Désarmement: les délégations de la Première Commission examinent le rôle de la Conférence du désarmement et des centres regionaux

AG/DSI/3587
24 octobre 2017
Soixante-douzième session, 21e séance – après-midi

Désarmement: les délégations de la Première Commission examinent le rôle de la Conférence du désarmement et des centres regionaux

Les délégations de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale) ont entendu, cet après-midi, le « message constructif » et l’« appel à la patience » du Président de la Conférence du désarmement et la Présidente de la Commission du désarmement.  Les deux hauts fonctionnaires des Nations Unies ont notamment indiqué que si ces deux organes peinent encore à réaliser leur mandat, négocier des traités de désarmement et soumettre à l’Assemblée générale des recommandations sur les armes classiques et nucléaires, l’une et l’autre ont obtenu des résultats tangibles en 2017.

La Première Commission a également poursuivi son débat thématique sur le désarmement régional et la sécurité au cours duquel plusieurs délégations ont souligné le rôle des centres régionaux des Nations Unies pour la paix et le désarmement, en particulier ceux de l’Afrique et de la région de l’Asie-Pacifique. 

Présentant le rapport 2017 de la Conférence du désarmement, M. Julio Herráiz, qui préside cet organe en 2017, a signalé que si la paralysie perdure à Genève depuis plus de 20 ans, « l’heure est venue de faire passer un message constructif ».  

« Le Secrétaire général des Nations Unies l’a rappelé, nous n’avons pas d’autres options que la Conférence du désarmement pour mettre en place les instruments nécessaires au renforcement de la sécurité internationale », a-t-il ainsi rappelé. 

M. Herráiz a rapporté que les 27 États membres de la Conférence ont discuté au cours de l’année de questions de fond, et débattu notamment, sur la base des rapports de pays transmis à la Conférence, des moyens à mettre en œuvre pour avancer vers un monde sans armes nucléaires, en plaçant la discussion aux points de vue juridique et institutionnel.  Il a également fait savoir qu’un important travail d’examen des définitions relatives à un traité interdisant la production des matières fissiles avait aussi été effectué pendant l’année.  « L’examen du volet politique d’un éventuel traité de ce type, vous ne l’ignorez pas, a démontré le besoin de discuter du sujet sous tous ses aspects, y compris technique », a ajouté le Président de la Conférence du désarmement.

Partisan d’une vision « constructive et commune » pour redonner un mandat de négociations à la Conférence du désarmement, M. Herráiz a, en outre, souligné que l’analyse poussée d’un traité interdisant la production « passée et à venir de matières fissiles à des fins militaires et qui serait non discriminatoire, vérifiable et juridiquement contraignant », permettrait de relancer « ce mécanisme essentiel de désarmement qu’est la Conférence ».

De son côté, Mme Gabriela Martinic, Présidente de la Commission du désarmement, a salué le fait que la Commission, qui est un organe délibérant qui a été créé pour fournir des recommandations à l’Assemblée générale, était partiellement sortie de l’impasse en 2017.  « La patience a été payante puisque nous sommes parvenus à nous entendre sur des mesures de confiance dans le domaine des armes classiques », a-t-elle dit, regrettant néanmoins que la paralysie ait perduré pour ce qui concerne des recommandations sur les armes nucléaires. 

En ce qui concerne le désarmement régional et la sécurité, les délégations du Togo et du Népal ont défendu l’utilité des activités des centres pour le désarmement et la paix qu’abritent leurs capitales.

« Le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique de Lomé joue un rôle important dans le contexte africain où la possession et la circulation illicites des armes de tout genre par des acteurs non étatiques posent d’énormes défis sécuritaires à nos États », a notamment indiqué le délégué togolais, qui a en outre salué l’appui du Centre à la Commission de l’Union africaine dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, plus particulièrement l’ambition de faire « taire les armes d’ici à 2020 ».  La contribution du Centre a également été remarquable dans la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel à travers la fourniture d’une assistance technique visant à améliorer la lutte contre la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC), a-t-il ajouté. 

« Les approches régionale et globale du désarmement et de la non-prolifération sont complémentaires et devaient à ce titre être poursuivies simultanément pour promouvoir la paix et la sécurité régionales et internationales », a expliqué pour sa part le représentant népalais.  Il a indiqué que c’est dans cet esprit que son pays encourage les travaux du Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Asie et dans le Pacifique de Katmandou.

Les deux représentants ont également appelé au renforcement des capacités, notamment financières, des centres régionaux et du partage des bonnes pratiques entre ces centres, les États Membres, en particulier ceux de leur région, ainsi que les ONG et les fondations internationales, étant invités à verser des contributions volontaires, « qui sont les seules ressources des centres », pour renforcer leurs programmes d’activité et en faciliter l’exécution.

Par ailleurs, l’Algérie a attiré l’attention sur les risques associés à la prolifération de tous les types d’armes classiques en Afrique du Nord et au Sahel, son représentant ayant souligné le lien étroit entre groupes terroristes, crime transnational organisé, trafic de drogue et réseaux de contrebande.  « Compte tenu de la gravité de la situation dans ces régions, l’assistance technique et financière fournie par les Nations Unies et les organisations internationales compétentes est essentielle pour renforcer les capacités des pays du Sahel pour lutter contre le trafic illicite des armes classiques, et, partant, pour démanteler les réseaux terroristes organisés », a-t-il insisté.

La Première Commission poursuivra ses travaux demain, mercredi 25 octobre, à 15 heures.

QUESTIONS A L’ORDRE DU JOUR ET PRESENTATION ET EXAMEN DE TOUS LES PROJETS DE RESOLUTION ET DE DECISION DEPOSES AU TITRE DES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR

Mécanisme de désarmement

Table ronde

M. JULIO HERRÁIZ, Président de la Conférence du désarmement, a présenté le rapport 2017 de la Conférence du désarmement, en signalant que si la paralysie perdurait à Genève depuis plus de 20 ans, l’heure était venue de faire passer un message constructif et de lancer un nouvel appel à la patience.  Le Secrétaire général des Nations Unies l’a rappelé, nous n’avons pas d’autres options que la Conférence du désarmement pour mettre en place les instruments nécessaires au renforcement de la sécurité internationale, a-t-il souligné.  Le Président de la Conférence du désarmement a ainsi indiqué que cette année, les 27 États membres de la Conférence avaient insisté sur la nécessité d’étendre sa composition pour que ses travaux reflètent les aspirations d’un nombre plus grand d’acteurs ainsi que l’évolution de l’environnement sécuritaire global. 

Le rapport 2017 de la Conférence du désarmement est certes un document de procédure qui ne comporte pas de recommandations, mais cela n’a pas empêché nos discussions d’aborder des questions de fond, a fait remarquer M. Herráiz.  Sur la base des rapports transmis à la Conférence, nous avons débattu des moyens à mettre en œuvre pour avancer vers un monde sans armes nucléaires, en plaçant la discussion aux points de vue juridiques et institutionnels, a-t-il ainsi dit.  Appelant à davantage de travail exploratoire en 2018, cela en tenant compte du fait que le désarmement nucléaire est une priorité pour les États Membres, il a indiqué qu’un important travail d’examen des définitions relatives à un traité interdisant la production des matières fissiles avait été effectué en 2017.  L’examen du volet politique d’un éventuel traité de ce type, vous ne l’ignorez pas, a démontré le besoin de discuter du sujet sous tous ses aspects, y compris technique, a ajouté le Président de la Conférence du désarmement.

Concernant les garanties négatives de sécurité, il a signalé que les débats avaient surtout porté sur l’étude des garanties qui sont fournies actuellement, et, qu’au chapitre de la prévention d’une course aux armements dans l’espace, des divergences très nettes persistaient, « en dépit de la reconnaissance de la nécessité d’un consensus pour améliorer l’utilisation pacifique et à des fins de développement de l’espace extra-atmosphérique ».  M. Herráiz a conclu son intervention en appelant au renforcement d’une vision constructive et commune pour redonner un mandat de négociations à la Conférence du désarmement.  Il a estimé à cet égard que l’analyse poussée d’un traité interdisant la production passée et à venir de matières fissiles à des fins militaires et qui serait non discriminatoire, vérifiable et juridiquement contraignant, permettrait de relancer « ce mécanisme essentiel de désarmement qu’est la Conférence ».

Mme GABRIELA MARTINIC, Présidente de la Commission du désarmement, a fait une brève intervention en rappelant que la Commission, un organe délibérant qui a été créé pour fournir des recommandations à l’Assemblée générale, était partiellement sortie de l’impasse en 2017.  La patience a porté ses fruits puisque nous sommes parvenus à nous entendre sur des mesures de confiance dans le domaine des armes classiques, a-t-elle dit, regrettant néanmoins que la paralysie ait perduré pour ce qui concerne des recommandations sur les armes nucléaires.  Pour Mme Martinic, le dialogue, l’écoute mutuelle et la compréhension des préoccupations de tout un chacun sont les moyens de sortir de l’impasse et de retrouver la voie du compromis.  « Cette année, nos débats ont été approfondis et, au final, nous nous sommes entendus: c’est cela le multilatéralisme, un cadre qui permet toujours de trouver des solutions acceptables par tous », a-t-elle déclaré.

M. TREVOR FINDLAY, Président du Conseil consultatif pour les questions de désarmement, a indiqué que le Secrétaire général avait demandé au Conseil consultatif de se pencher sur les questions technologiques liées aux attaques cybernétiques.  À cet égard, la décision a notamment été prise de mettre en place un groupe consultatif scientifique pour se tenir au courant des évolutions dans ce domaine.  Le Conseil a aussi décidé de se renforcer en faisant entrer des spécialistes des technologies de l’information et des communications, et une attention toute particulière a été portée sur les menaces cybernétiques visant les centrales nucléaires.  Il a indiqué que le Conseil voudrait que l’ONU prenne des décisions sur la question du cyberterrorisme.  À ses yeux, tout l’enjeu consiste à renforcer la cybersécurité tout en préservant les libertés civiles.  En matière de sécurité nucléaire, il a signalé que le Conseil avait besoin davantage de ressources.  

Le Président du Conseil consultatif a ensuite estimé que « l’intelligence artificielle est à la fois une difficulté et une occasion à saisir pour les États Membres ».  Il a reconnu que la mise en place de systèmes d’armes létales autonomes remet pas mal de choses en question, et a fait savoir que le Conseil a proposé que les États Membres demandent à l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR) de réaliser une étude sur les conséquences de l’intelligence artificielle à l’échelle internationale.

Pour ce qui est de l’éducation en matière de désarmement, a-t-il enchainé, le Conseil pense que l’étude de 2002 en la matière est toujours pertinente et propose qu’elle soit de nouveau publiée et distribuée lors de toutes les réunions pertinentes des Nations Unies.  Il s’est dit impressionné par la qualité des recherches de l’UNIDIR et le nombre de projets initiés, ajoutant que le conseil d’administration a demandé qu’une subvention soit validée, pour que le financement de l’institut soit garanti.  Rappelant que l’UNIDIR a besoin d’effectifs nécessaires pour mener à bien ses missions, M. Findlay a considéré qu’une subvention annuelle devrait couvrir tous les frais de fonctionnement.

M. JARMO SAREVA, Directeur de l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR), a d’abord salué l’engagement sans faille du personnel de l’UNIDIR pour lui permettre de poursuivre ses activités.  « Aucun financement n’aurait été suffisant, sans la participation et la souplesse dont tout le monde fait preuve dans ce petit institut ou les problèmes surgissent à l’improviste », a-t-il indiqué.  Il a expliqué que le travail de l’Institut s’axe autour de cinq questions principales: les armes de destruction massive, les armes classiques, les problèmes émergents de sécurité, la sécurité et la société et, enfin, la machinerie de désarmement.

Rappelant que le financement du fonctionnement opérationnel de l’UNIDIR ne pouvait pas être tenu pour acquis, il a appelé à faire preuve de vigilance pour garantir son autonomie, précisant que même si l’UNIDIR avait réussi à mobiliser des financements affectés, il fait toujours face à des difficultés de financement de l’infrastructure.  Il a déploré que les États rechignent à financer autre chose que des activités limitées dans le temps, précisant que 80% du surplus du 1,1 million de dollars qui figure dans les états financiers de l’Institut reflètent des engagements pris pour l’année prochaine et pas une cagnotte affectable à loisir.  Il a insisté sur l’importance d’attribuer une subvention à l’UNIDIR, appelant les États à débattre de cette possibilité, qui pourrait garantir l’avenir de l’UNIDIR, devant la Cinquième Commission. 

M. Sareva a ensuite rappelé que l’UNIDIR mène des recherches et effectue des analyses factuelles afin de contribuer à la paix et à la sécurité en aidant la communauté internationale à améliorer ses pratiques en matière désarmement.  Il a aussi indiqué qu’en 2017, le programme d’armes classiques de l’UNIDIR est entré en partenariat avec 76 entités publiques, dont un grand nombre opère dans les pays du sud.  « Cinq des 13 gouvernements avec lesquels nous travaillons sont en Afrique subsaharienne », a-t-il précisé. 

Suite du débat thématique sur le désarmement régional et la sécurité

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a déploré que les situations dans le nord-est de l’Asie et au Moyen-Orient restent extrêmement tendues et imprévisibles.  Concernant la République populaire démocratique de Corée (RPDC), il a considéré que le rôle de médiateur joué par le Secrétaire général ne devait pas être sous-estimé.  Il a ensuite insisté sur la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, y voyant « une étape vitale », et « un des moyens les plus efficaces d’empêcher la prolifération ».  Le délégué a aussi mis en évidence les bienfaits du Plan d’action global commun, qui, a-t-il indiqué, a un impact significatif sur la normalisation de la situation dans la région et peut même entraîner une revitalisation économique.  « Si nous sauvons le Plan d’action global commun et que nous nous assurons de sa mise en œuvre appropriée, nous pouvons montrer à Pyongyang la bonne voie à suivre, avec une solution juridique qui peut aussi fonctionner de manière pragmatique » a-t-il estimé.  

Le représentant a par ailleurs indiqué que le Kazakhstan avait étendu sa coopération avec le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Asie et dans le Pacifique pour soutenir la portée de leurs activités de vulgarisation, ajoutant qu’il contribuait également au Programme de bourses d’études des Nations Unies sur le désarmement.

M. OSAMA ESMAIL ABOHEGAZY HASSAN (Égypte) a déclaré que son pays continuerait à œuvrer à la mise en œuvre de la résolution de 1995 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) cherchant à porter création d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive au Moyen-Orient.  Nous croyons fermement que les Nations Unies et le Secrétaire général ont un rôle central à jouer dans l’appui nécessaire et urgent à la relance de ce processus politique, a-t-il ajouté.  À ses yeux, convoquer une conférence sur la création d’une telle zone au Moyen-Orient devrait être considéré par tous les États Membres comme une chance historique à saisir pour progresser vers la réalisation de la paix durable et de la sécurité collective pour tous les pays de la région.  

M. AMIR SAEED (Pakistan) a rappelé que les mesures de confiance avaient prouvé leur efficacité au niveau régional et sous-régional, soulignant qu’elles étaient adaptées au contexte spécifique.  Il a estimé qu’elles devaient d’abord constituer de simples arrangements sur la transparence, l’ouverture et la réduction des risques, avant que les États concernés se trouvent eux-mêmes dans une position leur permettant d’aller plus loin dans des mesures concrètes de contrôle des armes et de désarmement.  Il a insisté sur le fait que ces mesures de confiance pouvaient créer les conditions favorables à une résolution pacifique des conflits ou faciliter des solutions dans des situations pouvant déboucher sur des frictions internationales.

Le représentant a ensuite indiqué que son pays présenterait ses trois projets de résolution annuels qui reconnaissent l’importance d’une approche régionale du contrôle des armes, du désarmement et des mesures de confiance destinées à renforcer la paix et la stabilité.

M. FAIYAZ MURSHID KAZI (Bangladesh) a indiqué que face à l’exode sans précèdent de Rohingya venant du Myanmar, les États Membres devraient reconsidérer tout transfert d’armes vers des États susceptibles de les utiliser en violation du droit militaire.  Il a poursuivi en affirmant que la notion de stabilité stratégique fondée sur la dissuasion nucléaire est une source de préoccupation.  À ses yeux, le dialogue et la diplomatie sont les moyens les plus efficaces pour créer des conditions propices à de véritables progrès en matière de sécurité, évoquant notamment la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Le Bangladesh a parlé du rôle de premier plan joué par les centres régionaux pour la paix et le désarmement, citant notamment leur capacité à réunir des experts et à discuter d’intérêts régionaux.  Il a précisé que grâce à l’assistance technique fournie par ceux-ci, le Bangladesh avait pu combler des lacunes persistantes pour se mettre en conformité avec le Traité sur le commerce des armes et relever certains des défis liés aux armes légères et de petit calibre.  Il a ensuite appelé les centres régionaux à redoubler d’efforts pour disséminer les travaux de recherche en matière de désarmement.

M. MICHEL TOMMO MONTHE (Cameroun) s’est exprimé en sa qualité de Président en exercice du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale (UNSAC).  Il a présenté le projet annuel de résolution intitulé « Mesures de confiance à l’échelon régionale: activité de l’UNSAC », qui rappelle les principes directeurs d’un désarmement général et complet, ainsi que le rôle de l’UNSAC dans le désarmement, la non-prolifération et le développement de la sous-région.  Il a indiqué comme élément nouveau du texte, la prise en compte de la revitalisation des activités de l’UNSAC et l’entrée en vigueur, le 8 mars 2017, de la Convention de Kinshasa sur le contrôle des armes légères et de petit calibre.  Le projet de résolution encourage d’ailleurs les États membres de l’UNSAC et autres États intéressés à soutenir financièrement l’application de la Convention.  

Le représentant a précisé que le texte réaffirme aussi le soutien de l’UNSAC pour promouvoir des mesures de confiance au niveau régional et sous-régional afin d’atténuer les tensions et les conflits, qu’il salue aussi l’adoption d’un plan d’action pour la mise en œuvre d’une stratégie régionale contre le terrorisme et le trafic d’armes légères et de petit calibre en Afrique centrale.  Le projet appelle aussi la communauté internationale à soutenir les États concernés pour mettre en œuvre les programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, appelant aussi le Conseil de sécurité à mandater la MINUSCA afin que celle-ci appuie les forces de défense et de sécurité centrafricaines.

Appelant par ailleurs les États Membres à honorer leurs engagements financiers pour assurer le fonctionnement du Centre interrégional de coordination pour la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée et le Centre régional de sécurisation maritime de l’Afrique centrale (CRESMAC), le projet de résolution prie aussi le Secrétaire général et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) de continuer d’aider les pays d’Afrique pour faire face aux problèmes des réfugiés, « fardeau pour des économies déjà très faibles ». 

Enfin, le texte salue les efforts déployés par l’UNSAC pour faire face aux menaces qui pèsent sur la sécurité transfrontalière en Afrique centrale, notamment les activités de Boko Haram et de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), ainsi que les actes de piraterie ou de vols à main armée commis en mer dans le Golfe de Guinée.

Mme SÁNCHEZ RODRÍGUEZ (Cuba) a déclaré que la région de son pays, « en tant que région de paix », s’engageait depuis des décennies en faveur du multilatéralisme pour ce qui est de la réalisation du désarmement général et complet, y compris au plan régional.  Les efforts régionaux de désarmement doivent prendre en compte les particularités de chaque région en matière de désarmement et se concentrer sur le renforcement de la confiance étatique à cette échelle, a-t-elle ajouté.  La représentante a ainsi considéré que la mise en œuvre régionale de telles mesures de confiance contribue à éviter les conflits et à apaiser les tensions naissantes.  Il faut, a-t-elle poursuivi, garantir le respect des décisions régionales visant, comme les zones exemptes d’armes nucléaires, à l’instauration d’une paix durable.  Forts de l’expérience du Traité de Tlatelolco ayant instauré une telle zone en Amérique latine et les Caraïbes, nous plaidons pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, a-t-elle dit.  Elle a conclu en appelant à l’allocation de ressources suffisantes au bon fonctionnement des Centres régionaux des Nations Unies pour la paix et le désarmement. 

M. REDHA (Iraq) a réitéré l’importance que revêt pour son pays la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, y voyant la pierre angulaire du désarmement dans la région, ainsi qu’une mesure essentielle pour arriver à une paix et une sécurité nationales et internationales.  Il a regretté qu’aucun consensus n’ait été trouvé lors la Conférence d’examen de 2015.  « Si nous échouons sur cette question, a-t-il averti, l’instabilité et les tensions dans la région se poursuivront, et le régime de non-prolifération encourra des dangers, ce qui nuira à l’universalité du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ».  Pour l’Iraq, l’adhésion d’Israël au Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et le placement de ses installations nucléaires sous la surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sont, à cet égard, des prérequis incontournables pour désamorcer les tensions au Moyen-Orient.

M. ABDELKARIM AIT ABDESLAM (Algérie) a mis l’accent sur la dégradation de la situation sécuritaire dans l’environnement voisin de son pays.  L’Algérie a alerté la communauté internationale sur les risques associés à la prolifération incontrôlée de tous les types d’armes classiques en Afrique du Nord et au Sahel, a-t-il dit, soulignant le lien étroit entre groupes terroristes, crime transnational organisé, trafic de drogue et réseaux de contrebande.  Le représentant algérien a estimé que, compte tenu de la gravité de la situation dans ces régions, l’assistance technique et financière fournie par les Nations Unies et les organisations internationales compétentes était essentielle pour renforcer les capacités des pays du Sahel pour lutter contre le trafic illicite des armes classiques, et, partant, pour démanteler les réseaux terroristes organisés.  Au sujet de la situation en Libye, il a estimé que la solution à la crise dans ce pays ne pourrait être trouvée qu’à travers le dialogue et la réconciliation entre « nos frères et voisins libyens ».  Il a également réaffirmé l’engagement de son pays, très impliqué dans le dialogue inter-malien, à parvenir à un accord complet de paix et de réconciliation nationale entre le Gouvernement et les autres parties maliennes.  Par ailleurs, il a annoncé que son pays présenterait cette année encore le projet de résolution sur le renforcement de la sécurité et de la coopération dans la région méditerranéenne.  

Mme SANDRA OWEIDA (Émirats arabes unis) a insisté sur le droit de chaque État à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, notant que les Émirats arabes unis sont considérés à cet égard comme « un modèle dans la région ».  Elle a affirmé que son pays soutenait le dialogue, la consultation et tous les efforts pour parvenir à des progrès dans la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive au Moyen-Orient.  La représentante a aussi fait part de son espoir que des « pas positifs et sérieux » soient accomplis dans la mise en œuvre des mécanismes et des résultats de la Conférence des parties chargée de l’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de 2010.  Elle a ensuite demandé de s’assurer que la conférence sur la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient se tienne avec la participation de tous les pays de la région.  À cet égard, Mme Oweida a demandé à Israël d’accéder au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ».  

Poursuivant, la représentante a souligné l’importance de l’adhésion et de l’engagement entier de l’Iran aux clauses du Plan d’action global commun, alors que ses activités nucléaires et balistiques continuent d’être « une source de préoccupation qui mine la sécurité et la stabilité dans la région ».  Elle a espéré que la mise en œuvre de ces instruments se reflètera dans le comportement de l’Iran dans la région, affirmant par ailleurs le soutien de son pays à la stratégie annoncée par les États-Unis pour « mettre fin aux activités iraniennes qui sapent la sécurité et la stabilité de la région ».  La conformité et la mise en œuvre pleine et transparente du Plan d’action global commun sont essentielles au renforcement de la confiance, a-t-elle à nouveau insisté.

M. ENRI PRIETO (Pérou) a appelé à une coordination accrue dans la conduite des actions internationales de désarmement, lesquelles « ne sauraient être menées séparément de la réalisation du développement durable ».  Il a ajouté que son pays soutenait les travaux du centre régional pour la paix et le désarmement de Lima, grâce auquel, cette année, a-t-il dit, les pays de la région ont enregistré d’importants progrès dans l’application des normes de désarmement et de non-prolifération, y compris la résolution 1540 du Conseil de sécurité sur les armes de destruction massive et le Programme d’action de l’ONU de lutte contre les armes légères et de petit calibre (ALPC).  Au Pérou, le centre régional nous a aidés à détruire 450 armes légères et à sensibiliser les jeunes au lien entre désarmement des communautés et mise en œuvre des objectifs de développement durable à ce niveau, a-t-il indiqué.  Il a souligné que son pays présentait cette année encore le projet de résolution sur « le Centre régional des Nations Unies pour la paix, le désarmement et le développement en Amérique latine et dans les Caraïbes » de Lima.

M. ESSOHANAM PETCHEZI (Togo) a déclaré que le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique, « que le Togo a l’honneur d’abriter », jouait un rôle important dans le contexte africain « où la possession et la circulation illicites des armes de tout genre par des acteurs non étatiques posent d’énormes défis sécuritaires à nos États ».  Il a salué les actions du Centre, notamment l’appui qu’il a continué d’apporter en 2017 à la Commission de l’Union africaine dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, plus particulièrement l’ambition de faire « taire les armes d’ici à 2020 ».  La contribution du Centre a également été remarquable dans la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel à travers la fourniture d’une assistance technique visant à améliorer la lutte contre la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC), a-t-il ajouté. 

Le représentant a par ailleurs signalé que le Togo avait apporté un appui technique pour le marquage et l’enregistrement des armes, une formation aux normes internationales sur le contrôle des armes légères et l’outil d’évaluation qui s’y rapporte ayant été organisée à Lomé, en novembre 2016, à l’intention des responsables du département chargé de la sécurité.  Enfin, il a appelé les délégations à adopter par consensus le projet de résolution présenté par le Nigéria sur le centre régional de Lomé et qui lance un appel pressant aux États Membres à honorer leurs contributions afin de lui permettre de mener à bien ses activités.  

M. NICOLAS COUSSIÈRE (France) a souligné que les outils de coopération de l’Union européenne (UE) dans le domaine du désarmement étaient fortement imprégnés de la dimension régionale.  À titre d’exemple, a-t-il dit, la France participe activement au programme d’assistance de l’Union destiné à favoriser l’entrée en vigueur, l’universalisation rapide et la mise en œuvre effective du Traité sur le commerce des armes.  Cela concerne le Sénégal, le Burkina Faso, la Sierra Leone et les Philippines, a-t-il précisé.  Le représentant a également rappelé l’implication active de son pays dans la montée en puissance de la Force conjointe du G5 Sahel, la France tâchant de renforcer la présence militaire du Tchad, du Niger, du Burkina Faso, du Mali et de la Mauritanie dans les zones frontalières en améliorant leur coordination grâce à une chaine de commandement unique.  Il a assuré que ce mode d’action était efficace dans la lutte contre le terrorisme mais aussi pour limiter les nombreux trafics transfrontaliers, en tout premier lieu celui des armes, des munitions et des explosifs.  Par ailleurs, il a indiqué que la France, comme les autres États Membres de l’Union européenne, apportait un fort soutien à l’établissement de mesures de transparence et de renforcement de la confiance adaptées à la situation géostratégique de la région, ainsi qu’à tous les instruments ayant recueilli le consensus au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).  M. Coussière a en outre estimé que la lutte contre le commerce illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC) était un exemple d’application complémentaire d’initiatives mondiales, régionales et sous-régionales de non-prolifération et de désarmement.

M. TALAL S. S. S. AL FASSAM (Koweït) a insisté sur l’importance de créer des zones exemptes d’armes nucléaires, estimant qu’elles constituent des pas importants vers un monde sans armes létales et la mise en œuvre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Il a indiqué que depuis 1995, le Koweït a participé avec les États arabes à 13 réunions des comités préparatoires, à 22 réunions de la Première Commission et à trois Conférences des Parties chargés de l’examen du TNP ».  En dépit des efforts déployés, a-t-il déploré, la résolution de 1995 appelant à créer une zone exempte au Moyen-Orient n’est toujours pas entrée en vigueur.  « Quand je regarde cette salle, a-t-il poursuivi, je vois des collègues qui savent pertinemment que nous étions prêts en 2010 à répondre à l’aspiration de nos peuples et à tenir une conférence visant à créer cette zone ».  Il a accusé Israël d’empêcher la création de cette zone, se disant également préoccupé face au refus d’Israël de signer les accords de garantie généralisée de l’AIEA et le TNP

M. PYE SOE AUNG (Myanmar) s’est dit alarmé par la vaste étendue des conséquences humanitaires et socioéconomiques provoquées par la prolifération des armes de destruction massive.  Pour lui, l’approche régionale joue « un rôle pivot » dans la mise en œuvre du désarmement global et des instruments de non-prolifération par le biais du renforcement des capacités nationales et des initiatives de vulgarisation et plaidoyer.  La transparence et les mesures de confiance entre les pays de la région sont aussi une clef pour empêcher l’escalade des tensions, a noté le représentant.  Il a ensuite salué l’assistance apportée par le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Asie et dans le Pacifique, pour appuyer les efforts nationaux et régionaux de contrôle des armes, de désarmement et de la non-prolifération, ainsi que pour promouvoir le dialogue, des mesures de confiance, et l’éducation à la paix et au désarmement.

Présentant ensuite les efforts réalisés au plan national, le représentant du Myanmar a cité l’organisation d’une table ronde sur la mise en œuvre de la résolution 1540 du Conseil de sécurité, en partenariat avec le Bureau des affaires de désarmement de l’ONU, ou encore la mise en place d’un atelier de renforcement des capacités sur les armes légères et de petit calibre, deux événements organisés au début de l’année 2016.  M. Pye a ensuite souligné l’importance des zones exemptes d’armes nucléaires, en particulier de la zone exempte d’armes nucléaires de l’Asie du Sud-Est, qui « contribuent significativement au renforcement du désarmement nucléaire mondial ».  Il s’est également réjoui des négociations fructueuses ayant mené au Plan d’action global commun.  

M. FARID JABRAYILOV (Azerbaïdjan) a déclaré que les efforts de désarmement de son pays étaient largement sapés par l’agression continue de l’Arménie contre son pays.  Mon pays est en état de guerre, a-t-il ajouté, une guerre qu’il n’a pas déclenchée et qu’il s’efforce de faire cesser en s’engageant de manière constructive en faveur de la restauration de son intégrité territoriale.  Le représentant a condamné « l’occupation par l’Arménie de territoires reconnus internationalement comme faisant partie de l’Azerbaïdjan », cette occupation constituant, selon lui, une violation flagrante du Traité sur les forces armées conventionnelles dans la région du Caucase du Sud.  Il a accusé l’Arménie de fournir à l’ONU de fausses informations sur ses dotations et activités militaires vis-à-vis de la région et de saper les mesures de confiance établies pour faciliter le retour à la stabilité.  La confiance entre nos deux pays ne sera restaurée qu’à partir du moment où l’Arménie aura retiré ses forces armées des territoires occupés d’Azerbaïdjan, et que ce pays se sera résolu à participer de manière constructive à des négociations sur le règlement du conflit en cours, a-t-il souligné.

M. THAPA (Népal) a estimé que les approches régionale et globale en matière de désarmement et de non-prolifération étaient complémentaires et devaient à ce titre être poursuivies simultanément pour promouvoir la paix et la sécurité régionales et internationales.  Il a expliqué que c’est ainsi que le Népal encourageait les travaux de centres régionaux qui combinent les deux approches et appuient le rôle des femmes, des jeunes, de la société civile, du secteur privé et des universités pour renforcer la confiance mutuelle des acteurs de terrain du désarmement et du développement.  Il a par conséquent appelé au renforcement des capacités, notamment financières, des centres régionaux et du partage des bonnes pratiques entre ces centres.  Selon lui, l’accent doit être notamment mis sur l’éducation aux enjeux du désarmement, afin de changer les mentalités tant des populations que des décideurs politiques en ce qui concerne la paix et la sécurité et les principes onusiens qui sous-tendent l’action à ce niveau.  Le délégué a indiqué qu’en tant que pays hôte, à Katmandou, du Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Asie et dans le Pacifique, le Népal présenterait, cette année encore, un projet de résolution engageant les États Membres, en particulier ceux de la région, ainsi que les organisations gouvernementales et non gouvernementales et les fondations internationales, à verser des contributions volontaires, « qui sont les seules ressources du centre », pour renforcer son programme d’activité et en faciliter l’exécution.

M. ANDRIY TSYMBALIUK (Ukraine) s’est dit fermement attaché à l’amélioration des mesures de confiance en matière de contrôle des armes classiques.  « En dépit de la situation tendue causée par l’agression russe, nous continuons à nous acquitter de nos obligations en matière de désarmement, de contrôle et de renforcement des mesures de confiance », a assuré le délégué.  Parmi les mesures d’établissement de la confiance bilatérale au niveau régional, le délégué a cité l’observation d’activités militaires au niveau tactique, l’interdiction de conduire des exercices militaires à moins de 10 kms de la frontière, et l’application des mesures de confiance aux activités des forces armées et aux autres agences de maintien de l’ordre.  Il a aussi cité la possibilité d’étendre les inspections à une période plus longue.  

Le délégué a déploré que les nombreuses propositions de l’Ukraine pour trouver des accords équivalents avec la Russie aient été rejetées.  Il a trouvé également regrettable que les Russes aient mis à mal plusieurs mesures de confiance et de coopération militaires entre les États bordant la Mer Noire.  Il a enfin reproché à la Russie de se soustraire aux contrôles de vérification et aux échanges d’information, tout spécialement dans le district militaire sud de la Russie, précisant que l’accumulation de personnel militaire dans cette zone avait permis l’invasion de la Géorgie et l’agression récente contre l’Ukraine.

M. NOJEM (Bahreïn) a plaidé pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive au Moyen-Orient et, à cette fin, a exhorté Israël, seul pays de la région à ne pas l’avoir fait, à adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et à placer ses installations nucléaires sous le régime juridique de contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  L’entêtement d’Israël de ne pas adhérer au Traité compromet l’instauration de la stabilité et d’une paix durable dans la région, a-t-il dénoncé.

M. VLADIMIR YERMAKOV (Fédération de Russie) a déploré les ingérences des occidentaux dans les affaires intérieures de son pays et dans les pays voisins de la Russie.  Il a ajouté qu’en dépit de ces agissements regrettables, la Russie restait convaincue que seule la voie politico-diplomatique permettrait de régler les différends et apaiser les tensions en Europe.  Appelant à la tenue d’un dialogue structurel, le représentant a estimé que le Forum pour la coopération en matière de sécurité de l’OSCE pouvait devenir une plateforme efficace de promotion du dialogue, même si son potentiel est actuellement affaibli par les actions unilatérales menées par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).  Il a mis en garde contre la persistance d’une rhétorique antirusse et assuré que son pays faisait tout son possible pour normaliser la situation, ses efforts portant notamment sur la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC), le contrôle des exportations d’armes, l’échange d’expérience en ce qui concerne l’élimination d’armes classiques et la mise en œuvre d’instruments de prévention des incidents aériens et maritimes.  Il a d’autre part rejeté en bloc les « allégations injustifiées » formulées contre la Russie, d’après lesquelles d’importantes forces armées seraient concentrées à la frontière entre son pays et l’Ukraine.  D’intenses observations aériennes ont prouvé que ces allégations contre la Russie étaient totalement infondées, ce dont nos partenaires occidentaux ont peu ou pas parlé, a-t-il affirmé.

Mme SALOME IMNADZE (Géorgie) a affirmé que son pays a participé aux mécanismes d’échange d’informations.  Elle a indiqué que le trafic illicite d’armes légères et de petit calibre est une préoccupation pour les régions de Géorgie et d’Ossétie du sud qui sont toujours sous occupation.  Cette région est hautement militarisée avec la présence d’armes offensives et de 6 000 militaires, a indiqué la déléguée, qui a précisé que la structure et le déploiement de ces troupes vont au-delà des objectifs défensifs, sapent les efforts de résolution pacifiques et sont destinés à déstabiliser la région.

M. ESHAGH AL HABIB (République islamique d’Iran) a déploré la hausse continue des dépenses militaires du régime israélien, ce qui contribue à déstabiliser la région du Moyen-Orient.  Il a également fustigé le comportement similaire de « deux pays du Golfe persique soutenus par les États-Unis » et qui, a-t-il jugé, ont déclenché une véritable course aux armements régionale.  Ces deux pays ont, avec leurs armes, semé la mort et la destruction au Yémen, a-t-il affirmé.  Il a estimé que pour restaurer la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient, l’élimination de toutes les armes de destruction massive d’Israël était un prérequis, et que les pays « les plus belliqueux » du Golfe persique devaient réduire drastiquement leurs dépenses militaires, y compris celles servant à importer des armes israéliennes. 

Droits de réponse

Le représentant de la République arabe syrienne a affirmé que le représentant de l’Union européenne tente désespérément d’accuser son pays au nom des États de l’UE qui sont membres de l’OTAN alors que ce sont ces États qui ont attaqué l’armée syrienne, tout en tuant des milliers de civils et « détruisant une école de sourd muets à Raqqa ». Nombre de ces pays ont accueilli des terroristes sur leur territoire, a-t-il poursuivi, leur ont fourni des informations, des armes et même du matériel toxique et chimique qui a été utilisé contre mon pays.  « Les aéroports de certains membres de l’UE sont devenus des centres de distribution pour les organisations terroristes qui sévissent dans mon pays », a-t-il encore asséné.  À ses yeux, certains membres de l’UE et du Conseil de sécurité se sont impliqués dans cette guerre et ont appuyé des groupes terroristes.  Pour lui, ce sont les mesures unilatérales prises par les pays de l’Union européennes qui sont à l’origine des souffrances.

Réagissant à l’intervention du Bangladesh, le représentant du Myanmar a affirmé que la situation humanitaire à la frontière des deux pays n’a rien à voir avec la question du désarmement.  « Nous déployons actuellement tous les moyens et ressources pour traiter la situation humanitaire à la frontière », a-t-il assuré.

Le représentant de l’Arménie a ensuite accusé l’Azerbaïdjan de dépeindre la situation de façon étrange en la liant au désarmement et à la non-prolifération. Il a notamment affirmé que le recours systématique de l’Azerbaïdjan à l’arme lourde illustre aux yeux de la communauté internationale pourquoi le leadership de ce pays a rejeté la création de tout mécanisme d’enquête sur les violations du cessez-le-feu.  L’Azerbaïdjan a également oublié le droit à l’autodétermination que le Haut-Karabagh a exercé il y a 20 ans.  Selon lui, ce pays a toujours rejeté les mécanismes d’enquête ou les questions des mesures de confiance, mais aussi échoué à donner des explications raisonnables.  « Nous ne pouvons pas accepter les violations du cesser le feu par l’Azerbaïdjan, a-t-il insisté, il doit régler le conflit de façon pacifique. »

Dans une longue réponse, le représentant de la Fédération de Russie a regretté d’entendre « autant d’accusations très étranges» sur le non-respect des accords de Minsk par la Russie.  « On a l’impression que certains ne lisent que de vieux documents et ne comprennent pas de quoi il s’agit », a-t-il affirmé.  Après être revenu sur l’ensemble des évènements qui ont secoué l’Ukraine ces dernières années, il a estimé que les États-Unis et l’Union européenne n’ont rien à voir avec les accords de Minsk.  « Si certains disent que la Russie ne respecte pas les accords de Minsk, alors ces gens n’ont jamais lu le texte des accords », a-t-il affirmé. Selon lui, non seulement « la Russie ne peut pas respecter les accords de Minsk puisque ces points ne la concernent pas », mais « la Russie ne peut pas retirer ses troupes d’Ukraine puisqu’elle n’en a pas déployé ».  Revenant sur les accusations d’agression contre la Géorgie, le représentant russe a assuré que « nos partenaires géorgiens ne nous en parlent plus ».  Il a affirmé que la Russie a fait preuve d’une « patience sans précédent » dans cette affaire et a en fait forcé l’ancien Président géorgien, Mikheil Saakashvili, à accepter la paix.  Je ne comprends pas comment on peut porter de telles accusations envers la Russie, a-t-il conclu.

Le représentant des États-Unis a déclaré que son homologue russe avait proféré de nombreuses allégations qui démontrent qu’il est temps que la Russie se conforme au droit international.  L’élargissement de l’OTAN ne se fait pas contre la Fédération de Russie, cette politique de porte ouverte ayant assuré la paix, la sécurité et la prospérité en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a-t-il notamment fait observer.  Il a également indiqué que la conclusion du Traité Ciel ouvert a découlé de l’échec des relations bilatérales impulsées dans le cadre de l’OSCE.  La Russie doit cesser d’intervenir dans les affaires intérieures de ses voisins, et ce ne sont pas les États Unis qui sont intervenus dans le territoire souverain de l’Ukraine, a-t-il aussi dit.

Le représentant de l’Azerbaïdjan s’est dit perplexe en écoutant les condamnations de l’emploi de la force de la part d’un pays « qui adopte depuis des décennies un comportement destructeur ».  L’Arménie mène un nettoyage ethnique dans un territoire occupé, a-t-il affirmé.  Elle doit respecter le droit international et retirer ses troupes militaires de mon pays afin qu’il puisse retrouver son intégrité territoriale, a-t-il aussi noté.

Le représentant du Bangladesh a répondu à son homologue du Myanmar que des informations erronées n’aidaient pas à régler la situation dans l’État de Rakhine.  La situation à notre frontière commune n’est pas gérée, dire le contraire équivaut à énoncer des contrevérités, a-t-il déclaré.

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