M. Peter Thomson, de Fidji, est élu Président de la soixante et onzième session de l’Assemblée générale

AG/11791
13 juin 2016
Soixante-dixième session, 103e & 104e séances plénières - Matin & après-midi

M. Peter Thomson, de Fidji, est élu Président de la soixante et onzième session de l’Assemblée générale

Pour la première fois, l’Assemblée générale aura à sa tête un représentant des petits États insulaires en développement (PEID) du Pacifique.  M. Peter Thomson, de Fidji, a en effet été élu, aujourd’hui, Président de sa soixante et onzième session, qui débutera en septembre prochain.

Cette élection « représente un grand moment pour les petits États insulaires en développement du Pacifique », a déclaré M. Thomson, qui a promis de s’exprimer « beaucoup sur les changements climatiques ».

M. Thomson a été élu dès le premier tour, mais avec une seule voix au-delà de la majorité simple, face à M. Andreas Mavroyiannis, de Chypre.  Les deux candidats ont recueilli respectivement 94 et 90 voix.  L’Assemblée a aussi élu 16 de ses 21 vice-présidents et composé les bureaux de ses six Grandes Commissions.

La séance de l’Assemblée avait débuté par le témoignage de solidarité du Président de la présente session, M. Mogens Lykketoft, au peuple et au Gouvernement des États-Unis après la tuerie de masse qui a eu lieu dimanche matin à Orlando, en Floride.  « Cette attaque montre une fois de plus la nécessité pour chaque membre de cette Assemblée de continuer à œuvrer afin de combattre la haine, de lutter contre la discrimination et de prévenir l’extrémisme violent », a-t-il déclaré.

Le représentant des États-Unis, le pays hôte, a estimé qu’il était temps, après ce carnage perpétré dans un « bar gay », que l’Assemblée générale mette fin à sa « bataille rangée sur les droits sexuels » et œuvre à leur protection.  

Chaleureusement félicité par M. Lykketoft, le Président élu de l’Assemblée générale, dont la candidature était appuyée par le Groupe des 77 et la Chine, a assuré que sa présidence « serait une présidence pour tous ».  « Nous devons donner l’élan en faveur de l’application du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et surmonter, à cette fin, les barrières structurelles », a-t-il annoncé. 

M. Thomson s’est engagé à servir l’Assemblée « à tout moment, dans un esprit de fidélité et d’engagement, pour le bien commun et dans le respect des principes de la Charte des Nations Unies ».

Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a jugé de son côté que M. Thomson ferait valoir à son nouveau poste le précieux point de vue des petits États insulaires en développement.  M. Ban a souligné l’expérience de M. Thomson dans le domaine international.  

Représentant permanent, il a marqué de son empreinte la présidence du Groupe des 77 et de la Chine, a-t-il dit, notant qu’il avait également été Président des conseils d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets.  M. Thomson avait aussi été Vice-Président de l’Assemblée générale de 2010 à 2011.

« Je compte sur lui pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur le climat », a affirmé le Secrétaire général.  Faisant siens les mots prononcés par le passé par M. Thomson, M. Ban a rappelé que « les progrès des Nations Unies n’émanaient pas de points de vue antagonistes mais de la coopération de ceux qui trouvent un terrain d’entente ».

M. Thomson a aussi été félicité par les représentants des cinq groupes régionaux et celui des États-Unis. 

En outre, conformément à la pratique, au cours d’un tirage au sort effectué par le Secrétaire général, la Bolivie occupera dans la salle de l’Assemblée générale le siège au premier rang à partir duquel seront disposés les autres États par ordre alphabétique en anglais. 

Les 16 Vice-Présidences de l’Assemblée générale seront assurées par le Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, la Mauritanie, le Nigéria et la Zambie pour le Groupe des États d’Afrique; le Bangladesh, le Népal, les Îles Salomon et le Turkménistan pour le Groupe des États d’Asie; l’Arménie pour le compte du Groupe des États d’Europe orientale; Bahamas, Belize et El Salvador, pour le Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes; et la Belgique et l’Allemagne, pour le Groupe des États d’Europe occidentale et autres États. 

Les cinq derniers sièges sont attribués, comme le veut le règlement, aux membres permanents du Conseil de sécurité: Chine, États-Unis, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni.

ÉLECTIONS DES PRÉSIDENTS ET DES BUREAUX DES GRANDES COMMISSIONS POUR LA SOIXANTE ET ONZIÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

Les bureaux de quatre des six grandes Commissions de l’Assemblée générale ont été constitués par acclamation.  La désignation du Président de la Sixième Commission a, quant à elle fait l’objet d’un vote.  Le bureau de la Cinquième Commission sera approuvé par l’Assemblée générale ultérieurement.

La Première Commission, chargée des questions du désarmement et de sécurité internationale, sera présidée par M. Sabri Boukadoum, de l’Algérie.  Les Vice-Présidents seront M. Kamapradipta Isnomo, de l’Indonésie; M. Rene Zeleny, de la République tchèque; et Mme Maria Soledad Uruella Arenales, du Guatemala.  M. Darren Hansen, de l’Australie, sera le Rapporteur.

La Quatrième Commission, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, sera présidée par M. Vladimir Drobnjak, de la Croatie.  Les Vice-Présidents seront M. Wouter Poels, de la Belgique; M. Juan Antonio Bernard, du Guatemala; et M. Hossein Maleki, de la République islamique d’Iran.  L’élection du Rapporteur aura lieu à une date ultérieure.

La Deuxième Commission, chargée des questions économiques et financières, aura pour Président, M. Dian Trianshyah Djani, de l’Indonésie, tandis que les Vice-Présidents seront M. Arthur Andambi, du Kenya; Mme Galina Nipomica, de la République de Moldova; et M. Ignacio Diaz de la Guardia Buena, de l’Espagne.  Le Rapporteur sera M. Glauco Seoane, du Pérou.

La Troisième Commission, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles, sera présidée par Mme Emma Mejia, de la Colombie, tandis que les Vice-Présidents seront M. Masni Eriza, de l’Indonésie; Mme Karina Wegrzynowska, de la Pologne; et M. Andreas Glossner, de l’Allemagne.  Mme Cécile Mbala Eyenga, du Cameroun, sera la Rapporteuse.

Pour la Sixième Commission, chargée des questions juridiques, un vote avait été demandé par le Yémen, au nom du Groupe des États arabes, la République arabe syrienne et le Koweït, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).

M. Danny Danon, d’Israël, a été élu Président par 109 des 152 États votants et 23 abstentions.  Vingt voix sont allées à des États qui n’étaient pas candidats.  M. Bilal Ahmad, du Pakistan; M. Zoltan Turbek, de la Hongrie; et M. Kaswamu Katota, de la Zambie, ont été désignés par acclamation Vice-Présidents.  M. Isaias Arturo Medine Mejias, du Venezuela, a été désigné Rapporteur.

M. Danon, qui a indiqué être le premier israélien élu à ce poste, a promis de développer et de faire progresser le droit international.  Le représentant du Yémen a rappelé la position de son Groupe selon laquelle Israël viole de nombreuses résolutions des Nations Unies et reste la Puissance occupante des territoires palestiniens.  Par conséquent, a dit son représentant, Israël ne méritait pas de présider la Commission chargée des questions juridiques. 

La représentante de la Norvège, au nom du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États, a regretté le vote demandé par le groupe arabe, qui, selon elle, risque de créer un précédent regrettable pour les élections des présidents de Commissions dans le futur. 

Le représentant de la Turquie a estimé que les États Membres avaient le droit de demander un vote sur cette candidature.  Pour la déléguée des États-Unis, cette désignation aurait dû se dérouler normalement, à l’unanimité, « comme ce fut le cas pour toutes les élections de ce matin ».  « Mais, a-t-elle ajouté, comme Israël n’est jamais traité comme les autres États aux Nations Unies, il a fallu passer au vote.  Cette situation doit changer.  Les Nations Unies doivent montrer l’exemple de la non-discrimination et cesser de repousser systématiquement Israël qui a montré par de nombreuses occasions son appartenance à la communauté internationale. »

Le représentant de la République islamique d’Iran a regretté l’élection à la tête de la Sixième Commission d’un « représentant d’un régime sans foi ni loi ».  « Israël n’a jamais cessé de violer la Charte des Nations Unies depuis des décennies, notamment le droit à l’autodétermination des Palestiniens », a-t-il estimé.

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