Imprimer
DEV/2882
9 mai 2011

Les participants à la Conférence sur les pays les moins avancés explorent les voies du développement à suivre au cours de la prochaine décennie

09/05/2011
Assemblée générale
DEV/2882
 
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York
 

LES PARTICIPANTS À LA CONFÉRENCE SUR LES PAYS LES MOINS AVANCÉS EXPLORENT LES VOIES DU DÉVELOPPEMENT À SUIVRE AU COURS DE LA PROCHAINE DÉCENNIE

 

Chefs d’État et ministres confrontent leur vision

de ce que devra être le programme d’action d’Istanbul, qui sera adopté le 13 mai

 

(Reçu d’un fonctionnaire de l’information)

 

TURQUIE, 9 mai – Poursuivant le débat général entamé ce matin après les interventions du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon; du Président de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, M. Joseph Deiss; et du Président du pays hôte, M. Abdullah Gül; les Chefs d’État et de gouvernement présents aujourd’hui à l’ouverture des travaux de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (PMA) ont tous souligné l’importance que le nouveau programme d’action, qui sera adopté vendredi, tire les enseignements de la décennie écoulée et de la mise en œuvre du Programme d’action adopté, il y a 10 ans, à Bruxelles en faveur des PMA.

 

Les pays les moins avancés sont une catégorie de pays créée en 1971 par l’ONU et qui regroupe des pays présentant les indices de développement humain (IDH) les plus faibles de la planète et, à ce titre, requièrent qu’une attention particulière leur soit accordée par la communauté internationale en matière économique, financière et de développement.  Les PMA sont actuellement au nombre de 48: 33 sont en Afrique, 9 en Asie, 5 en Océanie, et un Haïti dans l’hémisphère des Amériques.

 

Cet après-midi, le Premier Ministre de la Belgique, M. Yves Leterme, a relayé les propos tenus à l’ouverture de la Conférence par M. Ban Ki-moon, pour qui, au lieu d’être simplement perçus comme des problèmes à résoudre, les PMA devraient être appréhendés comme des opportunités à saisir.  Considérant que les PMA constituent un « enjeu de développement », M. Leterme a, à la suite du Groupe consultatif international de personnalités éminentes, enjoint les dirigeants et les populations de ces pays, qui recèlent beaucoup de potentiels humain et naturel, à cultiver l’appropriation nationale.

 

Les mérites du Programme d’action de Bruxelles, adopté en 2001, ont été évoqués par plusieurs orateurs.  L’application de ses recommandations a en effet permis à certains pays de « sortir de l’ornière des PMA », selon l’expression du Premier Ministre du Tchad, M. Emmanuel Djelassem Nadingar.  Tout en étant, dans certains cas, substantiels, les progrès accomplis jusqu’à présent restent néanmoins en dessous des espoirs et des attentes que les pays les moins avancés ont eus après la Conférence de Bruxelles.  À quatre ans de l’échéance de 2015, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dépend dans les PMA, du niveau de concrétisation des engagements pris à Bruxelles, ont souligné plusieurs délégations.

 

À cet égard, plusieurs intervenants ont dressé cet après-midi un bilan mitigé des actions de la décennie écoulée.  Le Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères des îles Samoa, M. Tuilaepa Sailele Malielegaoi -dont le pays est à la fois inscrit dans la catégorie des PMA et dans celle des petits États insulaires en développement-, a souligné que le Programme d’action de Bruxelles n’avait pu être intégralement mis en œuvre à Samoa en raison de l’engagement insuffisant des bailleurs de fonds.

 

Aussi a-t-il préconisé de mettre l’accent, dans le futur programme d’action d’Istanbul, sur le renforcement des partenariats.  Cette notion, au même titre que celle de bonne gouvernance, est revenue plusieurs fois dans les déclarations de la journée.  Le Premier Ministre de la Belgique a repris à son compte la proposition, faite par M. Ban Ki-moon, de l’adoption et de la mise en œuvre du concept de « developmental state », notion qui renvoie à une conception de la gouvernance fondée sur la collaboration stratégique et participative de l’État, de la société civile et du secteur privé.

 

Pour Mme Aja Isatou Njie-Saidy, Vice-Présidente de la Gambie, en dépit des progrès accomplis dans les domaines de la santé et de l’éducation, les pays les moins avancés sont aujourd’hui dans une situation pire que par le passé.  D’où la nécessité de mettre au point, a-t-elle souligné, un nouveau programme d’action plus réaliste axé sur le renforcement des capacités et des infrastructures des PMA, l’amélioration de la nutrition de leur population, le renforcement de leur productivité agricole, ainsi que le développement et le transfert de technologies dont ils ont besoin.

 

À l’ouverture de ses travaux, la Conférence PMA IV a adopté son Règlement intérieur* et son ordre du jour**.  Elle a également élu, par acclamation, un comité plénier qui sera présidé par M. Jarmo Viinanen, de la Finlande, Président de son Comité préparatoire intergouvernemental.  M. Jean-Francis Zinsou, du Bénin, a également été élu par acclamation au poste de Rapporteur de la Conférence.

 

Ont ce matin été élus Vice-Présidents de la Conférence les pays dont la liste suit: Afghanistan; Australie; Azerbaïdjan; Belgique; Chili; Éthiopie; Haïti; Hongrie; Malawi; Népal; Luxembourg; Slovénie et Soudan.  Les Vice-Présidents restants seront élus ultérieurement.  Enfin, les Bahamas, la Chine, la Fédération de Russie, la Finlande, le Gabon, le Guatemala, le Kenya, Singapour et les États-Unis ont été élus au Comité de vérification des pouvoirs de la Conférence.

 

La quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés poursuivra son débat plénier demain mardi 9 mai, à partir de 10 heures.  Au cours de cette deuxième journée de ses travaux, la Conférence tiendra, respectivement en matinée et dans l’après-midi, deux débats thématiques interactifs de haut niveau.

 

*   A/CONF.219/2

** A/CONF.219/1 et Add.1

 

QUATRIÈME CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LES PAYS LES MOINS AVANCÉS

 

Suite du débat général

 

M. YVES LETERME, Premier Ministre de la Belgique, s’est déclaré convaincu qu’une partie essentielle de l’enjeu du développement se jouait dans les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.  Affirmant que la Belgique était un des alliés les plus sincères et les plus actifs de ces pays, M. Leterme a rappelé que le Royaume de Belgique faisait partie des principaux bailleurs de fonds des 48 pays les plus démunis de la planète et que 10 des 18 pays partenaires et récipiendaires de la coopération bilatérale belge étaient des PMA.  Rappelant que Bruxelles avait accueilli la précédente Conférence des Nations Unies sur les PMA en 2000, le Premier Ministre a reconnu que les progrès accomplis, bien que substantiels, restaient en deçà des attentes.  Après avoir souligné que l’intégration de ces pays à l’économie et au commerce mondiaux commençait par l’établissement de partenariats, il a préconisé que le nouveau programme d’action d’Istanbul mette l’accent sur les spécificités et les vulnérabilités des PMA.  Ensuite, comme le Secrétaire général et le Groupe consultatif international de personnalités éminentes l’ont rappelé, les PMA doivent transformer en profondeur leur économie et s’approprier leur propre développement, a dit M. Leterme.  M. Ban Ki-moon a suggéré la mise en place d’un concept de « developmental state », une notion qui renvoie à une gouvernance fondée sur la collaboration stratégique et participative entre l’État, la société civile et le secteur privé.  Ceci, a prévenu M. Leterme, implique, de la part des gouvernements, une volonté de s’engager dans des réformes institutionnelles et une prise de responsabilité dans les politiques menées.  Abondant dans le sens de la déclaration faite ce matin par le représentant de l’Union interparlementaire, il a également souligné le rôle déterminant des parlements. 

 

M. BAMIR TOPI, Président de la République d’Albanie, a constaté la réalité des progrès réalisés en matière de réduction de la pauvreté dans les pays les moins avancés, mais estimé qu’il fallait encore améliorer la qualité de l’enseignement et des services sociaux dans certains PMA.  Il a invité les États à partager leurs meilleures pratiques dans ce domaine.  Pour favoriser le développement, M. Topi a indiqué que l’Albanie comptait sur le processus international de décisions et sur la prise de meilleures politiques communes.  La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques a convenu que des mesures visant à réduire la vulnérabilité et à protéger l’environnement des PMA soient prises, a-t-il rappelé.  L’Albanie appuie les initiatives internationales visant à mobiliser des ressources financières pour faire face à ces problèmes ainsi que pour promouvoir et préserver la sécurité alimentaire et tous les autres problèmes auxquels font face les PMA.  L’ONU doit être en  mesure d’aider les PMA à relever ces défis et à faire face à tous ces problèmes, a-t-il ajouté, espérant que l’Organisation s’engagerait de manière plus efficace en faveur des PMA.  Insistant sur l’importance de la préservation de l’environnement, le Président de l’Albanie a indiqué que son pays tient ses engagements dans ce domaine.  Des mesures ont ainsi été prises pour moderniser les infrastructures énergétiques albanaises et, notamment, augmenter les sources d’énergie renouvelable.  En 2004-2010, l’Albanie a amélioré le niveau de vie de 400 000 Albanais, a aussi indiqué M. Topi en illustrant les progrès réalisés par son pays dans la lutte contre l’extrême pauvreté.  Il a aussi encouragé la nouvelle République du Kosovo, État indépendant, dans ses efforts de développement. 

 

M. RUPIAH BWEZANI BANDA, Président de la Zambie, a affirmé que la Conférence PMA IV d’Istanbul devait prendre en compte les vulnérabilités spécifiques des pays les moins avancés, qui ont besoin d’améliorer leurs capacités productives et de diversifier leurs économies pour devenir compétitifs sur le plan international.  Malheureusement, les PMA ne disposent pas des moyens nécessaires à la mise en place du train de mesures dont ils ont à cet égard besoin.  En Zambie, toute une série de cadres économiques nationaux ont été élaborés, qui ont permis de générer une croissance de 5% en moyenne, mais celle-ci n’a pas permis l’éradication de la pauvreté, principalement en raison de la faible création d’emplois, a expliqué le Président de la Zambie.  Au moment de mettre en œuvre le programme d’action d’Istanbul, il faudra se garder d’une mise en œuvre sélective des engagements pris au niveau international, notamment en ce qui concerne le développement des capacités productives des pays les moins avancés, a conclu M. Banda.

 

M. MAHMOUD AHMADINEJAD, Président de la République islamique d’Iran, a rappelé que, malgré les efforts menés par l’ONU pendant les 40 dernières années pour réduire la pauvreté, les écarts entre les riches et les pauvres se creusent.  Quels sont les facteurs responsables de cette situation? s’est-il interrogé.  Certains pensent que ce sont les traditions de certains pays qui sont en cause, ainsi que la faiblesse de leurs institutions, a-t-il remarqué.  Mais, a-t-il observé, s’il est vrai qu’il y a des problèmes de gestion dans certains des pays, aucun gouvernement au monde n’a pu à ce jour se prévaloir d’avoir mis en place un système d’administration parfait. 

 

Si nous examinons les chiffres émanant de certains gouvernements concernant leur dette, on peut imaginer le désastre qui se profile à l’horizon, a poursuivi M. Ahmadinejad.  Aux États-Unis, par exemple, plus de 32 milliards de dollars ont été injectés dans l’économie et le déficit budgétaire de ce pays dépasse aujourd’hui 1 600 milliards de dollars.  La dette externe des États-Unis se chiffre quant à elle à plus de 1 400 milliards de dollars, a noté M. Ahmadinejad.  Les crédits et les prêts les plus substantiels et les plus lourds sont curieusement accordés aux pays capitalistes, avec des conditions et des taux de remboursement extrêmement favorables, alors que d’autres pays doivent attendre plusieurs années avant de recevoir une aide, a-t-il déploré.  Le Président de l’Iran a ainsi regretté le déséquilibre créé dans l’ordre économique mondial, et le fait que les pays les moins avancés, malgré leurs ressources humaines et naturelles qui devraient leur permettre de vivre dans des conditions décentes, soient condamnés à la pauvreté.

 

Pour remédier à cette iniquité, il faudrait d’abord que toute intervention militaire hégémonique soit interdite, a préconisé M. Ahmadinejad.  Il faut ensuite dessiner une carte des richesses en ressources naturelles dont disposent les PMA, a-t-il ajouté, et éviter de traiter ces pays comme des parias en les rémunérant à un juste prix pour leurs ressources.  Il a aussi appelé tous les gouvernements à se concentrer sur la lutte pour la paix et la justice, et à s’appuyer sur leurs talents nationaux et notamment sur l’utilisation de leurs savoir-faire autochtones, seul moyen pour eux de parvenir à un développement durable.  Le peuple iranien est prêt à participer à la réalisation active de toutes ces aspirations avec tous autres peuples et gouvernements qui déploient des efforts en ce sens, a-t-il assuré.

 

M. AHMED ABDALLAH SAMBI, Président de l’Union des Comores, a déclaré que le Programme d’action de Bruxelles en tant que tel n’avait pas été mis en œuvre dans son pays, mais que les objectifs fixés par ce document avaient été pris en compte par les politiques comoriennes successives.  Cependant, plusieurs obstacles se sont posés dans l’application de ces politiques, dont la crise institutionnelle de 2006-2007, ainsi que le processus de réconciliation nationale qui l’a suivi, a souligné le Président.  En outre, des catastrophes naturelles ont eu un impact dévastateur sur l’archipel entre 2004 et 2006, parmi eux, le passage d’un cyclone et de plusieurs éruptions volcaniques, a précisé M. Sambi.  Il a expliqué que le Plan lancé en 2009-2014 s’appuyait sur la consolidation de la stabilité politique retrouvée aux Comores et sur la participation accrue des opérateurs économiques privés.  La démocratie comorienne, a-t-il dit en conclusion, est la seule démocratie au monde qui ne permet pas au président du pays de se représenter à l’issue d’un mandat de cinq ans.  Ayant hérité d’une nation paralysée par les problèmes institutionnels et politiques, M. Sambi a en conclusion dit qu’il était très heureux de léguer à son successeur une nation regorgeant de perspectives d’avenir.

 

M. HÂMID KARZAI, Président de la République islamique d’Afghanistan, a rappelé les défis auxquels est confronté son pays, comme le terrorisme, la production et le trafic de drogues, la dégradation de l’environnement, ainsi que la faiblesse des institutions étatiques.  Malgré cette vulnérabilité, nous avons réalisé des progrès importants, a-t-il cependant indiqué.  Nous avons adopté une nouvelle Constitution qui assure l’égalité des citoyens, et la presse jouit désormais de sa liberté d’expression et de publication.  En outre, les secteurs de la santé et de l’éducation se sont améliorés et ont accru leurs capacités.  Des millions d’enfants afghans sont maintenant vaccinés, a précisé M. Karzai.  En 2004, l’Afghanistan a rejoint le reste de la communauté internationale dans la poursuite des objectifs de développement internationalement agréés, et nous avons bénéficié de la contribution généreuse de nos partenaires de développement, a-t-il rappelé.  À ce titre, il a indiqué que son pays a développé un programme national de solidarité et renforcé ses efforts de développement de son secteur agricole, ainsi que la promotion de ses infrastructures.

 

M. Karzai a aussi parlé de la coopération régionale, qu’il estime être la pierre angulaire de la croissance de l’Afghanistan et de son développement durable.  Nous avons ainsi rejoint les forums économiques régionaux et développé un projet de réseau routier au niveau de la région, a-t-il indiqué.  M. Karzai a dit que les programmes de priorité nationale présentés en 2010 à la Conférence de Kaboul guident les efforts menés par son gouvernement.  Pour préserver les réalisations actuelles, nous avons fait de la réconciliation et de la paix un élément essentiel de nos efforts, a-t-il aussi précisé.  Les expériences de la décennie passée montrent que les promesses ne mènent pas qu’à des progrès, a-t-il enfin rappelé, avant d’appeler à une réelle coopération pour mettre en œuvre les engagements pris en matière d’aide au développement.  M. Karzai a aussi fait valoir les intérêts de la coopération Sud-Sud.

 

M. ARTHUR TAHIR OGLU RASIZADEH, Premier Ministre de l’Azerbaïdjan, a déclaré que, grâce à une utilisation plus rationnelle de ses ressources, et en particulier de celles issues des recettes générées par le commerce des hydrocarbures, son pays avait été en mesure de faire des progrès dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  « En dépit de l’agression et de l’occupation de 20% de son territoire par l’Arménie », l’Azerbaïdjan reste un partenaire de développement important pour les pays qui sont moins avancés que lui, a affirmé le Premier Ministre.

 

M. OQIL OQILOV, Premier Ministre du Tadjikistan, a déclaré qu’il fallait trouver et mobiliser des ressources financières pour faire face aux effets des changements climatiques.  Il a également plaidé en faveur d’une augmentation du niveau de l’aide publique au développement, et a appuyé la conclusion rapide du Cycle de négociations commerciales de Doha.  Le système de commerce international doit quant à lui rester ouvert, équitable, prévisible et non discriminatoire, a-t-il souhaité, ceci en particulier pour les pays sans littoral.  À cet égard, M. Akilov a jugé nécessaire de concentrer les efforts sur la création de systèmes de transports internationaux et de nouveaux corridors de transport qui facilitent la circulation des produits des pays en développement vers les marchés mondiaux.

 

Au Tadjikistan, le Gouvernement a adopté une stratégie de développement ainsi qu’une stratégie de lutte contre la pauvreté, a-t-il indiqué.  Le taux de pauvreté a ainsi diminué de plus de 20% au cours des cinq dernières années.  M. Akilov a aussi souhaité que l’accès à l’énergie soit garanti pour tous, expliquant que le Tadjikistan développe à cet effet son potentiel énergétique en mettant en valeur des ressources renouvelables, et notamment hydroélectriques.  Nous soutenons aussi des projets de développement dans toute la région, a-t-il dit, soulignant que seule une démarche intégrée dans la région d’Asie centrale permettrait d’y assurer le développement durable des pays concernés.  Le Tadjikistan souhaite aussi renforcer la paix dans sa région et estime que la coopération régionale en Asie centrale doit inclure l’Afghanistan.  Le Premier Ministre a aussi expliqué ce qui est fait dans son pays pour y développer des infrastructures, comme les ponts et les lignes à haute tension, et pour assurer une meilleure gestion de l’eau.

 

M. NIKOLOZ GILAURI, Premier Ministre de la Géorgie, a indiqué que son gouvernement avait introduit des réformes économiques rapides pour relever les défis qui se posaient en Géorgie, ceci, aussi bien au niveau national qu’international.  Les politiques libérales audacieuses du Gouvernement ont permis à la Géorgie d’occuper la douzièmeplace mondiale en matière de facilité de création d’entreprises, et ce, « malgré l’agression militaire de la Fédération de Russie et l’occupation de 20% du territoire géorgien ».  Ainsi, depuis 2006, la Géorgie est un des pays où l’octroi de licences professionnelles se fait avec le plus de souplesse, a fait valoir M. Gilauri.  L’important taux de croissance réalisé au fil des ans nous a permis de nous rapprocher de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment dans le domaine de l’éducation, s’est encore félicité le Premier Ministre.  Très attachée à l’éradication de la corruption, la Géorgie met tout en œuvre pour s’imposer comme partenaire de développement reconnu au niveau international, a-t-il ajouté.

 

M. TUILAEPA SAILELE MALIELEGAOI, Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères des îles Samoa, a expliqué que son pays se prépare à sortir de la catégorie des PMA d’ici quelques années.  Nous avons atteint certains objectifs que nous nous étions assignés et nous allons maintenant nous concentrer sur les autres, a-t-il dit.  Samoa est prêt à poursuivre le dialogue aves ses partenaires de développement afin de déterminer un programme réaliste, a-t-il dit.  M. Malielegaoi a remercié les institutions internationales pour l’appui technique apporté à Samoa dans l’élaboration d’un tel programme.  Nous reconnaissons le fait qu’en tant que PMA, nous avons la responsabilité de réaliser certains enjeux, a-t-il dit, tout en espérant recevoir un appui financier et technique.  Les îles Samoa ont déjà bénéficié de montants importants d’aide publique au développement (APD), a-t-il indiqué.

 

Le Programme d’action de Bruxelles n’a pas été appliqué de manière complète, a rappelé le Premier Ministre, avant de préciser ce qu’il attend du prochain programme d’action d’Istanbul.  Nous attendons de nouveaux engagements de la part des bailleurs de fonds, a-t-il dit, ceci dans un esprit de partenariat mûr.  Il faut aussi définir une aide en faveur de la promotion des infrastructures sociales et tenant compte des priorités nationales.  Les investissements dans le secteur du tourisme sont aussi importants, ainsi qu’un meilleur accès aux marchés, a dit le Premier Ministre de Samoa.  Il a suggéré de créer des groupes de pays ayant des préoccupations similaires, comme par exemple un groupe des petits États insulaires en développement.  Le programme d’action d’Istanbul devra aussi se pencher sur les effets des changements climatiques, a-t-il dit, en insistant que l’adaptation aux effets de ce phénomène, qui requiert une aide spécifique, vienne s’ajouter à l’APD.  Il a proposé en outre que la conception et la mise en œuvre du programme d’action d’Istanbul se base sur le principe de l’appropriation nationale.

 

M. EMMANUEL DJELASSEM NADINGAR, Premier Ministre du Tchad, a déclaré que le Programme d’action de Bruxelles avait initié un élan de solidarité d’un nouveau genre pour sortir de l’ornière les pays les moins avancés (PMA) comme le Tchad.  La Conférence PMA IV vise à mettre au point de nouveaux outils afin de permettre aux PMA de mieux faire face à leurs difficultés.  Des progrès substantiels ont été accomplis au cours de la décennie écoulée, en particulier dans le domaine de l’éducation, a-t-il reconnu.  Le Plan d’action de Bruxelles, que le Tchad a pleinement intégré à son cadre politique, a fortement contribué à la réduction de la pauvreté dans le pays, malgré des situations adverses, comme celle qui a prévalu au Tchad en 2008.  Dans le but de relancer la croissance, le Gouvernement a choisi de consacrer 70% de ses revenus pétroliers à l’investissement dans des domaines prioritaires identifiés afin de parvenir aux OMD.  L’aide publique au développement, tout comme les investissements directs étrangers (IDE), a-t-il fait observer, a connu une tendance à la baisse au cours de la décennie passée.  Mais le Tchad dispose désormais d’institutions démocratiques solides, et l’apport des partenaires internationaux s’avère exemplaire, a poursuivi le Premier Ministre, qui a fait part d’un ambitieux programme de promotion des télécommunications et de renforcement du réseau de transport tchadien.  Le Tchad se félicite de pouvoir bénéficier d’une plus grande compréhension de la part de ses partenaires financiers.  Le pays est en train de mener un vaste programme en matière d’investissement et d’amélioration de son climat d’affaires, a ajouté en conclusion M. Nadingar.

 

Mme AJA ISATOU NJIE-SAIDY, Vice-Présidente de la Gambie, a émis l’espoir que la décennie qui s’ouvre serait différente de la dernière, en espérant notamment voir les PMA réaliser de meilleures performances économiques.  Ces pays sont dans une situation qui est aujourd’hui pire qu’avant, a-t-elle regretté, tout en reconnaissant les progrès réalisés par certains PMA, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.  Le fait que le Programme d’action de Bruxelles n’ait pas pu réaliser ses objectifs confirme la nécessité de mettre en place un nouveau programme d’action plus réaliste visant un développement durable, a-t-elle estimé.  Ce programme devra mettre l’accent sur les mesures à prendre pour renforcer les capacités humaines, améliorer la nutrition, la productivité agricole, les infrastructures, ainsi que le développement et le transfert de technologies. 

 

La Gambie a mis en œuvre de grandes réformes dans ces domaines, notamment dans l’investissement étranger direct, qui se sont traduites par des résultats positifs, s’est réjouie la Vice-Présidente.  Nous avons atteint une stabilité macroéconomique, a-t-elle aussi indiqué, même s’il reste encore beaucoup à faire pour réaliser tous les OMD.  La Vice-Présidente gambienne a également souligné l’importance de prendre des mesures pour pouvoir créer des emplois pour les jeunes.  Le commerce et l’accès aux marchés sont aussi des questions essentielles, a-t-elle ajouté, insistant pour qu’une solution définitive soit trouvée dans ce domaine, notamment afin que les PMA bénéficient d’un accès hors taxes aux marchés mondiaux.  Nous devrons élaborer un programme d’action orienté vers l’obtention de résultats, a-t-elle souhaité, avant de demander aux partenaires de développement de la Gambie de tenir leurs engagements.

 

M. MOHAMMED GHARIB BILAL, Vice-Président de la République-Unie de Tanzanie, a estimé que bien que beaucoup ait été fait pour mettre en œuvre le Programme d’action de Bruxelles, cela n’avait pas suffit à résoudre les problèmes des PMA.  « À Istanbul, nous devons être plus ambitieux », a-t-il dit.  Il a souligné que de nombreux PMA ont rempli la plupart des obligations qu’ils avaient prises en vertu du Programme d’action de Bruxelles pour la période 2001-2010.  Pour ce qui est de son pays, M. Bilal a indiqué que la Tanzanie avait, entre autres, adopté des politiques en faveur des pauvres et procédé à des réformes du secteur public, créé des institutions de régulation du marché, augmenté les opportunités pour les femmes et renforcé les institutions de lutte contre la corruption.  Nous sommes venus à Istanbul pour prendre des décisions sur la façon d’aider les PMA à sortir de ce statut, et nous devons réussir dans cette mission, a-t-il dit.  Outre un engagement politique renouvelé, il a souhaité que l’on prenne en compte les succès du Programme d’action de Bruxelles, et que le futur programme d’action d’Istanbul comprenne des objectifs chiffrés.  Les domaines d’intervention essentiels sont, a-t-il estimé, le financement du développement, le renforcement des capacités pour le développement, et les infrastructures, notamment celles permettant de développer les capacités productives en agriculture et dans l’industrie.  Il a aussi cité les marchés mondiaux, sur lesquels doit être garanti un accès préférentiel aux PMA, et la coopération triangulaire, qui permet un partage des expériences. 

 

Mme INGRID FISKAA, Vice-Ministre du développement international de la Norvège, a expliqué que l’aide que fournit la Norvège aux PMA se concentre sur la réduction de l’insécurité alimentaire.  Elle a aussi indiqué que la Norvège prépare une conférence internationale sur l’accès à l’énergie pour tous qui aura lieu à Oslo en octobre 2011.  L’accès à l’énergie constitue un élément essentiel du développement durable, a-t-elle précisé.  La Norvège est consciente que l’aide publique au développement (APD) restera une source importante de financement du développement des PMA, a dit Mme Fiskaa.  À cet égard, elle a signalé que le Gouvernement norvégien s’est engagé à consacrer 1% de son PNB à l’APD.  Elle s’est ensuite élevée contre les flux financiers illicites, qui résultent notamment de l’évasion fiscale, du trafic de drogues et d’armes.  Il faut donc mettre aux niveaux mondial et national des systèmes judiciaires qui fonctionnent bien et des services de police efficaces, a-t-elle souligné.

 

Mme Fiskaa a mentionné l’idée, soutenue par le Gouvernement de la Norvège, qui consisterait à créer une taxe sur les transactions financières, afin d’assurer une source stable de financement du développement.  Nous savons que l’accès aux marchés est insuffisant pour les PMA ayant de faibles capacités de production, a-t-elle noté.  Par ailleurs, depuis la Conférence PMA III de Bruxelles, les économies émergentes ont changé l’état des flux financiers destinés aux PMA, a observé Mme Fiskaa.  Elle a reconnu que les pays émergents constituent des partenaires essentiels pour les PMA.  Mais il nous faut encore élargir la base financière de l’ONU elle-même, notamment en ce qui concerne ses fonds et programmes, a-t-elle dit.

 

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.