Désarmement: à la Première Commission, les divergences persistent au sujet du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

AG/DSI/3580
12 octobre 2017
Soixante-douzième session, 12e séance – après-midi

Désarmement: à la Première Commission, les divergences persistent au sujet du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

Les États Membres ont affiché une fois de plus, aujourd’hui, leurs divergences au sujet du nouveau Traité sur l’interdiction des armes nucléaires lors d’une réunion de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale) à laquelle avait été conviée la Présidente de la Conférence des Nations Unies pour la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète.

Dans un premier temps, Mme Elayne Whyte Gomez s’est félicitée que cette conférence ait rempli son mandat en négociant le texte du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, « le premier sur ce sujet depuis 20 ans ».  Avec l’attribution du prix Nobel de la paix à la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, ce traité fera, selon elle, de 2017 un jalon majeur dans l’édification d’un monde sans armes nucléaires, s’est-elle réjouie.

Insistant longuement sur le fait que ce traité d’interdiction vient « compléter » les Traités sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), elle a assuré que le but est désormais de parvenir à coordonner les composantes de l’actuelle architecture de désarmement.  « Nous ne pouvons plus avancer de manière fragmentée », a-t-elle souligné, « et il faut reconnaître que chaque traité et convention apporte une valeur ajoutée ».

Elle a été secondée dans cette analyse par de nombreuses délégations, à l’instar de l’Équateur ou encore du Kazakhstan qui ont tenu des propos similaires.  Le représentant de l’Autriche est allé plus loin, jugeant que l’universalisation de ce traité était d’autant plus urgent que les agissements de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) sapent le régime juridique de non-prolifération.  S’il a salué le fait que des États dotés d’armes nucléaires s’efforcent de réduire leurs arsenaux, il a regretté que ces mêmes pays, à commencer par ceux possédant le plus grand nombre de têtes nucléaires, ne soient pas encore disposés à aller plus loin.

« Nous ne pouvons pas laisser le désarmement entre les mains des pays dotés de l’arme nucléaire », a lancé de son côté le représentant du Costa Rica qui a souligné que c’est aux États non dotés et à la société civile de faire progresser l’humanité vers un monde débarrassé de ces armes.

Cependant, aux yeux du représentant des États-Unis, le désarmement nucléaire ne serait pertinent que lorsque les conditions le permettent, aussi a-t-il jugé illusoire de vouloir discréditer la stratégie de dissuasion au moment où la « crise nord-coréenne » démontre son utilité.  Qualifiant le nouveau traité de contre-productif, il a surtout mis la communauté internationale en garde contre le potentiel de discorde de ce texte, qui divise les États « en deux camps trop simplistes plutôt que de reconnaître leurs intérêts partagés ».

Bien que partageant « le sentiment qu’il y a derrière », la représentante du Canada a elle aussi exprimé de sérieuses réserves quant au risque de divisions au sein de la communauté internationale qui pourraient mettre en péril le prochain cycle d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Sans citer nommément le Traité, la République de Corée a estimé de son côté qu’une décision prise par une majorité de pays, sans considération pour la sécurité de toutes les parties concernées, n’est pas une manière efficace et réaliste de répondre aux enjeux de désarmement.

Quant à l’Allemagne, elle a considéré que le désarmement nucléaire est un objectif qui demande une approche pragmatique et progressive, mais surtout une approche qui inclue les États dotés de l’arme nucléaire.

« Les divergences d’approches sont un luxe que la communauté internationale ne peut pas se permettre dans le contexte sécuritaire actuel », a commenté pour sa part le représentant de la Lettonie.

Parmi les autres voix qui se sont exprimées, celle du représentant japonais a tenu à souligner l’importance de l’éducation dans la prise de conscience de la nécessité d’éliminer les armes nucléaires.  Du côté de Singapour, on a insisté sur l’importance des zones exemptes d’armes, un discours également tenu par le représentant du Costa Rica qui a rappelé que l’objectif final de ce mécanisme devrait être « l’édification d’une zone unique et mondiale ».

La Première Commission poursuivra ses travaux demain, vendredi 13 octobre, à partir de 15 heures.

QUESTIONS À L’ORDRE DU JOUR ET PRÉSENTATION ET EXAMEN DE TOUS LES PROJETS DE RÉSOLUTION ET DE DÉCISION DÉPOSÉS AU TITRE DES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR

Exposé de la Présidente de la Conférence des Nations Unies pour la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète

Mme ELAYNE WHYTE GOMEZ, Présidente de la Conférence des Nations Unies pour la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète, s’est félicitée que cette conférence ait rempli son mandat en négociant le texte du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, « le premier sur ce sujet depuis 20 ans ».  Elle a aussi salué l’attribution du prix Nobel de la paix à la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires.  Avec ces deux événements, 2017 restera comme un jalon majeur dans l’édification d’un monde sans armes nucléaires, s’est-elle félicitée.

Face à la résurgence actuelle du risque nucléaire, elle a souligné qu’un instrument juridiquement contraignant serait un outil efficace pour le désarmement, précisant que cet instrument se devait d’être inclusif et comporter des normes d’interdiction totale des armes nucléaires.

Ravie des échanges de fond constructifs qui ont eu lieu pendant cette conférence, elle a surtout salué l’impératif éthique et moral ainsi que la volonté politique qui ont animé les débats.  Elle a aussi salué les « contributions de très haut niveau » de la société civile au débat.  Selon elle, cette méthode a posé un jalon dans la manière de travailler dans un cadre international en apportant davantage d’optimisme et une vision claire de l’objectif à atteindre.  « L’expérience internationale montre que l’élaboration de normes juridiques est nécessaire si on veut enclencher des changements sociaux », a-t-elle ajouté.

Reprenant différents points du Traité, elle a estimé que la norme qui engage les États à ne jamais fabriquer, acquérir, posséder ou stocker d’armes nucléaires, constituait une « amélioration qualitative profonde ».  Elle a aussi indiqué que le Traité comportait des innovations en matière d’assistance aux victimes, signalant notamment que sa structure institutionnelle prévoit la possibilité de développer d’autres instruments et protocoles.

Insistant longuement sur le fait que ce traité d’interdiction vient « compléter » les Traités sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), elle a assuré que le but est désormais de parvenir à coordonner les composantes de l’actuelle architecture de désarmement.  « Nous ne pouvons plus avancer de manière fragmentée », a-t-elle souligné, « il faut reconnaître que chaque traité et convention apporte une valeur ajoutée ».  À ce titre, elle a exhorté en particulier le milieu universitaire, la communauté scientifique et les organismes indépendants à intervenir dans le débat pour faire avancer ce processus d’articulation.

Suite du débat thématique sur les armes nucléaires

M. JUAN SANDOVAL MENDIOLEA (Mexique) a salué l’attribution du prix Nobel de la paix à la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, estimant que ce prix fait ressortir le rôle fondamental que joue la société civile, en coopération avec les États, dans la promotion efficace d’initiatives touchant aux causes les plus nobles de l’humanité.  Il a notamment mentionné les Hibakusha qui, par leurs témoignages, ont été la force vive et la profonde motivation des Conférences d’Oslo, de Nayarit et de Vienne. 

« Mission accomplie », a-t-il ensuite déclaré, en félicitant la Première Commission pour avoir mis sur les rails l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  « Nous devons nous en enorgueillir », s’est-il réjoui, ajoutant que les États avaient réussi à faire montre de leur volonté politique et trouvé des moyens alternatifs face à la paralysie qui prévaut encore à la Conférence du désarmement.  Pour le Mexique, le contexte mondial actuel renforce la nécessité d’une action urgente pour garantir l’élimination des armes nucléaires.  Il a notamment dénoncé le fait qu’en Première Commission, d’aucuns « parlent avec légèreté de l’emploi des armes nucléaires et justifient leur possession ».  « Ne nous leurrons pas, a mis en garde le délégué, les armes nucléaires signifient l’assassinat collectif et indiscriminé de nos peuples.  Elles infligent une souffrance indescriptibles et des dommages irréversibles ».  

Le Mexique a ensuite condamné, dans les termes les plus forts, les essais nucléaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et ses lancements de missiles, des « actes imprudents » qui représentent de graves menaces pour la paix et la sécurité internationales. 

Mme QUINN (Irlande) a noté avec inquiétude que la norme contre les menaces d’utilisation des armes nucléaires s’est érodée ces dernières années, en raison notamment des événements dans la péninsule coréenne.  Elle a jugé urgent que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) entre rapidement en vigueur.  S’agissant du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), elle a déploré le manque de progrès pour mettre en œuvre son pilier de désarmement tout en accordant son plein appui à « l’approche progressive ».

La déléguée a ensuite noté la sous-représentation des femmes dans les débats sur l’armement nucléaire, et a appellé à corriger ce déséquilibre.  Elle a aussi noté le fait que les radiations ionisantes impactaient de manière disproportionnée les femmes.  Concernant la zone exempte d’armes nucléaires dans la région du Moyen-Orient, elle a fait part de sa volonté d’entendre les plans des co-organisateurs de la Conférence de 2020 sur la manière de redonner de l’élan à cet aspect essentiel du TNP.  La déléguée de l’Irlande a par ailleurs communiqué qu’elle présidera avec l’Islande, la semaine prochaine, le Régime de contrôle de la technologie des missiles.  Enfin, elle a redit combien l’accord nucléaire avec l’Iran, était, pour son pays, un exemple de ce qui peut être accompli grâce à la diplomatie et la négociation.  Elle a appelé l’Iran à mettre en œuvre toutes les provisions de la résolution 2231 du Conseil de sécurité et de n’entreprendre aucune activité liée aux missiles balistiques capables de transporter des armes nucléaires.

M. ROBERT A. WOOD (États-Unis) a assuré que son pays restait engagé dans le désarmement nucléaire.  « L’histoire démontre que c’est possible lorsque les conditions le permettent », a-t-il complété, évoquant notamment la période de dégel durant la guerre froide.  Estimant que tous les états doivent travailler ensemble afin de jeter des bases du désarmement prévu par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), il a reconnu que ce processus n’était pas rapide, mais que « la complexité du sujet nous oblige à avancer avec patience ».  À ce titre, il a appelé à garder à l’esprit les conditions de sécurité internationale et par là-même le rôle crucial que joue la dissuasion nucléaire dans le maintien de cette sécurité.  Estimant que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires va à l’encontre de certains de ces défis sécuritaires, il y a vu un « instrument contreproductif » qui a le potentiel de fragiliser le TNP.  Les pays qui soutiennent ce Traité, a-t-il poursuivi, veulent faire croire qu’on peut abandonner la dissuasion au moment où la crise nord-coréenne nous démontre le contraire.  Déplorant l’absence de procédés de vérifications fiables, il a également considéré que l’accord de garantie généralisée n’est pas non plus suffisant pour détecter un programme nucléaire caché.  Surtout, il s’est inquiété du potentiel de discorde de ce texte, qui divise les États « en deux camps trop simplistes plutôt que de reconnaître leurs intérêts partagés ».  Face à ce risque de polarisation, les États-Unis ont fait part de leur désir de travailler avec tout le monde pour aboutir à des dispositions efficaces contre les armes nucléaires et parvenir à un monde plus sûr.

M. GEORGE WILHELM GALLHOFER (Autriche) a appelé à l’universalisation du nouveau Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, une nécessité d’autant plus urgente, selon lui, que les agissements de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) sapent le régime juridique de non-prolifération et que des pays essaient d’obtenir l’arme nucléaire.  S’il a salué le fait que des États dotés d’armes nucléaires s’efforcent de réduire leurs arsenaux, il a regretté que ces mêmes pays, à commencer par ceux possédant le plus grand nombre de têtes nucléaires, ne soient pas encore disposés à aller plus loin.  Ces États doivent dépasser le statu quo actuel, a-t-il martelé.  Il a annoncé que, cette année encore, son pays proposerait un projet de résolution sur les conséquences humanitaires d’une détonation, intentionnelle ou accidentelle, d’une arme nucléaire.  Nous nous porterons coauteurs de tout projet demandant un renforcement et une accélération des mesures appelant à la réalisation d’un monde sans armes nucléaires et à l’élimination totale de ces armes, a-t-il ajouté.  Il a enfin demandé aux « sceptiques » de reconsidérer leur position à l’égard du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, ceux-ci devant reconnaître que, dans un monde fragilisé, il pourrait renforcer la sécurité collective et aider la communauté internationale à avancer vers un monde sans armes nucléaires.

Mme MIRTA GRANDA AVERHOF (Cuba) s’est dite préoccupée par l’existence même des armes nucléaires car, « si une partie si infime soit elle des arsenaux existants venait à exploser, les conséquences humanitaires et environnementales seraient irréparables pour l’humanité ».  Pour Cuba, a-t-elle indiqué, éliminer les armes nucléaires est le seul moyen de dissiper la menace d’un conflit nucléaire.  À cet égard, elle a estimé que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires était un jalon sur le « chemin inéluctable » vers un désarmement nucléaire total et irréversible.  À son tour, elle a déclaré que toute approche visant à préserver le statu quo actuel, ainsi que toutes justifications de l’existence des armes nucléaires dans les doctrines de sécurité et les politiques de défense des États, sont inacceptables.  Cuba, attachée depuis toujours au désarmement nucléaire, appelle l’Assemblée générale à soutenir la tenue de négociations ouvertes et de fond sur instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète

Mme EVA WALDER (Suède) a appelé les États dotés de l’arme nucléaire à reconnaître que le Traité sur la non-prolifération (TNP) ne leur confère pas le droit de disposer de telles armes à titre permanent.  Tous les États parties doivent respecter les obligations contractées lors des Conférences des parties chargées de l’examen du Traité de 2000 et 2010, a-t-elle dit.  Si la déléguée a reconnu que tous les désaccords ne pourront pas être réglés, elle a néanmoins jugé possible de trouver un terrain d’entente s’agissant notamment de la réduction des risques, des armes nucléaires tactiques ou bien encore des mesures de vérification.  La Suède est prête à jouer son rôle dans la facilitation d’un accord sur un programme de travail substantiel de la Conférence du désarmement, a-t-elle poursuivi.  Elle a ensuite expliqué que la participation de son pays aux négociations relatives au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires était guidée par une « perspective humanitaire fondamentale » sur les questions nucléaires.  « La décision d’une possible signature de ce Traité par mon pays sera prise après la conclusion de l’analyse approfondie en cours des dispositions dudit Traité », a-t-elle fait savoir.

Mme SABRINA DELLAFIOR (Suisse) a vu dans la crise en République populaire démocratique de Corée la preuve de l’utilité du Traité d’interdiction des armes nucléaires.  La Suisse a par ailleurs noté avec inquiétude, ces derniers mois, une multiplication des déclarations allant à l’encontre de la non-prolifération mais aussi des menaces d’attaque sans précédent.  Estimant que les risques humanitaires que font peser les armes nucléaires sont inacceptables, elle a déploré que les réductions d’arsenaux aient fortement ralenti et que certains pays aient même procédé à leur modernisation.  La Suisse a pris part aux discussions sur le Traité d’interdiction des armes nucléaires et l’a voté en vertu notamment de sa tradition humanitaire, mais elle a regretté l’absence des États dotés.  Malgré tout, la représentante n’a pu écarter ses interrogations quant aux standards de vérification établis par le traité.  Elle a dit espérer que la conférence internationale de haut niveau des Nations Unies sur le désarmement nucléaire, qui se tiendra en 2018, permettra de discuter plus avant de sujets comme la transparence et la vérifiabilité du désarmement.

M. NIKOLAI OVSYANKO (Bélarus) a annoncé que cette année, sa délégation présenterait de nouveau un projet de résolution sur les dangers potentiels des nouvelles armes de destruction massive car, dans le contexte sécuritaire actuel « la communauté internationale a besoin de nouvelles recommandations et normes sur cette question faisant l’objet de nombreuses discussions à Genève ».  Il a appelé les États Membres à soutenir ce texte par le consensus le plus large possible..

M. KIM IN-CHUL (République de Corée) a déclaré que 50 ans après la création du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), cet outil demeure « le plus réaliste, efficace et inclusif » pour parvenir à cet objectif.  Il a affirmé que les ambitions nucléaires de la République populaire démocratique Corée de ne seront pas tolérées et a appelé la communauté internationale à mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité de sorte que la RPDC ressente vraiment les effets de ces sanctions, cesse ses provocations, et revienne au dialogue.  « Une fois encore, nous exhortons la Corée du Nord à prétexter que ses armes nucléaires garantiront sa sécurité et sa croissance économique », a-t-il clamé, avant d’appeler le régime de Pyongyang à quitter ce chemin de l’autodestruction.

Le représentant a ensuite appelé les États Membres à rester soudés autour de cette pierre angulaire du désarmement qu’est le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Considérant qu’il faut travailler à des moyens communs pour favoriser la dénucléarisation et le désarmement, il a aussi cité la mise en œuvre du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), les premières négociations sur le traité sur les matières fissiles, soulignant qu’un accord de désarmement n’est viable que s’il est inclusif.  À ce titre, il a estimé qu’une décision prise par une majorité de pays sans considération pour la sécurité de toutes les parties concernées n’est pas une manière efficace et réaliste de répondre aux enjeux de désarmement.

M. NOBUSHIGE TAKAMIZAWA (Japon) a estimé que les essais nucléaires et balistiques de la République populaire et démocratique de Corée (RPDC) étaient « totalement inacceptables » et a appelé ce pays à abandonner immédiatement le développement de ses programmes nucléaires et balistiques.  Il a ensuite appelé à une universalisation du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), appelant tous les États qui ne l’ont pas encore fait, à rejoindre le Traité sans conditions.

Déplorant des progrès trop lents dans le désarmement nucléaire, il a demandé aux États dotés de faire plus d’efforts pour se conformer à leurs obligations afin de parvenir à l’élimination totale des armes nucléaires.  Appelant à l’adoption de mesures pratiques et concrètes pour parvenir au désarmement, il a ensuite défendu la création d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, rappelant en particulier la responsabilité des huit États de l’Annexe 2 qui ne l’ont pas ratifié et bloquent son entrée en vigueur.

Le représentant japonais a par ailleurs souligné l’importance de l’éducation dans la prise de conscience de l’importance d’éliminer les armes nucléaires, appelant les États Membres à mettre en œuvre les recommandations du rapport de l’Assemblée générale sur l’éducation en matière de désarmement et de non-prolifération.  En conclusion, il a rappelé que son pays avait créé un Groupe de personnalités éminentes, qui se réunira à Hiroshima en novembre prochain, et qui, a-t-il souhaité, contribuera de nouvelles idées à la Conférence des parties chargée de l’examen du TNP de 2020

M. YERZHAN KUATBEKOV (Kazakhstan) a indiqué que sa délégation présenterait un projet de résolution sur la célébration de la Journée internationale contre les essais nucléaires, le 29 août de chaque année.  Il a ajouté que l’actualité montrait l’urgence d’une entrée en vigueur sans délai du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).  Le représentant a par ailleurs salué l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, soulignant que cet instrument complète le régime juridique du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Les deux traités sont potentiellement complémentaires, a-t-il assuré, en faisant sienne la déclaration du Secrétaire général des Nations Unies que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est un jalon vers la réalisation universellement souhaitée d’un monde sans armes nucléaires.  Il a d’autre part demandé qu’une attention particulière soit apportée, par la Première Commission, aux menaces à la paix et la sécurité que constituent le développement de la cybercriminalité, de l’intelligence artificielle et de l’exploitation des ressources spatiales.

M. JOHN QUINN (Australie) a déploré la menace posée à la sécurité internationale par le programme nucléaire et balistique de la République populaire démocratique de Corée(RPDC).  « Ces actions irresponsables et dangereuses représentent un retour en arrière majeur », a-t-il déploré.  Il a appelé les États Membres à appliquer rapidement et entièrement les résolutions du Conseil de sécurité portant sur cette crise.  « Des pressions économiques, politiques et diplomatiques doivent être mises en œuvre », a-t-il encore insisté.

Le représentant a ensuite indiqué que sa délégation avec la Nouvelle-Zélande et le Mexique, présenteraient un projet de résolution portant sur le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, estimant que les provocations de la RPDC soulignaient l’urgence de son entrée en vigueur et de son universalisation.  Il s’est dit encouragé par le travail du Groupe d’experts de haut niveau sur le traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires.

Insistant sur l’importance des mesures de confiance, il a ensuite exhorté les États dotés à prendre des initiatives concrètes, estimant que la transparence sur les arsenaux nucléaires constituerait une nouvelle étape significative.  « Des négociations sur un nouveau traité START entres les États-Unis et la Fédération de Russie seraient aussi une démonstration importante des progrès », a-t-il ajouté.

M. AMANDEP SINGH GILL (Inde) a rappelé son appui à la tenue des négociations, au sein de la Conférence du désarmement, sur une convention globale sur les armes nucléaires et un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires.  M. Gill a rappelé qu’en tant que puissance nucléaire, son pays avait une politique basée sur la position du non-recours en premier aux armes nucléaires et sur le respect des garanties de sécurité négative.  Même si son pays n’a pas participé aux négociations sur le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, et qu’il ne le rejoindra pas, il adhère cependant à ses principes et à ses objectifs, en particulier ses aspirations au désarmement nucléaire, a fait savoir le représentant.  Le délégué a assuré que l’Inde avait mis à jour son programme dans ce sens, et qu’il espérait que « ses amis feront de même ».

Les tests balistiques et nucléaires menés par la République populaire démocratique de Corée préoccupent l’Inde, a-t-il poursuivi, de même que la prolifération des technologies nucléaires, qui impacte négativement la sécurité de son pays.  Le représentant a ensuite indiqué que l’Inde présentera de nouveau un projet de résolution  sur la création d’un instrument juridiquement contraignant interdisant l’usage ou la menace d’utilisation des armes nucléaires, ainsi qu’un texte mettant en avant la nécessité d’examiner les doctrines nucléaires et de réduire les risques d’utilisation accidentelle ou non intentionnelle des armes nucléaires.

Mme ROSEMARY MCCARNEY (Canada) a indiqué que son pays avait de sérieuses réserves vis-à-vis du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, estimant qu’il a contribué à agrandir les divisions au sein de la communauté internationale qui peuvent mettre en péril le cycle d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Cependant elle a dit partager « le sentiment qu’il y a derrière » et a demandé aux États non signataires du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires de se concentrer sur la réduction, puis l’élimination de leur dépendance aux armes nucléaires.  La représentante a partagé la satisfaction de son pays à présider le Groupe préparatoire d’ experts de haut niveau chargé de l’élaboration d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires.  Elle s’est dite confiant dans le fait que ce traité allait renforcer le régime de désarmement et de non-prolifération.  Elle a par ailleurs indiqué que son pays avait fait une contribution volontaire de 175 000 dollars en soutien au Partenariat international pour la vérification du désarmement nucléaire. 

La représentante a par ailleurs appelé à renforcer les sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et convaincre cet État d’entamer un dialogue.  Le Plan d’action global commun, qui soumet l’Iran à un contrôle international, pourrait servir d’exemple pour la RPDC, a-t-il jugé.  Elle s’est également préoccupée de la question du terrorisme nucléaire et a appelé à renforcer la sécurité des infrastructures.  Le Canada a notamment investi 30 millions de dollars l’année dernière pour sécuriser les matériaux radioactifs, prévenir le trafic illégal, et renforcer les régulations. 

M. KNUT LANGELAND (Norvège) a déclaré que l’ambition de son pays reste l’élimination totale des armes nucléaires.  Mais c’est un objectif à long terme qui demandera des efforts soutenus, tant sur la question du désarmement, que de la non-prolifération et des mesures de confiance.  En attendant, le Traité sur la non-prolifération (TNP) est essentiel pour bâtir ces mesures de confiance mutuelle.  Il permettra aussi de s’orienter vers une véritable réduction de l’arsenal nucléaire dans le futur, a encore déclaré le représentant, ajoutant que ce processus requiert la pleine coopération des États nucléaires et non nucléaires.  À cette fin, l’initiative britannique et norvégienne, lancée en 2007 a pavé le chemin pour un régime de vérification qui inclura tous les États dotés ou non, a-t-il affirmé.

Le représentant a également déclaré qu’il y a un besoin de développer une culture de coopération et de confiance.  En plus des cadres et accords existants, un nombre d’autres accords renforçant la confiance devraient être élaborés pour parvenir à l’objectif d’un monde sans armes nucléaires.  À ce titre la Norvège attend la conclusion du groupe préparatoire de haut niveau sur le traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes nucléaires.

La Norvège juge aussi que les actions irresponsables de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) montrent à suffisance l’urgence de transformer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), pour passer d’une norme politique, à un instrument réellement contraignant.  Car la capacité à éliminer les armes nucléaires dépendra de la crédibilité du régime de non-prolifération, a poursuivi le représentant, estimant par ailleurs que tous les États devaient mettre en œuvre les normes de l’Agence internationale de l’énergie atomique.  Il faudrait en outre trouver un moyen diplomatique de résoudre la question nucléaire nord-coréenne, a conclu la délégation. 

M. HTIN LYNN (Myanmar) a constaté que les armes nucléaires actuelles sont les plus dangereuses que jamais, celles-ci pouvant « détruire une métropole entière, tuer des millions de personnes et mettre l’environnement en danger ».  Le danger de ces armes découle de leur existence même, a-t-il ajouté.  Préoccupé par l’existence de près de 15 000 têtes nucléaires dans le monde, et par les « tendances inquiétantes sur le terrain », le Myanmar présentera une résolution sur le désarmement nucléaire qui se veut « une approche globale s’appuyant sur des mesures concrètes et réalistes ».

M. JULIO CÉSAR ARRIOLA RAMÍREZ (Paraguay) a annoncé que le Paraguay avait signé, le 20 septembre, le Traité d’interdiction des armes nucléaires, qui a comblé une lacune dans le droit international public et qui complète l’interdiction des armes biologiques et chimiques.  Il a condamné les essais nucléaires récemment effectués par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), plaidant par ailleurs pour l’élargissement et la création de zones exemptes d’armes nucléaires, en particulier au Moyen-Orient.  Il a également souhaité l’élaboration d’une convention internationale qui donnerait des garanties aux États qui ne possèdent pas d’armes nucléaires.  Le processus de désarmement doit être transparent et irréversible, a souligné le représentant, doté de mécanismes de vérification efficaces, et dans un cadre universel et juridiquement contraignant.

M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte) a déclaré que la présence d’armes nucléaires au Moyen-Orient et le refus d’Israël d’adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) constituent un des obstacles majeurs à l’accomplissement du désarmement nucléaire.  Il a expliqué que depuis quatre décennies, son pays faisait de l’élimination de ces armes au Moyen-Orient une priorité de sa politique étrangère.  Il a ensuite plaidé en faveur de l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive au Moyen-Orient.  Il a ainsi réitéré l’appel de l’Égypte à la tenue d’une conférence internationale pour négocier une telle zone, conformément à la résolution 1995 du TNP et au document final de la Conférence des parties chargée de l’examen du Traité de 2010.  Le représentant a aussi annoncé que son pays présenterait cette année encore deux projets de résolution sur le Moyen-Orient, l’un sur une zone exempte d’armes nucléaires dans la région, l’autre sur le risque de prolifération nucléaire également au Moyen-Orient.

M. ISIDOR MARCEL SENE (Sénégal) s’est inquiété des risques d’accident nucléaire auxquels s’ajoute l’actuelle situation géopolitique, qui pourrait conduire à des affrontements directs entre protagonistes dotés de capacités nucléaires.  Le Sénégal, attaché à l’objectif d’un monde exempt d’armes nucléaires, d’autant que celles-ci pourraient tomber entre les mains de groupes terroristes, reste convaincu que leur élimination totale et complète est la seule garantie contre leur utilisation.  La délégation a appelé les États nucléaires à se joindre au Traité d’interdiction des armes nucléaires adopté le 7 juillet, tout en regrettant l’absence d’autorité internationale pour en vérifier le respect.  Par ailleurs, l’interdiction complète des essais nucléaires ainsi que celle de la production de matières fissiles à des fins militaires et l’extension des zones dénucléarisées, notamment au Moyen-Orient, sont des impératifs pour atteindre l’objectif de désarmement nucléaire, a-t-il ajouté.

Le représentant a par ailleurs appelé à préserver l’accord sur le nucléaire iranien, d’autant que le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution 2231 (2015) et les derniers rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) indiquent clairement que la République islamique d’Iran continue de respecter ses obligations.  Enfin, a dit la délégation, il conviendrait de réaffirmer le droit des pays à l’usage pacifique de l’énergie nucléaire et de veiller à un transfert effectif et sûr de la technologie pertinente aux États qui assument leurs obligations découlant du TNP, ce qui passerait par le renforcement de l’autorité et des capacités de l’AIEA.

M. FERNANDO LUQUE MÁRQUEZ (Équateur) a salué l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, « un instrument universel qui prohibe la possession, l’acquisition, le transfert, le stockage et le déploiement de ces armes ».  Il a affirmé que le Traité s’intègre dans l’architecture de désarmement actuelle, en la complétant, trouvant sa place entre le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et ceux portant création de zones exemptes d’armes nucléaires.  Dans ce contexte, a-t-il dit, il est étonnant que persistent des alliances d’États regroupés qui s’obstinent à défendre la doctrine de dissuasion nucléaire, ces États continuant selon lui « à faire comme si le Traité n’existait pas ».  Ce qui nous divise, a lancé le représentant, ce n’est pas le Traité, ce sont les armes nucléaires.  Il a exhorté les huit États qui se refusent à le faire, à ratifier le Traité afin qu’il puisse entrer en vigueur « au lieu de multiplier et diffuser les fausses interprétations à son sujet ».

Mme SHAREEF (Maldives) a affirmé que l’élimination des armes nucléaires est un impératif moral.  Si elle a estimé que le monde a beaucoup progressé, notamment au travers du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, elle n’a pas moins estimé qu’il est temps, pour les États Membres de « faire preuve d’audace ».  À ce titre, elle a appelé les États dotés de l’arme nucléaire à démanteler leurs arsenaux et exhorté les pays cités à l’annexe 2 du TICE à le ratifier.  Selon elle, la communauté internationale partage un consensus sur le sujet du désarmement nucléaire comme l’a prouvé l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  Les Maldives ont condamné les essais menés par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), et soutenu tous les efforts menés pour trouver une solution pacifique.  Rappelant leur candidature à un siège non permanent du Conseil de sécurité, les Maldives ont assuré qu’elles porteraient la question du nucléaire au sein du Conseil.

M. LOT THAUZENI PANSIPADANA DZONZI (Malawi) a indiqué que son pays avait signé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires le 20 septembre dernier, rappelant qu’il est également signataire du Traité de Pelindaba, faisant de l’Afrique une zone exempte d’armes nucléaires.  Il a estimé à son tour que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires représentait une contribution importante vers la réalisation de l’aspiration commune d’un monde sans armes nucléaires. 

M. MICHAEL BIONTINO (Allemagne) a estimé que le désarmement nucléaire est un objectif qui demande une approche pragmatique et progressive et qui inclut les États dotés d’armes nucléaires.  Face à l’accélération du programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée, il a estimé que c’est là la preuve qu’il faut renforcer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et ses piliers.  Rappelant que la RPDC est le seul État qui fasse des essais au XXIe siècle, il a appelé l’ensemble des États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).  Il s’est dit favorable à un nouveau Traité sur la réduction et la limitation des armements stratégiques offensifs (START), ainsi qu’à un futur traité sur les matières fissiles, rappelant que l’Allemagne et le Canada se sont engagés sur ce sujet.  « Le désarmement nucléaire n’arrivera à bon port qu’avec un contexte de sécurité basé sur la transparence », a-t-il souligné, avant de s’exprimer sur l’utilisation pacifique de l’énergie atomique qui doit reposer, selon lui, sur des niveaux de sécurité capable de prémunir la communauté internationale contre des acteurs non étatiques.  Rappelant en conclusion qu’il aura fallu plus de 10 ans pour trouver une solution diplomatique sur la question du programme nucléaire iranien, il a appelé tous les acteurs impliqués à ne pas mettre en danger ce processus.

Mme ANDREA LEONG (Singapour) a souligné l’importe des zones exemptes d’armes nucléaires, qui constituent des mesures pratiques de mise en œuvre de l’article VII du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Nous plaidons pour la création d’une telle zone au Moyen-Orient et réaffirmons notre engagement à maintenir l’Asie du Sud-Est exempte d’armes nucléaires, a-t-elle ajouté.  La représentante a affirmé que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires était une avancée importante vers un monde débarrassé de l’arme nucléaire, le mécanisme onusien de désarmement devant trouver des moyens complémentaires et réalistes pour permettre son entrée en vigueur et sa pleine mise en œuvre.  Elle a ainsi estimé que des initiatives comme l’Initiative de sécurité contre la prolifération, pouvaient contribuer à rapprocher les positions des États Membres sur la question clivante de l’utilité du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

M. JUAN CARLOS MENDOZA-GARCÍA (Costa Rica) a appelé tous les États à éliminer les armes nucléaires de leur doctrine sécuritaire.  Regrettant que les États dotés de l’arme atomique se soient dissociés du processus de désarmement, il a estimé que le maintien du statu quo sur cette question expose la communauté internationale à des situations toujours plus dangereuses.  Il reste plus de 15 000 ogives dans le monde et « plutôt que de les détruire, on y consacre des millions de dollars », s’est-il indigné. 

Il a appelé les pays dotés de l’arme nucléaire à réduire leurs arsenaux de manière transparente et irréversible, mais aussi à limiter l’ampleur de leur dispositif opérationnel sur lequel pèse la menace d’une attaque cybernétique.  Le Costa Rica soutient à cet égard l’importance d’un traité qui interdise la production de matières fissiles.  Considérant que le désarmement et la non-prolifération sont des éléments indispensables du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), mais aussi que le non-respect du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) est une entrave majeure à ce processus de désarmement, le représentant a asséné que « nous ne pouvons pas laisser le désarmement entre les mains des pays dotés de l’arme nucléaire ».  À ses yeux, c’est aux États non dotés et à la société civile de faire progresser l’humanité vers un monde débarrassé de ces armes. 

En tant qu’État partie du Traité de Tlatelolco, le Costa Rica a enfin souligné l’importance des zones exemptes d’armes nucléaires dont l’objectif final devrait être l’édification d’une zone unique et mondiale. 

M. JĀNIS MAŽEIKS (Lettonie) a condamné les actes de provocation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et l’a exhortée à abandonner ses programmes nucléaires et balistiques.  Elle a assuré la Commission de l’engagement de son pays à contribuer au renforcement du régime juridique mondial de non-prolifération et de désarmement nucléaire.  Il a estimé que, dans le contexte sécuritaire actuel, les divergences d’approches étaient un luxe que la communauté internationale ne peut se permettre.  Les États dotés et non dotés d’armes nucléaires doivent être sur la même longueur d’ondes, a-t-il souligné.  Le représentant a par ailleurs plaidé pour le démarrage de négociations de fond, à la Conférence du désarmement, à Genève, sur un traité interdisant les matières fissiles pour la fabrication d’armes nucléaires. 

Droits de réponse

Le représentant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a dénoncé les allégations « provocatrices » de certaines délégations.  Il a souligné que son pays a développé un programme nucléaire « à cause des États-Unis et de la menace qu’ils représentent ».  Depuis 1945, les États-Unis menacent d’utiliser la bombe nucléaire contre la RPDC, et récemment ils ont ajouté à cette menace des mots menaçant comme « feu » et « furie », a-t-il indiqué.  Accusant les États-Unis de procéder à des manœuvres militaires avec des sous-marins nucléaires autour de son pays, le représentant a assuré que la RPDC n’a déployé ses armes nucléaires que dans un objectif de légitime défense.

Aux pays qui s’inquiètent de l’arsenal nucléaire de la RPDC, le représentant a conseillé de le comparer avec l’arsenal américain, précisant que l’objectif ultime du régime de Pyongyang est un équilibre des pouvoirs avec les États-Unis.  Il a ensuite accusé la République de Corée d’être « le seul État Membre qui a transféré son droit souverain militaire à un État tiers », l’enjoignant de ne pas se mêler d’une affaire qui ne concerne « que la RPDC et les États-Unis ».  Quant au Japon, a-t-il lancé, « il ne devrait pas se chercher d’excuses pour rebâtir sa puissance militaire, mais devrait plutôt présenter des excuses face aux crimes contre l’humanité qu’il a commis en Asie ».

À son tour, le représentant de la République de Corée a affirmé que son pays n’avait abandonné sa souveraineté à aucun État.  La RPDC passe son temps à répéter que le monde ne comprend pas ses agissements, alors que nous voyons chaque jour ce que fait ce pays.  Les faits sont les faits et parlent pour eux-mêmes, a souligné le représentant qui a dénoncé l’attitude hostile de la RPDC.

Le représentant des États-Unis a qualifié de « ridicules » les accusations de la « Corée du Nord ».  Menaces et provocations, voilà ce qui a dressé la communauté internationale contre la Corée du Nord, qui doit respecter ses obligations internationales, faute de quoi le régime sera encore plus isolé, a-t-il affirmé.

Le représentant de la République populaire démocratique de Corée a ensuite rejeté tous les arguments « sans fondements » des délégations des États-Unis et de la République de Corée.

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