Les experts demandent des initiatives pour préserver et revitaliser les langues autochtones

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22 janvier 2016

Les experts demandent des initiatives pour préserver et revitaliser les langues autochtones

New York, 22 janvier 2016 (Département des affaires économiques et sociales) -- Des experts du monde entier se sont réunis trois jours durant au Siège de l’ONU, à New York, afin d’identifier les meilleures pratiques et de recommander les moyens permettant de préserver et de revitaliser les langues autochtones.  S’il y aurait entre 6 000 et 7 000 langues orales dans le monde aujourd’hui, on estime qu’une langue meurt toutes les deux semaines.

« La préservation et la revitalisation des langues autochtones sont essentielles à la sauvegarde de notre patrimoine culturel commun», a déclaré le Sous-Secrétaire général chargé du développement économique au sein du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU, M. Lenni Montiel, qui a organisé la réunion du 19 au 21 janvier 2016.

« Chaque gouvernement et chaque État ont besoin de travailler avec les peuples autochtones afin de maintenir ces langues en vie, parce que lorsqu’elles disparaissent, l’ensemble des pratiques culturelles afférentes à cette partie de la civilisation disparaissent pour toujours », a déclaré le Grand Chef Edward John, de la Nation Tl’azt ‘fr, au Canada, membre de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones.

Les technologies de l’information et des communications peuvent être des outils puissants pour la revitalisation des langues autochtones.  M. Craig Cornelius de l’entreprise Google a ainsi expliqué comment Google, avec la Nation cherokee, avait créé un site de recherche Internet et un compte Gmail en langue cherokee.  Mme Tatiana Degai, du Conseil des Itelmènes du Kamchatka, en Russie, a souligné comment la messagerie WhatsApp et les chansons en ligne utilisées pour des karaokés, en langue itelmen, incitaient les jeunes à utiliser cette langue.

Lors de la réunion, les peuples autochtones ont présenté plusieurs initiatives et recommandations afin de garder leurs langues vivantes.  Ils ont appelé les États Membres à proclamer une journée internationale et une décennie des Nations Unies dédiées aux langues autochtones afin de sensibiliser le grand public à la nécessité de garder des langues dynamiques et vivantes.

Ils ont également préconisé la mise en place d’un fonds mondial pour soutenir les initiatives en faveur des langues autochtones qui mettraient l’accent sur des projets de revitalisation linguistique emmenés par les communautés.  Les États Membres ont été priés de mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Les participants de la réunion ont également appelé l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à faire de la préservation et de la revitalisation des langues autochtones une priorité et de lancer des programmes concrets à cette fin.  Il a aussi été demandé à l’UNESCO d’inscrire la revitalisation et la promotion des langues autochtones à l’ordre du jour de la Conférence générale de l’UNESCO.

La réunion a, en outre, permis de souligner le rôle important des femmes autochtones dans la transmission des langues autochtones aux futures générations.  La Commission de la condition de la femme a été invitée à faire de « l’autonomisation des femmes autochtones » un thème prioritaire.

Les États Membres ont présenté des initiatives visant à maintenir et revitaliser les langues autochtones.  Un groupe d’États composé de l’Australie, de l’Argentine, du Brésil, de la Bolivie, du Canada, de la Colombie, du Danemark, d’El Salvador, de la Finlande, du Guatemala, du Mexique, du Nicaragua, de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, de l’Espagne et du Pérou a fait une déclaration commune reconnaissant la question des langues autochtones comme étant une question de droits.

Ils ont également souligné la nécessité de prendre des mesures efficaces afin que les peuples autochtones puissent comprendre et être compris lors d’échanges politiques, juridiques, et administratifs.

Le rapport final et les recommandations du groupe d’experts seront soumis à l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, à sa session de mai 2016.

Pour plus d’informations sur l’ONU et les peuples autochtones, veuillez consulter le site à l’adresse suivante: https://www.un.org/development/desa/indigenous-peoples-fr/.

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