Quatrième Commission: les États africains appellent à trouver une solution rapide à la question du Sahara occidental dans un contexte régional dégradé

CPSD/636
6 octobre 2017
Soixante-douzième session, 6e & 7e séances – matin & après-midi

Quatrième Commission: les États africains appellent à trouver une solution rapide à la question du Sahara occidental dans un contexte régional dégradé

La Quatrième Commission chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation a poursuivi, aujourd’hui, son examen de la question du Sahara occidental, l’occasion pour de nombreuses délégations d’Afrique de mettre l’accent sur l’urgence de trouver une solution au conflit, afin d’« éviter la balkanisation du continent ».

Soulignant les risques d’instabilité au Sahel, liés à la présence de groupes terroristes, d’organisations criminelles transnationales ou de contrebande, les États africains ont tous réitéré leurs appels à un règlement politique et pacifique à ce conflit qui dure depuis des décennies, soulignant que celui-ci entrave la coopération et l’intégration régionale et risque d’exacerber une situation sécuritaire déjà fragile.

Pour le Burkina Faso, le Togo, la République centrafricaine, le Bénin, la Guinée, mais aussi les Émirats arabes unis et le Yémen, l’Initiative d’autonomie avancée présentée en avril 2007 au Secrétaire général des Nations Unies par le Royaume du Maroc est « crédible et réaliste ».

Qualifiant ces efforts de « sincères » et estimant qu’elle était le seul cadre à une solution de compromis, ils ont mis en avant la tenue d’élections législatives et régionales en 2015 et 2016 dans les régions du Sahara occidental, ainsi que les actions concrètes du Royaume du Maroc pour y accélérer le développement économique et social.

En réintégrant l’Union africaine, le Royaume du Maroc a montré sa vision panafricaine, ont estimé plusieurs États, se félicitant également de la nomination d’un nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental.

À l’instar du Mozambique et de l’Ouganda, l’Afrique du Sud a demandé l’organisation du référendum d’autodétermination promis au peuple sahraoui.  Le Nigéria a lui réclamé que soit fixée une date pour ce scrutin.  Déplorant la situation « abjecte » de la population sahraouie vivant dans des camps de réfugiés et l’incarcération de nombre d’entre eux pour des motifs politiques, le Zimbabwe a rappelé que l’organisation de ce référendum revient à la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), soulignant que le Conseil de sécurité avait prorogé son mandat dans cet objectif.

De son côté, le Kenya a appelé les deux parties à engager des pourparlers sous l’égide de l’Union africaine, qui a nommé un Envoyé spécial à cet effet, avant d’expliquer la poursuite de la colonisation du Sahara occidental par la présence de ressources naturelles.

Ce point a d’ailleurs été soulevé par plusieurs pétitionnaires intervenus en deuxième partie de séance.  Ces derniers ont notamment critiqué l’exploitation des richesses sahraouies par le Royaume du Maroc, avec l’appui de la France, de l’Espagne ou des États-Unis.  « Les ressources naturelles offrent au Royaume du Maroc entre sept et 10 milliards de dollars grâce à l’exploitation du phosphate et de la pêche », a insisté le représentant du Front Polisario, déplorant « un pillage ».

Dans son intervention, ce dernier a fait part de la ferme volonté du Front Polisario de collaborer avec le nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, redoutant toutefois que sa nomination se heurte à « la volonté du Royaume du Maroc de maintenir le statu quo pour exploiter les ressources » et au « blocage de membres permanents du Conseil de sécurité ».

Il a néanmoins estimé que la nouvelle conjoncture créée par l’adhésion du Royaume du Maroc à l’Union africaine et la proposition du Secrétaire général de l’ONU pourrait créer une dynamique susceptible de déboucher sur une solution juste et durable à la situation du Sahara occidental, moyennant l’application complète du mandat de la MINURSO.

Avant l’audition des pétitionnaires, le représentant de l’Algérie est intervenu pour dénoncer une situation « très grave », estimant que les comptes rendus produits par la Section des communiqués du Département de l’information ne reflétaient pas les débats qui se déroulent au sein de la Commission.  Le représentant s’est notamment inquiété du fait que l’« on a fait dire à des pétitionnaires légitimes, des choses qu’ils n’ont pas dites et alors qu’ils n’avaient pas encore pris la parole! ».  Il a appelé le Secrétariat de la Commission et le Département de l’information à fournir des éclaircissements sur ce sujet et à présenter des excuses*.

À noter par ailleurs qu’en début de séance, la France a répondu à certaines critiques émises, en début de semaine, par des pétitionnaires calédoniens, au sujet du referendum d’autodétermination qui doit être organisé en Nouvelle Calédonie en 2018.  Son représentant a souligné que la France avait accueilli une mission d’expertise des Nations Unies pour observer les travaux d’établissement et de révision de la liste électorale spéciale provinciale qui servira à ce scrutin.  Il a assuré que les recommandations de la mission seraient mises en œuvre, soulignant que les transferts de compétences effectués dans le cadre des Accords de Matignon et Nouméa donnaient à la Nouvelle-Calédonie les moyens d’agir dans le domaine législatif.  « La Nouvelle-Calédonie est souveraine et dispose d’une autonomie réelle et effective, qui lui a d’ailleurs permis de devenir membre du Forum du Pacifique », a notamment indiqué le délégué de la France.

La Quatrième Commission reprendra son débat général lundi 9 octobre, à partir de 10 heures.

* L’erreur commise dans le communiqué du 5 octobre, qui attribuait la déclaration de M. El Baihi à M. Ahmed Boukhari, du Front Polisario, a été corrigée.

DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUTES LES QUESTIONS RELATIVES À LA DÉCOLONISATION

Suite du débat général

M. KOKOU KPAYEDO (Togo) a déploré que les parties n’aient pas pu trouver une solution pacifique concernant la question du Sahara occidental.  Il a estimé que la négociation était la seule issue réaliste.  Il a demandé que les parties cessent de camper sur des positions figées, pour trouver une solution consensuelle.

Il a soutenu le Plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental, considérant que cette approche attestait d’une volonté sincère du Royaume d’arriver à une solution pacifique.  Il a salué la tenue d’élections législatives et régionales en 2015 et 2016 dans les régions du Sahara occidental. 

Il a demandé que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) puisse procéder à un recensement dans les camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie. 

Il a conclu en rappelant que le conflit avait des conséquences pour les populations sahraouies, mais freinait également la coopération régionale.  Il s’est enfin inquiété des risques de déstabilisation régionale, en raison de la présence de groupes terroristes dans cette zone.

M. FRANCISCO TENYA HASEGAWA (Pérou) a estimé que le Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, ou Comité spécial des  Vingt-Quatre, devait orienter ses efforts vers « plus de décisions et d’actions » afin de faire évaluer la situation dans les 17 territoires qui sont toujours non autonomes.

Pour lui, il faut s’appuyer sur une démarche au cas par cas, chacun de ces territoires devant être soumis à une évaluation permanente par le Comité spécial des Vingt-Quatre.  La coopération des Puissances administrantes est aussi essentielle, a-t-il poursuivi, en appelant ces dernières à tout faire pour faciliter le processus de décolonisation et soutenir la croissance durable dans les territoires non autonomes.

Son pays porte une attention particulière sur les cas des îles Falkland (Malvinas), des îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et des espaces maritimes attenants.  M. Hasegawa a regretté qu’il n’y ait toujours pas de solution définitive depuis 1964, ajoutant qu’il n’y a pas d’autre option que de passer par la négociation entre les parties impliquées. 

Le Pérou, a-t-il précisé, a apprécié les efforts déployés récemment par les deux pays pour des négociations unilatérales, mais leur a demandé de ne pas prendre de mesures unilatérales qui pourraient modifier la situation actuelle.

Mme LILLY STELLA NGYEMA NDONG (Gabon) a réaffirmé l’attachement du Gabon à la mise en œuvre effective de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, avant d’aborder la question du Sahara occidental.  Le Gabon soutient l’option du processus politique fondé essentiellement sur les recommandations contenues dans les résolutions du Conseil de sécurité, adoptées depuis 2007, l’objectif étant une solution politique durable, négociée et mutuellement acceptable, pouvant permettre de résoudre ce différend régional. 

Il se félicite des efforts constants du Secrétaire général et appuie la mission de facilitation de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, M. Horst Köhler.

La représentante a souligné l’urgence de régler cette question qui pourrait exacerber la situation sécuritaire qui marque la région.  C’est pourquoi le Gabon salue et encourage de l’initiative marocaine d’autonomie qui présente, à son avis, des perspectives crédibles et rassurantes permettant non seulement de mettre fin à l’impasse actuelle mais aussi de parvenir à un accord définitif. 

La déléguée se félicite des mesures que le Maroc continue de prendre dans les domaines des droits de l’homme et du développement de la région du Sahara, y compris l’organisation des élections communales et régionales en septembre 2015 et des élections législatives en octobre 2016 avec la participation de la population du Sahara occidental.

M. ABDOULAYE BARRO (Sénégal) a réclamé un regard neuf sur la situation au Sahara occidental, à la lumière du Plan d’autonomie avancée proposé par le Royaume du Maroc.  Cette initiative est de bonne foi et offre un cadre approprié pour régler ce différend régional, a-t-il insisté, appelant les pays voisins à apporter leur contribution.  Il a rappelé les défis qui se présentent: terrorisme, trafics en tout genre, criminalité transnationale et immigration irrégulière.

 « Une solution négociée sur la base du Plan d’autonomie avancée du Royaume du Maroc permettrait aussi de prendre en charge la situation des réfugiés de Tindouf », a-t-il ajouté, avant de mettre en avant les progrès enregistrés sur le terrain grâce au Maroc, citant la tenue en 2015 et 2016, d’élections municipales et législatives, « avec une participation des habitants du Sahara marocain ». 

Il a salué également les efforts marocains pour le développement économique et social du Sahara occidental.  Il a enfin réitéré son soutien au processus en cours des Nations Unies dont la finalité est de parvenir à une solution politique négociée.

M. JACQUES LAPOUGE (France) a insisté sur le fait que son pays coopérait sur le dossier calédonien depuis 20 ans, notamment avec le Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.  Il a ainsi accueilli une mission d’expertise des Nations Unies pour observer les travaux de révision de la liste électorale spéciale provinciale et ainsi que pour ceux visant à établir la liste électorale spéciale pour la consultation organisée prochainement en Nouvelle-Calédonie.

Il a affirmé que la présence des experts des Nations Unies avait favorisé la sérénité des travaux, ceux-ci s’étant rendus disponibles pour toutes les parties impliquées.  Le rapport de la mission est bien pris en compte par les autorités françaises, qui sont attachées à mettre en œuvre ses recommandations, a-t-il par ailleurs assuré.  

La France reste un partenaire attentif et bienveillant.  Elle participe et maintient sa contribution financière du territoire, et veille à la prise en compte des spécificités kanakes.  Il a précisé que la loi de Nouméa a été traduite dans une loi organique qui a abouti à un transfert de compétences vers les autorités calédoniennes, « un transfert irréversible qui s’accompagne par une augmentation des moyens humains ». 

Avec l’élargissement progressif du champ de compétence et la création d’un système normatif propre qui lui donne les moyens d’agir dans le domaine législatif, la Nouvelle-Calédonie est souveraine, a estimé M. Lapouge, pour qui l’accession de ce territoire au statut de membre du Forum du Pacifique est une autre preuve qu’il dispose d’une autonomie réelle et effective.

M. JERRY MATTHEWS MATJILA (Afrique du Sud) a déploré que de nombreux peuples n’aient toujours pas pu exercer leur droit à l’autodétermination.  Il a rappelé que le devoir des Nations Unies était d’agir et de ne pas être sourds aux appels de ces peuples.  « Le peuple du Sahara occidental attend depuis des décennies de pouvoir jouir de son droit à l’autodétermination, ce qui constitue une honte pour la communauté internationale », a-t-il affirmé.

Il a salué la nomination de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies au Sahara occidental, souhaitant qu’il puisse faciliter une solution pacifique et durable respectant les droits inaliénables des Sahraouis.  « L’Union africaine est engagée dans la décolonisation du Sahara occidental », a-t-il rappelé, appelant à fixer une date pour l’organisation d’un référendum.

Il a conclu en déplorant que cette Commission se penche encore sur des cas de décolonisation qui auraient dû être réglés il y a plusieurs décennies.

Mme AMBROISINE KPONGO (République Centrafricaine) a rappelé que le but du Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux est la recherche de l’émancipation des 17 territoires non autonomes.  Elle a donc demandé de ne pas « prendre de position radicale » particulièrement en ce qui concerne le différend sur le Sahara occidental.

Elle a affirmé son appui à la solution proposée par le Conseil de sécurité depuis 2004 et dans ce cadre, soutient la solution d’autonomie avancée proposée par le Maroc.  Elle a pointé les importants investissements de ce pays dans les « provinces du sud » ainsi que la tenue d’élections « qualifiées de libres et transparentes par les observateurs » qui ont vu l’élection d’hommes et de femmes issus de la région du Sahara occidental.  « Il en va de la stabilité et de la sécurité dans la région du Sahel ».

Le soutien au Maroc est également guidé par la vision panafricaine, qui veut barrer la route à la balkanisation du continent, a-t-elle affirmé, en ajoutant que cette position n’affecte en rien ses relations avec les autres pays de la sous-région.

M. CRAIG JOHN HAWKE (Nouvelle-Zélande) a réaffirmé que la relation entre la Nouvelle-Zélande et les Tokélaou est fondée sur un partenariat, expliquant que son Gouvernement travaille en étroite collaboration avec le leadership et le peuple des Tokélaou et s’aligne sur la cadence fixée par les Tokélaou pour tracer la marche à suivre.  M. Hawke a rappelé que lors des derniers référendums de 2006-2007 sur la relation entre les Tokélaou et la Nouvelle-Zélande, il n’y avait pas eu de majorité pour que le territoire devienne autonome en libre association avec la Nouvelle-Zélande.  Depuis, les efforts en ce sens restent à l’arrêt, et, en attendant, les Tokélaou améliorent leurs capacités de gouvernance et de gestion de leurs propres affaires, comme l’a expliqué le Ulu des Tokélaou au Comité de la décolonisation cette année.  

Le représentant a expliqué que les Tokélaou développent leur propre style de gouvernance qui allie le leadership traditionnel aux institutions nationales.  Une commission de services publics a été mise en place ainsi qu’un programme de gestion des finances publiques.  Les Tokélaou se sont aussi fait un profil international pour les questions liées aux changements climatiques grâce à leur participation à des réunions multilatérales de haut niveau sur l’impact de ce phénomène sur les petits États insulaires du Pacifique.

La Nouvelle-Zélande soutient ces développements positifs et continuera de financer le budget annuel des Tokélaou et à y investir dans des projets d’infrastructure et de services publics.  Le représentant a précisé que même si l’Administrateur des Tokélaou et le Ministre des affaires étrangères avaient tous les deux la responsabilité statutaire des Tokélaou, dans la pratique, les décisions courantes étaient prises par les leaders locaux.

M. JEAN-CLAUDE DO REGO (Bénin) a salué les efforts déployés par le Secrétaire général pour instituer un dialogue franc et constructif entre les parties sur la question du Sahara occidental, ainsi que la facilitation de son Envoyé personnel, visant à parvenir à une solution politique négociée et mutuellement acceptable, basée sur « le réalisme et un esprit de compromis », tel que recommandée par les résolutions successives du Conseil de sécurité.  Il a ainsi souligné le caractère prioritaire du processus politique et apporté son soutien à toute initiative du Conseil de sécurité qui permettrait l’adoption d’un calendrier et des paramètres concrets pour la tenue de négociations crédibles.  Il a réitéré l’adhésion du Bénin à l’initiative marocaine d’autonomie, présentée au Secrétaire général des Nations Unies le 11 avril 2007, laquelle constitue, selon lui la base du processus politique et le seul cadre d’une solution de compromis à ce différend régional.  Notant qu’aucune des initiatives ne pourra connaître un heureux aboutissement sans l’engagement de toutes les parties, le délégué les a invité à faire montre d’un esprit de compromis pour trouver les solutions justes et consensuelles en vue du règlement définitif de cette question pour une paix durable.

M. MAHE’ULI’ULI SANDHURST TUPOUNIUA (Tonga) a axé son intervention sur la question du Sahara occidental.  Sa délégation soutient le processus politique en cours sous les auspices du Secrétaire général et de son Envoyé personnel, M. Horst Köhler.  Il a estimé que tout compromis se doit d’être juste, réaliste et conforme aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Le représentant a invité tous les pays directement ou indirectement concernés par ce différend à contribuer au processus dirigé par les Nations Unies.

M. AHMED ABDELRAHMAN AHMED ALMAHMOUD (Émirats arabes unis) a salué la nomination de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental.  Il s’est dit préoccupé du développement du terrorisme dans la région du Sahel, rappelant l’importance du processus mené sous l’égide du Secrétaire général pour trouver « une solution politique juste et durable » au problème.  Il a appelé les parties au conflit à adopter un esprit de compromis.  Le représentant a insisté sur l’attachement de son pays au respect de l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc et soutenu l’initiative d’autonomie avancée proposée par le Royaume du Maroc pour trouver une solution sur la base du consensus.  Il a également salué la participation des habitants des provinces du Sahara aux scrutins de 2015 et 2016.  Il a aussi mis en avant les efforts du Royaume du Maroc pour le développement économique et social de ces provinces du Sahara, insistant sur le nouveau programme de développement lancé par ce pays.  Il a conclu en insistant sur la nécessité d’arriver à une solution politique, afin d’assurer sécurité et stabilité dans la région du Sahel.

M. YOLANNIE CERRATO (Honduras) a appuyé le droit légitime de l’Argentine sur les « Îles Malvinas », les îles Géorgie du Sud et Sandwich du sud et les espaces maritimes et insulaires correspondants, « actuellement sous occupation étrangère », ainsi que les bons offices du Secrétaire général et la résolution 31/49 pour une solution pacifique de ce conflit.  Il a insisté pour ne ménager aucun effort dans la mission de bons offices.  Il a souligné que la demande de l’Argentine est une « clameur » de toute l’Amérique latine, pour trouver, dans les meilleurs délais, une solution pacifique et définitive au différend, rappelant à cet égard l’engagement pris en janvier dernier à Punta Cana, en République dominicaine, lors de la cinquième Conférence de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes, de continuer à œuvrer dans le cadre du droit international et de faire de la région une zone débarrassée du colonialisme.  

M. RODOLFO FLORENTINO DÍAZ ORTEGA (Mexique) a demandé que les travaux du Comité spécial de la décolonisation aboutissent à des propositions constructives.  Il a appuyé les efforts pour trouver une solution juste, pacifique et durable au Sahara occidental, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité, exprimant également son soutien à la tenue d’un référendum.  Le représentant a salué les efforts déployés par le nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, M. Horst Köhler, pour que les parties reviennent à la table de négociations.  Il a également demandé que la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) soit soutenue de manière à pouvoir mettre pleinement en œuvre son mandat.  Concernant les « îles Malvinas », il a exhorté l’Argentine et le Royaume-Uni, « qui ont beaucoup de liens entre eux », à trouver une solution, et à s’abstenir d’initiatives unilatérales qui pourraient modifier la situation.  Il a appelé à profiter des « bons auspices » du Secrétaire général dans ce dossier.

M. JAGDISH DHARAMCHAND KOONJUL (Maurice) a réclamé une décolonisation complète des territoires non autonomes.  Il a demandé que les principes des droits de l’homme et de justice ne stagnent pas dans un état statu quo, afin que la Troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme s’achève par une vraie décolonisation.  « Aucun progrès ne pourra être réalisé si les Puissances administrantes ne s’engagent pas à respecter les peuples qui vivent sous leur joug », a-t-il insisté.  Abordant la question du Sahara occidental, il a demandé le respect du cessez-le-feu et une solution rapide au conflit.  Cela est nécessaire non seulement pour les personnes impliquées mais aussi pour les pays voisins car l’intégration économique de l’Afrique du nord est retardée en raison du conflit.  Il s’est félicité de la nomination de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental et la proposition de relancer les négociations sous l’égide du Conseil de sécurité et dans un cadre qui comprend un accord sur la nature de l’exercice d’autodétermination.  Il a demandé aux parties de négocier « de bonne foi », pour trouver « une solution politique permettant au peuple d’accéder à l’autodétermination ».  Il a également souhaité que la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) assure le respect du cessez-le-feu et organise réellement ce référendum d’autodétermination. 

M. Koonjul a également attiré l’attention sur l’adoption, au mois de juin de cette année, de la résolution 71/292 de l’Assemblée générale demandant un avis consultatif de la Cour internationale de justice sur les effets juridiques de la séparation de l’archipel des Chagos de Maurice en 1965.  Il a appelé les États Membres à participer aux auditions de la CIJ, qui doivent commencer au courant de l’année 2018, « de manière à achever le processus de décolonisation de Maurice ».

Pour M. CHENG LIE (Chine) il reste encore beaucoup à faire.  La Chine soutient les territoires et leurs peuples dans leurs efforts d’autodétermination, a-t-il assuré.  Concernant les « îles Malvinas », il a indiqué que son pays soutenait les revendications de l’Argentine, via un dialogue pacifique menant à une solution juste et durable.  À l’approche de la fin de la Troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme, la délégation chinoise s’est dite prête à poursuivre ses efforts au sein de la Commission.

Pour M. YEMDAOGO ERIC TIARE (Burkina Faso) il faut poursuivre et intensifier l’œuvre entamée depuis plusieurs décennies par les Nations Unies pour qu’aucun peuple ne soit encore privé de son droit naturel à décider librement de son destin.  Pour sa délégation, la question de la décolonisation requiert un engagement collectif, non seulement pour la pleine réalisation des objectifs de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, mais aussi pour lever les obstacles qui empêchent sa mise en œuvre. 

Sur la question du Sahara occidental, sa délégation soutient le processus politique en cours, sous les auspices du Secrétaire général et la facilitation de son Envoyé personnel, M. Horst Köhler.  Elle appuie l’initiative marocaine d’autonomie pour résoudre ce différend car elle constitue une alternative « crédible et réaliste » dans le dénouement de cette question.  Cette initiative répond au principe de l’autodétermination et prend en compte les spécificités de la région, a estimé le représentant.  Ce différend a bien un caractère régional et donc la solution politique passe par une coopération entre États de la région, a-t-il souligné.  Dans le contexte actuel de lutte contre le terrorisme, a-t-il ajouté, la résolution définitive de la question du Sahara occidental permettra aux États de la région d’unifier leurs forces et de lutter contre l’insécurité grandissante dans la région.

M. HUSSEIN ABDULLAHI (Nigéria) a déploré que des territoires non autonomes continuent d’exister, citant en exemple la souffrance des Palestiniens, victimes du blocus dans la bande de Gaza, et la situation du peuple sahraoui.  Il a estimé que ces deux questions devaient être prioritaires, appelant les Nations Unies à faire le maximum pour régler ces situations.  Il a demandé l’organisation de négociations intenses et sincères pour atténuer les souffrances de ces peuples.  Il a réitéré l’appel de l’Union africaine aux Nations Unies concernant l’établissement d’une date pour la tenue du référendum d’autodétermination, rappelant le contexte régional où le terrorisme s’accroit.  De son point de vu, un niveau soutenu de coopération entre l’ONU et l’UA sur cette question est essentiel, d’autant plus qu’une non-résolution politique de la situation au Sahara occidental risque d’avoir un impact notable sur la stabilité régionale dans le contexte actuel de la menace croissante de l’extrémisme violent.  La question de la Palestine et du Sahara occidental figure depuis bien trop longtemps à l’ordre du jour de cette Commission qui manquerait à son devoir si elle n’éveille pas la conscience du monde pour qu’il se solidarise avec ces peuples, a-t-il déclaré.  

M. CARLOS MANUEL DA COSTA (Mozambique) a regretté qu’il y ait des peuples du monde qui n’ont pas encore la possibilité de jouir du droit à l’autodétermination, ajoutant que cet état de fait décrédibilisait le Comité spécial de la décolonisation établi en 1961.  Il a déploré l’expansion des colonies de peuplement israéliens et la détérioration de la situation humanitaire en Palestine.  Il a plaidé pour une solution politique juste et durable à la question de la Palestine, et il a apporté son soutien à toutes les initiatives des Nations Unies et de la communauté internationale à cette fin.  

M. Da Costa a affirmé que le droit inaliénable à l’autodétermination du peuple du territoire du Sahara occidental reste « le noble objectif » de la communauté internationale, particulièrement les Nations Unies et l’Union africaine.  Il a souhaité que des actions concrètes soient prises pour arriver à cette issue.  Il a invité le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et la communauté internationale à mettre en œuvre leurs propres résolutions, tout en soutenant l’Union africaine et son Envoyé personnel au Sahara occidental, l’ancien Président du Mozambique, M. Joaquim Chissano.  Le Mozambique soutient l’organisation d’un référendum comme voie devant mener vers une solution pacifique sur la question du Sahara occidental

M. KINTU NYAGO (Ouganda) a indiqué que son pays avait particulièrement à cœur la décolonisation complète du continent africain et notamment du Sahara occidental.  Il s’est prononcé en faveur de la tenue d’un référendum libre et équitable.  Il s’est réjoui que le Maroc ait rejoint l’Union africaine, estimant que « cela nous donne l’opportunité de résoudre le problème du Sahara occidental ».  Il a noté l’appel du Conseil de sécurité à relancer le processus politique en l’insufflant d’une nouvelle dynamique, indiquant par ailleurs que l’Ouganda avait des attentes énormes vis-à-vis du nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, M. Horst Köhler.  M. Nyago a appelé les Sahraouis et le Roi du Maroc à travailler avec ce dernier, appelant ensuite l’Envoyé personnel à créer un cadre temporel bien défini car, a-t-il averti, le maintien du statu quo aura des conséquences graves pour les Sahraouis, la région, le continent africain et le reste du monde ».

M. COSMOS RICHARDSON (Sainte-Lucie) a souligné qu’un certain nombre de territoires non autonomes avaient été frappés par les ouragans Irma et Maria le mois dernier –notamment Anguilla, les Îles Vierges britanniques et américaines et les Îles Turques et Caïques.  Pour ces territoires il s’agit maintenant de les reconstruire et ils auront besoin d’une aide extérieure, a estimé le représentant qui a encouragé l’Assemblée générale et l’ECOSOC à mettre l’accent, cette année, sur leurs résolutions relatives à l’aide aux territoires non autonomes.  Il a également suggéré d’appliquer la méthodologie d’évaluation des catastrophes de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) à ces territoires en vue de définir leurs stratégies de reconstruction.

Constatant que le nombre de territoires non autonomes inscrits sur la liste des Nations Unies n’avait pas diminué en plus d’un quart de siècle, le représentant en a conclu que les résolutions sur la décolonisation ne sont pas appliquées.  Il a appelé le Secrétaire général à se pencher sur les raisons de ce phénomène et à prendre des mesures appropriées pour faire avancer le processus.  Il a insisté sur le droit à l’autodétermination des peuples auquel ne sauraient se substituer les réformes constitutionnelles menées dans certains territoires non autonomes.

M. KELEBONE MAOPE (Lesotho) a appuyé la lutte pour l’autodétermination du Sahara occidental.  « Les peuples du Sahara occidental aspirent à la paix, la liberté et au droit de déterminer leur propre destinée ».  Il a appelé à des négociations authentiques et inconditionnelles entre le Maroc et le Sahara occidental, et a indiqué soutenir les efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel pour le Sahara occidental, dans la recherche d’une solution juste et mutuellement acceptable qui conduira à l’autodétermination des peuples sahraouis.

M. MOHAMED CHERIF DIALLO (Guinée) a salué la réintégration du Maroc au sein de la « famille africaine ».  Pour lui, la question du Sahara occidental doit être résolue conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, notamment celle du 21 avril 2017.  La Guinée soutient la relance du processus politique et s’est félicitée de la nomination de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, M. Horst Köhler.  Dans la même veine, a poursuivi le délégué, la Guinée appuie l’initiative d’autonomie marocaine de 2007.  Il a souligné que le Maroc déployait d’importants efforts d’investissement économiques et que sa bonne volonté avait été confirmée par l’organisation récente d’élections dans cette région.  Le représentant a également relevé la détérioration de la situation dans les camps de Tindouf décrite dans le rapport du Secrétaire général.  Son pays souscrit au principe de la solution négociée et estime que la proposition du Maroc est conforme à ce principe.

M. VUSUMUZI NTONGA (Zimbabwe) a déploré que le Sahara occidental se trouve dans une impasse depuis 54 ans, s’inquiétant que tous les efforts déployés pour un règlement pacifique avaient échoué jusqu’à présent.  Il a déploré la situation de la population sahraouie, la qualifiant « d’abjecte », indiquant notamment que les Sahraouis sont incarcérés pour des motifs politiques tandis que d’autres vivent dans des camps ou sont obligés de s’exiler.  « Ces réfugiés réclament l’aide de la Communauté internationale pour rentrer sur leur terre », a-t-il insisté.  Il a rappelé que la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) devait organiser ce référendum, rappelant que le Conseil de sécurité avait prorogé son mandat dans cet objectif.  Il a salué la nomination de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental et exhorté les deux parties à collaborer pour négocier de bonne foi.  Il a également soutenu l’appel de l’Union africaine pour lancer des pourparlers directs entre les deux parties.  « Il faut surmonter l’impasse actuelle », a-t-il insisté avant d’appeler les Nations Unies à rester activement saisies de cette question.

Mme KOKI MULI GRIGNON (Kenya) a expliqué que son pays aspirait à la décolonisation totale de l’Afrique, et qu’il avait toujours manifesté une position claire en faveur de la décolonisation du Sahara occidental et de l’archipel des Chagos.  Elle a affirmé que le Sahara occidental est toujours colonisé car il possède des ressources naturelles.  « Comment pouvons-nous l’expliquer autrement? » a-t-elle demandé, s’inquiétant par ailleurs du fait que l’impasse actuelle ne fait que mettre en exergue les tensions sur le territoire.  Elle s’est félicitée des efforts du Secrétaire général et de la nomination de Horst Köhler comme son Envoyé personnel pour le Sahara occidental, espérant que celui-ci puisse revitaliser le processus politique.  Elle a également estimé que le Maroc et le Sahara occidental, qui sont membres de l’Union africaine (UA), devraient entamer des pourparlers sous l’égide de l’Envoyé spécial de l’UA au Sahara.  Elle a par ailleurs souligné que le colonialisme paralyse également la réalisation des objectifs de développement durable et empêche le développement socioéconomique des territoires non autonomes.

M. TAREQ MD ARIFUL ISLAM (Bangladesh) a rappelé la lutte de son propre pays pour l’indépendance, réitérant son soutien absolu au droit à l’autodétermination des peuples des territoires non autonomes, ainsi qu’aux efforts déployés par le Comité spécial des 24.  Il a rappelé aux Puissances administrantes leurs obligations de favoriser le développement économique, social et éducationnel des territoires qu’elles administrent, et de coopérer avec le Comité spécial des 24.  Il a rappelé également les objectifs fixés par le Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui imposent de lever tous les obstacles à la réalisation complète du droit à l’autodétermination des peuples vivant sous le joug colonial. Il a aussi mis l’accent sur le besoin d’éducation et de formation des peuples des territoires non autonomes, saluant notamment les États Membres qui offrent des bourses d’études à ces peuples, invitant ceux qui ne le font pas à suivre cet exemple.

M. AMADU KOROMA (Sierra Leone) a constaté qu’alors que la Troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme touche à sa fin, les perspectives ne sont guère encourageantes.  Il a souligné que la collaboration des Puissances administrantes avec le Comité spécial des 24 est indispensable, les engageant à travailler ensemble dans une ambiance de respect mutuel.  Le représentant a aussi encouragé les Puissances administrantes à fournir des informations pertinentes sur la situation des peuples qui vivent dans ces territoires et à faire tout ce qu’ils peuvent pour veiller à leur bien-être.  Le représentant a également jugé essentiel de mener des visites dans ces territoires afin d’être informé de la situation réelle sur le terrain, et d’établir des rapports « sans préjugés ».

Tournant ensuite son attention sur la question du Sahara occidental, le représentant a salué la nomination de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, M. Horst Köhler.  « Le fait qu’il ait l’intention de se rendre bientôt là-bas en mission nous remplit d’espoir. »  Le représentant a aussi parlé du référendum à venir en Nouvelle-Calédonie et a félicité le Gouvernement français pour la mise en œuvre de ce processus.  Il a toutefois jugé essentiel de régler le problème de la liste électorale, avertissant que les accusations d’irrégularité pourraient mettre en péril la légitimité du processus.  Il a par ailleurs réclamé la reprise des négociations pour trouver une issue au différend concernant les îles Falkland (Malvinas).

Pour Mme HAIFA ABDULLAH SAEED MATER (Yémen) la colonisation est un obstacle au développement économique, social, et culturel, et va à l’encontre des principes de la Charte des Nations Unies.  Elle a dit soutenir les efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel pour le Sahara occidental, engageant par ailleurs les États Membres à appuyer également les efforts du Royaume du Maroc. Elle a également parlé de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et a plaidé pour y trouver une solution « ajustée » pour mettre un terme à la souffrance du peuple palestinien.

Droits de réponse

Exerçant son droit de réponse, le représentant du Royaume-Uni a rappelé la relation spécifique de son pays avec le territoire de Gibraltar.  Elle a indiqué que son gouvernement était ouvert au dialogue et a démenti les accusations d’occupation de ses eaux territoriales.  Elle a par ailleurs indiqué que Gibraltar respectait la règlementation européenne en matière fiscale, réfutant toute accusation d’évasion fiscale et soulignant l’existence « de mécanismes d’échanges d’informations fiscales ».

À propos des « îles Falkland », elle a dénoncé les déclarations faites par certains États Membres lors de la séance du 2 octobre.  « Le Royaume Uni n’a pas de doute sur sa souveraineté sur les îles Falkland, les îles de Géorgie du Sud, les îles Sandwich du Sud et espaces maritimes attenants », a-t-elle insisté.

Suite à cela, le représentant de l’Argentine a déclaré que les « îles Malvinas », les îles de Géorgie du Sud, les îles Sandwich du Sud et espaces maritimes attenants font partie de son territoire national et sont occupées par le Royaume-Uni, affirmant que cela est reconnu par les organisations internationales. L’occupation illégale du Royaume-Uni a mené à l’adoption de plusieurs résolutions de l’Assemblée générale qui a demandé aux deux États « de reprendre le dialogue pour une solution pacifique et durable », a-t-il encore rappelé.  Le représentant a précisé que le Comité spécial des 24 s’est prononcé dans le même sens.  Il a souligné que le droit à l’autodétermination des peuples est inapplicable à ces îles.

Exerçant elle aussi son droit de réponse, la représentante de l’Espagne a affirmé que les eaux territoriales de Gibraltar restent sous la souveraineté espagnole car elles n’ont jamais été cédées dans les traités.  Elle a aussi dit que le référendum de 1967 était illégal.  La représentante de l’Espagne a également parlé du référendum en Catalogne, soulignant que l’Espagne n’envisage pas de droits de sécession de territoires et qu’elle accorde à certaines régions des niveaux d’autonomie très élevés.  « Le Roi et tous les pouvoirs espagnols considèrent que le simulacre de dimanche dernier en Catalogne est illégal », a-t-elle encore affirmé.  « L’Espagne est un État de droit qui protège l’intérêt de tous les citoyens.  Les policiers ont agi conformément aux ordres des juges et des tribunaux.  Ils ont utilisé la force, mais pas contre des gens qui allaient déposer leur bulletin de vote dans une urne « douteuse ».  Ils ont agi pour défendre les droits et libertés de tous les Espagnols.  S’il y a eu des abus, il appartiendra aux tribunaux de les juger » a-t-elle conclu.

Intervention de l’Algérie au sujet des communiqués de presse

Avant la reprise de la séance, le représentant de l’Algérie est intervenu pour rendre compte d’une situation « très grave », à savoir le fait que les comptes rendus ne reflètent pas les débats qui se déroulent au sein de la Commission.

Cette question n’est pas nouvelle, elle a été soulevée à plusieurs reprises, a-t-il indiqué, soulignant que les communiqués de presse doivent être conformes au débat.  Il a d’ailleurs indiqué que l’Algérie, qui assure la coordination des non-alignés et à ce titre, participe aux travaux sur la revitalisation de l’Assemblée générale, avait soulevé, lors des réunions informelles, la discordance entre les communiqués de presse et les débats qui se passent en commission.  On nous avait expliqué alors que cette situation était due à un manque d’effectifs, or nous estimons que cet argument ne reflète nullement l’état de fait, a-t-il affirmé.

Le représentant s’est notamment inquiété du fait que l’« on a fait dire à des pétitionnaires légitimes, des choses qu’ils n’ont pas dites et alors qu’ils n’avaient pas encore pris la parole! ».  Il a appelé le Secrétariat de la Commission et le Département de l’information à fournir des éclaircissements à ce sujet.  Si c’est arrivé par inadvertance, c’est injustifiable.  L’ONU est censée veiller à ce que tout se déroule conformément à la Charte, a-t-il poursuivi, rappelant que le Département de l’information fournit des informations aux médias internationaux.

Insistant pour que des excuses soient présentées à la Commission, il a aussi souligné que les Nations Unies sont censées respecter la transparence et l’objectivité.  « Qu’on nous explique pourquoi c’est arrivé, et qu’on nous présente des excuses », a martelé le représentant, enjoignant ensuite à refléter fidèlement ce qui se passe pendant les débats. Un communiqué est un communiqué, il doit être le même, qu’il soit en français, en anglais ou en chinois, a-t-il insisté.

Le délégué a demandé à ce qu’il y ait une mise au point sur le site Internet de l’ONU concernant cette erreur, « comme c’est le cas dans n’importe quel organe d’information » et a exigé que le « représentant du Département de l’information » explique ce qui s’était passé, rappelant que ce dernier est au service des États.

Suite à cela, le Président de la Quatrième Commission a également souhaité obtenir des précisions et des excuses au sujet de cette erreur.

« Quand je vois qu’on reflète la position d’un pétitionnaire qui n’a pas pris la parole, et à qui on attribue une position qui n’est pas traditionnellement la sienne, cela nuit beaucoup au déroulement du débat », a-t-il notamment commenté, avant d’appeler le Secrétariat à publier une note pour expliquer la situation.

Sur ce, la représentante du Secrétariat a présenté ses excuses et fait savoir que les communiqués avaient effectivement été corrigés.  Le Secrétariat étudie en outre la question de savoir ce qui s’est passé.

Le représentant algérien a alors indiqué qu’il ne s’agit pas de présenter des excuses à l’Algérie mais à l’ensemble de la Commission, « car cela nous nuit », des propos avec lesquels le Président de la Commission s’est accordé.

DEMANDES D’AUDITION (A/C.4/72/7)

Déclarations des pétitionnaires sur le Sahara occidental

Mme NAVJOT KAUR, Young Progressive of America, a dénoncé l’occupation continue du Sahara occidental par le Royaume du Maroc et les violations quotidiennes des droits de l’homme du peuple sahraoui.  Estimant que les Nations Unies jouent un rôle essentiel pour rapprocher les deux parties, elle a appelé à mettre fin à la situation des Sahraouis, témoignant de leur expression de colère.  Elle a regretté que la communauté internationale n’ait pas résolu la situation et noté le manque de progrès, formulant l’espoir que le nouveau Secrétaire général permette de trouver une solution rapide.  Elle s’est dite préoccupée par le manque de coopération du Royaume du Maroc.  Elle a exhorté les Nations Unies à agir pour trouver une solution pacifique au conflit.

Mme SILVIA BONAVENTURA, Justice for Western Sahara, a indiqué que les Sahraouis attendaient la liberté depuis des années.  Elle a lancé un appel à des efforts sincères pour une décolonisation pacifique.  « Le peuple sahraoui est une population opprimée », a-t-elle déclaré, regrettant que le Royaume du Maroc ne permette pas un gouvernement démocratique, un système d’éducation et de santé.  « Il y a une division du Sahara occidental entre le Nord et le Sud, séparé avec des mines et des soldats, c’est une zone de guerre », a-t-elle encore ajouté.  Elle a dénoncé l’exploitation illégale des ressources naturelles par le Royaume du Maroc, avec l’appui de l’Espagne de la France et des États-Unis.  « Les revenus ne sont pas réinvestis dans ces territoires », a-t-elle indiqué en déplorant le « silence des Nations Unies », à ce sujet.  Elle a rappelé que la République arabe sahraouie démocratique était membre de l’Union africaine et qu’elle avait signé des traités internationaux.  « Les Nations Unies doivent les aider à développer leurs institutions et leur autonomie pour permettre l’épanouissement de la population », a encore ajouté la pétitionnaire.  « Nous avons besoin de coopération internationale et régionale, le Royaume du Maroc n’a aucun droit d’exploiter ce territoire », a-t-elle conclu.

Mme FERAT AHMED BABA DIH, PHD student et adjunct instructor au NYU, a indiqué qu’elle était née dans les camps de réfugiés en Algérie.  Revenant sur l’histoire, elle a déclaré que « les Sahraouis sont les enfants des nuages car ils suivent les nuages », expliquant que beaucoup se sentent enracinés dans leur territoire.  Elle a ensuite indiqué que la colonisation espagnole avait été mal gérée, mais que le processus de décolonisation l’avait été encore plus.  Elle a notamment expliqué qu’après la Marche verte, la Mauritanie s’est retirée du conflit, et que c’est à ce moment-là que le conflit entre le Maroc et les Sahraouis a commencé.  Beaucoup sont partis et se sont réfugiés à Tindouf où ils attendent le règlement de leur sort, a-t-elle indiqué, et dans les territoires occupés, ils subissent un contrôle très strict.  Selon elle, la brutalité est légitimée par la loi et une manifestation pacifique peut conduire en prison.  Elle a réclamé la tenue du référendum demandé depuis si longtemps et a exhorté le Maroc à mettre un terme à l’occupation illégale de la situation.

M. AHMED BOUKHARI, Front Polisario, a déclaré que la prolongation de l’occupation marocaine au Sahara occidental avait porté un coup à la crédibilité de l’ONU.  Nous avons perdu des milliers de martyrs sur les champs de bataille et des centaines d’autres croupissent dans les geôles marocaines, dont le groupe Gdeim Izik, a-t-il indiqué.  M. Boukhari a aussi indiqué que l’occupation permettait le pillage des ressources naturelles.

Le pétitionnaire a ensuite parlé de l’accord de paix, signé en 1990 et sur la décision de tenir un référendum d’autodétermination, pour permettre au peuple sahraoui de choisir entre l’indépendance ou l’intégration avec la Puissance occupante.  Il a aussi parlé de la création de la MINURSO.  Tout était prêt mais le Maroc a fait échouer le processus, a-t-il déploré.

Il a aussi affirmé qu’une opération de sabotage du processus de paix avait été lancée cette année, évoquant notamment l’expulsion d’une grande partie des effectifs de la MINURSO au mois de mars de cette année, le dénigrement public de l’ancien Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, ainsi que la tentative de construction d’une route dans la région de Guerguerat, une zone interdite en vertu des accords militaires.  Ces actes ont attisé les tensions au point de nous mener pratiquement au bord d’un conflit, s’est-il alarmé.

M. Boukhari a ensuite fait part de la ferme volonté du Front Polisario de collaborer avec l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, notamment lors de sa visite qui est prévue dans les prochaines semaines.  Il a par ailleurs estimé que la nouvelle conjoncture créée par l’adhésion du Royaume du Maroc à l’Union africaine et la proposition du Secrétaire général de l’ONU pourrait créer une dynamique susceptible de déboucher sur une solution juste et durable moyennant l’application complète du mandat de la MINURSO.

Suite à cela, le représentant du Venezuela a voulu savoir comment garantir la préservation des ressources naturelles du Sahara occidental.

Le pétitionnaire du Front Polisario a indiqué que le Royaume du Maroc tire entre 7 et 10 milliards de dollars de l’exploitation du phosphate et des produits de la pêche et averti que les ressources seront bientôt complètement épuisées. « Nous avions cru qu’avec toutes les résolutions le Maroc allait respecter le droit international et nous aimerions qu’il arrête le pillage de nos ressources », a-t-il affirmé.

Suite à une question du représentant de la Namibie, qui voulait savoir comment s’assurer que l’aide humanitaire parvient jusqu’aux réfugiés dans les camps, le pétitionnaire a affirmé qu’il n’y a jamais eu de rapport de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF).  Personne ne s’est jamais rendu à Tindouf et dans les camps de réfugiés.  Au contraire, une femme et un homme qu’on voit fréquemment dans les hôtels du Maroc ont interrogé deux Sahraouis.  C’est pourquoi, a-t-il soutenu, Bruxelles a enterré le rapport car il ne l’a pas cru.  Dans sa dernière résolution, le Conseil de sécurité a d’ailleurs demandé d’intensifier l’aide financière.  J’aimerais mettre fin à cette farce qui ne cherche qu’à semer la pagaille, a-t-il lancé.

Sur ce, le représentant de l’Afrique du sud s’est préoccupé du référendum et a voulu savoir comment celui-ci pourrait se dérouler aujourd’hui.  Le Représentant du Royaume du Maroc a alors présenté une motion d’ordre, demandant que les questions des États Membres soient rassemblées et que la réponse du pétitionnaire se limite à une minute, conformément au règlement.  Protestant, par ailleurs, que le Président de la Commission ait appelé le pétitionnaire « ambassadeur », le délégué marocain a également demandé que les titres non reconnus par les Nations Unies ne soient pas utilisés dans l’enceinte.

Sur une autre motion d’ordre, le représentant de l’Algérie a alors souligné qu’on ne peut pas refuser le droit à la parole à un État Membre.  « C’est la pratique aux Nations Unies », a-t-il insisté.

Reprenant la parole, le représentant du Royaume du Maroc a expliqué que son intention n’était pas de priver les États de la parole mais de grouper les questions pour une seule réponse d’une minute.

Le représentant du Zimbabwe a alors demandé qu’elles étaient les attentes depuis la nomination du nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental.

Dans un premier temps, le pétitionnaire a regretté de ne disposer que d’une minute pour répondre.  « Voilà la démocratie et la liberté d’expression », a-t-il ironisé.

Il a ensuite indiqué que le référendum sur l’autodétermination, pourrait être « organisé en trois mois ».  Il a par ailleurs affirmé que le nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général est une autorité mais que ce dernier se heurte à deux problèmes, d’une part la volonté du Royaume du Maroc de maintenir le statu quo « pour exploiter les ressources », et de l’autre le blocage des membres permanents du Conseil de sécurité.

Mme FATIMETU JATRI EMHAMED, Sahrawi Student Union, a indiqué intervenir au nom du peuple du Sahara occidental et du camp de Tindouf en Algérie.  Elle a affirmé que la France, membre permanent du Conseil de sécurité, a toujours appuyé et soutenu aveuglement le Maroc à l’ONU contre le Sahara occidental et a appelé à mettre un terme à l’occupation illégale de son pays par le Maroc.  Elle a expliqué avoir été élevée dans un camp de réfugiés.  « On se sent comme des étrangers sur nos propres terres », a-t-elle regretté, déplorant également que plusieurs groupes qui se trouvent dans les territoires occupés aient été emprisonnés.  Elle a également regretté que lors des interventions de la veille, les Sahraouis aient été associés à des terroristes.  Nous sommes un peuple pacifique, nous réclamons la paix, a-t-elle lancé, estimant qu’il faudrait plutôt parler du terrorisme commis par le Maroc.  Elle a également demandé à la France de revoir sa position vis-à-vis du Maroc en ce qui concerne le Sahara occidental.

Mme KIM GUEST, Artist for kids rights, a accusé le Maroc « d’occuper les deux tiers du Sahara occidental » et d’y réprimer toute forme d’activisme de la part des Sahraouis qui revendiquent leur territoire.  Elle a aussi reproché à la partie marocaine de vouloir changer la démographie sur place en encourageant des Marocains à s’y installer, moyennant des incitations financières.  La pétitionnaire a aussi fait état de détentions, voire d’expulsions de journalistes par la partie marocaine, dénonçant par ailleurs le non-respect du droit à la liberté de réunion. Par ailleurs, elle a affirmé que les ressources naturelles du Sahara occidental sont exploitées par des compagnies étrangères alors que la population locale vit toujours en grande partie dans la pauvreté.  Elle a exhorté la communauté internationale à ne pas se désintéresser de ce dernier processus de décolonisation en Afrique.

M. CHRIS SASSI, Président de la S.k.c, a rappelé que la Cour internationale de justice avait reconnu en 1975 le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et que le Sahara occidental est bien un territoire non autonome, distinct du Maroc, ce qui, a-t-il ajouté, a été réaffirmé par l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2016.  Il a reproché au Maroc de continuer, « en toute impunité », son occupation militaire de ce territoire, l’accusant de faire preuve d’un déni systématique des droits humains, de tenter de modifier l’équilibre démographique et de piller les ressources du Sahara occidental.

M. Sassi s’est indigné qu’au cours des 42 ans d’occupation du Sahara occidental par le Maroc, le peuple sahraoui avait connu six Secrétaires généraux des Nations Unies et une cohorte d’Envoyés spéciaux sans aucun résultat tangible.  Le Maroc jouit, selon lui, d’une impunité totale avec le silence complice de la part de certains acteurs, y compris au sein du Conseil de sécurité, lequel n’a pas été capable d’imposer au Maroc de revenir à la table de négociations.  Il a plaidé pour une reprise des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario, sous les auspices de l’ONU.

M. JUAN CARLOS MORAGA DUQUE, ONG Rehabilitación y Esperanza, s’est inquiété des violations des droits de l’homme dans les camps de Tindouf, se référant à un rapport de Human Rights Watch dont il a partagé les observations.  Il a dénoncé l’absence de supervision du pays d’accueil et a également parlé des accusations d’enlèvement de femmes.  Il a pointé la complicité de la République arabe sahraouie démocratique qui ne demande pas à ce qu’une mission se rende dans les camps pour évaluer la situation.  Le Front Polisario a manifesté son rejet de toute forme d’esclavage mais il doit en faire davantage pour les « réfugiés de race noire », qui sont une minorité parmi une population majoritairement maure, a-t-il indiqué. L’esclavage est une pratique concrète et nous demandons justice pour ces êtres sans défense.

Mme CLARA RIVEROS, CPLATAM Observatory, a souligné que l’impasse dans la question du Sahara occidental aux Nations Unies ne signifie pas une impasse au Sahara occidental.  La région connaît en effet un processus notable de transformation et de modernisation de ses infrastructures.  Le taux d’urbanisation y est plus élevé que dans le reste du pays, soit 74% contre 60% pour la moyenne nationale.  Elle a aussi expliqué que la population élit librement ses représentants par suffrage universel direct pour les postes de l’exécutif, et le parlement, doté de deux chambres, inclut des représentants sahraouis.  En outre, le nombre de représentants est fixé proportionnellement au nombre d’habitants.  Mme Riveros, a conclu en défendant la proposition marocaine pour la résolution de la question du Sahara occidental, « unique sortie viable et réaliste ». 

M. RACHID TAMEK, Assemblée Provinciale d’Assa-Zag, membre de l’Assemblée provinciale d’Assa-Zag, a souhaité apporter des éclaircissements sur l’histoire marocaine « que certains orateurs ne connaissent pas ou veulent délibérément ignorer ».  En 1912, a-t-il indiqué le Maroc était la seule partie du nord de l’Afrique à être indépendant avec des frontières reconnues, disant par ailleurs attendre que la France et l’Espagne publient des documents à ce sujet.  Le Maroc a ensuite été brutalement divisé entre la France et l’Espagne en 1916.  « Chaque pays voulait une part du gâteau.  La France le centre, l’Espagne le Nord et le Sahara, Tanger sous supervision internationale et le Maroc a été démembré », a indiqué le pétitionnaire qui a indiqué que le pays avait ensuite obtenu l’indépendance « peu à peu » avant le retrait, en 1975, du Sahara occidental.  Ces événements historiques du XXe siècle ont toujours des répercussions, a-t-il ajouté avant de s’interroger sur l’insistance à vouloir tenir un référendum au Sahara occidental.  En tant que citoyen sahraoui marocain, je pense que c’est parce que le Sahara occidental a des frontières avec un voisin qui est intéressé par ce territoire, a-t-il affirmé.

M. NAGLA MOHAMEDLAMIN SALAM, Nova (Western Sahara), s’est présenté comme un représentant de la jeunesse du Sahara occidental.  Il a expliqué que les jeunes des camps plaçaient chaque année leurs espoirs dans cette Commission, mais devaient chaque année ravaler leur colère.  Décrivant la résistance du peuple sahraoui comme « pacifiste », et leur combat comme celui de la « dignité », il a estimé que la seule issue possible à ce conflit c’est d’autoriser le Sahara occidental à organiser un référendum d’autodétermination.  « Nous n’abandonnerons jamais », a-t-il clamé.

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