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SC/11916-AFR/3150
3 juin 2015

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur le Soudan du Sud

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite aujourd’hui par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de juin, M. Ramlan Bin Ibrahim (Malaisie):

Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur vive préoccupation face aux conditions de sécurité et à la situation humanitaire au Soudan du Sud et ont réaffirmé leur plein appui à la direction et au personnel de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), qui jouent un rôle crucial dans des conditions très difficiles, notamment pour ce qui est de la protection des civils.  À cet égard, ils se sont déclarés préoccupés par l’évolution récente de la situation au Soudan du Sud, notamment par la décision qu’a prise le Gouvernement sud-soudanais, le 29 mai 2015, d’expulser le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général/Coordonnateur résident/Coordonnateur de l’action humanitaire de la MINUSS.

Les membres du Conseil soulignent qu’une telle décision, qui intervient immédiatement après l’avertissement lancé le 27 mai 2015 par le Programme alimentaire mondial, selon lequel le Soudan du Sud s’expose à des niveaux d’insécurité alimentaire sans précédent dans sa brève histoire, sous l’effet conjugué du conflit, de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’aggravation de la crise économique, témoigne d’un mépris flagrant à l’égard de la situation désespérée du peuple sud-soudanais et du rôle crucial que joue la communauté internationale, en particulier les Nations Unies, pour tenter de remédier à la très grave crise humanitaire et de redonner espoir à la population.

Les Membres du Conseil ont vigoureusement condamné les violations répétées de l’Accord de cessation des hostilités, accepté et signé le 23 janvier 2014 par la République du Soudan du Sud et le Mouvement/l’Armée populaire de libération du Soudan (dans l’opposition), et déclaré qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit qui dure depuis près de dix-huit mois et dont la violence ne fait que s’amplifier.  Ils ont en outre condamné les coups de feu tirés, le 28 mai 2015, dans le site de protection des civils de la MINUSS à Malakal par des soldats de l’Armée populaire de libération du Soudan, qui ont blessé trois civils et un soldat de la paix de la MINUSS.  Ils ont à nouveau demandé au Gouvernement sud-soudanais de faire immédiatement le nécessaire pour assurer la sécurité de tous les civils et des sites de protection des civils de la MINUSS au Soudan du Sud, d’enquêter rapidement sur ces faits et de traduire en justice les auteurs de tels actes odieux.  À cet égard, ils ont souligné leur volonté d’imposer des sanctions aux personnes qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité au Soudan du Sud, comme le prévoit la résolution 2206 (2015).

Les membres du Conseil ont exigé que toutes les parties cessent les actes d’intimidation et de harcèlement à l’encontre de la MINUSS et du personnel humanitaire, lèvent les restrictions imposées à la liberté de circulation et permettent à la MINUSS de s’acquitter pleinement de son mandat.  Ils ont également exigé l’application intégrale de l’Accord sur le statut des forces et insisté sur l’importance pour le Gouvernement et la MINUSS de coopérer et communiquer étroitement, y compris au plus haut niveau, en particulier pour régler ces questions.

Les membres du Conseil ont demandé à toutes les parties de participer de manière constructive au processus de paix de façon à parvenir à un règlement politique de la crise et mettre fin au conflit.  Ils ont prié instamment le Secrétaire général de faire en sorte que l’ONU renouvelle ses efforts en direction de toutes les parties intéressées en vue de mettre fin à la crise qui continue de sévir au Soudan du Sud.

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