CS/9927

La Conférence d’Istanbul sera l’occasion de manifester une solidarité politique avec la Somalie, affirme M. Ahmedou Ould-Abdallah devant le Conseil de sécurité

12/05/2010
Conseil de sécuritéCS/9927
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Conseil de sécurité

6313e séance – matin


LA CONFÉRENCE D’ISTANBUL SERA L’OCCASION DE MANIFESTER UNE SOLIDARITÉ POLITIQUE

AVEC LA SOMALIE, AFFIRME M. AHMEDOU OULD-ABDALLAH DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ


Le Vice-Premier Ministre somalien appelle la communauté internationale à appuyer durablement son pays


Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie,M. Ahmedou Ould-Abdallah, a fait état aujourd’hui, devant le Conseil de sécurité, des efforts déployés par le Gouvernement fédéral de transition, malgré de nombreuses difficultés, en vue d’améliorer la sécurité et la stabilité dans le pays.


De son côté, le Vice-Premier Ministre et Ministre de la pêche et des ressources marines de la Somalie, M. Abdurahman A. Ibrahim, a appelé la communauté internationale à appuyer durablement son pays dans les domaines cruciaux que sont la sécurité, la consolidation de la paix, la bonne gouvernance, la prévention de la piraterie, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et l’amélioration des relations avec les États voisins. 


M. Ould-Abdallah, qui présentait le dernier rapport* du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, sur la Somalie, a affirmé que la Conférence sur la Somalie, organisée conjointement par les Nations Unies et la Turquie, et qui se tiendra à Istanbul du 21 au 23 mai, serait l’occasion pour la communauté internationale de « manifester une solidarité politique avec le peuple somalien qui a tant souffert ».


« Nous devons agir maintenant », a-t-il déclaré, notant que cette Conférence intervenait un an après celle de Bruxelles, qu’avait convoquée le Secrétaire général de l’ONU, et qui avait recueilli des promesses de contributions d’un montant total de 213 millions de dollars pour aider la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et le Gouvernement fédéral de transition à progresser dans le renforcement de leur sécurité.  Pour M. Ould-Abdallah, « si la communauté internationale ne prend pas aujourd’hui les bons engagements ou les mesures adéquates, la situation l’obligera tôt ou tard à agir, et avec un prix beaucoup plus élevé ». 


Le Représentant spécial a lancé un appel à toutes les parties concernées pour assurer le décaissement, en temps voulu, des sommes nécessaires à la rémunération des forces de sécurité.  Sur le front politique, malgré des conditions difficiles, le Gouvernement fédéral de transition doit pouvoir « faire montre d’unité et de détermination » dans les mesures prises et établir des « objectifs communs dans ses politiques », a affirmé M. Ould-Abdallah. 


Le Représentant spécial a également décrit une « situation humanitaire catastrophique ».  Évoquant la nécessité de lutter contre l’impunité, il a souligné que la situation humanitaire et la situation des droits de l’homme étaient « les parties du même problème » et devaient être « traitées simultanément ».


Dans son rapport, le Secrétaire général « déplore que les actes d’obstruction et d’intimidation commis par des éléments insurgés entravent la fourniture d’une aide humanitaire à ceux qui en ont besoin ».  Il se dit « profondément préoccupé par les répercussions du conflit sur les civils » et lance un appel à toutes les parties pour qu’elles assurent leur protection.


M. Ibrahim a, quant à lui, affirmé que le Gouvernement fédéral de transition avait accompli des progrès importants en matière de réconciliation.  Le Vice-Premier Ministre somalien a, en particulier, cité l’Accord signé le 15 mars dernier au siège de l’Union africaine entre le Gouvernement fédéral de transition et Ahlu Sunnah Wal Jama’a (ASWJ), un accord de coopération qui devrait permettre, selon lui, de contrer plus efficacement les actions des insurgés.  Il a ajouté que son gouvernement était parvenu à stabiliser certaines régions du pays, en privilégiant la négociation et le dialogue avec les leaders locaux.


Par ailleurs, M. Ibrahim a estimé que le déploiement de forces de maintien de la paix de l’ONU dotées d’un mandat « clair et pertinent » contribuerait à la stabilisation de la Somalie et renforcerait l’efficacité de l’AMISOM.  « La paix, la stabilité et la sécurité sont les conditions sine qua non au développement économique et social et à la fourniture de l’assistance humanitaire », a-t-il ajouté.


Pour le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, M. Ramtane Lamamra, les programmes et projets en cours devraient pouvoir « déboucher sur une transformation fondamentale du paysage politico-sécuritaire de la Somalie ».  Il a jugé que dans cette perspective, « le développement des Forces de sécurité somaliennes au moyen d’une formation de qualité, d’équipements performants et d’une gestion normalisée de leur fonctionnement et des carrières de leurs éléments doit être crédité d’un coefficient élevé des priorités ».


Lors du débat du Conseil de sécurité, plusieurs délégués ont appuyé la mise en œuvre de l’approche graduelle en trois phases énoncée par le Secrétaire général dans son rapport spécial** du 16 avril 2009, déjà approuvée par le Conseil de sécurité, et caractérisée par une présence de plus en plus marquée de l’ONU sur le terrain.  Le Secrétaire général, dans son dernier rapport, exprime son intention de continuer de suivre sa mise en œuvre « afin de cerner les secteurs dans lesquels des améliorations peuvent être apportées ».


De nombreux représentants, également, ont exprimé leur appui aux efforts internationaux de lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes, notamment l’opération « Atalante » de l’Union européenne.  La délégation de l’Union européenne s’est dite consciente que la lutte contre la piraterie exigeait un « engagement soutenu et global ».


D’autres pays, comme le Brésil ou le Liban, ont fait remarquer qu’une solution définitive à ce phénomène ne serait trouvée que lorsque ses causes profondes « sur le territoire somalien » seront identifiées et réglées.  La Fédération de Russie a appelé à la pleine mise en œuvre des résolutions pertinentes, en particulier pour mieux poursuivre en justice les auteurs d’actes de piraterie.


Par ailleurs, certaines délégations, comme celles de l’Autriche, du Mexique ou du Liban, ont condamné fermement le recrutement forcé d’enfants soldats.


*     S/2010/234

**    S/2009/210


LA SITUATION EN SOMALIE


Rapport du Secrétaire général sur la Somalie (S/2010/234)


Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, présente dans ce rapport les principaux faits nouveaux intervenus en Somalie depuis la parution de son dernier rapport (S/2009/684), en date du 8 janvier 2010.


M. Ban rappelle que le Gouvernement fédéral de transition qui assure ses fonctions à partir de Mogadiscio tente de reconstruire les institutions de la Somalie, de remettre en état l’infrastructure du pays et de devenir plus représentatif, crédible, responsable et fonctionnel, notamment en établissant et adoptant un budget pour 2010.  À cet effet, le Secrétaire général se dit encouragé par l’engagement du Gouvernement de former une administration sans exclusive en sollicitant la participation des parties qui se trouvent à l’extérieur du processus de paix, et par l’Accord conclu le 15 mars dernier entre le Gouvernement et l’Ahlu Sunnah Wal Jama’ (ASWAJ).


M. Ban indique que le mois d’août 2011 marquera la fin de la période de transition en Somalie.  Plusieurs tâches critiques devront être achevées avant cette date, notamment l’élaboration de la constitution du pays, ajoute-t-il, même si de nets progrès ont été accomplis.  Le Secrétaire général redoute que le Gouvernement ne continue d’être dépourvu des moyens nécessaires pour mettre en œuvre les mesures qu’il s’est donné pour mission d’appliquer.  À cet égard, il réitère son appel aux États Membres afin qu’ils versent d’urgence les contributions qu’ils ont annoncées en faveur du Gouvernement fédéral de transition. 


Par ailleurs, M. Ban déplore que les combattants étrangers et divers autres acteurs continuent d’entretenir l’anarchie causée par le conflit.  Il note que les conditions de sécurité en Somalie demeurent très instables et imprévisibles.  Des éléments de groupes armés continuent de lancer des attaques à distance contre les forces du Gouvernement fédéral de transition et de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) à Mogadiscio, explique-t-il.  C’est pourquoi, M. Ban exhorte les États Membres à faire le nécessaire pour appliquer le régime des sanctions, et notamment la résolution 1907 (2009) qui impose des sanctions ciblées à ceux qui mettent le processus de paix en danger. 


Le Secrétaire général déplore également que les actes d’obstruction et d’intimidation commis par des éléments insurgés entravent la fourniture d’une aide humanitaire à ceux qui en ont besoin.  Il se dit profondément préoccupé par les répercussions du conflit sur les civils et lance un appel à toutes les parties pour qu’elles assurent leur protection.


M. Ban note avec préoccupation que le Bureau maritime international a enregistré 217 actes de piraterie dans le bassin somalien et le golfe d’Aden, comptant pour plus de la moitié des actes de piraterie perpétrés dans le monde entier en 2009.  Il salue la reconduction jusqu’en 2012 des activités de lutte contre la piraterie qui sont menés dans la région par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).


M. Ban rend hommage aux efforts décisifs accomplis par l’Union africaine, en particulier aux troupes de l’AMISOM, qui poursuivent sans se décourager leurs opérations dans un environnement difficile et dangereux, ainsi qu’à l’Autorité intergouvernementale pour le développement, en vue de stabiliser la situation en Somalie. 


Enfin, le Secrétaire général indique son intention d’examiner la mise en œuvre de la Stratégie des Nations Unies pour la Somalie dans le cadre de sa politique sur l’intégration des opérations des Nations Unies.  Il soumettra au Conseil de sécurité ses conclusions et les options qu’il propose pour assurer la cohésion et la coordination de l’action entreprise par les Nations Unies en Somalie. 


Déclarations


M. AHMEDOU OULD-ABDALLAH, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, a rappelé que lors de son premier exposé devant le Conseil de sécurité, le 17 décembre 2007, il avait proposé trois options pour tenter de régler la situation: le statu quo, un retrait complet de la Somalie, des mesures simultanées dans les domaines de la politique, de la sécurité et du développement.  La Conférence sur la Somalie, organisée conjointement par le Secrétaire général de l’ONU et le Gouvernement de la Turquie la semaine prochaine à Istanbul, est le signe, a-t-il estimé, d’un appui important à la troisième option.  « Nous devrions tous reconnaître qu’après des années d’anarchie, le moment ne sera jamais approprié en Somalie », a-t-il déclaré.  « Nous devons agir maintenant. »


M. Ould-Abdallah a précisé que la Conférence d’Istanbul intervenait un an après celle qu’avait convoquée le Secrétaire général à Bruxelles, et qui avait recueilli 213 millions de dollars de promesses de dons pour aider la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et le Gouvernement fédéral de transition à progresser dans le renforcement de leur sécurité.  Au cours de cette Conférence, le Secrétaire général avait reçu le ferme soutien de l’Union africaine, de l’Union européenne, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), de la Ligue des États arabes, de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) et de plusieurs pays, comme le Japon, la Norvège et les États-Unis.  Un tel soutien, et celui d’autres, sont tout aussi nécessaires aujourd’hui pour que la Conférence d’Istanbul soit un succès, a-t-il affirmé.


Le Représentant spécial a souligné que le nouveau Chef d’état-major de l’armée somalienne avait besoin d’un appui sans faille et ferme de la part de son gouvernement pour l’organisation de son travail et de ses forces, sans ingérence excessive externe et interne.  De même, l’AMISOM, dont les effectifs sont désormais inférieurs à 7 000 éléments, et qui a besoin davantage de bataillons, devrait être renforcée et assistée dans l’exécution de ses tâches de protection des institutions fédérales et d’aide aux démunis.  La communauté internationale peut apporter sa contribution sous forme d’équipements et d’émoluments, au moins pour un an, pour les forces qui ont été formées de manière appropriée, a-t-il dit.


Sur le front politique, malgré des conditions difficiles, le Gouvernement fédéral de transition doit pouvoir faire montre d’unité et de détermination dans les mesures prises et établir des objectifs communs dans ses politiques, a-t-il affirmé.  Il doit, a souligné M. Ould-Abdallah, s’attacher à ce qui est essentiel pour la population, tandis que la communauté internationale peut aider en mettant en œuvre ses engagements, en particulier en décaissant les ressources promises.


Le Représentant spécial a également fait observer que le Mémorandum d’accord signé avec le Puntland sur les questions liées à la piraterie constituait une étape importante.  Il a rappelé que la piraterie était une activité criminelle croissante, encouragée par les paiements de rançons considérables.


M. Ould-Abdallah a fait également état d’une situation humanitaire catastrophique, malgré l’effort louable du Programme alimentaire mondial (PAM) et d’autres institutions des Nations Unies, comme l’UNICEF.  Il ne faut pas oublier, a-t-il dit, que la poursuite de l’impunité alimente cette tragédie.  La situation humanitaire et la situation des droits de l’homme sont les parties du même problème et doivent être traitées simultanément, a-t-il assuré.


La Conférence d’Istanbul permettra d’abord et avant tout de manifester une solidarité politique avec le peuple somalien qui a tant souffert, a-t-il dit.  Elle contribuera également à fournir un cadre au secteur privé somalien, au milieu international des affaires et aux gouvernements pour lancer de nouvelles initiatives de reconstruction et de création d’emplois.  Le Représentant spécial a estimé que des défis importants subsistaient et qu’ils pouvaient être surmontés par des mesures adéquates.  Par des partenariats avec le secteur public et le secteur privé, il est possible de commencer à faire une différence dans la perception internationale et l’image de la Somalie et, par voie de conséquence, dans la vie des Somaliens, a-t-il estimé. 


Pour M. Ould-Abdallah, si la communauté internationale ne prend pas aujourd’hui les bons engagements ou les bonnes actions, la situation l’obligera tôt ou tard à agir, et avec un prix beaucoup plus élevé.  La Conférence d’Istanbul est une occasion exceptionnelle de montrer à la Somalie, qui célèbre cette année le cinquantième anniversaire de son indépendance, que ses amis peuvent faire la différence, a conclu le Représentant spécial.    


M. ABDURAHMAN A. IBRAHIM, Vice-Premier Ministre et Ministre de la pêche et des ressources marines de la Somalie, a affirmé que le Gouvernement fédéral de transition avait accompli des progrès importants en matière de réconciliation.  Des éléments de groupes rebelles ont en effet adhéré aux efforts du Gouvernement et condamné publiquement le recours à la violence extrémiste, a-t-il ajouté. 


M. Ibrahim a ensuite mentionné l’Accord signé le 15 mars dernier au Siège de l’Union africaine entre le Gouvernement et le Mouvement Ahlu Sunnah Wal Jama’a (ASWJ), un accord de coopération qui devrait permettre, selon lui, de contrer plus efficacement les actions des insurgés.  Les dispositions de l’Accord du 15 mars, signé par les deux parties, seront mises en œuvre par le Gouvernement fédéral de transition, a précisé le responsable somalien.  Poursuivant, il a indiqué que son gouvernement était parvenu à stabiliser certaines régions du pays, en privilégiant la négociation et le dialogue avec les leaders locaux. 


Concernant la reconstitution de l’armée nationale, le Vice-Premier Ministre a fait savoir que le Gouvernement, après avoir réintégré les milices privées dans les rangs de l’Armée nationale somalienne, s’employait à présent à réorganiser la chaîne de commandement.  La communauté internationale est activement engagée dans la formation des Forces de sécurité somaliennes, en Somalie mais aussi en Ouganda et d’autres pays voisins, a rappelé M. Ibrahim. 


« Nous sommes d’avis que nos troupes seraient plus efficacement entraînées si la formation avait lieu uniquement en Somalie », a-t-il estimé, appelant en outre au déploiement complet des 8 000 Casques bleus autorisés de l’AMISOM.  « Nous croyons également que le déploiement de forces de maintien de la paix de l’ONU dotées d’un mandat clair et pertinent contribuerait à la stabilisation de la Somalie, et renforcerait l’efficacité de l’AMISOM », a souligné M. Ibrahim.  La paix, la stabilité et la sécurité sont les conditions sine qua non au développement économique et social et à la fourniture de l’assistance humanitaire, a poursuivi le Vice-Premier Ministre somalien. 


Après avoir assuré le Conseil de sécurité des progrès réalisés par son gouvernement dans l’élaboration de la nouvelle constitution, il a appelé la communauté internationale à appuyer durablement la Somalie dans les domaines cruciaux que sont la sécurité, la consolidation de la paix, la bonne gouvernance, la prévention de la piraterie, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et l’amélioration des relations de la Somalie avec les pays voisins. 


M. RAMTANE LAMAMRA, Commissaire de la paix et de la sécurité de l’Union africaine, a souligné que l’Accord, signé le 15 mars dernier au siège de la Commission de l’Union africaine entre le Gouvernement fédéral de transition et le Mouvement Ahlu Sunnah Wal Jama’a (ASWJ), peut à juste titre être considéré comme un repère distinctif des mutations stratégiques que connaît la situation en Somalie.  Cet Accord est d’une nature et d’une portée qui ont un potentiel considérable aux plans politique, militaire et territorial, de même que du point de vue de l’influence sur les dynamiques sociétales, religieuses et culturelles.  Pour M. Lamamra, les programmes et projets en cours devraient pouvoir déboucher sur une transformation fondamentale du paysage politico-sécuritaire de la Somalie.  Il a jugé que dans cette perspective, le développement des Forces somaliennes de sécurité au moyen d’une formation de qualité, d’équipements performants et d’une gestion normalisée de leur fonctionnement et des carrières de leurs éléments doit être crédité d’un coefficient élevé des priorités. 


Le représentant de l’Union africaine a ensuite noté que la mise à niveau de l’AMISOM, par rapport aux normes logistiques et opérationnelles ainsi qu’aux conditions de service du personnel, doit être activement poursuivie afin que son changement de statut en force de maintien de la paix des Nations Unies ne souffre pas de contretemps pour des raisons techniques.  M. Lamamra a également considéré que la situation en Somalie appelle à la mise en place de stratégies globales et concertées afin que toutes les contributions se complètent et se renforcent mutuellement.  Ces stratégies, qui doivent donner toute l’importance centrale que méritent les questions de sécurité, doivent également porter sur la reconstruction de l’état et de ses instruments régaliens de fonctionnement ainsi que sur la relance de l’action humanitaire et la réalisation de projets de développement, a-t-il dit. 


M. PHILIP JOHN PARHAM (Royaume-Uni) s’est dit déçu que le rapport du Secrétaire général sur la Somalie ait été publié moins de 24 heures avant la présente réunion du Conseil de sécurité.  La situation en Somalie, a-t-il estimé, continue d’être une source de grande préoccupation.  Le représentant a indiqué que le Royaume-Uni condamnait fermement les attaques contre l’AMISOM et le Gouvernement fédéral de transition.  Des progrès importants ont été réalisés sur certains fronts ces derniers mois, mais la situation demeure précaire, a-t-il dit, jugeant essentiel que toutes les parties redoublent d’efforts pour progresser davantage vers la stabilité et la sécurité.  De tels progrès permettraient à la région de contribuer davantage au développement économique dont elle aurait tant besoin.  Le représentant a également souligné que la situation humanitaire, qu’il a qualifiée de terrible, continuait de se détériorer.  Il a espéré que le PAM pourra reprendre ses activités en toute sécurité. 


Le représentant a affirmé que le Gouvernement britannique s’était engagé à aider le Gouvernement fédéral de transition et l’AMISOM.  En matière de lutte contre la piraterie, le rôle du Royaume-Uni est important dans l’opération de l’Union européenne Atalante, a-t-il dit.  Le représentant a estimé que la situation en Somalie exigeait une direction ferme de la part des Nations Unies, lesquelles doivent assurer une présence croissante à Mogadiscio.  De même, la communauté internationale doit relancer ses efforts pour aider l’AMISOM et le Gouvernement fédéral de transition, a-t-il ajouté, évoquant la prochaine Conférence d’Istanbul.


Mme BROOKE D. ANDERSON (États-Unis) a indiqué que sa délégation demeurait préoccupée par la situation en Somalie.  Elle a estimé que le Gouvernement fédéral de transition doit redoubler d’efforts pour que, par le biais d’un dialogue d’inclusion tel que prévu par l’Accord de Djibouti, toutes les parties à la crise optent pour le développement et la reconstruction du pays.  La représentante a ainsi salué la signature de l’accord du 15 mars dernier entre le Gouvernement et le Mouvement ASWJ, « qui, a-t-elle dit, représente une contribution à la stabilisation du pays ».  Après avoir noté les progrès réalisés par le Gouvernement fédéral de transition pour élaborer une nouvelle constitution et relancer l’emploi des jeunes et dans les services publics, la représentante américaine a souhaité que la Conférence d’Istanbul de mai prochain permette d’assurer des investissements internationaux à plus long terme dans les infrastructures étatiques et socioéconomiques.  Les groupes d’insurgés doivent faire l’objet de sanctions, a poursuivi la représentante, qui a mentionné les interdictions de voyager et l’embargo sur les armes, « que doivent pleinement mettre en œuvre tous les pays concernés ».  Elle a ensuite plaidé pour un appui accru à l’AMISOM en vue de stabiliser la situation à Mogadiscio, la capitale de la Somalie, et accompagner efficacement le processus de paix et sécuriser la fourniture de l’assistance humanitaire.  Sur ce dernier point, elle a fait savoir qu’en 2009, les États-Unis avaient consacré 150 millions de dollars d’aide humanitaire à la Somalie.  Actuellement, 3,2 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire, dont l’acheminement est entravé par les activités des insurgés, a-t-elle fait remarquer, avant de demander aux parties d’assurer le libre accès à l’aide alimentaire.


M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a affirmé que l’Accord signé le 15 mars représentait l’événement le plus notable en Somalie.  Les difficultés restent de taille, a-t-il dit, citant la violence, les violations des droits de l’homme et les interruptions des activités du Programme alimentaire mondial (PAM).  Le succès de la transition en Somalie ne pourra se faire que si les fonctions de politique et de sécurité sont mises en place et qu’une gestion coordonnée des efforts du Gouvernement fédéral de transition et de la communauté internationale est assurée.  La finalisation de la nouvelle constitution est également une tâche importante, a-t-il ajouté.  La stabilité ne peut être consolidée que si les acquis en matière politique et de stabilité sont renforcés par des activités de reconstruction, a-t-il fait observer.  M. Apakan a ainsi mis l’accent sur la prochaine Conférence d’Istanbul, qui aura lieu du 21 au 23 mai.  L’objectif, a-t-il dit, est de démontrer à la communauté internationale que la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti est possible.  Il a espéré que la Conférence d’Istanbul permettra un changement pour l’avenir de la Somalie et qu’un ferme message de solidarité sera adressé aux Somaliens, leur assurant qu’ils ne sont pas seuls. 


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déploré que l’opposition somalienne continue d’attaquer l’AMISOM et le Gouvernement fédéral de transition, « ce qui empêche ce dernier de diriger le pays et de mener à bien la mise en œuvre de ses programmes fédéraux ».  La communauté internationale doit prendre des mesures concertées pour aider le Gouvernement dans le domaine de la sécurité, afin de lui donner la possibilité d’assurer ses mandats et de poursuivre ses efforts de réconciliation, a ajouté le représentant de la Fédération de la Russie.  Il a également plaidé, comme le recommande le Secrétaire général dans son rapport, pour un regroupement des efforts internationaux en Somalie, en renforçant en particulier la structure de l’ONU dans ce pays.  Cela est indispensable pour garantir la poursuite du processus de paix, a également estimé le représentant, qui a souhaité que la Conférence de paix qui se tiendra à Istanbul à la fin de mai, contribue à sortir la Somalie de l’impasse.  Il a aussi appuyé la demande du Secrétaire général de renforcer le régime de sanctions à l’égard de la Somalie.  Concernant la lutte contre la piraterie, il a appelé à la pleine mise en œuvre des résolutions pertinentes, en vue surtout de mieux poursuivre en justice les auteurs d’actes de piraterie.


M. NICOLAS DE RIVIÈRE (France) a rappelé le soutien apporté par son pays au Gouvernement fédéral de transition en Somalie.  Il a estimé que la situation dans le pays demeurait fragile.  La sortie de crise est ralentie, a—t-il dit, mettant l’accent sur la prochaine Conférence d’Istanbul.  Le représentant a souligné l’accent sur la nécessité d’un renforcement de la présence des Nations Unies en Somalie.  Il a également rappelé les efforts entrepris par la France et l’Union européenne en Somalie, en soulignant la nécessité d’assurer une coordination avec l’action de l’AMISOM.  En matière de lutte contre la piraterie, il convient de continuer les actions en mer, a-t-il dit, précisant que la force de l’Union européenne « Atalante » prenait toute sa part dans cet effort.  Il faut également renforcer les actions sur terre, a-t-il déclaré, saluant les efforts des États de la région et les appelant à renforcer leur action dans ce domaine.  La Somalie traverse une des crises les plus dangereuses et complexes qui soient, a-t-il dit, rappelant qu’un ressortissant français y était retenu en otage.  Cette situation particulièrement difficile nécessite que l’action de la communauté internationale et des Nations Unies soit coordonnée, a-t-il souligné.


M. DU XIACONG (Chine) a estimé qu’une solution définitive à la question de la Somalie passait par la cessation des affrontements entre les différentes factions et le relèvement du pays.  La Chine appuie l’Accord de paix de Djibouti et l’accord signé le 15 mars dernier entre le Gouvernement fédéral de transition et le Mouvement ASWJ, a-t-il ajouté, jugeant que les parties devaient agir dans l’intérêt de la nation en participant au processus de paix et à la restauration des institutions politiques.  Le représentant a indiqué que sa délégation condamnait fermement les attaques contre le Gouvernement fédéral de transition et l’AMISOM et estimait que le Conseil de sécurité devrait jouer un rôle plus important pour sortir la Somalie de la crise.  Le déploiement d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies, « dès que les conditions le permettront », pourra contribuer à cet objectif, a-t-il estimé.  Avant de conclure, il a souhaité qu’une réflexion approfondie sur ce point ait lieu à la fin du mois lors de la Conférence d’Istanbul sur la Somalie.   


M. YUKIO TAKASU (Japon) a affirmé qu’un engagement renouvelé était nécessaire pour transformer les paroles en actes.  Le Gouvernement fédéral de transition de la Somalie doit consolider ses efforts pour la réconciliation politique et le dialogue, a-t-il dit, saluant l’Accord signé le 15 mars dernier par le Gouvernement fédéral de transition et Ahlu Sunnah Wal Jama’a (ASWJ), lequel, a-t-il estimé, doit être immédiatement mis en œuvre.  La communauté internationale, pour sa part, doit honorer tous ses engagements pour appuyer les efforts du Gouvernement fédéral de transition.  Le représentant a également souligné qu’une assistance humanitaire était indispensable pour la vie de millions de personnes en Somalie.  Il a condamné l’obstruction et l’intimidation dans l’acheminement de l’aide humanitaire par des groupes d’opposition.  Il est tout aussi important, a-t-il ajouté, de renforcer la coopération entre le Gouvernement fédéral de transition, le Puntland et le Somaliland en vue d’assurer la reconstruction et le développement à long terme de la Somalie.  Il a espéré que le Gouvernement fédéral de transition déploiera tous les efforts possibles pour assurer l’efficacité de l’aide internationale et pour renforcer sa gouvernance.  Le représentant a indiqué que son pays était engagé à contribuer activement à la lutte contre la piraterie, et a ainsi évoqué la prochaine réunion du Groupe de contact sur la piraterie au large des côtes de la Somalie.


M. BULUS PAUL ZOM LOLO (Nigéria) a, à son tour, estimé que l’instabilité en Somalie empêche le Gouvernement fédéral de transition de mener à bien ses programmes.  En outre, le Gouvernement est confronté à de sérieux problèmes économiques, a-t-il noté.  D’ici à la fin de la période transition, le Gouvernement fédéral de transition, appuyé par la communauté internationale, devrait utiliser le temps restant pour rétablir l’ordre et avancer politiquement dans la rédaction de la nouvelle constitution sur la base de consultations élargies, a estimé le représentant.  Il faut également renforcer l’aide internationale pour que le Gouvernement puisse agir à l’intérieur du pays et créer des emplois afin que les plus jeunes se détournent de la tentation extrémiste, a-t-il suggéré.  Le représentant a également souligné l’importance d’une fourniture constante et sécurisée de services humanitaires, les États Membres devant s’acquitter des engagements financiers pris à ce niveau lors de la Conférence de Bruxelles.  Il a conclu en appelant à l’amélioration de la mise en œuvre du régime de sanctions, comme le demande Secrétaire général dans son rapport, et au renforcement des capacités de l’AMISOM, dont la rémunération des troupes doit être réévaluée.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a affirmé que la réforme du secteur de la sécurité devrait être complétée par un pilier politique solide et une bonne gouvernance.  La réunion du Groupe de contact au Caire, ainsi que la Conférence de haut niveau sur la reconstruction et le développement, qui doit avoir lieu à Istanbul du 21 au 23 mai, contribueront, a-t-il dit, aux efforts visant à une stratégie plus cohérente et mieux coordonnée en Somalie.  Il a appuyé une démarche graduelle en faveur du déploiement d’une présence des Nations Unies à Mogadiscio.  Le représentant a salué les efforts de l’Union européenne, de l’OTAN et de la présence internationale en matière de lutte contre la piraterie.  Il a estimé que la mise en place de capacités en Somalie et dans d’autres pays de la région pour assurer la surveillance des côtes demeurait un objectif primordial.  Des efforts sur terre sont également indispensables pour s’attaquer au phénomène, a-t-il ajouté.  Le représentant a en outre souligné la nécessité de renforcer les capacités juridiques et judiciaires nationales pour traduire en justice les auteurs d’actes de piraterie.  Ce renforcement de capacités doit être privilégié au détriment de la création d’un tribunal international, a-t-il estimé.  Le représentant du Mexique s’est dit également préoccupé par le recrutement d’enfants soldats en Somalie.  Il a notamment appelé les groupes armés qui ont recours au recrutement d’enfants à le cesser et à libérer les enfants.


Mme MISADA COLAKOVIC (Bosnie-Herzégovine) a réitéré le plein soutien de son pays au Gouvernement fédéral de transition et à l’Accord de paix de Djibouti du 19 août 2008, tout en appelant les acteurs concernés à mettre entièrement en œuvre les engagements qui ont été pris.  Elle a en outre souligné l’importance cruciale de la coopération et de l’assistance de la communauté internationale à la Somalie, en estimant que chaque ressource devrait être employée pour créer des conditions politiques et sécuritaires nécessaires pour assurer le succès de la transition qui s’achève en 2011. 


La Bosnie-Herzégovine, a poursuivi sa représentante, est préoccupée par la situation sécuritaire en Somalie, en particulier dans les parties centrale et sud du pays, mais aussi par le recrutement d’enfants soldats qui a augmenté l’année dernière.  Elle a appelé toutes les parties au conflit à respecter pleinement le droit international et les droits de l’homme afin d’assurer la protection des populations civiles.  Mme Colakovic s’est par ailleurs félicitée des efforts accomplis par le Gouvernement fédéral de transition dans la préparation de son propre rapport d’évaluation de la réforme du secteur de la sécurité, ainsi que son plan de stabilisation et de sécurité nationale, destinés à assurer la cohérence dans le développement des secteurs de la sécurité et de la justice dans ce pays.  À cet égard, elle a encouragé les États à concrétiser les différentes promesses de dons faites lors de la Conférence de Bruxelles le 23 avril 2009.


M. EMMANUEL ISSOZE-NGONDET (Gabon) a estimé que la crise somalienne est d’abord et avant tout politique et institutionnelle et elle ne trouvera de solution durable que si l’accent est davantage mis sur la restauration de l’autorité de l’État et le renforcement du processus de paix.  Réitérant son attachement à l’Accord de paix de Djibouti du 19 août 2008, il a appelé les autorités somaliennes à poursuivre le dialogue avec les groupes insurgés et à rechercher activement toutes les voies pour parvenir à la réconciliation et à la paix durable.  De ce fait, a-t-il souligné, il importe que la Conseil de sécurité et de façon générale la communauté internationale continuent d’apporter leur soutien au Gouvernement fédéral de transition de manière à renforcer son autorité sur toute l’étendue du territoire.  De même, il a encouragé le fonctionnement du Fonds d’affectation spéciale pour la Somalie et souhaité la matérialisation des différentes promesses de dons faites lors de la Conférence de Bruxelles d’Avril 2009.


Le représentant a souligné par ailleurs la nécessité d’arrêter les violences armées, particulièrement les combats entre l’armée régulière et les insurgés.  Tout en saluant le rôle que continue de jouer la Mission d’observation de l’Union africaine en Somalie, le représentant a regretté que l’appui dont elle bénéficie ne lui ait pas encore permis d’atteindre son déploiement maximal de 8 000 soldats.  Cette Mission n’a pas vocation à perpétuité, a-t-il souligné, faisant observer que tôt ou tard, elle devrait être consolidée ou relayée par une véritable opération de maintien de la paix, dont les modalités pourraient être définies avec l’Union africaine.  Rappelant que la responsabilité première en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales incombe au Conseil de sécurité, M. Issoze-Ngondet s’est déclaré convaincu qu’une plus grande présence des Nations Unies en Somalie contribuerait à améliorer les conditions de sécurité nécessaires pour mener à bien la transition jusqu’en 2011.


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a salué les progrès réalisés pour faire avancer le processus politique dans le pays et les contacts pris par le Gouvernement fédéral de transition de Somalie avec les factions du Sud, dans le cadre d’efforts indispensables de réconciliation.  Il est crucial que la Somalie développe ses institutions étatiques, notamment les institutions de la sécurité, les institutions judiciaires et celles permettant la collecte des recettes gouvernementales.  Cela est essentiel pour stabiliser le pays et donner au Gouvernement, soutenu par la communauté internationale, à asseoir son autorité sur tout le territoire, a expliqué le représentant.  Il a également appelé à la formation des forces de sécurité et de police, « qui doivent en outre être rémunérées de manière viable et prévisible ».  M. Rugunda a ensuite exhorté la communauté internationale à aider le Gouvernement à reconstruire le pays en s’appuyant sur les ressources adéquates à cette fin.  La tenue de la Conférence d’Istanbul sur la Somalie à la fin du mois sera l’occasion, en ce sens, de passer en revue les progrès réalisés en matière de stabilité et les défis qui demeurent, a-t-il également indiqué.  Le représentant a conclu en demandant que l’AMISOM soit renforcée par le déploiement complet des 8 000 soldats autorisés afin qu’elle puisse s’acquitter de sa difficile tâche.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a relevé en particulier que la signature, le 15 mars dernier, d’un accord entre le Gouvernement fédéral de transition et Ahlu Sunnah Wal Jama’a (ASWJ) constituait une étape importante dans le processus de réconciliation voulu par le Président somalien, Cheik Sharif Cheik Ahmed.  Elle a émis l’espoir que cet accord sera mis en œuvre et a exhorté d’autres groupes armés à renoncer à la violence et à se joindre au processus de Djibouti.  La décision prise par le Comité de sanctions contre l’Érythrée et la Somalie, visant à inclure dans la Liste le groupe al-Shabaab et huit individus, devrait être considérée comme un appel au réveil des groupes récalcitrants.  La représentante a jugé que l’unité au sein des institutions fédérales de transition demeurait essentielle à la réalisation de progrès dans les efforts vers la paix et la stabilité.


S’agissant de la lutte contre la piraterie, la déléguée brésilienne a estimé que non seulement les États de la région, mais aussi tous ceux qui étaient affectés, avaient une responsabilité commune à s’attaquer au phénomène.  Elle a souligné qu’une solution complète au problème de la piraterie au large des côtes somaliennes ne serait trouvée que si l’on traite des causes profondes sur le terrain.  La situation en Somalie, a estimé la représentante, constitue un des défis les plus importants auxquels le Conseil de sécurité est confronté.  Le partenariat entre le Gouvernement fédéral de transition et la communauté internationale devrait ainsi être renforcé, a-t-elle souligné.


M. CHRISTIAN EBNER (Autriche) a demandé que l’Accord du 15 mars entre le Gouvernement fédéral de transition somalien et le Mouvement Ahlu Sunnah Wal Jama’a (ASWJ) soit rapidement mis en œuvre.  Un tel accord peut contribuer à la poursuite d’un processus politique qui doit être le plus large possible, a-t-il souligné.  L’Union européenne va renforcer son engagement dans le domaine de la formation des Forces de sécurité somaliennes, a indiqué le représentant, qui, se référant au rapport du Secrétaire général, a estimé qu’il était essentiel de coordonner le travail des entités de l’ONU présentes en Somalie.  Le représentant a indiqué que sa délégation attendait avec impatience les recommandations qui seront faites sur ce point à l’issue de la Conférence d’Istanbul qui aura lieu à la fin du mois, a-t-il dit.  Passant à la situation humanitaire, le représentant autrichien a exhorté les parties concernées en Somalie à assurer la protection des civils, conformément au droit international humanitaire.  L’Autriche condamne fermement le recrutement forcé d’enfants soldats, a-t-il déclaré avant de plaider en faveur d’un appui sans faille aux opérations internationales de lutte contre l’augmentation des actes de piraterie, « qui accentuent davantage l’insécurité en Somalie ».


M. NAWAF SALAM (Liban) a affirmé que son pays appuyait le processus de paix de Djibouti et se félicitait des derniers développements politiques, y compris la signature, le 15 mars dernier, d’un accord entre le Gouvernement fédéral de transition et Ahlu Sunna wal Jama’a.  Il s’est cependant dit préoccupé par la poursuite des violences, lesquelles, a-t-il dit, réaffirment la nécessité de rééquiper sans tarder les forces régulières somaliennes.  Le représentant s’est félicité de l’adoption du plan national pour la sécurité et la stabilisation, appelant les donateurs à apporter leur aide à cet égard.  Le représentant a également estimé que la lutte efficace contre la piraterie exigeait de s’attaquer, sur le territoire même de la Somalie, aux causes profondes de ce phénomène.  Il a par ailleurs condamné les attaques perpétrées par les groupes rebelles contre les institutions humanitaires, et s’est déclaré préoccupé par les informations faisant état d’enrôlement d’enfants dans les groupes armés. 


M. MORTEN WETLAND (Norvège) a rappelé que son pays avait récemment, et pour la première fois, fourni une aide au Gouvernement fédéral de transition sous la forme d’un versement d’une somme d’argent effectué par le biais de la Banque centrale somalienne.  « Nous souhaitons que cette aide contribue à l’amélioration de la fourniture des services publics à Mogadiscio », a-t-il indiqué, soulignant que la Norvège reste un acteur important en matière d’assistance humanitaire en Somalie.  Il a également assuré que son pays continuerait de participer activement à la mise en œuvre du processus de Djibouti et aux efforts de réconciliation, menés dans des conditions difficiles par le Gouvernement, en coopération étroite avec l’ONU et l’Union africaine.  La paix et la stabilité en Somalie sont non seulement importantes pour les Somaliens, mais également pour tous les pays et peuples de la corne de l’Afrique et au-delà, a déclaré M. Wetland. 


M. PEDRO SERRANO, Chef par intérim de la délégation de l’Union européenne, a souligné qu’il était essentiel d’adopter une approche globale pour répondre aux défis auxquels est confrontée la Somalie.  Cette approche doit inclure les aspects de réconciliation, la question de la sécurité et du développement, les droits de l’homme et une gouvernance unifiée.  Pour cela, la communauté internationale doit être engagée, a-t-il souligné, en rappelant qu’en 2009, l’Union européenne avait amélioré son approche globale dans la région en adoptant une « politique européenne concernant la corne de l’Afrique ».  M. Serrano a par ailleurs salué les efforts accomplis par le Gouvernement fédéral de transition  en l’appelant à les poursuivre, conformément à l’Accord de paix de Djibouti.


L’Union européenne est consciente que la lutte contre la piraterie au large des côtes de la Somalie exige également un engagement soutenu et global, a-t-il dit, avant de saluer le travail du Groupe de contact sur la piraterie.  M. Serrano a assuré que l’opération navale « Atalante », lancée par l’Union européenne, a obtenu des résultats positifs.  L’Union européenne s’est engagée à verser 215,4 millions euros pour le développement de la Somalie pour la période 2008-2013.  Elle octroiera, en plus, 25 millions pour l’aide humanitaire en 2010, a-t-il indiqué.


Dans ses remarques de clôture, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie s’est félicité de ce que les membres du Conseil aient réaffirmé leur intérêt pour la situation en Somalie.  Il a noté l’appui positif au système intégré des Nations Unies sur le terrain, ce qui devrait, a-t-il dit, lui permettre de mieux s’acquitter de ses diverses fonctions d’assistance.  Le Représentant spécial a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la présence des Nations Unies à Mogadiscio et souligné, à nouveau, l’importance de la prochaine Conférence d’Istanbul.  M. Ahmedou Ould-Abdallah a lancé un appel à toutes les parties concernées pour assurer le décaissement, en temps voulu, des sommes nécessaires à la rémunération des forces de sécurité. 


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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