L’Assemblée générale et le Conseil de sécurité adoptent une résolution commune pour renforcer l’architecture de paix de l’ONU

AG/11780
27 avril 2016
Soixante-dixième session, 93e & 94e séances – matin & après-midi

L’Assemblée générale et le Conseil de sécurité adoptent une résolution commune pour renforcer l’architecture de paix de l’ONU

L’Assemblée générale et le Conseil de sécurité ont tous deux, simultanément, adopté aujourd’hui une résolution* identique qui préconise davantage de cohérence, de coordination et de continuité dans les activités menées par le système des Nations Unies pour consolider la paix, insistant en particulier sur le concept de « pérennisation de la paix ».

L’Assemblée générale, dans ce texte adopté à l’unanimité, et qui s’appuie sur les recommandations du rapport du Groupe consultatif d’experts chargé de l’examen du dispositif de consolidation de la paix intitulé « Défi du maintien de la paix », appelle à renforcer la coordination, la cohérence et l’intégration des efforts déployés dans ce domaine, y compris par les missions et équipes de pays des Nations Unies ainsi que par les acteurs nationaux, régionaux et internationaux du développement.

Fruit de négociations intenses, l’adoption de cette résolution, que le Président sortant de la Commission de consolidation de la paix (CCP) affirme être « le plus exhaustif à ce jour sur la consolidation de la paix et la prévention des conflits », représente une nouvelle feuille de route pour le système de l’ONU qui place la consolidation de la paix au cœur des activités de paix de l’Organisation. 

Ce « changement de mentalité » qui s’imposait permet finalement, selon le délégué de l’Union européenne, de reconnaître que « consolider la paix revient dans bien des cas à prévenir les conflits » et n’est pas le propre d’une situation postconflit.  Le fait que la résolution mette l’accent sur la pérennisation de la paix, plutôt que sur la prévention de la reprise des conflits, comme c’était le cas par le passé, est une autre manifestation tangible de cette nouvelle approche.

Pour le Maroc, la force de cette résolution découle aussi du fait qu’elle responsabilise tous les organes des Nations Unies et appelle à lutter contre le cloisonnement dans les activités de paix des Nations Unies tout en mettant l’accent sur le rôle consultatif de la CCP, l’organe consultatif intergouvernemental chargé d’intégrer une approche stratégique dans les initiatives internationales en faveur de la consolidation de la paix.

« La consolidation de la paix est avant tout un processus politique, dans lequel la volonté politique du gouvernement joue un rôle déterminant, et les partenaires internationaux un rôle d’appui », a souligné la représentante de la Belgique, dans un point de vue partagé par l’ensemble des délégations qui se sont exprimées tout au long de la journée.  

Celles-ci ont été également nombreuses à préconiser une approche à long terme et holistique qui engloberait les efforts de prévention en s’attaquant notamment aux causes profondes des conflits et en veillant à l’appropriation nationale inclusive des processus de paix.

À l’instar de l’Union européenne, plusieurs pays ont salué le fait que la résolution redéfinisse les tâches de la CCP.  Ils ont plaidé en faveur de partenariats stratégiques entre l’ONU et les organismes financiers internationaux ainsi qu’avec les organisations régionales et sous-régionales.

Face au « tableau assez sombre des ressources financières à la disposition de la Commission », tel que l’a décrit la représentante du Pakistan, les intervenants ont tous exigé un financement suffisant et prévisible de la consolidation de la paix d’une part, par le biais du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, ou par d’autres sources, comme la Banque mondiale, les banques régionales ou les bailleurs régionaux et bilatéraux.

En adoptant cette résolution, l’Assemblée rappelle aussi le lien entre le développement économique et la consolidation de la paix.  Ainsi, elle souligne qu’il convient de continuer à renforcer la coopération et la coordination avec les équipes de pays des Nations Unies sur le terrain. 

L’Assemblée rappelle à cette occasion l’importance du « respect du principe de prise en main des programmes par les pays et des priorités fixées par les pays touchés par un conflit », après avoir réaffirmé la responsabilité première des autorités et des gouvernements nationaux pour ce qui est de recenser, de déterminer et de cibler les priorités, les stratégies et les activités axées sur la préservation de la paix.

L’Assemblée insiste aussi sur le « rôle moteur » que doivent jouer les femmes dans la prévention et le règlement des conflits, ainsi que dans la phase de consolidation de la paix, ce qui implique « d’accroître la représentation des femmes à tous les niveaux de décision dans les instances et mécanismes nationaux, régionaux et internationaux de prévention et de règlement des conflits ».  Elle demande en outre « d’accroître et de diversifier la participation des jeunes aux efforts de consolidation de la paix ».

Faisant écho à ce dernier point, le représentant du Burundi a souligné le rôle actif que les jeunes peuvent et doivent jouer dans leurs pays.  « Très souvent, et c’est le cas au Burundi, ce sont les jeunes au chômage qui sont manipulés par les hommes politiques », a-t-il dit. 

Le Président de la présente session de l’Assemblée générale, M. Lykketoft, a rappelé que celui de l’architecture de consolidation de la paix est l’un des trois examens importants de cette année dans le domaine de la paix et de la sécurité, avec ceux des opérations de maintien de la paix et de l’étude mondiale sur la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité.

Il a ajouté que dans moins de deux semaines aurait lieu le débat thématique de haut niveau visant à réunir les synergies des trois manifestations qu’il a organisées cette année.

L’Assemblée a également adopté une résolution** sur la coopération entre l’ONU et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et a pris note des rapports de la CCP sur les travaux de sa neuvième session, ainsi que du rapport du Secrétaire général sur le Fonds pour la consolidation de la paix.

* A/70/L.43*

** A/70/L.46

APPLICATION ET SUIVI INTÉGRÉS ET COORDONNÉS DES TEXTES ISSUS DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET ORGANISÉES PAR LES NATIONS UNIES DANS LES DOMAINES ÉCONOMIQUE ET SOCIAL ET DANS LES DOMAINES CONNEXES; SUITE DONNÉE AUX TEXTES ISSUS DU SOMMET DU MILLÉNAIRE: PROJET DE RÉSOLUTION A/70/L.43

RAPPORT DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX (A/70/714)

Rapport du Secrétaire général sur le Fonds pour la consolidation de la paix (A/70/715)

COOPÉRATION ENTRE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET L’ORGANISATION INTERNATIONALE POUR LES MIGRATIONS

Déclaration liminaire

M. MOGENS LYKKETOFT, Président de la soixante-dixième session de l’Assemblée générale, a déclaré que presque chaque jour, des vies innocentes étaient sacrifiées dans des conflits insensés.Depuis de nombreuses années, nous nous battons pour répondre efficacement à des crises humanitaires et de réfugiés qui ont atteint des proportions historiques et causées, pour une grande part, par l’instabilité politique et des conflits prolongés.

Améliorer la capacité des Nations Unies à consolider la paix est non seulement fondamental pour atténuer ces crises ou réaliser les 17 objectifs de développement durable, mais c’est aussi une responsabilité morale envers ces millions de personnes à qui l’on refuse les droits fondamentaux et des possibilités dans la vie.

L’Assemblée générale agit aujourd’hui à la suite de l’examen de l’architecture de consolidation de la paix des Nations Unies en 2015.Le Conseil de sécurité adoptera simultanément une résolution identique qui souligne la nature unique et innovante de l’architecture de consolidation de la paix.

Les attentes sont nombreuses, ces décisions abordant quelques-unes des faiblesses qui ont sapé les efforts de consolidation de la paix.Ces résolutions reflètent les évolutions importantes de notre compréhension commune sur la manière de mieux aborder la question de la consolidation de la paix et de la prévention de conflit.

Elles soulignent l’importance du partenariat avec les organisations régionales.Elles mettent l’accent sur l’appropriation nationale et l’inclusion, y compris le renforcement de la participation des femmes et des autres parties prenantes.

En outre, le débat sur le rapport annuel de la Commission de la consolidation de la paix (CCP) donnera l’occasion de mieux assurer un financement prévisible et durable de la consolidation de la paix.

M. Lykketoft a rappelé que l’examen de l’architecture de consolidation de la paix est un des trois examens importants qui ont lieu cette année dans le domaine de la paix et de la sécurité, ensemble avec l’examen des opérations de maintien de la paix et l’étude mondiale sur la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité.

Le Président a ajouté que dans moins de deux semaines aurait lieu le débat thématique de haut niveau visant à réunir les synergies des trois manifestations qu’il a organisées cette année.

« J’espère que cette manifestation permettra aux gouvernements et d’autres dirigeants dans ce domaine de participer de manière ouverte et honnête sur la façon avec laquelle les Nations Unies puissent jouer son leur dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales aujourd’hui et dans le futur », a terminé le Président.

Explication de vote avant le vote

Le représentant de la Thaïlande s’est félicité de l’adoption simultanée par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité de la résolution sur l’examen du dispositif de la consolidation de la paix de l’ONU.  La Thaïlande a toujours été en faveur d’une démarche consolidée de l’approche de la paix et cette résolution va dans ce sens, dans la mesure où il s’agit d’un « texte bien équilibré qui traduit les recommandations du Groupe consultatif d’experts » et inscrit la consolidation de la paix dans le cycle global du maintien de la paix. 

Elle souligne notamment le lien entre la paix et le développement durable et la nécessité de financement durable des activités de consolidation de la paix.

Déclarations

M. OLOF SKOOG (Suède) a d’abord présenté le rapport annuel de la neuvième session de la Commission de consolidation de la paix (CCP), dont il est l’ancien Président, puis a fait une déclaration à titre national dans laquelle il a déclaré qu’il était « rare que l’Assemblée générale transformait deux rapports dynamiques en deux résolutions dynamiques ».  La résolution adoptée ce matin est, selon lui, la plus exhaustive à ce jour sur la consolidation de la paix et la prévention des conflits. 

Elle trace une nouvelle feuille de route pour le système de l’ONU et place la consolidation de la paix au cœur des activités de paix de l’Organisation.  Cette résolution souligne en outre la nécessité d’éliminer la fragmentation et va au-delà du système de consolidation de la paix. 

Pour la Suède il y a des éléments prioritaires qui sont notamment le financement de la CCP, et le renforcement des partenariats.  Avant de conclure le représentant a annoncé que la Suède allait organiser une conférence de haut niveau pour le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, à New York, en marge de la soixante-et-onzième session de l’Assemblée générale.

M. MACHARIA KAMAU (Kenya), Président de la Commission de consolidation de la paix (CCP), a salué l’adoption simultanée par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de la résolution sur l’examen du dispositif de consolidation de la paix des Nations Unies.  À un moment crucial de l’action de l’ONU en matière de paix et de sécurité, il est revenu sur certains points « essentiels », notamment la nécessité d’un changement de mentalité quand on parle de consolidation de la paix et de sa mise en œuvre.

Il s’est engagé à s’appuyer sur les recommandations de la Commission de consolidation de la paix et a invité les États Membres à se pencher sur les applications de la résolution adoptée aujourd’hui sur les travaux de la Commission.  Il lui semble clair que les États Membres souhaitent plus d’efficacité dans les travaux de la Commission comme organe consultatif unique. 

Parmi les objectifs de la nouvelle architecture de la consolidation de la paix, M. Kamau a insisté sur le changement de mentalité nécessaire pour refléter la réalité actuelle, sur le fait que « préserver la paix doit s’entendre dans le sens le plus large du terme », et qu’il faut également veiller à la primauté de l’aspect politique de la CCP et à mener à bien des programmes de développement nationaux qui contribuent à la consolidation de la paix.  En outre, il a mis l’accent sur la nécessité d’en faire un processus inclusif, y compris aux femmes et aux jeunes.

La Commission va devoir se pencher sur plusieurs points clefs, notamment sur la façon de renforcer son engagement auprès des principaux organes, comme le Conseil de sécurité, pour plus de cohérence à travers les Nations Unies; créer des liens plus étroits avec les organisations internationales, régionales et sous-régionales; et explorer les moyens d’améliorer sa communication et sa visibilité dans et à l’extérieur du système des Nations Unies.  Avant de conclure, M. Kamau a annoncé que le Kenya avait décidé de coorganiser avec la Suède une conférence d’annonces de contributions au Fonds pour la consolidation de la paix en marge de la soixante-et-onzième session de l’Assemblée générale.

M. IOANNIS VRAILAS, Délégué de l’Union européenne, a salué l’adoption à la fois par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité des résolutions identiques sur l’examen du dispositif de consolidation de la paix des Nations Unies qui sont, selon lui, « les plus complètes adoptées sur cette question par les Nations Unies ».  Leur adoption marque la fin d’un processus d’examen qui avait débuté avec les travaux du Groupe consultatif d’experts, a rappelé M. Vrailas. 

L’Union européenne partage la recommandation du Groupe d’experts sur le « changement de mentalité qui s’impose » expliquant que la consolidation de la paix ne devait plus être perçue comme une activité postconflit dans la mesure où le défi d’une paix durable concerne tout le cycle des engagements pris en ce sens.  Il a souligné que 90% des conflits de la première décennie du XXIe siècle ont eu lieu dans des contextes où il y avait déjà eu conflit auparavant.  C’est pourquoi, pour l’Union européenne, consolider la paix correspond dans bien des cas à la prévention de conflits. 

« Trop souvent encore on pense qu’un processus de paix est terminé avec l’adoption d’un accord de paix ou des élections qui marquent la fin d’une phase de transition officiellement acceptée », a regretté le représentant qui pense qu’il faut continuer d’appuyer les processus de dialogue et de médiation sans quoi on constate souvent un retour en arrière.

Il a souligné le lien intrinsèque entre sécurité et développement et que la consolidation de la paix doit se faire au niveau du pays en tenant compte du contexte spécifique.  Il a estimé que pour être plus efficace dans son aide aux États fragiles, le système des Nations Unies devait travailler de façon plus intégrée et accorder plus d’importance aux systèmes d’alerte rapide. 

L’Union européenne se félicite du fait que la résolution reconnaît que la consolidation de la paix est un processus éminemment politique qui doit s’inscrire dans une approche à long terme et holistique.  Une telle approche devrait s’attaquer aux causes profondes des conflits, veiller à l’appropriation nationale inclusive du processus et travailler du bas vers le haut.

L’Union européenne se félicite aussi du fait que la résolution redéfinit les tâches de la Commission de consolidation de la paix (CCP).  Elle plaide en faveur de partenariats stratégiques entre l’ONU et les organismes financiers internationaux ainsi que les organisations régionales et sous-régionales sans oublier les institutions financières internationales.  À ce titre, M. Vrailas a rappelé que l’Union européenne, l’ONU et la Banque mondiale étaient en train d’intensifier leur partenariat en matière d’évaluation, de redressement et de consolidation de la paix. 

L’Union européenne a été membre à part entière de toutes les formations pays de la Commission de consolidation de la paix depuis le début et, malgré les bons résultats, estime qu’il reste des progrès à faire, notamment dans le cas du Burundi.  Pour ce qui est du Fonds pour la consolidation de la paix, l’Union européenne estime qu’il faut le compléter par des engagements à long terme émanant d’autres sources de financement, à la fois bilatérales, multilatérales et régionales.

Mme GILLIAN BIRD (Australie) a déclaré que l’effet transformateur de ces deux résolutions était clair et conforme aux nombreuses recommandations du Groupe indépendant de haut niveau chargé d’étudier les opérations de paix, de l’étude mondiale sur les femmes, la paix et la sécurité.  Cependant, nous devons reconnaître l’importance du financement prévisible et durable de la consolidation de la paix pour réaliser son potentiel, a-t-elle dit.  Sans un financement continu, tous les développements normatifs actuels seront sans significations. 

À cette fin, l’Australie attend avec impatience les options innovantes pour stabiliser le financement de la consolidation de la paix des Nations Unies.  Le travail commence et il est important que le système des Nations Unies, avec l’appui de la communauté internationale, cherche à mettre en œuvre ces résolutions.

M. ISMAEL ABRAÃO GASPAR MARTINS (Angola) a dit que la nouvelle approche mise en place par cette résolution changeait la dynamique de la consolidation de la paix en mettant l’accent sur les trois phases d’un cycle de conflit: prévenir l’escalade, prendre des mesures pour empêcher l’escalade, la prolongation et la récurrence et encourager les États Membres et les Nations Unies à développement des synergies pour une paix durable.

En fait, la résolution introduit le concept de la paix durable qui est la traduction de la détermination de l’Assemblée générale à s’attaquer aux causes des conflits, aider les parties au conflit à mettre fin aux hostilités, assurer la réconciliation nationale et l’importance de la promotion, au niveau national, des trois piliers des Nations Unies, en appui aux efforts des États Membres à consolider des sociétés pacifiques et le développement inclusif.

La résolution reconnaît le rôle premier des autorités nationales dans la prévention de conflit, l’aide que les Nations Unies peuvent apporter et la responsabilité première du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales. 

Elle examine aussi l’importance stratégique des partenariats avec les organisations internationales et régionales, et de prendre en compte l’important rôle de tous les segments de la société, en particulier la société civile, les femmes et les jeunes.

M.  ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a déclaré que cette résolution était une occasion de tendre la main à tous les États Membres dans les efforts de consolidation de la paix.  Le représentant, qui a insisté sur l’importance de faire face aux causes profondes des conflits, a expliqué que la pauvreté menait généralement à des conflits.  Les autres causes de conflit sont la lutte pour le contrôle des ressources naturelles ou les rivalités entre les superpuissances, a-t-il précisé. 

Le représentant a ajouté que les autorités nationales étaient responsables de la pérennité de la paix.  La paix doit être inclusive.  À cet effet, la consolidation de la paix doit tenir compte du rôle des femmes.  Il a également souligné le fait que tous les membres de la Commission de la consolidation de la paix devaient participer de manière égale au travail de la Commission et que l’Assemblée générale devra aider à son autonomisation.

Mme SONIA ISHAQ AHMAD SUGHAYAR (Jordanie) a mis l’accent sur l’importance de la prévention des conflits et la paix durable.  Cette résolution est la preuve que les États Membres veulent réaliser ces deux objectifs.  La représentante a souligné l’importance de l’appropriation nationale de la consolidation de la paix par les États.  Elle a en outre mis l’accent sur la nécessité de s’attaquer aux causes des conflits et de prendre des mesures concrètes sur le terrain.  Ces mesures doivent être conformes aux trois piliers des Nations Unies que sont la stabilité, les droits de l’homme et la sécurité. 

La résolution fait figure de feuille de route pour répondre aux besoins de pérennisation de la paix, a indiqué la représentante qui a rappelé les exigences de sa mise en œuvre.  Il faut, a-t-elle dit, combler les lacunes qui ont empêché l’implication des Nations Unies dans la consolidation de la paix, améliorer les moyens de promotion de la paix durable et mettre en exergue le rôle des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix.

M. VANDI CHIDI MINAH (Sierra Leone), qui s’exprimait au nom du caucus africain de la Commission de consolidation de la paix (CCP), a rappelé que son pays avait été l’un des principaux bénéficiaires des efforts de consolidation de la paix de l’ONU, et, en tant que tel, a remercié tous ceux qui ont joué un rôle clef dans les négociations qui ont permis l’adoption, aujourd’hui, de la résolution fondamentale sur l’examen du dispositif de la consolidation de la paix des Nations Unies.

« Aujourd’hui nous franchissons un pas supplémentaire vers la consolidation de la paix », a déclaré le représentant, qui a saisi cette occasion pour vanter les mérites des efforts de la CCP pendant la crise de l’Ebola.« Même si la Sierre Leone, la Guinée et le Libéria étaient l’épicentre de cette crise, toute l’Afrique et le monde tout entier étaient concernés », a-t-il rappelé.Ces trois pays ont connu des confits et sont toujours fragiles, a-t-il dit, en appelant à ne pas perdre de vue les efforts à long terme parce qu’il existe toujours le risque de voir la crise de santé déborder sur la situation politique, économique et sociale dans les pays de la région.La CCP peut servir de plateforme commune pour discuter des besoins et des implications d’une crise ainsi que des réponses à y apporter.

Sa délégation salue le fait que la résolution adoptée aujourd’hui fait ressortir toutes les préoccupations liées à la consolidation de la paix, notamment la nécessité de financement prévisible et durable du Fonds pour la consolidation de la paix, et le fait que la question de la consolidation de la paix concerne tout le monde et doit être au cœur des travaux de l’ONU, tout en évitant les doubles emplois au sein du système.

Le représentant a également insisté sur la relation entre paix, sécurité et développement ainsi que sur l’importance des partenariats stratégiques avec les organisations régionales et sous-régionales.

M. PETER WILSON (Royaume-Uni) s’est félicité de l’accent mis par la résolution sur la « pérennisation de la paix », la nécessité de l’engagement rapide et le financement durable et prévisible pour le Fonds pour la consolidation de la paix.Le représentant a ajouté que la Commission de la consolidation de la paix (CCP) devait être plus souple dans ses structures et améliorer la cohérence et la coordination de ses travaux avec ceux des autres organes des Nations Unies, en particulier le Conseil de sécurité, et des autres organisations internationales.

Il a aussi expliqué que la consolidation de la paix était un processus politique en soi.Le Fonds pour la consolidation de la paix nécessite un financement prévisible et durable et il faut saisir l’élan créé par l’adoption de cette résolution pour en accroître les contributions, a-t-il ajouté.Le représentant a indiqué qu’avec le Kenya et la Suède, le Royaume-Uni organiserait en septembre 2016, une conférence d’annonces de nouvelles contributions au Fonds.

M. MOTOHIDE YOSHIKAWA (Japon) a espéré que la résolution adoptée aujourd’hui aidera la Commission de consolidation de la paix à mieux remplir son rôle consultatif auprès des principaux organes des Nations Unies, en particulier le Conseil de sécurité.  Lorsqu’il a présidé le Groupe de travail de la Commission sur les enseignements du passé, a-t-il rappelé, le représentant a mis l’accent sur l’importance du renforcement des institutions en matière de sécurité, de justice, d’administration publique et de services sociaux de base. 

M. Yoshikawa s’est réjoui du fait que le Conseil de sécurité ait exprimé son intention de « solliciter régulièrement les conseils spécifiques, stratégiques et ciblés de la Commission de consolidation de la paix, les étudier et s’en inspirer, y compris pour ce qui est de prendre en considération la perspective à long terme nécessaire pour préserver la paix ».

Après avoir promis d’agir en ce sens quand le Japon présidera le Conseil, en juillet prochain, il a déjà annoncé la tenue d’un débat public sur la consolidation de la paix.  Il a également appelé tous les États Membres à faire des contributions volontaires au Fonds pour la consolidation de la paix. 

Mme MALEEHA LODHI (Pakistan) a estimé que les activités de consolidation de la paix avaient un impact positif sur la vie des gens ordinaires frappés par les conflits et pouvaient être améliorées grâce aux efforts de la Commission de consolidation de la paix (CCP), un travail auquel a participé au premier plan le Pakistan, à la fois en tant que membre de la Commission et en tant que pays contributeur de troupes.  Cette expérience lui permet d’affirmer que renforcer l’architecture de consolidation de la paix est à la fois important et impératif. 

Sa délégation salue l’adoption de la résolution sur cette question simultanément par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, ce qui marque, pour la représentante, la culmination du processus d’examen de la consolidation de la paix.  Il faut maintenant passer à la mise en œuvre sur la base de deux principes fondamentaux qui sont la paix durable, y compris en faisant face aux causes profondes des conflits, et l’ouverture, qui est la clef de la pérennisation de la paix. 

L’une des principales réalisations de la CCP a été de gérer les conséquences de la crise d’Ebola en Guinée, en Sierre Leone et au Libéria, a estimé la représentante, qui a salué la souplesse et la flexibilité de la Commission, permettant ainsi d’apporter une réponse cohérente.

Face au « tableau assez sombre des ressources financières à la disposition de la Commission », la représentante a regretté que cela entrave la bonne marche de ses travaux et a appelé à un financement suffisant et prévisible de la consolidation de la paix par le biais du Fonds pour la consolidation de la paix.  En outre, elle a encouragé les investissements visant à équiper et à outiller la Commission pour la rendre plus efficace et plus réactive.

M. Liu JIEYI (Chine) a mis en avant quatre points, selon lui, importants.  Premièrement, il faut appliquer et respecter le principe de l’appropriation par les pays hôtes.  À cet égard, le représentant a insisté sur l’importance de respecter la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale des pays hôtes.  Deuxièmement, il faut respecter la réalité sur le terrain pour que l’action entreprise obtienne les résultats voulus.  Troisièmement, il a mis l’accent sur la nécessité de la coordination des efforts y compris dans les domaines socioéconomiques et le rôle des organisations.  Quatrièmement, il faut accorder une attention aux causes profondes des conflits et aider les pays à réaliser leur développement, en s’attaquant en particulier à la problématique de la pauvreté.  Enfin, le représentant a insisté sur l’importance de la coopération internationale en matière de consolidation de la paix.

M. BARLYBAY SADYKOV (Kazakhstan) a résolument appuyé l’action et le rôle de la Commission de consolidation de la paix (CCP) au cours de l’année écoulée.  Grâce à cette résolution adoptée aujourd’hui, on sera en mesure de renforcer l’architecture de la consolidation de la paix.  À ce titre, il a mis en avant plusieurs points, notamment le fait que la consolidation de la paix ne se limitait pas aux efforts d’après-conflit et qu’il fallait l’inscrire dès le départ dans tous les mécanismes de prévention des conflits. 

L’ONU doit également faire preuve de plus d’efficacité en termes de synergie en son sein et pour rationaliser la mise en œuvre de ses politiques de paix pour parvenir à une plus grande cohérence interne, notamment entre ses organismes et ses équipes sur le terrain.  Par ailleurs, il faudrait miser sur les partenariats avec les institutions régionales et sous-régionales et assurer un financement à long terme des efforts de maintien et de consolidation de la paix, a encore fait valoir le représentant. 

Soulignant que « paix et développement sont les facettes d’une même médaille », il s’est félicité de la nouvelle initiative transfrontière lancée par le Fonds pour la consolidation de la paix dans la région du Kazakhstan, qui prévoit l’allocation de 15% de ses ressources à l’autonomisation des femmes.

Mme JUDITH MARCIA ARRIETA MUNGUIA (Mexique) a déclaré que la paix devait englober la sécurité, le développement et la justice.  La paix doit être « une paix qui parle aux jeunes, qui ouvre des possibilités d’emploi et qui inclut les femmes ».  L’individu doit être au centre de la paix, a encore dit la représentante pour laquelle une paix durable implique un dialogue continu entre le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social et l’Assemblée générale. 

La Commission de la consolidation de la paix (CCP) doit servir de passerelle pour ce dialogue.  La représentante a indiqué que le Fonds pour la consolidation de la paix avait besoin de ressources supplémentaires.  Elle a dit attendre les propositions du Secrétaire général sur cette question.

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie) a dit que pour faire face aux conflits, dont le nombre a triplé fois depuis 2007, des efforts durables en faveur du dialogue, la médiation et la prévention étaient importants.  Là où le Conseil de sécurité a un rôle à jouer, l’avis consultatif de la Commission de la consolidation de la paix et son appui sont essentiels. 

Après cette résolution, l’espoir est permis et il appartient maintenant aux organes des Nations Unies, à la Commission de la consolidation de la paix et aux autres acteurs du système des Nations Unies de montrer comment ils peuvent être efficaces dans l’atteinte des objectifs de la résolution.  

Pour Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg), la pérennisation de la paix requiert une approche intégrée visant à prévenir l’éclosion, l’escalade, la poursuite et la réapparition de conflits, qui associe autorités gouvernementales et autres parties prenantes au niveau national et qui bénéficie de l’appui de la communauté internationale.  Cette approche doit associer le développement, la paix et la sécurité, le respect des droits de l’homme ou encore la bonne gouvernance, et soutenir des processus nationaux inclusifs qui prennent en compte les besoins de toutes les composantes de la société. 

C’est ce que nous nous efforçons de faire au niveau de la formation « Guinée », que préside la Belgique, a expliqué Mme Lucas, en collaboration avec les autorités guinéennes et les différentes composantes de la société guinéenne, les partenaires de développement et les organisations régionales et sous-régionales, dont la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union du fleuve Mano. 

« Si nous voulons maximiser la valeur ajoutée de la Commission de consolidation de la paix, il nous faut lui donner les moyens de se saisir rapidement de contextes nationaux ou régionaux qui ne figurent pas à son ordre du jour, tout comme de questions thématiques et transversales, à l’instar de ce qui a été fait en 2015 au Burkina Faso, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou en Somalie », a-t-elle poursuivi.  Une telle approche a également été mise en pratique avec succès à partir de 2014 concernant l’épidémie d’Ebola.

M. ALEXANDR V. REPKIN (Fédération de Russie) s’est félicité de l’adoption simultanée par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité de deux résolutions qui visent à adapter l’architecture de consolidation de la paix de l’ONU.  Il est important, selon lui, que la responsabilité de la préservation de la paix incombe avant tout aux acteurs nationaux et que l’ONU ne puisse, pour surmonter les conflits, apporter son concours qu’avec l’accord des parties nationales.  Sa délégation souligne en outre l’importance de l’inclusion des processus politiques nationaux.

Le document adopté aujourd’hui précise de nouveau le rôle de la Commission de consolidation de la paix (CCP) qui est un organe consultatif, a rappelé le représentant.  Il a estimé que pour augmenter l’efficacité des efforts de consolidation de la paix, il fallait avant tout parvenir à une plus grande cohérence au sein du système des Nations Unies en tenant strictement compte des mandats respectifs de chaque organe.  Il attend avec intérêt les propositions du Secrétaire général relatives à un financement stable de la consolidation de la paix.

Mme SADIA FAIZUNNESA (Bangladesh) a mis l’accent sur la nécessité de procéder désormais à une mise en œuvre efficace de la résolution qui venait d’être adoptée.  La représentante a estimé que cette résolution soulignait l’importance de l’accompagnement politique tout au long du processus de consolidation de la paix.  La représentante a mis en avant plusieurs points: l’appropriation nationale, l’engagement des autorités nationales et la participation inclusive de tous des acteurs de la société; la nécessité de déployer des efforts pour briser le cloisonnement au sein du système de consolidation de la paix des Nations Unies; le rôle des organisations régionales en Afrique; l’importance de l’égalité des sexes et le rôle des jeunes dans la consolidation de la paix; l’accroissement du financement de la consolidation de la paix et l’appui politique à la mobilisation des ressources. 

M. AMRITH ROHAN PERERA (Sri Lanka) s’est félicité de l’adoption d’une résolution identique sur la consolidation de la paix à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité, à une époque où les conflits causent de grandes souffrances dans le monde entier.  La prévention des conflits, la consolidation de la paix et l’examen de leurs causes profondes pourraient sauver des millions de vies.  Il s’est dit encouragé par la détermination des États Membres à revitaliser le Bureau d’appui à la consolidation de la paix. 

En tant que pays émergeant de 30 ans de conflit, le Sri Lanka est bien placé pour en comprendre le coût humain et sa priorité a été de « réconcilier et guérir les cœurs et les esprits » de son peuple, a rappelé M. Perera.  En janvier 2015, la transition politique a offert au pays des opportunités considérable pour la consolidation de la paix.  Il s’agit essentiellement d’un processus politique et d’appropriation nationale, a-t-il précisé. 

« Nous avons reconnu que le processus de réconciliation implique la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition », a-t-il ajouté.  La société civile y participe et l’ONU fournit une assistance technique.  Il a salué l’aide apportée par le mécanisme de financement des interventions rapides du Fonds pour la consolidation de la paix.     

M. INIGO LAMBERTINI (Italie) a souligné l’importance de la mise en œuvre concrète de la résolution qui devrait renforcer la Commission de consolidation de la paix (CCP) et son rôle comme moyen efficace pour le Conseil de sécurité, et sa capacité dans tout le système des Nations Unies dans le domaine de la diplomatie préventive.  Le représentant a mis l’accent sur le changement de mentalité et le nouveau concept de « paix durable » qui a des profondes implications sur la façon dont nous travaillons.  La consolidation de la paix sera désormais prise comme un défi pour une paix durable qui va tout au long du cycle complet de l’engagement pour prévenir les conflits et éviter la rechute. 

Le représentant a souligné la nécessité de mettre en œuvre une stratégie intégrée pour prévenir les menaces comme l’extrémisme violent, la traite des migrants et le trafic d’êtres humains en faisant face à leurs causes profondes, et pour consolider la paix par des initiatives de renforcement de capacités des institutions.  Une plus grande coopération avec les organisations régionales et sous-régionales et les institutions multilatérales, la société civile est essentielle et l’Italie jouera son rôle. 

Le représentant a mis aussi l’accent sur l’importance du rôle de chef de file des femmes dans la prévention, le règlement et la consolidation de la paix.  Concernant le financement prévisible de la consolidation de la paix, le représentant a évoqué le renforcement de la coopération avec la Banque mondiale et autres institutions financières et la nécessité d’aborder l’approche en silo.  Des ressources supplémentaires devraient être déployées pour les activités de consolidation de la paix, y compris les contributions non monétaires et celles du secteur privé. 

Il a mis en lumière, avant de conclure, la question de la protection et de la préservation de l’héritage culturel en particulier contre les actes terroristes et le trafic.  

Pour Mme STEFANIE AMADEO (États-Unis) aujourd’hui marque un jalon important pour l’architecture de la paix des Nations Unies avec l’adoption de la résolution sur l’examen de ce dispositif, un texte qui incarne une volonté de changement et qui est le résultat des travaux de l’année écoulée.  Les États-Unis appuient l’idée que le règlement et la prévention des conflits ne peuvent être gérés de façon cloisonnée et mettent l’accent sur la notion de la durabilité de la paix ainsi que sur les femmes et les droits de l’homme dans le domaine de la consolidation de la paix.  Pour sa délégation, l’adoption de ce texte ne représente qu’une première étape vers sa mise en œuvre plus large.

S’agissant du rôle de la Commission de consolidation de la paix (CCP), la représentante a passé en revue un certain nombre de succès pour l’année écoulée notamment en termes de mobilisation de fonds pour certaines formations pays, notamment la République centrafricaine et dans la gestion de la crise de l’Ebola en Afrique.

Revenant aussi au rapport sur le Fonds pour la consolidation de la paix, elle s’est dite encouragée par l’allocation de 15% de ses ressources à l’autonomisation des femmes.  L’appui du Fonds à la région africaine a contribué à pouvoir déclarer la Guinée comme « libérée de l’Ebola ».  Pour sa délégation il est important de lui garantir un financement plus prévisible et suffisant.

M. MICHAEL DOUGLAS GRANT (Canada) a dit, concernant la notion de pérennisation de la paix, que des décennies de pratiques et d’observation avaient enseigné le fait que les conflits ne sont pas linéaires, qu’une prévention efficace nécessite des mesures concrètes en matière de sécurité, de développement de droits des personnes, que les investissements visant à empêcher les pays d’entrer en conflit ou de reprendre les hostilités coûtent une fraction de ce que nous dépensons pour intervenir dans les conflits et aider les sociétés à se reconstruire après coup.

Avec cette résolution, l’Assemblée générale affirme que la consolidation de la paix et la prévention sont les deux côtés d’une même médaille, et elle précise les outils à l’aide desquels le système des Nations Unies pourra commencer à abattre les silos. 

Pour ce faire, il faut investir dans la prévention, s’attaquer aux facteurs de conflit à tous les niveaux et intégrer la notion de « pérennisation de la paix » à chaque phase des efforts.  Il faut également investir dans la participation des femmes à tous les niveaux et à toutes les étapes, a dit le représentant. 

M. ABDERRAZZAK LAASSEL (Maroc) a salué les avancées des trois processus d’examen de l’architecture de la paix des Nations Unies.  La Commission de consolidation de la paix (CCP) a pu accomplir au cours de l’année précédente un travail remarquable, selon lui, notamment en termes de résultats tangibles.  Forte de l’expérience accumulée en une décennie, la CCP a imprimé à son action l’essentiel des recommandations du Groupe consultatif de haut niveau, y compris pour ce qui est de l’implication des femmes et des jeunes aux processus de paix, et la question du financement de la consolidation de la paix, par le biais du Fonds établi à cet effet, a souligné le représentant.

Rappelant que ce Fonds apportait un appui soutenu aux pays en situation d’après-conflit ou qui risquent une reprise, le Maroc est préoccupé par les difficultés de mobilisation de ressources en sa faveur, ce qui est « aux antipodes des besoins de la consolidation de la paix ».  La résolution adoptée aujourd’hui offre une occasion à tous les États d’apporter leur pierre à l’édifice de l’architecture de la paix, a estimé le représentant et le Maroc y a participé activement au sein du mouvement des non-alignés. 

Ce texte reflète de manière exhaustive, selon lui, les préoccupations et recommandations des uns et des autres et contient des idées novatrices comme la nécessité de changer la perception actuelle de la consolidation de la paix et d’adopter une approche multidimensionnelle.  Elle responsabilise tous les organes des Nations Unies et appelle à lutter contre le cloisonnement dans les actions des Nations Unies tout en mettant l’accent sur le rôle consultatif de la CCP.   Elle pose en outre l’appropriation nationale des processus de paix par les acteurs nationaux comme une condition essentielle à leur succès et reflète les préoccupations des États Membres sur les difficultés de mobiliser des ressources prévisibles et suffisantes pour les activités de consolidation de la paix.

M. HEIKO THOMS (Allemagne) a dit que cette résolution introduisait plus de transparence et des méthodes travail plus stratégiques, améliorait le partenariat avec les organisations régionales et sous-régionales, musclait les efforts visant à prévenir le conflit et sécurisait le financement de la consolidation de la paix et les questions relatives au genre.

Cette résolution renforce également les capacités du système de consolidation des Nations Unies.Elle propose une approche intégrée de la prévention de conflit non seulement pour aider les pays qui sortent de conflit à préserver les acquis de la reconstruction mais aussi à réduire les chances d’émergence de conflit dans les pays qui font face à des forces de déstabilisation.

Comme les migrants continuent d’affluer en Europe, l’Allemagne est consciente des bénéfices qui peuvent être obtenus de la prévention de conflit.La crise des migrants montre le fait que l’échec de prévenir un conflit peut mener à une tragédie humaine.Ainsi, l’architecture de consolidation de la paix doit continuer à évoluer vers une institution qui aborde tous les types, aspects et étapes de la prévention de conflit.

Le représentant a, avant de terminer, annoncé qu’en 2016, son pays donnerait 10 millions d’euros au Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix.

M. HAHN CHOONGHE (République de Corée) a dit que la notion de « pérennisation de la paix » impliquait l’engagement de toutes les autorités nationales et la poursuite de l’aide internationale au processus de consolidation de la paix.  À cet égard, le représentant a souligné la nécessité de renforcer la cohérence et la coordination des efforts pour la consolidation de la paix. 

L’Assemblée générale, a-t-il poursuivi, devrait soutenir les initiatives visant à renforcer le travail de la Commission de consolidation de la paix.  Celle-ci devrait améliorer sa méthode de travail pour répondre aux nouvelles exigences de consolidation de la paix.  Concernant le financement, le représentant a salué la suggestion du Secrétaire général de consacrer 15% du Fonds pour la consolidation de la paix à des initiatives visant à inclure les femmes. 

M. OSAMA ABDELKHALEK MAHMOUD (Égypte) a dit que la résolution que l’Assemblée générale avait adoptée aujourd’hui aiderait notamment à la pérennisation de la paix.  C’est maintenant au tour des organes des Nations Unies et aux autres parties prenantes de prendre leurs responsabilités et de trouver des solutions pour la prévention des conflits et faire face à la fragmentation des travaux des organes des Nations Unies.  Les organes des Nations Unies doivent également établir un cadre efficace pour l’appropriation nationale de la consolidation de la paix.  L’Union africaine constitue par exemple un cadre qui peut aider l’ONU à faire face aux conflits, y compris le terrorisme et la migration. 

Il est en outre essentiel d’accroître les efforts de reddition de compte et les programmes de renforcement de capacités.  Le représentant a appelé à renforcer le Fonds d’affectation spéciale pour la consolidation de la paix.  Il a attiré l’attention sur la situation des pays qui sortent de conflit et qui n’intéressent plus les bailleurs de fonds.  Avant de conclure, il a souligné l’importance de la volonté politique en matière de mobilisation des ressources, de renforcement du rôle des femmes, ainsi que de partenariats avec les groupes régionaux.

M. GORGUI CISS (Sénégal) espère que l’ONU saura tirer pleinement profit du triple processus d’examen de son architecture pour la paix pour réorienter son approche de la consolidation de la paix. Pour sa délégation, la résolution adoptée aujourd’hui illustre la ferme volonté des États Membres de rompre avec les approches du passé.

Pour ce qui est du rapport de la Commission de consolidation de la paix, il s’est réjoui de sa collaboration avec les acteurs régionaux et sous-régionaux. À cet égard, il a souligné le rôle capital des pays voisins et de ces organisations pour le succès des processus politiques et la prévention de tout risque d’instabilité.Sa délégation réitère ici sa demande pour un partenariat institutionnel entre la Commission de consolidation de la paix, l’Union africaine et les organisations sous-régionales en Afrique.

Il s’avère aussi nécessaire d’adopter des stratégies de prévention plus efficaces qui tiennent compte des impératifs de développement, a poursuivi le représentant.La délégation salue l’action de la Commission de consolidation de la paix (CCP) pour la Guinée-Bissau, dont le Sénégal est un partenaire de longue date.

Il a mis l’accent sur la nécessité d’une meilleure cohérence au sein du système onusien à laquelle doit s’ajouter une interaction plus dynamique entre la CCP et tous les organes des Nations Unies, en particulier le Conseil de sécurité qui « devrait recourir plus fréquemment aux services de la Commission en matière de conseil ».

Abordant également la question du Fonds pour la consolidation de la paix, le représentant a estimé qu’il devait collaborer davantage avec la CCP, et, pour combler les lacunes de financement il va falloir renforcer les partenariats avec les institutions financières internationales et régionales.

De plus, pour que la paix soit pérenne il faut qu’elle s’accompagne de politiques de développement. Le Sénégal propose par conséquent à l’Assemblée générale de réfléchir à la possibilité de couvrir le financement de base du Fonds, qui correspond à 100 millions de dollars, par une allocation annuelle puisée dans le budget ordinaire de l’ONU.

M. JUAN MANUEL GONZÁLEZ DE LINARES PALOU (Espagne) a souhaité que l’on améliore l’efficacité de la Commission de consolidation de la paix en se fondant sur les enseignements pratiques du passé.  Il faut maximiser les synergies, promouvoir la cohérence au sein du système des Nations Unies, permettre aux femmes de jouer un rôle plus important et mobiliser davantage de ressources.  De plus, a-t-il ajouté, il faut prendre en considération le Programme de développement durable à l’horizon 2030 qui consacre son objectif 16 aux défis politiques, de paix, de sécurité, de gouvernance et de justice.  En effet, a-t-il noté, les pays les moins avancés qui sont ou ont été affectés par un conflit n’ont pas atteint un seul des Objectifs du Millénaire pour le développement.  « Sans développement ni élimination de la pauvreté, il ne peut y avoir de paix durable », a-t-il insisté.

Lors du débat public du Conseil de sécurité consacré à la consolidation de la paix, le 23 février dernier, l’Espagne a souligné qu’il fallait « un changement de mentalité dans la culture organisationnelle des Nations Unies ».  L’Espagne a préconisé de renforcer le sentiment d’appropriation nationale, d’améliorer la prévention et la médiation, d’intensifier la collaboration avec les acteurs régionaux et sous-régionaux, notamment en Afrique, a rappelé son représentant. 

Il faut aussi s’attaquer aux causes socioéconomiques et politiques des conflits.  « Pour tout cela, le Conseil de sécurité doit reprendre l’esprit des Chapitres VI et VII de la Charte des Nations Unies », a-t-il recommandé.  Il a aussi rappelé le rôle des équipes de pays et du coordonnateur résident et regretté que la Commission ne dispose pas d’une présence sur le terrain.

M. TANMAYA LAL (Inde) a salué l’accent que met la résolution d’aujourd’hui sur le développement durable, la croissance économique et un financement élargi des efforts de consolidation de la paix.  Selon lui, la Commission de consolidation de la paix (CCP) a le mérite d’avoir contribué à introduire la dimension du développement dans le débat sur la paix et la sécurité durables.  L’impact de ses efforts reste limité, a-t-il cependant constaté, en blâmant un financement inadéquat et un manque de coordination entre les organes de l’ONU, dont le Conseil de sécurité.

Alors que l’instabilité qui prévaut dans une partie du monde affecte les perspectives sécuritaires et économiques ailleurs dans le monde, la consolidation de la paix ne fait toujours pas l’objet d’une attention suffisante, a regretté le représentant.  Or, a-t-il insisté, « dans un monde globalisé, les destins des peuples sont interconnectés », d’où l’importance de financer une Commission efficace.  Il a également jugé indispensable d’aligner les efforts en la matière sur les priorités nationales.

M. RAFAEL HÉCTOR DALO (Argentine) a dit que la résolution jetait les bases de la consolidation de la paix des Nations Unies.  Elle a introduit la notion de « paix durable » qui est un processus continu s’étalant avant, pendant et après le conflit.  Ce processus est lié à un élément nouveau et fondamental qu’est la prévention de conflit.  La résolution met aussi l’accent sur l’importance de la coordination des travaux des organes des Nations Unies impliqués dans la consolidation de la paix. 

Le représentant a demandé un engagement clair des États Membres en matière de financement du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix.  À cet égard, il a estimé qu’il était important de respecter le montant convenu de 100 millions pour le Fonds.

M. ALBERT SHINGIRO (Burundi) a réitéré le fait qu’il est nécessaire d’assurer l’appropriation nationale du processus de consolidation de la paix.  Selon lui, il faut étendre ce processus aux niveaux local, régional et continental.  Il a insisté sur l’importance de la dimension régionale.  En effet, a-t-il dit, « de nombreux pays peuvent préférer recevoir de l’aide et des conseils de pays pairs dans leur propre région, et les organisations régionales peuvent être mieux placées pour intervenir en temps opportun et aider à la prise de décisions pour trouver des solutions à des questions sensibles ».

Dans le souci de renforcer les relations entre la Commission de consolidation de la paix et le Conseil de sécurité, celui-ci devrait envisager d’inviter les présidents des configurations dans les exposés du Conseil sur des questions concernant des pays inscrits à l’ordre du jour de la Commission, a continué M. Shingiro.  Par ailleurs, il a trouvé que la participation de la femme dans la vie politique dans les périodes d’après-conflit méritait une attention soutenue. 

En ce qui concerne la lutte contre l’épidémie d’Ebola, le représentant a salué le fait que la Commission a mené une campagne d’information à New York sur les effets que la crise pourrait avoir à long terme sur la paix, la stabilité, la cohésion sociale et le bien-être économique des pays affectés.

Enfin, il a souligné le rôle actif que les jeunes peuvent et doivent jouer dans leurs pays.  « Très souvent, et c’est le cas au Burundi, ce sont les jeunes au chômage qui sont manipulés par les hommes politiques », a-t-il averti.  « Nous devons tout mettre en œuvre pour que les jeunes trouvent d’autres alternatives à la violence. »  

Parmi les principales avancées de la résolution, M. JÜRG LAUBER (Suisse) a salué la notion de préservation de la paix dans la durée et, par conséquent, l’inclusion d’une perspective « plus holistique » de la consolidation de la paix qui englobe les efforts de prévention.  Convaincue que le dispositif peut et doit contribuer à prévenir l’émergence et la reprise des conflits armés, la Suisse soutient pleinement « la reconnaissance de cette logique » dans la résolution, a-t-il dit.  En outre, il a apprécié le fait qu’elle représente un cadre solide pour garantir le rôle de la société civile.

De plus, a poursuivi le représentant, la résolution souligne l’importance d’une approche globale vis-à-vis de la justice transitionnelle dans la consolidation de la paix, tout en reconnaissant que la paix, la réduction de la pauvreté et la promotion de la bonne gouvernance ne peuvent être achevées sans justice et état de droit.  La Suisse salue également l’appel pour renforcer le financement de la consolidation de la paix.

M. CYPRIAN TERSEER HEEN (Nigéria) a salué l’adoption simultanée de la résolution sur l’examen du dispositif de consolidation de la paix.  Il est d’avis que l’évolution dans les pays à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix (CCP) reste source de préoccupations.  Rappelant que le Nigéria avait organisé un débat sur la diplomatie préventive au Conseil de sécurité il y a quelques années, le représentant estime que 10 ans après la mise en place de la CCP, les résultats en termes de consolidation de la paix restent mitigés.  Sa délégation est favorable à des interventions rapides après le début d’un conflit.  C’est essentiel pour la consolidation de la paix, tout comme la bonne gouvernance, des institutions démocratiques, les droits de l’homme et l’acheminement de l’aide, a affirmé le représentant. 

Il salue le fait que cette résolution mette l’accent sur le lien entre paix, sécurité et développement ainsi que sur la notion d’appropriation nationale des processus de paix, ce qui essentiel pour leur succès, de même que le principe d’ouverture, notamment des femmes et des jeunes, aux processus de consolidation de la paix.  En outre, les enseignements tirés sur le terrain suggèrent que la CCP devrait renforcer sa collaboration avec les organisations régionales en vue de dégager des approches régionales dans l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de consolidation de la paix.

Le Nigéria appelle aussi à des contributions financières et techniques aux activités de la CCP.  Sans financement adéquat, il est impossible de réaliser une consolidation de la paix efficace et, par conséquent, il faut contribuer au Fonds pour la consolidation de la paix, a estimé le représentant.  La CCP doit également œuvrer à plus de cohérence et de coordination au niveau du système onusien, selon lui. 

M. PASCAL BUFFIN (Belgique) a salué l’adoption de la résolution « détaillée et consensuelle » sur l’architecture de paix et de sécurité.  La Belgique tient à souligner certains éléments notamment qu’il faut accorder la priorité à la prévention des conflits.  Le fait que la résolution mette l’accent sur la durabilité de la paix, plutôt que sur la prévention de la reprise des conflits, comme c’était le cas par le passé, constitue une avancée en ce sens. 

D’autre part, le représentant a insisté sur l’importance pour le succès des processus de consolidation de la paix qu’ils fassent l’objet d’une appropriation nationale inclusive, impliquant à la fois le gouvernement et l’opposition, de même que la société civile, y compris les organisations de femmes et de jeunes.  Sa délégation demande aussi à ce que les processus de consolidation de la paix intègrent systématiquement le respect et la promotion des droits de l’homme. 

Pour la Belgique, la consolidation de la paix est avant tout un processus politique, dans lequel la volonté politique du gouvernement joue un rôle déterminant, et les partenaires internationaux un rôle d’appui, ce que la notion de « compact » illustre bien.  Par conséquent, la Commission de consolidation de la paix (CCP) peut jouer un rôle important dans les situations de transition, qui sont souvent des périodes à risques, qu’il s’agisse de transition politique ou du départ programmé d’une opération de maintien de la paix. 

La Belgique a décidé de concentrer son aide au développement sur les pays les moins avancés et les États fragiles.  Elle fait partie de la formation pour la République centrafricaine, le Burundi et la Guinée, a rappelé sa représentante.  Le travail réalisé dans le cadre des formations de la CCP permet la participation des divers partenaires de développement et d’opter pour des approches sur mesure, a affirmé la représentante, qui souhaite que l’apport de ces formations à la réflexion du Conseil de sécurité devienne plus systématique. 

Rappelant aussi que le Fonds pour la consolidation de la paix avait permis de rapidement financer des actions urgentes en appui aux efforts politiques et que sa valeur avait été largement reconnue, le représentant a plaidé pour que la consolidation de la paix et la gestion de la fragilité deviennent un élément incontournable et une partie intégrante des programmes de coopération des partenaires internationaux dans les pays fragiles, qu’il s’agisse des Nations Unies, de la Banque mondiale, des banques régionales ou des bailleurs régionaux et bilatéraux.

M. CARLOS ARTURO MORALES LÓPEZ (Colombie) a estimé que la résolution adoptée aujourd’hui réaffirmait « une vision unifiée et cohérente de la consolidation de la paix » qui s’attache à toutes les étapes d’un conflit.  Il a appuyé l’idée d’une Commission plus flexible.  C’est une plateforme qui réunit le pays concerné, les institutions financières internationales et les organisations régionales et sous-régionales.  Il a rappelé que les efforts en la matière nécessitaient un appui financier, technique et politique prévisible à court, moyen et long termes.  Il s’est réjoui à la perspective de la réunion des donateurs pour le Fonds pour la consolidation de la paix qui aura lieu à la prochaine session de l’Assemblée générale.

M. Morales a souligné l’importance de la stratégie sexospécifique qui doit contribuer à autonomiser les femmes en temps de paix.  La Colombie, a-t-il conclu, « a mis en marche un processus et des actions politiques innovantes à la recherche d’une paix durable », après 50 ans de conflit.  

Mme CRISTINA MARIA CERQUEIRA PUCARINHO (Portugal) a dit que cette résolution représentait une occasion de renouveler notre conception de la consolidation de la paix.  Elle offre aussi la possibilité de garantir une paix pérenne et de prévenir la rechute dans le conflit.  Les Nations Unies doivent être en mesure de s’adapter et répondre au défi de la paix.  La représentante a indiqué que le concept de « pérennisation de la paix » ne peut pas se limiter uniquement à des situations postconflit.  La résolution permet d’aller dans la bonne direction et de s’adapter aux situations sur le terrain.  Elle souligne également le rôle des femmes et de la jeunesse dans la consolidation de la paix et la nécessité d’une communication accrue entre les organes de consolidation de la paix. 

La représentante a estimé que la résolution jetait les nouvelles bases de la pérennisation et de la consolidation de la paix.  Elle a en outre souligné la nécessité d’utiliser plus avant le conseil consultatif de la Commission de consolidation de la paix (CCP) qui est une plateforme où les parties prenantes peuvent être entendues et coopérer de façon efficace.  Elle a appelé à la diversification des ressources pour le financement de la consolidation de la paix par la création des partenariats public-privé, le recours aux institutions financières internationales et la mobilisation des ressources nationales dans les pays en développement.

M. JUAN PABLO ESPINOZA JARA (Chili) a salué l’adoption simultanée par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité de la résolution sur l’examen du dispositif de consolidation de la paix de l’ONU.  Il a fait siennes les recommandations du Groupe consultatif d’experts sur la consolidation de la paix qui sont largement reprises dans ce texte.  Parmi les défis concrets qui appellent une réponse, le représentant a cité la question du financement car la pérennisation de la paix exige des ressources financières et techniques à court, moyen et long termes.  Il a également plaidé en faveur de l’implication des pays voisins dans les stratégies de consolidation de la paix. 

Par ailleurs, sa délégation salue l’accomplissement de la première phase de l’intégration de la perspective genre dans les efforts de paix et souhaite voir des progrès substantiels au cours de la deuxième phase de cette stratégie, même si le Fonds pour la consolidation de la paix a d’ores et déjà alloué 15% de ses ressources à l’autonomisation des femmes.  Il faut, selon lui, surmonter la fragmentation qui existe actuellement entre les activités de la Commission de consolidation de la paix, l’Assemblée générale et surtout le Conseil de sécurité ainsi que d’autres organes du système des Nations Unies.  Le Chili appelle à la mise en œuvre rapide de la résolution adoptée aujourd’hui.

Mme HELENA YÁNEZ LOZA (Équateur) a dénoncé la mauvaise compréhension de la consolidation de la paix, la fragmentation des travaux des Nations Unies et du Secrétariat ainsi que l’augmentation des conflits dans le monde depuis 10 ans.  La représentante a ajouté que cette résolution mettait l’accent sur la pérennisation de la paix et créait un cadre normatif à la consolidation de la paix. 

Le Conseil de sécurité devrait demander l’avis de la Commission de la consolidation de la paix (CCP) au moment de renouveler le mandat des missions de consolidation de la paix, a estimé la représentante, qui a aussi rappelé que la résolution reconnaissait le rôle de femmes et des jeunes et la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales dans la consolidation de la paix. 

Elle s’est félicitée du fait que la résolution ait reconnu les travaux des organes des Nations Unies dans l’éradication de la pauvreté.  Elle a terminé en soulignant que « cette résolution sera un point d’inflexion après 10 ans de fragmentation et aidera à relever le défi de la consolidation de la paix ».

Pour Mme CRISTINA CARRIÓN (Uruguay), la résolution adoptée aujourd’hui consolide et approfondit le rôle de la Commission de consolidation de la paix (CCP) ainsi que ses relations avec les autres organes des Nations Unies.  Cette nouvelle vision en matière de consolidation de la paix génère, selon elle, de nouvelles synergies institutionnelles qui devraient permettre la transition entre une attitude réactive aux conflits à une attitude plus préventive et qui couvre l’ensemble des étapes d’un conflit.

Sa délégation salue les pays qui contribuent de façon volontaire au Fonds pour la consolidation de la paix, soulignant qu’une meilleure prévisibilité de ces ressources serait bénéfique pour les travaux de la Commission.  Son pays attache en outre une importance particulière à la notion d’appropriation nationale des processus de paix ainsi qu’à celle de l’inclusion des femmes et des jeunes à ces processus.  Avant de conclure, la représentante a mis l’accent sur le lien intrinsèque qui existe entre paix et objectifs de développement durable.

M. JOSÉ ALBERTO ANTONIO SANDOVAL COJULÚN (Guatemala) a salué la référence au concept de paix durable et à la participation de la société civile dans la résolution de l’Assemblée générale.  Il a jugé important que la Commission de consolidation de la paix joue un rôle de pont entre les principaux organes et les entités pertinentes des Nations Unies.  

Selon lui, les États Membres doivent assurer un financement adéquat, prévisible et continu pour aider efficacement les pays à maintenir la paix et à empêcher le déclenchement, l’escalade, la continuation et la répétition des conflits.  Il a également souhaité que le Conseil des droits de l’homme soit davantage impliqué dans le dispositif de consolidation de la paix de l’ONU.

M. MICHEL TOMMO MONTHE (Cameroun) a déclaré que « 10 ans après la création de la Commission de la consolidation de la paix et de ses deux institutions d’appui, les résultats ne sont pas à la hauteur de l’enthousiasme du début ».  Aujourd’hui, le même enthousiasme est ressenti après l’adoption de la résolution sur l’examen du dispositif de consolidation de la paix de l’ONU.  « Mais si nous ne tirons pas les leçons du passé, nous risquons les mêmes déconvenues lorsque le temps sera venu d’évaluer les résultats de cette résolution », a ajouté le représentant. 

« Pour éviter cette catastrophe », il a préconisé quatre démarches: une bonne coordination de l’ensemble qui devrait être exercée par la Commission de la consolidation de la paix (CCP), la mobilisation de ressources financières et non financières, l’appropriation nationale et la question du renforcement des capacités.  Il faut agir avec diligence et patience dans une perspective de longue haleine afin d’éviter la rechute du malade, a encore dit le représentant. 

M. RAJA REZA BIN RAJA ZAIB SHAH (Malaisie) s’est félicité de l’adoption par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité de la résolution sur l’examen du dispositif de consolidation de la paix  de l’ONU.  La Malaisie est convaincue que l’adoption et la mise en œuvre de ce texte constitueront un changement de paradigme dans les approches de la Commission de consolidation de la paix.  L’ampleur et la portée du défi de la pérennisation de la paix nécessitent des partenariats entre l’ONU, les institutions financières internationales et régionales, les organisations régionales et sous-régionales ainsi qu’avec la société civile et le secteur privé tout en tenant compte des priorités nationales. 

En tant que membre de la Commission de consolidation de la paix (CCP), la Malaisie est encouragée par l’engagement permanent de la Commission même avec des États comme le Burundi et la Guinée, qui ne sont pas à son ordre du jour, ce qui témoigne de sa flexibilité.  La CCP dispose d’une capacité à adopter une approche de prévention et sur le long terme elle devra renforcer ce rôle, a estimé le représentant.  

Pour la Malaisie, les conclusions des processus d’examen de l’architecture de la paix des Nations Unies sont autant d’occasions pour l’Organisation de surmonter les problèmes liés à la fragmentation de ses activités dans ce domaine et pour renforcer les synergies en son sein en vue d’atteindre l’objectif central de la pérennisation de la paix.  Cet objectif doit également s’inscrire dans les efforts en faveur du développement durable, a précisé le représentant, qui a également plaidé en faveur d’un financement prévisible et adéquat par le biais du Fonds pour la consolidation de la paix et d’autres institutions financières et bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux.

M. RAFAEL DARÍO RAMÍREZ CARREÑO (Venezuela) a mis l’accent sur la nécessité de faire de la prévention de conflit une priorité des Nations Unies.  La consolidation de la paix doit toujours partir du principe que la paix ne peut se construire qu’au sein de la société et que les gouvernements et les autres parties prenantes nationales doivent s’approprier le processus qui doit être inclusif. 

En outre, il faut garantir le développement inclusif et créer un système pour soutenir les pays qui sortent de conflit en matière notamment de gestion de ressources naturelles et de gestion de leurs propres économies.  Le représentant a rappelé à son tour que la résolution reconnaissait le rôle de la Commission de consolidation de la paix (CCP) en matière de coordination des efforts de consolidation de la paix, de mobilisation de ressources et de renforcement des capacités.  Il a défendu la nécessité d’un financement prévisible et durable en faveur de la consolidation de la paix. 

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