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CS/11617
28 octobre 2014
Soixante-neuvième session, 7289e séance – matin

Le Conseil de sécurité s’alarme de la vulnérabilité des femmes réfugiées et déplacées, de plus en plus nombreuses dans les situations de conflit

S’il s’est félicité des progrès accomplis dans la mise en œuvre de sa résolution pionnière 1325 (2000), relative aux femmes, à la paix et à la sécurité, le Conseil de sécurité n’en a pas moins exhorté, aujourd’hui, les États Membres de redoubler d’efforts, en particulier pour aider les femmes réfugiées et déplacées, de plus en plus nombreuses en raison de nouvelles menaces et situations de conflit.

Dans une déclaration lue par la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, la Représentante permanente de l’Argentine, Mme Maria Cristina Perceval, les membres du Conseil soulignent que « les obstacles qui subsistent à l’application intégrale de la résolution 1325 ne seront levés que moyennant un engagement résolu en faveur de l’autonomisation et des droits fondamentaux des femmes et des initiatives concertées visant à leur assurer une pleine et égale participation aux décisions à tous les niveaux ».

La déclaration présidentielle réaffirme l’intention du Conseil « d’organiser, en 2015, une réunion de haut niveau » qui fera le point des progrès accomplis en ce sens.  Les membres du Conseil se félicitent qu’en prévision de cette réunion, le Secrétaire général avait demandé la réalisation d’une « étude mondiale sur l’application de la résolution 1325 qui mettra en exergue les bonnes pratiques, les lacunes constatées et les difficultés rencontrées, ainsi que les nouvelles tendances et priorités d’action ».

« Les 14 années qui ont suivi l’adoption de la résolution 1325 ont été marquées par de profondes mutations », affirme la note de réflexion que la présidence argentine du Conseil a portée à l’attention des délégations.  « Tout d’abord, il existe aujourd’hui un large consensus selon lequel un processus de paix qui n’associe pas les femmes est défaillant ».  Ensuite, est-il précisé, il se manifeste une volonté affirmée d’éliminer la violence sexuelle et de permettre aux femmes et aux filles victimes d’obtenir justice.  Enfin, l’autonomie économique, culturelle, politique et sociale des femmes est perçue comme la « clef » d’une vie sans violence et d’une paix durable. 

« Néanmoins, dans un contexte international marqué par l’intensification des violences et les déplacements massifs de populations, il reste un long chemin à parcourir pour changer véritablement et durablement les choses », ajoute la note.

La réunion d’aujourd’hui à laquelle ont participé plus d’une soixantaine de délégations, a tout particulièrement mis l’accent sur le sort des réfugiés et des personnes déplacées.  « Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, à la fin de 2013, 51,2 millions de personnes avaient été victimes de déplacements forcés, soit 6 millions de plus qu’en 2012 », note le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, dans le rapport dont était saisi le Conseil.  Un tiers d’entre elles sont des femmes et des filles, a fait observer, de son côté, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des personnes déplacées.

M. Chaloka Beyani a expliqué que les mesures prises jusqu’à présent ne tiennent pas suffisamment compte des besoins spécifiques de cette catégorie de femmes.  « Prendre les personnes déplacées pour cible est un moyen d’alimenter les conflits armés, de détruire le tissu social, d’humilier des communautés, et de manipuler leur composition démographique », a résumé le Rapporteur spécial.

L’extrémisme violent, a fait observer la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, s’étend progressivement, contraignant femmes et filles à épouser leurs ravisseurs et violeurs, sous peine d’être tuées si elles refusent.  « La semaine dernière, alors que nous nous réjouissons des progrès réalisés pour obtenir la libération des jeunes Nigérianes enlevées par Boko Haram, nous avons vu nos espoirs s’effondrer rapidement », a-t-elle déploré.  « C’est au maximum de leur vulnérabilité que les femmes sont les plus exposées à des risques comme la violence, le mariage forcé avec des combattants ou encore l’esclavage », a affirmé, pour sa part, Mme Suuad Allami, membre du Groupe de travail des ONG sur les femmes, la paix et la sécurité, pour qui le déplacement de populations est à la fois « une cause et une conséquence des conflits ».

« Le Conseil a conscience que les réfugiées et les personnes déplacées courent davantage le risque d’être victimes de violations et, surtout, notamment d’actes de violence sexuelle et sexiste et de discrimination, qui peuvent se produire à divers stades du cycle de déplacement », note la déclaration présidentielle.

Le rapport du Secrétaire général souligne l’importance des « engagements politiques ayant trait à la prévention » et qui sont pris au titre de la résolution 1325.  À cet égard, le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, M. Edmond Mulet, qui avait présenté le rapport, a relevé que l’ONU, dans les pays où ses missions sont déployées, privilégie désormais des approches préventives, comme celle en vigueur au Soudan du Sud, où hommes et femmes sont séparés les uns des autres sur les sites de protection de la MINUSS.

Plusieurs États Membres ont fait d’ailleurs valoir les mesures qu’ils ont prises en faveur des réfugiés qu’ils ont accueillis sur leur territoire, en particulier les Syriennes qui ont fui les violences dans leur pays.  Ainsi, le Gouvernement de la Turquie, a indiqué son représentant, s’efforçait d’empêcher l’organisation de mariages forcés « grâce à des dispositifs de vidéosurveillance du comportement des hommes dans les camps de réfugiés ».

Le représentant de la Jordanie a encouragé le Conseil de sécurité à saisir la Cour pénale internationale (CPI) à chaque fois que des crimes graves sont commis contre des personnes déplacées, en cas d’absence de volonté ou de capacités de l’État concerné.  Son homologue du Tchad, pays qui accueille des réfugiés soudanais, centrafricains et nigérians, « dont une moitié de femmes et d’enfants », a toutefois blâmé une « culture du silence », qui complique davantage la délation et, partant, la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes sexuels.

* S/2014/693

LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SÉCURITÉ - FEMMES ET FILLES DÉPLACÉES: CHEFS ET SURVIVANTES

Rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité (S/2014/693)

Lettre datée du 10 octobre 2014, adressée au Secrétaire général par la Représentante permanente de l’Argentine auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2014/731)

Déclaration présidentielle

Le Conseil de sécurité réaffirme son attachement à la mise en œuvre intégrale et effective de ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009), 1960 (2010), 2106 (2013) et 2122 (2013) et rappelle toutes les déclarations sur les femmes et la paix et la sécurité dans lesquelles son président a réitéré ses engagements.

Le Conseil prend note avec satisfaction du rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité (S/2014/693), relatif à l’application de la résolution 1325 (2000), et apprécie tout particulièrement qu’il soit centré sur la mise en œuvre, la poursuite des progrès et la nécessité de traduire les engagements pris en résultats améliorés.

Le Conseil réaffirme que l’autonomisation des femmes et des filles et l’égalité des sexes sont d’une importance cruciale pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales et souligne que les obstacles qui subsistent à l’application intégrale de la résolution 1325 (2000) ne seront levés que moyennant un engagement résolu en faveur de l’autonomisation, de la participation et des droits fondamentaux des femmes et des initiatives concertées, des apports d’information et une action et un appui cohérents visant à assurer aux femmes une pleine et égale participation aux décisions à tous les niveaux.

Le Conseil salue les mesures que prennent les États Membres pour appliquer la résolution 1325 (2000) aux niveaux national, régional et local, y compris l’élaboration de plans d’action nationaux et de stratégies et cadres de mise en œuvre nationaux, sous-régionaux et régionaux, et engage les États Membres à continuer sur cette voie.  Il souligne aussi que les entités du système des Nations Unies devraient continuer à appuyer et compléter, en tant que de besoin, les mesures que prennent les États Membres pour assurer l’application de la résolution 1325 (2000).  Il est conscient des apports décisifs de la société civile, et notamment des organisations de femmes, à la prévention et au règlement des conflits, ainsi qu’à la consolidation de la paix, et de l’importance de consultations et d’un dialogue suivis entre les femmes et les décideurs nationaux et internationaux.  Il préconise que les hommes soient associés à l’action visant à promouvoir l’égalité des sexes et à mettre fin à la violence sexuelle et sexiste.

Le Conseil prend note avec satisfaction des nouvelles mesures prises pour mettre en œuvre ses résolutions 2106 (2013) et 2122 (2013) et note qu’il importe que l’Organisation des Nations Unies s’attache avec persévérance à améliorer l’information et les analyses concernant les effets des conflits armés sur les femmes et les filles, le rôle des femmes dans la prévention et le règlement des conflits, comme dans le rétablissement et la consolidation de la paix sous tous leurs aspects, et la place qu’occupe la problématique hommes-femmes dans ces domaines, et que les rapports et exposés qui lui sont présentés contiennent systématiquement des renseignements sur les questions concernant les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que des recommandations s’y rapportant.  Le Conseil affirme à nouveau son intention de prêter davantage attention à la question des femmes, de la paix et de la sécurité en en faisant un thème transversal recoupant tous les grands sujets inscrits à son programme de travail, y compris les menaces que les actes de terrorisme font peser sur la paix et la sécurité internationales.

Le Conseil a conscience que les femmes et les filles réfugiées et déplacées courent davantage le risque d’être victimes de diverses formes de violation des droits de l’homme et d’atteinte à ces droits, et notamment d’actes de violence sexuelle et sexiste et de discrimination, qui peuvent se produire à divers stades du cycle de déplacement.  Il affirme à nouveau que c’est aux États Membres qu’il incombe au premier chef de protéger leur population, y compris les femmes et les filles réfugiées et déplacées.  Il souligne qu’il importe que le Secrétaire général et les organismes compétents des Nations Unies appuient, notamment en consultant comme il convient les organisations composées de femmes et dirigées par des femmes, la mise en place et le renforcement de mécanismes efficaces de prévention et de protection propres à mettre les femmes et les filles réfugiées et déplacées à l’abri de la violence, sexuelle et sexiste en particulier.

Le Conseil demande instamment aux États Membres de prendre des mesures pour éviter que les femmes et les filles réfugiées et déplacées ne soient soumises à la violence et pour que, si elles le sont, elles aient davantage de moyens d’accès à la justice, ce qui comprend notamment la prompte ouverture d’une enquête, l’engagement de poursuites et l’imposition de sanctions à l’encontre des auteurs d’actes de violence sexuelle et sexiste, et la possibilité pour les victimes d’obtenir réparation.  Le Conseil souligne que la lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves au regard du droit international qui sont commis à l’encontre des femmes et des filles a été renforcée grâce au travail accompli par la Cour pénale internationale, les tribunaux spéciaux et les tribunaux mixtes, ainsi que les chambres spécialisées de juridictions nationales.

Le Conseil redit avec une profonde inquiétude que le transfert illicite, l’accumulation déstabilisante et le détournement d’armes légères et de petit calibre alimentent les conflits armés, exposent tout particulièrement les femmes et les filles à la violence et exacerbent les violences sexuelles et sexistes.

Le Conseil demande instamment à toutes les parties à des conflits armés de permettre aux réfugiées et aux déplacées d’avoir pleinement et librement accès à l’aide et à la protection humanitaires, ainsi qu’à des services de base comme l’éducation, la santé et le logement et à des moyens de subsistance productifs, y compris des biens comme la terre, entre autres, en particulier si elles courent un risque particulier de se trouver marginalisées.  Il sait qu’il importe que les États Membres et les entités du système des Nations Unies cherchent à faire en sorte que l’aide humanitaire et les ressources financières correspondantes englobent l’éventail complet des services médicaux, juridiques, psychosociaux et matériels, et tiennent compte de la nécessité de prévoir un accès non discriminatoire à toute la gamme des services de santé sexuelle et procréative, y compris en cas de grossesse résultant d’un viol.  Il sait également que les femmes et les filles réfugiées et déplacées risquent davantage de devenir apatrides à cause de lois sur la nationalité discriminatoires, d’obstacles à l’inscription et de l’impossibilité d’obtenir des documents d’identité, et prie instamment les États de veiller à ce que ces femmes et ces filles puissent obtenir tous les papiers d’identité nécessaires, sans délai et dans des conditions équitables.

Le Conseil invite les États Membres, le Secrétaire général et les organismes compétents des Nations Unies à faire en sorte que les femmes réfugiées et déplacées, ainsi que les adolescentes, selon qu’il conviendra, puissent véritablement participer à l’élaboration, à l’exécution, au suivi et à l’évaluation des politiques et programmes qui les concernent, à tous les stades du cycle de déplacement.  Il demande aussi que des données ventilées par sexe et par âge, permettant de déterminer les besoins et les capacités spécifiques des femmes et de mesurer précisément comment les programmes de relèvement bénéficient aux femmes, aux hommes, aux filles et aux garçons, soient collectées, analysées et utilisées de façon systématique par tous les acteurs concernés.

Le Conseil constate avec une profonde préoccupation que l’extrémisme violent, qui peut déboucher sur le terrorisme, a souvent pour effet de multiplier les déplacements et vise fréquemment les femmes et les filles, entraînant des violations graves des droits de l’homme et des atteintes à ces droits tels que meurtre, enlèvement, prise d’otages, réduction en esclavage, vente et mariage forcé, traite, viol, esclavage sexuel et autres formes de violence sexuelle.  Il exhorte tous les États Membres à protéger leurs populations, en particulier les femmes et les filles, menacées par l’extrémisme violent, qui peut déboucher sur le terrorisme, tout en respectant toutes les obligations que leur impose le droit international, en particulier le droit international des droits de l’homme, le droit des réfugiés et le droit international humanitaire.  Il invite les États Membres à solliciter la participation des organisations féminines et des femmes, en particulier les réfugiées et les déplacées, en les encourageant à prendre en main l’élaboration de stratégies de lutte contre l’extrémisme violent, et à continuer de remédier aux facteurs qui favorisent la propagation de l’extrémisme violent, notamment en autonomisant les femmes.

Le Conseil réaffirme son intention d’organiser en 2015 une réunion de haut niveau ayant pour objet de faire le point des progrès accomplis aux niveaux mondial, régional et national dans l’application de la résolution 1325 (2000), de renouveler les engagements pris et d’examiner les obstacles qui sont apparus.  En prévision de cette réunion, il engage les États Membres, les organisations régionales concernées et les entités des Nations Unies qui ont élaboré des dispositifs et des plans d’application de cette résolution à commencer à revoir leurs plans et objectifs, à accélérer les progrès et à réfléchir à la formulation de nouveaux objectifs. 

Le Conseil se félicite que le Secrétaire général ait, en prévision de la réunion de haut niveau, demandé la réalisation d’une étude mondiale sur l’application de la résolution 1325 (2000) qui mettra en exergue les bonnes pratiques, les lacunes constatées et les difficultés rencontrées, ainsi que les nouvelles tendances et priorités d’action.  Il engage les États Membres, les organisations régionales et sous-régionales concernées et les entités des Nations Unies à contribuer à l’étude.  Il invite le Secrétaire général à rendre compte des conclusions de l’étude mondiale dans son prochain rapport annuel sur l’application de la résolution 1325 (2000) et à les communiquer à l’ensemble des États Membres de l’ONU.

Déclarations

Mme PHUMZILE MLAMBO-NGCUKA, Directrice exécutive d’ONU-Femmes, s’exprimant tout d’abord au nom du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, a déclaré qu’en dépit des progrès accomplis à ce jour dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, il restait encore beaucoup à faire pour prévenir les violences à l’encontre des femmes et les impliquer dans les processus de paix et de réconciliation.  Les États Membres doivent prendre toutes les mesures nécessaires dans ce domaine, y compris pour lutter contre l’impunité.  Les Nations Unies, a ajouté la Directrice exécutive, comptent sur leur participation active dans le cadre de l’examen stratégique de toutes les opérations de maintien de la paix onusiennes et de l’étude mondiale sur la mise en œuvre de la résolution historique du Conseil de sécurité.

S’exprimant ensuite en sa qualité de Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Mlambo-Ngcuka a rappelé que dès sa prise de fonctions, elle s’était rendue dans des camps de réfugiés en Afrique et au Moyen-Orient.  Elle s’est déclarée préoccupée par la montée des violences et de l’insécurité dans des régions de plus en plus nombreuses du monde.  L’extrémisme violent, a-t-elle observé, s’étend progressivement, faisant des femmes et des filles des victimes désignées, forcées d’épouser leurs ravisseurs et leurs violeurs ou tuées si elles refusent.  « La semaine dernière, nous avons salué les progrès accomplis vers la libération des jeunes Nigérianes enlevées par Boko Haram, avant de voir nos espoirs s’effondrer », a-t-elle déploré.  Pendant et après les conflits, de plus en plus de femmes meurent en couches, tandis qu’elles sont de moins en moins nombreuses à être scolarisées, en particulier dans les zones rurales.

Le rapport du Secrétaire général reconnaît toutefois les progrès accomplis sur le plan normatif et montre que l’implication des femmes dans les processus de réconciliation dans les pays sortant d’un conflit est en hausse.  Au cours de l’année écoulée, le Conseil de sécurité a adopté deux nouvelles résolutions -les résolutions 2106 (2013) et 2122 (2013)- afin de continuer à avancer sur la question des femmes et la paix et la sécurité; et deux engagements politiques de haut niveau ont été pris en vue de lutter contre la violence sexuelle en période de conflit.  « Les préparatifs de l’examen de haut niveau de l’application de la résolution 1325 (2000), prévu en 2015, sont pour le système des Nations Unies et ses partenaires l’occasion de s’inspirer des pratiques optimales et de redoubler d’efforts.

Citant des exemples, la Directrice exécutive a déclaré que 12 des 30 conseillers de la délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie étaient des femmes, de même que 40% des participants aux consultations sur les pourparlers menées à l’échelle du pays.  Dans le cadre du « dialogue du peuple afghan pour la paix », organisé en 2013 avec le concours de la Mission des Nations Unies dans ce pays, les femmes représentaient 32% des personnes consultées, a-t-elle poursuivi.  Pour sa part, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a aidé à créer un groupe pilote de femmes formées aux techniques de médiation et de négociation.  Le Département des affaires politiques (DPA) et ONU-Femmes ont beaucoup fait pour associer les Syriennes aux préparatifs des pourparlers de Genève II, a rappelé la Directrice exécutive d’ONU-Femmes.

Toutefois, les réfugiés, demandeurs d’asile, rapatriés, apatrides et personnes déplacées souffrent plus que tout autre groupe des violences sexuelles et sexistes, aussi bien lors de l’éclatement d’un conflit que pendant leur fuite ou au cours de déplacements forcés, a fait remarquer Mme Mlambo-Ngcuka.  Les familles, souvent en situation d’urgence, a-t-elle expliqué, recourent à des « stratégies de survie négatives », comme les mariages précoces et forcés, dans lesquelles elles voient souvent un moyen de subvenir à leurs besoins ou de protéger les filles contre les violences sexuelles.  C’est pourquoi le Secrétaire général, a-t-elle ajouté, appelle tous les acteurs concernés à veiller à non seulement protéger les femmes et les filles, mais aussi à les associer, en particulier celles qui sont les plus vulnérables comme les déplacées ou les handicapées, aux processus de paix et de réconciliation.

M. EDMOND MULET, Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, a déclaré que le thème abordé aujourd’hui était au cœur du travail pour la paix et la sécurité des Nations Unies.  « Les femmes pâtissent toujours le plus des conflits prolongés, en particulier les femmes déplacées, a-t-il noté, en soulignant les difficultés auxquelles ces victimes font face pour accéder aux soins.  « La solution passe par la participation politique des femmes », a estimé M. Mulet, en citant les initiatives menées en ce sens par la Mission de l’ONU en République centrafricaine.  « Il faut également promouvoir sans relâche les voix des femmes et réduire ainsi les menaces dont elles font l’objet. »  « Cela paie comme le démontre l’exemple d’Haïti », a-t-il assuré.  

M. Mulet a ensuite prôné l’adoption sur le terrain d’une approche axée sur l’égalité des femmes: au Soudan du Sud, par exemple, nous avons séparé les femmes des hommes dans les sites de protection de la MINUSS et mis en place des réseaux de protection des femmes.  Il a par ailleurs souligné la nécessité d’aider les femmes à s’exprimer afin qu’elles puissent être intégrées dans les processus décisionnels, en particulier dans les secteurs de la justice, de la sécurité et de la réconciliation nationale.  « La protection des femmes est possible quand celles-ci ont le pouvoir de définir le cours de leur vie », a conclu M. Mulet. 

M. CHALOKA BEYANI, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme des personnes déplacées, a rappelé que l’année 2014 avait été marquée par une augmentation sans précédent du nombre de personnes déplacées par les conflits armés, les violences généralisées, les violations des droits de l’homme ou les catastrophes naturelles et climatiques: 33,3 millions au total dans le monde, le chiffre le plus élevé jamais enregistré, a-t-il fait observer.  S’il s’est félicité des résolutions successives adoptées depuis 2000 par le Conseil de sécurité, et des documents établis au cours des 14 dernières années, M. Beyani a toutefois fait remarquer que les mesures prises à ce jour ne tiennent pas suffisamment compte des besoins spécifiques des femmes et des filles déplacées à l’intérieur des pays en conflit.  « Prendre les femmes et les filles pour cible est un moyen d’alimenter les conflits armés, de détruire et d’humilier des communautés, de manipuler leur composition démographique », a expliqué le Rapporteur, en rappelant son expérience personnelle.

En outre, a-t-il poursuivi, les femmes déplacées font face à une double discrimination en tant que femmes et personnes déplacées et, ainsi, deviennent victimes de violations des droits fondamentaux en raison de leur genre, âge, appartenance ethnique, handicap et conditions économiques et sociales.  « Les femmes déplacées sont souvent contraintes d’assumer de nouvelles fonctions qui ne font que les exposer davantage à des dangers supplémentaires, comme par exemple lorsqu’elles doivent aller chercher du bois de chauffe, de l’eau ou de la nourriture à l’extérieur des camps », a expliqué le Rapporteur spécial.  Tandis qu’elles sont les premières victimes au cours d’un conflit, les femmes ne bénéficient pourtant pas d’un accès équitable à un soutien psychologique, à l’éducation, à la formation et aux moyens de subsistance, sans parler des soins de santé procréative et sexuelle et de leur exclusion des processus de prise de décisions.

Pour répondre à de telles situations, des solutions à long terme sont nécessaires, a souligné le Rapporteur spécial.  Les déplacements, en effet, ne sont pas seulement un problème d’ordre humanitaire, mais relèvent aussi de la consolidation de la paix, du développement, avec de multiples implications politiques, économiques, environnementales et sécuritaires, a expliqué M. Beyani.  Il serait tout particulièrement bienvenu dans un premier temps, a-t-il estimé, de pouvoir disposer de données ventilées par sexe, âge, situation géographique, et autres catégories clefs pour développer des programmes adaptés.  Cet effort devrait être déployé aux niveaux national et international, a recommandé le Rapporteur spécial, pour qui une approche préventive de la violence sexuelle et sexiste est également indispensable.  Une telle approche devrait être complètement mise en œuvre au sein des communautés elles-mêmes, les hommes et les garçons devant s’en porter garants, a poursuivi le Rapporteur spécial, qui a demandé aux autorités des pays concernés d’enquêter sur ces incidents et de poursuivre les responsables en justice.  Des mesures de justice transitionnelle sont aussi de nature à favoriser la lutte contre l’impunité, a ajouté M. Beyani.  Avant de conclure, il s’est dit impressionné par la résilience des femmes déplacées qu’il a eu l’occasion de rencontrer en Ukraine, où elles se portent volontaires pour aider d’autres personnes dans la même situation.  Il a estimé qu’il s’agissait d’un exemple probant de participation et de leadership de la part de femmes déplacées.

Mme SUUAD ALLAMI, ressortissante iraquienne et membre du Groupe de travail des ONG sur les femmes, la paix et la sécurité, après avoir rendu hommage à des militantes des droits de l’homme récemment exécutées en Iraq, a expliqué que le déplacement de populations était « une cause et une conséquence des conflits ».  « C’est au maximum de leur vulnérabilité que les femmes sont les plus exposées aux violences, les mariages forcés avec des combattants et soumises à l’esclavage », a-t-elle ajouté.  L’intervenante a regretté que les efforts de la communauté internationale contre les inégalités entre les sexes et le commerce illégal des armes, ou encore ceux visant une inclusion plus grande des femmes dans la société n’aient abouti qu’à des résultats limités, « en dépit d’une activité intense de la part des Nations Unies, de la société civile et des États ». 

Les défenseurs des droits de l’homme doivent bénéficier d’un soutien politique et de ressources financières pour continuer à mener leur combat, a estimé Mme Allami, en précisant que les bailleurs de fonds devraient investir en faveur de la réalisation des solutions à long terme qui sont proposées, en particulier par les représentantes des communautés.  Citant l’exemple de l’Iraq, elle a souligné l’importance de coupler assistance humanitaire et traitement des conséquences, physiques et psychologiques, des traumas et de la stigmatisation subis par les victimes de violences à caractère sexuel.  « Les femmes doivent être recrutées aux postes de direction de haut niveau et les auteurs de crimes sexuels doivent être traduits en justice, a-t-elle encore demandé, en exhortant en outre les gouvernements à prendre des mesures vigoureuses contre la violence conjugale et pour la pénalisation du mariage des fillettes.  Avant de conclure, elle a insisté sur la nécessité pour les États Membres de mettre en œuvre les résolutions encadrant l’ordre du jour du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. 

M. PETER WILSON (Royaume-Uni) a déclaré qu’un an après l’adoption de la résolution 2122 (2013) du Conseil de sécurité et 14 ans après celle de la résolution 1325 (2000), il y a lieu de se féliciter des progrès accomplis en faveur de la participation des femmes aux processus de paix à travers le monde, des Philippines à la Colombie, en passant par l’Afghanistan.  Mais davantage doit être fait, a encouragé le représentant, qui rappelle que dans de nombreuses situations de conflit ou postconflit, « il faut se battre » pour donner aux femmes le rôle qui leur revient de droit, a-t-il déploré.  La déclaration présidentielle adoptée aujourd’hui, s’est ensuite félicité le représentant britannique, contient cinq éléments fondamentaux. 

Le représentant a précisé que cette déclaration présidentielle reconnaît la résolution 2122 (2013) comme « feuille de route » des efforts à fournir à l’avenir; elle appelle les États Membres à améliorer les services dont les femmes ont besoin; elle demande à ce que les données soient ventilées par sexe; elle met l’accent sur l’impact terrible des violences dirigées contre les femmes; enfin, elle engage tous les acteurs à faire de nouvelles propositions lors de la réunion de haut niveau qu’organiseront les Nations Unies en 2015 pour faire le point sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  Conscient des difficultés auxquelles se heurtent femmes et filles déplacées dans le monde, le représentant du Royaume-Uni a indiqué en conclusion que son gouvernement avait consacré plus de 100 millions de dollars pour les aider au cours de l’année écoulée.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a demandé au Conseil de sécurité d’être ambitieux sur la question des femmes dans les conflits, car il s’agit d’une priorité transversale qui concerne près de 80% des résolutions.  Les femmes construisent la paix et la sécurité avec les hommes, aussi bien au Conseil que dans les négociations de paix ou dans les opérations de maintien de la paix, ce qui est répété aux médiateurs des Nations Unies, notamment sur la Syrie.  « Les violences et violations des droits commises à l’égard des femmes réfugiées ou déplacées ne peuvent pas être considérées comme un dommage collatéral inéluctable des conflits.  Ces violations des droits sont trop nombreuses, fréquentes et intolérables pour être minimisées et placées au second rang des préoccupations du Conseil », a dit M. Delattre.  Il a souligné notamment que les trois quarts des personnes déplacées, qui atteignaient 32 000 personnes par jour en 2013, sont des femmes et des enfants.

Parmi les violations des droits visant particulièrement les femmes, M. Delattre a évoqué les régions contrôlées par le groupe de l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL) en Iraq et en Syrie.  Là, les viols, les mariages précoces forcés, la prostitution et le travail forcé constituent le quotidien des femmes et des filles.  Les persécutions du régime syrien contre les femmes et les bombardements de l’armée syrienne ont par ailleurs fait 2,5 millions de réfugiés, et les femmes qui ont fui sont d’autant plus vulnérables à diverses formes d’exploitation et de violence tandis que l’accès aux soins gynécologiques et sanitaires est difficile.  M. Delattre a également évoqué les déplacements massifs de population en République démocratique du Congo, au Soudan et au Soudan du Sud, qui mettent femmes et filles en position vulnérable face aux forces et groupes armés.  D’une façon générale, il s’est inquiété que, outre les violences, les femmes et filles réfugiées et déplacées souffrent d’un manque d’accès à l’alimentation, à l’éducation et à la santé.

La France, qui s’était mobilisée pour que soit déployé un Conseiller pour les questions de genre dans la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), demande que désormais toutes les résolutions créant ou renouvelant des opérations de maintien de la paix comprennent des dispositions relatives à la protection et la participation des femmes, a indiqué M. Delattre. Il faut aussi s’assurer que les missions rendent bien compte des violations dans leurs rapports, alors qu’il y a eu des allégations de dissimulation de la MINUAD au Soudan.  Enfin le représentant de la France a insisté sur le nécessaire accès à la justice des femmes et filles réfugiées et déplacées, demandant que la Cour pénale internationale joue tout son rôle lorsque les États faillent à leurs responsabilités.  Il a noté qu’elle avait déjà été saisie pour la situation au Darfour, en République centrafricaine, au Mali et en RDC.

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a souligné que le quinzième anniversaire de la résolution 1325 (2000) en 2015 sera l’occasion de faire le bilan sur la situation des femmes du point de vue de la paix et de la sécurité.  L’examen de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, à l’occasion de leur vingtième anniversaire, sera aussi l’occasion de se pencher sur les progrès réalisés et les défis à relever pour promouvoir pleinement l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, tandis que le programme de développement pour l’après-2015 devra assurer aux femmes le rôle qui leur revient dans le développement humain.  Mme Lucas a évoqué par ailleurs les nouvelles discriminations qu’entraînent les conflits, ce qu’illustre particulièrement la situation des femmes réfugiées et déplacées, notamment en Syrie, en Afghanistan, en Somalie et au Soudan du Sud.

Les femmes réfugiées et déplacées figurent parmi les populations les plus vulnérables, leurs droits à la sécurité, à la santé sexuelle et reproductive et à l’éducation sont systématiquement bafoués, a souligné la représentante du Luxembourg, en évoquant en particulier la violence sexuelle endémique dans et autour des camps de personnes déplacées, et les mariages précoces qu’entraîne la peur de cette forme de violence.  Pour répondre à ces atteintes, Mme Lucas a suggéré une approche holistique en quatre points.

Il faudrait mettre fin à l’impunité des auteurs de violences contre les femmes et les filles, via un renforcement des capacités des États Membres à court et à long termes par le biais d’initiatives innovantes.  Parmi ces initiatives que soutient le Luxembourg, elle a cité l’Équipe d’experts de l’état de droit et des questions touchant les violences sexuelles commises en période de conflits, et l’initiative Justice Rapid Response.

Il faudrait aussi s’assurer que les victimes obtiennent une compensation réelle pour les préjudices subis.  La participation des femmes à toutes les discussions relatives à leurs droits et à leurs besoins spécifiques doit être garantie, tant au niveau des structures décisionnelles des camps de réfugiés qu’au niveau de l’élaboration des programmes humanitaires, a-t-elle ajouté.  Enfin le Conseil de sécurité doit jouer son rôle, comme il l’a fait récemment avec des visites au Soudan du Sud, en Somalie et dans la région des Grands Lacs.

Mme JONES (États-Unis) s’est déclarée outrée par les attaques violentes dirigées contre des femmes par des groupes comme l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL) et Boko Haram, qui dévoient la religion pour justifier leurs actes.  La « crise mondiale » qui touche femmes et filles prises au piège dans les conflits ne pourra, a-t-elle prévenu, être résolue que par le biais d’une approche intégrée qui tienne compte de toutes les dimensions du problème, avec une priorité: continuer à donner un rôle de premier plan aux femmes dans les processus de paix et de réconciliation.  Elle s’est par exemple félicitée de constater que près de 3 000 femmes s’étaient portées candidates aux élections qui se sont déroulées en Iraq cette année. 

La participation des femmes aux processus de prise de décisions qui touchent directement leur vie quotidienne a démontré ses mérites, a rappelé la représentante des États-Unis.  Il faut également lutter pour améliorer les conditions de vie des femmes dans les pays sortant d’un conflit.  Comme l’observe le rapport du Secrétaire général, en 2013, le taux de mortalité dans le monde a diminué, avec 210 décès pour 100 000 naissances, alors que pour l’ensemble des pays en conflit ou sortant d’un conflit, ce nombre était supérieur de 60% (531 décès pour 100 000 naissances vivantes).  Pour leur part, les États-Unis s’efforcent d’améliorer les conditions de vie des femmes et des enfants dans les camps de personnes déplacées au Tchad et au Soudan, par exemple.  La représentante a, avant de conclure, vivement encouragé les États Membres à financer des projets qui appuient l’autonomisation des femmes.

M. EVGENY T. ZAGAYNOV (Fédération de Russie) a partagé les préoccupations exprimées par le Secrétaire général dans son rapport, en particulier celles concernant le tribut que paient les femmes dans des conflits où sévissent des groupes terroristes.  Il faudrait travailler dans le contexte spécifique du maintien de la paix et des situations inscrites à l’ordre du jour du Conseil, en respectant la répartition des tâches prévue par les mandats des opérations de maintien de la paix, a-t-il souligné.  Le représentant a ajouté que les plans d’action nationaux favorisant l’application de la résolution 1325 (2000) doivent être établis de manière volontaire en priorité par des États en situation de conflit ou sortant d’un conflit. 

« Nous sommes convaincus du potentiel positif des femmes déplacées dans le processus de règlement des conflits et le rôle moteur qu’elles peuvent jouer dans le redressement des pays, sociétés et communautés ayant subi une guerre. »  Le représentant russe a ensuite indiqué que 830 000 citoyens de l’Ukraine se trouvaient actuellement en Fédération de Russie, la moitié demandant « à rester sur notre territoire de manière prolongée en tant que réfugiés ».  Précisant que la grande majorité de ces personnes sont des femmes et des enfants ayant fui les bombardements, il a assuré que son gouvernement, aidé par les ONG, prenait en charge l’intégralité des besoins des réfugiés d’Ukraine.

M. KAYODE LARO (Nigéria) a déploré que les femmes et les filles déplacées étaient le plus souvent livrées à elles-mêmes et, de ce fait, exposées à des risques majeurs pour leur sécurité.  Il a prôné une approche stratégique afin de renforcer  efficacement la protection des déplacées internes en vertu du droit international humanitaire et du droit des réfugiés.  Le représentant a par ailleurs rappelé que la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique –« Convention de Kampala »- était entrée en vigueur en décembre 2012 en vue de renforcer le cadre normatif régional destiné à aider les personnes déplacées dans les pays africains.  Après avoir indiqué que les grands accords internationaux pertinents étaient traduits dans la législation nigériane, il a soutenu la proposition du Secrétaire général de conduire une étude mondiale sur l’application de la résolution 1325. « Nous attendons avec impatience la réunion de haut niveau qui permettra de faire le point sur l’état de mise en œuvre de cette résolution phare », a-t-il dit en conclusion.

M. LIU JIEYI (Chine) s’est félicité des progrès accomplis jusqu’à présent dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité.  La protection des femmes en période de conflit doit être abordée dans le cadre d’une approche globale, qui prenne en compte les dimensions de l’assistance humanitaire, du développement, des processus politique et de la réconciliation, a-t-il estimé.  Il a également recommandé d’insister sur la participation des femmes aux processus de prise de décisions et rappelé que la communauté internationale doit cependant respecter le rôle de chef de file des pays concernés.  Il a précisé que ces pays doivent pouvoir bénéficier de l’assistance des organisations internationales et régionales, sur la base de leurs mandats respectifs.  Alors que le terrorisme et l’extrémisme exercent désormais une emprise très forte sur plusieurs régions du monde et est en voie de devenir la cause première de déplacements, des mesures efficaces doivent être prises pour que les femmes soient pleinement parties prenantes de la lutte contre ce fléau.

Mme RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) a souligné que les femmes, qui représentent la moitié des plus de 50 millions de personnes déplacées dans le monde, supportent le poids physique et psychologique des conflits, avec des risques de violence sexuelle, de viol, et de maladies sexuellement transmissibles, s’ajoutant à toutes les tâches du quotidien.  Elle a souligné l’importance de la résolution 2122 (2013) qui contient des références aux déplacements forcés et à leurs effets sur les femmes et les filles, tout en demandant à mettre un terme au fossé qui existe entre le droit existant et la réalité sur le terrain.  Même des améliorations élémentaires comme la fourniture d’eau ou de combustible de cuisson à l’intérieur des camps, ou la participation des femmes à la conception des systèmes de distribution, pouvaient sauver la vie des femmes réfugiées en réduisant le risque d’être exposées à des attaques, a-t-elle estimé.  La formation des femmes déplacées et réfugiées pour qu’elles assument des responsabilités est également essentielle, a affirmé la représentante de la Lituanie, en appelant à ce que les bonnes pratiques soient répertoriées et largement diffusées.

Soulignant la nécessité de traduire en justice les auteurs de violences sexuelles contre les femmes et filles déplacées, la représentante a appelé à une collecte d’informations systématique que des missions d’établissement des faits et des missions des droits de l’homme doivent assurer.  Il est aussi nécessaire de créer un environnement où les victimes n’auront pas peur de témoigner, a-t-elle insisté.

La Cour Pénale internationale, mais également de meilleures interactions entre les envoyés spéciaux du Secrétaire général et les comités de sanctions peuvent contribuer considérablement à mettre fin à l’impunité.  Concernant les opérations de maintien de la paix, elle a demandé des mesures préventives et une tolérance zéro envers les violences sexuelles.  Elle a également réclamé une enquête à la suite des allégations visant la Mission de l’Union africaine en Somalie, en se félicitant que l’Union africaine ait déjà établi un comité d’experts.  Enfin, elle a appelé à prendre également en compte les déplacements liés aux catastrophes naturelles, en demandant d’identifier les vulnérabilités et les bonnes pratiques liées au genre dans ce contexte.

Mme NATASHA STOTT DESPOJA (Australie) a déclaré que sur les 51 millions de personnes déplacées dans le monde, la majorité sont des femmes et des enfants.  Les réponses de la communauté internationale doivent prendre en compte les risques auxquels sont exposées ces personnes, en particulier la violence sexuelle.  Il est important d’investir en faveur de mécanismes de prévention, de soutenir les efforts de la société civile et des autres défenseurs des droits de l’homme, ou encore de renforcer la reddition de comptes et l’accès à la justice et aux soins psychologiques et de santé.  C’est pour cette raison que l’Australie a contribué à hauteur de 3 millions de dollars au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés afin de soutenir la stratégie d’action contre les violences sexuelles et basées sur le genre.  Elle a aussi versé 4 millions de dollars au Comité  international de la Croix-Rouge, a indiqué la représentante.  

L’Australie a aussi contribué pour un montant 10,2 millions de dollars à l’initiative Sprint et pour un montant de 2 millions de dollars au Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) pour soutenir des programmes en faveur de femmes iraquiennes victimes de violences.  Des services et soins obstétriques ont été assurés à 780 000 femmes en Syrie.  Entre 2012 et 2016, l’Australie a par ailleurs contribué à hauteur de 12 millions de dollars au Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, a ajouté la représentante.  Concluant son intervention, elle a estimé que le manque de données ventilées par âge et sexe des personnes déplacées avait un impact négatif sur les mesures prises.  C’est pourquoi, elle a demandé que les missions de maintien de la paix des Nations Unies établissent des rapports plus précis sur les personnes déplacées.    

M. OLIVIER NDUHUNGIREHE (Rwanda) a déclaré que la situation particulière des femmes et des filles déplacées et réfugiées n’était pas étrangère à son pays, qui avait massivement réintégré ces populations au lendemain du génocide de 1994.  Il a déploré que 32 000 personnes sont déplacées chaque jour à travers le monde, en faisant remarquer que cette situation ne fait qu’exacerber les vulnérabilités des femmes et des filles.  « Beaucoup de femmes veuves se heurtent à des difficultés économiques et sociales et ont à leur charge toute une famille », a-t-il expliqué. 

Le représentant s’est félicité par ailleurs des progrès remarquables accomplis dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), en soulignant également la Convention de l’Union africaine sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées en Afrique, dite Convention de Kampala, que son pays a ratifiée.  Cet instrument présente plusieurs dispositions spécifiques pour la protection des femmes et des filles, a-t-il précisé.  Dans ce contexte, a–t-il affirmé, on peut dire que la communauté internationale s’est dotée d’un cadre normatif de plus en plus sophistiqué pour assurer la protection des femmes en toute circonstances.  Le représentant a suggéré d’augmenter le nombre de femmes servant comme Casques bleus et de veiller à ce qu’elles soient plus nombreuses aux postes de direction dans les opérations de maintien de la paix et en tant que conseillères à la protection.

M. CRISTIAN BARROS (Chili) a salué l’élaboration de plans d’action nationaux et l’adoption d’indicateurs performants pour mieux mettre en œuvre l’arsenal de résolutions adoptées par le Conseil de sécurité au cours de ces dernières décennies.  « Il faut cependant inverser la sous-représentation des femmes dans les processus de décisions politiques », a-t-il ajouté, en plaidant pour la mise en place de mécanismes de prévention, de protection des femmes et de participation, sur un pied d’égalité avec les hommes, des femmes aux accords de cessez-le-feu et aux efforts visant à rétablir l’état de droit.  Il a estimé que les opérations de maintien de la paix, les comités de sanctions et autres mécanismes y afférents doivent être fondés sur une approche sexospécifique. 

« Pour lutter contre l’impunité, la Cour pénale internationale est un instrument de dissuasion efficace », a estimé le représentant.  Il a également souligné la nécessité de mettre l’accent sur les efforts permettant de venir en aide aux femmes victimes de violences sexuelles en leur facilitant l’accès aux soins de santé et à la justice.  « Il faut intensifier et rendre plus systématique l’échange d’informations entre tous les acteurs du terrain, et renforcer la formation des membres du personnel de maintien de la paix en tenant compte des besoins des femmes réfugiées et déplacées dans les pays où ils sont déployés ».  « Les femmes doivent pouvoir prendre la tête des processus de résilience », a-t-il encore déclaré, en ajoutant que le programme de développement pour l’après-2015 devrait tenir compte des objectifs et priorités de la résolution 1325 (2000).  Enfin, il a annoncé que la Présidente du Chili et ONU-Femmes organiseront à Santiago, en février 2015, une réunion de haut niveau axée sur la participation des femmes aux processus de décisions politiques.

M. MANGARAL BANTE (Tchad) a déclaré que la résurgence des conflits armés et le terrorisme provoquaient une augmentation sans précédent du nombre de personnes déplacées, ce nombre dépassant, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 50 millions à travers le monde, dont la moitié sont des femmes et des enfants.  « En Afrique, le Kenya, l’Éthiopie, le Tchad et l’Ouganda sont les principaux pays d’accueil », a-t-il indiqué.  « Nous accueillons des réfugiés en provenance du Soudan, de Centrafrique et du Nigéria », a expliqué le représentant, en précisant que son pays agissait dans le respect fondamental du principe de non-refoulement.  La moitié des réfugiés sont des femmes et des enfants, dont 1 000 mineurs Centrafricains non accompagnés, a-t-il ajouté, en soulignant que dans la majorité des cas, les femmes se déplacent seules avec leurs enfants, sans la protection de leur mari, de membres de leur famille ou encore de membres de leur communauté. 

Les femmes sont ainsi exposées aux violences sexuelles dont fait état le HCR, a-t-il dit, en assurant que, dans ce contexte, le Tchad, se faisait fort d’apporter à plus de 80% de ces femmes une assistance médicale et un soutien psychologique.  Après avoir précisé que l’essentiel des réfugiés au Tchad ne possèdent pas de documents d’identité, il a reconnu que la culture du silence rend compliquée la pratique de la dénonciation et, partant, la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes sexuels et leur traduction en justice.  « À présent, les autorités tchadiennes se concentrent sur la réduction à long terme de la dépendance à l’aide et sur l’autonomisation, en particulier des réfugiés soudanais », a fait observer le représentant.  

Mme PAIK JI-AH (République de Corée) a salué les progrès réalisés sur le plan normatif, en notant les efforts déployés par la communauté internationale pour protéger les femmes et les jeunes filles et les impliquer dans les processus de paix et de réconciliation.  Toutefois, des crimes haineux liés à des situations de conflit ont provoqué de nouvelles vagues de déplacements: « 51 millions de personnes sont actuellement déplacées dans le monde, dont les trois quarts sont des femmes », a rappelé la représentante. 

L’exploitation sexuelle, le mariage forcé et les abus sexuels ne sont quelques exemples des délits à combattre et un des moyens les plus dissuasifs pour y parvenir, c’est de veiller à ce qu’il n’y ait aucune impunité, a recommandé la représentante.  Il faudrait en outre appuyer l’autonomisation des femmes et leur donner la possibilité de jouer un rôle décisionnel dans les processus de paix.  Elle a, en conclusion, souligné l’importance de combler les lacunes du droit international en promulguant des lois pour assurer le suivi des engagements pris par les États au niveau international.

Pour M. MAHMOUD HMOUD (Jordanie), le rapport du Secrétaire général montre tout le chemin qui reste à parcourir pour mettre en œuvre pleinement les résolutions successives du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.  Il a ensuite encouragé le Conseil de sécurité à renforcer ses liens avec la Cour pénale internationale (CPI) pour que cette juridiction soit saisie à chaque fois que des crimes graves sont commis contre des personnes déplacées. 

Le représentant a également estimé qu’il était temps de mettre au point « un projet de convention sur la responsabilité pénale des auteurs de crimes contre les personnes déplacées », afin de mettre en œuvre une politique de tolérance zéro en ce domaine.  Après avoir expliqué l’aide apportée par son gouvernement aux réfugiées syriennes se trouvant dans le camp de Zaatari et dans d’autres, le délégué de la Jordanie a appuyé l’idée de consacrer un budget spécifique pour financer le déploiement de conseillères spéciales pour les femmes au sein de toutes les opérations de la paix, et non pas dans certaines d’entre elles.

Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a rappelé que son pays avait promu, de longue date, la présence accrue des femmes dans l’armée d’infanterie, où l’on a créé des bureaux pour l’égalité des sexes, ainsi que dans d’autres activités militaires, en particulier le maintien de la paix.  « Nous travaillons à la loi sur le mariage pour tous et sommes résolument opposés à toutes les formes de discrimination », a-t-elle ajouté.  « Aux niveaux national et régional, les femmes argentines ont fait face au terrorisme d’État, de manière pacifique, en cherchant à établir la justice au lieu de recourir à la vengeance, a-t-elle assuré, en faisant référence aux « Mères de la Place de mai ».  « Le sort des femmes dans les conflits armés est souvent le plus critique, les victimes civiles étant toujours plus nombreuses que les victimes militaires », a poursuivi Mme Pervecal, en soulignant également la nature « singulière et complexe » de l’impact sur les femmes et les filles qui est différent avant, pendant et après un conflit.  « Qu’il s’agisse de civiles ou de combattantes, les femmes et les filles sont souvent plus profondément marquées ».  « Leur intégrité physique et leurs droits sont bafoués, l’ONU-Femmes ayant démontré de façon empirique que les conflits attisent la violence à l’encontre des femmes dans des proportions inimaginables. » 

La survivante d’un crime sexuel est encore la victime de la stigmatisation qui perdure dans la majorité de nos sociétés, a-t-elle ajouté.   La représentante a appelé à lutter contre l’impunité des auteurs de violences faites aux femmes, qu’ils soient membres de groupes rebelles et terroristes mais aussi de forces nationales ou encore de troupes des Nations Unies.  Elle a aussi mis l’accent sur la nécessité de renforcer dramatiquement les femmes vivant dans les camps de réfugiés.  Dans les camps, le viol et le mariage forcé attendent souvent les réfugiées dans des proportions effarantes, de l’ordre de 16 par jour dans certains pays selon le HCR.  Concluant son intervention sous les applaudissements, Mme Perceval a estimé qu’il était utile de tenir un tel débat, car le Conseil de sécurité est en prise directe avec la terrible réalité des camps de réfugiés et de personnes déplacées.  Le moment est venu pour nous, les femmes, qui représentons la moitié de l’humanité, de s’engager vers la célébration, en 2015, de nos droits, en exigeant que notre liberté de penser et d’agir soit respectée.  Nous devons faire en sorte que les réfugiées vivent dans des conditions dignes, a-t-elle insisté. 

M. URMAS PAET, Ministre des affaires étrangères de l’Estonie, s’exprimant également au nom de la Lettonie, a souligné que les déplacements forcés de femmes et de filles n’étaient pas seulement une question humanitaire, mais également une question de développement à long terme, de droits de l’homme, de paix et de sécurité, et un défi essentiel pour le programme en faveur des femmes, la paix et la sécurité.  Évoquant particulièrement les violences commises par le groupe de l’État islamique d’Iraq et du Levant et par le groupe Boko Haram au Nigéria, M. Paet a assuré que « la communauté internationale doit s’opposer résolument à une telle barbarie ».  Il a évoqué également les conflits non résolus en Syrie, en Iraq, en Afghanistan, en République centrafricaine, en Somalie et en République démocratique du Congo.  « Malheureusement cette année, nous avons aussi assisté à un conflit militaire en Europe qui a provoqué des souffrances pour le peuple d’Ukraine, y compris les femmes et les enfants », a-t-il dit, en relevant que 66% des personnes déplacées en Ukraine sont des femmes, et 31% sont des enfants.  De nombreuses personnes déplacées ont pu revenir chez elles dans les régions de Donetsk et Louhansk, encouragées par le cessez-le-feu, mais la situation générale des personnes déplacées en Ukraine exige une solution à long terme pour leur intégration sociale et économique dans les communautés d’accueil, ou pour leur retour, a plaidé le Ministre.

Plus généralement, M. Paet a noté que l’éducation des femmes et des filles était essentielle pour leur autonomisation politique et économique et pour prévenir les abus quand elles sont accueillies dans des camps de réfugiés ou des personnes déplacées, et pour qu’elles s’adaptent mieux après un conflit.  À ce jour, seulement 12% des filles réfugiées vont à l’école secondaire, a-t-il fait remarquer.

Pour mettre fin à l’impunité des auteurs de violences sexuelles visant les femmes et filles réfugiées et déplacées, le représentant d’Estonie a appelé à soutenir activement le rôle de la Cour pénale internationale, avant de rappeler que son pays et la Lettonie agissaient en faveur des victimes à travers le Fonds pour les victimes établi par la CPI.  Enfin, il a appelé à ce que toutes les missions de maintien de la paix soient formées et sensibilisées à ces questions, soulignant que les cas d’exploitation sexuelle menacent la crédibilité du système international de maintien de la paix et des missions en particulier.  L’Estonie soutient par exemple des activités visant à améliorer l’éducation à la santé des femmes en Afghanistan, à améliorer les connaissances sur la santé reproductive au Kirghizistan, où à mettre fin aux mariages d’enfants au Yémen.

S’exprimant au nom du Groupe des pays nordiques, M. PER THÖRESSON (Suède) a appelé tous les États Membres à développer des plans d’action nationaux sur les femmes, la paix et la sécurité et à mettre en œuvre ceux qui existant.  M. Thöresson a ensuite exprimé le soutien du Groupe à l’action de la Cour pénale internationale (CPI) dans ce domaine et à l’Initiative d'intervention rapide au service de la justice.  Il a toutefois souligné que femmes et filles ne sont pas seulement des victimes, mais aussi des agents pour le changement dans leurs sociétés, ce qui justifie de les associer à tous les processus formels et informels de médiation, de négociations de paix, humanitaires et de consolidation de la paix.  Notant que le nombre actuel de personnes déplacées était sans précédent, M. Thöresson a appelé tous les acteurs concernés –États, ONU et autres organisations internationales– à protéger les personnes déplacées et à fournir des services adéquats, notamment aux femmes dans le domaine de la santé reproductive et sexuelle.  Enfin, M. Thöresson a appelé l’ONU à faire en sorte que toutes ses missions soient fondées sur une analyse des conflits axée sur le rôle des femmes afin qu’elles répondent mieux aux besoins de cette catégorie de la population.

Mme MARÍA EMMA MEJÍA VELEZ (Colombie) a déclaré que son pays attachait la plus grande importance au rôle des femmes, ce qui se retrouve dans les politiques adoptées par la Colombie que cite le rapport du Secrétaire général.  La représentante s’est concentrée sur la participation des femmes au règlement des conflits, en rappelant que des femmes colombiennes participent actuellement à La Havane aux discussions de paix pour la Colombie et qu’elles sont présentes tant au sein de la délégation gouvernementale que parmi les insurgés.

Les femmes comptent parmi les groupes les plus vulnérables et exposés, notamment parmi les réfugiés, a rappelé la représentante.  La représentante a ensuite présenté plusieurs mesures nationales adoptées par la Colombie, en particulier pour les réparations des victimes du conflit, y compris en faveur des femmes, qui représentent 49% des victimes enregistrées, ou encore la loi sur les violences sexuelles, qui a pour caractéristique que la charge de la preuve n’appartient pas aux victimes.  La Colombie est toutefois consciente que le chemin est encore long pour garantir une société pacifique dans laquelle le plein droit des femmes et des filles est garanti, a conclu la représentante.

Mme YANERIT MORGAN (Mexique) a regretté qu’en dépit d’avancées indéniables, comme pour les nominations de femmes à des postes de hautes responsabilités aux Nations Unies, la réalité globale ne soit pas à la hauteur des espérances exprimées dans la résolution 1325, il y a 14 ans.  Elle a souligné que les déplacements forcés accentuaient la vulnérabilité des femmes et filles aux violences sexuelles et autres violations des droits de l’homme.  Pour cette raison, a-t-elle dit, la délégation mexicaine insiste pour que la perspective du genre soit intégrée aux politiques dans les domaines liés aux réfugiés et personnes déplacées, et pour que soient lancées des stratégies complètes sur le terrain pour la protection des femmes et des filles.

Pour ce qui est de la situation de conflit, Mme Morgan a jugé inacceptable que la violence sexuelle continue au XXIe siècle à être utilisée comme arme de guerre, et elle s’est particulièrement inquiétée de l’augmentation de ce type de violence contre les filles.  Elle a salué l’inclusion de la violence sexuelle comme critère déterminant pour l’imposition de sanctions sélectives par le Conseil de sécurité.  « Nous espérons que les examens stratégiques sur les sanctions et les opérations de maintien de la paix qui seront menés en 2015 prendront en compte les engagements et priorités du programme relatif aux femmes, à la paix et à la sécurité internationale », a-t-elle dit.

Dénonçant l’impunité dont bénéficient des auteurs de violences sexuelles comme un défi pour la communauté internationale, la représentante a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures plus énergiques pour les traduire en justice, y compris en saisissant la Cour pénale internationale.  Enfin, elle lui a également demandé d’accorder plus d’attention au rôle des femmes dans les mécanismes de médiation et d’alerte précoce visant à prévenir les conflits.

M. OSAMA ABDEL KHALEK (Égypte) a attiré l’attention sur l’importance de doter la mise en œuvre des résolutions du jour du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité de ressources financières adéquates.  Le système des Nations Unies doit effectivement être en mesure de prévenir et répondre aux plus graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, a-t-il ajouté.  Évoquant les récents événements à Gaza, M. Khalek a estimé que les pratiques israéliennes dans le territoire palestinien constituaient de flagrantes violations des droits des femmes arabes vivant sous occupation étrangère. 

« Des centaines de femmes et d’enfants ont trouvé la mort au cours des récentes opérations militaires israéliennes. »  « Or, aucune mention n’est faite de ces crimes atroces dans le rapport du Secrétaire général sur les femmes, la paix et la sécurité dont nous sommes saisis aujourd’hui », a-t-il déploré.  Le représentant a ensuite exhorté l’ONU-Femmes et la Représentante spéciale sur la violence sexuelle pendant les conflits d’inclure systématiquement dans leurs rapports des informations sur la situation des femmes et des filles dans les territoires palestiniens occupés.  « Nous demandons instamment que les populations déplacées de force soient protégées », a-t-il dit avant de conclure.

Mme SHEILA SEALY MONTEITH (Jamaïque) a affirmé l’attachement de son pays à la résolution 1325 (2000) et a concentré son attention sur la situation des femmes réfugiées, déplacées ou encore apatrides dans un contexte de déplacement de masse.  Elle a noté avec préoccupation les violences sexuelles, crimes atroces et déplacements forcés de femmes et des fillettes, qui ont atteint un niveau sans précédent.  Elle s’en est prise aux actions de différents groupes violents, en faisant remarquer que les femmes et filles en sont toujours les principales victimes.  Elle a rappelé la nécessité d’inclure les femmes dans les processus de règlement des conflits.  Elle s’est félicitée du rapport du Secrétaire général qui identifie des zones de progrès, tout en soulignant de manière franche les défis qui sont encore à relever.

La Jamaïque a déployé un total de 26 femmes dans des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, a rappelé par ailleurs la représentante.  Elle s’est félicitée de la résilience des femmes qui connaissent la guerre et les conflits et parviennent à survivre, et a remercié celles qui agissent en leur nom.  Il faut mettre l’accent sur les domaines dans lesquels les progrès sont possibles, a encore déclaré la représentante, qui a rappelé que les programmes d’autonomisation des femmes supposaient aussi un financement adéquat. 

M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a prôné l’élaboration de services spécifiques pour répondre aux besoins des femmes déplacées.  « L’Union européenne fournit une assistance humanitaire qui comprend des actions de protection de ces femmes et filles, y compris la distribution de moyens de subsistance durable », a-t-il fait savoir.  Rappelant que les principes de protection et de participation sont liés, il a plaidé pour un renforcement du rôle des femmes dans les opérations de maintien de la paix, les processus de résolution des conflits et les activités de consolidation de la paix.  « La participation des femmes à ces niveaux doit être la norme et non pas l’exception, a-t-il insisté, avant de rappeler l’engagement de l’Union européenne concernant la formation aux droits de l’homme dans le cadre de la gestion des crises.  « Le lien entre violence sexuelle et conflit armé doit être sans cesse souligné », a-t-il exhorté.  M. Mayr-Harting a par ailleurs insisté sur la nécessité que les conseillers sur le genre soient déployés dans toutes les opérations de maintien de la paix et missions politiques spéciales.  Enfin, il a appelé à un déploiement accru de conseillers de l’ONU pour la protection des femmes.

Mme MARRIET SCHUURMAN, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour les femmes, la paix et la sécurité, a noté que la création de son poste à l’OTAN, il y a un an, était en soi un signe clair du fort engagement de l’OTAN en la matière.

Mme Schuurman a souligné que les inégalités entre les sexes préexistantes faisaient des femmes déplacées un groupe particulièrement vulnérable dans les situations de déplacement.  Mais, a-t-elle souligné, cette vulnérabilité ne doit pas conduire à conclure que les femmes ne peuvent pas prendre des responsabilités, bien au contraire.  Pour prévenir les conflits, pour mieux y réagir et pour trouver des solutions durables, le rôle des femmes s’est bien souvent révélé essentiel, mais malheureusement les femmes et les filles restent trop souvent une ressource sous-exploitée, a-t-elle regretté.

Elle a souligné qu’il était essentiel d’en prendre davantage conscience.  À l’OTAN, l’intégration d’une perspective hommes-femmes dans les exercices de gestion des crises, par exemple avec des scénarios incluant des indicateurs sur la violence sexuelle, s’est avérée utile à la préparation des personnels.  Mme Schuurman a noté que le récent sommet de l’OTAN au Pays de Galles avait été l’occasion de faire un rapport sur la mise en œuvre du programme femmes, paix et sécurité par l’OTAN, et que l’organisation entendait consolider ses réussites en la matière en restant en première ligne pour intégrer les objectifs définis dans son programme d’action.

Un nouveau plan d’action, élaboré avec la participation des 28 alliés et 30 pays partenaires dans le monde, a fixé des objectifs ambitieux, a indiqué la Représentante spéciale, en précisant qu’il visait notamment à généraliser une perspective homme/femme dans les activités quotidiennes en matière de sécurité.  L’un des objectifs les plus concrets est la définition de règlements militaires pour prévenir et répondre aux violences sexuelles dans des conflits, qui devrait être réalisée dans les mois à venir, a-t-elle assuré.  L’OTAN entend jouer tout son rôle dans l’effort en faveur de l’autonomisation des femmes, et transposer dans son action quotidienne ses engagements, a conclu Mme Schuurman.

M. CHAYAPAN BAMRUNGPHONG (Thaïlande) a rappelé que les risques d’exploitations et de violences sexuelles et sexistes rendaient la détresse des femmes et filles déplacées encore plus grande.  La Thaïlande a accueilli des centaines de milliers de réfugiés et souhaite faire partager son expérience.  Il est important de garantir le droit des femmes et des filles déplacées à la sécurité et au bien-être, a préconisé le représentant et c’est pourquoi la Thaïlande appuie la formation aux questions de genre avant le déploiement des forces de maintien de la paix et soutient également le déploiement d’une proportion accrue de femmes.  La Thaïlande a elle-même envoyé des femmes dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies.  Elle appuie en outre la politique de tolérance zéro pour le personnel des opérations de maintien de la paix en cas d’abus sexuels.

Les mesures de protection des personnes déplacées contre les violences sexuelles sont essentielles et doivent donc être mises en place au plus vite, a déclaré le représentant.  L’accès limité aux services humanitaires de base renforce encore la précarité des femmes et des filles.  En cas de déplacement prolongé, il faut s’assurer qu’elles aient accès à des services de santé qui correspondent à leurs besoins spécifiques.  Il faut également leur assurer des formations adéquates qui leur permettront ensuite de participer à la reconstruction de leur communauté.  La Thaïlande remercie les ONG et autres organisations qui ont collaboré avec le pays pour venir en aide aux femmes déplacées ou réfugiées, a dit son représentant avant de conclure son intervention. 

M. STEFAN BARRIGA (Liechtenstein) a rappelé que femmes et enfants représentent au total quelque 80% des personnes déplacées par les conflits, tout en regrettant que les programmes et interventions soient rarement adaptés à la manière dont ces personnes vivent les déplacements.  De ce fait, les déplacements exacerbent les inégalités de genre.  Rappelant que les femmes et les filles déplacées sont confrontées à une augmentation considérable de la violence et exposées au harcèlement sexuel, aux violences domestiques et à l’exploitation, y compris par les mariages forcés ou précoces des filles, le représentant du Liechtenstein a déclaré qu’on ne pouvait limiter l’assistance aux réfugiés et déplacés à ce qui est exigé pour garantir leur simple survie.

Sachant que la durée des déplacements internes est en moyenne de 17 ans, cette assistance de base doit être complétée par une protection adéquate qui reste souvent absente aujourd’hui.  Étant donné leur vulnérabilité accrue, il faut particulièrement se pencher sur la protection des femmes et des enfants, a ajouté M. Barriga, qui a aussi demandé aux États d’investir en faveur de la prévention et d’établir des politiques pour traiter de déplacements avant qu’ils ne se produisent.

Pour M. Barriga, les déplacements ne représentent pas seulement un problème humanitaire mais aussi un problème de développement.  Des investissements précoces pour le développement permettront aux réfugiés et personnes déplacées de reconstituer leurs moyens d’existence.  Dans toutes les activités de ce type, les femmes doivent avoir un accès complet et participer à égalité avec les hommes, a déclaré le représentant.  Il a mentionné, à cet égard, un projet du Programme alimentaire mondial au Soudan consistant à fournir aux femmes des réchauds plus efficaces.  Cela permet de réduire la consommation de bois et donc la déforestation autour des camps, et les déplacements des femmes à la recherche de bois, qui les exposent à des risques d’agression et à l’épuisement.

Le représentant a jugé inacceptable que la majorité des activités humanitaires ne prennent toujours pas en compte les besoins spécifiques des femmes et de filles, ni leur potentiel à apporter une contribution active.  Ce n’est pas le manque de lignes directrices qui est en cause, a-t-il estimé.  Les États Membres, les Nations Unies et tous les acteurs pertinents doivent s’acquitter respectivement de leur rôle dans ce domaine, a poursuivi le représentant, qui a plaidé pour une approche holistique et inclusive.

M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a souligné que, dans différentes régions du monde, les femmes étaient touchées par les conflits et les situations liées aux conflits.  La violence, le harcèlement, les abus sexuels, le manque d’accès à l’éducation et aux installations sanitaires les plus basiques, ainsi que les pénuries d’eau et de vivre ne sont que quelques-unes des menaces et difficultés auxquelles elles doivent faire face, a-t-il souligné.

L’Italie a été le premier pays à appeler à inclure la question des femmes, paix et sécurité dans le Mécanisme d’examen périodique universel, a rappelé M. Cardi.  Le pays a déjà établi un plan d’action national, qui a été révisé cette année, pour accélérer sa mise en œuvre dans les trois prochaines années.  Il est axé sur l’intégration et une coordination accrue entre les différents organismes qui traitent de la question et deuxièmement sur la généralisation de la perspective hommes-femmes dans toutes les initiatives économiques et sociales.  Il a cependant fait remarquer que, 15 ans après la résolution 1325 (2000), les plans nationaux ne suffisent plus et qu’il faut maintenant élaborer un plan international pour mieux coordonner les efforts entrepris au niveau national.

L’Italie, a fait remarquer par ailleurs son représentant, est confronté à l’importante responsabilité d’accueillir des personnes déplacées, des réfugiés et des migrants.  Avec sa tradition de tolérance, de compréhension et d’inclusion, l’Italie est toujours aux côtés de ceux qui se trouvent contre leur gré dans des situations désespérées provoquées par des conflits et des violations des droits de l’homme, a-t-il dit.  Tout en reconnaissant que des populations entières n’ont pas d’autre choix que de fuir, trop souvent sans destination précise, leur migration peut aussi créer des tensions dans leur pays d’accueil, où les citoyens éprouvent déjà des difficultés pour gagner leur vie.  Dans cette situation, il n’est pas étonnant que les femmes et les filles soient les cibles les plus vulnérables, a-t-il fait observer.

En raison des répercussions des conflits et tensions sur d’autres pays et régions du fait des mouvements de populations, il est important que la réponse soit mondiale, a-t-il estimé, en précisant qu’aucun pays ne peut, de manière isolée, agir efficacement.

M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a appelé toutes les parties à respecter le droit international en faveur des femmes et des filles et à mettre fin à une culture d’impunité.  La Malaisie accorde une grande importance à l’autonomisation économique des femmes, à l’accès à l’éducation et à la santé, a-t-il ajouté.  Le représentant a aussi demandé à la communauté internationale de rester vigilante face à l’extrémisme violent, en estimant que la promotion de l’inclusion et de la modération était essentielle pour y réagir, notamment en donnant la voix aux femmes et aux filles.

La Malaisie est convaincue que la participation pleine, active et égalitaire des femmes est indispensable à la prévention des conflits, au maintien de la paix et au renforcement de la paix, a ajouté M. Haniff.  À cet égard, il a jugé encourageante la participation plus active des femmes aux processus de paix conduits sous l’égide de l’ONU.

Par ailleurs, le représentant de la Malaisie a appelé à reconnaître le fardeau que représente l’accueil des réfugiés par les communautés d’accueil.  Les pays en développement accueillent 86% des réfugiés du monde, et les trois pays qui en accueillent le plus se trouvent en Asie, a-t-il indiqué.  M. Haniff a appelé la communauté internationale à contribuer activement aux efforts visant à répondre aux causes profondes des déplacements forcés et à réaliser les conditions permettant le retour et la réintégration des réfugiés et des personnes déplacées.

Enfin, il a exprimé l’engagement de la Malaisie pour faire en sorte que les souffrances des femmes et filles en situation de conflit reçoivent une attention soutenue du Conseil de sécurité.

M. ALBERT SHINGIRO (Burundi), rappelant que l’Afrique était le continent qui subit le plus les conflits armés ou encore les coups d’État et guerres civiles, a fait remarquer que les femmes et les enfants étaient les principales victimes de ces conflits, que ce soit directement ou du fait des retards de développement que les conflits entraînent.  L’Afrique ne subit pas seulement des conflits, elle essaie aussi de les prévenir et les femmes y jouent un rôle prééminent, a-t-il assuré.  Aucun conflit, a-t-il cependant fait observer, ne peut être réglé sans prendre en compte la participation active des femmes.

M. Shingiro s’est félicité des mesures adoptées par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en faveur des femmes et filles déplacées.  Le Burundi, premier contributeur francophone de forces de maintien de la paix, soutient le déploiement de femmes dans les opérations de maintien de la paix comme Casques bleus ou agents et officiers de police, ainsi que comme conseillères pour la protection des femmes.  De tels déploiements ont démontré que l’on pouvait encourager l’autonomisation des femmes et faire face aux violences sexuelles dans les conflits armés.  Au Burundi, les femmes burundaises ont joué un rôle très important dans les négociations d’Arusha qui ont abouti à un accord de paix global, a encore déclaré le représentant, qui a ajouté que leurs revendications avaient été prises en compte.

Pour preuve, a-t-il dit, la Constitution burundaise accorde un quota de 30% aux femmes aux plus hauts échelons de l’État.  De fait, plus de 40% des parlementaires et ministres burundais sont aujourd’hui des femmes, a précisé M. Shingiro.  Les femmes doivent être considérées comme des partenaires à part entière dans les processus formels et informels de paix, a encore déclaré le représentant, qui a cité en exemple le rôle des organisations des femmes de la région des Grands Lacs,  qui se sont réunies en juillet 2013 à Bujumbura, dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, dont le Burundi accueille le siège.  Le représentant a conclu en disant attendre avec impatience les résultats de l’étude indépendante sur la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) demandée par le Secrétaire général.

Mme MIROSLAVA BEHAM, Conseillère principale de l’OSCE pour les questions de parité hommes-femmes, a indiqué que pour renforcer le partenariat stratégique entre l’ONU et l’OSCE, en collaboration avec le HCR et le Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme des personnes déplacées, un manuel avait été élaboré sur la façon de réagir aux déplacements de populations, avec des recommandations très concrètes.  Parmi les leçons retenues, la nécessité sur les besoins spécifiques des femmes et des filles quand on réagit à des questions de déplacement.

Une étude examine les 27 plans d’action nationaux et identifie les pratiques optimales, ainsi que les défis subsistant.  Il y a différentes questions de protection prioritaires, mais les plans d’action nationaux se concentrent particulièrement sur la prévention des violences sexuelles, a fait remarquer Mme Beham.  Mais cette démarche, aussi importante soit-elle, réduit les femmes au rôle de victimes, sans prendre en compte le rôle de l’autonomisation des femmes dans la reconstruction ainsi que le domaine de la sécurité intérieure, y compris la prévention des conflits, a-t-elle estimé.  C’est pourquoi, nous allons travailler avec les États de l’OSCE pour améliorer cet aspect, a-t-elle dit.

Dans un effort récent, l’OSCE en Ukraine a inclus un conseiller pour les questions homme/femme et créé un point référent concernant cette question.  L’organisation veut aussi équilibrer hommes et femmes parmi les observateurs, alors que 27% sont des femmes actuellement.  L’OSCE s’attache enfin à inclure des femmes et des organisations de femmes dans les négociations formelles pour mettre fin au conflit.  En conclusion, Mme Meham a dit qu’en dépit des progrès enregistrés depuis 15 ans beaucoup reste à faire.  Il est évident qu’il incombe en premier lieu aux États de faire en sorte que la résolution 1325 (2000) soit traduite en mesures concrètes, a-t-elle souligné, tout en appelant à une coopération accrue entre l’OSCE et l’ONU.

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a déclaré que l’attention accordée par le Conseil de sécurité au rôle des femmes dans la paix depuis l’adoption historique de la résolution 1325 avait permis d’importants progrès.  Le Qatar attend donc avec impatience l’examen de haut niveau sur la mise en œuvre de la résolution, qui aura lieu l’an prochain à l’occasion de son quinzième anniversaire.

Les femmes et les enfants souffriraient sans doute moins si l’application du droit international était plus effective, notamment le droit international humanitaire, en période de conflit, a déclaré la représentante, qui a dit appuyer les préoccupations du Secrétaire général concernant les nouvelles formes de violence.  La représentante a en outre regretté que la question des déplacements soit un problème important dans le monde arabe du fait des conflits et du terrorisme.  Le Qatar a fourni une aide humanitaire à la mesure de ces crises immenses, a encore déclaré Mme Al-Thani.

M. LEONARDO LUIS GORGULHO NOGUEIRA FERNANDES (Brésil) a noté que quand les personnes déplacées et les migrations sont plus nombreuses que jamais, il faut prêter une attention particulière aux vulnérabilités des femmes et des filles.  Il a ajouté que la prévention était préférable chaque fois que cela est possible.  Les femmes sont des acteurs clefs dans toutes les activités qui ont un impact sur leur avenir, a noté le représentant brésilien, en appelant à reconnaître leur potentiel important de leadership sur la société.  Il a rappelé que le Brésil avait organisé, en septembre dernier, une manifestation sur le rôle des femmes dans la paix au quotidien en vue de réconcilier d’anciens adversaires et d’aider à reconstituer un tissu social déchiré.  La protection à long terme des femmes et filles déplacées est aussi plus facile quand leurs besoins sont pris en compte, notamment dans les domaines de la santé, l’éducation, de la propriété foncière, a-t-il souligné, ce qui impose de prendre en compte ces dimensions dans le cadre des camps de réfugiés ou de personnes déplacées.

Le Brésil n’est pas en situation de conflit ou de postconflit, mais son plan national intègre les dispositions de la résolution 1325 (2000), il a lancé des projets de coopération Sud-Sud pour combattre la violence sexuelle dans les pays touchés par la violence ou l’instabilité, et son expérience d’inclusion sociale peut être utile pour les femmes sortant de situations de conflit.  Il a annoncé que le Brésil allait accueillir, en partenariat avec le HCR, en décembre prochain, une réunion ministérielle sur le trentième anniversaire de la déclaration de Carthagène en faveur des réfugiés, qui porte sur la tradition de l’asile des réfugiés en Amérique latine.  La déclaration de Brasilia sera une nouvelle mesure pour améliorer le cadre régional en faveur des réfugiés et apatrides, a-t-il fait valoir.  L’apatridie, qui touche des millions de personnes, fera prochainement l’objet d’un projet de loi au Brésil, a-t-il indiqué avant de conclure.

Mme MONICA BOLAÑOS PÉREZ (Guatemala) a déclaré que l’attention à accorder aux femmes et filles, qui sont indiscutablement les principales victimes des conflits et catastrophes, doit prendre en compte les traumatismes vécus.  Au-delà des soins physiques et psychologiques, il faut donc assurer à ces victimes un retour à une vie normale, ce qui suppose aussi la dignité et donc la possibilité d’un emploi qui permet aux femmes de retrouver le moyen d’assurer elles-mêmes leur subsistance.  De même, pour un enfant, le fait d’aller dans une école, même partiellement détruite, même dans un camp de réfugiés, ouvre une voie vers l’avenir.  Le Guatemala prend note du travail réalisé par ONU-Femmes et dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

Comme les violences sexuelles et sexistes peuvent surgir à différentes étapes des déplacements de populations, les Nations Unies et les organisations humanitaires doivent créer un environnement pour la sécurité et la protection des personnes déplacées.  La représentante a rappelé qu’il incombe en premier lieu aux États de protéger leur population, y compris les femmes et enfants, en cas de déplacement forcé.  La représentante a souligné, en conclusion, que l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes devaient occuper une place centrale dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015.

M. SAHEBZADA AHMED KHAN (Pakistan) a souligné que les déplacements forcés exposaient les femmes et les filles aux violences sexuelles, qui peuvent être utilisées comme des armes de guerre, ainsi qu’à la traite.  Mais les femmes sont aussi l’agent d’un changement plus puissant dans les situations de conflit armé, a-t-il assuré. Leur rôle dans les efforts de maintien de la paix peut apporter une vraie différence pour permettre un retour rapide à la paix, a-t-il dit.

Les efforts de la communauté internationale doivent porter sur la transformation des engagements en des mesures concrètes, a souligné M. Khan.  Les missions de maintien de la paix multidimensionnelles jouent un rôle important dans la protection des femmes.  En tant que pays qui participe activement aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, le Pakistan a déjà déployé des femmes soldats de la paix ou médecins dans diverses missions en Asie, en Afrique et dans les Balkans, a-t-il souligné.  Les femmes doivent être encouragées à assumer des rôles de direction dans la résolution des conflits, a-t-il conclu.

M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a fait part de la détermination de son pays à protéger et promouvoir dans le monde entier les droits humains des femmes et des filles, de même que leur autonomisation.  Le Canada est préoccupé par la situation catastrophique dans certains pays, qui affecte la dignité et le sort des femmes et des filles et les empêche de s’épanouir pleinement, affectant ainsi la communauté tout entière.  Les filles et les femmes doivent être éduquées pour devenir membres actifs et à part entière de leur communauté et ce n’est qu’à travers l’autonomisation des femmes que les pays pourront atteindre leur plein potentiel et leur prospérité, a déclaré le représentant.  Il ne suffit pas de  discuter dans les salles du pouvoir des problèmes qui touchent les femmes, a-t-il dit.  Les femmes doivent être présentes dans les salles, autour de la table, discutant de la sécurité et de la prospérité, a insisté M. Rishchynski.  Le Canada est également déterminé à mettre fin, en l’espace d’une génération, à la pratique hautement nuisible des mariages précoces et forcés des enfants.

Le représentant a rappelé que les crises humanitaires augmentaient les risques de violences sexuelles et sexistes, que le viol était souvent utilisé comme une arme de guerre et que les familles étaient souvent tentées de forcer leur fille à se marier en espérant, souvent à tort, que cela lui assurera la sécurité, surtout si elle a été victime d’un viol.  Il a noté qu’avec « l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL)», le recours à la violence sexuelle dans les conflits atteignait « un degré d’horreur et de dépravation sans précédent ».  Le Canada s’est engagé à verser plus de 62 millions de dollars sous formes de programmes humanitaires, de stabilisation et de sécurité pour l’Iraq , dont 10 millions de dollars pour les victimes de violences sexuelles et sexistes dans les zones contrôlées par l’EIIL, auquel s’ajoute un soutien à l’Initiative d’intervention rapide au service de la justice et au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Le représentant a rappelé que, dans la plupart des situations de conflit, les femmes et filles étaient nombreuses à pouvoir jouer un rôle clef dans la résilience et le progrès.  Cette participation active des femmes à la vie de leur communauté est essentielle à la prospérité, a-t-il répété.

Mme MARIA VICTORIA GONZALEZ RÓMAN (Espagne) a noté que le Conseil de sécurité avait, au fil des années, adopté une ligne plus proactive pour répondre aux besoins des femmes pendant les conflits.  Mais il incombe en premier lieu aux gouvernements d’assurer la protection des civils et de traduire en justice les auteurs de crimes graves, a-t-elle rappelé.  La représentante a en outre estimé qu’il était nécessaire de réviser les mandats des opérations de maintien de la paix pour renforcer la dimension hommes-femmes « comme le recommande le Secrétaire général dans son rapport ».  Après avoir souligné la nécessité qu’en toutes circonstances les femmes et les filles puissent avoir accès aux soins de santé, à la justice et aux processus de paix et de réconciliation, elle a déclaré que l’année prochaine, « à l’occasion du quinzième anniversaire de la résolution 1325, nous mettrons l’accent sur l’autonomisation des femmes et la promotion de leur rôle dans le programme du développement pour l’après-2015 ». 

M. FRANTIŠEK RUŽICKA (Slovaquie) a indiqué que dans de nombreux documents, plusieurs éléments étaient mis en avant pour améliorer la situation des femmes et des filles pendant les conflits armés.  À cet égard, il a souligné l’importance de renforcer, dans ces contextes, la protection des femmes et filles réfugiées et déplacées et des militantes des droits de l’homme ainsi que la transparence dans l’administration de la justice sanctionnant les auteurs de crimes sexuels.  L’exercice de la justice accélère le processus de guérison des victimes, a-t-il estimé, tout en appelant à l’octroi d’un financement adéquat des plans et programmes de promotion de l’égalité entre hommes et femmes.  Les femmes doivent participer sur un pied d’égalité avec des hommes aux processus de paix et de sécurité, a insisté le représentant.  

M. ÁLVARO MENDONÇA E MOURA (Portugal) a salué les progrès importants déjà réalisés depuis que le rôle des femmes dans la paix et la sécurité, et l’impact sur les femmes du manque de paix et de sécurité, avait commencé, il y a peu de temps, à concentrer l’attention des organismes de décision internationaux les plus élevés.

En effet, ce sujet est constamment mentionné dans les résolutions du Conseil de sécurité et les mandats de maintien de la paix, et les informations sur la problématique hommes-femmes font toujours partie des analyses approfondies des situations quelles qu’elles soient.  Il faut aussi se féliciter que des organisations telles que l’Union africaine et l’OTAN aient nommé des envoyés spéciaux pour la question des femmes, paix et sécurité.

Les succès obtenus doivent être renforcés et, dans ce contexte, a-t-il dit, le Portugal salue l’attention prêtée aux violences sexuelles dans les situations de conflit.  Cela permet d’élargir le programme sur les femmes, la paix et la sécurité, et de souligner la nécessité de mieux autonomiser les femmes aux plans économique et politique, a dit M. Mendonça e Moura.

Le représentant du Portugal a conclu en lançant un appel pour mettre fin à l’apatridie d’ici à 2024.  L’apatridie est largement reconnue comme une source d’injustice, de discrimination et de marginalisation qui stigmatise à vie des millions de personnes, a-t-il dit.  Elle perpétue les effets tragiques des conflits, des déplacements et des migrations, a-t-il ajouté.  La discrimination à l’égard des femmes dans les lois sur la nationalité est une grave cause d’apatridie et risque de causer aux femmes et à leurs descendants un grave préjudice.

M. HIROSHI MINAMI (Japon) a rappelé que son pays avait accueilli, en septembre dernier, l’Assemblée mondiale pour les femmes.  Ce forum, visant à encourager les femmes à prendre des responsabilités, y compris dans le domaine de la paix et de la sécurité, avait pour slogan « Un monde où toutes les femmes brillent ».  M. Minami a également rappelé l’action du Japon en faveur de la sécurité des femmes réfugiées et déplacées.  Par exemple, le pays a fourni à un camp de personnes déplacées à Mogadiscio des lanternes solaires qui permettent d’éclairer les tentes, ce qui non seulement dissuade les violences sexuelles mais permet également aux filles d’étudier.

Le Japon, qui œuvre activement en faveur de l’autonomisation économique de ces femmes, a apporté son soutien à l’action de l’ONU-femmes dans des camps de réfugiés en Syrie, en Iraq, en Jordanie, en Égypte et au Liban, a indiqué son représentant.  Son pays, a-t-il ajouté, a subventionné des programmes de travail rémunéré et des stages de formation professionnelle.  Le Japon est également intervenu auprès des femmes palestiniennes réfugiées en Jordanie en appuyant un programme de formation du secteur de l’habillement, en faisant don de kimonos et organisant des conférences de marketing.  Enfin, le Japon prévoit de lancer d’ici à la fin de l’année son plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité.

M. KAIRAT ABDRAKHMANOV (Kazakhstan) s’est félicité de ce que 3 des 10 accords de paix des Nations Unies comportent des dispositions sur la participation politique des femmes et leur protection.  Il a également noté que davantage de femmes étaient nommées à des postes clefs au sein des opérations de maintien de la paix, notamment la commandante d’une force, plusieurs envoyées spéciales et des cheffes de contingents de police.  Pour sa part, le Kazakhstan est étroitement engagé en faveur du maintien de la paix depuis 2003 au sein de plusieurs opérations de maintien de la paix, a assuré le délégué.  En tant que pays de destination et de transit pour les réfugiés et demandeurs d’asile, le Kazakhstan, a expliqué son représentant, travaille en étroite coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.  Il a également adopté la loi sur les réfugiés qui s’inspire directement de la Convention sur le statut des réfugiés et de son Protocole de 1967, a ajouté M. Abdrakhmanov.

Mme LANA NUSSEIBEH (Émirats arabes unis) a indiqué qu’il était nécessaire de veiller à la cohérence dans l’application intégrale de la résolution 1325 (2000).  Les données du rapport du Secrétaire général montrent des progrès importants en ce sens, mais il subsiste un retard inacceptable dans la mise en œuvre de normes largement reconnues, en dépit selon elle d’une volonté politique réelle.  Les violations des droits des femmes se systématisent, avec l’émergence d’un extrémisme violent, notamment au Moyen-Orient, a poursuivi la représentante.  Elle a regretté que 4 millions de personnes déplacées vivent une situation de détresse à l’intérieur de la Syrie et deux millions de plus se sont réfugiées à l’étranger. 

La pression exercée sur les communautés d’accueil et la sécurité des pays hôtes a atteint un niveau record, a-t-elle fait observer.  Mme Nusseibeh a recommandé que l’on fasse participer plus activement les femmes à l’élaboration de stratégies efficaces pour lutter contre l’extrémisme violent, mais aussi au développement de leur pays.

M. Y. HALIT ÇEVIK (Turquie) a attiré l’attention sur la gestion de l’accueil de réfugiés syriens et iraquiens dans son pays.  Il a assuré, à ce propos, que la Turquie avait mis en place des mesures importantes pour protéger durablement les femmes et filles déplacées.   « Dans les camps de Syriens, nous nous efforçons de maintenir la fourniture de services éducatifs de qualité et de responsabiliser les mères de famille », a-t-il indiqué, en ajoutant que la Turquie veillait également à empêcher l’organisation de mariages forcés et suivait de près, grâce à des dispositifs de vidéosurveillance, le comportement des hommes dans les camps de réfugiés.  « Nous avons en outre établi 90 centres d’accueil de femmes fuyant la violence conjugale et la violence sexuelle », a-t-il également expliqué, avant de répéter que les réfugiées étaient régulièrement impliquées dans la gestion des camps et des abris. 

Mme NGUYEN PHUONG (Viet Nam), au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a salué les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, en estimant que désormais, l’accent devrait être mis sur la participation des femmes dans les questions de paix et de sécurité.  Leur rôle a été démontré dans les processus de réconciliation nationale, a-t-elle ajouté avant de prôner des réponses plus inclusives aux défis posés par la persistance des violences contre les femmes et les filles avant, pendant et après les conflits armés. 

La représentante a par ailleurs assuré que les pays de l’ASEAN traduisaient dans leur législation nationale les objectifs, principes et normes des instruments internationaux sur les femmes, la paix et la sécurité.   Convaincue de la nécessité de rédiger des rapports basés sur des données et des informations rigoureuses et vérifiables, elle a assuré le Conseil de la participation active des pays de l’ASEAN lors du prochain examen de la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000). 

M. HEIKO THOMS (Allemagne) a déclaré que le Ministre allemand des affaires étrangères avait réuni, aujourd’hui, une vingtaine de ministres et de représentants d’institutions du système des Nations Unies pour discuter de la situation des réfugiés syriens et de la stabilisation de la région.  Cette conférence, qui a eu lieu à Berlin, était coprésidée par le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a-t-il fait savoir, en précisant que les participants avaient décidé de renforcer leur aide humanitaire et de mobiliser plus de moyens financiers et humains pour faciliter le retour des personnes déplacées au sein de leurs communautés.  « Les pays qui accueillent un nombre significatif de réfugiés et la communauté internationale doivent travailler de manière plus efficace et harmonieuse, afin notamment d’atténuer les tensions dans les camps entre réfugiés et communautés locales. »  «  Les participants à cette conférence ont souligné le rôle des femmes dans les processus de paix », a-t-il dit. 

M. JIRI ELLINGER (République tchèque) a déploré que les femmes et les filles soient victimes de violences sexuelles non seulement dans les situations de conflit et de post-conflit mais aussi, et de plus en plus souvent,  dans de nouvelles situations où sévissent des groupes terroristes.  Viol, torture, enlèvement, réduction en esclavage et déplacements forcés ont désormais lieu chaque jour dans des régions où, il y a quelques années encore, la commission de tels crimes aurait été inimaginable, a-t-il constaté.  Abordant la situation en Ukraine, le représentant a rappelé que, selon des informations du HCR, au 2 septembre 2014, 260 000 personnes déplacées ont fui les violences perpétrées dans l’est du pays.  Parmi elles, se trouvent de nombreuses femmes et filles, a-t-il noté, en saluant le fait que le HCR avait courageusement repris dans son rapport le témoignage de ces femmes. 

S’exprimant au nom du Réseau sécurité humaine, M. ANDREAS RIECKEN (Autriche) a noté, à l’instar d’autres délégations, que la grande majorité des réfugiés dans le monde étaient des femmes et des filles, une situation qui les rend d’autant plus vulnérables à l’exploitation et aux violences sexuelles.  Le représentant s’est vivement inquiété de la prolifération des violences sexuelles liées aux conflits.  Tout en exhortant les parties prenantes aux conflits à mettre fin à de telles atrocités, M. Riecken a appelé le Conseil de sécurité à référer les situations dont il est saisi à la Cour pénale internationale. 

Le renforcement de l’autonomisation des femmes, des normes internationales, régionales et nationales, mais aussi de la société civile doit également permettre d’apporter des réponses à la protection des femmes et des filles dans les conflits et situations postconflit, a estimé le représentant.  M. Riecken a particulièrement insisté sur l’amélioration de la participation des femmes à tous les stades de règlement des conflits, notamment par le biais du déploiement sur le terrain dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies de conseillers pour la protection des femmes et de responsables de la coordination des questions d’égalité des sexes.

Mme CAROLYN SCHWALGER (Nouvelle-Zélande) s’est, elle aussi, dite alarmée par le nombre de personnes déplacées dans le monde, plus que jamais élevé depuis la Seconde Guerre mondiale.  La montée de l’extrémisme pose des défis considérables en matière de protection, a noté la représentante.  Pour sa délégation, la solution passe par une combinaison d’actions de sensibilisation à la vulnérabilité et d’élargissement de leur participation aux processus de prise de décisions.  C’est la raison pour laquelle, femmes et filles doivent être consultées à tous les stades du maintien de la paix et qu’il faut veiller à la réalisation de leur potentiel en tant que leaders.  Compte-tenu de la durée des cycles de déplacements, a ajouté Mme Schwalger, il importe de ne pas perdre de vue l’importance de réfléchir en termes de moyens de subsistance, de soins de santé et de statut juridique et de droits.

M. BHAGWANT SINGH BISHNOI (Inde) s’est déclaré heureux de constater que le Conseil de sécurité était présidé ce mois-ci par une femme, la Représentante permanente de l’Argentine, Mme Maria Cristina Perceval.  À l’instar d’autres délégations, il a estimé que les femmes devraient être davantage associées aux processus de prise de décisions concernant les situations de conflit et postconflit.  Pour le représentant, il faudrait déployer des efforts supplémentaires pour poursuivre en justice les membres des forces paramilitaires et les acteurs non étatiques qui se rendent coupables de crimes et d’exactions contre des femmes en période de conflit.  La lutte contre l’impunité doit être une priorité, a-t-il insisté.

M. PASCAL BUFFIN (Belgique) s’est inquiété de la persistance des violences sexuelles ou à caractère sexiste à l’encontre des femmes dans les conflits.  Affirmant que les exactions commises au Nigéria par Boko Haram et en Iraq par l’État islamique d’Iraq et du Levant témoignent d’une même détermination à prendre délibérément les femmes et filles pour cible, les enlever, se les approprier ou encore les vendre comme esclaves, le représentant a appelé à trouver des réponses à cette situation révoltante.  Rappelant que la majorité des personnes déplacées dans le monde sont des femmes et des filles, M. Buffin a insisté pour que leurs besoins spécifiques soient pris en compte dans les situations de déplacement et dans les camps de réfugiés, de sorte que ces aspects ne soient pas négligés lors des interventions d’urgence. 

Il importe, a poursuivi le représentant, de tenir compte des exigences spécifiques liées à la protection des femmes et des filles dans le cadre de l’aide humanitaire, mais aussi des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion.  La sécurité des femmes et des filles doit devenir l’une des priorités des organisations humanitaires, a ajouté M. Buffin, en précisant que l’amélioration de la participation et du leadership des femmes dans les structures et processus décisionnels des camps de réfugiés et de personnes déplacées était essentielle.  Il est en outre primordial, a affirmé le représentant, d’accorder un soutien financier aux femmes chefs de famille dans les situations de déplacement et dans les camps de réfugiés, car sans revenus, la précarité à laquelle elles s’exposent leur fait courir des risques supplémentaires.

Mme CRISTINA CARRION (Uruguay) a indiqué que le Gouvernement uruguayen avait pris des mesures pour répondre à la crise humanitaire en Syrie, en accueillant notamment une centaine de familles.  « En tant que pays fournisseur de contingents, l’Uruguay constate que les femmes et les filles restent les principales victimes de conflits armés », a-t-elle ajouté.  Se référant au rapport du Secrétaire général, elle a reconnu que la mise en œuvre des mesures et normes pertinentes représentaient un défi.  C’est pourquoi, il est important d’accorder une attention particulière à la prévention, a-t-elle dit. 

En Afrique, les troupes uruguayennes patrouillent pour empêcher que des viols soient commis dans des zones éloignées, notamment quand les filles ou jeunes femmes effectuent de longs trajets pour aller chercher de l’eau, a-t-elle encore expliqué.  La représentante a insisté sur l’importance de faire participer les femmes à tous les aspects et processus de l’ordre du jour relatif aux femmes, la paix et la sécurité.  L’Uruguay est un pays pionnier à cet égard, a-t-elle assuré, en soulignant le nombre important d’Uruguayennes, agents ou officiers de police, dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU.  « Nous sommes disposés à échanger des informations avec les autres pays contributeurs de troupes sur ce point », a-t-elle assuré. 

M. VLADIMIR DROBNJAK (Croatie) a rappelé que son pays avait connu la guerre et constaté les effets délétères des violations des droits des femmes sur leur santé physique et mentale.  À la lumière de l’histoire de son pays, le délégué de la Croatie a ainsi plaidé pour que les femmes victimes de violences au cours d’un conflit bénéficient d’un soutien financier, psychologique et médical.  Les femmes et les filles déplacées sont l’un des groupes les plus vulnérables au monde, a-t-il affirmé, en expliquant que cette situation résultait de la persistance des préjugés et des pratiques discriminatoires à leur encontre.

Les femmes, a souhaité M. Drobnjak, ne doivent pas seulement être considérées comme des victimes d’un conflit mais aussi comme des agents du changement, dont le rôle dans les processus de consolidation de la paix et de relèvement devrait être renforcé.  La période qui suit un conflit est propice aux efforts visant à transformer les sociétés à travers la contestation de valeurs patriarcales bien établies, a-t-il affirmé.  En conclusion, le délégué de la Croatie a jugé que le temps était venu de traduire les engagements pris en vertu de la résolution 1325 (2000) et des résolutions subséquentes du Conseil par des mesures concrètes qui bénéficieraient de manière tangible aux femmes et aux filles.

M. KAREL VAN OOSTEROM (Pays-Bas) a indiqué que son pays consacrait 4 millions d’euros par an à l’autonomisation des femmes dans six pays de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.  « La coopération est un instrument puissant d’autonomisation des femmes qui visent ainsi à faciliter leur participation à la conclusion d’accords de paix intégrant les normes liées à la problématique ‘Femmes, paix et sécurité’ », a-t-il souligné.  Il a également estimé que les femmes, les mères, les épouses et les sœurs pouvaient contribuer à combattre la violence extrémiste.  En conclusion, le représentant a appuyé la proposition à l’examen visant à inclure la question de l’égalité de genre en tant qu’objectif spécifique dans le programme de développement durable pour l’après-2015.

M. MIRSADA COLAKOVIĆ (Bosnie-Herzégovine) s’est félicité du bilan de mise en œuvre par son pays de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, en rappelant qu’il s’agit du tout premier pays d’Europe centrale à s’être doté d’un plan national d’action.  Celui-ci prévoit une approche de tolérance zéro vis-à-vis de tout comportement sexuel illégal de la part de membres du personnel d’opérations de maintien de la paix.  En tant que pays contributeur de troupes, la Bosnie-Herzégovine a adopté une politique qui prévoit que les femmes doivent représenter un tiers des candidats nommés dans le cadre des missions des Nations Unies.  Les femmes Casques bleus présentent un avantage opérationnel dans les activités liées à l’autonomisation des femmes et les filles du pays hôte, a souligné la représentante.

M. DAVID DONOGHUE (Irlande) a reconnu, lui aussi, qu’en dépit des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, des lacunes persistaient, comme l’indique le rapport du Secrétaire général.  Un des moyens d’aller de l’avant, c’est de disposer de données ventilées par sexe et par âge en vue d’élaborer des programmes mieux adaptés à l’avenir.  À un an de la réunion de haut niveau que le Conseil de sécurité organisera pour faire le bilan de la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), il est temps d’agir pour identifier les nouveaux obstacles et les domaines où des actions sont nécessaires.  « Pour sa part, l’Irlande avait coparrainé, le mois dernier, le lancement de l’étude globale sur la mise en œuvre de la résolution », s’est-il félicité, en réaffirmant l’engagement de son gouvernement en faveur de l’autonomisation des femmes.

Mme HUSNIYYA MAMMADOVA (Azerbaïdjan) a rappelé que son pays avait subi les conséquences psychologiques de l’agression dont elle a été elle-même victime dans les années 1990, les actes de violence ayant eu un impact traumatisant sur des générations de citoyennes et de citoyens azéris.  La protection des femmes déplacées ne doit pas être une option mais une obligation avant, pendant et après un conflit, a-t-elle insisté.  Faisant siennes les recommandations du Secrétaire général dans son rapport, la représentante a souligné qu’il était essentiel d’œuvrer à la prévention de violences à l’encontre des femmes et des filles pendant les conflits.  La prévention doit être notre objectif commun et nous partageons les observations du Secrétaire général sur la nécessité de se concentrer sur les aspects de la résolution 1325 (2000) y afférents, a-t-elle déclaré. 

M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a déclaré que sa délégation avait attiré à de nombreuses reprises l’attention des États Membres sur les atrocités commises par les groupes terroristes contre les femmes syriennes.  Depuis trois ans, nous fournissons aux agences humanitaires concernées d’importantes informations sur les assassinats de femmes et de filles en Syrie, a-t-il assuré.  « Nous appelons les États qui soutiennent les terroristes opérant en Syrie à mettre fin à cette pratique dangereuse. »  « La communauté internationale, comme on l’appelle, a dans ses rangs des pays bien connus pour leur soutien aux droits des femmes.  Où étaient-ils depuis trois ans?  Ils étaient trop occupés à diaboliser le régime syrien, afin de susciter un état de chaos, comme cela a été le cas en Libye », a fustigé le représentant. 

Pour M. Ja’afari, la réalité actuelle, c’est le terrorisme qui sévit en Syrie, comme le reconnaît désormais le Secrétaire général.  « Des centaines de milliers de citoyens syriens ont perdu la vie et subit les violences effroyables des terroristes. »  « Voilà le prix du retard pris par les États à reconnaître la réalité ».  « À ce jour, ils n’ont exprimé aucun regret, n’ont jamais reconnu qu’ils étaient dans le déni », a encore déclaré le représentant.  Il a par ailleurs pointé du doigt la France, dont nombre de combattants ont recruté des femmes pour les envoyer en Syrie « faire le djihad par fornication », devenant ainsi des esclaves sexuelles et subissant les mariages forcés.  « Les femmes sont,  selon cette vision, des armes de guerre et la propriété personnelle des djihadistes », a-t-il condamné. 

M. OMAR HILALE (Maroc) a salué l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1325 ainsi que de six autres résolutions visant à protéger les droits des femmes durant et après les conflits.  En dépit de ces efforts, a regretté le représentant, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est confronté de manière croissante au problème de la protection des femmes et des enfants dans les situations de déplacement.  Force est de constater, a ajouté M. Hilale, que les progrès concernant la mise en œuvre effective des résolutions du Conseil sont limités.  Rappelant le record historique de 51,2 millions de réfugiés, personnes déplacées et demandeurs d’asile dont fait tristement état le HCR, le représentant a précisé que les trois quarts des personnes concernées sont des femmes et des enfants.

Ces femmes et filles, en fuyant la violence des combats, s’exposent aux risques d’exploitation sexuelle, de viol, de prostitution et de mariage ou de grossesse forcés, a déploré M. Hilale, en condamnant fermement ces pratiques barbares.  Venir en aide à ces victimes doit être une priorité pour les pays d’accueil, a estimé le représentant.  M. Hilale a également insisté sur la nécessité de garantir l’enregistrement et l’identification des femmes et filles réfugiées, leur libre retour au pays d’origine, dans la sécurité et la dignité, ainsi que leur réinstallation et réintégration.  Le représentant a énuméré, en conclusion, une série d’observations visant à améliorer l’autonomisation des femmes déplacées, dont l’importance d’appuyer l’amélioration de la participation et du leadership des femmes dans les structures et comités décisionnels des camps de réfugiés et de personnes déplacées, de renforcer l’accès aux services médicaux et juridiques dans les conflits et situations postconflit et de pratiquer une politique de tolérance zéro concernant l’exploitation et les abus sexuels.

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a rappelé les souffrances endurées par les Afghanes, après quatre décennies de guerre successives.  Il a déploré que le nombre de personnes déplacées ait considérablement augmenté dans son pays, en raison de la montée d’une insécurité qui touche en premier lieu les femmes.  Le représentant a tout particulièrement blâmé les Taliban et les groupes terroristes pour l’augmentation des pertes en vies humaines parmi la population civile en Afghanistan, la plus élevée de ces 13 dernières années.  En dépit de ces défis, notre pays est arrivé à un tournant important qui présente d’importantes opportunités pour la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité. 

Il s’est félicité de la participation massive des femmes aux élections présidentielles et provinciales plus tôt cette année, en dépit des tentatives d’intimidation et des menaces.  M. Tanin a rappelé que la Première Dame afghane, Rula Ghani, s’était engagée à jouer un rôle de premier plan dans la promotion et la protection des femmes à travers le pays.  Par ailleurs, a ajouté M. Tanin, l’Afghanistan a signé il y a quelques jours à peine le Plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité, qui fixe les quatre domaines prioritaires dans lesquels il doit réaliser des progrès: participation, protection, prévention des conflits et relèvement.

M. SINJAREE (Iraq) a affirmé la volonté politique de son gouvernement de continuer à soutenir les droits de la femme, une approche qui a débuté en 2003 pour renforcer le rôle de celle-ci sur le plan politique.  Deux stratégies nationales ont été entérinées, l’une contre les violences dirigées contre les femmes, l’autre sur la promotion des droits de la femme en général.  En outre, l’Iraq a adopté un plan d’action pour la période 2014-2018, qui est unique au Moyen-Orient dans la mesure où il ne se limite pas à reconnaître les droits de la femme, mais également à en garantir le respect. 

La Constitution iraquienne stipule également que les femmes doivent occuper 25% des sièges au sein du Parlement iraquien.  Le Gouvernement iraquien, a assuré le représentant, continue d’œuvrer au bien-être des Iraquiennes, en dépit des attaques et des enlèvements perpétrés par l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), à l’origine des vagues de déplacements de population.  « Nous avons tout mis sur pied pour identifier le lieu où les femmes kidnappées se trouvent afin d’assurer leur libération en toute sécurité ».  Avant de conclure, le représentant a demandé à la communauté internationale de soutenir ses efforts pour venir à bout de l’EIIL.

M. PAWEL RADOMSKI (Pologne) a tout d’abord souligné l’importance d’efforts concertés dans la réalisation des programmes de consolidation de la paix et de relèvement après un conflit.  Il a ensuite indiqué que l’accès des femmes aux responsabilités politiques et sociales dépendait, en premier lieu, de leur autonomisation économique.

Ces deux dernières années, la Pologne a été un partenaire actif dans la mise en œuvre des programmes répondant aux besoins économiques des femmes et des filles, en particulier au Nigéria, au Soudan, en Zambie et au Kenya, a-t-il indiqué.  Au plan national, M. Radomski a précisé que les femmes, qui demandaient l’asile en Pologne, bénéficiaient d’une attention particulière.  « Si un examen psychologique et médical confirme qu’une femme a été victime de violence, elle sera alors entendue en présence d’un psychologue ou d’un docteur », a-t-il précisé.

M. FREDERIK SHAVA (Zimbabwe), qui s’exprimait au nom des 15 membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe, a déclaré que les États avaient la responsabilité première de protéger les femmes et les filles contre toutes les formes de discrimination et de violence, en particulier en période de conflit.  « Nous sommes également d’avis que l’indépendance économique des femmes et leur pleine participation dans toutes les initiatives de prévention sont essentielles », a-t-il également noté. 

Le représentant a par ailleurs expliqué que le Protocole sur le genre et le développement de la Communauté, signé en 2008, avait pour but d’harmoniser les différents engagements pris par les États Membres au titre des instruments régionaux et internationaux pertinents.  Il a également cité le Programme quinquennal sur les femmes, la paix et la sécurité adopté le 2 juin dernier à Addis-Abeba.  Ce Programme doit servir de cadre à l’élaboration de stratégies et de mécanismes de promotion de protection des femmes dans les situations de conflits et postconflit en Afrique.

M. MENELAOS MENELAOU (Chypre) a relevé que son pays avait une expérience directe en la matière, dans le contexte de la force de maintien de la paix de l’ONU déployée dans le pays, et à travers le rôle des femmes dans la lutte pour la libération et la réunification du pays.  « Mon gouvernement reste engagé à mettre en œuvre la résolution 1325 dans le cadre du processus de paix chypriote, où il faut reconnaître qu’il y a une marge de progression », a-t-il assuré.  Les femmes et les civils sont de plus en plus visés délibérément, la violence sexuelle ou liée au genre est utilisée comme une stratégie de guerre, et les trois quarts des réfugiés et personnes déplacées sont des femmes et des enfants, a-t-il regretté.  C’est pourquoi, il est essentiel que les femmes aient un rôle moteur pour identifier et répondre à leurs besoins de protection, a fait valoir le représentant de Chypre.

Il est important, a-t-il dit, que les missions de maintien de la paix s’engagent à faire progresser la parité dans leurs effectifs, y compris aux postes de responsabilité.  La présence de femmes, a-t-il précisé, autonomise les femmes dans les communautés d’accueil et sert de modèle dans des sociétés souvent dominées par les hommes.  Elle permet également aux femmes de former d’autres femmes dans les académies de police et militaires.  Elle donne aussi un sentiment de sécurité aux femmes et aux enfants.  Elle permet en outre d’améliorer le soutien qui est accordé aux femmes, particulièrement quand il s’agit d’interroger des victimes de violences sexuelles et, enfin, elle attire l’attention sur les besoins spécifiques des anciens combattants femmes lors du processus de démobilisation et de réintégration dans la vie civile.  À ce titre, M. Menelaou s’est félicité du fait que cinq femmes dirigent actuellement des forces de maintien de la paix, dont le général Kristin Lund et Lisa Buttenheim à Chypre.

En ce qui concerne Chypre plus précisément, où le tiers de la population est constitué de personnes déplacées, le représentant a souligné que la lutte pour la libération et la réunification portait la marque du mouvement pour les femmes.  Il a ajouté que les femmes à Chypre étaient particulièrement actives dans les organisations humanitaires internationales comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

M. VITRENKO (Ukraine) s’est dit alarmé par les enlèvements d’individus sur le territoire de l’Ukraine et le transfert illégal de ces personnes vers la Fédération de Russie pour y être interrogées.  Le représentant a ensuite rejeté les propos de la Fédération de Russie qui, ce matin, a déclaré que 830 000 Ukrainiens avaient trouvé refuge dans ce pays.  « Ce nombre ne peut faire foi car il n’a pas été vérifié de façon indépendante et ne provient que d’une seule source, la Fédération de Russie », a-t-il déclaré. 

« Ce que la Fédération de Russie a omis de préciser c’est que la situation actuelle des réfugiés est une conséquence de son fait, de son agression contre l’Ukraine qui a commencé par l’invasion et l’occupation de la République autonome de Crimée, une partie intégrale de l’Ukraine, et qui s’est poursuivie par le conflit provoqué et alimenté dans l’est du pays », a-t-il affirmé.  Le représentant a par ailleurs estimé à près de 280 000 le nombre de personnes déplacées en Ukraine, les deux tiers étant des femmes.  « Le Gouvernement ukrainien comprend leurs besoins et y répond », a-t-il assuré. 

M. SABRI BOUKADOUM (Algérie) a déclaré que son pays, en particulier depuis sa ratification, en 1996, de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, avait fait beaucoup d’efforts pour  faire de la protection des femmes et de la promotion de leurs droits une priorité nationale. Grâce aux efforts conjoints de la société civile et du gouvernement, s’est-il félicité, la condition des Algériennes s’est considérablement améliorée.  Tout en réitérant le soutien de sa délégation à la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), il a tenu à souligner qu’une ferme volonté politique était nécessaire de la part des États Membres pour garantir la participation active des femmes aux niveaux national, régional et international, et pour garantir la protection de celles qui sont piégées dans les situations de conflit.

M. YUSRA KHAN (Indonésie) a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de la protection et l’autonomisation des femmes et des filles dans les conflits armés et situations post-conflit. Rappelant que les femmes et filles déplacées étaient particulièrement vulnérables et s’exposaient à de plus grands risques de discrimination et de violence, M. Khan a souligné que les conflits pouvaient également présenter des opportunités pour les femmes, en leur permettant notamment d’accéder à des fonctions de leadership au sein de leur communauté. 

Le représentant a également mis l’accent sur trois aspects fondamentaux grâces auxquels les opérations de maintien de la paix des Nations Unies peuvent assurer efficacement leur mandat de protection des femmes dans les conflits armés et les situations de post-conflit: la prévention, par le biais de la sensibilisation à la question de la parité entre les sexes, notamment dans le cadre de la formation préalable au déploiement; la reconnaissance des besoins spécifiques des femmes et des enfants, articulée autour de mesures d’assistance et de protection spécifiques; et l’autonomisation des femmes.

M. MOHAMED IBRAHIM MOHAMED ELBAHI (Soudan) a assuré que son gouvernement accordait une attention particulière à la question des femmes.  Il a par exemple indiqué qu’il avait adopté diverses stratégies nationales pour combattre les discriminations à l’encontre des femmes et promouvoir la parité hommes-femmes.  « Nous luttons activement contre la violence dans les camps de réfugiés, notamment au Darfour et dans les États du Nil bleu et du Kordofan méridional, en coopération avec les missions des Nations Unies déployées sur le terrain », a-t-il ajouté. 

Le représentant a par ailleurs précisé que la représentation des femmes au sein du Parlement soudanais était de 28%.  C’est également une femme qui occupe le poste de vice-président dans cette instance, a-t-il fait remarquer, en soulignant le rôle politique que jouent plusieurs conseillères et ministres tant au sein du Gouvernement fédéral que dans les institutions des États fédérés.  Le représentant a aussi mentionné des projets de microfinancement dans les camps de déplacés, et l’accès des femmes au droit à la propriété « sur un pied d’égalité avec les hommes ».  Enfin, il a déploré que l’intransigeance des mouvements rebelles entrave l’exercice des droits accordés aux personnes déplacées, y compris le droit au retour dans des conditions dignes et sûres.

M. DAVID ROET (Israël) a raconté l’histoire d’Amsha, une femme appartenant à la minorité des Yazidis dans le nord de l’Iraq, qui avait été capturée par le groupe de l’État islamique d’Iraq et du Levant en août dernier, vendue pour 12 dollars, violée et battue.  Il a noté que de tels témoignages sur des conversions forcées, des mariages forcés, des agressions sexuelles, des déplacements de populations et l’esclavage semblaient plutôt relever du Moyen-Âge que du XXIe siècle.  Il a précisé que d’autres groupes, dont Boko Haram au Nigéria, Al-

Qaida au Yémen, des milices à l’idéologie similaire en Libye, les milices Al-Chabab en Afrique de l’Est ou encore le Hamas à Gaza, cherchent à subjuguer tous les aspects de la vie de la femme, sa façon de s’habiller, de dépenser de l’argent, qui elle épouse, combien d’enfants elle a et où elle se déplace.

Par ailleurs, le représentant d’Israël a fait remarquer que la majorité des pauvres d’aujourd’hui étaient des femmes.  Elles ne gagnent que 75% des revenus que perçoivent les hommes et sont souvent exclues des postes à responsabilité. Pourtant, on sait que les femmes réinvestissent 90% de leurs revenus dans leur famille et leur communauté, a-t-il rappelé, en précisant qu’en œuvrant pour la promotion des femmes, on encourage le potentiel de croissance d’une nation entière.  Cela suppose qu’il faudrait les intégrer dans les processus de prise de décisions, a-t-il précisé.  Il a cité l’exemple du Rwanda, où la loi garantit l’égalité des droits en termes d’héritage et de propriété foncière, et où 53% des parlementaires sont des femmes.  Il a aussi noté qu’Israël, dont la déclaration d’indépendance avait été signée par deux femmes, comptait plus de femmes parlementaires que jamais auparavant.

M. OLIVIER MARC ZEHNDER (Suisse) a souligné que les politiques migratoires restrictives qui limitent les possibilités des femmes et des filles de fuir les zones de conflit augmentent leur vulnérabilité, ce qui implique la nécessité d’adapter les politiques migratoires pour garantir que les femmes et filles venant de zones touchées par un conflit ne soient pas l’objet de la traite des êtres humains, de l’exploitation sexuelle et d’abus.  Les troupes nationales, les forces de maintien de la paix, les polices des frontières, les services d’immigration et les acteurs humanitaires ont tous un rôle à jouer en la matière, a souligné M. Zehnder.

Pour prévenir la violence sexuelle dans les situations de déplacement de populations, il faut encourager l’action commune des États, a-t-il ajouté.  C’est dans cette optique que la Suisse accueillera à Genève, le 12 novembre, la prochaine Conférence des donateurs de l’Action des Nations Unies contre les violences sexuelles en période de conflit.  Pour lutter contre l’impunité, elle soutient aussi le Mécanisme d’intervention rapide pour l’administration de la justice, et, plus généralement, le déploiement rapide de spécialistes des violences sexuelles et sexistes (VSS).

Enfin le représentant de la Suisse a demandé d’être plus actif pour assurer l’accès des femmes réfugiées ou déplacées aux prises de décisions politiques, y compris aux processus de paix.  Dans les camps de réfugiés, il faut aussi encourager la participation des femmes à œuvrer à leur autonomisation, a-t-il estimé.

M. PETER THOMSON (Fidji) a souligné que, dans le contexte de déplacements répétés et prolongés, les mécanismes efficaces pour prévenir la violence et les abus étaient souvent soit inexistants soit limités, si bien qu’il est essentiel de garantir un accès au système judiciaire pour répondre aux besoins des femmes et des filles dans les situations de conflit ou de postconflit.  Il a recommandé de redoubler d’efforts pour adopter et mettre en œuvre les lois nécessaires, renforcer l’état de droit et assurer la protection des victimes, des témoins et des responsables de la justice, afin de protéger les personnes déplacées et, en particulier, les plus vulnérables qui sont les femmes et les filles.  M. Thomson a en outre plaidé pour que des soutiens psychologique et sanitaire soient fournis aux victimes de la violence et abus sexuels  afin de faciliter leur réhabilitation.

Il a précisé que pour sa part, Fidji s’engageait à fournir ses gardiens de la paix les plus sensibilisés à la problématique hommes-femmes pour aider à la reconstruction dans les situations postconflit.  M. Thomson a ajouté que Fidji s’attachait à mettre en œuvre le Plan d’action régional sur les femmes, la paix et la sécurité, et avait reconnu dans sa Constitution de 2013 un large éventail de droits de l’homme, y compris l’interdiction de toute discrimination fondé sur le sexe. Fidji s’engage à augmenter la participation des femmes dans les processus de décision politique, social et économique, à tous les niveaux, a-t-il ajouté.  Par ailleurs, le représentant a évoqué le risque que font peser les changements climatiques sur les groupes vulnérables, et les déplacements de la population des communautés côtières, causés par ce phénomène naturel.  Nous appelons donc le Conseil de sécurité à reconnaître que les changements climatiques sont une question de sécurité, et qu’il faut être vigilant pour assurer la protection des femmes et filles vulnérables à leurs conséquences dévastatrices », a dit M. Thomson.

Reprenant la parole, le représentant de la Fédération de Russie a réagi à la déclaration faite par la délégation de l’Ukraine, qu’il a accusée de réécrire à sa guise la situation dans l’est de son pays.  Cette délégation, s’est-il étonné, prétend qu’une « agression de la Russie » aurait fait des centaines de victimes et provoqué des déplacements.  Le représentant a, au contraire, affirmé que c’est l’Ukraine qui s’était rendue coupable de crimes contre les populations locales, notamment dans les territoires placés sous son contrôle.  Nous ne pouvons pas accepter qu’il y ait impunité pour de tels actes, a-t-il conclu.  

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