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CS/12825
16 mai 2017
7941e séance – après-midi

Colombie: le Conseil de sécurité a été le témoin lors de sa mission dans le pays de l’engagement des parties pour une paix irréversible

Les délégations du Royaume-Uni et de l’Uruguay, qui ont conduit la récente mission du Conseil de sécurité en Colombie, ont présenté, cet après-midi, un compte rendu de cette visite en se félicitant de constater que la paix est maintenant irréversible dans ce pays.

La mission du Conseil, qui s’est déroulée les 4 et 5 mai 2017, a été vue comme « historique » par le représentant de la Bolivie, M. Sacha Sergio Llorentty Solíz.  Son objectif était d’exprimer le soutien du Conseil à la mise en œuvre de l’Accord final de paix, en examinant les progrès et les difficultés dans ce processus.

Le représentant de l’Uruguay, M. Elbio Rosselli, a fait le récit du premier jour de cette visite, à Bogota, au cours duquel les membres du Conseil ont rencontré le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Colombie, M. Jean Arnault.  Celui-ci a souligné le caractère opportun de la visite, au moment où la Mission des Nations Unies en Colombie s’efforce d’achever le processus de dépôt des armes dans un délai de 180 jours.

Les délégués ont ensuite rencontré les représentants des fonds et programmes des Nations Unies, avant de s’entretenir avec le Président Juan Manuel Santos et son cabinet.

Puis ce fût le tour de la Commission de paix du Congrès, représentant tout l’éventail politique colombien, qui a insisté sur la nécessité de préserver les acquis en matière de paix.  

Lors d’une autre réunion, avec la Commission de suivi, de promotion et de vérification et avec le Commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP), les discussions ont porté sur des questions relatives aux peuples autochtones, à l’autonomisation des femmes et à la relance économique.  Les FARC-EP ont aussi parlé de la réconciliation et des garanties juridiques qui leur sont offertes.

En outre, la mission du Conseil a rencontré des membres de la société civile qui ont exprimé leurs inquiétudes en ce qui concerne les incidents de sécurité et les assassinats.  Les femmes ont notamment signalé les souffrances qu’elles subissent dans les situations de conflit.

« Nous avons été témoins des engagements pris par les parties colombiennes », s’est réjoui le représentant uruguayen en notant toutefois certaines difficultés comme les problèmes d’accès aux zones éloignées, et la lenteur de l’adoption des mesures législatives et règlementaires pour réintégrer les anciens combattants à la vie civile.

À son tour, son homologue britannique, M. Matthew Rycroft, a fait le compte rendu du deuxième jour qui s’est déroulé dans le sud du pays, là où les FARC ont déposé leurs armes.  Accompagnée notamment de M. Arnault, du Ministre des affaires étrangères et du Haut-Commissaire pour la paix, la délégation a entendu les dirigeants du mécanisme tripartite de surveillance et de vérification présenter les défis rencontrés sur le terrain.

Outre une réunion dans une mairie avec les représentants des communautés locales et le Gouverneur du département de Meta, la mission a pu rencontrer les membres des FARC-EP réunis à l’extérieur de leur camp.  Là, les familles se sont assises ensemble, donnant une image de la façon dont le conflit a été surmonté.

Malgré une météo difficile, après les coulées de boue, les membres du Conseil de sécurité sont repartis confiants.  Ils ont compris que les parties peuvent surmonter tous les défis.

M. Rycroft a présenté trois grandes conclusions de cette visite.  La première, c’est que beaucoup de choses se sont faites depuis les accords de paix.  « C’est impressionnant », a-t-il estimé en parlant des 7 000 membres des FARC-EP arrivés dans les zones de paix pour commencer le dépôt des armes.  Le mécanisme de vérification fonctionne bien, a-t-il ajouté.  Il a aussi remarqué que les membres des FARC rendent hommage aux forces militaires et aux membres de la police.

En deuxième lieu, il a souligné l’importance de la mise en œuvre de toutes les parties de l’Accord, et pas seulement de celle qui concerne le dépôt des armes.  Enfin, « l’engagement des parties nous a impressionné », a-t-il dit en soulignant leur volonté de garder le cap.  « Le message fort qui ressort de cette visite est que la paix est maintenant irréversible. »

Ce qui a frappé le représentant de la Bolivie, c’est « le traitement cordial que les parties s’accordent les unes aux autres ».  Il a souhaité que le succès du processus de paix aboutisse à une vraie réconciliation et à une réforme rurale intégrée.  Il a aussi réaffirmé l’appui de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) à ce processus.  

La représentante de la Colombie a reconnu le rôle fondamental des Nations Unies, et en particulier de la mission politique spéciale, qui fait partie du mécanisme tripartite du calendrier de cessez-le-feu et de désarmement des FARC.

La paix progresse, s’est félicitée la représentante de la Colombie, Mme María Emma Mejía Vélez, en faisant valoir que, depuis huit mois, le pays n’a eu à déplorer aucun mort, aucun blessé, aucun enlèvement et aucune attaque contre les infrastructures nationales.  Comme l’a dit lui-même le Président Santos, plus de 2 670 vies ont été ainsi sauvées grâce aux accords de paix.

Hier, a-t-elle ajouté, la zone d’El Orajon, enclavée entre la cordillère des Andes et le département d’Antioquia, a été déclarée « municipalité de paix, exempte de mines, de cultures illicites et d’affrontements avec les FARC-EP ». 

Mme Mejía Vélez a toutefois reconnu que les difficultés sont encore nombreuses.  Citant les assassinats de dirigeants sociaux et de défenseurs des droits de l’homme, elle a assuré que les instances compétentes de l’État colombien enquêtent en vue de traduire en justice les responsables.

Néanmoins, elle a estimé prématuré d’affirmer que tous les homicides sont liés à la défense des droits de l’homme ou qu’ils sont la responsabilité d’organisations criminelles ayant succédé aux groupes paramilitaires. 

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