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AG/11552
19 septembre 2014

Ebola: l’Assemblée générale donne son feu vert à la création d’une mission pour l’action d’urgence

19/9/2014
Assemblée générale
AG/11552
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-neuvième session

3e séance plénière – après-midi                            


EBOLA: L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DONNE SON FEU VERT À LA CRÉATION D’UNE MISSION POUR L’ACTION D’URGENCE


« Ebola n’est plus une calamité sous-régionale

ou régionale, c’est une crise internationale », affirme son Président


Au lendemain de l’adoption par le Conseil de sécurité d’une résolution historique qualifiant la maladie à virus Ebola de « menace à la paix et à la sécurité internationales », l’Assemblée générale s’est félicitée, cet après-midi, de l’intention du Secrétaire général de créer une mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola et l’a prié de prendre les mesures voulues pour mettre « rapidement » son projet à exécution.


En adoptant à l’unanimité, et telle qu’oralement amendée, la résolution* intitulée « Mesures visant à endiguer et à combattre l’épidémie à virus Ebola qui s’est déclarée récemment en Afrique de l’Ouest », l’Assemblée générale a ainsi donné son feu vert à la création d’une mission que le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, avait déjà appelée de ses vœux hier, au cours de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité.


Devant l’Assemblée générale, le Secrétaire général a expliqué aujourd’hui que cette nouvelle mission aura cinq objectifs priorités, mettre un terme à l’irruption, traiter les personnes infectées, fournir des services de base, maintenir la stabilité et prévenir l’irruption de la maladie dans les pays qui ne sont pas encore touchés.  Le renforcement du leadership des gouvernements figurera parmi ses principes directeurs, a-t-il ajouté, sans oublier la formation et l’éducation.


« Alors que la maladie se propage, a-t-il déclaré, une vérité se fait évidente: Aucun de nous n’est à l’abri de la menace que pose l’Ebola et nous devons tous faire partie de la riposte. »


Le Président de l’Assemblée générale, M. Sam Kahamba Kutesa, a souligné que le moment était venu de lancer une action prompte et coordonnée, avertissant qu’à moins d’agir de manière décisive, la dévastation irait bien au-delà de la région d’Afrique de l’Ouest présentement touchée. 


« Ebola, a-t-il affirmé, n’est plus une calamité sous-régionale ou régionale, c’est une crise internationale. » 


Au cours de cette séance, le Secrétaire général a aussi annoncé que le Président du Ghana avait accepté d’héberger à Accra le siège de la mission qui sera également doté de bureaux dans chacun des trois pays principalement touchés par la maladie à virus Ebola, à savoir le Libéria, la Guinée et la Sierra Leone.


Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la maladie a déjà infectée 5 000 personnes et fait 2 500 victimes, dont 70% de femmes, mais ces chiffres devront sans doute être revus à la hausse en raison des cas non signalés.  L’épidémie augmente en outre à un rythme exponentiel et jusqu’à 20 000 personnes pourraient être infectées au cours des prochains mois.


Face à l’ampleur du fléau, les délégations n’ont cessé d’insister sur l’importance de la solidarité et de la coopération internationales.  Nombre d’entre elles ont ainsi salué les initiatives de « diplomatie sanitaire » déjà lancées par certains États Membres, Cuba notamment.


Selon le Secrétaire général, il faudra multiplier par 20 les efforts actuels et débloquer un milliard de dollars au cours des six prochains mois pour répondre aux besoins essentiels.  La protection des travailleurs sanitaires doit en outre bénéficier de la plus haute priorité afin d’empêcher la transmission de la maladie. 


Le Président de l’Assemblée générale a par ailleurs fait savoir que les incidences financières liées à l’adoption de cette résolution seraient débattues par le mécanisme budgétaire approprié de l’ONU.


L’Assemblée générale commencera son débat général le mercredi 24 septembre, à partir de 9 heures.


* A/69/L.2



SANTÉ MONDIALE ET POLITIQUE ÉTRANGÈRE


Lettre du Secrétaire général (A/69/389)


Déclarations


M. SAM KAHAMBA KUTESA, Président de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale, a signalé que ces six derniers mois, la maladie à virus Ebola avait ravagé les pays d’Afrique de l’Ouest à un rythme sans précédent.  Il a indiqué que selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 2 500 personnes avaient succombé à la maladie jusqu’à présent, avertissant toutefois que le nombre de victimes était sans doute beaucoup plus élevé car de nombreux décès n’étaient pas signalés.  M. Kutesa s’est aussi préoccupé du fait que l’épidémie augmentait à un rythme exponentiel et que jusqu’à 20 000 personnes pourraient être infectées au cours des prochains mois.


Le moment est venu de lancer une action prompte et coordonnée, a estimé M. Kutesa, avertissant qu’à moins d’agir de manière décisive, la dévastation irait bien au-delà de la région d’Afrique de l’Ouest présentement touchée.  L’Ebola, a-t-il affirmé, n’est plus une calamité sous-régionale ou régionale, c’est une crise internationale.  Le Président de l’Assemblée générale a appelé les États Membres à contenir l’épidémie, tant sur le plan géographique qu’en ce qui concerne le nombre de victimes.  Il s’est inquiété du fait que des ressources précieuses étaient détournées du traitement d’autres « maladies critiques » et que les pays touchés peinaient pour maintenir le fonctionnement des services de santé de base.


M. Kutesa s’est aussi inquiété du fait que les femmes sont particulièrement à risque, notamment étant donné leurs fonctions de soignantes.  Au Libéria, a-t-il notamment déploré, les femmes représentent 75% des décès, et 59% en Sierra Leone.  Le Président a averti que cette épidémie risquait d’avoir un impact déstabilisateur d’envergure pour les pays touchés, au moment même où ces derniers jouissaient d’une paix, d’une sécurité et d’une stabilité relatives.  « Nous ne pouvons laisser Ebola inverser les progrès réalisés par ces derniers », a-t-il souligné.


Aujourd’hui, a-t-il enchaîné, l’Assemblée générale doit ajouter sa « voix puissante » à celle du Conseil de sécurité en appelant la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour appuyer les pays touchés par ce virus mortel.  Bien qu’un prix élevé ait déjà été payé, le coût de l’inaction pourrait atteindre une ampleur inimaginable, a-t-il prévenu.


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’ONU, a, dans un premier temps, parlé des avancées qu’avaient réalisées la Sierra Leone, le Libéria et la Guinée en matière de développement et de consolidation de la paix.  Il a souligné que la solidarité manifestée pour permettre la réalisation de ces gains demeurait nécessaire pour aider les populations qui étaient à présent projetées dans « la tourmente et l’incertitude de l’épidémie d’Ebola ».


Il a affirmé que cette crise sanitaire comportait d’importantes dimensions économiques, sociales, humanitaires, politiques et sécuritaires.  Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a-t-il dit, près de 5 000 cas ont été détectés dans la région, mais ce chiffre est sans doute beaucoup plus élevé en réalité.  La maladie a fait 2 500 morts et 70% des victimes sont des femmes, ces dernières représentant la majorité des travailleurs sanitaires et étant plus susceptibles de s’occuper des malades au sein de leur famille.


Le nombre de cas double toutes les trois semaines et la peur de la contagion est tout autant contagieuse, interrompant les activités économiques et la fourniture des services.  Alors que la maladie se propage, a-t-il déclaré, une vérité se fait évidente: « Aucun de nous n’est à l’abri de la menace que pose l’Ebola et nous devons tous faire partie de la riposte ».


Le Secrétaire général a ensuite expliqué que la mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola aura cinq priorités: mettre un terme à l’irruption, traiter les personnes infectées, fournir des services de base, maintenir la stabilité et prévenir l’irruption de la maladie dans les pays qui ne sont pas encore touchés.  Le renforcement du leadership des gouvernements figurera parmi ses principes directeurs, a-t-il ajouté, sans oublier la formation et l’éducation.


M. Ban a indiqué qu’il s’était entretenu ce matin par téléphone avec le Président du Ghana, M. John Dramani Mahama, et que ce dernier avait accepté d’héberger le siège de la mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola, qui se trouvera à Accra.  La mission disposera également de bureaux dans chacun des trois pays les plus touchés, et le Président Mahama a en outre autorisé l’aéroport international du Ghana à être utilisé pour effectuer des ponts aériens essentiels.


Le Secrétaire général a également salué le déploiement de 3 000 soldats par les États-Unis, l’envoi prochain, par Cuba, d’une équipe de 165 médecins et infirmières et les 59 membres de l’équipe de laboratoire chinoise qui est arrivée en Sierra Leone en début de semaine.


M. Ban a affirmé qu’il faudra multiplier par 20 les efforts actuels et a indiqué qu’un milliard de dollars seraient nécessaires au cours de six prochains mois pour répondre aux besoins essentiels.  Le Secrétaire général a souligné que la protection des travailleurs sanitaires devait être la plus haute priorité afin d’empêcher la transmission de la maladie.  Afin d’attirer des médecins et des professionnels de la santé, des mesures d’évacuation médicale doivent être mises en place au cas où ces personnes se trouveraient infectées par le virus Ebola, a-t-il ajouté.


Le Secrétaire général a également appelé les compagnies de transport à ne pas isoler les pays touchés.  Les restrictions de voyage n’empêcheront pas le virus de se propager, mais empêchent les secours d’arriver sur place, a-t-il notamment fait observer.  M. Ban a aussi insisté sur la nécessité de combler les lacunes des services de santé et autres, et a appelé à la tenue d’un débat international pour identifier de nouvelles idées qui permettraient de prévenir une prochaine épidémie.


M. AUGUSTINE KPEHE NGAFUAN, Ministre des affaires étrangères du Libéria, a appelé les États Membres à concrétiser leurs engagements.  Il faut passer à l’action, a-t-il exhorté.  Il a affirmé que la maladie avait frappé au moment où les pays de la région jouissaient de la paix et de stabilité après des années de conflits et où de nombreux défis restaient à révéler.  Il a souligné que ces pays n’étaient pas en mesure de faire face à cette épidémie.  Le personnel de santé a été frappé et directement touché.  Pas moins de 80% des personnes affectées perdent la vie et 80% des malades sont des femmes, a-t-il expliqué.


Cette épidémie s’est ajoutée aux problèmes déjà existants, a-t-il dit.  Il a regretté que cette situation empêche son gouvernement de faire face aux autres maladies comme le paludisme.  Les femmes enceintes ne reçoivent plus de soins.  Ebola menace même la paix et la sécurité.  Les mesures prises avec les partenaires n’ont toujours pas permis d’interrompre la propagation d’Ebola.  De plus, les pays touchés sont frappés par l’isolement et les exclusions de vols.  Le Ministre a ainsi remercié les pays qui ont rouvert leurs frontières et levé les interdictions de vols et de transports. 


Le Gouvernement du Libéria se félicite de la cohérence des efforts internationaux permise par le Secrétaire général.  Le Secrétaire général a lancé son plan et a créé la mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola, a-t-il ajouté, précisant que les États-Unis avaient également déployé des moyens exceptionnels.  Le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale ont adopté une résolution sur l’Ebola, a-t-il déclaré, estimant que ces mesures permettraient aux Nations Unies d’assurer leur rôle de leadership.


M. AARON MOTSOALEDI (Afrique du Sud), après avoir salué l’adoption de la résolution, a dit que la lutte contre Ebola était un défi à relever par la communauté internationale d’autant que la maladie est devenue un problème de sécurité et de paix de niveau mondial.  L’épidémie poursuit sa propagation, les besoins des patients en matière de soins et de prise en charge augmentent.  L’Afrique du Sud a donné un laboratoire mobile et un hôpital de campagne de 50 lits.  Elle a également offert 9 000 équipements de protection pour le personnel de santé, fourni des médicaments et quatre générateurs. 


Le secteur privé a été associé et a répondu de manière positive.  Des sociétés cotées à la bourse de Johannesburg vont livrer des voitures, et les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australehttp://unterm.un.org/DGAACS/unterm.nsf/blank.gif?OpenImageResource(SADC) lancent une formation pour le personnel de santé notamment en ce qui concerne la prise en charge clinique des malades.  Au plan national, des mesures sont en place pour répondre à Ebola en cas d’arrivée du virus dans le pays. 


M. CHARLES P. MSOSA (Malawi), au nom du Groupe des États d’Afrique, a affirmé que la maladie à virus Ebola représentait une urgence sanitaire sans précédent, notamment au vu du fait qu’elle a frappé en premier lieu des pays en situation postconflit.  Il a salué les efforts déployés par l’Union africaine pour faire face à l’épidémie. 


Le représentant a insisté sur l’importance de la recherche scientifique, ainsi que sur la nécessité de tenir compte de la réalité qui prévaut sur le terrain.  Il faut continuer d’allouer les ressources nécessaires pour le renforcement des capacités, assurer l’approvisionnement en vêtements et en vivres, apporter un soutien psychologique aux victimes et éviter de les traiter en parias.


M. IOANNIS VRAILAS, délégué de l’Union européenne, a souligné que la maladie à virus Ebola concernait l’ensemble des États Membres.  Il a salué la décision de créer la mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola.  Il a fait savoir que l’Union européenne préparait un cadre global de lutte contre la maladie et continuerait d’aider les zones les plus touchées en collaboration avec les agences et organisations non gouvernementales.


L’Union européenne a promis 150 millions d’euros pour venir en aide aux victimes et a, par ailleurs, alloué 5 millions d’euros pour appuyer les efforts de l’Union africaine.  L’Union européenne s’efforce par ailleurs de rétablir les lignes de communication avec les pays touchés.


M. VANDI CHIDI MINAH (Sierra Leone) a affirmé que lorsque la maladie s’était déclenchée, peu de personnes en Afrique de l’Ouest étaient conscientes du danger.  Il a indiqué que les pays touchés étaient convaincus du fait qu’il sera possible de venir à bout de la maladie avec l’aide de la communauté internationale.  Il a espéré que la création de la mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola permettra de dépasser les obstacles bureaucratiques qui entravent souvent l’action. 


Le représentant s’est par ailleurs inquiété du fait que les femmes représentaient la majorité des victimes.  Il a aussi remercié ceux qui parmi les États Membres se sont distingués dans la « diplomatie sanitaire », Cuba notamment.  Le représentant a aussi estimé que l’on ne devait pas laisser la peur rendre l’épidémie encore plus menaçante qu’elle ne l’était déjà.


M. MAMADI TOURÉ (Guinée) s’est félicité des initiatives du Secrétaire général dans la lutte contre la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest.  Cette maladie a déjà fait trop de victimes et risque de déstabiliser les pays touchés.  Ces mesures contribueront à mettre en place une coalition mondiale.  Le représentant a en outre fait part des conséquences économiques de la maladie dont la baisse des activités économiques et du tourisme. 


Il a aussi dénoncé les mesures d’isolement des régions touchées qui ont créé la panique chez les populations.  Il était temps de passer à l’action et garantir les meilleurs résultats dans le plus bref délai, a-t-il dit.  Les mesures du Secrétaire général ont déjà créé l’espoir dans la région qui n’attend que leur mise en œuvre, a-t-il déclaré. 


Mme ELIZABETH COUSENS (États-Unis) a rappelé que son pays avait appuyé la création par le Secrétaire général de la mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola.  Hier encore, 134 pays ont parrainé une résolution du Conseil de sécurité sur cette question, a rappelé la représentante qui a déclaré que son pays ne fermait pas les yeux face à cette tragédie humaine. 


Les États-Unis travaillent avec le système des Nations Unies et le secteur privé pour combattre l’avancée de l’épidémie.  Les impacts des mesures prises au niveau international seront jugés à l’aune des résultats, et, plus vite on se mettra au travail, plus on aura des résultats, a estimé la représentante.


Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a rappelé les difficultés qu’a créées la crise du virus Ebola.  L’Argentine ne pouvait qu’appuyer l’Assemblée générale dans cette résolution ainsi que les initiatives du Secrétaire général.  Elle a salué les réponses coordonnées menées par le Secrétaire général.


Cette épidémie, si elle n’est pas endiguée rapidement, pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les pays touchés.  Ces pays ne méritent pas cette situation alors qu’ils avaient déployé des efforts pour assurer leur progrès économique et social.  Les Nations Unies devraient coordonner les efforts et les contributions sur tous les fronts, a-t-elle dit. 


M. MACHARIA KAMAU (Kenya) a souligné que la crise de l’Ebola devait être reconnue comme une menace à la paix et à la sécurité internationales.  Il s’est félicité de la création de la mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola.  Le représentant a souligné la nécessité de s’abstenir de stigmatiser les pays touchés. 


Il a ensuite fait savoir que le Kenya avait lancé un programme de préparation nationale pour empêcher une propagation éventuelle du virus dans le pays et, la semaine dernière, le Kenya a donné 350 000 dollars à chacun des trois pays les plus touchés.  Le délégué s’est inquiété de l’isolement dans lequel se trouvent les pays touchés et a indiqué que son gouvernement réexaminait actuellement l’interdiction de voyage vers ces derniers.


M. ASOKE KUMAR MUKERJI (Inde) a souligné que les pays touchés n’avaient pas les moyens de faire face à l’épidémie.  Il a annoncé que son pays s’était engagé à verser une contribution supplémentaire à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour appuyer ses efforts de lutte contre la maladie.  Des troupes indiennes, dont des bataillons constitués exclusivement de femmes, seront également dépêchées sur place.  Le représentant a aussi indiqué que 45 000 ressortissants indiens vivaient en Afrique de l’Ouest.


M. ANTÓNIO GUMENDE (Mozambique) s’est inquiété de l’impact de l’épidémie sur l’activité économique des pays touchés ainsi que sur leurs perspectives de paix.  Il a salué le travail des équipes médicales qui œuvrent sur le terrain, parfois au péril de leur vie.  Le représentant a également insisté sur la nécessité d’aider les institutions de santé des pays touchés.


M. XAVIER LASSO MENDOZA (Équateur) s’est dit solidaire des « frères africains » touchés par l’épidémie de la maladie à virus Ebola.  Il a salué les contributions des pays qui avaient apporté leur aide sur le terrain tout en soulignant la participation de Cuba qui a envoyé plus de 100 médecins et personnel dans les pays touchés alors qu’il est l’objet d’un blocus depuis plus de cinquante ans. 


M. SAMUEL MONCADA (Venezuela) a fait savoir que lors de la première réunion du Comité spécial du Forum de coopération Amérique du Sud–Afrique, qui s’est tenue les 8 et 9 septembre à Quito en Équateur, les délégations avaient adopté une résolution par laquelle elles engageaient l’Union des nations d’Amérique du Sud à convoquer une réunion pour examiner comment aider l’Afrique à faire face au virus Ebola.


Il a évoqué la pauvreté que connaissent les pays touchés par le virus Ebola, notamment à cause des décennies de conflit qu’ils ont connues.  Il a espéré que la création de la mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola (UNMEER) et la solidarité manifestée par les États Membres permettraient d’apporter une réponse adéquate pour triompher de l’épidémie.


M. MARTIN SHEARMAN (Royaume-Uni) a dit que sans action, on risquait la catastrophe.  Il faut non seulement aider les trois pays touchés, mais aussi les pays voisins.  Les Nations Unies sont les mieux placées pour coordonner les efforts internationaux.  Le Royaume-Uni a donné 16 millions de dollars en créant des centres de santé avec du personnel médical.  Le Gouvernement a envoyé en guise de contribution 900 lits supplémentaires, a proposé la formation de personnel médical et offert son appui à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à la Croix-Rouge internationale, à Médecins sans frontières (MSF) ainsi qu’à d’autres partenaires.


Le représentant du Mexique a dit que cette crise obligeait à repenser les systèmes de santé nationaux.  La résolution adoptée aujourd’hui atteste de la volonté de l’Assemblée générale d’apporter son aide dans ce sens.  Le Mexique est disposé à apporter son appui aux pays touchés.


M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a salué toutes les initiatives prises ces derniers jours notamment par le Secrétaire général et par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).  Ces mesures prennent en compte les conséquences de la maladie dans les pays touchés.  Le Brésil s’associera pleinement aux efforts en vue de combattre la propagation de l’épidémie d’Ebola.  Le représentant a salué en particulier le volet formation du personnel médical prévu par la mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola. L’Assemblée générale doit jouer un rôle clef dans cette réponse à Ebola, a-t-il rappelé. 


Le représentant Japon a indiqué que son gouvernement avait envoyé 20 000 tuniques de protection et comptait par ailleurs distribuer un traitement élaboré par deux sociétés pharmaceutiques japonaises.


M. MICHAEL DOUGLAS GRANT (Canada) a appelé l’ONU à adopter une approche cohérente pour combatte le fléau et à en faire une priorité.  Il a indiqué que son gouvernement avait déployé un laboratoire mobile en Sierra Leone et des délégués de la Croix-Rouge et autres travailleurs sanitaires canadiens se trouvent également dans les pays touchés.  Le Canada a également fait don de 1 000 doses d’un vaccin expérimental.


M. RUBEN I. ZAMORA (El Salvador) a appelé les États Membres à prendre conscience du risque que le virus Ebola se propage au reste de la planète.  Il s’est félicité de la décision de créer la mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola.  Le représentant a indiqué que son pays se trouvait dans une région particulièrement vulnérable et avait toujours bénéficié, dans le passé, de la solidarité de la communauté internationale.


Il y a quatre jours, le Ministre de la santé d’El Salvador a appelé le secteur de la santé national à prendre en charge des malades et, ce matin même, des dizaines des professionnels se sont portés volontaires pour aider les pays d’Afrique touchés, a-t-il ajouté.


M. WANG HAO (Chine) a dit que l’épidémie menaçait même la survie des populations concernées.  Aider ces peuples est une responsabilité commune de la communauté internationale.  Il a appelé au renforcement des mesures d’urgence déjà en cours.  La Chine a envoyé 174 experts et travailleurs médicaux dans les trois pays touchés.  Le Président a décidé une aide supplémentaire de 2 millions de dollars à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et à l’Union africaine.  Il faut maîtriser l’épidémie et rétablir la stabilité des pays touchés, a dit le représentant.


M. RODOLFO REYES RODRÍGUEZ(Cuba) a déclaré que la coopération internationale était indispensable.  Il a salué l’initiative du Secrétaire général de créer une mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola.  Il faut agir immédiatement car les peuples concernés méritent notre soutien, a-t-il dit.


Le Ministère de la santé de Cuba a envoyé une brigade sanitaire de 165 médecins dans ces trois pays, a rappelé le représentant qui a ajouté que 4 000 agents de santé étaient aussi prêts à agir pour contrer la propagation de la maladie.  « Nous offrons ce que nous avons et non le reste », a déclaré le représentant.


M. MASNI ERIZA (Indonésie) a souligné que le moment était venu d’agir et a salué l’initiative du Secrétaire général de créer la mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre Ebola.


Mme PHILIPPA JANE KING (Australie) a parlé des répercussions humanitaires, sociales et économiques de l’épidémie, avertissant que les systèmes de santé nationaux étaient au bord de l’effondrement.  Elle a souhaité que l’ONU, à commencer par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et le Coordonnateur principal du système des Nations Unies pour l’Ebola, M. David Nabarro, jouent un rôle de chef de file pour lutter contre l’épidémie.  Elle a ensuite annoncé que son gouvernement s’était engagé à verser 7 millions de dollars à l’OMS ainsi que pour appuyer la livraison de fournitures et de services.


M. RICHARD NDUHUURA (Ouganda) a indiqué que son pays avait connu quatre irruptions de la maladie à virus Ebola dans le passé.  La plus meurtrière s’est déroulée en 2000-2001 et a fait 224 victimes dont le docteur Matthew Lukwiya, qui avait diagnostiqué la maladie.  L’épidémie de 2007 a ensuite fait 37 victimes et celle de 2009 plus que 17 morts.


L’expérience de l’Ouganda a démontré l’importance de lancer des campagnes agressives de santé publique et de diffuser des avertissements comprenant des descriptions des symptômes et décrivant les procédures pour le traitement des malades et l’enterrement des morts. 


Le représentant a également expliqué que lorsque les premiers cas se sont manifestés, le Gouvernement ougandais avait créé des zones de quarantaine et organisé une conférence de presse pour réclamer de l’aide.  Ces mesures ont permis à l’Ouganda de triompher de la maladie, même lorsque celle-ci s’est déclarée en zone urbaine, sans oublier le taux important d’alphabétisation parmi la population qui a permis d’augmenter les options de communication avec le grand public.


Le représentant a ensuite fait savoir que l’Ouganda avait envoyé, en juillet dernier, une équipe de 20 experts en Sierra Leone et au Libéria.  Une fois sur place, ces membres ont toutefois constaté que le matériel de protection faisait défaut et l’Ouganda a perdu un de ses plus grands chirurgiens, le docteur Samuel Muhumuza Mutoro, qui est mort à Monrovia.


M. FRANÇOIS-XAVIER DENIAU (France) a dit que notre devoir était d’arrêter le fléau d’Ebola.  Les trois priorités sont « agir, coordonner et prévenir ».  « Agir », c’est appuyer les actions des pays touchés, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des organisations non gouvernementales.  Les experts français ont déjà identifié le virus dès avril de cette année.  Au plan multilatéral, la France a apporté une aide de 60 millions d’euros à l’ensemble des pays concernés. 


Au plan bilatéral, 35 millions euros seront aussi débloqués aux trois pays concernés, dont principalement pour la Guinée.  La France va procéder à l’installation d’une antenne de l’Institut Pasteur et d’un hôpital de campagne avec du personnel médical militaire en Guinée forestière.  « Coordonner », c’est travailler avec toutes les parties dont les Nations Unies, et apporter un appui au centre de crise opérationnel basé à New York.  « Prévenir », c’est renforcer dans la durée les systèmes de santé des pays touchés.  La résolution qui a été adoptée aujourd’hui confirme la mobilisation des États Membres et de tout le système des Nations Unies, a indiqué le représentant.     


M. CARL SKAU (Suède) a dit soutenir la convocation d’une réunion de haut niveau par le Secrétaire général sur la question d’Ebola la semaine prochaine.  Pour ce qui la concerne, la Suède a répondu en donnant 4 millions de dollars aux pays touchés et 13 autres millions de dollars au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).  Le représentant a préconisé de donner une « perspective régionale » dans la lutte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola.  


Le représentant de la République-Unie de Tanzanie s’est dit encouragé par les initiatives du Conseil de sécurité, hier, et de l’Assemblée générale, aujourd’hui.  Il faut maintenant passer à l’action, dont la levée des mesures d’isolement des régions et des pays touchés.  À plus long terme, il faut renforcer les systèmes de santé nationaux pour qu’ils puissent répondre aux urgences de ce type.  Le Président tanzanien a réaffirmé son engagement à apporter son appui pour répondre à l’épidémie d’Ebola, a déclaré le représentant. 


M. GEORGE WILFRED TALBOT(Guyana) a salué la réponse forte de la communauté internationale à l’épidémie de la maladie à virus Ebola ainsi que les efforts déployés par les pays touchés eux-mêmes.  Le Gouvernement de Guyana étudie la possibilité d’une réponse aux efforts en cours, a affirmé le représentant.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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