7793e séance – matin  
CS/12561

Femmes, paix et sécurité: au Conseil de sécurité, les appels se multiplient pour combler le « déficit » de mise en œuvre de la résolution 1325 (2000)

Seize ans après l’adoption, par le Conseil de sécurité, de la résolution pionnière 1325 (2000), force est de constater que les femmes sont bien trop souvent empêchées de participer pleinement aux processus de paix et de consolidation de la paix, alors que leur utilité n’est plus à démontrer, a déclaré, aujourd’hui au Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, venu présenter son dernier rapport à ce sujet.

« Nous subissons tous des effets de ce déficit.  Dans notre monde interconnecté, l’insécurité et les conflits dans un pays ou une région donnés nous affectent tous », a lancé M. Ban lors du débat public semestriel consacré à l’état de mise en œuvre de cette résolution par les États Membres et auquel ont pris part 80 orateurs.  « Douloureusement conscient » que la situation est loin d’être « équitable », le Secrétaire général s’est toutefois félicité qu’à ce jour, 63 pays ont établi un plan d’action national alors qu’ils étaient seulement quatre lorsqu’il est entré en fonctions.

« En regardant les photos des pourparlers de paix sur la Syrie ou le Yémen, j’aurais toutefois souhaité y voir une femme assise à la table des négociations ou membre d’une des délégations », a regretté le Secrétaire général.  Au Mali, a noté, de son côté, la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, une seule femme se trouvait parmi les 62 membres des comités chargés de la surveillance et de la mise en œuvre de l’Accord de paix et en Iraq, et aucune Iraquienne dans les quatre cellules de commandement chargées de superviser le retour de la population dans les zones reprises à Daech.

C’est pourquoi, il a appelé les États Membres, les organisations régionales et le système des Nations Unies à suivre les recommandations de l’étude mondiale réalisée en 2015 sur l’application de la résolution 1325 (2000) et à traduire leurs engagements en actions concrètes.  « Nous allons mobiliser des champions de haut niveau pour amplifier notre message et aider le programme d’ONU-Femmes pour les femmes et la paix et la sécurité à recueillir le plus large soutien possible », a dit Mme Mlambo-Ngcuka.

La Directrice exécutive a cependant fait état d’avancées encourageantes, comme le dépassement, par le Fonds pour la consolidation de la paix, de l’objectif de 15% de ressources allouées au financement de l’égalité entre les sexes et à l’autonomisation des femmes dans les sociétés postconflit.  En outre, a-t-elle noté, le pourcentage d’accords de paix contenant des dispositions sur l’égalité des sexes est passé de 22 à 70% au cours des cinq dernières années.

C’est le cas de l’Accord de paix en Colombie, finalement rejeté à l’issue d’un référendum le 2 octobre 2016.  À la suite du Secrétaire général, de la Malaisie, de la Nouvelle-Zélande, du Japon ou encore des États-Unis, qui ont cité ce processus de paix en exemple, la représentante colombienne a expliqué qu’un tiers des négociateurs de l’Accord de paix conclu à La Havane étaient des femmes, ces dernières représentant également 60% des experts consultés sur les violences sexuelles.

Nombreux ont été les États Membres à présenter les mesures qu’ils ont prises pour mettre en œuvre la résolution 1325, notamment ceux qui fournissent des contingents aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies.  Ainsi, le Pakistan a assuré que la sensibilisation aux problématiques de genre était obligatoire dans le cadre de la formation prédéploiement de ses Casques bleus.  C’est le cas également de l’Espagne, autre pays contributeur de troupes, qui a pris l’initiative d’établir un « Réseau des points de contact nationaux » pour œuvrer à la mise en œuvre intégrale du texte, dans son pays, mais aussi en Allemagne, aux Émirats arabes unis et au Chili.

Tandis que le Kenya, la France, le Sénégal, l’Angola, le Nigéria, le Timor-Leste ou encore la Suisse, défendaient leurs plans d’action respectifs à l’appui de cette mise en œuvre, la Fédération de Russie a reconnu que son gouvernement n’en avait pas adopté, lui préférant une « stratégie nationale pour la période 2017-2022 ».  Soucieux d’éviter les « doublons » et les « incohérences » entre les multiples initiatives, il a rappelé que l’intégration « systématique » de la parité hommes-femmes « dans tous les mandats » des opérations de maintien de la paix ne donnait pas forcément les résultats escomptés et pouvait même entraver l’application de la résolution 1325.

C’est pourtant au Conseil de sécurité, chargé d’élaborer ces mandats, que le Secrétaire général s’est aujourd’hui adressé, en priant ses membres de collecter  des informations spécifiquement liées à la situation des femmes et des filles lors de l’examen des différentes questions figurant à son ordre du jour, « pour placer femmes et filles au cœur de son travail ».

M. Ban Ki-moon a également encouragé le Conseil à se mettre davantage « à l’écoute de la société civile », « lors de toutes les délibérations portant sur la prévention des conflits et la consolidation de la paix ».  Intervenant au nom de l’ONG « Working Group for Women, Peace and Security », Mme Rita Lopidia, Directrice exécutive de l’organisation de femmes du Soudan du Sud « EVE », a souligné qu’il était important de tenir compte des préoccupations des femmes dans toutes les stratégies de protection censées répondre à leurs attentes.

Pour le Secrétaire général, l’obstacle le plus considérable, c’est l’insuffisance des ressources financières.  « Je vous demande de consacrer un minimum de 15% du financement de la paix et de la sécurité à des programmes répondant aux besoins spécifiques des femmes et des filles, et de tirer pleinement parti du nouveau fonds commun qui vient d’être créé pour mobiliser davantage de ressources vers les organisations de femmes œuvrant à la paix », a-t-il préconisé. 

Convaincu que la promotion des femmes n’est pas une « opération marketing », le représentant de la France a, pour sa part, souhaité que les précédents créés par les nouveaux mandats, qui font une place conséquente aux femmes, de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), deviennent la norme pour les autres opérations.

LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SÉCURITÉ

Mise en œuvre des priorités communes

Rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité (S/2016/822)

Lettre datée du 14 octobre 2016, adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2016/871)

Déclarations

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’ONU, a déclaré que les femmes avaient un rôle vital à jouer dans la prévention des conflits et le renforcement et le maintien de la paix.  Bien que ce principe soit largement reconnu, les femmes sont bien trop souvent empêchées de participer pleinement aux processus de paix et de consolidation de la paix, a-t-il constaté.  « Nous souffrons tous des effets de ce déficit.  Dans notre monde interconnecté, l’insécurité et les conflits dans un pays ou une région donnés nous affectent tous », a estimé le Secrétaire général.  Il y a neuf ans, a-t-il rappelé, « je me suis adressé à ce Conseil au cours de son premier débat ouvert sur les femmes, la paix et la sécurité ».  Depuis lors, les Nations Unies ont fait des progrès et la création d’ONU-Femmes a amplifié les voix des femmes et créé une dynamique en faveur du leadership des femmes en matière de paix et de sécurité.  En outre, a indiqué M. Ban, le bureau de son Représentant spécial sur la violence sexuelle dans les conflits mobilise l’attention de la communauté internationale sur l’un des « plus grands défis moraux de notre temps ».  Outre les résolutions successives sur les femmes, la paix et la sécurité, le réexamen, l’an dernier, de l’architecture de paix et de consolidation de la paix et l’étude mondiale sur l’application de la résolution 1325 (2000) ont stimulé de nouveaux engagements et une nouvelle détermination.

« Quand je suis entré en fonctions comme Secrétaire général, seulement quatre pays étaient dotés de plans d’action nationaux sur les femmes, la paix et la sécurité.  Aujourd’hui, ils sont 63 », s’est félicité M. Ban.  « En tant que Secrétaire général, j’ai nommé beaucoup de femmes comme envoyées spéciales et représentantes spéciales.  J’ai aussi nommé la première commandante d’une mission de maintien de la paix et la première conseillère de police entièrement composée de personnel féminin. »  De plus, a-t-il poursuivi, des centaines de milliers de femmes et de filles sont aidées et soutenues par les programmes des Nations Unies dans les pays touchés par un conflit.  Les tribunaux nationaux et internationaux ont rendu des verdicts considérés comme des jalons historiques pour la justice en matière de genre.  « Peut-être plus importants que tout le reste, les processus et accords de paix sont de plus en plus inclusifs, comme les pourparlers de paix colombiens, qui ont inclus un groupe chargé de réfléchir aux perspectives sexospécifiques et aux droits des femmes », a noté le Secrétaire général.

Il s’est cependant dit douloureusement conscient que, malgré toutes ces avancées, la « situation reste loin d’être équitable ».  M. Ban a condamné les atrocités innombrables qui continuent d’être perpétrées contre les femmes et les filles, y compris par certains de nos propres soldats de la paix », ainsi que l’exclusion politique continue des femmes.  Les processus de paix, les programmes humanitaires et les plans de consolidation de la paix « les ignorent » et ne parviennent pas à répondre à leurs besoins et protéger leurs droits.  « Si l’on regarde les photos des pourparlers de paix sur la Syrie ou au Yémen, a-t-il fait remarquer, j’aurais souhaité y voir une femme à la table des négociations ou membre d’une délégation. »  Le Secrétaire général a ensuite fustigé les groupes extrémistes violents, notamment Daech et Boko Haram. 

M. Ban a demandé au Conseil de sécurité de prendre un certain nombre de mesures spécifiques.  « Tout d’abord, je vous exhorte à demander que soient collectées des informations relatives aux femmes et aux filles dans tous vos rapports et exposés sur les pays touchés par les conflits.  Sans informations pertinentes, les mandats de maintien de la paix ne pourront jamais répondre aux besoins particuliers des femmes et des filles », a-t-il expliqué.  « Trop souvent, ce qui n’est pas pris en compte ne semble avoir aucune importance », a résumé M. Ban.  Par ailleurs, il a exhorté les membres du Conseil de sécurité à veiller à ce que toutes les opérations de paix de l’ONU prennent la responsabilité de placer femmes et filles au cœur de leur travail.  Le Secrétaire général les a ensuite encouragés à se mettre à l’écoute de la société civile, en particulier les organisations de femmes, lors de toutes les délibérations portant sur la prévention des conflits et la consolidation de la paix.  Il les a également exhortés à veiller à la disponibilité de ressources suffisantes pour financer ces activités.

« L’incapacité à financer ce programme est peut-être le plus grand obstacle auquel nous sommes confrontés.  Je vous demande de consacrer un minimum de 15% du financement de la paix et de la sécurité à des programmes répondant aux besoins spécifiques des femmes et des filles, et de tirer pleinement parti du nouveau fonds commun qui vient d’être créé pour canaliser davantage de ressources vers les organisations de femmes œuvrant à la paix », a préconisé le Secrétaire général.  Enfin, il a encouragé les membres du Conseil à examiner les moyens de placer davantage les négociations de paix sous le signe de la diversité.  Après plus de 15 ans de plaidoyer, cela n’a pas eu lieu.  De toute évidence, de nouvelles idées et une action plus forte sont nécessaires, a-t-il ajouté.  Des études ont démontré qu’il y a 35% au moins de chances supplémentaires que les accords de paix durent au moins 15 ans si les femmes sont assises à la table des négociations, a-t-il précisé, avant de conclure, à l’appui de ses demandes.

Mme PHUMZILE MLAMBO-NGCUKA, Directrice exécutive d’ONU-Femmes, a appelé les États Membres, les organisations régionales et l’ONU à suivre les recommandations de l’étude mondiale sur l’application de la résolution 1325 (2000) et à traduire leurs engagements par des actions concrètes.  Elle a détaillé les actions qu’ONU-Femmes comptait prendre à cet égard, en promettant que les appels pour une plus grande visibilité des femmes seront entendus.  « Nous allons mobiliser des champions de haut niveau qui puissent amplifier notre voix, notre message et notre présence et faire en sorte que le programme pour les femmes et la paix et la sécurité recueille le plus large soutien possible ».  La Directrice exécutive a indiqué qu’ONU-Femmes contribuait à la mise en œuvre de l’examen des opérations de paix avec le Département des opérations de maintien de la paix et le Département des affaires politiques avant de féliciter la Commission de consolidation de la paix pour l’adoption de sa stratégie sur le genre, une première pour une organisation intergouvernementale.

Elle a ensuite évoqué les progrès recensés dans le rapport du Secrétaire général, en affirmant que, pour la première fois, le Fonds pour la consolidation de la paix avait dépassé la cible de 15% de ressources ciblant directement l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.  Le pourcentage des accords de paix contenant des dispositions sur l’égalité des sexes est passé de 22 à 70% sur les cinq dernières années.  Elle a rappelé qu’au Guatemala, un tribunal avait prononcé des condamnations pour esclavage sexuel pendant un conflit armé, ce qui constitue une première pour un tribunal national.

Mme Mlambo-Ngcuka a mentionné « les domaines de stagnation et de préoccupation », affirmant que le pourcentage de femmes bénéficiaires des programmes de désarmement, démobilisation et de réintégration avait nettement baissé et était désormais de 12%.  Dans les pays en proie à un conflit ou émergeant d’un conflit qui n’ont pas de quotas, les femmes ne représentent que 11% des parlementaires, a-t-elle dit.  La Directrice exécutive a réappelé l’engagement pris par le Conseil dans sa résolution 2242 (2015) pour que des femmes issues de la société civile présentent un exposé lors des réunions consacrées à la situation dans un pays inscrit à l’ordre du jour ne s’était pas matérialisé.  Si elle a salué la libération des 21 filles de Chibok, elle s’est dite vivement préoccupée par le sort des filles qui n’ont pas encore été retrouvées, avant de rappeler les viols commis en toute impunité contre les femmes et les filles au Soudan du Sud.

« Outre ces exemples d’extrême violence commise contre les femmes, nous avons des exemples innombrables d’une extrême marginalisation des femmes dans la vie publique et lors de la prise de décisions », a-t-elle déclaré, en ajoutant que cela devrait être un sujet de préoccupation pour ce Conseil.  La Directrice exécutive a indiqué que, lors de la première année de réunion du Groupe d’experts sur les femmes, la paix et la sécurité, le Conseil avait discuté les situations dans quatre pays: le Mali, l’Iraq, la République centrafricaine et l’Afghanistan.  « Au Mali, il n’y avait qu’une seule femme parmi les 62 membres maliens des comités chargés de la surveillance et de la mise en œuvre de l’Accord de paix. » Elle a précisé qu’en Iraq, il n’y avait pas une seule femme présente dans les quatre cellules de commandement chargées de superviser le retour de la population dans les zones libérées.  En République centrafricaine, depuis la fin de la transition, la représentation des femmes au sein des institutions nationales a encore baissé, a-t-elle indiqué, avant de préciser que 8% seulement des parlementaires étaient des femmes.  Elle a rappelé qu’en Afghanistan les femmes représentaient 1% des membres des forces armées et 2% des policiers.

La Directrice exécutive a pointé les retards de l’ONU dans la représentation des femmes, indiquant qu’elles ne représentaient que 13% des membres de la mission politique spéciale de l’ONU en Afghanistan et seulement 11% des postes à responsabilité.  Ce déséquilibre frappant dans l’égalité entre les sexes peut ne pas durer car notre réputation et notre efficacité en paient le prix au quotidien, a-t-elle déploré.  La Directrice exécutive a estimé que les engagements du prochain Secrétaire général en vue de prendre des mesures concrètes pour promouvoir l’égalité entre les sexes étaient une avancée bienvenue.  Enfin, Mme Mlambo-Ngcuka a salué la contribution de l’actuel Secrétaire général dans la promotion du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.

Intervenant au nom d’une organisation de femmes du Soudan du Sud et de l’ONG « Working Group for Women, Peace and Security », Mme RITA LOPIDIA a jugé d’une importance critique la participation des femmes à toutes les phases des accords de paix.  Elle a estimé qu’il était déterminant que les acteurs du maintien de la paix intègrent mieux les questions concernant les femmes et leurs préoccupations dans toutes les stratégies de protection, afin de mieux répondre aux attentes des femmes et des filles.  S’agissant de son pays, le Soudan du Sud, elle a espéré que 2017 verra la mise en œuvre totale de la résolution 2034(2016) du Conseil de sécurité.  Elle a appelé le Gouvernement et l’opposition à accepter le déploiement d’une force régionale de protection afin que le Soudan du Sud cesse d’être un enfer pour les femmes.  Mettant l’accent sur l’importance de la justice et de la redevabilité pour la réconciliation au Soudan du Sud et ailleurs en Afrique, la représentante de l’ONG de femmes soudanaises a exhorté le Conseil de sécurité, l’Union africaine et les États Membres à soutenir la primauté du droit par la mise en œuvre d’une cour hybride pour le Soudan du Sud.  

M. ROMÁN OYARZUN MARCHESI (Espagne) a estimé que la participation élevée à ce débat public témoignait de l’attachement des États Membres et de la société civile à la question à l’ordre du jour.  L’examen de haut niveau a montré, l’an dernier, que tous les États Membres avaient des responsabilités à assumer pour mettre intégralement en œuvre la résolution 1325 (2000).  Le représentant s’est, à cet égard, félicité de la création d’un mécanisme innovant « au service des opérations de maintien de la paix », qui met à la disposition des membres du Conseil des informations concrètes au sujet des femmes, de la paix et de la sécurité.  Les experts travaillant dans le cadre de ce mécanisme ont, jusqu’à présent, organisé des réunions sur le Mali, l’Iraq, la République centrafricaine et l’Afghanistan.  Au niveau national, M. Marchesi a fait part de la création d’un « réseau de points contacts » à l’appui de la mise en œuvre par son pays de la résolution 1325 (2000).  La première réunion aura lieu au premier trimestre 2017, parallèlement à celle d’un réseau similaire établi en Allemagne, a-t-il précisé.

En outre, l’Espagne, soucieuse de mettre en œuvre la résolution 2042, s’est dotée d’un nouveau plan d’action national.  « Progressivement, nous allons augmenter le nombre de femmes déployées dans les opérations de maintien de la paix », a annoncé le représentant, en expliquant que cette décision était conforme à l’accès égal des hommes et des femmes à une carrière militaire en Espagne.  Après avoir salué l’initiative canadienne de créer un « réseau de conseillers militaires spécialisés », le représentant a déclaré que son gouvernement comptait consacrer un million d’euros au renforcement de l’égalité entre les hommes et les femmes au sein des opérations de maintien de la paix.  Son pays s’est en outre engagé à créer un « marqueur de l’égalité hommes-femmes » qui entrerait en vigueur à compter de 2018, a-t-il assuré.

M. IHAB MOUSTAFA AWAD MOUSTAFA (Égypte) a rappelé que les femmes et les filles restaient les principales victimes dans les zones de conflit, avant de souligner l’engagement de son pays pour promouvoir le programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  La communauté internationale, a-t-il estimé, doit garantir la participation des femmes aux décisions prises lors des phases suivant la fin d’un conflit.  Il a souligné l’importance d’une bonne protection des femmes pour permettre cette participation accrue.  Le programme pour les femmes et la paix et la sécurité oublie le sort des femmes palestiniennes vivant dans les territoires occupés par Israël, a-t-il regretté.

Le délégué a ensuite mis l’accent sur le renforcement des capacités des États en vue de promouvoir la participation des femmes et appelé à une meilleure coordination de l’action des entités onusiennes dans la mise en œuvre des recommandations de l’étude mondiale sur l’application de la résolution 1325 (2000).  Il a dit attendre avec impatience les propositions du prochain Secrétaire général en vue de mettre en place un cadre institutionnel renforcé pour la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.

L’Égypte a rejoint le réseau de points focaux nationaux et œuvre à l’application régionale de la résolution 1325 (2000) en coopération avec la Ligue des États arabes, a poursuivi le délégué. « Nous avons arabisé le programme pour l’adapter aux réalités de la région, en tenant notamment compte du sort des Palestiniennes et du défi de la radicalisation », a-t-il affirmé.  En conclusion, le représentant de l’Égypte a insisté sur le rôle central des femmes dans la conduite de la transition et la pérennisation de la paix dans un pays émergeant d’un conflit.

Mme CAROLYN SCHWALGER (Nouvelle-Zélande) a déclaré que la parité entre les sexes était une question d’importance critique pour maintenir la paix et la sécurité dans le monde.  «  Nous savons que les femmes et les filles ont un rôle déterminant à jouer en tant que dirigeantes et décideurs pour la prévention et le règlement durable des conflits », a ajouté Mme Schwagler avant de préciser que les données empiriques établissaient un lien entre participation des femmes aux prises de décisions et paix durable.  Elle s’est félicitée de la participation exemplaire des femmes au processus de paix en Colombie qui a abordé de manière adéquate les questions de violence contre les femmes.  Elle a aussi salué l’initiative de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie, M. Staffan de Mistura, qui a créé un conseil consultatif de femmes pour s’assurer que les voix des femmes puissent être entendues et reflétées dans le processus de paix. 

La représentante a cependant regretté que ce type d’initiatives soit rare avant d’exhorter le Conseil de sécurité à faire coïncider sa rhétorique avec de réelles actions.  À cet égard, elle a exhorté le Conseil de sécurité à mieux adapter les mandats des opérations de maintien de la paix aux exigences de la résolution 1325 (2000).  « Cela signifie qu’il faut déployer plus de femmes dans les opérations de maintien de la paix et que les hommes et les femmes soient dotés des formations nécessaires pour faire face aux défis relatifs à la parité entre les sexes et l’autonomisation des femmes », a-t-elle insisté. 

Mme IRYNA GERASHCHENKO, Première Vice-Présidente de la Rada d’Ukraine, a axé son intervention sur la condition des femmes et des filles en Ukraine dans le cadre du conflit « déclenché » par la Fédération de Russie dans son pays, « en Crimée occupée et au Donbass ».  Elle a fait état de quelques chiffres qu’elle a qualifiés de « terrifiants »: 700 000 personnes déplacées à l’intérieur du Donbass, dont de nombreux femmes et enfants, et 495 femmes tuées au Donbass.  Par ailleurs, a-t-elle poursuivi, 68 enfants ont péri dans le conflit et 162 ont été blessés, mais ces chiffres sont probablement à revoir à la hausse, compte tenu des difficultés d’accès aux régions de l’est: la Croix-Rouge, Médecins sans frontières et les Nations Unies ne peuvent se rendre dans les secteurs sous contrôle des séparatistes, a expliqué Mme Gerashchenko.  Au total, a-t-elle ajouté, 1 937 enfants sont aujourd’hui orphelins et 1 275 mères ont perdu au moins un enfant, tandis que 142 épouses attendent la libération de leurs proches détenus dans les régions de Donetsk et de Lougansk.

La situation est particulièrement difficile pour les femmes dans les territoires occupés, où elles auraient été prises « en otage », dont une journaliste ukrainienne remise en liberté après deux ans de détention en échange, seulement, de la libération de deux individus détenus en Ukraine.  Par ailleurs, a déploré Mme Gerashchenko, nous avons été informés de mauvais traitements infligés contre des femmes et des mineurs, en violation des obligations de la Russie en matière de droits de l’homme.  Il est important d’appuyer les autorités ukrainiennes à agir sur place, a insisté la parlementaire ukrainienne, avant d’affirmer que les femmes dans son pays contribuaient activement au processus de paix.  Le plan mis en place par Kiev pour le règlement du conflit au Donbass leur fait d’ailleurs une place considérable, a-t-elle précisé, avant d’indiquer que les forces ukrainiennes comptaient 19 892 femmes. 

M. WU HAITAO (Chine) a insisté sur les progrès accomplis depuis l’adoption de la résolution 1325 (2000), avant d’indiquer que les femmes restaient les principales victimes de conflit.  Il a souligné l’importance de conclure des accords de paix qui prennent pleinement en compte les intérêts des femmes et de promouvoir la participation des femmes aux processus de prise de décisions.  Le délégué de la Chine a invité la communauté internationale à appuyer les pays dans leurs stratégies d’autonomisation des femmes.  Il a ensuite demandé aux institutions du système des Nations Unies de mieux coordonner leurs efforts dans  la protection des femmes en période de conflit.  Ces institutions, a-t-il estimé, doivent utiliser les mécanismes à leur disposition et coopérer avec les organisations  régionales.  Enfin, le représentant a assuré que son pays était déterminé à promouvoir « la cause des femmes », notamment à travers la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing.

M. KORO BESSHO (Japon) a rappelé que dans les processus d’accords de paix de Mindanao aux Philippines, en 2014, après 17 ans de conflit et, plus récemment, dans l’accord de paix conclu en Colombie après un demi-siècle de guerre civile, un tiers des personnes assises à la table des négociations étaient des femmes.  Le représentant a ensuite salué la mise en œuvre solide de la résolution 2242 (2015) adoptée par le Conseil de sécurité l’an dernier et que près de 70 pays s’étaient  engagés à la mettre en œuvre.

D’autres instruments ont été adoptés par les États Membres, s’est-il réjoui en citant l’initiative de centres de liaison nationaux dans 50 pays qui vise à promouvoir l’échange de bonnes pratiques en la matière.  « Les outils existent, il s’agit maintenant de les mettre en œuvre », a exhorté le représentant du Japon en rappelant qu’en collaboration avec ONU-Femmes, son pays avait été l’hôte d’un symposium sur le partage d’expériences entre les États dans le cadre de la mise en œuvre des plans d’action nationaux.  En soutenant des projets d’ONU-Femmes en faveur de la Ligue des États arabes, le Japon a l’intention de contribuer à la protection des femmes migrantes du Moyen-Orient et d’Afrique, a-t-il conclu.

M. RAFAEL DARÍO RAMÍREZ CARREÑO (Venezuela) a constaté que des obstacles continuaient de se poser à la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), en dépit des avancées réalisées depuis 15 ans.  Il ne fait aucun doute, a-t-il dit, que la participation des femmes à tous les domaines liés de près ou de loin au règlement de conflits ne pourra être que bénéfique.  Pour y parvenir, le représentant a plaidé pour une coopération stratégique renforcée des États Membres en ce sens.  Il a rappelé qu’en matière de processus de paix et de sécurité, il a été prouvé qu’un pourcentage élevé de femmes était gage de succès. 

Le délégué s’est ensuite élevé contre les violences sexuelles perpétrées à l’encontre des femmes dans le monde, en particulier lorsqu’elles sont issues de minorités religieuses, par des groupes terroristes comme Daech, Al-Qaida, Boko Haram et Front el-Nosra.  M. Ramírez Carreño a déclaré qu’il s’agissait d’une « honte », avant d’affirmer qu’il n’était pas permis de tolérer l’impunité face à ce type de crimes et que des sanctions exemplaires devaient être appliquées à tous les responsables.  Le représentant du Venezuela a ensuite condamné catégoriquement tous les cas d’exploitation et d’abus sexuels commis par des personnels de maintien de la paix dans le cadre des opérations des Nations Unies, en insistant sur l’importance de la politique de tolérance zéro du Secrétaire général.

Mme SITI HAJJAR ADNIN (Malaisie) a affirmé que l’étude mondiale sur l’application de la résolution 1325 (2000) et la résolution 2242 (2015) avaient permis de donner un nouvel élan aux efforts visant la concrétisation des priorités relatives à la question des femmes, paix et sécurité.  Les femmes doivent participer à toutes les étapes de négociation des processus de paix, a-t-elle insisté.  La déléguée de la Malaisie a ainsi cité l’exemple de l’accord de paix négocié à La Havane entre le Gouvernement colombien et les FARC pour illustrer l’influence positive d’une participation accrue des femmes à un processus de paix.  L’égalité entre les sexes doit figurer dans un plus grand nombre d’accords de paix, a-t-elle suggéré.

La représentante a ensuite souligné l’importance que les opérations de paix de l’ONU comptent davantage de femmes.  En septembre 2016, a-t-elle rappelé, la Malaisie a accru le nombre de femmes dans son contingent au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).  Elle a ensuite salué la Commission de consolidation de la paix pour l’adoption de sa stratégie en faveur des femmes.  La déléguée a ensuite plaidé pour une participation renforcée des femmes lors des processus de prise de décision, y compris au sein de l’ONU.  En conclusion, la représentante de la Malaisie a souligné que le programme pour les femmes et la paix et la sécurité était une source d’inspiration et assuré le prochain Secrétaire général de l’appui résolu de son pays dans la promotion de ce programme.

Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) s’est félicitée de l’« énergie palpable » qu’elle a dit avoir ressentie depuis le début de ce débat, tout en regrettant le nombre limité de femmes siégeant au Conseil de sécurité.  Si des progrès importants ont été accomplis dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) et de celles qui l’ont suivie, de nombreux défis doivent être relevés, a constaté la représentante des États-Unis, qui a précisé que son pays avait, pour sa part, consacré 31 millions de dollars au financement de son « deuxième plan d’action national ».  Mais ce qui échappe aux statistiques, a-t-elle dit, c’est la disparité entre hommes et femmes dans les « processus de prise de décisions », où celles-ci, même lorsqu’elles sont correctement représentées, ne peuvent pas toujours faire entendre leurs voix.  Pourtant, a souligné Mme Power, une étude portant sur 40 processus de paix initiés depuis 1989 a montré qu’un accord avait davantage de chances de durer si des femmes participent à sa négociation.

« Prenons le processus de paix en Colombie », a-t-elle déclaré, en relevant qu’un tiers des négociateurs étaient des femmes.  Celles-ci ont ainsi demandé à ce que les auteurs de crimes graves dans le cadre du conflit ne fassent pas l’objet d’amnistie et que soient adoptés des programmes de développement répondant aux attentes des femmes vivant en zone rurale.  Par ailleurs, a fait observer Mme Power, là où la violence sexuelle est utilisée comme arme de guerre, le Conseil de sécurité doit se mobiliser pour demander aux auteurs de tels actes de rendre des comptes, comme au Soudan du Sud.  Elle a fustigé tous les groupes extrémistes qui recourent à des tactiques « médiévales », comme c’est le cas en Afrique de l’Ouest, où sévit Boko Haram.  Il faudrait mettre un terme à l’impunité, si l’on veut que les objectifs fixés soient réalisés, a insisté la déléguée américaine.  Encore trop souvent, a-t-elle noté, les États Membres considèrent les violences sexuelles comme étant un dommage collatéral des conflits.  Le Conseil de sécurité doit donc veiller à ce que toutes les composantes des opérations de maintien de la paix incluent un nombre significatif de femmes, comme au respect de la politique de tolérance zéro en matière d’exploitation et d’abus sexuels dans les opérations des Nations Unies, a-t-elle  plaidé avant de conclure.

M. FODÉ SECK (Sénégal) a indiqué que le Sénégal avait été parmi les premiers pays africains à ériger en norme juridique la parité absolue entre hommes et femmes pour tous les postes électifs et semi-électifs et à avoir poussé l’Union africaine à adopter cette parité absolue au sein des instances dirigeantes de la Commission de l’Union africaine.  Mon pays est aussi le premier à avoir expérimenté avec succès le mécanisme performant de « situation’s room » salle de gestion de crise par les femmes visant à promouvoir des élections pacifiques, a-t-il ajouté.  Il a indiqué que le Sénégal avait pris la démarche innovante de traduire la résolution 1325 (2000) dans les principales langues parlées par ses populations.  « En conformité avec le plan d’action de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Sénégal a élaboré son propre plan d’action national pour la résolution 1325 », a ajouté le représentant sénégalais.  Ce dernier a précisé que ce plan d’action national s’articulait autour de trois piliers, à savoir la prévention, la participation et le secours et la restructuration. 

Par ailleurs, le représentant du Sénégal s’est réjoui de la tenue de rencontres consultatives périodiques entre les États membres de l’Union africaine afin d’évaluer les mécanismes régionaux pour la mise en œuvre de la résolution 1325.  Il a précisé que le Sénégal s’était joint à « la belle initiative espagnole » de créer un réseau de points focaux nationaux « Femmes, paix et sécurité », réseau dont la première réunion s’est tenue le 23 septembre 2016.  Enfin, il a souligné « avec force » que l’amélioration de l’accès des femmes à la justice et la lutte contre l’impunité demeurent des objectifs prioritaires pour la pleine mise en œuvre des instruments internationaux, régionaux et nationaux de protection des droits des femmes.    

M. FRANCOIS DELATTRE (France) a indiqué que la promotion des femmes au sein de l’ONU n’était pas une « opération marketing » mais une nécessité fondamentale qui conditionne l’efficacité de son action.  Il revient aux États et à l’ONU de nommer davantage de femmes à des postes de responsabilité dans les domaines de la résolution des conflits et de la consolidation de la paix, a-t-il rappelé.  Si ces nominations ont pu être vues comme des symboles, elles sont les conditions d’efficacité de notre action, a-t-il affirmé.

Le délégué de la France a jugé cruciale une participation accrue des femmes aux opérations de paix de l’ONU.  Il a souhaité que cette dimension soit prise en compte lors de la conception des mandats, avant, pendant et après une crise et demandé, à cette fin, une coopération renforcée du Département des opérations de maintien de la paix et du Département des affaires politiques, d’un côté, et d’ONU-Femmes de l’autre.  Les mandats de la MONUSCO, de la MINUSMA et de la MINUSCA intègrent d’ores et déjà cette dimension, a-t-il noté, avant de souhaiter que cela soit généralisé à tous les mandats des missions.

M. Delattre a ensuite détaillé l’action de son pays visant à la promotion des femmes, notamment l’adoption du deuxième plan d'action national 2015-2018 qui sera évalué par la société civile.  L’un des objectifs poursuivis est de faire en sorte que 40% de postes d’encadrement au sein du réseau diplomatique français soient, d’ici à 2018, occupés par des femmes.  Il a précisé que la question des femmes et la paix et la sécurité sera largement abordée lors de la conférence de haut niveau qui se tient demain à Paris sur les opérations de paix en milieu francophone.  Le délégué de la France a affirmé que son pays, avec les Pays-Bas, présentait le projet de résolution biannuel relatif aux violences contre les femmes devant l’Assemblée générale.  Le succès de ce débat public du Conseil témoigne de notre intérêt collectif à promouvoir un programme pour les femmes et la paix et la sécurité qui est essentiel pour nos activités, a estimé M. Delattre avant de conclure.

M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay) a rappelé que l’adoption de la résolution 1325 (2000) a représenté un tournant dans la réflexion sur les femmes, la paix et la sécurité, dans la mesure où elle reconnait les conséquences disproportionnées des conflits armés sur les femmes et les enfants.  Près de 16 ans après l’adoption de cette résolution, la prolifération des conflits et la montée du terrorisme, a regretté M. Rosselli, n’ont fait qu’intensifier la souffrance de millions de femmes à travers le monde.

Le délégué uruguayen a également salué l’adoption de la résolution 1820 (2008), qui a été la première à reconnaître l’usage de la violence sexuelle comme tactique de guerre.  « Les victimes de violences sexuelles en cas de conflit font l’objet de blessures physiques et psychologiques irréversibles », a-t-il déploré, en ajoutant que nombre d’entre elles contractaient également des maladies sexuellement transmissibles graves. 

M. Rosselli a par ailleurs dénoncé le fait que les attaques répétées contre les hôpitaux et le personnel humanitaire empêchent les femmes victimes de violences sexuelles, mais aussi les femmes enceintes, d’avoir accès à des soins de santé sexuelle et reproductive.  Il a appelé les parties à un conflit à respecter leurs obligations internationales, en particulier en vertu de la résolution 2286 (2016) sur la protection des civils en période de conflit armé.  Il a également appelé les États à redoubler d’efforts pour lutter contre les violences sexuelles contre des femmes dans les camps de réfugiés.

Soulignant le lien entre les violences sexuelles et les groupes terroristes, qui utilisent les femmes comme « récompense » pour recruter de nouveaux membres, le représentant a appelé à faire des progrès dans la mise en œuvre des instruments internationaux pour éliminer toute forme de traite des êtres humains.  M. Rosselli a également exhorté les pays en conflit à mieux garantir l’accès des filles à l’éducation, sachant que les filles vivant dans ces pays sont à 90% plus susceptible de ne pas recevoir d’éducation secondaire que celles vivant dans des pays en paix.

Réaffirmant le rôle prépondérant des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, le représentant a en outre insisté sur la nécessité de les inclure davantage dans les activités de maintien et de consolidation de la paix, y compris au sein des unités de Casques bleus et de police déployées sur le terrain.  Constatant qu’en décembre 2015, 3,2% seulement des soldats de la paix déployés étaient des femmes, le délégué a regretté la persistance d’obstacles à une plus grande participation des femmes sur les questions liées à la paix et à la sécurité. 

M. Rosselli a par conséquent appelé à augmenter le pourcentage de femmes déployées sur le terrain dans le cadre des opérations de paix et à dispenser au personnel déployé une formation obligatoire sur les questions d’abus et d’exploitation sexuels.  Sur ce dernier point, le représentant a soutenu la politique de tolérance zéro du Secrétaire général contre les abus sexuels commis par des personnels de l’ONU.

M. JULIO HELDER MOURA LUCAS (Angola) a rappelé qu’il faudrait donner effet aux recommandations contenues dans l’étude mondiale sur l’application de la résolution 1325 (2000).  L’examen de haut niveau réalisé en 2015 a montré qu’il y avait eu des progrès, notamment sous la forme de points focaux nationaux mis en place par de nombreux États Membres.  Selon sa délégation, ces points focaux constituent un pas en avant pour le renforcement des initiatives mises en œuvre au niveau national, avec le soutien des organisations régionales et sous-régionales pertinentes. 

Le représentant a ensuite plaidé vigoureusement pour la lutte contre l’impunité pour les crimes dont sont victimes les femmes et l’inclusion systématique de celles-ci dans la diplomatie préventive et les processus de négociation.  Pour lui, des progrès importants ont été réalisés par l’Angola, avec l’adoption d’un plan d’action national assorti de sept objectifs, qui devrait prochainement être adopté par le Parlement.  Ce plan d’action contient des dispositions pour garantir la représentation des femmes au sein des ministères, mais aussi améliorer leurs conditions de vie dans les zones rurales.  À l’instar d’autres orateurs, le représentant a demandé une hausse du nombre de femmes conseillères au sein des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a promis qu’un plus grand nombre de représentantes de la société civile seront invitées à faire des exposés devant le Conseil de sécurité lors de la présidence britannique, le mois prochain.  Il a déploré que les femmes et les filles continuent de subir des préjudices disproportionnés dans les pays en proie à un conflit, avant de se pencher sur les progrès enregistrés depuis l’adoption de la résolution 2242 (2015).  Soulignant l’importance d’une participation accrue des femmes aux processus de paix, il a rappelé que lorsque les femmes siègent à la table des négociations, les perspectives de paix augmentent en moyenne de 20 à 30 %.  Malheureusement, le nombre de femmes participant à ces processus de paix demeure trop faible, a-t-il affirmé.

Les femmes doivent maintenir la paix autant que la négocier, a poursuivi le représentant du Royaume-Uni, avant de souhaiter que le nombre des femmes engagées dans les opérations de paix de l’ONU soit doublé.  M. Rycroft a ensuite souligné la nécessité d’augmenter les ressources financières au bénéfice des projets visant à l’autonomisation des femmes, son pays ayant augmenté, à ce titre, son effort financier de 50%.  Enfin, notant qu’une femme n’avait pas été choisie pour occuper le poste de Secrétaire général de l’ONU, le représentant britannique a assuré cependant que M. António Guterres était un grand défenseur de l’égalité entre les sexes.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a reconnu le rôle joué par les femmes pour « guérir les blessures de la guerre ».  Au cours des 15 dernières années, beaucoup a été fait pour mettre en œuvre la résolution 1325 (2000), a-t-il estimé, en soulignant toutefois qu’il faudrait redoubler d’efforts, notamment en tenant compte de la spécificité de chaque situation.  Pour sa part, la Fédération de Russie ne s’est pas dotée de plan national, lui préférant une « stratégie nationale pour la période 2017-2022 », qui vise à accroître la participation des femmes aux processus politiques, à prévenir les violences dirigées contre elles et à combattre les stéréotypes, a-t-il précisé.  Ainsi, les femmes sont bien représentées à la Douma et au sein de la police, où leur participation atteint 17% des effectifs, a assuré M. Churkin.

Il faudrait cependant éviter les « doublons » et les « incohérences », a estimé le représentant, en rappelant qu’il incombait en premier lieu aux États Membres d’assurer la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000).  Lorsqu’on essaie d’intégrer systématiquement la parité hommes-femmes à tous les niveaux, et « dans tous les mandats » des opérations de maintien de la paix, cela ne donne pas forcément les résultats escomptés et peut même constituer une entrave à l’application de la résolution 1325.  La façon la plus efficace de protéger femmes et enfants, « c’est encore de régler les conflits », a-t-il affirmé.  Répondant ensuite aux propos tenus par la représentante de l’Ukraine, M. Churkin a estimé que celle-ci n’avait pas respecté le cadre imparti au débat d’aujourd’hui.  « Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’Ukraine avait déclenché ce conflit », en réprimant les manifestants qui protestaient contre le changement de régime, a-t-il estimé.  Si Kiev n’avait pas essayé de retoucher les Accords de Minsk, le conflit serait terminé depuis longtemps, a tranché M. Churkin.

Mme ANNIKA SÖDER, Secrétaire d’État pour les affaires étrangères de la Suède, a salué la détermination manifestée par le prochain Secrétaire général de promouvoir l’égalité entre les sexes.  Elle a ensuite pointé la lenteur des progrès dans ce domaine et appelé ce Conseil à faire en sorte que la réalité soit à la hauteur des ambitions affichées.  Elle a souligné la nécessité de renforcer la situation des femmes et des filles dans les situations de conflit armé, tout en souhaitant un dialogue continu entre les organisations de femmes et les différentes entités onusiennes engagées. 

Elle a ensuite plaidé pour la collecte de meilleures données statistiques, en ajoutant que trop souvent les décisions étaient prises sur des données incomplètes.  « Par exemple, les mères, les sœurs, les épouses et les femmes savent souvent où se trouvent les armes légères et sont plus enclines à les remettre dans le cadre de programmes de désarmement », a-t-elle dit.  La Secrétaire d’État a demandé que ces femmes fassent donc partie intégrante de ces programmes, de leur conception à leur application, et insisté, pour ce faire, sur l’importance de données rigoureuses.  La Secrétaire d’État pour les affaires étrangères de la Suède a invité le Conseil à adopter des mandats comprenant des dispositions robustes sur la participation des femmes, avant de demander, en conclusion, l’affectation de ressources financières nécessaires pour la réalisation du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.

M. THOMAS B. AMOLO (Kenya) a rappelé le soutien de son pays à la Déclaration solennelle pour l’égalité entre les sexes en Afrique ainsi que le lancement, en 2016, du plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité.  Ce plan d’action vise notamment à favoriser la participation des femmes dans les processus de sécurité nationale en organisant des recrutements ciblés, a-t-il précisé.  Ce plan d’action a également permis d’intégrer, au sein du Collège de défense nationale, un programme d’entraînement des troupes orienté sur la parité.  Le représentant a également souligné que la Constitution du Kenya, promulguée en 2010, protégeait et garantissait de manière équilibrée les libertés fondamentales et les droits économiques et sociaux des hommes et des femmes.  Après avoir rappelé que la Commission de consolidation de la paix, actuellement présidée par le Kenya, avait adopté une stratégie de genre reconnaissant le rôle « vital » du leadership féminin dans le cadre la prévention des conflits et du maintien de la paix, il a exhorté les parties prenantes, les Nations Unies et les États Membres, à faire de cette question une priorité. 

Après avoir salué le leadership du Conseil de sécurité pour renforcer la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité, Mme KHADIJA BUKAR IBRAHIM, Ministre d’État des affaires étrangères du Nigéria, a déclaré que l’Union africaine avait servi de plateforme pour promouvoir le rôle des femmes dans de tels processus, comme en témoigne son Agenda 2063, qui met l’accent sur l’engagement des femmes et des jeunes.  En août 2013, a-t-elle précisé, le Nigéria avait lancé un plan d’action national visant à mettre intégralement en œuvre les dispositions de la résolution 1325 (2000) et à garantir la protection des femmes et des filles pendant les conflits armés et leur inclusion dans les négociations de paix. 

Mme Ibrahim a ensuite assuré que son gouvernement coopérait avec ceux du Tchad, du Cameroun, du Niger et du Bénin, dans le cadre de la Force multinationale mixte, pour combattre Boko Haram, qui prend pour cible femmes et filles.  Elle s’est ensuite félicitée de la libération, la semaine dernière, de 21 des filles Chibok capturées par ce groupe terroriste, en affirmant que les efforts se poursuivraient pour obtenir la libération de leurs camarades.  Mme Ibrahim a précisé, avant de conclure, que le Gouvernement du Nigéria continuerait d’associer à ses initiatives les organisations de la société civile.

S’exprimant au nom des pays nordiques, Mme LAILA BOKHARI (Norvège) a rappelé que malgré l’adoption de la huitième résolution sur les femmes et la paix et la sécurité, l’an dernier, et malgré le constat que l’inclusion des femmes favorisait les processus d’accords de paix, il restait encore beaucoup à faire.  « Les femmes continuent de subir des abus et sont encore la cible directes d’attaques », a-t-elle déploré.

Même si les pourparlers de paix sur la Syrie à Genève ne vont pas dans la direction escomptée, ce processus a abouti à quelque chose de nouveau, a estimé la représentante, en saluant le fait que les femmes et la société civile avaient été consultées régulièrement par le biais de mécanismes formels innovants.

Un réseau nordique de femmes médiatrices a été créé en novembre dernier à Oslo, a également indiqué la représentante.  « Nous devrions nous appuyer sur l’expérience et les compétences de ces femmes lors de futures opérations de paix et de sécurité», a-t-elle suggéré.

La formation, a-t-elle souligné, est « cruciale » pour sensibiliser et améliorer la mise en œuvre des questions de parité dans les missions de maintien de la paix.  Les pays nordiques ont créé le Centre nordique pour les questions de parité dans les opérations militaires, a-t-elle indiqué, en rappelant que 35% des officiers de police déployés par la Norvège dans les missions de paix de l’ONU et 50% des policiers déployés par la Suède étaient des femmes.

S’exprimant au nom de l’Union européenne, Mme MARA MARINAKI (Grèce) a rappelé le rôle actif de l’Union européenne dans le soutien au développement du plan d’action national afghan pour la paix et la sécurité.  Que ce soit en Afghanistan ou dans d’autres pays membres, nous poursuivrons nos efforts pour mettre en œuvre, par le biais d’actions concrètes, le programme pour les femmes et la paix et la sécurité, a-t-elle assuré.

La représentante a précisé que le plan d’action renouvelé pour l’égalité entre les sexes (PAES) pour la période 2016-2020, de rigueur dans le cadre de toutes relations extérieures menées par l’Union européenne, encourageait le rôle inclusif des femmes dans la prévention des conflits, lors des négociations pour la paix et lors des processus de rétablissement de la paix et qu’il favorisait leur protection face aux violences sexuelles et sexistes pendant des situations de crise.  À ce titre, la question des femmes, paix et sécurité sera intégrée à tous les processus politiques qui régissent les relations extérieures de l’Union européenne, a-t-elle affirmé.

Elle a ensuite rappelé les quatre priorités du programme des Nations Unies pour les femmes et la paix et la sécurité, de même que les avancées concrètes réalisées dans chacun de ces domaines.  S’agissant, premièrement, des efforts consentis pour promouvoir la participation et le leadership des femmes, la représentante s’est réjouie du rôle de leadership joué par Mme Federica Mogherini et celui de Mme Helga Schmid au sein de l’équipe de négociation de l’Union européenne  lors de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran.  Une autre « étape importante » a été d’atteindre un taux de représentation des femmes de 50% dans les équipes responsables de missions civiles sur le terrain, a-t-elle précisé.

Le deuxième objectif, a relevé la déléguée de l’Union européenne, concerne la priorisation des actions pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes.  Dans ce domaine, l’Union européenne a notamment participé au financement du processus de justice transitionnelle au Kosovo, en Colombie et aux Philippines.  « Pour la seule année 2016, nous avons soutenu 62 projets visant à répondre aux problèmes de violences sexuelles lors de crises humanitaires. Ces projets bénéficieront directement à 3,5 millions de personnes », s’est-elle félicitée.

Concernant l’intégration de la dimension de genre dans le contexte des nouvelles menaces comme le terrorisme ou l’extrémisme violent, qui constitue le troisième objectif, l’Union européenne s’est engagée dans de nombreux petits projets sur mesure en collaboration avec la société civile, notamment dans la région de la corne de l’Afrique et au Pakistan.

S’agissant enfin du renforcement des projets-cadre de coopération, Mme Marinaki a reconnu le rôle crucial d’ONU-Femmes dans la promotion de l’égalité des genres et de l’émancipation des femmes, organisation avec qui l’Union européenne a renouvelé un partenariat stratégique.  Dans cette optique, nous avons également intensifié la coordination intra-européenne, le partage d’information et l’échange de bonnes pratiques, a-t-elle conclu.

Mme MARÍA EMMA MEJÍA VÉLEZ (Colombie) a espéré que les appels lancés pour sauver l’accord de paix négocié à La Havane seront entendus.  En Colombie, nous avons compris l’importance du rôle des femmes et des files dans l’édification de la paix, a-t-elle dit.  Elle est ensuite revenue sur le caractère unique de l’accord de paix entre le Gouvernement de la Colombie et les FARC.  Les femmes, a-t-elle assuré, avaient eu la possibilité de prendre place à la table des négociations.  Dans le même temps, une commission sur la parité entre les sexes a été créée, permettant ainsi l’inclusion du rôle des femmes dans l’accord de paix.

Mme Mejía Vélez a précisé qu’un tiers des négociateurs étaient des femmes, ces dernières représentant 60% des experts sur les violences sexuelles consultés.  Le Gouvernement colombien, a-t-elle indiqué, est déterminé à réparer les dommages infligés aux femmes et à promouvoir une culture exempte de violence.  Malgré les résultats difficiles du scrutin du 2 octobre, 109 organisations de femmes avaient apporté leur soutien à cet accord, a-t-elle soutenu.  La représentante a ensuite affirmé que le Président colombien n’épargnera aucun effort pour parvenir à la paix.

M. OLIVIER MARC ZEHNDER (Suisse) a indiqué que le plan d’action national de la Suisse était un instrument gouvernemental qui prévoit un mécanisme participatif spécial pour la société civile, à laquelle son pays est vigoureusement attaché.  « C’est ainsi qu’au cours de la présente année d’application de la troisième version révisée, des ONG ont élaboré un rapport de mise en œuvre alternatif », a relevé le représentant, en faisant observer qu’il en serait tenu compte de ses conclusions lors de la mise à jour du plan d’action national. 

Par ailleurs, le délégué de la Suisse a souligné que la résolution 2042, adoptée l’année dernière, mettait l’accent sur la nécessité de favoriser la conduite par les femmes de la prévention de l’extrémisme violent et leur participation à cette prévention.  La dimension « genre », a-t-il dit, fait partie des programmes helvètes en matière de religion et de médiation.  « Au Maroc, par exemple, la Suisse a mis en place, en accord avec les autorités nationales, un espace de médiation avec pour objectif l’amélioration de la situation des femmes, un sujet au centre des tensions entre différents courants idéologiques.  Il s’agit de déconstruire les préjugés […] et de dépolariser la société », a plaidé le représentant.  De même, en Libye, afin de soutenir le dialogue politique et les processus d’élaboration de la Constitution, la Suisse a facilité les discussions de groupes de femmes dans des sessions distinctes.  « Pas moins de 38 de ces groupes ont ainsi négocié et rédigé un programme pour la paix, que les femmes ont lancé lors d’une conférence de haut niveau en novembre 2015 à Genève.

En outre, le représentant a considéré que les groupes armés non étatiques étaient des acteurs importants de la mise en œuvre du plan d’action femmes, paix et sécurité, et qu’il faudrait dialoguer avec eux, pour les engager à respecter le droit international humanitaire.  La Suisse, a ajouté le délégué, soutient l’ONG Women’s Initiatives for Gender Justice, qui s’attache à réhabiliter les anciens enfants soldats de l’Armée de résistance du Seigneur en Ouganda et les victimes de violence sexuelle en République démocratique du Congo (RDC).

M. JUAN SANDOVAL MENDIOLEA (Mexique) a estimé que beaucoup restait encore à faire pour promouvoir le programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Il a jugé important de renouveler les engagements afin de dire « haut et fort » que les femmes doivent être au centre des stratégies de maintien et de consolidation de la paix.  Condamnant fermement les violences sexuelles commises contre les femmes et les filles, il a affirmé que son pays était « un champion régional » dans la lutte contre ces violences.

Le Mexique appuie l’action du Secrétaire général visant à l’élimination de la violence sexuelle commise dans le cadre des opérations de paix de l’ONU, a assuré son représentant.  Il s’est ensuite dit vivement préoccupé par l’utilisation de la violence sexuelle comme tactique par des groupes terroristes.  Il s’est félicité de ce que cette question soit au cœur du Plan d’action du Secrétaire pour la prévention de l’extrémisme violent.  Enfin, le délégué du Mexique a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.

Mme MALEEHA LODHI (Pakistan) a déclaré que son pays soutenait pleinement les objectifs de l’ordre du jour relatif aux femmes, à la paix et à la sécurité, et jouait un rôle important, à cet égard, dans leur promotion en tant que contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies.  Les femmes pakistanaises Casques bleus ont servi en tant qu’officières de police, médecins et infirmières dans des missions basées en Asie, en Afrique et dans les Balkans, a précisé la représentante.  Par ailleurs, la sensibilisation aux problématiques de genre est obligatoire dans le cadre de la formation des soldats de la paix pakistanais, a poursuivi Mme Lodhi, en assurant que son pays était prêt à partager ses pratiques optimales pour renforcer la capacité des personnels féminins en tenue à répondre aux situations de crise. 

Après avoir souligné les efforts considérables que son gouvernement déploie pour prêter assistance aux réfugiés afghans qui se trouvent au Pakistan, y compris de nombreuses femmes et filles, Mme Lodhi a réitéré que sa délégation attachait une grande importance à l’examen des causes profondes des conflits et aux questions de gouvernance.  Elle a plaidé, avant de conclure, pour que le Conseil de sécurité continue d’accorder à la participation des femmes aux processus de paix l’importance que cette question exige, conformément à son mandat.

M. KAIRAT ABDRAKHMANOV (Kazakhstan) a jugé essentiel que les mots soient suivis d’actes, s’agissant du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Les femmes doivent être engagées dans les efforts de médiation et de règlement des conflits ainsi que dans les stratégies de relèvement au lendemain d’un conflit, a-t-il dit.  Il a indiqué que son pays allait œuvrer au renforcement de la participation des femmes dans les opérations de maintien de la paix et consacrer 15% de son aide publique au développement (APD) à la question « femmes, paix et sécurité ».  Il a souhaité que davantage de femmes soient nommées à des postes de direction à l’ONU et que le nombre de femmes engagées dans les opérations de maintien de la paix soit doublé d’ici à 2020.  Le délégué a rappelé que son pays avait lancé, en coopération avec le Japon et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), plusieurs initiatives en Afghanistan pour promouvoir l’égalité des sexes.

S’exprimant également au nom de l’Autriche, de la Slovénie, de la Suisse, M. CLAUDIO NARDI (Liechtenstein) a rappelé qu’il ne s’agissait pas seulement d’améliorer la sécurité des femmes durant les conflits ou de les inclure aux processus de reconstruction postconflit mais qu’il convenait surtout de renforcer leur rôle dans le but de prévenir les conflits.  L’initiative du Secrétaire général « Les droits de l’homme avant tout » est un outil important à ce titre, a noté le représentant.  Il a ensuite souligné le rôle important que jouent les femmes en tant qu’agents de la paix, comme par exemple lors des récents évènements en Colombie.  Il a également salué le fait que, selon certaines données, l’implication des femmes augmente de 20% les probabilités qu’un accord de paix dure deux ans, et de 15% la probabilité qu’un accord de paix dure 15 ans.

M. KAREL J. G. VAN OOSTEROM (Pays-Bas) s’est dit convaincu que l’inclusion des femmes dans la prévention et le règlement des conflits était la seule manière de parvenir à une paix durable.  L’inclusion des femmes dans les processus de paix doit être la règle et non l’exception, a-t-il insisté.  Il a précisé que son pays suivait une stratégie à deux volets dans la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, le premier étant l’intégration des principes de la résolution 1325 (2000) dans tous les aspects de la politique étrangère et de sécurité de son pays.  Les Pays-Bas ont ainsi mis à la disposition des Missions de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) et au Mali des experts de l’égalité entre les sexes, a-t-il rappelé.  Le second volet est la mise en œuvre du troisième plan d'action national qui a été élaboré avec des organisations de la société civile.  Ce plan se concentre sur huit pays d’Afrique du Nord, d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient.  Avec ONU-Femmes, nous apportons notre soutien aux femmes de la société civile syrienne pour qu’elles se mobilisent autour des initiatives de paix et de démocratie, a conclu le délégué des Pays-Bas.

M. MATEO ESTREME (Argentine) a tenu à remercier la Fédération de Russie pour l’organisation de ce débat qui intervient à l’occasion du seizième anniversaire de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité.  Pour le représentant, le principal mérite de cette résolution a été de reconnaître le rôle important que jouent les femmes comme actrices des processus de paix.  De fait, a-t-il dit, l’un des grands défis de la mise en œuvre de ce texte sur le terrain, pour tous les acteurs impliqués, est d’accroître la participation des femmes à toutes les étapes des processus engagés, en particulier aux opérations de maintien de la paix.  Il a noté, à cet égard, que 15% des membres argentins des forces de maintien de la paix étaient des femmes, ce qui est supérieur à la moyenne des pays contributeurs de contingents. 

Le délégué a ajouté que l’Argentine était d’accord avec l’importance que les Nations Unies accordent aux femmes dans la diplomatie préventive et la reconstruction postconflit.  L’égalité entre les hommes et les femmes est un axe prioritaire de la politique extérieure du Gouvernement argentin, a-t-il insisté, plaidant pour une participation des femmes à tous les niveaux de décision.  À ses yeux, les sociétés qui respectent les droits de la femme sont des sociétés plus pacifiques et c’est dans cet esprit, que l’Argentine a offert à la Colombie une contribution à son processus de paix.  Le représentant a réaffirmé l’engagement de son pays à œuvrer en faveur de la résolution 1325 et à lutter contre les violations et les abus sexuels dont sont victimes les femmes afin d’« aller d’une culture de l’impunité à une culture de la paix ». 

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. VIRACHAI PLASAI (Thaïlande), a indiqué que son Association utilisait plusieurs instruments pour promouvoir une représentation équitable des femmes à tous les niveaux.  Parmi ces instruments, la Déclaration pour la promotion de la femme, a-t-il relevé, vise à favoriser leur intégration et à défendre leur rôle actif en tant qu’agents de la paix, de la sécurité et du développement.  La Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et le plan d’action régional sont un autre exemple concret des mesures prises par l’ASEAN pour réaffirmer son engagement, a rappelé le représentant.  Lors de la deuxième Réunion ministérielle sur les femmes, à Manille, le 23 octobre 2015, a-t-il poursuivi, un plan de travail a été adopté et fixe six priorités parmi lesquelles la promotion du leadership des femmes, l’intégration des femmes au travers des trois piliers des Nations Unies à savoir, les droits de l’homme, la paix et la sécurité et le développement, ou encore l’autonomisation économique des femmes.

Rappelant le lien interdépendant qui existe entre les femmes, la paix et la sécurité, Mme KATALIN ANNAMÁRIA BOGYAY (Hongrie) s’est félicitée de la création du Réseau mondial des coordonnateurs pour améliorer la coopération entre États.  « Il est nécessaire que les femmes passent de l’état de victimes à l’état d’agents actifs de la paix et de la sécurité », a-t-elle affirmé.  La représentante a également exhorté les États à redoubler d’efforts pour renforcer la participation des femmes à tous les niveaux des activités de maintien de la paix, mais également dans les processus politiques et électoraux.  Elle a ainsi appelé à la création de nouveaux mécanismes pour garantir une meilleure participation des femmes au règlement et à la prévention des conflits.  À ce titre, elle a indiqué que la Hongrie finançait un atelier pour les femmes au Kenya.

La représentante a par ailleurs rappelé que, dans les zones frappées par les conflits, les femmes sont particulièrement actives pour la survie de leurs communautés.  Dans ces conditions, elle a regretté l’absence des femmes de la plupart des processus de paix officiels.  « Nous espérons que le rôle des organisations de femmes dans les processus de paix sera davantage reconnu », a-t-elle déclaré.  La déléguée a également voulu que l’on augmente le nombre de femmes déployées dans les missions de maintien de la paix, notamment pour améliorer les relations entre ces missions et les communautés locales.  « Nous voulons que les femmes soient inclues parce que l’Histoire montre que la participation des femmes est cruciale pour la consolidation de la paix et l’édification de sociétés pacifiques et ouvertes », a conclu la représentante.

M. RICHARD GALBAVÝ (Slovaquie) s’est félicité de la mise en place en septembre du réseau de points de contacts nationaux sur les femmes, la paix et la sécurité qui permettra d’échanger les expériences sur cette problématique.  Il a relevé que les données à la disposition des États Membres faisaient apparaître que les discussions de paix ont plus de chances de réussir quand des femmes y participent.  En témoigne, a-t-il poursuivi, l’étude mondiale sur la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, réalisée à la demande du Secrétaire général.  Il a par ailleurs jugé que la résolution 2242 (2015) constituait un élément essentiel pour parvenir à l’égalité des sexes dans tous les domaines.  La participation des femmes, a-t-il insisté, est essentielle pour assurer l’efficacité des opérations de paix et leur suivi.  De ce fait, a-t-il dit, la Slovaquie souligne l’importance de la résolution 2251 (2014) pour la participation des femmes dans les secteurs de la sécurité.  Ce texte « jalon » préconise notamment d’intégrer davantage de femmes dans la formation et demande que les auteurs de violence sexuelle soient exclus des forces de sécurité, a-t-il rappelé.  Le délégué a enfin indiqué que son gouvernement travaillait actuellement à un plan d’action national d’application de la résolution 1325 (2000).

M. ANDREJ LOGAR (Slovénie) a insisté sur l’importance de la participation accrue des femmes aux activités de paix.  Il a appelé les États à lancer davantage d’initiatives pour promouvoir le rôle crucial que devraient jouer les femmes à toutes les étapes du règlement des conflits et de la consolidation de la paix.  M. Logar a particulièrement regretté la faible participation des femmes, en particulier dans les processus de transition politique.  Il a, par conséquent, appelé tous les États Membres et les organisations régionales à appuyer davantage la participation des femmes à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.  Le représentant a également appelé à tenir compte des besoins humanitaires croissants des femmes et des filles dans les pays en conflit, dont les besoins spécifiques doivent être reconnus.

Face à l’augmentation des crimes sexuels et à leur utilisation répétée en tant qu’arme de guerre, M. Logar a appelé les États à redoubler d’efforts pour appréhender et juger les coupables.  Il a en outre salué la création du réseau mondial des coordonnateurs pour améliorer la coordination entre États.  Il a conclu en soulignant que l’expérience des Forces armées slovènes montre que la participation des femmes aux processus de maintien de la paix garantit de meilleurs contacts avec les communautés locales, mais aussi une plus grande sensibilisation aux questions liées à l’éducation.

Mme MARGARETA KASSANGANA-JAKUBOWSKA (Pologne) s’est associée à la déclaration de l’Union européenne, ajoutant qu’un an après l’examen global de l’architecture de maintien de la paix des Nations Unies et de la mise en œuvre de la résolution 1325, des engagements concrets ont été pris pour assurer les droits des femmes, s’agissant en particulier de leur participation politique et de leur leadership dans les situations de conflit et postconflit.  Toutefois, a-t-elle constaté, beaucoup reste à accomplir, notamment pour renforcer le rôle des femmes dans la prévention des conflits, les négociations de paix et les processus de paix eux-mêmes.

Soulignant l’implication de la Pologne dans les débats du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, elle a rappelé que son pays était coauteur de plusieurs résolutions relatives à cette problématique, notamment la résolution 2242 qui fournit, selon elle, une « feuille de route claire » en la matière.  Nous travaillons également à un plan d’action national sur l’application de la résolution 1325 qui nous permettra de mieux nous conformer aux obligations qui sont les nôtres, a dit le représentant qui a aussi relevé que la Pologne a décidé de consacrer 15% de sa contribution financière au budget des opérations de maintien de la paix à des mesures pour l’égalité des sexes.  Un accent particulier sera mis sur les besoins de femmes dans les situations postconflit, a-t-elle indiqué.

M. TIMOTHY HERRMANN, Observateur permanent du Saint-Siège, a dit que l’Église catholique met depuis longtemps l’accent sur la « nécessité absolue » de permettre aux femmes et filles d’accéder à l’éducation.  Ces femmes et ces filles forment la majorité des inscrits dans les 100 000 institutions d’enseignement catholiques dans le monde, de la maternelle à l’université.  L’éducation des femmes et des filles est essentiel pour qu’elles puissent transmettre aux hommes les valeurs qui leur permettront de se détourner de la violence.  Le rôle des mères dans l’éducation des enfants et la transmission des valeurs de paix et de respect mutuel est incontournable.  Il faut, a dit l’Observateur, mettre fin à l’injustice qui voit les femmes souffrir de manière disproportionnée des conséquences de conflits qu’elles n’ont pas créés.  

M. PASCAL BUFFIN (Belgique) a indiqué que le troisième plan national de mise en œuvre de la résolution 1325 en cours de rédaction consacre une attention particulière au rôle de la femme dans la prévention des conflits et de l’extrémisme violent.  « Nous sommes prêts à partager notre expérience et accueillons avec intérêt toutes les expériences et bonnes pratiques de nos partenaires », a dit le représentant belge.  Il a indiqué que le plan d’action national a identifié trois partenaires prioritaires que sont l’Afghanistan, la RDC et le Mali.  Au Mali, la Belgique consacre 1,5 million d’euros à la mise en œuvre de la résolution 1325 dans le processus de paix.  En Afghanistan, la Belgique soutient le programme d’ONU-femmes avec une contribution de 3 millions d’euros. 

En RDC, la Belgique contribue à la mise en œuvre du projet ONU-femmes intitulé « Appui aux droits et participation des femmes congolaises dans le cadre de la résolution 1325 ».  Le représentant belge a aussi précisé que sur invitation de l’Espagne, la Belgique est devenue membre fondateur du réseau des points focaux pour l’agenda « femmes, paix et sécurité ».  Par ailleurs, le représentant a appelé à accroitre la participation et la représentation active des femmes dans tous les processus politiques judicaires et de paix.  En matière de lutte contre l’impunité, il a dit l’importance de « l’appel à l’action de Bruxelles contre les violences sexuelles en période de conflit » qui célèbre son dixième anniversaire.  Il a souhaité que l’agenda « femmes, paix et sécurité » soit intégré au travail thématique du Conseil de sécurité sur la lutte contre le terrorisme. 

M. JUAN CARLOS MENDOZA-GARCIA (Costa Rica) a salué l’adoption il y a 16 ans de la résolution 1325 (2000), grâce à laquelle les femmes « ne sont plus désormais considérées comme des victimes, mais comme des agents du changement ».  Le représentant a toutefois regretté la persistance d’une certaine résistance à la participation accrue des femmes aux activités de maintien de la paix de l’Organisation, résistances qu’il a attribuées à l’absence de volonté politique et aux obstacles structurels et institutionnels.  M. Mendoza-Garcia a noté que moins de 10% des postes de direction aux opérations de maintien de la paix ont été accordés à des femmes en 2015.  Parallèlement, a-t-il poursuivi, seuls 22% des postes de sous-secrétaires de l’ONU ont été accordés à des femmes.  « Les engagements pris sur la parité entre les sexes n’ont donc pas été tenus », a dénoncé le délégué, en appelant le Secrétariat et le Secrétaire général à prendre les mesures nécessaires pour parvenir à cette parité à tous les niveaux de l’Organisation.

M. Mendoza-Garcia a également appelé à inclure davantage les femmes dans la formulation stratégique des missions politiques et des opérations de maintien de la paix.  Il a aussi invité les États à donner davantage de ressources aux Comités d’experts sur les droits de l’homme et les violences sexuelles en cas de conflit, en partenariat avec des agences telles qu’ONU-Femmes.   « L’utilisation généralisée de la violence sexuelle en tant que tactique de guerre est épouvantable », s’est indigné le représentant, appelant les États à lutter contre l’impunité et à déférer les responsables de tels actes devant Cour pénale internationale.  Le délégué a réaffirmé le soutien de son pays à la politique de tolérance zéro du Secrétaire général pour les cas d’abus sexuels commis par le personnel de l’ONU et a prôné la nomination de femmes à des postes de leadership dans les activités de prévention des conflits et de consolidation de la paix. 

M. TIM MAWE (Irlande) a rappelé les risques majeurs auxquels sont exposées les femmes migrantes et refugiées, y compris les violences sexuelles et le trafic d’êtres humains.  À ce titre, il a salué l’inclusion, dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants adoptée le mois dernier, du rôle des femmes dans les processus de paix et de réconciliation.  Le représentant a salué le fait que le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix ait consacré 15% de ses ressources à la question de la parité entre les sexes, selon l’objectif fixé par le Secrétaire général.  L’Irlande s’est engagée à verser 3 millions de dollars à ce Fonds sur trois ans, a précisé le représentant.  Depuis 2012, toutes les équipes d’appui à la médiation de l’ONU ont inclus des femmes dans leurs contingents, a-t-il noté, en rappelant qu’à travers sa propre expérience de la réconciliation nationale, l’Irlande peut attester du besoin « crucial » d’intégrer les femmes dans les opérations de médiation.  À l’échelle nationale, a poursuivi le représentant, l’Irlande, par son plan d’action national, vise à assurer l’intégration des femmes à toutes les étapes de l’engagement de ses forces armées à l’étranger, du recrutement au déploiement.

M. ION JINGA (Roumanie) s’est réjoui que la résolution 2242 (2015) ait reconnu la nécessité d’intégrer davantage la résolution 1325 (2000) dans les travaux du Conseil de sécurité.  À cet égard, a-t-il dit, la Roumanie salue la création du Groupe d’experts informel sur les femmes, la paix et la sécurité.  Il a fait remarquer que de récentes statistiques montraient que, lorsque des femmes participent à des processus de paix, la probabilité qu’un accord dure au moins deux ans grimpe de 20%.  Cette augmentation passe à 35% pour un accord susceptible de durer 15 ans, a-t-il ajouté.  Pour le délégué, la résolution 1325 a contribué à adapter l’architecture de maintien de la paix de l’ONU à de nouvelles réalités et à définir un nouveau concept, celui de la pérennisation de la paix.  Sur ce point, a-t-il poursuivi, les données font apparaître l’existence d’un lien entre intégration de l’égalité hommes-femmes et la pérennisation de la paix.  L’expérience des pays affectés par les conflits a en outre prouvé que la participation active des femmes à un processus de paix contribue de façon déterminante au règlement d’un conflit, a-t-il fait valoir, observant par ailleurs qu’en 2015, sept accords de paix sur dix incluaient des dispositions spécifiques sur l’égalité des sexes et que des femmes sont désormais déployées dans toutes les opérations de maintien de la paix.

Au nom du Groupe des amis des femmes, de la paix et de la sécurité, M. MARC-ANDRÉ BLANCHARD (Canada) a salué la création du Groupe informel d’experts chargé de la question des femmes, de la paix et de la sécurité conformément à la résolution 2242 du Conseil de sécurité.  Il a expliqué que ce Groupe a pour but de faciliter une approche plus systématique de la question et de permettre une meilleure vue d’ensemble, une meilleure coordination et mise en œuvre des efforts.  Il a exhorté le Groupe d’experts à prévoir la participation de la société civile et à partager ses conclusions avec tous les États Membres.  Par ailleurs, M. Blanchard a souligné l’importance de plans d’action nationaux qui s’appuient sur les contributions, les avis et expériences de la société civile.  Notant l’impact de la participation des femmes sur la durabilité des accords de paix, il a aussi souligné l’importance de cette participation à toutes les étapes d’un processus de paix.  Il a appelé à l’élimination de toutes les barrières à cette participation avant de suggérer l’inclusion dans tous les accords de paix d’un vocabulaire spécifique au genre et aux droits des femmes.  Le représentant a insisté sur le rôle déterminant des femmes aux opérations de maintien de la paix, estimant que leur participation à tous les niveaux est un gage d’efficacité opérationnelle.  

Au nom de son pays, il a mis l’accent sur cinq points supplémentaires.  Il a d’abord salué les travaux importants d’ONU-Femmes sur la violence sexuelle dans les conflits.  Il a ensuite jugé essentielle la promotion de la parité entre les sexes et de l’émancipation économique des femmes et filles pour les objectifs de paix et développement.  Par ailleurs, il a exhorté l’ONU et les États Membres à faire plus d’efforts pour enrayer le problème des abus et de violence sexuels dans les opérations de maintien de la paix, en consacrant, par exemple, plus de moyens aux postes de conseillers en matière d’égalité des sexes.  Le représentant a en outre jugé que la lutte pour l’égalité des sexes doit impliquer les hommes et les garçons afin qu’ils créent avec les femmes et les filles un espace véritablement inclusif.  Enfin, il a indiqué que le Canada mettait en œuvre ce dossier au niveau national en renouvelant un plan d’action qui garantit la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix, une approche d’égalité des sexes au sein des opérations militaires et un appui aux survivantes de la violence sexuelle. 

M. SVEN JÜRGENSON (Estonie) a dénoncé la violence dont sont victimes les femmes dans le monde, et en particulier la violence sexuelle.  Il a appelé les États et l’Organisation à renforcer l’aide fournie aux victimes de telles violences.  Afin de lutter contre ce fléau, le représentant a estimé que les États devaient, d’une part, investir davantage dans l’égalité entre les sexes et, d’autre part, renforcer leur coopération.  S’agissant de l’égalité entre les sexes, il a indiqué que son pays s’était engagé à lutter contre les stéréotypes dont sont victimes les femmes et la stigmatisation des victimes de la violence.  Il a également indiqué que son pays avait lancé un plan visant à tripler le nombre de femmes dans l’armée, au cours des deux prochaines années.

Le représentant a également insisté sur la nécessité d’offrir à la société civile la capacité d’exprimer son point de vue.  « La société civile et les ONG doivent avoir davantage accès aux réunions et conférences des Nations Unies et aux plateformes sur ces questions », a-t-il estimé.

M. MAHLATSE MMINELE (Afrique du Sud) a observé que l’adoption de la résolution 1325 (2000) demeure une étape essentielle dans la réalisation des droits des femmes dans le monde.  Pour la première fois, a-t-il dit, elles ont pu « faire entendre leur voix dans les domaines de la paix et de la sécurité » et sur ce point, l’Afrique du Sud est particulièrement impliquée, comme en témoigne son contingent de femmes au sein des forces de maintien de la paix de l’ONU qui, avec 270 soldates et 12 policières, est l’un des plus importants déployés sur le continent africain.  Le représentant a ajouté que son pays, convaincu du rôle que jouent les femmes dans le contexte des opérations de maintien de la paix, avait fait de la formation l’une de ses priorités.  Le Gouvernement sud-africain a ainsi lancé en 2015, en partenariat avec ONU-Femmes, un programme de formation pour les femmes officiers. 

De plus, a-t-il poursuivi, le Ministère sud-africain des relations internationales et de la coopération, en collaboration avec la Norvège, a entrepris de créer un réseau de médiateurs dont l’objectif est de favoriser l’inclusion des femmes dans les efforts de médiation à travers le monde.  Réaffirmant l’engagement de son pays en faveur de la mise en œuvre effective de la résolution 1325 et des autres résolutions du Conseil de sécurité consacrées aux femmes, à la paix et à la sécurité, le représentant a souligné qu’il était de la « responsabilité fondamentale » de chaque État Membre de poursuivre et de traduire en justice les auteurs de violations des droits de l’homme, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment ceux liés à la violence sexuelle.   

M. GHOLAMALI KHOSHROO (Iran) a rappelé le rôle positif et crucial que peuvent être amenées à jouer les femmes dans la consolidation et le renforcement de la paix.  Il a par conséquent appelé à les impliquer davantage dans les activités de maintien de la paix et de prévention des conflits.  Le représentant a noté que les femmes sont les principales victimes des conflits prolongés qui ravagent actuellement le Moyen-Orient.  « Elles sont en proie au fléau de l’extrémisme violent et du terrorisme », a-t-il poursuivi, dénonçant la « mise en esclavage » et les « viols répétés » auxquels les soumettent les extrémistes violents et les groupes terroristes, tels que Daech et Boko Haram.  Le représentant a appelé la communauté internationale à se montrer sans pitié avec les auteurs de telles violences.

Le délégué iranien a dénoncé les violations systématiques des droits des femmes palestiniennes, en raison de l’occupation israélienne et du blocus illégal imposé par Israël à Gaza.  « C’est la forme de terrorisme la plus flagrante imposée à une nation tout entière », a-t-il dit.  Au Yémen, il a dénoncé le fait que les femmes et les filles sont victimes de façon disproportionnée des frappes aériennes.  Il a conclu en refusant l’idée que ce débat ne vienne saper le travail des organes les plus pertinents à l’ONU pour se saisir de ces questions, y compris le Conseil économique et social (ECOSOC).

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie) a souligné la très grande difficulté qu’il y a à instaurer la paix au lendemain d’un conflit.  Alors que la guerre peut avoir cessé dans la réalité, elle continue souvent de faire rage dans les cœurs et les esprits des gens, a-t-il prévenu.  Il a souligné l’importance de la prévention des conflits et de la promotion d’une culture de paix et de tolérance.  Les femmes et les mères ont un rôle crucial à jouer dans cette prévention, s’agissant en particulier du radicalisme et de l’extrémisme violent.  Le représentant a souhaité une coopération renforcée entre les organes de l’ONU, dans le respect de leur mandat respectif, afin de mettre en œuvre le programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Il a affirmé que près de 3 000 membres des forces militaires et de police indonésiennes étaient engagés dans 10 opérations de maintien de la paix de l’ONU, dont 18 Casques bleus femmes.  Un chiffre modeste certes mais qui constitue un important point de départ pour promouvoir une plus grande participation des femmes à ces opérations, a-t-il dit.  En conclusion, le délégué a plaidé pour un financement pérenne et prévisible du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.

Mme MARIE CHATARDOVÁ (République tchèque) a déclaré que son pays avait fait de la question de la participation des femmes aux activités de paix une priorité.  Elle a aussi indiqué que son pays accordait une importance particulière au financement de projets de lutte contre la violence sexuelle, notamment en Iraq, au Soudan du Sud, en République centrafricaine et en Ukraine.  La représentante a ajouté que son pays était par ailleurs impliqué dans la formation des femmes soldats jordaniennes au déminage.  Les femmes apportent une perspective « précieuse » des conflits, a déclaré la représentante, tout en constatant cependant qu’elles restent sous-représentées dans les processus de prise de décisions, y compris en République tchèque.  Pour y remédier, elle a indiqué que son pays avait adopté plusieurs plans d’action visant à renforcer la participation des femmes, notamment dans la vie politique.

Mme GILLIAN BIRD (Australie) s’est déclarée « choquée » par la poursuite de la violence contre les femmes et les filles, notamment par les groupes extrémistes.  Comme le reconnaît le rapport du Secrétaire général, a-t-elle noté, des progrès ont été réalisés sur la question « femmes, paix et sécurité » mais il y a encore de nombreuses lacunes qui exigent que l’on agisse immédiatement.  L’Australie, a-t-elle dit, a promis une somme de 6 millions de dollars au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies à l’appui de la lutte contre la violence à l’égard des femmes et réfléchit au rôle que doivent jouer les femmes dans le combat contre l’extrémisme.

Convaincue de l’importance de la société civile dans la compréhension de l’influence des femmes dans les situations de conflit et postconflit, l’Australie a contribué à la création de l’Instrument mondial d’accélération de l’action en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité, et de l’aide humanitaire , a encore souligné la déléguée, encourageant d’autres États Membres à soutenir ce mécanisme.  Elle a enfin indiqué que, dans la droite ligne de son engagement en faveur du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, l’Australie a annoncé la semaine dernière une aide accrue à l’Iraq, à la suite des opérations pour la reprise de Mossoul.  Ce dispositif comprend une assistance médicale en matière de santé sexuelle et reproductive, a-t-elle précisé.

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) a exprimé l’engagement de son pays à renforcer le rôle et la participation des femmes dans les activités de maintien de la paix.  À ce titre, il a indiqué que le Bangladesh avait déployé 1 047 femmes soldats de la paix dans différentes missions de l’ONU et était sur le point de déployer deux observatrices militaires.  « Nos Casques bleus ont été sensibilisés à la prévention et à la lutte contre toutes les formes d’abus et d’exploitation sexuels », a-t-il souligné, tout en appelant à tout faire pour lutter contre ce fléau.  Le représentant a voulu que les femmes accèdent enfin aux postes de leadership dans le maintien et la consolidation de la paix. 

Soulignant l’impact disproportionné de la prolifération des armes légères et de petit calibre sur les femmes, il a appelé les États à prendre des mesures contre cette « plus grande vulnérabilité ».  Les femmes peuvent être les agents du changement, a insisté le représentant, soulignant l’importance de mobiliser davantage de ressources pour mettre en œuvre le programme pour les femmes et la paix et la sécurité dans toutes ses dimensions. 

M. DANIJEL MEDAN (Croatie) a relevé une corrélation forte entre égalité des sexes et paix et développement.  À cet égard, s’est félicité le délégué, la résolution 1325 (2000) et les résolutions suivantes consacrées aux femmes, à la paix et à la sécurité constituent un « programme visionnaire » pour faire de cette égalité un « prérequis pour l’établissement de sociétés pacifiques, inclusives et justes ».  En l’espace de 16 ans, la communauté internationale a fait d’importants efforts et les progrès sont indéniables, a-t-il constaté.  Néanmoins, a-t-il dit, l’examen de haut niveau de l’an dernier a montré que la protection des femmes dans les conflits armés et la promotion de leur contribution aux processus de paix et de reconstruction restent des défis cruciaux.  Il a ainsi jugé « inacceptable » que la participation des femmes à la chaîne de décisions dans les domaines de la paix et de la sécurité demeure faible, alors que la violence contre elles en temps de conflit continue d’être considérable.  Soucieuse de voir les engagements et les obligations intégrés dans les législations nationales, la Croatie apporte son plein soutien au Réseau de points de contacts nationaux sur les femmes, la paix et la sécurité, a conclu le représentant. 

Mme EMILIA GATTO (Italie) a déclaré qu’aucune paix durable n’est possible sans la participation active des femmes.  Elle a ainsi appelé le Conseil de sécurité à adopter de nouvelles méthodes de travail pour accorder une plus grande attention à cette problématique.  Force est de constater, a-t-elle déploré, que des obstacles à la participation accrue des femmes dans les activités de paix persistent.  « Près de la moitié des accords de paix dans le monde ne disent rien sur les besoins et le rôle des femmes », a-t-elle fait observer.  Pour remédier à cette situation, la représentante a appelé à l’augmentation du nombre des femmes déployées dans les opérations de maintien de la paix.

L’Italie est engagée à lutter contre les crimes sexuels dans les conflits, a-t-elle par ailleurs déclaré, tout en exprimant la détermination de son pays à mettre fin aux cas d’abus sexuels commis par le personnel de l’ONU.  La représentante a par ailleurs invité les États à définir une stratégie globale pour éviter la radicalisation des femmes et des filles, en leur présentant des alternatives viables face aux extrémistes et aux terroristes.  Tous les pays doivent faire des efforts et pas seulement les pays en développement ou en situation de conflit, a déclaré la représentante.

M. JORGE SKINNER-KLÉE (Guatemala) a rappelé que son pays avait cosigné la résolution 2242 (2015) adoptée voilà un an par le Conseil de sécurité. Depuis, a-t-il dit, le Gouvernement du Guatemala a créé un Bureau interinstitutions sur les femmes, la paix et la sécurité dans le but de renforcer la coordination gouvernementale en vue d’élaborer le plan d’action national qui devrait être finalisé cette année.  À l’échelon international, la mise en œuvre de la résolution 1325 requiert la volonté « inébranlable » de tous les gouvernements, a-t-il souligné, invitant ces derniers à travailler de conserve avec la société civile.  Condamnant avec force la violence et les abus sexuels dont sont victimes les femmes et les filles en situation de conflit comme dans les opérations de maintien de la paix, le représentant a insisté sur son attachement à la politique de tolérance zéro et estimé que la prévention de ce fléau nécessite la participation de tous, y compris les hommes et les garçons.  Il a ajouté que le Guatemala, soucieux que soit garantie l’intégrité des femmes par les forces de sécurité, préconise la traduction en justice de tous les auteurs de tels actes.    

M. CARLOS SERGIO SOBRAL DUARTE (Brésil) a rappelé que les femmes étaient des agents du changement et qu’à ce titre, leur absence chronique dans les activités de maintien et de consolidation de la paix, malgré les résolutions existantes sur la question, est à déplorer.  Les femmes devraient jouer un rôle essentiel pour dans la prévention des conflits, a-t-il poursuivi, ajoutant qu’à court terme, elles permettent de mieux communiquer avec les populations locales et, à long terme, elles offrent une meilleure compréhension de la cause des conflits. 

Le délégué a souligné que grâce au programme pour les femmes et la paix et la sécurité, il sera désormais inconcevable de déployer une mission de la paix sans y inclure un conseiller en matière d’égalité hommes-femmes ou sans former les soldats de la paix à la prévention des cas d’abus et d’exploitation sexuels.  Le représentant a affirmé que le Brésil avait réalisé des progrès importants au cours de ces 10 dernières années sur la question de l’égalité des sexes.  Il a ajouté que son pays avait soutenu des projets de lutte contre la violence sexuelle dans plusieurs pays, y compris en République démocratique du Congo et en Haïti.  Le Brésil, a-t-il enfin ajouté, est sur le point de lancer son plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité qui visera notamment à renforcer la présence des femmes brésiliennes dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU.

M. HEIKO THOMS (Allemagne) a salué le fait que moins d’un an après sa création, le Groupe informel d’experts chargé de la question des femmes et de la paix et de la sécurité, nommé par le Conseil de sécurité, avait déjà évalué la situation dans quatre pays, en collaboration avec les missions de l’ONU.  « Nous devons désormais nous assurer que les excellents résultats du Groupe soient communiqués au Conseil plus fréquemment », a-t-il insisté.  S’agissant de la mise en œuvre de la résolution 1325 à l’échelle locale, le représentant a indiqué que son pays a nommé un représentant du Président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur les questions de genre et a rappelé que l’Allemagne était actuellement en train de réviser son plan d’action national sur la résolution 1325.  Le pays prend aussi une part active à la mise en place du réseau de centres de liaison fondé par l’Espagne.

Mme MARRIET SCHUURMAN, Représentante spéciale pour les femmes, la paix et la sécurité du Secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), a indiqué que l’égalité des sexes permet de répondre de manière plus intelligente aux défis sécuritaires complexes que le monde doit relever.  L’OTAN appuie la mise en œuvre de la résolution 2242 (2015), en finançant la recherche sur la dimension du genre de la réponse à apporter à l’extrémisme violent, a-t-elle dit.  Elle a précisé que l’OTAN mettait en œuvre les lignes directrices visant à prévenir et à remédier à la violence sexuelle commise en période de conflit.  « Mais nous pouvons faire mieux », a-t-elle admis, en précisant que les femmes représentent 10% des forces armées de l’OTAN et 5,5% des forces déployées dans les opérations.  Elle a souligné l’importance d’améliorer cette proportion et a souhaité le doublement du nombre de femmes engagées dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU.  Elle a précisé que, la semaine dernière, des femmes ont été nommées pour la première fois au poste de Secrétaire générale adjointe de l’OTAN et à la tête de l’Université de la défense de l’OTAN.  « Nous devons et allons maintenir cet élan », a promis Mme Schuurman.  

Malgré quelques signes de progrès, a estimé M. ABDERRAZZAK LAASSEL (Maroc), force est de constater que la participation des femmes aux processus de négociation, entre 1992 et 2011, est restée limitée, dans la mesure où 9% seulement des négociateurs durant cette période étaient des femmes.  De plus, seuls 27% des accords de paix signés entre 2000 et 2015 ont fait référence à l’égalité hommes-femmes et aux besoins spécifiques des femmes, qui n’occupent que 3% des postes à responsabilité dans le monde.  Quant aux investissements étrangers pour le relèvement économique des pays après un conflit, seuls 2% sont aujourd’hui destinés à promouvoir l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes. 

« Il est donc nécessaire de changer les paradigmes pour influer sur les faits et donner plus de pouvoir à la femme, de manière à bousculer l’ordre établi », a appelé le délégué, ajoutant que la participation des femmes aux processus de négociation augmente les chances de résolution des conflits et la durabilité de la paix.  Dans ce contexte, le représentant a indiqué que le Maroc a lancé en 2012, en partenariat avec l’Espagne, une initiative importante pour promouvoir le rôle des femmes dans le processus de médiation en Méditerranée.  Il a ajouté que le Maroc a organisé, le 7 septembre 2016, une conférence sur le rôle des femmes dans les processus de paix, durant laquelle la communauté internationale a réaffirmé le rôle des femmes en matière de médiation des conflits, de dé-radicalisation et de prévention de la violence sexuelle en temps de conflit.  À cette occasion, le Maroc a annoncé la création, à Rabat, d’un centre régional indépendant dédié à l’étude du rôle des femmes dans les opérations de maintien de la paix.

Le représentant a en effet estimé que la perspective des femmes s’agissant des tensions dans les relations sociales, leur connaissance des flux de circulation des armes légères et de petit calibre au sein des communautés et leur interprétation de l’extrémisme dans les discours locaux contribuent à créer des mécanismes efficaces de renseignement sur l’imminence des conflits, pourtant rarement écoutés par les responsables locaux.  Le délégué marocain a par ailleurs regretté que la prévention des conflits n’ait pas reçu, depuis 2000, une attention aussi soutenue que les problématiques postconflit.  Il a par conséquent appelé les États à suivre une approche plus complète et plus globale, plus susceptible de s’attaquer aux causes profondes des conflits.

M. NGUYEN PHUONG NGA (Viet Nam) a insisté sur le fait que les engagements pris par la communauté internationale dans le cadre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité devaient maintenant être mis en œuvre par les États.  « Le succès réside surtout dans les partenariats, une meilleure coordination et un financement appropriés des Nations Unies », a-t-il déclaré.  Le représentant s’est dit sérieusement préoccupé par la violence perpétuelle qui menace les femmes et les jeunes filles, spécialement dans les zones de conflit et a condamné ces actes, en exhortant l’ONU à pratiquer une politique de tolérance zéro en matière d’abus et d’exploitations sexuels.  Il a rappelé l’importance de la diplomatie préventive pour prévenir les conflits en soulignant que des efforts devaient également être faits dans le domaine du développement socioéconomique, de la consolidation de la paix, du relèvement et de la reconstruction, comme le dit la résolution 1889 présentée par le Viet Nam et adoptée a l’unanimité par le Conseil de sécurité en 2009.  Le représentant a rappelé que durant des siècles, les femmes vietnamiennes s’étaient non seulement battues vaillamment pour l’indépendance de leur pays mais avaient également contribué de façon significative à la stabilité, au développement durable et a l’intégration du pays dans la communauté

Intervenant au nom du Secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), M. PAUL BEKKERS a reconnu que la participation des femmes à toutes les phases du cycle des conflits était « critique » pour le succès et la durabilité des processus de paix, qu’il s’agisse de la prévention, de la réconciliation en passant par la gestion des crises, le règlement des conflits, la réinsertion ou la reconstruction après conflit.  « Le chemin est encore long » a-t-il précisé, en citant tout de même quelques réalisations concrètes de son organisation.  Vingt-huit des 60 plans d’action nationaux sur la mise en œuvre de la résolution 1325 émanent de l’OSCE, a-t-il noté, en ajoutant l’organisation a également constitué 60 points de contacts pour la question de l’égalité des sexes couvrant 17 opérations sur le terrain.  En juillet dernier, a-t-il rappelé, l’OSCE a organisé une conférence sur la lutte contre la violence faite aux femmes afin d’échanger les bonnes pratiques et promouvoir la ratification de la Convention d’Istanbul.  Le mois prochain, une conférence réunira des décideurs, des experts et des activistes de la région de l’OSCE pour débattre de l’intégration de la dimension de genre dans les réponses opérationnelles à apporter à l’extrémisme violent et à la radicalisation menant au terrorisme, a-t-il conclu.

Tout en saluant l’adoption, il y a 16 ans, de la résolution 1325 (2000), M. KAHA IMNADZE (Géorgie) a exprimé son inquiétude quant à sa mise en œuvre, notamment dans les pays et zones de conflit.  « Vous savez tous que 20% du territoire de la Géorgie est sous le coup d’une occupation militaire illégale et que des centaines de milliers de déplacés et de réfugiés géorgiens, victimes du nettoyage ethnique, se voient refuser leur droit de retour », a dénoncé le représentant, ajoutant que les droits des femmes et des filles en Abkhazie et en Ossétie du Sud continuent d’être ignorés.  M. Imnadze a déclaré que son gouvernement était fermement engagé à lutter en faveur de la protection des droits des femmes.  Il a également reconnu les avantages liés à une participation accrue des femmes dans la prise de décisions s’agissant de la prévention et du règlement des conflits, une conviction, selon lui, reflétée dans le plan d’action géorgien sur les femmes, la paix et la sécurité.  Le représentant s’est dit convaincu qu’une prévention efficace des conflits passe par une bonne compréhension des menaces à la vie des femmes.

S’agissant des cas d’abus commis par des Casques bleus, M. Imnadze a insisté sur son attachement à la politique de tolérance zéro.  C’est dans cette perspective, a-t-il affirmé, que le Gouvernement et les Forces armées de la Géorgie ont immédiatement réagi aux allégations du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, en janvier 2016, concernant les cas d’abus sexuels de mineurs commis par les forces internationales en République centrafricaine.  Une équipe spécialement créée par la Géorgie a participé à l’enquête, à Bangui, aux côtés du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), de la Mission de l’Union européenne et de celle de l’ONU (MINUSCA).  L’enquête n’a encore révélé aucune preuve sur l’implication de soldats géorgiens et dans l’attente des conclusions finales, la Géorgie souligne déjà qu’elle apprécierait des excuses de la part des organismes des Nations Unies si les soldats géorgiens étaient innocentés.

Mme KIRA DANGANAN AZUCENA (Philippines) a mentionné les quatre piliers sur lesquels repose le plan d’action national d’application de la résolution 1325 (2000): la protection des droits des femmes, l’autonomisation et la participation des femmes, la promotion de l’égalité des sexes dans tous les aspects de la prévention et du règlement des conflits et, enfin, une évaluation rigoureuse des progrès accomplis.  Soulignant l’avantage des échanges entre États, elle a indiqué que son pays avait rejoint le réseau de points focaux « femmes, paix et sécurité » lancé en septembre dernier.  Les Philippines, qui sont sur le point de négocier un accord de paix avec le Parti communiste national et de mettre en œuvre les accords de paix signés avec les deux fronts de libération Moro, sont plus que jamais engagées en faveur de la pleine mise en œuvre de la résolution 1325, a-t-elle affirmé.  En conclusion, la représentante a souligné que le leadership des femmes était crucial pour trouver des solutions durables à « des conflits destructeurs et déshumanisants ».

M. MAMADOU TANGARA (Gambie) a rappelé que dans son pays, les femmes représentent 51% de la population et tout en reconnaissant l’importance de leur rôle dans la consolidation de la paix et le règlement des conflits, il a regretté que la Gambie n’ait pas encore été en mesure de leur garantir le pouvoir qui leur revient et de reconnaître leur statut.  Le temps et les circonstances pointent vers un manque de volonté politique, a avoué le représentant, en admettant que l’intolérance et les « lois archaïques » sont de sérieux obstacles à la participation des femmes à la quête de la paix et de la sécurité.  Pour le représentant, le seul moyen de faciliter l’engagement des femmes dans l’édification d’une culture de la paix est de leur garantir une place dans les plus hautes instances là où l’on décide des politiques et des programmes.  À ce titre, il a salué le fait que la Commissaire de la Police de l’ONU au Darfour soit une femme de même que la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la Côte d’Ivoire.

Mme MARIA HELENA LOPES DE JESUS PIRES (Timor-Leste) a rappelé que son Gouvernement avait, le 26 avril dernier, adopté un plan d’action national quinquennal sur les femmes, la paix et la sécurité, qui fait une large place à la participation des femmes aux processus de paix et qui s’appuie sur les quatre piliers que sont « la participation, la prévention, la protection et le maintien de la paix ».  Sa mise en œuvre, a-t-elle noté, se fera dans le cadre d’une approche gouvernementale globale, qui associera des organisations de la société civile, alors que l’état de mise en œuvre sera évalué par un Comité de surveillance, formé de parlementaires et d’ONG. 

M. OMER DAHAB FADL MOHAMED (Soudan) a affirmé que « la femme soudanaise » a été un partenaire essentiel du succès du dialogue national lancé par le Président en 2014.  Quelque 30% des parlementaires et 66% des fonctionnaires au Soudan sont des femmes, a-t-il affirmé.  « La femme soudanaise » est un exemple qui jouit de tous ses droits depuis 60 ans.  Le représentant a détaillé les nombreuses initiatives prises par son pays pour renforcer la participation des femmes et lutter contre la violence fondée sur le sexe.  Le Document de Doha pour la paix au Darfour garantit d’ailleurs la présence des femmes dans tous les organes exécutifs et judiciaires prévus, a-t-il déclaré.  Il a souligné l’importance d’une solution rapide et négociée au conflit, une solution qu’aucune partie ne devrait remettre en cause.  Nous condamnons toutes les formes de violence sexuelle perpétrée par le personnel des opérations de maintien de la paix de l’ONU et appuyons l’approche de tolérance zéro prônée par le Secrétaire général, a dit le représentant, avant de renouveler l’appel de son pays à la levée des sanctions.

M. NKOLOI NKOLOI (Botswana) a salué l’adoption de l’Instrument mondial d’accélération de l’action en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité, et de l’aide humanitaire et appelé les États Membres à appuyer cette initiative.   Les femmes sont les premières victimes des conflits armés, de la violence sexuelle, de la violence domestique et des crises humanitaires, a-t-il rappelé, jugeant impératif de renforcer leurs capacités de prévenir la violence et l’extrémisme violent et de répondre aux situations de crise.  La participation accrue des femmes aux efforts de médiation et de règlement des conflits, ainsi qu’aux stratégies de consolidation de la paix, contribuerait à l’instauration d’une paix durable, a-t-il déclaré.  Il s’est réjoui que l’on ait reconnu l’importance de l’égalité des sexes dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

M. GÜVEN BEGEÇ (Turquie) a estimé que les actes horribles perpétrés contre les femmes et les filles par des organisations terroristes comme Daech et Boko Haram exigent une approche globale en vue d’éradiquer les causes profondes de ce fléau.  Une telle approche devrait, selon lui, inclure la pleine participation des femmes elles-mêmes comme agents de prévention et de règlement des conflits, et de maintien et de consolidation de la paix.  Conformément aux dispositions de la résolution 1325, tous les acteurs doivent prendre des mesures spéciales pour protéger les femmes et les filles de la violence fondée sur le sexe, en particulier les viols et autres formes d’abus sexuels, commis dans les situations de conflit armé.  La Turquie, a affirmé son représentant, s’efforce de garantir la sécurité des réfugiées syriennes qui se trouvent sur son sol et de favoriser sur les sites concernés l’émergence d’un environnement respectueux de la problématique « genre ».

Mme ISBETH LISBETH QUIEL MURCIA (Panama) a estimé que la violence contre les femmes était plus forte que jamais du fait notamment des groupes extrémistes.  Il faut passer de la parole aux actes, s’agissant de l’amélioration de la participation des femmes aux processus de prise de décision, a-t-elle dit.  Elle a également souhaité que les fautes de conduite commises par les soldats de la paix soient rendues publiques.  Soulignant la grande incidence des conflits armés sur les femmes, elle a souligné l’importance des activités d’ONU-Femmes.  La femme doit jouer un rôle important dans la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, a-t-elle insisté, souhaitant que les femmes soient associées à toutes les étapes du règlement d’un conflit et de la consolidation de la paix.  Il faut renforcer la lutte contre l’exclusion de la moitié de l’humanité et reconnaitre le rôle des femmes en tant qu’agents du changement, a conclu la représentante du Panama.

Mme CARLOS OLGUÍN CIGARROA (Chili) a déclaré que le Chili était coauteur avec l’Espagne de l’initiative visant à créer un réseau de points focaux destinés à appuyer la mise en œuvre de la résolution 1325.  Par ailleurs, a-t-il dit, son Gouvernement s’est engagé à renforcer la présence des femmes dans les opérations de maintien de la paix, auxquelles il fournit des contingents.  En outre, à partir de 2017, nous allons concrétiser l’accès des femmes à toutes les branches de l’armée, y compris la marine et l’armée de l’air, a annoncé le représentant.  Il a insisté sur le rôle de chef de file des femmes dans les initiatives de paix et de sécurité, soulignant que leur présence doit intervenir dès la phase de planification des opérations de maintien de la paix.  L’autonomisation des femmes et des jeunes filles est « l’investissement le plus intelligent » que la communauté internationale peut faire pour garantir un avenir de justice et de paix pour tous, a estimé en conclusion le représentant.

Mme LOUISE SHARENE BAILEY, Union africaine, a rappelé que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine vient de tenir, ce 20 octobre, une réunion sur la situation des femmes et des enfants dans les conflits sur le thème « le rôle des médias dans l’engagement de l’Afrique en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité ».  Auparavant, au mois de juillet à Kigali, lors de son Sommet, l’Union africaine a publié son premier rapport sur la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité qui a montré qu’à ce jour, 19 pays et deux communautés économiques régionales ont élaboré des Plans d’action.  La Commission de l’Union africaine s’est donc embarquée dans l’élaboration d’un « cadre des résultats » pour faciliter le suivi et la collecte d’informations car il a été constaté que si les instruments de mise en œuvre existent, ce sont les résultats qui pêchent. 

Seize ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000), l’action de l’Union africaine est aussi guidée par son Agenda 2063 dont l’« aspiration 6 » parle d’une Afrique où les femmes sont émancipées et où elles jouent le rôle qui leur revient dans toutes les sphères de la vie »; une des sphères fondamentales étant la paix et la sécurité comme condition sine qua non à la stabilité et au développement.  Les actions prévues comprennent la création d’un Réseau de femmes médiatrices, la promotion du rôle des femmes dans la consolidation de la paix à travers les médias, l’appui aux États et aux Communautés économiques régionales dans l’élaboration de plans d’action sur les femmes, la paix et la sécurité, la mise en place de centres d’excellence sur cette problématique et la formation des militaires aux droits de la femme, conformément à la politique de tolérance zéro de l’Union africaine face à la violence sexuelle.

M. HAHN CHOONGHEE (République de Corée) a noté l’augmentation du nombre de femmes dans les négociations d’accords de paix, conduisant à un nombre accru d’accords comprenant des dispositions sur l’égalité des sexes.  Sept des dix accords de paix signés en 2015 comprenaient de telles dispositions, a-t-il déclaré.  Il a salué le fait que le Fonds pour la consolidation de la paix ait atteint la cible de 15% de ressources affectées à la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes.  Soulignant l’importance de la reddition de comptes pour protéger les femmes et filles pendant un conflit armé, il a salué la nomination de la Coordonnatrice spéciale pour l’amélioration de la réponse des Nations Unies à l’exploitation et aux abus sexuels.  D’autres mesures devraient être prises, a-t-il affirmé.  En conclusion, le délégué a appelé au renforcement des capacités des États en proie à un conflit ou émergeant d’un conflit dans la promotion du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.

M. JAMAL JAMA AHMED ABDULLA AL MUSHARAKH (Émirats arabes unis) s’est déclaré convaincu que le Réseau des points de contact nationaux mis en place à l’initiative de l’Espagne, permettrait des synergies à l’appui du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Il s’est ensuite félicité de ce que la Ligue des pays arabes et ONU-Femmes aient organisé au Caire le mois dernier, une conférence ministérielle sur la contribution des femmes à la réalisation de la paix dans la région.  En tant que coauteur de la résolution 2242, il a reconnu la nécessité d’intégrer une perspective « genre » dans la lutte contre la radicalisation des femmes, tout en faisant attention à l’impact des stratégies de lutte contre le terrorisme sur les droits et les organisations des femmes.

M. MOHAMMED SAHIB MEJID MARZOOQ (Iraq) a dit que son pays avait été l’un des premiers à mettre en œuvre la résolution 1325 (2000).  Malgré les conditions difficiles, un organe a été mis en place pour appliquer ce texte et renforcer la participation des femmes dans la vie publique.  Aujourd’hui, l’Iraq compte 83 femmes parlementaires, trois ambassadrices, 86 juges femmes et 475 présidentes d’université, a-t-il dit.  Il a ensuite évoqué le sort épouvantable des femmes yézidies capturées et réduites en esclavage par Daech.  La communauté internationale doit en faire plus pour appuyer les forces iraquiennes dans leurs efforts visant à libérer ces femmes, a-t-il affirmé.  Il a précisé que les femmes étaient associées à toutes les étapes de la lutte contre le terrorisme et que l’Iraq ne cessera jamais de coopérer avec les organisations internationales qui s’occupent de la protection des droits des femmes.  Le délégué a précisé que son pays œuvrait avec la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI) à la promotion de l’autonomisation des femmes.

Mme SIMA SAMI BAHOUS (Jordanie) a indiqué que la proportion de femmes parlementaires dans son pays est passée de 12% à plus de 15% à l’issue des dernières élections législatives.  Elle a rappelé que son pays était l’un des principaux fournisseurs de contingents, dont 21% de femmes, une tendance qui se poursuivra à la hausse.  En outre, a souligné la représentante, devant l’afflux de réfugiés syriens, la Jordanie s’est engagée à n’épargner aucun effort pour fournir une protection spécifique aux 51% des femmes qui font partie de cette population.  Elle a rappelé que le Comité pour les femmes de Jordanie, en coopération avec ONU-Femmes, avait lancé des consultations nationales qui ont conclu à la nécessité de renforcer la présence des femmes dans les opérations de maintien de la paix et de lutter contre la violence à leur encontre. 

Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie) a indiqué que l’engagement du Conseil était crucial pour la promotion du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, sans que ce dernier n’empiète pour autant sur les prérogatives d’autres organes de l’ONU.  Les efforts du Groupe de travail informel sur les femmes, la paix et la sécurité pour assurer la pleine mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) sont très importants, a-t-elle affirmé.  Elle a également plaidé pour la bonne coordination des efforts d’ONU-Femmes, des Représentants spéciaux du Secrétaire général, du Département des opérations de maintien de la paix et des pays contributeurs de troupes.  Elle a défendu la création d’un mécanisme chargé du suivi de la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité et rappelé que l’Éthiopie est l’un des pays qui met à disposition de l’ONU le plus grand nombre de Casques bleus femmes.

Après avoir salué la contribution de la résolution historique 1325 (2000), M. HABIB MIKAYILLI (Azerbaïdjan) a vigoureusement condamné tous les actes de violence contre les femmes et les filles dans les situations de conflit armé. Selon lui, le sort de millions de femmes et de filles ne pourra être réglé tant qu’il ne serait pas mis fin à ces conflits.  C’est une réalité à laquelle nous faisons face tous les jours dans notre pays », a affirmé le représentant, qui a accusé l’Arménie d’avoir usé de la force et occupé un cinquième du territoire de l’Azerbaïdjan, où des « nettoyages ethniques » ont été perpétrés.  Aussi la délégation a-t-elle soutenu l’appel du Secrétaire général à redoubler d’efforts pour prévenir et résoudre ces conflits.

M. ÁLVARO MENDONÇA E MOURA (Portugal) a salué les nombreux développements positifs du programme pour les femmes et la paix et la sécurité dont le fait que cette problématique est devenue récurrente dans les résolutions adoptées au Conseil de sécurité, dont les mandats des opérations de maintien de la paix.  Il a aussi cité le fait que la collecte des informations d’une manière soucieuse de l’égalité des sexes est désormais comprise comme un élément fondamental pour mieux comprendre la dimension genre des conflits et élaborer des réponses adéquates aux niveaux local et international.  Aujourd’hui, de plus en plus de femmes sont impliquées dans les pourparlers de paix, de plus en plus d’accords comportent des dispositions pour appuyer les droits de la femme et de plus en plus de soldats sont formés à la prévention de la violence sexuelle.  Cependant, a nuancé le représentant, depuis l’adoption de la résolution 1325 (2000), le contexte de la paix et de la sécurité ainsi que la nature des conflits ont évolué et parfois de manière spectaculaire. 

Il faut donc s’appuyer sur les progrès de la mise en œuvre de la résolution 1325, a estimé le représentant, en saluant la création du Groupe informel d’experts chargé de la question des femmes et de la paix et de la sécurité en tant qu’étape clef de la mise en œuvre de la résolution 2242 (2015).  Il a aussi salué l’Espagne qui a lancé le Réseau des points focaux, une plateforme importante pour le partage des pratiques exemplaires.  Le Portugal, a poursuivi le représentant, a adopté son plan d’action national en 2009 puis un second en 2014 qui restera en vigueur jusqu’en 2018.  Le pays s’engage aussi à poursuivre ses programmes de formation à l’intention des soldats qu’il déploie dans les opérations de maintien de la paix.  Le Portugal, a-t-il ajouté, insiste sur le rôle de la société civile dans la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.

Mme CHARLOTTE MALENGA OMOY (République démocratique du Congo (RDC) a indiqué que c’est dès 1966, que son pays a nommé pour la première fois une femme ministre mais qu’il a fallu attendre la Constitution de 2006 pour voir la femme congolaise libérée du joug traditionnel en vue de sa participation aux postes de prise de décisions.  Citant les efforts de son pays depuis l’adoption de la résolution 1325, la représentante a évoqué les réformes au sein de la police et de l’armée pour instituer des unités spéciales en charge de la lutte contre les violences sexuelles.  Elle s’est aussi félicitée de la révision du Code de la famille qui a été expurgé des dispositions discriminatoires.  Elle a aussi parlé de la révision en cours de la Stratégie nationale de lutte contre les violences sexuelles avec la participation de tous les acteurs impliqués.  Elle a mentionné l’élaboration et la publication du plan d’action national de 2010 qui est en cours de révision.  Ce plan d’action est évalué chaque année le 31 octobre, journée anniversaire de l’adoption de la résolution 1325, en collaboration avec la société civile et les partenaires au développement.  Enfin, la représentante a salué la mise en place de mécanismes structurels comme le Comité de pilotage national, provincial, local et le secrétariat national permanent pour faciliter l’opérationnalité dans les 26 provinces de la mise en œuvre de la résolution 1325. 

Mme PENELOPE BECKLES (Trinité-et-Tobago) a expliqué que la politique nationale adoptée en 2009 sur « le genre et le développement » constitue le cadre d’action du Gouvernement pour la participation pleine et égale des femmes et des hommes au développement national.  Elle s’est félicitée de l’augmentation du nombre de femmes dans les plus hauts postes de la police et de l’armée.  Elle a aussi souligné la collaboration de son pays avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) sur des initiatives visant à renforcer le rôle et la participation des femmes d’Amérique latine et des Caraïbes dans la lutte contre le trafic illicite des armes légères.  La représentante a indiqué que son pays a accueilli plusieurs initiatives du Centre régional des Nations Unies pour la paix, le désarmement et le développement visant à former des femmes dans les domaines de la sécurité et du contrôle des armes. 

Face aux défis persistants, M. RICHARD NDUHUURA (Ouganda) a appelé à la pleine mise en œuvre de la résolution 1325, se félicitant que dans son rapport, le Secrétaire général ait reconnu que l’Ouganda est un « exemple remarquable » des pays qui ont démontré à quel point les femmes peuvent faire une vraie différence comme agents du changement.  L’Ouganda a adopté des plans d’action locaux qui ont par exemple conduit à une chute spectaculaire de la violence sexuelle.  L’Ouganda, s’est aussi enorgueilli le représentant, est également un exemple s’agissant des cas d’abus et d’exploitation sexuels commis par les soldats de la paix.  Aussi, il n’y pas si longtemps, les membres des Forces armées ougandaises déployés à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) ont-ils été dûment traduits en justice à la fois dans la zone d’opérations de la Mission et au pays, et ceux qui ont été jugés coupables ont été sévèrement punis.  En matière d’égalité des sexes, l’Ouganda enregistre des progrès partout, dans le secteur de l’éducation et dans la vie politique, en particulier.  Le pays appelle l’ONU à impliquer plus de femmes dans la diplomatie préventive, les négociations de paix et la médiation.  L’Ouganda appelle l’ONU à budgétiser d’une manière soucieuse d’égalité entre les sexes les opérations de maintien de la paix et l’appui à ces missions.

M. RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) s’est déclaré convaincu que la participation égale des femmes aux négociations de paix ouvre de nouvelles perspectives, notamment des solutions durables et inclusives au règlement des conflits.  Il a ainsi estimé que les réseaux de femmes jouaient un rôle préventif essentiel, illustré en Afrique par les « salles de commandement » dirigées par des femmes ou par la création du Réseau de médiation des femmes nordiques.  À cet égard, a poursuivi le délégué, la Lituanie appelle l’ONU à réfléchir à l’établissement d’une liste spécifique de médiatrices pour renforcer la prévention inclusive et multilatérale des conflits.  Constatant toutefois que les femmes continuent de subir disproportionnellement les effets des violences armées, il a appelé à une plus forte intégration de la dimension « genre » dans la prévention du coût humain des armes légères et de petit calibre.

Il a enfin souhaité que les Nations Unies s’emploient à faciliter l’accès des femmes aux moyens de communication afin qu’elles puissent parler des conflits, non pas en tant que victimes mais comme « journalistes ».  À cet égard, a-t-il encore noté, les États Membres doivent œuvrer au renforcement des dispositions de la résolution 2222, adoptée en mai dernier sous la présidence lituanienne et qui a mis en lumière les risques que courent les journalistes femmes en temps de conflit.

M. RY TUY (Cambodge) a estimé que les femmes ayant souffert de violences devaient bénéficier d’un soutien adéquat pour répondre à leurs besoins et à ceux de leurs enfants, notamment sous la forme de services de santé, y compris sur le plan psychologique.  Il a jugé important de renforcer les normes internationales en vigueur pour la participation pleine et entière des femmes aux sphères politique, économique, sociale et culturelle.  Pour sa part, le Cambodge a augmenté leur présence aux postes à responsabilité, notamment au sein des institutions de l’État, en faisant passer leur taux de 25 à 50% en 2016.  Enfin, 142 Cambodgiennes ont été déployées au sein des opérations de maintien de la paix des Nations Unies au cours de la décennie écoulée, a indiqué le représentant.

 

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