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SC/11864-AFR/3114
17 avril 2015

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la situation au Burundi

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite aujourd’hui par la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois d’avril, Mme Dina Kawar (Jordanie):

Les membres du Conseil de sécurité se sont réunis le 16 avril pour examiner la situation au Burundi.  Ils ont noté que les élections devant se tenir prochainement, extrêmement sensibles, pourraient susciter des violences et compromettre une paix installée depuis près de 10 ans dans l’esprit de l’Accord d’Arusha.  Le Conseil a demandé à toutes les parties de donner la priorité à la préservation d’une paix fragile dans laquelle tant d’efforts avaient été investis.  Ils se sont félicités des échanges récents que le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, le Président Kikwete, la Présidente de la Commission de l’Union africaine, Mme Dlamini-Zuma, la Mission électorale des Nations Unies au Burundi (MENUB) et la formation Burundi de la Commission de consolidation de la paix avaient eus avec les autorités burundaises.

Les membres du Conseil ont pris note de la déclaration du 15 avril dans laquelle le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, s’était dit préoccupé par l’aggravation des tensions et avait demandé au Gouvernement et aux forces de sécurité de prendre des mesures de répression à l’égard du groupe Imbonerakure, à l’opposition et aux groupes de jeunes qui y était associés de jouer un rôle constructif et pacifique, et à toute les parties de s’interdire de tenir des discours haineux, de réagir violemment aux provocations et d’entretenir un climat de crainte.

Les membres du Conseil ont souligné qu’il fallait que le Gouvernement et l’opposition politique s’abstiennent de tout acte de violence et d’intimidation avant, pendant et après les élections et favorisent activement la création des conditions nécessaires pour que des élections crédibles et ouvertes à tous puissent se tenir à temps et dans la paix.  À ce propos, ils ont condamné la tentative d’assassinat perpétrée le 15 mars contre l’épouse d’Agathon Rwasa, dirigeant de l’opposition.  Ils se sont également dits préoccupés par les répercussions de la situation sur la région, notamment par les informations, provenant de personnes évoquant la crainte d’actes de violence, selon lesquelles de plus en plus de réfugiés burundais arrivaient au Rwanda.

Les membres du Conseil ont fait part de leur intention de suivre de près tout acte commis au Burundi qui menacerait la paix, la sécurité ou la stabilité du pays en facilitant la violence, notamment les possibles distributions d’armes à des groupes de jeunes, et de réagir à ces actes.

Les membres du Conseil ont noté que les membres du Gouvernement burundais s’étaient dits déterminés à tenir des élections libres, crédibles, pacifiques et transparentes dans les délais prévus par le calendrier électoral et leur ont demandé de tenir cet engagement.  Ils ont rappelé que lorsqu’ils s’étaient rendus au Burundi le 13 mars, beaucoup d’organisations de la société civile et de membres de l’opposition politique les avaient avertis que les élections risquaient de susciter des violences si des mesures prudentes n’étaient pas prises et si les tentatives de restriction de l’espace politique se poursuivaient, et ont également rappelé qu’il fallait que toutes les parties se conforment à la charte de non-violence du 9 mars 2015.

Les membres du Conseil ont également demandé à toutes les parties de s’employer à régler pacifiquement toute question problématique touchant les élections.

 

 

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