Congrès pour la prévention du crime: « le Congrès de toutes les premières » et auteur d’une Déclaration « exemplaire » clôt ses travaux et fixe son prochain rendez-vous en 2020 au Japon

SOC/CP/367
19 avril 2015
Treizième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, 14e séance plénière - après-midi

Congrès pour la prévention du crime: « le Congrès de toutes les premières » et auteur d’une Déclaration « exemplaire » clôt ses travaux et fixe son prochain rendez-vous en 2020 au Japon

DOHA, QATAR, 19 avril - Le Premier Ministre du Qatar a clos aujourd’hui, à Doha, le treizième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, qui, ayant commencé le 12 avril dernier, a adopté une Déclaration politique* « exemplaire » pour la coopération internationale.  « La barre a été placée très haut », a déclaré le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), commentant, à son tour, « le Congrès de toutes les premières »: c’est la première fois en 60 ans, que le Congrès quinquennal voit la participation d’un Secrétaire général de l’ONU, un nombre record de plus de 4 000 responsables gouvernementaux, représentants de la société civile, universitaires et experts et un Forum de la jeunesse organisé au préalable.  C’est aussi la première fois que la Déclaration politique est adoptée par acclamation dès la séance inaugurale.

M. Abdullah bin Nasser bin Khalifa Al Thani, Premier Ministre du Qatar et Président du treizième Congrès, a salué une Déclaration politique « exemplaire » pour la coopération internationale en ce qu’elle offre « des moyens humains » de combattre la criminalité.  Voilà, s’est-il réjoui, ce que l’ONU peut faire quand les États se montrent à la hauteur de leurs responsabilités, renoncent aux politiques de deux poids, deux mesures et font preuve d’ouverture d’esprit contre le crime, la violence et le terrorisme et au nom de la paix, de la sécurité, du développement et de la stabilité pour tous.  

Aucun évènement ne saurait mieux illustrer ce qu’a défendu ce Congrès que les mauvaises nouvelles reçues aujourd’hui sur les 700 migrants qui se seraient noyés au large de Lampedusa.  De telles tragédies, a souhaité M. Yury Fedotov, Directeur exécutif de l’ONUDC, devraient nous servir à renforcer notre détermination à veiller à la mise en œuvre de la Déclaration politique, au nom des victimes de la criminalité, dont les migrants, et à la traduction en justice des trafiquants qui se nourrissent du désespoir des autres.

Le treizième Congrès, qui avait pour thème « l’intégration de la prévention de la criminalité et de la justice pénale dans la stratégie plus large de l’ONU contre les problèmes sociaux et économiques et pour la promotion de l’état de droit et la participation du public », a « placé la barre très haut » tant du point de vue du fond que de l’organisation, a estimé le Directeur exécutif de l’ONUDC.  Le Congrès a offert à la communauté internationale une plateforme solide pour la reconnaissance des liens « concrets » entre état de droit et développement durable.  

Le Congrès, a-t-il fait observer, a multiplié « les premières »: c’est la première fois en 60 ans, que l’Assemblée générale en approuve, trois ans auparavant, le thème, les points de l’ordre de jour et les ateliers.  C’est la première fois qu’un Secrétaire général de l’ONU, qu’un Président de l’Assemblée générale et qu’un Président du Conseil économique et social (ECOSOC) y participent, sans compter les plus de 4 000 personnes venant de 149 pays différents.  Avec plus de 200 réunions, un record a également été battu du côté des manifestations parallèles qui ont couvert un large éventail de questions allant de l’état de droit au trafic des migrants, en passant par la lutte contre le trafic des espèces sauvages et la violence contre les femmes et les enfants.

C’est la première fois aussi que le Forum de la jeunesse s’est tenu avant le Congrès, une initiative qui a montré combien il est « crucial » que les gouvernements travaillent avec les jeunes et écoutent attentivement leurs préoccupations et leurs aspirations.  Les recommandations du Forum de la jeunesse ont été une inspiration pour le Congrès, a estimé le Directeur exécutif, avant d’attirer l’attention sur une autre « première »: un document final, en l’occurrence, la Déclaration politique adoptée par acclamation dès la séance inaugurale.

La « Déclaration de Doha » est une déclaration politique « stimulante » qui reconnaît l’importance de renforcer la prévention du crime et la justice pénale, a-t-il dit.  Elle souligne l’engagement et la volonté politiques des États de mettre en œuvre des stratégies de promotion de l’état de droit et montre comment l’absence d’une politique sociale de prévention du crime et l’inefficacité des systèmes facilitent le crime, le terrorisme et la violence, obstacles au développement économique et social, s’est félicité le Directeur exécutif.

Nous devons travailler ensemble pour empêcher la criminalité de battre le développement durable.  Le défi est à présent de traduire la Déclaration en actes parce qu’elle n’a pas été adoptée pour le plaisir de la rhétorique et de la phraséologie mais pour des gens comme Skye, l’adolescente népalaise victime de la traite qui a réussi à traîner ses bourreaux devant la justice.  Au nom de cette justice, de l’équité et des droits de l’homme, je vous appelle, a conclu le Directeur exécutif de l’ONUDC, à traduire ce document « puissant » en actes susceptibles d’aider des gens comme Skye partout dans le monde.

Dans la Déclaration politique de 15 pages, les chefs d’État et de gouvernement, les ministres et les représentants des États réaffirment leur volonté de faire prévaloir l’état de droit et de combattre la criminalité, la corruption et le terrorisme, de veiller à ce que les systèmes de justice pénale soient « efficaces, équitables, humains et responsables », d’assurer l’accès à la justice pour tous, de mettre en place des institutions « efficaces, responsables, impartiales et non exclusives » et de défendre le principe de la dignité humaine ainsi que le respect universels de tous les droits de l’homme et libertés fondamentales. 

Ils énoncent des mesures contre, entre autres, le trafic des migrants, les combattants terroristes étrangers, le blanchiment d’avoirs tirés de la corruption mais aussi les formes de criminalité « nouvelles, émergentes et évolutives » que sont la cybercriminalité, le trafic de biens culturels, le trafic d’espèces sauvages, la contrebande de pétrole ou encore la contrefaçon de marchandises de marque. 

Nous ouvrons un « nouveau chapitre de l'histoire de l’humanité », avait déclaré M. Ban Ki-moon, le 12 avril dernier, dans ce qui était la première participation d’un Secrétaire général de l’ONU à un Congrès sur la prévention du crime.  M. Ban disait alors compter sur ce treizième Congrès pour ajouter son expérience aux parties les plus importantes du programme de développement pour l’après-2015 actuellement en négociations et dont le futur objectif 16 parle de « promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable, assurer à tous l’accès à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes ».  Le Secrétaire général rappelait en effet que 2015 est une année « cruciale », une année qui peut ouvrir la voie à un avenir meilleur pour des milliards de personnes.  Le succès exige que le nouvel agenda et les nouveaux objectifs de développement durable reflètent la centralité de l’état de droit, car toutes les sociétés ont besoin de systèmes de justice pénale équitables, d’institutions efficaces et responsables et d’accès à la justice pour tous, soulignait-il encore. 

Le treizième Congrès a commencé par une session inaugurale suivie d’un Segment de niveau de trois jours, réunissant des ministres des affaires étrangères, de la justice, de l’intérieur et autres hauts responsables d’État.  Les délégations ont ensuite discuté de manière plus interactive des liens entre l’état de droit et le développement durable; des formes nouvelles et émergentes de criminalité organisée; et de la participation du public à la prévention du crime.  Les Comités I et II dont les rapports ont été adoptés aujourd’hui ont tiré les enseignements des efforts nationaux et internationaux visant à répondre aux besoins spécifiques des femmes et des enfants, en particulier le traitement et la réinsertion sociale des délinquants, à rendre effectives l’entraide judiciaire et la protection des victimes de la traite, à combattre la cybercriminalité et le trafic de biens culturels, et à sensibiliser le public à la justice pénale.  Ici aussi l’« esprit de Doha », caractérisé par le professionnalisme et la coopération, a été salué.

Dans leur Déclaration politique, les États prennent note « avec satisfaction » de l’offre du Gouvernement japonais d’accueillir en 2020 le quatorzième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale.  Aujourd’hui par vidéo, la Ministre de la justice du Japon, Mme Yoko Kamikawa, a dit retenir de la Déclaration la nécessité d’intensifier la coopération internationale, l’assistance technique et le renforcement des capacités.  Elle a rappelé que l’année 2020 marquera le cinquantième anniversaire de l’année où le Japon a accueilli, pour la première fois, le Congrès.  Ce sera aussi l’année des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo, a-t-elle souligné.

Le Qatar et l’ONUDC ont été remerciés pour l’organisation et la qualité des travaux par les organisations et États suivants: Union européenne, Guatemala, Maroc, Nigéria, au nom du Groupe des États d’Afrique, Brésil, Jordanie, Panama, Turquie, Paraguay, Oman, Azerbaïdjan et Ligue des États arabes.

Convoqués tous les cinq ans, les Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, dont le premier s’est tenu à Genève en 1955, sont, du point de vue du nombre et de la diversité des participants, le plus grand rassemblement mondial de responsables gouvernementaux, de représentants de la société civile, d’universitaires et d’experts dans le domaine de la prévention du crime et de la justice pénale. Depuis 60 ans, ils influent sur les politiques de justice pénale et renforcent la coopération internationale contre la menace mondiale que représente la criminalité transnationale organisée.

*A/CONF.222/L.6

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