L’Assemblée générale adopte un Programme de développement durable ambitieux pour « transformer notre monde » d’ici à 15 ans

AG/11688
25 septembre 2015
Soixante-dixième session, 4e, 5e & 6e séances plénières – matin, après-midi & soir

L’Assemblée générale adopte un Programme de développement durable ambitieux pour « transformer notre monde » d’ici à 15 ans

«C’est Une promesse faite par les dirigeants à tous les habitants de la planète », déclare M. Ban Ki-moon devant les États Membres réunis en sommet

L’Assemblée générale des Nations Unies, dont un sommet réunit pendant trois jours à New York plus de 160 chefs d’État et de gouvernement et de ministres, a adopté à l’unanimité, aujourd’hui, un « Programme de développement durable* à l’horizon 2030 », assorti de 17 objectifs « ambitieux » pour « transformer notre monde ».

Ce programme, « universel, intégré et porteur de transformation qui nous conduira à un monde meilleur », est une « promesse faite par les dirigeants à tous les habitants de la planète », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, qui a appelé, pour le mettre en œuvre, à un « partenariat mondial renouvelé ».

Pour le Secrétaire général, le Programme de développement durable à l’horizon 2030, dont l’adoption fut accueillie par une ovation debout dans un tonnerre d’applaudissements, « incarne les aspirations des hommes et des femmes du monde entier, qui veulent vivre en paix, en sécurité et dans la dignité sur une planète en bonne santé ».

« Nous, chefs d’État et de gouvernement et hauts représentants, réunis au Siège de l’Organisation des Nations Unies à New York du 25 au 27 septembre 2015 alors que l’Organisation célèbre son soixante-dixième anniversaire, (…) au nom des peuples que nous servons, nous avons adopté un accord historique portant sur une série complète d’objectifs et de cibles à caractère universel, qui sont ambitieux, axés sur l’être humain et porteurs de changement… .»

Avec l’achèvement du cycle de 15 ans des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), une nouvelle ère s’ouvre avec ce plan de développement durable également sur une période de 15 ans par lequel l’ensemble des 193 États Membres, et plus seulement les pays en développement, s’engagent, entre autres, à mettre fin à l’extrême pauvreté, à lutter contre les inégalités et les changements climatiques.

Au nombre de 17, contre 8 pour les OMD, les objectifs de développement durable contenus dans ce programme mondial comptent au total 169 cibles.  Convenus lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable de Rio+20, en juin 2012, ils sont le résultat d’un processus de négociation qui a impliqué les 193 États Membres des Nations Unies et engagé la participation sans précédent de la société civile et d’autres acteurs.  À l’inverse, les OMD, eux, avaient été élaborés par un groupe d’experts à huis clos.

De même, les objectifs de développement durable abordent les différentes dimensions du développement durable: la croissance économique, l’intégration sociale et la protection de l’environnement, tandis que les OMD étaient axés principalement sur les questions sociales.

Coprésident de cette réunion plénière de haut niveau de l’Assemblée générale, avec le Premier Ministre du Danemark, M. Lars Løkke Rasmussen, le Président de l’Ouganda, M. Yoweri Kaguta Museveni, a déclaré que cette journée marquait une nouvelle aune pour la transformation de l’économie en vue de préserver la planète, saluant ainsi le caractère ambitieux des 17 objectifs de développement durable. 

M. Rasmussen a assuré, de son côté, que la présidence danoise de la soixante-dixième session montrerait la voie des objectifs de développement durable pour garantir que nos paroles soient suivies d’effets.

Représentant la société civile lors de l’ouverture de ce sommet de trois jours, le Secrétaire général d’Amnesty International, M. Salil Shetty, a souligné l’importance de n’exclure personne, estimant que l’inégalité et l’exclusion sont la conséquence de l’échec à protéger les droits des marginaux, des peuples autochtones, des minorités, des migrants, des personnes handicapées, des enfants et des personnes âgées.  « La société civile se tiendra, coûte que coûte, aux côtés des pauvres et des marginaux », a-t-il dit.

Lors du débat, la Présidente de la Croatie, Mme Grabar-Kitarović, si elle a jugé que 2015 signifiait un tournant dans l’histoire du développement, elle a néanmoins observé qu’elle était également l’occasion de reconnaître que tous les OMD n’avaient pas été atteints.  « Cela doit nous servir de leçon pour l’avenir », a-t-elle insisté, avant de souligner que l’ambition des États devrait être adaptée à leur capacité à tenir leurs engagements.

Le Premier Ministre et Ministre des finances des Bahamas, M. Perry Gladstone Christie, a, quant à lui, mis l’accent, à la lumière de l’intervention, juste avant la réunion de haut niveau, du pape François, sur la responsabilité commune de protéger la Terre, ses ressources et ses populations.  « Les partenaires économiques internationaux, les investisseurs privés et les institutions financières internationales ont tous un rôle à jouer pour garantir la résilience des pays en développement face aux effets des changements climatiques », a déclaré M. Christie.

La Chancelière de l’Allemagne, Mme Angela Merkel, s’est dit convaincue que si les pays ont réussi à réduire de moitié la pauvreté entre 2000 et 2015, ils pourront aussi éliminer cette pauvreté d’ici à 2030, tandis que le Premier Ministre de l’Inde, M. Narendra Modi, a plaidé en faveur d’un partenariat mondial public pour utiliser la technologie, les innovations et la finance afin de faciliter l’accès à l’énergie propre et renouvelable.

Parallèlement à cette réunion plénière de haut niveau, qui précède l’ouverture, lundi, du débat général de l’Assemblée générale, se sont déroulés au cours de la journée deux dialogues interactifs intitulés « Éliminer la pauvreté et la faim » et « Lutter contre les inégalités, autonomiser les femmes et les filles et ne laisser personne en marge ».

RÉUNION PLÉNIÈRE DE HAUT NIVEAU DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE (1re, 2e & 3e  SÉANCES)

Application et suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées par les Nations Unies dans les domaines économique et social et dans les domaines connexes; Suite donnée aux textes issus du Sommet du Millénaire: Sommet des Nations Unies consacré à l’adoption du programme de développement pour l’après-2015: projet de résolution (A/70/L.1)

Déclarations liminaires

M. LARS LOKKE RASMUSSEN, Premier Ministre du Danemark, en sa qualité de Coprésident de la Réunion plénière de haut niveau, a mis l’accent sur le potentiel de transformation des objectifs de développement durable.  Il a rappelé que la mise en œuvre des OMD avait permis en 15 ans à un milliard de personnes de sortir de la pauvreté.  Il a précisé que 90% de la population avaient aujourd’hui accès à l’eau potable grâce aux OMD.  « Nous allons continuer nos efforts pour éliminer la pauvreté et parvenir à une croissance durable », a-t-il assuré.  Le Premier Ministre a déclaré que le Danemark mettra l’accent sur l’autonomisation des femmes et le respect de leurs droits fondamentaux.  Il a assuré que la présidence danoise de la soixante-dixième session montrera la voie des objectifs de développement durable pour garantir que nos paroles soient suivies d’effets.

M. YOWERI KAGUTA MUSEVENI, Président de l’Ouganda, Coprésident de la Réunion plénière de haut niveau, a déclaré que cette journée marquait une nouvelle aune pour la transformation de l’économie en vue de préserver la planète.  Il a salué le caractère ambitieux des 17 objectifs de développement durable (ODD) qui intègrent les trois piliers du développement durable que sont le développement économique, le développement social et la protection de l’environnement.  Il a expliqué que l’Ouganda avait réussi à baisser de 56 à 19% entre 2000 et 2015 la proportion de personnes vivant dans l’extrême pauvreté et à baisser de manière considérable les taux de mortalité infantile et maternelle.  Le Président Museveni a souligné l’importance de promouvoir l’industrialisation et un meilleur accès aux marchés pour les produits des pays en développement.  Avant de conclure, il s’est félicité que le nouveau Programme de développement durable fasse de la lutte contre les changements climatiques une priorité.  

 M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), a affirmé que « nous avons atteint un moment décisif dans l’histoire humaine ».  Le nouveau Programme de développement durable à l’horizon 2030 « est une vision universelle, intégrée et de transformation pour un monde meilleur », a-t-il déclaré, en ajoutant qu’il constituait un « ordre du jour pour les gens visant à mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes », un « ordre du jour pour la planète, notre maison commune » et un « ordre du jour pour la prospérité partagée, la paix et les partenariats ».  Il exprime « l’urgence de l’action climatique », tout en étant « enraciné dans l’égalité des sexes et le respect des droits de tous ».  « Surtout, il promet de ne laisser personne derrière. »

 Pour M. Ban, « le véritable test de l’engagement en faveur du Programme de développement durable à l’horizon 2030 sera sa mise en œuvre ».  « Nous avons besoin de l’action de tous, partout », a-t-il déclaré, en précisant que les 17 objectifs de développement durable allaient constituer « notre guide ».

 « Pour atteindre ces nouveaux objectifs mondiaux, nous aurons besoin de votre engagement politique de haut niveau », a lancé le Secrétaire général à l’adresse des États Membres.  « Nous aurons besoin d’un partenariat mondial renouvelé. »

 M. Ban a expliqué que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avaient montré ce qu’il était possible de faire lorsque l’on travaillait ensemble, tandis que le Programme d’action d’Addis-Abeba avait établi un « cadre de financement solide ».  Le Secrétaire général a ainsi appelé à bâtir sur ces fondations, en soulignant que le système des Nations Unies était « fermement engagé à soutenir les États Membres dans cette grande nouvelle entreprise ».

 « Nous devons entrer du bon pied dans l’ère nouvelle », a poursuivi M. Ban, cette fois-ci en français.  Il a ainsi demandé à tous les gouvernements d’adopter à Paris, en décembre, « un accord sur le climat qui soit solide et universel ».  Il a également dit avoir constaté avec satisfaction le fait que « plusieurs pays sont déjà en train d’intégrer le Programme 2030 dans leurs stratégies nationales de développement ».

 Sachant que « nul ne peut réussir seul », il a invité tous les intéressés à « être mobilisés, comme pour l’élaboration du Programme ».  C’est pourquoi, a-t-il estimé, il est nécessaire de « collaborer avec les parlements et les collectivités locales, et travailler avec les villes comme avec les zones rurales », de « mobiliser les entreprises et leurs dirigeants », d’« associer la société civile à nos politiques et lui donner la possibilité de nous demander des comptes », d’« écouter les scientifiques et les universitaires » et de « nous lancer dans la révolution des données ».  « Et surtout, nous devons nous mettre au travail.  Tout de suite », a insisté M. Ban.

 Le Secrétaire général a estimé, en conclusion, et de nouveau en anglais, que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 incarnait « les aspirations des gens de partout à une vie de paix, de sécurité et de dignité sur une planète saine ».  « Engageons-nous aujourd’hui à éclairer le chemin de cette vision transformatrice. »

M. SALIL SHETTY, Secrétaire général d’Amnesty International, a indiqué qu’il s’exprimait aujourd’hui au nom du mouvement global « Amnesty international », fort de 7 millions d’activistes, et de nombreuses organisations de la société civile du monde entier.  Le monde que les peuples souhaitent, a-t-il affirmé, est celui que projettent les objectifs du développement durable.  Ces objectifs, a-t-il dit, représentent les aspirations des peuples ainsi que leurs droits.  Afin de faire taire les sceptiques et de réaliser ces objectifs, a estimé M. Shetty, il faudrait que les couches marginalisées de la société deviennent des décideurs à chaque étape de la mise en œuvre des plans de développement durable.  « Il faut également qu’un droit à l’information sur ce que les gouvernements ont effectivement fait puisse prévaloir. » 

« Si les dirigeants n’ont pas tenu leurs promesses, alors les peuples doivent être en mesure de leur demander des comptes par le biais de mécanismes indépendants », a considéré M. Shetty.  Il a également souligné l’importance de n’exclure personne, rappelant que l’inégalité et l’exclusion étaient, selon lui, la conséquence de l’échec à protéger les droits des marginaux, des peuples autochtones, des minorités, des migrants, des personnes handicapées, des enfants et des personnes âgées.  « La société civile se tiendra coûte que coûte aux côtés des pauvres et des marginaux.  Et nous continuerons à demander des comptes aux gouvernements comme aux entreprises », a-t-il assuré.  M. Shetty a appelé de ses vœux un leadership intègre et une mise en œuvre « avec le cœur » des objectifs de développement durable.

Déclarations

Mme KOLINDA GRABAR-KITAROVIĆ, Présidente de la Croatie, a qualifié les 17 objectifs de développement durable de plan pour le développement des 15 prochaines années, et, « au-delà, de cadre et d’instrument au service d’un avenir meilleur ».  « ’Transformer notre monde’: ce ne sont pas des paroles, mais une obligation qui incombe à tous », a-t-elle ajouté avant de saluer le fait que la Déclaration ne laisse aucun pays de côté.  La Déclaration, a-t-elle dit, est ambitieuse et axée sur l’être humain, ce qui signifie que nous sommes tous impliqués, pays développés et en développement, fournisseurs et récipiendaires de l’aide, Nord et Sud, grands et petits.  Mme Grabar-Kitarović a ensuite estimé que 2015 marquait un tournant dans l’histoire du développement et était l’occasion de reconnaître que tous les OMD n’avaient pas été atteints. 

« Cela doit nous servir de leçon pour l’avenir », a ainsi insisté la Présidente croate avant de souligner que l’ambition des États devrait être adaptée à leur capacité à tenir leurs engagements.  Se référant à la crise actuelle des migrants, Mme Grabar-Kitarović a indiqué que cette « marée » avait un impact profond sur son pays et la région de l’Europe du Sud-Est.  « J’évoquerai en détail ce point la semaine prochaine, au cours du débat général, mais je tenais à prendre aujourd’hui cet exemple frappant pour montrer combien le monde global est devenu interdépendant », a expliqué la Présidente de la Croatie.  Après avoir assuré que la Croatie assurerait pleinement sa part dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable d’ici à 2030, Mme Grabar-Kitarović a conclu en affirmant que sans le leadership nécessaire, rien de durable ne pourrait être accompli.

M. SAULI NIINISTÖ, Président de la Finlande, a mis l’accent sur les progrès obtenus avec les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment en Afrique.  Investir dans la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes est un pas direct vers l’élimination de la pauvreté et pour la prospérité, a-t-il déclaré.  Il convient, selon le Président Niinistö, de changer notre façon d’agir et notre façon de réfléchir.

Le Président de la Finlande a également estimé que pour faire face aux changements climatiques et assurer l’accès de l’eau à tous exigeaient un suivi coordonné des facteurs sociaux, économiques et environnementaux, ce qui, a-t-il précisé, devrait donner lieu à un accord ambitieux sur les changements climatiques à la Conférence de Paris sur le climat en décembre 2015.  S’agissant de l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030, il a estimé qu’il n’y avait pas d’échec possible.  « Nous devons réussir! » a-t-il lancé.

M. GURBANGULY BERDIMUHAMEDOV, Président du Turkménistan, a déclaré que les 17 objectifs de développement durable et les 169 cibles que nous venons d’adopter témoignent de l’ampleur de ce nouveau Programme universel et montrent à quel point il est ambitieux.  Il a estimé que ce programme traduit la détermination de la communauté internationale de parvenir au développement durable.  Jugeant que la réalisation de ces ODD au cours des 15 prochaines années était liée à l’amélioration des mécanismes de partenariat en place, le Président du Turkménistan a invité le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) à mettre en place un nouveau mécanisme de coordination mondiale pour la mise en œuvre des objectifs.  Pour éliminer la pauvreté et assurer la sécurité alimentaire, les États Membres doivent travailler en étroite collaboration avec les fonds et programmes du système des Nations Unies. 

Dans ce contexte, le Président a invité l’Assemblée générale à organiser, dès que possible, un forum de haut niveau sur l’alimentation.  Il a exprimé la volonté de son pays de travailler en étroite collaboration avec l’ONU dans le domaine de l’éducation et la pleine égalité entre les sexes.  « Il est de notre devoir à tous de parvenir à la totale autonomisation des femmes », a insisté le Président turkmène, en saluant la décision du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, de convoquer, le 27 septembre, un sommet mondial sur les femmes.  Il a rappelé que 2015 marquait le vingtième anniversaire de l’adoption par l’Assemblée générale d’une résolution reconnaissant la neutralité permanente du Turkménistan. 

M. JUAN MANUEL SANTOS CALDERÓN, Président de la Colombie, a rappelé que son pays avait proposé des objectifs qui intégraient les trois piliers du développement durable, lesquels ont été repris par la Conférence de Rio+20 en 2012.  Au cours des 15 prochaines années, a-t-il déclaré, tous les pays du monde devront de concert répondre aux trois principaux défis: éradication de la pauvreté sous toutes ses dimensions, lutte contre les inégalités et les injustices et lutte contre les effets des changements climatiques.

 M. Calderón a affirmé que son pays avait adopté un programme de développement visant à éliminer la pauvreté extrême et à permettre l’éducation pour tous en une décennie, le tout dans une stratégie globale de croissance verte.  Le Président colombien a mis l’accent sur la nécessité de disposer d’indicateurs fiables qui montrent où nous en sommes et où se situent les progrès et les lacunes.  Il faudrait, a-t-il dit, agir et transformer en profondeur nos pays pour assurer un avenir meilleur et plus humain.

M. ABDEL FATTAH AL-SISI, Président de l’Égypte, a souligné l’importance d’un développement équilibré qui réponde aux besoins de tous, en particulier les femmes qui jouent un rôle crucial car, a-t-il dit, elles ont un sens aigu de la responsabilité.  Il a souhaité que ce nouveau Programme universel de développement durable tienne compte du droit des pays souverains d’adopter des programmes économiques et sociaux en phase avec les spécificités des régions concernées.  Il a rappelé que l’Égypte avait inauguré la semaine dernière le nouveau canal de Suez, lequel représente, aujourd’hui, un élément clef du nouveau programme de développement égyptien.  Le nouveau canal de Suez, a-t-il ajouté, fera de ce pays un pôle régional et international de commerce et de développement.  Le Président Al-Sisi a exprimé la volonté du peuple égyptien de lutter contre le terrorisme avant de souhaiter que les pays en développement puissent obtenir l’appui nécessaire pour les aider à mettre en œuvre les 17 objectifs de développement durable et les 169 cibles adoptés aujourd’hui. 

M. RALPH E. GONSALVES, Premier Ministre de Saint-Vincent-et-les Grenadines, a déclaré que faire de la planète Terre un meilleur endroit pour tous pour y vivre signifie que nos déclarations se traduisent en actes.  Le monde, avec ses contradictions, est un endroit compliqué et l’humanité n’était pas parfaite.  Il n’est pas acceptable que l’économie mondiale, établie en application de certaines pratiques, condamne près d’un milliard de personnes à vivre dans des conditions abjectes. 

 Le modèle pervers et destructeur du capitalisme mondial, qui détruit l’environnement, doit être revu de manière fondamentale pour que les ODD soient réalisés.  Ils ne seront pas atteints s’il y a un échec dans la réalisation de l’ODD 17 sur la revitalisation du partenariat mondial au service du développement durable.

M. Gonsalves a ajouté qu’en tant que pays insulaire en développement, Saint-Vincent-et-les Grenadines était particulièrement vulnérable aux effets délétères des changements climatiques.  Les pauvres souffrent beaucoup plus de l’accélération du réchauffement climatique alors que les pays insulaires en développement ne contribuent pas à ce danger menaçant, a-t-il expliqué.  Le Premier Ministre a rappelé que, depuis 15 ans, son pays avait fait d’immenses progrès en vue d’atteindre les OMD concernant l’élimination de l’extrême pauvreté, la réalisation de l’enseignement primaire pour tous, la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes, la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé maternelle, la lutte contre le VIH/sida et d’autres maladies contagieuses et la promotion d’un environnement durable.  Son pays, a-t-il assuré, s’est engagé à consolider et construire sur ces réalisations et à mettre en œuvre, de manière ciblée, les ODD avec l’aide des partenaires internationaux, au cours des 15 prochaines années.

M. JOSÉ MARIA PEREIRA NEVES, Premier Ministre de la République de Cabo Verde, a déclaré que son pays était aujourd’hui une référence en termes de liberté, de démocratie, d’état de droit, de promotion et de protection des droits de l’homme et de la dignité humaine.  Mais nous sommes conscients des grands défis auxquels nous devons faire face, en particulier la pauvreté qui frappe un quart de la population, et le taux élevé du chômage en particulier chez les jeunes et les femmes disposant de peu de qualifications professionnelles.  Nous devons aussi faire face aux changements climatiques et à leurs conséquences dévastatrices, en particulier dans les petits États insulaires, a-t-il ajouté. 

« Notre ambition est de faire passer le produit intérieur brut par habitant de 3 800 à 12 000 dollars en 2030 pour réaliser un indice de développement humain élevé sur la base d’investissements importants dans l’éducation, la santé, la sécurité sociale, le logement, la planification et la gestion territoriale, les infrastructures et l’accès à l’eau.  Pour atteindre ces objectifs, nous devons accélérer le rythme de la croissance économique et bâtir une économie verte et bleue qui soit dynamique, durable et innovante et qui soit capable de créer des emplois et d’engendrer des progrès et le bien-être social.  Cela devrait aboutir à une économie juste et inclusive qui peut éradiquer la pauvreté, mettre fin aux inégalités et créer des opportunités pour tous. 

M. Neves a rappelé qu’en tant que petit État insulaire en développement (PIED), Cabo Verde est confronté à d’énormes obstacles pour son développement durable, à des difficultés liées à l’accès au financement, aux coûts élevés des transports, de l’énergie et des infrastructures, et à des vulnérabilités sociales, économiques et environnementales.  Les PEID, les pays africains et les pays les moins avancés, ainsi que les pays en développement sans littoral méritent une attention particulière de la part de la communauté internationale pour qu’ils puissent tenir leurs engagements dans le cadre des ODD, a plaidé le Premier Ministre avant de conclure. 

M. PERRY GLADSTONE CHRISTIE, Premier Ministre et Ministre des finances du Commonwealth des Bahamas, a mis l’accent, à la lumière de l’intervention du pape François, sur la responsabilité commune de protéger la Terre, ses ressources et ses populations.  Les partenaires économiques internationaux, les investisseurs privés et les institutions financières internationales ont tous un rôle à jouer pour garantir la résilience des pays en développement face aux effets des changements climatiques, a déclaré M. Christie.

Le Premier Ministre des Bahamas a également fait état des niveaux d’endettement importants au sein des pays de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).  Il est de plus en plus important, a-t—il dit, de renouveler les partenariats mondiaux pour mettre en œuvre le nouveau programme de développement, y compris les objectifs de développement durable.  S’agissant de la lutte contre les effets des changements climatiques, il faudrait, a-t-il estimé, un cadre juridique contraignant afin d’inverser les tendances actuelles des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.

Mme ANGELA MERKEL, Chancelière de la République fédérale d’Allemagne, a rappelé que son pays s’apprêtait à fêter le vingt-cinquième anniversaire de sa réunification qui, a-t-elle fait observer, avait longtemps semblé impossible à réaliser.  La Chancelière s’est dite convaincue que si les pays ont réussi à réduire de moitié la pauvreté entre 2000 et 2015, ils pourront aussi éliminer cette pauvreté d’ici à 2030.  « En Allemagne, nous allons renforcer notre stratégie de développement durable à la lumière des objectifs de ce nouveau Programme universel de développement durable.  En 2016, nous serons un des premiers États à faire rapport sur notre stratégie nationale dans le cadre du Forum politique du haut niveau », a assuré Mme Merkel. 

Elle a estimé qu’il était nécessaire de créer un groupe de haut niveau pour tirer les enseignements de la récente crise Ebola afin que l’ONU puisse, à l’avenir, intervenir plus rapidement face à de telles crises.  Elle a souligné l’importance de mettre en place des structures résilientes afin d’utiliser plus efficacement les ressources consacrées au développement durable.  L’Allemagne, a-t-elle assuré, est engagée à consacrer 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement (APD).  Elle a émis l’espoir que l’on parviendra à un accord sur les changements climatiques à Paris en décembre prochain visant à définir une vision mondiale partagée pour parvenir à la décarbonisation d’ici à la fin du siècle.   

Soulignant que le programme de développement de l’Inde intégrait les ODD, M. NARENDRA MODI, Premier Ministre de l’Inde, a indiqué que l’Inde s’était acquittée de ses responsabilités en tant que partenaire de développement en Asie et en Afrique et avec les petits États insulaires en développement.  « Nous sommes aujourd’hui aux Nations Unies parce que nous croyons tous que le partenariat mondial doit être au centre de nos efforts, qu’il s’agisse du développement durable ou de la lutte contre les changements climatiques.  Il a réitéré que les principes de responsabilités communes mais différenciées constituaient le fondement de notre entreprise collective.

En s’attaquant aux changements climatiques, il est important d’axer les efforts sur les solutions qui peuvent nous aider à atteindre nos objectifs.  Nous devons forger un partenariat mondial public pour utiliser la technologie, les innovations et la finance pour rendre accessible l’énergie propre et renouvelable.  Nous devons également changer nos styles de vie afin de moins dépendre de l’énergie, a suggéré M. Modi, pour qui il était important de lancer un programme mondial d’éducation qui prépare notre future génération à protéger et conserver la nature. 

Le Premier Ministre a espéré que les pays développés tiendront leur engagement financier pour le développement et le climat « sans aucun moyen de mettre à la fois les deux dans la même tête » et que le Mécanisme de facilitation des technologies fera de la technologie et de l’innovation un instrument efficace pour le bien commun universel et non seulement pour les rendements privés.    

M. ENDA KENNY, Premier Ministre de l’Irlande, a souligné que l’Europe était confrontée à une grave crise de réfugiés qui trouvait ses racines non pas seulement dans les conflits mais dans la pauvreté.  Le Premier Ministre a mis l’accent sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes qui incitent des milliers de personnes à quitter leurs foyers vers un avenir incertain. 

L’aide au développement continuera d’être au cœur de la politique étrangère de l’Irlande, a-t-il assuré.  M. Kenny a rappelé que son pays avait cofacilité les négociations intergouvernementales du programme de développement pour l’après-2015 aux côtés du Kenya.

M. ARNOLD NICHOLSON, Ministre des affaires étrangères et du commerce de la Jamaïque, a déclaré que le Programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté aujourd’hui, se veut transformateur en plaçant l’homme au centre des préoccupations des pays.  Il a estimé que ce Programme de développement durable est un plan d’action pour l’humanité, la planète et la prospérité qui libèrera le monde de la pauvreté extrême et garantira la prospérité pour tous.  Un des enseignements que nous avons tirés de la mise en œuvre des OMD est de nous engager en faveur de partenariats solides et de nouvelles sources de financement, du renforcement des capacités et du transfert de technologies idoines.  Il a estimé que l’accès à la recherche scientifique et à la technologie ainsi que l’innovation doivent être au cœur des efforts de mise en œuvre des ODD.  Le Ministre a appelé à tenir compte des difficultés particulières des petits États insulaires en développement.  Il a souligné la nécessité d’aider les pays en développement à renforcer leurs capacités en matière de collecte des données statistiques qui, a-t-il dit, sont indispensables pour mesurer les progrès réalisés mais aussi le chemin restant à courir. 

 M. CHARLES KOFFI DIBY, Ministre des affaires étrangères de la Côte d’Ivoire, a rappelé que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avaient connu des avancées notables dans son pays sur la période 2012-2015 dans plusieurs domaines, notamment ceux de la santé et de la lutte contre le VIH/sida et de l’éducation.  Il a affirmé que les 11 grands thèmes au cœur des objectifs de développement durable figuraient en bonne place dans les priorités de la Côte d’Ivoire.  L’une des tâches majeures à laquelle le Gouvernement de la Côte d’Ivoire s’attache à présent est d’œuvrer de concert, avec les élus, la société civile et le secteur privé, à l’appropriation nationale des objectifs de développement durable.

M. DENNIS MOSES, Ministre des affaires étrangères de Trinité-et-Tobago, a déclaré que la mise en œuvre du Programme de développement durable pour son pays axera les efforts sur 12 priorités stratégiques avec une attention particulière sur l’autonomisation sociale et économique à travers une croissance durable incitative et diversifiée, une stabilité macroéconomique, notamment l’emploi décent et la protection de l’environnement.  Il a ajouté qu’en dépit de son statut de pays à revenu intermédiaire mais comme petit État insulaire en développement, Trinité-et-Tobago fait face à de nombreux défis de développement exacerbés par sa superficie, le manque d’économie d’échelle, d’ouverture et une dépendance à un nombre limité de ressources.  Cette situation résulte en un niveau élevé de vulnérabilité aux chocs économiques et environnementaux extérieurs.  Le Ministre a souligné l’importance de la revitalisation du partenariat mondial pour le développement dont les paramètres ont été établis dans le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.

M. ABDULLAH ABDULLAH, Chef de l’exécutif de l’Afghanistan, a rappelé que les OMD, que certains pays n’ont pas encore réalisés, ont attiré notre attention sur le développement axé sur les résultats, forçant les gouvernements et leurs partenaires de développement à réfléchir aux liens entre la politique, la livraison, les mesures, la surveillance et la reddition des comptes, ainsi qu’à la mobilisation et à la gestion des ressources publiques. 

Les OMD, qui sont restés inachevés dans les pays les plus pauvres, et les conséquences involontaires de la focalisation sur certains objectifs, exigent que l’on accorde une attention accrue à la manière d’agir sur la base des leçons tirées.  Tandis que le système des Nations Unies fait un excellent travail en établissant les programmes mondiaux, ses outils de développement exigent cependant une transformation majeure si l’on veut qu’ils servent de catalyseur pour le programme 2030. 

 M. Abdullah a ensuite expliqué que dans le cas de pays comme l’Afghanistan, il était essentiel de garantir un accord de paix avant de réorienter l’utilisation des ressources de la sécurité politique et physique à la sécurité humaine.  Pour respecter ce programme, nous devons comprendre les coûts et les compromis nécessaires pour assurer le développement durable.

 La levée des obstacles régionaux au commerce entre l’Asie centrale et l’Asie du Sud sortirait des dizaines de millions de personnes de la pauvreté et les aiderait à vivre avec dignité.  Plus significatif encore, le spectre du terrorisme qui pèse sur nos vies sera éliminé grâce à une coopération véritable en matière de paix et de sécurité.  M. Abdullah a ajouté qu’une grande partie de la Décennie de transformation de l’Afghanistan (2015-2025) coïncidait avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  L’Afghanistan restera engagé à développer des stratégies et des politiques à intégrer à notre programme de développement national. 

Il a parlé des efforts du Gouvernement à fournir aux villages dans tout le pays un niveau minimum de services de santé, d’éducation, d’eau potable, et à améliorer l’agriculture à travers une « Charte des citoyens ». 

M. MARK WILSON, représentant du secteur privé, qui s’exprimait au nom de l’organisation Aviva, a proposé à l’Assemblée générale de l’ONU d’adopter, « dès cette année », une résolution sur le financement durable qui, a-t-il dit, « entraînerait la création de marchés financiers eux-mêmes durables ». 

M. JIM YONG KIM, Président de la Banque mondiale, a affirmé que les ODD reflétaient « notre rêve pour un monde dans lequel chacun pourrait exploiter pleinement son potentiel ».  Il a assuré que la Banque mondiale mettrait au service de leur réalisation son expertise de plus de 50 ans en matière de financement du développement.  « Nous aiderons notamment les pays à bas revenus à collecter leurs impôts de 2 à 4% du PIB. »  « Nous tiendrons compte de ce qui a été efficace et de ce qui a échoué dans le cadre de la réalisation des OMD », a-t-il également déclaré.  Pour M. JIM, « la mise en œuvre des 17 ODD suppose un changement dans la manière insuffisamment audacieuse avec laquelle nous avons combattu la pauvreté pendant tant d’années ».  « Pour passer des millions aux trillions de dollars et promouvoir une prospérité partagée, les banques de développement et le FMI devront travailler main dans la main », a encore souligné le Président de la Banque mondiale, qui a vu dans la Déclaration « une feuille de route ambitieuse » devant permettre à « notre génération » de mettre un terme à la pauvreté extrême.

49 Mme CHRISTINE LAGARDE, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a estimé que la stabilité macroéconomique était l’une des conditions, au niveau des pays, pour permettre l’émergence d’une économie réellement durable.  Une autre condition est l’inclusion, a-t-elle ajouté, en précisant que plus la croissance était inclusive, plus elle avait de chance d’être soutenue.  Nous devons impliquer toutes les populations en vue de donner à chacun les moyens et la possibilité d’exprimer pleinement son potentiel, a en outre indiqué Mme Lagarde qui a estimé que lever les obstacles à l’emploi des femmes contribuera « non seulement à booster la croissance, mais aussi à lutter contre les inégalités et la pauvreté ».  Pourquoi notre action doit-elle être collective? a ensuite demandé la responsable du FMI.  Elle a répondu que stabilité économique, inclusion et amélioration de l’environnement nécessitaient une action globale et cohérente. 

« Le FMI, avec ses 188 pays membres et ses 70 ans d’expérience dans la promotion de la coopération économique globale, comprend mieux que quiconque le pouvoir d’une action collective », a-t-elle renchéri.  Parmi les moyens mis en œuvre par son institution pour accompagner les pays en développement, elle a cité l’appui technique du Fonds à ces pays pour renforcer la mobilisation des revenus domestiques destinés au financement des objectifs de développement.  « De manière tout aussi importante, nous maintenons à un taux zéro notre Facilité de crédit rapide », a encore souligné Mme Lagarde.  « En encourageant la globalisation de l’économie et la stabilité financière, le FMI, aux côtés de ses membres et de ses partenaires internationaux, contribuera à la mise en œuvre des ODD », a-t-elle assuré avant de conclure.

Pour M. RAIMONDS VĒJONIS, Président de la Lettonie, le nouveau Programme de développement durable offre aux pays du monde « une destination commune mais aussi des moyens pour y arriver ».  Il reflète les défis énormes partagés auxquels est confrontée l’humanité et qu’aucun pays ne saurait surmonter seul.  À ce titre, il a évoqué les questions relatives aux changements climatiques, à la pollution et à l’eau potable, à l’éducation de qualité, à la protection sociale, aux systèmes de santé ou encore à la bonne gouvernance et à l’état de droit.  Il s’est félicité que ces deux derniers aspects aient été reconnus dans le nouveau Programme de développement comme étant des principes universels.  Forte de son expérience de transition, la Lettonie est consciente du fait que l’état de droit et la bonne gouvernance sont la pierre angulaire de toute transformation sociale et économique et devraient être ancrés dans les systèmes de valeur nationaux, en particulier la tolérance zéro de toute forme de corruption, a expliqué M. Vējonis. 

Ce nouveau programme propose des opportunités pour mettre un terme à toute forme d’inégalités, de discrimination et de violence que les femmes et les filles subissent toujours dans le monde, a-t-il poursuivi.  À son avis, l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes sont non seulement une question de justice sociale, mais également de croissance économique et de développement durable.  À ce titre, il a évoqué l’expérience de son pays où les femmes occupent des postes de haut niveau, à la fois dans le Gouvernement et dans le monde des affaires, ce qui est encouragé par l’égalité des droits et d’opportunités entre les hommes et les femmes.

« Les défis environnementaux, sociaux et économiques sont étroitement liés et aujourd’hui, chaque pays et chaque partie prenante doit jouer un rôle décisif pour engager le monde sur une voie durable », a conclu M. Vējonis.

M. SALVADOR SÁNCHEZ CERÉN, Président d’El Salvador, a déclaré que son pays avait réalisé des progrès substantiels en matière d’OMD, malgré d’énormes difficultés économiques et écologiques.  Sécheresses, tremblements de terre et tempêtes tropicales ont causé des dommages équivalant à 4% du PIB en 2011.  Pourtant, dès 2009, l’État a donné la priorité aux politiques sociales, notamment la santé universelle, et à la protection de l’environnement.  De même, le plan quinquennal de développement pour la période 2014-2019 est axé sur le bien-être de la population.

La vie sur la planète avec toute sa diversité biologique et culturelle est en danger, a constaté le Président.  Pour lui, « Mère Nature se plaint des siècles de mauvais traitements que nous lui avons fait endurer ».  Il a estimé qu’il faudrait saisir cette occasion pour décider, par consensus, d’une nouvelle voie pour améliorer la vie des peuples.  À cette fin, il faudrait construire un nouveau modèle de coopération internationale, élargir la coopération Sud-Sud, modifier la structure actuelle du financement du développement et faire en sorte que les pays en développement soient impliqués dans le processus de prise de décisions.

M. FAURE ESSOZIMNA GNASSINGBÉ, Président du Togo, a déclaré que le premier facteur de succès pour la réalisation « des nouveaux objectifs » serait leur appropriation par les peuples « que nous représentons à ce Sommet ».  « Nous devons adapter ces objectifs à nos contextes régionaux et nationaux et à la diversité de nos culture », a ajouté le Président togolais, qui a estimé que le développement auquel aspirent les populations ne saurait se faire au détriment de leurs valeurs fondamentales, « notamment celles concernant la famille et la vie ». 

M. Essozimna Gnassingbé s’est ensuite réjoui que son pays ait été associé au processus de préparation du programme de développement durable à l’horizon 2030 et d’avoir été choisi avec le Belize en tant que pays pilotes.  « Grâce à cette initiative, le Togo a consolidé son programme national de renforcement des capacités et de modernisation de l’État en vue d’un développement durable », a-t-il dit à cet égard.  Le Président du Togo a attiré l’attention sur le fait que l’efficacité nationale de développement dépendait aussi de l’environnement international.  Après avoir rappelé que la mer était au cœur des enjeux du développement durable des pays africains, M. Essozimna Gnassingbé a annoncé l’organisation, en 2016, par son pays et la Commission de l’Union africaine, d’un sommet de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine consacré aux thèmes liés de la sécurité maritime et du développement durable.

« Ce que nous faisons ou manquons de faire aujourd’hui déterminera le sort des décennies à venir », a déclaré Mme MICHELLE BACHELET JERIA, Présidente du Chili, dont le pays salue le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Elle aurait préféré un programme plus circonscrit, ce qui aurait permis, selon elle, de faciliter sa mise en œuvre.  Elle a également regretté que certaines questions comme celle de la diversité sexuelle ne fassent pas partie de ses cibles.  Toutefois, Mme Bachelet, reconnaît le mérite du Programme « à l’élaboration duquel la société civile a contribué, ce qui ne le rend que plus fort ».

Soulignant que ce Programme n’est pas sorti du néant, mais qu’il s’inscrit dans le prolongement des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), Mme Bachelet a rappelé qu’en Amérique latine, la mise en œuvre des OMD s’était notamment traduite par la réduction de la pauvreté de 20% et une meilleure distribution des revenus. 

Ce nouveau Programme de développement durable repose, a-t-elle estimé, sur des actions combinées aux plans national, régional et mondial.  Compte tenu de la complexité des nouveaux défis, toute action individuelle d’un État doit s’accompagner d’actions conjointes, a souligné Mme Bachelet, qui a également insisté sur le fait que chaque pays aura désormais la possibilité de participer aux mécanismes de financement nécessaires en fonction de ses propres capacités et caractéristiques.

« Ce qui compte aujourd’hui est d’agir maintenant, de travailler pour faire en sorte que nos efforts nationaux coïncident avec les 17 objectifs de développement durable », a-t-elle souligné en affirmant que le Chili s’acquittait déjà de cet engagement à travers les réformes en cours. Chaque pays a, selon elle, une obligation de réussite, et le Chili est disposé à venir en aide aux pays d’Amérique latine et des Caraïbes pour promouvoir l’intégration économique, la sécurité et la paix  et la coopération Sud-Sud.

Tirant la sonnette d’alarme, Mme Bachelet a affirmé qu’« aujourd’hui, nous pouvons  encore prendre les mesures nécessaires pour réaliser un monde plus juste et permettre à des millions de personnes d’avoir une meilleure qualité de vie.  En revanche, si nous n’agissons pas de manière décisive et avec la volonté et l’engagement requis par la gravité de la situation, nous n’aurons plus la possibilité de le faire à l’avenir ».

M. ARTHUR PETER MUTHARIKA, Président du Malawi, a expliqué que son pays avait mis en œuvre les OMD au moyen d’une série de stratégies de développement à moyen terme.  Le Malawi n’a atteint que la moitié des OMD: réduction de la mortalité infantile; lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies; environnement durable; développement de partenariats mondiaux pour le développement.  Par contre, a reconnu le Président, le pays n’a pas réussi à réaliser les objectifs liés à la parité des sexes.  Il s’agira donc d’une priorité dans la mise en œuvre des ODD.

M. Mutharika a souligné que le document final relatif au Programme de développement pour l’après-2015 reflétait les aspirations de son peuple.  Pour lui, la « localisation des engagements internationaux », dans le cadre d’activités sectorielles, est le plus sûr moyen de les mettre en œuvre.

M. DAVID ARTHUR GRANGER, Président du Guyana, a souligné que la mobilisation de toutes les sources de financement serait nécessaire pour mettre en œuvre les ODD à l’horizon 2030.  « Tous les pays, développés et en développement, devront contribuer positivement à cet effort et en tenant compte de leur propre situation nationale », a-t-il ajouté.  Notant que son pays reconnaît les liens entre paix, sécurité et état de droit, M. Granger a appelé les pays à améliorer leurs relations en les plaçant sous les auspices du droit international et de l’esprit de solidarité et d’entraide.  Pour le Président du Guyana, « l’éducation est la mère des 17 ODD, la voie à suivre pour pouvoir mettre fin aux inégalités sociales et de genre ».  « Avec la compréhension et la coopération, nous aiderons à assurer le succès de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, et le Guyana œuvrera sans relâche à cette réalisation qui représente les aspirations les plus nobles de l’humanité », a indiqué M. Granger, avant de conclure.

M. UHURU KENYATTA, Président du Kenya, a rappelé l’impact des Objectifs du Millénaire pour le développement, qui avaient été adoptés il y a 15 ans, sans perdre de vue la disparité des progrès réalisés dans le monde et au sein même des pays.  Il a ainsi évoqué la pauvreté rurale et la poussée des taux de mortalité maternelle et infantile dans certaines parties de l’Afrique subsaharienne.  Au Kenya, les progrès ont été considérables, a-t-il affirmé, en particulier en termes de scolarisation primaire des garçons et des filles, de santé ou encore de promotion de la femme et des jeunes dans le domaine de l’emploi.

« Les leçons tirées de la mise en œuvre de OMD ont prouvé qu’il est possible de réaliser d’importants progrès lorsque le monde partage une vision et des objectifs communs », a fait remarquer M. Kenyatta pour lequel le nouveau Programme de développement durable à l’horizon 2030 est « un plan ambitieux pour une action collective qui devrait déterminer l’avenir de l’humanité, en éliminant la pauvreté tout en restant en harmonie avec notre planète ». 

Les objectifs de ce Programme sont extrêmement ambitieux et supposent, par conséquent, des moyens de mise en œuvre tout aussi importants, a-t-il poursuivi.  « Sans les ressources nécessaires, le programme adopté aujourd’hui pourrait ne jamais se réaliser », a averti M. Kenyatta.  Il reconnaît que la responsabilité première revient aux pays eux-mêmes, tout en estimant que les ressources mises à disposition par « nos partenaires de développement » joueront un rôle essentiel.  Par conséquent, il leur demande d’augmenter les ressources allouées à l’aide publique au développement de manière substantielle.

Avant de conclure, M. Kenyatta a rappelé que son pays accueillera, en novembre 2016, la deuxième Réunion de haut niveau sur un partenariat mondial pour une coopération efficace en faveur du développement.

Mme ELLEN JOHNSON-SIRLEAF, Présidente du Libéria, a estimé que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 était « le fruit du processus le plus consultatif de l’histoire ».  En dépit des progrès réalisés depuis 15 ans pour appliquer les OMD, la pauvreté, notamment dans les zones rurales, reste le plus grand défi à relever.  La Présidente s’est félicitée de voir la position africaine commune reflétée dans le Programme de développement durable et dans le Programme d’action d’Addis-Abeba.  Elle a estimé que « des sociétés pacifiques et un partenariat global renouvelé » étaient essentiels pour réaliser ces aspirations.

Le monde n’a jamais été aussi riche, autant intégré et mieux éduqué qu’aujourd’hui, a constaté ensuite Mme Johnson-Sirleaf.  Nous avons donc les moyens d’offrir à chacun et chacune les moyens de développer au mieux leur potentiel.  Si les OMD et leurs cibles sont universels par nature, il appartiendra à chaque pays de définir ses propres priorités dans le cadre de leur mise en œuvre.  Le succès du Programme de développement durable à l’horizon 2030 dépendra des mesures concrètes prises aux niveaux national, régional et mondial, a-t-elle ajouté, en insistant par ailleurs sur l’importance des mesures prises au niveau local. 

M. ANOTE TONG, Président de Kiribati, a estimé que l’adoption du nouvel Agenda pour le développement ne signifiait pas l’abandon des OMD.  Il a indiqué à ce sujet que son pays, à l’instar d’autres petits États insulaires en développement, n’avait pu réaliser pleinement nombre d’OMD en raison de leur vulnérabilité aux conséquences des changements climatiques.  C’est pourquoi, il a insisté sur l’importance de l’objectif 13, « Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions ».  « Le péril climatique pose la question de notre survie en tant que pays de faible altitude, et si la réalisation de l’objectif 13 ne fait pas l’objet de toute l’attention nécessaire c’est la totalité des efforts en vue du développement durable qui seront réduits à néant », a poursuivi M. Tong.  À son avis, le premier test de la détermination de la communauté internationale à mettre en œuvre les ODD sera la COP 21 : « Le nouvel Agenda pour le développement ne sera rien si la Conférence de Paris ne donne lieu à aucun instrument juridiquement contraignant », a-t-il estimé.  M. Tong n’a pas manqué de saluer par ailleurs l’engagement personnel du pape sur le climat et le rôle de lanceur d’alertes de la société civile.  Il nous faut maintenant passer de toute urgence des paroles et des messages aux actes, a conclu le Président de Kiribati. 

M. JUAN CARLOS VARELA RODRÍGUEZ, Président du Panama, a estimé qu’une alliance mondiale forte entre les pays impliquant les gouvernements, la société civile et les citoyens était le seul moyen de transformer la vie de millions de personnes qui vivent aujourd’hui dans l’exclusion.  Pour sa part, le Panama prépare un plan stratégique d’investissements publics pour la mise en œuvre des ODD à l’horizon 2030.  Afin d’éliminer la pauvreté, le Gouvernement de mon pays a élargi la couverture sociale dont bénéficie actuellement 20% de la population et fait de l’accès à l’eau potable et à la santé de base des priorités, a précisé le Président.

En outre, a-t-il poursuivi, l’éducation à 100% est un objectif clef du Panama.  L’économie continue de progresser de manière soutenue à un taux de 6% et de créer des emplois bien rémunérés, le pays étant sur le point d’être le premier de la région à avoir éliminé le travail des enfants.  M. Varela Rodríguez a estimé par ailleurs que les nouvelles technologies et les bases de données devaient être utilisées de façon constructive pour faire avancer les objectifs.  Par ailleurs, le Panama s’est fixé comme objectif de récupérer 50% de ses forêts au cours des 20 prochaines années, a conclu le Président panaméen.

M. MUHAMMADU BUHARI, Président du Nigéria, a salué une « Déclaration à la hauteur de l’urgence qu’il y a à agir ».  « Nous avons pris la décision d’agir ensemble sans oublier personne et en identifiant des cibles objectives dans les trois dimensions du développement durable », a-t-il ajouté, en considérant que le nouveau cadre du développement durable qui se met en place « facilitera l’achèvement du travail entrepris dans la réalisation des OMD ».  Le Président nigérian a noté que des progrès importants avaient été accomplis en matière de reddition de comptes en cas de violations flagrantes des droits de l’homme et pour sortir des millions de personnes de l’extrême pauvreté.  « Certaines maladies ont été éradiquées de nos pays grâce à des efforts conjoints », s’est-il réjoui avant de mettre l’accent sur le fait que, « désormais », le terrorisme était une priorité universelle.  « Lutter contre la pauvreté et l’analphabétisme à l’échelle mondiale permettra de combattre plus efficacement et durablement le fléau des réseaux terroristes », a-t-il affirmé.  Par ailleurs, pour M. Buhari, la réalisation du développement durable doit sauver le « milliard d’en bas » de son indignité.  À cette fin, il a plaidé pour une mobilisation partagée et cohérente des ressources par les pays développés et en développement. 

M. TOMMY ESANG REMENGESAU, Président de la République des Palaos, a déclaré que son pays avait des défis énormes à relever.  Un milliard de personnes n’ont pas assez à manger pour leurs familles et pour elles-mêmes.  Les changements climatiques font déjà des ravages dans mon pays, dans la région du Pacifique où nous risquons à présent la montée des mers, les tempêtes, la sècheresse, les inondations et l’acidification des océans qui menacent notre approvisionnement en eau et en nourriture et notre biodiversité marine, a-t-il dit.  Évoquant les efforts entrepris par son pays, le Président a déclaré que les Palaos avaient décidé de consacrer 20% des énergies aux ressources renouvelables avant 2020.  Le pays compte devenir neutre en carbone avant 2050.  La politique nationale sur les changements climatiques a été finalisée, a-t-il assuré.  Le Président a souligné aussi que pour les petits États insulaires en développement, c’est seulement à travers un véritable partenariat mondial pour le développement durable, avec la participation de tous les pays, de toutes les parties prenantes, qu’ils peuvent mettre en œuvre leur nouvelle liste d’ODD rapidement et de manière étendue pour répondre d’urgence à leur situation. 

M. EVO MORALES AYMA, Président de la Bolivie, a estimé qu’il fallait se demander « quelles sont les causes de la pauvreté et des inégalités planétaires ».  Il a dénoncé « les politiques du système capitaliste » qui ne permettent pas à son avis de répondre aux problèmes de l’humanité.  « On assiste à une concentration de richesses dans un petit nombre de mains et de pays développés », a-t-il déploré.

Le capitalisme met l’environnement à son service en pillant les ressources naturelles et plonge les peuples dans la pauvreté, a poursuivi M. Morales Ayma.  « La guerre est son négoce principal », a-t-il dénoncé, en critiquant les capacités destructrices des armes et les dépenses militaires « astronomiques » de certains pays.  « Suite aux guerres impériales, les océans sont devenus des cimetières de réfugiés », a-t-il affirmé. 

Le Président a par ailleurs indiqué que l’État plurinational de Bolivie avait adopté des politiques patriotiques visant à se libérer du modèle libéral et axées sur le bien-être.  Il a ainsi nationalisé les ressources naturelles.  « Aujourd’hui, c’est le peuple qui est aux commandes en Bolivie », a assuré M. Morales Ayma.  « Si l’on veut en finir avec la pauvreté en 2030, il faut en finir avec les valeurs du système capitaliste marqué par une consommation excessive et l’individualisme », a-t-il conclu.

M. TRUONG TAN SANG, Président du Viet Nam, s’est engagé, au nom de son pays, à appuyer pleinement la mise en œuvre des ODD et à mobiliser toutes les ressources nécessaires à cette fin.  Premièrement, a-t-il souligné, paix et développement sont étroitement liés et les objectifs ne pourront pas être réalisés en cas de guerre, de conflit ou d’instabilité.  Ensuite, la volonté politique est essentielle; grâce à elle, le Viet Nam a réalisé en avance la plupart des OMD.  Enfin, a affirmé M. Sang, il est impératif de renforcer le partenariat mondial pour le développement durable, et, à cet égard, l’ONU devrait jouer le rôle principal de coordination.

Le Président a remercié tous les partenaires qui ont aidé son pays dans son développement socioéconomique au cours des dernières années.  Le Viet Nam œuvre avec les autres États membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour construire la communauté de l’ASEAN d’ici à la fin de l’année 2015 et faire de la région une zone de paix, de stabilité et de coopération, notamment en matière de navigation en mer de Chine méridionale, a conclu le Président vietnamien.

Pour M. JÁNOS ÁDER, Président de la Hongrie, le développement sans limite n’est pas viable.  « Il aura fallu 40 ans pour s’entendre sur des objectifs de développement durable », a-t-il constaté à regret, avant de souligner que le monde avait changé pendant cette période: la population mondiale a augmenté, l’eau douce et les terres agricoles sont devenues plus rares, les gaz à effet de serre ont augmenté, la biodiversité a baissé.  Axant son intervention essentiellement sur l’un des 17 objectifs du Programme de développement durable, à savoir les changements climatiques, M. Áder a mis en garde que « nous n’avons plus 40 années à notre disposition pour parvenir à un accord fort sur cette question, mais simplement quelques mois avant la Conférence de Paris ». 

« Nous n’avons pas hérité de cette Terre pour en faire ce que nous voulons.  Nous ne faisons que l’emprunter à nos enfants », a-t-il insisté, avant de souligner l’urgence de parvenir à un accord ambitieux sur les changements climatiques à Paris en décembre 2015.  Il n’est pas difficile, selon lui, de comprendre que si l’on continue à réduire la surface des terres agricoles et à gaspiller les ressources en eau douce il ne sera bientôt plus possible de nourrir la population mondiale et les catastrophes naturelles seront encore plus nombreuses.  Une telle situation engendrera à son tour plus de pauvreté, des conflits et des migrations massives.  L’homme n’a pas le droit d’abuser de la nature et de détruire l’environnement, comme l’a souligné le pape ce matin.  Notant que ces propos avaient été reçus avec des applaudissements, le Président hongrois a lancé aux délégations présentes que « si cet enthousiasme est authentique et sincère, alors veuillez reconsidérer votre position avant la Conférence de Paris et réfléchissez aux risques que l’échec possible de cette manifestation pourraient représenter ».

M. ELBEGDORJ TSAKHIA, Président de la Mongolie, a estimé que la communauté mondiale avait été à la hauteur en adoptant les ODD.  C’est un « document historique », a-t-il dit, en saluant ce plan d’action « universel et ambitieux » pour les 15 prochaines années et en faisant remarquer qu’on n’avait jamais atteint un accord aussi unanime et universel.  Il nous incombe à nous, États Membres, d’assurer la pleine mise en œuvre de ce programme, a-t-il affirmé.  Afin d’en assurer sa réalisation, le Président de la Mongolie a plaidé en faveur d’un partenariat mondial revitalisé, d’un engagement actif de la part des gouvernements et d’un renforcement de la résilience et de la synergie de la société civile et du secteur privé.

Si chaque pays a la responsabilité de son propre développement, il ne faut pas oublier que la communauté internationale a besoin d’aide, notamment les pays sans littoral, a prévenu M. Tsakhia.  Il a aussi rappelé l’importance de la bonne gouvernance et des droits de l’homme, ce qui implique à son avis des politiques robustes, inclusives et ouvertes.  Il nous faut également, a-t-il indiqué, des mécanismes de suivi efficaces pour surveiller la mise en œuvre du Programme d’action d’Addis-Abeba.  Enfin, le Président de la Mongolie a demandé aux États Membres de s’entendre pour parvenir à un accord sur le climat en décembre à Paris.

Le Roi d’Espagne, DON FELIPE VI, a affirmé que la politique de coopération de son pays était alignée sur le programme de développement 2030.  Il a indiqué que l’Espagne, à l’instar des pays de l’Union européenne, s’était engagée à consacrer 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement d’ici à 2030, notamment à destination des pays les moins avancés.  Il a rappelé par ailleurs qu’une importante partie de la pauvreté se trouvait concentrée dans les pays à revenus intermédiaires.  Le Roi d’Espagne a également souligné l’importance de garantir l’accès à l’éducation et de promouvoir l’emploi des jeunes.  Il est par ailleurs essentiel de garantir l’égalité d’opportunités pour les femmes, a-t-il affirmé, avant d’appeler à garantir les droits sociaux, économiques et politiques des femmes.  Le Roi d’Espagne a souligné en conclusion la nécessité de construire au niveau mondial une communauté de citoyens conscients de leurs droits et responsabilités vis-à-vis des autres dans le respect de l’environnement où ils habitent.

Mme SIMONETTA SOMMARUGA, Présidente de la Confédération suisse, a expliqué qu’en définissant les nouveaux objectifs, la Suisse avait donné une importance particulière à cinq objectifs dont un objectif sur l’eau qui va au-delà de l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires; l’objectif ambitieux sur l’égalité entre les sexes, la promotion des femmes et des mesures correspondantes; et l’objectif indépendant sur la paix et des sociétés exclusives afin de promouvoir l’état de droit, l’accès à la justice, le respect des droits de l’homme, la lutte contre la violence et la corruption.  La Présidente a ajouté l’objectif sur les soins de santé qui couvrent également les maladies non transmissibles, la santé et le droit à la santé reproductive et le renforcement des systèmes de santé; et l’objectif spécifique sur la réduction des risques de catastrophes, le rôle des migrants et la consommation et la production durables. 

En Suisse, nous avons un système de démocratie directe avec des droits très étendus allant jusqu’à l’autodétermination.  Notre société et nos citoyens sont habitués à avoir un mot sur le processus politique.  Au cours des 200 dernières années, plus du tiers de tous les référendums organisés dans le monde a eu lieu en Suisse.  Pour nous, il n’est pas difficile d’inclure, dès le début, les représentants de la société civile, du secteur privé, les politiciens, le milieu universitaire dans le processus de définition de nos priorités pour le Programme de développement 2030.  Dans la mise en œuvre de ce programme, nous procéderons avec la même approche: quand le processus se déroulera dans un cadre politique, les citoyens auront l’occasion de contribuer », a déclaré la Présidente qui a révélé que dans la nouvelle stratégie du Gouvernement fédéral sur le développement durable pour la période 2016-2019, et sa stratégie sur la coopération internationale pour la période 2017-2020, « nous indiquerons comment la Suisse a l’intention de mettre en œuvre les ODD ».

M. JUAN ORLANDO HERNÁNDEZ ALVARADO, Président du Honduras, a fait part des efforts de son pays pour faire face aux flux migratoires, en particulier ceux des enfants non accompagnés en mettant l’accent sur la lutte contre le trafic de drogues.  « Moins de drogue, plus de sécurité, plus de développement, plus d’opportunités mènent à la réduction du flux migratoire », a affirmé le Président qui a souligné la nécessité de faire plus de progrès dans la réduction de la pauvreté, de la mortalité infantile et maternelle et le contrôle des maladies, en particulier le VIH/sida.  Ces défis constituent une dette sociale, économique, politique et surtout morale qui ne peut pas être ignorée et ne peut attendre dans leur solution, a-t-il précisé. 

M. Hernández Alvarado a ajouté à ces défis la lutte contre les effets des changements climatiques, d’autant que le Honduras est le troisième pays le plus vulnérable au monde dans ce domaine d’après l’indice de risque de l’organisation Germanwatch.  En raison d’El Niño et des changements climatiques, a-t-il indiqué, le Honduras est aujourd’hui confronté à la nécessité de changer radicalement son modèle de production et d’énergie.  « Nous devons immédiatement mettre en œuvre notre Plan directeur de l’eau, des sols et des forêts, pas l’année prochaine ou la prochaine décennie mais immédiatement, maintenant », a dit le Président, soulignant que « du point de vue des changements climatiques, nous ne sommes pas les mêmes.  Nous ne sommes pas les mêmes dans ses causes ou dans ses effets ».  Il a estimé en conclusion que ceux qui ont contribué le plus à générer la crise devaient contribuer le plus à la résoudre.

M. ROBERT MUGABE, Président du Zimbabwe, a remarqué les progrès inégaux enregistrés dans la réalisation des OMD, d’un pays à l’autre et d’une région à l’autre.  La Déclaration adoptée aujourd’hui confirme notre détermination commune à transformer le monde, a-t-il affirmé, soulignant que le succès du nouveau programme dépendrait des mesures concrètes prises au plan national pour l’appliquer.  Il a évoqué les priorités de son pays qui s’articulent autour des piliers suivants: sécurité alimentaire et nutrition, services sociaux et élimination de la pauvreté, infrastructures et services publics, et valeur ajoutée.  Faute de ressources, il sera difficile de tout réaliser immédiatement, a-t-il cependant reconnu, en expliquant la nécessité de fixer des priorités.  Il a mentionné l’importance de procéder avant tout aux réformes nécessaires pour favoriser les investissements.  Cependant, a-t-il prévenu, ces réformes ne porteront des fruits que si son pays ne fait plus l’objet des sanctions qui lui sont imposées depuis 15 ans.

Le Président du Zimbabwe a ensuite souligné la nécessité de mobiliser les ressources financières adéquates pour la mise en œuvre du nouveau programme de développement.  Il a reconnu que cette mise en œuvre devait être menée non seulement sur le plan national mais aussi sur le plan international.  À ce propos, le Président a dénoncé l’évasion fiscale et appelé de ses vœux la mise en place d’un système commercial universel, inclusif et non discriminatoire.  La réforme des institutions de Bretton Woods aurait dû avoir lieu depuis longtemps, a-t-il estimé, avant de demander le règlement de la question de la dette.  Le succès du programme adopté aujourd’hui dépendra de la coopération et de la solidarité internationales, a-t-il conclu, en appelant à l’édification d’un monde nouveau.

M. MOKGWEETSI ERIC KEABETSWE MASISI, Vice-Président du Botswana, a jugé impératif que la communauté internationale trouve la volonté politique et les ressources nécessaires pour appliquer avec succès le nouveau programme de développement « qui promet la dignité pour tous ».  Ce programme est dans l’esprit du plan national de développement du Botswana, de sa « Vision 2030 » et de sa stratégie de diversification économique, a-t-il expliqué.  À cet égard, il a estimé que chaque État Membre avait l’obligation morale de garantir la durabilité des modes de consommation et de production pour guérir la planète.

« Nous ne sommes pas là pour enterrer les OMD », a rappelé M. Keabetswe Masisi, mais pour rebondir sur le tremplin qu’ils ont fourni.  Les OMD sont parvenus à réduire l’extrême pauvreté dans le monde.  L’accès à l’éducation, l’égalité entre les filles et les garçons à l’école, les services de santé, l’emploi des jeunes, et la qualité de vie des citoyens en général, ont progressé au Botswana.  Dans la perspective des ODD, le Vice-Président a salué le Programme d’action sur le financement du développement adopté à Addis-Abeba en juillet dernier et souligné l’importance de la coopération technologique.

M. JUAN ALFONSO FUENTES SORIA, Vice-Président du Guatemala, a estimé que la force et l’indépendance de l’administration de la justice représentaient les fondations des libertés économiques et politiques.  Il s’est félicité que la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG), créée en 2006 à la suite d’un accord entre l’ONU et le Gouvernement ait pu enquêter et démanteler la criminalité organisée affectant les droits fondamentaux de la population.  Mettant l’accent sur l’importance de la parité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, il a reconnu que trop peu de femmes étaient impliquées dans les processus de décisions des organes gouvernementaux.  Le Vice-Président a souligné la nécessité de promouvoir les droits des femmes afin de créer une nouvelle ère, dans laquelle hommes et femmes auront une responsabilité partagée pour garantir la paix.  Il s’est dit solidaire de la tragédie humanitaire vécue par les migrants aux portes de l’Europe mais aussi les migrants d’Amérique centrale, en particulier celle des enfants non accompagnés.  Il a indiqué que le Guatemala était particulièrement marqué par une forte émigration.

M. EDI RAMA, Premier Ministre de l’Albanie, a souligné que le nouveau Programme de développement était applicable de manière universelle, en insistant pour dire qu’il concernait tous les pays.  Cela signifie, a-t-il dit, que chaque pays doit renforcer l’état de droit, les valeurs démocratiques et l’harmonie sociale.  Il a cité le pape François qui a présenté l’harmonie interreligieuse en Albanie comme un exemple pour le monde entier.  Son pays continuera d’être un exemple de coexistence, a-t-il assuré, en rappelant pourtant qu’il avait vécu une transition difficile en matière de développement.

Le Premier Ministre albanais a indiqué que l’intégration des jeunes sur le marché du travail, l’inclusion des personnes handicapées et l’autonomisation des femmes et des filles étaient des éléments clefs du programme de développement de son pays.  Il a aussi mentionné les réformes judiciaires en cours.  Nous nous embarquons, a-t-il assuré, dans un processus irréversible d’intégration qui touche tous les domaines, notamment le développement rural.  Sur le plan régional, nous ferons ce que nous pourrons pour rallier toutes les populations des Balkans aux efforts de développement.  Ce qui compte, ce n’est pas ce que nous dirons ici mais ce que nous réaliserons dans nos pays respectifs, a-t-il conclu, avant de plaider pour la conclusion d’un accord sur le climat à Paris en décembre.

Mme ERNA SOLBERG, Premier Ministre de la Norvège, a déclaré que le monde se réunit aujourd’hui pour s’engager en faveur d’un avenir plus prospère, au moment même où une crise grave se déroule sous nos yeux: 60 millions de personnes sont désormais réfugiées ou déplacées, fuyant les conflits, la pauvreté et la mauvaise gouvernance.  À elle-seule, la crise en Syrie a jeté sur les routes 12 millions de personnes.  « Nous devons changer notre manière de faire si nous voulons vraiment réaliser le développement durable », a prévenu le Premier Ministre, en faisant écho à l’appel du Secrétaire général de l’ONU en faveur de la dignité humaine.  Il faut d’abord, a-t-elle dit, renforcer l’aide humanitaire car il s’agit d’un investissement dans la résilience et le développement humain.  C’est la raison pour laquelle la Norvège a proposé d’accueillir une conférence internationale des donateurs sur la Syrie et qu’elle a doublé son aide humanitaire à ce pays, une aide qui est gravement sous-financée. 

Il faut ensuite, a poursuivi le Premier Ministre, investir dans l’éducation et la santé.  Près de 60 millions d’enfants ne sont pas inscrits à l’école primaire et 60 millions d’autres à l’école secondaire.  En la matière, l’égalité entre les sexes doit être la priorité des priorités car lorsque les filles vont à l’école secondaire, elles en tirent des bénéficies non seulement pour leur santé mais aussi pour celle de leurs enfants, de leur famille et de leur communauté.  C’est la raison pour laquelle, la Norvège a doublé son aide à l’éducation qui, avec la santé constituent les facteurs clefs d’une croissance inclusive et de la création d’emplois.  Il faut aussi, a ajouté le Premier Ministre, investir dans la stabilité et la résilience des sociétés fragiles.  Elle s’est félicitée de l’Objectif 16 du Programme de développement durable à l’horizon 2030 qu’elle a qualifié d’« innovation importante ».  Il faut enfin protéger les écosystèmes et prévenir les changements climatiques.  « Nos objectifs sont universels », a insisté le Premier Ministre.  La réduction de la pauvreté dépend d’abord et avant tout de la mobilisation des ressources et de la croissance économique, au niveau national, en partenariat avec le secteur privé.  Nous ne résoudrons pas ce problème sans parvenir à une meilleure redistribution des richesses.  Les gouvernements doivent s’approprier les politiques et voir l’aide extérieure comme un catalyseur.

M. ADRIAN HASLER, Premier Ministre du Liechtenstein, a rappelé que son pays, aux plans national et international, avait consenti d’importants efforts en vue du développement durable au cours des dernières années.  Il a notamment souligné que le Liechtenstein avait atteint et même dépassé l’objectif de 0,7% d’APD en 2012 ainsi que celui de consacrer entre 0,15 et 0,2% du revenu national brut aux pays les moins avancés.  « Nous concentrons nos efforts sur le développement à long terme », a-t-il précisé, en expliquant que le Liechtenstein appuyait des projets sur l’inclusion des femmes aux processus de paix, des projets de déminage ou encore de promotion de la bonne gouvernance et de l’état de droit dans les pays touchés par des conflits.  Assurant que son pays n’était pas un refuge pour les fonds illicites, il a mis en avant l’expertise du Liechtenstein en matière de lutte contre la corruption, contre le blanchiment d’argent et dans le domaine de la fiscalité internationale.  Enfin, il a estimé que le Forum politique de haut niveau sur le développement durable serait le catalyseur de la mise en œuvre de l’Agenda 2030.

M. GASTON ALPHONSO BROWNE, Premier Ministre d’Antigua-et-Barbuda, a rappelé qu’un certain nombre de déclarations antérieures à celle du présent Sommet n’avaient pas réussi à tenir leurs promesses, notamment celle du Millénaire puisque la réalisation des OMD reste inachevée.  Il a demandé aux pays développés de continuer à tenir leurs engagements passés et notamment à respecter les promesses faites au titre de l’APD.  La coopération Nord-Sud reste au cœur de ce partenariat, a-t-il souligné en souhaitant qu’elle ne soit pas remplacée par la coopération Sud-Sud.  Le Premier Ministre a ensuite abordé le problème des changements climatiques qui continuent de dévaster les petits pays des Caraïbes et du Pacifique, en insistant pour que le partenariat mondial dans ce domaine soit renforcé.

M. Browne s’est également plaint des conséquences des accords commerciaux injustes et déséquilibrés qui sont imposés aux pays en développement.  Si, dans la Déclaration adoptée, nous exhortons les États à s’abstenir de prendre des mesures unilatérales économiques, financières ou commerciales, nous ne leur interdisons pas de le faire et nous ne condamnons pas ceux qui le font, a-t-il regretté.  Cette Déclaration, en a-t-il déduit, reconnaît que les pays vivent toujours dans un monde de disparités, un monde où les riches et les pauvres sont divisés.  Il a recommandé de ne pas se réjouir trop tôt de l’accord obtenu mais d’attendre qu’il soit réalisé pour célébrer cet accomplissement.

En ce qui concerne la catégorie des petits États insulaires en développement (PEID), le Premier Ministre a insisté pour que ces pays ne soient pas exclus parce qu’ils sont fragiles, vulnérables et petits.  Au contraire, a-t-il insisté, pour ces mêmes raisons, il faudrait leur donner la priorité.  Il a émis le vœu que cette déclaration ne soit pas « une déclaration de plus », mais un document qui produise des résultats.  « J’espère que, dans 15 ans, nos peuples ne nous jugeront pas durement », a-t-il dit.

M. MIROSLAV CERAR, Premier Ministre de la Slovénie, a estimé que le nouveau Programme de développement durable répond aussi aux défis de la migration.  La crise actuelle, qui ne touche pas seulement l’Europe, exige une action urgente et d’abord et avant tout que l’on s’attaque à ses causes sous-jacentes et que l’on prévienne d’autres pertes en vies humaines.  La Slovénie, a déclaré le Premier Ministre, a, avec l’Union européenne, fondé sa réponse sur l’humanité et la solidarité mais aussi sur la sécurité.  Nous devons, a dit le Premier Ministre, intensifier nos efforts pour combattre la migration illégale et s’attaquer aux trafiquants de migrants et d’êtres humains.  Cette responsabilité ne saurait incomber à un seul pays.  Il s’agit d’une responsabilité que doit partager la communauté internationale tout entière, a-t-il insisté. 

Au titre des autres questions urgentes qui requièrent l’attention de la communauté internationale, le Premier Ministre a cité les changements climatiques en espérant que le succès d’Addis-Abeba, en juillet dernier, et celui de New York, aujourd’hui, seront complétés en décembre à Paris, par un accord ambitieux, viable, universel et juridiquement contraignant.  Il va sans dire, a-t-il insisté, qu’un tel accord est « essentiel » pour le développement durable.  Le temps passe et presse, a-t-il prévenu.  Revenant au Programme de développement durable, le Premier Ministre a souligné l’intention de son pays d’accroître son aide publique au développement (APD) et d’en améliorer la qualité.  La Slovénie, a-t-il révélé, adoptera deux approches: la mise en œuvre du nouveau Programme au niveau national et la contribution à l’élimination de la pauvreté et au développement durable sur la base des documents stratégiques et juridiques relatifs à la coopération internationale au développement.  Le but, a conclu le Premier Ministre, est de montrer que les efforts d’un petit pays donateur peuvent être une contribution importante à la réalisation des objectifs de développement.

M. ENELE SOSENE SOPOAGA, Premier Ministre de Tuvalu, a estimé qu’il fallait venir en secours en priorité aux populations pauvres et les plus vulnérables, et à ceux qui sont marginalisés du fait de leur situation géographique.  D’après lui, le nouveau Programme de développement devra s’accompagner de réformes institutionnelles au sein de l’ONU, qu’il s’agisse du Secrétariat, de l’Assemblée générale ou du Conseil de sécurité, pour mieux remplir les mandats et servir les peuples au niveau local.  Ainsi le Conseil de sécurité devrait-il inscrire les changements climatiques à son ordre du jour comme une question sécuritaire, compte tenu notamment des impacts de ce phénomène sur les petits États insulaires en développement.

M. Sopoaga a par ailleurs salué le futur rôle du Forum politique de haut niveau sous l’égide du Conseil de développement économique et social et souhaité que les vulnérabilités particulières des pays les moins développés soient prises en considération.  Il a plaidé pour un leadership qui soit à la hauteur des nouveaux ODD.  Saluant la reconnaissance du statut spécial des petits États insulaire en développement dans « La Voie à suivre » de Samoa, le Premier Ministre a appelé de ses vœux « un accord crédible et exhaustif » lors de la prochaine Conférence de Paris sur le climat (COP 21).  À son avis, un tel accord devrait permettre la mobilisation de ressources pour « des actions urgentes d’adaptation ».  Pour un pays éloigné comme Tuvalu, la présence de l’ONU et son implication sur le terrain sont impératives, a-t-il conclu.

Pour M. FREUNDEL J. STUART, Premier Ministre de la Barbade, l’adoption du nouveau Programme de développement durable (PDD), à l’instar de celui des Objectifs du Millénaire pour le développement(OMD), marque un moment fort dans les affaires mondiales où les différences entre pays et cultures sont mises de côté pour la poursuite d’un objectif commun supérieur au service de toute l’humanité.  Face à l’impatience des citoyens du monde, il faut aujourd’hui, selon lui, capitaliser sur les connaissances et les technologies existantes en vue de concevoir les outils et mécanismes capables de permettre la réalisation des ODD.  La feuille de route définie par le PDD doit devenir réalité et assurer une transition sans heurts des OMD vers les ODD, a poursuivi le Ministre, qui s’est dit conscient des défis sans précédent à relever par « un monde interconnecté à la fois tant sur le plan environnemental, qu’économique et social ».

À cet égard, le Ministre est revenu sur le Programme d’action de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement qui s’est tenue cette année à Addis-Abeba, et notamment le besoin de développer des mesures transparentes des progrès en termes de développement « qui vont bien au-delà du PNB ».  Les petits États insulaires en développement ne doivent plus être pénalisés pour le développement limité qu’ils ont été capables de réaliser, a estimé le Ministre, qui a mis l’accent sur la situation particulière de ces États en termes de développement durable compte tenu de leurs particularités, notamment leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles et aux changements climatiques qui leur posent « une menace existentielle ».  La Barbade et d’autres pays de la CARICOM sont convaincus que les changements climatiques ne peuvent être abordés que dans le cadre d’un effort international global s’inscrivant dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).  Par conséquent, le Ministre a lancé un appel pour l’adoption d’un accord fort à Paris lors de la vingt et unième Conférence des parties de la CCNUCC et plaidé en faveur d’une stratégie d’allègement de la dette pour sa région, en mettant l’accent sur la nécessité de mobiliser et d’allouer les ressources financières nécessaires à la réalisation des objectifs du PDD.

M. HAILEMARIAM DESALEGN, Premier Ministre de l’Éthiopie, a remarqué qu’avec les OMD, la communauté internationale avait pris un engagement plus audacieux que jamais, celui d’éradiquer la pauvreté extrême dans un délai relativement court.  Cependant, a-t-il relevé, ces objectifs n’ont pas tous été achevés.  Il faut donc que le nouveau cycle de développement soit accompagné d’efforts plus soutenus et plus concertés qu’avant.  Il a conseillé de tirer les enseignements de l’application des OMD qui a souffert de l’insuffisance de moyens de mise en œuvre.  Cela implique, a-t-il prévenu, une pleine mise en œuvre du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, adopté au terme de la conférence qui s’était tenue dans son pays en juillet dernier.  Le Premier Ministre a aussi souligné les responsabilités communes mais différenciées des pays dans cette mise en œuvre.  Il a assuré que son pays était engagé dans ce sens, en citant le plan de développement quinquennal.  L’Éthiopie s’efforce aussi de mobiliser ses ressources nationales, a-t-il ajouté.

M. TSHERING TOBGAY, Premier Ministre du Bhoutan, a déclaré que la vision et les principes du Programme de développement 2030 résonnent fortement dans la philosophie de développement du bonheur national brut (GNH).  Le GNH est une approche holistique du développement visant à améliorer le bonheur et le bien-être de notre peuple, a-t-il expliqué.  Pour cela, nous équilibrons la croissance matérielle avec l’inclusion sociale et la durabilité environnementale dans le cadre de la bonne gouvernance.  La démocratie au Bhoutan est unique car elle a été imposée par notre Souverain contre la volonté de son peuple, a indiqué le Premier Ministre.

Il a par ailleurs estimé que le programme de développement 2030 était un testament passionnant de la volonté et de la sagesse collectives de toutes les nations pour transformer considérablement notre monde.  Mais pour transformer le monde, nous devons nous transformer nous-mêmes, nous devons transformer les Nations Unies pour l’adapter aux objectifs, qui doivent être efficaces et refléter les réalités géopolitiques d’aujourd’hui, a-t-il précisé.  Abordant la question de la composition du Conseil de sécurité, le Premier Ministre du Bhoutan a affirmé que des pays comme l’Allemagne, le Brésil et le Japon devaient servir en tant que membres permanents du Conseil de sécurité.  L’Afrique doit y être également représentée, a-t-il dit.  Si nous ne réformons pas les Nations Unies, nous risquons de rendre cette importante institution inefficace et sans importance.  Cela nuirait à toutes les nations mais les petits pays comme le Bhoutan pourraient en pâtir encore plus, a-t-il conclu.

M. PRAKASH MAN SINGH, Premier Ministre adjoint du Népal, a estimé que le PDD était de nature transformatrice et d’une portée universelle.  Ce Programme témoigne, selon lui, de la promesse commune en faveur d’un développement durable pour les 15 prochaines années, mais sa réalisation nécessite de vastes ressources, des capacités nationales et des partenariats internationaux vigoureux, a-t-il souligné.  À son avis, il faudra que les populations soient au cœur de la gouvernance et puissent s’approprier ce Programme.  Il s’est par ailleurs déclaré convaincu que grâce aux ODD il sera possible de réaliser de gros progrès en matière de paix, de prospérité et de démocratie dans les prochaines années.  Toutefois un appui international renforcé sera nécessaire, notamment dans le cas du Népal qui est en phase de reconstruction à la suite du tremblement de terre qui l’a frappé cette année.  Le Ministre a également plaidé en faveur de l’allégement de la dette et d’investissements directs étrangers.  Fort de l’expérience des OMD, il a rappelé qu’il existait souvent un fossé entre les engagements pris et les fonds nécessaires à leur réalisation, se prononçant pour une amélioration de cette situation dans le cadre du PDD.

Mme NETUMBO NANDI-NDAITWAH, Vice-Premier Ministre et Ministre des relations et de la coopération internationales de Namibie, a affirmé que l’élimination de la pauvreté doit rester l’objectif principal du Programme de développement pour l’après-2015 afin de continuer de transformer la vie de la majorité des populations vivant dans la pauvreté absolue et renforcer l’engagement de la communauté internationale pour éliminer la pauvreté sous toutes ses formes avant 2030.  La Ministre a précisé que son pays avait déclaré la guerre à la pauvreté.  Réaliser un programme de développement ambitieux pour l’après-2015 demandera également une approche ambitieuse, complète, holistique et transformative à l’égard des moyens de mise en œuvre, a-t-elle ajouté, en précisant que des ressources financières supplémentaires, des investissements directs étrangers, l’aide publique au développement et la finance publique et privée restaient les sources majeures de financement pour l’élimination de la pauvreté et le développement. 

À cet égard, Mme Nandi-Ndaitwah a appelé les pays développés à honorer leurs engagements et à augmenter leurs aides publiques au développement aux pays en développement pour que ces derniers réalisent leurs ODD.  Elle a ajouté que les changements climatiques étaient aussi un problème mondial et exigeaient une réponse mondiale de tous, pays en développement et pays développés.  La Namibie fait face aux immenses défis de la désertification, de la dégradation des terres et de la sécheresse.  La Ministre a par ailleurs souligné que la réunion de décembre devrait permettre d’adopter un accord juridiquement contraignant qui contribuerait à faire face aux défis posés par les changements climatiques, pour cette génération et les générations à venir.  

M. JOËL MORGAN, Ministre des affaires étrangères et du transport des Seychelles, a affirmé que son pays avait réalisé tous les OMD, parfois même avant la date butoir.  Les Seychelles ont ainsi voulu donner un plus grand élan à ces efforts afin de mieux répondre aux défis fixés par les nouveaux objectifs.  « Nous devons avoir confiance en notre capacité d’éradiquer la pauvreté, a-t-il dit en plaçant son espoir dans la réalisation du nouveau programme de développement.  Il a indiqué que les Seychelles s’étaient dotées d’un document stratégique national devant guider les politiques en vue de la réalisation des ODD.

Cette année, nous avons fait passer l’âge obligatoire pour la scolarisation de 10 à 11 ans, a signalé le Ministre.  Il a mis l’accent sur les objectifs visant la préservation des océans, s’inquiétant de la vulnérabilité des pays comme le sien face à ce défi.  Il a dit vouloir donner l’exemple en matière de bonne gouvernance des océans, citant les mesures prises pour la conservation des ressources maritimes.  Le Ministre a insisté sur le renforcement des capacités des pays en développement afin que ces derniers puissent pleinement exploiter les ressources des océans, a-t-il dit.  Avant de conclure, il s’est prononcé en faveur du concept d’économie bleue, puis il a annoncé la tenue d’un deuxième sommet sur cette question, l’année prochaine.

Pour Mme FAEQA BINT SAEED AL SALEH, Ministre du développement social du Bahreïn, le nouveau Programme de développement est « un acte collectif » qui offre la possibilité d’assurer plus de prospérité pour tous les pays tout en tenant compte des spécificités de chaque société et culture, y compris religieuses.  Dans le passé, le Bahreïn avait encouragé et mis en œuvre la plupart des OMD, a expliqué la Ministre, en ajoutant que cette stratégie de développement global avait joué un grand rôle pour contribuer au succès des politiques nationales du Gouvernement du Bahreïn.  Elle a émis l’espoir que cette expérience positive pourra être appliquée à nouveau avec les ODD.  C’est pourquoi, elle a mis en avant la vision de son gouvernement qui a déjà donné lieu à des résultats concrets en matière de développement humain.  Témoignant de l’engagement positif de son pays en faveur des ODD, le Bahreïn a décidé d’organiser la première Conférence de suivi de l’application du Programme de développement pour l’après-2015 les 6 et 7 décembre prochain. 

M. ERLAN ABDYLDAYEV, Ministre des affaires étrangères du Kirghizistan, a apprécié que le nouveau Programme de développement prévoie des mécanismes de reddition de compte et de transparence, ainsi que son souci pour les pays vulnérables, comme les pays sans littoral tels que le sien.  La réalisation des objectifs de développement durable dépendra de la manière dont les questions de financement international seront réglées, a-t-il prévenu, en souhaitant que le programme d’Addis-Abeba sur le financement du développement soit pleinement mis en œuvre.  Il a recommandé en même temps aux pays en développement de mobiliser au mieux leurs ressources nationales.

Atteindre les objectifs passera par une nouvelle démarche inclusive, a-t-il poursuivi en recommandant de faire une place à chacun des trois piliers du développement durable.  Le Ministre a invité les dirigeants du monde entier à faire preuve de volonté politique pour atteindre un accord sur les changements climatiques à Paris en décembre.  En 2013, son pays a adopté une stratégie nationale de développement durable, a-t-il dit, tout en relevant les obstacles géographiques, comme la haute montagne, et les obstacles climatiques, notamment la fonte des glaciers.  Redoutant aussi la pénurie en eau, il a plaidé en faveur d’une utilisation rationnelle des ressources hydriques.

Mme AÏCHATOU BOULAMA KANÉ, Ministre des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration africaine et des Nigériens à l’extérieur de la République du Niger, a déclaré que son pays considérait l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 comme un engagement capital pour la planète.  « Nous y percevons l’expression d’une solidarité et d’un partage agréés et librement consentis pour assurer la survie de tous », a-t-elle affirmé, avant d’aborder la situation dans son pays.  À ce sujet, Mme Boulama Kané a indiqué qu’en dépit d’un contexte peu favorable, le Niger avait réalisé des progrès importants dans les domaines cruciaux de la réduction de la pauvreté et de la faim, de l’éducation, de la santé et de la réduction de la mortalité infantile.  Elle a ensuite réitéré l’engagement de son pays et de son peuple à contribuer activement à la mise en œuvre des 17 ODD, un effort « ambitieux et difficile » qui exigera à son avis l’engagement de tous les pays de la planète. 

M. JEAN-CLAUDE GAKOSSO, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de la République du Congo, a affirmé que les OMD avaient indéniablement transformé la vie des gens, même si, en Afrique notamment, l’éradication de la pauvreté demeure « un objectif éloigné de la réalité ».  Pour M. Gakosso, l’évaluation des OMD devrait permettre d’avancer et d’agir ensemble en vue d’un monde répondant aux aspirations des États et des peuples.  Le Ministre congolais des affaires étrangères a par ailleurs estimé que la mise en œuvre efficace du nouveau cadre de développement pour l’après-2015 nécessiterait des financements internes et externes « adaptés et suffisants, capables d’inscrire nos nobles ambitions dans la durée ».  Il a plaidé à cet égard en faveur d’une refonte du système de gouvernance mondial et de l’émergence d’un système doté de nouvelles règles donnant aux États la capacité de mobiliser des ressources pour le financement.  « Tel est, à notre sens, la pertinence du programme d’action issu de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Addis-Abeba en juillet dernier », a-t-il conclu.

Mme NIERMALA BADRISING, Ministre des affaires étrangères du Suriname, a salué le fait que le Programme de développement durable ait repris les OMD non atteints et pris en compte les trois dimensions du développement durable.  Elle a expliqué qu’au cours des cinq dernières années, son pays avait mis l’accent sur la réduction des inégalités avec un accent particulier sur l’éducation, la santé et les conditions socioéconomiques.  Toutefois, le déclin des prix internationaux des matières premières représente un important défi pour son gouvernement qui cherche à poursuivre sur la voie du développement du pays et a décidé de s’orienter vers une économie plus diversifiée.  La Ministre a également souligné la menace que posent les changements climatiques pour son pays, alors même que plus de 80% de l’île reste couverte de forêts et que le taux de déforestation n’est que de 0,2%.  Par conséquent, le Suriname attend de la Conférence des parties à la Convention-cadre sur les changements climatiques, qui aura lieu à Paris en décembre prochain, d’adopter un accord fort.  Reprenant les paroles du Secrétaire général, elle a rappelé « que le monde ne peut pas se permettre un plan B parce qu’il n’y a pas de planète B ».

M. ABDULAZIZ KAMILOV, Ministre des affaires étrangères de l’Ouzbékistan, a indiqué que son pays occupait la cinquième place mondiale dans la catégorie des pays connaissant une croissance économique rapide.  Alors que 60% du budget de l’État est consacré au développement social, notamment au secteur de l’enseignement, des mesures ont également été prises sur le plan environnemental pour réduire les émissions, et d’autres ont réussi à faire progresser l’égalité entre les hommes et les femmes.  Il a estimé que l’expérience ainsi acquise servirait de base pour réaliser les ODD.  Son pays, a-t-il dit, s’est doté d’un programme de réformes et de changements structurels pour moderniser l’économie pour 2016-2020.  Il s’est fixé pour objectif de rejoindre, d’ici à 2030, les rangs des pays à revenu moyen.  Les conditions de vie décentes pour la population rurale sont un des domaines auxquels son gouvernement attache une attention particulière, a indiqué le Ministre.

Passant aux problèmes écologiques, le Ministre a attiré l’attention sur une « catastrophe à l’échelle planétaire », la tragédie de la mer d’Aral qui est sur le point de disparaître complètement.  Il a expliqué les conséquences de l’assèchement de cette mer qui fait apparaître un désert de sel et qui empoisonne les eaux jusqu’à la côte de l’Antarctique, les glaciers du Groënland et les forêts norvégiennes.  Il a donc espéré que cette catastrophe écologique, qui a une nature universelle, serait prise dûment en compte dans la mise en œuvre des ODD.  Il est urgent, a-t-il ajouté, de créer un fonds d’affectation spéciale sous les auspices de l’ONU pour la mer d’Aral et la région de la mer d’Aral.  Enfin, il a dénoncé la construction d’une grosse station d’énergie hydraulique et de barrages gigantesques à Amudarya et Syrdarya, laquelle perturbe l’approvisionnement en eau et aggrave les problèmes de la mer d’Aral.

M. WILFRED P. ELRINGTON, Ministre de la justice et Ministre des affaires étrangères de Belize, a déclaré que son pays, dont l’économie est fondée sur les ressources naturelles et le capital humain, a développé une stratégie nationale qui intègre pleinement les 17 objectifs de développement durable et leurs cibles.  Le Gouvernement de Belize a également adopté une stratégie nationale pour la croissance économique et le développement durable, qui avait été élaborée avec l’appui du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU.  Cette stratégie combine les objectifs du cadre national de développement Horizon 2030 et l’Agenda 2030 des Nations Unies.  S’appuyant sur la « Voie à suivre de Samoa » et le Programme d’action d’Addis-Abeba et le Partenariat mondial que consacre l’Agenda 2030, le Gouvernement de Belize appelle à l’adoption de meilleures politiques visant à faciliter l’accès à des sources publiques internationales de financement, en particulier les prêts consentis aux petits États insulaires en développement, l’accès aux marchés et de meilleures structures de gouvernance qui prennent en compte les particularités de ces pays.  Belize réaffirme l’engagement pris dans le cadre de la « Voie à suivre », adoptée à Samoa, en faveur de véritables partenariats durables, lesquels sont essentiels, a assuré M. Elrington, pour la mise en œuvre de l’Agenda 2030.  Avant de conclure, il a souligné qu’il était nécessaire d’adopter, à la Conférence de Paris sur le climat en décembre prochain, un accord robuste qui réponde de manière ambitieuse aux défis que posent les changements climatiques.

M. RAYMOND TSHIBANDA N’TUNGAMULONGO, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de la République démocratique du Congo, a déclaré que l’évaluation de la mise en œuvre des OMD avait révélé une situation contrastée.  Dans plusieurs secteurs, l’évolution tendancielle laisse entrevoir que nous ne sommes pas loin d’atteindre les cibles fixées pour 2015.  En ce qui concerne notamment l’incidence de la pauvreté, l’éducation, la santé maternelle et le taux de prévalence du VIH/sida, des progrès ont été réalisés.  En revanche, s’agissant de la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, beaucoup reste à faire pour briser les barrières de la tradition et améliorer la représentativité des femmes dans les instances de décisions politiques, a reconnu le représentant.  Il a ajouté que le nouveau programme de développement, s’il est appliqué par tous, peut briser les disparités flagrantes et transformer positivement l’avenir de l’humanité.  Il a fait observer que sans la paix, aucune démocratie, aucune justice ne peut être garantie et aucun développement envisagé.  Investir dans la paix et la sécurité internationales a, par contre, pour effet de générer des dividendes importants à travers le monde, y compris sous formes de retombées économiques.  Pour parvenir à l’avenir que nous voulons, et réaliser les aspirations de tous nos peuples, l’ONU reste le creuset naturel, le Conseil économique et social, particulièrement le Forum politique de haut niveau, ainsi que les organismes du système des Nations Unies, sont des partenaires irremplaçables.  Il a dit, en conclusion, que la responsabilité ultime de l’action et de résultats résidait au niveau de chacun des États Membres.

Pour M. YVES GERMAIN JOSEPH, Ministre de la planification et la coopération externe d’Haïti, le bilan de la stratégie des OMD est un bilan contrasté, malgré le fait que cette stratégie a contribué à sortir près de 700 millions de personnes de l’extrême pauvreté en 20 ans.  Toutefois, « la diminution de la pauvreté est souvent trompe l’œil », a estimé le Ministre qui a déclaré que l’on ne saurait ignorer la tragique réalité de milliards d’individus qui continuent de souffrir de sous-alimentation et de précarité, des migrants, des réfugiés, des personnes déplacées et déportées.  En Haïti, des progrès significatifs ont été accomplis en termes d’OMD, a affirmé le Ministre, tout en reconnaissant qu’il restait encore beaucoup à faire, notamment en termes d’infrastructures de base et de problèmes environnementaux.  Il est confiant que les leçons tirées de la réalisation des OMD s’avèreront utiles dans la perspective de la mise en œuvre du Programme de développement pour l’après-2015.

Son gouvernement considère que le rôle de l’État, en tant qu’acteur essentiel du développement, est incontournable, en particulier dans les secteurs où le secteur privé n’a qu’un intérêt limité.  Par conséquent, il convient de renforcer sa capacité à définir et à mettre en œuvre des politiques publiques et des réformes cohérentes appuyant la réalisation des ODD.  De même, il s’avère indispensable, a souligné le Ministre, de renforcer les mécanismes gouvernementaux de coordination permettant d’améliorer l’efficacité de l’aide, tant bilatérale que multilatérale, dans le cadre de la poursuite des ODD.  S’agissant des donateurs, il prône des procédures plus souples permettant d’éliminer les goulots d’étranglement qui limitent souvent la capacité et le rythme d’absorption de l’aide, en particulier dans le cas des pays les moins avancés.

Mme NENEH MACDOUALL-GAYE, Ministre des affaires étrangères de la Gambie, a salué la réalisation des OMD dans de nombreux domaines, citant les objectifs atteints par son pays en ce qui concerne notamment la réduction du taux de mortalité infantile et des enfants de moins de 5 ans, ainsi que celui qui concerne la faim.  Elle a aussi mentionné les progrès accomplis dans l’éducation des filles et l’accès à l’eau potable.  En même temps, elle a relevé les obstacles qui subsistent comme les changements climatiques et la dégradation de l’environnement.  Elle a appelé les pays à atteindre un accord sur les changements climatiques à Paris.  Elle a aussi souhaité les voir investir davantage dans la jeunesse, notamment par le biais des formations professionnelles.

Les conflits demeurent les plus grandes difficultés sur la voie de la réalisation du développement, a noté la Ministre en se désolant du nombre de vies perdues alors qu’elles représentaient un fort capital humain.  Elle a appelé la communauté internationale à régler les conflits actuels de toute urgence.  Elle a aussi recommandé de renforcer les capacités et de mettre l’accent sur le financement et la technologie pour garantir la réalisation des ODD.  Les pays en développement, a-t-elle expliqué, doivent donc mobiliser davantage de ressources nationales par le biais de pratiques innovantes.  Elle a aussi lancé un appel pour que les pays développés tiennent leur promesse de verser une aide publique au développement correspondant à 0,7% de leur PNB, et pour que les partenariats multipartites de partage des connaissances se développent.

Mme MARIAME FOFANA (Burkina Faso) a estimé que le nouveau Programme de développement durable interpelle tous les États Membres sur la nécessité de poursuivre le travail déjà engagé dans le cadre des OMD.  C’est un nouveau cycle qui démarre et qui offre aux États l’opportunité de tracer des perspectives nouvelles plus ambitieuses et en adéquation avec les aspirations profondes et légitimes des peuples, a-t-elle poursuivi.  Sa délégation tient à plaider spécifiquement en faveur de l’objectif 8 relatif à la jeunesse.  Elle met également l’accent sur la nécessité de mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des objectifs du Programme de développement durable, et souhaite que les mécanismes du financement de ce programme tiennent compte de la capacité des États à s’adapter aux changements climatiques, ce qui suppose une action conjuguée des États et un engagement responsable de toute la communauté internationale. 

La question des changements climatiques demeure centrale dans le nouvel agenda et, à ce titre, mérite une attention particulière dans le processus de mise en œuvre des ODD, a souligné Mme Fofana.  Par ailleurs, elle a fait valoir qu’il n’était pas juste que les responsables politiques se dérobent de leurs obligations en matière d’aide publique au développement pour prôner un rôle plus accru du secteur privé, sous le label « Partenariat public-privé », comme une solution miracle en matière d’investissements, quand on sait que les investissements sociaux -qui ne génèrent pas de rente financière- ne sont pas la priorité du secteur privé.  La réussite du PDD dépendra, selon sa délégation, de la parfaite intégration des stratégies de développement aux niveaux national, sous-régional et régional ainsi que des moyens de planification et des mécanismes de suivi et d’évaluation qui seront mis en place.

M. ANTHONY MOTHAE MARUPING, Union africaine, a salué les progrès réalisés dans certains domaines et les leçons à tirer de la mise en œuvre des OMD.  L’Union africaine se félicite de l’adoption du nouveau Programme de développement qui est « une feuille de route pour le monde que nous voulons demain et pour l’achèvement de ce qui restait encore à faire concernant les OMD.  L’Afrique a contribué au processus consultatif dans le cadre des travaux préparatoires du PDD, a rappelé le représentant.  Elle a également organisé la treizième Conférence internationale sur le financement du développement à Addis-Abeba, en juillet dernier.  L’Agenda africain 2063, qui inclus les ODD, aidera le continent à accélérer un développement et une croissance économique menant à un développement social et économique inclusif, a affirmé le représentant de l’Union africaine.  En outre, l’intégration et le commerce intégré, le transfert des technologies devraient mener à une plus grande compétitivité de l’Afrique.  Dans le cadre de ces efforts, le continent mettra en place des mesures pour gérer de façon durable le continent et sa biodiversité.  Par ailleurs, les jeunes et les femmes seront essentiels à la réussite de l’Agenda 2063, a encore précisé le représentant.  Sur le front social, l’Agenda 2063 prévoit notamment un accès universel à l’éducation et à l’eau potable.  Avant de conclure, le représentant a affirmé que l’Afrique devrait être en mesure de réaliser les ODD à temps dans le cadre de l’Agenda africain 2063.

M. DMITRY PANKIN, Président du Conseil d’administration de la Banque eurasienne de développement, s’est interrogé sur la façon dont on allait s’organiser pour arriver à réaliser les ODD.  Il a prévenu qu’il ne faudrait pas en privilégier certains par rapport à d’autres.  Notant l’augmentation des revenus des personnes ayant un emploi dans les pays de sa région, il a noté cependant que la croissance des économies n’avaient pas suivi le même rythme.  Les grandes banques internationales ont réduit leurs opérations dans les pays en développement, a-t-il aussi remarqué en évoquant une fuite des capitaux.  Qui va alors financer les grands projets d’infrastructures dans les pays en développement? a-t-il lancé, tout en relevant que certaines institutions bancaires, comme la Banque asiatique de développement ou la Banque mondiale, restaient présentes dans la région.  Sa recommandation a donc été de faire jouer à l’ONU un rôle de coordination des travaux des banques internationales de développement. 

M. SABER CHOWDHURY, Président de l’Union interparlementaire (UIP), a estimé que ce Sommet présentait une occasion unique pour mener le monde vers un avenir plus intégré.  « Le monde que nous avons connu va changer grâce à l’adoption des ODD », a-t-il affirmé ajoutant que l’Union interparlementaire, qui a contribué à la définition des ODD, est solidaire dans leur mise en œuvre.  C’est précisément l’accent qui y est mis sur les gens, leurs droits, leur dignité et leurs aspirations qui fait de l’ONU et de l’UIP des partenaires naturels, a souligné M. Chowdhury.  L’UIP salue la prise en compte de la bonne gouvernance et de l’état de droit dans les ODD, et s’engage à les appuyer par le biais des parlements nationaux.  « Nous pouvons ensemble créer le monde que nos citoyens veulent », a-t-il conclu.

M. ZHANG XINSHENG, Président de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a appelé à utiliser les ressources de la nature de manière viable, une vision que reflète le nouveau Programme de développement durable.  Pour réaliser les 17 ODD, il va falloir des écosystèmes qui fonctionnent bien, a-t-il prévenu.  À cet égard, il a apprécié la façon dont la « dimension environnement » avait été intégrée dans le Programme de développement pour l’après-2015.  À ses yeux, les ODD sont essentiels pour démontrer que le développement durable ne peut avoir lieu que si l’on protège la planète et ses écosystèmes.  Faisant aussi référence au Plan d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, il a rappelé la nécessité pour chaque pays de développer ses propres ressources.

« Nous allons tous être jugés sur la base de résultats concrets dans un monde en pleine ébullition », a averti M. MARTIN KREUTNER, de l’Académie internationale de lutte contre la corruption (IACA).  Il faut d’une part réaliser les 17 ODD d’ici à 2030, et, d’autre part, intensifier les efforts de lutte contre la corruption dans le monde, a-t-il estimé.  Pour M. Kreutner, ces deux tâches sont complémentaires.  Il en veut pour preuve que la corruption a été un obstacle majeur à la réalisation des OMD.  Toutefois, il est confiant que si l’on redouble d’efforts dans la lutte contre la corruption, tant au plan national qu’au plan international, cela aura un impact positif sur la réalisation des ODD. 

À ce jour, il estime le coût de la corruption à 5% du PNB mondial est entre 5 et 10% de tout contrat dans le milieu des affaires.  Ceux qui sont très touchés par la corruption sont les personnes les plus vulnérables.  Pour lui, la corruption est l’antithèse des droits de l’homme et le poison de la prospérité et du développement.  Elle entame la confiance et contribue à l’implosion des sociétés et des économies.  L’IACA a participé au processus consultatif dans le contexte du Programme de développement à l’horizon 2030 en mettant l’accent sur l’importance de la bonne gouvernance et de l’état de droit, y compris des régimes anticorruption forts et justes.  M. Kreutner s’est félicité de la prise en compte de cette dimension dans l’objectif 16 du Programme.

M. AS SY, Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, s’est félicité de l’accent que le nouveau programme de développement mettait sur les plus vulnérables et les plus marginalisés.  Il a en outre remarqué que les crises humanitaires, les catastrophes naturelles et les épidémies sanitaires dans le monde pouvaient inverser les succès en termes de développement.  « Si nous voulons parvenir au développement durable, il faudrait y répondre de la même manière que pour faire face à la situation des déplacements forcés, des migrations, à la violence et aux atteintes à la dignité humaine », a noté M. Sy.  Pour illustrer son propos, il a rappelé qu’aujourd’hui plus de 250 millions de personnes étaient affectées par des crises humanitaires qui sont souvent liées aux catastrophes naturelles ou à de mauvais secteurs de la santé.  De plus, 60 millions de personnes sont déplacées de force, ce qui met à l’épreuve notre humanité internationale.  Le PDD doit être en mesure de répondre à ces problèmes, impliquant ainsi des milliards de dollars et une diversification des sources de financement, a-t-il poursuivi.  En conclusion, M. Sy a soutenu le programme de développement et assuré que le réseau de la Fédération, et ses 17 millions de volontaires, étaient prêts à contribuer à sa réalisation par le biais de partenariats avec les gouvernements, les institutions du système des Nations Unies, la société civile et le secteur privé.

Mme MICHAËLLE JEAN, Secrétaire générale de la Francophonie, a assuré que « l’OIF s’engage résolument aujourd’hui en faveur de ce programme ambitieux de développement pour l’après-2015 ».  Elle a aussi assuré que l’OIF resterait mobilisée jusqu’au bout pour qu’un accord ambitieux et durable soit atteint dans quelques semaines à Paris, mentionnant à cet égard les actions qu’a menées l’Organisation pour renforcer les capacités des équipes de négociation des pays les plus vulnérables, en particulier en Afrique.  Mme Jean a fait remarquer qu’il faudrait répondre à la mondialisation des problèmes par une mondialisation de la solidarité et des partenariats.  Sans renier la responsabilité propre de chaque État dans la réalisation des objectifs, elle a rappelé que la responsabilité était aussi collective, impliquant les organisations internationales, régionales, non gouvernementales, ainsi que les entreprises privées.

Mme Jean a également prévenu qu’il faudrait ajouter aux objectifs fixés aujourd’hui les conséquences des « conflits que nous avons laissé métastaser » et les conséquences de « cette pauvreté sur laquelle nous avons trop longtemps fermé les yeux et qui se compte aujourd’hui en centaines de milliers de migrants ».  Soulevant l’urgence, elle a appelé à « poser des gestes concrets, tout de suite, maintenant », sans se contenter de gérer ces conséquences au coup par coup mais en agissant plutôt sur les causes.  Elle a ainsi donné l’exemple de ce que fait l’OIF en matière d’éducation et de formation, en matière de paix, de démocratie et de droits de l’homme, ainsi que sur le plan économique avec notamment une stratégie axée sur l’emploi des femmes et des jeunes.

M. BADRE EDDINE ALLALI, Secrétaire général adjoint aux affaires sociales de la Ligue des États arabes, a donné la preuve de son engagement politique au plus haut niveau en faveur du développement durable en citant les résolutions adoptées pour mettre au point les efforts à mener pour appliquer le nouveau programme de développement.  La Ligue a adopté, en mars dernier, une décision qui prévoit d’organiser des conférences ministérielles sur la mise en œuvre du Programme de développement durable dans les pays arabes, a-t-il dit.  M. Allali a encouragé la coopération internationale afin qu’elle contribue à l’application de ce plan ambitieux, avant de dire qu’il comptait sur les jeunes arabes dans cette entreprise.

Mme BRENDA KILLEN, Directrice adjointe de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a assuré que cette organisation entendait apporter sa contribution à la réalisation de progrès qui bénéficient à tous les peuples, grâce à sa grande expertise en politique et aux partenariats qu’elle a mis en place dans 100 pays.  Elle a dénoncé une dépendance des énergies fossiles qui dure depuis trop longtemps et présenté le rapport sur l’économie à faible teneur en carbone élaboré cette année par l’OCDE.  Ce rapport démontre l’incohérence de certaines politiques fiscales et commerciales avec les objectifs environnementaux.  Elle a ainsi offert les services de l’OCDE à tout pays qui veut adopter de meilleures politiques en vue d’atteindre les ODD. 

Mme Killen a ensuite rappelé les sources importantes de financement du développement, comme l’APD et les investissements privés.  Le cadre de politique en faveur de l’investissement de l’OCDE aide plus de 30 pays en développement à stimuler les investissements et l’innovation.  En outre, a-t-elle ajouté, l’OCDE soutient les efforts des pays dans la lutte contre l’évasion fiscale.  Mme Killen a assuré que l’OCDE était disposée à soutenir les partenariats, la collecte de données et la responsabilisation, dans la perspective de la mise en œuvre du nouveau programme de développement.

Mme FANG LIU, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de l’aviation civile (OACI), a affirmé que les objectifs de l’OACI étaient étroitement liés à 13 des 17 ODD.  Elle a expliqué les domaines dans lesquels l’aviation pouvait servir de moteur au développement social et économique.  Avec plus de 8,5 millions de personnes qui travaillent dans ce secteur et 700 milliards de dollars de revenus, l’aviation représente 3,5% des revenus dans le monde.  L’aviation, a expliqué Mme Liu, contribue à la transformation des vies et de sociétés en reliant le monde et en permettant l’accès aux nouvelles technologies.  Elle facilite en outre la connectivité des pays en développement sans littoral ainsi que des petits États insulaires permettant de promouvoir le tourisme.  En conclusion, Mme Liu a affirmé que l’OACI avait le privilège de coopérer avec les États et les organisations dans l’adoption et la réalisation des ODD.

M. JOSÉ GRAZIANO DA SILVA, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a salué l’engagement que les États Membres ont pris aujourd’hui non seulement en faveur de la réduction, mais aussi de l’éradication de la pauvreté, la faim et la malnutrition de manière durable.  Il a souligné que le nouveau programme de développement reconnaissait le caractère central de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de l’agriculture durable, comme cela est prévu dans le deuxième ODD.  M. Da Silva a rappelé qu’il y avait 200 millions de personnes de moins, par rapport à 1990, qui souffrent de la faim.  En outre, 73 pays en développement sur les 120 qui sont suivis par la FAO ont réalisé l’OMD relatif à la faim.  Mais 800 millions de personnes continuent de souffrir de faim chronique, s’est-il inquiété avant de recommander de concentrer les efforts sur le développement rural.  Il a plaidé en faveur de méthodes de production et de consommation durables et résilients, avec en outre des systèmes de protection sociale bien conçus.  En termes d’investissements, selon les trois institutions des Nations Unies basées à Rome, il faudrait 160 dollars de plus, par an et par personne vivant dans l’extrême pauvreté, pendant les 15 années à venir.

Pour M. MUKHISA KITUYI, Secrétaire général de la CNUCED, le PDD à l’horizon 2030 est un programme ambitieux, inclusif qui témoigne d’une vision collective pour transformer le monde et qui correspond à la vision fondamentale de la CNUCED à savoir: dignité, une meilleure planète pour tous et prospérité pour tous.  Satisfait de voir que le PDD reconnait le rôle essentiel du commerce et du développement dans le développement durable, M. Kituyi a assuré que la CNUCED ferait une contribution durable à l’élimination de la pauvreté dans le monde et au passage à une économie mondiale à faible teneur en carbone.  « Il faut maintenant passer des décisions à l’action; des négociations à la mise en œuvre » et le rôle de la CNUCED et du système de développement des Nations Unies a été renforcé par le processus de financement du développement.  Selon les estimations de la CNUCED, il faudra 2,5 milliards de dollars tous les ans pour aider les pays en développement à atteindre les ODD.  Or, cela semble difficile dans le contexte actuel mondial et les faibles taux de croissance, a averti M. Kituyi.  Pour lui, les PMA seront les terrains d’essais des ODD.  Leurs besoins massifs en termes d’infrastructures et d’investissements devront être satisfaits ce qui ne pourra se faire sans une coopération internationale renforcée.

Mme MARIE-PAULE ROUDIL, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), notant que l’Agenda 2030 avait été élaboré d’une manière nouvelle, a estimé qu’il faudrait que sa mise en œuvre se fasse également de façon innovante et transformative.  Nous sommes appelés à y contribuer par tous les moyens, a-t-elle souligné avant d’assurer que l’UNESCO était pleinement engagé dans ce sens, de par son travail normatif, son dialogue politique et ses partenariats inclusifs.  Elle a souligné la nécessité de débloquer des financements bien ciblés et de mettre l’accent sur l’éducation qui est un droit de l’homme et un facteur d’égalité entre les hommes et les femmes.  Après avoir salué l’inclusion de l’ODD 4 relatif à l’éducation dans le nouveau programme de développement, elle a fait observer que l’Agenda 2030 reconnaissait la force de la culture, de la diversité culturelle, comme moteur de développement durable.  Elle a aussi invité à renforcer les capacités des pays à recueillir des données fiables et transparentes pour comprendre les mécanismes de développement et augmenter l’efficacité des investissements.

Mme JAN BEAGLE, représentante d’ONUSIDA, a demandé à la salle d’imaginer le monde en 2030 si la mise en œuvre du nouveau programme de développement était couronnée de succès, créant ainsi un monde sans pauvreté, sans épidémies et sans endettement.  Ouvrant la voie de la réalisation des objectifs fixés, les personnes affectées par le VIH/ sida ont refusé le statut quo et ont exigé des médicaments à des prix abordables à l’horizon 2015, ce qui a été possible tout en enregistrant une baisse de plus de 35% des nouvelles infections.  C’est un bel exemple de promesses tenues à partir du moment où l’on dispose des outils nécessaires, a noté la représentante.  Pour ONUSIDA, il faudrait renforcer les programmes de lutte contre le VIH/sida d’ici à 2030.  Dans cet esprit, ONUSIDA est fière d’être l’une des premières entités de l’ONU associée aux ODD, notamment à la réalisation du troisième objectif.

Mme SUSAN HOPGOOD, Education International, qui est un mouvement international de syndicats dont la raison d’être est la lutte contre la pauvreté, la réduction des inégalités ainsi que la dignité au travail, a expliqué que son organisation ouvrait la voie là où les gouvernements ne font pas assez.  Se félicitant de l’adoption du Programme de développement 2030 qui appelle à une éducation primaire et secondaire de qualité pour tous, elle a affirmé que les générations futures en seront très reconnaissantes.  « Il va falloir maintenant atteindre ces objectifs », a-t-elle estimé, en faisant observer qu’il faudrait maintenant trouver des sources de financement pour en assurer la mise en œuvre et établir un cadre de suivi et d’évaluation efficace.  « Les engagements pris ne sont réels que lorsqu’ils sont contraignants, et l’intérêt public n’est pas protégé si le secteur privé a un accès inconditionnel aux ressources publiques », a encore averti Mme Hopgood.

Mme SYLVIA BEALES, HelpAge International, a apprécié que les ODD prennent en compte les personnes âgées.  Aujourd’hui, dans le monde, deux personnes atteignent l’âge de 60 ans par seconde, tandis qu’il y a un nouveau cas de démence toutes les 3 secondes.  D’ici à 2030, 16% de la population mondiale aura plus de 60 ans, a-t-elle ajouté, en précisant que près de 47% des personnes de plus de 65 ans vivent avec un handicap.  Elle a énuméré les difficultés que pose la vieillesse dans le monde en développement, notamment l’insuffisance de ressources et la vulnérabilité face aux abus.  Mme Beales a toutefois invité à voir dans le vieillissement de la population un triomphe de l’humanité plutôt qu’un fardeau.  Il faut, a-t-elle recommandé, des plans nationaux pour investir dans cette tranche de la population, avec des programmes de financement qui prévoient les besoins des personnes âgées.  Elle a aussi proposé d’intégrer ces personnes comme des acteurs essentiels des mécanismes régionaux et mondiaux visant la mise en œuvre du cadre de développement durable.  Enfin, elle a demandé aux pays d’investir dans la collecte de données sur le vieillissement.

Dialogues interactifs du Sommet consacré à l’adoption du Programme de développement pour l’après-2015

Dialogue interactif 1: éliminer la pauvreté et la faim

Sous la coprésidence des Premiers Ministres de la Slovénie et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, MM. MIRO CERAR et RALPH GONSALVES, le dialogue interactif inaugural, auquel ont participé les chefs d’État et de gouvernement et ministres de l’Éthiopie, de la Norvège, du Canada, du Viet Nam, de la République centrafricaine, du Mali, de la Turquie, du Soudan ou encore de la France, était consacré aux Objectifs 1 et 2 du « Programme de développement durable à l’horizon 2030 », adopté plus tôt par le Sommet des chefs d’État et de gouvernement.  Intitulés « éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde » et « éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable », les Objectifs 1 et 2 sont assortis de sept et neuf cibles, respectivement. 

S’inscrivant dans la continuité directe du premier Objectif du Millénaire pour le développement (OMD), ils reprennent les choses là où 15 ans d’efforts dans le monde les ont laissés.  L’OMD 1 visant à « éliminer l’extrême pauvreté et la faim » a été atteint.  Au plan mondial, le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour a diminué de plus de la moitié, passant de 1,9 milliard en 1990 à 836 millions en 2015, soit 14% de la population mondiale, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie.  La proportion de personnes sous alimentées dans les régions en développement a aussi baissé de près de la moitié, passant de 23,3% entre 1990 et 1992 à 12,9% entre 2014 et 2016.

Comme avec le « Programme de développement durable à l’horizon 2030 », le but est d’éliminer « complètement » l’extrême pauvreté et la faim dans le monde entier, il s’avère nécessaire de remobiliser les États dans un combat qui « plus que jamais » exige leur rapprochement avec le système des Nations Unies, la société civile et le secteur privé, représenté entre autres aujourd’hui par BILL et MELINDA GATES, à la tête de la Fondation du même nom.

Une quarantaine de délégations, de hauts fonctionnaires, de chefs d’entreprise et de représentants d’ONG ont soulevé les questions de l’établissement de « socles de protection sociale » et des « droits aux ressources économiques » ainsi que celle de la « résilience » des communautés face aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles, qui pèsent lourdement sur les budgets nationaux.  La donnée fondamentale de la mobilisation des ressources est revenue avec insistance parmi les intervenants, dont le moindre n’était pas M. HAILEMARIAM DESSALEGN, Premier Ministre de l’Éthiopie, pays-hôte de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement qui vient d’adopter le « Programme d’action d’Addis-Abeba ».

Une des cibles de l’Objectif 2 sur l’élimination de la faim parle d’investir dans le renforcement des capacités productives agricoles des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés (PMA).  Cette idée a été défendue vigoureusement par plusieurs intervenants, dont M. PAUL POLMAN, PDG d’UNILEVER, une des plus anciennes multinationales au monde, qui s’est lancé dans un plaidoyer en faveur d’une approche « transversale » associant toutes les parties prenantes dont les pauvres eux-mêmes, qui peuvent devenir les « agents de changement » que Mme Melinda Gates a appelés de ses vœux.  La multiplication des opportunités pour les femmes et les enfants aura des retombées positives à l’échelle de leurs communautés, a-t-elle argué.  « C’est ici, dans cette salle même, que nous devons commencer », a-t-elle lancé.

Cet appel a été repris par la société civile, notamment les ONG « Action on Disability and Development » et « Hunger Project », mais aussi par le Premier Ministre de la Norvège.  Mme ERNA SOLBERG s’est en effet déclarée convaincue de la primauté de l’éducation et de l’égalité entre les sexes, qui constituent à ses yeux, les moteurs fondamentaux de la croissance économique donc de la mobilisation des ressources, tout comme « les partenariats visant à améliorer la santé maternelle et infantile ».  Plus connus sous le terme anglais de « stunting », les retards de croissance chez 200 millions d’enfants dans le monde, tout particulièrement en Afrique, ont été dénoncés par Mme Solberg comme « un mal silencieux » qui s’attaque directement à la future main-d’œuvre des pays concernés.

Face à un tel « péril générationnel », les femmes enceintes et allaitantes doivent avoir accès à une alimentation « adéquate et nutritive », a plaidé la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Mme ERTHARIN COUSIN, rejointe sur ce point par M. Bill Gates, ennemi déclaré de la malnutrition chronique.  Le Canada, a rappelé son Ministre du développement international et de la francophonie, M. CHRISTIAN PARADIS, a également fait « des mères et des nouveau-nés » une priorité de ses programmes d’aide.

M. ROBERTO AZEVEDO, Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a rappelé qu’un dollar investi dans le commerce se traduisait au moins par huit dollars dans les exportations.  Cela tombe à point nommé puisque le « Programme de développement durable à l’horizon 2030 » enjoint aux États de « corriger et prévenir » les restrictions et distorsions commerciales des marchés agricoles mondiaux, y compris par les subsides à l’exportation. 

Des mesures pour « contribuer à limiter l’extrême volatilité du prix des denrées alimentaires » sont une cible en faveur de laquelle s’est prononcé le Directeur de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M. JOSE GRAZIANO DA SILVA, plus généralement partisan d’une réforme des modes de production et de consommation alimentaire.  La FAO et le PAM, en coopération avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), ont d’ailleurs « calculé que les investissements à consentir dans les domaines de la protection sociale et du développement rural en vue d’éradiquer la faim d’ici à 2030 s’élèvent à 270 milliards de dollars par an, soit une fraction du coût annuel de la faim », a indiqué la Directrice exécutive du PAM.

C’est donc une approche holistique qui a été privilégiée par des participants soucieux de formuler une réponse à la hauteur d’un problème multidimensionnel, une approche fondée sur des partenariats respectueux du principe d’appropriation nationale.  Par la voix de son Vice-Premier Ministre, le Viet Nam s’est fait l’avocat d’une telle démarche, en précisant que son pays s’était doté d’un programme axé sur cinq facteurs interdépendants de la lutte contre la pauvreté: revenu, santé, logement, eau potable et assainissement, et accès à l’information. 

Présentant le point de vue d’un pays en conflit, la Présidente de la transition de la République centrafricaine, Mme CATHERINE SAMBA-PANZA, a expliqué: « La pauvreté découle des inégalités.  Certaines régions ayant été laissées pour compte en raison de leur éloignement géographique ou de leur difficulté d’accès, leurs habitants n’ont eu d’autre choix que de prendre les armes.  Il faut offrir aux jeunes des opportunités et dépasser le stade de l’urgence humanitaire en proposant des projets de développement qui redonnent espoir à l’ensemble de la population ».

C’est ce que s’efforce de faire le Mali, a assuré à sa suite son Président, M. IBRAHIM BOUBACAR KEITA, qui a déclaré qu’en dépit d’une stabilité encore fragile au lendemain des accords de paix, son gouvernement venait de s’engager à allouer 15% du budget de l’État au secteur agricole et le même pourcentage à l’éducation, conscient que la « volonté politique » peut faire la différence, du moment que les bailleurs de fonds sont présents.  Tandis que le Vice-Premier Ministre de la Turquie, M. CEVDET YILMAZ, soulignait les difficultés supplémentaires que font peser sur la lutte contre la pauvreté dans son pays les réfugiés de la Syrie et de l’Iraq voisins, le Ministre de la santé et de la sécurité sociale du Soudan, M. MASHAIR AHMED ELAMIN ABDALLA, dénonçait le fardeau de la dette et des sanctions. 

Enfin, Mme ANNICK GIRARDIN, Secrétaire d’État au développement et à la francophonie de la France –pays qui accueillera début décembre la vingt et unième Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21)-, a déclaré que « lutter contre les changements climatiques, c’est agir pour la santé, pour l’emploi et la résilience des infrastructures et pour des migrations dignes et surtout choisies ».

Dialogue interactif 2 « Lutter contre les inégalités, autonomiser les femmes et les filles et ne laisser personne en marge »

Coprésidé par les Présidents de la Croatie et du Kenya, MM  KOLINDA GRABAR-KITAROVIĆ et UHURU KENYATTA, le dialogue a été l’occasion de réaffirmer que l’égalité des sexes est une question des droits de l’homme.  Cette égalité et l’autonomisation des femmes et des filles constituent l’Objectif 5 du « Programme de développement durable à l’horizon 2030 », lequel Objectif se décline en six cibles.  L’ancien Objectif 3 des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) a connu des progrès: dans leur ensemble, les régions en développement ont atteint la cible consistant à éliminer la disparité entre les sexes dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur.  Aujourd’hui, les femmes représentent 41% des travailleurs rémunérés non agricoles, en augmentation par rapport à 35% en 1990.  Entre 1991 et 2015, la proportion de femmes dans l’emploi précaire par rapport à l’emploi total des femmes a diminué de 13 points de pourcentage.  Pendant les 20 dernières années, les femmes ont gagné du terrain dans la représentation parlementaire dans près de 90% des 174 pays disposant de données.  La proportion moyenne des femmes au parlement a presque doublé lors de cette période.  Mais seulement, un parlementaire sur cinq est une femme.

Dans le « Programme de développement durable à l’horizon 2030 », il s’agit de mettre fin à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et des filles.  Les inégalités entravent le développement durable, et les femmes en sont les principales victimes, a dit aujourd’hui en écho la cinquantaine d’États et de représentants, d’organisations internationales, de la société civile et du secteur privé qui a pris part au dialogue.  Les inégalités sont parfois institutionnalisées, a avoué le Premier Ministre du Lesotho, M. PAKALITHA MOSISILI, expliquant que dans son pays, la Constitution stipule que seul le premier enfant mâle du souverain peut prétendre au trône.  Il a également parlé des obstacles culturels, comme l’attitude des femmes qui choisissent d’épouser des hommes prompts « à la bastonnade », preuve de virilité selon elles.

Pour lutter contre les inégalités entre les sexes, l’éducation doit être la priorité, ont dit en chœur les participants au dialogue.  Le Vice-Président du Guatemala, M. JUAN ALFONSO FUENTES SORIA, a fait part des efforts de son gouvernement en faveur de la scolarisation des femmes et des filles autochtones, « une dette nationale envers ces femmes rurales qui ont été laissées en marge du développement ».  L’éducation est l’instrument le plus puissant pour faire changer le statut des femmes dans la société, a aussi affirmé le représentant de l’Agence israélienne de développement international (MASHAV), M. GIL HASKEL.  Malheureusement, 32 millions de filles dans le monde sont en décrochage scolaire, a rappelé la Présidente du « Global Partnership for education », Mme CAMILLA CROSO.

La Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Mme IRINA BOKOVA, a insisté pour un meilleur accès des filles aux filières scientifiques et technologiques.  Ce qu’il faut, c’est démocratiser les systèmes éducatifs et faire barrage à la « commercialisation de l’éducation », ont plaidé les participants au dialogue.  De nombreuses initiatives ont été citées, comme celle de la « Fondation Mastercard » qui a investi 1,5 milliard de dollars dans l’éducation et la formation professionnelle des filles et femmes en Afrique.

Mais comment juger du succès de telles initiatives, en particulier celles visant l’autonomisation des femmes?  Tout simplement, en ayant plus de femmes dans des salles comme celle-ci, a répondu la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme PHUMZILE MLAMBO-NGCUKA.  Dans la région d’Amérique latine et des Caraïbes, 5 femmes président à la destinée de leur pays sur les 33 pays du continent, a relevé la Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), Mme ALICIA BARCENA. 

Outre l’accès universel à l’éducation, il faut donc aller plus loin, a-t-elle suggéré, et travailler à l’égalité économique par l’égalité d’accès au crédit et l’égalité salariale qui, à elle seule, permettrait de réduire la pauvreté de 1% en Argentine et de 17% en Bolivie.  C’est la priorité de mon gouvernement, a affirmé le Premier Ministre de l’Islande, M. DAVID GUNNLAUGSSON, qui a appelé les hommes à œuvrer avec les femmes à l’égalité entre les sexes.

« Sans femme, point de développement », c’est le leitmotiv de l’Union européenne, a rappelé son Commissaire à la coopération internationale et au développement, M. NEVEN MIMICA qui a exhorté les bailleurs de fonds à placer les femmes au centre de tout programme de coopération au développement.  La Directrice exécutive d’ONU-Femmes a annoncé la mise sur pied d’un programme mondial sur le suivi de l’Objectif 5 et de ses cibles.  « Nous saurons que nous avons réussi quand toutes les femmes auront les mêmes avantages que les hommes », a-t-elle averti.

Le nouveau Programme de développement durable ne sera efficace que si toutes les inégalités sont combattues, a insisté le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. ZEID RA’AD AL HUSSEIN, qui a parlé des inégalités horizontales, entre les groupes sociaux et ethniques, et des inégalités verticales, entre les patrons et leurs employés, par exemple.  Il a également dénoncé les inégalités entre pays, les inégalités dans le système de gouvernance mondiale, « qui tendent à favoriser les pays les plus puissants, en violation flagrante des principes de la Charte ».  Les pays en développement n’ont même pas voix au chapitre quand sont discutés leurs programmes économiques, a renchéri la Ministre des affaires étrangères des Maldives, Mme DUNYA MAUMOON. 

La communauté internationale doit aussi faire le lien entre le « Programme de développement durable à l’horizon 2030 » et la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées, a plaidé, à son tour, le représentant de l’Alliance internationale des handicapés, M. VLADIMIR CUK.  S’agissant des inégalités, la situation des migrants a été abordée par le Directeur général de l’Organisation internationale des migrations (OIM), M. WIILIAM SWING qui a dénoncé le fait que « le sentiment de haine contre les migrants soit aujourd’hui à son paroxysme ».

 

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