La Cinquième Commission coupe d’un milliard de dollars le budget des opérations de maintien de la paix « au risque de saper la crédibilité de l’ONU »

AG/AB/4239
29 juin 2017
Soixante et onzième session, Deuxième partie de la reprise de session, 39e séance – après-midi

La Cinquième Commission coupe d’un milliard de dollars le budget des opérations de maintien de la paix « au risque de saper la crédibilité de l’ONU »

Devant une chute d’un milliard de dollars dans le budget des opérations de maintien de la paix, le Groupe des États d’Afrique, hôte de 9 missions sur 14, a dit craindre que l’on « mette en péril l’exécution des mandats » et que l’on « sape la crédibilité de l’Organisation ».  La Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires a conclu, aujourd’hui, sa session de mai, avec un mois de retard, et recommandé à l’Assemblée générale un budget total de 6,8 milliards de dollars, pour la période du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018, contre 7,8 milliards de dollars, dans l’exercice précédent. 

« Si cette tendance à la baisse se poursuit nous n’aurons bientôt plus les moyens de maintenir la paix », s’est inquiété le Groupe des États d’Afrique.  Combinées, les Missions en République centrafricaine et en République démocratique du Congo subissent des coupes d’environ 200 millions de dollars, ce qui a permis aux États-Unis de faire valoir que la baisse d’un milliard reflète surtout la réduction du nombre du personnel en uniforme sur le terrain; la clôture de l’Opération en Côte d’Ivoire et de la Mission en Haïti; et la baisse des effectifs de la Mission au Libéria.  Le Groupe des États d’Afrique l’a reconnu, relevant même la décision de ne doter l’Opération au Darfour que d’un budget de six mois.

Certes, a argué Cuba, « mais ce qui me préoccupe le plus, ce sont les coupes dont nous avons empêché l’adoption ».  Il a ajouté: « il faut aller au-delà des discours, des communiqués de presse et des déclarations sur les réseaux sociaux, qui semblent parfois ignorer le fonctionnement de cette Organisation ».  Il est de notre devoir, ont insisté les États-Unis, « d’examiner minutieusement » les demandes dont nous sommes saisis, afin de nous assurer que les budgets « correspondent bien aux besoins réels », « découlent d’hypothèses de planification réalistes » et « reflètent les gains d’efficacité grâce aux changements en cours », en particulier dans les opérations créées il y a longtemps. 

« Si la tendance qui consiste à faire plus avec moins se poursuit, nous n’aurons plus rien pour mettre en œuvre les mandats », a prévenu le Groupe des États d’Afrique.  « On peut toujours essayer de faire plus avec moins, mais si nous n’avons plus rien du tout, nous n’irons nulle part », a averti Cuba.  La prudence et la discipline budgétaire » sont nécessaires, a continué d’insister le Japon, précisant « c’est aussi valable pour le budget ordinaire de l’ONU ».  Cela devrait surtout l’être pour les missions politiques spéciales, a taclé le Mexique, jugeant ces missions « dotées parfois de moyens disproportionnés ».

Tous les 22 projets de résolution, que l’Assemblée générale devrait approuver demain, vendredi 30 juin, ont été adoptés sans vote sauf celui sur la Force au Liban qui est finalement passé avec 138 voix pour, l’opposition du Canada, des États-Unis et d’Israël et l’abstention de la République centrafricaine et de la République-Unie de Tanzanie.  Les opposants au texte ont dénoncé « la nature politique » des paragraphes qui insistent sur le non-respect par Israël des résolutions pertinentes de l’Assemblée générale dont le non-paiement de la somme d’un million de dollars après l’incident de Cana du 18 avril 1996 et la destruction de la Force.

Cette session s’est à nouveau terminée en retard, soit 30 jours après les délais impartis.  Le représentant de l’Union européenne a estimé qu’il fallait se rendre à l’évidence et constater que quatre semaines ne suffisent pas pour traiter de questions aussi complexes.  « Même si nous n’avons pas obtenu tout ce que nous voulions, nous avons ce dont nous avions besoin », a conclu la première femme à avoir présidé la Cinquième Commission en 71 ans. 

RAPPORTS FINANCIERS ET ÉTATS FINANCIERS VÉRIFIÉS ET RAPPORTS DU COMITÉ DES COMMISSAIRES AUX COMPTES (A/C.5/71/L.30)

La Commission recommande à l’Assemblée générale de prier le Secrétaire général de veiller à̀ ce que les recommandations du Comité́ des commissaires aux comptes et celles connexes du Comité consultatif pour les questions administratives et financières, pour l’exercice allant du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016, soient intégralement appliquées dans les meilleurs délais. 

Le Secrétaire général serait également prié de continuer d’indiquer les délais dans lesquels il prévoit d’appliquer les recommandations du Comité́ des commissaires aux comptes, ainsi que l’ordre de priorité́ qui sera suivi, les fonctionnaires qui en seront responsables et les mesures qui seront prises à cet égard.

Le Secrétaire général devrait aussi expliquer en détail, dans son prochain rapport sur l’application des recommandations du Comité́ des commissaires aux comptes concernant les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, tout retard, les causes profondes des problèmes récurrents et les mesures qui seront prises pour y remédier.

ASPECTS ADMINISTRATIFS ET BUDGETAIRES DU FINANCEMENT DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX POUR LA PÉRIODE ALLANT DU 1ER JUILLET AU 30 JUIN 2018

Centre régional de services d’Entebbe (A/C.5/71/L.47)

La Cinquième Commission recommande à l’Assemblée de doter le Centre d’un budget de 33 millions de dollars.

Base de soutien logistique des Nations Unies (A/C.5/71/L.48)

L’Assemblée devrait doter la base d’un budget de 81 millions de dollars.

Compte d’appui aux opérations de maintien de la paix (A/C.5/71/L.49)

Le Compte d’appui recevrait un budget de 325 800 000 de dollars.

Examen triennal des taux et normes de remboursement des États Membres pour le matériel appartenant aux contingents (A/C.5/71/L.50)

La Cinquième Commission recommande à l’Assemblée générale de prendre note du rapport 2017 du Groupe de travail sur le matériel appartenant aux contingents et du rapport du Secrétaire général sur la question.  L’Assemblée générale devrait aussi faire siennes les recommandations du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB). 

Dispositions spéciales visant à prévenir l’exploitation et les atteintes sexuelles (A/C.5/71/L.51)

La Cinquième Commission recommande à l’Assemblée générale de demander au Secrétaire général de continuer à inclure dans ses futurs rapports des informations sur l’exploitation et les atteintes sexuelles commises par les troupes non onusiennes opérant sous un mandat du Conseil de sécurité.

Le Secrétaire général devrait également, pendant les prochains exercices budgétaires, présenter les conclusions des évaluations de risques menées dans les missions de maintien de la paix en matière d’exploitation et atteintes sexuelles, les actions entreprises pour y faire face et pour mettre en œuvre la politique de tolérance zéro. 

Par ce texte, les forces non onusiennes opérant sous un mandat du Conseil de sécurité sont exhortées à prendre des mesures adéquates pour prévenir l’exploitation et les atteintes sexuelles commises par leurs personnels et combattre l’impunité. 

FINANCEMENT DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX POUR L’EXERCICE ALLANT DU 1ER JUILLET 2017 AU 30 JUIN 2018

Force intérimaire de sécurité́ des Nations Unies pour Abyei (A/C.5/71/L.33)

La Commission recommande à l’Assemblée de doter la Force d’un budget de 285 118 600 dollars. 

Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) (A/C.5/71/L.38)

L’Assemblée est priée de doter la Mission d’un budget de 882 800 000 dollars

Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) (A/C.5/71/L.41)

La Commission recommande à l’Assemblée de décider que le solde restant au 30 avril 2017 à savoir 65 223 900 dollars soit restitué aux États Membres, conformément aux taux de contribution respectifs.  La Commission rappelle en effet la résolution 2284(2016) du Conseil de sécurité au terme de laquelle l’Opération ferme le 30 juin 2017.

Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) (A/C.5/71/L.39)

L’Assemblée est priée de doter la Force d’un budget de 57 413 800 dollars.

Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) (A/C.5/71/L.42)

Selon la recommandation de la Commission, la MONUSCO serait dotée d’un budget de 1 220 705 300 dollars.

Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) (A/C.5/71/L.40)

La Mission recevrait, selon la Commission, un budget de 90 000 000  dollars pour une dernière période de six mois, allant du 1er juillet 2017 au 31 décembre 2017, jour de sa clôture.  La Commission rappelle en effet la résolution 2350 (2017) du Conseil de sécurité qui a prorogé le mandat de la Mission jusqu’au 15 octobre 2017.

Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) (A/C.5/71/L.34)

La Commission recommande à l’Assemblée de doter la Mission d’un budget de 40 294 000 dollars.

Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) (A/C.5/71/L.43)

Selon la Commission, la Mission devrait recevoir un budget de 116 954 000 dollars.

Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) (A/C.5/71/L.44)

L’Assemblée devrait doter la Mission d’un budget de 1 120 376 000 dollars.

Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD) (A/C.5/71/L.46)

L’Assemblée devrait doter la Force d’un budget de 61 298 500 dollars.

Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) (A/C.5/71/L.31)

Sur recommandation de la Commission, la Force devrait recevoir un budget de 513 534 300 dollars.

La résolution ayant adoptée par 138 voix pour, 3 voix contre (Canada, États-Unis et Israël) et 2 abstentions (République centrafricaine, République-Unie de Tanzanie), la représentante d’Israël a déploré le traitement « spécial » réservé au budget de cette Force avec laquelle d’ailleurs son pays entretient de bonnes relations.  Mais, a-t-elle dit, Israël s’oppose au libellé de l’alinéa 4 du préambule et des paragraphes 4, 5 et 13 du dispositif.  La représentante a dénoncé « un rituel honteux » consistant à stigmatiser un pays, Israël, et des paragraphes qui visent à politiser la résolution.

Les paragraphes 4, 5 et 13, ont fait l’objet d’un vote séparé, ils ont été adoptés par 87 voix pour, 3 voix contre (Canada, États-Unis, et Israël) et 53 abstentions.  Dans ces paragraphes, la Commission recommande une nouvelle fois à l’Assemblée générale de se déclarer profondément préoccupée par le fait qu’Israël n’a pas respecté ses résolutions, adoptées chaque année depuis le 25 juin 1997 et « soulignant de nouveau qu’Israël est tenu de payer la somme de 1 117 005 dollars correspondant aux dépenses occasionnées par les faits survenus à Cana le 18 avril 1996 ». 

La déléguée des États-Unis a estimé qu’utiliser des résolutions budgétaires pour lancer des accusations contre un État Membre est tout simplement contraire à la procédure.  « C’est pourquoi nous nous sommes opposés aux résolutions antérieures de l’Assemblée sur le même sujet puisqu’elles exigent qu’Israël endosse les coûts découlant de l’incident de Cana en 1996 », a-t-elle dit.  La procédure veut que ce soit le Secrétaire général qui présente et assure le suivi des allégations formulées contre un ou plusieurs États, a-t-elle noté.  La manipulation des résolutions budgétaires ne saurait être acceptée, sans compter qu’elle politise le travail de la Commission, a-t-elle tranché, en demandant que cela soit évité à l’avenir.

Au nom de l’Union européenne, la représentante de Malte, s’est dite préoccupée par l’absence de consensus.  Elle a, à son tour, déploré le recours à des considérations politiques qui explique l’abstention des pays européens.  Tel qu’il est rédigé, le texte n’est pas approprié, a-t-elle insisté, souhaitant qu’à l’avenir les discussions se limitent aux aspects budgétaires.  

Ce texte n’a rien de politique, a souligné le représentant du Liban, qui a rappelé qu’il est plus que logique de demander des dédommagements à Israël pour des dégâts que ses bombardements ont causés.  Il a réitéré l’appui sans faille de son pays à la FINUL et s’est donc inquiété d’une nouvelle réduction du budget.    

Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) (A/C.5/71/L.35)

L’Assemblée est priée de doter la Mission d’un budget de 1 144 964 300 dollars.

Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) (A/C.5/71/L.45)

Selon la recommandation de la Commission, la Mission recevrait un budget de 55 591 200 dollars.

Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) (A/C.5/71/L.36)

La Cinquième Commission recommande à l’Assemblée de doter l’Opération d’un budget maximum de 486 000 000 dollars pour une période de six mois allant du 1er juillet au 31 décembre 2017.

Activités découlant de la résolution 1863 (2009) du Conseil de sécurité́ (A/C.5/71/L.37)

L’Assemblée devrait doter le Bureau des Nations Unies en Somalie d’un budget de 622 193 500 dollars.

Examen de l’efficacité́ du fonctionnement administratif et financier de l’Organisation des Nations Unies (A/C.5/71/L.52)

En adoptant ce texte, la Commission a décidé de reporter à sa prochaine session l’examen d’une dizaine de rapports relatifs à des missions de maintien de la paix clôturées.

Les délégations ont pris note du document A/C.5/71/L.23 qui détaille les montants affectés à chaque mission en distinguant les montants destinés au Compte d’appui et à la Base logistique de Brindisi.  Elles ont aussi pris note du document A/C.5/71/L.24 détaillant par domaine d’activité, les ressources approuvées pour chaque opération de maintien de la paix. 

Déclarations de clôture

« Cette session a été particulièrement intense et difficile », a soufflé la représentante de l’Équateur, au nom du Groupe des 77 et de la Chine.  Elle a toutefois salué le fait que la Cinquième Commission ait été en mesure de terminer ses travaux avant la fin de l’exercice budgétaire, soit le 30 juin 2017.

Depuis le début, a-t-elle ajouté, mon Groupe n’a eu de cesse de réaffirmer sa ferme conviction que le budget du maintien de la paix doit être adéquat pour que les Nations Unies puissent exécuter leur mandat.  « Mon Groupe s’oppose aux exercices arbitraires et transversaux de réduction des coûts sans tenir compte de la situation sur le terrain », a-t-elle déclaré, tout en espérant que les conclusions des « âpres négociations » de ces deux derniers mois permettent au Secrétariat d’accomplir efficacement son travail.

La représentante s’est, par ailleurs, dite satisfaite des progrès réalisés sur la question de l’exploitation et des abus sexuels.  Elle a réaffirmé la nécessité d’harmoniser les efforts de l’Organisation sur cette question, tout en donnant la priorité aux besoins des victimes.  « La politique de tolérance zéro doit s’appliquer à tous de manière équitable, qu’il s’agisse du personnel en uniforme ou du personnel civil », a-t-elle déclaré, s’agissant également du personnel non onusien appartenant à des forces mandatées par le Conseil de sécurité.

Tout en saluant les efforts du Secrétariat, au cours de l’année écoulée, pour faire en sorte que les opérations de maintien de la paix soient davantage axées sur les besoins du terrain, la représentante a invité le Secrétariat à continuer dans cette voie, notamment à tirer pleinement parti du Centre de services régional d’Entebbe.

Elle a enfin regretté que la Cinquième Commission n’ait pas été en mesure de trouver une solution viable à la question du paiement des pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police aux opérations de maintien de la paix fermées. 

« Le consensus auquel nous sommes parvenus durant cette session a été obtenu au prix de concessions douloureuses », a déploré le représentant du Tchad, au nom du Groupe des États d’Afrique, en parlant du budget des opérations de maintien de la paix.  Il s’est dit inquiet de la tendance à réduire systématiquement les ressources.

« Si la tendance qui consiste à faire plus avec moins se poursuit, nous n’aurons plus rien pour mettre en œuvre les mandats », s’est-il inquiété, ajoutant qu’il était impératif d’adopter une approche nouvelle concernant le Compte d’appui afin de préserver ses lignes budgétaires.  Le représentant a ainsi estimé que « les coupes budgétaires transversales et substantielles » décidées lors de cette session étaient susceptibles de « mettre en péril l’exécution des mandats » des opérations de maintien de la paix et de « saper la crédibilité » de l’Organisation.

Le représentant a reconnu que la baisse du budget des opérations était aussi due à la clôture de certaines missions, dont l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL).  Il a rappelé que, suite à la décision d’autoriser des dépenses pour une période de 6 mois à l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), le budget des opérations de maintien de la paix pour 2017-2018 sera de 6,8 milliards de dollars.  Le représentant a jugé important que la décision concernant la MINUAD soit exceptionnelle et ne crée pas de précédent.

La décision de la Cinquième Commission de « réduire de manière significative » les budgets de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) et du Bureau d’appui des Nations Unies en Somalie (BANUS), a par ailleurs souligné le représentant, « pourrait être sujette à des exigences supplémentaires s’il est estimé que le déploiement des troupes doit être pris en compte ».

Le représentant a par ailleurs souligné que « tout passif susceptible de faire surface après la clôture de l’ONUCI devra être couvert par le Secrétariat, au moyen de mécanismes existants et avec le concours du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) ». 

S’exprimant dans une déclaration très brève, au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), le représentant d’El Salvador a réaffirmé la volonté de la CELAC de continuer à travailler « de manière constructive » pour que l’ONU dispose des ressources nécessaires à l’accomplissement de ses mandats et continue d’être « un  organe mondial contribuant au développement de tous les peuples ».

Le représentant a par ailleurs salué l’ensemble des délégations pour avoir fait preuve d’ouverture durant cette session.  « Alors que les divergences de vues étaient importantes, toutes les délégations se sont efforcées de parvenir à un consensus ».  Cela a été difficile, mais nous y sommes parvenus, a déclaré le délégué, tout en espérant que les décisions prises durant cette session n’aient pas de conséquences négatives sur la capacité du Secrétariat à s’acquitter de son mandat sur le terrain.

« Les membres de l’Union européenne attachent une grande importance aux opérations de maintien de la paix, en tant que l’une des principales responsabilités de l’Organisation », a déclaré la représentante de l’Union européenne, tout en rappelant également l’attachement de l’Union au partenariat entre le Secrétariat de l’ONU, les pays fournisseurs de contingents, les pays hôtes et les argentiers des opérations de maintien de la paix.

« Nous sommes convaincus que la Cinquième Commission a un rôle important à jouer pour faire en sorte que les mandats soient accomplis de la manière la plus efficace possible », a poursuivi la représentante, ajoutant que la Commission était un facteur de réussite clef pour l’architecture de paix des Nations Unies. 

« Cependant, son rôle n’inclue pas la formulation des mandats et nous devons respecter cette limite », a-t-elle ajouté, appelant à toujours baser les décisions sur la nécessité d’agir « dans l’intérêt de l’efficacité des opérations et du mandat de maintien de la paix dans son ensemble ».

Dans ce cadre, la représentante a estimé que les opérations de maintien de la paix devaient être en mesure « d’utiliser des technologies modernes et l’innovation », « d’agir dans le respect des normes environnementales les plus élevées » et « d’être aussi adaptables que possible ». 

Pour ces raisons, elle a regretté que la Commission n’ait pas été en mesure de parvenir à un consensus sur les questions transversales.  « Nous reconnaissons, en revanche, l’importance de l’accord sur les mesures spéciales pour prévenir l’exploitation et les abus sexuels », a-t-elle ajouté, appelant à agir pour faire en sorte que l’image de l’ONU ne soit pas ternie par quelque forme de mauvaise conduite que ce soit.

Une fois encore, a regretté la représentante, la Commission n’a pas été en mesure de finir ses travaux dans les délais impartis.  Elle a estimé qu’un délai de quatre semaines n’était pas suffisant pour traiter des questions complexes dont est saisie la Commission.  La représentante a par conséquent appelé à faire en sorte que la deuxième reprise de session commence au début du mois de mai, dans le but d’achever les travaux, « sans faute », à la mi-juin « au plus tard ».

Son homologue du Japon a souligné que son pays avait participé « de manière constructive » aux travaux de la Cinquième Commission, « en faisant preuve de la souplesse nécessaire » pour parvenir à un consensus.  Tout en reconnaissant les positions divergentes entre les États Membres, il a salué le fait que « les diplomates de la Cinquième » aient été en mesure de « trouver des solutions créatives » pour surmonter les obstacles.

Regrettant le fait que la Commission n’ait pu adopter que deux résolutions sur les questions transversales, le représentant a appelé le Secrétariat à « faire preuve de prudence dans l’utilisation des ressources ».  « La prudence et la discipline budgétaire » sont nécessaires, a-t-il ajouté, pour « améliorer la responsabilité et l’efficacité » des opérations de maintien de la paix. 

« C’est aussi valable pour le budget ordinaire », a déclaré le représentant, tout en annonçant son intention de « passer au crible toutes les demandes du Secrétariat ».

Le représentant du Mexique a mis en garde contre les coupes « transversales et arbitraires contreproductives », qui risquent d’avoir des conséquences négatives sur l’exécution des mandats.  Il a espéré que la tendance aux coupes budgétaires s’appliquera également aux missions politiques spéciales qui, selon lui, « disposent parfois de moyens disproportionnés ».  Le représentant a estimé que certaines ressources allouées à ces missions devraient être réaffectées aux opérations de maintien de la paix. 

« Nous ne pouvons remettre éternellement la question de l’indemnisation des victimes du choléra en Haïti », a par ailleurs déclaré le représentant.  Il a espéré que la nouvelle mission de l’ONU, la MINUJUSTH sera un exemple en transition de l’aide humanitaire au développement économique.  Il s’est en outre félicité de ce que la Cinquième Commission ait adopté un projet de résolution sur la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels.  Il a enfin appelé à un calendrier précis des initiatives de réforme, en insistant sur la nécessité d’un « diagnostic pour bien saisir toute l’ampleur des problèmes ».

Le représentant de la Chine s’est félicité de la « meilleure transparence » et de « l’efficacité améliorée » de la Cinquième Commission.  Il a estimé que le budget des opérations de maintien de la paix ne devait pas seulement permettre le bon fonctionnement des missions, mais s’assurer également de l’utilisation la plus efficace des moyens.  Le représentant a jugé indispensable que l’élaboration des mandats des missions et le processus d’allocation budgétaire tiennent compte de la souveraineté, ainsi que des attentes et des besoins des pays hôtes.  

« Les opérations des Nations Unies contribuent de manière significative au maintien de la paix et de la sécurité internationales », a déclaré la représentante des États-Unis, exprimant sa gratitude à l’ensemble du personnel déployé sur le terrain.  Elle a également rendu hommage aux soldats de la paix ayant trouvé la mort dans l’exercice de leurs fonctions.

La représente a salué le consensus auquel la Cinquième Commission est parvenu, en approuvant le budget 2017-2018 pour le financement des missions de maintien de la paix de l’Organisation.  Ce budget, a-t-elle estimé, permettra de financer ces opérations et de leur apporter un appui technique afin qu’elles puissent s’acquitter de leurs mandats, « tout en réalisant parallèlement des gains d’efficacité ».  Il est de notre devoir « d’examiner minutieusement » les demandes dont nous sommes saisis, afin de nous assurer que les budgets « correspondent aux besoins réels », « dérivent d’hypothèses de planification réalistes » et « reflètent les gains d'efficacité du changement en cours ».

« Nous avons pris note du fait que plusieurs opérations de maintien de la paix créées il y a longtemps étaient mûres pour un changement », a par ailleurs déclaré la représentante.  Elle a ainsi estimé que la réduction de 7,5% du budget 2017-2018 par rapport au précédent reflétait de manière appropriée la réduction des personnels en uniforme sur le terrain; la clôture de l’Opération en Côte d’Ivoire et de la Mission en Haïti; et la réduction des effectifs de la Mission au Libéria.

La représentante du Paraguay a réaffirmé l’attachement de son pays à « la mise en œuvre efficace des mandats complexes ».  Il est « fondamental de fournir les ressources suffisantes » et « adaptées aux besoins réels » sur le terrain pour que les opérations de maintien de la paix soient en mesure d’accomplir leurs mandats.

La représentante de Cuba a dit partager les préoccupations exprimées par le Groupe des États d’Afrique concernant le budget des opérations de maintien de la paix.  « Il faut aller au-delà des discours, des communiqués de presse et des déclarations sur les réseaux sociaux, qui semblent parfois ignorer le fonctionnement de cette Organisation », a-t-il déclaré.  Selon lui, allouer les ressources suffisantes aux opérations de maintien de la paix est « justement ce qui permet de passer aux actions concrètes ». 

Le représentant cubain s’est ainsi dit préoccupé par les coupes budgétaires décidées cette année.  « Mais ce qui me préoccupe le plus, ce sont les coupes dont nous avons empêché l’adoption », a-t-il ajouté.  Il s’est également inquiété du fait que la Cinquième Commission puisse s’arroger le droit de « prendre des décisions budgétaires qui préjugent du mandat à venir d’une opération de maintien de la paix ». 

Regrettant la « tendance systématique » à réduire les budgets, le représentant a déclaré: « On peut toujours essayer de faire plus avec moins, mais si nous n’avons plus rien du tout, nous n’irons nulle part ».

Le représentant de l’Angola a tenu à rendre hommage à la première femme Présidente de la Cinquième Commission.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.