L’autonomisation des femmes et le lien avec le développement durable au cœur du débat ministériel de la soixantième session de la Commission de la condition de la femme

FEM/2069
15 mars 2016
Soixantième session, 4e, 5e & 6e séances - matin, après-midi & soir

L’autonomisation des femmes et le lien avec le développement durable au cœur du débat ministériel de la soixantième session de la Commission de la condition de la femme

Au deuxième jour du débat général de la Commission de la condition de la femme, une centaine de ministres ont abordé les principales questions découlant du thème prioritaire de cette session, à savoir l’autonomisation des femmes et le lien avec le développement durable.

À l’heure où les États Membres définissent des stratégies nationales pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030, les intervenants, en grande majorité des femmes, ont évoqué l’avenir de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles dans ce cadre.

La Commission a ouvert hier sa soixantième session consacrée à la suite donnée à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes de 1995 et à l’application de la Déclaration et du Programme d’Action de Beijing.

Les délégations ont profité de cette mobilisation pour réaffirmer l’engagement politique de leur pays en faveur des droits fondamentaux des femmes.  Elles ont été nombreuses à plaider en faveur de l’intégration systématique de la parité des sexes dans l’ensemble des objectifs de développement durable. 

« Exploiter pleinement le potentiel des femmes est critique pour réaliser le développement durable », a résumé la Ministre de l’égalité des sexes et de la famille de la République de Corée.

Les pays ont fait état des progrès réalisés à tous les niveaux et des obstacles restant à surmonter.  Ainsi, la Ministre des femmes et des populations vulnérables du Pérou a-t-elle indiqué que les cibles en matière d’égalité hommes-femmes qui figurent dans tous les objectifs de développement durable « trouvent leur écho » dans les mesures prises dans son pays. 

Depuis 2010, le Viet Nam a adopté 40 lois sur l’intégration de la perspective sexospécifique, a rappelé la Ministre du travail, des invalides et des affaires sociales et Présidente de la Commission nationale pour la promotion de la femme vietnamienne.  En matière d’autonomisation économique, la Secrétaire d’État au travail des Philippines a indiqué que, dans son pays, deux travailleurs sur cinq sont des femmes, soit 40% de la population active.  Pour combler les inégalités salariales, le Gouvernement a entrepris de lever l’interdiction de travail de nuit pour les femmes, qui forment 55,4% de la population active dans le secteur de la sous-traitance privée. 

Pour sa part, le Gouvernement de la Mongolie s’efforce d’éliminer la pauvreté par un système de couverture sanitaire universelle, l’accès à la sécurité sociale et l’égalité salariale, a déclaré le Ministre de la population et de la protection sociale de ce pays.  La promotion de l’égalité des sexes reste une priorité de son gouvernement, a également assuré le Ministre des droits de l’homme, de l’égalité des chances et de la législation de la République tchèque.  Le taux d’emploi des femmes a augmenté et le fossé en matière de salaires se rétrécit.  Dans le même ordre d’idées, le Ministre de la protection sociale de l’Estonie a indiqué que son gouvernement s’efforçait de réduire l’écart salarial entre les hommes et les femmes, et de multiplier les opportunités dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC).

Par ailleurs, plusieurs responsables ont exposé les mesures prises chez eux pour tenter d’éliminer et de prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles.  C’est le cas du Mozambique qui a adopté une stratégie de lutte contre les mariages précoces. 

Le Ministre du travail et de l’intérieur du Botswana, parlant au nom des États membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a relevé que les femmes exposées à la violence conjugale ont 1,5 fois plus de chances d’être infectées par le VIH/sida et par d’autres maladies sexuellement transmissibles.  Il a souligné à ce propos les effets positifs de la scolarisation des filles en ce qu’elle permet de les sensibiliser à la santé reproductive.

Pour sa part, le Costa Rica a enregistré des progrès dans la lutte contre les violences conjugales, la traite et l’exploitation sexuelle.  Pour la Ministre de la condition féminine du pays, il faut combattre « la normalisation de la violence sexuelle », notamment la grossesse chez les adolescentes.  Le Brésil a pénalisé le meurtre sexiste, imposé des peines plus dures et lancé un programme intitulé « Les femmes à l’abri de la violence », doté de 27 centres dans le pays, s’est félicitée la Secrétaire des politiques pour le travail et l’autonomie économique des femmes de ce pays.

La Ministre de la condition féminine du Canada a annoncé l’élaboration d’une stratégie fédérale intégrée pour mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles, notamment autochtones.

« Aucune tradition, culture, coutume, religion ne peut justifier un fait de violence, une discrimination à l’égard d’une femme », a insisté le Ministre des travaux publics, de la santé et de l’action sociale de la Belgique.

Comme lui, d’autres ministres ont condamné les crimes de l’État islamique à l’égard des femmes.  Cinq ans après le début de la crise syrienne, la Jordanie accueille plus de 3,1 millions de Syriens, soit plus de 20% de la population civile, ce qui pèse sur la capacité du Royaume à prendre les mesures nécessaires pour promouvoir les droits des femmes et rend l’assistance de la communauté internationale indispensable, a souligné la Ministre du développement social.

Les dignitaires du Mali et de la Côte d’Ivoire ont aussi indiqué que leurs pays ne reculeraient pas face au terrorisme.

S’agissant des abus commis par Boko Haram au Nigéria, notamment l’enlèvement de plus de 200 écolières à Chibok, la Ministre des affaires féminines et du développement social de ce pays a dit que le Gouvernement avait intensifié ses efforts pour les trouver et les faire rentrer chez elles.

Le débat d’aujourd’hui s’est articulé autour de tables rondes ministérielles ou d’autres dialogues interactifs de haut niveau parallèles.

La Commission de la condition de la femme poursuivra demain son débat à partir de 10 heures.

SUITE DONNÉE À LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET À LA VINGT-TROISIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »

Suite du débat général

M. EDWIN BATSHU, Ministre du travail et de l’intérieur du Botswana, parlant au nom des États membres la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a réaffirmé l’engagement de ces États en faveur de la pleine mise en application de tous les objectifs de développement agréés internationalement, y compris les objectifs de développement durable et le cinquième d’entre eux sur l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes.  Il a indiqué que le Protocole de la SADC sur le genre et le développement avait été revu pour être aligné sur les objectifs de développement durable, l’Examen Beijing + 20 et le Programme 2063 de l’Union africaine.

Depuis 1999, la SADC parraine la résolution sur les femmes, les filles et le VIH/sida, a-t-il ajouté.  Il s’est inquiété en particulier du fait que les nouvelles infections au VIH touchent surtout les jeunes femmes et les filles de l’Afrique de l’Est et du Sud.  Ainsi, en Afrique subsaharienne, 59% des personnes vivant avec le VIH sont des femmes. 

Il a aussi relevé que les femmes exposées à la violence conjugale ont 1,5 fois plus de chances d’être infectées par le VIH et par d’autres maladies sexuellement transmissibles.  Il a fait remarquer à ce propos les effets positifs de la scolarisation des filles en ce qu’elle permet de les sensibiliser à la santé reproductive.  Il a mis l’accent sur l’information dans ce domaine, l’autonomisation économique et la lutte contre la violence contre les femmes, sans oublier le financement pour soutenir ces mesures.

Mme DELILAH GORE, Ministre de la religion, de la jeunesse et du développement communautaire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, s’exprimant au nom du Forum des îles du Pacifique, a estimé que l’égalité des sexes et l’éradication de la pauvreté restaient des travaux inachevés dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Elle a espéré que les objectifs de développement durable auraient alors un effet positif sur les vies des femmes et des filles.  Pour le Forum des îles du Pacifique, il est urgent de s’atteler aux priorités en termes d’égalité des genres et d’autonomisation identifiées dans les Orientations de Samoa.  Elle a salué les efforts menés sur les plans national et régional pour renforcer les mesures prises dans ces domaines, tant dans le secteur public que le secteur privé. 

Dans la majorité des pays de la région du Pacifique, des progrès importants ont été réalisés en termes de parité dans l’éducation primaire, a indiqué la Ministre avant de signaler aussi que les dirigeants de ces pays ont mis l’accent sur l’autonomisation économique des femmes, leur participation aux prises de décisions et leur santé.  Ce mois-ci, mais pour la première fois, une femme a été élue Présidente des Îles Marshall, a-t-elle indiqué en se réjouissant également de l’augmentation du nombre de femmes membres de parlements dans plusieurs pays de la région: il y en a trois en Papouasie-Nouvelle-Guinée et cinq à Samoa. 

Passant à la question des changements climatiques, la Ministre a rappelé l’importance de la lutte contre ses effets négatifs pour les pays de sa région.  Étant donné que les femmes en subissent davantage les conséquences, elles doivent être intégrées au processus de prise de décisions dans ce domaine.  Cela exige de lutter encore plus contre les inégalités, les discriminations et la pauvreté.  Le Forum des îles du Pacifique estime qu’il faut renforcer les systèmes et les capacités institutionnels, notamment pour la collecte et l’analyse de données ventilées par sexe. 

Il faut également investir dans des partenariats efficaces entre les gouvernements, les organisations de la société civile, le secteur privé et les organisations caritatives, afin de prévenir la violence et toutes les formes de discrimination.  La Ministre a également plaidé pour la mobilisation de ressources suffisantes afin de soutenir ses programmes, ainsi que pour le renforcement de la responsabilisation.

Mme PATRICIA HAJDU, Ministre de la condition féminine du Canada, a déclaré que son pays allait se porter candidat en vue de siéger à la Commission de la condition de la femme pour le mandat de 2017 à 2021.  Pour le Canada, a-t-elle dit, « la question de l’égalité entre les sexes ne concerne pas uniquement les droits de la personne: elle constitue une composante essentielle de la justice sociale, de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».  Le Canada continuera à montrer la voie en intégrant le principe de l’égalité entre les sexes et dans ses programmes d’aide humanitaire au développement international.

Dans le cadre de son mandat, a expliqué la Ministre, elle collabore avec des experts, des organismes communautaires ainsi que les gouvernements des provinces et territoires du Canada à l’élaboration d’une stratégie fédérale intégrée pour mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles, ainsi que pour améliorer la protection et les services offerts aux survivantes de violences.  « Nous avons amorcé une enquête pour faire la lumière sur le nombre élevé de femmes et filles autochtones disparues et assassinées à l’échelle nationale », a-t-elle précisé. 

Mme Hadju a également appuyé le mouvement international visant à éliminer les mariages précoces et forcés dans le monde.  Enfin, a-t-elle conclu, « outiller pour l’égalité, cela veut dire créer une société où les apports et les capacités des femmes sont valorisés; c’est créer les conditions pour que les femmes puissent choisir ».   

Mme BASSIMA HAKKAOUI, Ministre de la solidarité, des femmes, de la famille et du développement social du Maroc, a dit que le pays avait consacré le principe de l’égalité des sexes dans la législation nationale pour permettre aux femmes de réaliser le développement durable tout en éliminant les obstacles rencontrés.Le Gouvernement a adopté un plan de l’égalité, de 2012 à 2016, jetant les bases de l’intégration des femmes dans la politique.Ce plan comporte 8 domaines et 24 objectifs, et est doté de mécanismes de coordination des activités gouvernementales dans le domaine de l’autonomisation des femmes.

« Nous entamons actuellement la deuxième phase du plan notamment avec la création d’une agence de surveillance des discriminations et de la violence sur les femmes, a ajouté la Ministre.En outre, une loi est en préparation pour garantir l’autonomisation des femmes, de même qu’un fonds de solidarité des familles en vue d’aider les femmes divorcées avec enfants et les veuves.

Mme MARIA FILOMENA DELGADO, Ministre de la famille et de la promotion des femmes de l’Angola, a indiqué que l’Union africaine continuait à mettre en œuvre la « Décennie des femmes africaines » et que, dans ce cadre, beaucoup de pays africains avaient accompli des grands progrès pour améliorer la situation des femmes et des filles.  Son pays, par exemple, a adopté des politiques visant l’égalité des sexes, ainsi que l’autonomisation des femmes dans les domaines politique, social, économique et culturel.  Elle a cité en particulier la loi contre la violence domestique qui date du 14 juillet dernier, ainsi que le plan de lutte contre cette violence récemment approuvé par le Président.  D’autres lois visent l’amélioration de l’éducation et l’autonomisation économique par l’entreprenariat.

En outre, la Ministre a mentionné les progrès réalisés par son pays dans la participation politique des femmes qui occupent désormais 38% des sièges du Parlement et 23% des postes ministériels.  Le taux de scolarisation est actuellement de 84,6% dans les zones urbaines et de 72,2% dans les zones rurales, a-t-elle ajouté avant de mentionner une loi de protection et de développement de l’enfance récemment adoptée.

En ce qui concerne les filles, elles bénéficient d’une protection particulière afin de prévenir les abus sexuels et la violence à leur encontre, notamment pour éviter la transmission de maladies sexuellement transmissibles.  S’agissant de la violence domestique, elle a signalé le lancement d’une ligne téléphonique qui permet de dénoncer ce genre de crime, ainsi que la construction d’abris et de centres de conseils pour les familles.  La Ministre a ensuite fait valoir les efforts de son pays pour renforcer le nombre de femmes entrepreneurs qui sont au nombre de 5 000 en 2015.  Elle a également vanté les mérites d’un programme de lutte contre la pauvreté qui bénéficie à 65 778 familles.

Mme ANJA KOPAC MRAK, Ministre du travail, de la famille, des affaires sociales et de l’égalité des chances de la Slovénie, a relevé les liens forts qui existent entre le Programme d’action de Beijing et le Programme de développement durable à l’horizon 2030, avant d’expliquer comment son pays traduisait en mesures concrètes les engagements pris dans le cadre de ces programmes.  Ainsi, la Slovénie a amélioré la coordination de ses politiques et la prise en compte de la dimension genre dans tous les secteurs, en coopérant davantage avec les organisations de la société civile.  Un nouvel organe consultatif sur ces questions a en outre été créé au sein du ministère.  « Nous avons également renforcé le réseau de coordonnateurs sur la question de l’égalité des sexes aux niveaux national et local », a-t-elle dit.  L’an dernier, a-t-elle poursuivi, la Slovénie a adopté un nouveau programme sur l’égalité des sexes pour la période 2015-2020.  Son pays a accompli de grands progrès dans la représentation des femmes, celles-ci représentant désormais 35,6% des membres du Parlement, tandis que les ministères ont atteint la parité.  Le prochain objectif est d’atteindre cette parité au niveau des conseils d’administration des entreprises.  En matière de santé reproductive et sexuelle, et d’autonomisation des filles et des femmes, la Slovénie s’est engagée à offrir un accès universel à ces services de santé, grâce à une bonne information et à une bonne éducation dans ce domaine.  La Ministre a également expliqué que son pays luttait contre la violence à l’encontre des femmes et des filles, notamment dans le cadre de la convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe.  Elle a enfin abordé une question qui émerge: la réponse politique à la crise des réfugiés et des migrants qui sont plus exposés aux risques de violence sexuelle et sexiste.  Ainsi, une attention particulière est accordée aux femmes et aux filles victimes de mariage précoce ou forcé.

Mme LYDIA MUTSCH, Ministre de l’égalité des chances du Luxembourg, a déclaré que la force du Programme de développement durable à l’horizon 2030 résidait dans son universalité.  Il requiert notre engagement à la fois sur le plan national et régional que sur le plan international.  Aussi, le Gouvernement luxembourgeois s’est-il fixé plusieurs priorités.  Sur le plan national, il s’agit de l’instauration de quotas régionaux en matière de prise de décisions politiques et le respect de quotas volontaires en matière de prise de décisions économiques, de la lutte contre les stéréotypes liés en genre et en particulier la représentation souvent sexiste des femmes dans l’espace public. 

Le Luxembourg a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité et va ratifier la Convention dite d’Istanbul du Conseil de l’Europe.  En matière de coopération internationale, le Luxembourg octroie depuis 2009, 1% de son revenu national brut à l’aide publique au développement et reste un contributeur significatif aux budgets des agences onusiennes, notamment d’ONU-Femmes.

M. YOJI MUTO, Ministre d’État des affaires étrangères du Japon, a reconnu que 2016 était « une année centrale alors que nous entamons la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 » qui reconnaît la nécessité de garantir la parité hommes-femmes.  Pour sa part, le Japon s’attaque à divers obstacles qui sapent l’épanouissement des femmes.  En décembre dernier, un plan quinquennal spécifique sur la participation de la femme a ainsi été adopté.

M. Muto a mis l’accent sur la contribution de femmes à la résolution des conflits et à la consolidation de la paix, de même que sur leur rôle au service du développement, « un principe clef qui guidera son aide humanitaire publique au développement (ADP)».  Le Japon a prévu de débourser 42 milliards de yens pendant les trois prochaines années, en partenariat notamment avec ONU-Femmes.

Mme MARCELA HUAITA ALEGRE, Ministre des femmes et des populations vulnérables du Pérou, a indiqué que « les cibles en matière d’égalité hommes-femmes qui figurent dans tous les objectifs de développement durable trouvent leur écho dans les mesures prises au Pérou ».  Ainsi, les femmes sont-elles considérées comme des agents du développement qui peuvent rompre le cycle de la pauvreté intergénérationnelle, notamment via le programme financier « Juntos ».  Les femmes jouent aussi un rôle important dans l’accès à une alimentation saine, notamment dans les cantines populaires. 

Le Pérou est « le premier pays d’Amérique du Sud à avoir élaboré un plan d’action égalité hommes-femmes et changements climatiques », s’est enorgueillie Mme Huaita Alegre.  Le Gouvernement a mis sur pied des politiques intersectorielles pour promouvoir l’autonomisation économique des femmes et le Parlement a adopté une loi qui prend en compte les tâches au foyer non rémunérées. 

Mme GILA GAMLIEL, Ministre de l’égalité sociale d’Israël, a dit que le message d’égalité, d’opportunités et d’autonomisation entendu aujourd’hui devrait nous conduire à l’action et à un changement réel pour les femmes et les filles partout dans le monde.  Elle a indiqué avoir créé un plan pour que chaque ministère soumette un budget tenant en compte l’égalité des sexes.  Il faut rétablir l’équilibre, a-t-elle dit, précisant que devait commencer sur le lieu de travail.

« En donnant aux femmes des opportunités, des possibilités et des moyens sur le lieu de travail, nous allons promouvoir l’égalité des sexes par l’autonomisation économique », a souligné la Ministre.  La Ministre a espéré voir plus de femmes arabes en Israël impliquées dans la société, les lieux de travail et les universités.  Elle a ajouté que dans le monde, les vies de millions de femmes étaient perturbées par les conflits.  Elles sont souvent les premières victimes de la guerre et beaucoup d’entre elles sont privées des ressources de base. 

Les femmes ne peuvent plus permettre de laisser aux hommes le soin de régler les questions relatives à la paix ou la guerre en leur nom.  Si on leur donne l’opportunité de prendre part au règlement des conflits, les femmes apporteront un avenir sûr et durable, a également dit la Ministre.   

M. WOJCIECH KACZMARCZYK, Ministre du traitement égal et de la société civile de Pologne, a déclaré qu’il existait un besoin constant de libérer les femmes de la pression économique et sociale lorsqu’elles décident pour leur vie et leur activité.  Les femmes doivent avoir un accès égal aux compétences, aux connaissances et à la créativité et avoir une influence égale sur la politique. 

La Pologne participe activement à des initiatives de promotion et de protection des droits des femmes du système des Nations Unies, de l’Union européenne et d’autres organisations régionales et internationales comme le Conseil de l’Europe ou l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).  Le Ministre a ajouté que les femmes polonaises étaient devenues plus visibles et actives dans tous les domaines de la vie publique, l’économie et la politique.  La Pologne a fait un travail formidable pour faire en sorte que le principe du traitement égal soit reflété dans le code électoral, la loi sur les étrangers et le code de travail.

« Exploiter pleinement le potentiel des femmes est critique pour réaliser le développement durable », a reconnu Mme EUN-HEE KANG, Ministre de l’égalité des sexes et de la famille de la République de Corée, rappelant que son pays avait servi au sein de la Commission.  La Corée travaille au renforcement des capacités des petites filles à travers divers programmes, puis à l’université, et à travers des services de formation, des centres d’emploi et un appui à l’entreprenariat. 

L’accent a été récemment mis sur le congé paternité et « toutes les entreprises doivent mettre en place des politiques favorables aux familles d’ici à 2030 », a précisé la Ministre.  De plus, la Corée a promis 200 millions de dollars pour appuyer la cause de l’éducation dans le monde.

M. AL NUAIMI, Ministre du Qatar, soulignant que « les femmes occupent un rôle pivot dans la société », a fait remarquer que son pays avait adopté des lois qui consacrent le principe d’égalité entre tous les citoyens.  Un plan national à l’horizon 2030 souligne l’importance de la participation des femmes à la vie politique et dans les domaines de l’éducation, de la santé et du travail.  Des agences ont été créées pour sensibiliser le public aux droits des femmes, y compris les femmes handicapées.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié un rapport selon lequel le Qatar arrive en première position parmi les pays arabes sur la question de la parité, s’est félicité le Ministre.  Pas moins de 14,4% de son PIB est consacré à l’éducation.  Le Qatar apporte aussi une aide aux femmes dans les conflits, notamment les femmes palestiniennes à Gaza « qui doivent pouvoir jouir de leur droit à un État souverain ».

Mme EYGLO HARDARDOTTIR, Ministre des affaires sociales et du logement de l’Islande, a déclaré que les femmes composaient la moitié de l’humanité et que pour réaliser les engagements du Programme de développement durable à l’horizon 2030, il serait nécessaire pour tous les États Membres et d’autres parties prenantes de se concentrer sur l’égalité des sexes et de garantir l’intégration systématique de l’égalité des sexes dans sa mise en œuvre. 

Le Programme de développement durable devrait être vu à la lumière des autres engagements des États Membres notamment dans le cadre du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes et d’autres traités sur les droits de l’homme, et la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, a exhorté la Ministre qui a appelé les États Membres qui ne l’ont pas encore fait, à ratifier la Convention pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.

Les femmes ne vont pas attendre pendant 117 ans pour l’égalité des sexes qui est selon le Forum économique mondial le temps que nous aurons à attendre si nous continuons à la vitesse actuelle, a rappelé la Ministre.  Lorsque nous mettons ensemble toutes nos ressources, nous pourrions parvenir à l’égalité des sexes en 2030, a-t-elle estimé.  La Commission de la condition de la femme devait jouer un rôle dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  « Mais nous devons faire en sorte de ne pas réduire le rôle de la Commission uniquement au niveau de ce programme », a-t-elle mis en garde. 

La Commission continue d’avoir un rôle de chef de file dans la surveillance et l’accélération de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing et dans l’intégration de la perspective « genre » dans toutes les activités des Nations Unies.  La Ministre a ensuite fait part des mesures prises par son pays pour l’élimination et la prévention de toutes les formes de violence contre les femmes et les filles en Islande. 

Mme GABRIELE HEINISCH-HOSEK, Ministre fédérale de l’éducation et des femmes de l’Autriche, s’est dit convaincue que l’autonomisation des femmes et des filles était un facteur déterminant pour le succès de la mise en œuvre de tout le Programme de développement durable à l’horizon 2030, ce qui nécessite de travailler étroitement avec les partenaires de la société civile, les experts et les partenaires sociaux.  Je suis convaincue qu’il nous faut également intégrer les jeunes générations à tous les stades de la mise en œuvre de ce processus, a-t-elle ajouté.

En ce qui concerne les mesures prises par l’Autriche, la Ministre a expliqué s’être attaquée aux stéréotypes afin de permettre aux filles de faire des choix de carrière plus divers.  Elle a également parlé des mesures prises pour assurer l’égalité des femmes face aux ressources économiques.  Ainsi, l’Autriche continue à mettre en avant son Plan d’action national sur l’égalité des sexes et le marché du travail, afin d’éliminer les disparités dans ce domaine.  Parallèlement, a-t-elle noté, il faut augmenter la participation des hommes et des pères aux tâches et aux soins domestiques non payés.

Dans le domaine de la santé, les politiques et les stratégies autrichiennes ont déjà pris en compte la dimension du genre, a assuré la Ministre.  Il faut maintenant améliorer la santé des femmes migrantes ainsi que les droits et la santé sexuelle et reproductive.  Par ailleurs, un plan d’action national complet sur la protection des femmes contre la violence a été adopté par le Gouvernement autrichien en 2014.  Une loi pénale est également entrée en vigueur au début de 2016 pour punir le cyberbullying, cette nouvelle forme de violence qui favorise le harcèlement des femmes.  Un autre objectif est maintenant d’améliorer l’accès à la justice pour les victimes de mariage forcé et de mutilations génitales féminines.

Mme CIDALIA MANUEL CHAUQUA OLIVEIRA, Ministre du genre, des enfants et de l’action sociale du Mozambique, a souligné que son pays avait renforcé l’accès des femmes aux soins de santé.  Le Premier Ministre, le Président du Parlement et le Procureur général sont des femmes.  Le cadre juridique met l’accent sur la parité hommes-femmes, notamment en ce qui concerne les droits de succession et d’accès à la propriété des terres.

Le Mozambique, a poursuivi la Ministre, a développé des outils de budgétisation et de planification qui tiennent compte de la parité hommes-femmes, et créé un fonds de développement agricole qui accorde des conditions préférentielles aux femmes entrepreneurs.  En outre, le Gouvernement a fait de l’éducation primaire des filles une priorité et a adopté une stratégie de lutte contre les mariages précoces. 

Mme SUSAN SHABANGU, Ministre des femmes d’Afrique du Sud, a déclaré que son pays garantissait la parité et l’égalité entre les femmes et les hommes.  « Nous nous sommes dotés d’un plan de développement national qui respecte le Programme de développement durable à l’horizon 2030 », a-t-elle dit.  La Ministre a ajouté que son gouvernement voulait transformer les relations des femmes avec les hommes et les institutions. 

Il a créé un environnement propice pour permettre aux femmes de participer à la vie publique et aussi dans les entreprises.  Le Gouvernement reste attaché à son engagement pour l’élimination de toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles.  À cet égard, le Gouvernement a accueilli la visite du Rapporteur spécial sur la violence contre les femmes, ses causes et conséquences en décembre 2015.  L’Afrique du Sud appuie l’appel pour la réforme des Nations Unies en particulier la nomination d’une Secrétaire générale femme.

« Nous sommes à une étape où les femmes font valoir leurs droits et bénéficient de l’égalité des chances », a déclaré Mme HALA MOHAMMED JABER AL ANSARI, Secrétaire générale du Conseil suprême pour les femmes du Bahreïn.  Son pays, a-t-elle expliqué, « a élaboré un programme pour supprimer les obstacles que rencontrent les femmes ».  Le Conseil suprême fournit les infrastructures nécessaires, notamment des services de conseil pour aider celles qui rentrent sur le marché du travail, en leur fournissant des prêts à taux réduit, et une assistance familiale juridique gratuite.

Les procédures des tribunaux de la Charia ont été modifiées, a ajouté la Ministre.  Il est maintenant permis aux femmes mariées à des étrangers d’avoir accès à des aides sociales et aux enfants nés de mères du Bahreïn d’obtenir leur nationalité.  De plus, la législation du travail a été amendée et il est permis aux veuves et femmes divorcées d’avoir accès à des logements.  Elle a cependant reconnu qu’il restait un certain nombre de défis à relever et compté sur l’appui des agences de l’ONU. 

Mme EUPHRASIE KOUASSI YAO, Ministre de la promotion de la femme, de la famille et de la protection de l’enfant de la Côte d’Ivoire, a indiqué que son pays s’était doté en 2012 d’une nouvelle loi sur le mariage qui permet aux femmes mariées et responsables de familles de bénéficier au même titre que les hommes de la réduction de l’impôt général sur le revenu.  Une loi adoptée en 2015 rend obligatoire la scolarisation de tous les enfants, filles et garçons âgés de 6 à 16 ans. 

De plus, le Fonds d’appui aux femmes de la Côte d’Ivoire permet à 110 000 femmes de réaliser des activités génératrices de revenus.  Le 2 mars dernier, le Gouvernement a adopté en Conseil des ministres le programme « Compendium des compétences féminines de Côte d’Ivoire » (COCOFCI) afin de renforcer la visibilité, la participation et le leadership des femmes dans la gestion des affaires publiques et privées.  

Par ailleurs, a assuré Mme Kouassi Yao, « l’augmentation du nombre de femmes dans des secteurs d’activité longtemps demeurés la chasse gardés des hommes se poursuit ».  Pour mieux conduire les changements, des structures récemment créées, comme le Conseil national de la femme et l’Observatoire national de l’équité et du genre verront leur rôle renforcé.  D’autre part, la Côte d’Ivoire a inscrit la promotion des droits des femmes et des jeunes au nombre des cinq priorités de son action gouvernementale pour la période 2016-2020.  Le pays est toutefois conscient qu’il devra encore relever un ensemble de défis en vue d’éliminer toutes les formes de discrimination entre les sexes. 

Mme SOLVEIG HORNE, Ministre des enfants, de l’égalité et de l’inclusion sociale de la Norvège, a dit que l’égalité des sexes était un objectif à la fois indépendant et intégré aux autres objectifs de développement durable.  Les objectifs de développement durable font qu’il est impératif de renforcer nos efforts pour l’égalité des sexes, a-t-elle dit.  « Pour réussir, nous devons utiliser les ressources et les talents des femmes », a estimé la Ministre.  Les filles et les femmes doivent avoir le même accès à l’éducation, aux emplois et au processus de prise de décisions.  « C’est l’unique voie par laquelle nous pouvons atteindre nos objectifs », a-t-elle renchéri.  Le développement durable dépend de l’autonomisation des femmes.

Mme Horne a ajouté que l’éducation était le plus important investissement que nous pouvons faire pour l’autonomisation des femmes, afin d’éradiquer la pauvreté et de prévenir les mariages d’enfant et les grossesses précoces.  Le Gouvernement de la Norvège vise à doubler sa contribution financière à l’éducation pour le développement pour la période 2013-2017. 

En outre, a-t-elle dit, toutes les femmes ont le droit de vivre une vie sans violence.  « Unissons-nous pour lutter contre la violence et les pratiques néfastes comme les mariages forcés d’enfants et les mutilations génitales féminines », a appelé la Ministre, selon qui, pour réussir dans la lutte contre la violence, les garçons et les hommes devraient faire partie de la solution.  Les hommes ont un rôle important à jouer en tant que pères, frères, amis, responsables, dirigeants communautaires et leaders d’opinion. 

L’autonomisation des femmes est aussi d’avoir un contrôle sur leur propre sexualité, a continué la Ministre.  Chaque femme doit être en position de décider pour elle-même si elle veut avoir des enfants, quand et combien.  « Nous ne pouvons jamais accepter que la religion et les prétendues valeurs traditionnelles soient utilisées comme une excuse pour priver les femmes de leurs droits.  Nous ne pouvons pas accepter que plus de 800 femmes meurent chaque jour de causes qui peuvent être prévenues relatives à la grossesse et à l’accouchement.  L’accès à l’éducation sexuelle, au contrôle de naissance et des avortements sécurisés est important pour donner aux femmes et filles le contrôle de leur propres corps et vies », a plaidé la Ministre.

« Il s’agit d’intégrer systématiquement la problématique hommes-femmes dans la réalisation des objectifs des Programme de développement durable à l’horizon 2030, a déclaré Mme TATAU GODINHO, Secrétaire des politiques pour le travail et l’autonomie économique des femmes du Brésil, en mettant l’accent sur les femmes vulnérables, qu’elles soient autochtones, LGBT, d’ascendance africaine, ou séropositives.  Elle a reconnu l’importance de la participation de la société civile. 

Le Brésil a pénalisé le meurtre sexiste, imposé des peines plus dures et lancé un programme intitulé « Les femmes à l’abri de la violence », doté de 27 centres dans le pays.  De plus, a poursuivi la Secrétaire, le Gouvernement a amélioré l’accès des femmes à un travail digne et réglementé le travail domestique.  Aujourd’hui, les femmes sont les principales bénéficiaires des programmes de transfert de fonds.

« Sans égalité, il est impossible de rêver à un avenir meilleur », a estimé M. JIRI DIENSTBIER, Ministre des droits de l’homme, de l’égalité des chances et de la législation de la République tchèque.  La promotion de l’égalité des sexes reste une priorité de son gouvernement, a-t-il assuré, notamment sur le marché du travail.  Le taux d’emploi des femmes a augmenté et le fossé en matière de salaires se rétrécit.  Pour pallier au manque de participation des hommes aux soins des enfants, le Gouvernement a également renforcé les capacités des crèches.  Il travaille également à la prévention de la violence sexuelle et sexiste.

La stratégie pour les droits de l’homme et la promotion de la démocratie adoptée par le Ministre des affaires étrangères fait de l’intégration systématique de la parité un axe majeur de sa politique de coopération et de développement dans la région, a indiqué M. Dienstbier.  Enfin, la République tchèque a participé à la campagne « Lui pour elle » d’ONU-Femmes en juin dernier.

Mme TERESA MARIA AMARELLE BOUE, Membre du Conseil d’État et Secrétaire générale de la Fédération des femmes de Cuba, a déclaré que la stratégie nationale du pays impliquait l’exécution de programme qui renforce la création et la consolidation de la base économique, éducationnelle, culturelle et sociale.  L’autonomisation des femmes à Cuba est synonyme d’autonomie.  Cela signifie qu’elles peuvent élire et être élues, décider de mener leurs propres vies, avoir la capacité de répondre à leurs besoins et intérêts et de promouvoir leur développement personnel. 

Elle a ajouté que les femmes cubaines recevaient les mêmes salaires que les hommes et bénéficiaient d’autres traitements égaux comme la pension de veuvage et la pension pour handicap.  La Ministre a insisté sur le fait que malgré les résultats obtenus, il existait encore des écarts dus notamment au blocus économique imposé par les États-Unis à Cuba qui doit être levé.

Mme ALGIMANTA PABEDINSKIENE, Ministre de la sécurité sociale et du travail de la Lituanie, a expliqué que les principaux objectifs des 12 domaines du programme d'action de Beijing, ainsi que les recommandations antérieures de la Commission, avaient déjà été intégrés dans les politiques et lois nationales de son pays.  Une des plus grandes priorités est de promouvoir l’égalité des chances en matière d’emploi et d’équilibrer la répartition hommes-femmes dans les prises de décisions, a-t-elle indiqué.

Elle a également souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes nationaux en faveur de l’égalité des sexes, ainsi que d’assurer leur financement et de prévoir les capacités nécessaires à tous les niveaux.  Ainsi, a-t-elle expliqué, la Commission interne institutionnelle sur l’égalité des chances pour les femmes et les hommes assure la coordination et le contrôle de la mise en œuvre du programme national.  « Nous avons l’intention de renforcer le mandat de cette commission en augmentant son niveau de représentation dans les ministères. »

La Ministre a mis l’accent sur la nécessité de financer suffisamment les programmes d’autonomisation des femmes, comme le fait son pays en accordant une part importante de son budget au programme national.  En 2016, a-t-elle ajouté, un nouveau projet financé par le Fonds social européen sera lancé pour renforcer l’égalité des sexes au niveau local.  En effet, elle a remarqué que les autorités locales étaient des partenaires importants pour augmenter le nombre de femmes ayant un emploi et leur indépendance économique.  La Ministre a également mentionné la loi de protection contre la violence qui a été mise en place il y a quatre ans et qui prévoit des centres d’assistance spécialisée.

« Nous ne sommes pas encore parvenus à la pleine égalité entre les hommes et les femmes », a rappelé Mme ALEJANDRA MORA MORA, Ministre de la condition féminine du Costa Rica.  Son gouvernement s’est engagé à intégrer la parité des sexes à tous les niveaux: santé, emplois, revenus, éducation, protection des droits des femmes, lutte contre la violence, participation politique et renforcement des institutions.  D’après elle, « le changement de culture promu à travers diverses campagnes de sensibilisation rendra possible d’autres progrès ».  Dans le processus électoral, a-t-elle averti, il faut aussi respecter « la parité verticale ».

De plus, le Costa Rica a enregistré des progrès dans la lutte contre les violences conjugales, la traite, et l’exploitation sexuelle et mis l’accent sur « la violence des rues ».  Il faut combattre la normalisation de la violence sexuelle, notamment la grossesse des adolescentes, a ajouté Mme Mora, en évoquant l’interdiction du mariage et des unions libres avant 18 ans.  Enfin, elle a mentionné l’appui aux femmes entrepreneurs, avant d’exhorter la communauté internationale à accorder davantage de ressources au thème à l’ordre du jour.

Mme ONITIANA REALY, Ministre de la population, des femmes et de la protection sociale, a déclaré que son département était en train de concevoir une nouvelle politique d’égalité entre les sexes pour une durée de 30 ans.  Cette politique consiste à encourager toutes les institutions à prendre une responsabilité commune dans la promotion de cette politique.  Tous les membres du Gouvernement, du Parlement et de la société civile seront invités à présenter des mesures vérifiables, quantifiables et tangibles dans leurs champs de travail respectif. 

La Ministre a ensuite parlé des efforts du Gouvernement pour permettre aux enfants et à leurs mères dans le sud de Madagascar, victimes tous les ans de la sécheresse, de faire face aux conséquences de ce phénomène climatique.  Elle a ensuite évoqué d’autres initiatives de promotion du « crédit avec éducation » (CAE) en faveur des femmes rurales très vulnérables et des efforts déployés pour renforcer le cadre juridique, institutionnel et politique visant à accélérer la mise en œuvre des nouveaux objectifs de développement durable dont notamment l’abrogation de toutes les dispositions discriminatoires dans la loi, y compris celles contenues dans la loi sur la nationalité, la loi sur l’héritage et la loi sur le mariage.   

Mme ANA BAIARDI, Ministre des femmes du Paraguay, a dit que son pays avait réalisé, ces dernières années, des avancées dans l’exercice des droits des femmes et des filles et le développement de leurs capacités.  Le Gouvernement a lancé des programmes d’autonomisation économique et le Parlement a adopté des lois pour la protection de la maternité et de l’allaitement maternel, en faveur du travail domestique rémunéré et des femmes rurales.

Le Ministère et ONU-Femmes ont élaboré un projet de loi sur la parité politique, a indiqué Mme Baiardi.  De plus, une loi pénalisant les violences au sein de la famille a été promulguée, tandis que le Parlement examine un projet qui évoque la question des meurtres de femmes.  Il s’agit aussi de renforcer les services de soins et d’orientation pour les victimes de violences, y compris la traite des personnes.

Mme SANGARÉ OUMOU BA, Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille du Mali, a déclaré que son gouvernement était résolument engagé à mettre en œuvre les objectifs de développement durable à l’horizon 2030 dont l’objectif numéro 5 qui vise l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles.  Pour assurer l’autonomisation des femmes, le Gouvernement, à travers le Ministère de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, a initié des programmes ciblés, permettant à cette couche l’accès dans les conditions d’égalité, aux ressources économiques, notamment la terre, aux moyens de production et au crédit pour les activités génératrices de revenus ainsi que le renforcement de leurs capacités managériales. 

En outre, un fonds d’appui à l’autonomisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant a été mis en place qui est dédié au financement des programmes de développement de l’entreprenariat féminin, du renforcement du leadership féminin, de la participation politique des femmes aux niveaux local et national, et de la réinsertion socioéconomique des enfants en situation difficile. 

« Il ne peut plus y avoir de tabou lorsqu’on évoque l’éducation globale à la sexualité, l’accès à la contraception et aux services de santé sexuelle et reproductive », a insisté M. MAXIME PRÉVOT, Ministre des travaux publics, de la santé et de l’action sociale de la Belgique.  D’après lui, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 constitue une formidable opportunité de mettre en avant les femmes « comme moteurs du développement ».  La Belgique a été le premier pays du monde à se doter d’une législation en matière de « gender mainstreaming », a-t-il dit.  Préoccupé par la situation des familles monoparentales, il a indiqué que ce sont 80% des femmes qui sont à la tête de ces familles qui courent un risque de pauvreté élevé.

La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation de leurs droits humains fondamentaux, a poursuivi M. Prévot.  « Aucune tradition, culture, coutume, religion ne peut justifier un fait de violence, une discrimination à l’égard d’une femme », a-t-il martelé.  Pour lutter contre la violence sexiste, la Belgique s’est engagée à mettre en œuvre 235 mesures, en coopération avec la société civile.  Se tournant ensuite vers les effets dévastateurs des conflits, le Ministre a dénoncé et condamné les viols perpétrés comme armes de guerre et de terrorisme.  « Les crimes de l’État islamique à l’égard des femmes doivent cesser et ne peuvent en aucun cas rester impunis », a-t-il conclu à ce sujet.

M. JANIS REIRS, Ministre du bien-être de la Lettonie, a dit que son pays avait mis en place un cadre juridique et politique solide pour l’égalité des sexes.  « Nos efforts couvrent un large éventail d’actions », a ajouté le Ministre.  « Notre attitude et notre éducation ont été modifiées pour générer un changement de comportement. »  La promotion de l’égalité des sexes est un choix économique intelligent parce qu’elle peut améliorer la productivité, le développement pour la prochaine génération, et faire des institutions plus représentatives.  La Lettonie renforce constamment ses efforts pour éliminer la violence contre les femmes. 

Le cadre légal a été amélioré en conformité avec la Convention d’Istanbul.  L’État a financé des services de réhabilitation pour les victimes ainsi que les auteurs des violences.  Les campagnes de sensibilisation se poursuivent.  La Lettonie a également introduit des mesures pour renforcer le rôle des pères.  Les hommes et les garçons ont un rôle important à jouer dans l’égalité des sexes parce que c’est une route à deux voies.  La Lettonie continuera de promouvoir activement l’égalité des sexes au niveau international, y compris en tant que membre du Conseil des droits de l’homme et à travers notre coopération pour le développement, a assuré le Ministre. 

« Notre gouvernement est féministe », s’est félicitée Mme ASA REGNER, Ministre des enfants, des personnes âgées et de l’égalité des sexes de la Suède.  D’après elle, l’État a un rôle central à jouer pour élaborer des stratégies de développement qui font la promotion de l’égalité des sexes.  Elle a rappelé les avancées sociales et économiques de la Suède, en matière de services d’accueil des d’enfants et pour ce qui est de « la division juste et équitable du congé parental ».

La Suède, a poursuivi la Ministre, garantit les droits de santé sexuelle et reproductifs, notamment les droits à la contraception et à l’avortement.  Elle lutte contre « les stéréotypes liés à la masculinité, à la violence et au comportement sexiste », qui sapent les droits des femmes.  Enfin, Mme Regner a évoqué le sort des femmes « qui paient un lourd tribut à cause du fondamentalisme religieux et politique ».  La Suède, qui accueille des réfugiés en provenance de pays en conflit, réitère son engagement en faveur de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, les femmes étant encore sous représentées dans les efforts de réconciliation de la paix.

Mme AISHA ALHASSAN, Ministre des affaires féminines et du développement social du Nigéria, a déclaré que la politique nationale de l’égalité des sexes et son cadre et plan stratégique de mise en œuvre se focalisaient sur la mise en œuvre des domaines prioritaires comme la santé sexuelle et reproductive des femmes, la lutte contre la violence à l’égard des femmes, la situation des femmes rurales, l’autonomisation économique et la participation accrue des femmes dans les processus de prise de décisions. 

En outre, une part significative du budget de l’exercice 2016 est orientée vers les régimes de protection sociale visant à recruter massivement des enseignants pour améliorer la qualité de l’enseignement public, l’acquisition de compétences pour les jeunes, la fourniture de repas scolaire et l’appui financier à un million de femmes commerçantes et artisans.

La violence sexiste reste une préoccupation pour le Nigéria, a ajouté la Ministre.  Elle a assuré que le Gouvernement, la société civile et d’autres parties prenantes continueraient de travailler sans relâche vers son élimination.  Une loi qui va dans ce sens a été adoptée en 2015.

S’agissant des abus commis par Boko Haram, notamment l’enlèvement de plus de 200 écolières à Chibok, Mme Alhassan a dit que le Gouvernement avait intensifié ses efforts pour les trouver et pour les faire rentrer chez elles.  Notant l’appui des États-Unis dans ce domaine, elle a aussi annoncé que le Fonds d’appui pour les victimes avait recueilli plus de 140 millions de dollars pour la réhabilitation et la réintégration des victimes, dont la plupart sont des femmes et des enfants. 

Mme CHANDRANI BANDARA JAYASINGHA, Ministre des affaires des femmes et des enfants du Sri Lanka, a déclaré que son gouvernement se concentrait sur trois priorités: l’autonomisation économique des femmes, l’élimination de la violence faite aux femmes, et la participation des femmes à la vie publique et politique.  Cette semaine, le Gouvernement a donné au moins 25% du budget pour le développement économique et pour l’autonomisation économique des femmes.  Le Gouvernement a distribué plus de 100 millions de roupies pour le relèvement socioéconomique des ménages dirigés par des femmes pour assurer leur bien-être et leur protection, et pour protéger leurs droits et promouvoir leurs capacités et compétences. 

En outre, un Secrétariat national pour les veuves et les femmes chefs de ménages a été créé l’année dernière, dans l’ancienne zone de conflit, pour mieux servir les groupes cibles.  Le Gouvernement a réglé la question de la violence contre les femmes en adoptant trois approches: la prévention, l’intervention et le plaidoyer.  Il existe aussi une structure étatique qui s’occupe de la violence contre les femmes qui travaille aux niveaux local et national et qui donne une aide juridique, du conseil et des abris pour les victimes.  Le Sri Lanka a aussi renouvelé son engagement aux principes démocratiques de bonne gouvernance et de l’état de droit après les élections de janvier dernier.

Après avoir rappelé l’engagement de son pays en faveur du Programme de développement durable à l’horizon 2030, Mme ROSALINDA DIMAPILIS-BALDOZ, Secrétaire d’État au travail des Philippines, a rappelé que, dans son pays, deux travailleurs sur cinq sont des femmes, soit 40% de la population active.  Pour combler les inégalités salariales, le Gouvernement a entrepris de lever l’interdiction de travail de nuit pour les femmes, qui forment 55,4% de la population active dans le secteur de la sous-traitance privée.  En outre, grâce à une législation adaptée, a assuré la représentante, les droits de la femme sont protégés, avec un accent particulier mis sur l’aspect « développemental » plutôt que purement règlementaire.  Elle a ajouté que le Président philippin avait été distingué parmi les 10 Chefs d’État de la campagne HeForShe.

Mme YOHANA SUSAN YEMBISE, Ministre de l’autonomisation des femmes et de la protection des enfants de l’Indonésie, a affirmé que les engagements de son pays en faveur de l’égalité entre les sexes, l’autonomisation des femmes et la promotion des droits de l’homme dans la réalisation du développement durable sont consacrés dans les stratégies nationales.  Presque toutes les cibles des 12 domaines prioritaires du Programme d’action de Beijing et des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ont été intégrées dans le Plan de développement 2015-2019 qui se focalise, entre autres, sur les femmes et la pauvreté, l’éducation, les réformes du secteur de la santé, la violence contre les femmes, les femmes dans les situations de conflit et les droits de la femme.  Il est temps de transformer les expressions de solidarité en action, s’est impatientée la Ministre, en pensant aux femmes qui vivent dans les situations de conflit, comme les Palestiniennes. 

Mme SAMIRA MERAI FRIAA, Ministre de la femme, de la famille et de l’enfance de la Tunisie, a rappelé que son pays avait toujours été un modèle d’ouverture en matière des droits de la femme, comme l’atteste encore sa Constitution de janvier 2014, qui consacre l’égalité des hommes et des femmes et interdit les violences à l’encontre de celles-ci.  Une loi prévoit en outre l’accès des victimes de violences à la prise en charge nécessaire, a-t-elle relevé.  Par ailleurs, nous avons fait de l’autonomisation économique des femmes une priorité absolue, a assuré la représentante, citant notamment le lancement de plusieurs projets visant à accroitre, de 28% à 38%, leur présence sur le marché du travail.

Mme AYANNA WEBSTER-ROY, Ministre de l’égalité des sexes et de l’enfance de Trinité-et-Tobago, a souligné que pour son gouvernement, l’assertion selon laquelle le développement durable ne saurait se réaliser sans égalité entre les sexes et autonomisation de la femme est tout simplement considérée comme « un axiome ».  Elle en a voulu pour preuve le fait que son ministère soit directement intégré au Cabinet du Premier Ministre.  Elle a parlé des garanties de la Constitution et du cadre juridique contre la violence et la discrimination et a affirmé qu’en termes d’égalité, son pays s’est hissé à la 49e place dans le Rapport du Forum économique mondial qui a classé 142 pays.  La Ministre a poursuivi sur les efforts déployés dans les secteurs de l’éducation, de la formation, de la santé et de la participation à la vie publique.  Pour la première fois, s’est-elle enorgueillie, le Président de la République a nommé des femmes à la présidence de plusieurs organismes publics.  Des efforts sont en cours pour renforcer la transversalisation de la perspective « genre » dans les politiques et les programmes de développement aux niveaux national et communautaire et pour institutionnaliser une budgétisation soucieuse de l’égalité entre les sexes.

Mme PATRICIA KALIATI, Ministre de l’égalité des sexes, de l’enfance, du handicap et du bien-être social du Malawi, a dit que cette session arrive au moment où le monde fait face à des fléaux comme les changements climatiques, la pauvreté, la faim, la malnutrition, le trafic d’êtres humains, les conflits, la crise des réfugiés ou la migration qui ont tous un impact négatif sur les femmes, les enfants et les groupes vulnérables.  La réalité « décourageante » est que la mise en œuvre des résolutions de la Commission de la condition de la femme n’a pas reçu les ressources nécessaires, sans compter qu’elles n’ont pas été transformées en objectifs clairs.  Il est important, a estimé la Ministre, que les États agissent.  Elle a fait part de la « forte volonté politique » qui existe dans son pays dont le Président est l’un des neuf champions de la Campagne mondiale « HeforShe ».  La budgétisation a désormais une dimension soucieuse de l’égalité entre les sexes, avec des lignes directrices et des cibles claires.  Tous les Départements ont été formés à ce type de budgétisation, a affirmé la Ministre.    

Mme MANEKA SANJAY GANDHI, Ministre de la condition féminine et de l’enfance de l’Inde, a, après avoir cité les progrès remarquables enregistrés par son pays sur la voie de l’égalité entre les sexes, affirmé que de nombreux objectifs de développement durable sont déjà mis en œuvre dans plusieurs programmes gouvernementaux.  Elle a souligné que les technologies de l’information et des communications sont un facilitateur efficace de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes.  L’Inde vient de lancer « Mahila e-Hatt », une plateforme de marketing en ligne pour encourager les femmes entrepreneurs.  Le jour même de son lancement, 125 000 personnes s’y sont inscrites.  

Mme DOREEN SIOKA, Ministre de l’égalité hommes-femmes et du bien-être de l’enfant de la Namibie, a présenté la parité, l’autonomisation des femmes et l’égalité entre les hommes et les femmes comme des priorités nationales.  Elle a rappelé que son gouvernement propose des services de santé maternelle et un enseignement secondaire gratuits, avant d’évoquer un budget spécifiquement alloué à la réalisation des objectifs de parité, et ce, afin de combler les écarts entre les sexes à tous les niveaux dans le pays.  Prochainement, une attention particulière sera apportée aux lois sur le mariage, a annoncé la Ministre.  Mme Sioka a en outre fait part d’une campagne de tolérance zéro contre la violence faite aux femmes.  Elle a toutefois expliqué que son pays se heurtait à des difficultés pour réunir des données ventilées par sexe et par âge.

Mme NYASHA EUNICE ANNE GRACE CHIKWINYA, Ministre de la condition féminine du Zimbabwe, a dit que l’atout de son pays est sa Constitution qui consacre l’autonomisation des femmes.  La Ministre a ensuite passé en revue les progrès dont la participation des femmes en politique.  Elle a parlé d’autres mesures administratives, entre autres, contre le mariage précoce et la violence à l’encontre des femmes, et contre l’impact des changements climatiques sur les femmes, en particulier les femmes du milieu rural.  Elle a annoncé que son gouvernement s’apprête à adopter une loi prévoyant 30 ans de prison ou plus pour les auteurs de violence contre les femmes.

Mme JULIA DUNCAN-CASSELL, Ministre du genre, de l’enfance et de la protection sociale du Libéria, a fait état de progrès significatifs accomplis par son pays depuis le lancement du Programme de développement durable à l’horizon 2030, notamment la formulation de projets de lois sur la violence domestique et sur l’égalité entre les sexes ainsi que le lancement de la seconde phase du programme contre les violences sexuelles et sexistes.  La Ministre a également cité la révision en cours de la politique de protection sociale et la signature du Fonds d’investissements social post-Ebola.  Elle a enfin tenu à parler de l’établissement d’une structure décentralisée pour les femmes vivant en milieu rural et du lancement d’un Programme conjoint avec les Nations Unies pour l’autonomisation économique des femmes et des adolescentes.

Mme OYE LITHUR, Ministre de l’égalité entre les sexes, de l’enfance et de la protection sociale du Ghana, a longuement énuméré les réalisations du Ghana dans le domaine de l’émancipation de la femme comme la nomination de nombreuses ministres et d’officiers de l’armée.  Elle a rappelé les lois et les mesures administratives, notamment les lois sur la discrimination positive et la protection des épouses.  Le Gouvernement entend renforcer ses capacités institutionnelles pour assurer l’application des lois et le financement requis.  En 2016, le but est de bâtir un environnement économique résilient pour consolider les acquis dans la réduction de la pauvreté et consolider l’émancipation économique des femmes.  Des programmes innovants seront mis en place, a promis la Ministre qui a ajouté que le Gouvernement fera tout pour contrer les dynamiques socioculturelles traditionnelles qui entravent les progrès dans l’égalité hommes-femmes.

Après avoir énuméré les réalisations et les mesures prises pour l’autonomisation des femmes, Mme ALEJANDRINA GERMAN, Ministre de la condition féminine de la République dominicaine, a affirmé que son gouvernement a élaboré une politique qui aura un impact dans tout le pays et qui contribuera à résoudre les problèmes principaux auxquels font face les femmes.  Elle a cité la Constitution, le Plan national d’action pour l’égalité entre les sexes ou encore la Stratégie nationale de développement pour 2030 qui identifie les grandes priorités nationales en matière d’égalité des sexes, de la tranversalisation de cette égalité dans tous les politiques, plans, programmes et projets.  Les Ministères de la condition féminine et de l’économie et la Direction générale du budget ont prévu une ligne budgétaire spécifique pour la promotion de l’égalité entre les sexes dans le budget de 2016 et qui concerne huit institutions de l’État.  Douze organisations centrales du Gouvernement ont signé un accord de collaboration pour intégrer l’égalité entre les sexes dans la Stratégie nationale de développement et dans les plans sectoriels liés au Programme de développement durable à l’horizon 2030, a précisé la Ministre.

Mme CAMARA SANARA KABA, Ministre de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance de la Guinée, a déclaré que la matérialisation de la cible 5 du Programme de développement durable à l’horizon 2030 passait, dans son pays, par plusieurs mesures.  Elle a expliqué que 30 projets de développement et d’amélioration des conditions de vie des femmes dont la majeure partie vit en milieu rural avaient été transmis pour financement à la Commission de l’Union africaine.  La Ministre a également dit qu’un programme de formation des jeunes filles aux nouvelles technologies de l’information et des communications était en place.  Au nombre des mesures prises, figure aussi la création, dans les cinq communes de Conakry, et les sept régions administratives du pays, de la « mutuelle financière des femmes africaines ».  Enfin, parmi d’autres actions, Mme Kaba a fait valoir la nomination de sept femmes, soit 21%, à des postes ministériels « hautement stratégiques », dont le sien.

M. ERDENE SODNOMZUNDUI, Ministre de la population et de la protection sociale de Mongolie, a parlé de la Politique nationale de développement 2016-2021.  D’importants amendements, a-t-il poursuivi, ont été apportés au Code pénal, à la loi électorale et à celle sur les droits des personnes handicapées qui ont impact direct sur le statut de la femme.  Le projet du code du travail envisage des réglementations spécifiques contre la discrimination et toute restriction au droit du travail.  Tout employeur est obligé de garantir un environnement sans discrimination, harcèlement ou abus sexuel.  Le Gouvernement s’efforce d’éliminer la pauvreté par un système de couverture-santé universelle, l’accès à la sécurité sociale et l’égalité salariale, sans parler des efforts déployés pour élargir l’accès à tous les services, dans l’éducation.

Mme ANA AMINTA MADRID, Ministre de l’Institut national de la femme du Honduras, a déclaré qu’une loi avait été adoptée à l’intention des femmes en milieu rural, ainsi qu’une loi paritaire sur l’alternance électorale.  Le programme « vies meilleures » a été adopté, tandis que les « centres de soins intégraux pour les femmes victimes » ont été renforcés, a-t-elle encore souligné, mettant aussi à l’actif de son gouvernement les campagnes de prévention contre la violence domestique et le harcèlement sexuel.  Enfin, a déclaré Mme Madrid, une législation a été promulguée contre la traite des personnes.  Le Honduras, a-t-elle ajouté, est déterminé à œuvrer à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Mme CAROILE DINENAGE, Ministre de la condition féminine et de l’égalité entre les sexes du Royaume-Uni, a dit qu’il était important de travailler ensemble pour faire face aux nombreux défis qui se posent à l’heure actuelle, et en particulier pour les femmes.  Elle s’est dite fière de pouvoir aligner les réalisations de son gouvernement pour l’autonomie des femmes aux niveaux national et international.  Au plan national, plus de femmes sont sur le marché du travail et l’égalité salariale fait l’objet d’une nouvelle loi.  Une nouvelle campagne contre la violence faite aux femmes a été lancée ciblant les victimes mais aussi les criminels.  Cette soixantième session, a voulu la Ministre, doit être l’occasion de partager les bonnes nouvelles et de faire émerger des idées nouvelles sur l’autonomisation des femmes, y compris la participation des hommes et des garçons.  La Ministre a exhorté la Commission à faire preuve de détermination contre les normes sociales restrictives, notamment les discours qui rabaissent les femmes dans le débat public.

Mme PHAM THI HAI CHUYEN, Ministre du travail, des invalides et des affaires sociales et Présidente de la Commission nationale pour la promotion de la femme vietnamienne, a rappelé que depuis 2010, son pays a adopté 40 lois sur l’intégration de la perspective sexospécifique et une série de décrets du même acabit.  Mais le développement de programmes, de politiques et de projets sur l’égalité entre les sexes, pour réaliser le développement durable, est toujours perçu comme une solution efficace pour l’autonomisation des femmes dans tous les domaines.  La Ministre a donc cité le Programme d’action nationale sur l’égalité des sexes 2016-2020 visant à combler les fossés partout où les inégalités persistent pour assurer le succès de la Stratégie nationale de l’égalité entre les sexes 2011-2020.  Dans ce cadre et pour la première fois, le Viet Nam a proclamé la période allant du 15 novembre au 15 décembre, « Mois d’action pour l’égalité entre les sexes et la prévention de la violence fondée sur le sexe ». 

Grâce aux initiatives présentes et passées, le Viet Nam compte pour la première fois trois femmes au Bureau politique du Parti communiste, soit 15,78% des membres.  Plus de la moitié des ministères sont dirigés par des femmes et sur le marché de l’emploi, les femmes représente 48,3% de la population active et 24,9% des postes de direction.  Dans son rapport 2016 sur le Viet Nam, la Banque mondiale a d’ailleurs conclu que le pays a enregistré des résultats remarquables sur l’égalité entre les sexes, les disparités ayant pratiquement disparues dans l’éducation.  Toutefois, a reconnu la Ministre, le pays est encore confronté à la violence contre les femmes et les filles qui non seulement ne baisse pas mais se complique.  Les traditions et les coutumes sont toujours là et le fossé entre hommes et femmes risque encore de créer des problèmes sociaux.  Plusieurs politiques font obstacles à l’ascension des femmes dans les postes de direction et l’intégration de perspective hommes-femmes dans les documents juridiques est toujours aussi difficile.

M. MARGUS TSAHKNA, Ministre de la protection sociale de l’Estonie, a indiqué que son gouvernement s’efforce, au niveau national, de réduire l’écart salarial entre les hommes et les femmes, et au niveau international, de réduire la violence faite aux femmes, de promouvoir leurs droits et l’égalité entre les sexes, et de multiplier les opportunités dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) dans lequel l’Estonie excelle.  Le Gouvernement va adopter pour la première fois un Plan de développement qui comprend aussi une vision stratégique de l’égalité entre les sexes.  Entre 2016 et 2030, le but est de promouvoir une égale indépendance économique entre les hommes et les femmes, leur participation égale à tous les niveaux de la prise de décisions et de la gestion, et de s’attaquer aux stéréotypes sexistes.  Ce sera là le meilleur moyen de réduire l’écart salarial, de garantir la protection juridique contre la discrimination et d’appuyer les capacités institutionnelles pour la promotion de l’égalité entre les sexes.  Par ailleurs, le Gouvernement a adopté, l’année dernière, une nouvelle Stratégie globale contre la violence fondée sur le sexe. 

Sur le plan mondial, l’Estonie entend en particulier partager ses connaissances des TIC en faveur de l’éducation, ce secteur étant la clef de l’autonomisation des femmes et des filles.  La numérisation, a plaidé le Ministre, ouvre l’accès à l’éducation des enfants vivant dans les zones isolées ou les pays en conflit.  Les TIC ont un impact réel sur l’autonomisation économique et politique des femmes qui peuvent ainsi accéder à l’information, en particulier sur leurs droits, et participer à la vie moderne sur un pied d’égalité.  Avec les TIC, les femmes peuvent plus facilement faire entendre leur voix, a insisté le Ministre, en expliquant qu’en conséquence, l’Estonie a appuyé un projet en Afghanistan dans le cadre duquel les femmes reçoivent une formation répondant aux besoins du secteur privé local, ce qui réduit les chiffres du chômage et augmentent les moyens de subsistance, d’où l’émancipation économique.

Mme NOURA BIN MOHAMMED AL KAABI (Émirats arabes unis) a déclaré que c’est par l’autonomisation des femmes que son pays ambitionne de réaliser les objectifs consacrés dans le Programme d’action de Beijing.  Plusieurs organisations de femmes ont pris dans les Émirats arabes unis la tête des efforts pour promouvoir l’arrivée de la femme à des postes à responsabilité et son implication dans tous les aspects de la vie publique et économique.  Des évaluations périodiques de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 seront nécessaires pour voir les progrès accomplis dans ces domaines, a-t-elle dit, convaincue qu’il faudra nouer des partenariats multilatéraux pour atteindre toutes les cibles.  

Mme LAURENCE ROSSIGNOL, Ministre de la famille, de l’enfance et des droits de la femme de la France, a déclaré qu’en matière de droits de la femme, lorsque l’on cesse d’avancer, on finit par reculer.  Vingt ans ont passé depuis la Déclaration de Beijing et les progrès sont importants, de nombreux droits ayant été reconnus dans de nombreux pays.  Mais, a prévenu la Ministre, beaucoup reste à faire.  Elle a décrit la violence subie par les femmes dans certains endroits du monde, montrant qu’on ne peut pas dire qu’il y a d’un côté la sécurité et de l’autre le développement car c’est la même chose.  On ne peut pas dire non plus qu’il y a d’un côté, le climat et de l’autre, le développement, c’est la même chose.  On ne peut pas dire, a-t-elle poursuivi, qu’il y a d’un côté l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’autre, la justice, c’est la même chose.  Tous les agendas, a insisté la Ministre, qu’il s’agisse de la résolution du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, du Programme 2030, ou de l’Accord de Paris sur le climat, convergent vers le même objectif: la garantie, le respect et la promotion des droits humains fondamentaux.  Sur tous ces enjeux, la France souhaite qu’une attention particulière soit donnée aux femmes.

Mme Rossignol s’est appesantie sur le nombre des avortements hors milieu hospitalier qui ne cesse d’augmenter et qui représente 13% de la mortalité maternelle.  Elle a encouragé les États Membres à éliminer les barrières juridiques qui freinent l’accès des femmes et des adolescentes à l’avortement.  Elle a plaidé pour la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, et pour l’accès à des services sans risque et de qualité et à informations exactes.  Les prestataires de soins doivent être pleinement informés des lois et des exceptions.  La France, a conclu la Ministre, souhaite résolument le maintien du dialogue avec tous les partenaires sur ces sujets à partir de réalités concrètes sans idéologie et ni controverse.  

Mme YANIRA ARGUETA, Ministre de la condition féminine d’El Salvador, a assuré que son pays avait pris des mesures visant à réaliser les cibles pertinentes du Programme de développement durable à l’horizon 2030, notamment pour ce qui est de l’intégration d’une perspective soucieuse de la parité hommes-femmes dans l’ensemble de ses politiques.  Elle a également fait part de l’intégration d’une perspective sexospécifique dans l’appareil judiciaire équatorien.  Si des progrès importants ont été réalisés, a déclaré la Ministre, il faut toutefois intensifier les efforts en cours, ce qui a conduit le Gouvernement à se doter d’un Mécanisme national pour l’amélioration de la condition de la femme.

Mme SICILY KARIUKI, Secrétaire d’État à la jeunesse et à l’égalité entre les sexes du Kenya, a dit qu’un mécanisme institutionnel pour la promotion des droits de la femme a été créé pour atteindre les objectifs de développement durable.  Au plan administratif, le Gouvernement a débloqué une enveloppe de plus de 120 millions de dollars pour plus d’un million de personnes, y compris des femmes.  Plus de 30% des marchés publics, soit plus de 250 millions de dollars, sont attribués aux entreprises dirigées par les femmes et 43 millions de dollars ont été dépensés pour la santé des mères et des filles en 2014, a énuméré Mme Kariuki. 

Mme REEM ABU HASSAN, Ministre du développement social de la Jordanie, a elle aussi présenté un certain nombre de mesures visant à promouvoir les droits et l’autonomisation des femmes, notamment une loi sur la décentralisation qui leur réserve 10% de sièges dans les institutions politiques du pays.  Il existe également un Comité ministériel pour la promotion de la femme, permettant à celle-ci d’être davantage représentée dans la vie politique ou dans l’appareil judiciaire.  Évoquant les actions de son gouvernement en faveur de l’éducation, de la santé et de la protection sociale, la Ministre a dit que des améliorations avaient été constatées, notamment en termes de scolarisation.  Plus généralement, Mme Hassan s’est enorgueillie du système complet dont dispose la Jordanie pour protéger les droits sociaux, économiques et culturels des enfants et des femmes.  Mais, cinq ans après le début de la crise syrienne, la Jordanie accueille plus de 3,1 millions de Syriens, soit plus de 20% de la population civile, ce qui pèse sur la capacité du Royaume à prendre les mesures nécessaires pour promouvoir les droits de la femme et ce qui rend l’assistance de la communauté internationale indispensable.

Mme DELBAR NAZARI, Ministre de la condition féminine de l’Afghanistan, a énuméré les progrès enregistrés par son pays, en insistant sur le fait que malgré cela, la situation des femmes et des filles reste une source de graves préoccupations dans le contexte afghan.  Les droits de la femme et de la fille, y compris le droit à la vie, sont violés tous les jours.  La violence faite aux femmes et le conflit armé sont les principaux facteurs qui plongent les femmes dans une situation très difficile.  Le changement n’est pas seulement l’affaire du Gouvernement afghan, a estimé la Ministre, arguant que la communauté internationale et la société civile ont aussi un grand rôle à jouer.  Elle a donc demandé à la communauté internationale d’appuyer les efforts du Gouvernement d’unité nationale pour mettre en œuvre ses engagements sur l’amélioration de la condition de la femme.  La communauté internationale doit appuyer le processus de paix et fournir un appui technique aux tribunaux de province qui s’occupent des cas de violence faite aux femmes.  L’appui technique doit aussi aller aux commissions nationales et provinciales et aux efforts de sensibilisation de l’opinion publique à la violence faite aux femmes.  La communauté internationale, a conclu la Ministre, doit aider l’Afghanistan à mettre en œuvre son Plan national d’action lié à la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.

M. MOHAMED FAIZEL NOERSALIM, Ministre des affaires intérieures du Suriname, a déclaré que le Ministère du travail de son pays avait présenté, en octobre dernier, plusieurs projets de loi en Conseil des ministres sur le renforcement de la participation des femmes au monde du travail.  De plus, l’an dernier, des élections générales se sont déroulées au Suriname, et un nouveau Cabinet a été formé, avec quatre femmes Ministres.  S’agissant du Programme de développement durable à l’horizon 2030, les Ministères du développement régional et des affaires intérieures ont entamé la mise en œuvre d’un projet destiné à sensibiliser les communautés locales à l’importance de ce Programme.  En outre, a précisé le Ministre, son gouvernement a l’intention de formuler une politique quinquennale du genre pour la période 2017-2021, dans le cadre de laquelle seront intégrés les objectifs de développement durable.

Mme AURELIA FRICK, Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein, a déclaré que l’égalité entre les sexes est profitable au plan économique.  Mais garantir un salaire égal entre femmes et hommes n’est qu’une pièce du puzzle.  Il faut aider les filles à gagner plus afin qu’elles puissent vivre une vie épanouie et être financièrement indépendantes.  La Ministre a plaidé pour que le travail domestique soit valorisé et ne représente plus un obstacle à l’intégration sociale des femmes.  Elle a dénoncé les abus sexuels en période de conflit et a appelé à une aide pour les femmes victimes de ces abus.  Le principe de responsabilité doit s’appliquer aux auteurs de ces abus, a exigé Mme Frick qui a aussi plaidé pour la nomination de davantage de femmes dans les missions de maintien de la paix des Nations Unies. 

Mme NKANDU LUO, Ministre du genre de la Zambie, a indiqué que la Constitution du 5 janvier 2016 est très progressive en termes d’égalité entre les sexes.  Elle intègre cette égalité dans tous les aspects de la vie, conformément aux instruments auxquels la Zambie est signataire.  La Constitution a créé la Commission de l’égalité entre les sexes dont le mandat est de surveiller, enquêter, faire des recherches, éduquer, plaider, conseiller et collecter des informations sur le genre et le développement pour faire avancer la promotion de la femme.  La Zambie a aussi désormais une loi sur l’égalité entre les sexes qui punit le harcèlement et les pratiques traditionnelles néfastes.  Les politiques sur le genre et l’enfance portent également sur les mariages forcés et précoces.  C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, la Zambie a organisé le premier Sommet contre le mariage précoce en novembre 2015. 

Que ces progrès ne cachent pas les problèmes persistants, a alerté la Ministre en citant la pauvreté qui frappent 62,4% des cheffes de famille contre 60,1% des chefs de familles, la situation des femmes rurales étant d’autant plus alarmante qu’elles n’ont pas accès à l’éducation, aux financements ou à la terre.  Mais après l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2016, le Gouvernement s’apprête à lancer une « Banque des femmes » et à intégrer « GEWEL », un énorme programme sur l’éducation et l’autonomisation des femmes, en collaboration avec la Banque mondiale.  La Ministre a aussi cité le projet « ADVANCE » sur l’agriculture et le « Boys to Men programme » sur la prévention de la violence fondée sur le sexe.  Elle a conclu en rappelant que son Président fait partie de la Campagne « HeforShe ».

Mme MARIE-AURORE MARIE-JOYCE PERRAUD, Ministre de l’égalité des sexes, du développement de l’enfant et de la famille de Maurice, a déclaré qu’en juin dernier, son pays avait élu la première Présidente de la République et, en décembre 2014, la première Présidente du Parlement.  Elle a déclaré que tant que les femmes ne seraient pas émancipées sur le plan économique, il ne serait pas possible de lutter contre la pauvreté.  Dans le cadre du programme public 2015-2019, le Gouvernement a établi un Comité placé sous l’autorité du Premier Ministre et chargé d’émettre des recommandations contre la violence sexiste.  Le Gouvernement souhaite également réformer le Code pénal, et tout particulièrement la définition de la violence sexiste, a indiqué Mme Perraud.  Enfin, a-t-elle ajouté, nous souhaitons faire participer les hommes du secteur privé et de la société civile, comme en témoigne le lancement d’un Prix pour l’autonomisation des femmes, qui récompense chaque année des projets promouvant la parité. 

Mme STELA GRIGORAS, Ministre du travail, de la protection et de la famille de la République de Moldova, a dit que l’engagement de son gouvernement en faveur de l’égalité entre les sexes a permis de garantir la participation des femmes aux activités auxquelles elles n’avaient pas accès auparavant.  Mais des obstacles majeurs persistent comme la faible participation des femmes en politique, un salaire inférieur de 16% à celui des hommes, un accès inégal à la formation professionnelle.  Devant cette situation, le pays va adhérer à la Convention d’Istanbul contre la violence à l’égard des femmes et ajuster sa législation nationale, en conséquence.

Mme MENG XIAOSI, Vice-Présidente du Comité national de travail sur les enfants et les femmes du Conseil d’État de la Chine, a indiqué qu’en décembre 2015, une loi contre la violence sexiste avait été adoptée par son gouvernement.  Elle a ensuite affirmé que les Chinoises avaient davantage de pouvoir sur le plan économique, en particulier grâce à des mesures visant à faciliter leur accès au microcrédit.  En tant que Présidente du G-20, la Chine a annoncé l’intention de multiplier les partenariats à l’appui de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, a indiqué la représentante.

Mme FATIMETOU HABIB, Ministre des affaires sociales, des enfants et de la famille de la Mauritanie, s’est félicitée des acquis obtenus par son pays en faveur des femmes, notamment celles résidant en zone rurale.  Au cours des dernières années, la Mauritanienne a vu ses droits et son autonomisation économique renforcés, a assuré la représentante.  Elle a annoncé que le 6 mars dernier, le projet de loi-cadre pour la lutte contre la violence faite aux femmes avait été adopté par son gouvernement.  En outre, des dispositions ont été prises pour veiller à ce que les hommes et les femmes soient sur un pied d’égalité au moment du départ à la retraite.  La Mauritanie a également ratifié de nombreux traités liés à la femme et à la fille, y compris la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, et reste déterminée à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Le Gouvernement a en outre facilité l’accès de la femme aux projets de création d’entreprise en leur accordant des prêts à des taux avantageux.

M. WILSON MURULI MUKASA, Ministre du genre et du développement social de l’Ouganda, a affirmé que son pays n’a cessé de faire des progrès dans l’autonomisation des femmes, les succès étant imputables à une forte volonté politique ainsi qu’à des politiques et à un cadre juridique protégeant les droits de la femme et de la fille.  Nos politiques sont guidées par la Constitution qui consacre la discrimination positive s’agissant de la représentation politique et de l’accès au troisième cycle de l’enseignement.  En conséquence, 35% des sièges parlementaires sont occupés par des femmes, ce qui dépasse la masse critique de 30% fixée par le Programme d’action de Beijing.  Les résultats des dernières élections indiquent d’ailleurs que ce taux va être dépassé.  La parité a été atteinte dans le cycle de l’enseignement primaire et le nombre des filles dans le cycle secondaire ne cesse d’augmenter. 

Le Gouvernement, s’est enorgueilli le Ministre, est « stratégiquement positionné » pour accélérer son action en faveur des femmes dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Il a cité les « interventions majeures » dont les programmes pour accélérer l’émancipation économique des femmes, les réformes juridiques en leur faveur, la création d’une base de données nationale sur la violence faite aux femmes, l’intégration d’indicateurs sur l’égalité entre les sexes dans le cadre national de suivi et d’évaluation des politiques et l’élaboration de la politique nationale de protection sociale.  Le Ministre n’a pas oublié de mentionner le programme « Uganda Vision 2040 ».

Mme AWUT DENG ACUIL, Ministre du genre, de l’enfance et du bien-être social du Soudan du Sud, a rappelé qu’un accord de paix avait été conclu entre le Gouvernement et l’opposition et que des mesures étaient en cours pour instituer un gouvernement de transition nationale, « ce qui nous galvanise pour consolider l’appropriation nationale et mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine ».  Elle a indiqué que son pays avait ratifié la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et qu’il était sur le point de ratifier la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.  Le Soudan du Sud, a-t-elle insisté, est confronté à un défi majeur qui est celui du financement de la parité.

M. EDWIN J. BATSHU, Ministre du travail et des affaires intérieures du Botswana, a déclaré que son pays accordait une priorité à l’investissement dans la santé des femmes et des filles, faisant valoir par exemple ses campagnes de vaccination des filles contre le virus du papillome humain en vue de prévenir les risques de cancer du col de l’utérus.  Par ailleurs, dans un effort pour tacler le problème des violences domestiques, son gouvernement a légiféré en promulguant en 2008 une loi qui a été suivie, en 2013, de règlementations officielles dans ce domaine. 

Considérant par ailleurs que la distribution équitable des terres cultivables était un facteur déterminant dans la réalisation des opportunités économiques pour les femmes et du bien-être social, le Botswana a adopté une loi spécifique destinée à faciliter l’identification des disparités entre les sexes dans l’accès à la propriété, a expliqué M. Batshu.

Mme UNMY MWALIMU, Ministre de la santé, du développement communautaire, du genre, des personnes âgées et du développement de la République-Unie de Tanzanie, a jugé important que les pouvoirs publics, les organisations internationales, la société civile et le secteur privé œuvrent de concert.  Le Gouvernement tanzanien est en train d’examiner sa stratégie nationale pour faire de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes des priorités et suivre les progrès d’ici à 2030.  Des lois sont aujourd’hui en place, notamment sur la violence sexuelle, le travail, le droit à l’éducation et celui d’acquérir, de détenir et d’exploiter la terre.  En outre, la Tanzanie a augmenté les capacités économiques des femmes, grâce à l’accès au crédit et à la formation.  Elle s’efforce de réduire la mortalité maternelle et infantile. 

Mme ZENEBU TADESSE WOLDETSADIK, Ministre de la condition féminine et de l’enfance de l’Éthiopie, a relevé que l’Éthiopie a adopté et mis en œuvre des instruments juridiques visant à favoriser l’émancipation des femmes.  Elle a cité quelques mesures concrètes que son gouvernement a prises pour autonomiser les femmes.  Elle a par exemple indiqué que les femmes entrepreneurs bénéficient de facilités de crédits. 

Elle a aussi cité des mesures pour améliorer l’emploi des femmes, dans les secteurs formels et informels.  Afin de faciliter l’accès à la propriété foncière, les femmes éthiopiennes reçoivent désormais, au même titre que leurs conjoints, des certificats de propriété foncière, s’est-elle encore félicitée.

Mme ING KANTHA PHAVI, Ministre de la condition féminine du Cambodge, a annoncé l’adoption récente du premier document de politique nationale d’égalité des sexes dans son pays.  Elle a indiqué que ce document prenait en compte le nouveau Programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté par l’Assemblée générale en septembre dernier. 

Fort de cette nouvelle donne, a-t-elle expliqué, le Ministère des finances a prescrit à tous les autres départements ministériels d’établir des indicateurs censés permettre de mesurer les avancées en matière d’autonomisation des femmes.  Elle a insisté sur la nécessité pour les décideurs de rendre compte de leurs actions en matière d’autonomisation des femmes. 

M. ZAFARULLA KHAN, Ministre d’État chargé des droits de l’homme du Pakistan, a indiqué que son pays s’était associé aux objectifs de développement durable, en particulier l’objectif 5 consacré aux femmes avec des mesures institutionnelles et juridiques à tous les niveaux.  Ainsi, l’autonomisation des femmes a-t-elle été incluse dans la « Vision 2025 » du Pakistan dans les secteurs de l’activité économique.  De nouvelles lois ont été adoptées « pour protéger les femmes et leur permettre de réaliser leurs droits sur un pied d’égalité ».  Les femmes bénéficient de prêts sans intérêts, d’une meilleure éducation et d’un « ambitieux » plan des droits de la personne.

Mme LORENA CRUZ-SÁNCHEZ, Présidente de l’Institut national des femmes du Mexique, a souligné que son pays avait enregistré des progrès avec l’intégration de la problématique hommes-femmes « comme axe transversal » dans toutes les politiques gouvernementales et l’adoption de budgets progressifs pour l’autonomisation des femmes aux niveaux politique, économique et social, et « pour une vie sans violence ».

Le Gouvernement mexicain, a-t-elle assuré, « recherche la parité à tous les niveaux ».  En décembre dernier, une loi sur l’égalité dans le contexte du travail et la sécurité familiale a été adoptée pour que les femmes aient accès à des emplois dignes.  Elle a évoqué les défis qui subsistent, notamment pour les femmes autochtones, rurales et handicapées.  Le Gouvernement met aussi l’accent sur la prévention des grossesses chez les adolescentes et fournit des services pour favoriser l’autonomisation des femmes et des filles mexicaines.

Mme MAYA MORSY, Présidente du Conseil national des femmes de l’Égypte, a relevé que les autorités égyptiennes avaient engagé des mesures d’autonomisation des femmes afin que ces dernières soient à même d’apporter leur contribution à la prospérité du pays.  Elle a salué le fait que le taux de participation des femmes au Parlement égyptien était passé de 2% en 2012 à 15% récemment. 

Elle s’est aussi félicitée du fait que le harcèlement sexuel était désormais pénalisé en Égypte et que les mutilations génitales sexuelles étaient en baisse.  Mme Morsy a en outre parlé de mesures gouvernementales visant à promouvoir l’intégration des femmes dans le monde du travail, notamment à des postes de prise de décisions.

Mme MARÍA FABIANA TUÑEZ, Présidente du Conseil national des femmes de l’Argentine, a estimé que la clef pour la pleine autonomisation économique des femmes était de s’assurer que les discriminations dans les milieux du travail cessent.  Elle a déclaré que dans son pays, le taux de participation des femmes à la vie publique ne cesse de croître. 

Elle a déclaré que les autorités argentines entendent éradiquer la pauvreté et, pour atteindre un tel résultat, il est utile d’autonomiser les femmes.  Elle a précisé que cette autonomisation est indissociable de toute stratégie de développement durable.

Mme GULSHAT MAMMEDOVA, Chef du Comité de la politique sociale du Mejlis (Parlement) du Turkménistan, a indiqué que son pays avait connu des rythmes de croissance importants du fait de « politiques bien pensées » qui apportent un plus grand bien-être au peuple.  Le but est de promouvoir et de parvenir à l’égalité entre les sexes.  Les femmes participent déjà à plus de 50% de l’économie et occupent une place importante dans les institutions étatiques, les sciences, l’éducation, la culture, les arts, la santé et le sport. 

Elles représentent aussi 26,4% des membres du Parlement.  De plus, le Turkménistan met en place des stratégies pour appliquer des normes et des critères de parité dans la législation nationale et la pratique, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP).

M. BENNO BÄTTIG, Secrétaire général du Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse, a rappelé que la violence domestique était un fléau majeur en Suisse également, où près de 9 000 victimes avaient été recensées en 2014, et ce, alors même que 20% de cas ne seraient pas enregistrés.  Contre ce phénomène, des services et programmes socioéducatifs ont été institués et l’État a renforcé son arsenal répressif pour réduire les risques de récidive, a indiqué la représentante.

Rappelant que son pays était autant engagé contre la violence envers les femmes que dans leur autonomisation politique et économique, il a affirmé que l’indépendance financière est source d’indépendance sociale.  En outre, la Suisse s’est dotée de bases juridiques nécessaires pour lutter contre toutes les formes de violence, notamment en ratifiant la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique et procède régulièrement à leur évaluation.  En ce qui concerne les mesures institutionnelles développées à l’échelle nationale, un Programme de coopération internationale ambitieux a été lancé par le pays, en lien avec sa stratégie nationale pour le développement durable.

Mme KATALIN NOVÁK, Ministre de la famille et de la jeunesse de la Hongrie, a évoqué la crise démographique en Europe et la nécessité d’aider les réfugiés, tout en condamnant « la violence contre les femmes dans les lieux publics » et dans les ménages.  « Les femmes de Hongrie vont bien », a-t-elle résumé.  Toutefois, elle s’est dite préoccupée par le déclin démographique depuis 34 ans et « si nous continuons ainsi », s’est-elle lamentée, « nous allons perdre plus de 2 millions de personnes dans un pays qui en compte 10 millions ».

C’est pour cette raison que l’accent est mis sur les politiques de la femme et de la famille.  Le Gouvernement a introduit un système fiscal avantageux et des congés payés pour les parents, des soins de santé pour les enfants, et des incitations pour les jeunes couples qui veulent acheter un logement.  La Hongrie peut se vanter d’avoir un taux d’emploi élevé et « la liberté de choix » pour les femmes.

Mme MELANIE GRIFFIN, Ministre des services sociaux et du développement communautaire des Bahamas, a indiqué que les Bahamas s’étaient engagées à promouvoir l’autonomisation des femmes à travers le Bureau de la femme.  Le groupe de travail national sur les violences sexistes élabore un plan stratégique pour éliminer et prévenir ce problème; quatre projets de lois visant à modifier la Constitution pour l’égalité des hommes et des femmes devant la loi ont été adoptés après l’organisation d’un référendum populaire.

De plus, a ajouté la Ministre, le Gouvernement s’efforce d’intégrer les femmes rurales, les femmes handicapées et d’accroître le nombre de femmes dans la prise de décisions en général.

Mme BERNARDA PÉREZ, Vice-Ministre de la condition féminine du Chili, a dit que la perspective de l’égalité des femmes avait conduit à la modification de la loi électorale chilienne qui institue désormais la parité des candidatures au Parlement du pays.  De plus, a-t-elle ajouté, les candidatures féminines sont désormais facilitées grâce à des incitations financières. 

Elle a par ailleurs noté que le Chili avait énormément progressé en matière de participation des femmes dans les instances décisionnelles des entreprises.  La Ministre a aussi parlé d’une proposition de loi qui aborde désormais la violence à l’encontre des femmes de manière globale, ne faisant plus de distinction entre la violence conjugale et les autres types dont elles sont victimes.

M. ALEXEY VOVCHENK, Vice-Ministre du travail et de la protection sociale de la Fédération de Russie, a souhaité que cette année, la Commission de la condition de la femme allait élaborer un document final de sa session équilibrée.  Il a déclaré que les femmes russes étaient très actives sur le plan économique et social. 

Il a cité un certain nombre de responsables de la haute administration de son pays qui sont des femmes, indiquant ainsi que ces dernières n’avaient aucune difficulté à travailler aux côtés de leurs collègues de sexe masculin.  Il a en outre relevé que le Gouvernement russe offrait des facilités aux femmes afin de promouvoir une maternité harmonieuse et favoriser ainsi la reprise de la natalité dans le pays.

Mme CATHERINE EMBONDZA LIPITI, Ministre de la promotion et de l’intégration de la femme de la République du Congo, a réaffirmé l’adhésion de son pays à l’engagement de l’Union africaine à faire de 2016 l’Année des droits de l’homme avec un accent particulier sur les droits des femmes.  Elle a déclaré que la Constitution de son pays garantissait la parité hommes-femmes comme un mécanisme assurant à celle-ci la promotion et la représentativité à toutes les fonctions administratives, politiques et électives. 

Dans le cadre de la lutte contre les violences sexistes, le Gouvernement congolais a mené plusieurs enquêtes et réalisé des études qui ont débouché sur la formation des parties prenantes impliquées dans la prise en charge et le référencement des victimes.  Mais des défis restent à relever, a reconnu la Ministre, qui a cité la nécessité de renforcer les capacités des femmes dans les domaines éducatifs, de produire et publier des données ventilées par sexe, ou encore d’intensifier la sensibilisation aux droits fondamentaux des femmes en vue de lutter contre les violences et les discriminations dont elles sont victimes. 

M. LUCIE KIPELE AKY AZUA, Ministre de la femme, de la famille et de l’enfance de la République démocratique du Congo (RDC), a déclaré que son gouvernement s’est engagé dans un vaste programme d’autonomisation de la femme à travers sa « Politique nationale genre ».  Dans le contexte postconflit de la RDC, cette autonomisation est une priorité pour l’émergence du pays d’ici à 2030.  La population congolaise, qui est estimé à plus de 75 millions d’habitants avec un taux de croissance démographique annuel de près de 3%, est à prédominance féminine -52%- et extrêmement jeune, 50% de la population ayant moins de 15 ans.  61,2% des femmes vivent en dessous du seuil de pauvreté alors que l’économie informelle a fait d’elles les principales pourvoyeuses des ressources du ménage. 

Sur le plan normatif, le pays a procédé à l’harmonisation des textes juridiques contre la discrimination fondée sur le sexe et sur le plan de l’emploi formel, un projet sur l’autonomisation économique des femmes rurales est en gestation.  Le pays a mis sur pied plusieurs mesures pour l’accès égal à l’emploi et à la protection sociale, aux capitaux et aux opportunités commerciales et économiques.  Parmi les défis qui restent à surmonter, la Ministre a cité l’accès au crédit, à la terre et aux intrants, et la non-maîtrise des techniques de la chaîne de production, de transformation et de commercialisation des produits. 

Dix ans ont passé depuis l’adoption de la loi sur l’égalité entre les sexes en Ukraine, a constaté M. SERHIY USTYMENKO, Ministre adjoint de l’intégration européenne et Ministre de la politique sociale de l’Ukraine.  La lutte contre la discrimination et la violence sexiste est intégrée dans la stratégie des droits de l’homme adoptée l’an dernier, a-t-il précisé.  L’Ukraine a entrepris des réformes dans les domaines de la santé et de la sécurité et au niveau des structures du pouvoir.

D’après le Ministre, l’insertion de la parité à tous les niveaux est essentielle pour assurer le développement durable.  Pas moins de 20% de femmes sont officiers dans des patrouilles de police et la parité en politique et dans les entreprises doit atteindre un taux de 30% au minimum.  De plus, a-t-il ajouté, il faut agir contre les stéréotypes négatifs quant aux rôles sociaux, notamment au sein de la famille.  Il a conclu en rappelant que son pays luttait contre « une agression extérieure ».  

Mme CATARINA MARCELINO, Secrétaire d’État pour la citoyenneté et l’égalité du Portugal, a salué la participation des organisations non gouvernementales, partenaires essentiels de la Commission.  « Le relativisme culturel ne saurait être une raison pour ne pas mettre en œuvre les engagements pris au plus haut niveau par les États Membres », a-t-il dit.  Le Portugal lutte contre toute forme de discrimination à l’égard des femmes et des filles. 

Le Gouvernement est en train de mettre au point des documents en ce qui concerne les dimensions de la parité dans les entreprises d’État et privées et s’efforce de réconcilier la vie familiale et professionnelle, et de reconnaître le travail non rémunéré.  Enfin, s’est-il félicité, le Portugal a été le premier pays européen à ratifier la Convention d’Istanbul pour empêcher toute forme de violence à l’égard des femmes et des filles.

Mme SUSANA CAMARERO, Vice-Ministre des services sociaux de l’Espagne, a relevé que les autorités espagnoles avaient pris des mesures pour faciliter l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle des femmes.  Elle a aussi dit que son gouvernement s’était engagé à promouvoir la création d’emplois, notamment en faveur des femmes, les plus touchées par le chômage, a-t-elle souligné.  Elle a en outre appelé tous les États Membres à s’assurer qu’il n’y ait pas de laissés-pour-compte, surtout pas de femmes, et surtout pas en cette nouvelle ère qui s’ouvre, et qui doit être caractérisée par l’égalité.

M. FE’AO VAKATA, Ministre de l’intérieur des Tonga, a déclaré que son gouvernement avait adopté trois priorités en matière d’épanouissement des femmes, notamment la protection des femmes face à la violence, la promotion de la participation des femmes à tous les niveaux de prise de décisions, et enfin leur autonomisation, y compris celles qui vivent dans les zones rurales et les îles isolées. 

Il a par exemple indiqué que la nouvelle loi contre la violence conjugale prescrivait que le mis en cause doit obligatoirement quitter le domicile familial, alors que la femme, la victime, a le choix d’y rester.  En outre, au vu de la situation géographique du pays, le Ministre a souligné l’importance d’autonomiser les femmes de Tonga en matière de préparation aux risques de catastrophes et aux effets néfastes des changements climatiques. 

M. COLLIN BECK (Îles Salomon) a indiqué que son pays avait évalué les lacunes existant dans son cadre législatif et ses stratégies pour l’égalité des sexes et la protection de la famille.  Il s’est félicité du lien entre l’autonomisation des femmes et le développement durable.  Les priorités, selon lui, sont d’éliminer la pauvreté et de « s’occuper de la santé de la planète ».  Enfin, les objectifs de développement durable demandent de nouveaux partenariats authentiques avec des moyens de mise en œuvre qui respectent les priorités nationales.

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