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AG/11005
28 septembre 2010

Assemblée générale: le Vice-Premier Ministre d’Israël constate l’impasse dans les pourparlers de paix et prône « un accord intermédiaire à long terme »

28/09/2010
Assemblée générale
AG/11005
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-cinquième session

21e et 22e séances plénières – matin et après-midi


A SSEMBLÉE GÉNÉRALE: LE VICE-PREMIER MINISTRE D’ISRAËL CONSTATE L’IMPASSE DANS LES POURPARLERS DE PAIX

ET PRÔNE « UN ACCORD INTERMÉDIAIRE À LONG TERME »


Le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères d’Israël, M. Avigdor Liberman, a déclaré aujourd’hui que les pourparlers de paix avec les Palestiniens « sont toujours dans l’impasse », avant de prôner l’élaboration d’un « accord intermédiaire à long terme ».


Moyen-Orient, Cachemire, corne de l’Afrique, Chypre.  À l’avant dernier jour du débat général, les participants ont attiré l’attention de l’Assemblée générale sur les conflits en cours aux quatre coins du globe.


Avant que l’Autorité palestinienne ne se prononce sur l’avenir des pourparlers de paix, relancés à Washington le 2 septembre dernier, le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères d’Israël, M. Avigdor Liberman, a regretté aujourd’hui que malgré « tous les efforts déployés et les meilleures intentions » les négociations soient « toujours dans l’impasse ».


Il a estimé qu’avant de conclure un accord durable avec les Palestiniens, il fallait d’abord résoudre la question iranienne.  Il a donc prôné l’élaboration « d’un accord intermédiaire à long terme » qui pourrait, selon lui, prendre plusieurs dizaines d’années pour être réalisé, car « nous devons élever de nouvelles générations qui se feront confiance et qui ne se laisseront pas influencer par les messages extrémistes ».


Pour M. Liberman, le principe directeur de l’accord sur le statut final ne doit pas être la terre contre la paix, comme le préconise l’Initiative de paix arabe, mais bien un territoire habité contre un territoire habité.


Il ne s’agit pas de faire bouger les populations, s’est-il expliqué, mais de déplacer les frontières pour mieux refléter les réalités démographiques.  Cela n’est pas une mesure politique controversée, mais une vérité empirique, a insisté le Vice-Premier Ministre, dont les propos ont provoqué le départ des deux représentantes de l’Autorité palestinienne.


Dimanche dernier, Israël a choisi de ne pas proroger son moratoire sur le gel des colonies de peuplement en Cisjordanie, à la suite de quoi l’Autorité palestinienne a indiqué qu’elle se prononcerait le 4 octobre prochain sur l’avenir des pourparlers de paix.  La veille de la fin du moratoire, l’Assemblée générale avait entendu le Président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, s’engager à « exercer tous ses efforts pour un accord de paix israélo-palestinien d’ici à un an », tout en prévenant qu’« Israël devrait choisir entre la paix et l’expansion de ses colonies de peuplement ».


« Les tambours de la guerre continuent de résonner » a déploré aujourd’hui le Ministre des affaires étrangères de la République arabe syrienne, M. Walid Al-Moualem, qui a dénoncé « une colonisation sans relâche » qui risque, selon lui, d’anéantir la solution envisageant deux États.


Israël, a-t-il accusé, poursuit frénétiquement ses plans de judaïsation de Jérusalem et continue d’appliquer la politique du « fait accompli » en imposant sa volonté au mépris des négociations.  Les manœuvres politiques pendant les négociations, sous couvert d’un « désir de paix », ne font qu’exacerber la situation et la rendre plus volatile, a-t-il prévenu, en ajoutant « la paix ne peut être sérieuse que s’il y existe un effort sérieux de faire la paix ».  Le Ministre syrien a réaffirmé que son pays est prêt à reprendre les négociations là où elles en étaient via le Médiateur turc, à condition qu’Israël s’engage selon les termes de référence du processus de paix


Estimant que le « prétendu processus de paix israélo-palestinienl » ne pourrait pas apporter une solution au conflit, le Secrétaire du Comité populaire général de la Libye, M. Musa Kousa, a réitéré la proposition de créer un nouvel État démocratique, « Isratine », où tous les citoyens pourraient coexister sans discrimination.


Au titre des autres conflits, l’Assemblée générale a entendu le Ministre des affaires étrangères du Pakistan, M. Makhdoom Shah Mehmood Qureshi, indiquer que son pays était prêt à entamer un dialogue de fond avec l’Inde pour normaliser la situation au Jammu-et-Cachemire.  Le Ministre a appuyé le processus de réconciliation nationale en Afghanistan.


Son homologue de l’Érythrée a déploré que les Nations Unies continuent d’ignorer les conséquences graves de l’occupation par l’Éthiopie du « territoire souverain » d’Érythrée.  L’occupation illégale et le silence des Nations Unies coûtent cher aux populations érythréenne et éthiopienne, et compliquent la situation de la région, a fait remarquer M. Osman Saleh.


Le Ministre des affaires étrangères de la Grèce a estimé, quant à lui, que l’ONU devait participer au règlement du différend entre son pays et l’ex-République yougoslave de Macédoine.  M. Dimitris Droutsas a également appelé à la recherche d’une solution « gagnant-gagnant » à la question de Chypre, estimant que les communautés chypriotes turque et grecque étaient capables de « vivre pacifiquement et harmonieusement dans un État de Chypre, membre de l’Union européenne ».


L’Assemblée générale a, par ailleurs, entendu le Ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la francophonie de la Guinée équatoriale revenir sur la controverse qui a entouré la proposition de son pays de créer le « Prix Obiang Nguema Mbasogo de l’UNESCO » pour la recherche scientifique sur les maladies qui affectent le monde, en particulier l’Afrique.  M. Pastor Micha Ondo a dénoncé « les manipulations » de la nouvelle Administration de l’UNESCO.


Les représentants de la Chine, de Cuba, de l’Égypte, des Émirats arabes unis et de l’Iran ont exercé leur droit de réponse.


Le débat général se poursuivra demain, mercredi 29 septembre, à partir de 9 heures.


Suite du débat général


M. TONIO BORG, Vice-Premier Ministre de Malte, a estimé que les crises économique et financière mondiales avaient été exacerbées par les nombreuses tragédies humanitaires à travers le monde.  Les catastrophes naturelles, les attaques terroristes, les conflits armés et internes ont continué de causer des pertes en vies humaines, des destructions et des déplacements de personnes à travers le monde.  Devant toutes ces réalités négatives, l’ONU a toujours répondu de façon rapide et dans la cohésion, s’est-il félicité.  Il a ensuite salué les progrès accomplis en matière de désarmement et de non-prolifération au cours des récents mois, lesquels ont été marqués notamment par la signature du nouvel accord START, en remplacement de START I datant de 1991, entre Américains et Russes.  Cette signature, a-t-il dit, a ouvert la voie à la réussite de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, a-t-il précisé.  C’est dans ce contexte qu’il a approuvé la tenue d’une conférence en 2012 devant aborder la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.


Le Vice-Premier Ministre a également souligné la place et le rôle prépondérant que joue son pays dans la région méditerranéenne, en promouvant le dialogue entre les acteurs de la région.  Dans les mois qui viennent, Malte, a-t-il annoncé, accueillera d’ailleurs le deuxième Sommet du Forum connu sous l’appellation « Dialogue 5+5 » qui est une plate-forme de discussion entre le Nord et le Sud.  Il s’est par ailleurs rallié aux autres membres de l’Assemblée en saluant la reprise des pourparlers de paix directs entre Israéliens et Palestiniens, en rappelant l’urgence de trouver une solution durable à cette question qui est « depuis plus de 60 ans à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’ONU ».  Aussi, a-t-il appuyé les différents efforts menés en vue de parvenir à la création d’un État palestinien indépendant et viable, vivant dans la paix et la sécurité côte à côte avec Israël.


M. Borg a exhorté la communauté internationale à mettre en place une stratégie efficace pour lutter contre les changements climatiques.  La Conférence de Copenhague a permis de poser les fondements d’un accord pouvant être signé à Cancún, au Mexique prochainement, a–t-il dit.  La protection de l’être humain reste la priorité de Malte, a-t-il poursuivi, en se félicitant du dialogue entamé aux Nations Unies sur la question de la responsabilité de protéger et de l’adoption par l’ONU du plan d’action contre la traite des personnes.  Il a conclu en appelant les États à apporter des réponses aux nouvelles questions nées du développement de la piraterie en mer.


M. ABUBAKR AL-QIRBI, Ministre des affaires étrangères du Yémen, a indiqué que la crise économique, suivie de la chute du prix du pétrole avait provoqué une chute du taux de croissance de son pays.  Notre PNB compte parmi les plus bas de tous les pays en développement, a rappelé le Ministre qui a indiqué que le Yémen a dû conclure un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour compenser le déficit budgétaire. 


Le Gouvernement, a-t-il dit, s’efforce d’appliquer son quatrième plan quinquennal de développement, après avoir entrepris des réformes constitutionnelles et fixé la date des élections législatives au mois d’avril prochain.  Le Gouvernement s’efforce aussi d’intensifier la lutter contre le radicalisme et le terrorisme, en particulier la piraterie.


M. Al-Qirbi a ensuite souligné que la rébellion dans le Gouvernorat de Saada, qui avait provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes, était un défi supplémentaire pour le Gouvernement.  Le Gouvernement applique les accords de paix de Doha alors qu’il doit faire face à la présence d’Al-Qaida qui cherche à déstabiliser le pays.  Le Ministre a prévenu que l’ingérence extérieure dans la lutte contre le terrorisme rend la situation plus complexe et renforce la tendance de la population à soutenir les éléments terroriste. 


Tournant ensuite son attention sur le conflit arabo-israélien, le Ministre a dénoncé le « caractère récalcitrant » d’Israël et son refus du compromis.  Il a exhorté Israël à respecter les résolutions du Conseil de sécurité et à adhérer au Traité sur la non-prolifération afin de faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires.  S’agissant de la Somalie, il a réclamé davantage d’appui pour le Gouvernement fédéral de transition et une plus grande implication de la communauté internationale.  Il a également affirmé l’importance de l’unité soudanaise et a réclamé l’annulation du mandat d’arrêt contre le Président Al-Bashir.


M. AVIGDOR LIBERMAN, Premier Ministre adjoint et Ministre des affaires étrangères d’Israël, a affirmé, reprenant la théorie d’Einstein selon laquelle « tout est relatif », que la situation actuelle était d’un côté « réellement difficile » et, de l’autre, « plus simple qu’avant », car Israël jouissait actuellement d’une coalition et d’un Gouvernement stable, ainsi que du soutien d’une majorité de la population israélienne.  « Nous sommes prêts pour une solution juste, et nous sommes prêts à coopérer avec la communauté internationale », a-t-il affirmé.  « Toutefois, a-t-il ajouté, nous ne sommes pas prêts à compromettre ni notre sécurité nationale ni les intérêts vitaux de l’État d’Israël. »  Il a indiqué que, contrairement aux impressions données dans les médias, Israël n’était pas divisé entre ceux qui veulent la paix et ceux qui cherchent la guerre.  Tout le monde veut la paix, a-t-il affirmé, et en Israël, la controverse porte sur la question de savoir comment réaliser cette paix.  Il a regretté que malgré tous les efforts déployés et les meilleures intentions manifestées, citant en particulier Yitzhak Rabin, Shimon Peres, Benjamin Netanyahou, Ehud Barak, Ariel Sharon et Ehud Olmert, malgré les réunions au sommet de Camp David entre Ehud Barak et Yasser Arafat, avec Bill Clinton, et le Sommet d’Annapolis entre Ehud Olmert et Mahmoud Abbas, les pourparlers de paix se trouvaient « aujourd’hui toujours dans l’impasse ».


M. Liberman a ensuite affirmé que contrairement aux idées reçues, le conflit israélo-palestinien n’était pas le cœur de l’instabilité que connaissait la région ou la principale cause des nombreux conflits dans la région.  Il a notamment observé que plus de 90% des guerres et des victimes des conflits de la région depuis la Seconde Guerre mondiale ne résultaient pas du conflit israélo-palestinien ou n’étaient liées en aucune façon à Israël, mais résultaient plutôt d’affrontements impliquant des musulmans ou entre États arabes.  Il a notamment cité la guerre entre l’Iran et l’Iraq, la guerre du Golfe, ainsi que les guerres en Algérie et au Liban.  M. Liberman a également fustigé ceux qui avancent que la cause du problème serait la « soi-disante occupation », les « colonies de Judée et de Samarie » et les colons eux-mêmes.  Des accords de paix ont été conclus avec l’Égypte et la Jordanie malgré la présence de colonies de peuplement, a-t-il argué.  Il a également estimé erroné l’argument selon lequel la question palestinienne empêcherait la création d’un front international pour faire face à l’Iran.  Selon lui, « la vérité est toute autre » car l’Iran peut exister sans le Hamas, le Jihad islamique et le Hezbollah », alors que ces « organisations terroristes » ne peuvent pas exister sans l’Iran.  Afin de conclure un accord durable avec les Palestiniens, a-t-il ajouté, il faut d’abord résoudre la question iranienne.


Le Ministre s’est ensuite penché sur les « problèmes émotionnels » du conflit entre Israël et la Palestine, évoquant notamment le manque de confiance entre les parties.  Selon lui, il faudrait se concentrer sur l’élaboration d’un accord intermédiaire à long terme qui pourrait prendre plusieurs dizaines d’années pour être réalisé.  « Nous devons élever une nouvelle génération jouissant d’une confiance mutuelle et qui ne sera pas influencée par des messages extrémistes », a-t-il déclaré.  Il a, de plus, estimé que le principe de base de l’accord sur le statut final ne devait pas être un échange de la terre contre la paix, mais plutôt un échange de territoires habités.  Il ne s’agit pas de faire bouger les populations, mais de déplacer les frontières afin de mieux rendre compte des réalités démographiques, a-t-il précisé.  Selon lui, les États et les nations doivent être équilibrés afin de garantir la paix.  Cela n’est pas une mesure politique controversée, mais une vérité empirique, a-t-il dit.  M. Liberman a ensuite affirmé qu’au–delà de cette vérité empirique, il existait également une vérité historique.  « Israël n’est pas seulement où nous sommes, Israël est qui nous sommes », a affirmé M. Liberman, concluant en exprimant son espoir de voir la voie vers la véritable paix prophétisée par Isaïe guider « nos deux peuples, dans deux États-nations, vivant dans la paix et la sécurité ».


M. HOR NAMHONG, Vice-Premier Ministre, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Cambodge, a souligné que la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) était incertaine, en raison d’une reprise économique fragile dans les pays en développement, et qu’un échec de ces Objectifs à l’horizon 2015 signifierait le blocage de millions de personnes dans le cycle de la pauvreté.  Cette incertitude est d’autant plus forte que les conséquences des changements climatiques affectent le secteur agricole et la sécurité alimentaire.  Regrettant que le Sommet de Copenhague n’ait pas débouché sur un accord contraignant, il a estimé que l’espoir d’un tel accord à Cancún restait, lui aussi, incertain, et a appelé à un esprit de compromis, au nom de l’humanité tout entière, et à un partage des responsabilités entre nations développées et en développement, les premières devant honorer leurs promesses de soutien financier et technologique aux secondes, et montrer l’exemple en abaissant leurs émissions de CO2.  Le Cambodge, a-t-il rappelé, participe à plusieurs initiatives allant dans le sens des principes de Copenhague et de réduction de ses émissions de CO2.


Évoquant le problème de la sécurité alimentaire, le Ministre a pointé le manque de ressources financières et technologiques ou encore l’usage irrationnel de l’eau parmi les facteurs aggravants.  Il a déploré que l’aide publique au développement (APD) n’ait pas été assez mobilisée sur cette question à ce jour, et a appelé à ce que la question d’une hausse de la production alimentaire soit de nouveau saisie par la communauté internationale, alors que la promesse, faite en 2009 au Sommet du G-8 de L’Aquila, d’un financement de 20 milliards de dollars pour soutenir la production agricole, n’a pas été tenue.  Le Ministre a en outre abordé le thème de la paix et de la sécurité, insistant notamment sur la situation « menaçante » dans la péninsule de Corée et où il a invité les parties à éviter toute action qui pourrait conduire à une escalade des tensions dans la région.  Il a aussi appelé les États Membres à mettre en œuvre les résolutions des Nations Unies sur la nécessité de mettre un terme à l’embargo des États-Unis contre Cuba.  Il a enfin déploré que des intérêts particuliers prévalent sur la nécessité d’une réforme du Conseil de sécurité.


M. BRENT SYMONETTE, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et de l’immigration des Bahamas, a estimé que l’un des plus grands dégâts de la crise financière et économique est la perte de vitesse dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Aux Bahamas, a-t-il indiqué, la crise continue de peser sur le tourisme, principal moteur de l’économie du pays.  Le Vice-Premier Ministre a réclamé un système international de notation de crédit plus transparent et tenant dûment compte des besoins des pays en développement.  Il a aussi plaidé pour une plus grande participation de ces pays dans les organes internationaux de régulation et de supervision financière.  Les Nations Unies ont un rôle important à jouer dans ce processus, a-t-il estimé.


Parlant des changements climatiques, le Vice-Premier Ministre a rappelé que les Bahamas figuraient parmi les cinq pays les plus exposés à la montée du niveau de la mer.  Il a exhorté la communauté internationale, et en particulier les nations développées, à prendre des mesures urgentes, ambitieuses et fermes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.  Il a aussi appelé à un soutien financier et technologique accru aux efforts d’adaptation des petits États insulaires en développement et a dit attendre avec impatience la Conférence de Cancún. 


Le Vice-Premier Ministre s’est attardé sur la lutte contre le terrorisme, en indiquant qu’en tant que Président du Comité interaméricain contre ce fléau, son pays a accueilli, en juin dernier, un atelier régional sur le financement du contre-terrorisme.  Il a aussi abordé la question de la reconstruction d’Haïti, estimant que les progrès sont insuffisants, notamment pour les millions de populations déplacées vivant toujours dans des tentes.  « Il est impératif que les Nations Unies continuent de jouer un rôle pivot pour mobiliser l’aide internationale et contribuer à la reconstruction d’Haïti », a dit le Vice-Premier Ministre. 


À cinq ans de la date butoir pour la réalisation des OMD, M. NYAN WIN, Ministre des affaires étrangères du Myanmar, a dit qu’il est grand temps que les mesures coercitives et les embargos commerciaux « injustes », qui compromettent les efforts de développement, soient levées.  Malgré cela, a-t-il affirmé, le Myanmar a enregistré quelques avancées.  Deux ans après le cyclone Nargis, le Ministre s’est dit heureux d’annoncer que le pays a déjà dépassé le stade des secours d’urgence et reconstruit en mieux les régions affectées, avec l’aide de l’ONU, de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et de la communauté internationale.


Il a dit espérer que les prochaines négociations au Mexique sur les changements climatiques aboutiraient à des actions concrètes de la part des États développés, notamment en ce qui concerne la réduction des émissions de gaz à effet de serre. 


Le Ministre s’est attardé sur le « processus de transformation politique » dans son pays.  Les élections générales multipartites se tiendront effectivement le 7 novembre prochain, marquant ainsi la cinquième étape de la feuille de route politique du pays.  Au total, a indiqué le Ministre, 37 partis politiques représentés par 3 000 candidats participeront à ces élections.  Une telle participation, a estimé le Ministre, est la preuve flagrante que les élections sont devenues virtuellement un processus inclusif.  Doté d’une vaste expérience en matière d’élections, le Myanmar, a-t-il conclu, sait qu’il peut mener ces élections d’une manière ordonnée. 


M. GEORGE YEO, Ministre des affaires étrangères de la République de Singapour, a estimé que le G-20 devait aller au-delà de la réforme des institutions financières internationales et de la coordination des politiques fiscales, monétaires et des taux d’échange.  Sans une restructuration « fondamentale » de l’économie réelle, les risques seront toujours là, et l’injection d’argent dans le système mondial ne pourra que créer d’autres bulles, comme celles que l’on voit déjà se former en Asie.


La restructuration, s’est expliqué le Ministre, exige l’ouverture du système commercial international.  Il a donc souligné le rôle crucial du G-20 dans la lutte contre le protectionnisme.  Nous devons, a-t-il prévenu, à tout prix éviter que l’intérêt pour le Cycle de Doha ne s’émousse.  Le G-20, qui représente 80% du commerce international, doit contribuer à surmonter l’impasse actuelle dans les négociations, a insisté le Ministre, en jugeant qu’il faut faire en sorte que les besoins des pays en développement, en particulier les pays les moins avancés (PMA), soient satisfaits.  La libération du commerce agricole pourrait, par exemple, changer la donne, a précisé le Ministre. 


Le Ministre a ensuite évoqué les activités du Groupe de gouvernance mondiale qui, créé il y a un an, s’est donné pour mandat d’appuyer le travail du G-20 tout en le tenant comptable de ses actes devant l’ONU.  Il a expliqué que, particulièrement préoccupés par la question du développement, les membres du Groupe entendent soumettre un document au Groupe de travail sur le développement du G-20. 


Le développement n’est pas l’aide, a prévenu le Ministre.  Le développement c’est la bonne gouvernance, celle qui investit dans le potentiel des citoyens, à savoir dans l’éducation qui ouvre l’accès à l’information et au savoir et qui rend capable de se battre pour des garanties démocratiques contre l’abus de pouvoir et la corruption.  Dans ce contexte, le Ministre s’est réjoui des bouleversements sociétaux provoqués par la téléphonie mobile.  M. Yeo a estimé que l’accès à l’information est largement facilité par une bonne urbanisation.  Il a vanté l’expérience de son pays dans ce domaine.


M. WALID AL-MOUALEM, Ministre des affaires étrangères de la République arabe syrienne, a expliqué que les tensions et conflits qui avaient alimenté le Moyen-Orient depuis des décennies avaient façonné les relations internationales de la Syrie, en donnant la priorité à la préservation des intérêts de son pays et du monde arabe, et en privilégiant une politique d’ouverture et de dialogue.  S’exprimant sur le processus de paix israélo-palestinien, il a noté que beaucoup avait été dit sur la paix mais que les tambours de la guerre continuaient de résonner.  Il a ainsi fait état d’une colonisation sans relâche qui, selon lui, risque d’anéantir la solution envisageant deux États.  Israël poursuit frénétiquement ses plans de judaïsation de Jérusalem et continue d’appliquer une politique de « fait accompli », selon laquelle il impose sa volonté au mépris des négociations, a souligné le Ministre.  Il a estimé que « la paix ne peut être sérieuse que s’il existe un effort sérieux de faire la paix ».  « Ceci est un test décisif », a-t-il ajouté.  Les manœuvres politiques pendant les négociations, sous couvert d’un « désir de paix » ne font qu’exacerber la situation et la rendre plus volatile », a-t-il dit, ajoutant que la Syrie souhaitait un accord de paix juste et complet, conformément aux résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité et à l’Initiative de paix arabe, et souhaitait que soit reconnu le fait que le Golan syrien occupé soit entièrement restitué. 


La Syrie est prête à reprendre les négociations là où elles en étaient via le médiateur turc, a-t-il encore dit, à condition qu’Israël s’engage selon les termes de référence du processus de paix.  La Syrie s’est félicitée du rapport de la Mission d’établissement des faits du Conseil des droits de l’homme sur l’attaque israélienne de la flottille qui se rendait à Gaza dans le cadre d’une mission humanitaire, et attend avec impatience ses conclusions.  La Syrie a aussi plaidé en faveur d’une restauration de l’intégralité de la souveraineté et de l’indépendance de l’Iraq ainsi que pour la préservation de son identité arabe et islamique, l’unité de son peuple et l’intégrité de son territoire, rappelant avoir déjà demandé le retrait de toutes les forces étrangères en Iraq.  Dans ce contexte, le retrait progressif des forces américaines est « une première étape positive », a déclaré le Ministre, espérant que l’Iraq soit doté à terme de capacités militaires et de sécurité solides, garantes d’un État souverain et indépendant.  La Syrie est prête à coopérer avec l’Iraq dans tous les aspects qui pourront défendre les intérêts de ce pays, a-t-il souligné.  Il a en outre rappelé qu’Israël devait se conformer aux décisions internationales sur son adhésion au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et soumettre ses installations aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sachant qu’une telle adhésion d’Israël était essentielle pour la sécurité et la stabilité de la région.  Le Ministre a, de même, abordé la question du réchauffement climatique, plaidant pour un engagement renouvelé lors de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques à Cancún, au Mexique.  Il a enfin mis l’accent sur la nécessité d’accroître l’aide au Pakistan, ravagé par les inondations. 


M ALHAJI MUHAMMAD MUMUNI, Ministre des affaires étrangères de la République du Ghana, a rappelé que son pays a souscrit à l’initiative de l’Union africaine visant à faire de 2010, l’Année de la paix et de la sécurité en Afrique.  Maintenant que nous voyons une diminution du nombre des conflits dans le monde, il est temps, a estimé le Ministre, de renouveler l’engagement en faveur de la Commission de consolidation de la paix (CCP).  Si le Ghana a apporté son plein appui au principe de la responsabilité de protéger, il appelle aujourd’hui à la prudence pour éviter les recours abusifs à ce principe qui ne doit en aucun cas viser à mettre en cause la souveraineté des États.


Sur le plan du développement, le Ministre a souligné que les crises multiples n’avaient pas seulement inversé les progrès économiques « impressionnants » de l’Afrique mais, qu’elles avaient aussi entravé la marche des pays africains vers les OMD.  Il a appelé à la volonté politique en matière de lutte contre les changements climatiques, avant de craindre que les pays en développement ne soient bientôt confrontés à « la lassitude des prometteurs » après avoir connu « la lassitude des donateurs ».


Après avoir appelé les pays industrialisés à respecter leurs engagements financiers, le Ministre a promis que son pays ne fera aucune concession dans la lutte pour la bonne gouvernance.  Il a souligné l’importance de la sécurité alimentaire pour son pays, qui est engagé dans une politique agricole ambitieuse. 


Le Ghana, qui sera bientôt un producteur important de gaz et de pétrole, prend déjà des mesures pour assurer la transparence dans la gestion des revenus pétroliers.  Il a appelé les Nations Unies et les partenaires au développement à appuyer les efforts de son pays pour éviter « la malédiction du pétrole » et exploiter ses ressources « données par Dieu » pour le développement du pays. 


M. MAKHDOOM SHAH MEHMOOD QURESHI, Ministre des affaires étrangères du Pakistan, a rappelé qu’il se présentait devant l’Assemblée générale à un moment difficile de l’histoire de son pays, récemment ravagé par des inondations qui ont laissé derrière elles une traînée de morts et de destruction.  Le Gouvernement pakistanais, a-t-il ajouté, est résolu à reconstruire le Pakistan d’une manière transparente et responsable.


Le monde, a poursuivi M. Qureshi, a besoin d’une approche nouvelle et multilatérale qui souscrit véritablement aux principes des Nations Unies.  Le Pakistan soutient donc une réforme complète du Conseil de sécurité, « qui doit être guidée par les principes de l’égalité et de la démocratie plutôt que retranchée dans des erreurs historiques et les privilèges du passé ».  


Le Pakistan, a-t-il rappelé, est un des plus gros contributeurs de troupes aux efforts de maintien de la paix de l’ONU et son Gouvernement démocratique reste déterminé à combattre l’extrémisme et le terrorisme.  Le problème du terrorisme a des dimensions régionales et mondiales, et il est impératif que d’autres pays fassent plus pour combattre cette menace.


M. Qureshi a exprimé le soutien de son pays pour la restitution des droits inaliénables du peuple palestinien; « nous comptons sur une enquête rapide, impartiale et transparente des Nations Unies sur l’incident de la flottille humanitaire du 31 mai ».


Le conflit au Jammu-et-Cachemire concerne l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple cachemiri à travers un plébiscite libre, juste et impartial sous les auspices des Nations Unies, a déclaré M. Qureshi.  Le Pakistan observe avec une grande inquiétude la situation du Cachemire occupé par l’Inde.  Il réaffirme sa solidarité totale avec le peuple cachemiri et exhorte la communauté internationale à persuader l’Inde de mettre fin à sa politique de répression.  Le Pakistan, a ajouté M. Qureshi, est prêt à entamer un dialogue de fond avec l’Inde afin de normaliser les relations.


Abordant la question de l’Afghanistan, le Ministre a rappelé qu’aucun autre pays n’avait souffert davantage que le Pakistan des décennies de conflits afghans.  Le Pakistan a continué d’abriter la plus grande concentration de réfugiés au monde depuis 30 ans.  « Le Pakistan pense que la restauration de l’équilibre social en Afghanistan est une responsabilité afghane et ne peut être imposée de l’extérieur », a déclaré M. Qureshi qui a appuyé tous les efforts de réconciliation menés par les Afghans eux-mêmes.


En matière de désarmement et de non-prolifération, M. Qureshi a affirmé que ces deux objectifs doivent être poursuivis de façon équitable et non discriminatoire.  Le Pakistan a constamment adhéré à une politique de retenue en matière d’armes conventionnelles et nucléaires, a rappelé le Ministre qui a réitéré sa proposition de créer un « régime de retenue stratégique ».  


M. DIMITRIS DROUTSAS, Ministre des affaires étrangères de la Grèce, a réaffirmé la nécessité d’une gouvernance mondiale afin de répondre avec efficacité aux défis que connaît le monde aujourd’hui.  Et, pour exercer cette gouvernance, l’ONU, a-t-il dit, demeure le cadre légitime auquel la communauté internationale doit apporter son soutien.  Les changements climatiques sont la plus grande menace environnementale actuelle, a expliqué par ailleurs M. Droutsas, en appelant la communauté internationale à faire entrer le monde dans une nouvelle « ère verte » et à garantir aux générations futures un avenir meilleur et prospère.  Il s’est aussi dit partisan de la conclusion d’un accord juridiquement contraignant soutenant les efforts d’adaptation aux changements climatiques des États les plus vulnérables.  Le 22 octobre prochain, en prévision de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, à Cancún, au Mexique, la Grèce procédera au lancement d’une initiative méditerranéenne, a-t-il annoncé.


Apres avoir rappelé les conséquences négatives des récentes crises économique et financière, il a indiqué qu’il était devenu urgent de corriger les inconvénients qui caractérisent le système financier international actuel.  L’augmentation croissante du nombre des migrants qui devient un problème humanitaire doit aussi être examinée de façon profonde, en s’attaquant aux raisons explicatives de cette augmentation, a-t-il dit.  La Grèce, a-t-il poursuivi, soutient les efforts déployés en vue de rendre plus efficace et plus efficient le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.  Il en va de la crédibilité, de l’efficacité et de la légitimité du système des droits de l’homme, tel qu’envisagée par la Charte de l’ONU, a-t-il maintenu, avant de détailler l’action de son pays à la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 2009, marquée notamment par le lancement du Processus de Corfou, relatif au dialogue sur la sécurité en Europe.


Le Ministre a ensuite estimé que la communauté internationale avait une responsabilité de défendre la vision d’une région des Balkans stable sur le plan démocratique, des institutions, de la transparence, de l’état de droit et de la réduction des inégalités économiques.  Le différend sur le nom qui oppose la Grèce à l’ex-République yougoslave de Macédoine n’est pas un différend bilatéral, a-t-il dit.  Il s’agit, selon lui, d’un problème régional, enraciné dans l’histoire.  La Grèce espère parvenir à un règlement de ce différend, le plus tôt possible sous les auspices de l’ONU, a-t-il déclaré.  M. Droutsas a également appelé à trouver une solution « gagnant-gagnant » à la question de Chypre.  « Nous croyons fermement que les communautés chypriotes turque et grecque peuvent trouver des réponses à leur opposition, et qu’elles peuvent vivre pacifiquement et harmonieusement dans l’État de Chypre, membre de l’Union européenne », a-t-il conclu.  « Elles doivent être autorisées à décider librement de leur avenir commun, sans ingérence externe ni pression », a-t-il déclaré, précisant que son pays pouvait les aider dans ce processus.  « Nous vous voulons près de nous, dans notre famille européenne élargie », a-t-il dit à l’adresse de la communauté turque.  Selon lui, un État fédéral réunifié, membre de l’Union européenne, « ne sert pas seulement les aspirations européennes à la stabilité dans la région, mais aussi les aspirations de tous les citoyens des pays concernés ».  La Turquie, a-t-il ajouté, peut prouver son engagement en faveur d’une solution durable de la question chypriote en retirant immédiatement ses forces d’occupation de l’île, en soutenant le processus de négociation et sa propre perspective européenne.  Il a appelé les dirigeants de la Turquie à utiliser ce cadre pour une solution juste.


M. ARVIN BOOLELL, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration régionale, et du commerce international de Maurice, a exhorté la communauté internationale à simplifier l’accès des petits États insulaires en développement aux 30 milliards de dollars promis au Fonds vert de Copenhague pour le climat, et à plus long terme aux 100 milliards de dollars.  Ces financements doivent être des dons et non des prêts, a insisté le Ministre.


Après avoir appelé à un document juridiquement contraignant à la prochaine Conférence de Cancún, le Ministre a rappelé que la dernière réunion sur la Stratégie de Maurice a souligné l’importance de reconnaître les petits États insulaires en développement comme une catégorie spéciale de pays et de leur réserver un traitement spécial par rapport à l’aide publique au développement et aux prêts concessionnels.  Il a donc estimé que les critères de gradation fondés sur le PNB sont particulièrement injustes pour les PMA parce qu’ils ne tiennent pas compte de la vulnérabilité unique de ces pays.


Le Ministre a plaidé pour un nouveau paradigme du développement où les pays en développement feraient partie de la solution pour créer une économie mondiale plus dynamique et véritablement multipolaire.  Venant à la question de la paix, il a appuyé l’initiative de la Coordination nationale des organisations de la société malgache d’organiser un dialogue national pour résoudre la crise.  Maurice, a-t-il indiqué, a offert de contribuer à la mise en place d’un bureau de liaison de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour appuyer ce dialogue.


Il a aussi annoncé que Maurice va accueillir le mois prochain, la deuxième Conférence ministérielle sur la piraterie en collaboration avec l’Union européenne, la Commission de l’océan Indien qu’il préside actuellement et le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA).  Le Ministre a par ailleurs réaffirmé la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos, « illégalement séparé du territoire mauricien » par le Royaume-Uni, avant l’indépendance.  Le Gouvernement de Maurice a donc décidé de ne pas reconnaître le statut de zone maritime protégée que le Royaume-Uni a conféré à l’archipel en avril dernier.  Le Ministre a aussi réaffirmé la souveraineté de son pays sur l’île de Tromelin, avant d’indiquer que son pays et la France sont parvenus, plus tôt cette année, à un accord sur la cogestion de l’île et de ses zones maritimes sans préjudice de la souveraineté de Maurice. 


M. NICKOLAY E. MLADENOV, Ministre des affaires étrangères de la Bulgarie, a estimé que l’Union européenne, qui a été créée pour éviter toute résurgence des conflits, ne pourra pas réaliser cet objectif tant que tous les pays de l’ex-Yougoslavie ne seront pas inclus en son sein.  La Bulgarie, a-t-il ajouté, estime que le dialogue entre Belgrade et Pristina est un élément clef tant pour la stabilité de la région que pour la perspective européenne des deux pays.  En Bosnie-Herzégovine, a-t-il ajouté, la communauté internationale fait face à de nombreux défis.  Mais, a-t-il dit, les tensions entre les craintes d’hier et les opportunités de demain ne peuvent être résolues que par le peuple lui-même.  Pour adhérer à l’Europe, a précisé le Ministre, nos voisins des Balkans occidentales doivent réaffirmer leur engagement à mener des réformes difficiles et à renforcer la coopération régionale et les relations de bon voisinage. 


Après avoir passé en revue les principaux problèmes auxquels le monde fait face, le Ministre a souligné que l’engagement de son pays en faveur de l’Afghanistan est sans faille.  La Bulgarie, a-t-il dit, a augmenté sa contribution à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) et à la Mission de police de l’Union européenne.  Il a estimé que l’efficacité du système global de sécurité ne peut venir que d’un partenariat fort entre les Nations Unies et les organisations régionales.  Il a donc souhaité que la transformation de l’Union européenne en une personnalité juridique des relations internationales après l’entrée en force du Traité de Lisbonne soit reflétée dans la résolution de l’Assemblée relative à la représentation de l’Union européenne aux Nations Unies.  Le Ministre a conclu sur la réforme du Conseil de sécurité et sur la volonté du Groupe des États d’Europe orientale à se voir attribuer un autre siège non permanent. 


M. OSMAN MOHAMMED SALEH, Ministre des affaires étrangères de l’Érythrée, rappelant que son pays était engagé dans les efforts internationaux de paix, de sécurité, de justice et de protection de l’environnement, ainsi que dans les efforts régionaux pour garantir la paix, la sécurité, la stabilité, le développement et la coopération dans la corne de l’Afrique, a relevé que son pays travaillait étroitement avec le Soudan et les acteurs concernés en direction de l’Accord de paix global, dans la perspective du référendum en janvier 2011 et au-delà de cette échéance.  Des relations de confiance et de coopération entre les parties, quel que soit l’issue du référendum, sont essentielles pour la paix et la stabilité de la région tout entière, a insisté le Ministre, enjoignant les parties à conclure un accord dès que possible sur les questions postréférendum.  Il a aussi estimé qu’il fallait aider les protagonistes du conflit au Darfour à conclure un accord dans le cadre des négociations de Doha, qui doivent reprendre dans les prochains jours. 


S’exprimant sur la Somalie, le Ministre a souligné qu’une solution militaire n’était pas possible, mais que des doutes subsistaient sur son alternative, à savoir un processus politique complet réalisé par le pays lui-même.  Si celui-ci s’avère sans doute complexe et long, il n’en est pas moins réalisable, a-t-il défendu, exhortant les Nations Unies et les parties concernées à sensibiliser tous les Somaliens et à accorder une attention sérieuse et soutenue à ce processus politique.  Le Ministre a, en outre, déploré que les Nations Unies continuent d’ignorer les conséquences graves de l’occupation par l’Éthiopie du territoire souverain d’Érythrée, huit ans après la décision de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie et trois ans après que cette Commission eut déposé aux Nations Unies le tracé de cette frontière.  « L’occupation illégale par l’Éthiopie et le silence des Nations Unies, qui signifie la poursuite du conflit, demandent un prix élevé aux populations d’Érythrée et d’Éthiopie, et compliquent la situation de la région », a-t-il relevé, avant de rappeler que l’Érythrée attendait une action responsable et urgente sur cette question.


Soulignant que la faim, la pauvreté et le terrorisme continuent de caractériser le monde, M. PASTOR MICHA ONDO BILE, Ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la francophonie de la République de Guinée équatoriale, a appelé les États à concentrer leurs efforts et leurs ressources sur le maintien de la paix et de la sécurité, la promotion d’un environnement plus sain, la création d’un monde exempt d’armes nucléaires et la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.


Nous devons travailler à un monde de participation et d’égalité, un monde où la réforme du Conseil de sécurité permet un meilleur processus de prise de décisions reflétant la volonté et les intérêts de chaque pays et chaque région, grand ou petit.  Dans ce contexte, le Ministre a rappelé que son Président avait proposé à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) de créer un prix de la recherche scientifique sur les maladies qui affectent le monde, en particulier l’Afrique, et auquel la Guinée équatoriale contribuerait à hauteur de 3 millions de dollars. 


Le Ministre s’est donc étonné que la création de ce prix soit toujours bloquée et a imputé cette situation au fait que l’initiative vient d’un dirigeant africain.  La Guinée-équatoriale, a-t-il ajouté, ne peut que dénoncer les manipulations de la nouvelle Administration de l’UNESCO.  Le Ministre a qualifié de « sans précédent et donc troublant » le fait qu’une décision prise par le Conseil exécutif d’une institution de l’ONU ne soit pas mise en œuvre par les fonctionnaires. 


Nous nous demandons, s’est-il offusqué, si la science, le continent africain et les frontières ont une couleur.  Nous nous demandons si les contributeurs aux progrès de la science ne peuvent provenir que de certains continents ou peuples parfaits.  Si tel est le cas, s’est emporté le Ministre, montrez-moi ces saints qui se sont réservé le droit exclusif de protéger la vie des autres?  Pourquoi alors ces saints, a-t-il ironisé, laissent-ils le sida, le paludisme et les autres pandémies tuer chaque année 20 millions d’Africains?


La chose la plus préoccupante, a estimé le Ministre, c’est la propagation des manipulations orchestrées par des intérêts économiques obscurs dans le système de l’ONU.  Il a dénoncé l’attitude « irresponsable, ouvertement injuste et raciste » de certains acteurs déguisés en organisations non gouvernementales (ONG) qui s’opposent à la création du « prix UNESCO Obiang Nguema Mbasogo pour la recherche en sciences de la vie ». 


Il a demandé la concrétisation « sans aucun délai », de cette initiative, conformément à la décision 180 EX/57 qui a été adoptée à l’unanimité en octobre 2008 par le Conseil exécutif de l’UNESCO, a-t-il rappelé. 


M. MUSA ABDUSSALAM KOUSA, Secrétaire du Comité populaire général pour la liaison extérieure et la coopération internationale de la Jamahiriya arabe libyenne, a rappelé que son pays avait suggéré d’amender le TNP pour garantir le désarmement des pays dotés de l’arme nucléaire et permettre à l’AIEA d’accomplir son mandat et de vérifier la réduction de l’arsenal nucléaire.  Parallèlement, la possession et l’usage de l’énergie nucléaire devraient être encouragés, a-t-il souligné, estimant que l’initiative volontaire de son pays de renoncer à toute activité associée à la production de matériaux interdits devrait servir de modèle aux États nucléaires ou ceux qui veulent se procureur ce type d’armes.


Le Secrétaire du Comité populaire a poursuivi sur les Nations Unies, en précisant que la réforme que son pays appelle de ses vœux doit servir à faire de l’Assemblée générale « un véritable législateur aux résolutions contraignantes représentant le Parlement mondial ».  Dans cette perspective et contrairement à sa version actuelle, le Conseil de sécurité deviendrait le bras opérationnel de l’Assemblée générale et comprendrait un représentant permanent de chaque organisation régionale.  La demande de l’Afrique pour un siège permanent est naturelle et légitime, a souligné le Secrétaire du Comité populaire.  Il a en outre estimé que le moment est venu pour l’Assemblée générale de criminaliser le phénomène colonial et de faire en sorte que les pays concernés assument « leurs responsabilités historiques ».


S’exprimant sur l’Iraq dont « l’invasion est un exemple honteux d’une guerre injuste et horrible », le Secrétaire du Comité populaire a appelé les Nations Unies à créer un panel international pour enquêter sur les raisons réelles de l’invasion, les crimes de masse et l’exécution de prisonniers de guerre, dont le Chef de l’État.  Mon pays, a insisté l’orateur, appelle à la création d’un mécanisme international efficace pour assurer des enquêtes impartiales et sérieuses sur les auteurs des assassinats de personnalités éminentes comme Dag Hammarskjöld, John Kennedy ou encore Patrice Lumumba.


Le Secrétaire du Comité permanent a réitéré une autre proposition libyenne; celle de trouver un autre siège à l’ONU.  Il a demandé à l’Assemblée de créer un groupe de travail, à composition non limitée, pour examiner les diverses offres dont celle de son pays.  Après avoir demandé le réexamen de la Convention d’Ottawa sur les mines antipersonnel pour prendre en compte les intérêts des petits États, avec notamment l’idée d’indemniser ceux dont les sols ont été contaminés par ces mines, le représentant a voulu mettre un terme à la confusion entre le fléau du terrorisme et la distorsion biaisée de la lutte des peuples colonisés.


Nous appuyons, a dit le représentant, le droit des peuples à résister à l’occupation étrangère et croyons qu’inscrire dans la catégorie des organisations terroristes des mouvements de libération « honorables » ne peut que mener au chaos et à l’ambiguïté.  La manière de décrire la lutte du peuple palestinien porte préjudice à la légitimité de leur combat.  Cette façon de voir les choses est alimentée par un racisme qui nie le droit à l’existence et à l’autodétermination de ce peuple opprimé, a souligné le représentant.


Il a réaffirmé que le conflit israélo-palestinien ne pourra être réglé dans un prétendu processus de paix qui sera de toutes façons sans fin.  Il a plutôt prôné la création d’un État démocratique où tous les citoyens pourraient coexister sans discrimination, conformément au Livre blanc écrit par son Président et intitulé « Isratine ».


M. SAYYID BADR BIN HAMAD AL-BUSAIDI, Ministre d’État chargé des affaires étrangères du Sultanat d’Oman, a estimé que pour renforcer le rôle de l’ONU et son efficacité, il faut que les États membres du Conseil de sécurité acceptent la notion de réorganisation de l’ONU par un élargissement de sa base administrative.  Il faut, a-t-il aussi souligné, une gestion plus juste des intérêts dans le commerce international afin que chaque État sente vraiment que l’ONU appartient à tout le monde.


Nous attendons avec impatience un monde où le dialogue prévaudra, quelles que soient les différences culturelles et sociales.  Le dialogue entre gouvernements, a insisté le Ministre, peut mener à un système plus clair de partenariat et de coexistence tout entier dirigé vers le développement et la prospérité.


Le Ministre a aussi parlé du conflit israélo-palestinien.  S’il a appuyé les négociations directes entre les deux parties, facilitées et parrainées par les États-Unis, il n’a pas caché son sentiment sur la politique d’Israël qui demeure vague pour ce qui est de l’acceptation de ses responsabilités quant aux exigences de la paix et quant à la création d’un État palestinien indépendant, souverain et viable, avec Jérusalem-Est comme capitale.  Israël reste également vague quand au retrait de ses troupes de toutes les terres arabes, conformément aux frontières du 4 juin 1967.  Le Ministre a dit espérer que le Président américain continuera de jouer un rôle positif et a appelé Israël à « forger un partenariat pour la paix et la sécurité avec les pays arabes ».


Mme AURELIA FRICK, Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein, a d’abord souligné que la gouvernance mondiale ne peut être vraiment efficace que si elle est réellement mondiale, du point de vue de la portée mais aussi de la participation des pays.  L’expérience a montré que l’action multilatérale peut être efficace quand elle repose sur un large consensus politique, « ce qui ne veut pas dire qu’il faut attribuer à tout le monde un droit de vote ».


L’endroit où ce consensus a le plus de chances de voir le jour est et reste les Nations-Unies, a poursuivi la Ministre. Tout en se félicitant des initiatives du G-20 dans les questions internationales, elle a, dans le même temps, tenu à souligner que l’inclusion et la participation doivent être placées en tête de l’agenda de ce Groupe et que son travail doit être mieux intégré à celui des Nations Unies.  La qualité du travail du G-20 et le caractère effectif de ses résultats profiteraient largement d’une approche à « géométrie variable », mettant en lumière les points de vue de ceux qui sont directement concernées par les questions à l’étude.


Le Liechtenstein est un membre actif du Groupe de la gouvernance mondiale, coordonné par le Singapour, a rappelé la Ministre qui s’est félicitée du dialogue constructif des ministres de son Groupe avec les prochains hôtes des réunions du G-20, la France et la République de Corée.  Des groupes comme le G-20, a estimé la Ministre, ne peuvent en aucun cas se substituer au véritable multilatéralisme qui ne peut avoir lieu qu’aux Nations Unies.  Mais la sauvegarde de ce rôle exige de l’ONU qu’elle trouve des solutions efficaces aux problèmes des changements climatiques, du désarmement et autres domaines où les résultats restent insuffisants.  Si nous continuons à sous-exploiter le cadre de l’ONU, ne nous étonnons pas que les solutions soient recherchées ailleurs, a prévenu la Ministre.


S’agissant, en particulier, du Conseil de sécurité, dont la réforme semble toujours éloignée, la Ministre a soumis une proposition qui coupe la poire en deux.  Elle a suggéré la création d’une nouvelle catégorie de sièges permettant aux États de siéger, de manière permanente s’ils continuent à être élus.  C’est là, a estimé la Ministre, la seule approche logique vers un compromis, compte tenu de la diversité des propositions.  Mais, a-t-elle poursuivi, si les États sont convaincus que le Conseil ne peut être réformé que dans un climat de grave crise institutionnelle, ce que le Liechtenstein ne croit pas, il faudrait peut-être voir s’il est vraiment pertinent d’essayer de trouver une solution négociée.


Traiter de la manière dont le Conseil mène ses travaux est peut-être le plus grand défi de gouvernance à l’ONU, a encore dit la Ministre.  Le Conseil, a-t-elle conseillé, doit être prêt à écouter les États qu’il est censé représenter.  En l’occurrence, elle a dit l’intention du Groupe des 5 de continuer son travail.  Les performances du Secrétariat, a-t-elle poursuivi, sont un autre point important du rôle de l’ONU dans la gouvernance mondiale.  Elle a appelé à la mise en œuvre immédiate des mesures prises dans le cadre de la réforme de la gestion.


Mme Frick a aussi estimé que l’outil le plus puissant de la gouvernance mondiale est la justice, alors qu’on continue à se battre pour concilier justice et paix.  L’expérience a montré, a-t-elle dit, que dans le long terme, ces deux notions ne se contredisent pas.


M.KAMEL MORJANE, Ministre des affaires étrangères de la Tunisie, a rappelé que la démocratie et le développement dépendaient largement d’un engagement actif des femmes dans la vie publique.  Ce parti pris se traduit dans la réalité tunisienne par le fait que les femmes tunisiennes représentent 30% de la force de travail, qu’elles occupent 30% des postes de responsabilité et de prise de décision et représentent 60% des effectifs universitaires, ce qui vaut à la Tunisie d’être classée première dans le monde arabe en termes d’opportunités offertes aux femmes et de leur émancipation économique.  S’agissant de la politique de développement adoptée en Tunisie depuis 1987, le Ministre a expliqué qu’elle était basée sur le caractère indissociable entre la dimension économique et la dimension sociale du développement.  Ainsi, la Tunisie attache notamment une attention particulière aux jeunes qui sont les piliers de l’avenir, a poursuivi M. Morjane avant de rappeler que c’est la délégation tunisienne qui avait proposé que l’année 2010 soit l’année internationale de la jeunesse.  Cette proposition a été votée par l’Assemblée générale au cours de sa soixante-quatrième session.


Tout au long de son histoire, la Tunisie a été attachée aux principes et aux valeurs de la coexistence pacifique, du bon voisinage, de la fraternité et du soutien mutuel, a expliqué le Ministre, en particulier pour ce qui est de ses relations avec les pays du Maghreb.  Selon lui, ces pays partagent un destin commun et l’intégration maghrébine se fera à terme.  Pour ce qui est du processus de paix au Moyen-Orient, la Tunisie espère que la reprise des négociations directes parviendra à satisfaire les aspirations légitimes des Palestiniens, et lance un appel aux parties qui exercent une influence, en particulier aux membres du Quatuor, pour qu’elles poussent Israël à adhérer aux exigences de la paix, sur la base de la légalité internationale.  En tant que pays africain attaché à son appartenance à ce continent, la Tunisie n’a ménagé aucun effort pour promouvoir la paix et la sécurité en Afrique, en participant notamment aux missions de maintien de la paix des Nations Unies et aux divers mécanismes de prévention et de gestion des conflits de l’Union africaine, a-t-il dit.  Abordant également la question de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), M. Morjane a lancé un appel aux pays développés pour qu’ils activent rapidement ales mécanismes de développement internationaux et régionaux existants qui permettraient d’assurer des conditions de vie décentes à tous les Africains.  À titre d’exemple, il a cité le Fonds de solidarité mondial, dont la création avait été décidée en 2002 par l’Assemblée générale, à l’initiative de la Tunisie.  Enfin, M. Morjane a souligné l’urgence d’adopter une politique internationale efficace pour la protection de l’environnement sans quoi il serait difficile, selon lui, de contrecarrer les effets néfastes des changements climatiques.  Cette politique doit accorder la priorité aux intérêts humains et non pas aux profits économiques, a précisé le Ministre, qui a également souligné la nécessité d’aider les pays africains à faire face aux menaces climatiques.


M. MARTY NATALEGAWA, Ministre des affaires étrangères de la République d’Indonésie, a jugé que les défis du XXIe siècle étaient de nature complexe, transnationale et nécessitaient une coopération internationale, ce pour quoi les Nations Unies sont le mieux équipées, allant de la préservation de la paix et de la sécurité à la promotion de la démocratie et de la justice, en passant par les droits civiques, économiques et sociaux.  Il a plaidé pour des progrès en matière d’action coopérative entre nations Nord-Sud et Est-Ouest, rappelant que le monopole de la sagesse n’était détenu par personne.  Dans ce contexte, il a plaidé pour la réforme des Nations Unies, entre un Conseil de sécurité plus représentatif, une Assemblée générale revitalisée et plus efficace, un Conseil économique et social (ECOSOC) plus pertinent et un Secrétariat de l’ONU doté d’une structure plus efficace et plus cohésive.  Le rôle des Nations Unies en termes de gouvernance mondiale ne tient pas seulement à sa capacité à se réformer, mais aussi à sa capacité à livrer des résultats face aux défis du monde contemporain, a assuré le Ministre.


L’Indonésie, a poursuivi M. Natalegawa, entend continuer de participer aux efforts de maintien de la paix des Nations Unies et collaborer aux progrès sur la question du désarmement, le pays étant notamment en cours de ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).  L’Indonésie souhaite par ailleurs collaborer sans relâche pour que les Nations Unies continuent de se décharger de leurs responsabilités historiques sur la question de Palestine, a dit le Ministre, qui a salué la reprise de négociations directes entre Israël et la Palestine.  Il a, en outre, fortement déploré la décision du Gouvernement israélien de ne pas étendre le moratoire sur la construction de colonies dans les territoires occupés, et a indiqué que son pays continuerait de contribuer à la construction de capacités de la Palestine, afin d’aider les Palestiniens à se préparer pour le jour où ils pourront enfin exercer leur droit à la souveraineté.  Il a également plaidé pour de meilleures synergies entre les Nations Unies et les organisations régionales, citant l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), au nom de l’équilibre de la région Asie-Pacifique et de la promotion de la démocratie.


CHEIKH ABDULLAH BIN ZAYED AL-NAHYAN, Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis, a « regretté profondément » l’occupation par l’Iran des trois îles appartenant à son pays.  Il a prévenu que toutes les mesures adoptées par l’Iran étaient nulles et non avenues et n’ont aucun effet juridique quelle que soit la durée de l’occupation.


Après avoir parlé de la situation en Iraq, le Ministre a espéré voir la naissance d’un État palestinien indépendant l’année prochaine.  Il a salué le discours du Président Obama et son engagement en faveur du processus de paix.  Le Ministre s’est ensuite attardé sur la situation au Liban, au Yémen et au Soudan.  S’agissant de la Somalie, il a annoncé que son pays accueillera au mois de mars prochain une Conférence sur la lutte contre la piraterie et les crimes maritimes. Il a également annoncé la convocation, au mois d’octobre à Dubaï, d’une Conférence sur le partenariat entre les secteurs public et privé et l’investissement dans des projets de développement en Afghanistan.


Après avoir appelé à un soutien en faveur du Pakistan et condamné le terrorisme sous toutes ses formes, le Ministre s’est attardé sur les questions liées aux changements climatiques.  Il a réclamé une coopération stratégique aux niveaux international, régional, sous-régional et bilatéral et cité en exemple, le partenariat entre son pays et les États insulaires du Pacifique pour les aider à surmonter les problèmes nationaux, écologiques, économiques et autres nés des changements climatiques.  Ce partenariat, a-t-il indiqué, a été élargi, en juin dernier, à tous les États de la Ligue arabe.


M. Al-Nahyan a, par ailleurs, affirmé que les mesures prises par les Émirats pour construire un programme nucléaire à des fins pacifiques se fondaient sur la transparence, la sureté et la non-prolifération.  Il a réclamé la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et dans la région du Golfe, et pour ce faire, il a demandé que l’on exerce des pressions sur Israël.  Il a aussi exhorté l’Iran à pleinement coopérer avec l’AIEA et la communauté internationale pour dissiper les doutes et les craintes qui entourent la nature de son programme nucléaire.  Le Ministre a appelé les différentes parties à résoudre de manière pacifique les différends sur le programme nucléaire iranien.


M. MOUSSA FAKI MAHAMAT, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration régionale et de la coopération internationale du Tchad, a soutenu qu’en dépit du fait que la coopération internationale avait permis de juguler la crise financière internationale, les pays pauvres continuaient de souffrir des méfaits des crises alimentaires et énergétiques auxquelles s’ajoutaient les effets néfastes des changements climatiques.  Il a par ailleurs appelé la communauté internationale à faire en sorte que les recommandations pertinentes du dernier Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne restent pas sans effet.  Les relations entre le Tchad et le Soudan se sont normalisées, a-t-il poursuivi, en rappelant la préoccupation de la communauté internationale en ce qui concerne la question du Darfour.  Les deux pays ont décidé, dans ce cadre, de mettre en place une force mixte pour sécuriser leurs frontières communes.  Ils se sont aussi engagés à n’apporter aucun soutien, de quelque nature que ce soit, aux forces rebelles présentes chez eux, a-t-il ajouté, en soulignant que la situation au Darfour méritait encore une attention particulière.


Le référendum qui se tient dans les semaines à venir au Soudan est un événement à haut risque, si le processus qui y mène n’est pas maîtrisé et si le scrutin n’est pas organisé dans les conditions optimales d’indépendance, de sécurité et de transparence, a averti le Ministre.  Les ratés de ce processus pourraient compromettre la paix et la sécurité au Soudan et dans la sous-région, a-t-il dit.  Le Tchad souhaite néanmoins voir préserver l’unité et l’intégrité du Soudan, a également souligné M. Mahamat.  En prévision du retrait de la Mission des Nations Unies au Tchad et en République centrafricaine (MINURCAT), le Tchad a pris l’engagement d’assumer, par ses propres forces, la protection des milliers de refugiés présents sur son territoire ainsi que celle du personnel humanitaire et du personnel associé, a-t-il dit par ailleurs.  Le respect de ses engagements amène le Tchad à faire des efforts financiers de l’ordre de 12 millions de dollars par an, a-t-il souligné.  Il a, en outre, invité la communauté internationale à prendre la mesure de l’ampleur des défis auxquels était confrontée la République centrafricaine.  Le Ministre a, d’autre part, fait état du climat de confiance qui règne entre le Gouvernement et l’opposition dans son pays depuis l’accord du 13 août 2007.  Sur le plan du développement, le Gouvernement a consacré 60% des ressources pétrolières aux secteurs sociaux et aux infrastructures de base.  Mais ces ressources sont insuffisantes et le pays a besoin de ressources additionnelles, a-t-il dit.  Il a conclu en apportant son soutien aux efforts menés par l’ONU et les États-Unis, en vue d’aboutir à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens qui permette la coexistence pacifique entre deux États souverains.


Mme Maxine Pamela Ometa McClean, Ministre des affaires étrangères de la Barbade, a insisté sur la mise en place d’un nouveau système de gouvernance mondiale, souhaitant que la réforme des organes des Nations Unies figure en tête de l’agenda international, lors de soixante-cinquième session de l’Assemblée générale.  La Ministre a mis l’accent sur la réforme du Conseil de sécurité pour qu’il soit plus représentatif de la communauté internationale dans son ensemble et des réalités géopolitiques d’aujourd’hui.  À ce titre, elle a souhaité que le Brésil, l’Allemagne, l’Inde et le Japon deviennent des membres permanents du Conseil de Sécurité et que le nombre de sièges permanents et non permanents soit augmenté.  La Barbade, en tant que petit État insulaire en développement, possède une place importante au sein de la famille de l’ONU, a-t-elle ajouté.


S’agissant de la gouvernance économique mondiale, Mme McClean a évoqué de nouvelles approches en matière de développement économique.  Elle s’est félicitée de l’élargissement du G-8 à plusieurs économies émergentes et pays en développement, ainsi que de la désignation du G-20 comme premier forum de coopération économique dans la stabilisation de l’économie mondiale.  Elle a appelé à dépasser les blocages au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour garantir le succès du Cycle de négociations de Doha pour le développement, insistant également sur une coopération Sud-Sud.  Elle a estimé que les progrès dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) restaient mitigés et qu’une action collective était nécessaire pour garantir le succès en 2015.  La Barbade s’est engagée à lutter contre les ravages du VIH/sida et des autres maladies infectieuses.  Elle a rappelé le soutien de son pays à la résolution sur la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles, introduite par la Communauté des Caraïbes (CARICOM), lors de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale.


Selon la Ministre, l’économie verte est au cœur du modèle économique et social de son pays.  Elle a considéré que le développement durable représentait un modèle à suivre pour les autres petits États insulaires en développement (PEID) en créant des partenariats avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).  Elle a aussi estimé que des progrès devaient être accomplis pour répondre aux changements climatiques, lors de la Conférence de Cancun, en décembre.  Le financement et l’adaptation pour les pays les plus vulnérables, l’adoption d’un grand accord et le versement des 30 milliards de dollars promis à Copenhague, constituent, pour elle, les trois points essentiels à Cancún.  Mme McClean a enfin rappelé que la communauté internationale devait tenir ses promesses pour aider Haïti financièrement et matériellement après le séisme de janvier dernier.


M. MOCTAR OUANE, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de la République du Mali, a d’abord tenu à rappeler qu’aux yeux de son pays, les Nations Unies étaient à même de jouer un rôle de catalyseur dans le processus de démocratisation de la gouvernance mondiale.  Après avoir plaidé pour une réforme de l’architecture financière et économique mondiale, M. Ouane a réaffirmé l’attachement de son pays à une représentation plus juste et équitable de toutes les régions du monde au sein des Nations Unies, notamment à travers la réforme du Conseil de sécurité.  Le Mali « appuie pleinement la revendication de l’Afrique de deux sièges permanents et de cinq sièges non permanents », a précisé le Ministre.


S’agissant de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, M. Ouane a appelé la communauté internationale à poursuivre l’accompagnement des efforts menés par son pays, « tant nous sommes encouragés par les résultats des stratégies précédentes ».  En matière des changements climatiques, « le Mali ne ménagera aucun effort pour apporter sa modeste contribution à la recherche d’un accord global et contraignant », a-t-il indiqué.


Le Ministre a ensuite rappelé l’importance de la lutte contre le VIH/sida, rappelant que le Mali avait entrepris un vaste programme de réforme multisectorielle tant au plan institutionnel qu’opérationnel conformément à plusieurs de ses engagements internationaux.  Il a, par ailleurs, tenu à souligner les défis posés par le terrorisme et le trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains, indiquant que son pays y apportait une réponse suivant deux axes, à savoir le renforcement des capacités nationales de sécurité et la promotion d’une coopération régionale efficace.  Il a rappelé l’initiative de son président d’organiser une conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans la région sahélo-saharienne.


M. SERGEI ALEINIK, Vice-Ministre des affaires étrangères du Bélarus, a estimé que tous les grands problèmes et défis actuels ne pouvaient être réglés qu’avec la participation de tous les États.  La réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en dépit des retards évidents actuels, peut être atteinte si les moyens financiers, les technologies et l’expertise nécessaires sont octroyés aux États, en particulier aux plus pauvres d’entre eux, a-t-il soutenu, en rappelant que pour faire face aux crises économique et financière récentes, les États développés « avaient sorti des milliards de dollars ».  Il faut plus de solidarité, a-t-il lancé.  Il a par ailleurs dénoncé les politiques protectionnistes mises en place par certains pays et qui rendent difficiles la réalisation des OMD par les plus vulnérables.  Il a ensuite appelé à une refonte du système financier international en renforçant les institutions de Bretton Woods qui, a-t-il dit, doivent s’ouvrir aux pays en développement.  Il a également rappelé que des efforts avaient été fournis par la communauté internationale afin de faire de l’ECOSOC un organe véritablement économique ayant moins de compétences politiques.  Sur ce plan des progrès ont été faits, mais il faut approfondir cette ambition, a-t-il insisté.  En tant que pays candidat à un poste au sein de cette entité pour 2011, le Bélarus s’engage à œuvrer en ce sens, a-t-il promis.  Il a en outre appelé les pays développés à respecter les engagements qui sont les leurs au titre de l’aide publique au développement.


M. Aleinik a, de même, souhaité qu’une nouvelle dimension à la lutte contre les changements climatiques soit donnée lors de la prochaine Conférence de Cancún, au Mexique.  Les problèmes des changements climatiques sont liés aux questions de la sécurité énergétique et de l’économie dite « verte ».  Cette complexité, a-t-il dit, explique qu’aucune organisation ni aucun État ne peut résoudre cette menace tout seul, a-t-il dit.  En tant qu’État attaché à la protection de la jeunesse, le Bélarus, a annoncé le Ministre, souhaite voir l’Assemblée générale de l’ONU organiser un débat thématique portant sur « le talent des jeunes et leur protection contre la dégradation sociale ».  Le Ministre a par ailleurs affirmé que, jusqu’à ce jour, les effets de la catastrophe de Tchernobyl se faisaient sentir au Bélarus et en Fédération de Russie.  Il a ainsi annoncé l’intention de son pays de déposer auprès de l’Assemblée générale un projet de résolution relatif « au renforcement de la coopération et des efforts en vue de réduire les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl ».


M. GEORGE REBELO CHICOTI, Secrétaire d’État aux relations extérieures de la République d’Angola, a rappelé que les forces armées de son pays étaient un facteur de stabilité non seulement pour l’Angola mais aussi pour l’Afrique centrale et australe.  L’Angola fait partie du mécanisme d’alerte avancée de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), et est actuellement engagé dans la recherche d’une solution à la crise en Guinée équatoriale en étroite coopération avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  « C’est donc avec un grand étonnement que nous avons appris l’évocation de la participation présumée des Forces armées angolaises dans des violations des droits de l’homme commises dans la République démocratique du Congo (RDC), dans un rapport destiné à être diffusé comme document de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme », a dit M. Chicoti.  Ce document, a continué le représentant, a été produit à l’initiative d’une agence du Secrétariat des Nations Unies sans mandat spécifique du Secrétaire général ou des États Membres.


L’Angola, a rappelé M. Chicoti, est intervenu en RDC sous un mandat de la SADC à la demande du Gouvernement de la RDC.  Cette intervention a contribué à arrêter l’effusion de sang et à sauver des millions de vies, a-t-il déclaré.  « L’Angola rejette avec véhémence cette suggestion (…) et met en doute les motivations derrière elle », a-t-il dit, ajoutant que les forces angolaises continueraient de se conduire de façon responsable en conformité avec les normes internationales et le respect scrupuleux des droits de l’homme.  Le Secrétaire d’État a d’autre part exprimé son soutien à la reprise des pourparlers de paix au Moyen-Orient et s’est élevé contre le blocus américain contre Cuba.  S’agissant de la question du Sahara occidental, l’Angola note avec inquiétude que les progrès répondant aux atteintes des peuples de cette région n’ont pas eu lieu, a-t-il dit.  Pour sa part, après trois décennies de guerre et d’instabilité politique, l’Angola est en train de commencer un nouveau cycle caractérisé par l’adoption d’une nouvelle constitution qui établit finalement l’État démocratique et l’autorité de la loi, a conclu M. Chicoti.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a rappelé que la responsabilité première des Nations Unies était le maintien de la paix et de la sécurité internationales et que les guerres et conflits sur tous les continents avaient mis à rude épreuve la capacité de l’Organisation à prévenir, contenir et à régler les conflits armés.  Il a observé un espoir de paix au Moyen-Orient grâce à une reprise des négociations directes entre le Gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne.  Il a néanmoins déclaré que l’espoir d’un accord définitif était obscurci par les menaces et provocations des forces extrémistes qui cherchent à faire dérailler les négociations directes.  Les dirigeants d’Israël et de l’Autorité palestinienne ont un rendez vous avec l’histoire, a-t-il affirmé, en souhaitant qu’ils soient à la hauteur des circonstances.


L’existence d’armes de destruction massives demeure une menace pour l’humanité, a également déclaré M. Heller en remarquant toutefois que l’année 2010 avait permis des progrès significatifs en matière de désarmement et de non prolifération et que la crédibilité et la viabilité de l’ordre du jour du désarmement dépendaient de l’universalité du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et de l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires.  Parallèlement, la création d’une zone exempte de l’arme nucléaire au Moyen-Orient serait un pas décisif dans ce sens, a estimé le représentant, qui a encouragé au dialogue et à la négociation dans les cas de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et de la République islamique d’Iran.  Il a déclaré que la sécurité internationale était également menacée par l’existence et le trafic illégal des armes de petit calibre et légères.  Le moment est venu, a-t-il dit, d’affronter ce défi par la mise en œuvre du Programme d’action sur le trafic illégal des armes de petit calibre et des armes légères, et d’accomplir des progrès en vue de l’adoption du Traité sur le commerce des armes.


Le terrorisme et la mondialisation de la criminalité transnationale organisée, y compris du trafic de drogues, sont autant de nouvelles menaces à la paix et le Gouvernement mexicain a pleinement assumé les défis que représentent le narcotrafic et les activités de la criminalité organisée en rétablissant l’autorité de l’État dans les espaces où prévalait l’impunité, a-t-il souligné.  M. Heller a aussi déclaré que la migration constitue une réalité du monde contemporain que nul ne peut ignorer et que ses multiples dimensions obligent à en examiner les causes et les effets à partir d’une perspective internationale.  Il a annoncé, à cet égard, que son pays accueillerait en novembre prochain le quatrième Forum mondial sur la migration et le développement.  Il a aussi souligné que cette année le Mexique célébrerait son bicentenaire en tant que nation indépendante et le centenaire de sa révolution, la première des grandes révolutions sociales du XXe  siècle.


M. CARSTEN STAUR (Danemark) a appelé à un système multilatéral efficace face aux nombreux défis auxquels le monde était confronté aujourd’hui.  Ce monde, a-t-il dit, sort tout juste de la crise économique et financière, mais demeure exposé aux conséquences du réchauffement climatique, à la pauvreté, à la démographie et aux nouvelles menaces à la sécurité.  Il a souhaité que la mise en œuvre du Traité de Lisbonne puisse être reflétée dans la future position de l’Union européenne aux Nations Unies, tout en regrettant qu’aucun accord n’ait pu être conclu à ce jour.  Le représentant a, en outre, appelé à ce que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) deviennent une réalité pour tous, ce qui, a-t-il dit, nécessite des progrès accélérés.  Il faut se montrer innovant, a-t-il ajouté, estimant que les pays en développement devaient consacrer leur volonté politique, leurs capacités administratives et leurs ressources budgétaires à la réalisation des OMD, tandis que les pays donateurs devaient maintenir leurs engagements.  Rappelant que les pays fragiles ou affectés par des conflits étaient les plus à la traîne dans la réalisation des Objectifs, M. Staur a fortement encouragé les efforts actuels visant à renforcer le rôle des Nations Unies pour leur venir en aide.


Abordant les questions environnementales, le représentant a vanté les bienfaits de la « croissance verte », citant notamment les technologies vertes et les énergies renouvelables, et présentant celles-ci non comme un obstacle mais comme une opportunité pour le développement.  Il a exprimé son espoir de voir la Conférence de Cancún sur les changements climatiques couronnée de succès.  M. Staur a par ailleurs évoqué la question des droits de l’homme, rappelant qu’il incombait aux États de garantir ces droits, y compris le droit des femmes et les questions de parité et saluant le débat en cours entre certains États Membres autour de la responsabilité de protéger.  Il a mis en exergue les engagements du Danemark en faveur du respect de l’état de droit, citant la participation aux efforts pour lutter contre la piraterie en mer au large de la Somalie ou encore le soutien à la Cour pénale internationale (CPI).  Il a aussi salué les progrès dans la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et a exprimé ses inquiétudes au sujet « de la nature prétendument pacifique » du programme nucléaire iranien.  Le représentant s’est aussi réjoui de la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens, tout en apportant le soutien du Danemark aux efforts des États-Unis dans ce processus de paix.


M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a estimé, qu’en matière de paix et de sécurité, la résolution des conflits dans le monde et en particulier en Afrique, restait un défi majeur pour la communauté internationale.  Ainsi, si certaines crises sont plus ou moins en voie d’être résorbées, notamment en Afrique de l’Ouest, d’autres, en revanche, continuent d’être un sujet de graves inquiétudes, a-t-il souligné.  Au Togo, des élections ouvertes, libres et transparentes ont pu se tenir au cours de cette année 2010, s’est félicité le représentant.  En Côte d’Ivoire, de sérieux progrès ont été enregistrés, avec le désarmement effectif des Forces Nouvelles, la publication de la liste électorale et la fixation du premier tour de l’élection présidentielle au 31 octobre 2010, a-t-il poursuivi.  En Guinée, « nous gardons l’espoir que les derniers obstacles qui ont entraîné le report du deuxième tour de l’élection présidentielle seront vite surmontés », a déclaré M. Kafando, avant d’ajouter que sa délégation appelait tous les acteurs politiques guinéens à la modération, afin de permettre à leur pays de s’ouvrir très rapidement à la démocratie et de bâtir une économie prospère et profitable à tous.


Passant en revue les différents conflits en Afrique, le représentant a jugé que les résultats engrangés à travers les négociations de Doha étaient encourageants et devaient inciter la communauté internationale à user de son influence pour accélérer le dialogue politique et le renforcement des capacités opérationnelles de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).  Le Burkina Faso est par ailleurs préoccupé par la situation d’insécurité et d’instabilité en Somalie, avec la poursuite des attaques des insurgés contre le Gouvernement fédéral de transition et les forces de la Mission d'observation militaire de l'Union africaine en Somalie (AMISOM).  C’est pourquoi, a-t-il dit, le Burkina Faso exhorte le Conseil de sécurité et les pays donateurs à traduire dans les faits leur engagement à soutenir le processus de réhabilitation de l’État somalien.  Par ailleurs, le Burkina Faso suit avec grande attention l’évolution de la situation politique à Madagascar et au Niger, a poursuivi M. Kafando, qui a salué les initiatives prises par les autorités de transition pour l’organisation d’élections libres en vue d’assurer le retour à l’ordre constitutionnel dans ces deux pays.  S’agissant du Sahara occidental, le représentant a salué l’élan imprimé au processus de négociations par le Secrétaire général et appelé les protagonistes à poursuivre le dialogue politique, pour un règlement pacifique de ce différend.  Enfin, a-t-il précisé, on ne peut parler de paix et de sécurité en Afrique sans évoquer la question du trafic de stupéfiants et ses liens manifestes avec les conflits armés, la prolifération des armes légères, le blanchiment d’argent, le financement de la criminalité transnationale organisée et le terrorisme.  Par conséquent, la nécessité de conjuguer les efforts ne doit laisser aucun pays indifférent, a affirmé le représentant en conclusion.


M. AFELEE PITA (Tuvalu) a souligné que le coût de la dépendance de son pays à l’importation du fioul a un effet dévastateur sur le budget national.  Nous avons, a-t-il dit, désespérément besoin d’énergie renouvelable et de technologies efficaces qui conviennent aux conditions uniques de Tuvalu.  Le représentant de Tuvalu est revenu sur la Stratégie de Maurice qui a donné lieu à des discussions la semaine dernière en Assemblée Générale.  Les petits États insulaires en développement (PEID), a-t-il rappelé, ont fait trois propositions principales à savoir un appui à la lutte contre la pêche illégale, la création d’un mécanisme d’assurances-risques contre les catastrophes climatiques qui serait financé par des fonds publics internationaux, et la reconnaissance des PEID comme un groupe distinct aux Nations Unies.


Il a espéré que la Conférence de Cancún aboutira à des résultats concrets et non à de vagues promesses.  Il a réclamé un accord sur tous les amendements et règles liés au Protocole de Kyoto, une décision sur le mandat des négociations relatives à un instrument juridiquement contraignant fondé sur le Plan d’action de Bali, et un accord sur des mesures intérimaires de mise en œuvre des dispositions à incorporer dans cet instrument juridique.  À son tour, il a appelé le Conseil économique et social (ECOSOC) a examiné sérieusement la question de la gradation, pour y introduire des critères de vulnérabilité.  Il a conclu sur la réforme du Conseil de sécurité, en demandant un siège pour les PEID.


M. MARTEN GRUNDITZ (Suède) a déclaré que les progrès concernant les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avaient été mitigés, notamment en ce qui concerne l’amélioration de la santé maternelle.  La Suède est l’un des plus gros contributeurs à l’aide publique au développement, a-t-il rappelé.  « Nous avons une responsabilité partagée, pays développés et pays en développement, pour réaliser les OMD d’ici à 2015 ».  Afin de renforcer la capacité commerciale des pays les plus pauvres, l’achèvement du Cycle de Doha est une priorité.


Les changements climatiques sont l’un des plus grands défis de notre génération, a poursuivi le représentant, qui s’est félicité de l’établissement du Groupe du Secrétaire général sur la durabilité.   Sans respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, tout progrès sera incomplet, a déclaré en substance le représentant.  « C’est à nous qu’il appartient de mettre les idéaux en pratique ».  Le Conseil des droits de l’homme doit utiliser tous les instruments dont il dispose pour répondre aux violations des droits de l’homme.  Pour devenir membres du Conseil, les États devraient eux-mêmes remplir leurs obligations internationales en matière de droits de l’homme.


Il reste beaucoup à faire dans ce domaine.  La peine de mort continue d’être largement appliquée dans le monde.  Comme on vient de le voir, dans certains pays, les femmes peuvent même être condamnées à mort par lapidation pour adultère; des hommes et des femmes peuvent être exécutés en raison de leur orientation sexuelle.  « C’est à nous, gouvernements, qu’il appartient de mettre un terme à ces actes barbares », a insisté M. Grunditz.


La question de l’égalité des sexes demeurant l’un des plus grands défis aux droits de l’homme et à la démocratie, la Suède salue la création de l’entité ONU-Femmes.  La liberté d’expression revêt également une importance fondamentale.  L’accès aux nouvelles technologies doit être un catalyseur pour les droits de l’homme.  Le représentant s’est dit très préoccupé par la situation des journalistes et des bloggeurs dans des pays comme la Chine, le Viet Nam, l’Égypte, le Myanmar, Cuba, la République populaire démocratique de Corée, l’Érythrée et l’Iran.  S’agissant des situations de conflit, il a souligné la responsabilité de protéger qui incombe à la communauté internationale et a mis l’accent sur la lutte contre la violence sexuelle.


La Suède reconnaît le rôle central que doivent jouer les Nations Unies dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.  En Afghanistan, l’ONU contribue à un développement sécurisé, stable et démocratique.  Au Moyen-Orient, la Suède regrette la décision israélienne de ne pas proroger le moratoire sur les colonies de peuplement.  « Nous nous efforçons d’avoir un monde sans armes nucléaires », a poursuivi le représentant, ajoutant que la Suède faisait du contrôle des armes classiques une priorité urgente.  « Nous devons continuer à réformer les Nations Unies pour qu’elles continuent à jouer un rôle pertinent », a-t-il conclu.


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a estimé qu’en dépit des progrès accomplis vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, des problèmes persistaient, qui prennent leur origine dans trois phénomènes qu’il a identifiés.  Tout d’abord, la crise économique et financière, qui continue d’avoir un impact négatif sur les performances du Guatemala et d’autres pays.  Ainsi, le revenu national a augmenté de moins de 1% en 2009, en raison de la chute de nos exportations, la réduction des envois de fonds et l’effondrement de l’investissement étranger direct, a indiqué le représentant.  Il a ensuite évoqué la question de l’expansion, au cours de la décennie écoulée, des activités illégales liées à la criminalité organisée, qui constituent une menace pour le Guatemala et la sous-région.  S’il a cité le trafic d’êtres humains et d’armes, M. Rosenthal a tout particulièrement incriminé celui des stupéfiants, « qui a affaibli nos institutions démocratiques ».  Enfin, il a désigné la fréquence des catastrophes naturelles, qui démontre que le Guatemala est extrêmement vulnérable aux effets des changements climatiques.


Dans un second temps, le représentant a formé le vœu que la réforme tant retardée du Conseil de sécurité fasse des progrès significatifs au cours de cette session de l’Assemblée générale.  Cet organe devrait devenir plus représentatif du monde actuel et plus légitime, a souligné le Guatemala, qui est candidat pour la période 2012-2013.  M. Rosenthal a également réitéré le soutien de son pays à la prochaine Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se tiendra en décembre prochain à Cancún.  Par ailleurs, en rejoignant le Conseil des droits de l’homme, le Guatemala a réitéré son engagement en faveur du plein respect des droits de l’homme, y compris la responsabilité de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité.  Le représentant a souhaité en conclusion que les négociations actuellement en cours entre la Palestine et Israël soient couronnées de succès et se concrétisent par la création d’un État palestinien coexistant en paix et en sécurité avec Israël.


M. Antonio Pedro Monteiro Lima, Ambassadeur et Représentant Permanent de la République du Cap-Vert, a insisté sur les changements climatiques, estimant que le temps n’est plus à la tergiversation pour diminuer de façon conséquente les émissions de gaz à effet de serre, freiner le réchauffement de la planète et éviter une montée du niveau des mers qui menace les petits États insulaires.  Il a souligné que le Cap-Vert, en tant qu’État sahélien, est confronté à la sécheresse, à la désertification et au manque d’eau.  Dans ce contexte, une économie verte et une agriculture durable est indispensable pour répondre à la crise alimentaire, liée aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles, qui menace en particulier l’Afrique et les petits États insulaires.  Le financement constitue un facteur clef, a-t-il poursuivi, avec l’aide apportée aux pays les plus vulnérables par les pays développés et des grands pays émergents.  Il a mentionné la signature, il y a quelques jours, d’un accord entre la Norvège et six pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest pour mieux protéger leur littoral.


S’agissant des OMD, le Représentant a mis en avant l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme comme moteur du développement.  Malgré les avancées réalisées au Cap-Vert, de grands défis demeurent, a-t-il ajouté.  Le Gouvernement du Cap-Vert comporte huit femmes parmi les 14 ministres.  La parité a été atteinte dans l’éducation primaire et secondaire.  La santé materno-infantile a progressé.  Cependant, une femme sur quatre souffre de violence domestique.  Les femmes sont plus touchées par le chômage et par la pauvreté.  Face à ces défis, le Cap-Vert a lancé plusieurs programmes en collaboration avec ONU-Femmes.  Le représentant s’est aussi félicité de la progression de son pays, depuis son indépendance, il y a 35 ans, dans l’indice de développement humain; le Cap-Vert faisant désormais partie des pays à revenu intermédiaire.


En plein débat sur la gouvernance globale, M. Monteiro Lima a réaffirmé le rôle central de l’ONU dans la résolution des conflits.  Il a mis l’accent sur l’importance des pourparlers de paix entre la Palestine et Israël, en demandant la fin des hostilités, l’arrêt de la colonisation dans les Territoires occupés, le démantèlement du mur et la fin du blocus.  Il a aussi demandé la fin du blocus américain sur Cuba.  Face aux défis du monde contemporain, une réforme des Nations Unies est essentielle pour « simplifier une certaine bureaucratie onusienne », a-t-il conclu.


Droit de réponse


Réagissant aux propos de l’Érythrée, le représentant de l’Éthiopie a rappelé que le régime érythréen avait toujours manifesté une attitude agressive à l’égard de ses voisins, comme en a témoigné encore récemment la tentative d’envahir Djibouti en 1997, puis en 2008.  L’Érythrée, a estimé le représentant, fait une campagne contre mon pays pour faire croire que c’est nous qui sommes les agresseurs et qui refusons de mettre en œuvre la décision rendue par la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie.


Les affirmations selon lesquelles l’Éthiopie occupe une partie du  territoire érythréen est un pur produit de l’imagination, a affirmé le représentant, avant de dire que son pays a toujours été prêt à ouvrir un dialogue avec son voisin.  Mais, a-t-il regretté, l’Érythrée s’y refuse, en cherchant au contraire à chercher partout dans la corne de l’Afrique des motifs d’agression.


La représentante de l’Érythrée a qualifié d’infondées les accusations portées par son homologue éthiopien.  La Commission de délimitation de la frontière, a réglé les problèmes entre les deux pays, a-t-elle estimé, accusant l’Éthiopie de continuer à occuper illégalement une partie de son territoire.  Si l’Éthiopie s’était acquittée de ses obligations, il n’y aurait pas de problèmes entre nos deux pays, a-t-elle lancé.


Le représentant de la République islamique d’Iran a estimé que le représentant des Émirats arabes unis avait fait des affirmations inacceptables à propos des trois îles qui se trouvent dans le Golfe persique.  Ces îles ont trait à l’intégrité territoriale de l’Iran et  relèvent de sa souveraineté.  L’Iran, a-t-il assuré, est néanmoins prêt à poursuive des échanges bilatéraux avec les responsables des Émirats arabes unis.


Répondant à ces propos, le représentant des Émirats arabes unis a regretté que l’Iran ait réitéré sa position, en rejetant ainsi les nombreuses initiatives de paix de son pays concernant les trois îles.  Il s’est opposé à l’occupation iranienne et aux mesures militaires et civiles prises pour modifier la nature historique et démographique de ces îles.  Il a espéré que la communauté internationale appuiera la position de son pays qui consiste à demander à l’Iran de mettre fin à son occupation illégale.


Le représentant de l’Égypte a déploré les allégations faites par le représentant de la Suède sur la liberté d’expression dans son pays.  L’Égypte est à la tête de la réforme politique au Moyen-Orient; la liberté d’expression étant garantie par la Constitution et dans la pratique.  L’Égypte compte quelque 300 journaux qui représentent tous les points de vue.  Il est donc choquant, a dit le représentant, d’entendre la délégation de la Suède mentionner mon pays sur ce sujet.  La Suède devrait savoir faire la différence entre la liberté d’expression et les insultes au Prophète.


Le représentant de la République islamique d’Iran, se référant aux propos tenus par ses homologues de la Suède et de l’Irlande sur la situation des droits de l’homme dans son pays, a recommandé à ces deux pays d’éviter d’utiliser cette tribune pour proférer des fausses accusations politiques.


Commentant également les propos tenus par la Suède, le représentant de Cuba s’est demandé d’où ce dernier tirait son autorité pour juger de la situation des droits de l’homme à Cuba.  De quel droit ose-t-il donner un avis sur huit pays respectables de cette Organisation?  La communauté internationale, a argué le représentant cubain, n’est pas sans voir que la Suède est un des pays qui a autorisé les vols secrets de la CIA en Europe.  « Je pourrais également parler de la prostitution et de la situation des petites filles », a menacé le représentant qui a cependant demandé au Gouvernement suédois quand il comptait renoncer à ces vols secrets illégaux.


Le représentant de la Chine a lui aussi réagi à la déclaration de la Suède.  Il a affirmé que son gouvernement veillait à la protection des droits de ses citoyens, notamment la liberté d’expression.  La situation des droits de l’homme s’est beaucoup améliorée ces dernières années en Chine et nul ne peut le contester, a estimé le représentant.  La Suède, a-t-il dit, a connu des pages sombres dans son histoire des droits de l’homme et elle continue de violer les droits des minorités.  Quand les droits de l’homme sont menacés comme ils le sont en Suède, le représentant de cet État n’a pas le droit de juger ce qui se passe dans d’autres pays.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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