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DEV/2891
11 mai 2011

Conférence sur les pays les moins avancés: débat thématique sur la bonne gouvernance à tous les niveaux

11/05/2011
Assemblée générale
DEV/2891
 
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York
 

CONFÉRENCE SUR LES PAYS LES MOINS AVANCÉS: DÉBAT THÉMATIQUE SUR LA BONNE GOUVERNANCE À TOUS LES NIVEAUX

 

(Reçu d’un fonctionnaire de l’information)

 

TURQUIE, 11 mai – La bonne gouvernance à tous les niveaux, « véritable fil rouge » du programme d’action pour les pays les moins avancés (PMA), est une condition fondamentale du développement durable de ces pays et d’une croissance à long terme profitant à tous, a estimé ce matin Mme Marie-Josée Jacobs, Ministre de la coopération et de l’action humanitaire du Luxembourg.  Elle a ainsi exprimé un point de vue unanimement partagé par les intervenants à la quatrième table ronde thématique organisée dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés, qui se tient à Istanbul du 9 au 13 mai 2011.

 

La gouvernance politique est la capacité de maintenir un pays dans la paix, a, quant à lui, expliqué M. Jean-Marie Ehouzou, Ministre des affaires étrangères du Bénin, qui coprésidait ce débat interactif avec Mme Jacobs.  Outre que les États doivent être garants des droits et des libertés individuelles de leur peuple, ils doivent aussi se doter de systèmes de contre-pouvoir et de surveillance afin d’éviter d’adopter des attitudes arbitraires, a-t-il dit.

 

Au cours du débat, qui a conduit les experts et délégations à réaffirmer la nécessité, pour les PMA, de parvenir à une bonne gouvernance dans tous les secteurs, sont également intervenus Mme Helen Clark, Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement et Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD); M. Maxwell Mkwezalamba, Commissaire aux affaires économiques et sociales de l’Union africaine (UA); M. Karel de Gutch, Commissaire au commerce de l’Union européenne (UE); Mme Rima Khalaf, Secrétaire générale adjointe et Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie de l’Ouest (CESAO); M. Jomo Kwame Sundaram, Sous-Secrétaire général du développement économique au Département des affaires économiques et sociales de l’ONU; M. Abdalla Hamdok, Directeur de la Division gouvernance et administration publique de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), et M. Amir Dossal, Fondateur et Président du Forum mondial pour les partenariats.

 

Pratiquer la « bonne gouvernance » signifie que les systèmes de gouvernement sont compétents, inclusifs et transparents, a posé comme fondement au débat Mme Helen Clark, Administratrice du PNUD.  Elle a indiqué que le PNUD participe aux efforts menés par certains pays pour faciliter à leur population l’accès à la justice, comme en République démocratique populaire lao, où le PNUD soutient l’initiative du Gouvernement lao visant à améliorer l’aide juridique accordée aux femmes.

 

Le PNUD est aussi le principal organe du système des Nations Unies qui apporte une assistance technique à la tenue d’élections.  À cet égard, le Ministre des affaires étrangères du Bénin a témoigné que son pays a bénéficié de cette assistance lors de la tenue de ses dernières élections, ce qui lui a permis d’utiliser des listes électorales biométriques.

 

La participation à des scrutins et élections populaires a tendance à augmenter en Afrique, s’est réjoui M. Maxwell Mkwezalamba, Commissaire aux affaires économiques et sociales de l’Union africaine, qui a souligné également l’existence d’une plus grande liberté de la presse sur le contient.  Il a toutefois regretté que l’Afrique, pourtant riche en matières premières, ne profite pas réellement de ses ressources à cause d’un déficit de gouvernance qui dans de nombreux cas laisse la place aux trafics illicites et à la corruption.

 

À cet égard, M. Karel de Gucht, Commissaire au commerce de l’Union européenne, a regretté que beaucoup de pays d’Afrique manquent de transparence budgétaire en ce qui concerne les biens publics et l’exploitation de leurs ressources naturelles, en particulier.

 

Il existe pourtant une Convention de l’Union africaine sur la prévention de la corruption, a signalé M. Mkwezalamba, qui a mentionné plusieurs instruments juridiques qui devraient contribuer à renforcer la bonne gouvernance en Afrique, comme la Charte africaine sur les valeurs et principes du service public et de l’administration, texte qui coordonne les processus de réforme publique en Afrique.  Il y a aussi le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) qui se concentre sur le développement économique et social ainsi que sur la démocratie.  Sur les 29 pays qui se sont joints à ce Mécanisme, 19 sont des PMA, s’est félicité M. Abdalla Hamdok, de la CEA.

 

Déclinée sur le plan économique, la gouvernance permet notamment d’attirer les investissements, a aussi noté Mme Clark.  M. de Gutch a confirmé que des institutions qui fonctionnent bien favorisent les activités commerciales, domaine important pour le développement.  À cet égard, M. Jomo Kwame Sundaram, Sous-Secrétaire général au Département des affaires économiques et sociales de l’ONU, a relevé que la libéralisation du commerce avait transformé l’Afrique subsaharienne, qui était un importateur net de produits alimentaires pendant la dernière décennie.

 

De son côté, Mme Rima Khalaf, Secrétaire générale adjointe et Secrétaire exécutive de la CESAO, a souligné que le déficit de gouvernance peut rendre les gouvernements incapables de résoudre les conflits politiques.  Trois pays de la région du Moyen-Orient et d’Asie occidentale, le Soudan, la Somalie et le Yémen, ont connu des formes de violence au cours des 10 dernières années, alors que leurs gouvernements auraient pu éviter ces situations en favorisant un développement plus inclusif.  La CESAO aide les gouvernements de la région à renforcer leurs institutions, a ajouté Mme Khalaf, avant de lancer un appel pour que le futur programme d’action demande explicitement aux PMA de s’engager à respecter la Charte de l’ONU, les droits de l’homme et les conventions internationales.

 

Enfin, le représentant la société civile, M. Amir Dossal, Président du Forum mondial pour les partenariats, a plaidé en faveur de la « gouvernance électronique », c’est-à-dire pour que les administrations utilisent plus les nouvelles technologies.  Le Président du Rwanda a, par exemple, installé une ligne téléphonique « rouge » qui lui permet de recevoir des informations de citoyens partout dans le pays, a indiqué M. Dossal.  Autre exemple, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) encourage l’utilisation des téléphones portables pour l’enregistrement des naissances par les sages-femmes, a-t-il ajouté.

 

Au cours de l’échange interactif qui a suivi ces interventions, le Premier Ministre du Lesotho a insisté sur l’honnêteté et sur la cohérence qui doivent se manifester entre ce qui est dit dans les discours et ce qui est fait concrètement.  Cette exigence a été confirmée par son homologue du Bénin.  Car, si tout le monde est d’accord sur la promotion et l’application du principe de la bonne gouvernance, les tentatives qui sont faites pour la mettre en œuvre sont bien souvent sabotées par de mauvaises volontés, a regretté ce dernier.  La bonne gouvernance, c’est aussi tenir ses engagements, a conclu Mme Jacobs, en s’adressant aux pays qui ont pris des engagements en matière d’aide publique au développement.

 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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