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CS/11760
30 janvier 2015
7374e séance – matin

Le Conseil de sécurité évalue les problèmes et les besoins qui se posent en matière de protection des femmes et des filles en période de conflit armé

Le Conseil de sécurité s’est penché pour la première fois, aujourd’hui, sur certains aspects des problèmes et des besoins concernant la protection des femmes et des filles en période de conflit armé et au lendemain des conflits, l’occasion pour nombre de délégations d’analyser dans quelle mesure la protection des femmes et des filles et le souci de promouvoir et respecter l’égalité des sexes sont pris en compte dans les dispositifs de protection des civils.

Souvent cité lors de ce débat public qui a rassemblé une soixantaine de délégations, le dernier rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité, publié en septembre 2014*, jette la lumière sur la situation déplorable des droits de la femme dans les régions en proie à des conflits armés, et souligne l’urgence qu’il y a à s’attaquer à sa cause première, qui est l’inégalité entre les sexes.

Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, fait état en particulier dans ce rapport de la situation des femmes en Iraq, en République arabe syrienne, en Afghanistan, en République centrafricaine, au Soudan du Sud ou en République démocratique du Congo (RDC).

Au cours de la discussion menée ce jour sur le thème « Protection des civils en période de conflit armé: problèmes et besoins en matière de protection des femmes et des filles en période de conflit armé et au lendemain des conflits », les États Membres se sont attachés à mettre en lumière les répercussions particulières qu’ont les conflits armés sur le sort des femmes et des filles ainsi que les mesures prises pour, d’une part, suivre et mieux analyser les besoins des femmes et, d’autre part, mieux prendre en compte la problématique hommes-femmes dans les activités des entités des Nations Unies et de leurs partenaires.  Ils se sont également efforcés de tenir compte des besoins de protection qui sont propres aux femmes, jeunes filles et filles.

Dans son document de réflexion** distribué aux membres du Conseil, la présidence chilienne du Conseil de sécurité rappelle les mesures prises par cet organe concernant les femmes, la paix et la sécurité et la protection des civils en temps de conflit  armé, notamment ses résolutions 1325 (2000)1960 (2010)2122 (2013), 2150 (2014) et 2171 (2014).

Au nom de la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Valerie Amos, son adjointe, Mme Kyung-wha Kang, a passé en revue les principaux défis à relever, s’agissant en particulier des femmes et des filles, et sur la nécessité urgente d’améliorer le respect du droit international humanitaire et les droits de l’homme, ainsi que l’établissement des responsabilités individuelles quand les droits des personnes sont délibérément violés. 

Les femmes et les filles, a souligné Mme Kyung-wha Kang, représentent 80% des réfugiés dans le monde et constituent la majorité des personnes déplacées.  Il est temps, a-t-elle dit, de mieux appréhender la dynamique sociale, économique, et de pouvoir, qui donne lieu à l’esclavage auquel sont réduites les femmes et au recours à la violence contre elles, en particulier dans les situations de conflit. 

Il faut aussi mener des efforts concertés pour élargir la représentation des femmes et leur participation dans les processus liés à l’état de droit et dans les mécanismes de protection des civils.  Les femmes doivent être incluses dans les mécanismes de leadership politique, dans les forces de sécurité, et aux fonctions de prise de décisions.   

La Directrice du droit international et de la coopération du Comité international de la Croix-Rouge, Mme Helen Durham, a regretté de ne pouvoir faire état de progrès significatifs dans la manière dont les conflits sont menés et dans la réduction des impacts qu’ils ont sur les civils.  Pour inverser la tendance, la seule mesure importante consisterait, a-t-elle prévenu, à obtenir des États et des acteurs non étatiques qui sont parties au conflit le respect de leurs obligations juridiques en vertu du droit international humanitaire et des autres normes applicables.

Mme Ilwad Elman, du Groupe de travail des ONG sur les femmes et la paix et la sécurité, a, quant à elle, appelé le Conseil de sécurité à établir des mandats plus soucieux des besoins des femmes; à accroître le nombre de femmes Casques bleus et de policières; à doter les missions, qui ont un mandat de protection des civils, des moyens logistiques et financiers adéquats, et à garantir la protection de tous les agents humanitaires et des femmes chargées des droits de l’homme. 

Le représentant des États-Unis a rappelé que 98% des troupes des Nations Unies en mission ont pour mandat de protéger les civils, mais a noté que cette protection est difficile à garantir.  Lors des 507 attaques qui ont eu lieu contre des civils, entre 2010 et 2013, les Casques bleus n’ont presque jamais recouru à la force pour protéger ces personnes, a-t-il souligné en souhaitant que les missions de maintien de la paix protègent mieux les civils, notamment en prenant des mesures de prévention.

Plusieurs États ont appelé la communauté internationale à lutter contre l’impunité des auteurs de ces crimes, notamment, a dit la Jordanie, en soutenant les capacités nationales de poursuite en justice.  Le Conseil de sécurité doit aussi renforcer sa coopération avec la Cour pénale internationale (CPI) afin de pouvoir lui déférer les crimes les plus odieux, a ajouté la représentante de la Jordanie. 

La Ministre des affaires étrangères de la Suède, Mme Margot Wällstrom, a estimé que cette année représentait une occasion unique d’évaluer et d’accélérer la mise en œuvre de l’ordre du jour concernant les femmes, la paix et la sécurité. 

La promotion de cet agenda est partie intégrante de l’agenda de la paix et de la sécurité, a-t-elle affirmé, plaidant pour que tous les mandats des missions de l’ONU se fondent sur une analyse du conflit intégrant la perspective sexospécifique pour pouvoir répondre aux besoins des femmes et des filles en matière de sécurité et promouvoir leur participation. 

* S/2014/693

** S/2015/32

PROTECTION DES CIVILS EN PÉRIODE DE CONFLIT ARMÉ

Lettre datée du 16 janvier 2015, adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent du Chili auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2015/32)

Déclarations

S’exprimant nom de Mme VALERIE AMOS, Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, son adjointe, Mme KYUNG-WHA KANG, a rappelé que cela fait 15 ans que le Conseil de sécurité a franchi une nouvelle étape en reconnaissant la protection des civils comme un élément central de son mandat.  Depuis lors, le Conseil a pris des mesures importantes pour mettre en œuvre cet engagement.  Malgré cela, le travail lié à la protection des civils dans les conflits armés est devenu de plus en plus difficile au fil des ans, l’ampleur et le niveau des brutalités et de la violence continuant à s’aggraver.  Aujourd’hui plus que jamais, la protection des civils doit figurer en tête des priorités, a-t-elle souligné.

La Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires s’est attardée sur les principaux défis à relever, s’agissant en particulier des femmes et des filles, et sur la nécessité urgente d’améliorer le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme, ainsi que l’établissement des responsabilités individuelles quand les droits des personnes sont délibérément violés.  Elle a souligné qu’à la fin de l’année 2014, le nombre de personnes ayant besoin d’assistance et de protection dans le monde s’élevait à 70 millions.  Quant au nombre des personnes déplacées, il n’a jamais été aussi élevé depuis la Deuxième Guerre mondiale: à la fin de l’année 2013, plus de 33 millions de personnes avaient fui leur foyer à cause d’un conflit et de la violence.  La durée moyenne du déplacement est désormais de 17 ans, et le pire exemple de ces dernières années est ce qui se passe en Syrie, où la moitié de la population est déplacée.  L’autre sujet de préoccupation, a poursuivi la Sous-Secrétaire générale, est l’utilisation généralisée des explosifs dans les zones peuplées; des études ayant montré que dans de tels cas, 93% des victimes sont des civils. 

Les femmes et les filles, a souligné Mme Kyung-wha Kang, représentent 80% des réfugiés dans le monde et la majorité des personnes déplacées.  Il est temps, a-t-elle dit, de mieux appréhender la dynamique sociale, économique et de pouvoir qui donne lieu à l’esclavage auquel sont réduites les femmes et au recours à la violence contre elles, en particulier dans les situations de conflit.  Il faut aussi mener des efforts concertés pour élargir la représentation des femmes et leur participation dans les processus liés à l’état de droit et dans les mécanismes de protection des civils.  Les femmes doivent être incluses dans les mécanismes de leadership politique, dans les forces de sécurité et aux fonctions de prise de décisions.  

Pour faciliter ces efforts sur le terrain, a indiqué la Sous-Secrétaire générale, 17 conseillers pour la protection des femmes ont été déployés dans six opérations de maintien de paix de l’ONU et intégrés dans les cabinets des représentants spéciaux du Secrétaire général.  Si la « responsabilité de protéger » et d’aider les civils incombe aux parties au conflit, force est de reconnaître, a-t-elle déploré, que nombreuses sont celles qui ignorent tout simplement les obligations qu’elles ont en vertu du droit international humanitaire et des droits de l’homme. 

La Sous-Secrétaire générale a donc pressé le Conseil de sécurité et la communauté internationale à prendre des mesures fermes contre l’impunité qui continue d’alimenter les conflits et contre les flux d’armes.  Il n’y a rien de plus réconfortant pour les violateurs des droits que de savoir qu’ils ne seront pas poursuivis pour leurs crimes.  Il faut aussi, a-t-elle ajouté, renforcer notre capacité collective de trouver des solutions politiques dès le début des conflits plutôt que de lutter après pour faire face à leurs conséquences.  Les efforts des agents humanitaires et des Casques bleus ne sauraient remplacer une action politique opportune et déterminée pour prévenir et résoudre les conflits, et les femmes doivent pouvoir y participer pleinement, a préconisé Mme Kyung-wha Kang.  Sur le terrain, a-t-elle ajouté, nous devons être plus au fait des menaces spécifiques existant contre les civils et des risques d’escalade de la violence et des violations qui se manifestent souvent par davantage de discrimination et de répression contre les minorités, y compris les femmes et les filles.  Nous devons être capables d’agir rapidement et efficacement dès les premiers signes, et c’est là le cœur même de l’initiative du Secrétaire général « Les droits de l’homme avant tout », a souligné la Sous-Secrétaire générale.

Mme HELEN DURHAM, Directrice du droit international et des politiques au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a regretté de ne pouvoir faire état de progrès significatifs dans la manière dont les conflits sont menés et dans la réduction des impacts qu’ils ont  sur les civils.  Pour inverser la tendance, la seule mesure importante consisterait, a-t-elle prévenu, à obtenir des États et des acteurs non étatiques qui sont parties au conflit le respect de leurs obligations juridiques en vertu du droit international humanitaire et des autres normes applicables.  Quels que soient les efforts parallèles, il est impératif de trouver des solutions politiques aux conflits, a-t-elle insisté, à son tour.  À cet égard, a-t-elle estimé, le Conseil de sécurité a un rôle essentiel à jouer pour faire en sorte que les gens chargés de la protection des civils assument pleinement leur responsabilité.  Tout État partie aux Conventions de Genève a une obligation à cet égard, a souligné Mme Durham.

Parlant de la situation des femmes dans les conflits armés, en particulier en ce qui concerne les violences sexuelles, elle a insisté sur le fait que les femmes ne sont pas « intrinsèquement » vulnérables pendant les conflits armés.  Elles le deviennent non pas à cause de leur sexe, mais en raison des circonstances qui leur sont imposées.   La violence sexuelle, a-t-elle souligné, demeure comparativement aux autres types de violence, invisible et statistiquement sous-estimée à cause des contraintes culturelles et du sentiment de honte et de peur.

La violence sexuelle est une urgence médicale, a prévenu Mme Durham.  Les victimes doivent être protégées contre toute forme d’ostracisme, de nouvelle victimisation ou de nouveaux abus.  Elles doivent avoir accès à une aide économique et à un appui administratif et juridique et elles ont besoin de voir les tortionnaires traduits en justice.  En 2013, le CICR a pris un engagement de quatre ans pour intensifier sa réponse à la question de la violence sexuelle.  Mme Durham s’est dite convaincue que le Comité international de la Croix-Rouge et les autres acteurs humanitaires ont un rôle important à jouer pour prévenir la violence sexuelle et répondre de manière holistique aux besoins des victimes

Mais, a-t-elle mis en garde, le CIRC sait aussi que tous les efforts resteront vains si les États n’assument pas leur responsabilité première à l’égard des victimes et n’offrent pas les remèdes qu’il faut à ces dernières et à leurs familles, dans le plein respect de leurs obligations en vertu du droit humanitaire international. 

Au niveau national, les lois, les règles, les politiques, les schémas de réparation et les processus de justice réparatrice doivent répondre aux nombreux besoins des victimes et rester conformes au droit international.  Le renforcement des capacités institutionnelles, qu’il s’agisse du système judiciaire, de la police, de l’armées et des autorités pénitentiaires, doit être la priorité.  Il est tout aussi important d’améliorer la faculté des victimes à guérir et à reconstruire leur vie. 

La violence sexuelle pendant un conflit armé est une violation du droit international humanitaire.  Elle n’est pas inévitable, a insisté Mme Durham.  Elle peut et doit être stoppée, ce qui exige un effort concerté.  Le CICR continuera à encourager les États à tenir les promesses faites à la trente et unième Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’agissant de la protection des femmes pendant les conflits.  Il est également prêt à appuyer les États, en prévision de la trente-deuxième Conférence, qui aura lieu l’année prochaine, dans leurs efforts d’élaborer des mesures spécifiques contre la violence sexuelle et ses conséquences.

Mme ILWAD ELMAN, du Groupe de travail des ONG sur les femmes, la paix et la sécurité, a déclaré au Conseil de sécurité qu’il y a quelques jours à peine, la mère d’une jeune fille de 14 ans l’a appelée de Mogadiscio.  Sa fille a été violée, il y deux ans, par un soldat ougandais de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) lequel est détenu dans son pays dans l’attente de son procès.  La mère m’appelle souvent, a confié Mme Elman, non pas pour s’informer de la procédure judiciaire mais pour aider sa fille qui est désormais étiquetée comme « la fille qui a été violée par un infidèle » et qui est ostracisée par toute sa communauté. 

Je suis ici aujourd’hui, a dit, Mme Elman, « le cœur lourd », en tant que représentante du Groupe de travail des ONG sur les femmes, la paix et la sécurité, Directrice du Centre Elman pour la paix et les droits de l’homme en Somalie et Ambassadrice des jeunes Somaliens contre la violence sexuelle dans les conflits.  Il y a cinq ans, a-t-elle expliqué, j’ai quitté le confort et la sécurité de ma vie au Canada pour retourner en Somalie, car je sais que nous avons tous un rôle à jouer dans la transition pacifique du pays.  J’ai vu personnellement les conséquences catastrophiques de la violence contre les civils et les stratégies de protection insensibles à la dimension sexospécifique et qui ont échoué à inclure  véritablement les femmes. 

Dans beaucoup de conflits, a-t-elle poursuivi, les femmes continuent de se sentir menacées.  Elles doivent collecter la nourriture, du bois et de l’eau dans un environnement où elles risquent de se faire violer ou enlever.  Les latrines sont construites sans serrure, au mépris de l’intimité et de la sécurité.  Les serviettes hygiéniques sont encore considérées comme du luxe plutôt que comme un produit de première nécessité.  Il faut, a-t-elle plaidé, des canaux plus efficaces pour permettre aux femmes de communiquer avec les agences humanitaires et les soldats de la paix sur leurs besoins.  Or, en 2014, a-t-elle regretté, nous avons vu l’exclusion délibérée des femmes des processus en Somalie, où plus de 700 femmes ont été renvoyées simultanément des postes qu’elles occupaient au sein des Forces armées somaliennes.  Il faut ajouter à cela le fait que les dirigeantes des groupes de la société civile qui peuvent parler aux responsables de la violence et des besoins de la femme en matière de protection sont souvent ignorées, harcelées voire menacées.  Je parle d’expérience.  J’ai perdu beaucoup trop d’amis, de collègues et de membres de ma famille, a souligné Mme Elman.

Elle a donc appelé le Conseil de sécurité à établir des mandats plus soucieux des besoins des femmes, à accroître le nombre de femmes Casques bleus et de policières, à doter les missions qui ont un mandat de protection des civils des moyens logistiques et financiers adéquats et à garantir la protection de tous les agents humanitaires et des femmes chargées des droits de l’homme.  Le Conseil doit de manière urgente prévenir la manipulation flagrante du pouvoir en Somalie et ailleurs et l’exploitation sexuelle que l’on y voit, a souligné Mme Elwan.   

Le Conseil, a-t-elle ajouté, doit insister sur la responsabilité individuelle, qu’il s’agisse des groupes armés ou des forces de sécurité.  Il doit faire en sorte que les troupes de maintien de la paix soient correctement préparées et formées.  Il doit tenir les pays contributeurs de troupes responsables du comportement de leurs soldats.  Il doit demander l’intégration de données ventilées par sexe dans les rapports des missions de maintien de la paix et obtenir des points focaux sur la protection des civils des mécanismes de plaintes clairs, accessibles et confidentiels pour les femmes qui ont survécu aux abus sexuels, a conclu la représentante du Groupe de travail des ONG sur les femmes, la paix et la sécurité. 

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a déclaré que la protection des civils était au cœur de tous les efforts fournis au sein des Nations Unies.  Au quotidien, les droits de l’homme sont violés dans les conflits, notamment ceux des femmes et des fillettes, a-t-il dit, évoquant en particulier les atrocités commises par l’« État islamique d’Iraq et du Levant » et par Boko Haram.

Beaucoup d’efforts doivent être fournis, a-t-il dit, reconnaissant que le Royaume-Uni était classé trente-cinquième pays de l’index du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sur l’égalité hommes-femmes.  Il faut renforcer la participation des femmes à la vie publique et sociale pour garantir l’égalité de droit, a-t-il expliqué notamment. 

Le représentant britannique a mis l’accent sur la nécessité d’appuyer les victimes de la violence.  De même, la protection des civils par les Casques bleus doit prendre en compte la protection des droits des femmes et des filles, a-t-il préconisé, ajoutant que des formations doivent être incorporées dans toutes les opérations de prédéploiement des Casques bleus par les pays fournisseurs de contingents.

Enfin, M. Lyall Grant a insisté sur l’importance du dialogue avec les acteurs des domaines militaires et de la sécurité.  Des femmes doivent être recrutées dans les forces de sécurité et de police, a en particulier souligné M. Lyall Grant.

M. EVGENY T. ZAGAYNOV (Fédération de Russie) a estimé que la protection des civils dans les conflits armés laisse encore à désirer, surtout en ce qui concerne la protection des femmes et des filles.  Dans de nombreuses zones de conflit, le Conseil de sécurité a appelé maintes fois les parties belligérantes à respecter strictement le droit international, mais les violations se poursuivent, a-t-il déploré.  Il a dénoncé l’emploi aveugle et disproportionné de la force par certaines parties aux conflits, qui fait de nombreuses victimes, dont une grande majorité de femmes et de filles.  En Ukraine, nous sommes inquiets de la dégradation de la situation dans le sud-est du pays, a-t-il dit, condamnant les tirs effectués sur des quartiers d’habitation.  Il a demandé que soit menée une enquête approfondie et objective à ce sujet.  Les forces ukrainiennes tirent sans arrêt sur la ville de Donetsk, et il y aurait aujourd’hui de nouvelles victimes civiles, a-t-il ajouté en indiquant que le nombre total de victimes dépassait 5 000, toutes civiles, depuis le début du conflit.  Il a demandé que cela cesse et que les parties s’engagent dans la voie d’un dialogue inclusif et direct.  Il a regretté l’interruption, par le Gouvernement de Kiev, du versement des salaires et des pensions des habitants de l’est de l’Ukraine, les obstacles posés à l’approvisionnement de l’est en denrées, en électricité, et la fermeture des hôpitaux.  La semaine dernière, le HCR s’est alarmé de la situation et des décisions prises par les autorités de Kiev, a-t-il rappelé, notant aussi les inquiétudes exprimées par Médecins sans frontières et d’autres ONG qui disent qu’il y a une urgence humanitaire dans l’est de l’Ukraine.

Le représentant a souligné que la responsabilité de la protection des civils est essentielle et incombe aux parties belligérantes dans le genre de situation qui a cours en Ukraine.  Il a ensuite souligné le rôle important que jouent les Casques bleus dans la protection des civils et a demandé qu’ils soient bien formés à cet égard.  Notant par ailleurs que différentes structures des Nations Unies ont des prérogatives qui leur sont propres en matière de protection des femmes, il a souhaité que les doublons soient évités.  Le représentant a aussi plaidé en faveur d’une meilleure participation des femmes aux opérations de maintien de la paix (OMP) et de la consolidation de la paix.  Il a indiqué que la Fédération de Russie appuyait l’action du Conseil de sécurité et de tout le système des Nations Unies dans les efforts visant à mieux prendre en compte les femmes dans la restauration et la consolidation de la paix.

M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a constaté que malgré la place de plus en plus importante qu’occupe la protection des civils dans les mandats de maintien de la paix, des insuffisances notables sont visibles.  M. McLay a notamment constaté que les femmes âgées et les femmes handicapées souffrent souvent le plus dans les situations de conflits, mais que trop peu d’attention est accordée à leurs besoins de protection et à leur capacité à contribuer aux efforts de protection.  Le représentant a expliqué que les attaques et les agressions dont elles sont les cibles posent des défis de taille à ces personnes fragiles: les sourds par exemple ne peuvent même pas toujours entendre l’approche des assaillants, et les personnes aveugles sont incapables de trouver un chemin vers un lieu sûr.  Dans une zone de conflit, les personnes souffrant d’« instabilité intellectuelle ou sociale » ne comprennent généralement pas ce qui leur arrive et il est difficile de les protéger.  Avec la désintégration de familles et des communautés, s’est inquiété le représentant, les personnes handicapées se retrouvent souvent isolées et dans le dénuement et font face à un plus grand risque d’être victimes d’exploitation et de violence sexuelle.

M. McLay a par conséquent appelé les États Membres à honorer leurs obligations découlant des troisième et quatrième Conventions de Genève et de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  Il a également jugé nécessaire d’améliorer le suivi et la collecte de données sur l’impact des conflits sur les personnes handicapées et sur les personnes âgées, notamment en termes de décès et de blessures.  La formation des Casques bleus doit comporter un volet sur les besoins et les défis auxquels font face ces personnes, et les stratégies humanitaires et de protection des civils doivent également prendre en compte leur situation, a-t-il ajouté.  Le représentant a aussi souhaité que les personnes âgées et les personnes handicapées soient intégrées aux efforts de maintien de la paix.

M. WANG MIN (Chine) a souligné la nécessité de s’attaquer aux causes premières des entraves à la paix et au développement.  La communauté internationale doit adopter des mesures pratiques et efficaces pour trouver des solutions aux conflits et prévenir les crimes commis contre les femmes et les enfants, a dit le représentant.  Il est essentiel de respecter le principe de l’intervention des pays concernés eux-mêmes, qui sont responsables au premier chef de la protection des femmes et des civils vivant sur leur territoire.

En outre, a poursuivi le représentant, il est essentiel d’assurer la pleine participation des femmes aux processus décisionnels en matière de recherche de solution aux conflits, de reconstruction, ou de gestion de la vie publique.  Elles devraient pouvoir intervenir en matière de prévention et de règlement des conflits, de médiation et de bons offices, a précisé le représentant.  Il a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération des organisations régionales et sous-régionales avec les Nations Unies dans le domaine de la protection des femmes et des enfants.

M. ROMÁN OYARZUN MARCHESI (Espagne) a souligné que la violence sexiste se répand de plus en plus et est de plus en plus grande dans les conflits armés.  Pour faire face à ce problème, il a indiqué que l’Espagne était d’avis qu’il faut se concentrer sur la manière dont fonctionnent les opérations de maintien de la paix, ainsi que sur le respect du droit humanitaire, l’accès humanitaire, la responsabilisation et le rôle des acteurs non étatiques.  Il a dit que son pays voulait faire tout son possible pour que la révision de la résolution 1325 soit couronnée de succès, plaidant en faveur de la mise en place d’une véritable architecture de la protection des femmes en temps de conflit.  Le Conseil de sécurité doit aussi se pencher sur d’autres questions importantes, a poursuivi le représentant en citant à cet égard l’obligation de rendre des comptes sur le niveau de participation des femmes dans les processus de médiation, de restauration de la paix, et dans la négociation et la signature des accords de cessez-le-feu.  M. Marchesi a aussi mis l’accent sur l’importance de dispenser aux Casques bleus une formation de qualité sur ces questions.  Enfin, le représentant a évoqué un chiffre tragique: toutes les minutes, une femme est violée en RDC, a-t-il souligné.

M. BANTE MANGARAL (Tchad) a déclaré que le Conseil de sécurité faisait preuve d’une volonté manifeste de faire cesser les violences commises contre les femmes et les filles, citant à cet égard des résolutions et des déclarations présidentielles adoptées par le Conseil.  Le représentant a ensuite relevé les efforts déployés par les organisations régionales et sous-régionales pour protéger les femmes et les filles dans les situations de conflit.  Il a noté ce qui a été fait à cet égard dans les cas du Mali et de la République centrafricaine.

Le représentant a néanmoins mis l’accent sur des situations tragiques de violences subies par les femmes et les filles, comme cela s’est produit au Soudan du Sud.  Il a indiqué qu’il était important de mettre en œuvre, de manière efficace, les mesures décidées et prises par le Conseil de sécurité en matière de protection des femmes et des filles et d’intégrer la perspective de genre dans tous les mandats de protection et de maintien de la paix.

M. ALEXIS LAMEK (France) a fait lecture des propos d’une jeune fille, enlevée puis violée en 2013 par deux soldats dans un village de la République démocratique du Congo (RDC).  Ce témoignage résume tout ce que nous essayons de dire aujourd’hui: la violence subie, la crainte de l’exclusion, le besoin de protection, dit M. Lamek. Il a aussi évoqué les exactions commises par la LRA à l’encontre des civils dans plusieurs pays d’Afrique, ainsi que la situation des femmes en Afghanistan, pour ensuite dénoncer les actions des groupes terroristes en Syrie qui « enlèvent les femmes et les filles pour les réduire en esclaves sexuelles ».  Il a aussi parlé des actions de « Daesh » et de Boko Haram pour ensuite avertir que l’énumération des violences ne doit pas mener à une banalisation des souffrances.  Cette réalité, a-t-il préconisé, doit être évitée à travers la protection des civils.

Pour ce faire, M. Lamek a insisté sur la nécessité de protéger les populations à l’intérieur des zones de conflit.  Cela parait évident, a-t-il commenté, mais trop souvent, comme au Soudan du Sud, les forces de sécurité ou de l’ONU patrouillent dans des zones, loin des risques et attaques potentielles faute de capacités adaptées à l’ampleur de la menace.  Il a aussi constaté qu’au Mali, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) remplit son « mandat robuste » de protection des civils dans des conditions difficiles.  Il a aussi appelé la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) à adopter une posture robuste dans la mise en œuvre de son mandat de protection des civils.

Le représentant de la France a ensuite souligné l’importance de garantir la protection des populations au sein même des opérations de paix.  Dix ans après la publication du rapport du Prince Zeid sur les abus et l’exploitation sexuels au sein des opérations de maintien de la paix, a-t-il dénoncé, des crimes continuent d’être commis par ceux qui sont censés assurer la protection des civils, y compris, a-t-il accusé, par des opérations régionales comme la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  M. Lamek a appelé le Conseil à veiller à la stricte application des politiques de tolérance zéro et de filtrage en aval, et de faire en sorte que des poursuites soient engagées contre tout membre du personnel coupable de violences contre des femmes ou des filles.  « Les Nations Unies ne peuvent plus se permettre de type de scandale, et leurs missions et opérations doivent servir de modèle et non de repoussoir », a souligné le représentant.

Poursuivant son intervention, M. Lamek a fait observer que la protection des civils est plus efficace quand il y a « prévention et participation des femmes ».  Les femmes, a-t-il indiqué, peuvent contribuer à la conception des sites de protection afin de mieux faire valoir leurs besoins en termes d’accès sécurisés aux infrastructures de base, et la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix est aussi un moyen pour les Casques bleus de se rapprocher des communautés locales.  Le représentant a également jugé essentiel que les équipes des Conseillers pour les droits de l’homme, le genre et la protection soient renforcées et coordonnées au sein des Sections droits de l’homme des missions.  « Il ne peut y avoir de protection sans justice », a poursuivi le représentant qui s’est notamment félicité du transfert, le 21 janvier, d’un commandant de la LRA, Dominic Ongwen, à la Cour pénale internationale, y voyant un pas important dans la lutte contre l’impunité des violences commises à l’égard des civils.  Il a à cet égard insisté sur la nécessité d’assurer la protection des victimes dans leurs démarches judiciaires.  Il faut briser la chaîne du silence par la protection, a-t-il notamment souligné.

M. DAVID PRESSMAN (États-Unis) a parlé d’un document publié par l’EIIL sur la manière dont les femmes doivent être traitées, notamment vendues en esclavage, et d’une vidéo, où l’on voit une femme lapidée à mort en présence de son père.  Les conflits affectent de façon disproportionnée les femmes et les filles, qui sont déjà marginalisées dans certaines sociétés, a-t-il noté avant d’inviter le Conseil à répondre au problème en luttant contre les inégalités dont sont victimes les femmes en temps de paix.  Il a déploré que les efforts entrepris pour réduire au silence les femmes en Syrie ou en Libye tuent les espoirs de justice et de progrès dans ces pays.  Il a remarqué que les réfugiés et les personnes déplacées sont essentiellement des femmes et des enfants qui subissent la violence sexiste.  En RDC, des personnes armées, présentes parmi les déplacés, commettent des actes de cruauté choquants, a-t-il dit en dénombrant le grand nombre de viols commis: on a dénombré, par exemple, 387 victimes de viol en l’espace de trois jours l’été dernier.

Le représentant a rappelé que 98% des troupes des Nations Unies en mission ont pour mandat de protéger les civils, mais a noté que cette protection est difficile à garantir.  Lors des 507 attaques qui ont eu lieu contre des civils, entre 2010 et 2013, les Casques bleus n’ont presque jamais recouru à la force pour protéger ces personnes, a-t-il souligné en souhaitant que les missions de maintien de la paix protègent mieux les civils, notamment en prenant des mesures de prévention.  Il a aussi recommandé de traduire en justice les auteurs de ces crimes de manière transparente.  De son côté, le Conseil de sécurité doit être plus réactif lorsqu’on lui signale des cas, a-t-il lancé.  Parmi les progrès accomplis, le représentant a signalé que, dans neuf missions de maintien de la paix, 70% des mesures militaires contiennent des dispositions en faveur des femmes et des filles.  Mais il faut faire encore davantage, a-t-il demandé.  Il a dit que les États-Unis apprécient le fait que les accords de paix contiennent de plus en plus souvent des mentions sur la participation des femmes.  Les femmes ne devraient pas seulement participer aux OMP, mais pouvoir aussi les diriger, a-t-il également souhaité.  Il a aussi souhaité qu’à travers le monde soient partout construites des sociétés dans lesquelles les femmes sont respectées.

M. USMAN SARKI (Nigéria) a jugé essentiel que la protection des femmes et des filles en situation de conflit bénéficie d’une attention particulière de la part du Conseil de sécurité.  Le Conseil de sécurité dispose d’un arsenal important pour mettre en œuvre la protection des femmes et des filles, a-t-il jugé.  Il a mis l’accent sur le rôle des organisations régionales et sous-régionales.  Le Nigéria souhaite un approfondissement de la coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine, a indiqué le représentant.  Il a souligné le rôle essentiel de la société civile et des organisations non gouvernementales, et en particulier celles qui sont dirigées par des femmes.  Il a également souligné le défi que posent de plus en plus certains groupes terroristes et organisations criminelles dans certaines situations où la stabilité des États et de la société en général est menacée.

Mme RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) a rappelé que les femmes et les filles étaient généralement les premières victimes des conflits et qu’elles sont touchées de manière disproportionnée par les déplacements de population, la privation des droits, la marginalisation et les abus.  Elles sont en outre les premières cibles de la violence sexuelle, des viols et des mariages d’enfants forcés.

Afin d’assurer une protection adéquate des femmes et des filles, la mise en œuvre de mandats pertinents doit prendre en compte les spécificités locales, les conditions sur le terrain et les us et coutumes qui prévalent dans le pays concerné, a-t-elle dit.  Les efforts de protection doivent aller de pair avec le renforcement des capacités aux niveaux local, régional et national et la création d’un environnement juridique solide en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation de la femme.

Pour la délégation lituanienne, tous les efforts et la présence de l’ONU sur le terrain doivent être synchronisés en vue de garantir un environnement où les femmes et les filles puissent se trouver en sécurité et être libres de s’engager dans les processus qui affectent leur vie, a indiqué Mme Murmokaitė.

M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a reconnu que les femmes et les filles font face à des risques spécifiques dans les situations de conflit, et s’est alarmé de la tendance croissante que l’on observe: les parties au conflit visent de plus en plus délibérément les femmes et les filles lors de conflits violents.  Le représentant a ensuite critiqué le fait que les décideurs tendent à considérer les femmes et les filles seulement sous l’angle de victimes et a estimé nécessaire de faire davantage pour reconnaître aussi le rôle d’agents dont elles sont capables et les inciter ainsi à jouer un rôle actif dans la création d’un « environnement propice à la protection ».  Il a également jugé nécessaire d’évaluer si les efforts de protection des civils répondent de manière adéquate à leurs préoccupations et à leurs besoins.  À cet égard, la Malaisie appuie la « Gender Forward Looking Strategy » qui a été établie pour la période 2014-2018, a dit M. Haniff.  Le représentant a aussi appelé à la stricte application de la politique de tolérance zéro pour tout acte d’exploitation sexuelle commis par un membre du personnel de l’ONU.

M. Haniff a ensuite souligné que les opérations de protection des civils doivent être dotées de moyens suffisants à la fois en termes de ressources et de formation du personnel.  La Malaisie estime qu’une formation standardisée est particulièrement importante pour assurer une bonne compréhension de la composante « protection des civils » des mandats de maintien de la paix, ainsi que pour prendre en considération les aspects sexospécifiques, a-t-il dit.  Il a ensuite parlé des activités du Centre de formation au maintien de la paix de la Malaisie, précisant que depuis sa création en 1995, celui-ci avait permis de former 2 000 Casques bleus originaires de 50 pays.  Il a aussi fait savoir que le Centre est en train d’élaborer de nouveaux manuels et modules de formation sur le genre et la diversité culturelle.

Le représentant de la Malaisie a par ailleurs estimé que les programmes de démobilisation, de désarmement et de réinsertion (DDR) doivent pouvoir répondre aux besoins des femmes et des filles qui figurent dans les rangs des combattants.  Il a également jugé nécessaire d’accorder la priorité au renforcement des mécanismes judiciaires afin de combattre l’impunité.

      Mme DINA KAWAR (Jordanie) a noté l’augmentation sans précédent du nombre de victimes civiles dans les conflits armés, surtout au Moyen-Orient et en Afrique, citant notamment les violences sexuelles dont sont victimes les femmes en Syrie, en République centrafricaine et au Soudan du Sud.  Elle a appelé la communauté internationale à lutter contre l’impunité des auteurs de ces crimes en soutenant les capacités nationales de poursuite en justice.  Le Conseil de sécurité doit aussi renforcer sa coopération avec la Cour pénale internationale (CPI) afin de pourvoir lui déférer les crimes les plus odieux, a-t-elle suggéré.  En ce qui concerne les organisations onusiennes, elle leur a demandé de contribuer à l’instauration d’une culture de respect et à la mise en place de cadres juridiques.  Quant aux parties non étatiques, il faut les conduire à respecter le droit international et notamment le droit humanitaire, a préconisé Mme Kawar.  Elle a aussi demandé de ne pas signer les accords de paix au détriment de la reddition de comptes.

Mme Kawar a ensuite parlé de ce que fait son pays à l’égard des réfugiés syriens.  À leur arrivée en Jordanie, ces réfugiés reçoivent un guide sur les droits de l’homme, a-t-elle indiqué, parlant aussi des écoles qui y sont mises en place pour les enfants.  Elle a aussi signalé que les Forces armées jordaniennes avaient renforcé la participation des femmes dans les missions de maintien de la paix et les missions humanitaires.  En outre, a-t-elle ajouté, les Jordaniennes ont joué un grand rôle dans l’accueil des réfugiés syriens.

M. JULIO HELDER DE MOURA LUCAS (Angola) a déclaré que la prévention demeurait le meilleur moyen de faire face aux conflits, les États devant assurer la responsabilité première pour la protection des civils.  Il s’est dit convaincu que l’examen de haut niveau de la résolution 1325 (2000) entraînera un nouvel élan pour la réalisation de ses objectifs.  Il a mis l’accent sur l’importance de la volonté politique et de l’engagement des États dans ce domaine.  Le représentant de l’Angola a également salué la politique de tolérance zéro du Secrétaire général en matière d’abus sexuels commis par le personnel humanitaire ou de maintien de la paix des Nations Unies.  Il a en outre plaidé pour une plus grande collaboration entre le Conseil de sécurité et les organisations régionales et sous-régionales.

M. RAFAEL DARÍO RAMÍREZ CARREÑO (Venezuela) a parlé du modèle de développement vénézuélien qui est centré sur la personne humaine et garantit l’égalité hommes-femmes et la jouissance de tous les droits de l’homme à tous les citoyens.  Il a fait valoir que la Constitution du Venezuela était l’une des plus avancées et se trouve à l’avant-garde des lois fondamentales au niveau mondial.  Le langage de la Constitution vénézuélienne est inclusif et dépourvu de sexisme, a-t-il expliqué.  La femme vénézuélienne, a-t-il indiqué, participe activement à la vie politique, économique sociale et culturelle de son pays.  Le représentant a en outre assuré que le Venezuela appliquait des politiques publiques qui intègrent la perspective du genre et la défense des droits de la femme.  Il a par ailleurs apprécié que la résolution 1325 du Conseil de sécurité prévoit la participation des femmes dans les composantes politiques, militaires et civiles des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, tout en regrettant qu’à ce jour les résultats ne soient toujours pas à la hauteur des attentes.  La représentation des femmes dans ces opérations ne dépasse pas 10%, a-t-il noté. 

M. Ramírez a donc plaidé en faveur d’une plus grande participation des femmes aux opérations de maintien de la paix ou de consolidation de la paix.  Le Venezuela estime que cette participation est cruciale pour prévenir la discrimination, la marginalisation, l’exclusion et la violence contre les femmes.  Nous devons garantir que toutes les opérations de maintien de la paix fonctionnent avec une telle participation féminine et que leur mandat comprenne toujours la protection des enfants et des femmes, a-t-il demandé.  M. Ramírez a ensuite réaffirmé la distinction à faire entre la protection des civils et la notion de « responsabilité de protéger », la première étant progressivement acceptée, universalisée et codifiée en droit international, tandis que la deuxième n’est qu’une déclaration politique qui ne fait pas l’objet de consensus au sein de la communauté internationale.  Expliquant que la différence résidait dans l’usage de la force, il a demandé que la protection des civils ne serve jamais de prétexte à qui que ce soit pour intervenir militairement contre la souveraineté d’un État en allant à l’encontre de sa volonté.  Il a dénoncé toute tentative d’utiliser la « responsabilité de protéger » pour en fait provoquer un changement de gouvernement ou encore démanteler les institutions d’un pays.

M. CRISTÍAN BARROS MELET (Chili) a recommandé de promouvoir de façon générale l’égalité des femmes devant la loi, comme mesure préventive des violences dont celles-ci sont victimes en temps de conflit.  Il a aussi plaidé en faveur de l’autonomisation des femmes, qui doit se faire en prenant soin de tenir compte de leurs besoins particuliers.  Il a demandé d’éradiquer les pratiques qui leur sont nuisibles, notamment le recours aux violences sexuelles comme arme de guerre.  M. Barros Melet a en particulier appelé à mettre un terme aux graves violations commises par Boko Haram contre des femmes et des filles, exigeant la libération de toutes les personnes enlevées, notamment les filles enlevées d’un pensionnat de Chibok, qui sont retenues en otage depuis l’an dernier.  Il faut aussi, a-t-il poursuivi, impliquer davantage les femmes dans les phases de consolidation de la paix. 

Du côté des Nations Unies, M. Barros Melet a demandé de prévenir les violences contre les femmes en garantissant la réinsertion sociale des victimes d’abus et la lutte contre l’impunité.  Le Chili estime que la résolution 1325 constitue la référence pour faire face aux violences faites aux femmes et aux filles dans les conflits armés, a dit M. Barros Melet.  Il a souhaité que sa mise en œuvre soit assortie de budgets durables et adéquats pour permettre la réalisation des programmes qui en découlent.  Il faut également intégrer l’égalité hommes-femmes dans les mandats et les travaux du Conseil de sécurité, a-t-il recommandé.  Le représentant a enfin demandé que, lors de l’examen de l’application de la résolution, qui sera mené cette année, l’on réfléchisse aux moyens d’améliorer les capacités des Nations Unies dans ce domaine. 

Mme MARGOT WALLSTRÖM, Ministre des affaires étrangères de la Suède, a rappelé que le droit de la guerre a été écrit à une époque où seuls les hommes étaient combattants et où la place et la responsabilité des femmes étaient perçues comme très éloignées du champ de bataille.  Il est temps d’imprimer une forte perspective sexospécifique au droit international humanitaire, en a-t-elle conclu.  Les inégalités entre les sexes sont au cœur de la question, a-t-elle estimé.  Il faut s’y attaquer en changeant les lois, les normes, les pratiques et les comportements dans les sociétés qui nient aux femmes et aux filles leurs droits.  Il faut des lois sur l’égalité devant l’héritage et des politiques qui assurent aux femmes l’émancipation politique et politique, le droit à la santé sexuelle et reproductive et la sécurité.  Il faut garantir le droit à une éducation de qualité. 

La lutte contre l’impunité s’agissant de la violence fondée sur le sexe est cruciale, a poursuivi la Ministre, en se félicitant de l’initiative du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à cet égard.  Les femmes, a-t-elle insisté, sont d’abord et avant tout des agents du changement.  La paix et la sécurité ne peuvent se pérenniser si la moitié de la population est exclue.  En excluant les femmes, nous excluons des secteurs dits féminins comme la prise en charge des enfants et des personnes âgées.  Des secteurs, a-t-elle dit, qui sont vitaux pour le succès des nations à long terme.  Ce sont des secteurs, a-t-elle insisté, qui, quand ils ne sont pas représentés dans les processus de prise de décisions, compromettent la paix et la sécurité.  Les femmes doivent pouvoir participer aux processus formels et informels de médiation et de négociation de paix ainsi qu’aux efforts humanitaires et de consolidation de la paix pour y apporter de nouveaux angles de réflexion, de nouvelles solutions et de nouvelles perspectives.

Cette année, a estimé la Ministre, est une l’occasion unique d’évaluer et d’accélérer la mise en œuvre de l’agenda sur les femmes, la paix et la sécurité.  La promotion de cet agenda n’est pas une question isolée.  Elle est, bien au contraire, partie intégrante de l’agenda de la paix et de la sécurité.  L’intégration de cet agenda dans les mandats des missions de l’ONU ne suffit pas, a prévenu la Ministre.  Il faut que tous les mandats se fondent sur une analyse du conflit intégrant la perspective sexospécifique pour pouvoir répondre aux besoins des femmes et des filles en matière de sécurité et promouvoir leur participation.  La Ministre n’a pas manqué de souligner que s’agissant du programme de développement pour l’après-2015, les pays nordiques appuient l’inclusion d’un objectif sur l’égalité entre les sexes et d’un autre sur le droit de vivre à l’abri de la violence et dans une société pacifique.  Le programme de développement pour l’après-2015 offre une vraie chance de faire de réels progrès, a-t-elle insisté.

M. ASOKE K. MUKERJI (Inde) a rappelé qu’il s’exprimait au nom d’un pays qui est le plus gros contributeur de contingents aux opérations de maintien de la paix onusiennes, l’Inde ayant envoyé sur le terrain plus de 180 000 Casques bleus qui ont pris part à 43 des 68 opérations de maintien de la paix des Nations Unies mandatées par le Conseil de sécurité.

Il a souligné que l’Inde avait également été le premier État Membre à avoir mis en œuvre une politique de participation des femmes dans tous les aspects de la prévention et de la résolution des conflits en 2007 avec la contribution d’une force de police indienne entièrement féminine à la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL).  Le représentant a également insisté sur l’importance du lien entre l’autonomisation des femmes et le développement en vue de garantir la paix.

M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a souhaité que la protection des femmes soit placée au cœur de toutes les activités menées par l’ONU.  La prévention des conflits armés est la meilleure protection, a-t-il fait remarquer.  Il a souligné à cet égard l’importance de l’utilisation de tous les instruments diplomatiques disponibles, notamment les bons offices et la médiation, pour promouvoir le règlement pacifique des différends.  Il a aussi remarqué que l’utilisation de la force fait des dommages collatéraux même lorsqu’elle est utilisée pour protéger les civils.  En outre, il a plaidé en faveur du respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire par toutes les parties à un conflit.  

M. de Aguiar Patriota a condamné les violences commises partout contre les civils, y compris à Gaza.  Il a ensuite demandé que soit mis en place un environnement propice aux efforts de réconciliation, ce qui implique d’inclure suffisamment les femmes dans la résolution des conflits et le retour à la paix.  Il a par ailleurs prôné une plus grande participation des femmes dans la direction des missions civiles et militaires de maintien de la paix des Nations Unies, notamment en ce qui concerne la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP).  Il a ensuite parlé de ce que fait le Brésil à son niveau pour promouvoir l’égalité des sexes et adopter des politiques favorables aux femmes.  Enfin, il a souligné l’importance de protéger les femmes, non pas seulement physiquement, mais aussi en leur offrant une place dans la société et en luttant contre les discriminations à leur égard. 

Parlant de la protection des civils et des femmes, nous avons les politiques et les mécanismes nécessaires et nous devons désormais nous concentrer sur leur bonne utilisation, a estimé M. IOANNIS VRAILAS, Union européenne.  Nous devons, a-t-il estimé, trouver des moyens novateurs de communiquer les principes du droit international humanitaire et d’assurer l’accès humanitaire.  Nous devons systématiquement mettre au point des réponses humanitaires adaptées aux besoins spécifiques des femmes et des filles pendant un conflit, comme s’efforce de le faire d’ailleurs l’Union européenne.  Nous devons mettre fin à l’impunité, s’agissant de la violence sexuelle, et l’attention donnée à la protection des femmes et des filles et à leur participation au règlement des conflits et à la consolidation de la paix doit passer de l’exception à la norme, grâce à une inclusion systématique de la question dans les politiques, les codes de conduite et la formation. 

Se félicitant des efforts déployés jusqu’ici par l’Union européenne et la communauté internationale, en particulier le Comité contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et sa recommandation numéro 30, le représentant a dit attendre avec intérêt l’examen global de la mise en œuvre de la résolution 1325 prévu cette année.  Quant à l’examen des opérations de maintien de la paix, il devrait permettre, a-t-il estimé, de parvenir à un modèle qui mette un fort accent sur la protection des civils et qui accorde la priorité à la lutte contre la violence sexuelle.  Les opérations de maintien de la paix de l’ONU doivent jouer un rôle critique dans la mise en œuvre de la « responsabilité de protéger ».  Elles doivent être dotées du personnel et des moyens nécessaires pour mieux interagir avec les populations locales et les organisations de la société civile, avec pour objectif ultime de réagir rapidement aux signaux d’alarme et de réduire les risques de violence. 

M. THOMAS SCHIEB (Allemagne) a souligné quatre points essentiels pour une meilleure protection des femmes et des filles dans les conflits armés et les situations postconflit.  Il a d’abord cité le caractère essentiel de l’intégration de la perspective sexospécifique dans la formation du personnel de maintien et de consolidation de la paix.  Il a ensuite cité l’importance du principe de la responsabilité et expliqué que quand les criminels savent qu’ils resteront impunis, ils sont plus enclins à recourir à la violence sexuelle comme tactique de guerre.  Le représentant s’est aussi attardé sur l’importance qu’il y a à aider les victimes de la violence sexuelle à reprendre une vie normale.  Il a enfin estimé que surveiller et dénoncer la violence sexuelle dans les conflits est au cœur-même de la protection.  Il a conclu sur la situation en Ukraine, en se demandant à quel point la situation devra-t-elle se détériorer avant que toutes les parties au conflit travaillent plus vigoureusement à trouver une solution pacifique au conflit.

M. RON PROSOR (Israël) a affirmé que des groupes extrémistes comme les Taliban, Boko Haram, Al-Qaida et l’« État islamique d’Iraq et du Levant » niaient les droits les plus fondamentaux des femmes. 

Dans les nations les plus répressives, a-t-il dit, il n’existe pas de force de police bienveillante pour mener des enquêtes sur des crimes contre les femmes, aucun système judiciaire honnête pour entendre leurs cas, aucun média indépendant pour leur permettre de s’exprimer sur leur sort et aucune élection juste et équitable pour leur donner espoir.

M. Prosor a évoqué « le cas d’une jeune Iranienne de 19 ans, Reyhaneh Jabbari », qui, a-t-il dit, « subit chacune de ces injustices ».  « Arrêtée pour le meurtre d’un homme qui avait tenté de la droguer et de la violer, elle a été condamnée à mort, puis pendue à Téhéran », a-t-il expliqué.

Évoquant les cas d’autres femmes victimes de crimes et d’injustice au Moyen-Orient, il a souligné que celles-ci devaient bénéficier dès maintenant de toute l’attention des Nations Unies.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’envoyer le message selon lequel « de tels crimes barbares ne sauraient être tolérés, ni aujourd’hui ni jamais ».

M. PAUL SEGER (Suisse), intervenant au nom du Groupe des amis pour la protection des civils dans les conflits armés, s’est inquiété de la tendance croissante dont font preuve les groupes armés en prenant délibérément les femmes et les filles pour cibles au cours des conflits, citant notamment en exemple les enlèvements de filles auxquels se livrent des groupes extrémistes violents.  Il a jugé nécessaire de renforcer la coopération entre les États ainsi que la juridiction internationale pour combattre l’impunité.  Le représentant a également appelé les États Membres à faire davantage pour s’assurer que leurs réponses prennent en considération tout l’éventail des violations des droits des femmes et l’impact différencié qu’ont ces violations sur des femmes et des filles dont les vies sont souvent détruites après qu’elles aient subi des abus.  M. Seger a notamment fait observer que les femmes déplacées peuvent être délibérément prises pour cible, et que les femmes et les filles font face à un risque exacerbé d’être victimes de disparition forcée.  En outre, a-t-il dénoncé, les femmes en situation de déplacement forcé ont des droits inéquitables en matière de citoyenneté, et font face à une application discriminatoire des lois d’asile ainsi qu’à de nombreux obstacles pour obtenir des papiers d’identité, entre autres.

Le représentant de la Suisse a jugé essentiel d’assurer la participation des femmes à la conception et à la mise en œuvre des réponses aux défis que la communauté internationale rencontre dans le domaine de la protection des civils.  Il a également estimé que l’aide humanitaire doit aussi prendre en considération les besoins sexospécifiques, notamment au cours de la première étape de réaction à un conflit.  M. Seger a aussi rappelé l’importance d’assurer la mise en œuvre de la résolution 1325, et a ensuite insisté sur l’importance d’accorder la priorité au recours aux bons offices et à la médiation pour protéger les femmes et les filles dans les situations de conflit.

M. MIGUEL CAMILO RUIZ BLANCO (Colombie) a relevé que la vulnérabilité des femmes et des filles dans les situations de conflit est différente aujourd’hui par rapport à ce qu’elle était dans le passé.  Notant que le nombre de conflits avait baissé de 80% au cours des 20 dernières années, il a aussi souligné leur nature différente, avec une violence qui aujourd’hui provient de groupes armés plutôt que d’États.  En Colombie, une loi sur les victimes et la restitution des terres a donné un élan à l’élaboration de politiques publiques donnant la priorité aux femmes et aux filles, a dit M. Ruiz Blanco.  Le représentant a mentionné la création et la mise en œuvre de programmes variés qui incluent le genre et visent à répondre aux besoins des femmes et des filles victimes de conflits armés.

M. Ruiz Blanco a raconté l’histoire d’une femme rurale, dont le mari a été assassiné par un groupe paramilitaire en 2007.  Cette femme a bénéficié d’un programme d’assistance et de dédommagement du Gouvernement national, a-t-il expliqué, ce qui lui a permis de mener une vie digne.  En outre, elle a reçu l’aide d’un programme d’assistance aux victimes qui lui a permis de finir ses études et de trouver un meilleur emploi.  M. Ruiz Blanco a ensuite parlé des efforts menés par le Gouvernement colombien en faveur d’une transformation culturelle, afin de modifier le schéma mental des Colombiens qui ont développé une tolérance à l’égard de l’usage de la force contre les femmes et les filles.  Il a conclu son intervention en reconnaissant le rôle fondamental des femmes en temps de crise comme moteur de la reconstruction du tissu social, du pardon et de la réconciliation.

M. PASCAL BUFFIN (Belgique) a déploré que les femmes et les filles soient visées délibérément, du fait de leur sexe, par Boko Haram au Nigéria, et par l’EIIL en Iraq et en Syrie.  Il a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle aide les États concernés à juger les auteurs de ces actes, ou, en vertu du principe de complémentarité, qu’elle permette l’action de la justice internationale et en particulier de la CPI.  Il a aussi appelé à impliquer davantage les femmes dans la conception des stratégies et dans les politiques de protection des civils.  À cela doit s’ajouter une plus grande implication des femmes dans la vie sociétale.  La Belgique, a-t-il indiqué, a mis en place en 2013 son deuxième plan d’action national « Femmes, paix et sécurité » pour mettre en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité.

M. Buffin a expliqué que la meilleure protection que l’on peut envisager pour les civils consisterait à anticiper la survenance des conflits.  Il a requis à cet égard une bonne coordination interne et externe de l’action des Nations Unies, se félicitant notamment de l’initiative du Secrétaire général intitulée « Les droits de l’homme avant tout ».  La lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes constitue une priorité de la politique étrangère et de coopération de la Belgique depuis près de 20 ans, a-t-il ajouté.  Il a indiqué que son pays œuvrait notamment en ce sens dans le cadre de sa présidence du « Donor Support Group » du Comité international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.   Enfin, il a insisté sur la nécessité de prévoir, pour les missions de maintien de la paix, des mandats clairs de protection des civils, comme cela a été le cas pour la Brigade d’intervention de la MONUSCO.  Il faut suivre les recommandations du Bureau des services de contrôle interne sur ce genre de mandat, a-t-il précisé.  Enfin, le représentant de la Belgique a réitéré le soutien de son pays à l’initiative lancée par la France en faveur d’une limitation volontaire du droit de veto en cas de crimes de masse, ainsi qu’à la mise en œuvre du concept de la « responsabilité de protéger ».

Mme GABRIELA COLÍN ORTEGA (Mexique) a rappelé que les populations civiles victimes de violences, notamment les femmes et les enfants continuent d’être les principales victimes des conflits armés dans le monde.  Elles sont l’objet d’abus et sont devenues des cibles des groupes et des factions impliquées dans ces conflits.  La représentante a condamné ces attaques contre les populations civiles.  Elle a rappelé que la protection des civils implique le respect des droits humanitaires et des droits de l’homme.  Elle a ajouté que la protection des civils comprend non seulement le respect de ces droits mais fait aussi appel à des mesures de protection particulières contre les violences sexuelles, ainsi qu’à la protection des femmes détenues et des enfants. 

La représentante a plaidé pour une protection effective des droits des victimes.  À cet effet, elle a évoqué notamment la nécessité de poursuivre les responsables des violations des droits des victimes et de prendre ces dernières en charge.  La représentante a également rappelé la résolution 1325 du Conseil de sécurité, qui a notamment contribué à mettre à jour les retards en matière de protection des civiles.  Notre stratégie de prévention devra non seulement inclure la protection des droits économiques et sociaux des femmes, mais aussi leur participation et inclusion.  La mise en œuvre de la résolution 1325 devrait constituer notre feuille de route de la protection des civils et des femmes, a exhorté la représentante qui a lancé un appel au Conseil de sécurité pour qu’il prenne en compte ces recommandations au moment d’élaborer ou de proroger les mandats des opérations de maintien de la paix.

M. KAIRAT ABDRAKHMANOV (Kazakhstan) a déclaré que la défense des droits des femmes et des filles devait être clarifiée dans les mandats octroyés aux missions de l’ONU et dans les activités du Conseil de sécurité, du Département des opérations de maintien de la paix, du Département de l’appui aux missions, des pays contributeurs de contingents militaires et de police, des pays hôtes, des organisations régionales et des équipes de pays de l’ONU.

      Le représentant a estimé que, dans les rangs de la police civile, militaire et, dans l'ensemble, le Département des opérations de maintien de la paix devrait également accroître son engagement avec les institutions de sécurité nationale des pays fournisseurs de troupes et de police pour promouvoir et soutenir les réformes sensibles au genre, ceci non seulement dans les forces armées nationales, mais aussi pour qu’il y ait plus de personnels féminins dans les missions déployées sur le terrain.  De même, l’application stricte de la politique de tolérance zéro concernant l’exploitation et les abus sexuels devrait être plus rigoureusement appliquée à travers le travail des équipes de déontologie et de discipline, en collaboration avec les organismes des Nations Unies et les partenaires au développement.

M. CHAYAPAN BAMRUNGPHONG (Thaïlande) a estimé que la protection des civils, en particulier des femmes et des filles, était multidimensionnelle et nécessitait une approche holistique pour aborder l'ensemble de la question, qui touche à la fois à l’humanitaire, aux droits de l'homme, au maintien et à la consolidation de la paix.

Il a rappelé le principe directeur universel selon lequel la protection des civils est de la responsabilité première du gouvernement hôte.  Toutefois, une protection efficace des civils exige des efforts collectifs de toutes les parties concernées.  Toutes les parties à un conflit armé doivent respecter et se conformer strictement à leurs obligations en vertu des lois internationales, du droit international humanitaire et des droits de l’homme, a-t-il déclaré, précisant que ceux qui enfreignaient ces lois et violaient les droits de l’homme devaient être tenus responsables.

Il a souligné que la Thaïlande attachait une grande importance à l'augmentation du nombre de femmes Casques bleus et à l’accession des femmes à des postes de direction dans les missions de l'ONU.

Mme EMILIA GATTO (Italie) a appelé le Conseil de sécurité à répondre dans l’urgence aux violations que subissent les femmes et les filles dans les situations de conflit armé, ainsi que dans le cadre des opérations de maintien de la paix et des actions humanitaires.  Nonobstant l’adoption de la résolution 1325 et la création de mécanismes voués à assurer leur protection, la situation des femmes et des filles reste précaire, s’est-elle alarmée.

La représentante a appelé au renforcement de la coopération entre les États Membres pour combattre l’impunité et promouvoir une culture de responsabilités dans toutes les situations de conflit et postconflit.  Les auteurs de crimes doivent se rendre compte que le Conseil agira pour qu’ils soient traduits en justice, a-t-elle insisté.

Elle a ensuite indiqué que l’Italie avait récemment organisé, dans le cadre de l’Union européenne, une table ronde sur la violence sexiste en temps de conflit armé.  Elle a jugé nécessaire de mettre en place des mécanismes d’alerte précoce pour prévenir tout acte de violence sexuelle, mais aussi de veiller à la bonne formation de la police, entre autres.  Elle a par ailleurs salué le lancement de l’initiative du Secrétaire général « Les droits de l’homme avant tout ».

M. IGOR VENCEL (Slovaquie) a réitéré la nécessité de s’adapter aux nouvelles menaces qui se posent à la protection des civils en période de conflit.  Il a ensuite regretté les résultats mitigés obtenus en terme de protection des civils en expliquant que les nouveaux conflits auxquels fait face le monde sont plus complexes qu’auparavant.  Alors que ces conflits nouveaux sont devenus transnationaux, la protection des civils est, quant à elle, restée un concept appliqué au stade national.  Aussi, devons-nous prendre des initiatives, notamment pour identifier les menaces avant qu’elles ne dégénèrent en violence, a plaidé le représentant.  Il a en outre estimé que si les États ne respectent pas toujours leurs obligations par manque de volonté politique, le Conseil de sécurité doit pour sa part rester vigilant et être conscient de la multiplication des violations des droits de de l’homme dans les zones d’instabilité.  Il a demandé que les résolutions portant sur la protection des civils soient mises en œuvre.  Il a aussi demandé la mise en place de mécanisme de reddition de compte, la fin de l’impunité pour les auteurs des violations et le versement de réparations aux victimes.

Notant que des progrès ont été accomplis au Conseil de sécurité en matière de protection des civils, le représentant a mentionné le fait que les missions de maintien de la paix sont pluridimensionnelles.  Il a demandé que des mesures de prévention soient prises de manière durable et qu’un soutien soit apporté en faveur du renforcement des institutions des États sortant d’un conflit.  Il s’est dit favorable à la création d’institutions nationales efficaces et capables de protéger les civils.  Il a aussi appelé à la réforme des secteurs de la sécurité qui doit se faire de manière inclusive, représentative et qui devrait viser à ce que les institutions de sécurité disposent des capacités d’exécution et de suivi nécessaires à la conduite de leur mission.  Le représentant a en outre appelé à la mise en place de mécanismes de contrôle des capacités nationales de protection des civils, notamment les femmes et les enfants. 

M. ANDREAS RIECKEN (Autriche), intervenant au nom du Réseau sécurité humaine, a estimé qu’en cette année d’examen des opérations de maintien et de consolidation de la paix de l’ONU, l’accent accordé à la protection des civils venait à point nommé, ces derniers représentant la majorité des victimes de conflits.  Il a condamné les violences sexuelles commises en situation de conflit et postconflit et s’est par ailleurs inquiété des difficultés rencontrées pour agir dans le but de protéger les civils.  Il a appelé au renforcement des mesures préventives, notamment des mécanismes d’alerte précoce et de suivi de la violence à l’encontre des femmes et des filles.

Le représentant a également insisté sur la nécessité de combattre l’impunité et d’assurer la reddition de compte tant au plan national qu’international.  Il a parlé de l’utilité des commissions d’enquête et d’établissement des faits en la matière et a estimé qu’un renvoi des cas à la Cour pénale internationale est un autre moyen de rétablir la dignité et l’espoir chez les victimes d’atrocités.  Pour leur part, a-t-il ajouté, les parties à un conflit doivent assurer aux acteurs humanitaires un accès rapide et sans entrave aux civils.

M. Riecken a aussi appelé à ce que les intérêts des femmes et des filles soient systématiquement intégrés aux processus de paix.  Il a aussi suggéré une augmentation du nombre de femmes participant aux pourparlers de paix et aux missions de maintien de la paix, entre autres.  Le représentant a par ailleurs appelé les médias à cesser de présenter les femmes comme des victimes de conflits armés, estimant qu’il faut au contraire renforcer la perception qu’elles sont des agents importants pour le changement.

Intervenant ensuite en sa capacité nationale de représentant de l’Autriche, M. Riecken a fait savoir que l’Autriche avait élaboré un programme de formation interdisciplinaire considéré comme un centre d’excellence pour la formation en matière de protection des civils.  Il s’est inquiété de l’impact des engins explosifs et a fait savoir que l’Autriche accueillera, au mois de septembre, une réunion d’experts sur cette question.  Il a salué les efforts déployés par le Secrétaire général pour mettre un terme à l’utilisation d’engins explosifs dans les zones peuplées.

Le représentant a aussi parlé de la tenue, en novembre 2014, à Vienne, d’un colloque international sur le renforcement de la participation des femmes à la paix et à la sécurité lequel, a-t-il précisé, a mis l’accent sur des questions négligées, notamment l’analyse sexospécifique des conflits et le rôle des médias.

M. GORGUI CISSE (Sénégal) a déploré que les femmes et les filles continuent d’être toujours traitées comme des butins de guerre ou des cibles à atteindre pour provoquer la destruction d’une communauté.  Il nous semble important d’ériger la protection des civils au rang de priorité dans la définition du mandat des missions de maintien de la paix des Nations Unies, a-t-il suggéré.  Le représentant a souligné l’intérêt d’assurer une bonne formation aux troupes devant être déployées dans un conflit afin de renforcer leurs aptitudes à la protection des civils.  Il faut d’autre part les doter de mandats et de stratégies holistiques de protection des populations civiles.  Il est urgent d’imposer des sanctions ciblées aux parties coupables d’abus et d’imposer la reddition des comptes aux auteurs des actes de violences et d’abus sexuels, que la justice pénale internationale finalement qualifie de crimes contre l’humanité, de crime de génocide et de crimes de guerre. 

Mgr JANUSZ STANISLAW URBAŃCZYK, Observateur du Saint-Siège, a rappelé que la foi dans le caractère sacré de la vie humaine et dans la dignité inhérente à l’être humain est le fondement même des principes de l’enseignement social catholique.  La violence est un affront à la dignité humaine, et la violence sexuelle, en particulier, déchire le tissu social.  L’Observateur du Saint-Siège a, une nouvelle fois, fait part de sa préoccupation face au manque d’attention accordée à la protection des femmes et des filles, qui dans certains conflits sont ciblées et attaquées « tout simplement » à cause de la foi qu’elles professent.  Dans certaines régions du monde, les écoles chrétiennes de filles sont cibles et attaquées, a-t-il déploré.  Toutes les religions et tous les gouvernements doivent fermement condamner cette violence et y faire face, a-t-il préconisé.  Paraphrasant le Pape François, il a conclu en souhaitant que l’on mette fin à la culture de l’esclavage, qui est incapable de faire le bien et de réaliser la paix, et qui accepte comme inévitable la propagation de la guerre et de la violence.  Nous devons redoubler d’efforts pour remplacer cette culture par celle de la vie et de la paix dans laquelle les gouvernements et la communauté internationale assument pleinement leur responsabilité fondamentale de protéger tous les êtres humains.

M. JOSÉ LUIS RIVAS (Uruguay) a déploré le fait que malgré les avancées juridiques de ces dernières années, les femmes et les filles représentent les plus importantes victimes des conflits armés.  Il a notamment parlé de la situation en Syrie, ainsi que des actes de Boko Haram.  Il a jugé essentiel de créer un lieu de réinsertion pour les femmes victimes de viols qui ont été rejetées par leur communauté et pour leur permettre d’y élever leurs enfants.  Il a jugé fondamental d’identifier les signes précurseurs sur le terrain  et d’informer les acteurs de leurs obligations de protéger les civils.  Le représentant a également insisté sur l’importance de renforcer la capacité des communautés à protéger les civils et à élaborer des normes culturelles pour garantir les droits des femmes et des filles.  Dans cette optique, l’Uruguay a innové en créant des espaces d’intégration communautaire, notamment à Pinga, en République démocratique de Congo, où des contingents uruguayens ont créé une école de football pour les enfants de différentes ethnies.

M. Rivas a ensuite dénoncé les violations que subissent les personnes déplacées ou réfugiées et a fait savoir que son pays avait récemment accueilli 120 réfugiés syriens.  Le représentant a aussi affirmé que le nombre de femmes qui participent aux contingents uruguayens de Casques bleus démontre que son pays se trouve à l’avant-garde en ce qui concerne l’intégration des femmes aux forces armées.  Il a par ailleurs estimé que la politique de tolérance zéro de l’ONU doit être pleinement appliquée sur le terrain.

M. MICHAEL DOUGLAS GRANT (Canada) a déclaré qu’il est indispensable que le Conseil de sécurité et tous les États Membres interviennent dans les crises qui se déroulent en Iraq et en Syrie, au Nigéria, au Soudan du Sud, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et ailleurs.  Le Canada condamne la campagne de violence sexuelle menée par l’« État islamique d’Iraq et du Levant » qui comprend entre autres un nombre incroyable de mariages forcés, d’actes de torture et de meurtres commis contre des femmes et des enfants.

Il est clair que la montée de l’extrémisme violent dans ces cas et d’autres a eu des conséquences très néfastes sur les droits et le bien-être des femmes et des enfants, a dit le représentant qui s’est dit préoccupé par le fait que les organismes d’aide humanitaire ont de plus en plus de difficultés à joindre les civils touchés par les conflits armés.  En temps de conflit armé et de déplacement de populations, les besoins de protection des plus vulnérables sont trop rarement satisfaits,  a-t-il déploré.

Le Canada appuie l’initiative liée à la question des femmes, de la paix et de la sécurité.  Non seulement l’autonomisation des femmes et la protection de leurs droits améliorent-elles la capacité des femmes à se protéger, mais elles ont aussi des incidences sur le sort de collectivités entières, car les femmes sont indéniablement des piliers de la résilience et du changement positif.  Nous devons rehausser la qualité du suivi des victimes et de la collecte de données ventilées.  Nous devons mieux veiller à ce que les travaux de la communauté internationale tiennent compte des résultats des analyses comparatives entre les sexes et des données que nous avons recueillies.  Nous devons nous assurer que les priorités et les recommandations des Nations Unies tiennent toujours compte des besoins particuliers de femmes, a appelé le représentant du Canada. 

M. ALBERT SHINGIRO (Burundi) a souligné que tous les civils ont besoin d’une protection contre les actes délibérés d’abus et de violences et a appelé les États Membres à agir collectivement pour défendre les droits des communautés religieuses vulnérables qui sont persécutées dans des situations de conflit armé.  Il les a également appelés à continuer de travailler pour prévenir l’utilisation du viol comme arme de guerre et celle de l’esclavage sexuel.

M. Shingiro a ensuite invité le Conseil de sécurité à s’engager davantage, tant sur les plans politique que juridique, à mettre fin aux atrocités en appliquant notamment des actions ciblées « mais non discriminatoires » contre les auteurs d’actes de violence à l’encontre des civils.  Le représentant du Burundi a également souligné que les efforts de protection des civils doivent être inclusifs et qu’ils ne doivent pas être utilisés à mauvais escient.  Il faut éviter autant que possible le recours aux approches sélectives contre « certaines populations civiles en détresse dans certaines zones de conflit hautement politisées », a-t-il dit.  Il a aussi estimé que toute démarche unilatérale prise au nom d’une quelconque théorie de protection des civils dans le mépris de la Charte est à décourager.  La protection des civils ne doit pas en outre servir de prétexte à des changements de régime, a-t-il ajouté.

Pour mener à bien l’action commune en faveur de la protection des civils, M. Shingiro a appelé les parties engagées dans un conflit à faire respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme.  Il a également constaté un besoin urgent d’aller vers des interactions plus fréquentes avec les groupes non étatiques pour qu’ils respectent les normes de protection des civils, précisant que cette démarche ne signifie pas qu’il y a une reconnaissance de ces groupes.  Le représentant a aussi appelé à ce que les missions de maintien de la paix qui sont mandatées pour protéger les civils disposent des ressources et des forces nécessaires pour accomplir convenablement leur tâche.  Il a également jugé nécessaire d’œuvrer beaucoup plus à la facilitation de l’arrivée de l’aide humanitaire car, a-t-il signalé, ceux qui ne meurent pas par balle peuvent mourir de faim dans les zones inaccessibles, du fait des combats.  Enfin, M. Shingiro a appelé le Conseil de sécurité à exercer un leadership pour qu’une réponse soit trouvée au niveau international lorsque les autorités nationales ne parviennent pas à protéger les civils, et à prendre les mesures nécessaires pour poursuivre les auteurs de crimes de guerre et de violation des droits de l’homme.

M. HIROSHI MINAMI (Japon) s’est rallié à la déclaration faite par la délégation de la Suisse au nom du Groupe des amis de la protection des civils dans les conflits armés.  Il a souligné que, de façon générale, les femmes et les filles souffrent plus que les autres groupes de personnes des conflits armés, parce qu’elles sont souvent prises pour cible.  Elles souffrent davantage parce qu’elles sont plus susceptibles d’être violées, mariées et prostituées de force ou d’être victimes d’autres types de violences sexuelles, a-t-il ajouté.  C’est pourquoi elles doivent faire l’objet d’une protection particulière.  Il a indiqué que le Gouvernement du Japon, ainsi que la société japonaise, avaient travaillé assidument à l’élaboration d’un plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité, grâce à un cadre qui favorise leur participation à la vie publique, ainsi que la prévention des violences, la protection à laquelle elles ont droit et le suivi des décisions prises en leur faveur.

Le représentant a ensuite souligné que les femmes sont des acteurs indispensables dans la société et y jouent un rôle positif.  Le Japon a accueilli l’Assemblée mondiale pour les femmes (WAW!) en septembre 2014, a indiqué M. Minami.  C’est un évènement fructueux qui sera organisé à nouveau l’an prochain, a-t-il annoncé.  M. Minami a aussi indiqué que son pays s’était engagé à consacrer plus de 3 milliards de dollars à l’aide publique au développement au cours de la période 2013-2015, ceci en faveur de l’autonomisation des femmes et de l’égalité des sexes.  1,8 milliard de dollars ont déjà été versés.  Il a détaillé ce qui avait pu être fait grâce à cette aide, parlant par exemple de la formation fournie, conjointement avec le Gouvernement turc, à 200 femmes afghanes officiers de police.  Le Japon a aussi porté assistance à des personnes déplacées et à des réfugiés syriens, en soutenant un projet élaboré par ONU-Femmes, a indiqué M. Minami.  En outre, a-t-il ajouté, le Japon est le premier donateur en ce qui concerne le Bureau et les activités du Représentant spécial du Secrétaire général sur la violence sexuelle en RDC et en Somali

 M. MUHAMMAD ANSHOR (Indonésie) a insisté sur la nécessité de bâtir une culture de paix et a appelé la communauté internationale à accorder davantage d’attention à la prévention des conflits par l’intermédiaire, notamment de la résolution pacifique de différends.  Il a également appelé les parties à un conflit à pleinement respecter le droit international humanitaire et la législation des droits de l’homme et à veiller à la protection des groupes les vulnérables, entre autres.  Le représentant a aussi engagé l’ONU à renforcer son appui aux efforts déployés par les États pour renforcer leurs capacités nationales en matière de protection.  M. Anshor a en outre estimé que la protection des civils en situation de conflit armé doit reposer sur les piliers droits de l’homme, sécurité et développement.

Le représentant de l’Indonésie a par ailleurs appelé le Conseil de sécurité à faire usage des contributions émanant des initiatives pertinentes prises par les États Membres en dehors du cadre de l’ONU, comme, par exemple, le Sommet mondial pour mettre un terme à la violence sexuelle dans les situations de conflit, récemment organisé par le Royaume-Uni.

M. HASSAN HAMID HASSAN (Soudan) a espéré que les délibérations du Conseil de sécurité en matière de protection des civils déboucheraient sur des recommandations qui devraient éviter le double écueil de la sélectivité et de la politisation de leur mise en œuvre.  Le représentant a en outre demandé au Conseil de sécurité de faire en sorte que les messages envoyés aux mouvements armés soient clairs et sans équivoque dans ce domaine.  Revenant sur les allégations du représentant des États-Unis portant sur le conflit au Darfour, le représentant a dénoncé « des informations fondées sur des rumeurs propagées par une radio locale opérée par des milices, et qui n’est pas fiable ».  Les Nations Unies ont rejeté ces allégations après une visite des lieux, a protesté le représentant du Soudan qui a regretté qu’alors qu’un grand nombre de conflits sont examinés par le Conseil de sécurité, celui-ci fait preuve de deux poids deux mesures et ne prend aucune action pour s’opposer à certaines parties engagées dans ces conflits. 

Sans paix sur le terrain, les opérations de maintien de la paix ne sont pas capables de protéger les civils, a estimé le représentant.  La protection des civils exige non seulement la paix mais aussi des projets de développement et de réinsertion sociale des victimes.  La protection des civils est noble, mais le Soudan est préoccupé par l’instrumentalisation politique de ce principe par certains États.  Le représentant a aussi dénoncé le fait que le principe de la protection des civils ait donné lieux à des interprétations diverses par les États Membres.  Il a souligné l’importance du respect de la souveraineté des États sur cette question.

M. OSAMA ABDELKHALEK MAHMOUD (Égypte) a déploré qu’en dépit de l’adoption de la résolution 1325 et du cadre juridique établi pour appuyer la protection des civils, trop peu d’attention est accordé aux souffrances infligées par les terroristes aux femmes et aux filles.  Il a constaté qu’un énorme fossé persiste entre l’adoption et la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité et a appelé les États Membres à déployer plus d’efforts pour mettre un terme à cette situation.  Le représentant de l’Égypte a également estimé que les mesures de justice transitionnelle doivent contenir des procédures pour punir les auteurs de violence contre les femmes et les filles.  Il a également souhaité que le programme « femmes, paix et sécurité » reçoive davantage de ressources.

Poursuivant son intervention, le représentant a souligné que le traitement des causes profondes des conflits doit se faire en vertu des priorités établies par l’État concerné.  Il s’est également inquiété du danger que pose le terrorisme pour le respect des droits des femmes et a appelé les États Membres à redoubler d’efforts pour éradiquer ce fléau.

M. MASOOD KHAN (Pakistan) a dit que le Conseil de sécurité devait travailler à mettre fin à l’impunité dont jouissent souvent les auteurs des violations des droits des femmes et des enfants.  Les mesures et les outils à mettre en œuvre contre ces pratiques doivent être renforcés et viser à étrangler les sources financières des groupes terroristes.  Le représentant a proposé la rationalisation des moyens actuels de lutte contre la violence et l’impunité, l’élimination des obstacles posés aux actions humanitaires, et la mise en place de la protection des civils sur le terrain.  Il a également suggéré que le Conseil de sécurité consacre une séance de travail à la lutte contre l’extrémisme violent.  Parlant de la contribution du Pakistan, pays contributeur de contingents aux OMP, le représentant a parlé de la nécessité de dispenser des formations particulières aux personnels de maintien de la paix en vue de renforcer la confiance des agents de maintien de la paix.

M. STEFAN BARRIGA (Liechtenstein) a indiqué que sa délégation s’alignait sur les termes de la déclaration faite par le représentant de la Suisse, au nom du Groupe des amis pour la protection des civils dans les conflits armés, et a demandé qu’on ne sépare pas la protection des femmes de leur participation aux mesures à mettre en œuvre.  Il faut, a-t-il expliqué, que les femmes prennent part à la recherche de solutions aux conflits, ce qui implique de les autonomiser en tant que membre à part entière de la société avant que n’éclate tout conflit.  Le représentant a appelé à mieux reconnaitre le rôle crucial des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, ainsi que dans la consolidation de la paix.  M. Barriga a recommandé aux hauts fonctionnaires de l’ONU de donner l’exemple en déployant suffisamment de conseillers sur la question du genre et en mettant l’accent sur l’inclusion des femmes dans les efforts de résolution des conflits.  Il a salué, à cet égard, les exemples de Mme Hilde Johnson (responsable au Soudan du Sud) et de Mary Robinson (chargée de la région des Grands Lacs).  Il n’y a pas en ce moment un problème de fond concernant les mesures à prendre, a-t-il précisé, mais il s’agit de donner la priorité à ces questions au moment où il est procédé à l’affectation des fonds et des ressources.  Il a également mis l’accent sur le rôle important des juridictions nationales et internationales, non seulement pour que les criminels rendent des comptes, mais aussi comme effet dissuasif.  Enfin, M. Barriga a demandé de protéger au mieux les personnes handicapées qui sont plus vulnérables que les autres groupes de personnes durant les conflits.  C’est une question qui ne reçoit pas assez d’attention, a-t-il regretté.

      Pour améliorer substantiellement les efforts de protection des femmes et des enfants en période de conflit, et pour s’attaquer aux causes sous-jacentes de l’inégalité des sexes, Mme CAITLIN WILSON (Australie) a souligné qu’il est nécessaire d’améliorer la participation des femmes dans les efforts de prévention et de protection.  Nous devons aussi nous opposer à la culture d’impunité qui existe concernant les violations des droits des femmes et assurer que les coupables rendent des comptes pour les crimes qu’ils commettent contre les femmes et les filles.  La représentante a ensuite évoqué l’importance de l’autonomisation économique et politique des femmes, qui est un élément fondamental dans le renforcement de la protection des femmes et des enfants, ainsi que la sécurisation de leurs moyens de subsistance dans les situations d’après-conflit.  La représentante a également souligné la nécessité de s’assurer que les missions et agences des Nations Unies soient capables de collecter, analyser et fournir des informations et des données au Conseil de sécurité qui portent sur les aspects de la problématique hommes-femmes du travail qu’elles accomplissent dans leurs domaines respectifs.  Elle a ajouté que l’année 2015 offre à la communauté internationale l’unique opportunité de renforcer l’architecture des Nations Unies sur les droits des femmes et des filles.  Les examens qui seront menés en cette année sur la résolution 1325 du Conseil de sécurité, sur les opérations de maintien de la paix et sur la consolidation de la paix viennent à point, a-t-elle estimé.

M. PAWEL RADOMSKI (Pologne) a qualifié de « triste paradoxe » le fait qu’en 2014, lorsque la question de la protection des femmes avait été si largement mise en avant et que de nombreuses actions avaient été prises, les femmes continuaient à être toujours victimes d’actes inqualifiables de violence, d’enlèvements, d’esclavage sexuel, de torture et de viol.

M. Radomski a estimé que les causes profondes de tous ces problèmes se trouvent dans le manque de respect pour les femmes et les filles et dans les cycles de pauvreté multigénérationnels.  Il a plaidé pour une pleine intégration des femmes dans les processus de paix, à tous les stades et dans toutes les activités de suivi, y compris dans le rétablissement de l’état de droit, ainsi que dans les processus d'élaboration d'une constitution et d’une justice transitionnelle.

Les femmes et les filles doivent être consultées à chaque étape de l’activité de consolidation de la paix et doivent jouer un rôle actif dans la lutte contre les causes des conflits, a-t-il également estimé.  Il a souligné la nécessité de prendre des mesures pour que les auteurs d’abus sexuels en soient tenus responsables et que des réparations soient accordées aux victimes de la violence sexuelle.

M. TIM MAWE (Irlande) a jugé nécessaire d’examiner l’intégration des priorités en matière de droits de l’homme aux mandats des opérations de maintien de la paix de l’ONU, en mettant notamment l’accent sur la situation des femmes et des filles.  Il a appuyé la mise en œuvre de l’Initiative « Les droits de l’homme avant tout », ajoutant que toute violation des droits de l’homme devrait être considérée comme le signe précurseur d’un possible conflit.  Le représentant a également estimé que le savoir, l’expérience et la perspective des femmes doivent être intégrés dans tous les pourparlers sur les situations de conflit et postconflit.  Il a notamment jugé nécessaire d’augmenter le nombre de femmes participant à la planification et à la mise en œuvre de processus liés à la paix et à la sécurité internationales, y compris en matière de désarmement, de non-prolifération et de contrôle des armes.

 Poursuivant son intervention, le représentant de l’Irlande a appelé l’ONU à faire preuve de leadership pour veiller à la représentation équitable des femmes au sein des processus postconflit, moyennant notamment le déploiement, dans les opérations de maintien de la paix et les missions politiques spéciales, de conseillers sur la sexospécificité.  M. Mawe a aussi souligné que, pour assurer la crédibilité de l’ONU en matière de protection des civils, les troupes déployées dans des théâtres de conflit doivent bénéficier des moyens et de la volonté nécessaires pour remplir leur mandat difficile.

      Après avoir souligné les progrès significatifs accomplis par la communauté internationale en matière de renforcement du cadre normatif de la protection des civils, M. FERIT HOXHA (Albanie) a dit qu’il était important de rappeler la nécessité, pour le Conseil de sécurité, d’agir rapidement et résolument dans toutes les situations affectant les civils.  Le représentant a en outre reconnu l’importance, en matière de justice, de la reddition de comptes pour les auteurs des violations des droits de l’homme.  En créant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et celui pour le Rwanda, et en envoyant les situations au Darfour et en Libye à la Cour pénale internationale, le Conseil de sécurité a donné l’exemple, s’est félicité M. Hoxha.  Il est également important d’assurer l’aide humanitaire et le financement des services médicaux et juridiques, ainsi que celui des moyens de subsistance des femmes affectées par les conflits armés et les situations postconflit.  Le rôle de la société civile est lui aussi important, a souligné le représentant.  Il a indiqué que la commémoration du vingtième anniversaire du massacre de Srebrenica et du dixième anniversaire du Sommet mondial de 2005 offre l’opportunité pour tous de renouveler l’engagement pris lors du Sommet mondial de protéger les populations, dont les femmes, les filles, les personnes âgées, les garçons et les hommes du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité.

Mme MÓNICA BOLAÑOS PÉREZ (Guatemala) a conseillé de tenir compte du traumatisme que vivent les femmes et les filles lorsqu’elles sont déplacées de force.  Il faut prévoir une aide pour qu’elles puissent se remettre de ce genre de situation et reprendre le cours d’une vie normale, notamment trouver un travail et jouir ainsi de la dignité et de la liberté.  Cela inclut également l’école pour les enfants, même dans les camps de réfugiés, car il est important qu’ils retrouvent un semblant de routine, a dit Mme Bolaños Pérez.  Elle a fait remarquer que l’autonomisation des femmes commence dès l’enfance avec l’accès à l’enseignement et la protection de leurs droits.  Mme Bolaños Perez a estimé qu’il ne faut pas considérer les femmes seulement comme des victimes de la guerre, car même dans ce genre de situation elles assument des fonctions importantes comme assurer la subsistance de la famille et participer à l’instauration de la paix à l’échelle communautaire.  Elle a souligné le rôle inégalable que jouent les femmes pendant les processus de paix, dans la médiation, au cours des négociations, et comme expertes techniques.  En outre, face à la montée de l’extrémisme, elle a jugé utile d’édifier des sociétés où règne l’égalité entre les sexes.  En ce qui concerne le Conseil de sécurité, elle lui a recommandé d’utiliser avec cohérence les outils à sa disposition pour imposer des sanctions ou saisir la CPI.  La protection des civils est une obligation juridique, a-t-elle précisé.  Elle a aussi demandé à l’ONU de mieux former les Casques bleus qui sont déployés sur le terrain, afin qu’ils soient davantage conscients des besoins particuliers des femmes et des filles.

M. PETER VAN DER VLIET (Pays-Bas) a fait observer que lorsque le rôle des femmes, en tant que contributrices au processus de paix, est mis à mal, la stabilité des sociétés et la paix elle-même sont érodées.  Il a estimé que les besoins de protection des femmes et des filles doivent être plus systématiquement intégrés à l’agenda de protection des civils.  En la matière, les Pays-Bas appuient l’initiative des femmes syriennes pour la paix et la démocratie.  Le représentant a également indiqué que son pays veille à la bonne formation de son personnel de maintien de la paix, précisant qu’entre 2007 et 2017, les Pays-Bas avaient versé une contribution de 54 millions de dollars au renforcement des capacités par l’intermédiaire du programme de formation et d’assistance aux opérations des contingents onusiens en Afrique.  Les Pays-Bas ont également financé le projet d’ONU-Femmes sur la formation des femmes officiers militaires.

Le représentant a ensuite annoncé l’organisation, par son gouvernement, les 16 et 17 février, d’une conférence sur les femmes, la paix et la sécurité qui, a–t-il précisé, mettra l’accent sur le renforcement de la participation et du leadership des femmes pendant la consolidation de la paix.  M. Van Der Vliet a aussi insisté sur l’importance de la prévention et de la médiation, et il a estimé que les femmes et les filles doivent être placées au cœur des efforts allant dans ce sens.  Il a également appelé le Conseil de sécurité à fermement condamner les atrocités de masse et a appuyé la proposition de la France visant à limiter l’utilisation du droit de veto face à ces situations.  Le représentant des Pays-Bas a, par ailleurs, dénoncé les attaques qui prennent pour cible le personnel humanitaire et médical et a appelé le Conseil de sécurité à les condamner.

Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a remarqué que, 20 ans après le massacre de Srebrenica, les femmes restent parmi les personnes les plus vulnérables dans les situations de conflit qui se prolongent, en particulier à cause des déplacements.  Elle s’est souvenue que la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, lors d’une réunion du Conseil de sécurité tenue en octobre 2014, avait souligné l’écart énorme qui existe entre les faits et la réalité en matière de respect des droits.  Elle a toutefois salué les plans d’action nationaux ou régionaux adoptés par plus de 80 pays pour mettre en œuvre des programmes sur les femmes, la paix et la sécurité.  Mme Perceval a estimé que la manière la plus efficace de protéger les femmes contre la violence est de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.  Celles-ci doivent pouvoir participer aux processus politiques et à la gouvernance, ainsi qu’accéder aux ressources socioéconomiques.  Dans les situations de conflit, il faut, a-t-elle recommandé, que l’assistance humanitaire inclut toute une gamme de services économiques, juridiques, psychologiques et de santé, y compris les services de santé sexuelle et reproductive.  Elle a demandé d’inclure des dispositions sur l’égalité des sexes dans tous les mandats des missions de maintien de la paix de l’ONU.  En outre, elle a préconisé de renforcer les mesures judiciaires à l’encontre des auteurs des violences sexuelles et sexistes.  Enfin, elle a souhaité voir s’améliorer la qualité des informations et des analyses portant sur les répercussions des conflits sur les femmes et les filles.

M. ALI AHMAD HAYDAR (République arabe syrienne) a déclaré que les 70 dernières années avaient démontré que l’ONU n’avait pas été à la hauteur de l’espoir de ses pères fondateurs, dénonçant notamment le fait que la question de la protection de civils continue d’être exploitée de « manière sélective ».  Il a notamment pointé du doigt la violation de l’intégrité territoriale de la Lybie par une coalition armée sous prétexte de protection de sa population civile.  C’est uniquement en répondant aux causes des conflits qu’il sera possible d’assurer la protection des civils, a indiqué le représentant.  Il a également soutenu que c’est à l’État concerné que revient la responsabilité de protéger sa population du terrorisme, et a ensuite lancé un appel au respect des principes de souveraineté et de non-ingérence.  Il a dénoncé toute approche discrétionnaire de la question concernant la protection des civils.  L’exploitation de cette question par certains États Membres dans le but d’imposer des mesures sélectives portera préjudice au rôle du Conseil de sécurité, a-t-il notamment averti.

Le représentant de la Syrie a ensuite dénoncé l’imposition de mesures coercitives unilatérales à des États, mesures qui ont notamment pour conséquence, a-t-il affirmé, de pousser des populations civiles à se déplacer, devenant dès lors victimes d’exploitations en tous genres.  Il a également dénoncé les politiques d’agression d’Israël et son appui aux « groupes terroristes » qui sévissent dans le Golan syrien.  Le délégué a aussi affirmé que la cause principale des souffrances des femmes syriennes repose dans le fait qu’elles sont exploitées à des fins de traite par des organisations terroristes armées.  Il a appelé les États qui appuient le terrorisme à mettre fin à leurs activités destructrices.  Il a ensuite déclaré que la « soi-disant coalition internationale » intervenant en Iraq et en Syrie avait récemment pris pour cible un centre pour sourds-muets et a, par ailleurs, détruit de nombreux centres d’activités économiques en Syrie.

M. JUAN CARLOS MENDOZA-GARCÍA (Costa Rica) s’est dit préoccupé par les campagnes de violence menées contre les femmes et par les actes des groupes extrémistes qui ciblent les femmes et les filles, notamment en prenant prétexte de pseudocodes vestimentaires, de conditions de voyage ou de modes de vie pour les asservir.  Le représentant a condamné toutes les formes de terrorisme.  Il a déploré les actes commis par Boko Haram au Nigéria et par l’« État islamique d’Iraq et du Levant » et en Syrie.  Il a exhorté le Conseil de sécurité à redoubler d’efforts contre ces actes barbares et à utiliser les comités de sanctions à cette fin.  Le représentant a aussi exprimé l’inquiétude du Costa Rica face aux impacts que cause l’utilisation d’armes à sous-munition contre les femmes et les enfants.  Il a appelé les États qui sont signataires de la Convention sur le commerce des armes à la ratifier et a invité ceux qui ne l’ont pas encore signé et ratifié à en devenir parties.  Il a demandé que l’utilisation d’explosifs à fort impact soit interdite dans les endroits densément peuplés. 

M. JĀNIS MAŽEIKS (Lettonie), qui a également parlé au nom de l’Estonie, a déclaré qu’il appuyait les efforts visant à intégrer la problématique hommes-femmes dans les opérations de maintien de la paix.  Ces opérations ont besoin d’être équipées de mandats forts qui mettent la protection des civils, y compris la prévention de la violence sexuelle et basée sur le sexe, au premier rang de leurs préoccupations.  Les éléments fondamentaux d’une mise en œuvre effective de ces mandats sont: une formation appropriée pour le personnel de maintien de la paix et les responsables des missions; une coordination efficace entre les composantes des différentes missions et entre les opérations de maintien de la paix et d’autres acteurs des Nations Unies sur le terrain; et une coopération étroite avec la population locale, la société civile et les institutions locales. 

Une réflexion adéquate sur les violations des droits des femmes dans les rapports périodiques des opérations de maintien de la paix et des missions politiques spéciales au Conseil de sécurité est aussi cruciale, a estimé le représentant.  La Lettonie et l’Estonie croient que les questions relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité devraient être intégrées dans les différents examens et évaluations en cours aux Nations Unies.  L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sont importantes pour relever les défis de la sécurité, auxquels font face les femmes.  La représentation et la participation des femmes à tous les niveaux et à tous les stades du processus de prise de décisions dans les situations de conflit et d’après-conflit sont essentielles pour prendre en compte les droits fondamentaux et les préoccupations des femmes, a expliqué le représentant.

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a appelé les États Membres, les organisations régionales, les organes et entités du système des Nations Unies et les organisations de la société civile à unir leurs efforts pour assurer un environnement protecteur pour les civils dans les situations de conflit armé.  Le Conseil de sécurité, en particulier, doit faire preuve de cohérence dans son approche, a-t-elle ajouté, en lui recommandant de s’assurer que les responsables des crimes commis contre les civils soient traduits en justice et de prendre des mesures ciblées à l’encontre des responsables de graves violations des droits de l’homme.  Lors de ses visites sur le terrain, le Conseil doit aborder de façon systématique la question de la protection des femmes avec les autorités concernées, a-t-elle aussi suggéré.  En ce qui concerne les missions de maintien et de consolidation de la paix, elle a souhaité qu’elles soient dotées d’un mandat et de ressources adéquates pour protéger les civils, notamment à travers le déploiement de trois types de conseillers ayant des compétences sur le genre, sur la protection des femmes, et sur la protection de l’enfant.  Le Conseil doit aussi inviter régulièrement à ses débats le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, la Représentante spéciale du Secrétaire général sur les violences sexuelles dans les conflits, ou encore la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, a préconisé Mme Lucas.  Enfin, elle a plaidé en faveur d’une plus grande participation des femmes à la médiation, à la résolution des conflits, et aux processus politiques, qui sont des mesures que soutient le Luxembourg par le biais d’un programme du Département des opérations de maintien de la paix.

M. LEVENT ELER (Turquie) a estimé que l’élimination des causes premières des conflits est le meilleur moyen de prévenir la violence sexuelle à l’encontre des femmes.  À court terme, le représentant a insisté sur l’importance de protéger les femmes de ces violences, de traduire les auteurs de tels actes en justice et de trouver une réponse multisectorielle à ce fléau.  Il a aussi dit qu’il est important de veiller à l’autonomisation sociale et économique des femmes et des filles déplacées.

Le représentant a ensuite passé en revue certaines des mesures prises par la Turquie pour faire face aux situations de déplacements forcés provoquées par les « tragédies » en cours en Syrie et en Iraq.  Il a notamment expliqué que la Turquie met la priorité sur la participation des femmes à la gestion des camps de réfugiés.  De nombreuses femmes sont par ailleurs employées dans les camps pour fournir des services de santé et d’éducation, un accent notable étant placé sur la santé psycho-sociale et reproductive.  Des mesures ont également été prises pour prévenir les agressions au sein des camps et protéger les groupes vulnérables, ainsi que pour prévenir la violence sexuelle et domestique à l’extérieur des camps là où vivent d’importantes communautés de personnes déplacées.  D’autre part, a poursuivi le représentant, 68 000 enfants syriens ont été scolarisés et près de 40 000 adultes ont pu suivre un programme de formation professionnelle en Turquie.  Le représentant a ensuite appelé la communauté internationale à renforcer ses efforts pour s’assurer qu’aucune génération perdue ne voit le jour dans la région, faute d’avoir pu lui donner un espoir pour son avenir.

M. MAHLATSE MMINELE (Afrique du Sud) a indiqué que son pays était fortement engagé en faveur de la protection des civils dans les situations de conflit armé, y compris la mise en œuvre de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité.  Il a fait état de la préoccupation qu’éprouve l’Afrique du Sud concernant le manque de volonté politique pour trouver une solution aux vulnérabilités des civils pris au piège des conflits et face au manque de protection des populations en Palestine et au Sahara occidental.  Les enfants et les femmes dans ces situations de conflit armé n’ont pas connu depuis des décennies de vie décente, ni de paix et de sécurité, et l’opportunité d’éduquer les enfants dans un environnement sûr.  Dans ce contexte, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement reste hors de portée, a estimé le représentant.

Si les efforts de la communauté internationale pour la protection des enfants dans les conflits armés sont les bienvenus, la participation de toutes les parties prenantes doit être recherchée, a-t-il aussi suggéré.  Les acteurs internationaux et les organisations extérieures doivent apporter une aide constructive et respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays concernés, et s’abstenir d’interférence dans les affaires intérieures de ces États, a encore déclaré le représentant.  À cet égard, l’Afrique du Sud croit que le dialogue inclusif et la réconciliation nationale devraient être promus dans l’objectif de réduire les chances de retour à la violence. 

M. VLADIMIR DROBNJAK (Croatie) a constaté que pendant les sept décennies qui ont suivi la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, le monde n’a cessé de dire « plus jamais ça » alors qu’il continue d’être le témoin de crimes horribles commis contre des civils, notamment au Rwanda, à Srebrenica et plus récemment en Syrie, dans le nord du Nigéria, où Boko Haram poursuit sa campagne de terreur, ainsi qu’en Iraq, où des atrocités sont commises par l’« État islamique d’Iraq et du Levant » (EIIL).  Le représentant s’est également inquiété des actes de violence perpétrés à l’encontre des femmes et des filles, notamment les actes de viol.  Il a parlé des horreurs qu’ont subies de nombreuses femmes croates pendant la « guerre de la patrie » des années 90.  Vingt ans après ces actes d’atrocités, ces femmes, leur famille et leur communauté cherchent toujours à surmonter leurs conséquences dévastatrices, a-t-il déploré.

Le représentant a ensuite appelé la communauté internationale à faire davantage pour prévenir ces abus et réagir aux actes de violence sexuelle commis en situation de conflit.  La Croatie souhaite notamment que le viol et d’autres formes de violences sexuelles soient inscrits au chapitre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité contre lesquels la Cour pénale internationale (CPI) peut exercer sa compétence.

M. Drobnjak a aussi parlé des besoins de protection des femmes qui se retrouvent enceintes suite à un viol, soulignant la nécessité d’assurer le plein accès des victimes à des services de soins physiques et psychologiques.  Le représentant a, par ailleurs, estimé que l’infrastructure de protection des civils de l’ONU doit permettre aux femmes de jouer des rôles plus importants dans le cadre des opérations de maintien et de consolidation de la paix.  Il a ensuite souligné le rôle essentiel que joue la CPI pour assurer la protection des civils dans les situations de conflit armé, et a appelé au renforcement des liens de la Cour avec le Conseil de sécurité.

M. FREDERICK M. M. SHAVA (Zimbabwe), s’exprimant au nom de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), a rappelé que les trois quarts des réfugiés et des déplacés des zones en conflit sont des filles et des femmes.  Il a ajouté que les déplacements aggravent les inégalités existant entre les genres, et amplifient les risques de pauvreté, de trafic humain, d’exploitation sexuelle et de mariage précoce, ainsi que de mariages forcés.  Il a indiqué que le lancement, le 2 juin dernier, à Addis-Abeba, du Programme de l’Union africaine sur le genre, la paix et la sécurité, atteste de l’engagement de l’Afrique pour trouver des solutions aux défis et besoins auxquels les femmes et les filles font face au cours des conflits et dans les situations postconflit.  Au niveau sous-régional, il a déclaré que le Protocole de la SADC sur le genre et le développement, signé en août 2008, entend œuvrer à l’harmonisation des divers engagements pris par les États d’Afrique australe en vue de réaliser l’égalité des genres.  M. Shava a souligné que l’article 28 dudit Protocole milite en faveur d’une participation équitable des femmes et des hommes à la résolution des conflits et à la consolidation de la paix.  M. Shava a enfin préconisé que les crimes contre les femmes et les filles en période de conflit soient combattus en s’assurant que les auteurs de tels actes puissent en répondre devant la justice.

Mme PAIK JI-AH. (République de Corée) a plaidé afin que le Conseil de sécurité intègre davantage les questions des femmes, de la paix et de la sécurité dans son programme de travail de manière plus systématique.  Mme Paik Ji-Ah a également souhaité que le Conseil établisse des mandats spécifiques pour la protection des femmes et des filles dans le cadre des opérations de maintien de la paix.  Elle a en outre noté qu’en vue de mettre en place une politique de tolérance zéro en matière d’exploitation et d’abus sexuels, il serait opportun de mettre l’accent sur la question du genre au cours des formations qui précèdent le déploiement des soldats de la paix.  Elle a, par ailleurs, préconisé le déploiement de plus de femmes servant comme conseillères en charge de la protection.  Ensuite, a relevé la représentante, l’autonomisation et la participation des femmes doivent être renforcées dans le cadre des opérations de maintien de la paix, en période postconflit et dans le processus de consolidation de la paix.  La reddition des comptes est la clef de la protection des femmes et des filles dans le contexte des conflits armés.  À ce propos, a déclaré la délégation de la République de Corée, le Conseil de sécurité peut user de mesures telles que la saisine de la Cour pénale internationale, ou la désignation de commissions internationales d’enquête.  Il serait également judicieux de renforcer les systèmes nationaux de justice afin de s’assurer que la reddition des comptes est effective en cas de crimes et de violences à caractère sexuel à l’encontre des filles et des femmes en période de conflit.

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a indiqué que 2014 avait été l’année la plus meurtrière pour son pays depuis 2001, à cause des Taliban et autres groupes armés extrémistes.  Ces groupes prennent pour cible les civils et méprisent la vie humaine, a-t-il déploré.  Il a estimé cependant que s’attaquer à des civils était un signe de faiblesse.  Ces violences constituent de graves violations du droit international humanitaire et des préceptes fondamentaux de l’islam, a-t-il souligné.  Le représentant a souligné que les Afghanes avaient souffert de la guerre pendant plus de 30 ans.  L’an dernier, 12% de femmes de plus ont été tuées et blessées comparé aux autres années.  Même lorsque leurs vies ne sont pas menacées, les femmes afghanes souffrent de la violence de la guerre dans leur vie quotidienne, a-t-il remarqué.  Il a indiqué que le Gouvernement afghan s’attachait en priorité à atténuer les conséquences du conflit sur les femmes, en mettant en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité par le biais d’un plan d’action national.  Le Gouvernement afghan reconnaît en outre l’importance de la participation des femmes dans les efforts visant à mettre fin à un conflit.  M. Tanin a aussi parlé des efforts menés par son pays pour lutter contre le terrorisme, dans le but notamment de garantir la sécurité des civils.  Il a regretté par ailleurs le nombre de morts causées par des restes explosifs de guerre, qui touchent en particulier les enfants.  Il a demandé d’aider les forces afghanes à marquer les zones à risque et à dégager les restes explosifs des champs de bataille.

M. OLIVIER NDUHUNGIREHE (Rwanda) a indiqué qu’alors que l’ONU s’est dotée de tout un arsenal de stratégies pour améliorer et assurer la mise en œuvre des mandats de protection de civils, le Rwanda demeure extrêmement préoccupé par l’augmentation du nombre de conflits dans le monde et par la prise pour cible délibérée de civils.  Il a aussi averti que les opérations de maintien de la paix qui sont mal préparées et qui ne disposent pas des moyens de répondre aux violences à large échelle perpétrées à l’encontre des populations civiles, risquent de s’effondrer.  M. Nduhungirehe a ensuite annoncé la tenue, les 28 et 29 mai à Kigali, d’une conférence internationale sur la protection des civils en situation de conflit armé, organisée dans le but d’assurer une meilleure mise en œuvre des mandats de protection des missions de maintien de la paix.

Le représentant du Rwanda s’est ensuite inquiété de la persistance de la présence des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), qui sont un « mouvement génocidaire » qui, s’est-il alarmé, continue de se servir des civils comme bouclier humain.  Il a appelé la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) à s’engager davantage à neutraliser ce groupe.  Quatre semaines après l’expiration de l’échéance donnée aux FDLR pour un désarmement pacifique, les combattants de ces groupes ne l’ont pas fait et le temps est donc désormais à l’action, a-t-il lancé.  M. Nduhungirehe a aussi évoqué les situations au Soudan du Sud, en Syrie et en Iraq et a appelé la communauté internationale à user de tous les recours possibles pour sauver les populations qui se trouvent dans une situation désespérée.  Le représentant a par ailleurs appelé à la pleine mise en œuvre de la résolution 1325, moyennant notamment l’intégration de conseillers sur la protection des femmes au sein des unités de protection des droits de l’homme.  Les femmes doivent également avoir un rôle mieux défini dans le contexte du redressement postconflit, a-t-il estimé.

M. YASHAR ALIYEV (Azerbaïdjan) a constaté que l’inaction face aux souffrances des civils, ainsi que la prévalence de l’impunité, représentent des défis de taille.  Il a estimé qu’une attention notable doit être accordée à la protection des civils contraints de quitter leur foyer à la suite d’un conflit armé.  Il s’est aussi inquiété des situations où le statut de civils est contesté, ainsi que des cas d’enlèvement et de détention illégale de personnes civiles.

Le représentant a ensuite accusé l’Arménie d’avoir enlevé MM. Shakhbaz Quliyev et Dilgam Askarov alors qu’ils étaient venus se recueillir sur la tombe de leurs parents dans « la région occupée de Kalbajar de l’Azerbaïdjan ».  Il a affirmé que l’Arménie avait formulé des chefs d’accusation fallacieux à leur encontre, pour ensuite souligner que ces deux hommes avaient été capturés sur « leur propre territoire, dans le cadre des frontières internationalement reconnues de la République d’Azerbaïdjan ».  Il a aussi dénoncé le fait que M. Askarov « avait été condamné à perpétuité et M. Guliyev à 22 ans d’incarcération ».  Le représentant de l’Azerbaïdjan a appelé le Conseil de sécurité à intervenir pour mettre un terme à la « détention illégale » de ces deux hommes « avant qu’il ne soit trop tard ».

M. ANDRIY TSYMBALIUK (Ukraine) a soutenu les efforts des États Membres visant à mettre en œuvre la résolution 2122 (2013) du Conseil de sécurité qui porte sur les violations des droits de l’homme dont souffrent les femmes dans les conflits armés et dans les situations postconflit.  Il a en même temps fait remarquer que la mise en œuvre de la protection des femmes dans les régions de Donetsk et de Lougansk, en Ukraine, « est gravement sapée par les violations systématiques des Conventions de Genève par la Fédération de Russie et par l’agression de ce pays contre le territoire ukrainien ».  Il a exhorté tous les pays à faire leur possible pour assurer la mise en œuvre des dispositions de la résolution 1325 du Conseil de sécurité partout où les femmes sont visées par la violence et sont victimes de déplacements.  Le Gouvernement de l’Ukraine, en consultation avec les agences de l’ONU et la société civile, poursuit ses efforts pour mettre en œuvre ce texte et inclure les femmes dans la prévention et la résolution des conflits, a-t-il dit.  Il a déploré que « les groupes terroristes armés et appuyés par la Russie continuent d’attaquer ouvertement l’est de l’Ukraine », faisant des morts parmi les civils et 921 640 personnes déplacées à ce jour, dont deux tiers sont des femmes.  La mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine a constaté que, dans la région de Donetsk, les femmes représentent 15% des personnes tuées et blessées du fait des violences, a estimé le représentant.  Il s’est aussi dit préoccupé par les « enlèvements d’Ukrainiens et par leur transfert vers la Russie pour y être interrogés ».  Il a demandé que la Fédération de Russie « respecte ses obligations en vertu du droit international ». 

M. JAVAD SAFAEI (République islamique d’Iran) a réagi à ce qu’il a qualifié d’« allégations infondées » de la part d’Israël, et a qualifié d’absurde le fait que « le représentant d’un régime ayant le record le plus funeste en matière de protection des civils » se permette de formuler des allégations sans fondement.  Le représentant de l’Iran a souligné que 80% des victimes de l’invasion de Gaza étaient des civils.  Leur sang illustre bien la nature du régime israélien, a-t-il lancé.  Pour la délégation iranienne, il est « ironique » qu’un régime célèbre pour ses atrocités et ses politiques d’apartheid cherche à prêcher la protection des civils et se présente comme étant la voix des victimes.

M. ABDERRAZZAK LASEEL (Maroc) a énuméré toutes les violences et souffrances qu’endurent les femmes lors des conflits armés.  Le viol est la forme la plus répandue de violence et se produit souvent dans les camps de réfugiés et de déplacés, à cause de la militarisation de certains habitants de ces camps, a-t-il remarqué.  Il a condamné ces méthodes et pratiques, qu’il a qualifiées de « barbares, brutales et inhumaines » et qui compliquent l’instauration d’une paix durable et constituent des violations graves du droit international, notamment des Conventions de Genève.  Il a salué les efforts que déploient les États Membres pour mettre en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité dont on célèbre cette année l’anniversaire, notamment en adoptant des plans d’action.  Toutefois les résultats restent limités, a regretté le représentant, notant la lenteur des processus de DDR et l’impunité dont jouissent les auteurs de violences sexuelles.  La marginalisation des femmes risque de retarder l’instauration d’une paix durable et la réconciliation, a-t-il prévenu.  Le représentant a appelé la communauté internationale à mener une action résolue, coordonnée et concertée pour prévenir la récurrence de tels crimes et prévoir une ferme reddition de comptes.  Enfin, il a souligné l’importance de faire participer les femmes à toutes les étapes de la résolution des conflits et de la conception et mise en œuvre des stratégies d’après-conflit, ce qui passe par leur autonomisation.  Il a appuyé la demande du Secrétaire général adressée aux donateurs pour qu’ils soutiennent les programmes en faveur des femmes.

Mme MPHO MICHELLE MOGOBE (Botswana) a reconnu le rôle primordial qui incombe aux États pour exercer la responsabilité de protéger leurs citoyens, tout en rappelant que la communauté internationale avait un rôle crucial à jouer dans l’édification de sociétés suffisamment fortes pour prévenir les atrocités.  Elle a estimé que la communauté internationale n’avait pas été assez proactive et qu’il fallait faire davantage pour faire respecter le droit international.  Elle a soutenu l’appel lancé au Conseil de sécurité pour qu’il exerce pleinement le mandat qui lui a été confié par la Charte des Nations Unies, et qui consiste à maintenir la paix et la sécurité internationales.  Le Conseil de sécurité ne doit pas avoir peur de déférer des situations à la CPI, a-t-elle précisé.  Elle a salué le travail accompli par le Conseil de sécurité et ses 16 missions de maintien de la paix actuellement déployées sur le terrain à travers le monde.  Une des difficultés de ces missions, a-t-elle remarqué, est de garantir la sécurité de leurs personnels, car les terroristes les prennent de plus en plus souvent pour cible.  Elle a donc demandé d’examiner cette question pour assurer le niveau de sécurité adéquat aux personnels de l’ONU et aux femmes et aux enfants.  La représentante a ensuite plaidé en faveur de l’autonomisation des femmes et de leur inclusion dans les processus de résolution des conflits. 

Mme MANAL HASSAN RADWAN (Arabie saoudite) a affirmé qu’Israël ne peut pas se permettre de parler de protection des civils, ni des droits des femmes.  « Comment une puissance qui déploie sa politique de colonisation peut-elle parler au nom des droits des femmes? » a lancé la représentante saoudienne qui a notamment pointé du doigt le siège de Gaza par les forces israéliennes.  Elle a également accusé Israël de violer les droits des femmes palestiniennes, ces dernières étant parfois contraintes, s’est-elle insurgé, d’accoucher à des points de passage.  La représentante saoudienne a aussi appelé au respect des droits des femmes emprisonnées.  Le Conseil de sécurité ne doit pas garder le silence face à ces violations, a-t-elle souligné.

Réagissant à la déclaration de l’Ukraine, le représentant de la Fédération de Russie s’est étonné que celui-ci ait rejeté la faute de tout ce qui se passe en Ukraine sur la Russie.  Il a dénoncé les tirs d’artillerie ukrainienne contre Donetsk, et d’autres villes, qui ne sont pas de la propagande russe.  Même ce genre d’information est cependant nié par Kiev, qui continue de rejeter la faute sur la Russie, s’est-il plaint en rejetant les commentaires de la représentante de la Lituanie.  Il a rappelé que la Fédération de Russie, son pays, avait demandé la tenue d’une réunion pour tenter d’éviter que les forces ukrainiennes utilisent la force contre l’est du pays, ce qui n’a pas empêché la mort de victimes civiles du fait des tirs ukrainiens.  Le thème de la séance de ce jour, la protection des civils, ne concerne pas le cas de Nadia Savchenko qui cependant, n’est pas en fait une civile, a-t-il relevé.  Il a évoqué le cas d’un journaliste russe, tué dans la région de Donetsk, comme l’ont été ceux qui ont été victimes de Kiev.

Reprenant à son tour la parole, le représentant de l’Ukraine a demandé à son collègue russe de lire le dernier rapport de l’OSCE sur ce qui se passe en Ukraine.  Nadia Savchenko est devenue membre du Conseil parlementaire de l’Europe et son cas relève pleinement de la séance d’aujourd’hui, a-t-il estimé.  Il a accusé son « homologue russe » d’éviter d’expliquer la situation « de manière erronée et de ne pas utiliser le Conseil pour propager sa propagande ». 

 

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