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CS/11527
19 août 2014

En dépit de progrès, le Chef de la MINUSCA souligne qu’il subsiste des difficultés dans la mise en œuvre du processus politique en République centrafricaine

19/08/2014
Conseil de sécurité
CS/11527
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

7246eséance – après-midi


EN DÉPIT DE PROGRÈS, L E CHEF DE LA MINUSCA SOULIGNE QU’IL SUBSISTE DES DIFFICULTÉS

DANS LA MISE EN ŒUVRE DU PROCESSUS POLITIQUE EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


Le Président de la configuration RCA de la Commission de consolidation de la paix

appelle le Conseil de sécurité et la communauté internationale à soutenir ce processus


« Des progrès importants ont été enregistrés sur le plan politique avec, notamment, la signature de l’Accord de cessation des hostilités lors du Forum de Brazzaville, le 23 juillet dernier », a souligné, cet après-midi, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général en République centrafricaine (RCA), le général Babacar Gaye.


Présentant le dernier rapport* en date du 1er août du Secrétaire général sur la situation dans ce pays, M. Gaye, qui est aussi Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), a qualifié la conclusion de cet accord d’« étape importante » dans le processus en cours.  Le dialogue politique permettra, a-t-il dit, d’arriver à un consensus sur des questions essentielles comme la création d’une force armée nationale professionnelle et représentative de la nation, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants, la tenue d’élections, la réforme économique et la gouvernance.


M. Gaye a également mis l’accent sur le rôle essentiel de la médiation internationale pour accompagner le processus politique.  Les médiateurs travaillent en étroite collaboration avec le « Groupe des 8 » et toutes les parties prenantes en vue de mettre en œuvre l’Accord et pour préparer les prochaines phases du processus, notamment l’organisation de consultations dans les communautés. 


« Le chemin sera long et difficile », a-t-il cependant prévenu.  La nomination d’un nouveau Premier Ministre, le 10 août dernier, par le Chef de l’État de transition, a-t-il rappelé, avait suscité des réactions négatives de la part des principaux acteurs, notamment les ex-Séléka et les partis d’opposition.  Jugeant cette situation préoccupante, il a encouragé les autorités de transition à faire tout leur possible pour s’assurer que le nouveau Gouvernement soit inclusif et respectueux des intérêts de tous les principaux acteurs.


Il est primordial, a insisté le général Gaye, de diffuser le plus largement possible les dispositions de l’Accord du 23 juillet dans le pays, de mettre en place un mécanisme de suivi et d’engager des enquêtes sur ses violations.


Il a assuré que la MINUSCA, en lien avec la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et d’autres membres du Groupe des 8, avait proposé un mécanisme de suivi, en consultation avec le Gouvernement.  Ce mécanisme, qui a été approuvé par le Chef de l’État de transition, prévoit un suivi aux niveaux national, technique et local.


Le général Gaye a fait observer que les signataires de l’Accord du 23 juillet n’ont pas nécessairement le contrôle de tous leurs éléments sur le terrain.  Certains combattants, a-t-il ajouté, ne connaissent même pas l’existence de cet Accord.  En outre, il existe des problèmes de communication dans le pays et les capacités de radiodiffusion existantes ne permettent pas de couvrir tout le territoire.  Plus de la moitié de la population n’a accès à aucun moyen de communication, a-t-il précisé.  C’est pourquoi, la MINUSCA développe sa propre capacité radiophonique à l’échelle nationale. 


Le Chef de la MINUSCA a ensuite fait part d’une relative amélioration des conditions de sécurité, en particulier à Bangui, grâce aux forces internationales, dont l’EUFOR, ainsi qu’à Bambari et Boda où les effectifs de l’opération Sangaris et de la MISCA sont présents.  Ceci a permis de réduire le nombre des personnes déplacées à Bangui.  Des progrès ont aussi été accomplis pour régler les salaires des membres des Forces de sécurité nationale.  La situation en matière de sécurité reste cependant instable, a-t-il tempéré, en évoquant les incidents récents qui ont fait 76 morts à Batangafo et 38 morts à Mbres.


Concernant la situation en matière de droits de l’homme, le Représentant spécial a dénoncé la violence sectaire qui persiste là où l’autorité de l’État fait défaut.  Les tensions sont très vives entre musulmans et chrétiens à Bambari, a-t-il dit.


Les auteurs de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire doivent être poursuivis et traduits en justice, a insisté le général Gaye, avant de saluer, à cet égard, l’accord conclu avec le Gouvernement de transition sur les modalités de mise en œuvre des mesures temporaires.  La communauté internationale, pour sa part, devrait soutenir la création d’une juridiction nationale spéciale, à laquelle seraient associés des magistrats internationaux, a-t-il proposé.


Passant ensuite à la situation humanitaire dans le pays, le général Gaye a indiqué que 2,5 millions de personnes, soit la moitié de la population nationale, vivaient dans des conditions d’extrême vulnérabilité et avaient un besoin urgent d’aide.


Grâce à une équipe de formation mobile des Nations Unies, le transfert d’autorité de la MISCA à la MINUSCA, aura lieu dans moins de quatre semaines, a assuré le général Gaye.  « Même si le déploiement de personnel militaire, de police et civil prend du temps, nous espérons que la MINUSCA atteindra sa pleine capacité opérationnelle le 15 septembre », a-t-il indiqué.  Des bureaux intégrés devraient d’ailleurs être ouverts avant cette date à Bouar, Kaga Bandoro et Bria.


Intervenant à son tour, le Président de la Configuration République centrafricaine de la Commission de la consolidation de la paix (CCP) et Représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, M. Omar Hilale a fait remarquer que, pour la première fois, un pays inscrit à l’ordre du jour de la Commission sombre à nouveau dans une situation de crise qui exige de remplacer une mission politique spéciale déployée sur son territoire par une mission multidimensionnelle de maintien de la paix.


Depuis janvier 2014, a-t-il ensuite indiqué, la Configuration République centrafricaine a tenu une série de rencontres informelles restreintes avec les leaders religieux, des spécialistes de la région et des représentants d’organisations non gouvernementales de la RCA.


Le Fonds pour la consolidation de la paix a déjà financé trois projets en RCA.  Deux de ces projets ont permis de déployer des observateurs des droits de l’homme supplémentaires et de réhabiliter des commissariats et des casernes de gendarmerie et de financer l’achat de véhicules.  Le Fonds, en coopération avec la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Union européenne, a mis en œuvre le troisième projet qui a permis de régler les salaires des fonctionnaires.


Comme le Chef de la MINUSCA, M. Hilale a estimé que l’Accord de cessez-le-feu signé à Brazzaville le 23 juillet dernier était une première étape vers la stabilisation du pays.  Le Conseil de sécurité et la communauté internationale dans son ensemble, a-t-il souligné, doivent soutenir ce processus qui, « bien que fragile, demeure tout de même indispensable ».  Regrettant par ailleurs que l’appel humanitaire du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) n’ait été financé qu’à hauteur de 39%, M. Hilale a proposé qu’une conférence des donateurs soit organisée pour soutenir le processus de transition en cours en RCA.


*S/2014/562


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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