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CS/12778
5 avril 2017
7916e séance – après-midi 

Colombie: la « remarquable marche vers la paix » du pays passe par une mise en œuvre rapide de l’accord avec les FARC, affirme le Représentant spécial

Le Conseil de sécurité, qui doit se rendre le mois prochain en Colombie, a entendu, cet après-midi, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Colombie, M. Jean Arnault, affirmer qu’il existait « une fenêtre d’opportunité relativement brève » pour mettre en œuvre l’accord de paix signé entre le Gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP), afin d’assurer le dépôt des armes, de réintégrer les anciens combattants et de partager les dividendes de la paix.

Ce point de vue a été partagé par l’ensemble des délégations, qui ont tenu à marquer leur solidarité avec la Colombie après la coulée de boue meurtrière qui, la semaine dernière, a fait plus de 270 morts dans la région de Mocoa.

M. Arnault, qui est également Chef de la Mission des Nations Unies en Colombie, présentait le dernier rapport* du Secrétaire général sur ladite Mission, dans lequel ce dernier loue la « remarquable marche vers la paix » de la Colombie, tout en notant les difficultés de mise en œuvre auxquelles le processus de paix se heurte désormais « de plein fouet ».

Le Représentant spécial a entamé son intervention en mentionnant les développements significatifs de ces deux dernières semaines, dont l’adoption de la loi portant création du Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition prévu dans l’accord de paix. 

Il a mentionné la nomination de l’ancien Premier Ministre espagnol, Felipe González, et de l’ancien Président uruguayen, José Mujica, qui constitueront la composante internationale de la Commission de suivi de la mise en œuvre de l’accord.  

Le Représentant spécial a également salué l’adoption d’incitations pour que les paysans colombiens volontaires cessent leurs cultures en vue de la production de drogues et le bon avancement du dépôt d’armes.  La prochaine étape pour la Mission est la collecte des armes et la destruction des armements instables cachés dans de nombreuses caches à travers le pays, a-t-il dit.

Parmi les sources de préoccupation, M. Arnault a mentionné la construction et l’équipement des camps des FARC-EP, la mise en œuvre de la loi d’amnistie, l’application des garanties sécuritaires et les plans de réintégration des combattants des FARC-EP.  « La consolidation de la paix sera un processus de longue haleine », a-t-il dit, en ajoutant que le soutien uni du Conseil était « une garantie de succès ». 

Lors de leur prise de parole, les délégations du Sénégal, de la France et de l’Ukraine ont, elles, jugé préoccupantes les intimidations visant les dirigeants communautaires et les militants des droits de l’homme.

D’autres, telles que la Fédération de Russie, ont mis en garde contre le vide sécuritaire laissé par le départ des FARC, lequel pourrait être comblé par les groupes criminels.

La représentante de la Colombie s’est employée à les rassurer en indiquant qu’au cours des sept derniers mois le niveau de violence avait baissé de manière sans précédent, et ce, après 50 ans de conflit interne.  « Il est prématuré de dire que tous les homicides sont associés au travail de défense des droits de l’homme ou qu’ils sont de la responsabilité des organisations criminelles ayant succédé aux groupes paramilitaires », a-t-elle, en outre, déclaré.

Mais le ton général du débat était bien à l’optimisme, le délégué de l’Uruguay affichant par exemple sa conviction que le processus ira bien à son terme.  Le Gouvernement et les FARC-EP ont transmis un message d’espoir pour le monde entier, a-t-il dit.

Le délégué du Royaume-Uni a, pour sa part, salué l’unité du Conseil, dont il a espéré qu’elle puisse prévaloir sur d’autres points inscrits à son ordre du jour.

Le représentant de la France a délivré un satisfecit à la Mission de l’ONU, jugeant que l’achèvement dans les délais du déploiement sur le terrain de la Mission était une bonne nouvelle.  « En Colombie, l’ONU est à la hauteur des attentes placées en elle », a-t-il dit.

« Si la Mission des Nations Unies en Colombie n’est pas une mission de maintien de la paix, elle n’en demeure pas moins régie par les mêmes principes d’efficacité et de reddition des comptes », a déclaré son homologue des États-Unis.

Elle a estimé que la Mission avait tous les éléments pour se montrer efficace, notamment un mandat clair et une date butoir pour la démobilisation des FARC.  À l’instar de ses collègues, elle a conclu son intervention par une note d’optimisme en indiquant que la Colombie « se trouvait à un moment d’espoir et de promesses qu’il convenait de chérir ».  

* S/2017/252

LETTRES IDENTIQUES DATÉES DU 19 JANVIER 2016, ADRESSÉES AU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ET AU PRÉSIDENT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ PAR LA REPRÉSENTANTE PERMANENTE DE LA COLOMBIE AUPRÈS DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES (S/2016/53)

Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies en Colombie (S/2017/252)

Déclarations

M. JEAN ARNAULT, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Colombie et Chef de la Mission des Nations Unies en Colombie, a mentionné, parmi les développements significatifs de ces deux dernières semaines, l’adoption de la loi portant création du Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition prévu dans l’accord de paix.  

Il a cité en outre la transmission au Conseil de sécurité de l’accord de paix final et la nomination de l’ancien Premier Ministre espagnol, Felipe González, et de l’ancien Président uruguayen, José Mujica, qui constitueront la composante internationale de la Commission de suivi de la mise en œuvre de l’accord.

Hier, le Gouvernement colombien a reçu de la part des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP) une liste de ses 6 804 membres armés répartis dans les zones et une première liste des 1 541 membres des milices. M. Arnault a salué l’adoption par le Gouvernement et les FARC-EP d’un paquet d’incitations pour les paysans colombiens volontaires pour cesser les cultures en vue de la production de drogues.

Il a noté le bon avancement du dépôt d’armes lors de ces 15 derniers jours.  Depuis le 24 mars, la Mission a identifié, marqué et enregistré les armes que les combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP) avaient apportées dans les camps.  Cet exercice est quasiment achevé, a-t-il dit, ajoutant que la prochaine étape pour la Mission était la collecte des armes et la destruction des armements instables cachés dans de nombreuses caches à travers tout le pays.  Le Représentant spécial a précisé que ce processus pouvait désormais aller à son terme, avec le cantonnement des combattants des FARC-EP dans les 26 zones.

Parmi les sources de préoccupation, M. Arnault a mentionné la construction et l’équipement des camps des FARC-EP, la mise en œuvre de la loi d’amnistie, l’application des garanties sécuritaires et les plans de réintégration des combattants des FARC-EP.  

Les 25 et 26 mars, pour les 100 jours de mise en œuvre depuis la signature de l’accord, les parties ont agréé des engagements importants et détaillés pour accélérer cette mise en œuvre dans les domaines précités, ainsi qu’en vue de l’adoption du volet législatif de l’accord de paix, a-t-il dit.  « Comme les parties, alors que la consolidation de la paix sera un processus de longue haleine, nous pensons qu’il y a une fenêtre d’opportunité relativement brève pour jeter des fondations solides en vue du dépôt des armes, de la réintégration des combattants et le partage des dividendes de la paix. »

Enfin, le Représentant spécial a apporté son plein appui à la visite du Conseil en Colombie, prévue le mois prochain, affirmant que l’appui uni du Conseil depuis son implication en janvier 2016 était perçu en Colombie comme une garantie de succès.  « C’est le moment pour ce conseil d’exprimer son intérêt, son encouragement et son appui aux efforts des parties et à ceux de tous les acteurs engagés dans l’instauration de la paix en Colombie. »

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) s’est dit heureux des progrès déjà réalisés, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ayant démobilisé 6 000 de leurs membres.  « Nous avons appris de notre expérience en Irlande du Nord, et savons que c’est une solution au long cours », a déclaré le représentant.  

Il a rappelé qu’il est important que des mesures concrètes soient prises contre les violations des droits de l’homme et les attaques commises contre des populations civiles. 

M. CARL SKAU (Suède) a salué l’engagement vigoureux du Gouvernement colombien et des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP) en faveur du processus de paix et de leurs efforts continus pour surmonter les défis considérables à la mise en œuvre de l’Accord de paix. 

Il a salué l’adoption récente par le Sénat colombien d’une juridiction spéciale qui sera cruciale dans la mise en œuvre de l’accord de paix final.  « Ces étapes historiques témoignent de la résilience du processus de paix et de l’engagement des parties ».  Le représentant s’est par ailleurs félicité de l’accent mis sur la protection de l’enfance et du degré d’engagement des femmes dans le processus de paix.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a apporté le soutien total de son pays au processus de paix courageusement conduit par le Président Juan Manuel Santos Calderón.  « Nous saluons une nouvelle fois la volonté intangible des parties d’avancer vers la paix et le plein respect du cessez-le-feu depuis la signature de l’accord de paix », a-t-il dit, y voyant un motif d’espoir pour le monde, y compris au sein de ce conseil.  Il a précisé que l’aide française pour la consolidation de la paix en Colombie s’élevait à 811 millions d’euros de prêts liés directement au postconflit et à plus de 1,6 milliard d’euros de dons.

« Le mouvement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) vers les zones de démobilisation et la remise des premières armes à la Mission de l’ONU sont de nouvelles étapes majeures vers l’établissement d’une paix durable », a poursuivi le délégué.  Il a espéré que l’échéance des 180 jours pour la remise de l’ensemble des armes des FARC à la Mission sera respectée.

Estimant que l’accord de paix était entré dans une phase déterminante, il a appelé à ne pas sous-estimer les défis posés par la transition vers une paix durable.  M. Delattre a estimé que la création des conditions nécessaires à la réintégration pacifique des démobilisés passait par la capacité d’offrir des perspectives de réinsertion socioéconomique aux anciens acteurs du conflit, par le développement des zones affectées de conflit et par la mise en œuvre des garanties comprises dans l’accord. 

La tendance, ces derniers mois, d’attaques et d’actes d’intimidation à l’encontre de dirigeants communautaires et de militants des droits de l’homme est préoccupante, a-t-il dit.

Enfin, M. Delattre a estimé que l’ONU était, en Colombie, à la hauteur des attentes qui ont été placées en elle.  L’achèvement dans les délais du déploiement sur le terrain de la Mission est une bonne nouvelle, a-t-il conclu.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) s’est félicité de constater que, début février, des milliers de « guérilleros » avaient déposé leurs armes, nombre d’entre elles ayant été enregistrées sous la supervision de l’ONU.  « Nous voici maintenant à un stade délicat de la mise en œuvre de l’accord de paix, avec un certain nombre de questions à régler, telles que les questions du droit foncier, du pacte national, du « chemin vers la légalité », de la loi sur l’armistice. » 

À cela, a poursuivi la délégation, s’ajoutent la remise en état des infrastructures et le programme pour le dépôt des armes.  Le Conseil de sécurité et la Mission des Nations Unies en Colombie doivent de leur côté appuyer les efforts déployés par les parties, a noté le représentant, en souhaitant que le Conseil puisse effectuer comme prévu sa mission en Colombie au mois de mai.

M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay) a indiqué que les parties en Colombie avaient fait part de leur attachement à la paix et transmettaient un message d’espoir pour le monde entier.  Sous présidence uruguayenne, début mai, le Conseil se rendra en Colombie, a-t-il dit.  Il a ensuite pris note de la volonté des parties de mettre en œuvre l’accord.  Le rapport du Secrétaire général est à cet égard positif, a-t-il dit, en soulignant le rôle crucial joué par la Commission de suivi.  Il a salué l’adoption de la loi portant création du Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition prévu dans l’accord de paix.  La Commission de suivi a commencé à travailler, s’est-il félicité, en louant les avancées accomplies sur le plan logistique.  Parmi les défis qui demeurent, le représentant a cité les violences contre les défenseurs des droits de l’homme, les cultures illicites ou bien encore l’insécurité.  Le délégué a souligné l’importance que les enfants abandonnent définitivement les rangs des FARC.  Enfin, le représentant uruguayen a salué le communiqué publié fin mars pour les 100 jours de mise en œuvre depuis la signature de l’accord, qui comprend des engagements importants et détaillés pour accélérer cette mise en œuvre.  Le processus arrivera à son terme, a-t-il conclu.

M. KORO BESSHO (Japon) s’est félicité des engagements pris par les parties à l’accord de paix, se disant satisfait de constater que le processus de paix est d’une façon générale sur la bonne voie.

Selon lui, il est important que le Conseil affiche un front uni et la visite qu’effectuera, le mois prochain, le Conseil en Colombie, sera une occasion pour celui-ci de témoigner son soutien à ce pays.

M. ZHANG DIANBIN (Chine) s’est félicité de constater que le Gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie–Armée populaire (FARC-EP) semblent vouloir mettre en œuvre le processus de paix.  Les pays de la région en particulier, et la communauté internationale en général, devront s’efforcer de leur côté de renforcer la confiance mutuelle entre les parties.

Il a estimé que la mission du Conseil au mois de mai permettra à ses membres de se familiariser davantage avec les enjeux relatifs au processus de paix.  

M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a indiqué que le processus politique extraordinaire en Colombie aurait été impensable sans le rôle de chef de file joué par les parties.  Le délégué a exhorté ces dernières à le mettre en œuvre pleinement afin de conserver l’élan constaté.  La réintégration pacifique des anciens combattants est l’un des piliers de cette mise en œuvre, a-t-il dit.

Conscient des difficultés à venir, il a mentionné l’appui fourni par son pays.  L’Italie a ainsi apporté une participation de 3 millions d’euros au Fonds fiduciaire de l’Union européenne, a-t-il précisé.  Enfin, le représentant a dit attendre avec impatience la visite du Conseil en Colombie en mai prochain.

M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine) a réitéré son soutien aux efforts déployés par la Colombie pour mettre en œuvre l’accord final de paix conformément aux résolutions 2261 (2016) et 2307 (2016), en reconnaissant les difficultés qui se posent dans un environnement postconflit.  Il a encouragé les parties à poursuivre leur coopération positive, au profit de tous les Colombiens. 

Toutes les forces politiques et tous les secteurs de la société colombienne devraient être engagés activement dans cette entreprise cruciale, a-t-il dit.  Il faut également, a-t-il ajouté, rester concentré sur les besoins des enfants touchés par le conflit, en gardant une perspective sexospécifique.

Le représentant s’est inquiété des cas de violence contre les militants des droits de l’homme mentionnés dans le rapport du Secrétaire général, rappelant à cette occasion combien il est important de mettre fin à l’impunité pour garantir le processus de paix dans ce pays.  Il a d’ailleurs apprécié les étapes franchies sur cette voie, avec une loi d’amnistie et un système de vérité, justice, réparation et non-répétition. 

Enfin, il a salué l’engagement de la communauté internationale dans la mise en œuvre de l’accord de paix et demandé au Conseil de sécurité de continuer à aider les parties dans cette phase.

M. FODÉ SECK (Sénégal) a salué les progrès importants enregistrés en Colombie, malgré les retards dans la mise en œuvre de l’accord de paix.  Le peuple colombien doit ces progrès au Gouvernement et aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a-t-il dit, en saluant la lucidité des mesures prises depuis le début du processus de paix.

Le délégué a espéré que le dépôt des armes sera accompli dans l’échéance de 180 jours fixée par l’accord de paix.  Le mouvement ne présentera pas de candidat en 2018 à la Présidence, a-t-il dit, y voyant là un signe important de l’attachement des FARC à la paix.  Il s’est dit préoccupé par les activités illicites dans les zones rurales et par les actes d’intimidation visant des défenseurs des droits de l’homme.  Le vide sécuritaire créé par le départ des FARC doit être comblé, a-t-il dit.  

Enfin, le délégué du Sénégal a estimé que la visite du Conseil en mai prochain sous la présidence de l’Uruguay « venait à son heure ».

M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) a noté les progrès accomplis dans le processus de paix en Colombie, estimant que le facteur motivant pour les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), c’est la possibilité de faire campagne dès la prochaine échéance électorale en 2018. 

Il s’est toutefois dit préoccupé par le fait que 500 de ses membres ont manifesté une « insubordination » à l’égard de ce groupe armé.  S’agissant des prochaines mesures de l’ONU pour promouvoir l’accord de paix, il a déclaré qu’il reste à déterminer si les parties et l’Organisation seront en mesure de respecter les délais impartis pour le désarmement, plaidant pour qu’il n’y ait pas de « vide sécuritaire ». 

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a mentionné, parmi les développements significatifs de ces deux dernières semaines, l’adoption de la loi portant création du Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition prévu dans l’accord de paix et de la loi d’amnistie.  Il a souligné l’importance d’une réintégration pacifique des anciens combattants et encouragé le Gouvernement à négocier désormais avec l’Armée de libération nationale (ELN).

Il est essentiel de créer des structures économiques adéquates pour accompagner le processus, a-t-il dit, ajoutant que la Colombie avait perdu des années de développement en raison du conflit.  Le cessez-le-feu est fragile mais l’avenir de la Colombie est riche de promesses, a poursuivi le délégué.

En conclusion, il a souligné la pertinence de la visite du Conseil en Colombie en mai prochain.

Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie) a déclaré que des questions en suspens telles que la loi d’amnistie et la transformation des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en parti politique devaient être réglées. 

Il est impératif que les parties continuent de maintenir le cap, avec l’appui continu de la communauté internationale et des Nations Unies, a déclaré la représentante, en se félicitant de constater que la Mission des Nations Unies en Colombie est pleinement opérationnelle. 

M. IHAB MOUSTAFA AWAD MOUSTAFA (Égypte) s’est félicité des efforts des deux parties et de leurs engagements en faveur du calendrier de l’accord, en dépit de difficultés logistiques.  Il s’est félicité des efforts réalisés dans le domaine du cantonnement des ex-membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), estimant que leur réintégration dans la société colombienne est une priorité.  

Il a déclaré qu’il espère que les deux parties surmonteront les divergences persistantes sur la mise en œuvre de l’accord.  Aussi, a-t-il espéré que la mission du Conseil de sécurité en mai prochain donnerait un nouvel élan à son application.

Mme MICHELE J. SISON (États-Unis) a dit que les Américains pleuraient aujourd’hui aux côtés des Colombiens en raison des glissements de terrain meurtriers dans le pays.  Si la Mission des Nations Unies en Colombie n’est pas une mission de maintien de la paix, elle n’en demeure pas moins régie par les mêmes principes d’efficacité et de reddition des comptes, a-t-elle dit, ajoutant que la stratégie de retrait devait être identifiée.  

Elle a souligné la nécessité d’adapter le mandat de la Mission aux circonstances évolutives sur le terrain.  La Mission a tous les éléments pour se montrer efficace, notamment un mandat clair et une date butoir pour la démobilisation des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a-t-elle dit.  

Elle a souhaité que la mise en œuvre de l’accord se fasse désormais plus rapidement, afin que le Gouvernement asseye son autorité partout sur le territoire colombien.  Les FARC laissent derrière eux des zones que des groupes criminels pourraient combler, a-t-elle dit.

En conclusion, la représentante a estimé que la Colombie se trouvait à un « moment d’espoir et de promesses » qu’il convenait de chérir.

Mme MARÍA EMMA MEJÍA VÉLEZ (Colombie) a relevé que le Secrétaire général, dans son rapport, note le chemin extraordinaire que parcourt la Colombie sur la voie de la paix.  Elle a indiqué en effet qu’au cours des sept derniers mois, le niveau de violence avait baissé de manière sans précédent, et ce, après 50 ans de conflit interne. 

Elle a fourni des chiffres pour illustrer ces constatations et indiqué, par exemple, qu’il s’était écoulé 1 546 jours sans attaques à l’encontre de la population, 580 jours sans séquestration, 375 sans harcèlement contre la force publique et 307 sans incident attribué aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).  Le taux d’homicide du premier trimestre 2017 est en outre inférieur de 12% à celui de l’an passé, a-t-elle ajouté.

Mme Mejía Vélez a poursuivi son état des lieux en signalant avoir réussi à enregistrer 8 345 guérilleros et miliciens des FARC-EP et plus de 7 000 armes.  Elle s’est également félicitée du fait que 57 mineurs se soient dissociés de cette organisation. 

Parallèlement, la Colombie a fait des progrès significatifs dans son programme législatif et en matière de justice transitionnelle.  Le Président de la Colombie a ainsi signé le décret sur la création de la Commission de la vérité et de l’Unité de la recherche des personnes disparues. 

En ce qui concerne la Mission mise en place en Colombie, elle a salué la participation de 20% de femmes, militaires et civiles, ce qui en fait la mission qui compte le plus de femmes et ce qui renforce la dimension genre dans tout le processus de paix.

La déléguée a souligné la confiance que placent les autorités nationales et la communauté internationale dans le processus de cessez-le-feu et de dépôt des armes, grâce en grande partie au travail du nouveau mécanisme mené par le Gouvernement, les FARC et les Nations Unies. 

Elle a plaidé en faveur d’une coordination permanente et efficace entre ses membres, avant de souligner la nécessité pour la Mission d’accélérer l’enregistrement, l’identification et la relocalisation des armements, ainsi que les processus de localisation et de destruction des armes instables et des explosifs.  Le Gouvernement de la Colombie est prêt à fournir les moyens logistiques et juridiques nécessaires, a-t-elle assuré. 

Enfin, elle a jugé prématuré de dire que tous les homicides sont associés au travail de défense des droits de l’homme ou qu’ils sont de la responsabilité des organisations criminelles qui ont succédé aux groupes paramilitaires.

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