ECOSOC: la situation de l’Afrique prouve que la croissance économique ne suffit à assurer ni le développement durable ni la création d’emplois

ECOSOC/6679
31 mars 2015
Session de 2015, 17e & 18e séances - matin & après-midi

ECOSOC: la situation de l’Afrique prouve que la croissance économique ne suffit à assurer ni le développement durable ni la création d’emplois

Les taux de chômage dans le monde, en particulier en Afrique, ont conduit aujourd’hui les participants aux travaux du Conseil économique et social (ECOSOC) à constater unanimement le paradoxe selon lequel la croissance économique ne suffit à assurer ni le développement durable ni la création d’emplois.  L’ECOSOC poursuivait son segment de l’intégration sur le thème « Réaliser le développement durable par la création d’emplois et le travail décent pour tous ».  

Le Conseiller spécial du Président de la Banque africaine de développement (BAD) a noté, avec les autres, « le véritable paradoxe »: depuis la crise de 2009, la croissance renaît dans quelques pays, mais elle ne s’accompagne pas d’une création d’emplois.  Ce paradoxe est encore plus flagrant en Afrique où en 2015, la région connaîtra la plus forte croissance au monde, avec 5%, par rapport à la moyenne mondiale de 3,5%.  Mais le taux de chômage aux environs de 16% oblige à réfléchir aux moyens de créer des emplois dans des économies peu diversifiées.

La croissance économique est une condition nécessaire mais pas suffisante pour assurer le développement durable et la création d’emplois, a acquiescé le représentant de la Suisse.  Il faut encore que les cadres économiques associés à une politique active du marché du travail favorisent la productivité, l’intégration sur le marché de l’emploi et la recherche de solutions nouvelles orientées vers une économique verte. 

Économie verte?  Un professeur d’économie de l’Université du Massachusetts a précisément parlé du « Programme de stabilisation du climat mondial sur une période de 20 ans » consistant pour les États-Unis à investir un milliard de dollars par an dans l’énergie propre et l’efficacité énergétique pour provoquer « une expansion énorme » des opportunités d’emplois.  Le professeur a donné quelques exemples: au Brésil, 1 million de dollars investi dans l’énergie propre crée 75% plus d’emplois que le même investissement dans l’énergie fossile.  En Chine, ce sont 79% d’emplois de plus et en Inde 103%.

Dans un continent, l’Afrique, où 9 travailleurs sur 10 ont un emploi dans le secteur non structuré, le Directeur régional pour l’Afrique à l’Organisation internationale du Travail (OIT) a conseillé de se concentrer sur les petites et moyennes entreprises (PME) et de réduire les obstacles à la « formalisation » du secteur informel.  L’Afrique doit aussi, selon le Directeur exécutif de l’Institut des études africaines d’Afrique du Sud dépasser la logique du « pacte colonial » selon lequel les produits de base doivent être transformés dans la métropole.  « C’est la valeur ajoutée qui permet de créer des emplois. » 

Il faut promouvoir les secteurs qui ont un avantage comparatif et pour lesquels la demande est forte.  Il faut des mesures incitatives pour que le secteur bancaire ouvre l’accès au crédit, a aussi plaidé le représentant du Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique.

« Ce que chacun veut, c’est un bon emploi », a insisté le Directeur général de l’OIT qui a attiré l’attention sur la corrélation vertueuse entre croissance économique, protection sociale des travailleurs et répartition des richesses.  « Nous n’arriverons pas à faire de la prospérité la norme sans un mouvement mondial des syndicats », a argué le Secrétaire général de l’UNI Global Union, ajoutant que l’OIT pourrait devenir la « Cour pénale internationale » des entreprises irrespectueuses des droits des travailleurs, soit du travail décent. 

La Représentante de la Belgique et Coprésidente du Groupe des Amis du travail décent pour le développement durable a rappelé que le travail décent se base sur quatre éléments stratégiques: les droits sociaux comme base du développement économique et social harmonieux; l’emploi productif et librement choisi; une protection sociale étendue; et le dialogue social; la promotion de l’égalité entre les sexes étant prise en compte de manière transversale.

Le travail décent, qui livre une contribution majeure à la politique macroéconomique, a déjà été accepté depuis 20 ans par la communauté internationale comme objectif de développement.  Il est un objectif de gouvernance pour les États, ce qui devrait être rappelé « clairement » dans le programme de développement pour l’après-2015, a voulu la représentante.  Elle a indiqué que son pays a pris des initiatives « importantes » pour étudier dans les prochaines semaines avec le Directeur général de l’OIT comment réussir la promotion du travail décent comme objectif transversal du programme de développement pour l’après-2015.  

L’ECOSOC poursuivra ses travaux demain, mercredi 1er avril, à partir de 10 heures.

DÉBAT CONSACRÉ À L’INTÉGRATION

« Solutions au problème des changements climatiques: croissance d’emplois décents »

M. MICHAEL RENNER, Chercheur principal à l’Institut Worldwatch (États-Unis), qui a animé cette table ronde, a précisé qu’à l’heure actuelle sept millions de personnes sont employées dans le secteur de l’énergie dans le monde et 110 millions dans le secteur du bâtiment.  Il a donc demandé à M. ROBERT POLLIN, Professeur d’économie et Codirecteur de l’Institut de recherche en économie politique de l’Université du Massachusetts (États-Unis), comment les solutions au problème des changements climatiques pourraient-elles contribuer à la croissance d’emplois décents.  Ce dernier a présenté ce qu’on peut appeler le « Programme de stabilisation du climat mondial sur une période de 20 ans ».  Le Programme de 200 milliards de dollars consiste pour les États-Unis à investir 1 milliard par an, soit 1% du PNB par an dans l’énergie propre et 0,5% dans l’efficacité énergétique, ce qui, a-t-il affirmé, conduira à une expansion « énorme » des opportunités d’emplois dans toutes les régions.  L’énergie propre augmente en effet l’intensité du travail.  Le professeur a donné quelques exemples où l’on voit qu’au Brésil, 1 million de dollars investi dans l’énergie propre crée 75% plus d’emplois que le même investissement dans l’énergie fossile.  En Chine, il s’agit de 79% d’emplois de plus et en Inde 103%.

Le professeur a donné d’autres chiffres, si on soustrait des nouveaux emplois créés dans le secteur de l’énergie propre, le nombre d’emplois perdus dans l’énergie fossile, on a un solde positif de 395 000 emplois au Brésil, 6,4 millions en Chine et 5,7 millions en Inde.  Il ne faudra même pas faire appel à de nouvelles compétences car d’après le professeur, les emplois verts nécessitent à court terme le même niveau de formation que dans l’industrie fossile et ce n’est qu’à long terme, avec le développement de l’énergie propre, qu’il faudra de nouvelles compétences pour les secteurs de l’agriculture, de la construction et l’industrie.  Le professeur a vu l’occasion de « formaliser » le secteur informel et de multiplier les opportunités d’emplois pour les femmes, en particulier dans la construction et l’industrie.    

Comment trouver les investissements nécessaires pour diffuser ces solutions partout?  L’argent est là, a répondu M. PETER POSCHEN, Directeur du Département de la création d’emplois et du développement de l’entreprise à l’Organisation internationale du Travail (OIT), mais il faut le placer là où il faut.  Pour cela, on a besoin de banques de développement comme l’a fait l’Allemagne car la question clef est le secteur bancaire et l’accès au crédit, a renchéri le professeur de l’Université du Massachusets.

La Zambie est décidée à aller de l’avant et a créé une structure de partenariat entre tous les acteurs de l’économie verte, a indiqué M. MILES SAMPA, Vice-Ministre du commerce et de l’industrie de la Zambie.  Le pays a lancé un plan de développement de l’économie verte et un programme de création d’emplois verts qui rassemble plus de 3 000 petites et moyennes entreprises des secteurs du bâtiment, de la construction et du logement.  Dans un pays où 70% de la population est jeune, cette approche est essentielle et pour la financer, le Gouvernement mobilise ses ressources propres, en comptant pour l’appui technique sur des partenaires comme l’OIT.

« 3M », une société d’innovation technologique implantée dans 70 pays dont l’Inde, a créé à ce jour, 15 000 emplois dans le monde, a assuré Mme GAYLE SCHUELLER, Vice-Présidente en charge de la viabilité mondiale de la société 3M (États-Unis), tout en avouant ne pas pouvoir établir la part des emplois verts dans ce chiffre.  Le représentant du Kazakhstan a fait part de la « Stratégie 2050 » de son gouvernement qui prévoit une Révolution verte qui devrait augmenter de 3% le PIB et créer 600 000 nouveaux emplois d’ici à 2050.

Faire de la dignité et de la prospérité la norme

Animée par Mme BENEDICTE FRANKINET, Représentante de la Belgique et Coprésidente du Groupe des Amis du travail décent pour le développement durable, la table ronde qu’elle a souhaité la plus concrète possible, a été l’occasion pour les intervenants d’exposer leurs idées pour la création d’emplois décents dans un contexte marqué par les mutations sans précèdent du facteur travail.

Orateur principal, M. GUY RYDER, Directeur général de l’OIT, a rappelé la corrélation vertueuse entre croissance économique, protection sociale des travailleurs et répartition des richesses; les entreprises n’ayant rien à perdre à promouvoir les droits des travailleurs.  « Ce que chacun veut, c’est un bon emploi. »  Le programme de développement pour l’après-2015, a-t-il poursuivi, doit être résolument ambitieux, en particulier dans son volet consacré à l’emploi.  Alors que les Nations Unies fêtent cette année leur soixante-dixième anniversaire, M. Ryder a espéré que l’adoption dudit programme soit l’occasion pour les peuples et les gouvernements de signer un nouveau « contrat social » dont la pierre de touche serait la dignité.

Un vœu partagé par M. LUIS EDUARDO GARZON, Ministre du travail de la Colombie, qui a rappelé que son pays avait d’ores et déjà intégré les objectifs de développement durable dans ses politiques, en particulier les politiques sociales.  La coopération entre les parties au dialogue social a été consolidée avec la création d’un organisme ad hoc chargé d’en assurer le suivi.  Rappelant que la Colombie est signataire de 67 Conventions de l’OIT, le Ministre a jugé que la relation avec l’OIT était essentielle pour assurer la pleine mise en œuvre desdites Conventions.

L’adaptation des normes sociales aux mutations du marché de l’emploi a été au cœur de l’intervention de M. RADOSLAW MLECZKO, Vice-Ministre du travail et de la politique sociale de la Pologne, qui a indiqué qu’il fallait se montrer à la fois « visionnaire et pragmatique ».  Dans le droit fil des remarques du Directeur général de l’OIT, il a rappelé le lien vertueux entre vigueur du dialogue social au sein d’une entreprise et productivité des employés.  Les conventions collectives, en clarifiant les conditions de travail, sont un facteur bénéfique pour la productivité, a-t-il expliqué, soulignant également que les mécanismes de protection sociale sont les meilleurs outils pour protéger les sociétés contre les retournements du cycle économique.

« Dans le même temps, nous devons garder à l’esprit les nouvelles réalités du marché du travail, telles que le travail partiel, le travail à distance ou la multiplication des contrats à durée déterminée ».  Le Vice-Ministre a estimé que ces nouvelles réalités devaient être dûment prises en compte par les acteurs du dialogue social, les syndicats au premier chef, si ces derniers entendaient rester pertinents.  Nous avons besoin de nouvelles règlementations, a-t-il conclu.

Un point de vue tempéré par M. PHIL JENNINGS, Secrétaire général de l’UNI Global Union, Suisse, qui a insisté sur le préalable que constitue le renforcement des syndicats, dont il a souligné la faiblesse aujourd’hui dans le monde.  « Nous n’arriverons pas à faire de la prospérité la norme sans créer un mouvement mondial des syndicats. »  Or, a-t-il insisté, il est aujourd’hui très difficile de rassembler les travailleurs au sein de syndicats à cause des « vents contraires ».  M. Jennings a indiqué que les États-Unis étaient le pire pays au monde pour l’exercice des droits syndicaux, et ce, « quel que soit le gouvernement ».  Il a étayé sa démonstration par un graphique montrant la corrélation entre la faiblesse des syndicats et la concentration des richesses aux mains de quelques-uns.  Plus vous affaiblissez les syndicats, plus vous aggravez les inégalités.

Le Secrétaire général a rappelé qu’il n’existe aucune convention collective chez Walmart, qui ne compte d’ailleurs aucun employé syndiqué.  M. Jennings a dans la foulée déploré que les entreprises allemandes qui investissent dans des entreprises américaines, Tmobile, copient les mêmes « méthodes brutales américaines ».  L’OIT, a-t-il rappelé, est le gardien des droits des travailleurs, « il est notre Conseil de sécurité ».  Les gouvernements doivent donc appliquer ses conventions, a conclu M. Jennings en avouant qu’il n’est pas sûr que l’OIT aurait été créée aujourd’hui tant le contexte est défavorable aux droits des travailleurs.

Que fait votre entreprise pour promouvoir des emplois décents?  M. EDWARD POTTER, Directeur des droits internationaux du travail pour la société Coca-Cola et Président du Comité sur le travail et l’emploi du Conseil des États-Unis pour le commerce international, a d’emblée tenu à préciser que Coca-Cola était tout d’abord une entreprise locale, présente dans plus de 200 pays ou territoires.  Contrastant avec le tableau sombre dépeint par M. Jennings, il a indiqué que le taux de syndicalisation des employés de Coca-Cola aux États-Unis était de 30%.  Coca-Cola mène chaque année 2 500 audits de ses chaines de production dans le monde afin de s’assurer que les normes de protection sociale sont respectées.  « Ces audits s’ajoutent aux inspections des pays qui parfois peuvent être défaillantes. »  M. Potter a estimé que le respect des droits des travailleurs dépendait étroitement de la bonne coopération entre les entreprises, les syndicats et les gouvernements, ce qu’il a qualifié de « triangle d’or de la coopération ».

Un court débat s’est ensuite ouvert, marqué par la question du représentant de l’Ouganda au Directeur des droits internationaux du travail pour la société Coca-Cola sur les normes sociales minimales en vigueur dans les entreprises ou filiales de Coca-Cola.  Le Directeur a affirmé que Coca-Cola allait parfois bien au-delà de ce qui est demandé par les législations nationales.  Il a cité le cas du Myanmar où Coca-Cola a procédé à un audit à l’issue duquel « nous sommes passés de l’opacité qui prévalait jusqu’en 2005 à une réelle transparence ».  Comment peut-on évaluer les progrès dans le respect des droits des travailleurs? a demandé la représentante des États-Unis.  Le Secrétaire général de l’UNI Global Union a reconnu qu’il n’y avait pas de Cour pénale internationale pour les entreprises irrespectueuses des droits des travailleurs.  Il nous manque un lieu devant lequel les violations pourraient être discutées et corrigées, a-t-il dit, ajoutant que l’OIT pourrait être ce lieu.  Il a par exemple attiré l’attention sur le fait qu’il manque encore 9 millions de dollars au fonds de compensation en faveur des victimes de l’effondrement d’une usine de textiles au Bangladesh, il y a deux ans.

Examiner les progrès accomplis 20 ans après Beijing et Copenhague

Mme SIMONA MIRELA MICULESCU (Roumanie), Présidente de la cinquante-quatrième session de la Commission du développement social, a rappelé que l’emploi décent pour tous constitue un des piliers du développement social tels qu’ils ont été identifiés à Copenhague, il y a 20 ans, ce qui fait que la Commission du développement social (CDS) s’est toujours intéressée aux questions liées à l’emploi.  Le développement social inclusif ne peut être réalisé que par un travail décent et le plein emploi, a-t-elle insisté.  Elle a souligné l’importance de ces questions en notant qu’il y avait 200 millions de personnes au chômage en 2014 et qu’il faudrait créer plus de 100 millions d’emplois d’ici à 2019 pour faire face aux conséquences de la crise récente.

Amener plus de femmes sur le marché du travail est une des questions qui a été soulevée lors de la dernière session de la CDS, a-t-elle indiqué.  Elle a aussi souligné qu’il fallait élargir les possibilités d’emploi décent pour créer des synergies positives entre les différents aspects du développement durable.  Mme Miculescu a plaidé contre les emplois précaires du secteur non structuré.  Il faut que les normes de l’OIT soient appliquées partout, en particulier en faveur des groupes sociaux marginalisés.  Les jeunes, dont le taux de chômage et de sous-emploi est élevé, requièrent aussi une attention particulière si on ne veut pas qu’ils soient une « génération perdue », a-t-elle alerté, avant de demander des politiques cohérentes en matière de protection sociale.

M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil), Président de la soixantième session de la Commission de la condition de la femme, a expliqué que la dernière session a été le couronnement d’un processus de deux ans marqué, entre autres, par des examens approfondis des politiques nationales.  Un nombre sans précédent de 167 États ont mené ces examens, confirmant l’importance que leur gouvernement accorde à la réalisation de l’égalité entre les sexes, à l’autonomisation de la femme et aux droits de la femme et des filles.

La Déclaration politique adoptée lors de la session envoie un message fort et clair sur la situation et sur ce qu’il faut faire pour aller de l’avant.  Les progrès ont été reconnus mais la Commission l’a dit clairement: aucun pays n’a atteint ni l’égalité totale entre les sexes ni l’autonomisation complète de la femme.  De nombreuses femmes et filles subissent toujours des formes multiples et liées de discrimination, de vulnérabilités et de marginalisation.  Une attention accrue doit être accordée aux plus démunies à savoir les femmes d’ascendance africaine, les femmes handicapées, les femmes âgées et les femmes autochtones, entre autres. 

Les ministres et les responsables de gouvernement ont promis de prendre d’autres mesures pour accélérer la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing, à travers six stratégies: le renforcement des lois, des politiques et des stratégies; le renforcement de l’appui aux mécanismes institutionnels d’égalité entre les sexes; l’élimination des normes discriminatoires et des stéréotypes; l’accroissement des investissements pour combler les inégalités de revenus tant par la mobilisation des ressources domestiques que par la coopération au développement; l’amélioration de la redevablité dans la mise en œuvre des engagements existants; et l’amélioration des capacités, de la collecte des données, du suivi et de l’évaluation. 

Le constat a été amer s’agissant de la place des femmes dans le marché du travail.  Si elles sont plus nombreuses, elles restent confinées à un type d’emplois vulnérables et informels.  La ségrégation contribue aux désavantages des femmes sur le marché de l’emploi, une ségrégation influencée par les normes sociales et les stéréotypes.  L’écart salarial est un phénomène universel et les femmes continuent à porter un fardeau disproportionné du travail non rémunéré, ce qui limite leur participation économique et politique.  L’accès de plus de plus facile des femmes et des filles à l’éducation n’a pas conduit à une amélioration proportionnelle de leurs revenus.  Les recommandations de la Commission pour s’attaquer à tous ces problèmes doivent être une partie intégrante des discussions de l’ECOSOC, a voulu la Présidente de ladite Commission.  Les conclusions et recommandations de la Commission devraient inspirer les débats sur l’intégration. 

Au travail en Afrique

Pour lancer la discussion, M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola), Coprésident du Groupe des Amis d’un travail décent pour le développement durable, a souligné qu’en encourageant l’entreprenariat et la croissance, on offre de nouvelles perspectives d’emploi aux jeunes en particulier.  Quelles stratégies ont été mises en place pour arriver au plein emploi en Afrique du Sud, a-t-il demandé au Ministre du développement économique de l’Afrique du Sud.

M. EBRAHIM PATEL a fait d’emblée remarquer qu’une croissance plus rapide ne suffit pas en tant que telle à créer des emplois.  Il faut, a-t-il expliqué, fixer des objectifs précis, sans oublier les personnes marginalisées.  L’Afrique du Sud s’est fixé comme objectif de créer 10 millions d’emplois d’ici à 2030, dans plusieurs secteurs.  Un programme sur les infrastructures logistiques et sociales a été mis en place avec un budget de 400 milliards de dollars.  En ce qui concerne l’agriculture, secteur vaste mais qui ne crée pas beaucoup d’emplois, l’accent est mis sur les petites exploitations vivrières.  Le Ministre a aussi parlé des investissements dans l’énergie verte et mentionné les accords signés avec 26 pays pour créer une zone de libre-échange.  Il s’est prévalu du dialogue social qui a été mis en place avec les entreprises et les syndicats. 

Comment utiliser les politiques budgétaire et commerciale pour créer des emplois, tout en garantissant la protection sociale et celle de l’environnement?  M. HAKIM BEN HAMMOUDA, ancien Ministre des finances de la Tunisie, Conseiller spécial du Président de la Banque africaine de développement (BAD), a noté le constat unanime d’un véritable paradoxe: depuis la crise de 2009, la croissance renaît dans quelques pays, mais elle ne s’accompagne pas d’une création d’emplois.  Ce paradoxe est encore plus flagrant en Afrique: en 2015, la région connaîtra la plus forte croissance au monde, avec 5%, par rapport à la moyenne mondiale de 3,5%, mais le taux de chômage aux environs de 16% oblige à réfléchir aux moyens de créer des emplois dans des économies peu diversifiées.

La macroéconomie peut aider à relever le défi de l’emploi, a poursuivi M. Ben Hammouda.  Elle peut d’abord maintenir un taux de croissance élevé, notamment grâce à des politiques budgétaires incitatives.  Mais les politiques macroéconomiques ont leurs limites: les déficits publics doivent être maintenus à des taux tolérables et les dépenses d’investissements réduites.  En matière de politique monétaire, il faut relever le défi de l’inflation, sans oublier la nécessité de diversifier le tissu économique.

S’agissant des jeunes, M. Ben Hammouda a souligné la nécessité de développer des programmes qui leur bénéficient et leur ouvrent des opportunités d’emploi dès leur sortie de l’université.  Il a en même temps reconnu que la Tunisie ne pourrait pas fournir un emploi à tous ses jeunes diplômés, expliquant qu’il fallait en orienter certains vers « l’international ».

Quelles mesures faut-il prendre pour réduire le secteur de l’économie souterraine?  M. AENEAS CHUMA, Sous-Directeur général et Directeur régional pour l’Afrique à l’Organisation internationale du Travail (OIT), a rappelé les chiffres en la matière: 9 travailleurs sur 10 en Afrique ont un emploi dans le secteur non structuré.  Pour résoudre ce problème, il a proposé de se concentrer sur le développement des petites et moyennes entreprises (PME) et de réduire les obstacles qui empêchent la « formalisation » des emplois.  Le coût du passage au secteur structuré est en effet élevé, a-t-il remarqué, plaidant pour l’établissement d’un salaire minimum et encourageant la multiplication. 

L’expert de l’OIT a également fait valoir que l’Afrique devait davantage transformer ses ressources naturelles avant de les exporter.  Cet avis a été partagé par le Ministre du développement économique de l’Afrique du Sud qui a invité l’Afrique à prendre une part plus importante dans la production de biens manufacturés.  M. ALIOUNE SALL, Directeur exécutif de l’Institut des études africaines prospectives de l’Afrique du Sud, a expliqué qu’il fallait pour cela dépasser la logique du pacte colonial qui voulait que les produits de base soient transformés dans la métropole.  Or, c’est la valeur ajoutée qui permet de créer des emplois, a-t-il souligné. 

M. Sall a appelé à innover: nous devons repenser la théorie du développement.  Le fait politique doit être explicitement réintroduit, car on ne peut séparer l’économie de la politique.  L’effort d’investissement initial doit venir du secteur public, s’agissant en particulier des infrastructures.

M. DAVID MEDHI HAMAM, représentant du Conseiller spécial du Secrétaire général pour l’Afrique, a prôné une meilleure collecte des données pour arriver à une croissance inclusive créatrice d’emplois sur le continent africain.  Il faut promouvoir les secteurs qui ont un avantage comparatif et pour lesquels la demande est forte.  Il faut aussi des mesures incitatives pour le secteur bancaire afin de faciliter l’accès au crédit.  L’expert a enfin recommandé d’investir davantage dans l’économie verte, un secteur créateur d’emplois.  Pour cela, les pays africains doivent utiliser les pratiques optimales de ce secteur, dans le cadre de la coopération Sud-Sud. 

Débat général

M. EBRAHIM PATEL, Ministre du développement économique de l’Afrique du Sud, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a commencé son intervention en énumérant un certain nombre d’indicateurs économiques, rappelant, entre autres, qu’il y avait 220 millions de chômeurs dans le monde en 2014 et que plus de la moitié des travailleurs étaient vulnérables.  Le développement ne doit pas être imposé mais être conforme aux caractéristiques des pays, a-t-il dit.  Il a souligné que les objectifs de développement ne seront crédibles que si les efforts pour les atteindre incluent la réforme des institutions financières internationales.  « Le FMI doit être réformé et doté des ressources suffisantes pour appuyer les pays en développement », a affirmé le Ministre.  M. Patel a invité l’ONU à assurer une meilleure coordination des efforts pour atteindre les objectifs de développement fixés au niveau mondial.  Il a jugé que la coopération Nord-Sud restait fondamentale pour éliminer les goulets d’étranglement qui entravent encore le développement économique des pays.

M. MARKKU WALLIN, Directeur général au Ministère de l’emploi et de l’économie de la Finlande, a souligné le rôle important de l’OIT et expliqué que son pays a une politique vieille de 100 ans qui promeut l’emploi des femmes, dont le taux d’emploi dépasse aujourd’hui celui des hommes.  Des efforts sont aussi déployés pour réduire la période de chômage des jeunes de moins de 29 ans, a-t-il dit.  En revanche, le chômage est à la hausse pour la population active d’âge moyen, et ce, malgré le fort taux de diplômés en Finlande.  Le représentant a appelé à lutter contre le « dumping social » et la violation des droits fondamentaux sur le lieu de travail.  Il a plaidé pour la liberté d’association et le droit à la négociation collective.  Pour créer des emplois, en Afrique comme partout dans le monde, a-t-il conclu, il faut augmenter le nombre des entreprises de taille moyenne.  Prédisant le ralentissement de la croissance au cours des prochaines années, il a estimé que le seul moteur de la croissance serait alors la productivité.

M. BERNARD BEDAS (France) a rappelé que le chômage des jeunes en France s’élevait à 23%.  Il a cité les mesures prises par son gouvernement pour y remédier, mentionnant d’abord les emplois d’avenir qui bénéficient aux jeunes des quartiers favorisés.  « 180 000 emplois d’avenir ont ainsi été créés » et le développement de l’apprentissage est l’autre axe suivi par la France, l’objectif étant d’atteindre 500 000 apprentis d’ici à 2017, grâce à l’apport d’une aide financière aux entreprises.  Le délégué français a expliqué que l’apprentissage constituait un précieux levier d’intégration au monde du travail.  Il a également souligné l’importance de lutter contre le décrochage scolaire et de favoriser l’égalité hommes-femmes.  Une loi visant à féminiser les conseils d’administration des grandes entreprises a récemment été adoptée, a-t-il dit, en apportant le plein soutien de son pays à l’agenda pour un travail décent de l’OIT et aux objectifs de développement durable arrêtés par le Groupe de travail à composition non limitée de l’Assemblée générale.

Mme AGUS PRIHONO ROOSTIAWATI (Indonésie) a rappelé que, selon l’OIT, moins de 4% des emplois aujourd’hui sont considérés comme étant respectueux de l’environnement.  Elle a expliqué que son pays œuvrait à la promotion « d’emplois verts » grâce à sa participation à un projet ad hoc mené à l’échelle du continent asiatique.  Ce projet, a-t-elle expliqué, a pour but d’aider l’économie indonésienne à accomplir sa transition vers une économie respectueuse de l’environnement caractérisée par un faible taux d’émission de gaz à effet de serre.  La déléguée a invité l’OIT à prendre dûment en compte les conséquences pour le marché de l’emploi des politiques environnementales.  Elle a indiqué que son pays organisera courant 2015 des « ateliers verts » pour harmoniser les ambitions de tous les secteurs économiques.

M. MARTIN SHEARMAN (Royaume-Uni) a rappelé que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté extrême a diminué de moitié au cours des 20 dernières années, expliquant ce fait par la croissance économique.  La croissance doit donc faire partie du programme de développement pour l’après-2015, un objectif qui est une priorité au Royaume-Uni.  Relevant que 80% des emplois sont créés par le secteur privé, le représentant a voulu que l’on tire parti de l’innovation de ce secteur.  La transparence doit être un des atouts du secteur privé, a-t-il souligné en plaidant pour l’état de droit et la lutte contre la corruption.  Nous devons aussi lutter contre la fraude et l’évasion fiscale, a-t-il recommandé, en ajoutant que plus une nation est pauvre plus elle a besoin de ses recettes fiscales alors qu’elle n’a pas toujours les capacités de les collecter.  C’est pourquoi, dans le cadre de la coopération bilatérale, le Royaume-Uni a aidé l’Éthiopie à améliorer ses capacités dans ce domaine.

Mme SARAH FOX (États-Unis) a rappelé que la promotion d’une croissance économique profitant au plus grand nombre était un défi qui se posait à toutes les économies du monde.  Elle a insisté sur le décloisonnement des politiques qu’une telle croissance requiert, puisque celle-ci dépend tout à la fois de déterminants juridiques, micro et macroéconomiques.  Il faut donc mettre l’accent sur la création d’emplois, l’harmonisation des politiques de formation par rapport aux besoins du marché de travail mais aussi sur le respect des normes minimales en termes de salaires, de santé et de liberté syndicale.  Elle a notamment insisté sur la corrélation vertueuse qui existe entre protection sociale des travailleurs et productivité.  Enfin, elle a rappelé que l’État fédéral américain avait récemment augmenté le salaire minimum dans le secteur public, certains États fédérés, comme l’État de New York l’ayant imité pour les salariés du secteur privé.

Mme BÉNÉDICTE FRANKINET (Belgique) s’est réjouie de l’intégration du travail décent dans l’objectif 8 du futur programme de développement pour l’après-2015.  Elle a rappelé que le travail décent se base sur quatre éléments stratégiques et un cinquième à vocation transversale.  Le développement économique et social harmonieux doit être fondé sur le respect des droits sociaux fondamentaux, l’emploi productif et librement choisi, une protection sociale étendue et le dialogue social.  En outre, la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes doit être prise en compte de manière transversale.

Le travail décent, a-t-elle dit, livre une contribution majeure à la politique macroéconomique.  Il a déjà été accepté depuis 20 ans par la communauté internationale comme objectif de développement, a rappelé la représentante qui a insisté sur le fait que le travail décent est aussi un objectif de gouvernance pour les États, ce qui devrait être rappelé clairement dans le programme de développement pour l’après-2015.  Dans les États, a encore déclaré Mme Frankinet, le travail décent implique une coordination des politiques économiques et d’emploi ainsi que des dispositifs de participation de tous les acteurs de l’économie, y compris les partenaires sociaux.  Pour que ceux-ci puissent livrer leur contribution par le dialogue, il convient qu’un cadre juridique organise ce dialogue et la négociation collective. 

Elle a aussi expliqué que dans les chaînes d’approvisionnement, les États concernés et le dialogue social sont sous la pression d’une concurrence effrénée des compagnies multinationales.  Les désastres sociaux ne peuvent être évités, d’une part, que par le dialogue entre les États qui accueillent les sites de production et les États où se trouvent les sièges de ces sociétés et d’autre part, par le dialogue entre ces sociétés et les organisations syndicales internationales et enfin par la responsabilité sociale des entreprises.  La Belgique espère beaucoup de la Conférence internationale du travail de 2016 sur le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement.

Afin de réaliser ces objectifs, il convient d’impliquer l’ensemble des organisations, banques, fonds et programmes car l’enjeu du financement est capital, a continué la représentante qui a ajouté que son pays a pris des initiatives importantes pour étudier dans les prochaines semaines avec le Directeur général de l’OIT comment réussir la promotion du travail décent comme objectif transversal de l’agenda post-2015 et examiner des critères consensuels d’évaluation de la mise en œuvre des socles de protection sociale au sein de la recommandation 202.

M. TALAIBEK KYDYROV (Kirghizistan) a voulu que l’on base les politiques de l’emploi sur le principe du dialogue social comme s’y attèle son pays.  Ainsi, le Kirghizistan a adopté une feuille de route 2011-2015 sur le travail décent.  Le pays a aussi adopté une stratégie nationale de développement durable 2013-2017 qui vise en priorité à créer des emplois verts, en mettant l’accent sur le développement des secteurs de l’agriculture et du tourisme, la mise en œuvre des projets d’infrastructure et la promotion de l’entreprenariat par le biais du microcrédit et de la jeunesse.  Malgré tout, le Kirghizistan connait un taux de chômage de 8,4%, a-t-il dit, en parlant aussi de ses citoyens migrants qui sont au nombre d’un million.  C’est pourquoi le Kirghizistan accorde une grande priorité à la protection des droits des travailleurs migrants, notamment pour éviter la traite des personnes.  Le représentant a plaidé en faveur de la coopération régionale à cet égard, afin de lutter efficacement contre le travail forcé. 

M. FREDERICK SHAVA (Zimbabwe) a indiqué que l’emploi était une des priorités de son pays et de sa région.  Le Plan stratégique de développement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) promeut notamment la croissance économique durable et des approches proactives pour la création d’emplois.  Au niveau national, le Zimbabwe s’est engagé à créer davantage d’emplois pour les jeunes, grâce à l’expansion de son secteur de l’éducation et de la formation, à des investissements dans les secteurs clefs de l’économie, à la promotion des investissements étrangers directs et aussi à une meilleure utilisation de ses capacités industrielles.  Le représentant s’est plaint cependant de l’inadéquation entre les compétences acquises par les diplômés et les exigences de l’industrie, mais a signalé que le Gouvernement était en train de revoir les programmes de formation professionnelle afin de les adapter au marché du travail.

M. Shava a parlé de la réforme agraire qui a entrainé la création de 260 000 emplois permanents et 447 684 emplois saisonniers.  Le pays s’est en outre doté d’un Programme de transformation socioéconomique 2013-2018 appelé « ZimAsset » qui a le potentiel de favoriser la croissance économique et de créer des emplois.  Le représentant a souligné l’importance des PME pour la création d’emplois, tout en relevant les difficultés auxquelles sont confrontées ces entreprises, comme le manque d’accès aux capitaux, aux technologies et aux marchés.  C’est pourquoi le Gouvernement a prévu plusieurs mesures et créé des institutions en vue de soutenir ces entreprises.  Enfin, M. Shava a appelé à lever les sanctions économiques contre son pays, afin qu’il puisse développer tout son potentiel économique et créer des emplois.

M. KAIRAT ABDRAKHMANOV (Kazakhstan) a indiqué que les stratégies de réduction de la pauvreté devaient se concentrer sur les pauvres en milieu rural.  Il a également noté qu’une simple augmentation du taux d’emploi ne diminuera pas le nombre de travailleurs pauvres si elle ne s’accompagne pas de gains de productivité.  Il a en conséquence demandé la mise en place de politiques permettant une montée en gamme du secteur manufacturier et une expansion du secteur des services par le biais notamment de formations adéquates.  Dans un second temps, le délégué du Kazakhstan a invité les pays développés à ne pas mettre en place des barrières tarifaires dont les pays en développement pourraient pâtir.  Il a également jugé cruciales les coopérations triangulaire et Sud-Sud.  Il a détaillé la stratégie de développement « Kazakhstan 2050 », dont l’objectif est l’avènement d’une économie de la connaissance et de l’innovation technologique.  « Cela permettra de créer des emplois décents pour une partie appréciable de la population et d’aider à la transition du secteur informel vers le formel. »  M. Abdrakhmanov a confié son espoir de voir à l’horizon 2050 le PIB par habitant de son pays multiplié par 4,5.

La croissance économique est une condition nécessaire mais pas suffisante pour assurer le développement durable, a dit à son tour, M. OLIVER ZEHNDER (Suisse).  Il a jugé important de réaffirmer la volonté d’une croissance favorisant l’intégration économique et la cohésion sociale.  Le lien de causalité entre le développement durable et la création d’emplois pour lutter contre la pauvreté est complexe, a-t-il avoué, expliquant que le principal défi est de nature qualitative car il passe par l’amélioration des conditions de travail et de productivité.  Mais il est aussi quantitatif car il faut créer suffisamment de places de travail décentes et durables.  La cohérence entre les politiques est donc un enjeu fondamental.  Il faut que le but de la création d’emplois productifs et de travail décent figure au centre des politiques économiques et améliore l’accès des pauvres aux ressources productives.  C’est pourquoi la Suisse appuie la mise en œuvre de l’agenda du travail décent de l’OIT et le renforcement des politiques aux plans international et national, afin de développer un socle minimum de protection sociale.  

Nous devons être crédibles dans l’adoption de recommandations de politiques opérationnelles, a conclu le représentant.  Nous devons chercher à promouvoir un large consensus fondé sur le respect de la démocratie et la promotion des droits humains, la mise en œuvre des trois piliers du Sommet de Copenhague, l’intégration sociale par le travail décent et la mise en place d’une protection sociale efficace.  « Nous devons éviter de travailler en vase clos et nous inspirer des vastes expériences dont dispose la société civile, y compris les partenaires sociaux », a conclu le représentant.

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