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CS/12076
13 octobre 2015
7533e séance – matin

Le Conseil de sécurité renforce son action en faveur du programme femmes, paix et sécurité à l’occasion du quinzième anniversaire de la résolution 1325 (2000)

Ban Ki-moon s’engage personnellement pour que 15% des fonds de consolidation de la paix soient consacrés à des projets en faveur de l’autonomisation des femmes

Quinze ans après la résolution 1325 (2000) qui soulignait le lien essentiel entre l’égalité des sexes et la paix et la sécurité internationales, le Conseil de sécurité a renforcé, aujourd’hui, son engagement en faveur du programme « femmes, paix et sécurité », à l’occasion d’un débat public, au cours duquel plus de 81 orateurs, dont le Secrétaire général de l’ONU et la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, ont réaffirmé leur engagement dans ce domaine.

Le Chef de l’ONU, M. Ban Ki-moon, s’est ainsi « personnellement engagé » pour que 15% des fonds de consolidation de la paix soient consacrés à des projets qui promeuvent l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.  « À une époque où les groupes extrémistes armés placent la subordination des femmes en tête de liste de leurs folles ambitions, nous devons placer le leadership des femmes et la protection des droits de celles-ci au centre de notre agenda », a affirmé le Secrétaire général, en résumant le sentiment général d’une réunion présidée par le Premier Ministre de l’Espagne, M. Mariano Rajoy Brey, à laquelle une dizaine d’États Membres étaient représentés au niveau ministériel.

En adoptant à l’unanimité de ses membres la résolution 2242 (2015), le Conseil de sécurité demande « de nouveau » aux États Membres de faire en sorte que les femmes soient davantage représentées dans les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux de prévention et de règlement des conflits.  Il demande en outre aux pays donateurs de fournir une assistance financière et technique aux femmes associées aux processus de paix.

Il exhorte le Secrétaire général à redoubler d’efforts pour intégrer dans ses activités la problématique hommes-femmes et « à remédier aux lacunes en termes de responsabilités », grâce à l’ajout d’objectifs relatifs à la parité entre les sexes dans les contrats de mission conclus entre le Secrétaire général et les hauts fonctionnaires de l’ONU, y compris les envoyés et représentants spéciaux.  Les postes de conseiller principal et de spécialiste de la problématique hommes-femmes des missions politiques spéciales et de maintien de la paix devront être rapidement pourvus.

Le Conseil décide, en outre, « de tenir compte des préoccupations liées aux femmes et à la paix et à la sécurité dans toutes les situations propres à certains pays inscrits à son ordre du jour » et réaffirme son intention de veiller à ce que ses missions tiennent compte de la problématique hommes-femmes et des droits des femmes.

Profondément préoccupé par les allégations d’atteintes sexuelles commises par le personnel de maintien de la paix de l’ONU et de « forces non onusiennes », il demande aux pays fournisseurs à dispenser à leur personnel avant leur déploiement une « solide formation » axée sur la question des atteintes sexuelles. Ces pays devront, en outre, mener « des enquêtes rapides et approfondies » sur leur personnel en uniforme et, le cas échéant, à engager des poursuites et à informer l’ONU « dans les meilleurs délais » de l’évolution et des conclusions de ces enquêtes.

Le Conseil demande « instamment » aux pays fournisseurs visés dans les annexes aux rapports annuels du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé et sur les violences sexuelles liées aux conflits de mettre fin aux violations, « pour éviter de se voir suspendus de toute participation aux opérations de paix ».  Enfin, les États Membres et l’ONU devront davantage prendre en considération les questions relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité dans l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

À l’ouverture du débat, M. Ban a, dans le droit fil de son rapport* sur les femmes et la paix et la sécurité, affirmé qu’il avait fait du leadership des femmes dans les efforts de consolidation de la paix une priorité.  Cinq femmes sont désormais représentantes spéciales des missions de paix en Haïti, en Côte d’Ivoire, au Sahara occidental, au Soudan du Sud et à Chypre, ainsi que pour la première fois, une femme commandant de force –le général de division Kristin Lund- à Chypre.  Dans son rapport, il note également que sur les 16 accords de paix signés en 2014, 50% contenaient des dispositions relatives à la problématique hommes-femmes, contre 22% en 2010.

« Mais nous devons tous faire beaucoup plus », a-t-il dit, en rappelant « la manière impitoyable » avec laquelle des groupes tels que Daech et Boko Haram prenaient pour cibles les femmes et les filles.  « Nous devons placer le leadership des femmes et la protection des droits des femmes au centre de notre agenda », a insisté le Secrétaire général, avant d’annoncer l’objectif de consacrer 15% des fonds de consolidation de la paix à des projets visant à promouvoir l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.

De son côté, la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, a indiqué qu’en dépit des progrès cités, la participation des femmes aux pourparlers de paix restait symbolique.  « Les femmes sont cantonnées à l’économie informelle dans les phases de reconstruction des pays et les donateurs ne ciblent encore qu’insuffisamment les organisations de femmes », a affirmé la Directrice exécutive, qui présentait le rapport du Secrétaire général précité.

Relevant que 97% de Casques bleus et 90% des forces de police étaient des hommes, Mme Mlambo-Ngcuka a expliqué que l’ONU, elle-même, n’avait pas encore atteint ses objectifs en matière d’égalité.  Se voulant positive, elle s’est réjouie de la création de l’Instrument mondial d’accélération de l’action en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité, et de l’aide humanitaire, « qui permettra de mobiliser, a-t-elle dit, plus de ressources pour les organisations de femmes ».

Un optimisme relatif qu’a rejeté Mme Julienne Lusenge, Directrice de l’ONG « Funds Femmes congolaises », l’une des trois représentantes d’organisations de femmes invitées à s’exprimer lors de ce débat.  « Qu’est-ce que cette résolution pleine d’espoir a changé dans la vie des femmes en situation de conflit? » a-t-elle demandé.  Rien n’a changé, a-t-elle répondu, en souhaitant que davantage de femmes participent à toutes les phases des processus de paix.  « Les femmes sont la clef de la paix », a affirmé Mme Lusenge, à l’instar de la totalité des intervenants. 

C’est précisément pour combler « les lacunes entre ce qui est dit et la situation sur le terrain » que cette résolution est importante, a expliqué le Premier Ministre de l’Espagne, qui a ouvert la réunion en condamnant les attentats qui ont eu lieu la semaine dernière au Tchad, au Cameroun et en Turquie.

Il a mentionné les deux objectifs de la résolution: le renforcement de la place des femmes dans les efforts de consolidation de la paix et l’intensification de la protection des femmes et filles en situation de conflit, y compris vis-à-vis de la violence sexuelle.  « Il est plus dangereux d’être une femme qu’un soldat en temps de conflit », a-t-il relevé.

Les autres intervenants ont exprimé leurs engagements en faveur de l’égalité entre les sexes et de la bonne mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), certains d’entre eux, tels que les délégués de la Chine et du Royaume-Uni, annonçant de nouvelles contributions financières, notamment en faveur d’ONU-Femmes.

Le représentant du Venezuela a ainsi assuré que 50% des candidats aux élections législatives dans son pays seront des femmes tandis que son homologue du Nigéria a rappelé les actions menées par son pays, en coopération avec ses partenaires de la Commission du Lac Tchad, contre Boko Haram.  « Dans le cas des récentes allégations d’abus sexuels commis par des Casques bleus français les sanctions les plus strictes seraient adoptées, en complément de la réponse judiciaire, si ces cas étaient confirmés », a, pour sa part, promis le représentant de la France.

Le Conseil de sécurité poursuivra son débat sur « les femmes et la paix et la sécurité », demain mercredi 14 octobre à partir de 15 heures.

*     S/2015/716

LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SÉCURITÉ

Rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité (S/2015/716)

Lettre datée du 1er octobre 2015, adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent de l’Espagne auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2015/749)

Texte du projet de résolution (S/2015/774)

      Le Conseil de sécurité,

      Réaffirmant qu’il tient à ce que ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009), 1960 (2010), 2106 (2013) et 2122 (2013) et toutes les déclarations correspondantes de son président continuent d’être appliquées et le soient intégralement, dans toute leur complémentarité,

      Ayant à l’esprit les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et le fait que la Charte lui confère la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales,

      Affirmant que les États Membres ont un rôle essentiel à jouer en appliquant pleinement les dispositions pertinentes de ses résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité et que les entités des Nations Unies et les organisations régionales jouent un rôle complémentaire important à cet égard,

      Rappelant les engagements pris dans la Déclaration et le Programme d’action de Beijing et à l’occasion du vingtième anniversaire de leur adoption, se félicitant de la tenue, le 27 septembre 2015, de la Réunion de mobilisation des dirigeants du monde en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et saluant les engagements concrets que tous les dirigeants nationaux ont pris dans le cadre de cette réunion,

      Réaffirmant les obligations qui incombent aux États parties à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et au Protocole facultatif qui s’y rapporte et exhortant les États qui ne l’ont pas encore fait à envisager de les ratifier ou d’y adhérer, et prenant note de la Recommandation générale 30 du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes sur les femmes et la prévention des conflits et les situations d’après conflit,

      Accueillant avec satisfaction le rapport du Secrétaire général en date du 17 septembre 2015 (S/2015/716), qui présente les résultats de l’étude mondiale sur l’application de la résolution 1325 (2000), constatant avec satisfaction les travaux entrepris pour l’étude mondiale et encourageant à examiner de près les recommandations qui en sont issues;

      Notant le lien majeur entre, d’une part, la participation active des femmes aux efforts en matière de prévention et de règlement des conflits et de reconstruction et, d’autre part, l’utilité et la viabilité à long terme de ces efforts, ainsi que sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources, d’accroître la responsabilisation et la volonté politique et de promouvoir le changement d’attitude,

      Prenant acte du rapport du Secrétaire général sur l’avenir des opérations de maintien de la paix des Nations Unies: mise en œuvre des recommandations du Groupe indépendant de haut niveau sur les opérations de maintien de la paix (S/2015/682) et du rapport du Groupe consultatif d’experts chargé de l’examen du dispositif de consolidation de la paix (S/2015/490), se félicitant des recommandations qui y sont formulées concernant les femmes, la paix et la sécurité, et engageant tous les acteurs à envisager de les mettre en œuvre,

      Réaffirmant qu’il incombe aux États et à toutes les parties à un conflit armé l’obligation de respecter le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, le cas échéant, et qu’il faut mettre fin à toutes les violations du droit international humanitaire et à toutes les violations et atteintes aux droits de l’homme,

      Réaffirmant également que la violence sexuelle, utilisée ou commanditée comme méthode ou tactique de guerre ou dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre des populations civiles, peut considérablement exacerber et prolonger les conflits armés et compromettre le rétablissement de la paix et de la sécurité internationales,

      Se félicitant de l’accent mis sur la réalisation de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles à l’occasion de la récente adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030, réaffirmant que l’autonomisation des femmes et des filles et l’égalité entre les sexes sont déterminantes au regard de la prévention des conflits et des efforts déployés plus généralement pour maintenir la paix et la sécurité internationales, notant à cet égard que le rapport du Groupe indépendant de haut niveau chargé d’étudier les opérations de paix (S/2015/446), le rapport du Groupe consultatif d’experts chargé de l’examen du dispositif de consolidation de la paix des Nations Unies (S/2015/490) et l’étude mondiale ont mis l’accent sur la nécessité, entre autres, d’investir davantage en faveur de la prévention des conflits et de l’autonomisation des femmes, et soulignant  que les obstacles qui continuent d’entraver l’application complète de la résolution 1325 (2000) ne pourront être éliminés que moyennant un engagement résolu en faveur de l’autonomisation et de la participation des femmes, ainsi que de l’exercice de leurs droits par les femmes, dans le cadre d’initiatives concertées et grâce à des informations, des mesures et un appui cohérents visant à accroître la participation des femmes à la prise de décisions à tous les niveaux,

      Réaffirmant qu’il importe d’associer les hommes et les garçons à la promotion du rôle des femmes dans les activités de prévention et de règlement des conflits armés et de consolidation de la paix, et dans les situations d’après conflit,

      Constatant l’évolution du contexte mondial en matière de paix et de sécurité, en particulier eu égard à la montée de l’extrémisme violent, qui peut conduire au terrorisme, au nombre croissant de réfugiés et de déplacés, aux effets des changements climatiques et au caractère mondial des pandémies, et, à cet égard, affirmant à nouveau son intention de prêter davantage attention à la question des femmes, de la paix et de la sécurité en tant que thème transversal recoupant tous les grands sujets inscrits à son ordre du jour, y compris les menaces que les actes de terrorisme font peser sur la paix et la sécurité internationales,

     Conscient des répercussions que le terrorisme et l’extrémisme violent ont sur les droits fondamentaux des femmes et des filles, notamment pour ce qui a trait à leur santé, à leur éducation et à leur participation à la vie publique, ainsi que du fait qu’elles sont souvent prises directement pour cibles par les groupes terroristes, et constatant avec une profonde préoccupation que les actes de violence sexuelle et sexiste s’inscrivent notoirement parmi les objectifs stratégiques et dans l’idéologie de certains groupes terroristes, qui les utilisent comme tactique de terrorisme et comme instrument destiné à accroître leur pouvoir en encourageant le financement de leurs activités, le recrutement de combattants et la destruction des communautés, ainsi qu’il est indiqué dans le rapport du Secrétaire général sur la question des violences sexuelles commises en période de conflit armé, en date du 23 mars 2015 (S/2015/203), et prenant note des bonnes pratiques du Forum mondial de lutte contre le terrorisme sur les femmes et la lutte contre l’extrémisme violent,

      Sachant l’importance du quinzième anniversaire de l’adoption de la résolution 1325 (2000), les progrès réalisés et le fait qu’il est possible et nécessaire de mieux concrétiser les priorités concernant la question des femmes et de la paix et de la sécurité, et restant profondément préoccupé par la fréquente sous-représentation des femmes au sein de nombreux processus et organes formels liés au maintien de la paix et de la sécurité internationales, par le nombre relativement faible de femmes occupant des postes de rang élevé dans les institutions nationales, régionales et internationales dont les activités relèvent du domaine politique ou ont trait à la paix et à la sécurité, par l’absence d’une action humanitaire qui tienne adéquatement compte de la problématique hommes-femmes et par l’insuffisance du soutien en faveur de l’exercice de responsabilités par les femmes dans ces structures, par les faibles niveaux du financement accordé à l’action en faveur des femmes et de la paix et de la sécurité et par les lourdes conséquences qui en résultent pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales,

      Conscient de l’importante contribution que la société civile, notamment les organisations de femmes, ont apportée à la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) au cours des quinze dernières années,

      Sachant que le nouvel Instrument mondial d’accélération de l’action en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité et de l’aide humanitaire constitue, à côté d’autres mécanismes complémentaires existants, l’un des moyens d’attirer des ressources, de coordonner les interventions et d’accélérer la mise en œuvre,

      1.    Exhorte les États Membres, à la lumière de l’examen de haut niveau, à évaluer leurs stratégies et la mobilisation des moyens alloués à la concrétisation des priorités concernant la question des femmes et de la paix et de la sécurité, demande à nouveau aux États Membres de faire en sorte que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décisions dans les institutions et mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention et le règlement des différends, encourage ceux qui soutiennent des processus de paix à favoriser l’inclusion véritable des femmes au sein des délégations des parties aux négociations liées aux pourparlers de paix, demande aux pays donateurs de procurer une assistance financière et technique aux femmes associées aux processus de paix, y compris une formation à la médiation, aux activités de sensibilisation et aux aspects techniques des négociations, et de fournir aux médiateurs et aux équipes techniques un appui et une formation axés sur l’utilité de la participation des femmes et des stratégies d’inclusion effective des femmes, encourage la participation active des organisations de la société civile à toutes les réunions consacrées à la paix et à la sécurité internationales et régionales, selon qu’il conviendra, y compris les conférences de donateurs, afin de contribuer à la prise en compte des considérations liées à la problématique hommes-femmes dans l’élaboration des politiques et programmes et l’établissement de leurs priorités, leur coordination et leur exécution, et invite les pays accueillant ces réunions à tout faire pour faciliter la représentation diversifiée de participants de la société civile,

      2.    Salue les efforts engagés par les États Membres pour appliquer la résolution 1325 (2000), y compris l’élaboration de plans d’action nationaux, et l’augmentation du nombre de plans d’action nationaux ces dernières années, demande aux États Membres de mieux intégrer les responsabilités relatives à la question des femmes et de la paix et de la sécurité dans leurs plans stratégiques, qu’il s’agisse de plans d’action nationaux ou d’autres cadres de planification, en les dotant de ressources suffisantes, notamment pour ce qui est de la concrétisation des obligations pertinentes que leur imposent le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, en tenant de vastes consultations, y compris avec la société civile, en particulier les organisations de femmes, demande aux pays qui ont défini des plans d’action de faire part des progrès qu’ils ont accomplis dans la mise en œuvre et le suivi de la résolution 1325 (2000) lors des débats publics annuels que le Conseil de sécurité consacre à la question des femmes et de la paix et la sécurité, se félicite en outre des efforts faits par les organisations régionales pour mettre en œuvre la résolution 1325 (2000), notamment en adoptant des cadres régionaux, et les encourage à poursuivre la mise en œuvre;

      3.    Encourage les États Membres à accroître le financement des activités relatives aux femmes et à la paix et à la sécurité, notamment en amplifiant l’aide fournie dans les situations de conflit et d’après conflit à l’appui de programmes de promotion de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes, et en prêtant leur concours à la société civile, et à aider les pays en situation de conflit armé et d’après conflit à appliquer les résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité, y compris par le renforcement des capacités,  appelle au resserrement de la coopération internationale pour le développement en matière d’autonomisation des femmes et d’égalité entre les sexes et invite les prestataires d’aide à s’assurer que toutes les contributions à l’aide reflètent un intérêt pour la problématique hommes-femmes;

      4.    Exhorte le Secrétaire général et les entités concernées des Nations Unies, y compris, mais pas uniquement, le Département des opérations de maintien de la paix, le Département des affaires politiques, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, le Programme des Nations Unies pour le développement, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et le Bureau d’appui à la consolidation de la paix, à redoubler d’efforts pour intégrer dans leurs activités les besoins des femmes et la problématique hommes-femmes, notamment dans la planification et l’élaboration des politiques et dans les missions d’évaluation, et compte tenu des demandes formulées dans la résolution 2122 (2013), et à remédier aux lacunes en termes de responsabilité, en particulier grâce à l’ajout d’objectifs relatifs à la parité des sexes dans tous les contrats de mission conclus entre le Secrétaire général et les hauts fonctionnaires de l’Organisation au Siège et sur le terrain, y compris avec ses envoyés spéciaux et ses représentants spéciaux, les coordonnateurs résidents et humanitaires, aux fins d’assurer le suivi et pour faciliter la prise de décisions par le Secrétaire général, notamment pour le recrutement à des postes qu’il faudra pourvoir dans l’avenir, et encourage les fonctionnaires chargés de la mise en œuvre des priorités concernant la question des femmes et de la paix et de la sécurité à forger au sein de l’Organisation des relations de travail plus étroites, s’agissant notamment d’ONU-Femmes, compte tenu du rôle qu’ils jouent en matière de coordination et de responsabilisation pour cette question, et du Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la question des violences sexuelles commises en période de conflit;

      5.    Reconnaît qu’il reste nécessaire de mieux intégrer la résolution 1325 (2000) dans ses propres travaux conformément à la résolution 2122 (2013), notamment en remédiant aux difficultés rencontrées pour ce qui est de fournir des informations précises et des recommandations sur les dimensions de la problématique hommes-femmes dans toutes les situations inscrites à son ordre du jour, de façon à inspirer et à contribuer à renforcer ses décisions, et par conséquent en sus des éléments visés dans la résolution 2122 (2013) et conformément à la pratique établie:

      a)    Fait part de son intention de réunir ses experts compétents dans le cadre d’un groupe informel d’experts chargé de la question des femmes et de la paix et de la sécurité pour faciliter l’adoption d’une approche plus systématique de cette question dans le cadre de ses propres travaux et favoriser un contrôle plus strict et une meilleure coordination des efforts de mise en œuvre;

      b)    Décide de tenir compte des préoccupations liées aux femmes et à la paix et à la sécurité dans toutes les situations propres à certains pays inscrits à son ordre du jour, compte tenu de la situation particulière de chaque pays, et se propose de consacrer périodiquement les consultations sur la situation de tel ou tel pays, selon que de besoin, à la mise en œuvre des priorités concernant les femmes et la paix et la sécurité, aux progrès réalisés et aux obstacles rencontrés, et réaffirme son intention de veiller à ce que ses missions tiennent compte de la problématique hommes-femmes et des droits des femmes, notamment en tenant des consultations avec les groupes de femmes locaux et internationaux;

      c)    Fait part de son intention d’inviter la société civile, y compris les organisations de femmes, à lui présenter des exposés sur les considérations propres à tel ou tel pays et dans les domaines thématiques pertinents, et d’inviter le Secrétaire général adjoint et Directeur exécutif chargé de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et le Secrétaire général adjoint et Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la question des violences sexuelles commises en période de conflit à lui présenter plus fréquemment des éléments d’information sur la situation de certains pays et sur les domaines thématiques pertinents inscrits à son ordre du jour, ainsi que sur les questions urgentes concernant les femmes et les filles dans les contextes de conflit et de crise;

      6.    Entend, lorsqu’il adoptera des sanctions ciblées dans des situations de conflit armé ou les reconduira, envisager de désigner, le cas échéant, les acteurs, dont ceux appartenant à des groupes terroristes, qui se livrent à des violations du droit international humanitaire et à des violations des droits de l’homme et des atteintes à ces droits, y compris la violence sexuelle et sexiste, les disparitions forcées et les déplacements forcés, et s’engage à veiller à ce que les groupes d’experts concernés des comités de sanctions ont les compétences requises en matière de problématique hommes-femmes;

      7.    Exhorte le Département des opérations de maintien de la paix et le Département des affaires politiques à veiller à inclure l’analyse des disparités entre les sexes et l’expertise technique en la matière dans toutes les étapes de la planification des missions, de l’élaboration, de l’exécution et de l’examen des mandats et du retrait des missions, en s’assurant que les besoins des femmes et la participation de celles-ci sont intégrés dans toutes les phases successives de l’exécution des mandats des missions, se félicite que le Secrétaire général se soit engagé à faire en sorte que des postes de  conseiller principal pour la problématique hommes-femmes soient créés dans les bureaux de ses représentants spéciaux, demande que les postes de conseiller principal et les autres postes de spécialiste de la problématique hommes-femmes soient inscrits au budget et rapidement pourvus lorsqu’ils relèvent de missions politiques spéciales et d’opérations multidimensionnelles de maintien de la paix  et encourage une coopération plus active entre le Département des opérations de maintien de la paix, le Département des affaires politiques et ONU-Femmes pour que les opérations de maintien de la paix et les missions politiques spéciales des Nations Unies soient davantage sensibilisées à la problématique hommes-femmes, notamment en permettant aux conseillers sur le terrain et à d’autres secteurs des missions de bénéficier pleinement d’un appui décisionnel, opérationnel et technique de ces entités pour l’application de la résolution 1325 (2000) et des résolutions ultérieures, en tirant pleinement parti de leurs avantages comparatifs respectifs;

      8.    Se félicite que le Secrétaire général se soit engagé à donner la priorité à la nomination d’un plus grand nombre de femmes aux postes de direction de niveau élevé, compte tenu de la représentation géographique et conformément aux règles et règlements en vigueur régissant les questions administratives et budgétaires, et l’encourage à passer en revue les obstacles au recrutement des femmes et à la progression de leurs carrières, se félicite également des efforts faits pour encourager l’augmentation du nombre de femmes dans les composantes militaire et de police déployées auprès des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, et demande au Secrétaire général de mettre en œuvre, en collaboration avec les États Membres, dans la limite des ressources existantes, une stratégie révisée visant à doubler le nombre de femmes dans les contingents militaires et les effectifs de police des opérations de maintien de la paix des Nations Unies au cours des cinq années à venir;

      9.    Se dit profondément préoccupé par les allégations persistantes faisant état d’exploitation et d’atteintes sexuelles qui seraient le fait de membres du personnel de maintien de la paix des Nations Unies et de forces non onusiennes, y compris du personnel militaire, civil et de police, exhorte les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police à dispenser à leur personnel de maintien de la paix, avant leur déploiement, une solide formation axée sur la question de l’exploitation et des atteintes sexuelles, et à vérifier les antécédents des membres de ce personnel, à mener des enquêtes rapides et approfondies au sujet de leur personnel en uniforme et, le cas échéant, à engager des poursuites, et à informer l’Organisation dans les meilleurs délais de l’évolution et des conclusions de ces enquêtes en travaillant en pleine collaboration avec elle, demande à l’Organisation de coopérer selon qu’il conviendra et sans retard avec les autorités nationales, y compris les tribunaux chargés des enquêtes sur ces allégations lorsque cela leur est demandé, et prie les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police, toutes les fois que cela est pertinent lors de leurs réunions, de se pencher sur la question de l’exploitation et des atteintes sexuelles, et le Comité d’état-major des Nations Unies d’examiner ces questions au titre de son programme ordinaire;

      10.   Se félicite des efforts que le Secrétaire général continue de déployer pour faire appliquer sa politique de tolérance zéro envers les cas d’inconduite, en particulier des propositions de grande envergure relatives à la prévention, à la répression et à la réparation, y compris l’engagement qu’il a pris de faire toute la lumière sur les fautes commises par le personnel des Nations Unies, ainsi que sa proposition de tenir le Conseil de sécurité informé de l’évolution de la situation concernant l’exploitation et les atteintes sexuelles et sa décision aux termes de laquelle les États parties maintes fois cités dans les annexes à ses rapports annuels sur le sort des enfants en temps de conflit armé et sur les violences sexuelles liées aux conflits ne seront plus autorisés à participer aux opérations de paix des Nations Unies, demande instamment aux pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police actuellement visés dans ces listes de mettre fin aux violations et d’appliquer dans les plus brefs délais des plans d’action, pour éviter de se voir suspendus de toute participation aux opérations de paix, et prie en outre le Secrétaire général d’inclure dans tous les rapports sur la situation spécifique d’un pays qu’il lui présente une section consacrée à la déontologie et à la discipline, y compris, lorsque cela est pertinent, le respect de sa politique de tolérance zéro à l’égard de l’exploitation et les agressions sexuelles;

      11.   Demande que les États Membres et l’Organisation prennent davantage en considération les questions relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité, à la lutte contre le terrorisme et à la lutte contre l’extrémisme violent pouvant favoriser le terrorisme, prie le Comité contre le terrorisme et la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme de faire de la problématique hommes-femmes une question transversale dans l’ensemble des activités relevant de leurs mandats respectifs, y compris dans le cadre des évaluations et rapports et des recommandations par pays destinées aux États Membres, de la fourniture d’une assistance technique aux États Membres et des exposés qui lui sont présentés, encourage l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme et la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme à tenir de nouvelles consultations avec les femmes et les organisations de femmes pour enrichir leurs travaux et encourage en outre l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme à adopter la même démarche dans les activités relevant de son mandat;

      12.   Exhorte les États Membres et prie les organismes compétents des Nations Unies, y compris la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, conformément à son mandat et en collaboration avec ONU-Femmes, à mener des travaux de recherche axée sur la problématique hommes-femmes et de collecte de données relatives aux facteurs de radicalisation parmi les femmes, et sur les incidences des stratégies de lutte contre le terrorisme sur les droits fondamentaux des femmes et sur les organisations de femmes, afin d’élaborer une politique et des programmes fondés sur des données factuelles, et de veiller à ce que les mécanismes de suivi et d’évaluation et les dispositifs mis en place pour prévenir et juguler l’extrémisme violent pouvant déboucher sur le terrorisme, notamment les groupes d’experts des comités de sanctions compétents et les organes chargés d’établir les faits et de mener des enquêtes judiciaires, soient dotés des compétences nécessaires en matière de problématique hommes-femmes pour s’acquitter de leurs mandats;

      13.   Exhorte les États Membres et le système des Nations Unies à assurer la participation et l’autorité des femmes et des organisations de femmes pour ce qui est de l’élaboration et de la mise en œuvre des stratégies de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent pouvant déboucher sur le terrorisme, y compris dans le cadre de la répression de l’incitation à commettre des actes de terrorisme, de la diffusion de messages visant à lutter contre la propagande et d’autres interventions pertinentes, et en renforçant leur capacité de le faire efficacement, les exhorte également à remédier, y compris en autonomisant les femmes, les jeunes, les chefs religieux et culturels, aux conditions propices à la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent pouvant déboucher sur le terrorisme, conformément à la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies (A/RES/60/288), se félicite de l’importance accrue qui est accordée à une action préventive et inclusive en amont, encourage le Secrétaire général à inclure dans son prochain plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent la participation, l’autorité et l’autonomisation des femmes en tant qu’éléments déterminants de la stratégie et de l’action des Nations Unies, et demande un financement adéquat à cet égard et une augmentation des montants qui doivent être consacrés, dans les limites des fonds que l’Organisation alloue à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent pouvant déboucher sur le terrorisme, à des projets axés sur la problématique homme-femmes, y compris l’autonomisation des femmes;

      14.   Engage les États Membres à renforcer l’accès à la justice pour les femmes dans les situations de conflit et d’après conflit, notamment en menant rapidement des enquêtes sur les cas de violences sexuelles et sexistes et en poursuivant et en punissant rapidement les auteurs, et en accordant des réparations aux victimes selon qu’il conviendra, note que la lutte contre l’impunité dont jouissent les auteurs de crimes de droit international les plus graves commis à l’encontre des femmes et des filles a été renforcée grâce aux travaux de la Cour pénale internationale, des tribunaux spéciaux et des tribunaux mixtes, ainsi que des chambres spécialisées des tribunaux nationaux, et réaffirme son intention de poursuivre cette lutte avec énergie et d’exiger des comptes en la matière par les moyens voulus;

      15.   Encourage à donner aux femmes, notamment grâce au renforcement des capacités, selon qu’il conviendra, les moyens de participer à la conception et à la mise en œuvre des initiatives visant à prévenir, combattre et éradiquer le transfert illicite, l’accumulation déstabilisante et le détournement d’armes légères et de petit calibre, et demande à tous les États Membres, aux entités des Nations Unies et aux organisations intergouvernementales, régionales et sous-régionales compétentes de prendre en considération les effets concrets des situations de conflit et d’après conflit sur la sécurité, la mobilité, l’éducation et l’activité économique des femmes et des filles et sur les possibilités qui s’offrent à elles et d’atténuer les risques que courent les femmes de devenir des acteurs dynamiques du transfert illicite d’armes légères et de petit calibre;

      16.   Demande aux États Membres, à l’Organisation et aux autres acteurs concernés de faire en sorte qu’il soit tenu dûment compte des priorités concernant les femmes, la paix et la sécurité dans le processus et les résultats du Sommet mondial sur l’action humanitaire qui doit se tenir à Istanbul (Turquie) en 2016, considère qu’il importe d’intégrer des considérations de parité entre les sexes dans l’ensemble des programmes humanitaires en s’employant à assurer l’accès à la protection et à l’éventail complet des services médicaux, juridiques, psychosociaux et matériels, sans discrimination, et en veillant à ce que les femmes et les groupes de femmes puissent véritablement participer à l’action humanitaire et soient encouragés à jouer un rôle de chef de file, et demande instamment au Secrétaire général d’accroître l’engagement et la volonté politique à tous les niveaux sur cette question et d’assurer le respect du principe de responsabilité eu égard aux cadres existants relatifs à l’autonomisation des femmes et à l’égalité des sexes qui contribuent à la mise en œuvre des priorités concernant les femmes et la paix et la sécurité;

     17.   Invite le Secrétaire général, dans son prochain rapport sur l’application de la résolution 1325 (2000), à l’informer des progrès accomplis quant à la suite donnée à l’examen de haut niveau, y compris les recommandations formulées dans le rapport du Secrétaire général sur l’étude mondiale, et les nouveaux engagements pris dans le cadre de l’examen de haut niveau, ainsi que les modalités de suivi et d’évaluation appropriés mis en place pour le système des Nations Unies, et de mettre ces informations à la disposition des États Membres;

      18.   Décide de rester activement saisi de la question.

Exposés

« Il y a 15 ans, la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité avait souligné le lien essentiel qui existe entre l’égalité entre les sexes et la paix et la sécurité internationales », a affirmé le Secrétaire général de l’ONU, M. BAN KI-MOON.  Depuis lors, le Conseil a adopté plusieurs résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité.  Chacune d’entre elles, a-t-il dit, est un appel à la communauté internationale pour l’action.

« Je me suis personnellement engagé à mettre en œuvre ces résolutions », a-t-il continué,  en indiquant qu’il avait fait du leadership des femmes dans les efforts de consolidation de la paix une priorité.

M. Ban a rappelé qu’il a ainsi nommé cinq femmes en tant que représentantes spéciales des missions de paix pour Haïti, la Côte d’Ivoire, le Sahara occidental,  le Soudan du Sud et Chypre, ainsi que pour la première fois, une femme commandant de la force d’une opération de maintien de la paix, le général Kristin Lund à Chypre.

« Mais nous devons tous faire beaucoup plus », a-t-il dit.

Le Secrétaire général a rappelé que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 mettait l’accent sur la place centrale de l’égalité entre les sexes et sur la nécessité d’intensifier les efforts pour l’autonomisation des femmes en vue de parvenir à une planète qui soit exemplaire pour la parité, « une Planète 50/50 ».

« Nos stratégies pour la mise en œuvre de la résolution 1325 doivent être conformes à la vision des objectifs de développement durable », a-t-il déclaré.

Au dixième anniversaire de l’adoption de la résolution 1325, le Chef de l’ONU a rappelé qu’il avait suggéré au Conseil de sécurité de convoquer un examen au niveau ministériel tous les cinq ans afin d’évaluer les progrès, de réaffirmer les engagements et de surmonter les obstacles.

« Cette année, nous avons effectué trois examens majeurs des opérations de maintien de la paix, de notre architecture de consolidation de la paix et des femmes, paix et sécurité », a-t-il assuré.  Il a ainsi noté l’émergence d’un thème commun: « toute réforme doit inclure l’égalité des sexes et le leadership des femmes comme éléments principaux et être profondément ancrée dans les droits fondamentaux ».

Soulignant la nécessité d’accorder une attention accrue aux femmes les plus vulnérables, il a attiré l’attention sur les femmes autochtones qui souffrent de multiples formes de discrimination, en particulier en temps de conflit.

« Nous devons aussi faire beaucoup plus pour lutter contre la propagation de l’extrémisme violent », a-t-il dit, en dénonçant la manière impitoyable dont des groupes tels que Daech et Boko Haram prennent pour cibles les femmes et les filles.  Il a également déclaré que les tueries systématiques, la torture, le viol et l’esclavage sexuel perpétrés par Daech contre la communauté yazidie pouvaient constituer des crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide. « Nous devons veiller à la reddition de comptes. »

M. Ban a ensuite déclaré que le Département des opérations de maintien de la paix avait revu l’équilibre entre les genres au Siège de l’ONU et sur le terrain des missions, en partenariat avec ONU-Femmes, tandis que le Département des affaires politiques a mis en évidence la nécessité de déployer des conseillers de la problématique du genre dans toutes les missions politiques spéciales.

De son côté, le Département de l’appui aux missions met en œuvre des mesures visant à lutter contre l’exploitation et les abus sexuels et à accroître la représentation des femmes dans les missions de maintien de la paix, en particulier au niveau des postes de décision.  M. Ban a également assuré que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires fera en sorte que les résultats et les engagements du prochain Sommet humanitaire mondial mettent un fort accent sur l’égalité des sexes.

« Je m’engage personnellement à faire tout mon possible pour veiller à ce que nous atteignions l’objectif de consacrer 15% de fonds de consolidation de la paix à des projets qui visent à promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes », a-t-il dit.  L’expertise indépendante que constitue l’Étude mondiale sur la mise en œuvre de la résolution 1325, a-t-il rappelé, est un élément important de l’ordre du jour des Nations Unies pour le changement.

« À une époque où les groupes extrémistes armés placent la subordination des femmes au sommet de leur projet, nous devons placer le leadership des femmes et la protection des droits des femmes au sommet du nôtre », a conclu le Secrétaire général.

Mme PHUMZILE MLAMBO-NGCUKA, Directrice exécutive d’ONU-Femmes, a salué le fait que, pour la première fois, un débat du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité était présidé par un chef de gouvernement.  Saluant également la participation au débat de trois représentantes de la société civile, elle a estimé que l’attribution du prix Nobel de la paix au Dialogue national tunisien soulignait la contribution vitale de celle-ci à la promotion de la réconciliation et des droits de l’homme.  La Directrice exécutive d’ONU-Femmes a affirmé que lorsque les femmes sont à la table de négociations, leur sens du compromis accélère les progrès vers la paix.  Prenant l’exemple de la Colombie, elle a indiqué que lors de la conclusion d’un récent accord sur la justice, les femmes avaient obtenu la garantie qu’il n’y aurait aucune amnistie pour les auteurs de violences sexuelles.  Face aux nouveaux défis, Mme Mlambo-Ngcuka s’est félicitée de l’engagement pris par le Secrétaire général de lancer un plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent, dans le cadre duquel les femmes auront un rôle à jouer dans l’appréhension des causes de ce fléau. 

La Directrice exécutive d’ONU-Femmes a ensuite déclaré que les données disponibles concluaient que l’inclusion des femmes dans les processus de paix est un instrument efficace qui reste encore peu utilisé.  Citant l’étude globale dont sont saisies les délégations, elle a relevé que la participation des femmes débouchait sur une paix plus durable, améliorait la fourniture de l’assistance humanitaire, renforçait les efforts de protection des casques bleus, contribuait à la conclusion de pourparlers de paix et au respect des accords, améliorait le redressement économique postconflit et aidait à contrer l’extrémisme violent.  « Ce ne sont pas que de simples mots: ces contributions sont étayées par des évaluations fines, des enquêtes statistiques et des travaux universitaires », a insisté Mme Mlambo-Ngcuka. 

Après avoir appelé le Conseil de sécurité et les organisations régionales à changer la donne en impliquant durablement les femmes dans les processus de paix durable, la Directrice exécutive d’ONU-Femmes a commenté le rapport du Secrétaire général.  Elle a notamment fait observer qu’au cours de ces dernières années, la moitié des accords de paix avait enregistré une présence accrue des femmes parmi les négociateurs.  Elle a aussi noté le nombre en hausse de femmes au sein de groupes d’appui à la médiation et le fait que les organisations régionales et nationales commençaient d’agir plus sévèrement contre les cas de violence sexuelle.  « Si les tribunaux et les commissions accordent davantage d’attention aux crimes sexistes, cela ne s’est pas encore traduit en des poursuites pénales de plus haut niveau », a-t-elle toutefois fait observer. 

Mme Mlambo-Ngcuka a constaté que le rapport du Secrétaire général reconnaissait qu’en dépit des progrès cités, la participation des femmes aux pourparlers de paix restait symbolique.  « Les femmes sont cantonnées à l’économie informelle dans les phases de reconstruction des pays et les donateurs ne ciblent encore qu’insuffisamment les organisations de femmes, a-t-elle aussi déploré.  La Directrice exécutive d’ONU-Femmes a en outre relevé que l’atteinte de l’égalité entre les sexes était complètement ignorée dans les réformes du secteur de la sécurité, et ce, même dans les nations les plus concernées par les questions de genre.  « Actuellement, 97% de Casques bleus et 90% des forces de police sont des hommes ».  «L’ONU, elle-même, n’a pas encore atteint ses objectifs en matière d’égalité », a-t-elle signalé.  Se voulant positive, Mme Mlambo-Ngcuka s’est réjouie de la création de l’Instrument mondial d’accélération de l’action en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité, et de l’aide humanitaire.  « Ce nouveau fonds permettra de mobiliser plus de ressources destinées aux organisations de femmes spécialisées dans la construction de la paix et l’aide humanitaire », a-t-elle précisé, en invitant tous les pays à lui apporter l’appui concret requis.

La Directrice d’ONU-Femmes a rappelé que l’objectif de la résolution 1325 était non pas de protéger les femmes et les filles pendant les conflits armés mais d’empêcher en premier lieu la survenue des guerres.  Le défi est maintenant de financer et de réaliser cet ambitieux objectif, a-t-elle souligné, avant de rappeler le lien existant entre l’objectif 16 de développement durable -promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et à assurer l’accès de tous à la justice– et l’objectif 5 intitulé « Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ». 

Mme JULIENNE LUSENGE, Directrice de l’ONG « Fonds pour les Femmes congolaises » et membre du Groupe de travail sur les femmes, la paix et la sécurité, a rappelé qu’en 2008, elle était venue ici même pour parler des violences perpétrées contre les femmes dans son pays, la RDC.  « Aujourd’hui, 15 ans après l’adoption de la résolution 1325 et sept ans après ma dernière présentation, je suis de nouveau face à vous.  Qu’est-ce cette résolution pleine d’espoir a changé dans la vie des femmes en situation de conflit? » s’est interrogée Mme Lusenge.  Dénonçant l’exclusion des femmes de la vie sociale, économique et politique, elle a estimé que rien n’avait changé, alors que les femmes devraient participer à toutes les phases des processus de paix.  En 2013, lors des pourparlers entre le Gouvernement congolais et le groupe rebelle armé M23, coupable de violences inimaginables, les femmes avaient demandé à participer à ce processus, a-t-elle rappelé.  « Mais on nous avait répondu, au contraire, qu’il fallait pour cela être soit membre du Gouvernement, soit membre du M23 ».

« Les femmes sont les premières victimes de la guerre, mais elles sont aussi la clef de la paix », a tenu à rappeler Mme Lusenge.  « En ce moment même, les femmes de Rutsuru et de Beni, au Nord-Kivu, en RDC, sont assassinées, massacrées, égorgées, éventrées, et subissent des viols et autres violences sexuelles, enlevées ou forcées à l’esclavage sexuel », a-t-elle énuméré.  Il ne suffit pas d’écouter les cris de désespoir des femmes, encore faut-il les entendre, a-t-elle déclaré.  Mme Lusenge a ensuite expliqué que son ONG s’efforçait d’aider les femmes survivantes à se réintégrer au sein de leurs communautés respectives pour devenir « agents de changement » ou encore à sensibiliser les jeunes à ne pas rejoindre les groupes armés.  L’ONU doit identifier les diverses approches pour que les femmes puissent jouer leur rôle dans leurs pays respectifs.

Estimant que la Plateforme des femmes pour l’Accord d’Addis-Abeba était un mécanisme innovant, elle a toutefois estimé que les États Membres de l’ONU ne le soutenaient pas.  On doit mettre à la disposition des femmes les moyens dont elles ont besoin pour qu’elles puissent assister aux négociations officielles et ne pas seulement figurer au second rang des négociations, a ajouté Mme Lusenge.  Après avoir expliqué l’implication de son ONG dans l’amélioration de la justice, elle a estimé que tous les auteurs de violences sexuelles, y compris les soldats de la paix de l’ONU, devraient être traduits en justice.  La supervision des missions de maintien de la paix doivent se mettre à l’écoute des organisations de femmes et des chefs communautaires et enquêter sur les allégations de la population locale, « et non tout rejeter comme des rumeurs ».  « La Mission de maintien de la paix ne doit pas être un choix de carrière, elle doit être précise avec des résultats concrets », a-t-elle lancé pour finir.

Mme YANAR MOHAMMED, représentante d’une ONG et membre du Groupe de travail sur les femmes, la paix et la sécurité, a affirmé que l’on ne peut ignorer ce qui s’est passé en 2003 en Iraq si l’on veut comprendre la condition actuelle des femmes iraquiennes.  Un gouvernement a été instauré grâce à une politique de division et a échoué à promouvoir l’état de droit, permettant à des extrémistes de se hisser à des postes de pouvoir, a-t-elle dit.  La situation actuelle donne lieu à tout ce que les femmes voulaient éviter: la domination des femmes et la marginalisation des minorités, a-t-elle déploré.  Les droits des femmes ont été sabotés par les articles d’une constitution qui garantit les intérêts de groupes ethniques et religieux au détriment des droits fondamentaux, rendant les femmes iraquiennes vulnérables à la charia.

Le Gouvernement actuel, a assuré Mme Mohammed, a commencé à marginaliser les sunnites iraquiens, ouvrant ainsi la voie à l’émergence de Daech et à l’asservissement des femmes iraquiennes pour la première fois dans leur histoire.  Elle a mentionné les 3 000 femmes yazidies et appartenant à d’autres minorités réduites en esclavage par Daech.  Elle a ensuite regretté que les autorités iraquiennes ne permettent pas aux organisations de femmes de recueillir dans leurs locaux les femmes fuyant des zones de conflit.  Les auteurs de crimes d’honneur, a-t-elle fait remarquer, ne reçoivent que des sanctions légères, a-t-elle dit.

Elle a affirmé que la participation des femmes était un élément clef pour la réussite des efforts de maintien de la paix et de lutte contre l’extrémisme violent.  C’est pourquoi, a-t-elle dit, l’inclusion des femmes syriennes dans le processus de paix de Genève est cruciale.  Soulignant le manque de volonté politique pour la pleine mise en œuvre de la résolution 1325, Mme Mohammed a demandé de condamner toutes formes de violences commises contre les civils et de renforcer l’appui aux organisations de femmes, avant d’exhorter l’Iraq et les autres États Membres à mettre en œuvre un plan national d’action en application de ladite résolution.  En conclusion, elle a souligné l’importance de poursuivre les auteurs de violations qui pourraient constituer des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, y compris la violence sexuelle.

Mme ALAA MURABIT, représentante de l’ONG « Voix des femmes libyennes », a expliqué que ce sont les femmes qui avaient déployé, au lendemain du renversement du régime de Qadhafi, les efforts pour réaliser une « Libye libre ».  Mais dès 2012, elles se sont trouvées en danger « lorsqu’elles conduisent des voitures », ou sont témoins d’une ségrégation de fait dans les écoles, par exemple.  En tant que membres d’un Conseil consultatif sur la mise en œuvre de la résolution 1325, nous avons constaté que les femmes étaient exclues des processus de paix dans le monde entier en raison d’un manque de volonté politique des États Membres, à de notables exceptions près.  Elle a ainsi cité en exemple le cas en Colombie, où femmes et victimes sont parties prenantes du processus de paix et de réconciliation dans le pays.  « J’aurais souhaité qu’un représentant de la société civile colombienne soit aujourd’hui présent pour témoigner de ce que peut être une réconciliation inclusive réussie », a souligné Mme Murabit.  Elle a recommandé de mettre l’accent sur la diplomatie préventive, plutôt que de réagir à des conflits qui auraient pu être évités en amont.  En outre, a-t-elle préconisé, une structure devrait être créée d’urgence, au sein du Conseil de sécurité par exemple, pour coordonner les efforts actuellement engagés par le système des Nations Unies pour mettre en œuvre les dispositions de la résolution 1325.  À cette fin, il faudrait aussi mettre à disposition des ressources adéquates pour permettre aux organisations de femmes de jouer pleinement le rôle qui est le leur sur le terrain.

Déclarations

M. MARIANO RAJOY BREY, Président du Gouvernement de l’Espagne, a indiqué que la présente résolution jetait la base de la réaffirmation des engagements pour les années à venir sur la question des femmes, paix et sécurité.  La recherche de la paix est facilitée lorsque les femmes y sont étroitement associées, a-t-il dit.  La présente résolution a pour objectif, a-t-il précisé, d’une part, de renforcer la protection des femmes et filles en situation de conflit, y compris contre la violence sexuelle car, a-t-il dit, « il est plus dangereux d’être une femme qu’un soldat en temps de conflit » et, d’autre part, de renforcer la place des femmes dans les efforts de consolidation de la paix, « afin de combler les lacunes entre ce qui est dit et la situation sur le terrain ».

Il a ensuite détaillé les efforts de son pays pour promouvoir l’égalité entre les genres, en citant notamment l’adoption d’une loi visant à lutter contre les violences conjugales.  M. Rajoy Brey a ensuite promis que son pays allait approfondir la formation sur l’égalité des genres qui est dispensée aux forces armées espagnoles servant dans des missions de maintien de la paix, prôner une politique zéro vis-à-vis de violences sexuelles que pourraient commettre ces forces et débloquer un million de dollars pour le Fonds interinstitutions de l’ONU contre les violences sexuelles.  « Cette résolution devra nous guider.  Elle nous interpelle tous et c’est pourquoi nous devons tous mettre main à la pâte pour la mettre en œuvre », a-t-il insisté avant de conclure.

Mme SANDIP VERMA, Secrétaire d’État adjointe du Royaume-Uni pour le développement international, a annoncé que son gouvernement s’engageait à identifier les femmes victimes de conflits partout dans le monde, afin de pouvoir leur permettre d’être entendues et de leur venir plus efficacement en aide.  Soucieux de leur accorder les moyens dont elles doivent disposer pour faire une différence sur le terrain, le Royaume-Uni a décidé de débloquer, dans un premier temps, un million de dollars « pour combler le déficit de mise en œuvre de la résolution », et, dans une seconde phase, d’y consacrer 800 000 dollars de plus chaque année.  En outre, elle a expliqué que son gouvernement compte revoir l’ensemble des formations dispensées aux troupes britanniques déployées dans le monde et augmenter le nombre de spécialistes des questions de parité.  « D’ici à la fin 2016, tous nos outils d’analyse seront pleinement alignés sur la problématique hommes-femmes », s’est-elle félicitée, avant de déclarer que le Royaume-Uni se ferait le champion de la « feuille de route » que représente la résolution 1325 (2000), en vue de protéger les femmes et les filles.  À cette fin,  un appui technique de l’ensemble des États Membres sera toutefois nécessaire, a déclaré Mme Verma, qui a aussi relevé le rôle que devrait jouer le Département des opérations de maintien de la paix à cet égard.

Mme MARIA FILOMENA DELGADO, Ministre de la famille et de la promotion des femmes de l’Angola, a rappelé que l’année 2015, qui marque le quinzième anniversaire de la résolution 1325, est « une année cruciale » pour la promotion des droits des femmes, de l’égalité de genre et de la participation des femmes à la paix et à la sécurité.

Elle s’est dite profondément préoccupée par le nombre croissant de conflits armés, à l’émergence de nouvelles menaces à la paix et la sécurité, à la montée des violences extrémistes et du terrorisme et l’augmentation des victimes civils, en particulier les femmes.  Rappelant que le dernier rapport du Secrétaire général sur les femmes, la paix et la sécurité montre que le nombre de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire a triplé et que 80% d’entre elles sont des femmes. 

Saluant les différentes résolutions adoptées par le Conseil de sécurité au cours des années passées, qui soulignent l’importance de la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, la représentante a toutefois déploré les obstacles et les défis qui persistent dans leur mise en œuvre réelle et complète, en particulier les quatre piliers de la résolution 1325, à savoir la prévention, la protection, la participation et la restauration de la paix.

« En Angola, la participation des femmes a été un facteur décisif pour atteindre la paix, et notre expérience démontre l’importance de leur participation directe aux efforts de construction de la paix », a-t-elle assuré, avant de passer en revue les initiatives de son pays pour renforcer leur présence dans la vie politique, économique et sociale.  Elle a notamment mis l’accent sur le Plan d’action national pour la  mise en œuvre de la résolution 1325 et ses sept objectifs pour 2016.  Ces objectifs, a-t-elle précisé, portent sur une participation accrue des femmes et l’intégration de l’égalité de genre dans toutes les étapes du processus de paix, la formation et l’autonomisation de toutes les femmes et enfants dans le processus de paix, la protection des droits des femmes et des filles et la promotion de leur participation dans la société civile, la campagne de sensibilisation sur la résolution 1325 dans tous les ministères et administrations publiques, la participation de la société civile à la mise en œuvre concrète de la résolution, la promotion du développement économique et social dans les communautés rurales, et l’inclusion d’une perspective de genre dans le prochain budget de l’État.

Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a souligné les succès obtenus au cours de ces 15 dernières années depuis l’adoption de la résolution 1325 (2000), en citant notamment l’Afghanistan qui compte désormais deux femmes gouverneurs et dont le Parlement est composé à 28% de femmes.  Mais nous devons faire plus, a-t-elle insisté, en regrettant qu’à ce jour, le nombre de femmes associées aux processus de paix au lendemain d’un conflit reste faible.  Elle a rappelé que partout dans le monde, des femmes continuent d’être emprisonnées « pour avoir simplement pris la parole ». 

Le Conseil de sécurité, a-t-elle invité, doit se montrer plus actif dans le domaine de maintien de la paix en veillant à augmenter le nombre de femmes Casques bleus et de femmes dirigeant des missions de maintien et de consolidation de la paix.  Mme Power a également demandé aux pays de renforcer la formation dans le domaine de l’égalité des genres à leur personnel déployé au sein des missions de l’ONU afin de prévenir la violence sexuelle.  La tolérance zéro dans ce domaine est la seule politique possible, a-t-elle dit.

Le Conseil doit faire en sorte que les femmes aient une place centrale dans la lutte contre l’extrémisme violent, a continué Mme Power.  Elle s’est, à cet égard, félicitée que l’Envoyé spécial pour la Syrie, M. Staffan de Mistura, ait inclus les femmes syriennes dans ses consultations.  Au plan national, Mme Power a précisé que 25% des chefs de mission au sein du Département d’État américain étaient des femmes et annoncé l’engagement de son gouvernement à consacrer une somme substantielle à la lutte contre la violence sexuelle en RDC.  Enfin, elle a fait remarquer que le Quartet tunisien qui vient de recevoir le prix Nobel de la Paix était également composé d’une femme.  Il ne s’agit pas d’une femme politique mais d’une femme d’affaires, a-t-elle précisé.  « Même en cas de crise extrêmement grave, il y a toujours une lueur d’espoir surtout si les femmes sont invitées à la table des négociations », a estimé la représentante des États-Unis.

Mme GLORIA MAIRA, Vice-Ministre du Service national de la femme du Chili,  a affirmé que le Chili avait été le premier pays d’Amérique latine, en 2009, à adopter un plan d’action pour la sécurité et la protection des femmes en cas de conflit armé.  Cet engagement a été renforcé par un second plan d’action, adopté le 8 mars dernier, et qui définit quatre champs d’action, à savoir la prévention, la participation, la protection et la reconstruction.  Dans une perspective globale et de coopération régionale, le Chili travaille à l’élaboration de programmes de formation et a accueilli l’Atelier régional de formation sur le genre et la sécurité et l’application de la résolution 1325 (2000), au cours duquel les pays de la région avaient partagé leurs expériences, a indiqué la Vice-Ministre.

L’agenda « Femmes, paix et sécurité » est important pour promouvoir le développement inclusif comme stratégie essentielle pour la prévention des conflits, leur résolution et le maintien de la paix, a souligné Mme Maira, qui a cependant fait remarquer que l’adhésion aux principes de la résolution ne suffisait pas, de même que le simple fait d’augmenter le nombre de femmes dans les opérations de paix.  « Nous devons être capables de traduire ces principes dans des politiques publiques inclusives, qui garantissent aux femmes le plein exercice de leurs droits dans tous les domaines. »  Comment pouvons-nous encourager une meilleure participation des femmes dans les opérations de paix et sécurité si elles sont peu présentes dans nos espaces de pouvoir nationaux », marginalisées sur le marché du travail et victimes de violences? s’est-elle interrogée.

En conclusion, elle a assuré que le Chili s’engageait à renforcer la politique institutionnelle du Ministère de la défense nationale par le biais de la perspective de genre dans tous les cours de la phase de prédéploiement des opérations de maintien de la paix auxquelles son pays participe.  Dans un délai de trois ans, le Chili sera doté d’un observatoire établi en vertu de la résolution 1325, et comprendra des représentants de la société civile.

Mme JOY OGWU (Nigéria) a reconnu qu’en dépit des avancées faites dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), des lacunes considérables persistent, notamment en raison de l’insuffisance des ressources et de la multiplication de conflits meurtriers à travers le monde, où les femmes sont souvent les premières victimes.  Elle a toutefois salué les contributions du Département des opérations de maintien de la paix dans le suivi des mesures prévues par cette résolution historique.  Ainsi, a expliqué la représentante, 29% des 6 800 membres du personnel civil qui travaillent actuellement dans les missions politiques spéciales et de maintien de la paix sont des femmes, cinq de ces missions étant dirigées par des femmes.  En outre, l’engagement des femmes comme Casques bleus met davantage en confiance les populations locales, a relevé la représentante.  Elle a ensuite rappelé qu’en septembre 2010, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’était dotée d’un plan de mise en œuvre de la résolution 1325, qui dépend du Cadre de prévention des conflits de cette organisation sous-régionale.  Pour sa part, a ajouté Mme Ogwu, le Nigéria a adopté un plan d’action national, qui montre l’engagement de son gouvernement à soutenir la mise en œuvre de la résolution 1325, mais aussi de la résolution 1820, pour mettre fin aux violences sexuelles à l’encontre des femmes.  Dans ce contexte, la déléguée du Nigéria a rappelé les actions conjointes que son pays a engagées, en coopération avec ses partenaires de la Commission du Lac Tchad, contre Boko Haram. 

M. LIU JIEYI (Chine) a rappelé que son pays avait accueilli, à la fin de septembre, un sommet afin d’évaluer les progrès accomplis depuis l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action pionniers de Beijing.  « Beaucoup reste encore à faire », a-t-il cependant fait remarquer.

Il faut encourager un environnement international favorable aux femmes en réglant, notamment, les différends par le dialogue, a recommandé le représentant de la Chine, qui a souligné l’importance de la participation des femmes aux processus de paix.  Il faut ensuite s’attaquer aux causes profondes des conflits et faire en sorte que les femmes reçoivent leur part équitable des dividendes de la paix après un conflit, a déclaré M. Liu.

Le représentant chinois a plaidé en faveur de l’égalité entre les sexes et appelé de ses vœux un changement des mentalités qui entravent encore l’autonomisation des femmes.  Il a invité le Conseil de sécurité à s’acquitter de ses missions et à renforcer sa coopération avec l’Assemblée générale et ONU-Femmes, « dans le cadre des mécanismes existants ».  Il faut se montrer prudent quand on veut créer de nouveaux mécanismes, a-t-il dit.  Avant de conclure, le représentant a annoncé que la Chine allait débloquer 10 millions de dollars en faveur d’ONU-Femmes et mener des projets dans des pays en développement en faveur de l’éducation des femmes.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a indiqué que sa délégation avait voté en faveur de la résolution adoptée aujourd’hui, regrettant toutefois que l’étude globale sur la mise en œuvre de la résolution 1325 soit parvenue aux membres du Conseil de sécurité trop tard dans le processus des négociations pour qu’ils puissent en prendre connaissance en profondeur.  Il a estimé que la répartition des tâches relatives à la mise en œuvre devrait rester en l’état, avant de s’opposer à l’idée de créer un groupe d’experts sur les femmes, la paix et la sécurité au sein du Conseil.  D’une manière générale, sa délégation s’est déclarée hostile à l’approche consistant à doter cet organe de mécanismes additionnels, a-t-il rappelé.  M. Churkin a ensuite appuyé les conclusions du Secrétaire général concernant la faible représentation des femmes dans les processus de paix et de règlement des conflits armés.  Il a également jugé utile la recommandation visant à affiner les approches qui prennent en compte le caractère spécifique de chaque situation de conflit ou d’après-conflit, tout en exprimant des réserves au sujet des « pratiques optimales » supposées s’appliquer universellement.  En outre, la Fédération de Russie n’a pas considéré que l’adoption de la résolution 2242 fasse obligation aux États de se doter de plans nationaux.  « La Russie, par exemple, n’a pas de plan national, pour autant, et cela ne signifie pas que nous ne prenons pas de mesures en faveur des femmes qui, a-t-il précisé, représentent plus de 60% des fonctionnaires de l’État », a déclaré le représentant.  Il a également indiqué qu’elles formaient un tiers des membres de la société civile russe, soit 210 000 femmes.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a souligné que ce débat de haut niveau sur les femmes, la paix et la sécurité ne constitue pas seulement l’anniversaire de la résolution 1325, ni une simple revue du chemin parcouru depuis 2000, mais un nouveau départ pour plus d’égalité.  Il a expliqué les deux dimensions de cette relance: tout d’abord la relance politique, les États ayant la responsabilité d’assurer une participation plus active des femmes dans les processus politiques, les négociations de paix et les mécanismes de résolution et de prévention des conflits.  Ensuite la relance opérationnelle, en particulier dans le maintien et la consolidation de la paix: la planification des opérations et des mandats doit prendre en compte cette problématique en amont pour prévenir les risques, pendant la crise pour protéger les femmes de violences et après la crise pour aider les victimes à se reconstruire.  Pour cela, la bonne coopération entre les Départements des opérations de maintien de la paix et de l’appui aux missions avec ONU-Femmes est indispensable, a insisté le représentant de la France.

M. Delattre a ensuite souligné les mesures prises par la France, en évoquant tout d’abord l’adoption de deux plans d’action nationaux depuis 2010, et l’appui à une cinquantaine de projets consacrés au renforcement des capacités des femmes dans les pays en conflit, comme au Mali, en République démocratique du Congo ou pour les femmes syriennes réfugiées dans les camps des pays voisins, en coopération avec ONU-Femmes et plusieurs ONG.  Au niveau politique, la France s’engage à renforcer sa mobilisation pour promouvoir l’agenda sur les scènes nationale, internationale et régionale, et à atteindre l’objectif de 40% de femmes à des postes de responsabilité dans la diplomatie d’ici à 2018. 

Sur un plan opérationnel, la France, a-t-il dit, contribue à six opérations de maintien de la paix et s’engage à la plus grande vigilance et fermeté pour veiller au respect des règles édictées par les Nations Unies en termes de lutte contre les abus sexuels et de respect des droits de l’homme.  Dans le cas des récentes allégations d’abus sexuels commis par des Casques bleus français, le représentant a indiqué que les sanctions les plus strictes seraient adoptées, en complément de la réponse judiciaire, si ces cas étaient confirmés. 

Enfin, sur le plan financier, le représentant a annoncé que la France contribuerait à hauteur de 50 000 euros au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, en complément du soutien de 100 000 euros à ONU-Femmes en vue de renforcer l’accès des femmes à  la justice. 

M. MAHAMAT ZENE CHERIF (Tchad) a rappelé que l’égalité des sexes était l’élément central de la nouvelle feuille de route adoptée en faveur du développement durable.  Les Nations Unies doivent montrer l’exemple en nommant des femmes compétentes aux postes à responsabilité, a-t-il dit, avant d’inviter le Conseil à mettre une stratégie de mise en œuvre des résolutions relatives à l’agenda « femmes, paix et sécurité ».  Il a rappelé que l’Union africaine avait adopté un programme d’action similaire.  Face aux atrocités perpétrées par les groupes extrémistes tels que Daech et Boko Haram contre des femmes, il est nécessaire d’intensifier nos efforts, a-t-il lancé.

Le représentant du Tchad a ensuite déploré que seuls 50 pays aient élaboré un plan d’action en application  de la résolution 1325 (2015).  Il a affirmé que les conceptions passéistes qui s’opposent à la pleine participation des femmes ne pouvaient être combattues qu’avec l’appui des chefs des communautés locales.  Les perceptions sont en train de changer, y compris chez ceux qui se veulent les gardiens de la tradition, a-t-il affirmé.  Enfin, le représentant du Tchad a concédé que son pays n’avait pas pu mener à bien son plan d’action tout en insistant sur le renforcement de la présence des femmes au sein du Parlement, du gouvernement et des forces de maintien de l’ordre.

Mme NIDA JAKUBONĖ (Lituanie) a souligné les progrès visibles réalisés depuis 15 ans, tels que le plus grand nombre d’enquêteurs formés aux questions de la violence sexuelle et du genre, l’adoption de plans d’actions nationaux, la conduite par des femmes de 6 des 16 missions de la paix.  Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour mettre en œuvre l’agenda « Femmes, paix et sécurité ».  En premier lieu, la médiation et les processus de paix sont trop souvent dominés par des hommes, a regretté la représentante, alors que les femmes sont affectées par les conflits de façon disproportionnée, en citant les tentatives de pourparlers en Syrie et les négociations de paix au Mali.  Le développement de systèmes de quotas pourrait dans certains cas améliorer la participation des femmes, comme cela a été fait pour les parlements du Yémen et d’Afghanistan.  Quant à la Lituanie, elle a adopté des mesures pour renforcer la participation des femmes à tous les niveaux de gouvernance, et les deux postes les plus élevés du pays -de président et de porte-parole du Parlement- sont actuellement occupés par des femmes.

En deuxième lieu, la Lituanie a relevé l’impact terrible du terrorisme et de la violence extrémiste sur les femmes et les petites filles, en évoquant les exactions commises par Daech sur les femmes yazidies et par Boko Haram.  Constatant que les pays dotés d’une relative égalité de genre sont moins enclins à la violence extrémiste que ceux qui ne protègent pas les droits humains des femmes, elle considère que les stratégies de l’ONU contre le terrorisme devraient être liées aux programmes d’assistance civile et de droits de l’homme pour extraire les racines du terrorisme de l’environnement social.

En troisième lieu, la Lituanie a souligné l’ombre honteuse que les abus sexuels portent sur les opérations de maintien de la paix de l’ONU et a plaidé pour la mise en place d’une politique de tolérance zéro, avec une attention particulière sur la prévention, en intégrant le genre dans la formation du personnel avant déploiement sur le terrain, ce que fait la Lituanie.

Enfin, l’accès des femmes à la justice reste un important défi à relever et l’égalité ne pourra être une réalité tant que les auteurs de violences contre les femmes et les filles resteront impunis.  La communauté internationale doit soutenir les États Membres qui cherchent à créer des institutions judiciaires fortes, indépendantes et impartiales, a déclaré la représentante, avant de conclure qu’il ne peut y avoir de paix si la moitié de la population est laissée de côté.

Mme DINA KAWAR (Jordanie) s’est félicitée du rôle essentiel que joue la résolution 1325 (2000), devenue le cadre normatif de nombreux États Membres et organisations régionales.  À l’instar d’autres délégations, elle a pris note des nouveaux défis qui se posent depuis l’adoption en 2000.  Après s’être félicitée des progrès obtenus dans sa mise en œuvre, elle est revenue sur les recommandations figurant dans le rapport du Secrétaire général, en plaidant pour que la mise en œuvre de la résolution soit correctement financée.  Pour sa part, a-t-elle ajouté, la Jordanie a entrepris une évaluation de son projet de plan d’action national relatif aux femmes, à la paix et à la sécurité, afin de l’adapter aux objectifs de développement durable et de tenir compte du contexte régional particulier de la Jordanie, qui accueille de très nombreux réfugiés syriens.

M. RAFAEL RAMIREZ CARREÑO (Venezuela) a déploré les violences systématiques commises par les groupes terroristes contre les femmes et la sous-représentation des femmes dans les stratégies de maintien et de consolidation de la paix.  Il ne peut y avoir de paix si les femmes ne sont pas incluses, a-t-il dit.

Le Venezuela, a-t-il affirmé, garantit l’égalité des femmes car, a-t-il dit, elles constituent « la base spirituelle » de son pays.  Nous ne tolérons aucun type de violence ou d’exclusion contre les femmes, a-t-il déclaré.  Le représentant a assuré que 50% des candidats aux élections législatives devaient être des femmes et que ces dernières dirigeaient des secteurs clefs de l’économie du pays.  Le Venezuela rejette le fait que les femmes puissent être un objet sexuel dans les sociétés de consommation, ou tribut de guerre pour les groupes terroristes, a-t-il dit.

M. Ramirez a salué la formation renforcée dans le domaine de l’égalité entre les genres prévue par la résolution en faveur des contingents déployés au sein des missions de l’ONU.  Nous devons être fermes avec les pays dont les forces commettent des actes de violence sexuelle, y compris les pays dont les forces ne sont pas associées à des missions onusiennes, a estimé le représentant.

M. GERARD VAN BOHEMEN (Nouvelle-Zélande) a salué les progrès réalisés, ces 15 dernières années, pour s’assurer que les femmes prennent part à la prévention et la résolution des conflits.  Il a toutefois déploré que les « mots des résolutions et autres documents » ne se traduisent pas par des actions concrètes. « Le problème n’est pas nouveau, mais le paysage a changé, il est pire », a-t-il insisté, avant de citer la montée de la violence extrémisme, l’augmentation du nombre de réfugiés et de personnes déplacées ou la montée d’organisations terroristes comme Daech ou Boko Haram dont les premières victimes sont les femmes.  « Cela exige qu’il faudrait agir de manière encore plus urgente », a-t-il déclaré, en insistant sur l’importance de tenir les auteurs de telles violences responsables.

Abordant la question de la résolution des conflits, le représentant a souligné qu’il était nécessaire de dépasser l’approche sécuritaire.  La reconnaissance des droits des femmes, a-t-il estimé, devrait faire partie de toute politique ou de tout programme visant à la résolution de conflit ou au développement postconflit.

« Nous reconnaissons aussi l’importance d’autonomiser les femmes au niveau local et de leur donner l’égalité dans l’accès à la justice », a poursuivi le représentant, avant de mettre l’accent sur la question des violences sexuelles perpétrées par des troupes engagées sous la bannière des Nations Unies.  À cet égard, il a salué l’engagement rigoureux du Secrétaire général, qui a réaffirmé que de tels comportements ne seront plus tolérés et que leurs auteurs seront déférés à la justice.  « Nous soutenons l’idée selon laquelle il faut disposer d’un moyen pour s’assurer que les pays contributeurs exercent leur juridiction sur leurs ressortissants participants à des opérations des Nations Unies et impliqués dans de tels actes », a-t-il insisté.  La Nouvelle-Zélande, a-t-il assuré avant de conclure, appuie le Panel de haut niveau qui propose que les États Membres qui ne remplissent pas cette obligation ne soient plus autorisés à participer à des opérations des Nations Unies.

M. RAMLAN BIN IBRAHIM (Malaisie) a déclaré qu’il restait encore beaucoup à faire pour tenir les promesses de la résolution 1325 (2000), dont la mise en œuvre incombe à toutes les parties concernées, à savoir les États Membres, le système des Nations Unies, les organisations régionales, la société civile et les individus.  Il a salué les initiatives renouvelées du Secrétaire général visant à promouvoir une représentation plus importante des femmes à des postes à responsabilité au sein de l’ONU.  Les efforts entrepris par son propre pays pour mettre en œuvre la résolution ont pour objectif, a-t-il expliqué, de renforcer davantage ses capacités dans les domaines de la protection des civils et de la prévention des conflits.  Le représentant a ensuite annoncé que la Malaisie offrait une assistance technique aux femmes issues de pays en transition et émergeant de situations de conflit, sous les auspices de son Programme national de coopération technique.  M. Ibrahim a enfin fait part de l’engagement de son pays à renforcer les programmes de formation et de sensibilisation de ses Casques bleus à la protection des civils, aux questions hommes-femmes et à la diversité culturelle.

Mme NETUMBO NANDI-NDAITWAH, Vice-Premier Ministre de la Namibie, a déclaré que son pays était l’un des plus grands contributeurs de troupes féminines à l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).  Si elle a salué la nomination du général Kristin Lund à la tête de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre –la toute première d’une femme à la tête d’une mission onusienne de maintien de la paix– comme une « validation » de la résolution 1325 (2000), elle n’en a pas moins reconnu le manque général de participation des femmes aux processus de paix.

Aussi, a-t-elle encouragé le Département des opérations de maintien de la paix et les organismes régionaux pertinents à recruter les femmes partout où des négociations ont besoin de leurs talents particuliers, notamment à des postes d’envoyées spéciales, de représentantes spéciales, de médiatrices et de Casques bleus. 

M. SAMEH SHOUKRY, Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, a soutenu les efforts du Secrétaire général en faveur d’une représentation accrue des femmes dans les processus de maintien de la paix.  Il a regretté que la condition des femmes vivant sous occupation étrangère ne reçoive pas une attention suffisante.  Le terrorisme menace la société tout entière mais les femmes sont les plus vulnérables, a-t-il dit.  Le Ministre des affaires étrangères a indiqué que son pays avait appuyé la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) en devenant l’un des 17 pays africains à avoir élaboré un plan national d’action en application de cette résolution.  Des ateliers de formation dans le domaine de l’égalité des genres ont été organisés dans mon pays, a-t-il indiqué.  En conclusion, M. Shoukry a affirmé que son pays veillerait à assurer une place de choix aux femmes dans les efforts entrepris au niveau international pour la médiation.

M. HUGO MARTÍNEZ, Ministre des affaires étrangères d’El Salvador, a estimé qu’il était primordial d’accorder l’attention aux violences auxquelles les femmes se retrouvent exposées, ce que reflètent les politiques adoptées par son gouvernement.  Le Plan quinquennal de développement pour la période 2014-2019 prévoit notamment de consolider l’institutionnalisation de stratégies spécialisées visant à garantir la réalisation des droits des femmes, a-t-il précisé.  En outre, l’an dernier, son gouvernement a créé, avec l’appui de pays amis et d’organismes internationaux, un comité national de mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité.  Ce comité, a poursuivi le Ministre, incorpore des représentants de 17 organismes gouvernementaux, ainsi que des universitaires et des membres de la société civile.  L’objectif de ces experts est de formuler des politiques et des normes visant à donner effet aux dispositions des résolutions pertinentes relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité adoptées par le Conseil du sécurité, a expliqué M. Martinez.

M. MANKEUR NDIAYE, Ministre des affaires étrangères du Sénégal, a déclaré que les violences sexuelles étaient utilisées à des fins de domination et de modification de l’identité d’une communauté « mais aussi de contrôle d’un territoire ou d’accès à des ressources naturelles ».  Il a ajouté que la résolution 1325 (2000) avait contribué à réparer un oubli préjudiciable à la recherche d’une paix durable, à la réconciliation entre les peuples et à la préservation de la justice.  Pour M. Ndiaye, il est urgent d’intensifier les efforts en vue d’améliorer, en la renforçant, la protection des femmes et des filles « dans ce moment de tragédie et d’horreur qu’alimente une circulation incontrôlée des armes ».  Plaidant pour une approche holistique intégrée, il a souligné la contribution significative que les organisations régionales et sous-régionales peuvent apporter à travers les dispositifs de réaction rapide et le soutien aux réformes de sécurité et du secteur de la justice.  Le Ministre sénégalais des affaires étrangères a réaffirmé que son pays continuera d’accorder la priorité à la problématique des femmes, de la paix et de la sécurité, en indiquant à ce propos que la Police nationale sénégalaise était dirigée par une femme et que 60 Sénégalaises avaient été déployées dans les missions de l’ONU.

M. EMMANUEL ISSOZE-NGONDET, Ministre des affaires étrangères, de la francophonie et de l’intégration régionale du Gabon, a salué la prise en compte des objectifs de la résolution 1325 dans les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en particulier l’objectif 5 relatif à l’égalité des sexes.  Il a ajouté que la pleine participation des femmes aux négociations de paix doit permettre une meilleure appréhension de leurs préoccupations dans les accords conclus.  Soulignant en outre que l’implication des femmes dans la prévention des conflits, M. Issoze-Ngondet a jugé que le nombre de femmes déployées dans le cadre d’opérations de maintien de la paix méritait d’être augmenté en vue de faciliter une approche holistique des situations sur le terrain.  « En effet, la présence de plus en plus de femmes dans ces opérations, pourrait contribuer à apaiser les tensions, à créer un environnement de confiance et à élargir les mandats des missions sur le terrain », a-t-il assuré.

M. PAVLO KLIMKIN, Ministre des affaires étrangères de l’Ukraine, a déclaré que son pays était bien placé pour témoigner de l’impact des conflits armés sur les femmes, à la suite de l’« agression » de la Russie contre l’Ukraine. Dès lors, la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) constitue une priorité pour son gouvernement, a affirmé le représentant, qui a indiqué que nombre des 1,5 million de personnes déplacées dans l’est du pays étaient des femmes.  Pour leur venir en aide, les autorités ukrainiennes ont pris un certain nombre de mesures, à commencer par l’adoption d’une loi sur les personnes déplacées, qui a été saluée par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.  « Cette loi vise à répondre aux défis qui se posent pour ces personnes déplacées, y compris les femmes, en facilitant leur accès à l’aide humanitaire », a précisé le Ministre, qui a également mentionné l’amendement apporté, le 5 mars dernier, à la législation ukrainienne pour renforcer la protection sociale de ces déplacés et leur ouvrir accès à l’emploi.  L’Ukraine a ensuite réitéré sa volonté politique de renforcer la participation des femmes dans la vie politique et la prise de décisions dans la sphère publique, à renforcer la contribution des femmes dans la consolidation de la paix et de la sécurité et à élaborer et mettre en œuvre des programmes d’assistance à destination des femmes vulnérables et des victimes de violences domestiques.  En conclusion, M. Klimkin a appelé à la libération de Nadiya Savchenko, une prisonnière politique, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, qui est toujours détenue par la Fédération de Russie.  Cette détention, a-t-il précisé, n’a aucun fondement juridique valable et constitue une  violation de l’Accord de Minsk.

Mme GHILA GAMLIEL, Ministre de l’égalité sociale d’Israël, a saisi cette tribune pour évoquer les événements en cours dans son pays, qui voient des hommes, des femmes et des enfants visés alors qu’ils marchent dans la rue.  « J’aurais aimé entendre, ici, une condamnation claire de telle violence », a-t-elle indiqué.  « Mais quand il s’agit de terreur et d’attaques contre Israël, il semble que la communauté internationale et ce Conseil perdent leur voix. »  Malheureusement, Israël est confronté à une génération de femmes, d’adolescents et même d’enfants élevés dans la haine, le martyre et le meurtre d’innocents, et non pas dans l’idée de vivre dans la coexistence pacifique, a-t-elle estimé.  Seule l’éducation pourra conduire, a-t-elle souligné, à une génération de jeunes gens engagés pour la paix et la tolérance.

Depuis sa fondation, a rappelé Mme Gamliel, Israël a défendu l’égalité des chances et des droits égaux garantis sans discrimination de genre, d’ethnie ou de religion.  En matière de paix et de sécurité, Israël voit les femmes comme de puissants agents modérateurs, surtout face à l’extrémisme.  Les femmes ont un rôle stabilisateur, en particulier dans cette région du monde, et leur intégration est un facteur essentiel en faveur d’une paix durable, a-t-elle assuré.  La Ministre a rappelé, avant de conclure, que le poste qu’elle occupe avait été établi pour la première fois dans l’histoire d’Israël pour s’occuper des questions concernant les minorités et les genres et pour renforcer les efforts d’Israël visant à lutter contre les préjudices et les inégalités sociales.

Mme ALEJANDRINA GERMÁN (République dominicaine) s’est félicitée des progrès accomplis depuis l’adoption de la résolution 1325 (2000) mais a néanmoins souligné qu’il était nécessaire de coordonner les actions pour parvenir à une approche plus globale.

Mme ROSA FERRER, Ministre de la santé, des affaires sociales et de l’emploi de la Principauté d’Andorre, s’est félicitée des progrès accomplis en faveur de la femme depuis l’adoption de la résolution 1325, notamment la création d’ONU-Femmes, en 2010, ou la reconnaissance internationale de la violence sexuelle comme menace à la paix et à la sécurité internationales.  Concernant la disposition de la résolution exhortant les États Membres à inclure les femmes dans les processus de prise de décisions, la Ministre a voulu donner en exemple la parfaite parité de genre du Parlement d’Andorre à l’issue des élections législatives de 2011, ce qui en a fait la deuxième assemblée au monde avec la plus forte représentation féminine, et ce, sans qu’aucune mesure législative n’ait été nécessaire pour arriver à un tel résultat.  Ce pouvoir législatif sensible au genre a permis à la principauté d’être le dixième État à ratifier la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes et la violence domestique, ce qui a permis son entrée en vigueur.

Le 15 janvier 2015, Andorre a voté la loi pour l’éradication de la violence de genre et la violence domestique, qui prévoit la création de la commission nationale pour la prévention de la violence de genre et domestique, et l’accord pour promouvoir l’égalité de gende depuis le Parlement.  À titre d’exemple des engagements d’Andorre sur la question, la Ministre a également mentionné l’adoption prévue par le Gouvernement d’un plan national pour l’égalité, qui comptera la participation de la société civile.

Mme MOUNIA MESLEM-SI AMER (Algérie) a salué la tenue de cette réunion « essentielle », 15 ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000).  Elle a toutefois regretté qu’« en dépit des efforts de la communauté internationale pour créer un cadre normatif, les violences sexuelles dans les conflits n’avaient fait qu’augmenter et étaient toujours utilisées comme une arme pour humilier l’adversaire ».  Elle a cité notamment les campagnes de viols et d’esclavage menées par Boko Haram.  « Il est essentiel de renforcer la lutte contre le terrorisme car ces groupes commettent des actes de violences sexuelles atroces, nous devons promouvoir le dialogue et lutter contre l’extrémisme », a-t-elle ajouté.

Après avoir rappelé les efforts déployés par l’Algérie pour promouvoir la place des femmes, qui ont permis de renforcer leur intégration dans le processus politique et dans la vie économique et sociale, la représentante a souligné l’expérience acquise par l’Algérie « lors des années noires » marquées par le terrorisme.  Elle a insisté sur la nécessité d’intégrer systématiquement les perspectives de genre à tous les niveaux dans les efforts déployés pour la résolution des conflits et le maintien de la paix.

La représentante a ensuite appelé à œuvrer pour renforcer encore les systèmes juridiques des États Membres, pour assurer la protection des victimes de violences sexuelles et sanctionner leurs auteurs, pour que ces crimes « ne restent jamais impunis ».

Mme TERESITA QUINTOS-DELES (Philippines) a passé en revue les actions menées par son pays pour mettre en œuvre la résolution 1325 (2000).  Elle a en particulier mis en avant le rôle des femmes dans les négociations engagées avec deux mouvements islamistes armés.  Elle a indiqué que pour la première fois dans l’histoire, l’Accord de Bangsamoro de 2014, signé avec le Front islamique de libération MORO, portait la signature de trois femmes, soit la moitié des négociateurs ayant œuvré à cet accord de paix.

« Clairement, nous n’avons pas été timides quant à la place des femmes autour et au-delà de la table de négociation », a-t-elle insisté, avant de présenter le Plan d’action national de mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) adopté par son pays en 2010, qui a fait des Philippines le premier État d’Asie à disposer d’une politique qui met en œuvre la résolution au niveau national. 

La représentante a ensuite reconnu que les fruits de ces politiques étaient encore limités.  « Ce n’est pas grave car nous préférons que ce soit lent mais sûr », a-t-elle déclaré, avant de citer les avancées déjà constatées: renforcement des femmes dans les négociations de paix, mise en œuvre réelle des engagements internationaux, création d’un environnement favorable aux femmes dans les centres d’évacuation, ouverture de structures pour les victimes de violences sexuelles ou les femmes déplacées, adoption de politiques intégrant l’égalité de genre.

« Les cinq dernières années nous ont permis de mettre en place un cadre juridique et des structures dédiés au rôle des femmes », a poursuivi la représentante, avant de préciser les nouveaux objectifs de son pays dans ce domaine, notamment le renforcement des programmes du Ministère de la santé consacrés à la santé mentale et aux besoins psychologiques des femmes, la création d’une équipe de procureurs dédiés aux violences sexuelles au sein du Ministère de la justice, et la création de bureaux locaux pour les victimes de violences de genre dans toutes les zones affectées par des conflits.

Mme LORENA CRUZ SÁNCHEZ (Mexique) s’est félicitée de l’existence, aujourd’hui, de cadres institutionnels plus solides pour garantir le rôle de la femme comme acteur clef pour la stabilité et la paix de même que de mécanismes pour prévenir la violence sexuelle dans les conflits armés.  La représentante, qui préside l’Institut national des femmes, a estimé que le Conseil de sécurité ne devait pas se limiter à une approche isolée et conjoncturelle mais plutôt inclure la perspective de genre de manière transversale et consistante dans toutes ses décisions.

Par exemple pour les opérations de maintien de la paix, on considérait dans le passé qu’il suffisait de déployer un plus grand nombre de femmes sur le terrain, or on constate aujourd’hui que les patrouilles, les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration, la promotion de l’état de droit et un accès véritable aux droits de l’homme doivent également prendre en compte les besoins spécifiques des femmes, et reconnaître l’importance de leur participation dans l’interaction avec les communautés locales. 

Les femmes doivent être présentes dans les processus de médiation et de négociation des accords de paix et de cessez-le-feu, a-t-elle insisté.  Enfin, la délégation mexicaine a jugé nécessaire de déployer des conseillers sur le genre dans les opérations de maintien de la paix.

Au niveau national, la déléguée a affirmé que le Mexique prévoyait de renforcer la formation spécialisée de ses fonctionnaires, en particulier dans les Forces armées, selon les critères de la résolution 1325 (2000).

Mme TONE SKOGEN (Norvège) a salué les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), avant toutefois de déplorer qu’en dépit des avancées enregistrées, notamment dans la participation des femmes à la résolution des conflits, « le chemin à parcourir reste si long ».  La représentante a expliqué que c’était pour combler ces manques que son pays avait créé un fonds dédié à la mise en œuvre de l’Agenda femme, paix et sécurité.  « Ces dernières années, 4 millions de dollars ont été consacrés au travail des organisations de la société civile », a-t-elle expliqué.

La représentante a poursuivi en indiquant que partout où la Norvège intervenait pour la paix et la sécurité internationale, les besoins, les droits et les priorités des femmes étaient pris en compte, et les violences sexuelles combattues.  Elle a ajouté que tous les personnels norvégiens appelés à être déployés dans des opérations internationales recevaient une formation générale sur le contenu de la résolution 1325 (2000).  « La perspective de genre est toujours intégrée aux formations de nos ressortissants qui vont être déployés », a-t-elle encore insisté.

Elle a ensuite salué le rôle joué par les femmes quand elles participent à des négociations, citant l’exemple du processus de paix en Colombie, « où les femmes sont à la table et font entendre leurs voix ».  Se disant « inspirée par le réseau des médiatrices africaines », elle a également précisé que la Norvège travaillait maintenant à créer « un réseau de médiatrices nordiques ».

Rappelant en conclusion le rôle clef des organisations régionales, elle a souligné le travail de son pays avec l’OTAN et la signature récente d’un accord pour soutenir le bureau de l’Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité.

M. YVES ROSSIER, Secrétaire d’État de la Suisse, a annoncé que son pays avait pris plusieurs engagements.  Tout d’abord, il a décidé, le mois dernier, de soutenir ONU-Femmes à hauteur d’environ 50 millions de dollars pendant les trois prochaines années (2015-2017).  « Malgré un contexte de forte restriction budgétaire, le Gouvernement suisse a ainsi augmenté de 25% sa contribution, une progression qui souligne l’importance que la Suisse attache à l’égalité des genres et à l’autonomisation des femmes et des filles », s’est-il félicité.

En outre, la Suisse soutient des réseaux de femmes et leur implication dans les processus de paix, à tous les niveaux, dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ainsi qu’au Myanmar, ce soutien devant se poursuivre.  Enfin, a ajouté le Secrétaire d’État, la Suisse consacre actuellement une quinzaine de millions de dollars par an à des programmes de lutte contre différentes formes de violences sexuelles et liées au genre.

La plupart de ces programmes sont mis en œuvre dans des situations d’urgence et dans des contextes postconflit et de transformation des conflits, notamment en République démocratique du Congo (RDC), en Afghanistan, en Syrie et au Liban, au Népal, au Tadjikistan, dans les Balkans occidentaux et en Bolivie, a précisé M. Rossier.  Il a par ailleurs apporté son soutien au principe d’un « mécanisme efficace de surveillance et de responsabilisation » pour la mise en œuvre des obligations liées au programme « femmes, paix et sécurité », soulignant le rôle que pourrait jouer le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes à cet égard.

M. FRANCISCO JAVIER ECHEVERRI LARA, Vice-Ministre des affaires multilatérales de la Colombie, s’est félicité des avancées dans le programme « femmes, paix et sécurité », mais a souligné qu’il fallait encore renforcer le rôle de la femme dans la prévention et la résolution des conflits, dans la construction de la paix et dans sa participation équitable dans les efforts de maintien de la paix et de la sécurité.  Les femmes sont des victimes de guerre mais également un acteur essentiel de la prévention, de la résolution des conflits et pour atteindre une paix durable, a-t-il insisté.

Le Vice-Ministre a rappelé l’engagement de la Colombie et les leçons apprises de si nombreuses années de conflit interne, les avancées en cours vers la paix servant déjà de référence pour aborder les conflits dans d’autres régions du monde.  Dans le processus de paix engagé avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le Gouvernement colombien a réussi à garantir la représentation des femmes à la table de négociations.  De plus, plusieurs délégations de victimes y ont été invitées, et elles étaient constituées à 60% de femmes.

La Colombie a participé à plusieurs missions à l’extérieur et continuera à fournir son expertise en formation pour le personnel féminin de la police, comme elle l’a fait avec succès en Haïti, a indiqué la délégation.  Elle soutient l’initiative favorable à la candidature de femmes au poste de secrétaire général de l’ONU.

M. ALEXANDER VERSHBOW, Secrétaire général adjoint de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), a souligné que les besoins et les intérêts des femmes avaient été très longtemps ignorés, que ce soit pendant les conflits où à l’heure de négocier et maintenir la paix.  Il a annoncé que l’OTAN était fière d’appliquer la résolution 1325 (2000) et avait inclus la perspective de genre dans l’organisation pour planifier, exécuter et évaluer ses opérations et missions. 

En mai, la première femme a été promue commandante de l’OTAN au siège de Sarajevo.  Néanmoins, l’OTAN a besoin de faire encore plus, en particulier dans la promotion d’une participation équitable des femmes dans l’OTAN elle-même, a reconnu M. Vershbow.  Il y va de sa crédibilité et de sa capacité à travailler correctement, a dit le Secrétaire général adjoint de l’Organisation.

M. DARJA BAVDAZ KURET (Slovénie) a déclaré que sa délégation avait coparrainé la résolution que vient d’adopter le Conseil de sécurité.  Le représentant a déclaré que l’anniversaire de la résolution 1325 (2000) est une opportunité unique de réfléchir sur nos activités au cours de ces 15 dernières années.  La Slovénie a été active dans la promotion de ce programme de diverses manières.  « Nous sommes membres du Groupe des Amis de la résolution 1325 », a-t-il déclaré.  La plupart des activités de la Slovénie concernant le Programme sur les femmes, la paix et la sécurité a été réalisé en prenant part à l’application du plan d’action national pour l’application des résolutions 1325 et 1820.  Au niveau national, des progrès significatifs ont été faits dans la participation égale des femmes dans les forces armées.  Le représentant a fait état des engagements futurs de la Slovénie sur cette question, notamment en ce qui concerne la promotion du rôle des femmes au programme de la paix et la sécurité internationales et dans le renforcement des efforts pour leur  protection dans les situations de conflit.

M. PINDI CHANA (République-Unie de Tanzanie) a déclaré que, depuis les 15 années écoulées après l’adoption de résolution 1325 (2000), des progrès avaient été enregistrés, même qu’il restait beaucoup à faire dans le domaine de la participation des femmes aux processus de paix, des transitions postconflit et de la protection des enfants.  Il a déploré cette situation qui est due, selon lui, au manque de financement, d’engagement politique et à l’absence de reddition des comptes.

Réaliser le développement de la femme est nécessaire pour atteindre l’autonomisation des femmes.  La Tanzanie a réaffirmé son engagement en ce qui concerne l’intégration dans la législation nationale de tous les traités sur les droits de la femme; le développement d’une loi sur la violence faite à l’encontre des femmes; la promotion et le soutien financier à l’application durable des plans des autorités nationales et locales pour en finir avec la violence contre les femmes et les enfants à tous les niveaux, le respect du principe de représentation équitable entre les hommes et les femmes dans toutes les positions de processus de prise de décisions ainsi que l’application de la résolution 1325 (2000), a-t-il déclaré.

Mme RENÉE JONES-BOS (Pays-Bas) a souligné que de nombreuses preuves montraient que la participation des femmes dans l’action politique permettrait de parvenir à des accords plus durables, plus efficaces dans la prévention des conflits, pour parvenir à plus de paix et de sécurité.  Elle a constaté que de nombreux enjeux demeuraient: les femmes sont très vulnérables dans les nouveaux conflits d’une violence extrême, il y a plus d’impunité, et il existe un cercle vicieux de pauvreté et de conflit.  

Pourtant, la résolution 1325 (2000) propose des clefs permettant de résoudre les problèmes, de même qu’un partenariat pour la justice, la paix et le développement, a-t-elle rappelé.

Sur le plan national, la délégation a indiqué qu’un troisième plan d’action national dans le cadre de la résolution serait adopté avant la fin de l’année.  « Nous devons voir si nous sommes en mesure d’accorder aux femmes la place qu’elles méritent et nous devons redoubler d’efforts », a-t-elle lancé, déclarant que « nous avons la possibilité de changer la situation, nous disposons de la volonté et de la capacité pour que les femmes soient acteurs du changement ».

Mme CAROLINA PÉREZ COLMAN (Argentine) a souligné que la perspective de genre était un axe prioritaire de son pays dans l’élaboration et l’exécution de ses politiques publiques.  L’Argentine a, en 2008, établi un plan national d’application de la résolution 1325 (2000) dans le domaine de la défense, en 2012, dans celui de la sécurité, et, en septembre 2015, dans une perspective plus large de promotion des droits et de meilleure participation des femmes dans tous les processus de paix.

La délégation a fait remarquer que les femmes représentent 16% des effectifs dans l’armée argentine, que l’une d’elles avait récemment obtenu pour la première fois le grade de général et que l’objectif était que 33% de femmes obtiennent des grades et fonctions de décision.  Énumérant toutes les violences dont les femmes et les enfants sont particulièrement les victimes dans les conflits armés, elle a déploré que, dans de nombreux cas, leurs auteurs étaient membres des forces armées, voire des opérations de maintien de la paix. 

L’Argentine s’est montrée favorable à la proposition sur la nécessité de faire en sorte que le personnel encadrant des Nations Unies, que ce soit au Siège ou sur le terrain, agisse avec une plus grande détermination pour faire face à ses responsabilités en ce qui concerne les femmes, la paix et la sécurité.  Elle a également estimé qu’il fallait passer d’une culture d’impunité à une culture de la prévention qui promeuve la justice, la responsabilité et l’état de droit.  Le rôle des Nations Unies est fondamental pour soutenir les États dans ce processus.

Mme BINETA DIOP, Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité, a rappelé l’engagement de l’Afrique dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), citant en particulier le Protocole de Maputo de 2003 et la Déclaration solennelle sur l’égalité de genre en Afrique qui se sont « appropriée la résolution 1325 (2000) », dont les articles appellent les États de l’Union africaine à combattre les violences sexuelles contre les femmes et à promouvoir la place des femmes dans les sphères sociale, économique et politique et à prendre les dispositions législatives et administratives nécessaires pour assurer la prévention, les sanctions et l’éradication de toutes les formes de violences contre les femmes.

L’Envoyée spéciale a ensuite souligné les efforts déployés par l’Union africaine pour assurer la parité de la représentation dans ses institutions et différentes commissions.  « Sur les 10 membres de la Commission exécutive, cinq sont des femmes », a-t-elle dit, avant d’ajouter que des femmes venaient encore d’être nommées aux postes de Secrétaire général de la Commission et de chefs et chef adjoint du personnel.  Elle a précisé que l’Union africaine avait aussi mis en place des formations spécifiques pour des médiatrices, des observatrices d’élection, des conseillères sur l’égalité de genre. 

« L’Union africaine a aussi déployé des femmes comme soldats de la paix ou policière, elle a pris des positions fermes quant au problème des violences sexuelles et de l’exploitation des femmes: une politique de tolérance zéro », a-t-elle ajouté, citant notamment les exemples de la Somalie et du Soudan du Sud.

Elle a poursuivi en soulignant qu’aujourd’hui, l’Afrique était le continent affichant le plus grand nombre de femmes dans des organes décisionnels et le premier à avoir créer un poste d’Envoyée spéciale pour les femmes, la paix et la sécurité.  Elle a rappelé que des pays comme le Rwanda, la Namibie, l’Afrique du Sud et les Seychelles étaient « des champions du monde de la représentation des femmes dans les parlements nationaux ». 

Tout en reconnaissant les progrès réalisés depuis 2000, elle a estimé que les progrès dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) restaient « lents », avec 16 pays d’Afrique seulement qui ont développé sur le plan national des politiques spécifiques visant à pleinement mettre en œuvre la résolution.  Elle a aussi déploré le fait qu’il n’y ait pas de rapports sur ce que « les pays ont fait, sont en train de faire ou prévoit de faire » dans ce domaine.

En conclusion, elle a rappelé que pour remédier à cette situation, l’Afrique avait décidé de placer les femmes au cœur de son programme 2063, avec un objectif précis visant l’éradication de toutes les formes de violences contre les femmes et leur autonomisation complète.  « Aucune doute que le programme en faveur des femmes est absolument nécessaire pour parvenir à la paix », a-t-elle déclaré, avant de conclure en rappelant que les femmes d’Afrique voulaient voir plus d’action, plus de responsabilité pour les auteurs de violences sexuelles et sexistes.  « Plus de déclarations solennelles, des actions solennelles, solennellement réalisées », a-t-elle déclaré. 

S’il a reconnu les efforts faits par la communauté internationale et, en particulier, le système des Nations Unies, M. JOSÉ LUIS CANCELA (Uruguay) a estimé qu’il faudrait reconnaître que la pleine mise en œuvre des objectifs mentionnés dans la résolution 1325 et les résolutions suivantes n’avait pas été atteinte.  Comme l’a signalé ONU-Femmes, à peine 15% des accords de paix signés entre 1990 et 2010 contiennent une référence aux femmes.  Quinze ans après l’adoption de la résolution 1325, les femmes sont à la tête de 19% des missions de terrain de l’ONU.  Elles représentent 3% du personnel militaire de maintien de la paix et 10% de son personnel policier.  Au-delà de ces chiffres, a estimé le délégué, il serait regrettable de ne pas faire participer plus activement les femmes aux processus de règlement des conflits.

Pour sa part, l’Uruguay va continuer à maintenir une proportion au-dessus de la moyenne de femmes dans les missions de paix, actuellement de 9%; à dispenser une formation obligatoire des effectifs militaires qui seront déployés pour la prévention ou en réponse à la violence, à l’exploitation et aux abus sexuels; et à appliquer de manière rigoureuse la politique de tolérance zéro en cas de mauvaise conduite.

Mme MARA MARINAKI, de l’Union européenne, a rappelé que l’Union européenne avait, depuis longtemps, contribué à l’application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Elle a noté que chaque étape pour les droits de la femme, chaque victoire et même chaque statu quo ont été le résultat d’une bataille acharnée.  C’est pourquoi les femmes doivent être entendues.  L’approche de l’Union européenne en ce qui concerne les femmes, la paix et la sécurité est de s’assurer de promouvoir et protéger les droits de la femme et leur participation en tant qu’acteurs positifs du changement, de la paix et du développement.  C’est aussi de rendre le règlement des conflits et la consolidation de la paix plus efficaces et de protéger les femmes en période de conflit, a-t-elle souligné.

L’Union européenne a l’intention de faire plus pour assumer ses engagements financiers.  « Nous allons consacrer plus de 100 millions d’euros sur les sept prochaines années pour l’égalité entre les sexes et les projets concernant l’autonomisation des femmes », a-t-elle déclaré.  L’Union européenne a aussi l’intention de donner la priorité à la coopération avec le système des Nations Unies, notamment avec ONU-Femmes.  L’Union européenne encourage aussi le développement de la dimension de genre à travers de meilleures synergies avec l’architecture de paix et de sécurité de Nations Unies.  « Nous continuerons aussi à engager un dialogue et à soutenir la société civile sur les questions concernant les femmes en situation de conflit et postconflit, en donnant une attention toute particulière aux défenseurs des droits de la femme.  Enfin, les outils de mesure de la condition des femmes seront aussi améliorés dans le but d’augmenter la responsabilité », a-t-elle assuré avant de conclure.

M. AHMED FATHALLA, de la Ligue des États arabes, a rappelé que les femmes étaient victimes de nombreuses violences dans les pays arabes.  Il a rendu hommage aux femmes tunisiennes « qui ont montré leur résistance » et « ont été très actives pendant la révolution en Tunisie et dans les transformations démocratiques qui ont touché tout le monde arabe ».  Il a réitéré la volonté de sa délégation d’éliminer tous les types de violences contre les femmes, avant de passer en revue les mesures et stratégies régionales prises par la Ligue des États arabes pour combattre les violences faites aux femmes.  Il a rappelé qu’en 2011, la Ligue des États arabes a lancé une stratégie régionale baptisée « Femmes arabes contre la violence », dont le but est de « renforcer leur participation, d’améliorer leur protection, d’accroître leur présence dans les sphères politique, économique et sociale, de sensibiliser l’opinion publique à ces questions et d’instaurer une culture de paix.  « La Ligue des États arabes a toujours œuvré au renforcement des organisations de la société civile », a-t-il encore déclaré.

Le représentant a poursuivi en rappelant que la réunion ministérielle de la Ligue des États arabes de septembre dernier avait débouché sur l’adoption d’un plan d’action baptisé « Protection des femmes arabes, sécurité et paix ».  « Une grande étape a été franchie pour sensibiliser tous les acteurs de toutes les résolutions internationales concernant les femmes et la sécurité », a insisté le représentant.  En conclusion, il a déploré la dégradation de la situation des Palestiniens, en particulier des femmes palestiniennes, en dénonçant l’occupation de leurs territoires par Israël et les conditions de vie qui leur sont imposées.

M. FRANCISCO LAÍNEZ, Observateur de l’Organisation des États américains, a rappelé que si le continent américain n’est pas confronté à des situations de conflit, il n’en reste pas moins caractérisé par des niveaux élevés d’insécurité, auxquels les femmes sont particulièrement exposées.  L’Organisation des États américains, a-t-il expliqué, s’engage à promouvoir la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité.  « Notre propre Convention interaméricaine sur la prévention, la répression et l’éradication de la violence à l’encontre des femmes prévoit un cadre juridique vigoureux pour soutenir cette mise en œuvre », a ajouté M. Laínez.  Il a fait également valoir le mécanisme de suivi de la Convention (MESECVI), qui met un accent particulier sur la lutte contre les violences visant les femmes.

L’OSCE est la plus vaste organisation de sécurité collective au monde, a souligné la représentante de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).  Un grand nombre d’États membres de l’OSCE, a-t-elle ajouté, appliquent la résolution 1325 (2000) sans pour autant s’être dotés d’un plan d’action national.  Elle a expliqué que les hauts responsables de l’organisation étaient formés aux enjeux de l’égalité des genres et que l’OSCE avait renforcé sa lutte contre les violences faites aux femmes.  Il est important de coopérer plus étroitement avec les milieux universitaires sur ces questions, a-t-elle estimé, tout en appelant de ses vœux un renforcement plus global des liens avec la société civile.  Enfin, elle a déclaré que l’OSCE avait rédigé un document opérationnel dans le cadre de la lutte contre la radicalisation terroriste.

Mme GIOVANNA MARTELLI (Italie) a souligné que même dans les crises politiques précédant les conflits armés, les violations des droits de l’homme n’ont pas le même impact sur les hommes et les femmes.  « Les études sur les périodes qui précèdent les conflits montrent une montée en puissance des violences contre les femmes, même dans la sphère conjugale », a-t-elle indiqué, en citant en exemple le Kosovo où 23% des femmes victimes de violences estiment que celles-ci ont démarré avec le début du conflit.

La représentante a poursuivi en insistant sur le rôle fondamental de la participation des femmes dans les négociations de paix, afin de garantir une mise en œuvre effective et efficace des accords de paix.  « Plus fondamentale encore est l’inclusion des questions de genre dans les négociations pour rendre que la participation des femmes soit fructueuse et maintenir une perspective de genre qui garantit la reconstruction », a-t-elle ajouté.  Avant de conclure, elle a estimé qu’« investir dans les femmes pour rétablir la sécurité de manière durable est une vraie mesure, capable de maintenir le lien entre l’histoire et l’innovation ».

Condamnant la violence sexuelle en général et dans les opérations de paix, Mme ANA CRISTINA RODRIGUEZ (Guatemala) a exigé l’application de la politique de tolérance zéro.  Elle a assuré que le Guatemala poursuivrait ses engagements jusqu’à ce que, sur le terrain, les besoins particuliers des femmes et des filles reçoivent l’attention nécessaire, ce qui pourra se faire avec la collaboration active des institutions spécialisées, fonds et programmes de l’ONU et des États Membres, avec le soutien des organisations régionales et de la société civile, en particulier les organisations de femmes.  Elle a par ailleurs souligné la nécessité d’améliorer l’accès à la justice et de renforcer la participation des femmes dans les processus de création de législations nationales.

Le Statut de Rome constitue l’instrument juridique international sur les crimes graves commis contre les femmes et les filles le plus avancé à ce jour, a-t-elle relevé, en proposant qu’il soit incorporé dans les législations nationales afin de mieux lutter contre les crimes internationaux de violence sexuelle, d’adopter des procédures spécifiques pour aider les victimes et les témoins, et d’élaborer des programmes destinés à enseigner aux femmes les lois les concernant.

Mme KATALIN BOGYAY (Hongrie) a déclaré que son pays était engagé à accroître la représentation des femmes au sein des troupes et personnels qu’il fournit aux opérations de maintien de la paix et à prendre part aux initiatives de lutte contre les violences sexuelles.  La Hongrie a également financé, au Kenya, un atelier afin de renforcer la participation des femmes aux processus de paix.  La représentante a ensuite reconnu qu’en dépit des avancées réalisées, il reste des lacunes à combler pour mettre en œuvre la résolution 1325, en appelant le système des Nations Unies à se mobiliser derrière ONU-Femmes pour y parvenir.  En conclusion, elle a souligné l’attachement de la Hongrie à la prévention des violences sexuelles, comme en témoigne la participation de son pays au Sommet mondial de Londres l’an dernier.

M. ASOKE K. MUKERJI (Inde) a souligné qu’il était nécessaire d’intégrer la question de l’égalité entre les genres lors de l’élaboration des mandats de mission de maintien de la paix.  « Les pays en développement doivent avoir une présence accrue au sein du Conseil », a-t-il dit, avant de plaider pour une réforme de cet organe.  Il a estimé que l’ONU devrait encourager la pleine participation des femmes aux processus de prévention et de règlement des conflits, ainsi qu’aux stratégies de maintien de la paix.  « L’Inde est devenue le premier État Membre à envoyer au Libéria une unité composée uniquement de femmes », a-t-il rappelé.  Il a ensuite exhorté le Conseil à poursuivre les acteurs non étatiques de situations de conflit et à s’écarter des « procédures opaques » des régimes de sanctions.

M. OLOF SKOOG (Suède) a estimé qu’il était « grand temps d’accélérer les efforts communs et d’avancer des engagements normatifs à leur mise en œuvre réelle ».  Il a rappelé que le renforcement de l’égalité entre les sexes et la contribution des femmes à la paix et la sécurité faisaient partie des priorités de son gouvernement.  « Promouvoir l’égalité des sexes, ce n’est pas seulement promouvoir leur présence dans les sphères économique, sociale et politique, c’est aussi promouvoir le développement et la prévention des conflits », a-t-elle indiqué, avant de passer en revue les trois domaines dans lesquels la Suède renouvelle ses engagements: la participation des femmes aux efforts de paix, la question des violences sexuelles dans les conflits et le manque de ressources.

Considérant que les changements commencent « chez soi », le représentant a indiqué que la Suède continuerait d’œuvrer au renforcement des droits des femmes, d’améliorer l’accès des femmes à des ressources et d’accroître leur représentation.  « Nous allons faire de la participation des femmes à la paix et la sécurité la première priorité de la révision de notre plan d’action national », a-t-il expliqué, en précisant que son gouvernement continuerait de soutenir les organisations de la société civile et les fonds qui œuvrent dans les zones de conflit.  La Suède, a-t-il ajouté, développe un réseau de médiatrices nordiques.

La question des violences sexuelles dans les conflits est au cœur des défis sécuritaires et doit rester inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, car « aujourd’hui les violences sexuelles ont atteint un niveau horrible ».  « Les auteurs de ces crimes doivent être tenus responsables et l’impunité terminée », a-t-il insisté, avant d’ajouter qu’en tant que premier pays donateur de la Campagne des Nations Unies contre la violence sexuelle en temps de conflit, la Suède entend trouver de nouveaux moyens d’accroître son soutien aux victimes et survivantes de violences sexuelles.  Il a poursuivi en indiquant qu’en 2016, la Suède assumerait la présidence de l’Appel à l’action pour la protection d’urgence contre les violences sexuelles et sexistes qui vise à favoriser la reddition de compte et atténuer les violences de genre dans les crises humanitaires.  « Notre principal objectif sera de traduire les engagements pris en actions concrètes », a-t-il assuré.

Soulignant que le manque de ressources était souvent au cœur des inégalités, le représentant a estimé que pour parvenir à de vrais changements, les engagements politiques doivent être suivis de financements pérennes.  C’est pourquoi, la Suède s’engage à allouer 1% de son produit intérieur brut à la coopération et au développement, avec en tête des priorités l’égalité des genres, les droits des femmes et leur autonomisation, a expliqué le représentant.

M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a déclaré que 15 ans après l’adoption de la résolution 1325, l’impunité vis-à-vis des crimes commis contre des femmes demeure un défi majeur.  Il a rappelé que, lors de la réunion des dirigeants mondiaux sur l’égalité entre les genres, la Présidente brésilienne, Mme Dilma Rousseff, avait souligné que les femmes ne devraient pas seulement être bénéficiaires des politiques et initiatives publiques, mais aussi devenir « agents de leur propre avenir ».  Pour M. Patriota, aucune décision ne devrait être prise les concernant sans qu’elles soient consultées au préalable.  Au niveau international, a-t-il précisé, cela s’applique à la formulation et à la mise en œuvre des mandats de maintien de la paix et de missions politiques spéciales, aux négociations de paix et aux activités de consolidation de la paix et de relèvement et à l’assistance humanitaire.  Au niveau national, les gouvernements devraient être prêts à régulièrement mettre à jour et améliorer leurs politiques pertinentes en matière de parité, a ajouté le représentant.

M. KAIRAT ABDRAKHMANOV (Kazakhstan) a affirmé que toutes les opérations de maintien et de consolidation de la paix devraient être dotées d’un mandat robuste dans le domaine femmes, paix et sécurité avec, notamment, l’inclusion au sein de chaque contingent d’un spécialiste en matière d’égalité des genres.  Il a également appuyé la politique de tolérance zéro prônée par le Secrétaire général, avant de préciser que les Casques bleus kazakhs déployés au Sahara occidental et en Côte d’Ivoire avaient reçu une formation intensive sur ces questions.  Enfin, sur le plan national, M. Abdrakhmanov a déclaré que son pays, qui est candidat à un siège de membre non permanent au sein du Conseil pour la période 2017-2018, avait lancé une stratégie nationale « Kazakhstan 2050 » qui vise à renforcer la participation des femmes dans tous les aspects de la vie du pays.

Mme PORNPIMOL KANCHANALAK (Thaïlande), s’exprimant en tant que Présidente du Réseau de sécurité humaine, a observé que depuis l’adoption de la résolution 1325 en 2000, le monde avait été confronté à un grand nombre de conflits, à l’extrémisme violent et à des crises humanitaires qui affectent gravement les femmes et les enfants.

Les femmes qui en souffrent le plus s’intéressent particulièrement aux processus de paix car elles ont beaucoup à y gagner, qu’elles y participent ou non.  Le réseau appelle à promouvoir et respecter les droits des femmes et des filles et à répondre à la violence qui les vise en adoptant une approche appropriée.  Ceci peut être fait à travers des stratégies de protection mais aussi en promouvant leur représentation au plus haut niveau et dans les mécanismes de prévention, de gestion et de règlement des conflits.

Des mesures efficaces devraient être prises immédiatement pour poursuivre et punir ceux qui se rendent coupables de violations de leurs droits fondamentaux dans les conflits.  Une approche sexospécifique s’avère cruciale.  Le rôle des femmes dans les processus de paix et les missions de paix a été souligné dans la résolution 1325, a rappelé la représentante, qui a cependant appelé à une plus grande participation des femmes à tous les stades de règlement d’un conflit.  Trop souvent, les femmes et les filles sont victimes de la violence, mais elles peuvent également contribuer efficacement à la paix.  « Imaginez ce qu’elles peuvent réaliser si nous les soutenons davantage », si elles ont plus de chances de s’impliquer dans les processus qui auront un impact direct sur leur vie quotidienne, a-t-elle dit.

Mme MARGARETA KASSANGANA-JAKUBOWSKA (Pologne) a indiqué que son gouvernement était fermement engagé en faveur du combat contre l’impunité et à soutenir les travaux de la Cour pénale internationale.  Soucieuse de voir la représentation des femmes s’accroître au sein des Nations Unies, elle a annoncé le soutien de son pays à la candidature d’une femme au poste de prochain Secrétaire général de l’ONU.  La déléguée s’est dite convaincue que cela contribuera à faire participer activement les femmes dans les processus de maintien et de consolidation de la paix, ainsi qu’à promouvoir les femmes à tous les échelons des processus de prise de décisions.  Elle a par ailleurs fait valoir les formations dispensées par son pays à des experts en matière de parité destinés à conseiller les troupes polonaises déployées à l’étranger.

M. YOSHIFUMI OKAMURA (Japon) a annoncé que son pays avait finalisé son Plan national d’action le mois dernier, assorti de 150 cibles, qui feront l’objet d’un suivi régulier.  Un de ses éléments les plus notables, c’est l’accent mis sur la dissémination des problématiques de parité dans toutes les phases de réponse et de réduction des risques de catastrophe, s’est félicité le représentant.  En outre, celui-ci a expliqué que son gouvernement était engagé dans l’élargissement de la base des donateurs internationaux, en incluant désormais la société civile, le secteur privé et les citoyens eux-mêmes.  Enfin, le représentant a expliqué que le renforcement des capacités était urgent dans les pays sortant d’un conflit, où les forces de sécurité nationales et l’appareil judiciaire devraient être impliqués dans la mise en œuvre des dispositions de la résolution 1325.

Mme MALEEHA LODHI (Pakistan) a jugé que la communauté internationale avait le devoir d’apporter une assistance humanitaire aux femmes fuyant les zones de conflit.  Elle a rappelé que les opérations multidimensionnelles de maintien de la paix jouaient un rôle clef dans la lutte contre les violences faites aux femmes dans les situations de conflit et au lendemain d’un conflit.  « Comptant parmi les plus importants contributeurs de troupes, le Pakistan continuera de faire en sorte que ses forces répondent aux besoins spécifiques des femmes et des filles », a-t-elle affirmé.  La déléguée s’est dit fière qu’une policière pakistanaise, Mme Shahzadi Gulfam, ait reçu le prix récompensant la femme policière de maintien de la paix la plus remarquable.  « Aucun pays ne peut parvenir à la gloire sans que les femmes soient aux côtés des hommes », a-t-elle conclu, en faisant siens les mots de l’un des pères fondateurs du Pakistan.

M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a souligné la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des violences et discriminations visant les femmes afin d’assurer la bonne mise en œuvre du programme d’action femmes, paix et sécurité.  Mentionnant la persistance de préjugés contre les femmes, il a jugé que la seule manière d’y mettre un terme était d’éduquer les jeunes gens, avant même qu’ils ne puissent nourrir de tels préjugés.  Enfin, face aux groupes extrémistes qui utilisent le viol et l’esclavage sexuel comme armes de guerre, le représentant a demandé qu’il soit mis un terme à la culture de l’impunité et salué l’approche adoptée, dans ce domaine, par la Procureure de la Cour pénale internationale.

M. MOHAMED ALI ALHAKIM (Iraq) a fait une brève intervention dans laquelle il a condamné « toutes les fatwas » qui autorisent les mariages forcés, notamment celles lancées par l’État islamique dans les territoires sous contrôle de cette organisation terroriste.  Il a également indiqué que son gouvernement avait établi quatre tribunaux spécialisés pour juger des affaires concernant des femmes victimes de tels crimes, a-t-il précisé, avant d’apporter son soutien à la mise en œuvre intégrale de la résolution 1325.

Pour M. HARALD BRAUN (Allemagne), alors que la résolution 1325 qui a constitué un tournant il y a 15 ans et que plus de 50 pays, dont le sien, ont adopté des plans d’actions sur le thème « femmes, paix et sécurité », le monde assiste à des violations massives de leurs droits dans les régions du Moyen-Orient et ailleurs et des millions de réfugiés sont chassés de chez eux, dont 800 000 auront cherché refuge en Allemagne d’ici à la fin de l’année.  Pourtant, ce que montre le récent rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution 1325, c’est que les processus de paix ont davantage de chances d’aboutir quand les femmes y sont associées.  C’est pour cette raison que l’Allemagne continue de pousser en faveur du renforcement du rôle des femmes notamment à travers des organisations de la société civile, comme dans le Dialogue de paix en Colombie.

Nous savons tous que les missions et opérations de paix internationales doivent servir d’exemple en la matière et c’est pourquoi, l’Allemagne va continuer de déployer des femmes parmi les effectifs de police et d’experts militaires et des équipes spécialisées dans la prévention et les enquêtes sur les crimes sexuels et la violence sexuelle.  Lors de notre présidence de l’OSCE, en 2016, nous avons prévu de nommer un représentant spécial sur les questions de genre auprès de la présidence.

Par ailleurs, l’Allemagne est déterminée à garantir un financement adéquat aux organes dépendant d’ONU-Femmes, et s’engage aussi à verser un million d’euros au Comité international de la Croix-Rouge pour la prévention de la violence sexuelle dans les conflits et l’assistance aux victimes.  La Représentante spéciale du Secrétaire général a attiré l’attention du Conseil sur les terribles crimes sexuels commis à travers le monde et documenté le recours systématique au viol comme arme de guerre par l’État islamique en Syrie et en Iraq.  « Nous encourageons les membres du Conseil, a-t-il dit en conclusion, à recourir plus fréquemment à son expertise. »

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a affirmé que son pays poursuivait une stratégie visant à prendre en compte systématiquement des besoins propres aux femmes dans le cadre de son aide publique au développement qui s’élève à 1% de son revenu national brut.  Elle a appuyé l’Équipe d’experts de l’état de droit et des questions touchant les violences sexuelles commises en période de conflit en vue de renforcer les capacités des acteurs nationaux.  La lutte contre l’impunité est primordiale, a-t-elle affirmé, avant de réaffirmer le plein appui du Luxembourg à la CPI.  Enfin, Mme Lucas a invité le Conseil à faire preuve de volonté et de courage politique et espéré que le groupe informel d’experts prévu par la résolution, adoptée ce jour, aidera le Conseil à intégrer de façon plus systématique la question femmes, paix et sécurité dans ses travaux.

M. SVEN JURGENSON (Estonie) a estimé qu’en dernière instance, c’est aux États Membres eux-mêmes qu’il incombe en premier lieu de veiller à ce que les femmes soient parties prenantes à la prévention et au règlement des conflits, et à la planification des opérations de maintien de la paix.  Pour sa part, le représentant a déclaré que son gouvernement était sur le point d’adopter son second plan national d’action à l’appui de la mise en œuvre de la résolution 1325.  Il a souligné, en conclusion, qu’il faudrait sensibiliser davantage à la problématique femmes, paix et sécurité, « du niveau des associations jusqu’à celui de la coopération internationale », tout en combattant énergiquement l’impunité contre les violences à l’encontre des femmes dans les conflits.

M. ION JINGA (Roumanie) a rappelé que la première femme en uniforme dans son pays avait rejoint les rangs de l’armée en 1973.  Depuis, le Ministère de la défense a adopté le Plan d’action destiné à mettre en œuvre sept résolutions concernant les femmes, la paix et la sécurité.  L’armée roumaine dispose de femmes ayant rang de général et un nombre croissant de femmes participent aux opérations internationales au sein de l’OSCE, de l’Union européenne ou de l’ONU.  Ainsi, il a cité le cas d’une Roumaine actuellement commandant en chef au sein de la MINUSTAH.  La Roumanie a aussi déployé des équipes mixtes, en particulier dans les unités de coopération entre civils et militaires comme en Afghanistan.  Des programmes d’éducation spécifiques sont induits dans tous les programmes militaires du pays, prônant l’égalité des sexes, la tolérance, la non-discrimination, l’interdiction du harcèlement sexuel et de la violence à l’encontre des femmes. 

Les opérations militaires d’aujourd’hui sont menées dans des contextes sécuritaires complexes qui nécessitent à la fois l’expertise des hommes et celle des femmes, mais la participation active des hommes est nécessaire pour changer de perspectives sur les droits des femmes, en temps de paix comme de conflit.

M. FRANTISEK RUZICKA (Slovaquie) a souligné que le rôle des femmes dans le domaine de la paix et la sécurité était indispensable.  Leur capacité à influencer le cours des négociations augmente les chances d’atteindre des accords de paix.  Le pouvoir des femmes agit positivement sur la paix durable et influence les autres acteurs, a-t-il noté.  Il faudrait admettre cependant que les femmes sont encore sous-représentées dans le domaine de la sécurité.  Ainsi, les femmes négociatrices ne sont que 9%, seulement 4% des missions militaires des Nations Unies sont confiées à des femmes et seulement 54 pays ont mis en œuvre leur plan national d’action sur les femmes, la paix et la sécurité.

Depuis 2000, des progrès significatifs ont été faits dans de nombreux domaines, a-t-il reconnu, tout en estimant qu’il restait encore beaucoup à faire dans plusieurs domaines.  Ainsi, il faut soutenir les femmes dans leur participation à tous les processus de paix et de sécurité, renforcer la prévention des conflits, engager plus en avant les femmes dans les processus de prise de décisions.  Un effort spécifique doit être également fait pour inclure les femmes afin de contrecarrer l’extrémisme violent, ce qui implique la nécessité de les faire participer dans la prévention des conflits et les activités d’éducation des jeunes générations, a-t-il suggéré.

Mme BÉNÉDICTE FRANKINET (Belgique) a déclaré que dès le début, la Belgique avait fortement soutenu l’agenda femmes, paix et sécurité.  Actuellement, tous les acteurs belges concernés concentrent leurs efforts pour mettre en œuvre le deuxième plan d’action national « femmes, paix et sécurité ».  Ce plan d’action, qui couvre la période 2013-2016, s’articule autour de six objectifs prioritaires dont la protection des femmes et des filles contre toutes les formes de violence, y compris les violences sexuelles, et la participation des femmes dans les processus de maintien et de consolidation de la paix.  Pour chacun de ces six objectifs, des lignes d’action et des instruments de suivi ont été définis dans le plan d’action.

La représentante a indiqué que la République démocratique du Congo (RDC) était un des trois pays cibles du plan d’action belge qui met l’accent sur la participation active des femmes.  Il contribue à la mise en œuvre du projet d’ONU-Femmes en RDC « Appui aux droits et participation des femmes congolaises dans le cadre de la résolution 1325 » à hauteur de deux millions d’euros.  La représentante a expliqué qu’une étude à l’échelle mondiale démontrait qu’une participation véritable des femmes accroît l’efficacité de l’aide humanitaire, la crédibilité et la qualité des opérations de maintien de la paix, la rapidité du relèvement économique dans les situations d’après conflit et la durabilité des accords de paix.  Il est donc décevant de constater que la même étude relève que, 15 ans plus tard, la participation des femmes aux processus de paix et aux transitions politiques postconflit reste un défi important. 

La représentante a ensuite déclaré que la situation en matière de paix et de sécurité était tout de même différente aujourd’hui de ce qu’elle était il y a 15 ans.  Les cycles persistants de conflits et de situations de fragilité ont, entre autres, été aggravés par les nouvelles technologies des armements et de nouvelles menaces comme la montée de l’extrémisme violent, diffusé facilement grâce aux nouvelles technologies de l’information.  Les femmes et les filles ont un rôle crucial à jouer car celles-ci peuvent jouer un rôle très efficace dans la lutte contre l’extrémisme violent, en tant que mères et sœurs et aussi en tant qu’épouses.  Elles peuvent aussi jouer de nombreux autres rôles dans la société où elles vivent.  « Nous devons les soutenir et leur fournir les outils nécessaires pour les aider à défendre les valeurs de tolérance et de respect d’autrui », a dit la représentante avant de terminer son intervention.

M. DANIJEL MEDAN (Croatie) a affirmé que son pays connaissait, de par son histoire, les conséquences des conflits sur les femmes.  Plus de femmes doivent participer au règlement des conflits, a-t-il dit.  Le représentant a ensuite affirmé qu’il faudrait renforcer le lien entre les politiques adoptées dans le domaine de l’égalité entre les genres et la situation sur le terrain.  Le représentant a rappelé que son pays avait intégré la perspective sexospécifique avec son premier plan d’action national adopté en vertu de la résolution 1325 (2000), avant de préciser qu’un second plan sera élaboré en 2016.  La Croatie s’engage à présenter les candidatures de femmes compétentes à des postes de responsabilité dans les organisations internationales et à renforcer la formation dispensée en matière d’égalité des genres à ses ressortissants engagés dans les opérations de maintien de la paix.  En conclusion, le représentant a souligné que la résolution 1325 était visionnaire et il a encouragé tous les États à en faire davantage dans le domaine femmes, paix et sécurité.

Mme ALYA AHMED SAIF AL THANI (Qatar) a accueilli favorablement l’adoption de la résolution 2242, dont son pays s’est porté coauteur.  Ces deux dernières années ont vu le nombre de violences à l’égard des femmes augmenté de manière préoccupante, a-t-elle noté, en regrettant que le plus souvent, les responsables de ces violations des droits de l’homme ne fassent pas l’objet de poursuites judiciaires.  Elle a précisé en conclusion que sa délégation avait organisé, à New York, une session d’étude de haut niveau sur le thème de la lutte contre l’extrémisme, avec la participation des Nations Unies et des délégations de l’Arabie saoudite et de la Jordanie.

M. MENELAOS MENELAO (Chypre) a affirmé que les femmes chypriotes avaient participé aux efforts de médiation à Chypre et fait entendre leurs voix.  Chypre n’a cessé d’appuyer les organisations de femmes en vue de développer des relations harmonieuses entre les femmes vivant dans les deux parties de l’île, a-t-il affirmé.  Le représentant a promis que les femmes seront associées à toutes les étapes du processus de paix à Chypre.  Une paix pérenne ne peut régner si la moitié de l’humanité ne participe pas à son instauration, a-t-il poursuivi.  Avant de conclure, il a détaillé les lignes directrices du Plan d’action national élaboré par son pays en vue d’éliminer les préjugés à l’égard des femmes et d’accroître la participation des femmes dans tous les secteurs de la vie à Chypre.  En conclusion, il a apporté son plein appui à la résolution que le Conseil de sécurité a adoptée aujourd’hui.

Mme MARY E. FLORES (Honduras) a déclaré que les femmes étaient le chaînon manquant dans le « pacte mondial » visant à réaliser le développement à travers une culture de paix.  Pour autonomiser les femmes et en faire les agents de changements qu’elles peuvent être au sein de leurs communautés, il est plus que jamais nécessaire de surmonter les fossés existants en matière de parité, a souligné la déléguée.  Les États Membres sont ainsi appelés à se doter de plans d’action nationaux à l’appui de la mise en œuvre de la résolution 1325 pour que les femmes deviennent enfin « guérisseuses, médiatrices, intermédiaires et garantes de la paix ».

Mme LAURA ELENA FLORES HERERRA (Panama) a déclaré qu’il revient aux États de favoriser l’accès des femmes à la justice et à l’élaboration de réformes juridiques et institutionnelles, dont elles restent trop souvent exclues.  La déléguée a fait remarquer que le Panama comptait de nombreuses femmes au sein du Gouvernement et qu’il avait créé la Police du genre, dans le cadre de la loi de prévention du féminicide.  Elle s’est montrée favorable à l’élection d’une femme au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies après la fin de mandat de M. Ban Ki-moon.

M. JĀNIS MAŽEIKS (Lettonie) a affirmé que l’autonomisation des femmes était un facteur clef de la réussite des stratégies d’instauration et de consolidation de la paix.  Il faudrait redoubler d’efforts pour mettre un terme à l’impunité dont bénéficient les auteurs de violations sexuelles, a-t-il estimé, avant de dire sa préoccupation devant les violations commises par les groupes extrémistes violents.  Le délégué a également estimé qu’il était nécessaire de renforcer les efforts de prévention des conflits.  Enfin, le représentant de la Lettonie a déclaré que son pays entendait définir un cadre politique favorable à l’égalité entre les sexes.

M. MARCELO ELISEO SCAPPINI RICCIARDI (Paraguay) a indiqué que, dans le cadre de la résolution 1325 (2000), le Paraguay venait d’élaborer son Plan d’action national, fruit des efforts entre les ministères de la femme, de la défense, de l’intérieur et des relations extérieures, avec l’appui d’ONU-Femmes.  Il a fait remarquer que cette année au Paraguay, 27% des participants aux cours de formation et d’entraînement aux opérations de paix étaient des femmes, la plus forte participation jamais enregistrée dans le pays.  Les principaux obstacles à une pleine participation des femmes dans la protection et la consolidation de la paix sont liés à la discrimination à l’égard des femmes et à l’exclusion économique et sociale.  C’est pourquoi, a-t-il dit, il est indispensable de travailler en faveur des droits fondamentaux des femmes.  Intégrer la perspective sexospécifique dans tous les processus de paix, y compris la prévention, la gestion et le règlement des conflits, exige avant tout une volonté politique d’inclure les femmes dans les processus de prise de décisions, a-t-il souligné.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a lui aussi constaté qu’en dépit des progrès accomplis, il restait encore beaucoup à faire pour mettre en œuvre la résolution 1325.  Au niveau national, le Gouvernement péruvien a approuvé plusieurs plans nationaux, dont un qui s’efforce de prévenir les violences perpétrées contre les femmes et, le cas échéant, de lutter contre l’impunité dont jouissent les responsables de tels actes.  Le délégué s’est ensuite félicité de la tendance actuelle visant à intégrer systématiquement une perspective hommes-femmes dans les mandats des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.  Le Pérou, a-t-il dit, s’est engagé à promouvoir un environnement propice à l’épanouissement des femmes dans son pays, lequel est coauteur de la résolution adoptée ce matin.

M. OMAR HILALE (Maroc) a affirmé que la prévention des conflits, pilier central du programme sur les femmes, la paix et la sécurité, n’avait pas reçu une attention aussi soutenue que les problématiques postconflit.  Il a plaidé pour une approche plus complète qui s’attaque aux causes profondes des conflits, et non seulement à leur impact sur les femmes, les filles, les hommes et les garçons.  Le Maroc, a-t-il ajouté, appuie les organisations locales de femmes.  M. Hilale a ensuite demandé aux États Membres d’enregistrer les réfugiés présents sur leur sol, en particulier les femmes.  En conclusion, le représentant du Maroc a souligné que la participation des femmes aux efforts de paix était cruciale.  Il a ainsi plaidé pour l’élimination des stéréotypes visant les femmes et souligné la nécessité d’un système de suivi des résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité.

M. DAVID DONOGHUE (Irlande) a annoncé que le Groupe de surveillance chargé d’assurer le suivi de la mise en œuvre du second Plan national d’action de son pays sur les femmes, la paix et la sécurité se réunira demain à Dublin.  « Ce Plan, a-t-il précisé, reflète le rôle que l’Irlande joue dans le maintien de la paix ainsi que notre programme d’assistance au développement et notre expérience nationale en matière de réconciliation postconflit ».  Pour le représentant, le problème en 2015 n’est pas un manque de normes juridiques, mais une mise en œuvre insuffisante.  « Nous devons également veiller à ce que les stratégies de mise en œuvre soient financées à hauteur de leurs objectifs », a préconisé M. Donoghue, qui a indiqué que son pays verserait 200 000 euros pour soutenir l’instrument d’accélération mondiale sur les femmes, la paix et la sécurité et l’action humanitaire.

Mme MARITZA CHAN (Costa Rica) a relevé que, malgré les progrès accomplis, beaucoup de travail restait à faire et qu’une participation pleine et effective des femmes implique bien plus que leur accorder des fonctions dans les structures existantes.  Le Costa Rica estime que la participation des femmes aux processus de paix ouvre la voie à des stratégies plus créatives et non violentes pour protéger les populations civiles et prévenir les conflits, en s’appuyant par exemple sur les études indiquant que l’extrémisme a moins de chance de s’enraciner dans les sociétés où les femmes bénéficient d’une participation libre et équitable dans la prise de décisions. 

Toutefois, il a reconnu que la mise en œuvre de la résolution 1325 n’était pas chose aisée car il n’existe pas de solution unique pour l’infinité de situations particulières vécues par les femmes.  La déléguée a par ailleurs fait mention du nécessaire accès à la justice pour toutes les femmes et rappelé que la juge costaricaine Elizabeth Odio-Benito avait largement œuvré au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, en 1998, pour que soient reconnus le viol et d’autres types d’agressions sexuelles comme des formes de torture, aujourd’hui dans le droit international.  Indigné par l’omniprésence de la violence sexuelle comme arme de guerre, le Costa Rica a également condamné la conduite sexuelle inappropriée et les abus commis par des forces de maintien de la paix de l’ONU.

M. MAMADOU TANGARA (Gambie) a souligné le caractère historique de la résolution 1325 (2000) qui établit le lien essentiel entre l’égalité des sexes et la paix et la sécurité internationales.  Les femmes jouent encore un rôle insuffisant dans la recherche des accords de paix, a-t-il estimé.  Le délégué s’est dit fier que la Gambie n’ait pas baissé les bras et mis en œuvre activement la résolution 1325.  « Mon pays fait en sorte que les conseillers gambiens participant aux missions de la paix reçoivent une formation appropriée en matière d’égalité entre les sexes », a-t-il assuré.  Le représentant a aussi affirmé que son pays s’était engagé en faveur de la lutte contre la traite des êtres humains et veillait à améliorer le sort des femmes déplacées.  Il a ensuite prôné une politique de tolérance zéro à l’égard des auteurs de violence sexuelle.

M. KAI SAUER (Finlande) a déclaré que son pays avait l’intention de renforcer le nombre de candidates aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, en qualité d’expertes militaires, pour les porter au moins au niveau du nombre de femmes présentes dans ses forces armées nationales.  Fermement engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et les enlèvements de femmes et de filles, la Finlande, a-t-il poursuivi, fournit un soutien financier à divers mécanismes destinés à mettre fin à l’impunité.  Il s’agit notamment du Fonds d’affectation de la Cour pénale internationale (CPI) en faveur des victimes, de l’Équipe d’experts sur l’état de droit et les violences sexuelles dans les conflits et de la Coalition pour la Cour pénale internationale.  Enfin, a indiqué M. Sauer, le Gouvernement finlandais fait également preuve de coopération avec des pays fragiles dans le cadre de l’élaboration de leur propre plan d’action national, comme par exemple l’Afghanistan.

Mme ISABELLE F. PICCO (Monaco) a déclaré que l’étude mondiale et des indicateurs qu’elle contient, montrent la vulnérabilité des femmes aggravée par la multiplication des conflits, de l’extrémisme et du terrorisme.  Les recommandations du Groupe consultatif de haut niveau et les efforts remarquables d’ONU-Femmes sont plus que jamais pertinents à l’heure où une réflexion est engagée sur les opérations de maintien de la paix.  Par l’assistance qu’ils fournissent, les agences onusiennes, les organisations de terrain et le Comité international de la Croix-Rouge ont contribué à partager leur savoir-faire.  Cet effort collectif est crucial pour parvenir à l’égalité des sexes, à autonomiser les femmes et les filles afin de promouvoir des institutions efficaces, des sociétés pacifiques et l’accès à la justice, objectifs de l’agenda 2030.  La déléguée a soutenu la participation des femmes et d’experts sur les questions des femmes dans la prévention des conflits.  Elle a affirmé que Monaco continuera à apporter son soutien à ONU-Femmes.

M. MUHAMMAD ANSHOR (Indonésie) a invité le Conseil à faire en sorte que les femmes soient dotées des capacités nécessaires afin de participer de manière pertinente aux efforts de prévention des conflits et de maintien de la paix.  Les femmes et les filles doivent être considérées comme des agents du changement et pas seulement comme des victimes, a-t-il estimé.  Le représentant a aussi invité le Conseil à mettre en place les mécanismes d’évaluation permettant d’obtenir « une vue intégrée » de la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000).  Avant de conclure, M. Anshor a rappelé que des forces militaires et de police indonésiennes étaient déployées à l’heure actuelle au sein de neuf opérations de maintien et de consolidation de la paix de l’ONU.  

Mgr. BERNARDITO AUZA (Saint-Siège) a tenu à souligner que l’Église catholique était à la tête d’un réseau d’institutions présentes dans les zones de conflit, où elles répondent rapidement et efficacement aux besoins des femmes et des filles, à qui elles fournissent des soins de santé et un soutien psychologique.  Ces institutions ont aussi pour objectif de prévenir les violences à l’encontre des femmes et à garantir leur participation effective aux affaires de la société, a expliqué l’Observateur du Saint-Siège.  Elles disposent en outre de programmes spéciaux pour lutter contre la stigmatisation des victimes de violence sexuelle et réintégrer les victimes au sein de leurs familles et de leurs communautés respectives.  « À la fois pour prévenir les conflit et maintenir la paix, ces institutions encouragent les parents à scolariser leurs filles et à former les femmes à assumer le leadership au sein de leurs communautés », a ajouté Mgr Auza.

Mme LANA NUSEIBEH (Émirats arabes unis) a souligné qu’il était essentiel de s’attaquer aux causes profondes de l’extrémisme avant qu’il ne devienne violent.  Elle a affirmé que son pays s’employait à renforcer la place des femmes au sein de la société, « ce qui est le meilleur moyen de lutter contre la propagande sanguinaire de Daech ».  La représentante a souligné l’importance des femmes pour les efforts de consolidation de la paix en vue de bâtir des sociétés justes et stables.  Elle a ensuite rappelé que la Déclaration d’Abu Dhabi visait à faire en sorte que l’égalité entre les genres soit une priorité des réponses humanitaires.  Mme Nusseibeh a soutenu qu’il était impératif que les missions de maintien de la paix et les processus de paix fassent davantage appel à des femmes.  Son pays, a-t-elle assuré, va débloquer 500 000 dollars en faveur d’ONU-Femmes pour lutter contre l’extrémisme violent.

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