Commission de la condition de la femme: la Ministre norvégienne de l’intégration sociale exige que 2030 soit « la date de péremption » des inégalités entre les sexes

FEM/2028
12 mars 2015
Commission de la condition de la femme, cinquante-neuvième session, 7e & 8e séances – matin & après-midi

Commission de la condition de la femme: la Ministre norvégienne de l’intégration sociale exige que 2030 soit « la date de péremption » des inégalités entre les sexes

« Les droits de la femme sont des droits de l’homme », a déclaré aujourd’hui la Ministre de l’égalité et de l’intégration sociale de la Norvège au quatrième jour du débat général de la Commission de la condition de la femme.  Mme Solveig Horne, qui s’est lancée dans un vibrant plaidoyer contre la violence faite aux femmes, a fait écho à l’appel d’ONU-Femmes et a exigé que 2030 soit proclamé « date de préemption » des inégalités entre les hommes et les femmes.  La Commission de la condition de la femme a aussi parlé des conclusions des réunions régionales « Beijing+20 » organisées par les commissions régionales des Nations Unies.

Aucune culture, tradition ou religion ne saurait servir de prétexte pour nier aux femmes et aux filles leurs droits qui sont des droits de l’homme, a martelé la Ministre norvégienne de l’égalité et de l’intégration sociale.  Mme Solveig Horne, qui a dénoncé avec virulence la violence faite aux femmes y a vu « un défi mondial »: 35% des femmes dans le monde ont été exposées à la violence sexuelle et beaucoup d’entre elles sont victimes de la violence là où elles devraient se sentir en sécurité, à savoir chez elles.  « Une société où une femme n’est pas en sécurité est une société dans laquelle personne n’est en sécurité », a martelé le représentant d’Israël.  Ce n’est pas un hasard, a-t-il insisté, si les pays qui menacent la paix et la sécurité mondiales sont précisément ceux où les femmes sont privées de leurs droits et de leur dignité.

Le Vice-Ministre des affaires sociales de l’Ukraine n’a pas manqué de rappeler que l’invasion de son pays et l’annexion de la Crimée ont conduit à de nombreux cas de violences contre les femmes et les enfants ukrainiens qui représentent plus de 66% des personnes déplacées.  Lui faisant écho, le représentant de la Syrie a dénoncé le fait que les femmes syriennes soient aujourd’hui victimes de l’idéologie wahhabite et de groupes terroristes.  La Sous-secrétaire d’État de la Turquie a demandé à la communauté internationale d’accorder une attention particulière à la situation « des femmes réfugiées qui font tout pour survivre et assurer la survie de leurs enfants dans les zones de conflits ».  Leurs droits à la vie et à la sécurité doivent être défendus et protégés de manière prioritaire.  De nombreuses intervenants ont réitéré leur attachement à la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix, la sécurité.

La Vice-Ministre d’État du Brésil est quant à elle revenue sur la « faiblesse » de la Déclaration politique que la Commission de la condition de la femme a adoptée au début de sa session.  Elle a rappelé que la Conférence de Beijing avait « brillamment » affirmé que les droits de la femme incluent leur droit à avoir le contrôle sur les questions liées à leur sexualité et d’en décider librement et de façon responsable.  Au lieu de regarder vers l’avenir, a-t-elle dit, en commentant la Déclaration politique, « nous choisissons de nous accrocher au passé et de regarder vers la lointaine année 1995 ».  

Son homologue de la Norvège a tenu à faire écho à l’appel d’ONU-Femmes, en souhaitant que 2030 soit proclamée « date de péremption des inégalités entre les sexes ».  « Nous devons parvenir à 50/50 d’ici à 2030 », a-t-elle insisté.

La Commission de la condition de la femme a aussi tenu une table ronde au cours de laquelle elle a entendu les chefs des cinq commissions régionales des Nations Unies sur la mise en œuvre, à l’échelle des régions, du Programme d’action de Beijing.

La Commission poursuivra ses travaux demain, vendredi 13 mars, à partir de 10 heures.

SUITE DONNÉE À LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET À LA VINGT-TROISIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »

Suite du débat général

« Les droits de la femme sont des droits de l’homme » et « aucune culture, tradition ou religion ne saurait servir de prétexte pour refuser ces droits aux femmes et aux filles », a déclaré Mme SOLVEIG HORNE, Ministre des enfants, de l’égalité et de l’intégration sociale de la Norvège.  La violence faite aux femmes est un défi mondial, a-t-elle alerté: 35% des femmes dans le monde ont été exposées à la violence sexuelle et beaucoup d’entre elles sont victimes de la violence là où elles devraient se sentir en sécurité, à savoir chez elles.  Pour la Ministre, la lutte contre la violence faite aux femmes passe aussi par l’élimination des pratiques néfastes comme le mariage forcé et les mutilations génitales féminines.  Ces pratiques, a-t-elle affirmé, peuvent être éliminées au cours de la prochaine génération si on leur donne la priorité voulue.  L’éducation est importante.  C’est la clef pour réaliser l’égalité entre les sexes, le développement durable et la réduction de la pauvreté.  Plus de 60 millions de filles dans le monde ne vont pas à l’école, en particulier les filles handicapées.

Tous les ans, a poursuivi la Ministre, 67 millions de filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, ce qui veut dire qu’elles sont exposées à des grossesses précoces avec un haut risque de complications voire de mort.  Les jeunes du monde entier, y compris les homosexuels, les bisexuels, les transgenres et les personnes handicapées, ont besoin d’une information complète sur leur propre sexualité.  C’est certes une question sensible et controversée, mais on ne peut ignorer, a dit la Ministre, les conséquences des avortements illégaux et dangereux sur la santé et la vie des femmes.

La Norvège, a-t-elle assuré, est engagée en faveur d’un nouveau programme de développement qui mette un fort accent sur l’égalité entre les sexes.  L’éducation et l’accès à des emplois meilleurs mènent à des salaires plus élevés et à de meilleures décisions.  C’est la raison pour laquelle la Norvège a fait de l’éducation des filles sa priorité dans sa coopération au développement, a conclu la Ministre, en faisant écho à l’ONU-Femmes qui a proclamé 2030 « date de préemption des inégalités entre les hommes et les femmes ».  Nous devons parvenir à 50/50 d’ici à 2030.

Mme LICENCIADA YANIRA ARGUETA, Ministre de la femme du Salvador, a mis l’accent sur les mécanismes institutionnels de son pays pour la lutte contre la violence faite aux femmes.  Pour elle, il s’agit d’offrir des services spécifiques aux femmes et de leur assurer l’accès à la santé sexuelle et génésique, tout en ne perdant pas de vue la promotion de l’égalité entre les sexes dans tous les programmes et plans nationaux.  La Ministre s’est dite consciente des formes de discrimination contre les femmes dans les espaces publics, mais a assuré qu’il existe aujourd’hui des moyens pour faire entendre la voix des femmes et garantir leur participation aux processus de prise de décisions.  Pour la Ministre, les enjeux importants sont l’accès des femmes au marché du travail et la lutte contre la violence à leur encontre, dont l’impunité.  Elle a souligné l’importance de prévoir un mécanisme d’audit et de dialogue dans le nouveau cadre de développement pour l’après-2015 pour évaluer les progrès et aller de l’avant.

Mme SOPHIA M. SIMBA, Ministre du développement communautaire, du genre et de l’enfance de la République-Unie de Tanzanie, a parlé des progrès réalisés dans son pays, en s’attardant en particulier sur les mécanismes nationaux, la participation économique et l’éducation, ainsi que la formation.  Malgré ces progrès, a-t-elle avoué, la Tanzanie, comme de nombreux pays en développement, est confrontée à un certain nombre de défis dont la pénurie de fonds, les mariages forcés et les grossesses précoces, la violence contre les femmes et les filles, et les niveaux de pauvreté.  Compte tenu des enseignements tirés de l’expérience, la Tanzanie entend se concentrer, dans le cadre du nouveau programme de développement, sur la réduction de la pauvreté, l’émancipation économique des femmes par l’accès aux services juridiques, les facilités de crédits, le leadership, l’éducation, la santé et la lutte contre la violence.  Ce nouveau cadre nous offre la chance d’élargir encore notre travail dans le domaine de l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, a estimé la Ministre.

Mme MARIAMA SARR, Ministre de la femme, de la famille et de l’enfance du Sénégal, a assuré que le Sénégal s’est toujours évertué à articuler sa politique d’autonomisation des femmes et d’égalité des sexes autour des 12 domaines d’intervention de la Plateforme d’action de Beijing qui en constitue son bréviaire.  Cette option inscrite au cœur du Plan Sénégal Émergent qui constitue la vision sénégalaise du développement, s’est traduite par la création de cellules genre dans les ministères sectoriels ainsi que l’intégration du genre dans leurs activités.  La Ministre a fait état des programmes mis en place dans le domaine de l’éducation, de la santé, de la justice sociale mais aussi de la participation des femmes dans la vie publique avec, à terme, l’objectif d’éradiquer la pauvreté et de s’inscrire vers l’émergence.  La « litanie » des réalisations, a conclu la Ministre, témoigne de l’intérêt particulier que le Sénégal, pays hôte de la rencontre préparatoire régionale à la Conférence de Beijing, attache à la cause des femmes.  La Ministre a jugé important de poursuivre les efforts pour circonscrire la problématique des femmes dans le programme de développement pour l’après-2015.

Mme MARTINA ŠTĚPÁNKOVÁ, Vice-Ministre des droits de l’homme et de l’égalité des chances de la République Tchèque, s’est dite fière qu’à la veille de l’examen Beijing+20, son gouvernement ait approuvé la Stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2014-2020.  Il s’agit, a-t-elle souligné, du premier document stratégique qui vise spécifiquement cette égalité.  La Stratégie couvre huit domaines en s’inspirant du Programme d’action de Beijing et comprend cinq autres priorités horizontales comme les stéréotypes, les hommes et le genre, ou encore la coopération avec les ONG et les autres parties prenantes.  La Stratégie offre un cadre général pour des mesures spécifiques dans les six prochaines années.  S’appuyant sur cette stratégie, a poursuivi la Vice-Ministre, un Plan d’action pour la prévention de la violence domestique et fondée sur le sexe a été adopté pour la période 2015-2018.  D’ici à la fin du mois, un plan d’action sur la représentation équitable des femmes et des hommes dans les postes de responsabilité devrait être soumis au Gouvernement.  Toujours d’ici à la fin de l’année, le Gouvernement entend lancer une campagne de sensibilisation, financée par la Norvège, sur l’égalité entre les sexes et la prévention de la violence fondée sur le sexe.  L’intégration de la perspective d’égalité entre les sexes est un principe multisectoriel de la coopération au développement de la République tchèque, a encore expliqué la Vice-Ministre. 

Mme LINDA GOULART, Ministre des politiques de la femme du Brésil, a, comme d’autres délégations, appuyé l’idée d’un objectif spécifique sur l’égalité entre les sexes dans le nouveau programme de développement pour l’après-2015, et l’intégration de cette thématique dans tous les autres objectifs.   La Ministre a annoncé que son pays vient d’amender le Code pénal pour pénaliser le « fémicide » et que le Gouvernement milite maintenant pour une loi visant à pénaliser l’homophobie.

Critiquant la faiblesse de la Déclaration politique que la Commission de la condition de la femme a adoptée au début de sa session, la Ministre a rappelé que la Conférence de Beijing avait « brillamment » affirmé que les droits de la femme incluent leur droit d’avoir le contrôle sur les questions liées à leur sexualité et d’en décider librement et de façon responsable, y compris la santé sexuelle, sans coercition, discrimination et violence.  Que dire de cela au moment où nous célébrons le vingtième anniversaire de cette même Conférence? a demandé Mme Goulart.  Cette célébration devrait être le moment de renforcer l’accord et de mettre en place de nouveaux buts et voies de coopération.  Au lieu de cela, nous choisissons nous-mêmes de nous accrocher au passé et plutôt que de regarder vers l’avenir, nous regardons vers la lointaine année 1995.    

Toutes les dispositions du Programme d’action de Beijing n’étaient pas consensuelles mais au moins elles étaient sous-tendues par le consensus que le Programme dans son ensemble constituait une nouvelle base pour l’action.  Or aujourd’hui une telle force a disparu.  Nous ne pouvons laisser des intérêts particuliers faire obstacle à l’intérêt général.  Le Brésil souligne que les textes de Beijing réaffirment les droits et les intérêts d’un pays en développement, tout simplement parce qu’on ne peut parvenir au développement en ignorant la moitié de l’humanité.  Le plein potentiel des femmes doit encore être libéré.

Mme MARTINA KALJURAND, Vice-Ministre des affaires étrangères adjointe de l’Estonie, a lancé un appel pour que l’on mette fin aux normes sociales et aux traditions qui favorisent la discrimination à l’encontre des femmes et pour ce faire, mener des campagnes de sensibilisation auprès de toute la société, y compris des hommes.  En vue d’élargir au maximum la portée de telles campagnes, la Ministre a insisté sur le recours aux nouvelles technologies qui n’existaient pas il y a 20 ans.  Elle s’est dite convaincue que l’accès à l’éducation des filles est le principal outil pour autonomiser les femmes et les filles.  La numérisation de la société permet aujourd’hui d’amener l’éducation dans les zones reculées et dans les zones de conflit, a-t-elle fait remarquer avant de préciser que l’Estonie a, par exemple, fourni à l’Afghanistan une assistance technique en matière de technologies de l’information et des communications.  S’agissant des femmes dans les efforts de paix et de sécurité internationaux, elle a dit attendre avec intérêt l’examen de la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.

« Les femmes ne devraient pas se mettre à genoux pour réclamer leur égalité », a déclaré Mme TEKEA TESFAMICHAEL, Présidente de l’Union nationale des femmes d’Érythrée.  « Elles doivent rester déterminées à avancer vers ce qu’elles veulent réaliser. »  L’Érythrée, a-t-elle affirmé, s’emploie à faire en sorte que ses politiques et actions contribuent de façon positive et significative à la vie des femmes et des filles.  Toutes les lois discriminatoires relatives au mariage précoce, au consentement parental, au statut social, à l’emploi, à l’accès à la terre, à l’héritage et aux mutilations génitales féminines ont été abrogées, sans compter les lois qui ont été adoptées pour permettre aux femmes de jouer un rôle plus grand, dans un contexte plus favorable à la justice sociale et à l’égalité entre les sexes.  Le nouveau Plan d’action sur le genre 2015-2019 constitue un succès dans l’harmonisation des obligations internationales et des politiques nationales.

Soyons clairs, a dit la Présidente: les progrès de l’Érythrée ne doivent pas cacher que les femmes, comme partout ailleurs, font face à d’énormes défis qui vont des facteurs climatiques aux capacités humaines et institutionnelles en passant par les ressources limitées.  Les Érythréennes doivent en outre faire face à l’occupation de leur territoire et aux sanctions injustes imposées à leur pays.  Ces deux situations constituent un déni du droit du peuple à la paix et à la sécurité ainsi qu’au développement.

Mme MAKHFIRAT KHIDIRZODA, Présidente du Comité des femmes et des affaires familiales du Tadjikistan, a expliqué que le cadre normatif et juridique de l’égalité des droits et des chances au Tadjikistan peut être divisé en deux parties distinctes.  La première vise à protéger les droits de la femme dans les domaines de la politique, de l’éducation, de l’économie qui sont des parties intégrantes des processus sociaux et politiques, et la seconde concerne la protection des droits de la femme au sein de la famille, particulièrement face à toutes les formes de violences et y compris les droits de la mère et de l’enfant et les droits sexuels et reproductifs.  La Présidente a affirmé que l’intégration de la question du genre dans les stratégies économiques et sociales a permis de porter l’attention sur des questions comme l’emploi des femmes, leur accès aux ressources économiques.  La représentante a indiqué que la Conférence internationale de haut niveau sur la mise en œuvre de la Décennie de l’Action « Eau pour la vie » 2005-2015 aura lieu à Douchanbe les 9 et 10 juin.  Elle a affirmé que les questions de l’eau et du genre sont au centre de l’agenda de la Conférence qui prévoit aussi un Forum des femmes sur l’autonomisation et la participation à la gestion des ressources en eau.

Après avoir égrené les réalisations de son pays dans la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing, Mme BUNDITH PRATHOUMVANH, Présidente de la Commission nationale pour la promotion de la femme de la République démocratique populaire lao, s’est attardée sur les défis.  Elle a cité la réduction de la pauvreté, les normes culturelles et la tradition, les taux élevés de mortalité maternelle, le mariage précoce et le faible niveau d’éducation des femmes.  Ces problèmes doivent être abordés dans le programme de développement pour l’après-2015 et le Cadre d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement au-delà de 2014.  Le Gouvernement lao continuera de travailler avec les partenaires extérieurs, les donateurs et les autres parties prenantes.  L’autonomisation des femmes et l’égalité entre les sexes seront dûment incluses dans le huitième Plan quinquennal de développement socioéconomique du pays, a affirmé le représentant. 

Mme CATHERINE M. RUSSELL, Ambassadrice itinérante des États-Unis sur les questions mondiales liées à la condition de la femme, a souligné que son pays appréhende le travail en faveur des femmes et des filles en dehors de ses frontières, conscient qu’il doit faire plus sur son propre territoire.  Sur le plan international, les États-Unis se concentrent sur trois domaines principaux et d’abord la lutte contre la violence « endémique » fondée sur le sexe, comme en atteste le lancement, en 2012, par le Gouvernement de la Stratégie de prévention et de réponse à cette violence.  Le second domaine, a-t-elle expliqué, est de reconnaitre que les femmes sont des agents du changement.  Le Gouvernement investit donc ressources, énergie et expertise pour la participation des femmes dans les processus de prise de décisions liées à la paix et à la sécurité.  Les États-Unis allient pressions diplomatiques et assistance adéquate.  Les efforts portent sur la participation des femmes dans les pourparlers de paix au Myanmar, en Syrie ou encore au Soudan du Sud, parce qu’« une paix sans la moitié de la population n’est pas une paix pour tous ».

Les efforts portent aussi sur l’entreprenariat et l’éducation car c’est le meilleur moyen d’investir dans les femmes de demain.  L’Ambassadrice a, dans ce contexte, décrit les contours de l’initiative « Let Girls Learn ».  S’agissant de la santé sexuelle et reproductive, elle a parlé d’un investissement de 210 millions de dollars dans le programme « DREAMS Partnershi » contre le VIH/sida.  Les efforts de développement ne connaîtront pas le succès si les femmes et les filles n’y sont pas partenaires, et c’est pour cette raison que les États-Unis soutiennent l’idée d’établir un objectif spécifique sur l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et filles, et à l’intégration du genre, de manière transversale, dans tous les autres objectifs et cibles importants. 

Troisièmement, les États-Unis défendent une approche fondée sur des données fiables, conformément à l’adage du Secrétaire d’État, M. John Kerry, selon lequel « ce qui est quantifiable s’obtient ».  Les données sont « essentielles » pour savoir où et comment affecter les ressources.  Elles contribuent à la redevabilité, révèlent la manière de mieux cibler et adapter les efforts et facilitent les plaidoyers auprès d’autres parties prenantes. 

M. SERGIY USTYMENKO, Vice-Ministre des affaires sociales de l’Ukraine, a axé son intervention sur la question des femmes dans les conflits armés, une des questions vitales dont doit s’occuper la communauté internationale.  L’invasion et l’annexion de la Crimée ont conduit à la violence contre de nombreuses Ukrainiennes.  Plus de 66% des déplacés sont des femmes et des enfants pour lesquels le Gouvernement lance un appel à l’aide internationale.  Les femmes ne sont pas que victimes des conflits, elles peuvent aussi être championnes de la paix mais malheureusement elles restent sous-représentées dans les négociations de paix.  L’Ukraine appelle donc au plein respect de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.    

M. REINIS UZULNIEKS, Ministre de la santé de la Lettonie, a rappelé qu’il y a une semaine, son pays a été l’hôte d’une Conférence internationale de haut niveau sur l’autonomisation économique des femmes et le développement durable, dans le contexte du programme de développement pour l’après-2015.  La Conférence, a-t-elle souligné, a appelé à un objectif spécifique sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes et des filles.  Membre du Conseil des droits de l’homme et du Conseil d’administration d’ONU-Femmes, la Lettonie a choisi d’organiser, du 2 au 4 mai, la Journée internationale de la liberté de la presse sur le thème de l’égalité entre les sexes et les femmes dans les médias.  Le moment est venu, a conclu la Ministre, de renouveler la volonté politique et de renforcer le travail pour réaliser l’égalité, l’autonomisation et les droits de l’homme pour toutes les femmes et les filles.

Mme MARTHA ORDOÑEZ, Conseillère de haut niveau du Président de la Colombie, a expliqué que son gouvernement était en train de bâtir une société plus juste avec des avancées significatives en termes de droits de la femme et d’égalité entre les sexes.  Le Plan d’action national, entré en vigueur il y a deux ans, porte déjà ses fruits.  La Conseillère a également expliqué que dans le cadre du processus de paix en cours en Colombie, le Président a nommé des femmes plénipotentiaires pour mener les négociations.  La question de l’égalité entre les sexes au niveau de l’enseignement est déterminante, a dit Mme Ordoñez, pour ouvrir l’accès des femmes à un travail digne et mettre fin aux inégalités de revenus.  Elle a aussi vanté les mérites des nouvelles technologies de l’information et des communications en tant qu’outil d’autonomisation des femmes.  La Colombie, a-t-elle dit, a renforcé sa législation contre la violence faite aux femmes mais ce qu’il faut surtout, c’est modifier les comportements.  S’agissant du programme de développement pour l’après-2015, elle a, à son tour, appuyé l’idée d’inclure l’égalité entre les sexes comme une question transversale dans tous les objectifs. 

Mme GUGULI MAGRADZE, Membre du Conseil de l’égalité entre les sexes de la Géorgie, a assuré que les principes d’égalité sont présents dans la Constitution de la Géorgie et que des lois spécifiques ont été adoptées pour les mettre en pratique.  Elle a aussi relevé qu’un Conseil permanent sur l’autonomisation des femmes est fonctionnel depuis 2010 au sein du Parlement.  De même, des mesures temporaires ont été adoptées afin de renforcer la participation des femmes à la vie politique.  Mme Magradze a noté que le Gouvernement œuvre également à la prévention de la violence contre les femmes, notamment la violence domestique, y compris en faveur des femmes déplacées, étant donné que 20% du territoire national de la Géorgie est sous occupation.  Elle a appelé à une lutte renforcée contre les stéréotypes qui constituent un obstacle à l’égalité, souhaitant, comme beaucoup d’autres délégations, que cette question fasse l’objet d’un objectif spécifique dans le prochain programme de développement et qu’elle soit insérée, de manière transversale, dans tous les autres objectifs.

Mme NESRIN ÇELIK, Sous-secrétaire d’État, auprès du Ministre de la famille et des politiques sociales de la Turquie, a expliqué que dans son dixième Plan de développement (2014-2018), la Turquie a fixé ses objectifs, en tenant compte de la nécessité de concilier vie professionnelle et vie familiale et de promouvoir l’éveil social par l’éducation formelle et informelle afin d’éliminer la violence contre les femmes.  La Turquie, a-t-elle souligné, a poursuivi sa politique de « porte ouverte » face à ceux qui sont contraints de fuir leur pays.  La Sous-Secrétaire d’État a souligné que son pays prend en charge la totalité de ce que lui coûte les deux millions de personnes qui ont trouvé refuge sur son sol.  Les Nations Unies, a-t-elle estimé, doivent faire plus pour trouver une solution à cette question. 

Le problème des femmes qui font tout pour survivre et assurer la survie de leurs enfants dans les zones de conflits et de celles qui sont forcées de fuir leur pays mérite plus d’attention que d’autres problèmes.  Le droit à la vie et à la sécurité de ces femmes, qui est toujours une question urgente, doit être traité, défendu et protégé, comme priorité, a-t-elle conclu.  

Mme ESTHER IKERE ELYZAI, Sous-Secrétaire d’État auprès du Gouvernement du Soudan du Sud, a relevé que son gouvernement a pour objectif d’atteindre le taux de 35% de femmes aux postes publics.  Des mesures ont été arrêtées pour que chaque ministère prenne en charge la lutte contre la violence sexiste, dans son domaine de compétence.  Un plan d’action national a été mis en place, avec l’appui d’ONU-Femmes, dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.  Mais, a déploré la Sous-Secrétaire d’État, depuis le début de la crise en décembre 2013, les femmes payent un lourd tribut et les institutions publiques n’ont plus la capacité d’œuvrer amplement à la tâche de leur autonomisation et à la défense de leurs droits.

Mme PEARL N. MATOME, Secrétaire permanente au Ministère du travail et des affaires intérieures du Botswana, a indiqué que le rapport 2014 sur l’égalité entre les sexes du Forum économique mondial a reconnu les progrès remarquables de son pays.  Le Botswana a gagné 34 places en se hissant en cinquante et unième position parmi 142 pays, et en huitième position pour ce qui est de la participation des femmes à l’économie.  S’agissant de l’accès à l’éducation, le pays partage depuis cinq ans, la cinquième place avec d’autres, compte tenu de sa « parité parfaite » à tous les niveaux de l’enseignement.  La Secrétaire permanente n’a pas pour autant caché les défis qu’il faut encore relever comme l’accès des femmes aux ressources productives ou leur représentation au Parlement qui n’est encore que de 8%.  Pour les cinq prochaines années, le Gouvernement s’est donc donné pour tâche de multiplier les opportunités économiques pour tous les Botswanais, en particulier les jeunes et les femmes, d’éliminer la pauvreté absolue d’ici à 2017 et de garantir un accès égal à la terre, ce qui est un droit inné, et au logement, ce qui est un droit fondamental.  Pour le Botswana, la croissance inclusive est le « moteur stratégique » du développement social.

Mme LIRIOLA LEOTEAU, Directrice générale de l’Institut national de la femme du Panama, estime que malgré les retards enregistrés dans la réalisation des objectifs fixés, il y a 20 ans, à Beijing, il faut aujourd’hui se tourner vers l’avenir et se remobiliser pour relever les défis qui s’érigent devant l’égalité totale entre les sexes.  Pour agir de manière informée et ciblée, le Panama organise ce mois-ci un atelier sur les indicateurs de promotion de la femme.  Cette approche devrait également faciliter le suivi des politiques et mesures adoptées.  Le travail de l’Institut national de la femme avec les instances gouvernementales a mené à l’adoption d’une politique nationale de l’égalité des chances et à un Plan national de lutte contre la violence et la discrimination et pour la participation des femmes à la vie publique et politique.  Le Panama a aussi adopté des lois contre le mariage précoce et le fémicide.  En tant que pays à revenu intermédiaire, il veut se donner les moyens de réduire les inégalités entre hommes et femmes et compte pour cela, sur le prochain programme de développement.

Mme MARIELLA MAZZOTTI, Directrice de l’Institut uruguayen des femmes, a expliqué que son gouvernement a renforcé sa politique en faveur de l’égalité entre les sexes, y compris par la loi.  En matière de santé, les avortements, les grossesses précoces et le VIH/sida restent des problèmes importants.  Mais cela n’a pas empêché le Gouvernement de prendre des mesures pour protéger les victimes de la violence et en matière d’emploi, de faire avancer les choses.  Aujourd’hui, le salaire réel a augmenté alors que l’écart salarial entre hommes et femmes a baissé.  Mais, a reconnu la représentante, il reste le problème « fondamental » de l’accès au marché du travail, des femmes qui sont toujours majoritaires dans le secteur informel.  L’Uruguay a pu réduire de 11% le taux de pauvreté mais cette pauvreté touche toujours majoritairement les femmes et les jeunes.  La représentante a également fait état des difficultés d’accès des femmes aux structures du pouvoir.  Devant tous ces défis, elle a souligné, à son tour, l’importance des indicateurs ventilés par sexes pour affiner les politiques et mesurer leur impact.

Mme BARDHYLKA KOSPIRI, Vice-Ministre des affaires sociales et de la jeunesse de l’Albanie, a, après avoir énuméré les progrès enregistrés par son pays, en particulier dans la lutte contre la violence faite aux femmes, reconnu que l’action politique restera vaine sans l’engagement de l’opinion publique et un changement complet du système des valeurs.  En conséquence, a-t-elle dit, au cours de ces deux dernières années, le Gouvernement, en coopération avec le Parlement, la société civile et les organismes des Nations Unies, a fait évoluer les campagnes de sensibilisation, en voyant les hommes et les garçons, non pas comme une partie du problème mais comme une partie de la solution et comme les partenaires des filles et des femmes dans l’élimination des stéréotypes et la lutte contre la violence domestique et fondée sur le sexe.  Au fur et à mesure que les mentalités évoluent, les femmes se montrent de plus en plus enclines à briser le silence et à porter plainte.  Le nombre de plaintes déposées à la police ne cesse de croître et les femmes n’hésitent plus à solliciter les ONG, la société civile et les médias.  Le Gouvernement, qui réaffirme son engagement à lutter pour l’égalité et contre la violence, est convaincu que ces deux questions ne sont pas seulement des questions de droits de l’homme mais aussi des facteurs qui affectent le développement économique et le progrès social.

M. WEE BENG EE, Vice-Secrétaire général du Ministère des femmes, de la famille et du développement communautaire de la Malaisie, a fait part des progrès dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la lutte contre la pauvreté, de la participation à la vie économique et politique, de la violence et des mécanismes institutionnels de promotion de la femme, avant de s’attarder sur les « priorités émergentes », à savoir renforcer la présence de la femme sur le marché de l’emploi et dans les postes de responsabilité des secteurs public et privé, garantir l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale et intégrer l’égalité entre les sexes dans toutes les politiques nationales.  Le représentant a, par exemple, indiqué, que le Parlement malaisien, qui compte 224 sièges, n’a que 22 députées.  Le Gouvernement a donc l’intention de continuer à renforcer sa collaboration stratégique avec ses partenaires pour donner aux femmes les compétences, le savoir et les moyens de réaliser leurs aspirations et de jouer la grande diversité des rôles dans la société.

Mme OLGA PIETRUCHOVA, Directrice au Ministère du travail, des affaires sociales et de la famille de la Slovaquie, a expliqué que depuis son adhésion à l’Union européenne, son pays s’est efforcé de renforcer sa législation en faveur des droits de la femme, s’agissant en particulier de la discrimination au travail.  La responsabilité principale de cette tâche revient au Ministère de la famille et du travail, a-t-elle précisé.  Le Centre national slovaque des droits de l’homme formule des politiques antidiscrimination, y compris une politique sur l’égalité des sexes.  Le Gouvernement entend s’aligner en tout point à la Stratégie de l’Union européenne sur l’autonomisation et l’égalité.  L’une des mesures prises en ce sens a été l’adoption du Programme d’élimination de la violence à l’égard des femmes et sa mise en œuvre qui a bénéficié d’une enveloppe européenne de 10 millions de dollars. 

La représentante a aussi attiré l’attention sur le Conseil des droits de l’homme qui, créé en 2011, est un organe consultatif sur la promotion de l’égalité et travaille étroitement avec les ONG.  Elle a aussi parlé de l’emploi et dit qu’en 2005, des mesures ont été adoptées pour réduire l’écart salarial qui est passé de 27% à 17% en 2015.  Le taux de chômage des femmes reste cependant plus élevé que celui des hommes, ce que la représentante a imputé au conservatisme de la société qui n’encourage pas non plus la participation des femmes à la vie politique.

Autonomiser les femmes, c’est autonomiser l’humanité, a déclaré Mme MARIE-JOSÉE BONNE, Conseillère spéciale pour les affaires sociales au Ministère des affaires sociales des Seychelles, qui a dit attendre un monde où les garçons et les filles jouissent des égalités d’accès et de chances pour devenir les adultes de demain.  Mais, a souligné la Conseillère spéciale, tout commence à la maison et qui est le pilier de cette maison?  La femme, a-t-elle répondu.  C’est là, à la maison, qu’il nous faut des femmes en bonne santé et émancipées car nos mères sont nos premières institutrices, une carrière qui est celle de toutes les femmes que ce soit devant les enfants ou les personnes âgées de la famille.  C’est un lourd fardeau mais nous le portons « avec grâce, diligence, patience, savoir et sagesse ». 

Aux Seychelles, a poursuivi la représentante, de nombreux progrès ont été faits ces 20 dernières années, mais les succès, a-t-elle avoué, n’ont pas été faciles à engranger.  Profitons de notre présence ici pour recharger nos batteries parce qu’il y a encore trop de lacunes dans nos sociétés et comme l’a dit le Ministre samoan, nulle part ailleurs ces lacunes sont autant visibles que dans les petits États insulaires en développement.  Nous devons donner notre ferme appui à un objectif spécifique sur l’égalité entre les sexes dans le nouveau programme de développement, a dit la représentante.  Après avoir donné une vue d’ensemble des progrès s’agissant de l’accès des femmes aux postes de responsabilité, de la lutte contre la violence, de la législation et de la santé, la représentante a rappelé que son pays s’est hissé à la quatrième place dans la liste de l’Union interparlementaire sur la place des femmes dans les parlements.  Elle a appelé l’ONU-Femmes et le système des Nations Unies à continuer d’appuyer la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing aux niveaux international, régional, national et local.  Elle a salué la contribution de la société civile, et surtout pour ce qu’elle fait pour aider les hommes et les garçons à promouvoir l’égalité entre les sexes, les droits de l’homme et l’autonomisation des femmes et des filles.

La représentante du Ministère des affaires étrangères du Bélarus, Mme ICRINA VELICHKO, a estimé que « l’égalité doit être raisonnable et acceptable pour les deux sexes ».  Les femmes ne doivent pas ignorer les hommes quand elles luttent pour leurs droits, a-t-elle dit, en appelant les hommes à se montrer prêts à partager leurs prérogatives avec les femmes.  Elle a insisté sur le fait que la protection des femmes passe par la cellule familiale « qui est en crise en ce moment ».  Avec ses partenaires du Groupes des Amis de la famille, le Bélarus s’emploie à ce que la question de la famille figure en bonne place dans le futur programme de développement.  Mme Velichko a salué le travail du Secrétaire général de l’ONU, en particulier le fait qu’il ait été le premier Secrétaire général à avoir nommé autant de femmes à des postes de responsabilité.  Elle a émis le vœu que dans un proche avenir, on puisse dire « Mme la Secrétaire générale de l’ONU ». 

M. MOHAMED AL MANSOURI, Conseiller auprès du Directeur de l’Union générale des femmes des Émirats arabes unis, a appuyé l’idée d’établir un objectif spécifique sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a rappelé le sort « peu enviable » des femmes palestiniennes vivant sous occupation étrangère ainsi que la situation de dénuement dans laquelle se trouvent les femmes réfugiées du Moyen-Orient.  Il a insisté sur le fait que les femmes sont « un partenaire du développement ». 

Mme KAREN TAN (Singapour) a confié que pendant que la société évolue, « le pays est confronté à un ensemble différent de défis ».  Alors que les femmes sont plus instruites et accèdent à de bons emplois, leur aspiration de fonder une famille a également changé.  Certaines choisissent de ne pas se marier ou de se marier tardivement et d’avoir moins ou pas d’enfants du tout.  Comme elles participent activement à la population active, l'équilibre entre vie professionnelle et vie familiale devient un défi pour elles mais aussi pour les hommes.  L’espérance de vie moyenne des femmes est montée à 84,6 années en 2013, mais cela signifie aussi que le pays doit préparer ses services sociaux et ses infrastructures physiques pour un nombre croissant de femmes âgées.  Conscient de ces défis, le Gouvernement a multiplié les opportunités et les ressources pour les femmes, et introduit de nouveaux programmes pour les aider à concilier vie privée et vie professionnelle.  La mise en place de garderies abordables, de qualité et accessibles devient une priorité; le but étant d’assurer une place pour un sur deux d’ici à 2017.  Le pays continue aussi à promouvoir le partage des responsabilités parentales: « les pères peuvent prendre un congé de paternité d’une semaine et les mères peuvent partager une des semaines de congé de maternité avec leur mari », a expliqué Mme Tan.  La représentante a fermement appuyé la campagne « HeforShe », d’autant plus que son pays a lancé les initiatives « Dads for Life » et « Fathers@Schools@ ».

M. MOIJUE E KAIKAI, Ministre des affaires sociales, du genre et de l’enfant de la Sierra Leone, a rappelé que son pays était encore aux prises avec les reliques d’une guerre dévastatrice de 10 ans quand il a été frappé par l’épidémie d’Ebola.  Malgré cela, a-t-il affirmé, le Gouvernement a su démontrer sa volonté politique et continuer d’engranger des gains significatifs dans la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing.  Il a passé en revue les mesures prises aux niveaux normatif et opérationnel, avant de s’attarder sur les défis dont le sous-financement des mécanismes nationaux de promotion de la femme, la persistance de la pauvreté, la faiblesse des données et des statistiques et les difficultés liées à une mise effective des instruments juridiques et normatifs sur les droits de la femme.  Le Ministre a indiqué qu’au mois de décembre 2014, les femmes représentaient 56,7% des personnes infectées par Ebola.  Il a appelé la communauté internationale à accorder une attention spéciale aux questions du genre et de la protection des enfants dans la lutte contre l’épidémie.

      Mme CHITRAWATIE MOHANLAL, Directrice du Bureau national pour la politique de l’égalité entre les hommes et les femmes du Suriname, a déclaré que malgré les acquis, son pays est conscient que les progrès ont été inégaux et qu’il y a encore de nombreuses disparités dans l’accès à l’éducation, la santé, la protection sociale et la protection des droits fondamentaux, lesquelles disparités sont étroitement liées à l’impact persistant de la structure socioéconomique et des barrières culturelles sur la vie des femmes.  Nous sommes conscients des forces sociales croisées auxquelles sont confrontées les femmes, dont les multiples formes de discrimination.  Nous sommes conscients, a dit la représentante, que répondre aux besoins des groupes spécifiques de femmes, y compris les femmes autochtones et les Marrons, exige une étroite collaboration avec les communautés et des politiques de développement à long terme conformes aux circonstances et aux besoins locaux », a expliqué Mme Mohanlal qui a aussi attiré l’attention sur la faiblesse des mécanismes budgétaires, les ressources limitées et le manque de données et d’expertise.  Comme les autres délégations, elle a appuyé l’idée d’un objectif spécifique sur l’égalité entre les sexes dans le programme de développement pour l’après-2015 et l’intégration de cette thématique dans tous les autres objectifs.

Devenu récemment grand-père, M. RON PROSOR (Israël) a constaté avec amertume qu’une petite fille née fera face aux inégalités et à la discrimination où qu’elle grandisse.  Dans trop d’endroits dans le monde, les femmes sont considérées comme des citoyens de seconde zone et leurs capacités et intelligence sont sous-estimées, s’est-il indigné.  Pourtant, les pays où l’égalité entre les sexes est la plus avancée sont ceux qui ont le taux le plus élevé de croissance économique.  Les accords de paix qui incluent les femmes sont ceux qui ont le plus de chances de réussir et les parlements qui accueillent des femmes sont ceux qui traitent d’un éventail plus large de questions essentielles comme la santé et l’éducation. 

Tant que la majorité des pauvres et des analphabètes de ce monde seront des femmes, il restera encore beaucoup à faire selon M. Prosor qui a appelé à la lutte contre la violence faite aux femmes.  Au Moyen-Orient, les crimes sont horribles, a-t-il dit, en citant les lapidations, les attaques à l’acide, les mariages forcés ou les crimes d’honneur.  Une société où une femme n’est pas en sécurité est une société dans laquelle personne n’est en sécurité.  Pour lui, ce n’est pas un hasard que tant de pays qui menacent la paix et la sécurité mondiales sont précisément les pays où les femmes sont privées de leurs droits et de leur dignité.  Il s’est dit fier d’affirmer qu’Israël donne l’exemple en termes d’égalité entre les sexes. 

« En tant que famille des nations, soyons les architectes du monde que nous voulons léguer à nos enfants », un monde où les femmes peuvent s’habiller comme elles veulent, s’éduquer comme elles choisissent, travailler où elles souhaitent, épouser qui elles aiment, élever leur famille comme elles l’entendent et faire les choix qui détermineront le cours de leur propre vie.

M. STEPHAN TAFROV (Bulgarie) a assuré que dans son pays, « il n’y a pas de domaines d’activités réservés seulement aux hommes ou aux femmes », s’enorgueillissant d’une législation en conformité avec les obligations juridiques internationales dans le domaine des droits humains.  Il a ensuite souligné que suite aux conclusions de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes de Beijing en 1995, le Gouvernement bulgare a établi en 1996 le Comité interministériel aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui a adopté un plan d’action visant à accélérer l’application de la législation et des politiques concernant l’égalité des sexes.  Par ailleurs, la Stratégie nationale pour l’avancement de l’égalité des sexes établit des indicateurs contre la discrimination et pour l’égalité dans tous les aspects de la vie, tant publique que privée.

M. NAWAF SALAM (Liban) a déclaré qu’un des défis auxquels est confronté son pays est la présence de plus d’1,2 million de réfugiés syriens qui constituent une menace à la stabilité et à la sécurité et un fardeau pour les efforts de développement.  Il a appuyé, à son tour, l’inclusion dans le nouveau programme de développement d’un objectif spécifique à l’égalité entre les sexes et a réitéré l’importance qu’il y a à intégrer cette thématique dans les autres objectifs.  Pendant longtemps, a-t-il dit, les femmes ont été seules à défendre leurs droits et il est temps que les hommes et les garçons partagent davantage les responsabilités pour réaliser une égalité qui est le pilier des sociétés pacifiques et viables.  Le représentant s’est félicité de ce que la question de la violence faite aux femmes soit sortie de la sphère privée des tabous familiaux ou communautaires pour entrer dans la sphère publique des préoccupations sociétales, de l’image qu’une société se fait du bien-être et de sa propension à combattre l’impunité.  

M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a axé son intervention sur le sort des femmes syriennes depuis le début du conflit, des femmes qui sont victimes de l’idéologie wahhabite, du terrorisme et du conflit alors qu’auparavant, leur statut servait de modèle à d’autres.  Il s’est indigné du silence de la communauté internationale face aux fatwas incitant au Jihad.  De nombreux États continuent de montrer leur ignorance, a-t-il dit, en qualifiant les résolutions du Conseil de sécurité sur le terrorisme « de politisées illustrant la politique de deux poids deux mesures ».  Il ne fait aucun doute, a-t-il dit, que la situation des femmes en Syrie s’est autant aggravée parce que certains États, qui condamnent aujourd’hui l’EIIL, ont financé et financent toujours les groupes armés qui opèrent en Syrie sous l’étiquette « d’opposition modérée ».  Le représentant a demandé que des mesures sérieuses soient prises pour faire en sorte que les femmes ne subissent plus ces groupes terroristes.

Table ronde sur le thème « Conclusions des réunions régionales Beijing+20 organisées par les commissions régionales de l’Organisation des Nations Unies »

La Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme PHUMZILE MLAMBO-NGCUKA, animatrice de la table ronde, a dit son souhait de voir les débats faire le lien entre ce qui est fait au niveau mondial et au niveau national.  C’est dans cette optique que les commissions économiques régionales des Nations Unies ont été invitées pour que leurs recommandations enrichissent le processus intergouvernemental sur le programme de développement pour l’après-2015.  La Directrice exécutive a ajouté que 167 pays ont examiné leur mise en œuvre du Programme d’Action de Beijing, ce qui a permis de nourrir d’informations solides les examens régionaux.

Mme RIMA KHALAF, Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale (CESAO), a indiqué que dans la région arabe des progrès notables ont été faits en faveur des femmes depuis 20 ans.  Elle a évoqué ce qu’elle a nommé « l’éléphant dans la salle », faisant allusion au conflit israélo-palestinien, « la plus longue occupation des temps modernes qui continue en Palestine », privant ainsi des millions de Palestiniens de leurs droits les plus

élémentaires.  Elle a par exemple noté que lorsqu’Israël détruit 15 des 32 hôpitaux de Gaza, les femmes enceintes sont privées d’accès de soins élémentaires.  

Dans les camps de réfugiés, les femmes, veuves de guerre, orphelines, ou simplement jeunes filles font face à l’horreur des trafics, de l’esclavage, de l’exploitation sexuelle et/ou des mariages forcés.  Ce sont des générations perdues, a-t-elle dit.  Elle a noté que 20 des 22 pays de la région sont parties à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).  Parmi eux, seule la Palestine n’a émis aucune réserve et la Tunisie a fini par les annuler.

Par ailleurs, seulement 23% des femmes de la région sont économiquement actives, contre 51% au niveau mondial.  En outre, les parlements ne compte que 17% de femmes et d’après les chiffres, la violence touche 35% des femmes d’une région où 60 millions ont subi une mutilation génitale.

Elle a rappelé qu’à la Conférence d’examen de Beijing, tenue au Caire, les participants ont adopté une déclaration qui appelle à un examen plus général des lois et à l’adoption de nouvelles mesures législatives pour éliminer les discriminations.  La déclaration stipule également qu’il faut un soutien systématique à la participation politique et économique des femmes et souligne, à cet égard, la nécessité de mener des efforts conjoints avec toutes les parties prenantes, y compris la société civile.  Elle a aussi indiqué que la militarisation de la région se fait aux dépens du développement durable, y compris dans les pays qui ne connaissent pas de conflit ouvert.

En visioconférence, Mme SHAMSHAD AKHTAR, Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), a dit que la parité à l’école primaire a été atteinte dans la région.  Depuis 1991, la mortalité maternelle a baissé de 61 à 46% et la durée de vie des femmes n’a cessé de croître dans tous les pays de la région.  Elle a néanmoins relevé que 250 femmes mouraient chaque jour des complications liées à la grossesse et à l’accouchement.  Sur le plan politique, 18 femmes ont occupé ou occupent des fonctions de chef d’État.  S’agissant de la violence domestique, les chiffres vont de 25 à 70% de femmes et de filles, entre 15 et 49 ans, qui ont subi une forme ou une autre de violence de la part de leur partenaire. 

Une des priorités de la CESAP est d’appuyer le renforcement des capacités pour permettre l’avènement de politiques nationales adaptées aux besoins et intérêts des femmes et des filles.  Il faut une bonne planification et une bonne budgétisation des activités de promotion de la parité, sans compter le renforcement de la redevabilité.  La Commission entend forger des partenariats entre les gouvernements, la société civile et le secteur privé et contribuer au renforcement de la coopération régionale.

Les Commissions régionales, a-t-elle rappelé, ont été mandatées par le Conseil économique et social (ECOSOC) pour examiner tous les cinq ans la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing.  Parmi les priorités de la CESAP, figure aussi l’amélioration des statistiques ventilées par sexe, y compris un ensemble d’indicateurs fondamentaux pour surveiller les progrès.  En la matière, il faut renforcer les capacités avec des investissements plus importants pour améliorer l’autonomisation des femmes.  Il faut identifier des financements innovants, a-t-elle insisté, avant d’indiquer que la CESAP dirige le Mécanisme de coordination régionale et le Groupe de travail thématique sur la parité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.  

M. CHRISTIAN FRIIS BACH, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Europe (CEE), a indiqué que dans sa région, les femmes sont plus représentées que les hommes dans l’enseignement supérieur, en dehors des domaines des sciences et des technologies.  Il a déploré le fait que le harcèlement sexuel y prenne des proportions alarmantes, la moitié des femmes l’ayant expérimenté avant l’âge de 15 ans.  Il a relevé que la crise économique a eu une incidence sur le financement des programmes en faveur de l’autonomisation des femmes, affectant particulièrement les secteurs de l’éducation et de la santé.  Il a de ce fait regretté que les mesures prises pour lutter contre la crise n’aient pas tenu compte de l’approche genre.  Il a salué l’augmentation du quota de femmes dans les conseils d’administration des entreprises privées en Europe et accordé une mention honorable aux pays nordiques au sein desquels les femmes sont fortement représentées dans le monde des affaires. 

M. Bach a souhaité que les données sur la violence contre les femmes soient mieux collectées, prônant en outre l’amélioration des législations pour combattre ce fléau.  Il a aussi souhaité que des mesures concrètes relatives à l’égalité des sexes soient mises en place et assorties d’un mécanisme de suivi systématique de leur mise en œuvre.  Un autre aspect qui mérite des améliorations est l’écart salarial, a-t-il déploré, regrettant aussi que les femmes ne soient pas toujours représentées équitablement dans la vie politique.

M. CARLOS LOPEZ, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), a dit que l’Afrique a atteint l’objectif fixé pour l’éducation primaire.  La santé maternelle s’est améliorée et la mortalité maternelle a diminué, a-t-il dit, en mettant l’accent sur l’amélioration de la participation des femmes aux processus politiques et l’augmentation constante du nombre de femmes ministres dont ministres des affaires étrangères.  « Nous sommes passés de 22 à 40% de femmes députées en Afrique », a-t-il ajouté, en précisant que l’Afrique enregistre dans ce domaine les meilleures performances du monde.  Par contre, il s’est inquiété de l’insuffisance des progrès économiques et sociaux, en notant que le continent se trouve dans un processus de transformation auquel les femmes ne participent pas suffisamment.  Il a fait observer, à cet égard, que la dernière Conférence des ministres des finances a adopté un programme d’intégration des femmes dans tous les domaines relatifs aux finances. 

Précisant les initiatives de la CEA, la Chef du Chef du Centre africain pour le genre et le développement social, Mme THOKO RUZVIDZO, a cité l’adoption en 2014, à Addis-Abeba, d’un Plan d’action pour le changement des comportements à l’égard des femmes et les filles qui met l’accent sur la lutte contre la violence.  Nous devons convaincre les ministres du plan de la nécessité d’accorder des moyens aux objectifs visant le renforcement de la présence des femmes dans le secteur privé en général.  Il faut aussi se concentrer sur les pays en conflit. 

M. ANTONIO PRADO, Secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), a relevé que la région d’Amérique latine et des Caraïbes est une région où règnent des inégalités « criantes », ce qui accentue les difficultés des femmes.  La pauvreté a baissé globalement mais elle s’est « féminisée », le taux des femmes pauvres dépassant celui des hommes de 17 points.  L’autonomisation économique des femmes est donc de la plus grande importance, a-t-il insisté, notant que même si la femme est plus « éduquée » que l’homme, elle a toujours plus de difficultés à trouver un emploi décent du fait de la discrimination et des stéréotypes « qui ont la peau dure ».  Il a proposé de promouvoir le renforcement les compétences des femmes dans les nouvelles technologies et la reconnaissance de la valeur du travail domestique.  M. Prado a préconisé un « changement structurel » pour combler le fossé entre les sexes.

Mme ALICIA BÁRCENA IBARRA, Secrétaire exécutive de la CEPALC, a indiqué que sa Commission régionale promeut une budgétisation soucieuse d’égalité entre les sexes et plaidé pour des données ventilées par sexe, une tâche à laquelle s’attèle déjà l’Observatoire de l’égalité des sexes de la CEPALC, a-t-elle affirmé.

La représentante de l’Allemagne a précisé que son pays vient d’adopter une loi sur la place des femmes dans les conseils d’administration des sociétés, fruit de 30 ans de revendications.  Elle a appelé à protéger partout dans le monde les hommes et les femmes qui se battent pour la parité entre les sexes car « tous les voyages, même les plus longs, commencent par le premier pas ».  « Les changements dont nous avons besoin passent par l’action publique », a insisté la représentante de l’Uruguay, en estimant que le dialogue s’imposait entre la société civile et l’État.  Son homologue de l’Italie a appelé à un nouveau mouvement pour des démocraties justes.  Faisant sienne une des conclusions du Fonds monétaire international (FMI) qui a démontré que la discrimination à l’égard des femmes est une perte d’opportunités, elle a expliqué que son gouvernement a consacré 40 millions d’euros à la création d’entreprises dirigées par des femmes.  

Mon gouvernement vient d’adopter un Plan d’action sur la protection sociale et l’égalité des chances, a indiqué la représentante de l’Estonie, en expliquant que l’objectif est de diminuer l’écart salarial et améliorer la protection juridique contre les discriminations.  L’accent doit être mis sur l’éducation, « priorité de toutes les priorités », a estimé la représentante de la Tanzanie.  Son homologue de la Finlande a insisté sur l’accès au logement, à la terre et aux ressources productives.

Il faut, a commenté la représentante du Comité des ONG sur la condition de la femme, intégrer dans le programme de développement pour l’après-2015 un objectif sur les droits de la femme, couvrant vie publique et vie privée.  Analysons ce qui a bloqué la mise en œuvre intégrale du Programme d’action de Beijing, a renchéri celle du Sri Lanka.  La représentante de la République démocratique du Congo (RDC) a d’ailleurs annoncé la promulgation d’une Stratégie nationale pour le changement des comportements qui s’est inspirée des bonnes pratiques des uns et des autres.  Elle s’est félicitée de l’appui d’organismes de l’ONU comme l’UNICEF et l’ONU-Femmes mais aussi du « dynamisme » de la société civile congolaise qui a été « décisive » pour les progrès enregistrés dans son pays.

La situation des femmes dans les conflits armés a en effet été abordée.  La représentante de l’Ukraine a prévenu que l’agression de son pays par un État membre du Conseil de sécurité a des conséquences « terribles » sur les femmes et les filles.  Son homologue de la Palestine a dénoncé les conséquences « dévastatrices » sur les droits de la femme de l’occupation israélienne et souligné que l’absence de sanctions contre ceux qui commettent des actes de violence sape les efforts en matière de parité.  La communauté internationale doit assumer sa responsabilité de protéger les femmes et les filles dans les conflits, a insisté la représentante de la Jordanie.

La Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Europe a espéré que la prochaine Conférence internationale sur le financement du développement sera l’occasion d’avancer significativement sur les ressources à consacrer à la participation des femmes au développement économique et social.  Il nous faut des programmes plus progressistes, a dit son homologue de la CESAO.  La représentante de Cuba a estimé que les tables rondes avec les commissions régionales sont de bonnes occasions de mieux voir les problèmes.  Elle a salué le Consensus de Saint-Domingue qui s’est traduit par un plan d’action insistant sur le respect de la diversité.

La Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, a dit avoir retenu de la table ronde que des progrès réels et quantifiables en faveur des femmes et des filles, partout dans le monde, requièrent des actions concrètes et pratiques de la part de toutes les parties prenantes, y compris les commissions économiques régionales.  Elle a aussi retenu que la Déclaration politique, adoptée par la Commission de la condition de la femme, lundi dernier, a posé les jalons d’une une mise en œuvre accélérée des politiques en faveur des femmes.  La Déclaration, a-t-elle rappelé, établit des priorités comme le renforcement de la mise en œuvre des lois, politiques et stratégies.  Il y est aussi question, a-t-elle noté, de renforcer et d’augmenter le soutien aux mécanismes institutionnels et de lutter contre les normes discriminatoires.

La Déclaration, a-t-elle poursuivi, appelle à une augmentation significative des investissements et au renforcement du principe de responsabilité dans le respect des engagements existants.  Elle appelle aussi au renforcement des capacités et à l’amélioration des données, du suivi et de l’évaluation.  La Directrice exécutive a estimé qu’avec les informations détaillées des examens régionaux, « nous avons désormais des orientations claires de ce qu’il faut faire pour réussir ».  Elle a souhaité que le Sommet des chefs d’État et de gouvernement sur le programme de développement pour l’après-2015 soit l’occasion de s’engager davantage sur la question de l’égalité entre les sexes.

 

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