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SC/12157
11 décembre 2015

La Représentante spéciale pour les enfants et les conflits évoque le sort de l’enfance en République centrafricaine

Se voulant le moyen de renforcer la collaboration et la concertation entre les deux organes, le but étant de promouvoir la protection de l’enfance, les consultations officieuses tenues conjointement par le Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 2127 (2013) et le Groupe de travail du Conseil sur les enfants et les conflits armés, le 3 décembre 2015, ont été pour Mme Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé, l’occasion d’évoquer l’impact du conflit en République centrafricaine sur l’enfance dans ce pays.

Faisant observer à l’occasion de son exposé que le conflit centrafricain a un terrible impact sur l’enfance, singulièrement depuis décembre 2013, la toute dernière flambée de violence que le pays vit depuis septembre ayant également emporté nombre d’enfants, Mme Zerrougui a souligné que les enfants continuent d’être l’objet de violations et atteintes de la part de toutes les parties au conflit, étant ainsi enrôlés et utilisés par des groupes armés, victimes de viols et d’agressions sexuelles, tués ou mutilés lors d’attaques meurtrières.  Tout en rappelant que le Forum de Bangui de mai 2015 était venu améliorer le sort des enfants dans une certaine mesure, elle a dit combien il importait de préserver ces acquis, le but étant de pourvoir à la protection de l’enfance et d’obtenir leur libération par les groupes armés.

Citant les noms d’auteurs de ces violations, la Représentante spéciale invitera le Comité des sanctions créé par la résolution 2127 et le Groupe d’experts sur la République centrafricaine à continuer d’enquêter sur le recrutement et l’emploi d’enfants par des groupes armés dans le pays et, en particulier d’identifier ainsi quiconque, au sein de la hiérarchie desdits groupes encourt quelque responsabilité individuelle ou de par sa qualité de supérieur hiérarchique du chef de l’exercice de violations graves sur la personne d’enfants. Soulignant en outre combien il importe d’amener plus résolument les auteurs de violations graves sur la personne d’enfants à répondre de leur fait, Mme Zerrougui préconisera une plus étroite collaboration entre les deux organes du Conseil.

Pour conclure, la Représentante spéciale dira toute l’inquiétude que lui inspire le possible réarmement des Forces armées centrafricaines (FACA) et ceci qu’en l’absence de procédure formelle de vérification d’antécédents et de solides verrous, des auteurs de violations graves des droits de l’homme, notamment sur la personne d’enfants pourraient d’être réintégrés dans les FACA et se voir confier quelque poste de responsabilité.

Condamnant les violations et atteintes inqualifiables exercées sur la personne d’enfants en RCA, les membres du Comité et du Groupe de travail ont dit toute l’inquiétude que leur inspiraient l’impact de la détérioration de la situation humanitaire sur l’enfance, la perturbation de l’enseignement par suite des attaques menées contre les écoles, l’utilisation de celles-ci à des fins militaires et la persistance de l’enrôlement et de l’emploi d’enfants dans le conflit centrafricain.  Ils lanceront un appel en faveur de la cessation de toutes violations et atteintes sur la personne d’enfants et conviendront que la question de la protection de l’enfance mérite une attention de tous les instants.

Les membres du Comité et du Groupe de travail se sont également dits partisans de voir se resserrer la collaboration entre le Comité, le Groupe d’experts, le Groupe de travail, la MINUSCA et la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, le but étant de réunir toutes informations de nature à déboucher éventuellement sur l’identification et la sanction de tous individus impliqués dans l’enrôlement et l’emploi d’enfants dans le conflit centrafricain en violation du droit international applicable.

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