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CS/11571
19 septembre 2014

Conseil de sécurité: 40 orateurs dont 27 ministres des affaires étrangères déclarent une lutte sans merci contre l’« État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL) »

À l’initiative du Secrétaire d’État américain, M. John Kerry, dont le pays préside le Conseil de sécurité pour le mois de septembre, 40 représentants d’État dont 27 ministres des affaires étrangères ont adhéré à la déclaration présidentielle du Conseil qui prie instamment la communauté internationale de renforcer et d’élargir l’appui qu’elle fournit au Gouvernement iraquien dans sa lutte contre l’« État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL) » et les groupes armés qui lui sont associés. 

Dans cette déclaration, les membres du Conseil « condamnent catégoriquement » les attaques perpétrées par l’« EIIL » non seulement en Iraq mais aussi en Syrie et au Liban.  L’Iraq fait face à un danger sans précédent, n’a pas caché le Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies dans ce pays (MANUI), devant un groupe terroriste qui exerce le pouvoir sur des territoires de plus en plus grands tant en Iraq qu’en Syrie.  Environ 25 000 civils ont été victimes des exactions de l’« EIIL » et d’autres groupes terroristes, parmi lesquels 8 500 sont morts et 16 000 blessés.  Les chrétiens, les yézidis, les chabaks et les turkmènes ont été systématiquement visés par ce qui peut constituer des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et même un crime de génocide, a prévenu le Chef de la MANUI.  

Le fait que tant de pays aient répondu à mon invitation, s’est réjoui le Secrétaire d’État américain, souligne réellement la nécessité reconnue par tous d’accueillir ensemble le nouveau Gouvernement inclusif iraquien et de mettre fin à « la barbarie » de l’« EIIL » qui, a-t-il rappelé, a exécuté sauvagement deux journalistes américains, Jim Foley and Steven Sotloff, et un agent humanitaire britannique, David Haines.  Devant cette sorte de cruauté, nous n’avons qu’une option: une campagne globale pour détruire cette menace terroriste et priver l’« EILL » de toute stratégie de repli que ce soit en Iraq, en Syrie ou ailleurs.

La coalition nécessaire n’est pas seulement militaire.  Elle doit viser une forte collaboration dans différents domaines car il s’agit de déraciner un réseau entier et de discréditer un culte qui se déguise en mouvement religieux.  Il y a un rôle pour chaque pays dans le monde, dont l’Iran, a souligné le Secrétaire d’État.  Nous espérons voir là, a commenté le Ministre iranien des affaires étrangères, une volonté de renoncer aux « fixations sur des crises artificielles et triviales » allant contre la coopération nécessaire au règlement des vraies crises.  En écoutant la déclaration du Secrétaire d’État américain, j’ai entendu un langage « équilibré », a commenté, à son tour, le représentant de la Syrie, qui s’est dit soulagé que la communauté internationale ait enfin reconnu les faits que son pays présente au Conseil de sécurité depuis longtemps.

Certains des engagements « essentiels » faits par 50 pays en faveur de la coalition internationale ont été réitérés aujourd’hui au Conseil, entre autres, par l’Égypte, l’Australie ou encore la France.  Le Ministre français des affaires étrangères a rappelé que ce matin même des avions français sont intervenus contre un dépôt logistique occupé par les terroristes de « Daech », et que l’objectif a été complètement détruit.  « Nos efforts pour renforcer la coalition continueront », a prévenu le Secrétaire d’État américain.

Le Ministre des affaires étrangères de l’Iraq a certes reconnu la nécessité d’un appui de la communauté internationale sous forme de frappes aériennes et d’assistance au million de personnes déplacées.  Mais il a insisté pour que toute action militaire internationale en Iraq soit menée en coordination avec les autorités de son pays.

Dans sa déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité juge encourageant que le Gouvernement iraquien se dise déterminé à régler, grâce à un processus politique ouvert à tous et respectant la Constitution, les problèmes qui se posent de longue date et dit attendre avec intérêt la mise en application de cet engagement dans le nouveau programme national de gouvernement. 

Dès le 24 septembre, le Conseil tiendra une réunion au sommet, présidée par M. Barack Obama en personne, sur la lutte contre la menace mondiale créée par les combattants terroristes étrangers. 

 

LA SITUATION CONCERNANT L’IRAQ

Déclaration présidentielle

Le Conseil de sécurité se félicite de la formation du nouveau Gouvernement iraquien et demande à la communauté internationale d’appuyer les efforts qu’il déploie pour renforcer encore les institutions démocratiques, maintenir la sécurité et lutter contre le terrorisme, et pour assurer un avenir sûr, stable et prospère au peuple iraquien.  Le Conseil réaffirme son attachement à l’indépendance, la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de l’Iraq, et réaffirme également les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies.

Le Conseil souligne qu’il est nécessaire que tous les groupes de la population iraquienne participent au processus politique et prennent part au dialogue politique.  Il juge encourageant que le Gouvernement iraquien se dise déterminé à régler, grâce à un processus politique ouvert à tous et respectant la Constitution iraquienne, les problèmes qui se posent de longue date, et attend avec intérêt la mise en application de cet engagement dans son nouveau programme national de gouvernement.  Il encourage les dirigeants iraquiens à accélérer la mise en œuvre de ce programme et de la réconciliation nationale afin de répondre aux besoins des diverses communautés iraquiennes.

Le Conseil invite aussi instamment les États Membres à travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement iraquien en vue de déterminer comment la communauté internationale peut au mieux l’aider à appliquer son nouveau programme de gouvernement.  Il réaffirme son plein appui à la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq pour ce qui est de conseiller et d’aider le peuple et le Gouvernement iraquiens à renforcer les institutions démocratiques et faire progresser un dialogue politique sans exclusive.

Le Conseil condamne catégoriquement les attaques perpétrées par des organisations terroristes, notamment par celle opérant sous le nom d’« État islamique d’Iraq et du Levant » (EIIL) et par les groupes armés qui lui sont associés, en Iraq, en Syrie et au Liban, et souligne que l’offensive de grande ampleur en cours représente une grave menace pour la région.  Il exprime de nouveau sa profonde révulsion face aux tueries, enlèvements, viols et tortures commis par l’EIIL à l’encontre de très nombreux Iraquiens et nationaux d’autres États, ainsi que face au recrutement et à l’emploi d’enfants par ce groupe. Le Conseil souligne qu’il importe que ceux qui ont commis des violations du droit humanitaire international, des violations des droits de l’homme ou des atteintes à ceux-ci, ou en sont responsables de quelque manière, répondent de leurs actes, en notant qu’une partie de ces actes pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.  Il souligne qu’il importe que les auteurs de telles violations du droit humanitaire international, violations des droits de l’homme ou atteintes à ceux-ci répondent de leurs actes, et demande au Gouvernement iraquien et à la communauté internationale de s’employer à faire en sorte qu’ils soient tous traduits en justice.

Le Conseil se félicite des efforts déployés par le Gouvernement iraquien, en association avec les autorités locales et régionales, pour lutter contre la menace terroriste qui pèse sur tous les Iraquiens, notamment les membres des minorités ethniques et religieuses, surtout les yézidis et les chrétiens, et les femmes de toutes les communautés, qui ont été particulièrement visés par l’EIIL.

Le Conseil réaffirme que toutes les parties, y compris l’EIIL, les groupes armés qui lui sont associés et d’autres milices, sont tenues de respecter les droits de l’homme du peuple iraquien et de se plier aux obligations découlant du droit international humanitaire, y compris celle de protéger la population civile, auxquelles sont soumises à la fois les forces iraquiennes officielles et les États Membres qui les aident.

Le Conseil prend également acte des mesures prises pour faire face aux besoins humanitaires pressants des personnes déplacées par le conflit actuel. Il appelle à une intensification de ces efforts par toutes les parties et demande instamment à tous les États Membres de continuer à financer les appels humanitaires de l’Organisation des Nations Unies.

Le Conseil prie instamment la communauté internationale de renforcer et d’élargir, dans le respect du droit international, l’appui qu’elle fournit au Gouvernement iraquien dans sa lutte contre l’EIIL et les groupes armés qui lui sont associés. Il se félicite de la tenue de la Conférence internationale sur la paix et la sécurité en Iraq, le 15 septembre 2014 à Paris, ainsi que de la réunion au sommet consacrée à la lutte contre la menace mondiale créée par les combattants terroristes étrangers qu’il va lui-même tenir le 24 septembre prochain.

Le Conseil insiste sur le fait que le terrorisme ne peut être vaincu qu’à la faveur d’une démarche suivie et globale, fondée sur la participation et la collaboration actives de l’ensemble des États et des organismes internationaux et régionaux, propre à contrer, affaiblir, isoler et neutraliser la menace terroriste.

Le Conseil réaffirme qu’il est urgent de mettre un terme à tout commerce direct ou indirect de pétrole iraquien lié à l’EIIL, afin de faire échec au financement du terrorisme.

Le Conseil soutient la poursuite de l’intégration économique, sociale, politique et diplomatique de l’Iraq dans la région et au sein de la communauté internationale, et demande aux autres États de la région de s’employer plus activement à faciliter ce processus.  Il reconnaît qu’aujourd’hui la situation en Iraq est sensiblement différente de ce qu’elle était au moment de l’adoption de la résolution 661 (1990), et reconnaît en outre qu’il importe que ce pays retrouve la stature internationale qui était la sienne avant l’adoption de ladite résolution.

Le Conseil réaffirme qu’aucun acte terroriste ne saurait empêcher l’Iraq de progresser vers la paix, la démocratie et la reconstruction, comme le souhaitent le peuple et le Gouvernement iraquiens ainsi que la communauté internationale.

Déclarations

M. NICKOLAY MLADENOV, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI), a expliqué que le nouveau Gouvernement iraquien d’unité nationale avançait pour restaurer la sécurité dans le pays, tout en essayant de renforcer les relations entre les communautés ethniques et religieuses et en élaborant des politiques favorables à la paix et à la cohésion sociales.  L’Iraq fait face à un danger sans précédent avec l’avancée de l’« EIIL », a-t-il prévenu, en expliquant qu’il attend de la communauté internationale et des Nations Unies des mesures contre cette menace.

Le Représentant spécial a rappelé que l’« EIIL » et les groupes armés affiliés avaient pris le contrôle de grandes parties du nord et de l’ouest de l’Iraq, grâce à une quantité d’armes et à des ressources financières et naturelles importantes.  La MANUI a observé la stratégie de terreur de cette organisation, qui se poursuit même après la chute de Mossoul.  Le contrôle qu’elle exerce sur des territoires de plus en plus grands tant en Iraq qu’en Syrie, conjugué à leur idéologie de haine, de peur et de nihilisme, ont fait d’elle un danger évident pour l’unité de l’Iraq et une menace à la sécurité régionale et internationale. 

M. Mladenov a souligné que les frappes aériennes et les opérations des Forces de sécurité iraquiennes et kurdes avaient permis de reprendre le contrôle de quelques zones et de sauver des vies.  Malgré cela, l’« EIIL » a réussi à prendre la ville de Dulueeya dans la province de Salahadine, ce qui, a-t-il précisé, a aggravé la catastrophe humanitaire et démontré la capacité de ce groupe à conquérir des territoires.  Le Représentant spécial a toutefois salué la coordination entre le Gouvernement fédéral de l’Iraq et celui de la région du Kurdistan.

Abordant la question humanitaire, M. Mladenov a indiqué que 1,8 million d’Iraquiens avaient été déplacés depuis janvier, dont 850 000 ont trouvé refuge dans la région du Kurdistan.  Rien que la nuit dernière, 10 000 autres familles de la province de Diyala ont été contraintes de fuir.  La crise humanitaire ne sévit pas seulement dans le nord du pays, mais partout, a-t-il indiqué.  À l’approche de l’hiver, il a appelé à des mesures cruciales et rappelé l’immense effort humanitaire des Nations Unies, qui tentent en outre de porter secours à 650 000 personnes dans les zones de conflit.

Le Représentant spécial a appelé le Gouvernement iraquien à élaborer une stratégie nationale pour résoudre cette situation, ainsi que pour assurer la reprise du paiement des salaires et des services sociaux de base.  Il a salué les États Membres qui ont apporté une aide humanitaire, notamment l’Arabie saoudite qui a débloqué 500 millions de dollars sur un effort total de 712 millions pour l’Iraq.  Cependant, les fonds disponibles pour les opérations humanitaires seront épuisés avant l’hiver, a-t-il alerté.

Le Représentant spécial a indiqué qu’environ 25 000 civils étaient victimes des exactions, parmi lesquels 8 500 sont morts et 16 000 blessés.  Les minorités, comme les chrétiens, les yézidis, les chabaks et les turkmènes ont été systématiquement visées par des crimes qui pourraient constituer des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et même un crime de génocide.  La Mission de l’ONU en Iraq continue d’enquêter sur les allégations de violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme, a-t-il indiqué.  Il s’est félicité de la décision du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies d’envoyer une mission sur le terrain pour enquêter.

Le Représentant spécial a noté qu’on reconnaît maintenant la nécessité d’accepter un plan en matière de sécurité.  Il a estimé que la Constitution iraquienne est le cadre utile pour résoudre tous les problèmes, soulignant que la justice traditionnelle et la réconciliation ne seront pas possibles sans le règlement préalable du problème des violations des droits de l’homme.  Il s’est d’ailleurs félicité des initiatives prises par les forces armées iraquiennes pour protéger les civils.

Le Représentant spécial a salué le Conseil des Ministres pour la rédaction d’une loi sur la création de la garde nationale.  Il a en outre noté que le Premier Ministre s’est engagé à résoudre les différends budgétaires entre le Gouvernement fédéral et le Gouvernement de la région du Kurdistan.  Il attiré l’attention de l’Iraq et de ses voisins sur l’occasion qui s’offre à eux pour reprendre des relations bilatérales basées sur les intérêts mutuels.

M. IBRAHIM AL-JAAFARI, Ministre des affaires étrangères de l’Iraq, a dit que son pays réitère son engagement à barrer la voie au terrorisme.  L’afflux de combattants étrangers est un danger pour l’Iraq, la Syrie et les autres pays qui en sont victimes, a-t-il prévenu.  Les combats actuels sont menés contre des forces qui ont violé le territoire iraquien.  Les actions de l’« EIIL », a annoncé le Ministre, ont conduit au déplacement de près de 1 million de personnes.  Si le Ministre a souligné que la responsabilité première de lutter contre le terrorisme en Iraq incombe aux soldats iraquiens et aux Peshmergas, il a avoué que le pays a besoin de l’appui de la communauté internationale sous forme de frappes aériennes et d’assistance aux populations déplacées.  Le Ministre a précisé que toute action militaire internationale en Iraq devra être menée en coordination avec les autorités iraquiennes et a demandé que cesse l’appui financier et militaire dont bénéficie l’« EIIL ».  La lutte doit se faire contre les vecteurs de cette idéologie extrémiste, a-t-il dit, saluant la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI).

M. JOHN KERRY, Secrétaire d’État des États-Unis, s’est dit encouragé par sa rencontre avec le nouveau Gouvernement iraquien qui s’est déclaré déterminé à travailler en faveur de tous les Iraquiens.  Il a noté, entre autres, l’engagement de ce dernier à donner des moyens aux communautés locales.  Le Gouvernement, a-t-il ajouté, a répondu à la menace de l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL) avec un degré d’unité qu’il n’avait pas connu depuis longtemps.  L’EIIL est une organisation terroriste, a affirmé le Secrétaire d’État.  Sa seule vision est le massacre de tous ceux qui se dressent sur sa voie.  Ces terroristes sont uniques dans leur brutalité, a-t-il dénoncé, en rappelant leurs méthodes d’exécution des prisonniers et la façon dont sont morts deux journalistes américains.  Ces terroristes représenteront une menace croissante dans la région, a-t-il prédit.

M. Kerry a appelé à s’engager dans une campagne globale pour veiller à ce que l’EIIL ne trouve pas refuge en Iraq, en Syrie ou ailleurs.  La coalition qui doit être formée pour vaincre l’« EIIL » ne doit pas seulement être militaire, mais s’élargir à d’autres domaines, a-t-il recommandé.  Il s’agit, a-t-il précisé, de démanteler un réseau tout entier.  Chaque pays a un rôle à jouer, y compris l’Iran qui est représenté aujourd’hui au Conseil par son Vice-Ministre des affaires étrangères, a-t-il noté.  Il s’est dit prêt à travailler avec les gouvernements de tous les pays. 

Plus de 50 d’entre eux ont pris des engagements cruciaux, avec tout d’abord un appui militaire de la part des pays de la région et autres.  Des pays comme l’Égypte se sont engagés à renforcer la coordination entre leurs forces et les forces iraquiennes.  L’Australie s’est dite prête à déployer des avions de chasse, l’Allemagne est revenue sur sa politique et la France a réalisé aujourd’hui ses premières frappes contre l’« EIIL ».  Cette assistance est fournie dans le plein respect de la souveraineté de l’Iraq, ce qui est essentiel, a précisé M. Kerry.

Sur le plan humanitaire, des dizaines de pays ont promis une aide, s’est-il félicité, citant notamment le Qatar, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la République de Corée.  Nous devons bloquer le flux de combattants étrangers, a-t-il ajouté, se félicitant des mesures prises en ce sens par plusieurs pays dans le domaine législatif.  Enfin, a-t-il dit, il est urgent de combattre la propagande de l’« EIIL » et de mettre un terme à son existence-même.  Le Secrétaire d’État a rappelé que les dirigeants religieux de l’Arabie saoudite avaient dénoncé le terrorisme religieux.  Aujourd’hui, le monde peut entendre chacun des ministres et comprendre l’ampleur de l’appui fourni à l’Iraq, a-t-il espéré.  Il a aussi salué la coordination de la communauté internationale sur ce dossier.

Mme LOUISE MUSHIKIWABO, Ministre des affaires étrangères du Rwanda, a relevé que Bagdad est très loin de Kigali, mais que le sort des Iraquiens n’est pas très différent de celui qu’ont connu les Rwandais, il y a 20 ans, lors du génocide.  Elle a plaidé pour qu’un soutien international permette d’éradiquer l’« EIIL » et de soutenir la population iraquienne.  Elle a salué l’engagement des pays qui ont dit leur volonté de s’engager militairement et a estimé que les pays de la région devraient également jouer un rôle crucial dans cette lutte.  Elle a invoqué la solidarité internationale pour venir en aide aux près de 2 millions des personnes déplacées par les actes de l’« EIIL ».

Mme JULIE BISHOP, Ministre des affaires étrangères d’Australie, a dit se souvenir des images insoutenables de la décapitation des journalistes américains par l’« EIIL ».  Les combattants étrangers, qui œuvrent au sein de groupes terroristes tels que l’« EIIL », constituent une véritable menace lorsqu’ils retournent dans leur pays respectif, a-t-elle aussi prévenu.  L’Australie, a-t-elle poursuivi, va déployer une force militaire dans la région et est également prête à s’engager dans des frappes aériennes ou à assurer un soutien logistique pour la coalition internationale en gestation.  La Ministre a salué la formation du nouveau Gouvernement iraquien et déplorant la grave situation humanitaire, elle a indiqué que l’Australie fournira une somme additionnelle de 2 millions de dollars au Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), pour la prise des femmes iraquiennes victimes d’exactions.

M. NASSER JUDEH, Ministre des affaires étrangères et des expatriés de la Jordanie, a regretté la situation créée par l’« EIIL » qui, a-t-il averti, peut se détériorer si la communauté internationale ne réagit pas de manière urgente.  Il a appuyé l’idée d’une réunion prochaine du Conseil de sécurité qui, présidée par le Président Obama, sera consacrée à la question des combattants étrangers.  Il s’est félicité de la convocation d’une Conférence au Bahreïn contre le financement de l’« EIIL ».  La Jordanie, a-t-il rappelé, met en garde depuis longtemps contre la propagation du terrorisme en dehors de la Syrie.  C’est cette propagation qui a permis à l’« EIIL » d’établir un réseau d’alliances.

La formation d’un nouveau Gouvernement iraquien est un pas important et nous espérons que d’autres pas suivront, a dit le Ministre.  La Jordanie, a-t-il assuré, reste aux côtés de l’Iraq pour préserver sa stabilité et son intégrité territoriale.  Il a aussi assuré que la Jordanie lutte activement contre le terrorisme, notamment contre son financement.  Nous participons activement aux efforts régionaux et internationaux contre le terrorisme, a-t-il insisté, avant de souligner que « l’islam n’a rien à voir avec la pensée extrémiste et les crimes commis en son nom ».

M. JEAN ASSELBORN, Ministre des affaires étrangères du Luxembourg, s’est dit convaincu que l’amélioration de la situation sécuritaire dépendra surtout des progrès qui seront accomplis sur le plan politique.  Il a estimé que les racines du conflit ne sauront être éliminées par la force.  Il s’est félicité de l’investiture du nouveau Gouvernement iraquien d’union nationale, sous l’autorité du Premier Ministre Haïdar Al-Abadi.  Il est désormais urgent de relancer le dialogue et la réconciliation nationale qui sont les conditions essentielles d’un retour à la paix civile, a insisté M. Asselborn.  Il a ajouté que seul le développement équilibré du pays, au bénéfice de ses différentes composantes ethniques et religieuses, permettra d’éliminer les causes profondes de l’injustice, de la violence et du terrorisme.

M. LAURENT FABIUS, Ministre des affaires étrangères de la France, a déclaré d’emblée que le groupe terroriste Daech est en réalité constitué d’« égorgeurs ».  Daesh n’a ni la légitimité d’un État ni ne représente l’islam, a-t-il dit.  « Ils violent, ils crucifient, ils égorgent, ils décapitent. »  « Leurs actions, leurs projets bafouent l’état de droit et la société civile », a-t-il ajouté, en estimant qu’ils constituent une violation évidente du droit international.  Le Ministre a fait observer que ces terroristes visaient toute la région et au-delà.  « Face à cette menace, l’inaction n’est pas une option », a-t-il affirmé.  La France a décidé de prendre ses responsabilités, comme elle l’a fait récemment au Mali et en Centrafrique.  « Nous l’avons fait en Syrie lorsque nous avons choisi de soutenir l’opposition contre Bachar Al-Assad », a-t-il aussi rappelé.

Ce matin, a poursuivi M. Fabius, des avions français sont intervenus contre un dépôt logistique occupé par les terroristes de Daech, et l’objectif a été complètement détruit.  « En 2003, agir contre l’Iraq avait divisé ce Conseil.  En 2014, dans un contexte très différent, agir pour l’Iraq et contre les terroristes de Daech est un devoir. »  Le Ministre a tenu à préciser que ce combat serait gagné d’abord par les Iraquiens eux-mêmes.  L’appui militaire ne suffit pas car, a-t-il estimé, l’Iraq a besoin de solidarité internationale et d’unité intérieure.

Saluant la formation du nouveau gouvernement, M. Fabius a soutenu sa démarche d’unité.  La condition du succès, c’est la reconstruction d’un État iraquien stable, pacifié et inclusif, a-t-il estimé.  Le Ministre a appelé à mobiliser le maximum de pays pour cette cause.  Sur le plan sécuritaire, il a prôné l’appui militaire, le blocage des combattants étrangers et l’assèchement des ressources financières des terroristes, sans aucune ambigüité.  Quant à l’assistance humanitaire internationale, avec près de deux millions de personnes déplacées, a-t-il insisté, elle doit être fortement prolongée, de même que les efforts de reconstruction.  « C’est un pont de solidarité international vers l’Iraq qui est nécessaire. »  Il a appelé à agir vite et appelant à combattre les égorgeurs de Daech.  Lundi dernier, la Conférence réunie à Paris sur la paix et la sécurité en Iraq a constitué une étape importante, comme celle de Djeddah quelques jours avant, a-t-il rappelé, en se disant convaincu que la réunion d’aujourd’hui à l’ONU, dont le Secrétaire d’État John Kerry a pris opportunément l’initiative, est une autre étape importante.

M. MOUSSA FAKI MAHAMAT, Ministre des affaires étrangères et de l’intégration africaine du Tchad, a dit sa préoccupation face au déploiement de l’« EIIL » qui contrôle une grande partie de l’Iraq et de la Syrie.  Il a rappelé que le Tchad joue sa partition dans la lutte contre le terrorisme, notamment par son engagement au Mali où le pays paye le prix fort avec la mort de 60 soldats de la paix, dont 5 hier.  Le Ministre a indiqué que le terrorisme et particulièrement l’« EIIL » doivent être combattus sur le plan militaire, mais également sur les plans idéologique et social.  Il a invité la communauté internationale à s’attaquer aux causes profondes du terrorisme et il a plaidé pour un soutien international au nouveau Gouvernement iraquien et au Premier Ministre qu’il a invité à s’impliquer dans la lutte contre le sectarisme.  Pour lutter contre « l’internationale terroriste », il faut agir dans la concertation, a-t-il conclu.

M. EDUARDO ZUAIN, Secrétaire d’État aux affaires étrangères de l’Argentine, a relevé la menace que représente le caractère transnational de l’« EIIL ».  Il faut comprendre les origines de cette crise née d’une organisation terroriste et criminelle qui a recours à la violence et à l’intimidation pour imposer la terreur et qui exploite les tensions sectaires.  Il a salué la constitution récente d’un Gouvernement, espérant que ces conditions propices permettraient le relèvement du pays.  Reconnaissant que l’« EILL » constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales, il a demandé que toute action contre ce dernier respecte le droit international.  La résolution du Conseil de sécurité rappelle les conditions à respecter à cet égard, a-t-il souligné, en voulant que l’on montre une volonté de ramener les parties à la table des négociations.  Il faut aussi résoudre la crise humanitaire et contribuer au développement économique et social du pays. 

M. TOBIAS ELLWOOD, Secrétaire d’État adjoint aux affaires étrangères et au Commonwealth du Royaume-Uni, a appelé la communauté internationale à soutenir le nouveau Gouvernement iraquien qui doit à tout prix, a-t-il dit, mettre en œuvre des politiques sociales d’inclusion.  Il a condamné les actes barbares de l’« EIIL », rappelant le meurtre de deux journalistes américains et d’un agent humanitaire britannique.  Il a dit la volonté de son pays de travailler avec la future coalition internationale qui devrait s’engager en Iraq et a souhaité qu’un soutien soit apporté à toutes les « forces modérées » qui luttent contre l’« EIIL ».  Il a rappelé que le Royaume-Uni a consacré la somme de 37 millions de dollars aux projets sociaux en Iraq, sans compter le soutien important aux populations syriennes.  M. Ellwood a estimé qu’une solution durable contre l’« EIIL » passe par une démocratie robuste en Iraq et que seul un gouvernement soutenu par toutes les franges de la population pourra réellement triompher du terrorisme et de l’« EIIL ». 

M. EDGARDO RIVEROS, Vice-Ministre des affaires étrangères du Chili, a déclaré que le Chili condamnait fermement les méthodes barbares utilisées par l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) qui veut imposer sa vision « manichéenne et violente de cette religion de paix et de tolérance qu’est l’islam ».  Il a estimé que ces violations des valeurs et des droits de l’homme exigent une réponse légitime de la communauté internationale.  Cette réponse, a-t-il souligné, doit être définie par le Conseil de sécurité qui a pour mandat d’assurer le maintien de la paix et la sécurité internationales, conformément aux principes consacrés par la Charte des Nations Unies. 

Le Ministre a ensuite rappelé que l’Iraq avait toujours été une puissance centrale du Moyen-Orient et que le respect de son intégrité territoriale et l’instauration de la démocratie dans le pays sont des conditions essentielles pour la stabilité régionale et la paix et la sécurité internationales. Cela passe également par le respect des droits civils et constitutionnels des communautés ethniques et religieuses qui constituent le tissu social de l’Iraq.

Par ailleurs, M. Riveros a par ailleurs souligné que la réalisation d’une gouvernance démocratique requiert un gouvernement d’unité nationale qui fera front contre le terrorisme et l’intolérance.  Il a en outre appelé les Nations Unies à se tenir aux côtés du peuple iraquien, et il a rappelé que la résolution 2170 (2014) adopté par le Conseil de sécurité en août dernier est une base pour lutter contre le terrorisme.  Mercredi prochain, a-t-il souhaité, le Conseil de sécurité devrait pouvoir adopter une nouvelle résolution relative aux combattants étrangers des groupes terroristes.

Mme JOY OGWU (Nigéria) s’est félicitée de la formation du nouveau Gouvernement iraquien, mais a souhaité que les postes de ministre de la défense et de l’intérieur soient pourvus rapidement, étant donné la situation sécuritaire de l’Iraq.  Elle a déploré les violations des droits de l’homme commises par l’« EIIL », notant que 1 420 Iraquiens ont été tués par le terrorisme et la violence rien qu’au mois d’août 2014.  Le monde doit être uni face à ce problème, a-t-elle dit, soulignant l’urgence d’une action décisive de la communauté internationale.  Il faut aussi combattre la propagation des messages dangereux, a-t-elle demandé, en disant apprécier, à cet égard, le rôle des pays arabes pour stopper la diffusion de ces messages.  La représentante a rappelé le but commun dans ce dossier qui est d’assurer la prospérité et l’unité de l’Iraq, en éliminant à jamais toute idéologie destructrice.   

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a mis en garde contre les solutions toutes faites imposées de l’extérieur.  Ce sont les Iraquiens eux-mêmes qui doivent décider de leurs options de gouvernance, a-t-il tranché.  Il a déploré les politiques de « deux poids, deux mesures » qui consistent, dans ce contexte, à diviser les terroristes en deux groupes, à savoir les mauvais et les moins mauvais.  M. Churkin a désapprouvé le fait que certaines puissances soutiennent des groupes terroristes dans le but de faire tomber des régimes.  Il a rappelé que l’« EIIL » n’a pas acquis sa capacité de nuisance tout d’un coup : son essor s’est fait au vu et au su de la communauté internationale.

Le phénomène du terrorisme moderne est « un cancer qui ne connait pas de frontière », a-t-il prévenu.  « Nous avons affaire à un adversaire unique aux visages différents. »  Le représentant a voulu que toute coalition internationale contre le terrorisme soit mise en place soit avec l’accord du Conseil de sécurité soit avec celui du pays où elle doit être déployée.  Il s’est dit inquiet de voir que des frappes aériennes sont planifiées en Syrie sans aucune collaboration avec le Gouvernement syrien.  Il est dangereux, a-t-il dit, de dire qu’en Syrie, le but est de soutenir et d’appuyer une opposition dite modérée, car les premiers succès de l’« EIIL » en Syrie sont dus aux armes fournies par les États-Unis. 

Au nom de son pays, M. Churkin a proposé d’organiser, au Conseil de sécurité, une « séance de réflexion sur le terrorisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ».  Les groupes terroristes ne prospèreront que si leurs ressources sont bloquées et il est indispensable de prendre des mesures pour éviter la radicalisation des sociétés.  Il faut un plus grand partage d’informations entre les services nationaux de renseignements.

M. LIU JIEYI (Chine) a appuyé les efforts visant à préserver la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Iraq.  Il a appelé la communauté internationale à appuyer l’Iraq alors que progresse son processus de réconciliation politique.  La communauté internationale devrait assumer ses responsabilités, en accroissant l’aide humanitaire et en aidant le pays à se sortir du cercle vicieux de la pauvreté et de la violence.  Il faut également aider l’Iraq à lutter contre le terrorisme, a-t-il ajouté, en demandant à la communauté internationale de respecter, ce faisant, les principes de droit international et de la Charte des Nations Unies.  Il lui a aussi recommandé de lutter efficacement contre le financement du terrorisme, avant de rappeler que l’on ne devrait pas établir de lien entre le terrorisme et une religion.  Nous appuyons les pays de la région qui s’efforcent de promouvoir la coopération et la Chine poursuivra la sienne avec l’Iraq dans plusieurs domaines.

Mme RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) a salué la formation du nouveau Gouvernement iraquien en l’invitant à éviter de reproduire les erreurs du Gouvernement précédent qui ont abouti à menacer l’intégrité territoriale du pays.  Elle a souhaité que l’Iraq puisse surmonter le sectarisme et les divisions passés et faire face aux attentes des divers groupes sociaux, ethniques, politiques et religieux.  Elle a jugé indispensable que la communauté internationale appuie l’Iraq économiquement, financièrement et militairement.  Elle a jugé crucial que le nouveau Gouvernement gagne la bataille des cœurs et des esprits pour parvenir à éliminer l’« État islamique ».    

M. JOON OH (République de Corée) a condamné l’« EIIL » et les autres organisations terroristes, demandant que les auteurs des crimes odieux soient traduits en justice.  Il a soutenu le nouveau Gouvernement iraquien qui s’est engagé à renforcer les institutions démocratiques et à résoudre les problèmes par le dialogue.  La République de Corée a fourni à l’Iraq une aide de 1,2 million de dollars et compte apporter une aide encore plus importante à l’avenir.  Le peuple d’Iraq a fait le bon choix en décidant de s’opposer à l’« EIIL », a-t-il estimé, avant de demander au Conseil de sécurité d’appuyer ce peuple dans cette mission. 

M. FRANCK-WALTER STEINMEIER, Ministre des affaires étrangères de l’Allemagne, s’est félicité de la constitution d’un nouveau Gouvernement composé de tous les groupes ethniques, religieux et politiques.  Il a espéré que ce Gouvernement bénéficiera du soutien de tous les pays de la région.  Il a indiqué que le Gouvernement allemand examinait actuellement les moyens de mettre en œuvre de nouveaux projets de coopération avec l’Iraq et précisé que l’Allemagne continuera de soutenir les voies modérées en Syrie.  Espérant que le Représentant spécial du Secrétaire général saura trouver de nouvelles approches pour faciliter une solution politique, il a jugé urgent de stopper le flux des combattants et le financement de l’« EIIL ». 

M. MEVLÜT ÇAVUSOĞLU, Ministre des affaires étrangères de la Turquie, a souhaité que toutes les composantes de la nation iraquienne soient représentées dans les institutions publiques.  Le nouveau Gouvernement iraquien doit inverser la situation sécuritaire qui se détériore, a-t-il aussi recommandé, en appelant la communauté internationale à apporter son appui pour que le pays renforce ses infrastructures de défense et son armée.  Renforcer l’aide humanitaire est un autre élément important du support à apporter à l’Iraq, a-t-il ajouté.  La Turquie est en train d’établir trois camps pour les réfugiés iraquiens, sachant qu’elle accueille déjà de nombreux Yézidis.  Rien que dans la journée d’hier, la Turquie a accueilli plus de 10 000 réfugiés syriens, a aussi indiqué le Ministre avant d’appeler à résoudre en parallèle la crise syrienne, pour assurer la sécurité de la région.  Il a plaidé en faveur d’une transition politique syrienne.

M. JOSÉ MANUEL GARCIA-MARGALLO, Ministre des affaires étrangères de l’Espagne, a estimé que la voie ouverte par la résolution 2170 devait être développée afin que la légitimité d’une action contre l’« État islamique » et le Front Al-Nostra ne puisse pas être remise en question.  Il a jugé indispensable que la communauté internationale réponde à la demande d’aide du Gouvernement iraquien et soutienne la souveraineté et l’intégrité territoriale de ce pays.  Pour lutter contre les groupes terroristes, il a appelé à une stratégie jouissant d’un consensus aussi large que possible entre les acteurs internationaux et notamment les dirigeants régionaux, dont l’implication est essentielle.  Il a indiqué que l’Espagne a organisé le 17 septembre une Conférence sur la stabilité et le développement de la Libye, dans le souci notamment de confronter la menace djihadiste en Afrique du Nord.

M. BORGE BRENDE, Ministre des affaires étrangères de la Norvège, a indiqué que son pays avait déjà  consacré 75 millions de dollars à la crise syrienne et 3 millions à l’Iraq.  Il a annoncé l’affectation de 10 millions de dollars supplémentaires  pour répondre aux besoins de toutes les populations fuyant les violences causées par l’« État islamique » et les groupes affiliés.  Il a aussi indiqué que la Norvège était prête à envoyer des officiers militaires pour contribuer à la lutte contre l’« État islamique », en estimant que les progrès en Iraq dépendront lourdement d’une solution politique en Syrie.  Il est indispensable que le Conseil de sécurité soit uni face à la question syrienne, a conclu le représentant.   

M. JOHN BAIRD, Ministre des affaires étrangères du Canada, a dit qu’il n’est plus besoin de persuader quiconque de la malfaisance de l’« EIIL » qui, a-t-il précisé, doit être stoppé avant qu’il ne représente une menace plus importante encore pour la sécurité internationale.  Il a dit que la question qui mérite d’être posée aujourd’hui est « comment faire pour mettre un terme à l’« EIIL »? »  Il a relevé que l’« EIIL » représente une « nouvelle génération de terrorisme », car ce groupe est plus qu’une armée terroriste et plutôt « un mélange toxique d’idéologie du Moyen-âge et d’armes modernes ».  En plus de ces capacités élevées, s’ajoutent une arrogance élevée et un sentiment d’invincibilité.  « Ils ne cachent pas leurs actes ignobles », s’est alarmé le Ministre qui a relevé que ces terroristes se servent de l’Internet pour avoir plus d’impact. 

« Ils voulaient attirer l’attention, maintenant que c’est fait, il est temps que la communauté internationale leur montre qu’ils sont plus vulnérables qu’ils ne le pensent », a tancé le Ministre.  Il a promis que le Canada soutiendrait la coalition internationale en déployant des conseillers et en fournissant des équipements, tout en finançant les efforts régionaux pour bloquer l’affluence des combattants étrangers au Moyen-Orient.  Il a aussi rappelé que le Canada fourni une aide aux populations ayant fui la barbarie de l’« EIIL ».

Mme FEDERICA MOGHERINI, Ministre des affaires étrangères de l’Italie, a dit que son pays fourni des équipements et un appui logistique en Iraq où 18 avions italiens ont déjà atterri dans le cadre de la coalition internationale.  Elle a souhaité que les efforts de la coalition trouvent le soutien des pays de la région, y compris de l’Iran qui, a-t-elle précisé, peut jouer un rôle important contre l’« EIIL ».  Elle a également plaidé pour le gel des ressources financières des groupes terroristes, ainsi que pour des actions efficaces contre l’afflux de combattants étrangers dans les rangs de groupes terroristes.  « Il ne s’agit pas d’une coalition de l’Occident contre les musulmans, a-t-elle précisé, expliquant qu’il s’agit plutôt d’une coalition internationale pour les peuples qui souffrent du terrorisme. » 

M. FRANS TIMMERMANS, Ministre des affaires étrangères des Pays-Bas, a estimé que la communauté internationale était restée trop longtemps sur la touche par rapport à la violence qui se déroule dans la région et notamment en Syrie.  Il a voulu que l’on n’ignore pas les 190 000 morts en Syrie, condamnant l’inaction qui entraine l’impunité et nourrit la violence dans ce pays comme en Iraq.  Il a dénoncé le manque d’unité en Iraq et souligné le rôle crucial que doit jouer le nouveau Gouvernement iraquien.  Il a souhaité voir résolues les questions soulevées par la population sunnite.  Le Ministre a appelé à des investissements à long terme dans la sécurité, la justice et la stabilité, en donnant aux femmes un rôle clef.  Il a estimé que pour éradiquer l’« EIIL », il ne faut pas oublier de combattre ses éléments en Syrie.  Il s’est félicité de ce que la Turquie ait ouvert ses frontières aux réfugiés de Kobani, avant de rappeler que son pays soutient les populations iraquienne et syrienne sur les plans humanitaire, politique et sécuritaire.

M. SAMEH SHOUKRY, Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, a jugé nécessaire d’adopter une position unique et robuste contre l’« EIIL » et les terroristes qui sévissent dans la région.  L’Égypte s’est jointe à la Ligue des États arabes et aux États-Unis à la réunion de Djeddah, a-t-il rappelé, expliquant qu’ils s’étaient concentrés sur l’« EIIL » car actuellement il s’agit de la plus grande menace dans la région.  L’Égypte a aussi participé à la Conférence de Paris sur la sécurité en Iraq.  Cette réunion du Conseil de sécurité, a-t-il estimé, est un témoignage de la coordination internationale contre l’« EIIL » et toutes les organisations terroristes qui sèment la terreur dans le monde et contre une idéologie de haine qui se développe dans diverses parties du monde.  Le Ministre a parlé de la menace majeure qui se pose à la sécurité en Libye.  La communauté internationale ne pourra pas s’en tenir à des demi-mesures.  Elle doit aussi lutter contre les pays qui aident les organisations terroristes, a voulu le Ministre.

M. KHALID BIN AHMED BIN MOHAMMED AL-KHALIFA, Ministre des affaires étrangères du Bahreïn, a indiqué que son pays accueillera en début novembre une conférence gouvernementale de haut niveau sur les moyens de lutter contre le financement du terrorisme notamment dans le but de s’assurer que les moyens des institutions financières et des organisations caritatives de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord ne puissent être détournés au profit d’activités terroristes et illégales.  Il a insisté sur le fait que la lutte contre le terrorisme nécessitait une unité d’action au niveau régional.  Il a regretté que des organisations terroristes telles que le Hezbollah, financées par des États que l’on connait, continuaient de terroriser et de tuer des innocents dans toute la région.

M. KHALID BIN MOHAMMAD AL-ATTIYAH, Ministre des affaires étrangères du Qatar, a voulu que les organisations terroristes qui essaiment le Moyen-Orient soient privées de leurs sources de financement.  Il a relevé que la prolifération du terrorisme dans la région a bénéficié de la mauvaise gouvernance de certains régimes qui ont violé les droits des populations.  Il a estimé que les actes commis par ces régimes constituent, tout comme ceux des groupes terroristes, des crimes contre l’humanité.  Le Qatar a décidé de livrer de l’aide humanitaire aux populations iraquiennes, a-t-il déclaré, annonçant par la même occasion la mise en place d’un pont aérien à cet effet.

M. YOUSEF BIN ALAWI BIN ALAWI BIN ABDULLAH, Ministre des affaires étrangères d’Oman, a émis le vœu que la coalition internationale pour l’Iraq puisse venir à bout au terrorisme en Iraq et dans la région.  Il a dénoncé les actes terroristes de l’État « non islamique » en Iraq et au Levant, ajoutant aussi que l’Iraq, « berceau d’une civilisation millénaire » devrait triompher de l’« EIIL ».  Le monde se doit de s’unir pour éradiquer toutes les manifestations de l’extrémisme, a-t-il plaidé, avertissant que si des mesures ne sont pas rapidement engagées par le Conseil de sécurité, d’autres groupes terroristes s’empresseront de rentrer dans la brèche.  Il a promis le soutien d’Oman à toute initiative internationale contre le terrorisme.

Mme MAIA PANJIKIDZE, Ministre des affaires étrangères de la Géorgie, a salué la volonté du nouveau Gouvernement iraquien de favoriser un processus politique inclusif et améliorer la sécurité et la stabilité en Iraq malgré les défis présentés par l’« État islamique ».   Il a estimé que des groupes terroristes tels que l’« État islamique » ne constituaient pas seulement  une menace pour le Moyen-Orient, mais aussi pour l’Europe  et l’Amérique du Nord.  La Géorgie, qui participe actuellement aux efforts de paix et de développement en Afghanistan et en République centrafricaine, appuie les efforts de la coalition contre l’« État islamique » pour le rétablissement de la paix dans la région. 

Cheikh ABDULLAH BIN ZAYED AL NAHYAN, Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis, s’est félicité de la constitution du nouveau Gouvernement iraquien qui, a-t-il estimé, mérite le plein appui de la communauté internationale.  « En tant que musulman, je rejette pleinement cette entité qui s’appelle État islamique », a-t-il déclaré en parlant de l’« EIIL ».  « Unissons-nous pour condamner la ségrégation et ceux qui foulent au pied les principes les plus fondamentaux. »  Nous sommes devant une « bande de criminels » qu’il faut empêcher d’abriter d’autres terroristes.  Le Ministre a appelé à des partenariats pour lutter contre les causes premières du terrorisme, sans se limiter à la lutte contre l’« EIIL ».  Il a voulu que l’on fasse tout pour éviter les tensions en Iraq, par des programmes rassembleurs.  Les Kurdes ont démontré leur capacité de jouer un rôle de premier plan dans la société iraquienne, a-t-il remarqué, en espérant que la région du Kurdistan resterait stable.  Il a aussi parlé de l’aide humanitaire que son pays apporte à l’Iraq et a engagé la communauté internationale à poursuivre son aide, notamment dans la lutte contre le blanchiment de l’argent.

M. ARMAND DE DECKER, Ministre d’État de la Belgique, a noté que des centaines de jeunes belges ont rejoint le djihad ou envisagent de le faire.  Il a cité une collaboration entre de nombreuses institutions belges pour mettre au point une stratégie inclusive de lutte contre ce phénomène et s’attaquer à ses racines.  Concernant l’action militaire, le représentant de la Belgique a plaidé pour le renforcement de la légitimité de l’action internationale, notamment par le biais d’une résolution de l’ONU.  Il a dit que la Belgique envisageait, sous réserve de l’approbation du Parlement, de participer à la coalition militaire initiée par les États-Unis en Iraq, que ce soit par des missions d’appui aériennes, de soutien au transport, de formation militaire ou autres.  Le Ministre a jugé essentiel que les pays de la région, y compris l’Iran, se mobilisent contre la menace terroriste.

M. ABBAS ARAGHCHI, Vice-Ministre des affaires étrangères de la République islamique d’Iran, a dit que la menace majeure en Syrie et en Iraq est portée par l’« EIIL ».  Ce groupe ne mérite ni de porter l’attribut d’« islamique » ni de se targuer du nom d’« État ».  Le Vice-Ministre a tout aussi fermement rejeté les préjugés tendant à associer l’islam aux actes violents et sanguinaires commis par ce genre de groupes.  « Ce n’est pas moins que d’un groupe terroriste », a-t-il tranché, ajoutant que l’« EIIL » a pris de la force, grâce au chaos et de l’aide qui lui a été apportée, au cours de la dernière décennie. L’« EIIL » n’est pas un phénomène nouveau.  Lui et les groupes affiliés ont profité de l’invasion de l’Iraq et des années d’occupation qui ont suivi.  Avec la crise syrienne et l’implication de certains États de la région et ailleurs, l’« EIIL » a trouvé un terrain fertile et s’est forgé une nouvelle cause, tout en se retournant contre ses propres créateurs.

Le Vice-Ministre a estimé que toute initiative pour résoudre les problèmes du Moyen-Orient doit venir de la région elle-même et s’appuyer sur la coopération régionale, y compris, a-t-il précisé, toute initiative de lutte contre l’extrémisme.  Il a émis le vœu que tous les pays de la région auront désormais pris conscience que l’extrémisme est une menace pour l’Iraq et la Syrie certes, mais également pour eux-mêmes.  Il a estimé que pour être efficace, toute coalition internationale contre l’« EIIL » doit respecter les normes et principes du droit international et de la Charte des Nations Unies.  Il a voulu que la communauté internationale soutienne le Gouvernement iraquien dans ses efforts de lutte contre l’« EIIL » et dans son engagement en faveur de l’unité nationale.  Il a également voulu que la communauté internationale appuie les initiatives de tous les pays de la région dans la guerre contre l’extrémisme et le terrorisme. 

Le Vice-Ministre a précisé que la lutte contre l’« EIIL », pour être couronnée de succès, doit se faire partout où ce groupe est présent et en collaboration avec les gouvernements concernés, y compris celui de la Syrie qui lutte contre ce groupe terroriste depuis quelques années.  Le Vice-Ministre a en effet souhaité que la crise syrienne trouve un dénouement politique et a appelé à la fin des soutiens moraux et financiers aux groupes terroristes de la région.  Il a estimé que l’impunité dont jouit Israël malgré ses actes d’occupation des terres arabes et le « génocide des populations de Gaza », constitue le terreau de l’extrémisme dans la région.

M. KENTARO SONOURA, Vice-Ministre des affaires étrangères du Japon, a indiqué que son pays continuerait de soutenir le nouveau Gouvernement.  Même s’il est difficile pour le Japon d’offrir une contribution militaire, nous nous engagerons activement dans l’aide humanitaire et la lutte contre le terrorisme, a insisté le représentant.  Il a annoncé une aide supplémentaire de 25,5 millions de dollars qui viendront s’ajouter aux 7,8 millions déjà versés.  Il a jugé essentiel de promouvoir la bonne gouvernance qui doit pouvoir s’appuyer sur une économie et une société stable.   

M. ULRIK VESTERGAARD KNUDSEN, Secrétaire permanent d’État aux affaires étrangères du Danemark, a applaudi la formation du nouveau Gouvernement iraquien.  Il a exprimé la détermination de son pays à appuyer l’Iraq dans sa lutte contre l’« EIIL », notamment dans les domaines humanitaire, militaire et politique.  Il a indiqué que son pays avait fourni une aide humanitaire de 50 millions de dollars et « nous voulons faire plus », a-t-il dit, souhaitant contribuer davantage aux efforts en cours.  Le monde doit reconnaître que l’« EIIL » est une menace globale et il faut donc forger une alliance serrée pour y faire face.  La communauté internationale doit se montrer stable face aux forces modérées non seulement en Iraq mais dans toute la région et doit rester unie dans son soutien à l’Iraq.

M. PETER STENLUND, Secrétaire d’État aux affaires étrangères de la Finlande, a salué la formation du nouveau Gouvernement en Iraq et a plaidé pour que la communauté internationale lui apporte son soutien.  Il a indiqué que la Finlande a répondu aux besoins des populations déplacées en fournissant une aide de 500 000 euros au Programme alimentaire mondial (PAM).  Il a annoncé qu’avec une dotation supplémentaire de 2,5 millions d’euros d’ici à la fin de l’année, la contribution globale de la Finlande devrait se chiffrer à 31 millions d’euros.  Il a précisé que les projets spécifiques en faveur des femmes ont été ciblés avec, a-t-il cité, une dotation spéciale de 500 000 euros en faveur d’ONU-Femmes.  M. Stenlund a en outre souhaité que les Gouvernements les plus menacés par l’« EIIL » puissent jouer un rôle prépondérant dans la coalition internationale.  Il a ajouté que les succès contre l’« EIIL » ne doivent pas être seulement circonscrits aux aspects militaires, mais qu’une approche globale doit répondre aux questions du renforcement de capacités, de l’assistance humanitaire et de la prévention du terrorisme et de l’extrémisme.

M.  ABDALLAH Y. AL-MOUALLIMI (Arabie saoudite) s’est félicité de la formation du Gouvernement iraquien, en espérant qu’il serait complété sans tarder.  Le moment est venu pour l’Iraq de retrouver ses forces, a-t-il dit, en rappelant que son pays avait tendu la main à toutes les catégories du peuple iraquien, notamment en versant 500 millions de dollars aux Nations Unies pour contribuer à l’aide aux personnes affectées par le conflit.  Il a appelé à la lutte contre la prolifération du terrorisme transnational et notamment contre l’« EIIL » qui, a-t-il précisé, n’a rien à voir avec l’islam.  Le représentant a fait valoir, à cet égard, la réaction rapide de son pays face à l’« EIIL ».  Il a rappelé que la propagation de la pensée terroriste était un crime, comme l’a déclaré le Conseil des Oulémas.  Il a aussi rappelé que son pays avait été un des premiers à lutter contre le terrorisme, ayant été une de ces cibles.  Mon pays, qui a versé 100 millions de dollars au Centre de lutte contre le terrorisme, sait que ce sont les politiques d’exclusion et la machine de guerre du régime syrien qui ont contribué à l’émergence de l’« EIIL », par la création d’un vide dans lequel les terroristes se sont empressés de s’engouffrer.

M. NAWAF SALAM (Liban) a laissé entendre que l’humanité entière est tributaire de la Mésopotamie, et donc de l’Iraq, puisque l’histoire révèle que l’agriculture a vu le jour sur les berges des fleuves du Tigre et de l’Euphrate.  Il a rappelé la place centrale de Bagdad dans l’essor des sciences et de la pensée.  Du fait de cette importance historique, il a estimé que le danger qui pèse sur l’Iraq aujourd’hui fait courir un danger à toutes nos sociétés.  Il a invité la communauté internationale à agir rapidement car, cette « terreur » ne connait pas de frontière, et elle se réfugie derrière l’islam alors que les musulmans ne sont en rien liés à ces actes.  Le représentant a précisé que la lutte contre le terrorisme ne devrait pas s’arrêter aux aspects militaires et financiers, mais qu’afin d’atteindre les racines du phénomène, il faut mettre en place une approche politique, économique et sociale globale.  Il a relevé que le Liban, qui a souffert et qui continue de souffrir du terrorisme, comme en témoigne cette nouvelle attaque et l’enlèvement de ses soldats ce matin, va continuer sa lutte contre ce fléau.

M. BOGUSLAW WINID (Pologne) a indiqué que le premier avion hercule polonais a délivré 8 tonnes d’aide humanitaire dans le nord de l’Iraq le 17 août, seulement deux jours après la décision de l’Union européenne d’appuyer la lutte du Gouvernement iraquien contre l’« État islamique ».  Nous avons aussi financé la mise en place d’une nouvelle école à Erbil pour les enfants réfugiés, a-t-il dit, avant de préciser que le Ministère polonais des affaires étrangères a décidé d’octroyer  des bourses  d’étude à des étudiants iraquiens. Le représentant a espéré que le nouveau Gouvernement iraquien de réconciliation nationale respectera les intérêts de tous les citoyens et a insisté sur le fait que la lutte contre l’« État islamique » ne peut se limiter à une stratégie militaire. 

M. FERIT HOXHA (Albanie) a, à son tour, argué que l’« EIIL » ne représente pas l’islam.  Il a rappelé que de nombreux groupes confessionnels islamiques ont rejeté, à travers le monde, les actes commis par ce groupe terroriste.  L’’Albanie a rejoint, dès son lancement, la coalition internationale contre l’« EIIL », alors que son gouvernement avait déjà fait don d’armes aux autorités iraquiennes.  Le représentant a dit qu’étant donné que le terrorisme est devenu un phénomène international, il serait opportun que la communauté internationale unisse ses efforts pour en venir à bout.

M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a indiqué que depuis le mois de juin dernier, la Nouvelle-Zélande a apporté deux contributions humanitaires à l’Iraq à travers le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).  Il a dit soutenir le nouveau Gouvernement iraquien et il a salué l’engagement du Premier Ministre iraquien de mettre en place un gouvernement inclusif.  Il a souligné que les élections générales qui ont cours demain en Nouvelle-Zélande constituent malheureusement un obstacle à un plus grand engagement du pays en faveur de l’Iraq.

M. BASHAR JA’AFARI(République arabe syrienne) a estimé que certaines délégations avaient parlé de son pays de manière erronée et provocatrice surtout en évoquant la lutte contre ce qu’on appelle l’« EIIL ».  En écoutant la déclaration du Secrétaire d’État américain, j’ai entendu un langage « équilibré », a-t-il dit, tout en regrettant que d’autres déclarations aient tenté d’inverser cette tendance.  La guerre contre le terrorisme en Syrie et en Iraq est la même car il s’agit d’un « terrorisme de haine ».  La Syrie n’a cessé d’insister sur la lutte contre le terrorisme et ses sources, ainsi que sur la redevabilité des États.  Nous sommes soulagés que la communauté internationale ait enfin reconnu les faits que nous avions présentés au Conseil de sécurité, s’est-il réjoui.  Tout effort international de lutte contre le terrorisme doit reposer sur le respect total des dispositions de la Charte des Nations Unies et du droit international, surtout le principe de la souveraineté des États, a tranché le représentant.  La lutte contre l’« EIIL » requiert une lutte contre une idéologie qui repose sur la pensée saoudite et wahhabite.  Après tout, les terroristes qui ont perpétré l’attentat du 11 septembre étaient Saoudiens pas Syriens, a souligné le représentant.

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