Le Conseil de sécurité exige que les miliciens houthistes mettent fin à la violence au Yémen et libèrent les zones qu’ils occupent

CS/11859
14 avril 2015
7426e séance – matin

Le Conseil de sécurité exige que les miliciens houthistes mettent fin à la violence au Yémen et libèrent les zones qu’ils occupent

Il impose également des sanctions, dont un embargo sur les armes, aux rebelles, à leur chef, et au fils de l’ancien Président yéménite Saleh

 

Le Conseil de sécurité a, ce matin, exigé des miliciens houthistes, opposés à l’actuel Président du Yémen, qu’ils mettent fin à la violence dans le pays, qu’ils retirent leurs forces de toutes les zones dont ils ont pris le contrôle, y compris la capitale Sanaa, et « s’abstiennent de toute provocation ou menace envers les États voisins ».

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil, par la résolution 2216 (2015), adoptée par 14 voix et une abstention, celle de la Fédération de Russie, a également imposé plusieurs sanctions, dont notamment un embargo sur les armes, contre les rebelles, leur chef, Abd Al-Khaliq Al-Huthi, et Ali Abdullah Saleh, fils aîné de l’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh.

Dans ce texte initié par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), et présenté par la Jordanie, le Conseil de sécurité exige que toutes les parties yéménites, en particulier les Houthistes, appliquent intégralement les dispositions de la résolution 2201 (2015) et s’abstiennent de toute nouvelle action unilatérale.

Le Conseil exige que toutes les parties yéménites « choisissent la voie du dialogue et de la concertation pour régler leurs différends, renoncent à recourir à la violence à des fins politiques, et s’abstiennent de toute provocation et de toute mesure unilatérale de nature à compromettre la transition politique ». 

Il les « prie instamment » de « répondre favorablement à la demande que leur a faite le Président du Yémen de participer à une conférence à Ryad, en Arabie saoudite, sous les auspices du Conseil de coopération du Golfe, de continuer à appuyer la transition politique au Yémen, et de soutenir et renforcer les négociations menées sous l’égide de l’ONU ».

La Jordanie a estimé que cette résolution adressait un « signal très clair et très ferme aux Houthistes, à tous ceux qui les appuient, et à tous ceux qui menacent la stabilité au Yémen ».  Sa représentante a appelé toutes les parties à se rendre à Riyad pour participer à une conférence de paix demandée par le Président yéménite. 

La Fédération de Russie a expliqué qu’elle s’était abstenue, car le texte adopté ne correspondait pas pleinement aux besoins de la situation au Yémen, et ne fixait pas les exigences auxquelles doivent se soumettre toutes les parties, notamment celles d’un cessez-le-feu et d’un dialogue en faveur de la paix. 

Plusieurs pays, dont la France, ont souligné le rôle central que doivent jouer les Nations Unies, « qui ont une expertise et une neutralité irremplaçables » pour un retour à la paix et à la stabilité au Yémen.   

Le représentant yéménite a pour sa part déclaré que la résolution constituait une « preuve tangible et sérieuse de la détermination de la communauté internationale et du Conseil de sécurité à appuyer de manière unifiée le peuple du Yémen pour qu’il puisse réaliser ses aspirations légitimes en faveur d’un État démocratique, fédéral, et pacifique ».

La sortie à la crise que traverse le Yémen ne peut passer que par le dialogue, a-t-il dit, estimant que les Houthistes devaient se plier aux termes de la résolution, ce qui permettrait ainsi d’entamer un plan de reconstruction du Yémen.

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT

Texte du projet de résolution (S/2015/245)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions 2014 (2011), 2051 (2012), 2140 (2014), 2201 (2015) et 2204 (2015) et les déclarations de son président en date du 15 février 2013, du 29 août 2014 et du 22 mars 2015,

Notant la lettre datée du 24 mars 2015 du Représentant permanent du Yémen auprès de l’Organisation des Nations Unies, transmettant une lettre du Président du Yémen, dans laquelle il informait le Président du Conseil de sécurité qu’« il avait sollicité du Conseil de coopération du Golfe et de la Ligue des États arabes la fourniture d’une aide immédiate, par tous les moyens et par toutes les mesures nécessaires, y compris l’intervention militaire, pour protéger le Yémen et sa population contre l’agression persistante des Houthistes », et notant également la lettre datée du 26 mars 2015 de la Représentante permanente de l’État du Qatar (S/2015/217) transmettant celle des représentants du Royaume du Bahreïn, de l’État du Koweït, de l’État du Qatar, du Royaume d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis,

Rappelant la résolution du vingt-sixième Sommet de la Ligue des États arabes sur l’évolution de la situation au Yémen, soulignant notamment la nécessité de relancer le processus de transition politique dans ce pays avec la participation de toutes les parties yéménites conformément à l’Initiative du Conseil de coopération du Golfe et à son Mécanisme de mise en œuvre ainsi qu’aux résultats de la Conférence de dialogue national sans exclusive,

Réaffirmant son ferme attachement à l’unité, la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale du Yémen, et son engagement à soutenir le peuple yéménite,

Condamnant la multiplication et l’ampleur des attaques menées par Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA),

Se déclarant préoccupé par la capacité d’AQPA dans la péninsule Arabique de profiter de la détérioration de la situation politique et de la sécurité au Yémen, considérant que tous les actes de terrorisme, quels qu’ils soient, sont criminels et injustifiables, quels qu’en soient les motivations, l’époque, le lieu et les auteurs,

Réaffirmant qu’il appuie l’action menée par le Conseil de coopération du Golfe pour accompagner la transition politique au Yémen et saluant l’engagement que celui-ci a pris à cet égard,

Réitérant son appui à la légitimité du Président du Yémen, Abdo Rabbo Mansour Hadi, et demandant de nouveau à toutes les parties et aux États Membres de s’abstenir de tout acte susceptible de porter atteinte à l’unité, à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale du Yémen, et à la légitimité du Président du Yémen,

S’inquiétant vivement de la gravité et de la rapidité avec lesquelles se dégrade la situation humanitaire au Yémen et soulignant que la situation humanitaire continuera de se détériorer faute de solution politique,

Rappelant que les refus arbitraires d’accès humanitaire et la privation des civils de biens indispensables à leur survie, notamment en entravant intentionnellement l’acheminement des secours, peuvent constituer une violation du droit international humanitaire,

Soulignant qu’il faut relancer l’initiative du Conseil de coopération du Golfe et son Mécanisme de mise en œuvre et l’application des résultats de la Conférence de dialogue national sans exclusive, ce qui implique notamment la rédaction d’une nouvelle constitution, la réalisation de la réforme électorale, la tenue d’un référendum sur le projet de constitution et l’organisation rapide des élections générales, pour éviter toute nouvelle dégradation de la situation humanitaire et de la sécurité au Yémen,

Réaffirmant son plein appui et son attachement à l’action menée par l’ONU et le Conseiller spécial du Secrétaire général pour le Yémen, en particulier aux négociations engagées sous l’égide de l’ONU, et son soutien aux efforts du Groupe des ambassadeurs à Sanaa,

Alarmé par l’escalade militaire des Houthistes dans de nombreuses parties du Yémen, notamment dans les provinces de Taiz, de Marib, d’Al Jauf, d’Al-Bayda, leur avancée vers Aden, et l’enlèvement d’armes, dont des systèmes de missiles, d’institutions militaires et de sécurité du Yémen,

Condamnant dans les termes les plus vifs les mesures unilatérales prises par les Houthistes, déplorant qu’ils n’aient pas donné suite aux exigences qu’il avait formulées dans la résolution 2201 (2015), à savoir qu’ils retirent, immédiatement et sans conditions, leurs forces des bâtiments officiels, y compris dans la capitale Sanaa, ramènent à la normale la situation en matière de sécurité dans la capitale et dans d’autres provinces, cèdent le contrôle des institutions gouvernementales et de sécurité, remettent en liberté sans conditions et sans qu’il leur soit fait de mal toutes les personnes placées en résidence surveillée ou arbitrairement détenues et demandant de nouveau aux acteurs non étatiques de se retirer des institutions de l’État, notamment dans le sud du Yémen, et de ne pas tenter de s’emparer de ces institutions,

Déplorant toute tentative de la part des Houthistes de prendre des mesures qui relèvent exclusivement de l’autorité du Gouvernement légitime du Yémen, et notant que de telles mesures sont inacceptables,

Constatant avec une vive inquiétude que les mesures de ce type prises par les Houthistes sapent le processus de transition politique au Yémen et mettent en péril la sécurité, la stabilité, la souveraineté et l’unité du Yémen,

Notant avec préoccupation l’action déstabilisatrice menée par l’ancien Président de la République du Yémen Ali Abdullah Saleh, notamment son soutien à l’action des Houthistes, qui continue de compromettre la paix, la sécurité et la stabilité au Yémen,

Se félicitant que le Conseil de coopération du Golfe compte organiser, à la demande du Président du Yémen, une conférence à Riyad, à laquelle seront associées toutes les parties yéménites, afin de continuer à appuyer la transition politique au Yémen et de soutenir et renforcer les négociations menées sous l’égide de l’ONU,

Rappelant sa résolution 2117 (2013) et se préoccupant vivement de la menace contre la paix et la sécurité au Yémen qui découle du transfert illicite, de l’accumulation déstabilisatrice et du détournement d’armes légères et de petit calibre,

Considérant que la détérioration continue des conditions de sécurité et l’escalade de la violence au Yémen font peser une menace grave et croissante sur les États voisins et se déclarant de nouveau convaincu que la situation au Yémen constitue une menace contre la paix et la sécurité internationales,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

1.    Exige que toutes les parties yéménites, en particulier les Houthistes, appliquent intégralement les dispositions de la résolution 2201 (2015) et s’abstiennent de toute nouvelle action unilatérale qui pourrait compromettre la transition politique au Yémen, et exige en outre que les Houthistes, immédiatement et sans condition:

      a)    Mettent fin au recours à la violence;

      b)    Retirent leurs forces de toutes les zones dont ils ont pris le contrôle, y compris de la capitale Sanaa;

      c)    Déposent toutes les armes supplémentaires qu’ils ont saisies de l’armée et d’autres institutions chargées de la sécurité, notamment les systèmes de missiles;

      d)    Cessent toute action relevant exclusivement de l’autorité du Gouvernement légitime du Yémen;

      e)    S’abstiennent de toute provocation ou menace envers les États voisins, notamment sous la forme de l’acquisition de missiles surface-surface ou du stockage d’armes dans toute zone proche de la frontière avec un État voisin;

      f)    Remettent en liberté, sans leur nuire, le général de division et Ministre de la défense du Yémen Mahmoud Al-Subaihi, tous les prisonniers politiques et toutes les personnes assignées à résidence ou détenues arbitrairement; et

      g)    Mettent fin au recrutement et à l’emploi d’enfants et libèrent tous les enfants enrôlés dans leurs rangs;

2.    Prie le Secrétaire général de lui rendre compte de l’application de la présente résolution et de la résolution 2201 (2015), en particulier le paragraphe 1 de la présente résolution, dans les 10 jours de l’adoption de la présente résolution, et, en cas de non-respect, exprime son intention d’envisager de désigner d’autres personnes et entités se livrant à des actes qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité du Yémen ou appuyant de tels actes, de sorte qu’elles soient soumises aux mesures imposées par les paragraphes 11 et 15 de la résolution 2140 (2014);

3.    Décide que les personnes visées à l’annexe I de la présente résolution seront soumises aux mesures imposées par les paragraphes 11 et 15 de la résolution 2140 (2014);

4.    Réaffirme qu’il importe d’appliquer l’ensemble des mesures imposées par la résolution 2140 (2014) et prorogées par la résolution 2204 (2015);

5.    Demande à toutes les parties yéménites, en particulier aux Houthistes, de se conformer aux dispositions arrêtées dans le cadre de l’initiative du Conseil de coopération du Golfe et de son mécanisme de mise en œuvre, aux résultats des travaux de la Conférence de dialogue national sans exclusive, ainsi qu’à ses résolutions sur la question, de reprendre les négociations sans exclusive sous l’égide de l’ONU, notamment sur les questions de gouvernance, et de les faire avancer plus rapidement, et de poursuivre la transition politique en vue de parvenir à une solution de consensus, souligne l’importance d’appliquer dans leur intégralité les accords conclus et d’honorer les engagements pris à cette fin, et demande à cet égard aux parties de se mettre d’accord; sur les conditions qui permettront de faire rapidement cesser les violences, conformément à la Charte des Nations Unies et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, y compris la présente et la résolution 2201 (2015);

6.    Exige que toutes les parties yéménites choisissent la voie du dialogue et de la concertation pour régler leurs différends, renoncent à recourir à la violence à des fins politiques et s’abstiennent de toute provocation et de toute mesure unilatérale de nature à compromettre la transition politique, et souligne que toutes les parties devraient prendre des mesures concrètes pour s’entendre sur une solution politique consensuelle à la crise au Yémen, qui soit conforme à l’Initiative du Conseil de coopération du Golfe et à son mécanisme de mise en œuvre, ainsi qu’aux résultats des travaux de la Conférence de dialogue national sans exclusive;

7.    Prie instamment toutes les parties yéménites de répondre favorablement à la demande que leur a faite le Président du Yémen de participer à une conférence à Ryad, sous les auspices du Conseil de coopération du Golfe, de continuer à appuyer la transition politique au Yémen et de soutenir et renforcer les négociations menées sous l’égide de l’ONU;

8.    Exhorte toutes les parties à s’acquitter des obligations que leur impose le droit international, y compris le droit international humanitaire et le droit des droits de l’homme applicables;

9.    Réaffirme que, conformément au droit international humanitaire, toutes les parties doivent assurer la sécurité des civils, notamment ceux qui reçoivent une aide, ainsi que celle du personnel humanitaire, du personnel des Nations Unies et du personnel associé, et exhorte toutes les parties à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et à permettre aux acteurs humanitaires d’accéder en toute sécurité et sans entrave aux populations qui ont besoin d’assistance, notamment d’assistance médicale;

10.   Demande à toutes les parties de permettre aux États et organisations internationales concernés d’évacuer du Yémen leurs civils et leur personnel et salue les mesures déjà prises en ce sens;

11.   Réaffirme le principe de l’inviolabilité des locaux diplomatiques et consulaires et l’obligation qu’ont les États hôtes, notamment au titre de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques et de celle de 1963 sur les relations consulaires, de prendre toutes mesures appropriées afin d’empêcher que les locaux diplomatiques et consulaires ne soient envahis ou endommagés, la paix de la mission troublée ou sa dignité amoindrie;

12.   Prie le Secrétaire général de redoubler d’efforts en vue de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation, y compris au besoin par l’instauration de pauses humanitaires, en coordination avec le Gouvernement yéménite, et demande aux parties yéménites de coopérer avec lui pour qu’une aide humanitaire soit fournie à ceux qui en ont besoin;

13.   Prie également le Secrétaire général d’intensifier ses activités de bons offices afin de permettre la reprise d’un processus de transition politique pacifique, ordonné et sans exclusive, mené par les Yéménites, répondant aux exigences et aspirations légitimes du peuple yéménite, y compris les femmes, à bénéficier d’un changement pacifique et de véritables réformes politiques, économiques et sociales, comme le prévoient l’Initiative du Conseil de coopération du Golfe et son mécanisme de mise en œuvre ainsi que les textes issus de la conférence de dialogue national sans exclusive, et souligne combien il importe que l’ONU agisse en étroite coordination avec ses partenaires internationaux, en particulier le Conseil de coopération du Golfe, le Groupe des ambassadeurs à Sanaa et d’autres parties prenantes, afin de contribuer à la réussite de la transition;

Embargo sur les armes

14.   Décide que tous les États Membres doivent prendre immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente et le transfert directs ou indirects au profit de Ali Abdullah Saleh, Abdullah Yahya Al Hakim, Abd Al-Khaliq Al-Huthi, des personnes et entités désignées par le Comité créé au paragraphe 19 de la résolution 2140 (2014) (ci-après le « Comité ») conformément à l’alinéa d) du paragraphe 20 de la présente résolution, des personnes et entités énumérées à l’annexe I de la présente résolution, ainsi que de celles agissant pour le compte ou sur les ordres de celles-ci au Yémen, à partir de leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, d’armements et de matériel connexe de tous types, y compris les armes et les munitions, les véhicules et les matériels militaires, les équipements paramilitaires et les pièces détachées correspondantes, ainsi que toute assistance technique ou formation et toute aide financière ou autre en rapport avec les activités militaires ou la fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements et tout matériel connexe, y compris la mise à disposition de mercenaires armés venant ou non de leur territoire;

15.   Demande à tous les États Membres, en particulier aux États voisins du Yémen, en accord avec leurs autorités nationales et conformément à leur législation nationale, dans le respect du droit international, en particulier le droit de la mer et les accords pertinents sur l’aviation civile internationale, de faire inspecter sur leur territoire, y compris dans leurs ports maritimes et aéroports, tous les chargements à destination du Yémen, si l’État concerné dispose d’informations donnant des motifs raisonnables de penser que tel chargement contient des articles dont la fourniture, la vente et le transfert sont interdits par le paragraphe 14 de la présente résolution, afin de garantir une stricte application de ces dispositions;

16.   Décide que tous les États Membres ont l’autorisation et l’obligation, lorsqu’ils découvrent des articles dont la fourniture, la vente et le transfert sont interdits par le paragraphe 14 de la présente résolution, de les saisir et de les éliminer (en les détruisant, en les mettant hors d’usage, en les entreposant ou en les transférant à un État autre que le pays d’origine ou de destination aux fins de leur élimination), et décide également que tous les États Membres ont l’obligation de coopérer à cet égard;

17.   Enjoint à tout État Membre effectuant une inspection en application du paragraphe 15 de la présente résolution de présenter au Comité, par écrit et sans délai, un rapport initial exposant en particulier les motifs de l’inspection et les résultats de celle-ci et faisant savoir s’il y a eu coopération ou non, et, si des articles dont la fourniture, la vente et le transfert sont interdits ont été découverts, enjoint également audit État Membre de présenter par écrit au Comité, dans les 30 jours, un autre rapport donnant des précisions sur l’inspection, la saisie et l’élimination, ainsi que des précisions sur le transfert, notamment une description des articles en question, leur origine et leur destination prévue, si ces informations ne figurent pas dans le rapport initial;

Autres critères de désignation

18.   Réaffirme les critères de désignation énoncés au paragraphe 17 de la résolution 2140 (2014) et les mesures édictées aux paragraphes 11 et 15 de ladite résolution, et souligne qu’il importe de les appliquer dans leur intégralité;

19.   Réaffirme les dispositions du paragraphe 18 de la résolution 2140 (2014) et souligne que les violations de l’embargo sur les armes imposé par le paragraphe 14 ou le fait d’empêcher l’acheminement de l’aide humanitaire au Yémen, l’accès à cette aide ou sa distribution dans le pays peuvent également être considérés comme des actes qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité du Yémen;

Mandat du Comité des sanctions

20.   Décide que le Comité du Conseil de sécurité créé en application du paragraphe 19 de la résolution 2140 (2014) doit également s’acquitter des tâches suivantes:

      a)    Surveiller l’application des mesures édictées au paragraphe 14 de la présente résolution;

      b)    Recueillir auprès de tous les États toute information qu’il jugera utile sur les dispositions prises pour appliquer les mesures édictées au paragraphe 14 ci-dessus;

      c)    Examiner les allégations de non-respect des mesures énoncées dans la présente résolution et y donner la suite qui convient;

      d)    Désigner, si nécessaire, de nouvelles personnes et entités à soumettre aux mesures édictées au paragraphe 14 ci-dessus;

Mandat du Groupe d’experts

21.   Décide que le mandat du Groupe d’experts créé en application du paragraphe 21 de la résolution 2140 (2014) et reconduit par la résolution 2204 (2015) doit également prévoir la surveillance de l’application des mesures édictées au paragraphe 14;

22.   Prie le Secrétaire général de porter à cinq le nombre de membres du Groupe d’experts, compte dûment tenu de l’élargissement du mandat de celui-ci, et de prendre les dispositions financières et les mesures de sécurité qui s’imposent pour soutenir le Groupe d’experts dans ses travaux;

23.   Demande au Groupe d’experts de coopérer activement avec d’autres groupes d’experts créés par le Conseil de sécurité, notamment avec l’Équipe de surveillance de l’application de la résolution 1267, si cela peut être utile à l’exécution de son mandat;

Suivi de la situation

24.   Se dit de nouveau prêt à prendre d’autres mesures si l’une quelconque des parties yéménites n’applique pas la présente résolution et la résolution 2201 (2015);

25.   Décide de rester activement saisi de la question.

Annexe

1.    Abdul Malik al-Houthi

 Abdul Malik al-Houthi dirige un groupe qui a perpétré des actes menaçant la paix, la sécurité et la stabilité du Yémen.

En septembre 2014, les forces houthistes se sont emparées de Sanaa et, en janvier 2015, elles ont tenté de remplacer, de manière unilatérale, le Gouvernement légitime en place au Yémen par un gouvernement illégitime dominé par les Houthistes.  Al-Houthi a pris la tête du mouvement houthiste du Yémen en 2004, après la mort de son frère, Hussein Badredden al-Houthi.  À ce titre, il a menacé à plusieurs reprises les autorités yéménites de nouveaux troubles si elles ne donnaient pas suite à ses revendications, et il a détenu le Président du Yémen, Hadi, le Premier Ministre et des membres importants de son cabinet.  Par la suite, Hadi s’est évadé et a fui à Aden.  Les Houthistes ont alors lancé une autre offensive, contre Aden, aidés par des unités militaires fidèles à l’ancien Président, Saleh, et à son fils, Ahmed Ali Saleh.

2.    Ahmed Ali Abdullah Saleh

Ahmed Ali Saleh a perpétré des actes menaçant la paix, la sécurité et la stabilité du Yémen.

Ahmed Ali Saleh tente de saper l’autorité du Président Hadi, de faire échouer les tentatives de réforme de l’armée et d’empêcher le Yémen d’opérer une transition démocratique pacifique.  Saleh a joué un rôle essentiel dans l’expansion militaire des Houthistes, qu’il a facilitée.  Depuis la mi-février 2013, il a fourni des milliers de fusils neufs aux brigades de la Garde républicaine et à des chefs tribaux non identifiés.  Achetées en 2010, ces armes avaient été mises de côté pour plus tard, où elles pourraient acheter l’allégeance de leurs bénéficiaires et rapporter un avantage politique.

Après la démission de son père de son poste de Président de la République du Yémen en 2011, Ahmed Ali Saleh a conservé son poste de commandant de la Garde républicaine.  Un peu plus d’un an plus tard, démis de ses fonctions par le Président Hadi, Saleh a néanmoins continué d’exercer une grande influence au sein de l’armée yéménite, même s’il n’en assurait plus le commandement.  Ali Abdullah Saleh a été désigné par le Conseil de sécurité au titre de la résolution 2140 (2014) en novembre 2014.

Déclarations

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) s’est félicité de l’adoption de la résolution, ajoutant que son pays appuyait l’intervention militaire dirigée par l’Arabie saoudite.  La solution à cette crise doit être politique, a-t-il dit.  Le représentant du Royaume-Uni a demandé à toutes les parties à participer à un dialogue mené par l’ONU, et d’y prendre part de bonne foi.  Une solution politique à la situation au Yémen reste la meilleure façon de contrer la menace terroriste, telle que celle posée par Al-Qaida.

Un accès humanitaire sans entrave aux populations yéménites qui sont dans le besoin est nécessaire, a-t-il dit, soulignant les efforts menés par son pays dans ce domaine et exhortant toute la communauté internationale à en faire autant.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a expliqué que la Fédération de Russie s’était abstenue lors du vote en précisant que le texte adopté ne correspondait pas pleinement aux exigences que pose la situation de crise qui prévaut au Yémen.  « On n’a pas suffisamment tenu compte des propositions constructives de la délégation russe », a-t-il regretté.  Notant que le texte plaide en faveur de la reprise du processus de négociation entre les parties yéménites avec l’appui de l’ONU, il a toutefois estimé qu’il n’avait pas fixé les exigences auxquelles doivent se soumettre toutes les parties, notamment celles d’un cessez-le-feu et d’un dialogue en faveur de la paix.  En outre, a ajouté le représentant, on ne tient pas assez compte de la situation de la population ni de la nécessité de pauses humanitaires régulières.  En ce qui concerne l’embargo sur les armes, M. Churkin a aussi estimé que le texte ne prenait pas assez en compte la situation réelle au Yémen, un pays où circulent déjà beaucoup d’armes.  La résolution, a-t-il souhaité, ne doit pas être utilisée pour servir à justifier une escalade ultérieure du conflit armé.  Il a prévenu que seules les organisations terroristes pouvaient tirer parti de ce chaos.  Enfin, il a émis l’espoir que l’ONU pourrait relancer le dialogue.

Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a déclaré que son pays appuyait la résolution, rendue nécessaire après l’agression menée par les Houthistes contre le Gouvernement yéménite.  Elle a cité plusieurs dispositions du texte adopté.  Le Conseil de sécurité ne peut pas perdre de vue les conséquences humaines de ce conflit, a dit Mme Power en plaidant pour un accord politique rassemblant toutes les parties.  Toutes les parties doivent s’engager à participer aux pourparlers, a-t-elle déclaré 

M. ROMÁN OYARZUN MARCHESI (Espagne) a exprimé le plein appui de sa délégation à la résolution adoptée qui, a-t-il souligné, envoie un message clair à toutes les parties au conflit en lançant notamment un appel au dialogue inclusif.  Il a dit compter sur la pleine participation du Secrétaire général et de son équipe pour aider à résoudre cette crise.  Il a dit que l’Espagne partageait les préoccupations concernant la crise humanitaire dont pâtit le peuple yéménite depuis longtemps et qui ne fait que s’aggraver.  Il a enfin souligné l’importance de la transparence dans les négociations pour assurer une participation constructive des 15 membres du Conseil de sécurité, et ce, afin de parvenir à un consensus sur ce dossier.

M. LIU JIEYI (Chine) a appelé à un règlement pacifique du conflit au Yémen et a dit que sa délégation s’inquiétait de l’évolution récente de la situation.  Il n’y a pas de solution militaire, a-t-il dit, plaidant pour une solution politique, qui est la seule possible, a-t-il estimé.  Les parties doivent appliquer les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité pour aboutir à un cessez-le-feu rapide, a préconisé le représentant.  Il a appelé les Nations Unies à apaiser les tensions et à tout mettre en œuvre pour faciliter l’accès humanitaire aux personnes dans le besoin

Mme SITI HAJJAR ADNIN (Malaisie) a regretté la détérioration de la situation au Yémen, où les parties semblent s’écarter des mesures qui faciliteraient une transition pacifique au Yémen.  La situation s’est détériorée en guerre généralisée, a-t-elle remarqué.  Elle a prévenu que le succès de la transition politique dépendrait de la volonté des parties.  Elle a condamné les fauteurs de troubles qui poursuivent la lutte pour le pouvoir aux dépends de la stabilité du pays, et a qualifié leur attitude d’égoïste.  Les attaques des milices des Houthistes contre le palais présidentiel le mois dernier étaient inadmissibles, a-t-elle lancé.  Elle a estimé que le Conseil de sécurité devait s’acquitter de ses devoirs face à une telle situation, raison pour laquelle la Malaisie a soutenu l’adoption de la résolution.  La représentante s’est aussi inquiétée de la crise humanitaire qui sévit au Yémen du fait du conflit en cours.  Elle a dénoncé les tirs qui visaient les membres du Comité international des sociétés de la Croix-Rouge (CICR), et a déploré le sort des enfants tués, blessés ou déplacés.  Elle a exhorté les parties à tout mettre en œuvre pour protéger les civils, en respectant le droit international.  La représentante a enfin demandé aux parties de s’engager sur la voie des négociations pour trouver une solution à la crise.

M. CRISTIÁN BARROS MELET (Chili) a constaté que la violence touchait gravement la population civile yéménite, tout en se félicitant ainsi du fait que la résolution contienne un paragraphe concernant la situation humanitaire.  Le représentant chilien a plaidé pour que l’appel au cessez-le-feu mentionné dans le texte soit respecté.

M. RAFAEL DARÍO RAMÍREZ CARREÑO (Venezuela) s’est dit convaincu que le Conseil de sécurité doit assumer ses responsabilités et promouvoir une solution pacifique au conflit armé au Yémen.  Il n’y a qu’une solution possible, et c’est une solution négociée et pacifique, a-t-il affirmé.  Il a soutenu les efforts menés par l’ONU à cet égard par le biais du Représentant spécial du Secrétaire général.  Le Venezuela aurait toutefois souhaité que le texte adopté contienne des passages clairs contenant des dispositions catégoriques demandant la cessation des hostilités et de toute action militaire, a dit le représentant.  Il a également regretté la détérioration de la crise humanitaire qui résulte du conflit, ainsi que les attaques contre les écoles et les hôpitaux.  Il a demandé aux parties de respecter pleinement le droit international humanitaire et de laisser passer l’aide humanitaire.  Les seuls bénéficiaires de la crise actuelle sont les groupes terroristes Al-Qaida et EIIL, a-t-il prévenu.  Enfin, il a regretté que les négociations n’aient pas été assez inclusives, certains groupes de pays n’ayant pas assez participé à la discussion.

Mme RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) a souligné que cette résolution, appuyée par son pays, envoyait un message très fort.  Elle a notamment mis l’accent sur la situation humanitaire.  L’aide humanitaire doit pouvoir atteindre les populations sans retard, a-t-elle dit.  Un embargo sur les armes contre les fauteurs de troubles et leurs associés et leurs dirigeants permettrait également d’envoyer un message très fort, a-t-elle estimé.  Les sanctions existantes doivent être respectées par tous, a-t-elle dit.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a précisé que la France avait coparrainé le texte qui a été adopté, face au à refus de la milice des Houthistes de se conformer aux exigences du Conseil de sécurité.  Les Houthistes font peser une menace sur la stabilité et la souveraineté du Yémen, et seuls les terroristes sortent gagnants de la situation ainsi créée, a-t-il remarqué.  Il a jugé qu’il était important de démontrer la détermination du Conseil de sécurité, ce qu’a fait aujourd’hui le Conseil en décidant de sanctions, et il a souligné la nécessité pour les membres du Conseil, de faire preuve de « crédibilité collective ».  Ces sanctions ne sont qu’un instrument pour pousser à la reprise du dialogue politique, a précisé M. Delattre.  Le représentant a aussi souligné le rôle central que doivent jouer les Nations Unies, qui ont une expertise et une neutralité irremplaçables.  Nous plaidons pour la reprise du dialogue dès que possible, ainsi que pour l’accès libre et sans entrave des travailleurs et l’aide humanitaire aux personnes dans le besoin.  M. Delattre a rappelé le soutien de son pays au Président Hadi, et a aussi souhaité aussi qu’il soit fait preuve de fermeté contre les perturbateurs.  Il a appelé tous les acteurs concernés à travailler en ce sens.

M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a jugé qu’il était important d’envoyer un message sur à l’urgence qu’il y a de mettre fin aux hostilités et de reprendre un processus politique sans exclusive au Yémen.  Il a réitéré l’appui de son pays à l’appel lancé dans la résolution pour une reprise du dialogue politique entre les parties yéménites, qui serait dans l’intérêt de chacune d’entre elles et de la population qui souffre depuis trop longtemps.

M. MAHAMAT ZENE CHERIF (Tchad) a indiqué que sa délégation avait apporté son appui au texte adopté ce matin, en espérant que la communauté internationale joindrait ses efforts à ceux des pays du Conseil de coopération du Golfe pour éviter un effondrement total du Yémen.  Le Conseil de sécurité doit envoyer un message ferme et clair à toutes les parties yéménites, en particulier aux Houthistes pour les appeler à mettre un terme à la violence et à trouver une solution pacifique, a dit le représentant.  Il a jugé inacceptable qu’une milice utilise la force des armes pour saper l’ordre constitutionnel d’un pays.  Enfin, il a rappelé aux parties leur obligation de respecter le droit international humanitaire et de ne pas prendre pour cible les hôpitaux, les écoles, ou encore les camps de réfugiés et de déplacés.

M. KAYODE LARO (Nigéria) a affirmé qu’il n’y avait pas de solution militaire au Yémen.  La seule solution à la crise passe par le dialogue, a-t-il dit.  Il a dit espéré que la résolution adoptée aujourd’hui puisse aboutir à un règlement rapide et permanent de la crise que traverse le pays.   

M. JULIO HELDER MOURA LUCAS (Angola) a souligné que sa délégation a soutenu le texte adopté ce matin par le Conseil, et il a espéré que cette étape contribuerait à la recherche, avec succès, d’une solution pacifique à la crise au Yémen.  Il s’est préoccupé en particulier du nombre croissant de terroristes dans le pays et dans la région, avant d’appeler les parties à reprendre les négociations en vue de parvenir à la paix et à la prospérité au Yémen.

Mme DINA KAWAR (Jordanie) s’est félicitée de l’adoption de la résolution, dont elle a cité plusieurs dispositions, et elle a estimé que ce texte a été motivé par l’attitude irresponsable des Houthistes.  Le Conseil de sécurité a eu recours au régime de sanctions pour sanctionner tous ceux qui sont responsables de la situation actuelle au Yémen, a dit Mme Kawar.  Elle a appelé toutes les parties à se rendre à Riyad pour participer à une conférence de paix demandée par le Président yéménite. 

La représentante a estimé que cette résolution, placée sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, adressait un signal très clair et très ferme aux Houthistes, à tous ceux qui les appuient, et à tous ceux qui menacent la stabilité au Yémen.

M. KHALED HUSSEIN MOHAMED ALYEMANY (Yémen) a déclaré que la résolution adoptée aujourd’hui constituait une preuve tangible et sérieuse de la détermination de la communauté internationale et du Conseil de sécurité à appuyer de manière unifiée le peuple du Yémen pour qu’il puisse réaliser ses aspirations légitimes en faveur d’un État démocratique, fédéral et pacifique.

Le représentant a rappelé la visite historique au Yémen du Conseil de sécurité à la fin de janvier 2013, et celle du Secrétaire général de l’ONU, qui a suivi.  Il a dénoncé le putsch mené par les Houthistes, « appuyé par l’Iran » et qui menace le tissu social et national du peuple yéménite.  La réponse du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de l’Arabie saoudite à la situation ainsi créée a été à la hauteur de ce qui se passait sur le terrain, a-t-il dit, notant que « les putschistes ne reconnaissaient pas la réalité historique de la région ». 

Dès le début de l’opération militaire « Tempête décisive », l’aspect humanitaire a été pris en compte, a assuré le représentant yéménite.  Les mesures humanitaires continuent à être appliquées à travers le système des Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). 

Les efforts du Gouvernement yéménite pour trouver une sortie à la crise depuis le coup d’État du 21 septembre dernier se poursuivent sans relâche, a également déclaré le représentant.  La sortie à la crise que traverse le Yémen ne peut passer que par le dialogue, a-t-il dit, estimant que les Houthistes doivent se plier aux termes du texte adopté aujourd’hui et mettre en œuvre la résolution, ce qui permettrait ainsi d’entamer un plan de reconstruction du Yémen.

 

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