Objectifs de développement durable: Les États Membres et l’ONU appellent à amplifier l’élan pour garantir l’avenir des générations futures

AG/11776
21 avril 2016
Débat thématique de haut niveau, Matin, après-midi & soir

Objectifs de développement durable: Les États Membres et l’ONU appellent à amplifier l’élan pour garantir l’avenir des générations futures

Dirigeants des États Membres et responsables de l’ONU ont, aujourd’hui, devant l’Assemblée générale, lancé un nouvel appel à la mobilisation pour amplifier l’élan imprimé par l’adoption, en 2015, du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, et préserver ainsi l’avenir des générations futures.

« Nous en sommes à la première année d’un voyage long de 15 ans », a déclaré le Vice-Secrétaire général de l’ONU, M. Jan Eliasson, lors de la séance d’ouverture de ce débat thématique de haut niveau sur l’accomplissement des objectifs de développement durable, qui a rassemblé, tout au long de la journée, pas moins de 115 chefs d’État et de gouvernement, ministres, ambassadeurs et représentants d’ONG.

« Nous avons une mission sérieuse et noble que nous devons mener pour les populations d’aujourd’hui et les générations futures », a-t-il ajouté, avant de lancer, à l’adresse des États Membres: « C’est notre tâche, inscrite dans les premiers mots de la Charte: ¨Nous, peuples des Nations Unies¨.  Nous sommes responsables devant nos enfants et nos petits-enfants; nous ne devons pas échouer! »

« À la veille de la cérémonie de signature de l’Accord de Paris, nous devons nous interroger sur la manière dont les engagements pris dans le cadre de la COP21 peuvent contribuer à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 », a affirmé, pour sa part, le Président de la soixante-dixième session de l’Assemblée générale, M. Mogens Lykketoft.

Lors du Sommet du 25 septembre 2015 à New York, les pays ont adopté le Programme de développement durable à l’horizon 2030, articulé autour de 17 objectifs et de 169 cibles visant à mettre fin à toutes les formes de pauvreté, combattre les inégalités et s’attaquer aux changements climatiques, en veillant à ne laisser personne de côté.

Le 12 décembre 2015, la vingt et unième Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) signait l’Accord de Paris.  Auparavant, en juillet 2015, était adopté par la troisième Conférence internationale sur le financement du développement le Programme d’action d’Addis-Abeba.

Au nom des petits États insulaires en développement du Pacifique, le Président de Nauru, M. Baron Waqa, a averti que les changements climatiques, face auxquels ces États sont parmi les plus vulnérables, rendaient indispensable une mise en œuvre « sur mesure » des objectifs de développement durable.

L’Assemblée générale s’est engagée à ne laisser personne de côté dans le développement durable, mais « où en sommes-nous dans ce parcours », a demandé le Ministre de l’environnement et de l’énergie des Maldives, M. Thoriq Ibrahim, au nom de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), notant que le temps était venu de « comprendre les liens entre prospérité, mobilité sociale et protection de l’environnement et de mesurer les conséquences de nos actions », et rappelant que les petits États insulaires ont établi une vision dans « La Voie à suivre de Samoa » qui souligne les défis uniques auxquels ils sont confrontés et leur situation particulière.  

Alors que la Chine préside actuellement le G20, elle a présenté les priorités de ce regroupement de pays pour « tracer une nouvelle voie vers la croissance »: ses axes directeurs incluent l’innovation, la nouvelle révolution industrielle, l’économie digitale et les réformes structurelles, a précisé le Vice-Ministre chinois des affaires étrangères, M. Li Baodong.  « Innover et réformer sont les meilleurs moyens de promouvoir les nouveaux vecteurs de la croissance économique mondiale », a-t-il expliqué.

Le Président de la Colombie, M. Juan Manuel Santos Calderón, a rappelé que son pays avait été le premier à incorporer les objectifs de développement durable dans un plan national d’action et à créer une commission de haut niveau pour mettre en œuvre le Programme 2030, tout en poursuivant ses actions pour la paix. 

Pour son homologue de la Croatie, Mme Kolinda Grabar-Kitarovic, le succès de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 dépendra aussi d’une « ONU forte et efficace », se déclarant ainsi favorable à une « profonde réforme » de l’Organisation qui renforcerait la collaboration entre l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social (ECOSOC) et son Forum politique de haut niveau sur le développement durable. 

Le Ministre français du développement et de la francophonie, M. André Vallini, relevant qu’en 2013 les flux financiers illicite s’élevaient à 1 100 milliards de dollars dans le monde, une somme à comparer aux 135 milliards d’aide publique au développement (APD), a estimé que « la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale est une question dont chaque État doit se saisir, un enjeu de développement solidaire ». 

Par ailleurs, certains dirigeants, comme le Président du Zimbabwe, M. Robert Mugabe, ou le Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), M. Ri Su Yong, ont dénoncé l’imposition de sanctions contre leurs pays dont le développement durable se voit, selon eux, ainsi entravé.  « Ces sanctions, une forme de punition collective dont le Zimbabwe continue de pâtir de façon injustifiée, doivent être levées immédiatement et sans conditions », a lancé M. Mugabe.

Enfin, l’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mme Helen Clark, a recommandé de renforcer la coopération, notamment la coopération Sud-Sud.  Le système des Nations Unies doit faire sa part de travail, a-t-elle reconnu en signalant que 95 équipes de pays avaient été sollicitées à cet égard. 

DÉBAT PLÉNIER: ACTION À TOUS LES NIVEAUX: APPLICATION NATIONALE

M. MOGENS LYKKETOFT, Président de la soixante-dixième session de l’Assemblée générale, a déclaré que les États Membres avaient, en septembre et en décembre derniers, adressé un signal fort en adoptant le Programme de développement durable à l’horizon 2030 puis l’Accord de Paris.  Ce fut, a-t-il dit, l’occasion de revitaliser un partenariat mondial au sein duquel les gouvernements œuvrent de concert avec les organisations internationales à la réalisation du développement durable et à la sauvegarde de l’environnement.  « Tout au long de cette journée, a poursuivi le Président, nous allons nous pencher sur cinq domaines principaux pour aller de l’avant et montrer que nous sommes tous à pied d’œuvre », a-t-il expliqué.  Les États Membres, a-t-il souligné, présenteront les politiques et programmes dont ils se sont dotés pour réaliser les objectifs que la communauté internationale s’est fixée, dans un dialogue avec la société civile.  À la veille de la cérémonie de signature de l’Accord de Paris, nous devons nous interroger sur la manière dont les engagements pris dans le cadre de la COP21 peuvent contribuer à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

M. JAN ELIASSON, Vice-Secrétaire général de l’ONU, qui s’exprimait au nom du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a rappelé que cette Réunion de haut niveau sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable se tient à la veille de la signature de l’Accord de Paris sur le climat par un grand nombre de dirigeants.  C’est un signal important, a-t-il dit, en précisant que l’agenda pour le développement durable et celui pour lutter contre les effets des changements climatiques étaient étroitement liés et se renforçaient mutuellement. 

En septembre dernier, les États Membres avaient adopté un programme ambitieux pour le développement durable, qui constitue une feuille de route en vue d’éliminer la pauvreté et de réaliser un monde équitable, a déclaré M. Eliasson.  Il s’agit, a-t-il expliqué, d’un programme universel que tous les pays devront intégrer dans leurs plans nationaux.

Pour le Vice-Secrétaire général, l’envergure du Programme de développement durable à l’horizon 2030 requiert de nouvelles démarches.  « On ne peut plus aujourd’hui faire cavalier seul ou travailler en vase clos », a-t-il fait remarquer.  Pour assurer le succès des 17 objectifs de développement durable, « il faut que tous les gouvernements et tous les protagonistes agissent de manière collective » et adoptent une « démarche intégrée ».  « Nous devons adopter une approche intégrée concernant les efforts de développement, qui soient liés à la fois à l’action humanitaire, aux droits de l’homme et à la création de sociétés pacifiques et d’institutions solides.  Le Forum politique de haut niveau doit axer ses travaux sur le suivi de la mise en œuvre de ces objectifs.  À ce jour, 95 équipes de pays des Nations Unies travaillent avec leurs partenaires nationaux pour les aider à intégrer les ODD dans les plans nationaux, accélérer la mise en œuvre et assister dans l’élaboration des politiques nationales.

M. Eliasson a fait observer que le financement du développement durable revêtait « la plus grande importance ».  « Il faut réaliser le plein potentiel de l’aide publique au développement (APD) humanitaire », a-t-il dit, en évoquant en particulier les financements apportés par les Institutions de Bretton Woods.

De même, a estimé le Vice-Secrétaire général, si les gouvernements doivent avoir une « approche globale », les Nations Unies, elles, « devront travailler de manière horizontale et non plus seulement verticale ». 

« Nous ne sommes que dans la première année de ce parcours qui durera 15 ans », a conclu M. Eliasson, en insistant sur la nécessité d’accomplir cette « mission lourde et importante » pour les « populations du monde entier » et bâtir un « avenir meilleur pour tous ».  « Nous sommes responsables devant nos enfants et nos petits-enfants; nous ne devons pas échouer! »

S’exprimant au nom des petits États insulaires en développement du Pacifique, M. BARON WAQA (Nauru) a rappelé les deux priorités de ce groupe de pays: la captation, de toute urgence, des ressources financières suffisantes pour donner effet au Programme 2030 et la consolidation des institutions nationales, en particulier dans la collecte de données et la mobilisation de toutes les parties prenantes concernées.  Rappelant que l’argent est « le nerf de la guerre », le représentant a souligné qu’attirer l’investissement privé est extrêmement difficile pour des pays comme le sien.  Les changements climatiques, a-t-il mis en garde, rendent indispensable une mise en œuvre « sur mesure » des objectifs de développement durable.  Dans ce contexte, il faut que les États insulaires en développement se dotent des capacités adaptées pour devenir à long terme des partenaires de valeur et des employeurs capables de fidéliser une main-d’œuvre qualifiée à l’avenir.

M. JÁNOS ÁDER, Président de la Hongrie, a insisté sur la question cruciale de l’eau.  Le XXIe siècle, a-t-il dit, sera le siècle de l’eau.  Ces derniers mois, a expliqué M. Áder, d’innombrables analyses et explications scientifiques ont dressé un tableau plus qu’alarmant de l’avenir.  Les deux tiers de la planète connaissent des coupures ou des pénuries d’eau équivalentes à une durée d’un mois par an, a-t-il dit. 

Ainsi, si aucune solution n’est apportée à la question de la protection de l’eau, si un terme n’est pas mis à la pollution des fleuves et des mers, si aucune solution innovante n’est trouvée pour assurer l’approvisionnement des grandes villes en eau ou arrêter la dégradation des terres arables, l’accomplissement des 17 objectifs de développement durable sera impossible, a-t-il assuré.

Le Président hongrois a également mis l’accent sur le défi de l’urbanisation.  Il a indiqué que le deuxième Sommet sur l’eau serait organisé prochainement à Budapest avec pour objectif de trouver des solutions au problème de l’approvisionnement des grandes villes en eau.

M. OLLANTA HUMALA TASSO, Président du Pérou, a parlé d’un « engagement politique et éthique » qui représente la plus haute priorité pour son gouvernement.  Ces cinq dernières années, a-t-il précisé, l’accent a été mis sur l’intégration sociale et la croissance économique, à travers une stratégie qui intègre les trois piliers du développement durable, et dans un cadre démocratique renforcé par le processus électoral en cours.

Le Pérou a lancé un processus d’institutionnalisation de la mise en œuvre et du suivi des objectifs de développement durable, avec la création d’un Comité intersectoriel au niveau du pouvoir exécutif, a annoncé le Président.  Il s’est dit convaincu qu’en œuvrant de façon solidaire, tous les États et les acteurs concernés pourront progresser pour transformer le monde et, notamment, éliminer la pauvreté, combattre les injustices et protéger les droits de l’homme.   

M. HAGE GEINGOB, Président de la Namibie, a indiqué que le développement durable est un équilibre délicat entre les besoins de chaque nation et ses limites.  La lutte pour éradiquer la pauvreté et la faim sera en effet vouée à l’échec, faute d’un financement suffisant, a-t-il fait observer, en soulignant l’importance pour chaque pays d’être capable de fournir à sa population des services de base.  Dans cette perspective, le 5 avril dernier, son gouvernement a lancé un plan de prospérité qui nécessitera toutefois l’assistance de la communauté internationale par une revitalisation des partenariats, a prévenu le Chef d’État.

M. JUAN MANUEL SANTOS CALDERON, Président de la Colombie, a indiqué que son pays avait été le premier à incorporer les objectifs de développement durable dans un plan national d’action, et à créer une commission de haut niveau pour mettre en œuvre le Programme 2030, tout en poursuivant ses actions pour aboutir à la paix.  À cette fin, a-t-il précisé, « il nous faut un plan orienté sur les résultats, avec des objectifs quantifiables et des indicateurs fiables ».  La Colombie, comme 27 autres pays, a déjà défini des indicateurs de suivi et va commencer à les utiliser dès cette année.  Pour M. Santos, la véritable transformation doit se produire au niveau local.  C’est pour cette raison que tous les plans de développement territorial contiennent au moins une action orientée sur les objectifs de développement durable.  Il a souligné qu’au cours des six dernières années, la pauvreté extrême avait été réduite de 14,4% à 7,9%.  De plus, l’objectif du Pérou est d’être « le pays le plus éduqué d’Amérique latine d’ici à 2025 ».     

M. ROSEN PLEVNELIEV, Président de la Bulgarie, a signalé que son pays avait déjà commencé à élaborer son « Programme national pour le développement 2030 », en impliquant la société civile, le milieu des affaires, les jeunes, les enseignants et les médias.  La Bulgarie se concentre sur l’éducation, les technologies de pointe et l’innovation.  « Notre but est le développement d’une économie verte et d’efficacité énergétique », a-t-il assuré.  En 2015, la Bulgarie a contribué au Fonds vert pour le climat.  Depuis septembre 2015, un grand nombre d’écoles bulgares travaillent en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) sur un projet intitulé « La plus grande leçon du monde » qui vise à sensibiliser les enfants aux objectifs de développement durable.  En outre, la nouvelle stratégie du Conseil de l’Europe pour les droits de l’enfant vient d’être lancée à Sofia.  Si nous voulons réaliser le développement durable, a toutefois averti le Président, nous devons accorder plus d’attention aux peuples et aux nations vulnérables.  La Bulgarie participe activement aux efforts de l’Union européenne et de la communauté internationale pour venir en aide aux régions affectées par les conflits et l’instabilité politique.  Elle appuie aussi divers projets dans les Balkans occidentaux et dans la région de la mer Noire.  

Mme KOLINDA GRABAR-KITAROVIC, Présidente de la Croatie, a affirmé qu’après l’adoption du programme historique de développement durable, la communauté internationale disposait désormais des instruments nécessaires.  Pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030, il faut une ONU forte et efficace, a-t-elle souligné, en se déclarant favorable à une profonde réforme de l’Organisation.  L’assistance doit aller là où elle est véritablement nécessaire, a-t-elle jugé, en appelant à établir des liens entre le développement durable et la paix et la sécurité.

Mme Grabar-Kitarovic a ainsi plaidé pour un renforcement de la collaboration entre l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social (ECOSOC), le Forum politique de haut niveau sur les objectifs de développement durable.  Sans une direction déterminée, l’on ne pourra pas garantir que les efforts entrepris porteront leurs fruits, a-t-elle ajouté.  Forte de son expérience, la Croatie est prête à appuyer des partenariats pertinents, a proposé Mme Grabar-Kitarovic.

Pour atteindre les objectifs de développement durable, il faut pouvoir compter sur la coopération et la détermination à tous les niveaux de la société et il faut également que tous les pays s’engagent à agir, a déclaré la Présidente de la Croatie.   

M. ALI BONGO, Président du Gabon, a déclaré que la réalisation des objectifs de développement exige une mobilisation accrue des ressources financières.  Il est également nécessaire de procéder à la mise en place de mécanismes capables de pallier aux lacunes des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et de renforcer les capacités humaines, a poursuivi le chef d’État.  La participation du secteur privé et de la société civile seront indispensables à cette fin, a-t-il reconnu.  En aucun cas, cette question ne constitue une « alternative » pour le pays, a expliqué M. Bongo, qui l’a au contraire défendue comme une priorité nationale.  Elle prend place dans le cadre du plan « Gabon émergent » que la Présidence a elle-même initiée, en gardant à l’esprit la nécessité d’inclure les jeunes.  La réalisation des objectifs de développement durable et la lutte contre les changements climatiques devront également s’appuyer sur la gestion des ressources naturelles dont dispose le Gabon, afin de garantir la transition vers une économie propre, a relevé le dirigeant africain.  Par ailleurs, a-t-il ajouté, le 23 février dernier, le Gouvernement gabonais a donné le coup d’envoi d’un programme d’égalité des chances afin de mener les populations sur la « voie de la richesse ».

M. ROBERT MUGABE, Président du Zimbabwe, a affirmé que l’ampleur des ambitions que la communauté internationale s’est fixée doit s’accompagner d’un sens de responsabilité, de cohésion et d’urgence.  Au Zimbabwe, grâce à des consultations multipartites, sous la houlette du Gouvernement, et avec la participation de la société civile et de partenaires, des progrès ont été réalisés dans la mise en place de structures nécessaires pour la mise en œuvre du Programme 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.  Ces objectifs sont en phase avec le propre du programme de développement du Zimbabwe, a-t-il précisé.  M. Mugabe a également mis l’accent sur les efforts de mobilisation des ressources nationales, lesquels, a-t-il dit, ne doivent pas empêcher les partenaires internationaux d’y participer.  La coopération internationale s’impose pour venir à bout de certains schémas financiers qui sont détournés de leur objectif de profiter à tous. 

Selon le Président du Zimbabwe, les sanctions et autres mesures unilatérales, annoncées ou non, constituent une entrave majeure à la réalisation des objectifs de développement durable, et sont contraires à la Charte des Nations Unies que nous devons tous respecter.  Ces sanctions, une forme de punition collective dont le Zimbabwe continue de pâtir de façon injustifiée, doivent être levées immédiatement et sans conditions, a déclaré M. Mugabe.

M. ANDREJ KISKA, Président de la Slovaquie, a souhaité que le Programme 2030 ne soit pas uniquement le plan d’une partie du monde pour l’autre partie du monde, car la paix et la sécurité, la stabilité, la prospérité et la dignité humaine ne peuvent devenir « un privilège ».  « Ce doit être un objectif réalisable pour tous. »  Étant donné que les situations et conditions diffèrent d’un pays à l’autre, nous devons, a-t-il recommandé, nous concentrer sur nos points faibles et utiliser nos points forts au bénéfice des autres.  Rappelant la grande transformation que son pays a connue au cours des 25 dernières années, en passant d’un régime totalitaire à la démocratie et à la prospérité, il a souligné que la Slovaquie était devenue un donateur d’aide au développement.  En même temps, il a reconnu les défis qui persistent comme la faiblesse de l’éducation et des institutions.  Le Président a exprimé son intention, à l’occasion du Sommet humanitaire mondial prévu à Istanbul en mai prochain, de sensibiliser le peuple slovaque à sa responsabilité mondiale.

Mme HILDA HEINE, Présidente des Îles Marshall, a déclaré que le défi le plus important à relever pour son pays est de bâtir un avenir viable au sein duquel tous ses concitoyens seraient pleinement autonomisés.  « Cela signifie la concrétisation des objectifs de développement durable », a-t-elle expliqué.  Elle a souligné l’importance d’une stratégie adaptée aux besoins spécifiques d’un État insulaire en développement comme le sien en comblant les lacunes en matière de capacités.  Pour les Îles Marshall, la tâche la plus urgente consiste à actualiser la « planification nationale stratégique » dans tous les secteurs économiques pour développer une vision à long terme.  Mais pour cela, a affirmé la Présidente, le soutien de la communauté internationale sera indispensable, dont la création d’un fonds d’affectation spécial.  Mme Heine a demandé que les États opérationnalisent le Programme 2030 dans le contexte de l’examen, le mois prochain, de l’Accord sur les stocks de poissons.

Mme ANA HELENA CHACON ECHEVERRIA, Vice-Présidente du Costa Rica, a affirmé que son pays s’était engagé à appuyer et à mettre en œuvre le Programme 2030, « un objectif titanesque », a-t-elle jugé.  Elle a mis l’accent sur la nécessité pour les États de solder la dette qu’ils ont à l’égard de la personne, de la solidarité, de l’humanité.  En 2015, a-t-elle expliqué, le Costa Rica a remis son troisième et dernier rapport sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), montrant ainsi qu’il avait progressé, y compris en faisant des erreurs.  Ce rapport, a souligné la Vice-Présidente, contient une proposition pour l’application des objectifs de développement durable.  Il s’agit, a-t-elle précisé, d’établir un cadre institutionnel « fort » pour faire connaître ces objectifs à tous les niveaux, en concrétisant la transversalité des droits de l’homme.  Mme Echeverria a appelé les États à œuvrer de conserve pour atteindre des objectifs concrets et à reconnaître que le monde est interdépendant. 

M. FREUNDEL STUART, Premier Ministre de la Barbade, a déclaré que le développement durable faisait partie de l’« ADN de la Barbade », expliquant que les politiques étaient inspirées du Programme d’action de la Barbade de 1994 et des Orientations de Samoa sur les petits États insulaires en développement.  Le pays s’est doté d’une Stratégie de développement 2013-2024 et ce qui est différent aujourd’hui, a-t-il noté, c’est que nous vivons dans un monde interdépendant où les pays riches doivent prendre soin des pays pauvres et vulnérables au risque de voir les problèmes de ces derniers arriver à leur porte.  On reconnait que toutes les nations de la planète sont en péril à cause des effets des changements climatiques.  Le Premier Ministre a appelé une nouvelle fois à la prise en compte des vulnérabilités uniques des petits États insulaires en développement.  Il a appelé le Partenariat mondial pour le Programme 2030 à créer une « plateforme du renforcement des capacités pour les statistiques », à défaut de quoi ces pays seront incapables de participer de manière déterminante au Forum politique de haut niveau.

M. TUILAEPA SAILELE MALIELEGAOI, Premier Ministre de Samoa, a déclaré que des démarches différenciées doivent être privilégiées dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable, en particulier pour les pays les plus vulnérables.  Il nous faut trouver, a-t-il dit, les moyens de mettre en œuvre de telles approches, en veillant à ce qu’elles soient assorties des ressources nécessaires.  Dans le cadre de sa stratégie de développement 2015-2020, et grâce à une équipe spéciale, Samoa s’emploie à réaliser les cibles de chaque objectif.  Pour y parvenir, le Gouvernement s’est doté d’une feuille de route nationale, tandis que le Bureau national de la statistique a défini les meilleurs indicateurs possibles.  Les initiatives de développement actuelles s’alignent déjà sur le Programme à l’horizon 2030, s’est félicité le Premier Ministre.  Il a annoncé en conclusion que son pays fait partie des 22 qui présenteront des « rapports d’examen volontaire » lors du Forum politique de haut niveau du Conseil économique et social au mois de juillet prochain.

M. MIROSLAV CERAR, Premier Ministre de la Slovénie, a indiqué que, en fonction de l’Indice de performance environnementale de Yale, son pays était cinquième sur 180 en 2016, ce qui prouve son engagement sur ces questions.  Depuis l’été dernier, la Slovénie prépare sa Stratégie nationale de développement 2030, qui devrait la guider pour sa Vision 2050, en se basant sur le Programme 2030.  Il a aussi indiqué que son pays était l’un des plus verts et des plus forestiers du monde, disposant en outre d’abondantes ressources en eau douce.  Le Premier Ministre a également mentionné le cadre d’évaluation en cours d’élaboration qui contient des objectifs concrets et des indicateurs de résultat.  Au plan régional, la Slovénie continuera à contribuer à l’éradication de la pauvreté et au développement durable, a assuré M. Cerar.  Il a dit travailler à une nouvelle résolution sur la coopération internationale au développement et à la révision de la loi sur cette coopération.  Nous prévoyons aussi d’élaborer un nouveau modus operandi pour la planification, le financement et la mise en œuvre à long terme de la coopération internationale au développement.  Enfin, il a indiqué que l’aide publique au développement (APD) resterait un élément important du financement du développement, son pays étant prêt à augmenter le volume et la qualité de son APD.

M. ANTONI MARTÍ PETIT, Premier Ministre d’Andorre, a affirmé que son pays, il y a six ans, avait décidé d’ouvrir son économie, passant d’une économie basée sur l’exception et l’absence de fiscalité reconnue à une économie reconnaissant la transparence et la fiscalité.  Ainsi, l’on contribue à un monde plus transparent, plus juste, plus à même de coopérer, a ajouté M. Petit.  Le Premier Ministre a insisté sur le fait que l’éducation était la base même de tout progrès social.  Andorre, a-t-il expliqué, combine trois systèmes d’éducation publics et gratuits en français, en espagnol et dans la langue nationale. 

M. SERGE TELLE, Ministre d’État de Monaco, a déclaré que la logique à laquelle sa Principauté est attachée, c’est de ne jamais isoler les peuples et les problèmes, de comprendre que ce monde est un tout, dans lequel aucune souffrance ne peut rester isolée.  Il a souligné l’implication de son pays dans la lutte contre la pauvreté, pour laquelle Monaco intervient en soutien des petites et moyennes entreprises de l’Afrique de l’Ouest, notamment.  S’agissant de la lutte contre la faim, le Ministre a dit que son gouvernement est impliqué dans le domaine de la santé, qui est le premier secteur d’intervention de la coopération monégasque, et dans celui de l’éducation, au travers de programmes de l’UNESCO ou de l’UNICEF.  M. Telle a également réaffirmé qu’il n’y aurait pas de développement durable sans engagements déterminés en faveur de la lutte contre les changements climatiques. 

M. PERRY CHRISTIE, Premier Ministre des Bahamas, a indiqué que son pays a officiellement lancé son Plan de développement national « Une vision pour 2040 ».  Nous avons à cet effet lancé des consultations avec le peuple afin que chaque voix soit entendue, a-t-il assuré avant de souligner que ce Plan s’alignait avec les objectifs de développement durable.  Il a donné l’exemple des politiques en matière d’éducation qui vont désormais prendre en compte des variables importantes comme le taux de criminalité et le système des transports.  Nous cherchons aussi à développer un processus de planification du développement qui permette aux décideurs de donner la priorité aux investissements intégrés dans tous les secteurs.  Le Premier Ministre a dénoncé le fait que des pays comme le sien soient jugés à l’aune de leur PNB par habitant lorsqu’il s’agit d’accès à des financements concessionnels.  Nous avons vraiment besoin, a-t-il plaidé, du soutien de la communauté internationale pour parvenir aux objectifs de développement durable, a-t-il lancé. 

M. JOSAIA VOREQE BAINIMARAMA, Premier Ministre de Fidji, qui a dressé la liste des réalisations remarquables effectuées par son pays au cours des dernières années en matière de développement durable, a mis l’accent sur la vulnérabilité des États du Pacifique face aux effets des changements climatiques.  Le Premier Ministre a rappelé que le 20 février dernier, son pays avait été frappé par le violent cyclone Wilson, qui a fait 44 morts et des dizaines de blessés, détruisant ou endommageant près de 40 000 maisons.  Si le pays a pu se relever de cette tragédie, un seul autre événement climatique pourrait anéantir tous les gains réalisés dans son développement socioéconomique, a-t-il souligné.

Il s’est adressé à la communauté internationale, et, en particulier, à tous les États industrialisés, leur demandant, à la veille de la cérémonie de signature de l’Accord de Paris des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21), de faire plus que ce qui a été décidé, notamment de changer les arrangements actuels pour le financement des efforts d’adaptation.  Si cette chance n’est pas saisie, il y a peu d’espoir de voir se réaliser les objectifs de développement durable, a déclaré M. Bainimarama.

M. CHARLOT SALWAI TABIMASMAS, Premier Ministre de Vanuatu, a déclaré que son gouvernement avait déjà entrepris d’inclure les cibles du Programme 2030 dans son plan de développement national.  En outre, il vient de mettre en place une Commission pour élargir l’assiette fiscale nécessaire à la mobilisation des ressources qui seront principalement dirigées vers le financement des infrastructures.  Mais, a estimé le Premier Ministre, les Nations Unies doivent simplifier leurs procédures de présentation de rapports et les États doivent pouvoir compter sur la communauté internationale pour soutenir leurs efforts nationaux.

M. HAILEMARIAM DESSALEGN, Premier Ministre de l’Éthiopie, a affirmé, qu’au lancement de la mise en œuvre du Programme 2030, il convenait de ne pas perdre de vue les défis énormes et multiples qui pourraient saper les efforts.  Les menaces pesant sur la paix et la sécurité s’ajoutent au ralentissement de l’économie mondiale ainsi qu’aux effets des changements climatiques et d’autres calamités naturelles, a-t-il dit.  Les objectifs de développement durable, a notamment expliqué M. Dessalegn, sont intégrés dans le deuxième Plan quinquennal de transformation et de croissance de l’Éthiopie.  Il a mis l’accent sur les difficultés liées au financement des plans nationaux de développement.  Voilà pourquoi, a-t-il poursuivi, les engagements pris dans le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, en juillet 2015, sont essentiels.

M. ENELE SOSENE SOPOAGA, Premier Ministre de Tuvalu, a mis l’accent sur le soutien et les partenariats dont ont besoin les pays les moins avancés (PMA), les petits États insulaires en développement (PEID) et les pays en développement sans littoral, dans les domaines du transfert des technologies, du renforcement des capacités, de l’accès à l’énergie propre et de la mobilisation des ressources financières, y compris l’APD.  Le Programme 2030 suppose une bonne gouvernance de la part de tous les partenaires, des règles commerciales équitables, l’égalité des sexes et des protocoles simplifiés pour l’accès aux ressources, a-t-il précisé.  Le succès du Programme 2030 dépendra largement de l’inclusion aux processus de planification et de décision de ceux qui sont justement visés par les objectifs, à savoir ceux qui sont frappés par la pauvreté, la faim, le chômage et la discrimination.  L’heure de l’action a sonné, a encouragé le Premier Ministre, en rejetant l’éventuel « monopole » du siège de l’ONU.

Les Commissions régionales, s’est-il expliqué, qui sont les « avant-postes de l’ONU » dans les cinq régions du monde doivent devenir les catalyseurs de la coopération régionale et sous régionale.  Plus nous décentraliserons et déléguerons le Programme 2030, de New York vers les Commissions régionales et de là vers les autorités nationales, plus nous aurons des résultats véritablement transformateurs, a affirmé le Ministre pour lequel il est temps que le « dialogue de l’ONU » passe en second plan pour laisser la place au partage des meilleures pratiques et expériences, par le biais du Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC.

M. PAKALITHA BETHUEL MOSISILI, Premier Ministre du Lesotho, a indiqué que les objectifs de développement durable approfondissent et complètent les OMD, mais que leur succès dépendra des partenariats que les pays les plus vulnérables pourront nouer avec la communauté internationale.  Il a rappelé que son pays avait été touché par le phénomène El Niño au moment même où sa délégation négociait à Paris, en décembre dernier, l’Accord sur les changements climatiques.  Le Chef du Gouvernement s’est par ailleurs félicité de pouvoir annoncer que son gouvernement avait présenté une initiative, soutenue par le Commonwealth, afin de développer un réseau de télécommunications à l’échelle nationale.

M. MIKE EMAN, Premier Ministre d’Aruba, qui s’exprimait au nom du Royaume des Pays-Bas, a mis l’accent sur la durabilité et l’ouverture, deux éléments clefs de la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Il ne faut laisser personne en marge, a-t-il insisté.  M. Eman a plaidé pour des politiques et des institutions plus solides pour garantir que les groupes les plus marginalisés puissent participer aux bénéfices des sociétés.  L’autonomisation des femmes et des jeunes filles est en outre un élément essentiel, de même que la création d’emplois décents.

Le Premier Ministre a appelé à remédier à l’utilisation non durable de l’eau.  Les sociétés et le secteur privé doivent changer leurs manières de gérer cette ressource, a-t-il affirmé.  M. Eman a souligné l’importance pour tous les pays de travailler dans le cadre de partenariats, ceux-ci étant essentiels pour des petits États ou territoires insulaires comme Aruba, a-t-il dit.  Il a invité les États Membres à abandonner les réflexions à court terme pour privilégier des programmes et des calendriers coordonnés et, surtout, le sens moral du devoir.

M. LI BAODONG, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Chine, a déclaré que, la semaine dernière, son gouvernement avait adopté son treizième plan quinquennal relatif au développement économique et social, qui articule la vision d’un développement « innovant, coordonné, vert, ouvert et partagé ».  Il a en outre identifié les cibles prioritaires de celui-ci, qui ambitionne de notamment sortir de la pauvreté 55,75 millions de personnes dans les zones rurales, la construction de 20 millions de nouveaux logements urbains et la mise en place d’un réseau centralisé de traitement des eaux usées. 

Le Vice-Ministre a ensuite indiqué qu’un « mécanisme interagences » formé de représentants de 43 départements avait été établi pour coordonner la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Les autorités chinoises poursuivront également, à l’avenir, les initiatives de coopération Sud-Sud, par le biais d’un fonds d’affectation spéciale, a assuré M. Baodong.

M. IGOR LUKSIC, Vice-Premier Ministre de Monténégro, a déclaré que son pays procédait actuellement à l’intégration des objectifs de développement durable dans le cadre d’une stratégie nationale pour les 15 prochaines années.  L’accession à l’Union européenne devrait aussi être un facteur important de changement.  Il a pensé que les leçons tirées du processus de mise en œuvre des ODD doivent être partagées entre les pays et que les commissions économiques régionales ont un rôle important à jouer à cet égard.

Le Monténégro fera partie du premier groupe de pays à présenter ses activités d’intégration du Programme 2030 et du Programme d’action d’Addis-Abeba, lors du Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC en juillet prochain, a annoncé M. Luksic.  Il a souhaité une réponse plus proactive de la part des Nations Unies pour créer un environnement propice à la réalisation des ODD. 

Mme ASA ROMSON, Vice-Premier Ministre de la Suède, a plaidé en faveur d’une mise en œuvre forte et énergique du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en assurant de l’engagement de son pays qui est le sixième plus grand contributeur en termes d’aide humanitaire publique au développement (APD).  La Suède fournit en effet une APD qui représente 1% de son PNB, le pays étant en outre dédié à la lutte contre les changements climatiques.  Hier, a-t-elle indiqué, nous avons eu une réunion sur l’Afrique qui cherchait des synergies entre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et celui adopté du même type par l’Union africaine.

« Nous avons besoin d’institutions efficaces qui soient prêtes à relever les défis en vue du développement durable », a plaidé Mme Romson.  Elle a aussi appelé à aider les pays qui n’ont pas les ressources ni les techniques nécessaires pour réaliser les objectifs.  Nous ne pouvons pas réaliser certains objectifs au détriment des autres, a-t-elle aussi prévenu en soulignant le lien étroit qui existe entre tous les objectifs, y compris ceux fixés dans l’Accord de Paris sur le climat.  Enfin, elle a espéré que la Conférence de Fidji, qui aura lieu l’an prochain, donnera un élan aux efforts entrepris pour améliorer la sécurité alimentaire.

M. SIAOSI SOVALENI, Vice-Premier Ministre de Tonga, a expliqué que la mise en œuvre des ODD en était à ses débuts dans son pays, en précisant que Tonga se réjouit de faire partie des trois pays dans la région des Îles pacifiques qui ont bénéficié du soutien du PNUD par le biais de sa stratégie de simplification, d’accélération et de soutien aux politiques (MAPS), ainsi que de fonds et d’assistance technique pour mettre en place le cadre d’application du Programme 2030 au niveau national.  Cela a permis d’inscrire les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 dans les stratégies, politiques ainsi que dans les budgets nationaux qui seront prochainement soumis au Parlement pour examen.  Le Ministre a également décrit le système de suivi et de collecte de données mis en place pour monitorer les progrès et éventuels retards et lacunes dans la réalisation des ODD.

M. NIKO PELESHI, Premier Ministre de l’Albanie, a relevé que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 était applicable de façon universelle, car il concerne tous les pays, avec toutes leurs différences et réalités nationales.  Ce programme signifie renforcer l’état de droit et les valeurs démocratiques, augmenter la performance économique, améliorer le bien-être des peuples et approfondir l’harmonie sociale.  Il a cité le pape François qui, en visite en Albanie, avait salué l’harmonie interreligieuse du pays. 

Après une transition longue et pénible, l’Albanie, a-t-il expliqué, doit encore peaufiner son programme économique en se basant sur une croissance suivie, tout en respectant l’environnement.  Parmi les éléments clefs qui permettront les progrès, il a cité la réforme judiciaire, l’emploi, l’intégration des jeunes dans le marché du travail, l’inclusion des personnes handicapées et l’autonomisation des femmes.  La qualité et la gratuité de l’éducation, a-t-il dit, sont déjà des domaines prioritaires de notre programme de développement.  Enfin, il a salué le partenariat pilote mis en place entre son pays et le PNUD pour mesurer la réalisation de l’objectif 16 qui vise la paix, la justice et des institutions fortes.

M. KAMAL THAPA, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Népal, a rappelé que son pays s’efforçait de se relever des séismes dévastateurs et des problèmes d’approvisionnement qui l’ont frappé l’année dernière.  Le développement durable du Népal est entravé par le fait qu’il n’a pas de littoral, qu’il est affecté par les changements climatiques et les catastrophes naturelles et qu’il manque de capacités.  Toutefois, a assuré le Ministre, son gouvernement s’est préparé à la mise en œuvre du nouveau Programme.  Il tirera les enseignements des défis rencontrés dans la mise en œuvre des OMD.

La nouvelle Constitution rédigée par les représentants élus du peuple népalais intègre des valeurs démocratiques universellement reconnues, ce qui crée un environnement propice à la mise en œuvre des ODD, s’est félicité M. Thapa.  Le Népal souhaite quitter d’ici à 2020 la catégorie des pays les moins avancés (PMA).  Pour lui, il est essentiel de consolider le pilier développement des Nations Unies pour garantir l’efficacité du Programme de développement à l’horizon 2030.

M. RAMTANE LAMAMRA, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de l’Algérie, a indiqué que son pays, qui a participé de manière active et créative au processus d’élaboration du Programme de développement durable à l’horizon 2030, compte persévérer dans la mise en œuvre de ces objectifs.  Son pays a déjà avancé dans la réalisation des OMD qui sont devenus, au fil du temps, un cadre directeur du développement national, a-t-il indiqué.  Il a expliqué que l’Algérie avait pris très tôt conscience de la nécessité d’intégrer les OMD dans les stratégies nationales de développement, ce qui la place ainsi dans des conditions propices pour réaliser le Programme 2030.

Le Ministre a souligné la révision de la Constitution algérienne qui offre, a-t-il dit, le cadre adéquat pour atteindre tous ces objectifs.  L’Algérie a également mis sur pied une structure nationale de coordination intersectorielle chargée de la coordination et du suivi des mesures prises dans différents secteurs.  La société civile est aussi invitée à participer à ce processus, a-t-il dit en évoquant une journée nationale de sensibilisation, organisée récemment.  M. Lamamra a également assuré les pays pauvres et les moins avancés de l’aide de l’Algérie.  Le Programme 2030 est un véritable programme transformateur, a-t-il estimé, en mettant l’accent sur l’obligation qui incombe aux États Membres de mobiliser les moyens suffisants pour le réaliser.

Les ODD sont partout dans notre vie, a fait remarquer Mme SIVA THANENTHIRAN, de l’Asian Pacific Resource and Research Center for Women (Arrow).  Les ODD ont besoin de l’implication de tous les acteurs, y compris les femmes, pour réussir.  Elle a évoqué la volonté politique des États d’Asie pour un accès universel à la santé, dont la santé génésique.  Garantir les droits fondamentaux des femmes et la parité des sexes, et permettre aux voix critiques de la société civile de s’exprimer, sont des conditions essentielles pour le développement durable.  

M. NEVEN MIMICA, Commissaire européen pour la coopération internationale et le développement de l’Union européenne, a assuré de l’engagement de l’Union européenne à mettre en œuvre les objectifs de développement durable, grâce à toute une série de politiques qui contribuent à une croissance inclusive dans les pays membres.  Celle-ci aide les pays partenaires par le biais de la coopération et de l’aide au développement, selon une vision partagée qui avait été définie en 2005.  Il nous faut maintenant un nouveau consensus pour concrétiser les objectifs de développement durable, a-t-il dit.

Les États membres de l’Union européenne ont réaffirmé leur engagement collectif à apporter 0,7% de leur PIB à l’APD dans le délai prévu pour la réalisation des objectifs de développement durable.  Notre APD a augmenté de 15% en 2015 pour atteindre 68 millions d’euros, a indiqué le Commissaire européen en précisant que l’Union européenne mobilisait des finances auprès de sources publiques et privées, nationales et internationales.  L’Union européenne a créé aussi les conditions nécessaires à un développement inclusif et durable.  Avant de conclure, M. Mimica a estimé qu’il faudrait établir un cadre transparent et complet pour le suivi et l’examen du Programme 2030, en assurant que l’Union européenne était prête à travailler avec ses partenaires à cette fin.

M. SURASAK KARNJANARAT, Ministre des ressources naturelles et de l’environnement de la Thaïlande, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a déclaré que l’éradication de la pauvreté était une condition préalable au développement.  « Il n’y a pas de solution unique et chaque pays a le droit souverain de choisir ses propres stratégies », a-t-il insisté.  L’imposition de sanctions unilatérales ne contribue pas au développement économique ni au dialogue.

Pour le Ministre, la réalisation des ODD dépendra des moyens financiers de mise en œuvre.  Les Nations Unies ont un pouvoir fédérateur pour pousser les dirigeants à respecter leurs engagements à cet égard.  Le Groupe des 77 et la Chine participeront de manière constructive aux efforts de suivi et d’examen du Programme 2030 et utiliserons les leçons apprises, a assuré M. Karnjanarat.

M. ASHRAF EL ARABY, Ministre de la planification de l’Égypte, au nom du Groupe des États arabes, a rappelé l’obligation qu’a la communauté internationale de mobiliser toutes les ressources nécessaires pour parvenir à éradiquer la pauvreté d’ici à 2030.  Soulignant les inégalités entre le Nord et le Sud, il a appelé à les atténuer à travers des partenariats, l’application de la responsabilité commune mais différenciée et en tenant compte des vulnérabilités spécifiques à chaque pays.  Le développement de la région arabe est entravé par des conflits et, en particulier, par l’occupation du Territoire palestinien par Israël, a-t-il rappelé en soulignant le besoin d’assister les populations des pays de la région sur la voie du développement durable.  Il a aussi appelé à lutter contre le terrorisme en coordonnant les efforts au niveau international afin de lutter contre les causes de ce phénomène. 

Le Ministre s’est ensuite inquiété des conséquences à long terme des déplacements massifs de population, notamment les problèmes de santé, de logement, d’éducation ou encore d’énergie qui se posent pour les pays d’accueil.  Il a donc appelé à renforcer les capacités des pays hôtes.  Quant aux défis résultant des changements climatiques, il a souhaité un financement adéquat pour l’atténuation des effets et pour l’adaptation.  Il faut faire une différence entre le financement du développement et celui de la lutte contre les changements climatiques, a-t-il conseillé, avant de plaider en faveur d’un financement des ressources hydriques.  Enfin, il a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle respecte ses engagements, notamment en termes d’APD, en se disant préoccupé par le déclin de celle-ci ces dernières années.  Il faut aussi éliminer les inégalités en termes de capacités techniques, a-t-il ajouté.

M. THORIQ IBRAHIM, Ministre de l’environnement et de l’énergie des Maldives, au nom de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), a rappelé que l’Assemblée générale s’est engagée à ne laisser personne de côté dans le développement durable.  « Où en sommes-nous dans ce parcours? » a-t-il demandé.  Il est temps de comprendre les liens entre la prospérité, la mobilité sociale et la protection de l’environnement et de mesurer les conséquences de nos actions, a-t-il dit.  Les petits États insulaires ont établi une vision dans les « Orientations de Samoa » qui souligne les défis uniques auxquels ils sont confrontés et leur situation particulière, a-t-il rappelé.  Ils y reconnaissent « la vraie valeur d’une approche coordonnée et intégrée » et le fait que le développement durable est un processus d’apprentissage.

Le Ministre a remercié les nombreux pays qui ont manifesté un intérêt pour l’initiative des petits États insulaires en développement qui souligne le besoin urgent qu’il y a de passer à une énergie verte, et de recevoir un financement et une aide technique adéquats pour le renforcement de leurs capacités.  Les effets de plus en plus graves des changements climatiques, dont le blanchiment des coraux, rendent la réalisation des ODD difficile.  C’est pourquoi, il a demandé à tous les pays de ratifier l’Accord de Paris dès que possible.  Pour lui, les critères de financement actuels ne donnent pas une pleine idée des besoins de ces pays.  Compte tenu de l’importance de l’environnement maritime et des ressources de l’océan pour réduire la pauvreté et préserver la biodiversité, il a également insisté sur la nécessité de lutter contre la pollution induite par le plastique et ses débris qui ne se dégradent pas.

Pour Mme CAROLE DIESCHBOURG, Ministre de l’environnement du Luxembourg, l’accomplissement des objectifs de développement durable (ODD) appelle une action à tous les niveaux et, au premier chef, une action au niveau national.  Son ministère, en collaboration avec celui de la coopération et de l’action humanitaire vont saisir, la semaine prochaine, « tous les collègues du Gouvernement pour avancer vers la mise en œuvre de l’Agenda 2030 », ce qui se fera principalement par voie du Plan national pour le développement durable.  La Ministre préconise la définition d’objectifs nationaux et l’alignement d’objectifs sectoriels dans le cadre d’un plan de mise en œuvre piloté par tout le Gouvernement.  La Ministre a souligné aussi que l’Agenda 2030 n’était pas seulement un agenda pour les gouvernements, mais aussi « un agenda pour les nations ».  

Mettre en œuvre le Programme 2030 et progresser sur la voie du développement durable requiert certes la collaboration entre tous les échelons de l’État, mais aussi l’apport du secteur privé, la participation des acteurs économiques, de la société civile et des milieux académiques, a-t-elle précisé.  Le Conseil supérieur pour un développement durable agira en tant que plateforme pour des partenariats « Agenda 2030 ».  La Ministre est également revenue sur l’action climat de son pays, notamment le « Pacte Climat » qui a pour objectif de renforcer le rôle exemplaire des autorités locales, qui sont soutenues financièrement par l’État, dans la politique climatique selon le principe « Penser global-agir local ».  À ce jour, 100 des 106 municipalités luxembourgeoises ont signé le Pacte et 69 ont reçu le certificat « Pacte climat », ce dont la Ministre se dit être fière.

M. ESBEN LUNDE LARSEN, Ministre de l’environnement et de l’agriculture du Danemark, a demandé d’impliquer tous les intervenants dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Au Danemark, le gouvernement est en train de mettre au point un plan d’action qui contient des priorités fixées sur la base de son expérience en matière d’aide au développement.  Notre contribution au Programme 2030 mettra l’accent sur le financement, les technologies et le partenariat, a-t-il précisé.  Le Ministre a fait valoir que le Danemark avait depuis longtemps réalisé l’objectif de consacrer 0,7% du PIB au développement, tout en prévenant que même si tous les pays le faisaient cela ne suffirait pas à financer le développement.

Le Danemark a une longue tradition de donner la priorité à la protection de l’environnement avec une bonne coopération dans ce domaine entre les secteurs privé, public et universitaire, a rappelé le Ministre.  Il a qualifié son pays de « centre mondial de techniques vertes », vantant les mérites de ces techniques qui permettent, a-t-il dit, de trouver des solutions pour la réalisation des objectifs de développement durable.  Les techniques alimentaires du Danemark, par exemple, peuvent assurer la réalisation de l’objectif 2 relatif à l’agriculture durable.  Le Ministre a aussi souligné l’importance des partenariats, soulignant l’initiative du Forum vert lancé par le Mexique, la République de Corée et le Danemark en 2011.  Enfin, il a mis l’accent sur l’importance du suivi de la mise en œuvre du Programme 2030, en plaçant ses espoirs dans le Forum politique de haut niveau qui se réunira en juillet prochain.

M. ANDRÉ VALLINI, Ministre d’État pour le développement et la Francophonie de la France, a indiqué que son pays avait choisi « un pilotage cohérent, inclusif et efficace » du dispositif mis en place par le Programme 2030.  Cette nouvelle feuille de route fait suite à l’engagement de la Ministre de l’environnement de la France en faveur d’une transition pour une croissance verte et pour le renforcement de son indépendance énergétique.  La France, a assuré le Ministre, poursuit ses actions en faveur des pays les plus vulnérables et consacrera, d’ici à 2020, plus de 4 milliards d’euros à l’aide au développement, dont la moitié au climat.

Pour mettre en œuvre les ODD, la France a mobilisé l’ensemble des corps de l’État et de tous les acteurs de la société civile, a poursuivi M. Vallini.  Pour lui, « les ODD offrent aussi un cadre de redevabilité qui nous engage tous ».  Cette année, le gouvernement procèdera à un examen de la mise en œuvre des ODD et de leur intégration dans son action nationale.  Enfin, il a tenu à souligner qu’en 2013 le flux financier illicite se montait à 1 100 milliards de dollars dans le monde, une somme à comparer aux 135 milliards d’aide publique au développement.  « La lutte contre la fraude et l’évasion fiscale est une question dont chaque État doit se saisir, un enjeu de développement solidaire », a-t-il conclu. 

Mme HELEN CLARK, Administratrice du Programme de développement des Nations Unies (PNUD), a demandé d’impliquer l’ensemble des ministères et des acteurs nationaux en vue de réaliser le développement durable, en incluant le secteur privé et les médias notamment.  Nous devons aussi utiliser toutes les sources possibles de financement pour réaliser le développement durable, qu’elles soient publiques, privées, nationales ou internationales.  Mme Clark a aussi recommandé de renforcer la coopération, notamment la coopération Sud-Sud, et le partage des compétences.  Le système des Nations Unies doit faire sa part de travail, a-t-elle reconnu en signalant que 95 équipes de pays ont été sollicitées pour cela.  Elle a souhaité que cela permette de combler les lacunes en termes de données et de statistiques.

Mme MARIA ESTHER REUS GONZÁLEZ, Ministre de la justice de Cuba, a rappelé que pas moins de 2,7 milliards de personnes dans le monde vivent dans la pauvreté et que la mortalité maternelle dans les régions en développement est 14 fois plus élevée que dans les pays développés.  Les ressources existent, a-t-elle assuré en citant les 1,7 million de dollars consacrés annuellement aux dépenses militaires.  Elle a fait valoir que son pays, qui est soumis à un blocus économique, commercial et financier, est la preuve de ce que l’on peut réaliser avec peu de ressources.

La Ministre a fait appel à la volonté politique des pays développés qui doivent tenir leurs promesses en matière d’APD.  Il est urgent, a-t-elle ajouté, de réformer les institutions financières internationales.  La Ministre a demandé également la création de mécanismes de transfert de capacités et de technologies.  En outre, elle a plaidé en faveur de la réforme du système commercial international afin qu’il soit juste et équitable.  Elle a aussi demandé aux pays avancés de respecter le principe de responsabilité commune mais différenciée.  Cuba, a-t-elle indiqué, a mis au point un mécanisme de coordination des travaux de tous les acteurs du pays visant la mise en œuvre du Programme 2030.

Annonçant qu’il est à New York pour signer l’Accord de Paris, M. JAVAD ZARIF, Ministre des affaires étrangères de l’Iran, a estimé que si chaque pays est le premier responsable de son développement, la mise en œuvre du Programme 2030 doit néanmoins être facilité par la fourniture de moyens de mise en oeuvre « ambitieux, inclusifs et non discriminatoires » à tous les pays en développement.  Dans ma région, a-t-il déclaré, la priorité est de mobiliser un effort global contre l’extrémisme violent et les conséquences de défis environnementaux comme les tempêtes de sable qui exigent une coopération régionale et internationale. 

M. SIRODJIDIN ASLOV, Ministre des affaires étrangères du Tadjikistan, a indiqué que son pays est en train de mettre sur pied sa stratégie de développement 2030 et son programme de développement à moyen terme 2016-2020 qui tiendra compte « autant que possible » du Programme 2030.  Pour le Tadjikistan, les objectifs clefs sont en effet l’indépendance énergétique, la solution aux problèmes de communication d’un pays sans littoral et la sécurité alimentaire.  L’énergie hydraulique et les sources d’énergie renouvelable sont la priorité des priorités, a insisté le représentant, en parlant du projet CSA-1000 sur la fourniture de l’énergie générée par les centrales hydrauliques du pays aux autres pays d’Asie du Sud.  Le représentant a aussi mis l’accent sur la proposition de son pays de proclamer une nouvelle décennie sur « l’eau pour le développement durable ».  La réalisation des objectifs fixés, a-t-il poursuivi, exigera de résoudre la question « problématique » de la mobilisation des ressources.  Il a souligné la nécessité pour les pays donateurs d’augmenter l’APD et celle de redynamiser le commerce international et les investissements, et de renforcer le transfert de technologies novatrices et écologiquement saines.

M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a rappelé que « nous ne pouvons plus continuer à travailler comme par le passé ».  Il faut mettre en œuvre les objectifs de développement durable grâce à des synergies et des approches globales.  Il faut garder à l’esprit le fait que l’ensemble de ces objectifs sont liés les uns aux autres et que les institutions doivent travailler ensemble et non de manière cloisonnée.  « L’heure de l’action a sonné », s’est-il exclamé. 

M. ACHIM STEINER, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a rappelé que les Nations Unies avaient permis un dialogue entre les pays et les populations qui a abouti à un Programme « complexe » pour le développement durable.  Relevant les défis et les menaces que représentent les changements climatiques pour le développement, notamment pour les petits États insulaires en développement, il a attiré l’attention sur la valeur de la science des changements climatiques.  Il a souligné que l’émergence des technologies à faible émission de carbone était un raccourci pour l’accès à l’énergie des personnes en marge du développement.

M. VLADIMIR MAKEI, Ministre des affaires étrangères du Bélarus, a prévenu que pour réaliser les objectifs de développement durable d’ici 2030, il faudra que les méthodes de travail de l’ONU s’affranchissent d’un assujettissement aveugle au formalisme.  Nous passons notre temps à parler de questions certes importantes mais surtout bureaucratiques, à savoir le travail des commissions, la périodicité des résolutions ou les questions que doivent couvrir les rapports du Secrétaire général dont « la longueur les protègent du risque d’être lus », a prévenu le Ministre en paraphrasant Winston Churchill.  Ne laissons pas l’ONU et les États devenir les otages « des règlements intérieurs ».  Le succès du Programme 2030 dépend de l’implication de tous les segments de la société et conscient de cela, le Bélarus a organisé en octobre dernier, en coopération avec l’ONU « Le train express de l’ONU au Bélarus pour les objectifs de développement durable » impliquant plus de 150 000 personnes qui ont appris comment contribuer à leur mise en œuvre. 

Le Bélarus réfléchit d’ailleurs à la mise en place d’une institution des coordonnateurs nationaux.  La coordination étant également nécessaire pour la mobilisation des ressources, le Ministre a estimé que les pays devraient avoir accès à « une boutique unique » ou à « un centre de coordination de l’aide de l’ONU » qui offrirait, en un seul endroit, les conseils techniques, les financements, la technologie et autres moyens de mise en œuvre.  Le Ministre a conclu en attirant l’attention sur la situation des 100 pays à revenu intermédiaire auxquels l’aide échappe alors qu’ils représentent plus de la moitié des membres de l’ONU, la majorité de la population mondiale, plus du tiers du PNB mondial et un quart des exportations et des importations dans le monde.  Leur expérience montre pourtant que les problèmes de la pauvreté et de l’extrême pauvreté peuvent être résolus, a fait valoir le Ministre.

M. ALEXANDER DE CROO, Vice-Premier Ministre et Ministre de la coopération au développement, de l’agenda numérique, de la poste et des télécommunications de la Belgique, s’est réjoui que pour la première fois dans l’histoire multilatérale, nous ayons un programme mondial et universel pour éliminer la pauvreté et assurer une croissance durable.  La Belgique est prête pour le changement, a affirmé le Ministre.  Il a mentionné « le leadership remarquable » de la Reine Mathilde, membre du Groupe de plaidoyer du Secrétaire général pour les objectifs de développement durable.  Il a aussi parlé de son gouvernement qui met en place un partenariat impliquant les niveaux fédéral, régional et local du pays.  Nous devons « infuser » le goût des objectifs de développement durable dans toutes nos politiques, a dit le Ministre.  La Belgique prépare d’ailleurs un calendrier pour la stratégie de mise en œuvre et d’intégration des objectifs de développement durable dans toutes les politiques.  Elle devrait aussi présenter son premier rapport d’évaluation au Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC en juillet prochain. 

Le Ministre a souligné le rôle du secteur privé, promettant que son pays continuera à appuyer ce secteur dans tous ses pays partenaires grâce à sa Société d’investissements dans les pays en développement qu’elle ouvre aux investisseurs privés.  L’implication du secteur privé doit aller au-delà du financement, a-t-il estimé, expliquant que si nous voulons que la croissance accélère le progrès humain, nous devons « stratégiquement » engagé le secteur privé.  Les objectifs de développement durable sont une chance unique et c’est la raison pour laquelle la Belgique travaille à une « Charte » pour les entreprises belges, une charte sur l’intégration des objectifs dans leurs activités essentielles. 

Mme MIREI ENDARA DE HERAS, Ministre de l’environnement du Panama, a indiqué que son pays avait entériné les objectifs de développement durable par décret.  Il faut maintenant développer des liens entre les investissements publics et ces objectifs, a-t-elle prévenu en expliquant œuvrer pour que le secteur privé se les approprie.  Mme Endara a parlé du défi du financement.  L’évasion fiscale, qui a fait l’objet d’une couverture médiatique intense ces derniers temps, est un problème mondial qui doit être traité à l’échelle mondiale, a-t-elle tranché.  Il faut de la volonté politique pour rediriger ces ressources, pour le bien-être de l’ensemble de la collectivité.  Nous sommes en train, a-t-elle expliqué, d’aligner les objectifs de développement durable avec la Vision 2030.  Elle a annoncé la création d’un système unique d’indicateurs de développement et pays à revenu intermédiaire, le Panama a mis au point un indice couvrant toutes les dimensions de la pauvreté.  La Ministre a aussi indiqué que 27,7% du budget est consacré au secteur de l’eau.  Une attention est également portée à la forêt.

M. TAHER SHAKHASHIR, Ministre de l’environnement de la Jordanie, a tenu à rappeler que son pays avait reçu 1,4 million de réfugiés syriens malgré le manque de ressources.  Cette augmentation soudaine de la population, a-t-il précisé, a eu des répercussions sur toutes les dimensions du développement durable du pays, et sur les secteurs de l’éducation, de l’énergie, des déchets et de l’assainissement.

Un comité directeur de haut niveau participatif a été créé pour intégrer les ODD dans les plans d’action nationaux, a expliqué le Ministre.  Il s’agit de renforcer les capacités, de fournir un appui pour permettre une bonne collecte des données et de mobiliser des ressources dans tous les secteurs.  Il a espéré que l’APD qui sera octroyée à la Jordanie ira dans le sens de ces efforts.  De plus, une institution d’ensemble sera chargée du suivi.  La Jordanie prépare sa transition vers une économie verte, en partenariat notamment avec l’Allemagne et le PNUE, a-t-il indiqué.

M. ABDOULAYE BALDE, Ministre du développement et de l’environnement du Sénégal, a déclaré que la mise en œuvre des objectifs de développement durable posait la question essentielle du financement des efforts de développement.  Il a regretté le déclin de l’aide publique dont l’efficacité est en outre altérée par la disparité et la complexité des mécanismes d’intervention.  Au Sénégal, l’aide publique compte pour environ 6% du PIB mais fait quand même intervenir plus de 460 partenaires bilatéraux, multilatéraux et non gouvernementaux, a-t-il illustré, en expliquant que chacun a ses propres règles et procédures.  Conformément à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, il devient urgent, a-t-il dit, de simplifier et de rationaliser les procédures pour une meilleure appropriation de l’aide par les pays bénéficiaires; d’harmoniser les partenariats; et de promouvoir une gestion axée sur les résultats et la responsabilité mutuelle.  Il a aussi plaidé en faveur de l’assouplissement des règles d’accès au crédit.

Changer de paradigme pour la réalisation des objectifs de développement durable, c’est aussi travailler pour des codes et des contrats miniers justes et équitables, a-t-il poursuivi, avant de demander de mettre en œuvre l’initiative CONNEX du G7 sur le soutien aux pays en développement dans les négociations de contrats complexes, en particulier dans l’industrie extractive.  Venant à la question des paradis fiscaux et des flux financiers illicites, il a rappelé que ces pratiques illégales avaient fait perdre à l’Afrique des ressources estimées à 30-60 milliards de dollars par an.  Si l’Afrique arrivait à recouvrer seulement 17% des ressources placées illégalement à l’étranger, elle pourrait solder la totalité de sa dette et financer par ses propres moyens ses besoins de développement.  Il faudrait, en a-t-il déduit, accorder une plus grande place à la coopération internationale pour la lutte contre toutes les pratiques frauduleuses qui affectent nos économies, au Nord comme au Sud.  Le Sénégal continuera de soutenir les initiatives dans ce domaine, à l’instar du partenariat États-Unis-Afrique contre le financement illicite et pour la transparence dans la gestion des affaires publiques, a-t-il assuré.

M. MIKHEIL JANELIDZE, Ministre des affaires étrangères de la Géorgie, a indiqué que son pays avait lancé un processus intensif en vue de traduire les objectifs de développement durable en priorités nationales, en consultation avec la société civile et en partenariat avec toutes les parties prenantes.  Dans ce contexte, il s’est doté d’un mécanisme de coordination des donateurs qui sert de plateforme entre le Gouvernement et les partenaires au développement pour renforcer l’efficacité de l’aide, a précisé le chef de la diplomatie géorgienne.  Il a affirmé qu’avec les réformes liées à l’introduction des plus hautes normes européennes en vigueur en matière de droits humains, d’état de droit, de justice et de protection sociale, la Géorgie s’est embraquée sur la voie d’ambitieuses réformes économiques.  L’une d’entre elles consiste à développer un environnement propice à l’épanouissement du secteur privé et à la création d’emplois, en particulier par le biais de la réforme fiscale et d’investissements vigoureux.

« Les objectifs de développement durable prétendent construire un monde plus équitable et plus juste, mais cela ne sera pas vrai tant que nous n’en finissons pas avec le capitalisme privatif et l’impérialisme comme instrument de soumission », a prévenu M. EVO MORALES AYMA, Président de la Bolivie.  Ce sont un milliard de personnes qui vivent dans la pauvreté et plus de 100 millions qui souffrent de la faim dans le monde.  Près de la moitié de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.  « Ce panorama catastrophique est dû au fait que 1% de la population mondiale détient la moitié des richesses mondiales », a-t-il dénoncé.

En Bolivie, l’économie se fonde sur la justice et l’égalité, la différence entre les plus riches et les plus pauvres ayant été réduite, de même que l’extrême pauvreté.  Plus de 20% de la population est entrée dans la classe moyenne, s’est félicité le Président.  Le monde, a-t-il prévenu, ne peut pas continuer avec l’oppression et le colonialisme qui provoquent la perte d’identité des peuples.  Il faut lutter contre la pauvreté et pour un modèle dans lequel nous allons tous protéger le patrimoine universel et la « Terre nourricière ».  Il faut entre autres garantir l’accès à l’eau et aux services de base et se protéger des ingérences extérieures.

M. MATTEO RENZI, Premier Ministre de l’Italie, a rappelé que la Méditerranée est touchée par les crises de la migration, appelant à rejeter la politique de la peur, à une époque où l’Europe connait une des pires crises des réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale.  Il a dénoncé le manque de courage des politiciens et la fausse idée selon laquelle on peut régler les problèmes en se contentant de poster des messages sur Twitter ou Facebook.  Il est temps d’augmenter l’APD et de renforcer la coopération internationale, a-t-il dit en invitant le G7 et le G20 à accorder la priorité à ces questions.  L’Italie va accueillir le G7 dans les semaines à venir et entend attirer l’attention sur les droits de la femme et de l’enfant, la création des capacités pour les infrastructures sociales et les instruments financiers, a poursuivi le Premier Ministre.  L’Italie a aussi proposé de créer une nouvelle plateforme de développement pour les pays africains.  Tous les jours, l’armée italienne sauve des vies en Méditerranée et il est temps d’adopter une stratégie efficace, a conclu le Premier Ministre.  

M. EMMANUEL F. ESGUERRA, Secrétaire général de l’Autorité du développement et de la planification socioéconomique des Philippines, a indiqué que son pays compte établir une première liste d’indicateurs pour les objectifs de développement durable qu’il présentera au Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC mais qu’il finalisera en décembre.  Le pays veut mettre en place un vigoureux système de suivi pour assurer la collecte systématique de données actualisées pour évaluer les progrès.  Des efforts sont faits pour institutionnaliser les objectifs de développement durable dans la planification du développement, les programmes d’investissement et les processus budgétaires.  La sensibilisation des communautés et des gouvernements locaux est également prévue. 

Les Philippines ne vont pas en rester là.  Elles comptent établir une feuille de route pour guider le Gouvernement et les autres parties partenaires sur les actions, ressources, responsabilités et partenaires nécessaires.  L’égalité des sexes, la résilience aux conséquences du changement climatique et la responsabilité fiscale y figureront en bonne place.  Les Philippines savent qu’elles auront à renforcer les capacités nationales, en particulier celles des communautés et des leaders locaux appelés à travailler directement à la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Pour ce faire, un plan de communication stratégique sera établit pour sensibiliser l’opinion publique, créer un registre des connaissances, assurer la cohérence des messages et mobiliser l’appui le plus large possible.

M. RI SU YONG, Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), a prévenu que le Programme 2030, qui appelle au plein respect de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des pays, va se heurter, en RPDC, à des obstacles érigés par des forces extérieures.  Au moment où je vous parle, a affirmé le Ministre, les manœuvres  nucléaires les plus importantes de l’histoire sont effectuées dans la Péninsule coréenne où plus de 300 000 soldats américains sont déployés.  Ces manœuvres contre la RPDC n’ont pas cessé depuis les années 50.  Le Gouvernement de la RDPC a tenté en vain le dialogue avec les États-Unis qui ont fini par le forcer à faire, à son tour, le choix du nucléaire.  Le Ministre a dit ne pas comprendre les réactions aux actes de légitime défense de son pays car si on applique à tous la même logique, tous les pays qui lancent des satellites, y compris les États-Unis, devraient être dénoncés. 

Il n’a pas hésité, de son côté, à dénoncer les sanctions imposées par le Conseil de sécurité et a averti que quelles que soient leur force et leur sévérité, « notre peuple » les affrontera avec courage en brandissant bien haut le drapeau de l’autodéveloppement.  « Rira bien qui rira le dernier », a dit le Ministre, car nous en sortirons victorieux et nous ferons payer aux États-Unis « le prix fort » pour avoir menacé notre développement durable.  Le Ministre a aussi prévenu que le monde ne parviendra jamais à ce développement s’il ne met pas fin à l’arbitraire et aux antagonismes servis par les décisions unilatérales, les pressions politiques, militaires et économiques, et les menaces.  Les États-Unis abusent du Conseil de sécurité lequel doit de toute urgence être réformé pour s’affranchir de l’influence américaine.  « Du haut de cette tribune, je lance un appel solennel aux États-Unis pour qu’ils renoncent immédiatement à tous les types de menaces nucléaires, qu’ils lèvent les sanctions et qu’ils abandonnent leur politique hostile et anachronique contre la RPDC », a conclu le Ministre. 

M. HERALDO MUÑOZ, Ministre des affaires étrangères du Chili, a appelé à redéfinir les équilibres de pouvoirs économique, politique et culturel entre les pays et à l’intérieur des sociétés.  Soulignant le caractère complet et intégré du Programme 2030, il a souhaité que sa mise en œuvre se fasse par l’intégration des objectifs de développement durable dans les plans de développement nationaux.  Il faut aussi une coordination régionale, a-t-il ajouté en signalant la création du Forum de l’Amérique latine et des Caraïbes pour le développement qui devrait appuyer le Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC.  Les objectifs de développement durable sont un défi commun de l’ensemble des citoyens sud-américains, a-t-il noté en appelant à renforcer l’engagement en faveur de la cohésion sociale. 

M. SAIDOU SIDIBE, Ministre des finances du Niger, a indiqué qu’en tant que PMA sans littoral, le Niger place beaucoup d’espoirs dans le Programme.  Le pays est confronté à des aléas climatiques récurrents, notamment à des cycles de sécheresse qui ont des conséquences sur l’agriculture et l’élevage, les principales sources de revenus des Nigériens.  Cette situation les place de fait dans une situation de précarité alimentaire et économique.  À ces facteurs naturels se sont ajoutés d’autres tels que les changements climatiques et les menaces sécuritaires qui prennent de plus en plus d’ampleur et s’étendent dans toute la région sahélo-saharienne et à travers le monde, toutes choses préjudiciables aux efforts de développement du pays.

Le Ministre a rappelé que depuis 2011, le Président nigérien a mis en place l’initiative des « 3N », soit « les Nigériens nourrissent les Nigériens ».  Ce programme de sécurité alimentaire et nutritionnelle, a-t-il expliqué, vise à affranchir la production agricole des aléas climatiques et assurer une alimentation saine et complète notamment aux enfants.  Sur un plan général, un Programme de développement couvrant tous les secteurs socioéconomiques a été mis en œuvre afin d’assurer la trilogie sécurité-développement-démocratie.  Le Ministre a également annoncé le lancement prochain du Programme de Renaissance II qui ambitionne de maintenir le taux de croissance annuelle moyen à au moins 7%.  Il a souligné que pour atteindre tous ses objectifs, le Niger, comme la plupart des pays en développement, aura besoin du soutien massif de la communauté internationale, tant sur le plan financier que technique et dans le domaine du renforcement des capacités.

M. SIGRUN MAGNUSDOTTIR, Ministre de l’environnement et des ressources naturelles de l’Islande, a indiqué qu’une structure avait été mise en place auprès du Cabinet du Premier Ministre pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable, en coopération avec les Ministères et la société civile. Le Ministre a lui-même lancé une campagne pour réduire les gaspillages dans la production alimentaire, dans le cadre d’une stratégie générale visant à limiter les déchets et à lutter contre le changement climatique. Forte de son expérience, l’Islande mène quatre programmes de formation à l’Université des Nations Unies sur la parité des sexes, la pêche, la conservation des terres et l’énergie géothermale, à l’intention des experts de pays en développement, notamment en Afrique de l’Est.    

M. THANI AL ZEYOUDI, Ministre des changements climatiques et de l’environnement des Émirats arabes unis, a indiqué que la réalisation du Programme 2030 exigera des efforts coordonnés de la part de toutes les parties prenantes.  Les Émirats arabes unis, a-t-il indiqué, ont d’ores et déjà aligné les objectifs de développement durable avec les stratégies nationales.  En outre, par l’entremise de l’Agence des énergies renouvelables, les Émirats continuent de prêter leur assistance à divers projets de coopération technique.  Ils contribuent également avec constance à l’aide publique au développement, notamment à la création d’un environnement favorable aux investissements.  Le Ministre a estimé qu’il serait nécessaire d’établir des mécanismes de suivi de la mise en œuvre du Programme 2030 tout au long des 15 prochaines années.

M. RAFAEL PACCHIANO ALAMÁN, Secrétaire d’État à l’environnement et aux ressources naturelles du Mexique, a indiqué que le Gouvernement mexicain prépare sa feuille de route nationale pour la mise en œuvre du Programme 2030.  Le Mexique continue à participer activement au régime climatique global, a-t-il dit en appelant à mettre pleinement en œuvre l’Accord de Paris.  Il a fait part des progrès accomplis par son pays dans la voie du développement, pointant les améliorations dans la protection des aires terrestres et marines, ainsi que dans l’accès à l’eau potable.  Aujourd’hui, 91% de la population a accès l’eau potable et 87% à l’assainissement.  L’éducation primaire est universelle et l’égalité des sexes est une réalité dans tous les niveaux de l’enseignement.  Enfin, il a signalé que la treizième Conférence des États parties à la Convention sur la diversité biologique aura lieu au Mexique en décembre 2016.

M. RICHARD BRABEC, Ministre de l’environnement de la République tchèque, a déclaré que s’agissant du Programme 2030, son pays a articulé sa réflexion autour des « M »- mindsets, mainstreaming and maintaining coherence, c’est-à dire, « changements des mentalités, intégration des politiques et cohérence ».  Si le changement des mentalités est une chose particulièrement difficile, le Ministre a aussi avoué qu’au niveau international, il faut adapter les outils et les mécanismes, les passer sous la loupe des objectifs de développement durable et les rendre efficaces « à l’unisson ».

Mme IZABELLA TEIXEIRA, Ministre de l’environnement du Brésil, a estimé qu’il ne fallait pas établir de hiérarchie entre les objectifs de développement durable ou les retirer du « contexte multidisciplinaire » dans lequel ils ont été parachevés.  Soulignant la primauté du financement pour le développement, du renforcement des capacités et du commerce international, elle a expliqué que ces trois aspects étaient d’une importance cardinale pour les pays les moins avancés.   Fort de ses succès dans la réalisation des OMD, le Brésil a l’intention de continuer sur cette lancée en consultations avec la société civile et d’intégrer les cibles du Programme 2030 dans les plans à moyen et long terme.  Mme Teixeira a donné également l’assurance que son pays continuerait de faire sa contribution à la coopération Sud-Sud.

M. MARKO POMERANTS, Ministre de l’environnement de l’Estonie, a prévenu que la mise en œuvre du Programme 2030 doit être conforme à l’Accord de Paris sur le climat.  La cohérence et la synergie seront décisives.  Le rôle des gouvernements est primordial mais compte tenu du caractère horizontal des questions de développement durable et du climat, l’implication de tous les acteurs s’impose.  Les gens doivent savoir que leur contribution compte et que par des petits changements pratiques à leurs gestes quotidiens, ils peuvent influencer le cours des choses, a dit le représentant, en pensant aux modes de consommation et de production.  L’expérience de l’Estonie le prouve: les technologies de l’information et des communications contribuent à la croissance économique, à l’efficacité énergétique et au développement humain.  En 2015, l’Estonie a contribué au Rapport de la Banque mondiale sur les dividendes numériques qui a conclu que les TIC profitent surtout aux pays qui ont des institutions fortes et fiables et qui ont mis en œuvre des réformes juridiques globales appuyant les solutions numériques.  L’Estonie sera d’ailleurs parmi les premiers pays à présenter en juillet prochain au Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC son rapport sur la mise en œuvre du Programme 2030.

M. JAMES FLETCHER (Sainte Lucie) a souligné qu’il faut des politiques multilatérales de financement et des partenariats qui tiennent comptent des priorités nationales, appelant à un équilibre entre ces priorités et les exigences des bailleurs de fonds.  Il a à son tour réclamé l’intensification du transfert des technologies et en tant que petit État insulaire en développement, le renforcement des actions contre l’impact des changements climatiques.

M. LEJEUNE MBELLA MBELLA, Ministre des relations extérieures du Cameroun, a dit que le succès du Programme 2030 sera tributaire d’un certain nombre d’éléments notamment le respect des politiques des États et l’alignement sur leurs priorités nationales, la réforme de la gouvernance économique mondiale et la mobilisation sans faille des moyens de mise en œuvre.  La mise en œuvre des objectifs de développement durable appelle également au renforcement de la cohérence du système de développement des Nations Unies, qui ne peut perpétuer l’approche fragmentée qui caractérise son action à l’heure actuelle.  Le système doit assurer un équilibre judicieux entre les ressources ordinaires et les ressources « pré-affectées » en amont des projets, pays ou régions spécifiques.  Ces ressources « pré-affectées » constituent aujourd’hui plus de 80% des budgets des fonds, programmes et agences de l’ONU dont ils hypothèquent le rendement.

Au Cameroun, dans le but d’atteindre les objectifs de développement durable, un plan à deux phases a été mis sur pied.  Le premier porte sur la contextualisation-vulgarisation et la seconde sur la mise en œuvre des objectifs.  Pour une mise en œuvre efficiente de ces deux phases, la stratégie du Gouvernement entrevoit leur ancrage au plan de développement du Cameroun, dont les stratégies sectorielles et thématiques contenues dans le Document de Stratégie pour la croissance et l’emploi matérialisent la vision de l’émergence du pays à l’horizon 2035. 

Mme SUSANA MALCORRA, Ministre des affaires étrangères de l’Argentine, a précisé que les objectifs de développement durable est un programme planétaire certes mais qui doit également respecter les priorités nationales.  Le Gouvernement argentin a établi comme priorité de son Plan de développement l’éradication complète de la pauvreté grâce à l’Initiative « Zéro pauvreté ».  En mars dernier, le pays a lancé le processus national de suivi du Programme 2030 et pour en assurer le succès, il estime qu’il faut un engagement mondial en faveur de la coopération, dont le financement et le transfert des technologies.  La coopération Sud-Sud doit pouvoir jouer son rôle et les trois piliers du développement durable doivent être équitablement pris en compte dans la mise en œuvre et le suivi.   

Mme PAULA BENNETT, Ministre des questions du changement climatique de la Nouvelle-Zélande, a expliqué que, en tant que petit pays, la Nouvelle-Zélande attache beaucoup d’importance à l’élimination des doublons.  Les plans nationaux  sont donc alignés avec les objectifs de développement durable, a-t-elle dit, en citant notamment les domaines de la croissance économique, de la santé, de l’éducation, du logement ou des droits de la femme.  Pour la Nouvelle-Zélande, le développement durable doit être soutenu par la croissance économique, un objectif auquel le Gouvernement travaille.  Il s’est aussi engagé à soutenir les familles et les enfants, à aider les chômeurs à trouver du travail et à améliorer les conditions de vie par, entre autres, des logements abordables.  L’aide au développement néozélandaise bénéficie à 60% aux voisins du Pacifique.  Le pays donne aussi la priorité aux investissements pour passer de la dépendance aux combustibles fossiles à l’énergie renouvelable, en particulier l’énergie solaire.  La Nouvelle-Zélande travaille avec les pays voisins pour que les océans restent sains et productifs.

M. ABDALLAH ALBERT TOIKEUSSE MABRI, Ministre des affaires étrangères de la Côte d’Ivoire, a déclaré que le Gouvernement a adopté le Plan national de développement 2016-2020 qui s’inspire à la fois de l’étude nationale « prospective 2040 » et  de l’Agenda 2063 de l’Afrique, tout en intégrant les objectifs de développement durable.  Le Plan vise non seulement l’émergence de la Côte d’Ivoire mais la positionne aussi comme l’un des leaders de l’Afrique en matière de développement durable.  Ce Plan s’articule autour de cinq axes prioritaires: le renforcement des institutions pour la paix et la bonne gouvernance, la transformation structurelle de l’économie, l’amélioration des conditions de vie des populations, la promotion de la jeunesse et de la femme et l’émergence d’un « Ivoirien nouveau ».  Pour opérationnaliser le Plan, des orientations stratégiques ont été définies au niveau de chaque Ministère comme notamment la Politique nationale de la population 2015-2025, la Stratégie nationale de développement durable 2010-2025 ou encore le Programme national d’investissement agricole. 

En outre, le système statistique ivoirien travaille à la production d’indicateurs nationaux en adéquation avec les 230 indicateurs globaux adoptés le mois dernier par la Commission de statistique des Nations Unies.  Une revue à mi-parcours du Plan national de développement est prévue en 2018 pour apprécier la progression et les éventuelles insuffisances relatives à la réalisation des objectifs de développement durable, a indiqué le Ministre.  Pour le Plan national comme pour l’Agenda 2030, le Gouvernement a entrepris plusieurs actions impliquant l’ensemble des parties prenantes ainsi que la mobilisation des ressources endogènes et auprès des partenaires au développement bilatéraux et multilatéraux.  Un comité national de suivi et des comités locaux ont été mis en place et un Groupe consultatif se réunira à Paris les 17 et 18 mai 2016.

M. PAUL OQUIST KELLEY, Ministre et Secrétaire privé du Président du Nicaragua pour les politiques nationales, a fait part des progrès socioéconomiques de son pays depuis l’arrivée au pouvoir du Président Ortega en 2007.  Toutefois, a-t-il alerté, ces progrès sont menacés par les effets du changement climatique et les maladies transmissibles.  Le changement climatique pousse des millions de personnes à la migration, a dit le Ministre avant de demander des compensations financières.  C’est maintenant et pas en 2025 qu’il faut établir des limites aux émissions de CO2.  Les pays développés doivent payer, a-t-il dit, parce qu’ils sont responsables de plus de 90% des émissions.

Mme DELCY ELOINA RODRIGUEZ GOMEZ, Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a dénoncé le fait que 1% des plus riches du monde ont plus que les autres 99%.  Elle a rendu hommage au Président Hugo Chavez, « Commandant Président », grâce auquel le pays a pu prendre en main la gestion de ses ressources et investir pour le bien de la population.  Le Venezuela est le 71e pays au monde s’agissant du niveau de vie mais qui le sait? compte tenu de la guerre médiatique menée contre lui, a encore dénoncé la Ministre.  Elle a affirmé que son pays a éradiqué la pauvreté extrême et réduit les inégalités.  Le modèle économique du capitalisme est incompatible, a-t-elle averti, avec le développement durable puisqu’il favorise la concentration des richesses.  La Ministre a appelé la communauté internationale à continuer de réfléchir aux moyens d’un réel développement des pays du Sud.

Mme BARBARA HENDRICKS (Allemagne) a répété les mots du Groupe d’appui de haut niveau à la mise en œuvre du Programme 2030 dont l’Allemagne est un membre fondateur: nous nous engageons à mener par l’exemple.  L’Allemagne est prête à prendre les mesures nécessaires et elle ne part pas de rien, a dit la représentante, en citant la transition énergétique de son pays.  Mais il y a encore des défis à relever dont les modes de consommation et de production. L’Allemagne a fixé comme objectif de devenir une des économies les plus efficaces et les plus aptes à protéger l’environnement au monde.  Nous voulons aussi, a poursuivi la représentante, adopter une approche ciblée pour réduire les effets négatifs des ménages sur les pays en développement et les économies émergentes.  Sur le plan international, l’Allemagne veut établir des partenariats pour promouvoir des chaines de production durables.  Elle tient aussi à son objectif de consacrer 0,7% de son PNB à l’APD et à celui de doubler d’ici 2020 son aide à la lutte contre le changement climatique, sans compter sa détermination à aider ses partenaires à mettre en œuvre le Programme 2030.  En juillet prochain, l’Allemagne présentera d’ailleurs ses mesures de mise en œuvre au Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC.

Mme HEATHER HIGGINBOTTOM, Secrétaire d’État adjointe à la gestion des ressources des États-Unis, a expliqué que pour le Président Obama, la réalisation des objectifs de développement durable est un véritable investissement dans la paix et la sécurité collectives.  Il est temps de tourner notre attention sur leur mise en œuvre, a-t-elle relevé, en disant que pour réussir, nous avons besoin d’exploiter la révolution des données qui transforme notre économie mondiale.  Elle a cité le programme du « World Ressources Institute » ou de « Google Earth » qui assurent un suivi en temps réel de la déforestation grâce à des données collectées par satellite. 

Pour réaliser les objectifs de développement durable d’ici à 2030, il faut mesurer les progrès en temps réel et les partager et solliciter nouveaux partenaires.  Le suivi par les données doit se faire au niveau de chaque pays et les États-Unis sont déterminés à commencer, cette année, à publier des rapports statistiques sur le développement durable, et en y apportant des mises à jour au fur et à mesure.  Nous sommes également engagés, a-t-elle affirmé, à contribuer au renforcement des capacités statistiques de nos partenaires.  Nous travaillons dans tous les secteurs pour combler les lacunes en matière de données et stimuler l’innovation grâce au Partenariat mondial pour les données du développement durable.

Mme Higginbottom a souligné que pour atteindre les objectifs de développement durable, il faut de nouveaux modèles de financement et des partenariats élargis.  Dans l’esprit du Programme d’action d’Addis-Abeba, l’aide étrangère doit servir à mobiliser les ressources nationales et soutenir les investissements privés.  Les États-Unis s’attachent à renforcer les appuis aux plus de soixante millions de réfugiés et de personnes déplacées dans le monde, notamment en mettant l’accent sur l’objectif de développement durable 16 relatif à la paix, à la justice et aux institutions efficaces.

M. KIMMO TIILIKAINEN, Ministre de l’agriculture et de l’environnement de la Finlande, a indiqué que son gouvernement a décidé que son plan de mise en œuvre du Programme 2030 serait élaboré dans le cadre d’une coopération entre tous les ministères, la société civile, le secteur privé et le milieu universitaire.  La Finlande a déjà pris les premières mesures à cette fin.  Une Commission nationale du développement durable a été créée pour veiller à ce que toutes les voix soient entendues.  Le pays a déjà établi une « cartographie » pour pouvoir mettre le doigt sur ce qui marche et sur ce qui ne marche pas et faciliter ainsi l’identification des mesures correctives.  La stratégie nationale de développement a aussi été actualisée pour l’adapter aux engagements internationaux et le Gouvernement est déterminé à assurer la redevabilité à tous les niveaux.

M. KHEMAIS JHINAOUI, Ministre des affaires étrangères de la Tunisie, a insisté sur l’importance de la coopération internationale pour la réalisation des objectifs de développement durable et a mis l’accent sur la nécessité pour les pays d’intégrer l’économie informelle à l’économie formelle et de lutter contre l’évasion fiscale et les flux financiers illicites. 

M. PRAKASH JAVADEKAR, Ministre de l’environnement de l’Inde, a insisté sur le transfert des technologies, se félicitant du Mécanisme mis en place par l’ONU. Il a aussi insisté sur le partage des pratiques exemplaires dans la mise en œuvre du Programme 2030.  L’Inde a identifié 26 actions prioritaires, dont l’assainissement.  Globalement, le monde aura besoin de 500 milliards de dollars par an au cours des 15 prochaines années pour mettre en œuvre le Programme 2030, a souligné le Ministre.

M. JAN SZYSZKO, Ministre de l’environnement de la Pologne, a indiqué que malgré les mesures prises depuis une décennie, la dégradation de l’environnement se poursuit.  Il a demandé que l’Accord de Paris sur le climat soit mis à profit pour réduire enfin les émissions de dioxyde de carbone et intensifier les opérations de captation de carbone.  La Pologne a déjà organisé deux Conférences internationales sur l’environnement dont la cinquième Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 5).  Elle a réduit ses émissions de plus de 75% et multiplié par deux la production d’énergie renouvelable.  Si la première source d’énergie est toujours le charbon, il faut noter, a dit le Ministre, que la quantité de CO2 émise par la Pologne est une des plus faibles car les forêts polonaises ont toujours été bien gérées.  Le pays se concentre sur l’exploitation de la biomasse et compte faire encore plus pour protéger la planète. 

M. ALPHA BARRY, Ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, a déclaré que son Gouvernement a mis en place un Plan national de développement socioéconomique dont le but est d’éliminer la pauvreté en positionnant l’économie sur une trajectoire de croissance forte, durable et inclusive.  Le pays, qui entend créer un environnement favorable aux entreprises, a adopté, dans la même dynamique, un programme spécial de création d’emplois pour les jeunes.  Il a aussi adopté un cadre de « contribution prévue déterminée » qui définit sa stratégie de lutte contre les effets des changements climatiques.  En tant que PMA, le Burkina Faso, a dit le Ministre en parlant des objectifs de développement durable, appelle les pays développés à respecter l’engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique.  Le Ministre a d’ailleurs annoncé l’intention de son pays d’organiser d’ici à la fin de l’année une table ronde des donateurs dont l’objectif est de rechercher des ressources additionnelles pour atteindre l’objectif des investissements publics massifs.

M. FATMA GÜLDEMET SARI, Ministre de l’environnement et de l’urbanisation de la Turquie, a estimé que la question cruciale est de savoir comment mobiliser les ressources nécessaires au développement durable.  À cette fin, Ankara a porté le montant de son aide publique au développement (APD) à 3,9 milliards de dollars en 2015, s’est-il félicité.  Parallèlement, il est déterminant que d’autres ressources soient levées, y compris des investissements privés, a souligné M. Sari, qui a fait part de la contribution de son pays à cet égard, par l’entremise d’un Centre international du secteur privé basé à Istanbul.  C’est également à Istanbul que la banque des technologies pour les pays les moins avancés sera basée, a précisé le Ministre.

M. CAMILLO M. GONSALVES, Ministre de la planification économique, du développement durable, de l’industrie, de l’information et du travail de Saint Vincent-et-les Grenadines, a indiqué que les objectifs de développement durable ont poussé son gouvernement à créer un Fonds « Zéro Faim » avec un objectif à réaliser d’ici à 2020, grâce, a espéré le Ministre, à l’appui de la communauté internationale.  Le pays a aussi pris la décision de parvenir en 2019, à un taux de 80% d’énergie hydraulique et solaire, tout en investissant dans l’exploitation de l’énergie géothermique.  Compte tenu de leur importance pour booster le développement, il faut, a poursuivi le Ministre, voir comment les technologies sont partagées et la manière dont la formation et l’accès ces technologies sont assurés.  Le Ministre a insisté sur le fait que pour les petits États insulaires en développement, la promesse du développement durable restera vaine tant que les plus grands pollueurs « historiques » ne feront pas la démonstration de leur engagement en faveur de l’Accord de Paris, eux dont le développement non viable a mis en péril les aspirations voire l’existence même des petits États insulaires en développement.

M. ELADIO RAMÓN LOIZAGA LEZCANO, Ministre des affaires étrangères du Paraguay, a déclaré que pour son gouvernement, le développement durable est synonyme d’amélioration de la qualité de vie des Paraguayens.  Le Programme national de développement national implique 20 institutions et travaille à des partenariats avec les pays de transit pour l’accès aux marchés internationaux.  Le Paraguay entend mettre à jour ses méthodes de collecte et d’analyse des données pour se conformer aux normes internationales.  

M. YOON SEONG-KYU, Ministre de l’environnement de la République de Corée, a expliqué que c’est le paradigme « protection de l’environnement, création de conditions de vie saines et augmentation des revenus », qui a fait d’un des pays les plus pauvres de la planète l’économie émergente à 30 000 dollars de revenu par habitant qu’est devenue la République de Corée.  Nous voyons aujourd’hui, a estimé le Ministre, que ce paradigme est tout à fait conforme à celui du développement durable.  Il a donc suggéré trois stratégies importantes et d’abord l’intégration du concept de développement durable dans toutes les dimensions des politiques.  Il a ensuite souligné l’importance des partenariats avec les différentes parties prenantes dont les administrations locales, la société civile, le secteur industriel et autres.   Il a enfin parlé de la coopération internationale, en citant l’Initiative « Better life for Girls » de son pays qui sera dotée de 200 millions de dollars sur les cinq prochaines années.  Offrir un environnement sain pour que la future génération puisse avoir une bonne éducation est le meilleur investissement dans un avenir viable, a expliqué le Ministre.

M. BORITH OUCH, Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération internationale du Cambodge, a, s’agissant de la lutte contre les changements climatiques, insisté sur les principes de responsabilités communes mais différenciées, d’équité et d’avantages comparatifs.  Il a salué l’Accord de Paris sur le climat en attirant l’attention sur le Plan stratégique pour le développement vert 2013-2030 de son pays.  Il a aussi souligné les instruments juridiques adoptés pour la croissance verte et affirmé que son pays est aussi engagé dans la mise en œuvre des initiatives de l’Association des nations du Sud-Est (ANASE) sur les changements climatiques.

M. SUSIL PREMAJAYANTHA, Ministre de la science, de la technologie et de la recherche du Sri Lanka, a indiqué que son pays avait créé un Ministère du développement durable et de la faune, le premier Ministère spécialisé sur le développement durable de la région Asie-pacifique.  Cela démontre l’engagement du Sri Lanka à mettre en œuvre le Programme 2030.  Pays à revenu intermédiaire, le Sri Lanka reste engagé à développer une économie à faible émission de carbone.  Une loi-cadre sur le développement durable va bientôt être adoptée par le Parlement qui conduira, entre autres, à la création d’un conseil du développement durable ainsi qu’à l’adoption d’une stratégie nationale.  Le Ministère concerné a déjà commencé à élaborer une feuille de route en la matière, tandis qu’une plateforme nationale de développement durable sera lancée prochainement.  Elle constituera un mécanisme d’engagement des parties prenantes et assurera le suivi des engagements.  Le Ministre a aussi fait part de l’élection du Sri Lanka à la présidence du troisième Forum Asie-Pacifique sur le développement durable.

M. BATTSEREG NAMDAG, Ministre de l’environnement de la Mongolie, a rappelé que son gouvernement a élaboré sa « Politique de développement verte » en 2014.  L’adoption du Programme 2030 a été suivie par la « Vision de développement 2020 » du pays qui a pour objectifs entre autres de créer des emplois pour les jeunes, d’augmenter les revenus et de lutter contre l’impact des changements climatiques et les émissions de gaz à effet de serre.  Les obstacles du pays sont les inégalités et la dépendance aux ressources naturelles.  Le pays attend beaucoup du transfert de technologies et de l’appui au renforcement de sa résilience aux changements climatiques.  Pour les financements, elle espère que les fonds verts seront à la hauteur. 

M. KASPARS GERHARDS, Ministre de la protection de l’environnement et du développement régional de la Lettonie, a appelé à un « véritable partenariat » avec toutes les parties prenantes et à tous les niveaux –national, régional et mondial- pour la mise en œuvre du Programme 2030.  Depuis 2010, la stratégie de développement durable de la Lettonie a été le principal outil de planification à long terme du pays.  Développée sur trois ans, cette stratégie met l’accent sur un processus de formulation des politiques à la fois large et inclusif.  Le Ministre a aussi plaidé en faveur de politiques de coopération qui mettraient en avant le renforcement des capacités, notamment la réforme de l’administration publique, la lutte contre la corruption, la croissance économique inclusive et le développement régional.  Pour le Ministre, la mise en œuvre du Programme 2030 devrait être soutenue par des plateformes mondiales et des accords multilatéraux à l’instar du rôle que va jouer l’Accord de Paris pour les objectifs relatifs au climat.  Le Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC devrait devenir une instance efficace du suivi des progrès réalisés et des leçons à retenir.

M. HASSAN ABDELGADIR HILAL, Ministre de l’environnement, des forêts et du développement physique du Soudan, a indiqué que dans le cadre du Programme 2030, les PMA demandent le respect des engagements en matière d’aide publique au développement (APD).  Le Soudan, a-t-il rappelé, accueille plus d’un million de réfugiés qui représentent un poids supplémentaire.  Or, le pays fait toujours l’objet de sanctions économiques avec leurs conséquences graves sur le décollage économique.  Le Ministre a plaidé pour que les objectifs de développement durable soient mis en œuvre dans le respect des priorités nationales.

M. JEAN CLAUDE GAKOSSO, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de la République du Congo, a affirmé que son pays était plus que jamais décidé à mettre en œuvre sa stratégie nationale de développement durable qui s’aligne sur les objectifs de développement durable.  Cette stratégie se base sur une gestion rationnelle des ressources naturelles, l’amélioration de la gouvernance et la modernisation des infrastructures et des services sociaux de base ainsi que la diversification de l’économie.  Le Plan national de développement 2016-2020 s’inscrira dans le cadre de cette stratégie, a expliqué le Ministre précisant qu’il définira les actions prioritaires à mettre en œuvre à court et moyen termes.  Il a mis l’accent sur l’adéquation à trouver entre les objectifs à atteindre et les moyens à mettre en œuvre et la disponibilité des ressources humaines, matérielles et financières, outre l’exigence d’une volonté politique réelle.  C’est là qu’on prend la mesure de l’importance du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, a-t-il fait observer.

M. MILNER TOZAKA, Ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur des Îles Salomon, a dit que son gouvernement a adapté sa stratégie nationale de développement au Programme 2030 et à l’Accord de Paris sur le climat.  Le Gouvernement a établi en outre un Plan stratégique de partenariat et a identifié trois domaines clefs pour accélérer le développement: l’énergie propre, les infrastructures, et l’agriculture pour libérer le potentiel du pays et notamment dans les zones rurales.  Le Ministre a ajouté que pour assurer le succès des objectifs de développement durable, il faut une coopération et un partenariat sur le long terme, dont des investissements.

M. SAMURA M.W. KAMARA, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de Sierra Leone, a déclaré que pour montrer son engagement au Programme 2030, la Sierra Leone a déjà fait le lien entre chacun des 17 ODD et 169 cibles et sa troisième Stratégie de réduction de la pauvreté 2013-2018.  Si le pays a fait des progrès remarquables dans la gouvernance politique et économique, il continue aussi de faire des progrès dans les domaines de la paix, la justice et de la stabilité politique.  Le pays veut mettre l’accent sur la protection des droits fondamentaux et le bien-être du peuple, le développement des infrastructures, la sécurité alimentaire, les petites et moyennes entreprises, l’accès à l’éducation et à la santé, l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes.  Ces efforts s’inscrivent dans la détermination de la Sierre Leone à entrer dans la catégorie des « pays à revenu intermédiaire » avant 2035.  Mais le pays a connu deux chocs socioéconomiques: le virus Ebola et la chute des prix des matières premières, en particulier le fer.  Ces deux chocs ont provoqué une décélération de 21,1% du PIB en 2015 et nécessité une nouvelle stratégie de recouvrement pour aider l’économie à retrouver son niveau pré-Ebola.

Mme KAMINA JOHNSON SMITH, Ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur de la Jamaïque, a affirmé que le plan de développement national de son pays, Vision 2030, était aligné avec le Programme 2030.  La Jamaïque, a-t-elle dit, est déjà engagée dans des initiatives susceptibles d’accélérer la mise en œuvre des objectifs de développement durable, y compris la promotion de la croissance économique et la création d’emplois à travers des stratégies d’incitation à la croissance durable.  Pour la Jamaïque, pays vulnérable aux effets des changements climatiques, une action ambitieuse de lutte contre ce phénomène est indispensable pour atteindre les objectifs de développement durable.  La Ministre s’est ainsi félicitée de la signature, demain, de l’Accord de Paris, une étape positive, selon elle.  Le succès de la mise en œuvre des objectifs de développement durable dépendra, a ajouté Mme Johnson Smith, du développement de partenariats inclusifs, impliquant le secteur privé, les milieux universitaires, les organisations internationales et un large éventail de pays.

Mme MARJON V. KAMARA, Ministre des affaires étrangères du Libéria, a déclaré que son gouvernement a adossé le Programme 2030 au « Programme national de transformation » et en janvier dernier, la décision a été prise de créer un Comité permanent pour orienter le processus d’appropriation et de mise en œuvre.  Le Gouvernement est en train d’examiner son « Programme national de transformation » pour l’aligner aussi avec sa Vision 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.  Mais, a prévenu le Ministre, la chute drastiques du prix des matières premières, dont le fer et le caoutchouc empêche la bonne mise en œuvre du Plan de relance et de stabilisation post-Ebola.  Ces défis soulignent l’importance des partenariats stratégiques à tous les niveaux, ce qui se fait déjà avec le système de l’ONU.  Le but est désormais de solliciter le secteur privé et de capitaliser sur les engagements et les possibilités du Programme d’action d’Addis-Abeba.

Mme AMINA MOHAMMED, Ministre de l’environnement du Nigéria, a réitéré que les objectifs de développement durable doivent être réalisés dans le cadre d’un partenariat mondial revitalisé mené dans le cadre du Programme d’action d’Addis-Abeba.  La communauté internationale doit faire aussi face à la question de l’évasion fiscale et autres formes de fuites des capitaux.  La corruption et les pratiques similaires doivent également être éradiquées et l’engagement du Président Muhammadu Buhari de combattre la corruption et d’enraciner l’état de droit, la redevabilité et la fin de l’impunité au Nigéria est « clair et inébranlable », a affirmé la Ministre.  L’administration est aussi décidée à faire face aux inégalités par la création d’emplois et des investissements dans les filets de sécurité sociale pour les plus pauvres et les plus vulnérables.  La Ministre a conclu en demandant que l’on ne perde pas de vue l’impact des changements climatiques sur la réalisation des objectifs de développement durable. 

M. CONSTÂNCIO DA CONCEIÇÃO PINTO, Ministre du commerce, de l’industrie et de l’environnement du Timor-Leste, a indiqué que la stratégie que son pays est en train d’élaborer pour la mise en œuvre du Programme 2030 s’alignera avec le Plan stratégique de développement 2011-2030.  Le Timor-Leste travaille aussi au développement de mécanismes nationaux de suivi et participe activement au G7+les groupes des États fragiles, en conflit et postconflit pour hiérarchiser les indicateurs sur les 17 objectifs de développement durable. 

M. ANDRÄ RUPPRECHTER, Ministre de l’agriculture, des forêts, de l’environnement et de la gestion de l’eau de l’Autriche, a indiqué que pour la mise en œuvre du Programme 2030, son pays avait adopté une approche intégrée consistant à faire passer les politiques nationales à « la loupe des objectifs de développement durable ».  « Mon ministère prépare en ce moment un projet de plan d’action pour 2017-2020 », a-t-il indiqué, en rappelant que l’Autriche avait déjà lancé en 2002 « le Réseau européen du développement durable », une plateforme paneuropéenne des coordonnateurs du développement durable regroupant les responsables gouvernementaux de 30 pays.  Le Réseau tire en ce moment les enseignements de l’expérience de la mise en œuvre des OMD pour affiner la mise en œuvre du Programme 2030. 

Avec l’Allemagne et la France, l’Autriche a aussi lancé en 2014 la Semaine européenne du développement durable et, à partir de cette année, elle servira de catalyseur et de mécanisme de sensibilisation à la mise en œuvre du Programme 2003.  Ce sont les jeunes qui sont la cible clef du Programme 2030 car, a souligné le Ministre, ils auront à vivre avec les conséquences des politiques prises aujourd’hui.  Cette année, dans le cadre de la semaine du développement durable, une manifestation sera organisée, le 3 juin au siège de l’ONU à Vienne, sur le thème « Les objectifs du développement durable pour un avenir vert: investir dans les générations futures ».  À cette occasion, 17 arbres, symbolisant chacun des objectifs du Programme 2030, seront plantés dans ce qui sera l’« Allée du développement durable ».

M. ALEXANDER FROLOV, Chef du Service de l’hydrométéorologie et du suivi environnemental de la Fédération de Russie, a déclaré que son pays est l’un des leaders mondiaux en matière de lutte contre le réchauffement climatique, notamment par la diminution de sa production de gaz à effet de serre.  La Fédération de Russie est l’un des pays à avoir publié ses engagements à ce titre d’ici à 2030.  Le représentant a relevé que 60% du territoire russe est recouvert de forêts, ce qui renforce la place du pays dans la lutte contre le réchauffement planétaire, a-t-il argué, puisque les forêts sont des puits de carbone.  Il a aussi rappelé l’assistance que son pays apporte, indiquant que la Fédération de Russie a débloqué 10 millions de dollars pour la période 2016-2018 pour le Fonds spécial de lutte contre les changements climatiques géré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

M. MIGUEL ÁNGEL MOIR SANDOVAL, Secrétaire général du Secrétariat de la planification et de la programmation de la Présidence du Guatemala, a indiqué que son gouvernement a établi un programme de développement durable à l’horizon 2032.  Le pays entend notamment réduire le taux national de malnutrition infantile ainsi que celui de la mortalité maternelle et infantile.  Le Gouvernement entend également mettre en place des initiatives innovantes de financement des programmes nationaux de développement.  Le pays entend aussi réduire le nombre des morts violentes et plus globalement des homicides.  Les autorités guatémaltèques ne sauraient trop souligner l’importance du renforcement de la résilience aux changements climatiques, a conclu le représentant.

Mme EDNA MOLEWA (Afrique du Sud) a réaffirmé l’engagement au plus haut niveau de son pays au Programme 2030 et aux anciens objectifs de développement.  Le Plan national de développement a anticipé les objectifs de développement durable, s’est enorgueillie la représentante.  Le Plan, qui est déjà entamé, est passé à la phase de la création d’emplois et de la lutte contre la pauvreté.  À cet égard, les partenariats multipartites sont essentiels ainsi que l’intégration de la dimension « genre » dans toutes les politiques et tous les programmes.  Ce qu’il faut maintenant, c’est un financement adéquat et le respect du principe des responsabilités communes mais différenciées.  Les pays développés doivent aider les pays en développement à mettre fin à la pauvreté au cours de la prochaine génération, et à lutter contre les effets du changement climatique.  

M. JESÚS GRACIA ALDAZ, Secrétaire d’État à la coopération internationale de l’Espagne, a dit que le Gouvernement espagnol a pris des mesures pour le suivi des objectifs de développement durable.  Des actions sont prévues dans le cadre de la coopération internationale de l’Espagne qui pense d’ailleurs qu’il faut repenser le cadre de cette coopération pour y intégrer les objectifs de développement durable.  L’Espagne, a insisté le représentant, veut garantir la cohérence des différentes politiques de développement et, concernant les données, l’Institut national de statistique s’attaque à l’élaboration de nouveaux indicateurs, sachant que l’éradication de la pauvreté et la réduction des inégalités doivent être les premiers objectifs à atteindre.

M. IONNIS TSIRONIS, Vice-Ministre de l’environnement et de l’énergie de la Grèce, a rappelé que son pays est le théâtre d’une crise humanitaire sans précédent du fait de l’afflux de réfugiés qui veulent passer en Europe occidentale.  Le Gouvernement grec entend adapter les objectifs de développement durable aux réalités et priorités nationales, et grâce à une stratégie de dialogue avec toutes les composantes de la société.  Il a déploré que 70 ans après la création de l’ONU, les objectifs fixés ne soient toujours pas réalisés.  

M. MOHAMED BIN DAINA, Chef du Conseil suprême de l’environnement du Bahreïn, a dépeint la situation peu enviable de son pays qui ne compte aucun bassin d’eau douce et qui est situé dans une zone désertique.  Les autorités nationales ont engagé des efforts pour promouvoir les sources d’énergies propres et renouvelables.  Le Bahreïn a engagé un processus de transition vers une économie à faible émission de carbone, passant de 44 à 20% la part des hydrocarbures depuis le début des années 2000.  Résolument tourné vers les énergies renouvelables, le Bahreïn se dit prêt à accueillir un centre du Fonds vert pour le climat, a-t-il annoncé.

M. ANDREAS MAVROYIANNIS (Chypre) a souligné les liens étroits entre le Programme 2030, le Programme d’Addis-Abeba sur le financement du développement et l’Accord de Paris sur le climat.  Sans financement adéquat et sans lutte contre le changement climatique, les objectifs de développement durable ne pourront tout simplement pas être atteints, a-t-il prévenu.  Rappelant aussi que le monde d’aujourd’hui est plus que jamais interconnecté, il a prédit que la réalisation de ces objectifs permettrait de relever la pléthore de défis auxquels l’humanité est confrontée, comme l’élimination de la pauvreté et des inégalités, l’édification de sociétés justes et pacifiques et d’institutions fortes, et le respect de l’état de droit et des droits de l’homme. 

Chypre, a-t-il indiqué, a commencé la mise en œuvre des objectifs de développement durable et s’intéresse particulièrement à l’objectif 16 relatif à la paix et la sécurité.  En outre, en tant que petite île touchée par le changement climatique, l’objectif 13 est une priorité, ainsi que l’objectif 14 sur la gestion des océans.  Il a espéré à cet égard que les négociations sur un instrument juridique contraignant sur la protection de la biodiversité, sous les auspices de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, seraient fructueuses.  L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes qui font l’objet du cinquième objectif de développement durable est une autre priorité de Chypre, a-t-il assuré.

Mme SHANCHITA HAQUE (Bangladesh) a rappelé que les pays les moins avancés (PMA) sont concernés par la majorité des objectifs de développement durable.  Toutes les références aux PMA doivent donc être respectées, dont l’opérationnalisation de la banque des technologies des Nations Unies.  Sans une coopération internationale efficace, il sera difficile de réaliser les objectifs.  Aucun PMA ne peut les réaliser et c’est à la communauté internationale de leur garantir le succès, a estimé la représentante qui a reconnu l’importance de la mobilisation de ressources nationales mais surtout international et du transfert des technologies.

Mme DEIRDRE KENT, Directrice générale de la politique de développement et des affaires mondiales du Canada, a déclaré que nous devons prendre des mesures ambitieuses pour la réalisation des objectifs de développement durable.  Toutes les parties prenantes devront travailler ensemble plus efficacement, développer des nouveaux partenariats et maximiser les ressources.  Le Canada lancera une politique d’assistance qui aidera à mieux cibler les pays bénéficiaires et qui portera sur les domaines de la santé, de l’autonomisation des femmes et de la protection des enfants.

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a souligné que pour parvenir au développement durable, il faut des partenariats basés sur la solidarité internationale.  Elle a voulu que l’on mette l’accent sur les besoins des personnes les plus vulnérables, soulignant en outre que la jeunesse représente un partenaire essentiel du développement durable.  Elle a aussi souligné la place centrale de la famille pour l’éradication de la pauvreté et a attiré l’attention sur la Constitution qatarie qui accorde une place centrale à l’environnement et à la participation de tous aux efforts de développement.  Elle a promis que le Qatar continuera à jouer un rôle de premier plan dans la coopération au développement.

M. GONÇALO TELES GOMES (Portugal) a dit que son pays était prêt à faire sa part dans la mise en œuvre du Programme 2030.  Le Ministère des affaires étrangères assure la coordination du processus, tant sur le plan interne qu’au plan extérieur, avec le Ministère de la planification et des infrastructures.  Tous les autres ministères sont impliqués, a-t-il ajouté, avant de parler de la multitude de stratégies adoptées dans les différents secteurs.  Il a aussi appelé le secteur privé et la société civile à être des partenaires actifs dans ce processus.  Le Portugal partage son expérience avec ses principaux partenaires de la coopération et prépare des plans de coopération stratégiques de nouvelle génération.

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. RICHARD NDUHURA (Ouganda) a estimé qu’on ne peut parler du Programme 2030 sans parler du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.  Le Programme 2030, qui établit un lien entre la paix, la sécurité et le développement, exige que l’on s’attaque à la criminalité transnationale organisée, au terrorisme et à la montée de la radicalisation et de l’extrémisme violent.  On ne peut y parvenir qu’en renforçant la coopération internationale et régionale.  La coopération entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales, en particulier dans les domaines de la paix et de la sécurité, et du développement socioéconomique, doit être ravivée. 

Au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), M. FRANCISCO ANTONIO CORTORREAL (République dominicaine) a rappelé, à la suite de tant d’autres intervenants, que la mise en œuvre du Programme 2030 exigeait un engagement sans équivoques de la communauté internationale et tout particulièrement des pays développés.  Il a donc rappelé l’importance pour eux de respecter les engagements pris dans le cadre de l’aide publique au développement, et ce, dans les délais impartis.  Pour le représentant, le renforcement des partenariats est une autre priorité, chère à la CELAC.  Il s’agit, entre autres, du transfert des technologies et du renforcement des capacités.  Il sera dès lors crucial pour le Forum politique de haut niveau d’assurer le suivi dans la mise en œuvre des trois dimensions du Programme et de formuler des directives politiques cohérentes à l’intention des États Membres, a anticipé M. Cortorreal.

M. NAJIB SAAB, Secrétaire du Forum arabe pour l’environnement et le développement, a livré cinq messages: arrêter de traiter les pays arabes comme un ensemble homogène, lier la mise en œuvre du développement durable à la participation effective des secteurs non étatiques, à la création d’emploi, aux capacités scientifiques locales et au renforcement des capacités institutionnelles, la région arabe compte dix fonds de développement qui sont prêts à contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable, obtenir des pays arabes qu’ils adoptent une approche multisectorielle du développement durable, et répondre aux besoins particuliers des zones en conflits et sous occupation illégale.

VANESSA ROSEMARY ANYOTI, représentante de World Young Women’s Christian Association (YMCA), a souligné l’importance qu’il y a à mobiliser et à inclure les jeunes dans le développement des indicateurs nationaux et régionaux et de développer des coalitions de jeunes pour faire la liaison avec le Bureau national de statistiques.  Nous voulons voir une volonté politique de faire participer les jeunes et donc le financement des programmes en leur faveur et de leurs organisations et la mise à disposition des technologies de l’information et des communications.  Nous voulons voir un véritable engagement des États, des parlements, des organisations intergouvernementales, des agences de développement et du secteur privé en faveur de l’intégration, de la non-discrimination et de la protection des jeunes et en faveur de leur participation effective à la mise en œuvre et au suivi du Programme 2030 ainsi qu’au partage des pratiques exemplaires.  Le développement durable ne sera une réalité que lorsqu’on aura investi dans le bien-être des jeunes et lorsque la redevabilité sera respectée, a conclu la jeune représentante.

M. ROBERT BOPOLO MBONGEZA, Ministre de l’environnement, de la conservation de la nature et du développement durable de la République démocratique du Congo (RDC), a dit que son gouvernement entend mener une campagne d’information sur les objectifs de développement durable dans tout le pays.  Le Ministre a annoncé que l’objectif de la RDC d’ici à 2020 est de devenir un pays à revenu intermédiaire grâce au développement de l’agriculture, d’ici à 2030 un pays émergent grâce à l’industrialisation et d’ici à 2040 un pays développé grâce à l’innovation.  Il a ajouté que pour son pays, la gestion durable de la forêt et des ressources naturelles est un élément indispensable du développement et constitue une assurance pour l’avenir.  Si la priorité du Gouvernement est le développement humain, économique et social, l’insécurité dans l’est du pays sape les efforts en ce sens, a souligné le Ministre, en mettant l’accent sur l’importance des partenariats internationaux.

Au nom des 32 pays en développement sans littoral, Mme CHRISTINE KALAMWINA (Zambie) a salué le fait que le Programme d’action d’Addis-Abeba et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 aient tous deux tenu compte du Plan d’action de Vienne en faveur des pays en développement sans littoral.  Elle a rappelé les obstacles auxquels font face ces pays qui, sans accès à la mer, sont obligés de nouer des partenariats avec des pays tiers.  Elle a lancé un appel à l’aide de la communauté internationale pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable, notamment l’amélioration des systèmes de collecte de données.

Mgr PETER TURKSON, Président du Conseil pontifical pour la justice et la paix du Saint-Siège, a rappelé les espoirs qu’a placés le pape François dans la réalisation effective des objectifs de développement durable et dans le caractère durable du cadre mis en place.  Cela oblige toutes les parties prenantes à faire preuve d’une volonté réelle, pratique et constante.  La réalisation du Programme 2030, selon le Saint-Siège, exige davantage que des financements publics.  Elle exige aussi des financements et des investissements privés.  Il a dès lors invité les acteurs non étatiques, tels que les groupes confessionnels, à donner le ton en s’engageant dans des activités financières éthiques qui visent à éliminer les inégalités sociales.  Il a rappelé les propos du pape, dans son encyclique « Laudato Si », qui appelait à prendre soin des autres.  Il a donc plaidé en faveur d’activités éthiquement responsables.  Des sociétés pacifiques et qui prennent soin des autres sont plus importantes que la disponibilité des financements, a-t-il conclu en soulignant l’importance de la bonne gouvernance et du maintien de la paix et de la sécurité.

M. THAUAN DOS SANTOS, Université fédérale de Rio de Janeiro, a d’emblée appelé à l’abandon des idées démodées et aux modèles préétablis.  Il faut regarder en face les inégalités structurelles des systèmes politiques et économiques internationaux.  Il est essentiel, à cet égard, de tenir compte du principe des « responsabilités communes mais différenciées » et ne pas oublier que les économies émergentes jouent un rôle clef dans la transition vers le développement durable.  Il faut dépasser la théorie de la centralité de l’État dans les relations internationales.  Les États jouent certes un rôle important mais il y d’autres formes de gouvernance dont celui des organisations internationales ou des autorités municipales et locales.  Au Brésil par exemple, la société civile et les ONG ont joué un rôle déterminant.  Pour aller de l’avant, il faut questionner la volonté politique et revoir les modèles internationaux et nationaux de financement, des droits de propriété et des indicateurs pour que le développement socioéconomique et le bien-être humain soient plus importants que le PNB.  Les particularités des pays qu’elles soient culturelles, politiques ou institutionnelles ne sauraient être ignorées pour une homogénéisation et une simplification de la réalité complexe de la politique internationale.  « Inspirons le monde, écrivons l’histoire », a conclu le représentant. 

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