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9 mai 2011

Conférence PMA IV: débat thématique sur le renforcement des capacités productives et sur le rôle du secteur privé dans les pays les moins avancés

09/05/2011
Assemblée générale
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Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York
 

CONFÉRENCE PMA IV: DÉBAT THÉMATIQUE SUR LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS PRODUCTIVES ET SUR LE RÔLE DU SECTEUR PRIVÉ DANS LES PAYS LES MOINS AVANCÉS

 

(Reçu d’un fonctionnaire de l’information)

 

TURQUIE, 9 mai – Coprésidé cet après-midi à Istanbul par le Ministre des affaires étrangères du Sénégal, M. Madické Niang; et la Sous-Secrétaire d’État aux politiques de développement et à la coopération de la Finlande, Mme Ritva Koukku-Ronde; le premier débat thématique organisé dans le cadre de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés a été ouvert par des interventions liminaires de Mme Sheikh Hasina Wajed, Première Ministre du Bangladesh, et M. Joseph Deiss, Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale des Nations Unies. 

 

Sont également intervenus au cours de ce débat, qui offrait aux participants l’occasion d’examiner les liens entre bonne gouvernance et incitations aux investissements privés, M. Suchapai Panitchpakdi, Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement; Mme Noeleen Heyzer, Secrétaire générale adjointe de l’ONU et Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP); M. Kandeh K. Yumkella, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI); M. Francis Gurry, Directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI); M. Juan Somavía, Directeur exécutif de l’Organisation internationale du Travail (OIT); M. Houlin Zhao, Vice-Secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT); M. Abdullah Çelik, Président-Directeur général de la Banque Asya (Turquie); M. Alhaji Bamanga Tukur, Président du Groupe du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), chargé du secteur des entreprises et M. Roberto Bissio, Coordonnateur du Secrétariat international de Veille sociale.

 

L’ensemble des intervenants ont présenté la promotion des capacités de production comme une étape incontournable pour un développement et une croissance durable, ainsi que la réalisation d’un développement social.  Ils ont souligné l’importance du développement de politiques macroéconomiques saines et de la primauté du droit pour favoriser un investissement privé qui stimulera la productivité.  L’État et le Gouvernement doivent procéder aux investissements infrastructurels nécessaires pour stimuler l’investissement privé, ont insisté les intervenants.  Il est indispensable de stimuler le commerce et de favoriser l’accès aux services financiers, à l’énergie, à l’assainissement et à l’eau entre autres, ont-ils préconisé. 

 

Notant que la prédominance du secteur informel dans leur économie caractérisait les PMA, le Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss, a jugé déterminant que des efforts soient déployés afin d’intégrer ce secteur de manière informelle dans les économies dans le souci de mieux promouvoir le développement social.  Si les États doivent promouvoir un environnement propice à l’investissement privé, il est indispensable d’établir et de faire respecter les droits fondamentaux de la population, des citoyens et des entrepreneurs, comme les droits de l’homme et les droits de propriété intellectuelle, a-t-il encore été répété.

 

Pour sa part, la Première Ministre du Bangladesh, Mme Sheikh Hasina Wajed, a présenté les efforts déployés par son pays en matière de réformes pour créer un cadre favorable aux investissements et promouvoir une capacité de production qui permettra au Bangladesh de saisir toutes les opportunités offertes par la mondialisation.  Pour développer un environnement propice à l’investissement et une architecture de partenariat qui permette de lutter contre la vulnérabilité et les faiblesses, l’intervention de l’État est indispensable, a-t-elle préconisé.

 

« La croissance n’est pas suffisante pour corriger les faiblesses structurelles », a prévenu le Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, M. Supachai Panitchpakdi, en rappelant la responsabilité qui incombe à l’État en ce qui concerne la mise en place d’un cadre institutionnel propice à l’innovation.  Citant des exemples de renforcement institutionnel, il a souligné combien il est important d’assurer la protection du consommateur, qui est un moyen de garantir une compétition saine entre entreprises du secteur privé.

 

« Il faut en finir avec la dépendance trop grande qu’ont développée les PMA envers l’exportation d’une petite poignée de produits de base », a, de son coté, prévenu M. Kandeh Yumkella, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), en jugeant indispensable l’avènement de négociations commerciales qui permettront de stimuler un développement industriel capable d’offrir un emploi aux 400 millions de jeunes qui arriveront sur le marché de l’emploi en Afrique au cours des 25 prochaines années.  Le Directeur général de l’ONUDI a par ailleurs estimé important que les PMA réduisent certains frais de production pour s’assurer une meilleure productivité et diversifier leurs exportations, ce qui leur permettrait de promouvoir l’emploi.  Sur le même ton, la représentante dela CESAP, Mme Noeleen Heyzer,a exhorté le secteur privé à être plus créatif et plus innovant pour créer une valeur ajoutée en transformant localement les produits naturels des PMA.

 

M. Francis Gurry, le Directeur général de l’OMPI, a cité le développement de la téléphonie mobile en Afrique comme un exemple de ce que le secteur public pouvait faire pour permettre et faciliter l’émergence d’un produit, tandis que M. Juan Somavía, Directeur exécutif de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a jugé essentiel de traiter la création d’emplois et le développement social au niveau de la conception et du choix des politiques macroéconomiques.  M. Somavía a rappelé combien les petites entreprises étaient importantes pour la création d’emplois au niveau local et souhaité que des politiques économiques conformes aux réalités locales soient mises en place.  La communauté internationale doit identifier les besoins de chaque PMA, a ajouté le patron de l’OIT, en estimant que les succès que connaissaient certains pays et les méthodes employées pour les atteindre n’étaient pas forcément transposables ailleurs.

 

Le Vice-Secrétaire général de l’UIT, M. Houlin Zhao, a mis l’accent sur l’importance des innovations au niveau des technologies.  Les innovations facilitent et génèrent les échanges au niveau commercial, a-t-il indiqué.  L’accès aux technologies de l’information et des communications est aussi essentiel que l’accès à l’eau, a-t-il ajouté en rappelant combien la téléphonie mobile et l’Internet ont bouleversé les vies dans les zones rurales les plus enclavées.  Il a rappelé que la téléphonie mobile permet aujourd’hui à 10 millions d’Africains d’avoir accès pour la première fois à des services bancaires, ainsi qu’à des pêcheurs et à des éleveurs d’avoir accès à des prévisions météorologiques qui ont une influence positive sur leur productivité.   

 

Le Président-Directeur général de la Banque turque Asyaa présenté les initiatives prises par sa banque pour développer des services financiers à destination des petites et moyennes entreprises (PME) qui se comptent par millions dans les PMA.  Il a cité le développement de ses services financiers au Niger, au Sénégal, en Guinée et en Mauritanie en précisant que le volume des flux financiers entre la Turquie et l’Afrique est passé de 4,5 à 10 milliards de dollars au cours des 10 dernières années.  Il a salué les efforts déployés par ces pays pour mettre en place un cadre juridique propice au développement de services financiers.

 

M. Alhaji Bamanga Tukur, Président du Groupe du NEPAD chargé du secteur des entreprises, a rappelé que seuls neuf pays de l’Afrique ont atteint l’objectif de 7% de croissance.  Il a souligné que les pays africains devaient donner la primauté au respect de la règle du droit pour favoriser l’investissement étranger.  M. Tukur a estimé que les investissements effectués dans les infrastructures africaines pouvaient rapporter gros et a exhorté la communauté internationale à financer les infrastructures commerciales des PMA.

 

Le Coordonnateur du Secrétariat international de Veille sociale a quant à lui mis l’accent sur le respect de la dignité et des droits des personnes en rappelant la référence que constitue l’indice du développement humain.  Il a regretté que les grandes entreprises imposent aux pays certaines politiques, alors que ce sont les petites entreprises familiales qui créent des emplois et garantissent la protection sociale à la population.  Il faut trouver un équilibre entre les exportations de produits générant des subsides de propriété intellectuelle en faveur des pays développés et les importations de propriété intellectuelle dont ont besoin les PMA, a-t-il ajouté en rappelant le droit que devraient avoir les PMA de ne pas mettre en œuvre les dispositions de l’OMC en matière de propriété intellectuelle.  M. Roberto Bissio a estimé que la Suisse n’aurait jamais pu développer son industrie pharmaceutique si elle avait été soumise à des conditions de respect de la propriété intellectuelle du type de celles qu’impose aujourd’hui l’OMC aux pays en développement. 

 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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