Une Réunion de l’ONU réaffirme à Moscou l’importance de « la solution à deux États pour la stabilité du Moyen-Orient »

AG/PAL/1340
2 Juillet 2015

Une Réunion de l’ONU réaffirme à Moscou l’importance de « la solution à deux États pour la stabilité du Moyen-Orient »

MOSCOU 1-2 juillet -- Le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a organisé les 1er et 2 juillet 2015 à l’hôtel Lotte, à Moscou, une Réunion internationale des Nations Unies en appui à la paix israélo-palestinienne, sur le thème « La solution à deux États: condition essentielle à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient ».  

Ces deux jours de débats ont été l’occasion pour les participants de passer en revue les efforts internationaux pour réaliser la solution à deux États, y compris la contribution de l’Initiative de paix arabe, du Quatuor, de la Ligue des États arabes, de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et des autres organisations multilatérales. 

Les participants ont mis l’accent sur les initiatives de l’ONU, du Conseil de sécurité et autres mécanismes des Nations Unies pour faire avancer la solution à deux États, le respect du droit international et des droits de l’homme, le dialogue politique, la consolidation de la paix et l’aide. 

« Alors qu’une vague vicieuse de terreur et d’extrémisme est en train de submerger le Moyen-Orient, la communauté internationale doit se concentrer sur la résolution du conflit israélo-palestinien et la seule manière viable d’y parvenir est la solution à deux États », a souligné le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, dans un message lu par le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Nickolay Mladenov. 

Si le Secrétaire général a salué les récentes déclarations du Premier Ministre israélien, M. Benjamin Netanyahu, soutenant le « concept » de solution à deux États, le Directeur du Département des organisations internationales du Ministère russe des affaires étrangères, M. Alexander Pankin, dont le pays accueillait la Réunion, a espéré que ces déclarations se traduiraient en mesures concrètes. 

De son côté, le Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, M. Fodé Seck (Sénégal), a rappelé les conséquences d’une des pires guerres qu’a connue Gaza qui, outre la fin des négociations, s’est soldée l’an dernier par 2 100 morts et 100 000 sans-abris.  

Il a salué les récents efforts initiés au niveau international pour « sauver la solution à deux États » en citant l’action de l’Union européenne, celle des ministres des affaires étrangères de la Ligue des États arabes, mais aussi l’initiative de la France en faveur d’une résolution du Conseil de sécurité appelant à un accord pour un statut final dans un délai de 18 mois. 

Le Ministre des affaires étrangères de l’État de Palestine, M. Riad Malki, a regretté qu’Israël n’ait jamais montré le moindre engagement en faveur d’une solution à deux États, en rappelant que les Accords d’Oslo signés en 1993 devaient conduire à la fin de l’occupation israélienne et la création d’un État palestinien souverain à l’aune de mai 1999. 

Le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, M. Nabil Elaraby, a dit la nécessité de passer de la gestion du conflit à la mise en œuvre de moyens de mettre fin à l’occupation et la conclusion d’un accord final.  Pour ce faire, il a jugé indispensable que le Conseil de sécurité prenne des mesures pour faire de la solution à deux États une réalité. 

Le lendemain, le Sous-Secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), M. Samir Bakr, a jugé essentiel de mettre un terme aux actions unilatérales d’Israël qui, selon lui, exacerbent les tensions et menacent la paix.  Il a dénoncé la politique du « fait accompli » israélienne.

Faisant le bilan humanitaire de ce conflit, le Chef des relations extérieures de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), M. Omar Abdul-Monem Rifai, a rappelé que son organisation soutenait 5 millions de Palestiniens dans la région. 

Il a précisé que l’UNRWA gérait 700 écoles et 22 000 personnels en charge de 500 000 élèves.  Il a aussi indiqué que 4 000 personnels dans 131 cliniques répondaient aux besoins de santé de 3 millions de Palestiniens malgré ses difficultés financières constantes.  

Au cours de ces deux journées de débats, outre les représentants de l’Afrique du Sud, de la Chine, de l’Égypte, de l’Indonésie, de la Jordanie, du Maroc, de la Mauritanie, du Pakistan et du Venezuela, sont également intervenus M. Vitaly Naumkin, Directeur de l’institut des Études orientales de Moscou; M. Ahmad Tibi, Membre de la Knesset et Chef du Mouvement arabe pour le changement à Jérusalem; M. Nidal Foqaha, Directeur général de Palestinian Peace Coalition-Geneva Initiative in Ramallah; et M. Gadi Baltiansky, Directeur général de Geneva Initiative-Israël basée à Tel Aviv.  Également intervenus, M. Gilbert Roger, Sénateur français et vice-président du Groupe d’amitié France-Palestine au Sénat français; Mme Galina Prozorova, Chercheure au Centre d’Études eurasiennes de l’académie diplomatique de Moscou; Mme Alla Shainskaya, israélienne née en Ukraine, Présidente du Congrès du Parti Meretz à Tel Aviv; et M. Alexander Vavilov, Professeur au Département des services diplomatiques et consulaires de l’Académie diplomatique de Moscou.

Si M. Tibi a exhorté les États, les entreprises et les organisations à soutenir le mouvement de boycott d’Israël, M. Foqaha a notamment appelé à la libération progressive de 6 000 Palestiniens actuellement dans les prisons israéliennes. 

De son côté, M. Vavilov a estimé que la persistance du conflit israélo-palestinien était une source de déstabilisation du Moyen-Orient que les islamistes exploitaient pour solidifier leurs gains politiques et recruter plus de militants. 

Mme Shainskaya a indiqué que selon des récents sondages 51% des Israéliens et 51% des Palestiniens souhaitaient une paix par le biais d’une solution à deux États sur la base des frontières de 1967 mais que chacune des deux parties percevait l’autre comme une menace à son existence même.

Tous les intervenants ont, au cours de ces deux journées, dit la nécessité pour la communauté internationale de travailler à la mise en œuvre d’une solution à deux États comme seul moyen de résoudre le conflit israélo-palestinien.  Ils ont aussi souligné que l’unité palestinienne, le respect des droits de l’homme et la fin des activités de colonisation étaient essentiels pour la reprise des négociations. 

La séance d’ouverture a débuté mercredi 1er juillet 2015 à 10 heures dans la salle de cristal, au deuxième étage de l’hôtel Lotte. Des sessions plénières au cours desquelles d’éminents spécialistes, y compris Israéliens et Palestiniens, ont pris la parole. Chaque plénière a donné lieu à une discussion, les langues officielles étant l’anglais, l’arabe et le russe.

Pour plus d’information sur cet événement on peut consulter le site Internet de la Division des droits des Palestiniens www.un.org/depts/dpa/qpal/calendar.htm et le compte Twitter de la Réunion www.twitter.com/unispal.

Le résumé du Président et le rapport complet de la Réunion seront publiés comme documents de la Division des droits des Palestiniens.

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