviter une nouvelle crise humanitaire.  Il faut également une reddition de comptes et que les autorités somaliennes puissent protéger la population.

Au niveau international, a-t-il insisté, il faut apporter un soutien plus cohérent.  Pour sa part, la Somalie doit afficher une détermination renouvelée de ses efforts, en lien avec l’aide de la communauté internationale. 

M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte) a demandé à la communauté internationale de maintenir son soutien à la Somalie, et ce, dans une bonne coordination, afin d’éviter les doubles emplois.  Considérant le danger que représente le terrorisme, il a plaidé en faveur du renforcement des efforts pour le combattre. 

Il a salué à cet égard les efforts déployés par l’AMISOM.  Les forces de sécurité nationales doivent être solides, a-t-il poursuivi avant de suggérer de soutenir les institutions nationales de police et celles chargées de la lutte antiterroriste.  Le représentant a également demandé d’appuyer la fourniture des services de base à la population.

Tous les membres de la communauté internationale doivent redoubler d’efforts pour aider la Somalie, en particulier les Nations Unies, en respectant les priorités des Somaliens.  Le représentant a ajouté que les efforts devaient se faire également sur le plan régional. 

Concernant la sécheresse, il a jugé crucial de renforcer les capacités du pays en matière de prévention et d’alerte précoce, vu les crises récurrentes qui surviennent dans le pays.

M. WU HAITAO (Chine) a relevé les progrès accomplis par la Somalie mais relevé qu’il y a encore beaucoup à faire sur les plans sécuritaire et humanitaire.  Il a cité notamment les 6,2 millions de personnes qui ont toujours faim.  Le renforcement de la gouvernance et des forces de sécurité somaliennes est crucial, a-t-il dit en sollicitant le soutien de la communauté internationale à cet égard.  

Il a aussi souhaité le renforcement de la coopération au plan régional.   Aider l’AMISOM et la MANUSOM est une autre priorité, a dit le représentant chinois.

Il a ensuite donné des exemples de la façon dont son pays est impliqué dans la recherche de solutions en Somalie.  Un représentant chinois a été envoyé à la Conférence de Londres, a-t-il ainsi indiqué.  De plus, la Chine a envoyé une flotte dans le golfe d’Aden et au large des côtes somaliennes pour lutter contre la piraterie. 

La Chine a aussi apporté une assistance alimentaire à la Somalie par le biais du Programme alimentaire mondial (PAM), ainsi qu’une aide pour subvenir aux besoins urgents des personnes déplacées.

À la Conférence de Londres, la semaine dernière, le Secrétaire général a parlé de « bonnes nouvelles », a relevé avec plaisir Mme MICHELE J. SISON (États-Unis).  Même s’il reste beaucoup à faire, un message d’espoir est nécessaire étant donné que les bonnes fondations sont jetées, a-t-elle estimé à son tour.

Elle a reconnu que le Président Mohamed Abdullahi Mohamed Farmajo était prêt à assumer les dangers liés à son poste de haut niveau et qu’il avait pris des engagements en matière de sécurité grâce au pacte conclu à Londres.  Le Gouvernement fédéral de la Somalie a créé une nouvelle architecture nationale de sécurité, un pilier important, a-t-elle précisé.  Il faut aussi créer une force militaire et politique, point de départ pour avoir une force de sécurité plus solide dans un pays unifié.

L’aide de la communauté internationale a été assez décousue par le passé, a souligné la déléguée.  Aujourd’hui, l’accord de Londres engage les partenaires internationaux à rester déterminés et à coopérer davantage, s’est-elle félicitée.

Elle a indiqué que le soutien des États-Unis était « assorti de certaines attentes ».  Elle a ainsi espéré que les promesses de réformes se concrétiseront pour garantir la transparence et la reddition de comptes.

Se référant à l’examen conjoint de l’Union africaine et de l’ONU, la représentante a invité la communauté internationale à envisager la prochaine étape de l’édification de l’État en Somalie.  Elle a jugé important de mener des activités antiterroristes.  Compte tenu de la menace continue posée par les Chabab, elle n’a pas jugé opportun d’avoir une véritable mission de maintien de la paix en Somalie.

Préoccupés par la crise humanitaire, les États-Unis ont en outre déboursé 178 millions de dollars dans le cadre de l’assistance humanitaire depuis le mois d’octobre.

M. YASUHISA KAWAMURA (Japon) a indiqué qu’avec l’aide de la communauté internationale, le Gouvernement somalien devait de manière urgente s’attaquer à la famine et à l’insécurité qui sévissent dans le pays.  En outre, il devrait développer une armée et une police nationales représentatives, réviser la Constitution, et faciliter le suffrage universel en 2020.  À cet égard, « nous sommes particulièrement encouragés par l’engagement du Président Mohamed Abdullahi Mohamed Farmajo à la Conférence de Londres sur la Somalie, à conduire le Gouvernement pour relever ces défis », a ajouté le représentant.

Sur le long terme, les institutions somaliennes doivent être capables d’assurer la sécurité dans tous les coins du pays.  Le Japon attend avec impatience la mise en œuvre de l’architecture nationale de sécurité par le Gouvernement fédéral et les États fédérés.  Le Conseil national de sécurité récemment créé aura un rôle important dans une approche intégrée de la sécurité.  Les partenaires internationaux doivent abandonner les approches individuelles et coordonner étroitement leurs efforts afin d’aider la Somalie à créer une armée et une police nationales représentatives. 

M. Kawamura a déclaré que la consolidation de l’État réussie et durable pour la Somalie dépendait également de son développement économique et du bien-être de ses citoyens.  À cette fin, le Japon a offert 442 millions de dollars pour financer les services sociaux de base, renforcer les capacités des forces de police et donner de la vigueur à l’économie nationale, y compris par l’autonomisation des jeunes qui jouent un rôle dans le Plan national de développement. 

Le Japon a récemment octroyé 8,5 millions de dollars pour une réponse d’urgence à la famine et a formé 150 personnes en matière de renforcement de capacités.

Mme ANNE GUEGUEN (France) a dit l’importance des quatre domaines prioritaires identifiés par l’ONU en Somalie dont la conclusion d’un accord sur le fédéralisme délimitant les compétences respectives entre les autorités fédérales et entités fédérées dans les domaines civil et militaire.  Elle a aussi cité la mise en place de services publics de base sur tout le territoire et un plus grand effort dans la mise en place d’un État de droit en Somalie et dans le respect des droits de l’homme.  Enfin, elle a appuyé l’objectif d’une plus grande transparence des finances publiques et de la gestion de l’aide internationale.

S’agissant tout particulièrement de l’AMISOM, la représentante de la France a estimé que la sécurité était le grand chantier prioritaire des années à venir après les élections de cette année.  Elle a regretté que la diversification géographique du financement de l’AMISOM ne s’est pas produite avant de demander que le retrait de l’AMISOM, sollicité par certains, ne soit pas seulement soumis à des impératifs de calendrier national, mais aussi lié au développement d’une solution somalienne de sécurité.  

« Avant son retrait, l’AMISOM doit encore renforcer son efficacité opérationnelle », a insisté la représentante, avant de préciser que la France attendait que l’examen conjoint de l’AMISOM demandé par la résolution 2297 (2016) réponde aussi à ces enjeux.  

Par ailleurs, Mme Gueguen a estimé que l’enjeu crucial en matière de sécurité est la recherche d’un investissement accru des Somaliens eux-mêmes. 

S’agissant de l’examen conjoint de l’AMISOM demandé par la résolution 2297 (2016), elle a dit qu’un audit général et sérieux des effectifs des forces armées somaliennes devait être conduit au plus vite et suivi de la mise en place d’un système transparent de versement des soldes.

Elle a ajouté que l’Union européenne devait continuer à mettre en œuvre la formation de ces forces notamment dans les régions.  « Pour être atteints, ces objectifs doivent être partagés par les autorités somaliennes qui doivent s’engager à les mettre en œuvre dans une esprit de redevabilité mutuelle », a conclu la représentante.    

M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a dit que son pays était engagé à aider la Somalie, notamment dans le cadre des Nations Unies, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) en vue d’arriver à l’autonomisation complète des institutions somaliennes. 

Il a salué les résultats de la Conférence de Londres et s’est préoccupé des menaces des Chabab.  C’est là que le travail de l’AMISOM reste très important, a-t-il souligné, souhaitant le succès des forces de sécurité somaliennes et de leur stratégie.

M. Cardi s’est félicité des travaux de l’AMISOM et a dit attendre les résultats de la coopération ONU-UE, en insistant sur la nécessité d’une étroite consultation avec les autorités somaliennes.  L’Italie apporte son aide de manière bilatérale, en prodiguant des formations aux membres de la police somalienne, ainsi que par le biais de la Mission de l’UE en Somalie dont l’Italie fournit la moitié des effectifs de la force.

Le représentant a par ailleurs engagé la Somalie à faire davantage pour lutter contre la pauvreté et l’extrémisme violent, ainsi que pour renforcer l’état de droit et la fourniture de services sociaux de base.  Sur le plan humanitaire, il a dit que son pays avait versé 4,5 millions de dollars pour l’aide d’urgence à la population civile. 

M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) a salué les premières mesures prises par le Président Mohamed Abdullahi Mohamed Farmajo, et la signature, le 17 avril dernier, d’un accord sur l’architecture de sécurité nationale, « un pas dans la bonne direction ».

Il s’est dit très préoccupé par la situation en matière de sécurité en Somalie, dont il a attribué la cause première aux attaques incessantes des milices Chabab.  Leurs membres, a-t-il déploré, coordonnent leurs actions avec d’autres groupes dans la sous-région, ce qui sape la sécurité dans la Corne de l’Afrique.

Le représentant s’est aussi inquiété de la résurgence de la piraterie dans le golfe d’Aden.  Selon lui, les causes de ce phénomène n’ont pas été supprimées, comme la détérioration socioéconomique du pays à cause de la sécheresse.  Il a donc recommandé de mener des efforts concertés dans la lutte contre le terrorisme, notamment dans le cadre du Groupe de contact sur la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes.

Par ailleurs, l’examen du mandat de l’AMISOM doit permettre de renforcer l’efficacité des soldats de la paix, a-t-il ajouté.  Comme le dit le Secrétaire général, un retrait hâtif de la Mission pourrait avoir un effet délétère et créer un vide sécuritaire en Somalie.

Enfin, il a considéré que la communauté internationale devait fournir une aide humanitaire à la Somalie « le plus rapidement possible ».  Pour sa part, la Fédération de Russie a fait des contributions ciblées aux différents fonds et programmes des Nations Unies et elle forme des cadres somaliens à titre gracieux.

M. OLOF SKOOG (Suède) a salué l’adoption du Plan national de développement et du Nouvel Accord de partenariat pour la Somalie récemment adoptés à la Conférence de Londres.  Il a souligné que d’importantes tâches demeuraient afin de consolider la paix et les institutions étatiques, notamment une revue de la Constitution basée sur des consultations larges, transparentes et inclusives, et les préparatifs pour les élections en 2020 et 2021. 

Le renforcement de la confiance et l’établissement de relations constructives au sein des États fédérés, d’une part, et entre ces États et le Gouvernement central, d’autre part, est la clef.  De même, le renforcement de la gouvernance et des institutions locales doit être une priorité majeure, a-t-il indiqué. 

Le représentant a souligné la nécessité de configurer le soutien de l’ONU à la Somalie de manière appropriée et en tenant compte des recommandations de la Conférence de Londres.  Il a déclaré que l’examen stratégique de l’AMISOM était essentiel, car il ne faudrait pas que le retrait projeté de la Mission se fasse sous certaines conditions et qu’il soit synchronisé avec le renforcement des forces de sécurité somaliennes. 

Une mauvaise gestion de ce processus pourrait mettre en péril les gains politiques et sécuritaires, a-t-il prévenu.  Il a salué le travail effectué par l’AMISOM dans le cadre de la lutte antiterroriste, affirmant que la Mission méritait de recevoir des fonds de manière prévisible et durable pour mener à bien sa mission.

Il a relevé qu’une assistance humanitaire urgente pour faire face à la famine devait être associée aux efforts de renforcement d’une résilience sur le long terme pour faire face à la sécheresse et à d’autres crises.  En tant que Président du Groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés, il a plaidé pour que davantage de fonds soient consacrés à la protection des enfants au sein de la MANUSOM.  Il s’est aussi félicité de voir que la MANUSOM avait renforcé les mesures de protection après l’augmentation du nombre d’incidents relatifs à la violence sexuelle.

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a jugé crucial de mener un effort coordonné pour aider la Somalie en matière de sécurité et, à cet égard, il s’est félicité de l’organisation de la Conférence de Londres.

Plusieurs faits encourageants ont été enregistrés au cours des derniers mois, a-t-il noté, en saluant les priorités définies par le Gouvernement somalien dans son plan national.  Il a appelé la communauté internationale à « honorer les promesses faites pour aider véritablement le pays à se redresser ».

Il ne faut pas oublier qu’une grave crise humanitaire due à la sécheresse fait rage en Somalie, a rappelé le représentant.  Il faut éviter une catastrophe à court terme et renforcer la résilience à long terme, d’autant plus que la crise est aggravée par la situation des personnes réfugiées et déplacées.  

L’AMISOM a largement contribué à la paix, la sécurité et la réconciliation en Somalie, a insisté M. Alemu.  L’AMISOM ne va pas rester ad vitam aeternam et il est approprié de débattre de son avenir, a-t-il ajouté.  Cependant, il faut prévoir « une feuille de route de sortie extrêmement claire » pour le transfert de ses responsabilités, en tenant compte du nouvel accord sur l’architecture nationale de sécurité.  

En dépit de son départ progressif d’ici à fin 2018, le rôle de l’AMISOM reste important compte tenu des opérations à venir pour déloger les Chabab des zones qu’ils contrôlent encore, a-t-il fait valoir.  « Les Chabab restent une menace. »  Il a espéré que la prochaine évaluation stratégique conjointe envisagera des mesures concrètes pour le financement de l’AMISOM et un partenariat renforcé entre l’ONU et l’Union africaine. 

M. EDUARD FESKO (Ukraine) a espéré que la mise en œuvre des documents adoptés à la Conférence de Londres permettrait d’accélérer les progrès, pour que la Somalie arrive à la paix et à la prospérité d’ici à 2020.  Notant qu’il y a plus de six millions de Somaliens en attente d’aide humanitaire et plus d’un million qui risquent de souffrir de la faim, il a jugé crucial de renforcer la réponse humanitaire face à la sécheresse en cours.  Il a dénoncé à cet égard les restrictions à l’aide humanitaire imposées par les Chabab.

Le représentant a condamné les récentes attaques commises par les Chabab en Somalie et demandé de renforcer l’architecture sécuritaire dans le pays.  Il a soutenu à ce propos les efforts menés par l’AMISOM et l’armée nationale somalienne dans leur lutte contre le terrorisme, en bonne coopération.

Sur le plan politique, il a exhorté le Secrétaire général d’en appeler au Gouvernement fédéral et au Parlement pour qu’ils progressent dans la révision constitutionnelle.   Il a également souligné l’importance du renforcement de la gouvernance locale.  Concernant la MANUSOM, il a souhaité qu’elle poursuive ses travaux en se concentrant sur le renforcement des capacités des autorités régionales et locales somaliennes.

M. FODÉ SECK (Sénégal) a condamné l’aggravation de la violence contre les civils en Somalie du fait des Chabab, l’utilisation d’enfants soldats, les attaques contre le personnel humanitaire, les détournements de l’aide et les entraves à son acheminement.  C’est pourquoi le Sénégal salue la décision du nouveau Gouvernement fédéral somalien de faire de la réforme du secteur de la sécurité une priorité nationale.

Le représentant s’est félicité de l’action de la communauté internationale dont la mobilisation a permis une réponse rapide et un meilleur accès à la nourriture pour des milliers de populations locales dans le besoin.  Il a aussi salué la politique de tolérance zéro initiée par les autorités somaliennes pour tout détournement de l’aide humanitaire, avec l’engagement d’agir avec fermeté contre quiconque se livrera à de tels actes et pratiques de corruption. 

Il a invité la communauté internationale à continuer de soutenir le Gouvernement fédéral somalien dans ses efforts tendant à faire avancer les réformes, éradiquer la menace des Chabab, améliorer la situation humanitaire et promouvoir la consolidation de la paix et du développement durable.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a dit que le partenariat international était essentiel à la réalisation de la feuille de route politique pour les élections de 2020.  Celle-ci devrait aller en parallèle avec la consolidation des institutions de l’État et la promotion d’un dialogue politique inclusif.  Sur le plan sécuritaire, le représentant a souhaité que la prochaine « Operation Juba Valley Corridor II » contribue significativement à la neutralisation de la menace des Chabab.  Il a proposé que les Nations Unies, l’Union africaine et le Gouvernement somalien créent une forte architecture nationale de sécurité avec les réformes nécessaires de l’armée nationale de Somalie et de la force de police.

Le représentant a estimé qu’« en ce moment d’optimisme mesuré, le lien entre le développement et la sécurité doit être renforcé, de sorte que le Plan national de développement de la Somalie, axé sur la reprise économique et la stabilisation, soit mis en œuvre efficacement ». 

Préoccupé par la situation humanitaire provoquée par la sécheresse, il a soutenu l’appel du Secrétaire général pour la somme de 900 millions de dollars nécessaire pour fournir l’aide humanitaire.  Il s’est également dit inquiet de l’insécurité croissante dans diverses régions du pays.  Cette situation devrait être réglée rapidement pour qu’elle n’atteigne pas des proportions nationales, pour que l’instabilité n’aggrave la situation humanitaire et n’exacerbe les risques de famine. 

Tout en saluant les progrès accomplis au cours des dernières années en Somalie, comme en témoigne l’élection d’un nouveau Président, le 8 février dernier, M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a néanmoins souligné les défis importants auxquels le pays restait confronté, en particulier le groupe terroriste des Chabab.  Ce dernier, a-t-il affirmé, menace non seulement la stabilité de la région, mais empêche également la livraison de l’aide humanitaire aux populations civiles vivant dans les zones sous son contrôle. 

Le délégué a salué la tenue la semaine dernière de la Conférence de Londres sur la Somalie, à l’occasion de laquelle les partenaires humanitaires ont réaffirmé leur soutien envers le pays.  Il a également salué l’apport de l’Union africaine (UA) à la stabilisation de la Somalie, notamment par l’intermédiaire de l’AMISOM. 

Le représentant s’est cependant inquiété de la hausse récente des cas rapportés de violences sexuelles liées au conflit, une tendance sans doute aggravée par les déplacements de population causés par la sécheresse.  Il a également déploré la détérioration de la situation humanitaire du pays, en raison de cette même sécheresse, qui s’étend désormais au-delà du Puntland et du Somaliland, dans le sud de la Somalie.

Face aux 570 000 personnes déplacées supplémentaires enregistrées depuis novembre 2016, le délégué a appelé à éviter que la situation ne dégénère à nouveau en famine, comme cela avait été le cas en 2011.  Il a ainsi appelé à mobiliser 825 millions de dollars supplémentaires pour venir en aide de toute urgence aux Somaliens d’ici à juin 2017.

M. LUIS BERMÚDEZ (Uruguay) a salué les résultats de la Conférence de Londres sur la Somalie, tenue le 11 mai dernier, qui a abouti à un pacte de sécurité et à une nouvelle alliance pour la Somalie, ainsi qu’à l’appui de la communauté internationale au Plan national de développement de la Somalie et à son programme ambitieux de réformes. 

Il a jugé crucial de maintenir l’élan donné vers la réconciliation, en réaffirmant son appui à la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et l’unité du pays, afin de permettre à la Somalie de devenir démocratique, stable et prospère.

M. Bermúdez, s’inquiétant de la menace que constitue la piraterie, a appelé à progresser dans la démocratisation, le respect des droits de l’homme et de l’état de droit.  Il a recommandé de s’attaquer au problème de la corruption et d’œuvrer en faveur de la réduction de la pauvreté et du redressement économique.

Face à la menace des Chabab, il a jugé prioritaire de renforcer les forces de sécurité nationales et de réformer le secteur de la sécurité.  L’autre question urgente est la crise humanitaire causée par la sécheresse.   Il a aussi plaidé en faveur de la révision de la Constitution, ainsi que pour la formation de l’État fédéral avec l’appui de la MANUSOM. 

Enfin, il a soulevé les problèmes de protection de la population, en particulier les femmes et les enfants, exigeant notamment un système de justice pour les mineurs conformes à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.

M. MOHAMED RABI A. YUSUF (Somalie) a estimé que la conclusion du processus électoral en Somalie, le 8 février dernier, avait marqué un changement de cap positif pour le pays.  Il s’est réjoui du soutien apporté par les partenaires de la Somalie à cette nouvelle direction politique la semaine dernière, lors de la Conférence de Londres sur la Somalie, durant laquelle le Président somalien nouvellement élu, M. Mohamed Abdullahi Mohamed, plus connu sous son surnom « Farmajo », s’est engagé à travailler sans relâche pour renforcer la sécurité du pays, construire des institutions démocratiques et améliorer les conditions de vie des Somaliens. 

À cette fin, a poursuivi le représentant, le Président Farmajo a nommé un premier ministre expérimenté, ainsi qu’un gouvernement comprenant cinq femmes et de nombreux jeunes ministres, qui représentent les 85% de la population somalienne âgés de moins de 40 ans.

Le représentant a affirmé que la formation « récente et historique » du Conseil national de sécurité, au sein duquel l’ensemble des États de la fédération somalienne sont représentés, permettrait de débattre de sujets globaux revêtant une importance nationale, y compris le processus de révision de la Constitution.

La sécurité demeure le principal enjeu du pays, a par ailleurs déclaré le délégué, tout en appelant à renforcer davantage les forces armées somaliennes, avec l’aide de la Mission d’observation militaire de l’Union africaine en Somalie (AMISOM). 

Rappelant que l’armée nationale somalienne continue de combattre le groupe terroriste des Chabab, le représentant a précisé que, sans l’apport d’armes lourdes par l’AMISOM, son pays ne serait pas parvenu à mettre en déroute les terroristes. 

Le délégué a ainsi estimé que l’embargo sur les armes dont fait l’objet la Somalie entravait la capacité du pays à se procurer des armes lourdes pour lutter contre les terroristes, et ce, malgré la levée partielle de l’embargo en 2013.  Le représentant a donc appelé le Conseil à établir une « feuille de route claire » en vue d’aboutir à la levée totale de l’embargo sur les armes.

Abordant la situation humanitaire du pays, qui ne cesse de se détériorer, le délégué a lancé un appel aux donateurs, afin que ces derniers continuent d’apporter leur soutien à la Somalie pour sauver les femmes, les enfants et les personnes âgées, qui représentent 70% des victimes de la sécheresse.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.