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CS/12677
11 janvier 2017
7859e séance – après-midi

Le Conseil de sécurité examine le premier rapport de la Mission de l’ONU en Colombie où le dépôt complet des armes est prévu pour juin 2017

Le Conseil de sécurité a examiné aujourd’hui le premier rapport trimestriel de la Mission des Nations Unies en Colombie créée par la résolution 2261 du 25 janvier 2016 pour surveiller et vérifier le cessez-le-feu après l’« Accord final pour la fin du conflit et la construction d’une paix stable et durable » signé, à Cartagena, le 26 septembre 2016, par le Gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP). 

L’accord, qui a fait l’objet d’un référendum, a été rejeté le 2 octobre avant qu’une version révisée ne soit adoptée par le Sénat puis par la Chambre des représentants, à la fin du mois de novembre, son entrée en vigueur marquant le début de l’instauration de la paix en Colombie et permettant à la Mission de l’ONU de s’acquitter pleinement de son mandat portant principalement sur la surveillance et la vérification du cessez-le-feu, la cessation des hostilités et le dépôt des armes.

Le processus de paix se heurte à toute sorte de difficultés mais il a des atouts solides dont la détermination sans faille du Gouvernement colombien et de la direction des FARC à persévérer dans la paix, sans oublier la volonté populaire de tourner la page du conflit le plus vieux du monde, a rassuré M. Jean Arnault, Chef de la Mission de l’ONU en Colombie, qui présentait son premier rapport trimestriel.

M. Arnault a expliqué que pour des raisons logistiques, il est impossible de respecter les délais, dont le rassemblement avant le 1er janvier des combattants des FARC et des milices et la destruction, le 30 janvier, des munitions instables.  En dépit des retards, il s’est félicité de ce que le Président colombien et le Chef des FARC se soient engagés à tout mettre en œuvre pour parvenir à finaliser le dépôt des armes au début juin 2017, la destruction des munitions instables commençant dès à présent.

Le Mécanisme tripartite de vérification –ONU, Gouvernement colombien et FARC- est déployé dans 18 des 26 camps et la Mission a sur place 350 des 450 observateurs attendus.  La surveillance des camps des FARC s’est intensifiée et l’armée colombienne a redéployé ses unités de sorte qu’une distance d’au moins 3 kilomètres la sépare des camps des FARC-EP installés à chaque point de regroupement, a précisé le Chef de la Mission de l’ONU. 

L’accent doit maintenant être mis sur la mise en place des camps destinés à l’accueil des FARC, a-t-il dit, notant que les travaux ont commencé dans un tiers des 26 camps.  Hier, le Président colombien a déclaré au Conseil des ministres que ces travaux doivent être la priorité pour lancer au plus tôt le processus de dépôt des armes.  En attendant, le matériel de stockage et de marquage des armes est distribué dans tous les bureaux de la Mission de l’ONU installés dans le pays.    

Un aspect clef de la mise en œuvre de la paix est la réintégration des membres des FARC dans la vie civile, a insisté M. Arnault, en prévenant que cette étape est étroitement liée au succès du dépôt des armes.  Il s’est donc félicité de la mise en place le 20 décembre dernier, d’un Conseil national de réintégration qui, depuis, a déjà tenu quatre réunions.  Il s’est aussi félicité de l’inscription à la sécurité sociale de quelque 2 500 FARC.  

Le 28 décembre, s’est-il encore réjoui, le Congrès a adopté la loi d’amnistie qui exclut toutefois les crimes graves.  Exigée par les FARC, cette loi, qui devrait conduire à la libération de 4 000 prisonniers, devrait aussi faciliter le dépôt des armes et l’arrivée des FARC dans les 26 zones.  Le 16 janvier, le Congrès devrait s’attaquer à deux textes de loi d’une importance critique, et d’abord, le projet de loi sur le système intégré « vérité, justice et réparation », y compris la juridiction spéciale pour la paix; la commission « vérité » et l’unité de recherche des personnes disparues.  Le deuxième texte est un nouvel article de la Constitution sur les dispositions de l’accord de paix relatives au droit international humanitaire et aux droits fondamentaux reconnus par la Constitution.

Le bilan de ces trois premiers mois est « très favorable », a affirmé le représentant de la Colombie, qui a dit la détermination de son pays à s’acquitter au plus vite des aspects administratifs, logistiques et juridiques nécessaires au bon fonctionnement de la Mission.  Le représentant n’a pas caché la difficulté de déployer des forces et de reconstruire dans des zones dépourvues de routes, d’eau et d’électricité.  Le Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Ukraine a souhaité que toutes les forces politiques et tous les acteurs de la société civile colombienne participent à la mise en œuvre de l’accord de paix.  Ce processus historique est un exemple pour le monde entier, a renchéri la représentante de la Colombie, avant que son homologue de l’Italie ne mentionne la conférence organisée à Rome en décembre 2016 qui a abouti à la conclusion de trois accords de coopération bilatérale avec la Colombie.  Ses homologues de l’Ukraine, de l’Uruguay, de la Bolivie et de l’Italie ont appelé à rétablir au plus vite les droits de l’enfant, en rouvrant les écoles, en élargissant l’accès à la santé et en facilitant le regroupement familial.

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