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SC/11602
15 octobre 2014

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur Ebola

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite aujourd’hui par la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, Mme María Cristina Perceval (Argentine):

Le 14 octobre 2014, les membres du Conseil de sécurité ont entendu des exposés du Représentant spécial du Secrétaire général pour la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola (MINUAUCE), Anthony Banbury, ainsi que du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, et du Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, Tayé-Brook Zerihoun.

Les membres du Conseil se sont à nouveau déclarés gravement préoccupés par l’ampleur sans précédent de l’épidémie d’Ebola en Afrique, qui constitue une menace contre la paix et la sécurité internationales, ainsi que de l’incidence du virus de l’Ebola en Afrique de l’Ouest, en particulier au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone.

Les membres du Conseil ont salué les efforts inlassables faits part les États Membres de la région, en particulier la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, pour conduire l’action menée sur le terrain contre l’épidémie et pour faire face aux conséquences politiques, socioéconomiques, humanitaires et en matière de sécurité que celle-ci a sur les populations.  Les membres du Conseil ont affirmé combien il importait que tous les États Membres soient préparés afin de dépister, de prévenir et d’isoler les personnes soupçonnées d’être infectées à l’intérieur de leurs frontières et au-delà, de les prendre en charge et de réduire le nombre de cas.  Ils ont rappelé le Règlement sanitaire international (2005), qui vise à renforcer la capacité de tous les pays de détecter, d’évaluer, de notifier et de répondre aux menaces de santé publique.

Les membres du Conseil se sont félicités que l’Assemblée générale ait rapidement créé la MINUAUCE, par sa résolution 69/1 du 19 septembre 2014.  Ils ont salué les efforts entrepris par la Mission pour assurer la conduite générale et l’orientation des activités opérationnelles du système des Nations Unies, comme l’a demandé l’Assemblée générale.  Ils ont demandé que le Secrétaire général veille à ce que tous les organismes compétents des Nations Unies, notamment les opérations de maintien de la paix et les missions politiques spéciales en Afrique de l’Ouest, dans les limites de leurs mandats et de leurs moyens, collaborent étroitement et d’urgence pour donner suite aux demandes de la Mission et pour fournir immédiatement aux gouvernements des trois pays les plus touchés une assistance à l’action contre l’Ebola.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur admiration sans faille pour les intervenants de première ligne face à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, notamment les travailleurs sanitaires et humanitaires nationaux, les éducateurs et les personnes chargées des services d’inhumation, ainsi que les travailleurs sanitaires et humanitaires internationaux détachés par les États Membres des diverses régions et les organisations non gouvernementales et intergouvernementales.  Les membres du Conseil ont exprimé leurs condoléances aux familles des victimes de l’épidémie d’Ebola, notamment des intervenants nationaux et internationaux de première ligne, et ont souhaité prompt rétablissement aux personnes infectées.  Ils ont souligné qu’il importait au plus haut point de mettre en place les mécanismes nécessaires, y compris des moyens d’évacuation sanitaire et des dispositifs de traitement et de transport, pour faciliter le déploiement immédiat et sans entrave des travailleurs sanitaires et humanitaires dans les pays touchés.

Les membres du Conseil ont demandé aux Gouvernements guinéen, libérien et sierra-léonais de continuer de renforcer la coordination avec tous les acteurs nationaux, régionaux et internationaux, y compris les partenaires bilatéraux et les organisations multilatérales, notamment l’Union du fleuve Mano, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, l’Union européenne, le Groupe de la Banque mondiale et les organismes des Nations Unies, de façon à tirer pleinement et efficacement parti de toute l’assistance à l’action contre l’Ebola.

Les membres du Conseil ont souligné qu’à ce jour, l’action de la communauté internationale contre l’épidémie d’Ebola n’a pu répondre comme il se doit à l’ampleur de l’épidémie et à ses effets.  À cet égard, ils ont exhorté tous les États Membres, ainsi que les partenaires bilatéraux et les organisations multilatérales, à accroître considérablement les ressources et l’aide financière et matérielle qu’ils offrent et à en accélérer la fourniture, y compris des laboratoires mobiles, des hôpitaux de campagne, du personnel clinique dévoué et formé et des services dans les unités de traitement d’Ebola et les unités d’isolement, des thérapies, des vaccins et des diagnostics pour traiter les patients et limiter ou prévenir d’autres infections ou transmissions du virus, et du matériel de protection individuelle pour les intervenants de première ligne.  Ils ont également exhorté les États Membres et tous les acteurs compétents à fournir des moyens logistiques, aéromédicaux, de transport et de construction pour l’action contre l’Ebola.  Ils ont demandé aux États Membres, en particulier à ceux de la région, de faciliter immédiatement la fourniture de cette assistance aux pays les plus touchés.

Les membres du Conseil ont instamment demandé aux États Membres, ainsi qu’aux compagnies aériennes et de transport maritime, tout en appliquant des protocoles de santé publique appropriés, de maintenir les liens commerciaux et les liaisons aériennes et maritimes avec les pays les plus touchés afin de permettre de mettre rapidement à profit toutes les initiatives visant à contenir l’épidémie dans la région.  Ils ont exprimé la préoccupation que continuent de leur inspirer les effets préjudiciables de l’isolement des pays touchés, du fait des restrictions au commerce et aux voyages qui leur ont été imposées, ainsi que les actes de discrimination à l’égard des ressortissants de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone.

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