La réalisation des objectifs de développement durable, enjeu majeur des travaux de la Deuxième Commission

AG/EF/3452
10 octobre 2016
Soixante et onzième session 9e & 10e séances - matin & après-midi

La réalisation des objectifs de développement durable, enjeu majeur des travaux de la Deuxième Commission

Le Président de la soixante et onzième session de l’Assemblée générale a évoqué des impératifs moraux et les énormes défis qui restent à relever

La quinzaine de rapports sur le développement durable* présentés, ce matin, à l’ouverture du débat de la Commission économique et financière (Deuxième Commission) sur ce thème, illustrent l’étendue de ce sujet et l’ampleur de la tâche à accomplir pour atteindre les objectifs de développement durable adoptés par les dirigeants mondiaux au Siège de l’ONU à New York, il y a un an.

« La mise en œuvre des objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030, du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement et celle de l’Accord de Paris sur le climat, qui entrera en vigueur le 4 novembre, sont les impératifs moraux d’aujourd’hui », a prévenu le Président de la soixante et onzième session de l’Assemblée générale, M. Peter Thomson, tout en soulignant que d’énormes défis restaient à relever. 

Invité ce matin par la Deuxième Commission, M. Thomson a assuré les délégations de son soutien, en affirmant que le principal objectif de cette session était de parvenir à une poussée réelle pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable, dont il a souligné l’ampleur et l’ambition.  Les projets de résolution sont essentiels en ce sens, a-t-il fait remarquer, tout en précisant que l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies était de toute évidence la question la plus importante.   Cette question, a-t-il précisé, va définir l’efficacité de l’ONU sur le terrain dans les années à venir.

Le Sous-Secrétaire général à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations de l’ONU, M. Thomas Gass, qui a présenté 11 rapports, a souligné que chacun méritait toute l’attention des délégations et les a assurées de l’étroite collaboration du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DAES).  Au nom du secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, il a également évoqué l’Accord de Paris, en rappelant que la Convention-cadre comptait, à ce jour, 191 signataires, ce qui reflète la détermination des gouvernements à accélérer les progrès vers une plus faible émission de gaz à effet de serre, « Les défis et les enjeux sont énormes mais les résultats plus importants encore », a-t-il lancé.  L’Accord de Paris, a-t-il précisé, se fonde sur un partenariat et sur l’appui à fournir aux pays en développement.  « Le système des Nations Unies est un acteur du changement, mais il doit se recentrer et revoir ses stratégies de faible émission », a déclaré M. Gass.

La question des changements climatiques est étroitement liée à celle de la réduction des risques de catastrophe, a soutenu le Groupe des 77 et de la Chine, faisant ainsi le lien avec l’ouragan Matthew, qui vient de frapper plusieurs pays de la région des Caraïbes.  De nombreuses délégations ont exprimé leur soutien aux victimes de l’ouragan en Haïti, en Jamaïque et aux Bahamas et demandé une aide internationale d’urgence pour Haïti, qui a été particulièrement touché.  Cet événement rappelle la menace perpétuelle à laquelle les petits États insulaires en développement (PEID) sont confrontés, ont fait observer les pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).

Quant à l’Accord de Paris, les délégations se sont félicitées de sa prochaine entrée en vigueur.  Plusieurs d’entre elles ont insisté, à l’instar de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), sur l’importance pour la communauté internationale de tenir compte des besoins spécifiques des PEID et la nécessité d’adopter des mesures claires en matière d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.

D’une manière plus générale, c’est la situation de tous les pays en situation particulière qui a été évoquée à de nombreuses reprises: les pays africains, les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral, les PEID, les pays à revenu intermédiaire, les pays sortant de conflit et ceux vivant sous occupation étrangère.  Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 exige un partenariat mondial revitalisé, et l’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes reste une condition essentielle pour la réalisation du développement durable et pour que personne ne soit laissé de côté, a fait remarquer le Groupe des 77. 

La mise en œuvre des objectifs de développement durable comme de l’Accord de Paris sur le climat n’a pas manqué de susciter des questionnements quant à leur financement.  En présentant les rapports, M. Thomas Gass a prévenu que les gouvernements ne peuvent réaliser à eux seuls les objectifs de Paris et les objectifs de développement durable.  Il faudrait compter sur les villes, les États et les investisseurs, tout en canalisant les fonds vers des investissements viables, a-t-il recommandé.

De nombreuses délégations, à l’instar de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes  (CELAC), ont attiré l’attention sur l’aide publique au développement (APD), en insistant pour que les pays développés s’acquittent des engagements pris en la matière.  La coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire, qui doivent être complémentaires et non pas se substituer à la coopération Nord-Sud, ont également été mises en avant.  Le représentant des PMA a estimé que le Fonds vert pour le climat, dont l’objectif est de mobiliser 100 milliards de dollars par an, devrait rendre les ressources nécessaires disponibles pour les PMA et s’ajouter à l’APD.   

La Deuxième Commission poursuivra demain, mardi 11 octobre, ses travaux sur le développement durable.

* A/71/76-E/2016/55, A/71/190, A/71/210, A/71/215, A/71/217, A/71/376, A/71/212, A/71/260, A/71/320, A/71/265, A/71/267, A/71/267/Add.1, A/71/324, A/71/324/Corr.1 et A/71/324/Add.1, A/71/230, A/71/216, A/71/25, A/71/266, A/71/220, A/71/256

Déclaration liminaire

Invité de la Deuxième Commission ce matin, M. PETER THOMSON, Président de la soixante et onzième session de l’Assemblée générale, a déclaré que la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement et de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, qui entrera en vigueur le 4 novembre, sont les impératifs moraux d’aujourd’hui.  « Ces instruments donnent à l’humanité un cadre universel qui, s’il est appliqué de manière urgente et effective, permettra d’éliminer l’extrême pauvreté, d’autonomiser les femmes et les filles, de construire des sociétés pacifiques et inclusives, d’apporter la prospérité et de lutter contre les changements climatiques. »

Le Président de l’Assemblée générale a souligné que d’énormes défis restaient à relever, tels que la croissance volatile, l’extrême pauvreté, les inégalités, le sous-emploi, la dégradation de l’environnement, les conflits difficiles à régler, les flux massifs de réfugiés ou encore les violations systématiques des droits de l’homme.  Pour M. Thomson, le principal objectif de cette soixante et onzième session de l’Assemblée générale est de parvenir à une poussée réelle pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Il a annoncé que son équipe travaillait à la finalisation d’une stratégie en ce sens axée sur trois voies.  La première voie consiste à apporter son soutien aux événements déjà programmés, ce qui inclut la Conférence ONU-Habitat III à Quito ce mois-ci, la Vingt-deuxième session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22) à Marrakech en décembre, où la dynamique de l’Accord de Paris sera renforcée, et la Conférence sur les océans, prévue à New York en juin, pour tenter de renverser le cycle de déclin.  Le Président de l’Assemblée générale entend ensuite conduire des partenariats stratégiques, de même que son Envoyé spécial et son Conseiller spécial sur les objectifs de développement durable.  Son équipe et lui appuieront au cours de la session annuelle de nombreux événements importants pour stimuler la mise en œuvre des objectifs de développement durable et assurer un meilleur financement.

Compte tenu de l’ampleur et de l’ambition des objectifs de développement durable, M. Thomson a affirmé qu’il comptait sur l’appui des délégués pour assurer le succès de ces travaux.  Il a fait remarquer que les projets de résolution étaient essentiels mais que l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies était probablement la question la plus importante, car elle va définir l’efficacité de l’ONU sur le terrain dans les années à venir.  Il a ainsi demandé aux délégués de la Deuxième Commission d’adopter une attitude ouverte en prévenant que « beaucoup de vies humaines dépendent de vos délibérations. »

Les moyens de mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 méritent également une attention particulière, surtout pour les pays en situation particulière et, notamment, les pays d’Afrique, les petits États insulaires en développement, les pays les moins avancés et les pays sortant de conflit.  M. Thomson a estimé que de nouvelles sources de financements étaient nécessaires, notamment par le biais de partenariats stratégiques et d’investissements privés.  Il a ajouté que la coopération Sud-Sud devrait être renforcée, pour compléter la coopération Nord-Sud et la coopération triangulaire.

Beaucoup a été fait pour aligner le programme de l’Assemblée générale avec le Programme 2030, a relevé le Président de l’Assemblée générale.  Ce processus vise à s’assurer que l’ensemble des travaux contribuent de façon efficace et efficiente à la mise en œuvre des cadres pertinents pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Pour ce faire, M. Thomson s’est engagé à tenir des réunions fréquentes avec les présidents du Conseil économique et social (ECOSOC) et du Conseil de sécurité durant la session.  Il apportera également son soutien au Président de l’ECOSOC pour que la prochaine session du Forum politique de haut niveau pour le développement durable continue de renforcer la dynamique pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Enfin, il a dit compter sur le Président de la Deuxième Commission pour améliorer les méthodes de travail afin de consacrer le temps nécessaire à la négociation des projets de résolution.  Il l’a assuré de son engagement personnel et de celui de son équipe pour appuyer les travaux de la Deuxième Commission.

DÉVELOPPEMENT DURABLE (A/71/76–E/2016/55, A/71/190, A/71/210, A/71/215, A/71/217 et A/71/376)

Débat général

M. VIRACHAI PLASAI (Thaïlande), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et la Chine (G77), a déclaré que le Groupe soutenait les principes qui avaient prévalu au cours de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement durable de 1992, Sommet de Rio.  Il a insisté sur l’importance du principe de la responsabilité commune mais différenciée, avant de rappeler que la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 devrait être guidée par ces principes, en accord avec le paragraphe 74 de ce programme de développement.

L’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes, a-t-il souligné, reste une condition essentielle pour la réalisation du développement durable et pour que personne ne soit laissé de côté.  M. Plasai a aussi expliqué que le caractère universel de ce nouveau programme ne devrait pas faire oublier les défis et besoins auxquels sont confrontés les pays en développement, notamment les pays en situation particulière: les pays africains, les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral, les petits États insulaires en développement (PEID), les pays à revenu intermédiaire, les pays sortant de conflit et ceux vivant sous occupation étrangère.

Le représentant a indiqué que la mise en œuvre des objectifs de développement durable nécessitait un partenariat international revitalisé, avec la coopération Nord-Sud qui, a-t-il dit, représente le principal canal de la coopération internationale.  Il a ainsi prôné davantage de financements en faveur des pays en développement, ainsi que des transferts de technologies en leur faveur, le renforcement de leurs capacités à travers l’assistance technique et l’avènement d’un système commercial multilatéral juste et non discriminatoire.  Les technologies sont un catalyseur essentiel de changement en vue de réaliser un développement durable, a estimé M. Plasai, en souhaitant, à cet égard, que des mesures soient prises pour réduire la fracture numérique.

M. Plasai a ensuite relevé que la mise en œuvre de l’Agenda 21 et de la Déclaration de Johannesburg sur le développement durable, ainsi que de « L’avenir que nous voulons » sont cruciaux pour l’atteinte du développement durable.  Il a également souligné l’importance des Orientations de Samoa sur le développement des PEID.  Il a plaidé pour que des liens soient établis entre ce cadre important et le programme de développement international.  Les catastrophes naturelles risquent de réduire à néant les gains réalisés par les pays en développement, en insistant sur la nécessité de renforcer la résilience des États à travers la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030).

Les changements climatiques, le phénomène El Niño, la désertification, la dégradation des terres, la perte de la biodiversité, a fait remarquer M. Plasai, sont étroitement liés.  C’est pourquoi, il a plaidé pour un accès abordable de tous aux sources d’énergie sûres, durables et modernes.  Le représentant a noté qu’il y avait des aspects des objectifs de développement durable qui sont peu ou pas du tout couverts par l’Assemblée générale et le Conseil économique et social (ECOSOC).  Ces questions pourraient devenir des sujets de travail de la Deuxième Commission, a-t-il estimé, citant ainsi la question des infrastructures, de l’eau, de l’énergie pour l’industrialisation et le défi de la production et de la consommation durable des ressources.

M. U HAU DO SUAN (Myanmar), s’exprimant du nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a indiqué que l’ASEAN entendait renforcer son partenariat avec les Nations Unies, comme le démontre le Plan d’action ASEAN-Nations Unies 2016-2020 entre les deux entités, et qui vient d’être signé et adopté au cours du huitième sommet conjoint tenu le 7 septembre dernier à Vientiane en République démocratique populaire lao.  Il a salué le caractère complémentaire du programme de développement international et la Vision 2025 de l’ASEAN qui aspire à une communauté stable et dotée de capacités nécessaires pour faire face aux défis qui l’interpellent.  Cette Vision comprend une feuille de route avec un calendrier clair, des priorités identifiées, les activités de mise en œuvre et les mesures de suivi et d’évaluation du processus, a-t-il expliqué.

Le représentant a indiqué que l’ASEAN avait récemment fait des progrès en matière d’éducation et dans le domaine énergétique.  Le Plan d’action de l’ASEAN en matière de coopération énergétique 2016-2025 a été lancé, avec pour ambition d’assurer la sécurité énergétique dans la région, ce qui devrait ainsi permettre de pouvoir réaliser d’autres objectifs de développement durable.  L’éducation, a-t-il également souligné, est importante pour bâtir des communautés prospères.  Il a aussi salué la Déclaration sur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, adoptée par la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale, le mois dernier.  Le représentant a également souligné la détermination de l’ASEAN à lutter contre les effets des changements climatiques.  L’ASEAN est une région riche en matière de diversité biologique, a-t-il rappelé en indiquant que le Plan stratégique 2011-2020 de l’ASEAN pour la diversité biologique allait permettre à ses États membres d’entreprendre les efforts nécessaires aux objectifs de développement durable 14 et 15 sur la préservation des ressources maritimes et sur les écosystèmes terrestres.

M. AHMED SAREER (Maldives), s’exprimant au nom de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), a insisté sur l’importance pour la communauté internationale de tenir compte des besoins spécifiques des petits États insulaires en développement (PEID).  Il a rappelé qu’au cours de sa soixante-dixième session, l’Assemblée générale avait établi un cadre de partenariat avec les PEID, une première du genre au sein des Nations Unies, s’est-il félicité.  La question du développement durable ne peut pas être traitée sans parler des changements climatiques qui menacent le développement et la survie même des PEID, a-t-il rappelé.  Le représentant s’est félicité que l’Accord de Paris sur les changements climatiques allait bientôt entrer en vigueur.  Il a cependant précisé que cette entrée en vigueur devrait s’accompagner de mesures claires en matière d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.

Pour trouver des solutions aux diverses vulnérabilités des PEID, le représentant a appelé à renforcer les capacités humaines, notamment en matière de collecte de données.  Il a souligné que la question des changements climatiques était étroitement liée à celle de la réduction des risques de catastrophe, faisant ainsi le lien avec le récent ouragan Matthew qui a dévasté la région des Caraïbes, faisant notamment 900 morts en Haïti, en plus d’énormes destructions d’infrastructures. 

Le représentant a également plaidé pour la réduction des importations des produits pétroliers par les PEID.  Le coût élevé de cette dépendance pousse de nombreux PEID à investir en faveur des sources d’énergie renouvelables, mais ces pays font face à un manque de moyens financiers, d’infrastructures et de capacités humaines pour agir de manière indépendante, a-t-il déploré.  C’est pourquoi, il a invité la communauté internationale à considérer des critères alternatifs afin de classer les pays, en dehors de celui relatif au produit intérieur brut (PIB) qui ne tient pas compte des vulnérabilités des PEID, s’est-il plaint.

M. KEITH MARSHALL (Barbade), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a estimé  que l’examen de ce point de l’ordre du jour sur le développement durable arrivait à un moment critique.  Il s’est félicité de la mise en œuvre rapide de l’Accord de Paris sur le climat, tout en rappelant qu’il était nécessaire de fournir des ressources financières supplémentaires pour lutter contre les changements climatiques.  À cet égard, il a appelé à une mobilisation afin que le Fonds vert pour le climat et le parachèvement des procédures simplifiées pour les petits États insulaires en développement disposent des fonds nécessaires.

À cette occasion, M. Marshall a également demandé à la communauté internationale d’aider les sinistrés en Haïti, en Jamaïque et aux Bahamas après le passage de l’ouragan Matthew et transmis ses meilleurs vœux à ceux de la côte-Est des États-Unis.  Cet événement climatique rappelle la menace perpétuelle à laquelle les PEID sont confrontés.  Le représentant a précisé qu’entre 1980 et 2015, les pays des Caraïbes avaient connu 390 catastrophes naturelles documentées et causé des pertes de PIB de plus de 2% par an.  Il a ainsi suggéré à la Deuxième Commission de prendre des mesures concrètes pour stimuler la mise en œuvre des Orientations de Samoa concernant les PEID.

Sur la question de la mer des Caraïbes, sa délégation, a-t-il dit, est en faveur d’une démarche intégrée.  Les membres de la CARICOM, a-t-il rappelé,  demandent à la communauté internationale de continuer à appuyer l’importante initiative régionale visant à faire reconnaître la mer des Caraïbes comme « zone spéciale ».  Les États de la région demeurent par ailleurs attachés à la conservation, à l’usage juste et équitable de la biodiversité, et plaident pour le renforcement du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), autorité mondiale chargée de l’environnement.

M. FRANCISCO ANTONIO CORTORREAL (République dominicaine), s’exprimant au de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a rappelé que l’éradication de la pauvreté demeurait le plus grand défi auquel est confrontée la communauté internationale et que la réalisation de cet objectif était la condition sine qua non pour parvenir à un développement durable.  Dans le cadre de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, il a souligné l’importance de l’aide publique au développement (APD), en insistant pour que les pays développés respectent leur promesse en la matière.  Il a également souligné l’importance de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, en précisant que ces deux formes de coopération devraient être complémentaires et non pas se substituer à la coopération Nord-Sud.

Le représentant a ensuite indiqué que le Programme d’action d’Addis-Abeba avait prescrit de tenir compte de la situation des pays à revenu intermédiaire, et que l’aide publique au développement (APD) demeurait critique pour certains d’entre eux.  Dans le contexte de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, il a invité le Forum politique de haut niveau sur le développement durable à tenir dûment compte de la situation spécifique de chaque pays.  Il est important de renforcer les liens entre le Forum politique et les commissions économiques régionales des Nations Unies et d’autres entités régionales pertinentes, afin de renforcer le caractère cohérent des interventions du système des Nations Unies au niveau régional, a-t-il rappelé.  Sa délégation, a-t-il poursuivi, rejette les mesures unilatérales de coercition économique ou financière prises contre des États en développement, et qui sont contraires au droit international et à la Charte des Nations Unies.

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) a déclaré qu’un partenariat pour le développement renforcé était vital pour les pays moins avancés (PMA) afin que personne ne soit laissé de côté.  La communauté internationale doit tenir son engagement à l’égard des PMA dans le cadre du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.  De même, le système des Nations Unies a besoin de renforcer son soutien à ces pays.  Il est également important d’assurer un cadre de suivi pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Il faudrait une cohérence et une synergie fortes pour la mise en œuvre du Programme 2030 et le Programme d’action d’Istanbul pour les pays moins avancés. 

Nous sommes encouragés que le 5 octobre 2016, les conditions de base de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris sur le climat ont été réalisées. « Nos pays ne sont pas responsables des changements climatiques mais nous sommes les plus touchés.  Ils ont besoin de ressources adéquates et d’accès aux technologies pour relever les défis climatiques », a-t-il fait remarquer.

Le Fonds vert pour le climat dont l’objectif est de mobiliser 100 milliards de dollars par an, devrait rendre les ressources nécessaires disponibles pour les PMA.  Ces ressources devraient s’ajouter à l’aide publique au développement qui devrait être crédible, équitable et proportionnelle aux conséquences des changements climatiques.  L’accès à l’énergie à des prix abordables est également un défi fondamental pour beaucoup de PMA.  Ces pays ont besoin de faire des progrès dans le domaine de l’accès aux services énergétiques pour assurer l’accès de tous à des services modernes d’énergie avant 2030, a-t-il estimé avant de conclure. 

Après avoir passé en revue les instruments universellement reconnus depuis Rio+20, Mme LISA SINGH (Australie) qui parlait au nom du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (CANZ) a rappelé que la semaine prochaine nous serons réunis à Quito, en Équateur, pour la Conférence ONU-Habitat III pour adopter un nouveau programme pour les villes reconnaissant que notre quête pour un avenir durable sera couronnée ou non dans nos villes. 

Le développement durable ne sera pas réalisé si la moitié de la population mondiale est laissée de côté et si nous n’assurons pas que les femmes et les filles ne soient plus victimes de la discrimination, de la répression ou de la violence.  Elles doivent avoir la maîtrise de leur corps et de leur vie, participer de manière active comme parties prenantes et décideurs et contribuer pleinement au développement et à la prospérité de leur communauté et de leur pays respectifs, a insisté Mme Singh.

M. ANTONIO PARENTI, Union européenne, a déclaré que la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques offrait une belle occasion de réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030, en assurant que l’Union européenne est totalement engagée sur les deux processus.  L’Union européenne est en voie d’adopter de nouvelles mesures pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% avant 2030.  

Le délégué a rappelé que l’Europe était le plus grand contributeur au financement des mesures prises par les pays en développement en matière de prévention contre les changements climatiques.   Ses pays membres sont également engagés à s’acquitter de l’objectif des pays développés de mobiliser ensemble 100  milliards de dollars avant 2020 et d’étendre cette aide en application de l’Accord de Paris sur les changements climatiques. 

Dans ce contexte, 20% du budget de l’Union européenne entre 2014-2020 seront consacrés à l’action sur le climat.  L’Union européenne consacrera également 200  millions d’euros aux projets visant à la réduction des risques de catastrophe entre  2014 et 2020.  Pour sa part, la Banque européenne d’investissement versera 2 milliards d’euros par an aux pays en développement.  La Banque s’est engagée elle-même à accroître de 35% la proportion de ses activités externes sur le financement du climat avant 2020.

Mme PATRICIA BAJAÑA (Nicaragua), s’exprimant au nom du Système d’intégration de l’Amérique centrale (SICA), a rappelé que ce système reflétait la volonté de ses États membres -Belize, Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Panama, République dominicaine et Nicaragua- de consolider leurs mécanismes d’intégration vers un développement durable.  Soulignant que le Programme 2030 représentait une étape cruciale, elle a estimé qu’il faudrait traduire les engagements pris en actes.  Dans cette région plus que jamais affectée par les catastrophes naturelles, le développement durable est d’une importance vitale, a-t-elle dit.  Les phénomènes sismiques et météorologiques détruisent les biens et les récoltes et, malgré des efforts nationaux et régionaux, la vulnérabilité de l’infrastructure de ces pays rend les objectifs de développement durable difficilement atteignables.

La déléguée a fait remarquer que les résolutions des Nations Unies étaient particulièrement importantes pour définir des politiques visant à protéger l’environnement et les écosystèmes et qu’il faudrait veiller à ce que tous les pays puissent atteindre le développement durable.  Dans le cadre de la coopération internationale, il n’est pas possible de faire avancer le Programme 2030 sans analyser les besoins de tous les pays et de toutes les communautés vulnérables, a lancé la représentante.  Elle a lancé un appel pour que la coopération du système des Nations Unies avec les pays à revenu intermédiaire soit plus efficace et stratégique afin qu’ils puissent appliquer le programme.

Mme MARGO REMINISSE DEIYE (Nauru), au nom des petits États insulaires en développement du Pacifique (PEID), a exprimé ses condoléances aux familles des victimes de l’ouragan Matthew. Les travaux de cette session de la Deuxième Commission sur le développement durable sont essentiels pour les petits États insulaires en développement, compte tenu de leur vulnérabilité, de leur petite taille, de leur dispersion géographique et de leurs faibles ressources, a fait remarquer la représentante.  La réalisation des objectifs de développement durable doit tenir compte des spécificités des PEID, a-t-elle insisté.  Il faut continuer à assurer les liens entre la mise en œuvre des Orientations de Samoa et celle du Programme 2030, a-t-elle rappelé, tout en plaidant pour une amélioration du fonctionnement du système de développement onusien à l’égard des PEID.  L’amélioration des capacités individuelles joue en ce sens un rôle essentiel, de même que celle des États et des institutions.

Particulièrement concerné par les océans, le Groupe des PEID souligne l’importance de l’objectif 14 des objectifs de développement durable sur la vie aquatique et attend avec impatience la conférence de haut niveau sur cette question qui aura lieu à New York en juin.  Par ailleurs, la représentante s’est félicitée de la prochaine entrée en vigueur de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, en soulignant que les changements climatiques créent de nombreuses menaces pour les êtres humains et la terre. C’est pourquoi, elle a appelé la communauté internationale à faire preuve d’ambition pour y répondre.

Mme IRENE SUSAN NATIVIDAD (Philippines) a évoqué les conséquences des événements climatiques extrêmes sur le développement de son pays en 2016.  Elle a notamment indiqué que le secteur agricole avait enregistré des pertes d’un montant de 300 millions de dollars, et que la sécheresse persistante avait affecté quelque 8 millions de Philippins.  Elle a estimé que pour mieux répondre aux défis climatiques futurs susceptibles de compromettre la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, les États devraient améliorer la coordination intergouvernementale et le partage d’expériences au niveau régional. 

La représentante a souligné que, dans un contexte marqué par la multiplication des catastrophes liées aux changements climatiques, son pays avait fait de la réalisation de l’objectif de développement durable (ODD) 7 une priorité.  Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, cela à un coût abordable, doit permettre la réalisation de tous les autres ODD, a-t-elle dit.  S’agissant de la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité, la représentante a rappelé que la mise en œuvre du Protocole de Nagoya sur l’accès équitable aux ressources génétiques était nécessaire en vue d’assurer la réalisation de l’ODD 15 relatif à la préservation des écosystèmes terrestres.

Mme SONAM C. NAMGYEL (Bhoutan) a parlé de la place des systèmes montagneux dans l’avènement du développement durable, notamment dans un pays comme le Bhoutan.  Elle a plaidé pour des niveaux accrus d’investissements de la communauté internationale en faveur du développement durable dans les zones de montagne.  Elle a souligné l’importance de l’objectif de développement durable 7 sur l’énergie durable.  Sans électricité, les femmes ne peuvent accéder facilement à l’eau et les enfants ne peuvent faire leurs devoirs scolaires le soir, a-t-elle expliqué.  La représentante a plaidé pour des investissements en faveur de l’hydroélectricité.  C’est une voie que son pays a adoptée pour exploiter les capacités électriques de ses cours d’eau tout en veillant à leur préservation.  Elle a affirmé que l’hydroélectricité pouvait contribuer à la réalisation d’autres objectifs de développement durable.  Avant de conclure, la déléguée du Bhoutan a insisté sur l’harmonie avec la nature, en parlant d’une voie médiane de développement qui préserve l’environnement.

M. ASHISH SINHA (Inde) a assuré que le Gouvernement indien avait intégré le cadre des Objectifs de développement durable (ODD) dans ses stratégies nationales de développement.  Il a ajouté que la mise en œuvre d’un développement durable par les pays eux-mêmes nécessitait des stratégies robustes et pérennes de financement et de mobilisation des ressources.  Pour le représentant de l’Inde, la priorité à l’horizon 2030 doit être établie conformément aux efforts visant l’éradication de la pauvreté, un effort constant qui devra être soutenu financièrement au cours des 14 prochaines années.  Concernant l’Accord de Paris sur le climat, il a indiqué que l’Inde avait déposé ses instruments de ratification au début du mois d’octobre.  L’Inde, a-t-il assuré, réduira ses émissions de gaz à effet de serre de 35%, renforcera de 40% ses capacités de production d’électricité verte et, à travers diverses actions de reboisement, créera de nouveaux puits de carbone d’une capacité de stockage de 2,5 milliards de tonnes.

M. NIZAR AMER (Israël) a déclaré que le sens et la portée du développement durable avaient beaucoup changé et qu’Israël avait beaucoup travaillé pour mettre en œuvre le Programme 2030.  Le représentant s’est dit convaincu que le moyen clef pour un avenir prospère et durable repose sur le talent et les compétences de la société civile.  Israël présentera, au cours de cette session, un projet de résolution sur l’entrepreneuriat pour le développement.  Ce projet de résolution, a-t-il précisé, met en valeur la grande contribution de l’entrepreneuriat à la réalisation des objectifs de développement durable, par exemple pour fournir du travail décent, pour une éducation de qualité ou pour réduire les inégalités, entre autres.  Les entrepreneurs sont des innovateurs qui apportent des solutions locales aux problèmes mondiaux, tels que les énergies renouvelables, l’adaptation aux changements climatiques et la réduction des risques de catastrophe, a affirmé M. Amer.  L’entrepreneuriat aide aussi à progresser sur des questions telles que l’égalité entre les sexes ou l’autonomisation des femmes, a-t-il assuré.

M. AHMED SAREER (Maldives) a indiqué que son pays avait déclaré son intention de mener un examen volontaire national lors du Forum politique de haut niveau pour le développement durable en 2017.  La Deuxième Commission, a-t-il dit, est l’enceinte la plus importante pour le suivi des Orientations de Samoa et du Programme d’action pour les petits États insulaires en développement.  Il a ensuite insisté sur la nécessité de renforcer les capacités en matière de collecte et d’analyse des statistiques afin de mettre en œuvre et d’assurer le suivi des Orientations de Samoa et du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Les changements climatiques sont la plus grande menace pour le développement des Maldives, a-t-il rappelé, avant d’indiquer que son pays avait été un des premiers à ratifier l’Accord de Paris.

L’entrée en vigueur de cet accord est une première étape, a-t-il estimé, en soulignant l’aspect crucial de sa mise en œuvre.  Le représentant a détaillé, à cet égard, les efforts menés par les Maldives, en vue de faire en sorte que, d’ici à 2020, l’électricité soit générée à au moins 60% grâce à l’énergie solaire.  Le délégué a ensuite insisté sur la « bataille » que constitue la préservation des océans et de la biodiversité, avant de rappeler que la température des océans avait augmenté l’année dernière en raison d’El Niño, contribuant ainsi à l’extinction de barrières de corail.  Les Maldives s’attachent à instaurer de nouvelles lignes directrices afin de protéger les coraux, a conclu le représentant.

M. OMAR CASTANEDA (Guatemala) a déclaré que tous les acteurs de la société devraient s’impliquer dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Il a déploré la recrudescence des catastrophes naturelles, de plus en plus destructrices comme nous l’avons constaté ces derniers jours avec l’ouragan Matthew, qui a causé désolation et mort dans la région des Caraïbes et d’Amérique centrale.  Il a indiqué que les pays d’Amérique latine se trouvaient dans ce qu’il convient de nommer le « couloir sec », ce qui les rend encore plus vulnérables aux phénomènes El Niño et La Niña.  Les autorités guatémaltèques sont engagées à lutter contre la déforestation, d’autant plus que le pays entend protéger sa diversité biologique, a-t-il affirmé.

Mme ROUA SHURBAJI (République arabe syrienne) a déploré l’impact de l’intervention étrangère dans son pays.  Elle a invité tous les « États à œuvrer de concert contre le terrorisme, laquelle menace les programmes de développement du pays.  Du fait des conflits, des groupes extrémistes exploitent les ressources économiques de la Syrie, a-t-elle souligné, en ajoutant que le pays subissait lourdement les conséquences des mesures économiques unilatérales imposées par les États-Unis et l’Union européenne.  Elle a appelé à renoncer à toutes ces mesures unilatérales. 

Pour relancer l’économie du pays, il faudrait investir pour que les Syriens puissent rester dans leur pays, a-t-elle plaidé.  En outre, elle a indiqué que son Gouvernement était prêt à apporter sa contribution dans le cadre de l’évaluation de l’indemnisation à laquelle le pays aurait droit en raison des conséquences de la marée noire le long des côtes libanaises et syriennes, causée par la destruction, par l’armée de l’air israélienne, de réservoirs de carburant situés dans le voisinage immédiat de la centrale électrique de Jiyeh, au Liban, le 15 juillet 2006.

M. SERGEY B. KONONUCHENKO (Fédération de Russie) a fait savoir que son pays attachait une grande importance à la réalisation des objectifs du développement durable, en se disant convaincu que cela contribuera à relancer la coopération.  La Russie salue les résultats de la Décennie internationale d’action «  L’eau source de vie », qui a engrangé des résultats pour la préservation des ressources hydriques, et espère que la nouvelle décennie ne sera pas utilisée à des fins de politisation.  Le représentant a également indiqué que la Russie soutenait les initiatives sur l’énergie durable pour tous, tout en mettant l’accent sur la nécessité d’assurer une gestion durable de l’énergie dans le monde.  Le problème de la préservation des ressources énergétiques exige une politique équilibrée, a précisé le délégué.  Concernant les petits États insulaires en développement, le représentant de la Fédération de Russie a préconisé des mesures concrètes pour renforcer les partenariats existants et en créer de nouveaux.

Le représentant a déclaré que pour faire face au nombre croissant de catastrophes, il faudrait adopter des mesures ciblées répondant au Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe et renforcer la base matérielle et technique d’intervention d’urgence.  La Russie, en partenariat avec le PNUD, participe à un projet en faveur de la résilience de 14 États insulaires du Pacifique face à ces catastrophes, a assuré le délégué.  Faisant ensuite référence à l’Accord de Paris, il a estimé qu’il faudrait élaborer des règles précises pour sa mise en œuvre, avant d’ajouter que la Russie préparait actuellement un plan national sur la question de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

M. ABDULLAH MOHAMMED A. ALGHUNAIM (Arabie saoudite) a affirmé que son pays accordait un intérêt particulier au Programme 2030 dans ses trois dimensions.  Il met l’accent sur l’importance de l’action collective pour réduire le fossé entre pays développés et pays en développement.  Afin d’effectuer un changement qualitatif dans le domaine de l’énergie, de l’industrie et des services, l’Arabie saoudite a adopté une vision 2030 avec un plan de diversification économique à moyen et long termes.  Le délégué a également fait observer que l’Arabie saoudite était un important pays donateur et assistait les pays en crise, dépassant ainsi le taux d’aide publique au développement (APD) défini par les Nations Unies.  Le représentant a assuré que son pays accordait un grand intérêt à l’Accord de Paris sur les changements climatiques, en estimant que toute source d’énergie devrait être complémentaire aux autres sources.  L’Arabie saoudite a pris des engagements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de soutenir les programmes de développement durable, a conclu le délégué.

M. AMRITH ROHAN PERERA (Sri Lanka) s’est félicité que son pays ait signé, ratifié et déposé les instruments de ratification de l’Accord de Paris sur le climat le 21 septembre dernier.  Son pays, qui émet à peine une tonne de gaz à effet de serre par an, est très vulnérable aux effets des changements climatiques.  C’est pourquoi, a-t-il estimé, il est  important que le monde développé respecte ses engagements pour assurer l’aide financière, le transfert de technologies et un renforcement des capacités pour assister les pays en développement à faire face aux changements climatiques.  

Le Sri Lanka a identifié l’adaptation comme étant la voie la plus adaptée pour mieux répondre aux conséquences des changements climatiques.  Le Gouvernement du Sri Lanka a adopté la stratégie nationale et la politique nationale sur les changements climatiques en 2012.  Les autres secteurs prioritaires sont l’énergie, le transport et l’industrie, a-t-il ajouté.

Mme KRISHNAMURTHI (Indonésie) a indiqué que la notion de « ne laisser personne de côté » implique que des opportunités économiques soient accessibles aux pauvres.  De même, des investissements doivent être orientés vers des pratiques durables, et des pays qui se sont engagés en faveur du développement durable doivent, en retour, recevoir des rétributions afférentes.  Elle a indiqué qu’une éducation de qualité était importante dans ce contexte car le savoir peut être le moyen clef pour relever les défis du monde.

S’agissant des moyens de mise en œuvre, elle a plaidé en faveur de partenariats mondiaux tangibles.  Elle a souligné que de nouveaux partenariats et des sources novatrices de financement peuvent jouer un rôle complémentaire aux sources traditionnelles de financement.  De même, l’accès aux technologies et aux marchés pourrait aussi donner un coup d’accélérateur à l’essor des pays en développement.

Pour la représentante, il faudrait intégrer les trois dimensions du développement durable.  De même, il faudrait que la communauté internationale veille à ce que les ressources marines soient préservées.  Dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, a-t-il indiqué, les pays développés devraient continuer de prendre les devants en ce qui concerne la réduction des émissions de gaz à effet de serre.  Ils devraient également débloquer des fonds d’atténuation et d’adaptation en faveur des pays en développement, tout en leur transférant des technologies et en les assistant à renforcer leurs capacités nationales.

M. MAHMADAMIN MAHMADAMINOV (Tadjikistan) a rappelé la menace que font peser les effets des changements climatiques, non seulement sur la réalisation des objectifs de développement durable, mais aussi en termes d’augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles. 

« Par exemple, au Tadjikistan, au cours des 35 ou 40 dernières années, 1 000  glaciers sur un total de 1 300 ont complètement fondu », a-t-il déploré, en ajoutant que ce phénomène contribuait à la détérioration des écosystèmes, avec pour conséquences des pertes financières et matérielles significatives pour l’économie de son pays. 

Pour remédier à cette situation, le délégué du Tadjikistan a appelé à renforcer la coopération entre États sur la réduction des risques de catastrophes naturelles, sous l’égide de l’ONU.  Il a salué, à cet égard, l’adoption, l’an dernier, du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe.  Concernant en particulier l’objectif de développement durable No 6, le représentant a estimé que seule une approche intégrée et coordonnée à tous les niveaux, basée sur la coopération transfrontalière entre États, permettrait de parvenir à une gestion durable de l’eau.  Tout en soulignant les progrès importants réalisés durant la Décennie internationale d’action 2005-2015, sur le thème « L'eau, source de vie », le délégué a appelé à créer une nouvelle Décennie internationale d’action 2018-2028, sur le thème « L’eau pour le développement durable ».

M. AL-SHEEB (Qatar) a estimé que l’APD est l’un des moyens idoines permettant de réduire la pauvreté.  Il a prôné une approche de développement durable qui tienne compte des spécificités propres à chaque pays.  Il a indiqué que son gouvernement avait adopté une stratégie nationale globale de développement intitulé « Vision nationale 2030 » qui accorde une place importante à l’éducation.  Le représentant a déclaré que le développement ne pouvait se faire dans un contexte de conflit.  Il a ensuite appelé à lutter contre l’extrémisme violent.  En outre, a-t-il indiqué, la désertification est un obstacle majeur du développement, déclarant aussi que le Qatar accorde une importance particulière aux énergies renouvelables.

M. RAFAEL DARÍO RAMÍREZ CARREÑO(Venezuela) s’est insurgé contre le modèle capitaliste néolibéral, qui génère de graves déséquilibres économiques, sociaux et environnementaux au niveau mondial, alors que 1,3 milliard de personnes vivent avec moins de un dollar par jour.  Le représentant a reconnu que les pays en développement avaient avancé depuis le Sommet de Rio en 1992 et que le Programme 2030 visait un modèle différent, plus inclusif.  Il a cependant souligné qu’une volonté politique des États, en particulier les pays avancés, était  nécessaire pour que ce Programme soit mis en œuvre, éliminant ainsi la pauvreté dans les pays en développement et les aidant à réaliser les objectifs du développement durable.  En ce sens, la souveraineté sur les ressources naturelles est un élément fondamental et un droit inaliénable, a fait valoir le délégué.

M. Ramirez a précisé que le Venezuela avait accompli des progrès dans la mise en œuvre du Programme 2030 dans des conditions adverses et qu’il envisageait d’adopter une stratégie de développement économique en harmonie avec la nature.  Il a expliqué que ce modèle de développement était axé sur le capital humain et réaffirmé l’engagement du Venezuela en faveur d’investissements dans le domaine social pour assurer le bien-être de sa population.  S’agissant des changements climatiques, le Venezuela se félicite de la prochaine entrée en vigueur de l’Accord de Paris.  Le représentant a estimé que des régimes stables et la paix étaient nécessaires au développement durable, et a réaffirmé sa solidarité avec le peuple palestinien.

Mme MARIANNE LOE (Norvège) a regretté qu’à la Deuxième Commission, les délégations se limitent à adopter une approche pour le développement durable qui ne comporte qu’une dimension.   « Nous devons poser un regard neuf sur cette question.  La semaine prochaine, nous aurons une discussion séparée sur les questions macroéconomiques, comme si les deux n’étaient pas liées entre elles », a-t-elle dit.  Si la Deuxième Commission veut proposer des directives politiques pertinentes pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, elle doit trouver un moyen de répondre à ces questions de manière plus intégrée, a insisté la représentante.  Pour sa délégation, fournir des énergies durables pour tous ne contribuera pas seulement à la lutte contre les changements climatiques, mais permettra également de promouvoir, en même temps, l’éradication de la pauvreté, la sécurité alimentaire, l’assainissement, la santé, l’éducation, la croissance économique et l’autonomisation des jeunes et des femmes.  La mobilisation du secteur privé sera déterminante pour investir en faveur de la réalisation de ces objectifs, a-t-elle assuré.

Après avoir présenté ses condoléances aux victimes de l’ouragan Matthew, M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a fait observer que son pays était l’un des plus vulnérables aux changements climatiques.  À cet égard, il s’est félicité de la prochaine entrée en vigueur de l’Accord de Paris, en précisant que le Pérou avait été l’un des premiers à signer.  Il a ajouté que le Pérou était particulièrement actif pour réaliser l’objectif de développement durable 13 sur les changements climatiques. Au niveau national, il a pris des mesures intégrées, transversales et multisectorielles pour y faire face.  Il lui faudrait en particulier protéger les forêts et la diversité biologique, a-t-il estimé.  La réduction des risques de catastrophes est un autre sujet de préoccupation pour le Pérou, auquel le Cadre de Sendai apporte une première réponse, a indiqué le représentant.  Le Pérou, a-t-il ensuite souligné, est confronté à des enjeux qui ont une incidence sur la survie de la population, en raison de sa situation géographique et des caractéristiques particulières de son territoire.  Au cours de la présente session, la délégation du Pérou va également contribuer aux efforts visant à promouvoir le développement durable dans les régions montagneuses et protéger, ainsi, la population dans ces régions contre les vulnérabilités causées par les changements climatiques.

M. AKSOLTAN ATEVA (Turkménistan) a annoncé que son pays accueillerait, les 26 et 27 novembre 2016, la première Conférence des Nations Unies consacrée au transport durable.  « Cette Conférence sera suivie au plus haut niveau et réunira des parties prenantes des gouvernements, du système des Nations Unies et d’autres organisations internationales, du secteur privé et de la société civile, en vue de les engager dans un dialogue qui souligne la dimension intégrée et multisectorielle du transport viable », a expliqué M. Ateva.  Pour le représentant, la Conférence contribuera à promouvoir la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, dans la mesure où la question des transports est liée à plusieurs des objectifs.  Il a ajouté que le 20 octobre prochain, la Mission permanente du Turkménistan et le Département des Nations Unies aux affaires économiques et sociales organiseront une réunion d’information au sujet de la Conférence.

M. JAVAD MOMENI (République islamique d’Iran) a indiqué que son pays avait déjà engagé des mesures pour s’adapter au nouveau programme de développement international, avec comme ambition nationale de ne laisser personne de côté.  Le pays accorde également du prix à la question des changements climatiques, et la transition vers une économie verte est une priorité nationale.  Le pays entend ratifier l’Accord de Paris sur les changements climatiques et organiser une conférence internationale sur les tempêtes de sables et de poussière.  Outre les problèmes environnementaux, le Moyen-Orient souffre également du terrorisme, ce qui amène les gouvernements à axer leurs efforts sur la lutte contre l’insécurité, au détriment des efforts en faveur du développement durable, a-t-il regretté.  Pour réaliser les objectifs de développement durable, il a préconisé de renforcer les capacités nationales, assurer un transfert de technologies aux pays en développement, faciliter les échanges commerciaux.  Avant de conclure, il a mis en garde contre l’impact de mesures coercitives économiques, financières et commerciales sur des États tiers.

M. WILLIAM CALVO (Costa Rica) a indiqué que son pays avait ratifié l’Accord de Paris il y a une semaine, et il a invité les États Membres qui ne l’auraient pas encore fait à suivre l’exemple.  Il a dit espérer que la volonté politique, dont a fait montre la communauté internationale l’an dernier, s’appliquera à la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Il a souhaité que les trois dimensions du développement durable soient prises en compte dans ce contexte, en insistant sur des efforts accrus dans des zones où sont concentrés les plus pauvres.  Le Costa Rica s’est résolument tourné vers des sources d’énergie renouvelables, utilisant même ces moyens pour l’électrification du pays pendant 150 jours l’année dernière.  Cette expérience permet de croire que la transition vers des sources d’énergie vertes est possible, a-t-il estimé.

M. YEMDAOGO ERIC TIARE (Burkina Faso) a déclaré que l’engagement de respecter le principe fondamental de l’inclusion imposait à la communauté internationale de dépasser la seule réponse aux besoins immédiats et d’investir en revanche dans des solutions qui permettront, à moyen et long termes, d’améliorer de manière durable et résiliente les vies et les moyens de subsistance des populations affectées, notamment les populations déplacées et victimes de conflits.

Au Burkina Faso, le Gouvernement a adopté, en juillet dernier, le Plan national de développement économique et social (PNDES) pour la période 2016-2020.  Une conférence internationale pour son financement est prévue les 7  et  8  décembre  2016 à Paris, France, a annoncé le représentant.  Le PNDES considère comme prioritaires 86 cibles sur les 169 des 17 objectifs de développement durable et devrait permettre de créer environ 50 000 emplois par an d’ici à 2020 et de réduire la pauvreté à 35% en 2020 contre 40,1% en 2014. 

Mme MADINA KARABAEVA (Kirghizistan) a rappelé que son pays était un pays de montagne sans accès au littoral et qu’il était passé de la catégorie de pays à revenu faible à celle de  pays à revenu intermédiaire. La représentante a estimé que la transition des sources d’énergie traditionnelles vers des sources d’énergie renouvelables était fondamentale et c’est pourquoi, son pays a choisi d’investir dans le domaine de l’énergie verte.  Par ailleurs, les changements climatiques détruisent la biodiversité des écosystèmes montagneux, ce qui préoccupe gravement le Kirghizistan.  La gestion et la sécurisation des déchets d’uranium sont également très importantes pour le pays, la plupart de ces déchets se trouvant dans des zones sismiques. Une gestion inefficace aurait des conséquences catastrophiques sur l’Asie centrale, a prévenu la représentante, qui a indiqué que le Kirghizistan allait prochainement organiser un forum international de haut niveau à ce sujet.

M. JUSTIN WU (Singapour) a insisté sur le fait qu’il n’existait pas de solution unique pour mettre en œuvre les 17 objectifs de développement durable.  « Tous les pays devront adapter les solutions à leurs circonstances nationales spécifiques », a-t-il affirmé.  Le représentant a notamment indiqué qu’en tant que petit État insulaire, Singapour disposait d’options limitées en termes de sources d’énergie alternatives.  En conséquence, le délégué a souligné que son pays avait été contraint d’adopter une autre approche pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.  « Nous avons décidé très tôt de passer du mazout au gaz naturel pour la production d’électricité », a-t-il notamment expliqué.

M. Wu a par ailleurs appelé à innover en continu pour surmonter les obstacles à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Il a ajouté que, grâce à l’innovation, Singapour avait été en mesure de diversifier son approvisionnement en eau, une question d’une importance vitale pour l’île.  Le délégué a ensuite insisté sur l’importance des partenariats entre États pour réaliser le développement durable.  À cet égard, M. Wu a indiqué que son pays avait lancé une plateforme consacrée au transfert de connaissances acquises par Singapour aux pays en développement, notamment en matière de gouvernance, de mise en œuvre d’un environnement urbain durable et d’accès à l’eau et à l’assainissement.

M. SALVADOR DE LARA RANGEL (Mexique) a souligné que la conservation et l’usage durable de la biodiversité prenaient une importance particulière dans le cadre du Programme à l’horizon 2030.  Aussi, le Mexique accorde la plus grande priorité à une vision transformatrice qui reconnaisse le lien entre les trois dimensions du développement durable et de la biodiversité. Il accueillera d’ailleurs,  la treizième session de la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique à Cancún, en décembre prochain.  La paix durable et la réduction des risques de catastrophe sont essentielles au développement durable, a souligné le représentant.

Le Mexique, a-t-il annoncé, accueillera la cinquième session de la Plateforme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe à Cancún en mai 2017.  Elle aura pour objectif d’encourager les États Membres à aller plus loin et à se préoccuper de risques tels que la pauvreté, l’urbanisation non planifiée et la dégradation de l’environnement, a précisé le délégué du Mexique.  Le combat contre la désertification, a-t-il dit, est un autre sujet de préoccupation majeure pour le pays.  En ce qui concerne la mobilisation des ressources, il s’est prononcé en faveur d’une coopération internationale pour le développement.

M. SUKHBOLD SUKHEE (Mongolie) a indiqué que l’intensité des changements climatiques en Mongolie était trois fois supérieure à ce qui se voit ailleurs en raison de la situation géographique du pays et de ses spécificités climatiques.  Bien que le niveau des émissions de gaz à effet de serre du pays est très faible, la Mongolie entend tout de même diminuer ces émissions de 14% d’ici à 2030, a assuré son représentant.  Il a déclaré que la baisse de ces émissions et d’autres engagements ambitieux étaient tributaires de l’accès aux technologies et aux aides financières de pays qui ont des capacités limitées comme la Mongolie.  Il a en outre souligné que son pays connaissait une pénurie de ressources en eau qui est aussi de mauvaise qualité.  Le pays est également affecté par la désertification et la sécheresse, a-t-il ajouté, en indiquant que le Gouvernement était déterminé à exploiter le potentiel en matière de sources d’énergie solaire et éolienne sur le territoire national.

Mme ISABELLE PICCO (Monaco) a indiqué que depuis juin 2016, la distribution et la vente de sac en plastique était interdite à Monaco.  Le nombre de déchets plastiques en mer Méditerranée est estimé à 250 milliards, a-t-elle rappelé, en précisant que chaque famille de la Principauté de Monaco avait ainsi reçu un sac fabriqué en matériaux biodégradables.  D’autres mesures innovantes ont été également mises en place à Monaco.  Monaco a en outre investi dans l’éducation au développement durable en organisant des séminaires pour les étudiants de ses établissements scolaires, afin de les sensibiliser sur les répercussions des changements environnementaux sur la santé humaine.

      M. TLHALEFO MADISA (Botswana) a déclaré que son gouvernement venait de lancer sa « Vision nationale 2036 », qui intègre les objectifs de développement durable et sera pleinement prise en compte dans son plan de développement national 11.  Il a toutefois souhaité un environnement international propice à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, dans lequel commerce, finance, investissement, transfert de technologies et aide publique au développement joueraient un rôle important.  Le Botswana a, en outre, incorporé des plans de lutte contre les changements climatiques dans ses diverses politiques, a poursuivi le délégué, en faisant notamment état d’une stratégie multisectorielle qui vient compléter les mesures d’adaptation et d’atténuation déjà prises par les autorités et spécifiées dans les contributions prévues déterminées au niveau national. 

M. ABDELLAH BEN MELLOUK (Maroc) a relevé que, grâce à l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et à l’Accord de Paris sur le climat, la communauté internationale a posé les jalons d’une action collective pour faire face aux défis les plus pressants de notre temps.  Attaché au principe du développement durable, le Maroc en a fait le socle de sa politique économique et sociale.  Il a décidé de porter la part des énergies renouvelables à 52% à l’horizon 2030, d’inaugurer un parc solaire et de réduire de 32% les émissions de gaz à effet de serre, a expliqué le représentant.  Le Maroc se porte volontaire en faveur de l’examen des premières mesures prises au niveau national pour l’appropriation des objectifs de développement durable, dans le cadre du Forum politique de haut niveau sur le développement durable, réuni sous les auspices de l’ECOSOC.

La réalisation de ces objectifs de développement durable ne sera pas possible sans la composante climatique, a fait observer le représentant du Maroc.  Son  pays, a-t-il rappelé, accueillera la prochaine COP22.  Placée sous le signe de l’action et de la concrétisation, cette conférence constituera un véritable test du multilatéralisme, a-t-il souligné.  La conférence se concentrera sur la contribution des contributions nationales, le renforcement de l’adaptation aux changements climatiques, le transfert de technologies, le lancement d’initiatives concrètes et la mobilisation des ressources, a précisé M. Ben Mellouk.

M. CARLOS SERGIO SOBRAL DUARTE (Brésil) a fait observer que l’adoption du Programme à l’horizon 2030 était un événement historique et que l’accent devait être mis sur sa réalisation, avec une feuille de route claire.  En ce qui concerne les moyens de mise en œuvre, il a rappelé la création du mécanisme de facilitation de la technologie, demandant à tous les États Membres et programmes des Nations Unies de prendre part à cette tâche complexe.  Le représentant s’est ensuite félicité que la portée du nouveau programme ne soit pas limitée au domaine social puisqu’il intègre les trois dimensions du développement durable, à savoir économique, sociale et environnementale.  Il a également indiqué que le Brésil avait ratifié et était fier de devenir partie de l’Accord de Paris, en soulignant néanmoins que le chemin était encore long pour parvenir à atténuer les effets des changements climatiques.

M. MAX HUFANEN RAI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a souligné l’importance d’établir des niveaux d’ambition élevés à travers le renforcement des centres nationaux de données et d’assurer l’objectif de la température moyenne mondiale à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.  À cet égard, il est crucial que toutes les parties, en particulier les plus importants émetteurs de carbone, continuent de travailler ensemble pour la réalisation de tous leurs engagements.

Le représentant a aussi mis l’accent sur l’importance du financement des mesures en matière de climat et la coopération avec les institutions financières internationales, y compris le Fonds vert pour le climat, en soutenant le renforcement de la résilience climatique nationale et le renforcement des capacités.  M. Rai a tenu à faire remarquer que l’accès à un financement des mesures de prévention contre les changements climatiques restait un défi pour de nombreux pays, en particulier les petits États insulaires en développement comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée.  Il est donc urgent et primordial de simplifier les processus permettant d’octroyer un tel financement, a-t-il souligné avant de conclure.

M. MWABA P. KASESE-BOTA (Zambie) a déclaré que les leçons tirées de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement devraient constituer le point de départ de celle du Programme de développement durable à l’horizon 2030, laquelle devrait s’orienter vers les niveaux régional et national où les liens entre les différentes priorités transversales sont plus clairs.  Pour parvenir à l’appropriation nationale, il est important que toutes les parties prenantes s’impliquent dans le processus de mise en œuvre, a-t-il estimé.

Le développement durable, a ajouté le représentant, est actuellement entravé par les défis que posent les changements climatiques.  En Zambie, les changements climatiques ont une incidence négative sur la croissance économique à cause de la baisse de la part de la production agricole attribuée aux conditions climatiques qui, a-t-il dit, ont touché la situation météorologie normale.  Les pluies intermittentes, a-t-il précisé, ont causé la sécheresse et des inondations ont affecté la production agricole et la sécurité alimentaire.  La Zambie, a-t-il ensuite indiqué, a signé l’Accord de Paris et adopté la politique nationale sur les changements climatiques.

M. LOK BAHADUR POUDEL CHHETRI (Népal) a indiqué que les pays de région montagneuse continuent d’être confrontés à des problèmes sérieux comme les avalanches, la fonte des glaciers, les inondations et les glissements de terrain.  Le mode de vie des communautés vivant dans ces régions depuis des siècles a été gravement affecté.  Ainsi, il est extrêmement important de sauver les écosystèmes des montagnes, y compris à travers la mise en œuvre de l’Accord de Paris. 

Au sujet du renforcement du partenariat pour la réduction de risques de catastrophe et le renforcement de la résilience, le représentant du Népal a estimé que le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe devrait être mis en œuvre de manière équilibrée avec le Programme d’action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2011-2020 et les Orientations de Samoa.  Le représentant a aussi souligné l’importance de l’énergie propre et renouvelable et de l’utilisation par le Népal de son potentiel immense en matière d’énergie hydroélectrique du Népal.

M. AL-HAYANI (Iraq) a déploré le recul de la croissance économique dans son pays du fait de la situation d’insécurité qui y prévaut, causée principalement par les attaques de Daech qui sapent, selon lui, l’essor du pays.  « Néanmoins, mon pays entend s’engager en faveur du développement durable en réduisant de 1% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et de 13% à l’horizon 2035 », a-t-il assuré.  La question de la montée de la température terrestre doit être résolue par l’ensemble de la communauté internationale, dans le respect du principe de la responsabilité commune mais différenciée, a estimé le représentant iraquien.

Mme SESSELJA SIGURDARDOTTIR (Islande) a mis l’accent sur quatre domaines prioritaires pour son gouvernement: la restauration du sol, les océans, l’énergie renouvelable et l’égalité entre les sexes.  S’agissant de la restauration du sol, la représentante a souligné l’importance de réaliser l’objectif de développement durable 15 relatif à la préservation des écosystèmes terrestres avant 2030. 

Concernant l’utilisation durable des ressources marines, elle a souligné l’importance de coordination entre les différentes processus relatifs aux océans des Nations Unies, y compris la FAO et les services pertinents du Secrétariat pour assurer la cohérence du travail à tous les niveaux en appuyant la mise en œuvre, le suivi et le contrôle de l’objectif de développement durable sur la conservation et l’exploitation de manière durable des océans. 

Pour ce qui est de l’accès mondial à l’énergie propre et renouvelable, la représentante a estimé qu’il faudrait renforcer la coopération et œuvrer pour atteindre l’accès universel aux services modernes d’énergie.  Enfin, en ce qui concerne l’égalité entre les sexes et les droits des femmes, elle a indiqué que la pleine participation et la représentation des femmes à tous les efforts entrepris en application du Programme 2030 sont les conditions préalables du succès.

M. OBAID AL ZAABI (Émirats arabes unis) a intégré les objectifs et indicateurs du programme de développement international à son cadre national de développement appelé « Vision 2021 ».  Ce plan intégré est également mis en œuvre par le secteur privé, a-t-il indiqué, en précisant que son pays soutenait également le développement durable sur le plan international, notamment en contribuant à l’établissement d’un fonds spécial de 50 millions de dollars pour la promotion des sources d’énergie renouvelables dans les PEID des Caraïbes.  Il a par ailleurs annoncé la tenue de la Semaine du développement durable à Abu Dhabi en janvier 2017, permettant ainsi aux responsables politiques, universitaires, décideurs et investisseurs du secteur privé d’aborder les défis relatifs au secteur des sources d’énergie renouvelables.

Le représentant a ensuite souligné le rôle des jeunes dans la réalisation des objectifs de développement durable, comme en témoigne la récente nomination d’une jeune femme au poste de ministre de la jeunesse.  Le représentant a aussi réaffirmé l’importance qu’attachait son gouvernement au programme pour la construction d’infrastructures dans le pays, notamment par la création du « Fonds vert de Dubaï », qui mobilise des capitaux publics et privés afin de stimuler des investissements pour des infrastructures durables.   

Soulignant que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 se concentrait sur les dimensions économique, sociale et environnementale, M. OMAR ANNAKOU (Libye) a rappelé qu’il faudrait désormais axer les efforts sur les moyens de mettre en œuvre ces 17 objectifs de développement durable et prendre en considération les besoins des générations actuelles et futures.  Le délégué a estimé qu’il faudrait envisager des mécanismes efficaces d’application, ainsi que les financements nécessaires, notamment par le biais de nouveaux partenariats. L’un des principaux défis concerne la sécurité, sans laquelle il n’y a pas de développement, a tenu à rappeler le représentant, avant d’inviter la communauté internationale à lutter contre le terrorisme, notamment contre ses causes.  La Libye connaît une transition difficile, a expliqué son représentant, en soulignant que la priorité du moment était de parvenir à rétablir la sécurité et la stabilité dans le pays.  M. Annakou a ainsi demandé l’aide d’autres pays, notamment en ce qui concerne les flux migratoires.

M. PHILIP TAULA (Nouvelle-Zélande) s’est exprimé sur la Conférence sur les petits États insulaires, qui s’était tenue à Apia (Samoa) en 2014, et qui avait adopté les « Orientations de Samoa » qui mettent l’accent sur leur situation particulière et leurs vulnérabilités aux changements climatiques.  Nombre des actions prioritaires ont été intégrées dans des accords internationaux.  L’Accord de Paris est particulièrement important pour les PEID, a rappelé le représentant, assurant que la Nouvelle-Zélande s’était engagée à le mettre en œuvre, notamment en soutenant des énergies propres, accessibles et renouvelables dans la région du Pacifique.  La Nouvelle-Zélande se félicite que les voix des PEID soient entendues dans les accords, et espère que les résultats seront tangibles, a-t-il dit.  La Nouvelle-Zélande soutient également l’intégration des objectifs de développement durable et des Orientations de Samoa en tenant compte des particularités des pays, a ajouté le représentant avant de conclure.

Mme SOFYA SIMONYAN (Arménie) a réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur des jeunes, notamment dans l’éducation et dans le domaine des affaires.  Elle a insisté sur le lien étroit entre les trois piliers du développement durable et leur égale importance.  Elle a aussi souligné l’importance pour les Nations Unies d’améliorer la cohérence et la coordination entre ses diverses activités et entités, notamment celles œuvrant dans le domaine humanitaire.  À ce propos, elle a déclaré que son pays était engagé à soutenir les nombreux réfugiés qui se trouvent sur son territoire.  Elle a en outre indiqué qu’il faudrait assurer un processus de suivi et d’évaluation méticuleux de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, notamment en renforçant les capacités des services nationaux de statistiques. 

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