La Conférence des parties chargée d’examiner le TNP n’est pas parvenue à un consensus autour de son projet de document final

CD/3561
22 mai 2015
Conférence d’examen du TNP, 17e séance – après-midi

La Conférence des parties chargée d’examiner le TNP n’est pas parvenue à un consensus autour de son projet de document final

La neuvième Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) a achevé ses travaux aujourd’hui dans la soirée, sans parvenir à adopter le projet de document final qui était soumis à son examen.

Trois délégations - États-Unis, Royaume-Uni et Canada, ont en effet estimé que les éléments du texte concernant la tenue de la Conférence visant à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient empêchaient leurs pays de se rallier au consensus.

« Ce texte représente le fruit de nos meilleurs efforts collectifs », avait indiqué la Présidente de la Conférence, Mme Taous Feroukhi, de l’Algérie, en ouvrant la séance, avant de reconnaître que subsistaient des « points d’achoppement ».  Ces points ont pu être abordés plus avant lors d’une suspension de séance demandée par le délégué de la République islamique d’Iran.  La Conférence avait commencé ses travaux le 27 avril dernier au Siège des Nations Unies.

« Les éléments de langage concernant la tenue de la Conférence visant à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient ne sont pas compatibles avec nos objectifs politiques de longue date », a expliqué la déléguée des États-Unis d’Amérique, précisant que le texte n’avait pas permis de recueillir un consensus entre les pays de la région sur une « date butoir arbitraire » pour la tenue d’une telle Conférence.  Le projet de document final indiquait que cette Conférence devait avoir lieu pas plus tard que le 1er mars 2016.  « Certains États n’ont pas voulu faire de compromis », a-t-elle regretté.  Ces pays, parmi lesquels l’Égypte, portent la responsabilité du blocage constaté aujourd’hui, a-t-elle précisé. 

Même son de cloche du côté du délégué du Royaume-Uni, qui a indiqué que les préparatifs d’une telle Conférence devaient se faire sur la base du respect des exigences de tous les pays de la région.  « La proposition de fixer une date pour cette Conférence qui n’aurait pas pu être repoussée ne semble pas viable », a renchéri le délégué du Canada, indiquant que toutes les parties de la région devaient être présentes à une telle Conférence.

Une trentaine de délégations se sont exprimées à la suite de ces trois pays pour regretter vivement le manque de consensus autour du projet de document final.  S’attirant les applaudissements de certaines délégations, la déléguée de l’Afrique du Sud a déploré le « manque de courage moral » et indiqué que le TNP « avait dégénéré en l’expression de la volonté d’un petit nombre, comme cela était le cas sous le régime de l’apartheid ».

« Ce document reflétait le plus petit dénominateur commun et représentait un compromis acceptable », a affirmé pour sa part le délégué de la République islamique d’Iran, au nom du mouvement des non-alignés.  Il a invité les trois délégations qui ont empêché le consensus aujourd’hui à prendre conscience « de l’effet de leurs positions sur les efforts de désarmement nucléaire et sur la situation politique au Moyen-Orient ».  « Deux pays ont aujourd’hui fait part de leur opposition afin de protéger les intérêts d’un État qui n’est pas partie au TNP et n’a pas placé ses installations sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) », a-t-il affirmé.

« Le texte proposé bénéficiait d’un appui immensément majoritaire », a noté de son côté le délégué de l’Égypte, estimant que c’était un « triste jour pour le TNP ».  Il a indiqué que le blocage d’aujourd’hui reflétait « l’abus de la notion de consensus ».  « Quelques États, surtout les États-Unis, ont empêché que ce document aille de l’avant », a-t-il regretté, soulignant que la responsabilité spéciale confiée à deux des dépositaires du Traité en 1995 semblait être devenue un « véto spécial ». 

Pour sa part, le délégué de la Fédération de Russie a trouvé « très étrange » que le texte n’ait pu être adopté en raison de l’opposition de trois États dont deux sont co-auteurs de la résolution de 1995 demandant la tenue d’une telle Conférence.  Cette résolution de la Conférence des parties reste en vigueur, a-t-il souligné. 

« Nous avons vu à la présente Conférence un changement de paramètres et de ton dans les discussions », a affirmé le délégué de l’Autriche, qui a indiqué qu’un « gouffre » était apparu en matière de crédibilité, de confiance et de morale.  Après les discussions de ces dernières semaines, nous sommes encore plus préoccupés par les risques que posent les armes nucléaires, a-t-il dit.  

« Nous reculons au lieu d’avancer », a affirmé la représentante des Îles Marshall, alors que son homologue du Myanmar a, lui, regretté que certaines petites délégations aient été exclues de certaines réunions lors des négociations.  Le délégué du Maroc a, pour sa part, regretté le manque de transparence de ces négociations.

Tranchant avec le ton général des interventions, certaines délégations ont tenu à faire part de leur optimisme.  Le délégué du Pérou s’est ainsi félicité que des thèmes importants aient été abordés lors de cette Conférence, en particulier les conséquences humanitaires de l’utilisation des armes nucléaires.  « À ce titre, la Conférence pourrait s’apparenter à un succès », a-t-il dit.  La déléguée du Costa Rica a rappelé que « l’initiative humanitaire » avait permis, au cours des cinq dernières années, à faire de la sécurité humaine un « bien public mondial ».

Le délégué de la Chine a demandé de ne pas perdre confiance dans le TNP « qui demeure la pierre angulaire du désarmement nucléaire ».  « Il ne faut pas se décourager », a affirmé de son côté le délégué de la France, rappelant que le Traité restait un « élément essentiel de notre sécurité collective ».

Sur le plan procédural, la Conférence a pris note de deux document relatifs, respectivement, au partage des coûts afférents à son organisation* et à la Commission de vérification des pouvoirs**.  Elle a enfin adopté, section par section, un document relatif*** à l’organisation et aux travaux de la Conférence.

*NPT/CONF.2015/47; **NPT/CONF.2015/CC/1; ***NPT/CONF.2015/R. 2

Déclarations

Le représentant de la Tunisie, s’exprimant au nom du Groupe des États arabes, a rappelé que ce Groupe avait présenté deux documents de travail pendant la Conférence d’examen, l’un sur les trois piliers de la Conférence et l’autre sur le Moyen-Orient.  Sur ce dernier point, il a affirmé que la résolution adoptée en 1995 était encore en vigueur, tant et aussi longtemps que ses objectifs ne seront pas atteints.  Il a également lancé un appel pour que sa mise en œuvre ne soit plus retardée.  Il a par ailleurs indiqué que le projet de document final ne répondait pas aux préoccupations de son groupe, notamment concernant le Moyen-Orient, indiquant toutefois la volonté de son groupe de s’associer au consensus sur ce projet de texte, malgré ses défauts. 

La représentante des États-Unis a indiqué que, bien qu’il n’y ait pas d’accord sur le document final, son pays restait néanmoins ferme dans son soutien au TNP, qui demeure à son avis la pierre de voûte des efforts de non-prolifération.  Elle a rappelé que son pays avait lors des négociations avancé plusieurs idées, dont une relative au renforcement de l’AIEA et une autre relative à l’amélioration de la transparence entre pays dotés de l’arme nucléaire et pays non dotés.

Elle a par ailleurs dénoncé les « visées cyniques de ceux » qui ont jugé que certaines questions étaient plus importantes que le TNP lui-même.  « Les éléments de langage du projet de document concernant la tenue de la Conférence visant à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient n’étaient pas compatibles avec nos objectifs politiques de longue date », a-t-elle affirmé, précisant que l’initiative visant à l’établissement d’une telle zone devait réunir le consentement de tous les États de la région.  « Nous restons attachés à la création d’une telle zone pour autant que son établissement soit avalisé par toutes les parties de la région », a-t-elle ajouté, indiquant que le texte n’avait pas permis de recueillir un consensus entre les pays de la région en retenant une date butoir arbitraire.  Certains États, dont l’Égypte, n’ont pas voulu faire de compromis, a-t-elle regretté, indiquant que la responsabilité du manque de consensus constaté aujourd’hui leur incombait.

Le représentant du Royaume-Uni a exprimé sa déception de ne pas pouvoir se joindre au consensus sur le document final.  Cela étant, l’absence de consensus ne nuit nullement aux obligations auxquelles les États sont engagés en vertu du Traité, notamment en ce qui concerne l’article 6, a-t-il estimé.  Notant que le TNP avait joué un rôle sans pareil pour freiner la course à l’armement, il a assuré que son pays restait attaché aux piliers de ce Traité.  Les résultats de 2010 ont été sans précédent et permis de renforcer ceux de 1995, a-t-il rappelé, appuyant les recommandations qui en étaient ressorties.  À son avis, de nouvelles perspectives pour le désarmement nécessitent l’examen de tout ce qui a un impact sur la stabilité stratégique, assurant que le dialogue entre les P5 allait se poursuivre sur ces questions.  Il a par ailleurs exprimé sa déception quant à l’absence de progrès concernant la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, affirmant que le Royaume-Uni souhaitait la convocation d’une conférence au plus tôt, mais uniquement à condition que les préparatifs tiennent compte des exigences de tous les pays de la région.

Le représentant du Canada a vivement regretté que la Conférence d’examen n’ait pas permis d’arriver à un consensus.  Le Canada reste attaché aux trois piliers du TNP, a-t-il indiqué, en rappelant la position claire de son pays quant au régime de désarmement et de non-prolifération.  Nous avons répété que les décisions prises devaient être réalistes et viables, a-t-il affirmé.  Pour ce qui est de la conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, le représentant a estimé que le consentement de toutes les parties était indispensable.  La proposition de fixer une date butoir arbitraire ne semble pas viable non plus, a-t-il affirmé, estimant qu’il fallait trouver un accord sur cette question et regrettant que quelques États de la région n’aient pas permis d’arriver à un consensus.

La représentante des Îles Marshall a regretté l’absence de compromis.  Nous reculons au lieu d’avancer, a-t-elle déploré, estimant qu’il aurait fallu saisir l’occasion de cette Conférence pour mieux souligner la lenteur des progrès relatifs au désarmement nucléaire, ainsi que les conséquences humanitaires dévastatrices de l’emploi de telles armes.

Le représentant du Nigéria a souligné que le projet de document final devait refléter les positions des États Membres.  Nous aurions apprécié une meilleure prise en compte des développements positifs concernant la prise de conscience des conséquences humanitaires découlant de l’emploi des armes nucléaires, a-t-il regretté, se déclarant néanmoins confiant pour l’avenir.

Le représentant de la République islamique d’Iran au nom du Mouvement des non-alignés a exprimé sa préoccupation quant aux déclarations des délégations des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada.  Il a dès lors proposé que la Conférence soit suspendue conformément à l’article 20 du Règlement intérieur, pour permettre de nouvelles consultations.

Le représentant de la République islamique d’Iran, au nom du Mouvement des non-alignés, a dit sa préoccupation devant une situation que personne n’avait envisagée au début des travaux de la Conférence.  Il s’est étonné que trois délégations aient empêché la conclusion d’un accord, après de longues séances de négociations.  « Le document reflétait le plus petit dénominateur commun et représentait un compromis acceptable », a-t-il affirmé, précisant que son Groupe se serait rallié au consensus autour du texte, malgré des points du texte jugés insatisfaisants.  Les trois délégations qui ont empêché le consensus doivent être bien conscientes de l’effet de leurs positions sur les efforts de désarmement et sur la situation politique au Moyen-Orient, a-t-il ajouté, regrettant que deux pays aient exprimé leur opposition afin de protéger les intérêts d’un État qui n’est pas partie au TNP et n’a pas placé ses installations sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le représentant de l’Égypte s’est associé aux déclarations des représentants de la Tunisie, au nom du Groupe arabe, et de l’Iran, au nom du Mouvement des non-alignés.  Il s’est dit très déçu de voir les travaux de la Conférence se terminer ainsi, après des mois de travail et d’attente, rejetant la faute sur « trois délégations ».  Il s’est dit également très préoccupé par les « messages négatifs » reçus dernièrement sur la mise en œuvre de la conférence sur le Moyen-Orient.  Le texte proposé bénéficie d’un « appui immensément majoritaire », a-t-il affirmé, estimant qu’il s’agissait d’un « triste jour pour le TNP ».  De nombreux membres du Groupe arabe et du MNA sont venus ici animés de la volonté de se tourner vers l’avenir et non vers le passé, a-t-il déploré, regrettant que cet esprit n’ait pas trouvé d’écho chez d’autres.  Certains pays ne sont satisfaits que par l’obstruction et d’autres voulaient seulement répéter le processus de 2010, ce qui a abouti à un échec, a-t-il indiqué.

Le représentant a félicité la Russie, « co-parrain remarquable » qui a présenté un document de compromis tenant compte des intérêts de tous.  « Quelques États, surtout les États-Unis, ont empêché que ce document aille de l’avant », a-t-il déploré, regrettant aussi l’absence d’efforts suffisants de la part de co-parrains, ce qui a abouti au résultat d’aujourd’hui.  La responsabilité spéciale confiée à deux des dépositaires du Traité en 1995 semble être devenue un « veto spécial », a-t-il dit, affirmant que l’opinion publique arabe avait placé de grandes attentes dans cette Conférence qui se termine par une absence de consensus.

Le représentant du Japon a indiqué que son pays avait tout fait pour parvenir à un résultat positif aujourd’hui.  « Nous sommes très profondément déçus même si nous n’avons pas été loin d’un accord. »  Le TNP restera la pierre angulaire des efforts de non-prolifération nucléaire, a-t-il poursuivi, formant le vœu que les longues négociations de ces dernières semaines permettent d’ouvrir la voie à un renforcement de l’autorité du TNP.  Enfin, il a indiqué que son pays organiserait cette année des réunions sur le désarmement nucléaire, dont une à Hiroshima en août prochain.

Le représentant de l’Indonésie s’est dit très déçu que la Conférence n’ait pas été en mesure d’adopter le projet de document final.  L’absence de volonté d’aller de l’avant envoie un signal négatif, a-t-il estimé.  « Ce résultat n’est même pas à la hauteur de la dernière Conférence d’examen du TNP », a-t-il ajouté, déplorant le manque de volonté des États dotés de l’arme nucléaire qui ont préféré l’inclusion d’éléments de langage ambigus, selon lesquels la prorogation du TNP équivalait à la prorogation de leur droit à conserver leurs armes nucléaires.  « L’objectif d’une conférence pour l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient continue de nous échapper », a-t-il par ailleurs regretté.

Le représentant de l’Autriche, intervenant au nom d’un certain nombre de pays, a indiqué que ces délégations avaient entamé les négociations dans l’espoir de progresser sur la voie d’un monde dépourvu de l’arme nucléaire.  Il a réaffirmé son engagement envers le TNP et le régime qu’il met en place.  Nous avons vu à la présente Conférence un changement de paramètres et de ton dans les discussions, a-t-il estimé, expliquant que les États non dotés exigeaient que leurs intérêts soient pris en considération sur un pied d’égalité.  Il est de l’intérêt de la survie de l’humanité que les armes nucléaires ne soient plus utilisées, et ce, quelles que soient les circonstances, a-t-il déclaré.  Il a également évoqué le « gouffre » qui est apparu en matière de crédibilité, de confiance et de morale.  Après les discussions de ces dernières semaines, nous sommes encore plus préoccupés par les risques que posent les armes nucléaires, a-t-il souligné, jugeant urgent d’agir sur les conséquences humanitaires de cette situation.  « Nous demandons aux États parties au TNP de renforcer leurs engagements, notamment au titre de l’article 6, et d’identifier les mesures à prendre pour parvenir à l’élimination des armes nucléaires », a-t-il lancé, appelant les États, les organismes internationaux, comme le Comité international de la Croix-Rouge, et la société civile à joindre leurs efforts en ce sens. 

À titre de représentant de son pays, il a salué les avancées considérables réalisées par la Conférence sur les conséquences humanitaires, comme l’estiment par ailleurs 107 autres États.

La représentante des Philippines a dit être venue à la Conférence d’examen « pleine de conviction » et de réalisme à la fois.  Elle a regretté qu’on ne puisse même pas parvenir à un accord sur la convocation de la conférence pour l’établissement d’une zone exempte de l’arme nucléaire au Moyen-Orient et rappelé son attachement au traitement égal des trois piliers du TNP.  Elle a exprimé toutefois sa déception par le manque de progrès sur le pilier relatif au désarmement nucléaire, rien dans le document final n’indiquant la voie à suivre sur cette question.  Si le document final prévoit la constitution d’un groupe de travail sur ce sujet, il ne précise pas en revanche comment ses travaux s’intégreront au Traité, a-t-elle souligné.

Le représentant de l’Australie a regretté l’absence de consensus autour du projet de document final, notamment en ce qui concerne la tenue d’une Conférence visant à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  « À cet instant critique, nous devons réaffirmer que le TNP demeure la pierre angulaire des efforts de non-prolifération nucléaire », a-t-il affirmé.

La représentante du Costa Rica a dit avoir espéré que cette Conférence soit plus qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais plutôt un point de non-retour, une occasion en or de donner un nouvel élan au désarmement nucléaire.  Elle a rappelé que l’initiative humanitaire, au cours des cinq dernières années, avait réussi à classer la sécurité humaine en « bien public mondial ».  Le Costa Rica, a-t-elle souligné, a toujours prôné l’interdiction complète et l’élimination des armes nucléaires.  Il reste encore beaucoup à faire, a dit la représentante, tant que les accords actuels ne sont pas respectés intégralement, tant que des pays seront réticents à ratifier le TNP et le TICEN, tant que la Conférence de désarmement reste paralysée, et aussi longtemps que seront dissimulées des informations pertinentes en matière de sécurité.  Notant que la communauté internationale avait accompli des efforts pour lutter contre les armes nucléaires, elle a présenté deux options possibles: rester dans la situation actuelle et juste espérer qu’une catastrophe nucléaire ne se produise, ou essayer de parvenir à un véritable changement, ce que souhaite le Costa Rica.

Le représentant de l’Algérie a indiqué que tout avait été fait pour parvenir à un consensus.  Nous avons travaillé dur pour y parvenir, même si le projet de document final ne nous satisfaisait pas entièrement, a-t-il dit, affirmant que « le succès de la Conférence aurait été le succès de tous les États Membres ».  Le délégué a souligné qu’il fallait désormais réfléchir aux moyens de parvenir à un document satisfaisant pour toutes les délégations.  « Si un petit nombre d’États Membres empêchent le consensus, alors pourquoi un plus grand nombre d’États Membres ne rouvrirait pas la boîte de Pandore? » s’est-il demandé.  « Nous devons dire à nos partenaires qu’ils sont du mauvais côté de la barrière. »

Le représentant de la République arabe syrienne a déploré que des pays protègent une entité qui viole le TNP.  « Dans leurs interventions aujourd’hui, ces pays n’ont pas indiqué qu’il s’agissait d’Israël », a-t-il dit.  Il a rappelé qu’Israël n’avait pas placé ses installations nucléaires sous la supervision de l’AIEA.  « Israël, qui n’est pas partie au TNP, est néanmoins représenté par des pays comme le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni, qui protègent son droit à disposer d’armes nucléaires », a-t-il déploré.  Enfin, il a indiqué que son pays veillerait à assurer l’universalité du TNP. 

Le délégué de la Fédération de Russie a regretté l’absence du consensus aujourd’hui.  Il a indiqué que son pays avait adopté les recommandations de la précédente Conférence visant à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et estimé que la tenue d’une Conférence pas plus tard que le 1er mars 2015 aurait permis de s’atteler à ses préparatifs.  Il s’est ensuite dit « très ému et très amer » devant la non-adoption aujourd’hui du texte, « en raison de l’opposition de trois États dont deux sont coauteurs de la résolution de 1995 demandant la tenue d’une telle Conférence ».  « C’est très étrange », a-t-il dit, avant de préciser que cette résolution restait en vigueur. 

Le représentant du Brésil a regretté que la Conférence n’ait pas pu se mettre d’accord sur un document final, en assurant que sa délégation avait pourtant travaillé de manière constructive en ce sens.  Malgré certains problèmes dans le texte, celui-ci présentait un certain équilibre et le Brésil était prêt à l’adopter par consensus, a-t-il dit.  Il a regretté que la question de la convocation d’une conférence sur une ZEAN au Moyen-Orient n’ait pas pu être résolue.  Nous continuerons à nous engager dans les instances pertinentes en faveur de l’objectif d’un monde exempt de l’arme nucléaire, a-t-il assuré.

La représentante de l’Allemagne a regretté l’absence de consensus sur le document final.  Nous étions en faveur de la continuité d’un processus inclusif contribuant à la sécurité dans la région du Moyen-Orient, a-t-elle dit.  Les progrès réalisés jusqu’à présent sont maintenant en danger, a-t-elle poursuivi, indiquant que son pays avait essayé de trouver des éléments de compromis, avant d’appeler tous les États à déployer des efforts en vue d’atteindre l’objectif commun d’un monde exempt d’arme nucléaire.  Elle a par ailleurs constaté que certaines obligations du TNP n’étaient toujours pas mises en œuvre.

Le représentant de Cuba a regretté que l’occasion qui était offerte de prendre un tournant historique en matière de désarmement nucléaire n’ait pas été saisie.  Il a rappelé qu’aucun groupe de pays ne devait avoir le monopole de l’arme nucléaire.  La seule manière de surmonter les imperfections du TNP est de respecter l’objectif d’élimination totale de ces armes, a-t-il expliqué.  Il a assuré que son pays avait participé de manière constructive à la Conférence, avant de demander à chaque État de s’interroger sur ce qui s’est passé au cours de la Conférence.  Il a souligné que la Conférence avait montré une fois de plus les divergences et les engagements réels qui sont attendus, affirmant qu’il était inacceptable, à son avis, qu’un groupe de pays respecte les obligations à leur charge en vertu du TNP, alors que d’autres ne le font pas.

Le représentant de la Chine a profondément regretté qu’on n’ait pas été en mesure d’adopter un document final, « même s’il n’était pas parfait », estimant que ce texte était relativement équilibré.  Il a notamment soutenu la convocation d’une conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient.  Estimant qu’il ne fallait pas perdre confiance dans le TNP qui demeure la pierre angulaire du désarmement nucléaire, il a lancé un appel aux États parties pour faire avancer la réalisation des objectifs de ce Traité.

Le délégué du Myanmar, au nom de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a indiqué que les trois piliers du TNP étaient d’une égale importance et défendu le droit des pays à disposer de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Il a exprimé sa déception devant la non-inclusion dans le projet de texte de dispositions relatives à la Conférence visant à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et a indiqué que certaines délégations, parmi les plus petites, s’étaient senties « exclues » des négociations.  Le représentant a fait part de son regret devant le rejet du texte.

Le délégué du Pérou a déploré que l’objectif de l’adoption d’un texte par consensus n’ait pu être atteint.  « Quelles seront les conséquences de l’occasion perdue aujourd’hui? » s’est-il demandé.  Il s’est néanmoins félicité que des thèmes importants aient été abordés lors de cette Conférence, en particulier les conséquences humanitaires de l’utilisation des armes nucléaires.  « À ce titre, la Conférence pourrait s’apparenter à un succès », a-t-il conclu.

Le représentant de la Thaïlande a dit que l’absence de consensus sur le document final rappelle que les efforts en vue de parvenir à un monde sans arme nucléaire étaient insuffisants.  L’initiative humanitaire présentée à la Conférence a été une lueur d’espoir, a-t-elle estimé, affirmant toutefois qu’il aurait été souhaitable que les consultations incluent davantage d’États.  Elle a dénoncé la pratique consistant à rejeter des paragraphes qui avaient pourtant été acceptés par tous et regretté l’absence d’un accord sur le désarmement nucléaire, appelant à continuer à travailler en ce sens, notamment avec la société civile.

La représentante du Singapour a regretté qu’il n’y ait pas eu d’accord acceptable par tous.  Sur les questions relatives au désarmement nucléaire, elle a averti que le déséquilibre et le sentiment d’insécurité persisteraient tant que certains pays seront dotés de ces armes.  Elle a dit avoir approuvé la promesse humanitaire, avant d’appeler à mieux soutenir les engagements pris en vertu du TNP, notamment dans son article 6.  La création de zones exemptes d’armes nucléaires est un pas en avant, a-t-elle fait remarquer, avant de réitérer son appel à la convocation d’une conférence pour la création d’une telle zone au Moyen-Orient.  Singapour et d’autres États de l’ANASE travaillent constructivement à cet objectif, a-t-elle précisé.  Enfin, elle a regretté que les paragraphes négociés et acceptés n’aient pas été inclus dans le document final.

Le représentant de l’Irlande a noté que 80% des États parties au TNP acceptent l’objectif d’élimination totale des armes nucléaires et l’obligation de ne jamais les utiliser.  Il a attiré l’attention sur les risques encourus en matière de santé du fait des essais et salué le nouveau programme en matière de conséquences humanitaires.  S’agissant des mesures à prendre pour l’application de l’article 6 du Traité, il a estimé qu’elles devaient être juridiquement contraignantes.  Enfin, il a regretté l’absence de progrès en ce qui concerne la convocation d’une conférence sur l’établissement d’une ZEAN au Moyen-Orient. 

Le représentant de la République de Corée a regretté que la Conférence n’ait pu adopter un document de consensus malgré tous les efforts déployés par les délégations qui partagent l’objectif commun de renforcement du TNP.  Il a émis l’espoir que les divergences seraient surmontées à l’avenir.  À son avis, les négociations n’ont pas été vaines ayant permis de tirer de nombreux enseignements des discussions.  La République de Corée continuera à mettre en œuvre le Traité, a-t-il assuré.

Le représentant de la Tunisie a exprimé sa déception quant au résultat de la Conférence.  Le Groupe arabe a essayé pendant des décennies de créer une zone exempte d’armes nucléaires dans la région du Moyen-Orient, a-t-il rappelé, affirmant que la Conférence n’avait pas répondu aux aspirations des peuples de la région du Moyen-Orient de vivre à l’abri de la menace des armes nucléaires, et espérant que cela serait accompli à l’avenir pour mettre en œuvre la résolution de 1995.

Le représentant du Maroc a exprimé sa déception de voir la Conférence ne pas répondre aux aspirations de tous les États parties, en raison des démarches entachées d’un manque de transparence et d’inclusion.  Il a aussi noté que le document final ne reflétait pas un engagement clair en ce qui concerne la tenue d’une conférence sur l’établissement d’une ZEAN au Moyen-Orient.  Le Maroc considère à cet égard que la résolution de 1995 et la décision de 2010 restent les références en la matière, a-t-il affirmé.   

Le représentant des Palaos a exprimé sa grande déception face à la lenteur, ces dernières années, du désarmement nucléaire, regrettant aussi le manque de consensus sur la voie à suivre.  Quarante-cinq ans après l’entrée en vigueur du Traité, le monde reste à la merci d’une catastrophe nucléaire, a-t-il noté.  Notant que la voie à suivre était claire pour la vaste majorité des pays, à savoir travailler ensemble pour rendre illégales les armes de destruction massive.  Les pays du Pacifique, qui ont connu les dégâts causés par ces armes avec plus de 300 essais pratiqués dans la région, demandent d’être entendus en la matière, a-t-il dit, soulignant le rythme alarmant de diverses formes de cancer qui touchent les peuples des îles du Pacifique.  Le représentant a rappelé par ailleurs que son pays était depuis longtemps dans une zone exempte d’armes nucléaires et a soutenu l’action menée par les Îles Marshall pour contraindre les États dotés de l’arme nucléaire à respecter leur obligation de désarmement. 

Le délégué de la Suisse a regretté l’absence de consensus de la Conférence, mais s’est félicité que les conséquences humanitaires dévastatrices découlant de l’utilisation des armes nucléaires aient été abondamment évoquées lors de la Conférence.  Cette question devra guider nos efforts à venir, a-t-il dit. 

Le délégué de la Pologne a exprimé son regret devant l’absence de consensus et souligné la bonne organisation des travaux de la Conférence.

Le délégué des Pays-Bas a regretté l’absence de consensus autour du projet de document final.  Il a aussi souligné que l’engagement de son pays en faveur du renforcement du TNP restait intact. 

La représentante de la Suède a regretté l’absence de consensus et réaffirmé que le TNP restait la pierre angulaire du régime de non-prolifération.  Elle a jugé essentiel que tous les États respectent le droit international et notamment le droit international humanitaire.  Nous continuons à travailler pour assurer des résultats de fonds dans ce domaine, a-t-elle dit, en visant le renforcement du TNP.

La représentante de l’Afrique du Sud a rappelé que son pays avait démantelé sa capacité nucléaire à une époque où cela semblait impossible.  Elle a exprimé sa déception par rapport à la conclusion de la Conférence, montrant du doigt le « manque de courage moral » dans des domaines qui sont pourtant cruciaux pour les citoyens du monde.  Nous ne savons pas comment nous allons expliquer à notre peuple que nous n’avons pas pu arriver à de meilleurs résultats, a-t-elle dit.  Elle a demandé que des mesures soient prises à l’avenir pour permettre des progrès dans le régime de non-prolifération.  Le TNP exprime désormais la volonté d’un petit nombre, comme cela était le cas sous le régime de l’apartheid, a-t-elle regretté.  Elle a également fait remarquer que « l’échec sur l’établissement d’une ZEAN au Moyen-Orient nous amène à une situation un peu perverse: un État en dehors du Traité s’attend à ce que nous respections les règles ».  

Le représentant de la France a relevé la difficulté qu’il y avait à gérer des enjeux très divers mais imbriqués les uns aux autres.  Il a appelé à ne pas se décourager malgré l’absence de consensus.  La France reste engagée à mettre en œuvre la feuille de route de 2010, a-t-il affirmé, précisant que son pays continuerait d’agir en prenant des mesures réalistes et pragmatiques.  Il a réaffirmé son engagement à progresser dans la mise en œuvre du plan d’action de 2010 dans chacun de ses trois piliers.  Le représentant a par ailleurs exprimé l’intention de sa délégation de continuer à travailler pour la mise en œuvre du Traité.

La délégation de l’Union européenne a indiqué que les États membres de l’UE considéraient de manière unanime le TNP comme la pierre angulaire du régime de non-prolifération.  Conformément à sa politique de multilatéralisme, l’UE accorde la priorité à cet instrument clef pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales, a-t-il affirmé, réitérant l’engagement de l’Union en faveur des trois piliers du TNP.

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