Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur l’exploitation et les atteintes sexuelles et la République centrafricaine

SC/12010-AFR/3198-PKO/514
18 août 2015

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur l’exploitation et les atteintes sexuelles et la République centrafricaine

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite aujourd’hui par le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’août, Mme Joy Ogwu (Nigéria):

Les membres du Conseil de sécurité ont entendu, le 13 août 2015, un exposé du Secrétaire général sur les allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles commises par les soldats de la paix des Nations Unies, notamment les dernières allégations concernant les sévices commis en République centrafricaine.

Ils ont exprimé leur indignation et leur colère face à ces allégations et rappelé que les soldats de la paix devraient protéger les civils dans les zones où ils sont déployés. Ils ont déclaré que l’Organisation des Nations Unies et en particulier ses soldats de la paix doivent se conformer aux dispositions pertinentes du droit international, notamment en ce qui concerne la protection des droits de l’homme. Les membres du Conseil ont indiqué que l’Organisation ne devrait pas laisser les actes d’un petit nombre ternir le travail héroïque accompli par des dizaines de milliers de soldats de la paix et de membres du personnel des Nations Unies.

Les membres du Conseil se sont félicités de l’engagement pris par le Secrétaire général d’appliquer rigoureusement la politique de tolérance zéro et ont pris note des recommandations que celui-ci a formulées pour faire en sorte que toutes les missions respectent pleinement cette politique, notamment dans le cadre des rapports qu’elles sont appelées à présenter régulièrement.

Ils ont pris note de la récente nomination d’un groupe indépendant chargé d’enquêter sur les informations faisant état d’allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles en République centrafricaine et sur la réaction du système des Nations Unies, et attendent avec intérêt que ses conclusions soient rendues publiques.

Les membres du Conseil ont réaffirmé qu’il incombait au premier chef aux pays qui fournissent des contingents et des effectifs de police la responsabilité d’enquêter sur les allégations à l’encontre de leur personnel en uniforme, et, s’il y a lieu, d’engager des poursuites, et d’informer l’Organisation des Nations Unies, en temps voulu, des progrès et des résultats des enquêtes. Ils ont demandé au Secrétariat de tenir les pays qui fournissent des contingents et des effectifs de police pleinement informés dès que des allégations visant le personnel de maintien de la paix sont faites, ont insisté sur la nécessité de diffuser intégralement et convenablement l’information au sein du système des Nations Unies et ont déploré le fait que certaines allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles, notamment les dernières visant des soldats de la paix des Nations Unies en République centrafricaine, aient été portées à leur attention par des acteurs extérieurs tels que les médias et les organisations non gouvernementales. Ils ont souligné combien il importait que l’Organisation mène sans délai des enquêtes crédibles et transparentes sur les allégations les plus récentes d’inconduite et d’abus et que, si celles-ci étaient fondées, elle collabore avec les pays fournisseurs de contingents pour veiller à ce que ceux qui sont responsables répondent de leurs actes. Les membres du Conseil ont souligné qu’il importait de renforcer la capacité des pays fournisseurs de contingents pour qu’ils puissent enquêter sur les allégations et amener à répondre de leurs actes ceux qui se livrent à des atteintes dans le cadre de leurs propres juridictions nationales. Les membres du Conseil ont insisté sur le fait que les victimes et leur famille doivent bénéficier d’une assistance lorsque de telles atteintes se produisent, notamment grâce à un meilleur échange des informations concernant les mesures prises par les pays fournisseurs de contingents et d’effectifs de police pour en tenir les auteurs responsables, et ont souligné qu’il importait de répondre aux besoins des victimes.

Rappelant le paragraphe 45 de la résolution 2217 (2015), les membres du Conseil ont insisté sur le fait que toutes les forces opérant en République centrafricaine doivent, dans l’exécution de leur mandat, agir dans le plein respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la République centrafricaine, ainsi que des dispositions applicables du droit international, et ont rappelé l’importance que revêt la formation à cet égard. Ils ont pris note de la décision du Secrétaire général de demander la démission de son Représentant spécial en République centrafricaine et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Ils ont rendu hommage au général Babacar Gaye des efforts inlassables qu’il a déployés à l’appui de la paix, de la sécurité et de la réconciliation nationale en République centrafricaine et au cours de sa carrière à l’ONU. Ils ont pris note de la nomination, par le Secrétaire général, de Parfait Onanga-Anyanga Représentant spécial par intérim et Chef de la Mission et l’ont assuré de leur plein appui à la MINUSCA.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.