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CS/12744
9 mars 2017
7894e séance – matin

Conseil de sécurité: le bassin du lac Tchad, foyer de défis multidimensionnels pour les pays riverains, selon la mission dans la région

Tout juste de retour d’une mission dans le bassin du lac Tchad, la délégation que le Conseil de sécurité avait dépêchée du 1er au 7 mars dans cette région déshéritée a, ce matin, fait rapport sur les défis qui se posent au Cameroun, au Tchad, au Niger et au Nigéria, en particulier la menace que fait peser sur les populations civiles Boko Haram.

« J’ai vu la souffrance dans les yeux d’un garçon de 15 ans dont le village a été brûlé par Boko Haram et la plupart des amis tués », a déclaré le représentant du Royaume-Uni, en dénonçant la barbarie et la cruauté « sans limites » des tactiques employées par ce groupe terroriste.  Il s’est toutefois réjoui, comme son collègue du Japon, du niveau d’engagement et d’appropriation des efforts dont font preuve les pays limitrophes du lac Tchad qui ont mis sur pied la Force multinationale mixte, laquelle peut s’enorgueillir d’avoir libéré 20 000 otages jusqu’à présent dans sa lutte pour mettre fin au « règne de la terreur ».  Cette Force exige toutefois, a prévenu le représentant du Sénégal, un appui financier, logistique et technique et des équipements suffisants. 

Le Secrétariat de l’ONU encourage d’ailleurs la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) à convoquer un sommet conjoint sur Boko Haram, a indiqué la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Amina J. Mohammed, dans ce qui était sa toute première apparition au Conseil de sécurité.

La numéro 2 de l’Organisation, qui s’exprimait également « en tant qu’Africaine et Nigériane », a souligné que les efforts de lutte antiterroriste doivent pleinement être conformes au droit international, un aspect sur lequel le Royaume-Uni et la Suède ont également insisté.

En présentant les mesures que prend l’ONU auprès des pays du lac Tchad, Mme Mohammed a mis en évidence les ramifications de la lutte contre Boko Haram, notamment la réinsertion des femmes au sein de leurs communautés d’origine, où elles s’exposent à la stigmatisation et à la discrimination.

« Les femmes doivent jouer un rôle clef dans la réponse à apporter, qu’il s’agisse de les solliciter pour distribuer les vivres et administrer les camps, ou de les associer aux efforts de lutte contre l’extrémisme violent, de rétablissement de l’autorité de l’État et de consolidation de la paix », a plaidé la Vice-Secrétaire générale, suivie sur ce point par les États-Unis.

Le représentant de la France s’est félicité que la mission du Conseil de sécurité permette de sensibiliser l’opinion publique au sort d’une région longtemps « négligée, voire oubliée », selon les mots de son homologue sénégalais.  Il a attiré l’attention sur trois enjeux principaux, à savoir « l’urgence humanitaire, la protection des populations affectées, et les difficultés en matière de financement de l’aide ». 

La Vice-Secrétaire générale l’a dit sans ambages: « je demande instamment aux États Membres de financer intégralement l’appel humanitaire pour la région du lac Tchad, d’un montant de 1,5 milliard de dollars, et exhorte les gouvernements touchés à garantir un accès total, sûr et sans entraves à toutes les zones et populations touchées ».  Le représentant français a d’ailleurs annoncé qu’au printemps 2017, se tiendrait à Paris une conférence de donateurs en faveur du Tchad, sous l’égide de la Banque mondiale.  En dépit des considérables promesses de contributions faites lors de la Conférence des donateurs organisée par l’ONU le 24 février dernier à Oslo, « les besoins excèdent les ressources », s’est alarmée la Vice-Secrétaire générale.

Conscient de leur raréfaction, le représentant du Sénégal a estimé qu’il est temps de mettre à contribution les sociétés et fondations privées, « voire des mécènes ».  Car une reprise durable, a précisé la Vice-Secrétaire générale, suppose aussi un appui à la reconstruction des écoles, des centres de santé et la relance des infrastructures essentielles, comme l’agriculture et l’approvisionnement en eau, sur lesquels reposent les moyens de subsistance.

Alors que le bassin du lac Tchad s’est considérablement réduit sous l’effet de la sècheresse, le représentant du Sénégal s’est lancé dans un plaidoyer vigoureux en faveur de l’« hydrodiplomatie », soit la mise en partage responsable et concertée des ressources en eau à laquelle s’emploient selon lui les États riverains.  Nombre de pratiques traditionnelles, a-t-il argué, qui ont survécu aux « rudes épreuves » subies par la région, peuvent, conjuguées à des approches plus modernes, favoriser l’émergence de « nouvelles formes d’agriculture, de pastoralisme et de pêcherie viables ».

MISSION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

Exposé de la mission du Conseil de sécurité dans le bassin du lac Tchad (1er au 7 mars 2017)

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a expliqué les souffrances humaines en invoquant les chiffres de la crise dans le bassin du lac Tchad.  J’ai vu la souffrance dans les yeux d’un garçon de 15 ans dont le village a été brûlé par Boko Haram et dont la plupart des amis ont été tués, s’est-il alarmé, insistant tout de même sur les progrès « indéniables » enregistrés dans la lutte contre « le règne de terreur » du groupe terroriste, dont la libération par la Force multinationale mixte de 20 000 otages.  « Mais l’histoire est loin d’être finie », a-t-il prévenu, soulignant la barbarie et la cruauté sans limites des tactiques employées par Boko Haram.  Le représentant a estimé que l’appui international, tel qu’apporté notamment par les troupes françaises de l’Opération Barkhane, demeurait vital.  Les autorités du Cameroun, du Tchad et du Nigéria ont rappelé qu’elles ont besoin d’un soutien accru, notamment logistique, a-t-il rappelé.  Il a plaidé pour un rôle accru des femmes dans les efforts visant à lutter contre Boko Haram, à contrecarrer l’extrémisme violent et à bâtir la paix.  Mentionnant les centaines de déserteurs, y compris les femmes et les enfants qui ont quitté les rangs de Boko Haram, le représentant a invité tous les acteurs impliqués dans la lutte contre le groupe terroriste à respecter le droit international.  Cela est essentiel pour ramener la confiance entre les communautés et vaincre la radicalisation, a-t-il estimé, avant de souligner qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise.

M. FODÉ SECK (Sénégal) a déclaré que cette visite était opportune, tant le bassin du lac Tchad a été « négligé, voire oublié ».  Le représentant a concentré son intervention sur les causes profondes et les solutions de long terme, affirmant que l’ensemble des acteurs pertinents parviennent aux mêmes conclusions, à savoir que la région souffre d’un déficit d’éducation et de formation, d’un déficit de développement et de résilience, auxquels s’ajoutent une explosion démographique et un taux de chômage endémique.  Pour ne rien arranger, a poursuivi M. Seck, les pays du lac Tchad subissent de plein fouet la chute des prix des produits de base alors qu’ils dépendent largement de leur exportation. 

« Quelles solutions envisager? » s’est-il demandé.  Il a tout d’abord plaidé en faveur de la coordination entre agences, fonds et programmes de l’ONU, et avec les partenaires internationaux, y compris le secteur privé et la société civile.  Conscient de la raréfaction des ressources disponibles, il a souligné l’importance d’identifier et de mobiliser d’autres sources de financement en mettant à contribution des sociétés et fondations privées, « voire des mécènes ».  Il faut veiller, a-t-il poursuivi, à aligner les initiatives de développement sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine et sur les agendas de développement des organisations régionales auxquelles les pays du lac Tchad appartiennent.

La création et l’opérationnalisation de la Force multinationale mixte est l’exemple même de la mutualisation des moyens dont ces États sont capables, a rappelé le représentant.  Mais cette Force nécessite un appui financier, logistique et technique et des équipements conséquents pour faire face à la menace « décidément asymétrique » de Boko Haram.  Le représentant a indiqué qu’un sommet interrégional est en cours de préparation pour mettre en œuvre une stratégie commune de réintégration des combattants qui se sont rendus. 

Toutes ces mesures ne serviront pas à grand-chose si le lac Tchad n’est pas préservé, notamment à travers l’« hydrodiplomatie », dans laquelle les pays de la région s’impliquent.  M. Seck a fait observer que beaucoup de pratiques traditionnelles avaient survécu aux « rudes épreuves » imposées à la région par la nature et les hommes.  De telles pratiques, a-t-il dit, sont importantes dans la mesure où, conjuguées aux nouvelles technologies, elles pourraient favoriser l’émergence d’une « nouvelle forme d’agriculture, de pastoralisme et de pêcherie viables ».

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a fait remarquer que les populations affectées par les violences de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad avaient longtemps et injustement été oubliées par la communauté internationale, ce que le déplacement du Conseil de sécurité a permis de corriger.  Saluant le courage des acteurs humanitaires, M. Delattre a estimé qu’il était important, pour le Conseil de sécurité, d’aller jusqu’à eux, sur le terrain, pour leur témoigner sa profonde reconnaissance.  Le Conseil a ainsi visité le « hub » humanitaire de Maiduguri, a-t-il indiqué, avant d’encourager les Nations Unies à renforcer leur présence pour faire face aux besoins immenses des populations les plus vulnérables.  Le Conseil a relevé trois principaux enjeux: l’urgence humanitaire, la protection des populations affectées, et les difficultés en matière de financement de l’aide humanitaire. 

La première urgence soulignée par les interlocuteurs sur place est celle de la sécurité alimentaire, a noté M. Delattre en regrettant que l’insécurité et les difficultés d’accès compliquent parfois les distributions alimentaires.  Il a, par conséquent, appelé les pays de la région à garantir à l’ONU et aux acteurs humanitaires un accès sécurisé et sans entrave bureaucratique.  La délégation du Conseil de sécurité a également encouragé le Gouvernement nigérian à poursuivre ses efforts pour faciliter la délivrance de l’aide humanitaire aux populations les plus vulnérables.

Citant une deuxième urgence, il s’est inquiété que 60% des structures de santé aient été détruites dans le nord-est du Nigéria, alors que les populations sont menacées d’épidémies de grande ampleur telles que la polio ou la rougeole.  M. Delattre a ensuite parlé d’une troisième urgence, l’éducation, en signalant que plus de 1 200 écoles avaient été détruites depuis le début de la crise, plaçant ainsi 3,2 millions d’enfants en attente d’une éducation d’urgence.

Passant au deuxième enjeu, celui de la protection des civils et du respect des droits de l’homme, le représentant a plaidé en faveur d’une sécurité pérenne pour les populations, face à Boko Haram, et a recommandé d’accompagner le retour volontaire et durable des personnes déplacées ou réfugiées là où la sécurité le permet.

Le Conseil, a-t-il dit, a salué la signature, le 2 mars à Yaoundé, au Cameroun, de l’accord tripartite entre le Nigéria, le Cameroun et le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR).  Le Conseil a aussi porté une attention toute particulière à la situation des femmes dans la région, après avoir entendu, notamment à Maroua, au Cameroun, le récit des souffrances infligées aux réfugiées et aux déplacées par le groupe Boko Haram.  M. Delattre a souligné la nécessité d’apporter à ces femmes une protection particulière, tout en réclamant qu’elles soient davantage associées à la gestion de la sécurité, aux prises de décisions politiques et au développement économique.

Enfin, face au défi d’obtenir le soutien financier nécessaire, il a salué l’engagement du Nigéria de consacrer 1 milliard de dollars au nord-est du pays pour répondre à l’urgence humanitaire.  Il a aussi souligné l’engagement de la communauté internationale, comme le démontrent les résultats de la Conférence d’Oslo, mais demandé de ne pas relâcher les efforts.  C’est la raison pour laquelle se tiendra à Paris, au printemps 2017, une conférence de donateurs pour le Tchad, sous l’égide de la Banque mondiale, a-t-il annoncé.  Il a plaidé pour la mobilisation de toutes les bonnes volontés, y compris les donateurs privés et les entreprises ainsi que les bailleurs « non traditionnels », notamment les pays émergeants.  Enfin, le représentant a invité à répartir équitablement l’aide humanitaire entre les quatre pays concernés et à sécuriser des financements sur le long terme afin d’éviter la pérennisation de cette crise.

Déclarations

Mme AMINA J. MOHAMMED, Vice-Secrétaire générale de l’ONU, a tenu à saluer la mission du Conseil de sécurité dans le bassin du lac Tchad non seulement en sa qualité de « numéro 2 » de l’Organisation, mais aussi « en tant qu’Africaine et en tant que Nigériane ».  Selon elle, la crise dans cette région d’Afrique de l’Ouest illustre bien les défis multidimensionnels complexes auxquels est confronté notre monde moderne.  « Pour les surmonter, il faut mobiliser nos ressources de manière holistique à l’appui de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 », a estimé Mme Mohammed.  Cela suppose d’aller au-delà de l’aspect sécuritaire et de s’attaquer aux causes profondes, y compris les inégalités, l’exclusion et les maux économiques, sociaux, politiques, culturels et religieux dont souffrent les populations civiles.  À cette fin, l’ONU s’efforce d’encourager les États Membres et les dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) à convoquer un sommet conjoint sur Boko Haram.  

La Vice-Secrétaire générale s’est ensuite alarmée du sort d’environ 10,7 millions de personnes dans le bassin du lac Tchad, qui ont besoin d’une aide humanitaire, dont 7 millions d’une aide alimentaire, 515 000 enfants souffrant déjà de malnutrition aiguë grave.  « Il y a un risque réel de famine », a prévenu la Vice-Secrétaire générale.  Le Programme alimentaire mondial (PAM), a-t-elle dit, a réussi à venir en aide à plus d’un million de personnes dans le nord-est du Nigéria et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), à quatre millions, distribuant soins de santé de base et eau potable.

Mais, malgré les contributions considérables de la récente Conférence des donateurs à Oslo, les besoins excèdent les ressources.  « Je demande instamment aux États Membres de veiller à ce que l’appel humanitaire, d’un montant de 1,5 milliard de dollars pour la région du lac Tchad, soit intégralement financé et j’exhorte les gouvernements touchés à garantir un accès total, sûr et sans entraves à toutes les zones et populations touchées », a déclaré Mme Mohammed.  Parallèlement, a-t-elle poursuivi, nous devons prêter attention à la nécessité de mieux coordonner nos réponses et de veiller à ce que les ressources soient utilisées le plus efficacement possible.  Pour la haute fonctionnaire, il faut également combler le fossé entre aide humanitaire et activités de développement.

« Une reprise durable suppose un appui à la reconstruction des écoles, des centres de santé et la relance des infrastructures essentielles, comme l’agriculture et l’approvisionnement en eau, qui soutiennent les moyens de subsistance. »  Par ailleurs, une prévention efficace de la radicalisation et de la violence nécessitera aussi des réponses globales qui profitent à tous les membres de la société, en particulier les communautés marginalisées et les jeunes. 

La situation dans les quatre pays visités continue d’être marquée par de graves violations des droits de l’homme commises par Boko Haram mais aussi les forces antiterroristes.  Face à cette situation, les Nations Unies déploient du personnel supplémentaire des droits de l’homme pour recueillir des informations.  L’ONU aide également les États touchés à faire en sorte que leurs efforts de lutte antiterroriste soient pleinement conformes au droit international.  En outre, au Niger et au Tchad, l’ONU a été en mesure de faciliter la libération de dizaines d’enfants soupçonnés d’être des combattants de Boko Haram pour les confier aux agents de protection de l’enfance.  Au Nigéria, l’Organisation a eu accès à des centres de détention à Maiduguri pour y surveiller les conditions de détention des femmes et des enfants capturés lors des opérations militaires, le Cameroun ayant également indiqué son intérêt pour coopérer avec l’ONU sur cette question. 

L’ONU et ses partenaires, a précisé Mme Mohammed, ont en outre fourni des soins et un soutien à environ 6 000 femmes et enfants autrefois associés à Boko Haram ou capturés par ce groupe.  « Mais beaucoup d’autres sont encore déplacés dans les camps, détenus par les autorités ou ont du mal à réintégrer leurs communautés », victimes de stigmatisation et de discrimination.  Les femmes, a relevé la Vice-Secrétaire générale, doivent jouer un rôle clef dans la réponse à apporter, qu’il s’agisse de les solliciter pour distribuer les vivres et administrer les camps, ou de les associer aux efforts de lutte contre l’extrémisme violent, de rétablissement de l’autorité de l’État et de consolidation de la paix.

Répondre aux causes profondes de cette crise est nécessaire à une paix durable dans la région, ce qui contribuera aussi à atténuer le phénomène des migrations de masse vers l’Europe, a estimé la Vice-Secrétaire générale.  Mais une priorité doit être la « régénération du lac Tchad lui-même ».  Le lac et ses zones humides ont désormais perdu 90% de leur eau à cause d’une gestion non viable des ressources aquifères et des changements climatiques.  Pour remédier à cette situation, le soutien de la communauté internationale sera essentiel, « un partenariat mondial pour un développement durable ».

M. LUIS BERMÚDEZ (Uruguay) a jugé alarmante la situation dans le bassin du lac Tchad, regrettant que cette crise ne trouve pas écho dans la presse.  La situation est l’aboutissement de facteurs conjoncturels graves, a-t-il noté en parlant de la pénurie alimentaire et des conditions qui se dégradent en matière de sécurité principalement à cause des actions terroristes de Boko Haram.  M. Bermúdez a souligné le caractère multidimensionnel de la crise humanitaire, en prévenant des graves conséquences qu’elle entraîne.  Il a recommandé de mener des activités qui, non seulement atténuent la menace terroriste et fournissent des aliments à la population, mais aussi favorisent la stabilité.  Il faut, a-t-il ajouté, que les quatre pays concernés mettent en œuvre des politiques publiques prioritaires pour allouer des ressources aux secteurs de l’éducation, de la santé et de l’emploi.  Il a aussi appelé la communauté internationale à ne pas réduire l’aide qu’elle fournit aux personnes déplacées.  Enfin, il s’est félicité des travaux menés par la Force multinationale mixte pour lutter contre Boko Haram, soulignant à cet égard les fruits d’une collaboration sur le plan régional.

M. CARL SKAU (Suède) a jugé important d’honorer les promesses de dons faites à Oslo, comme vient de le faire son pays.  La réponse régionale contre Boko Haram ne doit pas accroître les souffrances de la population, a-t-il dit, ajoutant, à son tour, que les mesures antiterroristes devaient dûment respecter le droit international.  Il a appelé l’ONU à surveiller comme il se doit le plein respect des droits de l’homme sur le terrain et a encouragé les gouvernements à adopter une approche basée sur la poursuite, la réhabilitation et la réintégration des personnes associées à Boko Haram.  Enfin, le délégué a souhaité l’adoption d’une déclaration présidentielle qui servirait de feuille de route, estimant qu’elle pourrait notamment encourager le développement d’une stratégie régionale globale pour répondre aux causes profondes du conflit, le renforcement des liens entre l’assistance humanitaire et les stratégies de développement à long terme et une meilleure coordination de l’engagement de l’ONU sur le terrain.

M. INIGO LAMBERTINI (Italie) a rappelé qu’il était favorable, depuis le début, à l’organisation de cette mission du Conseil de sécurité dans la région du bassin du lac Tchad.  Il a déclaré avoir désormais une meilleure compréhension de la situation dans la région et de la menace que font peser Boko Haram et d’autres organisations terroristes et criminelles.  Selon lui, il faut s’attaquer à la criminalité transnationale organisée et aux réseaux de trafiquants, en inscrivant cette priorité dans un contexte régional plus large, afin d’inclure le Sahel et l’Afrique subsaharienne.  Le délégué a également estimé que la région pourrait profiter de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. 

Mme MICHELE J. SISON (États-Unis) a déclaré que les femmes avaient un rôle crucial à jouer pour promouvoir la paix et le développement et lutter contre l’extrémisme dans la région.  Elle a confié que sa rencontre avec les femmes victimes de Boko Haram lui a permis de mieux saisir la situation sur le terrain.  L’ampleur de la crise humanitaire ne saurait être sous-estimée, a-t-elle prévenu, appelant l’ONU à tout faire pour empêcher la famine dans la région.  Nous devons maintenir notre énergie et notre engagement en faveur des pays du bassin du lac Tchad, a-t-elle conclu.

M. YOSHIFUMI OKAMURA (Japon) s’est dit encouragé par le sentiment d’appropriation nationale démontré par les pays riverains du bassin du lac Tchad.  La Force multinationale mixte est un exemple flagrant de coopération régionale pour régler les problèmes rencontrés par ces pays face à Boko Haram, a-t-il noté.  Le représentant a estimé qu’il ne fallait donc pas négliger cette volonté très claire des États Membres concernés, en saluant leur détermination.

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