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CS/11621
29 octobre 2014
7292e séance – après-midi

Conseil de sécurité: à un an de la présidentielle, le Président du comité des sanctions concernant la Côte d’Ivoire fait état de lacunes dans la réforme du secteur de la sécurité

Les élections de l’automne 2015 seront un moment déterminant pour évaluer les progrès accomplis par la Côte d’Ivoire sur le plan sécuritaire, a affirmé, cet après-midi, devant le Conseil de sécurité, le Président du Comité des sanctions concernant ce pays.

M. Cristian Barros, qui est également le Représentant permanent du Chili auprès des Nations Unies, a présenté aux membres du Conseil le rapport de mi-mandat du Groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire établi en application de la résolution 2153 (2014) du Conseil, chargé de vérifier le respect des mesures imposées 10 ans plus tôt par l’organe des Nations Unies chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Le Comité du Conseil de sécurité concernant la Côte d’Ivoire a, en effet, été établi le 15 novembre 2004 pour superviser la mise en œuvre des sanctions –embargo sur les armes, interdiction de voyager et gel des avoirs– qui visent un certain nombre de personnes et d’entités liées aux troubles qui ont secoué le pays.

« Le Groupe d’experts reste préoccupé par le manque de stabilité et les problèmes de sécurité qui subsistent à la veille de l’élection présidentielle de 2015 du fait que de nombreuses armes et munitions sont toujours en circulation dans le pays », indique le rapport présenté par M. Barros.

Dans ce contexte, le Groupe, a précisé le Président du Comité, note que le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) en cours en Côte d’Ivoire a exclu, jusqu’à présent, un nombre considérable de combattants et que le secteur de la réforme de la sécurité souffre toujours de divisions internes entre des éléments des ex-Forces Nouvelles et l’armée régulière qui ont combattu lors de la crise postélectorale de 2011.

Le Groupe, a poursuivi M. Barros, exprime sa préoccupation devant le « rôle déstabilisateur » que certains commandants de zone continuent de jouer ou pourraient jouer en Côte d’Ivoire.  C’est tout particulièrement le cas de M. Martin Kouakou Fofie, qui aurait pris le contrôle de pièces d’artillerie lourde, en violation des sanctions qui le visent, et de M. Issaka Ouattara, dont les activités criminelles seraient liées aux ressources naturelles.

S’agissent précisément des ressources naturelles et, en particulier, des diamants, le Groupe a noté les progrès accomplis par les autorités ivoiriennes, « encore que la majorité des règlementations sur la chaîne de traçabilité reste toujours à mettre en œuvre », a fait observer le Président du Comité.

L’exploitation illégale d’or et de diamants, ainsi que le trafic de cacao, se poursuivent à travers le pays, impliquant des mineurs étrangers en provenance du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali et du Togo, a-t-il fait observer.  En outre, le Groupe souligne la large présence de communautés étrangères en Côte d’Ivoire, comme en témoignent les 24 000 Burkinabés installés dans le Parc national de Mont Peko, qui pourrait rapidement provoquer des troubles sociaux.

Le Groupe a informé le Comité qu’il continuerait d’enquêter sur les éléments de l’aile radicale pro-Gbagbo opérant depuis le Ghana, les liens entre l’exploitation illégale des ressources naturelles et les violations du régime de sanctions, le système illégal d’imposition parallèle fondé sur le racket, les capacités de surveillance des frontières et la présence d’importantes quantités d’armes et de munitions toujours introuvables.

Au cours de ses consultations, le 10 octobre dernier, a précisé M. Barros, le Comité a entendu un certain nombre de ses membres exprimer leurs préoccupations concernant les retards accumulés dans la mise en œuvre du programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), l’impunité, les attaques armées par des combattants non identifiés, les liens entre l’exploitation des ressources naturelles et l’instabilité, ainsi que le manque d’initiatives pour renforcer les capacités.

Le Président du Comité a annoncé son intention de se rendre en Côte d’Ivoire du 2 au 8 novembre prochain, afin de souligner l’importance de mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité, de collecter des données sur place et de renforcer le dialogue entre le Gouvernement ivoirien et le Comité.  « Il est dans mon intention d’informer à la fois le Comité et le Conseil à mon retour d’Abidjan », a-t-il ajouté.

 

*     S/2014/729

 

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