Le Président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) expose devant le Conseil de sécurité les priorités de ce partenaire clef de l’ONU

CS/12727
22 février 2017
7887e séance – matin

Le Président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) expose devant le Conseil de sécurité les priorités de ce partenaire clef de l’ONU

Le Président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et Ministre des affaires étrangères de l’Autriche, M. Sebastian Kurz, a indiqué, ce matin, devant le Conseil de sécurité, que les priorités de l’OSCE, qui est un partenaire important de l’ONU, seraient de désamorcer les conflits dans sa zone, de lutter contre l’extrémisme violent et de restaurer la confiance entre ses membres, celle-ci étant « la tâche la plus ardue ».

La majorité des membres du Conseil ont appuyé ces priorités et appelé à un renforcement de la coopération entre l’ONU et l’OSCE, laquelle, avec ses 57 États participants, est l’organisation de sécurité collective la plus importante au monde.  En écho à la séance du Conseil d’hier consacrée aux conflits en Europe, les orateurs ont abondamment discuté de la situation en Ukraine, certains d’entre eux demandant un renforcement de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE dans ce pays.

À l’entame de son intervention, M. Kurz a expliqué que son pays, qui assume en 2017 la présidence tournante de l’OSCE, était tout désigné pour ramener la confiance entre les États membres de l’OSCE.  « L’Autriche est en effet un pays neutre qui a toujours servi de pont entre l’Est et l’Ouest », a-t-il expliqué.  Il a annoncé le lancement d’un dialogue structuré sur les actuels et futurs défis sécuritaires que l’OSCE doit relever, ce que les représentants de la France et du Royaume-Uni ont salué.

Au titre de la lutte contre l’extrémisme violent, le Président a annoncé la création d’une plateforme en appui des efforts des États dans ce domaine.  « Afin de mieux comprendre les dynamiques de radicalisation, mon Représentant spécial est chargé d’examiner les meilleures pratiques et de formuler des recommandations », a continué le Président.  De son côté, le délégué de l’Égypte a promis un renforcement du partenariat avec l’Université Al-Azhar pour lutter contre les visions religieuses erronées.

Enfin, M. Kurz a insisté sur l’engagement de l’OSCE en vue de désamorcer les conflits, en particulier en Ukraine.  Le Président a demandé la pleine mise en œuvre des Accords de Minsk, ainsi qu’un appui accru à la Mission spéciale d’observation de l’OSCE déployée dans ce pays.  « Afin de l’aider à s’acquitter de son mandat, l’OSCE veut en effet augmenter le nombre d’observateurs sur le terrain, améliorer l’équipement technique de surveillance et étendre les heures d’opération le long de la ligne de contact », a déclaré M. Kurz.

Cette intention de la présidence autrichienne a été saluée par le délégué ukrainien, qui a estimé que le rôle d’observation, de vérification et de médiation de l’OSCE nécessitait davantage de ressources et d’équipements, « en particulier des technologies de pointe, comme des drones et des caméras infrarouges ».  Il a également demandé la mise en place de mesures de sécurité avant, pendant et après les élections au Donbass.

De son côté, préoccupée par les menaces dirigées contre les observateurs de l’OSCE, la représentante des États-Unis a demandé que ces derniers bénéficient d’un accès sans entraves, « en particulier dans les zones placées sous le contrôle des forces soutenues par la Fédération de Russie ».  

Le représentant de ce pays a, lui, souhaité que l’Autriche continue d’assurer le contrôle de l’objectivité de la Mission de l’OSCE et que les efforts de médiation tiennent compte des intérêts de toutes les parties au conflit. 

Enfin, les délégations ont été nombreuses à souhaiter un renforcement de la coopération entre l’ONU et l’OSCE, laquelle vient de franchir un nouveau cap avec l’établissement d’un bureau de liaison de l’ONU à Vienne.  Parmi les domaines prioritaires, le délégué du Japon a mentionné la lutte antiterroriste, la surveillance des élections et l’autonomisation des femmes, tandis que son homologue du Kazakhstan a cité la promotion du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

ORGANISATION POUR LA SÉCURITÉ ET LA COOPÉRATION EN EUROPE

Exposé du Président

M. SEBASTIAN KURZ, Ministre fédéral pour l’Europe, de l’intégration et des affaires étrangères de l’Autriche, Président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a indiqué que l’OSCE, forte de 57 États membres, était un partenaire important de l’ONU.  Parmi les graves menaces à la paix et à la sécurité, il a mentionné la guerre en Syrie et dans l’est de l’Ukraine, les sérieuses violations du droit international, les nationalismes virulents et la radicalisation et le terrorisme à l’œuvre dans les sociétés.  

Il a indiqué que les priorités de sa présidence seraient de désamorcer les conflits existants, de créer une plateforme pour appuyer les efforts des États contre l’extrémisme violent et de restaurer la confiance entre les membres de l’OSCE.

Évoquant la crise en Ukraine et le rôle de la Fédération de Russie, le Ministre a qualifié la situation des civils dans ce pays, ainsi que le niveau de violence atteint ces dernières semaines, d’inacceptables.  Les parties doivent pleinement mettre en œuvre les Accords de Minsk et respecter le cessez-le-feu, a-t-il dit.  Il a insisté sur le rôle de l’OSCE, via le Groupe de contact trilatéral, dans la négociation de ce cessez-le-feu et sur l’importance de la coopération au sein du format Normandie.

Demandant un appui accru à la Mission spéciale d’observation, il a indiqué vouloir augmenter le nombre d’observateurs sur le terrain, améliorer l’équipement technique de surveillance et étendre les heures d’opération le long de la ligne de contact.  Les forces doivent se désengager et les armes lourdes doivent être retirées, a-t-il affirmé.

M. Kurz a souligné que plus de 10 000 personnes de la zone couverte par l’OSCE avaient rejoint les rangs de Daech en Syrie, en Iraq et en Libye.  Leur retour pose également une menace pour les pays de l’OSCE, a-t-il dit.  « Afin de mieux comprendre les dynamiques de radicalisation, j’ai nommé un représentant spécial à la radicalisation, M. Peter Neumann, chargé d’examiner les meilleures pratiques et de formuler des recommandations », a continué le Président, appelant les États à coopérer face au terrorisme.

M. Kurz a expliqué que ramener la confiance entre les États membres de l’OSCE était la tâche la plus ardue, même si l’Autriche, pays neutre qui a toujours servi de pont entre l’Est et l’Ouest, est toute désignée pour s’en acquitter.  

« Ma présidence veillera à encourager le dialogue en vue de trouver des solutions communes et à reprendre les discussions sur le contrôle des armes classiques en Europe », a-t-il affirmé.  Il a annoncé le lancement d’un dialogue structuré sur les actuels et futurs risques sécuritaires que l’OSCE doit relever.  

Enfin, M. Kurz a salué l’établissement d’un bureau de liaison de l’ONU à Vienne et appelé à une coopération renforcée entre l’OSCE et l’ONU.

Déclarations

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a dénoncé les menaces posées à un ordre international reposant sur des règles, comme le montre la situation « terrible » en Ukraine, qui découle des violations répétées de la souveraineté ukrainienne par la Fédération de Russie.  « Nous devons y remédier », a-t-il dit, en saluant le rôle de la Mission spéciale d’observation.  Il a jugé inacceptable que cette mission soit entravée dans ses mouvements et essuie des tirs.

La Russie doit cesser sa déstabilisation de l’Ukraine, retirer ses forces et restituer la Crimée, a-t-il dit, ajoutant que les sanctions resteraient en place tant que cela ne sera pas fait.  Le représentant du Royaume-Uni a salué le lancement d’un dialogue structuré de l’OSCE sur les défis sécuritaires actuels et futurs, ainsi que ses efforts contre l’extrémisme violent.

Les événements en Ukraine montrent le rôle crucial que joue l’OSCE, a conclu M. Rycroft, en appelant à un renforcement de la coopération entre l’OSCE et l’ONU.

M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) a déclaré qu’une coopération constructive avec l’OSCE était nécessaire dans différents domaines, notamment la lutte contre le terrorisme et le radicalisme et le renforcement des institutions nationales.  Il a estimé que l’OSCE complétait les efforts de l’ONU en matière de renforcement des mesures de confiance et s’est félicité de la volonté affichée de l’Autriche de renforcer le rôle de médiation de cette organisation, en particulier dans le Nagorno-Karabakh.

Le délégué a espéré qu’en 2017 la paix arriverait et que « nous parviendrons à un règlement du conflit armé en Ukraine ».  Pour cela, il faut appliquer pleinement les dispositions des Accords de Minsk, a-t-il insisté. 

M. Iliichev a souhaité que l’Autriche continue d’assurer le contrôle de l’objectivité de la Mission dépêchée par l’OSCE en Ukraine.  La Fédération de Russie a demandé que les efforts de médiation tiennent compte des intérêts de toutes les parties au conflit. 

M. ROMAN VASSILENKO, Vice-Ministre des affaires étrangères du Kazakhstan, a constaté qu’en dépit des efforts collectifs, nous sommes toujours loin des espoirs inscrits dans la Déclaration d’Astana adoptée il y a sept ans et qui figure dans les documents fondateurs de l’OSCE.  « Pour réaliser cette vision, nous devons surmonter les menaces posées par les technologies, la montée du radicalisme et du nationalisme, les épidémies, la turbulence économique, la prolifération des matériaux nucléaires et un afflux sans précédent de réfugiés », a-t-il rappelé. 

Le conflit en Ukraine, a noté M. Vassilenko, a également des répercussions internationales.  Il a ensuite fait part de quelques recommandations sur la coopération bilatérale entre les Nations Unies et l’OSCE, dans le cadre de laquelle les deux organisations devraient accompagner prioritairement les pays en transition. 

« En outre, l’ONU devrait renforcer sa coopération avec l’OSCE sur la promotion du Programme de développement durable à l’horizon 2030 », a poursuivi le Vice-Ministre.  Par ailleurs, il a jugé qu’il serait pertinent de renforcer la coopération avec le Département des opérations de maintien de la paix et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). 

Pour M. Vassilenko, la sécurité des frontières de l’Afghanistan est cruciale pour développer de nouveaux couloirs commerciaux avec le reste de la région.  Enfin, l’ONU et l’OSCE doivent redoubler d’efforts dans la lutte contre la traite des êtres humains, a ajouté le Vice-Ministre.

M. INCHAUSTE (Bolivie) a appuyé le travail de l’OSCE, notamment ses efforts visant à instaurer le dialogue entre différents acteurs.  Il a souligné la nécessité de régler les différends entre États de manière pacifique et de respecter le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État.

Le délégué de la Bolivie a également suggéré de réfléchir au rôle de certaines organisations régionales dans les actions interventionnistes constatées par le passé.  Enfin, le représentant a demandé le renforcement des canaux de coopération entre l’OSCE et l’ONU.

Mme MICHELE J. SISON (États-Unis) a déclaré que l’OSCE avait prouvé le rôle unique qu’elle jouait dans le domaine de la sécurité en Europe, estimant qu’elle devait continuer de mettre l’accent sur le soutien à la société civile.  L’engagement de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine doit faire l’objet d’une attention particulière au moment d’un regain de violences dans l’est du pays. 

Les observateurs mettent en péril leur propre sécurité afin de collecter des informations de première main sur le terrain, a rappelé la représentante, et les parties doivent leur accorder un accès sans entraves, en particulier dans les zones placées sous le contrôle des forces soutenues par la Fédération de Russie.

La délégation des États-Unis s’est déclarée préoccupée des menaces dirigées contre ces observateurs.  Mme Sison a lancé un appel à la Russie pour qu’elle honore ses engagements, en rappelant également l’illégalité de l’annexion de la Crimée. 

Par ailleurs, en tant que l’un des trois coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, les États-Unis sont favorables au règlement du différend au Nagorno-Karabakh.  De même, le Gouvernement américain espère le succès des négociations au format 5+2 pour parvenir à un règlement pacifique de la situation en Transnistrie.

M. YOSHIFUMI OKAMURA (Japon) a souligné l’importance des mesures visant à restaurer la confiance prises par l’OSCE à la lumière des tentatives visant à altérer par la force le statu quo en Europe.  Il a indiqué que son pays avait accru sa coopération avec l’OSCE.  « Nous avons dépêché un expert japonais au sein de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine afin de l’aider à s’acquitter de ses tâches cruciales », a-t-il dit.

Il a salué le rôle important de médiation de l’OSCE s’agissant des situations en Abkhazie et en Ossétie du Sud, en Transnistrie et au Nagorno-Karabakh, ainsi que ses efforts visant à remédier à l’extrémisme violent et aux crises humanitaires liées aux migrations.  

M. Okamura a appelé à un renforcement de la coopération avec l’OSCE dans les domaines de la lutte antiterroriste par le biais d’un meilleur contrôle des frontières, de la surveillance des élections et de l’émancipation des femmes.

Enfin, le délégué a indiqué que la paix et la démocratie qui sont en train de s’enraciner au Kosovo doivent beaucoup aux efforts de l’OSCE.

M. CARL ORRENIUS SKAU (Suède) a déclaré que la sécurité européenne restait gravement menacée et que L’OSCE constituait une plateforme de dialogue sans précédent.  Les principes en vertu desquels cette organisation a été créée sont aujourd’hui bafoués, remettant en cause un ordre international fondé sur le respect mutuel de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États. 

Il a accusé la Fédération de Russie d’avoir annexé la Crimée et Sébastopol et de soutenir les séparatistes dans l’est de l’Ukraine.  Apportant son soutien à la Mission spéciale d’observation déployée dans ce pays par l’OSCE, le représentant a dit que la Mission jouait également un rôle important dans un certain nombre de conflits dits gelés en Europe, notamment au Nagorno-Karabakh. 

Le représentant a, en conclusion, salué le choix, par la présidence autrichienne de l’OSCE, du rétablissement de la confiance.

M. LIU JIEYI (Chine) a appelé à une coopération renforcée entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales dans le cadre du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.  Toutes les mesures prises par ces organisations doivent respecter les principes de la Charte, dont celui de respect de la souveraineté des États, a-t-il affirmé.  Il a estimé que l’OSCE, partenaire important de l’ONU, jouait un rôle précieux de médiation.

Le délégué chinois a appuyé les trois priorités de la présidence autrichienne exposées ce matin, avant d’appeler de ses vœux à une coopération efficace et pragmatique entre le Conseil et l’OSCE.  Enfin, évoquant la crise ukrainienne, le représentant de la Chine a exhorté les parties à mettre en œuvre les Accords de Minsk et à privilégier la voie du dialogue.

M. JOSÉ LUIS RIVAS (Uruguay) a souligné la nécessité d’une action coordonnée des organisations internationales, régionales et sous-régionales dans un monde confronté à l’extrémisme violent, à la persistance des conflits, à la montée du nationalisme et à la criminalité organisée.  Il a réaffirmé l’attachement de son pays à un renforcement de la coopération entre l’ONU et les organisations régionales, ces dernières jouant en effet un rôle précieux de bons offices et de médiation.

L’OSCE est la plus grande organisation de sécurité collective et possède une longue expérience dans le règlement des conflits, a-t-il noté.  Le délégué de l’Uruguay a salué le travail des missions de l’OSCE sur le terrain et insisté sur l’importance de la lutte contre la radicalisation.

Enfin, il a souhaité que les rapports de l’OSCE sur les zones de conflit contiennent une approche respectueuse de l’égalité hommes-femmes, conformément à la résolution 1325 (2000).

Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie) a salué l’approche sécuritaire globale prônée par l’OSCE, conjuguant les dimensions politico-militaire, économique et environnementale et la dimension humaine, conformément au nouveau paradigme global en faveur d’une paix durable et du développement.  Elle a salué le rôle de l’OSCE pour régler, avec l’appui de l’ONU, les conflits en Europe de l’Est, dans le Caucase et en Asie centrale, avant d’appeler les parties à ces conflits à faire montre de la volonté politique nécessaire à leur règlement.

Elle a appuyé la priorité de la présidence autrichienne de restaurer la confiance entre les parties et d’établir des canaux de communication informels à cette fin.  La déléguée a également insisté sur la pertinence d’efforts accrus de l’OSCE contre la radicalisation de la jeunesse et l’extrémisme violent dans la zone couverte par l’Organisation.  Enfin, elle a exprimé l’appréciation de son pays pour le partenariat entre l’OSCE et l’ONU.

M. INIGO LAMBERTINI (Italie) a estimé que l’OSCE jouait un rôle unique dans la facilitation de la plupart des conflits touchant l’Europe.  Son engagement rapide dans la crise ukrainienne prouve selon lui la vitalité de cette organisation et sa capacité à répondre à la situation en établissant les mécanismes de médiation et de surveillance. 

En outre, l’OSCE a un impact réel sur les défis transnationaux émergents en matière de sécurité, de développement et de droits de l’homme en Méditerranée.  L’Italie, en tant que Présidente du Groupe de contact méditerranéen au sein de l’OSCE, a proposé d’organiser une Conférence annuelle en Sicile en octobre prochain qui mettra l’accent sur des priorités telles que la lutte contre la traite humaine le long des itinéraires migratoires.

M. GORGUI CISS (Sénégal) a déclaré que la séance d’aujourd’hui était l’occasion de porter un regard sur la situation sécuritaire en Europe, où des défis de grande ampleur restent à relever. Il a estimé que l’OSCE était également confrontée à de redoutables menaces émergentes, comme la criminalité organisée, la traite humaine, le terrorisme et la cybercriminalité.  Pour sa délégation, « une OSCE forte est la base d’une Europe sûre ». 

Le représentant s’est ensuite félicité de l’approche consistant à rechercher la paix par le dialogue et la coopération entre pays voisins.  Abordant le conflit en Ukraine, M. Ciss a estimé que trois ans après le début des hostilités, il ne saurait y avoir de solution militaire au conflit, estimant la seule option est la mise en œuvre des Accords de Minsk.  Il a également plaidé pour le règlement des conflits dans le Nagorno-Karabakh et en Transnistrie, avant de saluer l’idée d’un renforcement du partenariat entre l’OSCE et l’ONU.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a déclaré que la crise dans l’est de l’Ukraine constituait une des violations les plus graves et les plus dangereuses des principes fondateurs de l’OSCE, définis à Helsinki il y a plus de 40 ans.  « C’est donc à juste titre que ce sujet a dominé l’ordre du jour de l’organisation, depuis trois ans maintenant », a-t-il dit. 

La France est déterminée à poursuivre ses efforts de médiation au sein du format Normandie, car chaque résultat obtenu sur le terrain compte, et s’est dite convaincue qu’il n’existe pas d’alternative à l’accompagnement de la mise en œuvre des Accords de Minsk.  Au-delà de l’Ukraine, l’OSCE reste plus que jamais un instrument essentiel pour promouvoir la paix et la sécurité en Europe, dans un contexte de diversification des menaces. 

Dès lors, M. Delattre a proposé que le travail de l’OSCE mette l’accent sur les problématiques suivantes.  Tout d’abord, la résolution des conflits régionaux, qu’il s’agisse du Nagorno-Karabakh, de la Transnistrie ou encore des « territoires séparatistes » de la Géorgie.  Ensuite, la relance de la maîtrise des armements conventionnels en Europe, le représentant soulignant la nécessité de poursuivre le « dialogue structuré de l’OSCE ». 

Par ailleurs, il faut préserver la centralité du pilier « démocratie et droits de l’homme » dans les travaux de l’OSCE, a relevé la délégation, avant de citer aussi le développement du rôle opérationnel de l’Organisation en réponse à certains défis émergents. 

M. SEIF ALLA YOUSSEF KANDEEL (Égypte) a insisté sur le rôle important des organisations régionales dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales dans le cadre du Chapitre VIII de la Charte.  Il a appuyé les priorités de la présidence autrichienne de l’OSCE, en particulier la lutte renforcée contre l’extrémisme violent.  Seul le dialogue permettra de régler les conflits que connaît la région couverte par l’OSCE, a-t-il dit.

Il a appelé les parties à ces conflits à consentir les efforts nécessaires à cette fin, avant de demander une solution politique en Ukraine et la mise en œuvre des Accords de Minsk.  Le délégué a insisté sur les liens étroits entre la sécurité en Europe, au Moyen-Orient et en Méditerranée, avant d’appeler à un renforcement des efforts internationaux, dont ceux consentis par l’OSCE, pour lutter contre le terrorisme et régler la crise migratoire.

L’Égypte est un partenaire de l’OSCE en Méditerranée et ne ménagera aucun effort pour renforcer les partenariats existants, notamment celui noué avec l’Université Al-Azhar pour lutter contre les visions religieuses erronées, a conclu le représentant.

M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine) a estimé que les actions de la Fédération de Russie sont un véritable défi aux principes de l’OSCE et aux Accords de Minsk.  Comme l’a montré le récent regain de violences près d’Avdiivka, dans le Donbass, la situation dans les zones touchées par le conflit reste précaire et imprévisible.  L’escalade est possible à chaque fois que cela convient à la Fédération de Russie sur le plan politique. 

Selon le représentant, l’offensive militaire lancée par les « forces russes hybrides » simultanément à des tirs d’obus soutenus le long de la ligne de contact démontre le manque de volonté persistent de Moscou à honorer les engagements pris dans le cadre des Accords de Minsk, en particulier la disposition relative à la cessation durable des hostilités, a poursuivi M. Yelchenko. 

Il s’est donc félicité de la réponse immédiate de l’OSCE, affirmant que celle-ci, son Groupe de contact trilatéral et son sous-comité humanitaire devraient accorder une attention particulière à la remise en liberté sans conditions des citoyens ukrainiens, qui demeurent retenus illégalement en tant qu’otages ou prisonniers politiques dans les zones occupées du Donbass et de Crimée, ainsi qu’en Fédération de Russie. 

La résolution de la crise en Ukraine et en dehors ne requiert pas seulement une résolution pacifique de la situation dans le Donbass, mais aussi une « désoccupation » de la péninsule de Crimée, « qui fait intégralement partie de l’Ukraine », a poursuivi le représentant. 

Après avoir dénoncé les violations des droits de l’homme qu’aurait commises la Fédération de Russie, le délégué ukrainien s’est félicité de l’intention déclarée de la présidence autrichienne de renforcer l’OSCE.  Selon lui, la mise en œuvre des Accords de Minsk et le rôle d’observation, de vérification et de médiation de l’OSCE nécessitent davantage de ressources et d’équipements, en particulier des technologies de pointe, comme des drones et des caméras infrarouges. 

L’Ukraine a demandé à la présidence autrichienne d’encourager des discussions pour que des mesures de sécurité soient mises en places avant, pendant et après les élections au Donbass.  Ces élections, a ajouté M. Yelchenko, seront « un élément déterminant du règlement politique du conflit », mais seulement lorsque les conditions de sécurité suffisantes seront réunies.

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