Conseil de sécurité: à 60 ans, l’Union européenne se présente comme le partenaire indispensable de l’ONU et d’un monde plus multilatéral

CS/12814
9 mai 2017
7935e séance – matin

Conseil de sécurité: à 60 ans, l’Union européenne se présente comme le partenaire indispensable de l’ONU et d’un monde plus multilatéral

Célébrant la Journée de l’Europe et le soixantième anniversaire du Traité de Rome, la Haute Représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne, Mme Federica Mogherini, a présenté au Conseil de sécurité, ce matin, ce qu’elle a appelé « la voie de l’Union européenne », réaffirmant son engagement en faveur du multilatéralisme.  

Lors d’une réunion consacrée à « la coopération entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales aux fins du maintien de la paix et de la sécurité internationales », Mme Mogherini a rappelé qu’aucune puissance mondiale n’était assez forte pour mettre seule un terme aux crises de notre temps.  Pour elle, la vision européenne est la vision de l’ONU.

Ces derniers mois, certains ont pensé que cet anniversaire marquerait le déclin de l’Union européenne.  « Nos amis britanniques ont décidé de nous quitter, ce qui est très triste pour nous tous, mais la vie continue et l’Union européenne aussi », a assuré la Haute Représentante.

Au-delà de notre continent, a-t-elle fait valoir, « nous sommes le partenaire indispensable d’un monde plus coopératif, plus multilatéral et plus pacifique ».  « Un partenaire indispensable des Nations Unies et de tous ceux qui considèrent ce bâtiment, à New York, comme le centre de gravité de cet ordre mondial. »

Quand le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, souligne l’importance de la prévention des conflits et de la médiation, ses propos résonnent avec la Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne, adoptée il y un an, a relevé Mme Mogherini. 

« Nous devenons un partenaire plus fiable encore pour nos voisins et nos amis, à commencer par l’ONU et l’OTAN », a-t-elle insisté.  Elle a offert une série d’exemples pour illustrer l’engagement des Européens, notamment dans les Balkans ou en Afrique.

Les États membres de l’Union européenne contribuent à près de 40% du budget de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix.  À travers ses contributions volontaires, l’Union européenne couvre également la moitié du budget des fonds et agences des Nations Unies, comme le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF ou le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Mme Mogherini a vanté les mérites d’un ordre mondial fondé sur des règles convenues et respectées par tous.  C’est pour cette raison que l’Union européenne refuse de reconnaître l’annexion illégale de la Crimée par la Russie.  C’est pour cette raison également que les auteurs de l’attaque au gaz chimique de Khan Cheikhoun, en Syrie, devront rendre des comptes. 

Ce mois-ci, a annoncé la Haute Représentante, l’Union européenne va adopter le nouveau consensus sur le développement qui place le Programme de développement durable à l’horizon 2030 au centre de ses politiques de développement.  « La voie européenne recherche constamment des solutions gagnant-gagnant », a-t-elle expliqué.

Le choix de tenir cette réunion annuelle du Conseil de sécurité en ce jour symbolique de la Journée de l’Europe est tout sauf anodin, a renchéri le représentant de la France.  « Il reflète la proximité qui existe entre deux organisations qui partagent les mêmes valeurs et dont les champs d’intervention conjoints sont en constante augmentation. »  

À l’instar d’autres délégations, il a souligné que l’Union européenne est un partenaire central du Conseil dans la recherche de solutions durables aux grandes crises qui occupent son agenda, telles la Syrie, la Libye et l’Ukraine.   

L’Union européenne assure la sécurité mondiale par le biais de missions communes de sécurité et de paix, notamment en collaborant avec l’Union africaine dans plusieurs pays de ce continent, a noté à son tour le représentant de l’Italie, qui a aussi parlé de ce qui est fait pour traiter le problème des migrations au large des côtes libyennes.

Pour sa part, la représentante des États-Unis a ainsi lancé un appel à l’ONU et à l’Union européenne pour que soient adoptées des sanctions beaucoup plus fortes, afin d’empêcher le régime de Bashar Al-Assad de continuer à perpétrer ses crimes.  Les États-Unis et l’Union européenne devraient rester unis pour maintenir les sanctions en place jusqu’à ce que Moscou respecte ses engagements dans l’Accord de Minsk, a-t-elle par ailleurs demandé.

Le représentant de la Fédération de Russie a assuré que son pays et l’Union européenne coopéraient de manière ininterrompue, malgré des relations difficiles actuellement.  Les sujets d’intérêt commun sont nombreux, a-t-il précisé.  Il a toutefois regretté « des approches unilatérales et peu constructives », reprochant à Bruxelles de miser sur les sanctions contre la Russie dans le dossier de l’Ukraine.

À l’inverse, son homologue de l’Ukraine a remercié l’Union européenne pour son soutien à son pays.  Depuis le début des années 90, la Fédération de Russie a entrepris de déstabiliser les pays de la région pour les maintenir « dans l’orbite de Moscou » et, dans le cas de l’Ukraine, pour empêcher son intégration dans l’Union européenne, a-t-il déploré.  

L’Union européenne a été l’institution la plus importante pour la paix et la stabilité en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a résumé le représentant de la Suède.  Elle a été le mécanisme ultime de prévention des conflits, a-t-il ajouté, en précisant que la présente journée doit également être perçue comme la journée de célébration de la puissance du multilatéralisme qui produit la paix et le développement.

COOPÉRATION ENTRE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET LES ORGANISATIONS RÉGIONALES ET SOUS-RÉGIONALES AUX FINS DU MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Union européenne

Déclarations

« Aujourd’hui, on célèbre la Journée de l’Europe », a déclaré Mme FEDERICA MOGHERINI, Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.  Ces derniers mois, certains ont pensé que ce soixantième anniversaire marquerait aussi le déclin de l’Union européenne.  « Nos amis britanniques ont décidé de nous quitter, ce qui est très triste pour nous tous, mais la vie continue et l’Union européenne aussi », a-t-elle assuré.

Depuis le référendum au Royaume-Uni, les Européens se sont réengagés à être une puissance unie et forte et un partenaire indispensable pour le monde et pour ses voisins, à commencer par les Balkans.  Mme Mogherini a mentionné le dialogue entre Belgrade et Pristina, lancé il y a sept ans et facilité par l’Union européenne.  

Au-delà de notre continent, a-t-elle continué, « nous sommes le partenaire indispensable d’un monde plus coopératif, plus multilatéral et plus pacifique ».  « Un partenaire indispensable des Nations Unies et de tous ceux qui considèrent ce bâtiment, à New York, comme le centre de gravité de cet ordre mondial. »

Présentant la vision de l’Union européenne, ou « la voie européenne », la Haute Représentante a commencé par dire sa conviction que la sécurité ne repose pas que sur la force militaire.  La sécurité est liée au développement humain et à la croissance économique, à la démocratie et aux droits de l’homme.  Quand le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, souligne l’importance de la prévention des conflits et de la médiation, ses propos résonnent avec la Stratégie globale et l’approche intégrée de l’Union européenne, a-t-elle noté. 

Mme Mogherini a rappelé que l’Union européenne s’était empressée d’apporter son appui au Gouvernement colombien quand il a annoncé un accord de paix dans son pays.  Il y a un plus d’un mois, l’Union européenne a organisé à Bruxelles, avec M. Guterres, la Conférence internationale sur l’avenir de la Syrie et de la région.  C’est ainsi que l’Union européenne travaille dans l’urgence et sur le long terme, pour répondre en même temps aux besoins humanitaires, sécuritaires et diplomatiques.

La même approche a dominé pour la Conférence de Bruxelles pour la République centrafricaine, organisée avec les Nations Unies, et que Mme Mogherini, a coprésidée avec le Président Faustin Archange Touadéra.  En outre, l’Union européenne est de plus en plus active en tant que pourvoyeur mondial de sécurité, a-t-elle ajouté.  Ses États membres contribuent à près de 40% du budget de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix.

De plus, a précisé la Haute Représentante, l’Union européenne conduit 15 opérations militaires et civiles en coopération constante avec les Nations Unies.  Elle a mentionné l’opération SOPHIA au large des côtes libyennes, qui a été approuvée deux fois par le Conseil de sécurité, et dont la tâche principale consiste à démanteler les réseaux de trafiquants.

L’année dernière, quelques jours après son exposé au Conseil de sécurité, Mme Mogherini a dévoilé une Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne qui envisage une coopération européenne renforcée en la matière.  « Cela veut dire que nous devenons un partenaire plus fiable encore pour nos voisins et nos amis, à commencer par l’ONU et l’OTAN », a-t-elle insisté.

Les contributions volontaires de l’Union européenne aux fonds et aux agences des Nations Unies, comme le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF ou le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), couvrent la moitié de leur budget total, s’est-elle félicitée.  « Nous sommes fiers d’investir autant que le reste du monde combiné », a-t-elle lancé. 

Les Européens considèrent en effet que leur appui au système des Nations Unies représente un investissement essentiel pour leur sécurité.  Ainsi a-t-elle évoqué la famine dans la Corne de l’Afrique qui risque d’aggraver une situation sécuritaire déjà fragile.

S’agissant des changements climatiques, Mme Mogherini a espéré que les États-Unis trouveront une manière de rester engagés en faveur de l’Accord de Paris. 

Ce mois-ci, a-t-elle annoncé, l’Union européenne va adopter le nouveau consensus sur le développement qui place le Programme de développement durable à l’horizon 2030 au centre de ses politiques de développement.  « La voie européenne recherche constamment des solutions gagnant-gagnant », a-t-elle continué d’expliquer. 

En matière de migration par exemple, l’Union européenne, au lieu de se concentrer sur ce qui divise, s’efforce de trouver des solutions coopératives, basées sur des pactes et des partenariats.  L’Union européenne a œuvré à cinq nouveaux partenariats avec cinq pays africains, dont l’Éthiopie et le Sénégal.  Les solutions gagnant-gagnant ne peuvent pas être imposées par une partie ou l’autre; elles ne peuvent être convenues qu’ensemble, a insisté la Haute Représentante.

Elle a mentionné la situation en Libye où les conditions des migrants sont dramatiques.  L’Union européenne finance un ensemble de mesures à hauteur de 90 millions d’euros pour appuyer le travail de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans ce pays.  Par ailleurs, elle a appuyé la proposition du Secrétaire général de créer un bureau des Nations Unies contre le terrorisme.

Mme Mogherini a vanté les mérites d’un ordre mondial fondé sur des règles convenues et respectées par tous.  C’est pour cette raison que l’Union européenne refuse de reconnaître l’annexion illégale de la Crimée par la Russie.  C’est pour cette raison également que les auteurs de l’attaque au gaz chimique de Khan Cheikhoun devront rendre des comptes. 

Enfin, elle a lancé un appel au multilatéralisme.  « Ce n’est pas une posture idéologique, mais un choix calculé et pragmatique », a-t-elle élaboré.  « Aucune puissance mondiale n’est assez forte pour mettre seule un terme aux crises de notre temps. » 

En conclusion, Mme Mogherini a appuyé le projet de réforme de l’ONU du Secrétaire général qui a le potentiel de rendre la famille des Nations Unies moins fragmentée, plus unie et cohérente.  « La voie européenne est la voie de l’ONU. La vision européenne est la vision de l’ONU. »

M. OLOF SKOOG (Suède) a estimé que l’Union européenne a été l’institution la plus importante pour la paix et la stabilité en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.  Elle a été le mécanisme ultime de prévention des conflits, a-t-il ajouté, en précisant que la présente journée doit également être perçue comme la journée de célébration de la puissance du multilatéralisme qui produit la paix et le développement. 

Du fait des fondations sur lesquelles elle est bâtie, l’Union européenne est un partenaire naturel et un allié des Nations Unies pour le maintien de la paix et la sécurité internationales, a expliqué la délégation.  Elle a aussi souligné le fait que l’Union européenne entendait œuvrer à l’avènement d’un monde plus pacifique, plus équitable et durable comme le prescrit le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur les changements climatiques. 

Elle a rappelé que l’engagement en faveur des Nations Unies était clairement mentionné dans les principes de base de Traité sur l’Union européenne, lequel consacre ceux de la Charte des Nations Unies. 

La délégation suédoise a estimé qu’une ONU forte était la pierre angulaire de la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne, et qu’une Union européenne forte pouvait contribuer de manière significative à une ONU forte.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a estimé que le choix de tenir cette réunion annuelle du Conseil sur la coopération entre les Nations Unies et l’Union européenne en ce jour symbolique de la Journée de l’Europe est tout sauf anodin.  Il a estimé que ce choix reflétait en effet la proximité qui existe entre deux organisations qui partagent les mêmes valeurs et dont les champs d’intervention conjoints sont en constante augmentation. 

Selon le délégué, l’Union européenne constitue aujourd’hui un acteur majeur du maintien de la paix et un partenaire stratégique des Nations Unies dans ce domaine.  Il a déclaré que les nombreuses missions déployées par l’Union européenne, militaires comme civiles, dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune, contribuent à la mise en œuvre des décisions du Conseil de sécurité dans diverses régions du monde.   

Il a également rappelé la contribution des pays européens aux différentes opérations de maintien de la paix sur le plan financier, avec la prise en charge de 40% du budget du maintien de la paix de l’ONU, mais également sur le plan humain, comme au Mali, où plus de 1 000 Casques bleus européens sont engagés au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) avec des moyens inédits.  

Le représentant a souligné que l’Union européenne est également un partenaire central du Conseil de sécurité dans la recherche de solutions durables aux grandes crises qui occupent son agenda.  Il a cité les exemples de la Syrie, de la Libye et de l’Ukraine.

Il a en déclaré que l’Union européenne est un acteur de premier plan dans la réponse à la crise globale des migrants.  L’Union européenne reste en effet, et de loin, la première pourvoyeuse d’aide humanitaire aux réfugiés dans le monde, a fait observer M. Delattre.  

Il a expliqué que les opérations menées par l’Union, au premier rang desquelles figurent l’opération militaire de l’Union européenne dans la partie sud de la Méditerranée centrale (EUNAVFOR MED opération SOPHIA), ont permis de sauver plusieurs dizaines de milliers de personnes en situation de détresse dans les eaux de la Méditerranée et de lutter contre les réseaux de trafiquants de migrants en Méditerranée.  

L’Union n’oublie pas, a poursuivi le délégué, de s’attaquer aux causes profondes de ce phénomène, comme en témoigne sa position au premier plan en matière de financement du développement, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, mais également l’effort financier conséquent qu’elle consent en faveur des pays d’origine et de transit.

M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a rappelé avoir fêté le soixantième anniversaire du Traité de Rome il y a un mois et signé une nouvelle déclaration qui réaffirme l’importance concrète du projet européen.  L’Union européenne est un acteur clef sur la scène mondiale, a-t-il souligné, en voulant renforcer la voix de l’Europe.  L’Italie et les Pays-Bas, membres du Conseil de sécurité, font partie des membres fondateurs de l’Union européenne, a-t-il aussi fait remarquer.  

Attirant l’attention sur la complexité des facteurs qui entraînent l’instabilité, il en a déduit qu’il fallait y apporter une réponse multidimensionnelle.  L’ONU et l’Union européenne adoptent une démarche intégrée dans leurs stratégies, a-t-il précisé à cet égard.  Il s’agit, à son avis, d’un « partenariat naturel » qui lie les deux communautés de valeurs et de principes, un potentiel qui mérite d’être développé davantage au vu de la base de la complexité des défis contemporains.

L’Union européenne assure la sécurité mondiale par le biais de missions communes de sécurité et de paix, notamment en collaborant avec l’Union africaine dans plusieurs pays de ce continent, a expliqué M. Cardi.  Il a aussi parlé de ce que fait l’Union européenne pour traiter le problème des migrations au large des côtes libyennes.  En moins de deux ans, plus de 34 000 personnes ont été sauvées et plus de 100 trafiquants arrêtés.

Le représentant a poursuivi en faisant observer que l’Union européenne contribue au maintien de la paix et de la sécurité, ainsi qu’au développement.  Il a appuyé la vision du Secrétaire général de passer de la gestion des crises à la prévention des crises.  À son avis, le projet européen a fait la preuve de son « magnétisme » depuis son lancement, expliquant son pouvoir d’attraction sur les pays voisins.  Il a signalé à cette occasion le rôle important que joue l’Union européenne dans les pays des Balkans. 

L’Union européenne dispose aussi de règles utiles pour la résolution pacifique des conflits qui se prolongent en Europe.  Mettre un terme à la crise en Ukraine reste une priorité, a-t-il dit en plaidant pour que l’Accord de Minsk soit pleinement appliqué. 

Enfin, soulignant que l’Union européenne fournit une bonne partie de l’aide humanitaire mondiale, il a vanté sa « complémentarité » et sa « subsidiarité ».

M. PETER WILSON (Royaume-Uni) a reconnu que les valeurs sur lesquelles l’Union européenne et l’ONU étaient fondées étaient tout aussi pertinentes aujourd’hui qu’hier.  Il faut des démarches intégrées pour assurer la complémentarité entre les deux organisations en vue de réaliser la paix et le développement durable, a-t-il dit.  

L’Union européenne, l’ONU et l’Union africaine accomplissent un travail vital pour garantir la paix sur le continent.  De même, a-t-il apprécié, l’opération SOPHIA visant à lutter contre le trafic de migrants en Méditerranée continue de sauver des vies et à lutter contre l’extrémisme violent.

Le soutien de l’Union européenne au Conseil de sécurité est essentiel, notamment pour aider l’Ukraine à faire face à l’agression russe, a poursuivi le représentant.  Il a salué l’assistance humanitaire indispensable qu’elle fournit dans la Corne de l’Afrique.  Il a mentionné ensuite la Conférence sur la Somalie qui se tiendra demain à Londres, en coopération avec l’ONU et avec la participation de la Haute Représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’organisation régionale, Mme Federica Mogherini, en vue d’aider ce pays à trouver un règlement politique.

L’Union européenne collabore avec les pays qui accueillent des réfugiés syriens, a encore reconnu le délégué britannique.  La coopération entre l’Union européenne et l’ONU va au-delà des conflits.  « Il faut une ONU qui empêche les crises de se produire et ne se contente pas d’y remédier », a-t-il conclu.  Il a insisté sur le besoin de renforcer l’ONU pour qu’il y ait un lien entre la paix, la sécurité, le développement durable et les droits de l’homme.  

Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis) s’est dite frappée par la fréquence des partenariats de l’Union européenne avec l’ONU, comme dans le cas de la Syrie.  L’aide humanitaire fournie par l’Union européenne et ses États membres dans cette crise et dans d’autres crises a été essentielle pour atténuer les souffrances des victimes, a-t-elle observé. 

Elle a aussi apprécié le fait que l’Union européenne appuie les efforts de règlement pacifique de la crise en Syrie, tout en plaidant pour un élargissement des sanctions.  Elle a ainsi lancé un appel aux Nations Unies et à l’Union européenne pour que soient adoptées des sanctions beaucoup plus fortes, afin d’empêcher le régime de Bashar Al-Assad de continuer à perpétrer ses crimes.

Les États-Unis et l’Union européenne devraient rester unis pour maintenir les sanctions en place jusqu’à ce que Moscou respecte ses engagements dans l’Accord de Minsk, a-t-elle par ailleurs demandé.  Elle a apprécié les efforts de l’Union européenne en faveur du respect des droits de l’homme et en particulier ceux des migrants.  Elle a espéré pouvoir profiter d’un plus grand appui des États membres au Conseil des droits de l’homme, au moment où on essaie d’empêcher des actions peu objectives contre Israël.

Reconnaissant les problèmes rencontrés par les pays de l’Union européenne, comme l’Italie, face aux flux de migrants, elle les a félicités pour leurs efforts dans la gestion de ce problème.  Elle a également salué la contribution financière de l’Union européenne aux forces de Somalie et ailleurs en Afrique.

En ce qui concerne la République populaire démocratique de Corée (RPDC), elle a plaidé pour que ce pays respecte ses engagements au titre du droit international.  Elle a demandé à l’Union européenne et à tous les pays de faire pression pour que la RPDC change de trajectoire, leur suggérant aussi d’imposer des mesures qui iraient au-delà des résolutions et de diminuer les relations diplomatiques avec ce pays. 

Concernant la République islamique d’Iran, elle a espéré pouvoir approfondir la coopération avec l’Union européenne pour pouvoir demander des comptes à ce pays.

M. YASUHISA KAWAMURA (Japon) a félicité le Président élu de la France, M. Emmanuel Macron, en qualifiant sa victoire de « symbolique » sur les tendances de repli sur soi et de protectionnisme, ainsi que comme l’expression de la confiance dans l’Union européenne. 

Il a ensuite souligné le rôle indispensable et complémentaire que joue l’Union européenne pour permettre au Conseil de sécurité d’assumer sa responsabilité principale de maintien de la paix et de la sécurité.  Il a illustré ses propos en soulignant le leadership dont fait constamment preuve l’Union européenne dans l’élaboration de feuilles de route pour le règlement des conflits, la reconstruction d’après conflit et l’aide humanitaire, rappelant aussi que l’Union européenne attire l’attention et suscite le soutien de la communauté internationale.

Le Japon et l’Union européenne sont des partenaires stratégiques mondiaux qui partagent les mêmes valeurs de démocratie, de liberté, de droits de l’homme et de l’état de droit, a poursuivi M. Kawamura.  Il a rappelé que l’Union européenne et les Nations Unies avaient récemment organisé une conférence, à Bruxelles, pour renforcer le soutien humanitaire international pour la Syrie et la région.  À cette occasion, le Japon a annoncé un nouvel engagement à hauteur de 260 millions de dollars.  Le Japon joue en outre un rôle clef dans le processus de paix au Moyen-Orient en tant que membre du Quatuor.

En Afrique, l’Union européenne et l’ONU travaillent ensemble dans les domaines de la sécurité et de la lutte antiterroriste, a-t-il indiqué, en précisant que des projets communs sont menés au Niger, au Mali, en Mauritanie, en République démocratique du Congo (RDC) et en Somalie pour fournir des équipements, des technologies de la communication, des locaux et des formations. 

Le Japon, a-t-il ajouté, va mobiliser 2 millions de dollars pour la fourniture d’appareils de communication sans fil et des véhicules au Gouvernement du Niger.  Il a aussi mentionné la coopération de son pays avec la force navale de l’Union européenne pour lutter contre la piraterie au large des côtes de la Somalie et dans le golfe d’Aden.

Le représentant du Japon a souligné que son pays soutenait la Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne.  Le développement de cette stratégie arrive en temps opportun, a-t-il remarqué, en évoquant les défis auxquels est confronté le continent, que ce soit les réfugiés ou le terrorisme. 

Il a espéré que cette stratégie serait mise en œuvre en ce qui concerne le renforcement des capacités maritimes et l’architecture régionale de la sécurité en Asie du Sud-Est.  Enfin, le représentant a exprimé son soutien à une Europe unifiée.

M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine) a salué le rôle de l’Union européenne, un acteur politique et économique majeur sur la scène internationale, qui contribue à la résolution de nombreux conflits et de crises au-delà de ses frontières.  Il a considéré que la Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne, adoptée l’année dernière, illustre les grands domaines de sa coopération avec l’ONU, et représente une vision que l’Ukraine partage.

D’après le représentant, un engagement plus fort de l’Union européenne dans le règlement des conflits permettrait de renforcer la voix des partenaires qui luttent pour la paix et la démocratie.  Il s’est félicité de l’engagement de l’Union européenne en faveur de la consolidation de la paix, du développement durable, des droits de l’homme et contre les changements climatiques. 

Il a également appuyé l’idée qu’elle défend de ne pas opposer de veto à des résolutions crédibles envisagées pour mettre fin à des atrocités de masse.  À ce sujet, il a déploré « les vetos honteux » de la Fédération de Russie sur certaines résolutions, notamment en ce qui concerne la Syrie.

En février dernier, a rappelé le représentant, l’Ukraine a organisé pendant sa présidence du Conseil de sécurité un débat public sur les conflits en Europe et le rôle de l’Union européenne dans leur gestion au titre du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.  

Il a jugé très importante la contribution de l’Union européenne à cet égard, notamment pour renforcer la résilience des pays de l’Est et du Sud.  L’Union européenne est directement ou indirectement impliquée dans la résolution de conflits en Europe, y compris en Ukraine, dans les Balkans occidentaux, en République de Moldova ou en Géorgie.

En particulier, le représentant a estimé que les efforts de l’Union européenne ont fait preuve de leur efficacité dans l’ex-Yougoslavie, alors que dans les territoires de l’ancienne Union soviétique aucun des conflits n’a été résolu.  Dans le cas de l’ex-Yougoslavie, le succès a, selon lui, été rendu possible par la position forte de la communauté internationale et les efforts coordonnés de l’ONU et de l’Union européenne.  Les instigateurs des conflits y ont été déchus de leur pouvoir de décision. 

Dans le cas de l’ex-Union soviétique, a-t-il poursuivi, la situation est différente.  Depuis le début des années 90, la Fédération de Russie a entrepris de déstabiliser les pays de la région pour les maintenir « dans l’orbite de Moscou » et, dans le cas de l’Ukraine, pour empêcher son intégration dans l’Union européenne.

Il a conclu son intervention en remerciant l’Union européenne pour son soutien à l’Ukraine.  Il a estimé qu’en coopération avec l’ONU, elle ne devrait pas hésiter à adopter une approche encore plus volontariste pour la gestion des conflits en Europe.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a apprécié que la Haute Représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne, Mme Federica Mogherini, appelait à travailler de conserve avec l’ONU, estimant que cela devait se faire en respectant le principe d’égalité souveraine des pays.  Il faut œuvrer au renforcement du multilatéralisme en respectant la Charte des Nations Unies, a-t-il insisté. 

Il a noté que l’UE et la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) coopèrent sur des domaines comme les changements climatiques et le terrorisme.  Il a exprimé sa solidarité aux victimes des attaques du terrorisme en Europe et assuré combattre l’extrémisme.

De l’avis du délégué, il faut privilégier les voies pacifiques de règlement des conflits, notamment la médiation.  Il s’est félicité, à cet égard, du travail mené dans ce sens par l’UE dans plusieurs régions du monde.  Il a plaidé en faveur de la coordination des actions et du partage d’informations avec les organisations régionales, toujours en se basant sur le respect des principes de souveraineté et d’intégrité territoriale des États.

Le représentant a salué les efforts menés par l’UE en lien avec ceux des Nations Unies dans les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique, notamment au Mali où l’UE entraîne les forces de l’armée.  Rappelant les crises en cours, sur les plans humanitaire, financière, énergétique, climatique, alimentaire, et au niveau des institutions internationales, il a estimé que le pire était la guerre qui existe dans différentes régions du monde.  Des guerres bien souvent provoquées par l’interventionnisme, a-t-il souligné avant de se dire favorable au fait que l’UE joue un rôle essentiel dans le règlement de ces crises, en utilisant la diplomatie dans tous les cas.

M. LIU JIEYI (Chine) a salué le rôle très important que joue l’UE dans le maintien de la stabilité régionale.  Si les Nations Unies sont l’organe le plus universel qui soit, l’UE a acquis beaucoup d’expérience dans le maintien de la paix, a-t-il souligné.  Cela lui a fait dire que les deux entités devaient multiplier les occasions de coopération. 

À son avis, les Nations Unies et l’UE devraient plaider ensemble pour un concept de gouvernance mondiale et renforcer leur coopération en particulier en matière de sécurité collective.  Elles devraient pousser les parties à trouver des solutions où chacun sort gagnant. 

Le représentant de la Chine a ainsi souhaité que cette coopération permette de résoudre les conflits par la médiation.  Il faut également, a-t-il ajouté, promouvoir le développement économique durable, suggérant à l’UE d’apporter une aide technique aux pays qui en ont besoin. 

L’Union européenne traverse aujourd’hui une époque difficile et des défis qu’elle ne peut pas relever toute seule, a déclaré M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie).  C’est pourquoi il convient de réaffirmer la démarche multilatérale et d’investir dans l’ONU.  Le point de vue de l’Union européenne, tel qu’exposé par Mme Mogherini, correspond à celui de l’ONU, a-t-il d’ailleurs relevé avec plaisir.

Le représentant a estimé que l’Union européenne a joué un rôle primordial « en ces temps d’incertitude et de méfiance envers des institutions qui existent pourtant depuis longtemps ».  Il a encouragé le partenariat entre l’Union européenne et l’ONU sur de nombreuses questions relevant de la diplomatie préventive, du maintien de la paix, de la lutte contre l’extrémisme violent, de la traite des êtres humains, et de la réaction face aux crises humanitaires ou aux mouvements massifs de migrants et de réfugiés.  

« Pour nos pays d’Afrique, l’Union européenne n’est pas seulement un continent puissant, c’est un partenaire indispensable », a résumé le délégué.  Reconnaissant de ce qu’elle faisait pour la Somalie, il a espéré qu’elle restera fidèle à son esprit de véritable partenaire de l’Afrique, notamment à travers sa participation aux opérations de maintien de la paix sur le continent, et en coopération avec l’Union africaine. 

Évoquant le prochain Sommet Union européenne-Union africaine, qui se tiendra en Côte d’Ivoire, il a espéré que le partenariat stratégique entre l’Afrique et l’Europe se renforcera encore.

M. SEIF ALLA YOUSSEF KANDEEL (Égypte) a appelé à un renforcement des liens entre l’ONU et les mécanismes régionaux conformément au Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies. Le terrorisme, l’immigration, la traite des êtres humains, la piraterie ou la criminalité transnationale organisée sont des défis tels qu’aucun pays ne peut les relever seul.  L’Union européenne a un poids politique et économique important au niveau international, a-t-il reconnu.  C’est l’un des acteurs les plus importants sur la scène internationale pour trouver des solutions aux problèmes d’aujourd’hui, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

La nouvelle Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne est un événement important, a souligné le représentant.  Il a espéré qu’elle sera appliquée dans le plein respect de la Charte des Nations Unies et des principes de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, et en coopération avec les acteurs régionaux, « en tenant compte de leurs préoccupations de façon à ne pas répéter les erreurs du passé ».

De plus, a poursuivi le délégué, les efforts de l’Union européenne et de l’ONU dans le cadre de leur partenariat stratégique doivent être parfaitement intégrés et coordonnés, en particulier en ce qui concerne les opérations de maintien de la paix en Afrique.  Il a considéré que la mission de formation militaire de l’Union européenne jouait un rôle important, qu’il a souhaité optimisé au Mali. 

Enfin, estimant que l’opération SOPHIA jouait aussi un rôle important pour remédier aux effets des migrations irrégulières et sauver des milliers de vies en Méditerranée, il a proposé d’étendre son mandat pour lutter contre l’infiltration de terroristes.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a rappelé que l’UE, outre sa coopération avec l’ONU dans de nombreux domaines d’action, est le principal donateur au budget des Nations Unies et à celui des opérations de maintien de la paix.  Cette coopération vise en particulier à atténuer les atteintes aux droits de l’homme et les incidences des changements climatiques.  L’UE collabore aussi avec l’Union africaine (UA), la Ligue des États arabes, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et les pays d’Asie centrale. 

Cette collaboration est d’autant plus importante au vu des difficultés actuelles au Moyen-Orient et en Afrique, a-t-il estimé.  Il a aussi salué le fait que l’UE déploie ses propres missions, notamment en Afrique, en République démocratique du Congo (RDC), au Mali, en Somalie et en République centrafricaine.  L’UE fournit aussi des fonds à l’UA pour que celle-ci développe une architecture de sécurité en Afrique. 

Le représentant a également salué la Conférence sur l’avenir de la Syrie qui s’est tenue à Bruxelles en avril dernier, estimant qu’elle avait contribué aux efforts communs de la communauté internationale pour répondre aux besoins de la Syrie, notamment humanitaires.

Le Kazakhstan, qui représente l’Asie centrale pour la première fois au Conseil de sécurité, juge importante la contribution de l’ONU et de l’UE pour faire de cette région une zone de paix et de sécurité.  L’Asie centrale a un rôle à jouer entre l’Est et l’Ouest, a-t-il relevé à ce propos.

Il a proposé de renforcer l’interaction entre l’UE, les Balkans, l’Afrique, le Moyen-Orient, et ce, en impliquant d’autres organisations internationales notamment celles qui luttent contre le terrorisme.

M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) s’est réjoui que l’on fête aujourd’hui le soixante-douzième anniversaire de la victoire contre le nazisme, une victoire qui a rendu possible l’unification de l’Europe sur la base de l’égalité souveraine et du respect mutuel.  Il a souhaité une modernisation de la coopération des Nations Unies avec les organisations régionales et sous-régionales, sur la base du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.  Il a salué la contribution de l’UE dans le règlement de nombreux problèmes internationaux.

La Russie et l’UE, a-t-il assuré, coopèrent de manière ininterrompue malgré des relations difficiles actuellement.  Les sujets d’intérêt commun sont nombreux, a-t-il précisé, en citant notamment la lutte contre le terrorisme et contre le trafic de stupéfiants, la migration, le désarmement, la non-prolifération, les Balkans, l’Afrique, l’Asie, le Moyen-Orient.  Il a souligné la bonne expérience accumulée dans la coopération entre son pays et l’UE en matière de sécurité, par exemple dans la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes.

Le représentant a toutefois regretté les approches unilatérales et peu constructives.  Il s’est aussi préoccupé des sanctions unilatérales prises par l’UE, les accusant de contourner le Conseil de sécurité et d’être contreproductives.  En outre, ces sanctions portent atteinte à la crédibilité des Nations Unies et de l’UE, a-t-il prévenu.  Comme autre exemple de contre-productivité, le représentant a cité la coalition contre Daech qui mène des missions sans autorisation du Conseil de sécurité.

Passant à la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Sud, il a estimé que c’était la conséquence de l’ingérence dans les affaires intérieures et des violations des résolutions du Conseil de sécurité.  Il a donné pour exemple l’opération SOPHIA, visant à lutter contre le trafic de migrants en Méditerranée, laquelle n’est toujours pas parvenue à accomplir son objectif principal qui est d’éliminer la traite des personnes et les réseaux de contrebande. 

Sur le plan de l’aide au développement, il ne faut pas orienter certains processus de développement en se basant sur ses propres priorités, a-t-il aussi remarqué

Enfin, sur le dossier de l’Ukraine, le représentant de la Russie a énoncé ses demandes: donner au Donbass un statut spécial, mener le déminage et assurer l’immunité aux habitants.  Cela doit passer par un dialogue, a-t-il dit en regrettant que Kiev bloque ce processus.  

En outre, il a été déçu que Bruxelles continue de miser sur les sanctions contre la Russie, ce qui ne fait que conforter le sentiment d’impunité de l’Ukraine.  Il a enfin dénoncé les pays baltes et l’Ukraine qui ne luttent pas contre les propos racistes qui y sont proférés.  La Russie est prête à coopérer pleinement avec l’Ukraine, mais sur la base de droits égaux et en tenant compte des préoccupations des uns et des autres, a conclu le délégué russe.

M. FODÉ SECK (Sénégal) a relevé que l’Union européenne demeurait un partenaire majeur de l’ONU, eu égard à ses capacités matérielles, logistiques et financières qui lui donnent les moyens de soutenir des actions diverses.  C’est ainsi, a-t-il expliqué, que l’Union européenne a su développer des mécanismes institutionnels pour financer les opérations de maintien de la paix autorisées par le Conseil de sécurité, ou à y participer, mais également à mener des actions en faveur de la prévention des crises.

Il a en outre rappelé que parmi les passerelles de concertation entre les deux organisations, il y a la réunion informelle biannuelle du Conseil de sécurité avec des représentants du Comité politique et de sécurité de l’Union européenne.  Cette réunion constitue, a dit le représentant, un cadre d’examen des opérations de maintien de la paix et d’autres questions concernant la paix et la sécurité. 

Dans le domaine de la prévention des conflits, il a cité l’implication de l’Union européenne dans la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel et l’Alliance globale pour l’initiative résilience au Sahel.  Il a du reste affirmé que l’Union européenne a une contribution substantielle dans le domaine de la paix et de la sécurité sur le continent africain.

M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay) a salué le travail important qu’accomplit l’Union européenne dans le domaine de la paix et de la sécurité internationales, par le biais de différents outils comme les bons offices, la médiation, l’aide au développement des institutions et des capacités nationales, ainsi que le financement et l’équipement des opérations de maintien de la paix autorisées par le Conseil de sécurité.  Il a estimé que la politique menée par l’Europe en matière de sécurité et de défense était une « pièce fondamentale et complémentaire » du système multilatéral.

Notant que l’Union européenne et les Nations Unies travaillent conjointement dans différents contextes de maintien de la paix, il a salué en particulier la formation qu’apporte l’Union européenne à la réforme du secteur de la sécurité en République centrafricaine, au Mali et en Somalie.  Il a aussi noté ce que fait l’Union européenne dans les Balkans, dans le cadre de sa mission « état de droit » (EULEX) menée sous les auspices de l’ONU, ainsi que par sa contribution au dialogue entre Belgrade et Pristina et à l’Accord de Minsk de 2015.  En Bosnie, a-t-il ajouté, la présence de la force multinationale de stabilisation EUFOR ALTHEA représente une garantie de stabilité politique et sociale du pays.

Le représentant a fait remarquer que son pays, l’Uruguay, est fermement engagé à promouvoir les droits de l’homme, car il ne peut y avoir de développement durable ni de paix sans le respect de ces droits.  Il a souligné l’importance de surveiller la mise en œuvre de ces droits, accordant à cet égard une grande importance au programme de l’Union européenne consacré aux femmes et à la paix et la sécurité. 

Abordant la question des réfugiés, des déplacés et des migrants, il a rappelé que son pays avait une histoire d’accueil de ces personnes.  Il a donc souhaité ne pas voir la migration comme un crime, mais a plutôt conseillé de s’attaquer aux causes sous-jacentes qui permettent aux groupes criminels de profiter des besoins des migrants en situation de grande fragilité.

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