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CS/11552
8 septembre 2014

Le Conseil de sécurité examine les moyens d’améliorer la protection des enfants en situation de conflit armé

Quinze ans après l’adoption de la résolution 1261 (1999), la première consacrée spécifiquement au sort des enfants en période de conflit armé, une soixantaine de délégations se sont inquiétées, aujourd’hui, devant le Conseil de sécurité, du fait que les conflits armés continuent d’affecter les enfants de façon disproportionnée. 

 

Au cours de ce débat, marqué notamment par le récit émouvant de Mme Sandra Uwiringiyiman, rescapée en 2004 d’un massacre au Burundi, alors qu’elle n’avait que 10 ans, et par le témoignage de l’Envoyé spécial de l’UNESCO pour la paix et la réconciliation, M. Forest Whitaker, de retour du Soudan du Sud, de nombreuses délégations ont appelé à améliorer le cadre normatif de protection des enfants pendant et après les conflits et à favoriser la coopération entre tous les acteurs concernés aux niveaux national, régional et international pour protéger les enfants. 

 

Avec la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Leila Zerrougui, qui présentait le rapport 2013 du Secrétaire général sur cette question*, les délégations ont affirmé que les processus et les accords de paix devaient porter une attention particulière au sort des enfants victimes de conflits armés.

 

Notant que deux millions d’enfants sont morts au cours de la dernière décennie des conséquences des conflits, la plupart des États qui ont pris part à la discussion ont rappelé qu’il était de la responsabilité première des États de fournir protection et secours à tous les enfants affectés par les conflits armés.

 

Face à l’explosion des cas de meurtres et d’atteinte à l’intégrité physique d’enfants dans plusieurs pays, dont l’Afghanistan et l’Iraq, des délégations ont plaidé pour une meilleure coopération entre les États et entre les États et les organismes des Nations Unies.  Elles ont souligné aussi que la protection des enfants en situation de conflit armé était un des devoirs des Nations Unies, en faisant référence aux résolutions 1612 (2005)1882 (2009)1998 (2011)2068 (2012) et 2143 (2014) du Conseil de sécurité.

 

De son côté, Mme Zerrougui a estimé que les progrès enregistrés pour mieux protéger les enfants étaient éclipsés par de nouvelles crises.  Elle s’est dite consternée par le mépris total de la vie humaine dont fait preuve l’État islamique (EIIL) qui a tué ou mutilé 700 enfants en Iraq depuis le début de l’année.  Elle a ajouté que Boko Haram, qui a tué 100 écoliers et 70 professeurs au Nigéria, représente « un autre défi » et a été inscrit cette année sur la liste des parties tuant ou mutilant des enfants et attaquant des écoles ou des hôpitaux. 

 

Notant que 8 000 enfants ont été enrôlés par des groupes armés de tous bords en République centrafricaine et que les groupes armés continuent d’enlever et de recruter des enfants, en République démocratique du Congo (RDC), le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous, a assuré que le Département des opérations de maintien de la paix était engagé à agir « dans une optique de responsabilité et de partenariat 

 

Alors que plus de 10 000 enfants ont été tués en trois ans lors du conflit syrien et plus de 500 depuis le début de l’année en Iraq suite aux opérations de l’« État islamique », des délégations ont mis l’accent sur la difficulté de faire face aux exactions des groupes non étatiques. 

 

Plusieurs ont rappelé que 500 enfants palestiniens avaient été tués cet été et 3 106 blessés ou mutilés par les forces israéliennes avant de souhaiter qu’Israël soit tenu responsable de ces victimes.  Réagissant à ces propos, le représentant d’Israël a cité « le traumatisme des enfants israéliens » qui en raison de la menace que constitue le Hamas doivent être escortés tous les matins à l’école et passer quotidiennement des détecteurs de métaux.  Ce dernier a appelé le Hamas à cesser d’utiliser des locaux scolaires pour mener ses opérations et cacher des armes. 

 

Face à la persistance des sévices commis à l’encontre des enfants dans les situations de conflit, des délégations ont jugé que les progrès devaient être évalués non seulement en fonction des améliorations apportées aux cadres normatifs, mais aussi de la façon dont le Conseil de sécurité met en œuvre ses décisions dans des contextes spécifiques.  « Que ce soit par le biais des résolutions-pays, des mandats des opérations de maintien de la paix, des régimes des sanctions ou par celui des conclusions qu’adopte le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés, il faut que le Conseil de sécurité fasse preuve de cohérence », a insisté le Ministre des affaires étrangères du Luxembourg, M. Jean Asselborn, dont le pays préside ce groupe de travail créé en 2005.

 

La plupart des délégations ont salué l’importance de la campagne mondiale des Nations Unies « Des enfants, pas des soldats », lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale et l’UNICEF, visant à mettre un terme d’ici à 2016 au recrutement des enfants soldats. 

 

Saluant les initiatives du Myanmar, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Tchad pour relâcher des enfants soldats, la Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Mme Yoka Brandt, a souligné la nécessité de mettre en place plus de centres de réinsertion et de développer des efforts supplémentaires pour changer les attitudes.

 

Dans le domaine de la lutte contre l’impunité, plusieurs pays ont souligné le rôle essentiel de la Cour pénale internationale (CPI) dans le combat pour la protection des enfants.

 

Au nom de la cohérence, plusieurs délégations ont jugé essentiel qu’aucune armée nationale citée en annexe du rapport du Secrétaire général pour recrutement d’enfants ne soit autorisée à fournir des troupes à des opérations de maintien de la paix.

 

A/68/878-S/2014/339

 

LE SORT DES ENFANTS EN TEMPS DE CONFLIT ARMÉ

 

Rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé (A/68/878-S/2014/339)

 

Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, dans ce rapport, renseigne sur les tendances mondiales de l’impact des conflits armés sur les enfants en 2013 et les principales activités et initiatives menées en exécution des résolutions du Conseil de sécurité sur la question et les conclusions de son groupe de travail.

 

Comme son précédent rapport (A/67/845-S/2013/245), le présent rapport rend compte de la coopération entre les partenaires concernant la question du sort des enfants en temps de conflit armé, y compris au sein du système des Nations Unies.

 

Conformément aux résolutions du Conseil de sécurité sur la question, le rapport donne dans ses annexes la liste des parties qui recrutent et utilisent des enfants, commettent des violences sexuelles sur la personne d’enfants, des meurtres ou des atteintes à leur intégrité physique en violation du droit international, attaquent systématiquement les écoles et hôpitaux, ainsi que le personnel protégé, ou menacent de le faire.  Par rapport à l’année précédente, huit nouvelles parties figurent dans les annexes au présent rapport.

 

Le Secrétaire général se dit profondément préoccupé par les atteintes graves dont il est fait état dans le présent rapport et demande à toutes les parties de mettre immédiatement un terme aux violations graves des droits des enfants et de prendre toutes les mesures nécessaires pour les prévenir et rendre les auteurs comptables de leurs actes.

 

Il engage vivement toutes les parties dont le nom figure dans les annexes au présent rapport parce qu’elles ont recruté, utilisé, tué ou mutilé des enfants, les ont soumis à des violences sexuelles et ont attaqué des écoles, des hôpitaux ou du personnel protégé de mettre immédiatement un terme à toutes les violations graves des droits des enfants et d’engager le dialogue avec l’ONU afin de mettre au point des plans d’action et les appliquer.

 

Dans son rapport, sont décrites les situations dont le Conseil de sécurité est saisi: Afghanistan, République centrafricaine, Tchad, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo (RDC), Iraq, Israël et État de Palestine, Liban, Libye, Armée de résistance du Seigneur (République centrafricaine, RDC et Soudan du Sud), Mali, Myanmar, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Darfour, République arabe syrienne et Yémen; ainsi que les situations dont le Conseil de sécurité n’est pas saisi ou autres situations préoccupantes: Colombie, Inde, Nigéria, Pakistan, Philippines et provinces frontalières du sud de la Thaïlande.

 

Les conflits armés ont continué d’affecter les enfants de façon disproportionnée, souligne le Secrétaire général.  Les attaques à l’explosif, les frappes aériennes ou l’utilisation de tactiques terroristes sans discrimination contre des zones civiles ou directement contre des civils ont fait de nombreuses victimes parmi les enfants.  En 2013, l’ONU a constaté une explosion des cas de meurtres et d’atteinte à l’intégrité physique d’enfants dans plusieurs pays, dont l’Afghanistan et l’Iraq.

 

Au cours de la période considérée, on a assisté à l’exacerbation du conflit en République arabe syrienne, où l’intensification des hostilités a donné lieu à la commission d’atteintes graves et généralisées sur la personne d’enfants et à l’aggravation de la crise humanitaire.

 

En République centrafricaine, le recrutement et l’utilisation d’enfants sont devenus monnaie courante en 2013 sous l’effet de la montée de la violence dans le pays depuis la mi-septembre.  Le conflit ayant repris au Soudan du Sud, les forces progouvernementales et les forces d’opposition auraient massivement utilisé des enfants et commis d’autres violations graves.

 

La situation dans le nord du Nigéria est devenue un sérieux motif de préoccupation.  La situation humanitaire d’au moins la moitié de la population dans le nord-est du pays est restée critique, le groupe extrémiste Boko Haram ayant multiplié les attaques contre des écoles, commettant meurtres ou mutilations d’enfants et d’autres violations graves.

 

Le recrutement et l’utilisation d’enfants en temps de conflit sont demeurés monnaie courante.  L’ONU a recensé plus de 4 000 cas en 2013, mais selon les estimations, des milliers d’autres enfants auraient été recrutés et utilisés.

 

Dans plusieurs pays, les enfants sont d’autant plus exposés aux atteintes graves, en particulier les violences sexuelles, que les auteurs en restent impunis.  La détention d’enfants pour association présumée à des groupes armés ou pour atteintes à la sécurité, que le Secrétaire général a évoquée avec inquiétude dans son dernier rapport annuel, s’est poursuivie dans 17 des 23 pays retenus dans le présent rapport.

 

Étant donné ces constats et d’autres tendances inquiétantes observées durant la période considérée, il convient, écrit-il, de redoubler d’efforts pour mieux appliquer les instruments disponibles pour améliorer le sort des enfants victimes de conflits armés.  Il faut montrer la voie en prenant des mesures concrètes et pragmatiques, recommande le Secrétaire général. 

 

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme LEILA ZERROUGUI, a souligné que les progrès enregistrés pour mieux protéger les enfants étaient éclipsés par de nouvelles crises. 

 

En particulier, elle s’est dite consternée par le mépris total de la vie humaine dont fait preuve l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL).  « Nous savons que jusqu’à 700 enfants ont été tués ou mutilés en Iraq depuis le début de l’année, y compris dans le cadre d’exécutions sommaires », a précisé Mme Zerrougui. 

 

Elle reste profondément préoccupée par le fait que l’EIIL cible des minorités, dont des enfants et des femmes, dans la zone croissante qu’il contrôle en Syrie et en Iraq.  L’EIIL a chargé des garçons, dont les plus jeunes ont 13 ans, de porter des armes, de garder des lieux stratégiques ou d’arrêter des civils.  D’autres enfants sont utilisés pour des attentats-suicide.

 

L’EIIL n’est pas le seul auteur de violations des droits de l’enfant.  Il fait partie d’un défi régional qui inclut Boko Haram qui est inscrit cette année sur la liste des parties tuant ou mutilant des enfants et attaquant des écoles ou des hôpitaux.  Les attaques ciblées de Boko Haram ont provoqué la mort de 100 écoliers et 70 professeurs en 2013. 

 

« L’enlèvement des filles de Chibok, en avril dernier, a horrifié le monde entier », a rappelé la Représentante spéciale.  Plus de 200 filles étant toujours aux mains de Boko Haram, elle a appelé le Gouvernement du Nigéria et ses partenaires à prendre toutes les mesures nécessaires pour les ramener.

 

Évoquant ensuite le conflit à Gaza, Mme Zerrougui s’est déclarée « horrifiée » par le fait que, depuis le début du mois de juillet, plus de 500 enfants palestiniens ont été tués et au moins 3 106 blessés ou mutilés par les forces israéliennes, les deux tiers d’entre eux ayant moins de 12 ans.

 

Pas moins de 244 écoles, dont 75 écoles de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), ont reçu des tirs de l’armée israélienne.  En ce début d’année scolaire, 11 000 personnes restent déplacées, en majorité dans des établissements scolaires, ce qui affecte l’accès à l’éducation des enfants de Gaza. 

 

Reconnaissant qu’il y avait des victimes des deux côtés, elle a estimé qu’il fallait mener une enquête approfondie sur les évènements qui se sont déroulés à Gaza et que les auteurs de toutes les parties au conflit devraient rendre des comptes.

 

Les enfants ont également été victimes de violations graves en Libye, en Afghanistan, en République centrafricaine, au Mali ou au Soudant du Sud.  « La lutte contre l’impunité reste un aspect clef de nos efforts, non seulement pour ce qui est de réagir, mais aussi pour prévenir de graves violations à l’encontre des enfants », a poursuivi la Représentante spéciale. 

 

À cet effet, elle a souligné l’importance des régimes de sanctions, des capacités judiciaires nationales, ainsi que le rôle de la Cour pénale internationale (CPI).

 

La campagne « Des enfants, pas des soldats », lancée avec l’UNICEF il y a six mois, a reçu un appui sans précédent, s’est félicitée Mme Zerrougui.  Dans cet esprit, elle a salué les efforts concluants du Tchad pour mettre fin au recrutement d’enfants soldats.

 

La majorité des parties inscrites sur la liste des parties qui recrutent et utilisent des enfants, commettent des violences sexuelles sur la personne d’enfants, des meurtres ou des atteintes à leur intégrité physique en violation du droit international, attaquent systématiquement les écoles et hôpitaux, ainsi que le personnel protégé, ou menacent de le faire, sont des acteurs non étatiques. 

 

Mme Zerrougui a indiqué que de tels acteurs continuaient d’approcher son bureau pour conclure des plans d’action en vue de mettre fin au recrutement d’enfants soldats.  Des progrès ont ainsi été enregistrés au Darfour ou aux Philippines.

 

Les processus et les accords de paix doivent porter une attention particulière au sort des enfants victimes de conflits armés, a insisté la Représentante spéciale.  « Les enfants sont l’avenir d’une société », a-t-elle résumé.  Il faut leur donner les moyens de reconstruire une société et des institutions déchirées par les conflits armés. 

 

Elle a conclu son intervention en expliquant l’importance de son engagement, dans le cadre de son mandat, avec les organisations régionales, comme l’Union africaine et la Ligue des États arabes.  

 

M. HERVÉ LADSOUS, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a rappelé qu’en décembre dernier, les violences avaient eu des conséquences dévastatrices sur les populations civiles en République centrafricaine et au Soudan du Sud, et plus particulièrement sur les enfants.  Il a précisé qu’en République centrafricaine, 8 000 enfants étaient enrôlés par des groupes armés de tous bords, y compris l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui sévit dans le sud-est du pays.  La poursuite du conflit au Darfour et l’insécurité grandissante au nord du Mali touchent principalement les femmes et les enfants.  M. Ladsous a en outre regretté qu’en République démocratique du Congo (RDC), les groupes armés continuent d’enlever et de recruter des enfants, en ajoutant que les filles étaient souvent victimes de violences sexuelles.

 

Le Secrétaire général adjoint a assuré que le Département des opérations de maintien de la paix était engagé à agir « dans une optique de responsabilité et de partenariat ».  Il a expliqué que la responsabilité revient à montrer l’exemple et faire des enfants une priorité, tandis que le partenariat permet de coordonner les efforts et de bénéficier des compétences et des ressources de chacun.  Il a aussi souligné que le Département des opérations de maintien de la paix entendait établir des partenariats avec les pays où sont déployées des opérations de maintien de la paix, afin de permettre à ces États de pouvoir assurer leurs responsabilités en matière de protection des enfants.  Il a noté, par exemple, que le Gouvernement de la République démocratique du Congo a signé, sous les auspices du Département des opérations de maintien de la paix, un plan d’action pour la libération d’enfants soldats, en ajoutant que la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) soutient l’établissement de groupes de travail technique sur la question, en partenariat avec les autorités provinciales.  Il a également cité l’exemple du Soudan du Sud où le Ministère de la défense vient de nommer 20 officiers de protection de l’enfance au sein de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA).

 

Par ailleurs, M. Ladsous a souhaité que lors de négociations de paix ou de cessez-le-feu, les parties à un conflit s’engagent à prendre des mesures pour assurer la protection des enfants.  L’Union africaine et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qui facilitent la conclusion d’un accord de cessation des hostilités au Soudan du Sud, veillent à ce que de telles mesures soient prises.  Le Secrétaire général adjoint a indiqué que des modules de formation sur la protection des enfants à l’intention du personnel des opérations de maintien de la paix déployé sur le terrain avaient été finalisés en avril dernier.  Il a précisé que ces modules, qui ont été testés en Malaisie et en Uruguay, sont maintenant à la disposition de tous les pays fournissant des contingents aux opérations de maintien de la paix.  Il a en outre invité ces pays contributeurs de troupes à organiser des formations spécifiques des soldats en matière de protection des enfants, à désigner des officiers chargés spécialement de la protection des enfants et à augmenter la participation des femmes dans les effectifs militaires et de police fournis aux opérations de maintien de la paix afin de faciliter les contacts entre les troupes de maintien de la paix et les filles. 

 

M. Ladsous a ajouté que des modules spécifiques pour les unités de police étaient en cours de préparation.  Il a aussi souligné que les pays fournisseurs de troupes devaient désormais vérifier que leurs soldats, avant tout déploiement, n’avaient jamais commis de violations des droits de l’homme.  Avant de conclure, il a rappelé que la protection des civils et, en particulier des enfants, était au cœur des mandats des opérations de maintien de la paix.  La communauté internationale doit agir de manière plus responsable et mettre fin aux souffrances des garçons et des filles dans les conflits armés.

 

Mme YOKA BRANDT, Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a déclaré que de nombreux enfants avaient connu des souffrances indescriptibles et ont été tués en Iraq, en Syrie, au Soudan du Sud, à Gaza ou en République centrafricaine depuis le dernier débat du Conseil de sécurité sur la question des enfants en conflit armé.

 

Mme Brandt a aussi cité le cas des 200 écolières enlevées au Nigéria et toujours introuvables.  Elle a rappelé que l’UNICEF invitait les États Membres à soutenir et à mettre en œuvre les Directives de Lucens, afin que les écoles restent des espaces d’apprentissage et d’espoir.  Elle a fait état de la campagne mondiale des Nations Unies « Des enfants, pas des soldats », lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et de l’UNICEF, l’objectif en étant de mettre un terme au recrutement des enfants d’ici à 2016.

 

Elle s’est félicitée des initiatives du Myanmar, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Tchad pour relâcher des enfants soldats.  Elle a aussi salué les initiatives de groupes armés non étatiques pour protéger les enfants en citant le Front de libération islamique Moro aux Philippines et les mouvements séparatistes Karen au Myanmar.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de lancer davantage d’initiatives de ce type, de mettre en place plus de centres de réinsertion et de développer des efforts supplémentaires pour changer les attitudes au sujet du rôle des enfants en situation de conflit armé.

 

M. FOREST WHITAKER, Envoyé spécial de l’UNESCO pour la paix et la réconciliation, après avoir rappelé ses récents voyages au Soudan du Sud, avec la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Leila Zerrougui, et la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a dit craindre qu’il n’y ait pas de fin en vue à la violence contre les enfants dans ce pays où la situation est terrible.  Une centaine de milliers de personnes ont trouvé refuge dans les camps de protection à travers le pays.  Neuf mois après le début du conflit, beaucoup d’entre elles ne sont pas rassurées pour rentrer chez elles ou ne savent si elles devaient rentrer à la maison.  La ville de Bentiu, dans le nord, a été désertée.

 

M. Whitaker a fait ensuite état des conséquences du conflit sur les enfants, dont certains ont des cheveux devenus rouges à cause de la malnutrition.  Des milliers d’écoles sont fermées et ont été transformées en camps militaires, des milliers de jeunes ne reçoivent plus d’éducation.  Il a affirmé avoir vu des jeunes porter des tenues militaires et des armes.  Le conflit armé prive ces victimes d’une phase de leur vie à laquelle tout être humain a droit.  Il a affirmé que le Conseil de sécurité avait donné des outils pour mieux protéger les enfants touchés par les conflits et faire cesser et prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants.

 

La campagne « Des enfants, pas des soldats », lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et de l’UNICEF, a rassemblé les pays qui ont pris des mesures en vue de mettre fin à la pratique de recrutement d’enfants dans leurs armées.  Depuis le lancement de la campagne, des développements positifs ont été observés, a constaté M. Whitaker, en prenant l’exemple du Tchad qui a récemment rempli les exigences de son plan d’action tandis que le Myanmar vient de libérer une centaine d’enfants.

 

L’Envoyé spécial s’est ensuite attardé sur ce qui reste à faire.  Les raisons pour lesquelles des enfants deviennent soldats sont souvent propres à chaque conflit, a-t-il dit.  En Ouganda, par exemple, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) enlève des enfants, les obligeant à tuer ceux qu’ils aiment.  Dans d’autres cultures, être soldat est vu comme un rite de passage et de nombreux enfants rejoignent les groupes armés pour l’honneur, afin de soutenir leurs tribus.  Au Soudan du Sud, certains enfants sont contraints pendant que d’autres sont enrôlés parce qu’ils ont besoin d’un toit et d’un abri et ne peuvent les trouver nulle part ailleurs.

 

L’aide aux gouvernements pour mettre fin à cette situation est une première étape.  Il convient, a-t-il dit, d’allouer des ressources adéquates pour prendre en charge les enfants lorsqu’ils ont été extraits de la guerre.  Ils doivent, en effet, réintégrer la société, aller à l’école, apprendre un métier utile.  Pour beaucoup d’entre eux, la guerre est la seule chose qu’ils savent faire et si rien n’est entrepris pour leur éducation, ils demeurent des soldats en attente de la prochaine guerre.  Lorsqu’une nouvelle guerre éclate dans cinq ou dix ans, ils seront les premiers à être recrutés pour aller sur les champs de bataille.

 

À cet effet, il a cité de l’exemple d’un garçon qui a été capturé par la LRA en Ouganda lequel, après avoir vu ses parents tués par ce groupe, a réussi à s’enfuir.  Mais il n’a pas su s’intégrer dans sa famille et a pris la décision de retourner dans les rangs de la LRA.  Ce n’est pas une parabole mais une histoire vraie, a déclaré M. Whitaker.

 

Il a ensuite parlé des actions des personnes dévouées pour les anciens enfants soldats, soulignant l’engagement de Sœur Rosemary Nyirumbe, qui a créé un foyer pour les filles et les femmes victimes d’exploitations sexuelles, ainsi que celui d’Okello Sam, un ancien enfant soldat lui-même, qui a ouvert une école pour éduquer et réhabiliter les enfants victimes de la guerre. 

 

Il faut éduquer les enfants victimes de conflits.  C’est, a-t-il dit, le principe de sa fondation Whitaker Peace and Development Initiative qui travaille en Ouganda, au Soudan du Sud, au Soudan, au Mexique et ailleurs.  Aider les enfants à reconstruire leur vie est essentiel notamment grâce à la campagne « Des enfants, pas des soldats ».  M. Whitaker a terminé en renouvelant son appel visant à octroyer plus de ressources à la lutte contre le recrutement d’enfants et pour leur réintégration et leur éducation. 

 

Mme SANDRA UWIRINGIYIMANA, survivante de conflits armés, a affirmé que son enfance avait été marquée par des violences permanentes dont fut victime sa communauté des Banyamulenge installée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en provenance du Rwanda voisin.  Mme Uwiringiyimana, qui est âgée aujourd’hui de 20 ans, a dit être née dans la guerre et a raconté avoir été témoin d’une scène d’un soldat congolais paradant dans les rues avec comme trophée la tête d’un Banyamulenge empalée sur un pieu.  Sandra a expliqué avoir passé une bonne partie de son enfance à fuir et à se cacher, jusqu’au jour, en 2004, où sa famille s’est installée dans un camp de réfugiés tenu par les Nations Unies dans la localité de Gatumba au Burundi.

 

Malheureusement pour elle, ce camp aura été le siège d’un massacre indescriptible.  Avec émotion, elle a raconté comment sa mère et une partie de sa famille y ont trouvé la mort, sous ses yeux, tandis que, alors âgée d’à peine 10 ans, elle avait été épargnée par les combattants qui prétendaient vouloir les protéger.  Elle s’est engagée à ne jamais cesser de témoigner de ce drame tant que les auteurs du massacre de Gatumba seront libres et tant que la communauté internationale n’appréhendera plus son témoignage seulement avec empathie, en le considérant comme le compte rendu d’un massacre.  Elle a ajouté qu’elle attendait de voir les dirigeants du monde lui apporter la preuve que les familles décimées, comme la sienne, ne sont pas seulement des laissés-pour-compte.

 

Mme Uwiringiyimana a par ailleurs précisé que ce n’est que lorsque des auteurs de crimes contre les enfants, comme le sont Agathon Rwasa et ceux qui ont commis les crimes au camp de Gatumba, seront traduits en justice, que des millions de survivants, comme elle, se rendront enfin compte que leur vie avait une importance. 

 

La jeune femme a ajouté que sa famille s’était installée aux États-Unis en 2007, grâce à un programme de l’ONU, et qu’elle était aujourd’hui étudiante.  Elle a indiqué avoir créé, avec sa sœur aînée, une fondation qui aide les survivants de massacres.  Elle a expliqué qu’avec son frère, Alex, ils prenaient des photos de survivants de massacres afin de montrer leurs visages au cours d’expositions, et pour raconter leurs histoires tout en cherchant à guérir leur passé traumatisant.  Elle a insisté sur le fait que la guérison ne serait pas complète sans la justice, ajoutant que la communauté internationale doit aller au-delà de la reconnaissance des faits afin de mettre fin à ces cauchemars.

 

M. JEAN ASSELBORN, Ministre des affaires étrangères et des affaires européennes du Luxembourg, a déclaré que la persistance des sévices commis à l’encontre des enfants dans les situations de conflit nous rappellent que les progrès doivent se mesurer non seulement aux améliorations que nous apportons à notre cadre normatif, mais aussi à la façon dont le Conseil de sécurité met en œuvre ses décisions dans des contextes spécifiques. « Que ce soit par le biais des résolutions-pays, des mandats des opérations de maintien de la paix, des régimes des sanctions ou par celui des conclusions qu’adopte le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés, il faut que le Conseil de sécurité fasse preuve de cohérence », a insisté M. Asselborn.  Le Ministre luxembourgeois des affaires étrangères a jugé indispensable de lutter contre l’impunité afin que les auteurs d’atrocités commises contre les enfants répondent de leurs actes.  Il a mis l’accent sur la violence inouïe du conflit qui décime la Syrie depuis trois ans et demi et qui a coûté la vie à plus de 10 000 enfants.

 

Le Ministre a cité aussi les rapports faisant état d’exactions commises par l’État islamique en Iraq et au Levant(EIIL) dans les territoires sous son contrôle en Syrie et en Iraq.  Comme vient de le souligner la Représentante spéciale, 500 enfants ont été tués en Iraq depuis le début de l’année et 500 enfants palestiniens ont été également tués au cours du dernier cycle de violence dans la bande de Gaza. Il s’est dit toutefois encouragé par le fait que le Gouvernement du Yémen ait le 14 mai 2014 adopté un plan d’action pour mettre un terme au recrutement des enfants, devenant ainsi le sixième pays à faire ce pas. Faisant siennes les conclusions de l’étude de Graça Machel sur l’impact des conflits armés, il a dit que « les enfants sont à la fois notre raison de lutter pour éliminer les pires aspects des conflits et notre meilleur espoir de réussite ».

 

M. BANTE MANGARAL (Tchad), notant les progrès réalisés dans la lutte contre le recrutement des enfants dans les conflits armés, a déclaré que l’impunité constitue l’une des causes de ce fléau.  Il a fait siennes les recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général et appuyé le travail de la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Mme Leila Zerrougui.  Les États doivent adopter des lois répressives contre ce phénomène, a-t-il dit, en insistant sur la nécessité de mettre fin à l’impunité du recrutement des enfants par des groupes armés pendant les conflits.  Le représentant a souligné que la campagne « Des enfants, pas des soldats » mérite le soutien du Conseil de sécurité et, de manière plus large, de la communauté internationale.  Il a aussi suggéré que le Groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit armé soit ouvert à une plus grande participation des États Membres afin de tenir compte de situations dans différentes régions.  Le Gouvernement du Tchad est fermement déterminé à lutter contre ce phénomène, a-t-il assuré, avant de souligner que la volonté politique jouait un rôle fondamental.  Le Tchad est disposé à partager son expérience au plan régional dans la lutte contre le recrutement des enfants, a indiqué le représentant avant de conclure.

 

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a salué les derniers progrès réalisés dans la lutte contre le recrutement d’enfants.  Il a ainsi cité l’exemple du Tchad, en invitant ce pays à partager son expérience.  Il a appelé les parties à un conflit à tirer les enseignements de l’expérience tchadienne.  Cependant, a-t-il regretté, les enfants continuent d’être les premières victimes des conflits comme, en particulier, en Syrie où 5,5 millions d’enfants sont privés d’école.  C’est pourquoi, le Royaume-Uni appuie un programme de l’UNICEF visant à prévenir que toute une génération soit perdue dans ce pays.  Le représentant a aussi rappelé le cas des filles enlevées au Nigéria cette année avant d’appeler à faire davantage contre l’impunité.  À cet égard, il a souligné le rôle de la Cour pénale internationale.  Il a exhorté le Secrétaire général ainsi que le Groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit à augmenter la pression sur les auteurs des violations des droits des enfants et contre l’impunité.

 

Mme JOY OGWU (Nigéria) a dit que l’idéologie du groupe terroriste Boko Haram, qui sème le désastre dans le nord-est du Nigéria, était dirigée contre l’éducation dite « occidentale ».  Elle a indiqué que le Gouvernement du Nigéria était engagé à faire tout ce qui était possible pour sauver les jeunes filles enlevées par Boko Haram en avril dernier dans la localité de Chibok. 

 

Elle a notamment présenté un programme gouvernemental, intitulé « Écoles sûres », estimé à 100 millions de dollars, et visant à protéger les communautés, et particulièrement les écoles.  Elle a expliqué que ce programme prévoyait la construction de clôtures autour des écoles et l’installation de systèmes d’alarme. 

 

Le Gouvernement, a-t-elle dit ensuite, a également mis en place des mesures d’accompagnement socioéconomiques pour autonomiser les populations de la région du nord-est du pays.  Elle a aussi parlé d’un plan visant la « déradicalisation » d’extrémistes et de leurs familles, afin de changer leur manière de penser et de vivre et d’éviter que la violence en cours ne se généralise.

 

M. GARY QUINLAN (Australie) a évoqué la situation « terrible » de millions d’enfants affectés par les conflits armés dans le monde.  Près de 700 enfants ont été tués en Iraq cette année.  Plus de 10 000 enfants ont été tués en Syrie depuis l’éclatement du conflit en 2011.  Le Soudan du Sud compte environ 9 000 enfants soldats.  En République démocratique du Congo (RDC), près de 900 cas de violences sexuelles commises sur la personne d’enfants ont été enregistrés entre 2010 et 2013. 

 

Boko Haram a enlevé 276 écolières au Nigéria en avril dernier.  Un mois plus tard, l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) a capturé 153 garçons kurdes.  Des écoles et des hôpitaux continuent d’être attaqués, notamment à Gaza.

 

M. Quinlan a rappelé que le Conseil de sécurité s’était engagé, par ses résolutions 2139 (2014) et 2165 (2014), à alléger la souffrance des civils syriens.  S’il a mentionné des progrès récents au Tchad, en Somalie, au Yémen, en Afghanistan ou au Myanmar, il a reconnu qu’il restait beaucoup à faire pour mieux protéger les enfants en temps de conflit armé.

 

Il a recommandé de poursuivre les efforts pour mettre fin au recrutement d’enfants et autres graves violations commises par des acteurs non étatiques.  À cet égard, il a salué le plan d’action signé avec le Front de libération islamique Moro aux Philippines.  Il faut faire davantage pour protéger les écoles et pour mettre fin à l’impunité, a-t-il conclu, en appuyant le rôle de la Cour pénale internationale (CPI).

 

M. RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) a souligné l’importance de la résolution 2117 (2013) du Conseil de sécurité sur les armes légères dont la prolifération menace même les plus jeunes enfants.  Il a ensuite mis en relief la vulnérabilité des filles qui peuvent être enlevées pour être utilisées comme « épouses » ou esclaves sexuelles, et qui, pour diverses raisons, ne seront jamais réhabilitées et réintégrées.

 

Il faut prêter une attention accrue aux activités des groupes armés et des acteurs non étatiques qui commettent des violences « d’une rare barbarie », qu’il s’agisse de Boko Haram ou de l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL), a poursuivi le représentant.  Le Conseil de sécurité doit utiliser tous les outils dont il dispose, y compris les sanctions et la Cour pénale internationale (CPI), pour lutter contre les crimes commis contre des enfants en temps de conflit armé. 

 

À cet égard, la Lituanie regrette que le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés n’ait pas encore adopté ses conclusions sur la Syrie, où 10 000 enfants ont été tués.  Par ailleurs, ce pays appelle tous les États et acteurs non étatiques à appliquer les Directivesde Lucenspourprotéger les écoles et les universités del’utilisation militaire en temps de conflit armé.

 

Mme DINA KAWAR(Jordanie) a déclaré que la Jordanie était entourée de pays où les enfants sont maltraités.  Elle a cité, notamment, la situation des enfants en Syrie tout en déplorant que le Conseil de sécurité n’ait pas agi promptement pour faire cesser les souffrances d’enfants syriens qui sont torturés et enrôlés par les groupes armés.  Elle a souhaité que la crise syrienne soit résolue de manière pacifique et selon les aspirations du peuple syrien.  Concernant la terrible situation en Iraq, elle a prôné la mise en place d’un gouvernement inclusif qui puisse tenir compte de toutes les composantes de la société.  Pendant combien de temps les enfants palestiniens vont-ils encore être victimes d’exactions? s’est-elle ensuite interrogée, en rappelant le décompte macabre des victimes, en particulier des enfants, au cours du récent conflit dans la bande de Gaza.  Elle a par ailleurs précisé que les groupes armés dits « islamiques », qui sont auteurs d’exactions au Moyen-Orient, ne représentent pas les principes et valeurs de l’Islam.

 

M. FRANCOIS DELATTRE (France) a estimé que le dispositif mis en place par les Nations Unies avait produit des résultats concrets et permis de démobiliser, chaque année, des dizaines de milliers d’enfants soldats.  La campagne « Des enfants, pas des soldats » nous fait entrevoir, d’ici quelques années, la possibilité de vivre dans un monde où aucune armée nationale ne recruterait des enfants.  Il a précisé qu’une vingtaine de plans d’action signés avec des gouvernements ou des groupes armés représentent autant de progrès pour la protection des enfants dans les conflits.  Ces plans d’action doivent être mis en œuvre dans les meilleurs délais, a-t-il dit, avant d’exhorter les Nations Unies à déployer les ressources matérielles et humaines à leur disposition.  La France est favorable à une clarification des règles de participation à des opérations de maintien de la paix d’armées nationales listées pour recrutement d’enfants, a assuré M. Delattre.

 

Dans de trop nombreux conflits, les enfants restent, nous le savons, les premières victimes, a rappelé le représentant de la France, avant de noter qu’en Iraq et en Syrie, l’État islamique s’est rendu coupable des pires exactions à l’encontre des enfants.  Il a appelé la communauté internationale à mettre fin aux actions de ce groupe extrémiste en précisant que la France organisera, prochainement, une conférence internationale pour la sécurité en Iraq.  Le représentant a indiqué que plus de 10 000 enfants avaient trouvé la mort au cours des trois ans et demi de conflit en Syrie où 3 000 écoles ont été détruites, privant ainsi toute une génération de son droit à l’éducation.  Il a salué l’engagement de la Coalition et du Conseil militaire suprême de l’Armée syrienne libre de mettre fin et de prévenir le recrutement d’enfants.

 

« En République centrafricaine, les ex-Séléka comme les antibalaka comptent toujours dans leurs rangs plus de 6 000 enfants », a-t-il dénoncé, avant de préciser que le déploiement de la MINUSCA, à partir du 15 septembre, devra permettre de lutter plus efficacement contre les actions de ces groupes à l’encontre des civils.  M. Delattre a souligné le rôle essentiel de la Cour pénale internationale dans ce combat pour la protection de l’enfance, en rappelant que la condamnation, en 2012, de Thomas Lubanga et le transfert à la CPI, l’an dernier, de M. Bosco Ntaganda avaient envoyé un signal fort concernant les conséquences pénales du recrutement d’enfants, considéré comme un crime de guerre.  Le représentant de la France s’est dit favorable à un renforcement du dialogue avec la Cour.  Il a appelé tous les États à endosser les « Principes et Engagements de Paris », qui sont complémentaires de l’action du Conseil de sécurité.  Ils fournissent un cadre robuste à l’action de la communauté internationale pour la protection de l’enfance dans les conflits armés, a-t-il estimé.

 

M. EVGENY ZAGAYNOV (Fédération de Russie) a souligné l’importance de respecter la division de travail parmi les différentes institutions des Nations Unies, y compris dans la lutte contre le recrutement des enfants dans les conflits.  Le représentant s’est dit préoccupé par le sort des enfants dans l’est de l’Ukraine à cause des autorités de ce pays.  À ce jour, 23 enfants ont perdu la vie à cause du conflit, a-t-il indiqué.  À cause du conflit, le système éducatif et sanitaire dans l’est de l’Ukraine est en péril, a-t-il ajouté.  Le représentant russe s’est montré particulièrement inquiet du sort des enfants malades dans cette partie de l’Ukraine.  Il a déploré que les appels de son gouvernement pour accueillir ces enfants en Fédération de Russie n’aient pas été entendus par les autorités à Kiev.  Le représentant a dit également craindre l’augmentation du nombre d’enfants recrutés par les parties au conflit.  Le représentant a insisté sur la nécessité de faire preuve de transparence concernant les informations contenues dans le rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants dans les conflits armés.

 

M. JOON OH (République de Corée) a déploré la situation terrible que vivent les enfants en Syrie, en Afghanistan, au Soudan du Sud et dans d’autres régions du monde.  Il a dénoncé les attaques ciblant des écoles et le recrutement des enfants par des groupes armés au cours d’un conflit.  Il a proposé d’établir des plans d’action concrets avec des calendriers de réalisation précis.  Le représentant a demandé que des mesures soient prises pour mieux protéger les filles dans les situations de conflit.  Il a insisté sur la nécessité de prévenir que les groupes armés ne puissent pas acquérir des armes.  Le Traité sur le commerce des armes est, à cet égard, un instrument pour contrôler le trafic des armes, a-t-il rappelé.  Le représentant a demandé des mesures robustes contre les récidivistes, l’application du principe de reddition des comptes et la fin de l’impunité contre les auteurs des violations des droits des enfants.  Le système des Nations Unis a un rôle à jouer à cet égard, a dit le représentant.

 

M. CARLOS OLGUÍN CIGARROA(Chili) a indiqué que le fait que les droits des enfants étaient toujours violés démontrait que leur protection fût loin d’être efficace.  Il a cité des situations où les droits des enfants sont particulièrement violés du fait des conflits armés, notamment à Gaza, en Syrie, en Iraq et au Nigéria.  Il a aussi salué l’engagement de certains gouvernements qui ont signé des plans d’action pour protéger les enfants en temps de conflit. 

 

Le représentant a ensuite plaidé pour que les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité soient respectées, afin de protéger les enfants en temps de conflit armé.  Il a par ailleurs souligné que bien que la responsabilité de protection des enfants incombât de prime abord aux États, la communauté internationale, notamment la Cour pénale internationale (CPI), devait prendre des mesures adéquates en cas de défaillance des institutions étatiques.  Il a aussi souhaité que les mandats des missions de maintien de la paix des Nations Unies puissent tenir pleinement compte de la protection des enfants.

 

Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a déploré les dommages faites aux habitations et installations des Nations Unies au cours du récent conflit à Gaza.  Elle a regretté qu’on puisse « larguer des bombes sur des zones d’habitations » et a dit souhaiter que des enquêtes soient menées sur cette question.  Parlant de la crise syrienne, elle a regretté aussi que les enfants en soient les principales victimes, ajoutant que la violence répugnante contre les enfants devrait cesser, que ce soit en temps de paix comme de conflit.

 

Elle a plaidé pour que soit menée une lutte acharnée contre les auteurs de crimes contre les enfants, tout en tirant la sonnette d’alarme contre les violences sexuelles dont sont victimes notamment les jeunes filles en temps de conflit.  « Nous devons lutter, a-t-elle dit, contre ces traditions qui laissent croire que violer une vierge rend invulnérable à toute infection sexuellement transmissible. »  Elle a invité le Conseil de sécurité à lutter contre l’impunité pour les auteurs de tels crimes, et elle a conclu en rappelant les paroles de la jeune étudiante pakistanaise Malala Yousafzai qui avait relevé, devant le Conseil de sécurité, que « la violence n’est pas la solution, et qu’un livre, un enseignant et l’éducation peuvent changer le monde ».

 

M. LIU JIEYI (Chine) a dit que les enfants étaient les premiers à subir les conséquences de la violence et des conflits.  Pour protéger les enfants, il faut résoudre les conflits armés et le Conseil de sécurité doit prévenir les conflits en supprimant leurs causes.  Il a salué la campagne mondiale des Nations Unies « Des enfants, pas des soldats », lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et l’UNICEF. 

 

Le représentant a soutenu que la protection des enfants revenait en premier aux gouvernements nationaux.  Il a demandé la mobilisation des bailleurs de fonds pour aider les gouvernements dans cette lutte.  Toutes les parties au conflit doivent respecter le droit international, mettre un terme aux violences, respecter les résolutions du Conseil de sécurité, a rappelé le représentant.  La communauté internationale doit pour sa part adopter une stratégie intégrée afin de créer un environnement propice au développement des enfants, à leur retour dans les familles et les écoles pour qu’ils reprennent une vie normale.  La Chine est disposée à coopérer avec la communauté internationale dans ce domaine, a assuré son délégué.

 

M. OLIVIER NDUHUNGIREHE (Rwanda) a dit que le massacre de Gatumba, dont a réchappé Sandra Uwiringiyimana, une adolescente qui participait aujourd’hui au débat du Conseil de sécurité, était les conséquences de l’idéologie génocidaire qui avait failli ruiner le Rwanda.  Le représentant a soutenu la campagne mondiale des Nations Unies « Des enfants, pas des soldats », lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et de l’UNICEF, après avoir déploré les violences dont continuent de souffrir les enfants dans de nombreux conflits. 

 

Il a appelé l’appui des Nations Unies aux États touchés par les conflits.  Le système des Nations Unies doit assurer la protection des victimes et lutter contre l’impunité des auteurs des violations des droits des enfants. 

 

Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a rappelé le sort d’une femme de Mossoul, en Iraq, qui avait été enlevée par un groupe armé le mois dernier et dont la famille n’a plus de nouvelles.  Elle a ensuite parlé de la terrible expérience de Matthew, un adolescent de Bentiu, dans le Soudan du Sud, qui avait été enrôlé de force par des groupes armés hostiles au gouvernement, mais qui avait réussi à s’enfuir et à se réfugier dans un camp de la Mission des Nations Unies (MINUSS).  Elle a aussi parlé de l’histoire d’Abou Ibrahim, un garçon syrien dont la famille a été victime des bombardements des forces gouvernementales.  La montée de groupes extrémistes qui s’en prennent aux enfants est très inquiétante, a-t-elle averti.  La représentante des États-Unis a regretté que certains groupes armés, qui avaient été inscrits sur la liste, n’aient toujours pas été neutralisés.

 

Mme Power a par ailleurs déclaré que les auteurs de violences à l’encontre des enfants doivent être tenus responsables de leurs actes.  En 2008, le Gouvernement des États-Unis avait adopté une loi qui interdit toute coopération militaire entre le pays et tout État utilisant des enfants dans l’armée, a-t-elle rappelé.  La représentante a salué l’exemple du Tchad qui vient de se voir retirer de la liste des États utilisant des enfants soldats, à la suite de mesures engagées par le Gouvernement.  Lorsque les lois et la réglementation changent dans un pays, c’est la vie des enfants qui change, a-t-elle estimé.  Elle a ensuite rendu hommage à Sandra qui a été victime de violence et qui a su surmonter cette terrible expérience en s’engageant par son militantisme.  

 

M. MASOOD KHAN (Pakistan) a condamné l’utilisation d’enfants dans les groupes armés.  Il a insisté sur la nécessité de prendre des mesures fermes pour que tous les acteurs étatiques et non étatiques mettent fin à l’utilisation d’enfants dans les conflits armés, tout en saluant les efforts des Nations Unies entrepris dans cette voie.  Le Pakistan soutient la campagne « Des enfants, pas des soldats », a-t-il assuré, avant de souhaiter que cette campagne soit financée en conséquence afin d’être couronnée de succès.  Le représentant a ensuite plaidé pour que les auteurs de violence à l’encontre des enfants soient poursuivis en justice, en dénonçant particulièrement les attaques contre les écoles et les hôpitaux.  Les missions de maintien de la paix doivent jouer un rôle majeur dans la protection des enfants, a-t-il souligné.  Le Pakistan, qui est un pays contributeur de troupes majeur, soutient l’idée de former les troupes sur la protection des enfants avant leur déploiement sur le terrain.  

 

M. HALIT ÇEVIK (Turquie) a pris l’exemple de la Syrie et de Gaza pour souligner la gravité de la situation des enfants dans les conflits armés.  Le dernier rapport de la Commission internationale indépendante d’enquête en Syrie a montré, le mois dernier, que des graves crimes continuaient d’être commis contre les enfants en Syrie. 

 

À Gaza, les enfants ont du mal à commencer l’année scolaire car les écoles ont été détruites ou transformées en abri, a déploré le représentant.  Une ferme volonté politique et une action commune de la communauté internationale sont les éléments clefs de la protection des enfants, a-t-il ajouté.  Une autre façon d’avancer est l’intégration des dispositions de protection de l’enfance, y compris celles sur la lutte contre les six violations graves contre les enfants, dans les négociations et les accords de cessez-le-feu et de paix.  

 

L’augmentation du nombre et de la portée des conflits montre l’importance de la coopération et la coordination entre l’ONU, les pays et les organisations régionales, les pays fournisseurs de contingents et d’autres acteurs concernés dans les zones de crises, a expliqué le représentant. 

 

Il a mis l’accent sur la nécessité de ne pas perdre de vue l’objectif initial de mobiliser les efforts pour mettre fin au recrutement et l’utilisation d’enfants par des groupes armés.  Le Conseil de sécurité doit continuer à faire pression sur les auteurs récidivistes, y compris des sanctions si nécessaire.  Des mesures préventives telles que la mise en place de cadres juridiques et de mécanismes de vérification de l’âge, en particulier l’enregistrement des naissances sont d’une importance particulière.  En outre, les organisations non gouvernementales devraient s’abstenir de conclure tout type de contrat, y compris des actes d’engagement, avec des organisations terroristes, qui peuvent facilement abuser de cette situation pour légitimer leur existence et les actes, a soutenu M. Çevik.

 

Mme MARIA EMMA MEJIA (Colombie) a rappelé qu’en ce qui concerne son pays, le Gouvernement avait signé en août 2013 un accord global de cessez-le-feu avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).  Les deux parties examinent actuellement un cinquième point de l’accord sur la situation des enfants victimes du conflit car il ne faut pas oublier que des femmes et des enfants continuent de souffrir des conséquences du conflit après la fin de celui-ci, a rappelé la représentante.

 

Elle a ajouté que le Gouvernement avait aussi adopté la loi d’indemnisation des victimes, avant même la signature de l’accord en question.  Toujours en 2013, face aux risques que posent les mines terrestres, une politique d’action a été mise en place, ce qui constitue une nouveauté, a déclaré Mme Mejia.  Elle a estimé que les relations de son pays avec le système des Nations Unies devraient être améliorées pour que la Colombie ne soit plus citée dans le rapport à l’avenir.

 

M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a dit que « la protection des enfants en temps de conflit armé est un impératif moral universel ».  Il a noté que la Cour pénale internationale (CPI) devrait pouvoir se saisir de cas de violence à l’encontre des enfants.  Il a ensuite précisé qu’en cas d’absence de conflit armé, toute violation des droits des enfants est du ressort des législations nationales, et cela ne devrait ainsi pas donner lieu à aucune action de la part du Conseil de sécurité.

 

Le représentant a par ailleurs peint le panorama de certains conflits qui sont désastreux pour les enfants, notamment en Syrie, en Iraq et dans la bande de Gaza où, a-t-il déploré, « la puissance occupante a usé de la force de manière disproportionnée ».  Il a ensuite plaidé afin que la protection des enfants se fasse de manière indiscriminée dans le monde entier, et il a suggéré un plus grand investissement de la communauté internationale dans la diplomatie préventive et dans les programmes de développement, une manière, a-t-il expliqué, d’éviter l’irruption de conflits.

 

Un milliard d’enfants, dont 300 millions ont moins de 5 ans, vivent aujourd’hui dans des pays affectés par un conflit armé, a constaté M. MARTEN GRUNDITZ (Suède), au nom des pays nordiques.  Le taux de mortalité infantile est deux fois plus élevé dans ces pays que dans les pays en développement où prévaut la paix.  Les conflits armés ont également un impact négatif sur les enfants qui survivent, puisque 77% des enfants qui ne vont pas à l’école primaire vivent dans ces pays et qu’ils sont mal nourris.

 

Le mois dernier, la Suède a accueilli à Stockholm un cours des Nations Unies à l’intention des équipes de formation aux droits des enfants dans le cadre du maintien de la paix.  À cet égard, a dit M. Grunditz, il faut que les pays contributeurs de troupes des Nations Unies s’engagent eux-mêmes à ne pas recruter d’enfants soldats. 

 

Les pays nordiques soulignent également l’importance pour les enfants de pouvoir continuer d’accéder à des services de base en période de conflit et après un conflit, notamment en matière d’éducation et de soins de santé.  La protection des écoles est essentielle pour minimiser l’impact à long terme des conflits sur les enfants et les communautés. 

 

Mme YANERIT MORGAN (Mexique) a déclaré que l’Iraq, la Syrie, le Soudan du Sud et Gaza sont autant d’exemples qui nous montrent la nécessité de nous unir pour faire face aux abus et défendre les intérêts supérieurs des enfants victimes des conflits armés.  Elle a souligné la nécessité de promouvoir la coopération aux niveaux régional et international pour protéger les enfants.  La représentante a ensuite condamné les attaques contre des écoles et des hôpitaux comme tactiques de guerre.  Elle a salué la note d’orientation de l’UNICEF visant à faciliter la mise en œuvre de la résolution 1998 du Conseil de sécurité.  Elle s’est également félicitée de la mise en œuvre de la campagne « des enfants, pas des soldats » qui vise à mettre un terme au recrutement des enfants d’ici à 2016. 

 

M. CHAYAPAN BAMRUNGPHONG (Thaïlande) a fait observer que la situation dans les provinces frontalières du sud de la Thaïlande, qui sont mentionnées dans le rapport du Secrétaire général, « ne constitue pas un conflit armé au sens du droit international ».  Selon lui, ce rapport devrait « se limiter aux situations dont le Conseil de sécurité est saisi ». 

 

De façon générale, l’ONU devrait, compte-tenu des sensibilités et de la complexité des situations sur le terrain, travailler en étroite coopération avec les gouvernements concernés et avec leur accord, notamment quand des acteurs non étatiques sont impliqués.  En outre, le représentant a suggéré que les sources d’information contenues dans les rapports du Secrétaire général soient « identifiables et vérifiables ».

 

La protection des enfants est une question d’intérêt commun qui requiert nos efforts collectifs et une coopération constructive, a conclu M. Bamrungphong.  Par conséquent, il est essentiel que les agences concernées des Nations Unies et les États Membres mettent l’accent sur le respect mutuel et la confiance.

 

M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a fait remarquer que 17 des 23 conflits étudiés dans le rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé ont impliqué des attaques contre des écoles, des étudiants et/ou des professeurs.  « La communauté internationale ne peut pas hésiter plus longtemps à agir pour mettre un terme à des actes qui sont, de façon flagrante, illégaux », a-t-il estimé.

 

Lorsque les systèmes judiciaires nationaux ne peuvent ou ne veulent intervenir, a poursuivi M. Cardi, les États Parties au Statut de Rome devraient saisir la Cour pénale internationale (CPI).  Il a salué le travail du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU qui s’efforce, en coopération avec la Représentante spéciale du Secrétaire général, l’UNICEF et les organisations non gouvernementales, de développer un programme de formation sur les droits des enfants pour le personnel de maintien de la paix.  C’est dans cet esprit que l’Italie appuie le travail de CoESPU, un centre d’excellence pour la police basé à Vicenza.  

 

M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a déclaré que le travail du Conseil de sécurité et des institutions des Nations Unies avait permis de réaliser d’immenses progrès sur la question de la protection des enfants en situation de conflit armé. Il a appelé à axer les efforts sur les droits des enfants déplacés.  La protection des enfants, a-t-il souligné, doit figurer parmi les priorités de l’ONU pendant et après les conflits.  Le représentant de l’Azerbaïdjan a assuré du soutien de sa délégation aux recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général.

 

M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a soutenu que les milices islamistes et terroristes endoctrinaient les enfants qu’ils recrutent.  « Le rire innocent des enfants des pays de la région a disparu pour laisser la place à des slogans meurtriers », a regretté le représentant de la Syrie qui a dénoncé l’endoctrinement religieux de ces enfants qu’on incite à égorger des « mécréants chrétiens et juifs ».  Il a cité une loi du 6 mai 2013 par laquelle le Gouvernement syrien condamne le recrutement des enfants, interdit de cibler les écoles et les hôpitaux et préconise la lutte contre les violences sexuelles et mutilations.  Il a rappelé que le 6 février dernier, la Syrie avait présenté à la Représentante spéciale du Secrétaire général des informations vérifiées sur les attaques systématiques menées par les groupes terroristes contre les écoles et hôpitaux et les enlèvements et mutilations dont ils se sont rendus coupables.

 

M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a demandé à toutes les parties de cesser immédiatement les violations décrites dans le rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé et de faire en sorte qu’elles ne se reproduisent pas à l’avenir.  Il a aussi appelé tous les États à adhérer au Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, qui a été ratifié par tous les Etats membres de l’Union européenne.

 

Le droit à l’éducation et au bien-être des enfants affectés par un conflit est au cœur de la politique de l’Union en matière de droits de l’homme, a expliqué M. Mayr-Harting.  Ainsi, une initiative intitulée « Les enfants de la paix » a-t-elle permis à 108 000 enfants de profiter d’un programme d’éducation d’urgence entre 2012 et 2014. 

 

Par ailleurs, en 2013, l’Union européenne a intégré la promotion des droits de l’homme, la protection des enfants et le droit international humanitaire dans le mandat de sa mission de formation au Mali.  Elle a également incorporé la protection des enfants dans les documents de planification de l’opération européenne en République centrafricaine.

 

En outre, l’Union européenne est fière d’appuyer la campagne « Des enfants, pas des soldats », qui vise à mettre un terme au recrutement d’enfants soldats par des forces armées gouvernementales d’ici à 2016.  Pour ce qui est de la lutte contre l’impunité en matière de crimes graves de portée internationale, elle continue d’appuyer le rôle essentiel de la Cour pénale internationale (CPI). 

 

Cette année, l’Union européenne a finalisé un dispositif visant à intégrer les droits de l’enfant en matière de coopération pour le développement.  Préoccupée par le recrutement d’enfants-soldats en République centrafricaine, l’Union européenne, avec l’aide de l’UNICEF, met en œuvre un programme éducatif dans ce pays, qui inclut la formation d’un millier d’enfants qui étaient en contact avec des groupes armés. 

 

De plus, a poursuivi le délégué, l’Union finance un projet éducatif au Soudan du Sud.  Dans le cadre de sa coopération avec le Nigéria, elle fournit une aide en matière de lutte contre le terrorisme et des services de protection pour les enfants dans l’État de Borno, dans le nord du pays.

 

M. ANDREAS RIECKEN (Autriche), qui s’exprimait au nom du Réseau Sécurité Humaine, un groupe informel d’États qui préconisent une approche « holistique », centrée sur les personnes, en matière de sécurité humaine.  Il a salué l’adoption de la résolution 2143 (2014) du Conseil de sécurité et a souhaité que les États Membres adoptent des mesures concrètes pour dissuader les forces armées et les groupes armés non étatiques d’utiliser des écoles à des fins militaires.  À cet égard, il a pris note avec intérêt des travaux sur les Directives de Lucens pour la protection de l’éducation contre les attaques.

 

M. Riecken a fait part de sa préoccupation face au refus de laisser les civils, y compris les enfants, accéder à l’aide humanitaire, et face aux attaques menées contre des travailleurs humanitaires dans un certain nombre de pays.  Il a jugé important de se concentrer sur les acteurs non étatiques et de redoubler d’efforts pour lutter contre l’impunité.  En particulier, les violences sexuelles commises sur les enfants restent trop souvent impunies.

 

M. RON PROSOR (Israël) a affirmé que tous les enfants du monde méritaient de grandir dans un environnement où leur dignité est respectée.  Il a précisé que 2 millions d’enfants avaient péri d’un conflit armé au cours de cette dernière décennie.  Il a dénoncé les attaques perpétrées par le Hamas contre les enfants israéliens.  Le Hamas a tiré 3 800 roquettes et tirs de mortiers contre Israël au cours de l’été, soit une roquette toutes les 10 minutes, qui ont atterri dans des écoles et autres lieux publics, a-t-il dénoncé.  M. Prosor a cité en particulier la mort d’un enfant israélien de 4 ans, DanielTragerman, victime d’un tir de roquette lancé à partir d’une école primaire de Gaza.  Il a assuré que le Hamas utilisait les écoles pour stocker des armes.  Les enfants d’Israël grandissent dans un climat d’insécurité continue et doivent, pour se protéger, être accompagnés de gardes de sécurité.  Le Hamas a refusé la distribution dans les écoles de Gaza de livres scolaires sur les droits de l’homme et empêche des générations de Palestiniens de vivre dans la paix, a-t-il déclaré avant de conclure.  

 

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a salué la campagne mondiale des Nations Unies « Des enfants, pas des soldats », lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et l’UNICEF et a dit son inquiétude au vu de l’ampleur des violations des droits des enfants. 

 

Elle a ensuite déploré l’enlèvement de plus de 200 jeunes filles par le groupe terroriste Boko Haram dans le nord-est du Nigéria.  Elle a noté que les enfants palestiniens n’étaient pas à l’abri de la violence de la part des forces israéliennes.  Elle a notamment condamné les attaques contre les écoles et leur transformation en champ de bataille.  La représentante a, enfin, dénoncé l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) qui commet à l’égard des enfants d’ignobles actes de violence.

 

Au nom du Mouvement des pays non alignés (NAM), M. GHOLAMHOSSEIN DEHGHAN(République islamique d’Iran) a déploré que les conflits armés continuent de toucher les enfants de manière disproportionnée.  Il a regretté que les enfants continuent d’être les principales victimes dans le Territoire palestinien occupé.  Il a rappelé que 495 enfants palestiniens avaient été tués et 3 000 autres blessés au cours de l’été.  Le représentant a appelé à mettre fin à l’impunité d’Israël.  Le Mouvement des pays non alignés a exprimé sa détermination à éliminer toute forme de discrimination à l’égard des femmes et des filles, dont le recours aux violences sexuelles comme tactique de guerre, a assuré le représentant.  Il a ajouté que le NAM reconnaissait les progrès accomplis dans la protection des enfants en situation de conflit armé.  Avant de conclure, il a souligné l’importance des données fournies par les États Membres pour améliorer la protection des enfants.  

 

M. HEIKO THOMS (Allemagne) a déploré que 59 parties figurent sur la liste recrutant, utilisant, tuant, mutilant ou violant des enfants, qu’il a qualifiée de « liste de la honte ».  Il a dénoncé le fait que les parties non étatiques s’en prennent en particulier à des enfants, notamment l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) et Boko Haram au Nigéria. 

 

Il est important que des mesures de protection des enfants soient déployées sur le terrain lorsque des conflits surgissent, a-t-il dit.  Il a en outre réitéré le fait que les forces armées citées dans la liste ne devaient pas participer à des missions de maintien de la paix des Nations Unies.  Il a terminé en appelant tous les États Membres à appuyer les Nations Unies dans cette lutte.  

 

M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) s’est dit préoccupé par le taux de violations graves du droit des enfants à travers le monde.  Il a cité « le nombre élevé des victimes de l’agression israélienne contre Gaza », en dénonçant tout particulièrement le nombre élevé d’arrestations d’enfants par les forces israéliennes.  Il a dénoncé également le nombre croissant d’attaques menées par les groupes terroristes contre les enfants à travers le monde.  Le représentant a souhaité que l’initiative « Des enfants, pas des soldats » soit intégrée à tous les travaux des Nations Unies.  Il s’est dit choqué par les violences sexuelles et sexistes contre les filles en estimant qu’il ne pouvait y avoir ni laxisme ni impunité.

 

Mme MONICA BOLAŇOS (Guatemala) a constaté avec inquiétude que huit nouveaux groupes avaient été ajoutés à la liste des parties qui recrutent et utilisent des enfants, commettent des violences sexuelles sur la personne d’enfants, des meurtres ou des atteintes à leur intégrité physique en violation du droit international, attaquent systématiquement les écoles et hôpitaux. 

 

Elle s’est inquiétée en particulier de l’émergence de groupes armés plus radicaux, tels que l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) et Boko Haram, « qui modifient le paysage des conflits armés ».

 

Le Guatemala considère qu’il faut renforcer les capacités nationales et appuyer la réforme des secteurs de la sécurité et de la justice, et, de même, créer des cours spéciaux et mixtes pour combattre l’impunité.  Ceux qui ont commis des violations graves des droits des enfants ne devraient bénéficier d’aucune amnistie et ne pas occuper de fonctions dans les gouvernements ou les forces armées de leurs pays respectifs, a déclaré la représentante. 

 

À ce sujet, elle a souligné le rôle complémentaire de la justice internationale, notamment la Cour pénale internationale (CPI).  Elle a également estimé qu’il fallait renforcer les dispositions relatives à la protection des enfants dans les mandats des opérations de maintien de la paix, et des missions politiques spéciales et de consolidation de la paix. 

 

M. MARGUS KOLGA (Estonie) a appelé à prendre toutes les mesures possibles pour protéger les droits des enfants et punir les auteurs des violations de ces droits.  Il a partagé la préoccupation du Secrétaire général au sujet du nombre croissant d’attaques contre des écoles.  À cet égard, il a salué la portée des « Directives de Lucens » pour protéger les écoles.  Il a estimé que la formation des agents de maintien de la paix en matière de protection des enfants devrait être la règle.  Le représentant estonien a regretté que la dimension « reddition des comptes » ne soit pas plus mise en exergue dans le rapport du Secrétaire général.  Le rôle de la CPI est essentiel lorsque les États ne sont pas en mesure ou ne souhaitent pas traduire en justice les auteurs de tels crimes au niveau national.

 

M. AHMED FATHALLA, Ligue des États arabes, a mis l’accent sur les traumatismes que subissent les enfants dans les pays arabes en raison des conflits qui s’y déroulent.  L’observateur de la Ligue des États arabes s’est inquiété du nombre croissant d’enfants obligés de porter les armes et de commettre des crimes.  « Nous devons mettre l’accent sur le droit des enfants », a-t-il insisté, avant de rappeler que la Déclaration de Doha de 2013 avait réaffirmé l’importance de la coopération entre les États arabes pour promouvoir le droit des enfants.  Il a mis l’accent sur les efforts déployés par la Ligue des États arabes pour protéger les enfants, dont le lancement d’une campagne en collaboration avec l’UNICEF.  M. Fathalla a exhorté les pays arabes, qui ne l’ont pas encore fait, à ratifier le Protocole facultatif de la Convention relative aux droits des enfants concernant l’implication des enfants dans les conflits armés.  Déplorant que des milliers d’enfants aient été tués ou blessés dans la bande de Gaza au cours de l’été, il a souhaité qu’Israël soit amené à rendre des comptes. 

 

M. SABRI BOUKADOUM (Algérie) a souligné la nécessité d’aller « au-delà de ce qui est demandé aux États en matière de protection des enfants ».  La place des enfants est à l’école et cela doit être protégé.  Il a cité en particulier le cas des enfants dans le Territoire palestinien occupé surtout après la récente intervention israélienne dans la bande de Gaza. 

 

Puis, il a estimé que le Conseil devrait être capable de prendre des mesures contre les auteurs des violations des droits des enfants.  En ce qui concerne le rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé, il aurait dû contenir des « recommandations spécifiques » en faveur de la protection des enfants, a affirmé le représentant.  Il a demandé en outre que le rapport propose des sanctions contre l’impunité des auteurs des violations des droits des enfants.  Il a salué le Tchad pour ses efforts en vue d’améliorer le sort des enfants.

 

Mme BÉNÉDICTE FRANKINET (Belgique) a dit sa préoccupation face à la persistance de l’impunité et a salué le plan national d’action de la République démocratique du Congo (RDC).  Mais les efforts doivent être maintenus, a-t-elle ajouté.  C’est ainsi que la représentante a invité le Gouvernement de ce pays à mettre intégralement en œuvre le plan d’action et les engagements pris dans ce sens.  Elle a insisté sur le fait que les auteurs de violation ne devraient pas être intégrés dans les forces de sécurité en RDC. 

 

Plus généralement, elle a demandé aux parties en conflit de s’abstenir d’utiliser des mines terrestres.  La représentante de la Belgique a déclaré que les forces armées nationales qui figurent sur la liste des parties recrutant, utilisant, tuant ou mutilant des enfants ne devraient pas pouvoir envoyer des troupes dans les missions de maintien de la paix des Nations Unies.

 

M. ASOKE MUKERJI (Inde), rappelant que les enfants représentent un tiers de l’humanité, a regretté qu’ils se voient forcés dans de nombreuses régions du monde à porter les armes et faire la guerre à des adultes.  Il a reconnu le rôle de la société civile comme partenaire précieux au niveau national pour préserver le droit des enfants.  La Commission nationale indienne pour le droit des enfants, créée en 2007, constitue un exemple en Asie, a-t-il assuré.  Il est important, a-t-il souligné, d’adopter une action spécifique à l’égard des acteurs non étatiques qui violent les droits des enfants.  Le représentant a regretté l’inclusion dans le rapport du Secrétaire général de questions qui ne semblent pas relever des menaces à la paix et à la sécurité. 

 

M. YOSHIFUMI OKAMURA (Japon) a noté que 223 des 276 filles enlevées par Boko Haram dans le nord du Nigéria restent toujours introuvables.  Il a indiqué que le Japon mettait l’accent sur la lutte contre la violence à l’égard des filles.  Il a ajouté que le Japon avait consacré 855 000 dollars en appui aux communautés victimes au Nigéria.  Afin de garantir le succès de la campagne « Des enfants, pas des soldats » visant à éliminer le recrutement des enfants d’ici à 2016, le représentant a appelé à mettre l’accent sur les violations commises par les groupes non étatiques. 

 

Mme CRISTINA MARIA CERQUEIRA PUCARINHO (Portugal) a rappelé que 15 ans se sont écoulés depuis que le Conseil de sécurité a adopté des premières résolutions sur le sort des enfants en temps de conflit armé reconnaissant que cette question avait des implications sérieuses pour la paix et la sécurité internationales.  La protection des enfants dans ces situations requiert l’engagement de la communauté internationale, a-t-elle dit. 

 

En outre, ces dernières années, le Conseil a considérablement renforcé la nécessité de tenir pour responsables les auteurs des violations graves des droits des enfants.  Elle a demandé à ce que tous les auteurs d’enlèvement et de refus de l’accès humanitaire soient inscrits, dans le futur, sur la liste des parties recrutant, utilisant, tuant ou mutilant des enfants. 

 

La représentante a demandé à faire en sorte que la tendance à détruire les écoles pour les transformer en champ de bataille soit renversée.  Le Portugal a, à cet égard, avec d’autres Membres, parrainé les Directives de Lucens sur la protection des écoles et des universités durant les conflits armés. 

 

En outre, les auteurs de violences contre les enfants ne devraient pas restés impunis.  Le Conseil doit étudier les cas des auteurs récidivistes.  La Cour pénale internationale (CPI) doit continuer à jouer un rôle de dissuasion à cet égard et doit renforcer les efforts nationaux.  Il faudra également inclure des conseillers de protection des enfants dans les missions de maintien de la paix, procéder à la sélection minutieuse des Casques bleus pour éviter la présence d’individus impliqués dans la violence contre les enfants.  

 

M. BOGUSLAW WINID (Pologne) a rappelé la résolution 2143 (2014) du Conseil de sécurité qui souligne l’importance de prévenir le recrutement d’enfants soldats, en établissant notamment des unités de protection des enfants au sein des forces nationales de sécurité. 

 

Après avoir joué un rôle clef pour l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant, il y a 25 ans, la Pologne a coparrainé les deux résolutions du Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés, en 2012 et 2014. 

 

Selon son représentant, tous les pays devraient signer, ratifier et appliquer le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.  Ceux qui en violent les termes devraient être jugés par des mécanismes internationaux, tels que la Cour pénale internationale (CPI).

 

M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a insisté « pour que le Conseil de sécurité impose systématiquement des sanctions et adopte des mesures ciblées qui obligeront les responsables à rendre compte de leurs actes immoraux ».  Face à l’enlèvement massif de lycéennes au Nigéria, par BokoHaram, le Canada encourage le Secrétaire général à ajouter les enlèvements à la liste officielle des actes visés par le Mécanisme de surveillance et de communication de l’information du Conseil de sécurité. 

 

M. Rishchynski a condamné l’utilisation actuelle d’écoles par des groupes armés, notamment pour en faire des bases, des casernements, des caches d’armes et des centres de détention, et pour la poursuite d’autres objectifs militaires.  Pour protéger les enfants, le Canada est convaincu qu’il faut se doter de mécanismes à la fois officiels et officieux. 

 

S’agissant des mécanismes officiels, ceux-ci comprennent l’inscription à l’état civil, y compris la collecte de données connexes ventilées par sexe, origine ethnique et quintile de revenu.  Pour ce qui est des mécanismes officieux, ceux-ci englobent la participation active des familles, des collectivités et des enfants eux-mêmes à la création et à la promotion de milieux protecteurs.

 

Depuis 2008, le Canada a versé plus de 27 millions de dollars au profit d’initiatives qui aident à la prévention du recrutement d’enfants soldats et à leur démobilisation.  Récemment, il a aussi alloué 10 millions de dollars à l’UNICEF pour la mise en œuvre du Mécanisme de surveillance prévu par la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité.  En janvier dernier, le Premier Ministre a annoncé qu’une aide de 50 millions de dollars sera consacrée à des activités qui favorisent l’accès à l’éducation et à la protection des enfants, dans le cadre de l’initiative « No Lost Generation ». 

 

M. DESRA PERCAYA (Indonésie), qui s’exprimait au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a déclaré que l’islam voyait les enfants comme un don de Dieu et qu’ils devaient être reçus avec joie et gratitude.  L’islam accorde aux enfants certains droits qui doivent être observés par leurs parents et communautés.  Les droits parmi les plus sacrés des enfants sont le droit à la vie et le droit à l’éducation.  Ces droits résonnent dans la Charte de l’OCI qui appelle à la création de conditions favorables à la bonne éducation des enfants et de la jeunesse.

 

Le représentant a réitéré la ferme opposition de l’OCI à la violence comme moyen de résoudre les différends.  Il a souligné la coopération et le partenariat entre l’OCI et les Nations Unies pour restaurer la paix et la sécurité en Somalie, en Afghanistan et au Soudan.  En 2013, a rappelé le représentant, l’OCI a ouvert une Unité de médiation, de paix et de sécurité avec l’appui des Nations Unies.

 

Il a aussi demandé au Conseil de sécurité d’intensifier ses efforts pour assurer la responsabilité des auteurs des violations.  L’OCI réitère son appel au Conseil à engager sa responsabilité en ce qui concerne les enfants victimes de l’occupation israélienne en Palestine.  La brutalité de l’agression israélienne à Gaza pendant le dernier conflit réclame une attention internationale forte, une solution politique et la reddition de compte, a dit le représentant.  

 

M. OMAR HILALE(Maroc) a dit que les enfants étaient doublement victimes dans les conflits, d’abord des violences, puis en étant embrigadés dans les forces combattantes.  Il a estimé que trouver une solution à ce problème relevait aussi bien d’une obligation morale que d’un impératif pour la paix et la sécurité internationales. 

 

Le représentant a salué les efforts menés dans le cadre de la campagne mondiale des Nations Unies «Des enfants, pas des soldats», lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et de l’UNICEF.  Il a aussi condamné les attaques armées contre les écoles et les hôpitaux.

 

Il a en outre a souhaité que les crimes contre les enfants soient considérés comme des crimes contre l’humanité, car ces enfants, a-t-il expliqué, représentent l’avenir de l’humanité.

 

Mme CRISTINA CARRION(Uruguay) a déploré le fait que les violences contre les enfants en temps de conflit armé aillent grandissantes et que les écoles et les hôpitaux soient la cible d’attaques armées pendant les conflits.  Elle a souhaité que la Cour pénale internationale (CPI) soit saisie de tels actes qui s’apparentent à des crimes de guerre. 

 

Elle a du reste plaidé afin que les cas de violences faites à l’encontre des enfants durant les conflits soient portées à l’attention de la CPI par le Conseil de sécurité, en collaboration avec les institutions judiciaires nationales, a-t-elle précisé.  La représentante a aussi insisté sur la « réinsertion durable et réussie des enfants soldats » qui, a-t-elle expliqué, sont aussi des victimes des conflits.

 

M. SALWAN RASHEED ANJO ANJO (Iraq) a d’abord rappelé que son pays faisait actuellement face à des attaques terroristes qui visent à déstabiliser le Gouvernement.  Puis réagissant au chapitre 70 du rapport du Secrétaire général, affirmant que « l’année 2013 a été marquée par une hausse notable du nombre d’actes de violence », il a expliqué que cette situation résultait de ces attaques terroristes contre des civils.   

 

Concernant le paragraphe 71 du même rapport qui fait état « d’informations provenant des provinces d’Anbar, de Ninive et de Salah ad Din indiquant que des enfants avaient continué de servir dans les rangs de divers groupes armés, dont Al-Qaida en Iraq », la loi affirme qu’il est interdit d’intégrer l’armée avant l’âge de 18 ans, a répondu le représentant.  Le Gouvernement a en outre entrepris des actions pour stopper l’exploitation des enfants et a adopté une loi contre le terrorisme, a-t-il indiqué.

 

Mme MIRSADA COLAKOVIC (Bosnie-Herzégovine) a indiqué que son pays avait été parmi les premiers à signer et à ratifier le Protocole facultatif de la Convention relative au droit de l’enfant sur la participation des enfants au conflit armé.  Elle s’est dite très inquiète au sujet des graves violations soulignées par le récent rapport du Secrétaire général avant de préciser qu’il était de la responsabilité première des États de fournir protection et secours à tous les enfants affectés par les conflits armés.

 

Elle a aussi dit que la protection des enfants en situation de conflit armé était un des devoirs des Nations Unies et a rappelé la référence que constituent les résolutions 1612 (2005), 1882 (2009), 1998 (2011), 2068 (2012) et 2143 (2014) du Conseil de sécurité.  Elle a déclaré que la prévention des crimes contre les enfants était une composante importante des mesures développées pour promouvoir le règlement et le relèvement postconflit. 

 

Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, toutes les parties concernées doivent s’assurer que toutes les dispositions relatives à la protection des enfants soient intégrées à toutes les négociations et à tous les accords de paix, a insisté Mme Colakovic, avant de demander que la protection des enfants affectés par des conflits armés soit une priorité des processus de reconstruction postconflit. 

 

Elle a estimé, par ailleurs, que la coopération et l’échange d’information entre le Groupe de travail du Conseil de sécurité sur le sort des enfants en temps de conflit armé, le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et les comités de sanctions pertinents soient améliorés.  Elle a dit l’importance de la campagne mondiale des Nations Unies « Des enfants, pas des soldats » lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale et l’UNICEF.

 

M. ROMAN OYARZUN (Espagne) a noté avec satisfaction les déclarations publiques de certains leaders de groupes armés qui avaient ordonné l’interdiction de recrutement d’enfants dans leurs rangs.  Ceci prouve que la campagne mondiale « Des enfants, pas des soldats », lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et de l’UNICEF, constitue la meilleure approche, s’est réjoui le représentant, mettant l’accent sur le nécessité de continuer dans cette direction. 

 

Il a apporté son appui à la recommandation du Secrétaire général, qui, dans son rapport, propose que la protection des enfants devait être inclue, dès le début, dans chaque opération de maintien de la paix des Nations Unies.  Une action particulière devait être accordée à la formation du personnel de ces opérations ainsi que la nomination de conseillers dans ce domaine.  Il a rappelé qu’une attention particulière devait être accordée aux défis particuliers auxquels font face les filles. 

 

Le représentant a aussi parlé de la poursuite des attaques contre les écoles et les hôpitaux, lesquelles tuent des enfants et blessent d’autres, avant de condamner le recours aux armes explosives dans les zones densément peuplées et urbaines.  Il a cité l’exemple de la Syrie où, sur les trois millions de réfugiés, un million sont des enfants. 

 

Le représentant a ajouté que l’Espagne jouait un rôle actif dans en République centrafricaine et au Mali.  Il a terminé en disant que la lutte contre l’impunité constituait un élément clef dans tout système juridique et a apporté son appui au rôle de la Cour pénale internationale (CPI) tout en réitérant que les États Membres étaient les premiers garants de ce système.  Ils ont l’obligation et la responsabilité de protéger leurs citoyens, de poursuivre les auteurs de graves violations et de prendre en charge les victimes, a-t-il dit.

 

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a dit que les enfants de son pays avaient connu des souffrances immenses du fait de la guerre qui perdure depuis plus de 30 ans.  Il a parlé d’une situation dans laquelle les enfants se retrouvent au milieu de tirs croisés provenant d’opérations militaires ou encore étaient victimes d’engins explosifs improvisés et d’attaques suicides.  Il a déclaré que les enfants d’Afghanistan étaient également exploités par des groupes terroristes qui les enrôlent de force comme combattants, kamikazes, fabricants ou disséminateurs d’engins explosifs improvisés, et parfois comme esclaves sexuels. 

 

Il a ensuite affirmé que les ennemis de l’Afghanistan, notamment les Taliban, empêchaient les jeunes filles afghanes d’exercer leur droit à l’éducation.  M. Tanin a ainsi parlé de menaces d’attaques à l’acide, d’enlèvements et de meurtres que brandissent les Taliban à l’encontre des jeunes filles et des enseignants.  Il a relevé que pour l’année 2013, 73 incidents avaient eu lieu dans des écoles, faisant des dizaines de morts et de blessés parmi les enfants, tandis que des centaines d’écoles ont ainsi dû fermer à travers le pays, affectant la scolarité de 115 000 enfants.

 

Le représentant a en outre indiqué que l’Afghanistan avait mis en place des mesures pour protéger les droits des enfants et faire cesser le recrutement de ces derniers dans les forces armées nationales.  Il a ainsi rappelé que le 1er août dernier, le Gouvernement afghan avait pris l’engagement de suivre une feuille de route pour mettre fin au phénomène d’enfants soldats dans le pays, avec le soutien et la collaboration du Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).

 

M. JIM McLAY (Nouvelle-Zélande) a souhaité que le rapport annuel du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé précise depuis combien de temps les parties qui recrutent et utilisent des enfants, commettent des violences sexuelles sur la personne d’enfants, des meurtres ou des atteintes à leur intégrité physique en violation du droit international, attaquent systématiquement les écoles et hôpitaux, figurent sur la liste en annexe.  S’il s’est félicité de certains progrès, M. McLay a souhaité un engagement renforcé avec les acteurs non étatiques.

 

Les Nations Unies doivent nourrir « une culture qui déplore l’implication directe des enfants dans les conflits et condamne toutes les violations de leurs droits ».  C’est la raison pour laquelle la Nouvelle-Zélande demande que tous les soldats de maintien de la paix reçoivent une formation obligatoire sur la protection des enfants. 

 

Les violations dont les enfants sont victimes dans les conflits doivent également être prises en compte dans tous les efforts de médiation et les accords de paix, et des conseillers en matière de protection des enfants devraient être déployés dans les conflits ayant un impact avéré sur les enfants. 

 

Enfin, le représentant a appuyé les Directives de Lucens concernant la protection de l’éducation contre les attaques.

 

Mme MPHO MOGOBE (Botswana) s’est félicitée des succès des politiques menées par le Gouvernement de son pays dans le cadre de l’épanouissement des enfants.  Elle a également appelé la communauté internationale à s’engager davantage dans la prévention des violations des droits des enfants, et elle a plaidé afin que les auteurs de telles violations soient poursuivis en justice. 

 

La déléguée a par ailleurs salué le travail mené par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Leila Zerrougui, et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), dans le cadre de la campagne « Des enfants, pas des soldats ».  Elle a fait part de son soutien à cette campagne qui vise, a-t-elle rappelé, de faire en sorte que d’ici à l’année 2016, il n’y ait plus d’enfants soldats dans le monde.

 

M. KYAW TIN (Myanmar) a regretté que l’évaluation de la situation au Myanmar, présentée dans le rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé, se concentre essentiellement sur des incidents isolés.  Compte tenu des développements positifs récents dans son pays, il aurait souhaité une approche plus juste et équilibrée. 

 

Avec la transition démocratique, le Myanmar a pris des mesures concrètes pour interdire le recrutement de soldats de moins de 18 ans, a expliqué le représentant.  Un comité spécial créé à cet effet surveille notamment le recrutement au sein des forces armées gouvernementales et des gardes-frontière.  Depuis 2012, 363 mineurs ont été démobilisés. 

 

Selon le représentant, les progrès « sans précédent » du processus de paix engagé par le Gouvernement pour mettre fin à six décennies de conflits ethniques contribuent largement à protéger les enfants en temps de conflit.  « Un accord de cessez-le-feu d’envergure nationale est maintenant à portée de main », a-t-il précisé. 

 

Le Myanmar est également prêt à coopérer avec la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés pour évaluer le progrès du plan d’action signé en 2012.  Il vise à atteindre le but fixé par la campagne « Des enfants, pas des soldats » avant même la date butoir de 2016.

 

M. AWALE ALI KULLANE (Somalie) a réitéré la volonté de son gouvernement à réussir la campagne lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et l’UNICEF, dont l’objectif est de mettre un terme au recrutement des enfants d’ici à 2016. 

 

Il a d’ores et déjà adopté un plan d’action qui stipule entre autres l’interdiction du recrutement des enfants dans les rangs de l’armée.  Ce plan continue d’être mis en œuvre avec l’appui des Nations Unies.  Pour preuve, a-t-il dit, 250 soldats ont été contrôlés en juin, et 900 nouvelles recrues ont été vérifiées.  Aucun enfant n’a été trouvé dans leurs rangs, a rassuré le représentant. 

 

M. OLEKSANDR PAVLICHENKO (Ukraine) a déclaré que, malheureusement, la question des enfants en temps de conflit armé intéressait directement son pays.  « Depuis le début du conflit provoqué par la Fédération de Russie, il y a eu un nombre répété d’enlèvements d’enfants perpétrés par les groupes terroristes parrainés par la Russie dans l’est du pays. »   Des enfants ont été enlevés dans des orphelinats ou des centres médicaux et illégalement sortis du pays.  En outre, « des enfants sont tués ou blessés du fait des activités de groupes armés agissant dans l’est de l’Ukraine », s’est indigné le représentant.

 

D’après le Groupe de surveillance des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Ukraine, depuis la mi-avril cette année, au moins 23 enfants ont été tués et 38 blessés dans l’est du pays.  La protection des civils, en particulier les enfants, constitue une priorité pour le Gouvernement ukrainien alors qu’il conduit une opération antiterroriste, a assuré le représentant. 

 

Des mesures pratiques ont été prises pour coordonner des opérations d’évacuation et de retour.  D’après les dernières statistiques officielles, 35% des personnes déplacées sont des enfants.  Le Gouvernement s’est engagé à simplifier les procédures de scolarisation et la délivrance de soins de santé, et à fournir une assistance psychologique aux enfants qui ont été « affectés par l’atmosphère de peur et d’intimidation ».

 

Mme IVANA PAJEVIC (Monténégro) a dit souhaiter qu’en 2016, le monde ne connaisse plus le phénomène d’enfants soldats, remplissant ainsi l’objectif de la campagne mondiale des Nations Unies «Des enfants, pas des soldats», lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et de l’UNICEF. 

 

Elle a notamment fait part de son indignation face au fait que des jeunes filles et garçons soient utilisés comme esclaves sexuels par des groupes armés.  Disant ensuite sa désolation de voir que des écoles soient utilisées à des fins militaires, elle a rappelé que la résolution 2143 (2014) du Conseil de sécurité stipule que les combattants doivent respecter le caractère civil des écoles. 

 

Elle a souligné que le droit à l’éducation doit pouvoir être exercé, même en temps de conflits.  La représentante a en outre souhaité que les missions de maintien de la paix des Nations Unies puissent voir leur composante protection des droits des enfants renforcée.  Elle a enfin plaidé afin que la Cour pénale internationale (CPI) puisse être saisie pour lutter contre l’impunité en matière de crimes contre les enfants en temps de conflit armé, s’il est constaté, a-t-elle précisé, que les juridictions nationales n’ont pas la volonté ou la capacité de gérer ces situations.

 

M.MOHAMED IBRAHIM MOHAMED ELBAHI (Soudan), a demandé la radiation de son pays de l’annexe du rapport du Secrétaire général après avoir cité quelques réalisations du Gouvernement en matière de protection des enfants.  Le Gouvernement a ratifié les deux Conventions 138 et 142 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur le travail des enfants.  Il soutient la campagne mondiale des Nations Unies « Des enfants, pas des soldats », lancée en mars 2014 par la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et l’UNICEF, dont l’objectif est de mettre un terme au recrutement des enfants d’ici à 2016.

 

Les lois sur l’armée, la police et la sécurité interdisent le recrutement des enfants de moins de 18 ans.  La loi sur la justice des mineurs a aussi été votée tandis qu’un parquet spécial a été créé pour les mineurs.  La police a en outre créé des unités de protection de l’enfant.  Une enquête a été ouverte au Darfour sur les violations des droits des enfants tandis qu’une commission d’établissement de faits a été établie au Kordofan méridional et dans l’État du Nil bleu. 

 

En matière de coopération avec l’ONU, le représentant du Soudan a parlé de relation constante avec le bureau de la Représentante spéciale et avec l’UNICEF.  Un groupe de travail sur les enfants en situation d’urgence a été lancé avec l’UNICEF et un séminaire sur la culture locale dans le domaine de l’enrôlement d’enfants a été organisé.  Le Gouvernement travaille sur son projet final de plan de travail sur les enfants en temps de conflit.     

 

M. IGNACE GATA MAVITA WA LUFUTA (République démocratique du Congo) a déclaré que son pays avait « décidé de mettre un terme au phénomène des enfants soldats ».  Le Gouvernement congolais a mené plusieurs actions, comme l’identification du personnel militaire à travers la mise en place d’un fichier biométrique pour mieux gérer les données personnelles des éléments de l’armée, dont l’âge.  Le Président a également nommé une représentante personnelle chargée de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d’enfants. 

 

Les efforts entrepris par la RDC sont soutenus par plusieurs partenaires internationaux dont les Nations Unies, a assuré M. Mavita.  Depuis la signature d’un plan d’action en 2012, des progrès notables ont ainsi été réalisés.  Par exemple, une directive instruit les commandants des centres de formation militaire de faciliter l’accès des cantonnements à l’Équipe spéciale des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés ainsi qu’aux agences de protection de l’enfant aux fins de vérification. 

 

Elle instruit également la hiérarchie militaire de prendre des sanctions sévères contre tous les auteurs de violations graves des droits de l’enfant.  Pour la période allant du 4 octobre au 30 juin 2013, 2 894 enfants ont été séparés des forces et groupes armés, tandis que 2 824 filles ont été prises en charge dans des structures d’encadrement.

 

La lutte contre l’impunité a franchi une nouvelle étape avec la mise en place de tribunaux pour enfants dans 10 provinces du pays, a poursuivi le représentant.  Le Gouvernement a également décidé de faire de la question des six violations graves des droits de l’enfant un critère disqualifiant pour l’intégration au sein des forces armées.  « Il n’existe plus d’enfants soldats dans les rangs de nos forces armées », a affirmé M. Mavita.   

 

M. KHALED MAHFOODH ABDULLAH BAHAH (Yémen) a dit que son pays élaborait un nouvel état civil qui aidera à lutter contre le recrutement d’enfants et le port d’armes par les mineurs.  Un dialogue avec les parties a été ouvert pour débattre de cette question.  Il a été décidé également de fixer l’âge minimum pour être recruté dans l’armée à 18 ans, ainsi que la démobilisation rapide des enfants enrôlés dans l’armée. 

 

La dernière visite de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés dans le pays a abouti à la décision de créer un plan de travail sur la lutte contre le recrutement d’enfants.  Le pays collabore avec la communauté internationale dans ce domaine, a affirmé le représentant, qui a réitéré l’engagement du Gouvernement à défendre les droits des enfants.   

 

Mme IRENE SUSAN BARREIRO NATIVIDAD(Philippines) a salué les accords de paix « historiques » signés en mars dernier par le Gouvernement philippin et les rebelles du Front de libération islamique Moro, et qui augurent d’une paix et d’une prospérité durables dans la région de Bangsamoro, située dans le sud du pays. 

 

Elle a également relevé que le Président Benigno Aquino avait signé une loi en 2013 afin d’assurer le suivi du respect des droits des enfants en temps de conflit armé.  Elle a souhaité une plus grande collaboration entre son gouvernement et le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés.  Les rapports du Bureau doivent être équilibrés, impartiaux et objectifs, a-t-elle dit. 

 

Elle a par exemple constaté que le processus d’inscription et de retrait de la liste d’acteurs étatiques ou non étatiques qui utilisent les enfants soldats doit être plus clair, plus transparent, plus objectif et équilibré.  Elle a, de ce fait, affirmé que la situation aux Philippines ne justifiait pas la présence du pays sur la liste en annexe du rapport du Secrétaire général.

 

M. PAUL SEGER (Suisse) a salué le travail de la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques sur les Directives de Lucens.  En outre, la Suisse continue de soutenir le travail de l’organisation non gouvernementale « Appel de Genève », qui dialogue avec des acteurs armés non étatiques et s’efforce de leur faire signer des engagements visant à prévenir et à prohiber le recrutement et l’utilisation d’enfants dans des hostilités.

 

Préoccupée par l’impunité décrite dans le rapport du Secrétaire général, la Suisse encourage les États Membres à renforcer les mécanismes nationaux de poursuite ainsi que leurs capacités judiciaires, notamment par la mise en place d’une législation rendant punissable toute violation grave des droits des enfants. 

 

Selon son représentant, les crimes de portée internationale devraient être jugés en priorité par les institutions judiciaires nationales, mais, lorsque celles-ci n’en ont pas la volonté ou les capacités, le Conseil de sécurité devrait faire usage de ses prérogatives en saisissant la Cour pénale internationale (CPI).

 

Par ailleurs, M. Seger a annoncé que la Suisse apporterait une contribution financière à l’examen de l’impact du déploiement de conseillers en matière de protection des enfants dans le cadre des missions relevant du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

 

M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a déploré les violences dont sont victimes les enfants dans divers conflits armés à travers le globe, insistant sur les exactions commises par Boko Haram.  Il a félicité le Tchad pour son retrait de la liste des pays utilisant les enfants soldats et a salué les efforts consentis par le Yémen, le Myanmar, l’Afghanistan et le Soudan du Sud, autres États qui sont cités par le Secrétaire général dans son rapport. 

 

Le représentant a enfin souhaité que les cas de violence à l’encontre des enfants soient référés à la Cour pénale internationale (CPI), et que les enfants soient au centre des initiatives de résolution des conflits.

 

Le représentant de la Fédération de Russie a repris la parole pour dénoncer les attaques que sa délégation dit avoir subi de la part de celle de l’Ukraine.  Il a ainsi souligné que c’est le Gouvernement ukrainien qui est responsable de la souffrance des enfants dans les régions de Donetsk et deLugansk.  Il a appelé le représentant ukrainien à ne pas politiser le conflit en cours et à œuvrer à faciliter l’accès humanitaire dans les régions touchées par le conflit.

 

La représentante de la Turquie a réagi aux propos du représentant de la Syrie sur d’éventuels trafics d’organes humains.  Elle a noté que son gouvernement avait ouvert ses frontières pour soulager les souffrances des populations syriennes en détresse.

 

La représentante de la République arabe syrienne a dénoncé les accusations lancées selon elle par le Qatar contre son pays.  Le Qatar, a-t-elle dit, fait fi de l’implication de son gouvernement dans le financement des groupes terroristes en Syrie.  Elle a affirmé que le Qatar avait des connexions avec les groupes terroristes wahhabites et avec Al-Qaida.  Elle a ensuite répondu à la déléguée turque en lui rétorquant que des milliers de terroristes entraient dans le territoire syrien à travers sa frontière avec la Turquie.

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