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CS/11623
30 octobre 2014
7294e séance – après-midi

Le Conseil de sécurité fait le bilan de ses travaux pendant le mois d’octobre 2014

Alors qu’un nombre limité de réunions était prévu en début de mois, le Conseil de sécurité a finalement eu un programme de travail particulièrement chargé en octobre, avec la tenue de trois débats thématiques, de 12 séances d’information publiques, d’une réunion privée et de 15 consultations à huis clos, sans compter l’adoption de trois résolutions, du rapport annuel du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale, ainsi que d’une déclaration présidentielle et de 14 déclarations à la presse.

Cet après-midi, au cours d’une séance récapitulative, la Présidente du Conseil de sécurité, la Représentante permanente de l’Argentine auprès des Nations Unies, Mme María Cristina Perceval, a réuni les membres du Conseil pour faire le bilan du mois écoulé, marqué par trois débats thématiques à l’affluence record et qui ont permis, selon elle, de dégager un consensus, « sinon parmi les membres du Conseil, du moins au sein de la communauté internationale », sur un certain nombre de points.

Tout d’abord, a-t-elle dit, le Conseil doit jouer un rôle actif pour mettre fin au conflit israélo-palestinien, en prenant des initiatives concrètes visant à réaliser la solution à deux États.  Le représentant de la Fédération de Russie a abondé en ce sens, en estimant que la situation au Moyen-Orient ne présageait « guère d’optimisme ».  Il a ensuite dénoncé « l’ingérence grossière de puissances étrangères en Syrie », tandis que son homologue de la Chine a demandé à Israël et à la Palestine de reprendre leurs négociations.

La délégation de la Jordanie a insisté pour que le Conseil de sécurité s’acquitte de ses responsabilités et mette un terme aux hostilités dans le territoire palestinien, notamment à Jérusalem-Est.  Celle des États-Unis, après avoir réaffirmé son attachement à la solution à deux États, a assuré que si les parties s’y engagent de nouveau, le Gouvernement américain appuyera, à chaque étape, « ce chemin semé d’embûches ».

Par ailleurs, a poursuivi Mme Perceval, il est généralement admis parmi les États Membres que la Cour pénale internationale contribue, de manière significative, à la lutte contre l’impunité pour les crimes graves et que le Conseil de sécurité doit assurer un suivi des affaires qu’il renvoie devant cette juridiction, pleinement soutenue par la représentante du Luxembourg.

La Présidente du Conseil s’est également réjouie de ce que le débat sur les méthodes de travail du Conseil de sécurité ait mis en lumière, non seulement le fait que les garanties de procédure régulière sont un droit fondamental des personnes visées par les régimes de sanctions des Nations Unies, mais aussi que ceux-ci en sortent renforcés.  La République de Corée a salué cette initiative.

Ce débat, a renchéri le représentant du Chili, a été l’occasion d’ouvrir une discussion approfondie sur l’élargissement du mandat de la Médiatrice du Comité des sanctions contre Al-Qaida à l’ensemble des autres comités, idée également appuyée par son homologue du Rwanda, et sur la création d’un mécanisme de suivi sur les affaires renvoyées par le Conseil à la CPI.  « Avec ce débat sur le renforcement de la transparence et de l’efficacité du Conseil, la présidence argentine a placé nos travaux sur de bons rails », a-t-il estimé.

Mme Perceval a, enfin, rappelé l’intérêt de la réunion sur les femmes, la paix et la sécurité, qui a permis de sensibiliser les États Membres à la situation spécifique des femmes déplacées et réfugiées, de plus en plus nombreuses dans le monde. 

Si la présidence argentine a regretté que le Conseil ait perdu l’« occasion précieuse » d’organiser une réunion conjointe avec l’Assemblée générale, la délégation du Rwanda a, pour sa part, souhaité que le rapport du Conseil de sécurité adopté le 22 octobre fût plus « analytique ».  En outre, a-t-il ajouté, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) devrait être dotée des moyens nécessaires, car « en dépit d’un mandat clair », la MONUSCO ne soit toujours pas à la hauteur des attentes du peuple congolais.

Pour la délégation du Royaume-Uni en revanche, il aurait été souhaitable de mettre davantage l’accent sur les « approches préventives » et d’éliminer les points redondants de l’ordre du jour du Conseil de sécurité.

Le représentant du Nigéria s’est, quant à lui, félicité de la forte participation aux discussions de délégations au titre de la Règle 37, ce qui a permis d’entendre la voix d’un grand nombre de non-membres du Conseil de sécurité, y compris des pays contributeurs de troupes ou de pays affectés par des conflits inscrits à l’ordre du jour du Conseil.  Le renforcement de l’état de droit étant un corollaire du maintien de la paix, le Conseil devrait examiner plus avant de l’administration de la justice, a-t-il suggéré.

« Les discussions sur le Soudan et le Soudan du Sud ont permis de mieux cerner le statut d’Abyei et les enjeux des élections que Khartoum entend organiser en 2015 », a tenu à souligner, quant à lui, le représentant du Tchad.  Concernant le virus Ebola, il s’est réjoui de ce que les deux réunions du Conseil aient débouché sur des mesures témoignant de la prise de conscience par la communauté internationale de la menace que cette pandémie représente pour la paix et la sécurité internationales.  S’agissant du maintien de la paix, il a réaffirmé la nécessité de réajuster les mandats des missions en tenant compte de la nouvelle donne sur le terrain, « chargée de périls, y compris pour les Casques bleus ».

Le représentant des États-Unis a salué la réponse apportée par le Conseil à la pandémie d’Ebola, la communauté internationale, sous l’impulsion du Président Obama, qui a reconnu la menace à la paix et la sécurité internationales que constitue « ce qui est bien plus qu’une crise sanitaire ».  Il a par ailleurs réitéré les appels du Conseil au rétablissement de la souveraineté et l’intégrité territoriale, « dans ses frontières internationalement reconnues », de l’Ukraine.  Il a qualifié d’« illégales » les élections annoncées pour le mois de novembre par les séparatistes, ce que la délégation de la Fédération de Russie a vigoureusement contesté.

Dès son entrée au Conseil de sécurité, la Lituanie, a rappelé son représentant, a présidé pendant quatre mois deux comités de sanctions, concernant respectivement le Yémen et la République centrafricaine.  « Nous sommes disposés à partager nos expériences avec la prochaine présidence du Conseil qui sera assurée par l’Australie, a-t-il indiqué.  À son tour, le délégué lituanien a appelé le Conseil de sécurité à condamner l’organisation des « prétendues élections » que s’apprêtent à tenir les groupes armés « illégaux » en Ukraine.

L’Australie, qui présidera le Conseil de sécurité en novembre, s’efforcera de faire aussi bien que l’Argentine, a indiqué son représentant, en soulignant que la société civile était un partenaire essentiel du Conseil.

 

 

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