Journée de solidarité avec le peuple palestinien: la réconciliation palestinienne, seule lueur d’espoir

AG/PAL/1398
29 novembre 2017
386e séance – matin

Journée de solidarité avec le peuple palestinien: la réconciliation palestinienne, seule lueur d’espoir

Le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a observé, ce matin, la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, en tenant une réunion spéciale au cours de laquelle l’accord de réconciliation palestinienne, signé en octobre dernier au Caire, est apparu comme la seule lueur d’espoir face à la poursuite de l’occupation des territoires palestiniens et des violations des droits de l’homme.  Les hauts fonctionnaires de l’ONU et les représentants d’organisations internationales réunis aujourd’hui ont également été nombreux à s’inquiéter des perspectives actuelles de voir aboutir la solution des deux États.

« Il est juste de dire que la solution des deux États est en péril, gravement mise à mal par l’occupation et la colonisation, mais aussi par la violence et la méfiance entre les parties », a notamment indiqué le Président du Comité, M. Fodé Seck, qui a en outre signalé que cette situation est en train d’être exploitée par des extrémistes dont la violence menace encore plus la solution des deux États.

Vingt-quatre ans après les accords d’Oslo, l’Observateur permanent de l’État de Palestine a en outre affirmé qu’Israël est en train d’ancrer son occupation, au lieu d’y mettre un terme, détruisant la solution des deux États et créant une crise existentielle pour les Palestiniens et les perspectives de paix.  Il a en outre averti qu’en s’en prenant à des sites saints tels que Haram el-Charif, Israël menace de transformer un conflit pouvant être résolu politiquement en « la réalité d’un État apartheid ou d’une guerre de religion sans fin ».  Pour M. Riyad Mansour, il n’y a pas de doute: « Mettre fin à l’impunité dont jouit Israël est le seul moyen d’ouvrir un chemin pour la paix.  Les violations ne peuvent rester impunies ».

Alors que cette année 2017 marque le centenaire de la Déclaration Balfour, le soixante-dixième anniversaire de l’adoption, le 29 novembre 1947, de la résolution 181 de l’Assemblée générale qui décidait de partager la Palestine en vue de la création de deux États souverains, ainsi que la dixième année du blocus imposé à Gaza, le tableau reste très sombre, comme l’a mis en évidence le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, M. Andrew Gilmour.

Se référant aux rapports du Secrétaire général et du Haut-Commissaire aux droits de l’homme qui font état, « avec une régularité déprimante », des nombreuses violations des droits de l’homme et du droit humanitaire par Israël, ce dernier a déploré la poursuite de l’élargissement des colonies de peuplement, malgré leur illégalité, les restrictions à la liberté de mouvements des Palestiniens, les arrestations et les détentions administratives, ainsi que les attaques contre les défenseurs des droits de l’homme, aussi bien israéliens que palestiniens.  M. Gilmour s’est aussi inquiété du fait que suite à la crise de l’électricité de ces derniers mois dans la bande de Gaza, les résidents vivent dans des « conditions intenables ». 

« Nous ne pouvons pas simplement nous préoccuper du peuple palestinien durant les journées internationales, ils ont besoin de notre solidarité 365 jours par an », a déclaré à son tour le Président de l’Assemblée générale, M. Miroslav Lajčák, se joignant ainsi aux nombreux appels engageant la communauté internationale à redoubler d’efforts pour faire aboutir la solution des deux États et mettre fin aux violations des droits de l’homme des Palestiniens.

Il a jugé impératif d’appliquer la résolution 2334 (2016) du Conseil de sécurité sur l’illégalité des activités de peuplement israéliennes, le Secrétaire général d’Amnesty International, M. Salil Shetty, a cependant pointé la politique de deux poids, deux mesures de la communauté internationale, « en particulier des États-Unis », qui ont « abusé » de leur droit de veto au Conseil de sécurité. 

Seule note d’espoir partagée par les intervenants: le récent accord de réconciliation interpalestinienne et la fin des dissensions entre Gaza et la Cisjordanie, qui, pour le Président du Comité, est un « pas dans la bonne direction ».  « Nous exhortons les autorités israéliennes à s’inclure dans ce processus positif pour prendre des mesures en faveur de la paix », a lancé M. Seck, tandis que le représentant de la Ligue des États arabes (LEA) a fait observer que cette avancée « empêchera dorénavant Israël d’utiliser le faux prétexte d’un interlocuteur qui ne voudrait pas vraiment la paix ».

La prochaine réunion du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

SÉANCE SPÉCIALE POUR CÉLÉBRER LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN, CONFORMÉMENT À LA RÉSOLUTION 32/40 B DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EN DATE DU 2 DÉCEMBRE 1977

Déclarations

M. FODÉ SECK, Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, a indiqué que cette année marque le centenaire de la Déclaration Balfour, rappelant aussi l’adoption, le 29 novembre 1947, de la résolution 181 de l’Assemblée générale qui décidait de partager la Palestine en vue de la création de deux États souverains.  Or, a-t-il poursuivi, « l’un de ces États, la Palestine, n’a acquis ni son indépendance ni sa souveraineté territoriale ».  Malgré les appels majoritaires au droit du peuple palestinien à l’autodétermination, beaucoup reste encore à faire, a-t-il déploré.  Il est alors revenu sur l’occupation du territoire palestinien qui dure depuis 50 ans et le blocus de la bande de Gaza qui dure depuis 10 ans, ainsi que sur l’usage disproportionnée de la force contre les civils palestiniens et la construction de colonies illégales.  Selon lui, la réalité du terrain, les actes violents comme terroristes ainsi que la méfiance entre les parties sont de sérieux coups portés à une solution pacifique.

« Il est juste de dire que la solution des deux États est en péril, gravement mise à mal par l’occupation et la colonisation, mais aussi par la violence et la méfiance entre les parties », a-t-il indiqué.  Et regrettablement, a-t-il ajouté, cette situation est en train d’être exploitée par des extrémistes dont la violence menace encore plus la solution des deux États.

Cependant, une note d’espoir est apparue, a assuré M. Seck.  Il a estimé que l’unité entre les dirigeants palestiniens et la fin des dissensions entre Gaza et la Cisjordanie, est un pas dans la bonne direction.  « Nous exhortons les autorités israéliennes à s’inclure dans ce processus positif pour prendre des mesures en faveur de la paix », a-t-il lancé, avant d’assurer que son Comité soutenait les efforts menés actuellement pour relancer le processus de paix sur le terrain, dans l’objectif ultime de parvenir à la solution des deux États sur la base des frontières de 1967.

M. MIROSLAV LAJČÁK, Président de l’Assemblée générale, a estimé que la communauté internationale a un intérêt commun, celui du règlement pacifique du conflit israélo-palestinien.  Nous ne pouvons pas simplement nous préoccuper du peuple palestinien durant les journées internationales, ils ont besoin de notre solidarité 365 jours par an, a-t-il ensuite déclaré.

Il a souligné que les peuples de l’ensemble du territoire palestinien ont besoin d’une aide concrète, se focalisant notamment sur la bande de Gaza, où « la situation est grave ».  Le Président de l’Assemblée générale a indiqué que le blocus laisse les gens entièrement dépendants de l’aide humanitaire et que l’économie reste faible, avec le taux de chômage le plus élevé au monde.  Il a ajouté que de nombreuses personnes sont dans un besoin urgent d’aide humanitaire.

M. Lajčák s’est ensuite préoccupé du grave déficit de financement de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui est de 77,5 millions de dollars.  Il a encouragé la tenue de discussions pour trouver des financements. 

Pour le Président de l’Assemblée générale, la solidarité internationale doit être mise au service d’une résolution pacifique de la question palestinienne.  Il a estimé que la solution des deux États, telle que définie dans la résolution 181 de 1947 est la seule solution.  Il a appelé la communauté internationale à appuyer les conditions propices à la réussite du processus de paix, à commencer par la cessation immédiate de l’élargissement des colonies de peuplement.  Le peuple palestinien n’a pas besoin de notre sympathie.  Il mérite notre solidarité », a-t-il notamment déclaré.  « Et si les débats que nous tenons sont importants, ce sont nos actions qui au final comptent le plus. »

M. SEBASTIANO CARDI, Président du Conseil de sécurité, a expliqué que le Conseil de sécurité a continué de recevoir des informations mensuelles et à organiser des débats trimestriels sur la question palestinienne, soulignant qu’en raison de l’absence d’une solution durable et juste, la situation au Moyen-Orient reste une préoccupation constante pour le Conseil.  Il a salué le travail précieux des différentes agences de l’ONU impliquées dans cette problématique qui ont su répondre aux besoins critiques de la population à Gaza.  Le Président du Conseil de sécurité a ensuite affirmé que ses membres continueront de contribuer à trouver une solution durable et juste au conflit.

Mme AMINA J. MOHAMMED, Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, a regretté que 70 ans après l’adoption de la résolution 181, un État indépendant et souverain de Palestine n’ait toujours pas émergé.  Elle estimé que le règlement du conflit en Palestine pourrait amener la paix dans l’ensemble de la région.  À cet égard, elle a encouragé les parties prenantes à reprendre le dialogue, se déclarant prête à travailler avec l’ensemble des parties pour réaliser la solution des deux États.  Il est temps de mettre fin à ce conflit en établissant un État palestinien indépendant, vivant aux cotés de l’État d’Israël, en paix et en sécurité, a affirmé Mme Mohammed qui a rappelé que la communauté internationale s’est réunie pendant 70 ans pour trouver des solutions.  Elle a jugé nécessaire pour les Palestiniens et les Israéliens de croire en un avenir tangible.

La Vice-Secrétaire générale a par ailleurs noté que Gaza reste frappée par le blocus et a besoin d’une aide humanitaire constante.  Cette réalité nécessite une assistance politique et humanitaire urgente, a-t-elle souligné.  En outre, il est essentiel que toutes les parties prenantes travaillent ensemble, la réconciliation étant un élément nécessaire pour parvenir à la solution des deux États.

Intervenant au nom de M. Mahmoud Abbas, Président de l’État de Palestine, M. RIYAD H MANSOUR, Observateur permanent de l’État de Palestine, a rappelé qu’Israël a été établi en 1948 puis accueilli par les Nations Unies peu après, déplorant que le peuple palestinien, de son côté, soit toujours en train d’attendre d’occuper une juste place au sein de la communauté des nations.  « Notre peuple, même s’il reste privé de liberté et de ses droits les plus fondamentaux, y compris à l’autodétermination, persévère et continue à être fidèle à la paix, aux règles de droit et aux résolutions des Nations Unies », a-t-il déclaré, citant en exemple la résistance pacifique des Palestiniens à Jérusalem, « qui a conduit à renverser les décisions prises par Israël de davantage contrôler Haram el-Charif », et « la grève de la faim héroïque des prisonniers palestiniens ». 

Notant que 24 ans se sont écoulés depuis les accords d’Oslo, M. Mansour a souligné que la Palestine a reconnu Israël sur la base des frontières de 1967, et a dénoncé le fait qu’Israël refuse de reconnaître l’État de Palestine et poursuive ses activités de peuplement dans les territoires occupés.  Évoquant la récente résolution 2334 du Conseil de sécurité (2016), il a averti qu’Israël est en train d’ancrer son occupation, au lieu d’y mettre un terme, détruisant la solution des deux États et créant une crise existentielle pour les Palestiniens et les perspectives de paix.

L’Observateur permanent a appelé à des actions décisives, concrètes, et coordonnées, et ce, de manière urgente.  « Les violations commises par Israël ne peuvent rester impunies.  Ce sont des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui menacent la paix et la sécurité internationales », a tonné M. Mansour pour qui « mettre fin à l’impunité dont jouit Israël est le seul moyen d’ouvrir un chemin pour la paix ».  Il est revenu sur l’adoption de l’Initiative de paix arabe, indiquant par ailleurs que les Palestiniens avaient rempli leurs obligations conformément à la feuille de route du Quatuor « qu’Israël continue de violer à ce jour ».  La Palestine a aussi appuyé toutes les autres initiatives de paix, notamment l’initiative française pour sauvegarder la solution des deux États qui a débouché sur la tenue de la Conférence de Paris, ainsi que les initiatives des Présidents russe, chinois et américain pour parvenir à une solution des deux États conformément aux frontières d’avant 1967.  « Cependant, les dirigeants israéliens ont sapé ces efforts de paix de manière délibérée et sournoise, préférant maintenir leur engagement envers la colonisation de notre terre et la déshumanisation de notre peuple au détriment de la paix », a dénoncé M. Mansour.

L’Observateur permanent a notamment accusé Israël de vouloir rendre l’occupation militaire et coloniale irréversible et de mettre en péril le statu quo, notamment en s’en prenant à des sites saints tels qu’Haram el-Charif, ce qui « menace de transformer un conflit qu’on peut résoudre politiquement en la réalité d’un État apartheid ou d’une guerre de religion sans fin ».  M. Mansour a assuré qu’il restait prêt à donner toutes les chances aux efforts de paix régionaux et internationaux, mais que si ces derniers échouaient, « le peuple palestinien n’acceptera l’oppression et la soumission comme futur ».  Il a souligné que la lutte du peuple palestinien n’était pas dirigée contre le Judaïsme en tant que religion, mais contre l’occupation coloniale des terres palestiniennes et le déni des droits humains inaliénables du peuple palestinien.  Malgré des décennies de déceptions, l’État de Palestine poursuivra ses efforts en faveur du droit international, en renforçant ses institutions et en autonomisant son peuple, surtout les jeunes et les femmes, a assuré l’Observateur permanent.  Il a affirmé que la réconciliation nationale est une priorité, appelant par ailleurs la communauté internationale à protéger son peuple, à l’aider à lever le blocus illégal de Gaza, et à maintenir le soutien nécessaire pour remédier à la grave crise humanitaire qui y sévit.  Il a aussi réclamé la mise en œuvre des résolutions des Nations Unies pour mettre fin à la colonisation israélienne et l’occupation des terres palestiniennes.

M. ANDREW GILMOUR, Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, a dressé un « tableau très sombre d’un conflit qui a mené à des souffrances des deux côtés ».  Il a indiqué que des rapports du Secrétaire général et du Haut-Commissaire aux droits de l’homme font état, « avec une régularité déprimante », de violations par Israël de ses obligations au titre du droit international humanitaire.  Il est évident, s’est-il inquiété, que l’occupation qui dure depuis 50 ans est à l’origine de nombreuses violations des droits de l’homme et que l’atmosphère d’impunité qui prévaut fait peu pour décourager d’autres actes de violence.  Les colonies de peuplement continuent de s’élargir en dépit des déclarations répétées des Nations Unies quant à leur illégalité, la liberté de mouvement est gravement restreinte, de nombreux Palestiniens sont l’objet d’arrestations fréquentes et de détentions administratives, tandis que le droit au développement, à l’éducation et à la santé est étouffé.

Poursuivant, M. Gilmour a rappelé que le blocus de Gaza est dans sa dixième année et que suite à la crise de l’électricité de ces derniers mois, les résidents de Gaza vivent dans des conditions intenables, auxquelles s’ajoutent les restrictions d’accès à la santé et à l’eau potable et la détérioration des infrastructures.  Il a également regretté que les défenseurs des droits de l’homme palestiniens soient attaqués et détenus pour avoir participé à des manifestations pacifiques, dont la tenue demeure sévèrement limitée en raison du décret militaire 101.  De leur côté, les organisations des droits de l’homme israéliennes, qui ont été nombreuses à défendre avec courage les droits des Palestiniens, sont l’objet de « discours les discréditant afin de miner leur crédibilité et leur légitimité », a-t-il dénoncé.  Le Sous-Secrétaire général a appelé les Nations Unies et la communauté internationale à renouveler son appui au processus de paix afin de réaliser la solution des deux États, jugeant essentiel que les efforts déployés à cette fin fassent figurer en leur sein un ferme engagement à faire respecter les droits de l’homme.  Il a ensuite indiqué que l’accord de réconciliation interpalestinienne est un pas important pour trouver une solution à la crise de l’énergie qui sévit à Gaza et pour mettre un terme à l’occupation.

M. AMRITH ROHAN PERERA, Président du Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés, a expliqué que le Comité spécial a été informé de la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés, décrivant les violences quotidiennes et les humiliations dont souffrent les Palestiniens.  Chaque aspect de leur quotidien est marqué par cette occupation illégitime, a-t-il dénoncé.  Il a également fait mention de rapports qui témoignent du sort de centaines de familles endeuillées à qui on aurait daigné le droit à un procès ou à une autopsie.  Il a indiqué que les pratiques israéliennes incluent des saisies des territoires, la destruction des infrastructures, la non-délivrance de permis de construction, la restreinte de libertés de mouvement, dénonçant par ailleurs les violences commises par les colons.  Il s’est aussi inquiété de la réduction de l’espace démocratique pour la société civile et de son impact sur le travail de certaines organisations sur le terrain.

Sur la situation à Gaza où le blocus entre dans sa onzième année, il a expliqué que les hôpitaux ont dû revoir à la baisse leurs services essentiels.  Il a salué le travail de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), soulignant que celui-ci a besoin du soutien continue des États afin d’assurer la fourniture efficace des biens et services essentiels.  Appelant à parvenir à une solution juste et durable en Palestine, il a jugé urgent de renforcer la confiance entre les peuples pour reprendre un dialogue de fond.  Il a salué la résilience du peuple palestinien soulignant toutefois que « c’est un combat qu’il ne peut pas mener seul ».

M. MAGED ABDELAZIZ, Ligue des États arabes (LEA), a estimé que la Journée internationale avec le peuple palestinien permet de dénoncer les injustices que lui inflige l’État d’Israël, notant par ailleurs l’importance du mois de novembre pour le peuple palestinien.  Le mois de novembre rappelle les souffrances qu’il subit depuis le 2 novembre 1917, date de l’adoption de la Déclaration Balfour.  Mais novembre est aussi le mois de la résolution 181, qui a scindé la Palestine en deux États, un arabe et un État juif.  Toujours le 29 novembre, a-t-il poursuivi, l’Assemblée générale a accepté en 2012 la Palestine en tant qu’État observateur non membre, ouvrant la voie à la possibilité de son acception en tant qu’État membre à part entière.  Il a ensuite affirmé que la réconciliation, en octobre dernier, entre les parties palestiniennes avait été un évènement heureux, faisant observer que cela empêchera dorénavant Israël d’utiliser le faux prétexte d’un interlocuteur qui ne voudrait pas vraiment la paix. 

M. Abdelaziz a dénoncé que le fait qu’après 50 ans, les violations commises par Israël se poursuivent, y compris à Jérusalem-Est, pointant notamment le blocus imposé à la bande de Gaza, sans parler des exécutions extrajudiciaires.  Israël est désormais connu pour son mépris vis-à-vis des Nations Unies, a-t-il affirmé, appelant ensuite les États Membres à rejeter la candidature d’Israël à un siège non permanent du Conseil de sécurité.  Il a émis l’espoir que le Quatuor joue un rôle décisif dans cette question, estimant par ailleurs que son élargissement pour inclure la LEA serait positif.

M. SHAHER AWAWDEH, Organisation de la coopération islamique (OCI), a noté que la réunion de ce jour coïncide avec le centenaire de la Déclaration Balfour, qui marque le début de cette « injustice historique » dont les ramifications continuent d’être ressenties par le peuple palestinien, qui depuis des décennies souffre de l’occupation, de l’oppression, de l’expulsion et du nettoyage ethnique. Soixante-dix ans après l’adoption de la résolution 181, l’État de Palestine n’a pas encore atteint son indépendance et le peuple palestinien reste privé d’exercer leurs droits légitimes, a-t-il rappelé.

Il a réaffirmé la responsabilité morale, historique, légale et politique de la communauté internationale pour trouver une solution juste à tous les aspects de la question palestinienne.  Cette responsabilité implique de mettre fin à l’occupation israélienne, de reconnaître la Palestine, et d’assurer la justice pour le peuple palestinien en leur permettant d’exercer leur droit à l’autodétermination.

M. Awadeh a ensuite affirmé que les mesures prises par Israël concernant la mosquée Al-Aqsa risquent de transformer un conflit politique en une guerre de religion, « dont les conséquences ne sauraient être prédites ».  Il a aussi fait part de sa vive préoccupation concernant la politique d’expansion d’Israël dans les territoires occupés.  Le représentant a ensuite appelé la communauté internationale a continué d’appuyer la réconciliation, l’appelant aussi à endosser ses responsabilités en fournissant une protection internationale au peuple palestinien et en lançant un processus politique pour consolider et mettre en place la vision des deux États.

Mme SHARENE LOUISE BAILEY, Observatrice de l’Union africaine, a salué l’accord de réconciliation auquel sont parvenus les organisations palestiniennes en janvier dernier, à Moscou, pour former un gouvernement d’unité, ainsi que l’accord interpalestinien du 12 octobre 2017.  Elle s’est dite gravement préoccupée par la situation critique des réfugiés palestiniens, qui font face à des sérieux défis en matière de protection, en raison de l’occupation, des conflits armés et des déplacements, « ce qui les entraînent plus loin dans la pauvreté et le désespoir ».  Elle a partagé son inquiétude quant à la situation volatile sur le terrain, notamment à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. 

Mme Bailey a ensuite condamné les colonies illégales en Cisjordanie, à Jérusalem et dans le territoire occupé du Golan syrien, l’occupation continue des terres palestiniennes, ainsi que la campagne de judaïsation visant à transformer les sites islamiques et chrétiens de la Ville sainte, et à réduire la population palestinienne à travers la confiscation de leurs terres et la destruction de leurs maisons.  Elle a aussi appelé à la levée immédiate du blocus terrestre et maritime imposé à la bande de Gaza.  Constatant que le chemin vers une paix durable demeure « peu clair », elle a affirmé que le manque de progrès dans un contexte de tensions renouvelées nécessitait une attention collective soutenue.  « La communauté internationale doit surmonter ses différences et reprendre des pourparlers de paix sur la base de la solution des deux États », a déclaré Mme Bailey, en précisant que les Nations Unies et le Quatuor avaient un « rôle crucial » à jouer.

M. HENRY SUAREZ (Venezuela), au nom du Mouvement des pays non alignés, a rappelé qu’on fêtait le « triste » soixante-dixième anniversaire de la résolution des Nations Unies qui a acté de la séparation de la Palestine.  Il y a vu l’occasion de réfléchir au sort de la population palestinienne qui, après plus de 50 ans d’occupation étrangère, est au cœur de beaucoup de crises qu’affronte le Moyen-Orient.  Depuis la création de l’ONU, la question palestinienne a toujours été à l’ordre du jour, a-t-il rappelé, mais malgré la bonne foi des Palestiniens et leur adhésion à une solution à deux États, leur situation continue de se détériorer sur le terrain du fait des pratiques politiques illégales d’Israël.  Il a déclaré que pendant que le Conseil de sécurité reste paralysé sur cette question, la communauté internationale est le témoin horrifié de l’occupation israélienne, accusant la Puissance occupante d’imposer une punition collective aux Palestiniens, accompagnée de violations de leurs droits de l’homme.  Le Mouvement des pays non alignés appelle à faire cesser ces violations et condamne la poursuite de l’occupation militaire du territoire palestinien.  Il a insisté sur le fait qu’Israël continue de déplacer des Palestiniens par la force, en violation des résolutions des Nations Unies, dans le but de modifier la composition démographique et le découpage de ces territoires. Il a signalé que cela mine la possibilité d’une paix juste et durable sur la base d’une solution des deux États.  Il a par ailleurs appelé les Nations Unies à accueillir la Palestine en tant qu’État Membre à part entière.

M. SALIL SHETTY, Secrétaire général d’Amnesty International, a déploré le désintérêt pour les violations graves des droits de l'homme du peuple palestinien, 100 ans depuis la Déclaration Balfour ; 50 ans depuis l’occupation par Israël des territoires palestiniens et des hauteurs du Golan, 10 ans depuis le blocus de Gaza, a-t-il rappelé.  À l’heure où nous parlons, a-t-il insisté, des dizaines de villages palestiniens en Cisjordanie risquent d’être détruits pour faire place aux implantations israéliennes.  Il a évoqué les abus dont souffrent les Palestiniens au quotidien, dont 10 200 exécutions, souvent illégales, depuis 1987, « et quasiment pas de reddition de comptes ».  M. Shetty a aussi reconnu que les Palestiniens ne sont pas les seuls à avoir souffert, indiquant que depuis 1987, plus de 1 400 Israéliens ont aussi été tués par des Palestiniens. 

Le Secrétaire général d’Amnesty International a dénoncé la politique de deux poids, deux mesures de la communauté internationale, « en particulier des États-Unis », qui ont « abusé » de leur droit de veto au Conseil de sécurité.  En plus des États-Unis, des États européens, tels l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, ont approvisionné Israël en armes et en munitions, a-t-il dit.

Pour mettre fin aux violations des droits de l’homme des Palestiniens et permettre à la fois aux Palestiniens et aux Israéliens de vivre dans la dignité, M. Shetty a proposé trois voies à suivre.  Il a tout d’abord jugé impératif d’appliquer la résolution 2334 (2016) du Conseil de sécurité sur l’illégalité des activités de peuplement israéliennes.  Ensuite, les États devraient interdire l’importation de biens qui profitent aux « industries de peuplement ».  Enfin, M. Shetty a plaidé la cause des défenseurs des droits de l’homme palestiniens et israéliens qui font face à de nombreux obstacles.  Aujourd’hui, a-t-il ajouté, Amnesty international lance sa quinzième campagne épistolaire mondiale intitulée « Write for Rights ».  

M. AHMAD TIBI, Arab Movement for Change, a noté que l’occupation de la Palestine par Israël est la seule qui se poursuive encore aujourd’hui.  Il a indiqué que lors de la récente visite du Vice-Président des États-Unis, on a fait jouer une chanson qui disait que Jérusalem était faite d’or.  Mais aujourd’hui, Jérusalem, c’est surtout des points de contrôle, a-t-il indiqué.  « Je suis venu ici pour demander la libération de mon peuple qui souffre d’une politique de discrimination raciale, de discrimination à l’emploi, tandis que ses lieux de culte sont violés et ses martyrs abattus par l’État israélien », a ensuite déclaré M. Tibi.

Il s’est inquiété d’un projet législatif en Israël qui voudrait que le droit à l’autodétermination ne s’applique qu’aux Juifs, affirmant par ailleurs que le racisme est une tendance très en vogue en Israël.  Il a regretté qu’Israël s’oppose à la situation des deux États et a estimé que le moment est venu d’obliger Israël à respecter le droit international et les résolutions des Nations Unies. 

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