Les questions du désarmement et d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient valent à l’Assemblée générale un droit de réponse de l’Iran

AG/10864
26 septembre 2009

Les questions du désarmement et d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient valent à l’Assemblée générale un droit de réponse de l’Iran

26/09/2009
Assemblée générale
AG/10864
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-quatrième session

9e et 10e séances plénières - matin & après-midi


LES QUESTIONS DU DÉSARMEMENT ET D’UNE ZONE EXEMPTE D’ARMES NUCLÉAIRES AU MOYEN-ORIENT VALENT À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE UN DROIT DE RÉPONSE DE L’IRAN


Les questions du désarmement et de la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient ont été aujourd’hui au centre du débat général de l’Assemblée générale.  Des propos comme ceux du Premier Ministre des Pays-Bas selon lesquels « les récentes révélations sur une centrale nucléaire tenue secrète exigent une ferme réaction internationale vis-à-vis de l’Iran » ont valu à l’Assemblée générale un droit de réponse du représentant iranien.


Ce dernier a répondu que la mise en place d’une nouvelle centrale d’enrichissement a été menée dans le plein respect des accords de garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Il a fait observer qu’un communiqué de la porte-parole de l’AIEA publié hier, confirme bien que son pays a informé l’Agence en temps voulu.


Au quatrième jour de son débat général, l’Assemblée a entendu près de 40 délégations qui ont remis sur la table le dossier des changements climatiques, compte tenu de la convocation, en décembre prochain, de la Conférence de Copenhague sur le successeur du Protocole de Kyoto relatif à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.


De nombreuses délégations ont d’abord affirmé leur attachement à faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires, tout en se réservant le droit, à l’instar des Ministres des affaires étrangères de la Jordanie et des Émirats arabes unis, de développer des programmes nucléaires à usage civil.  Les délégations ont déploré les « principaux obstacles » auxquels se heurte tout projet de dénucléarisation dans cette région.


Le programme nucléaire d’Israël a été pointé du doigt par le Ministre des affaires étrangères de l’Égypte qui a demandé qu’il soit mis fin à « l’inexplicable et injustifiée latitude dont jouissent les capacités nucléaires d’Israël ».


Ces propos n’ont pas empêché le Premier Ministre des Pays-Bas d’estimer quele programme nucléaire iranien présente un « défi majeur » pour la paix et la sécurité internationales. 


Rejetant « les allégations et les malentendus », le représentant iranien a qualifié ces craintes d’« infondées » face à la nature pacifique des activités nucléaires de son pays.  L’accent mis sans raison sur des installations conformes aux accords de garanties de l’AIEA est « contre-productif et dangereux », a prévenu le représentant. 


Il a également répondu aux propos du Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis sur les îles Abou Moussa, Tomb al Soughra et Tomb al Koubra.  Son homologue émirati a, à son tour, exercé son droit de réponse.


La question des changements climatiques a également continué d’être soulevée tout au long de cette journée, le Premier Ministre du Népal invoquant le concept de la « responsabilité historique » des principaux émetteurs de gaz à effet de serre.


Tout en convenant de la légitimité de cette position, le Premier Ministre de Samoa a néanmoins estimé qu’il ne faillait pas laisser ce concept entraver la prise de décision.  « La tactique des blâmes, de l’attentisme et du refus de tracer la voie ne sont plus des options car aucun État ne peut gagner seul la bataille des changements climatiques », a-t-il plaidé.


Une annonce a été faite par le Ministre des affaires étrangères de l’Inde qui a attiré l’attention de l’Assemblée générale sur la Conférence internationale que son pays accueillera, les 22 et 23 octobre 2009, en coopération avec les Nations Unies, sur le thème « Changements climatiques: développement et transfert des technologies » dont l’objectif est d’aider à formuler une feuille de route pour l’atténuation et l’adaptation.


Au cours de ce quatrième jour du débat général, la Serbie n’a pas manqué de réagir à l’intervention du Premier Ministre de l’Albanie qui a réitéré son ferme appui à « l’État indépendant du Kosovo » et affirmé que depuis la déclaration d’indépendance, les relations interethniques s’y sont améliorées et que loin de quitter le Kosovo, les familles serbes y reviennent.


« Les Serbes du Kosovo constituent aujourd’hui la communauté la plus menacée d’Europe », a rétorqué le représentant de la Serbie, avant de rappeler que son pays a saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) sur la légalité de la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo.  Son homologue de l’Albanie a exercé son droit de réponse. 


Le débat général se poursuivra lundi 28 septembre, à partir de 9 heures.


SUITE DU DÉBAT GÉNÉRAL


M. GABRIEL NTISEZERANA, Deuxième Vice-Président du Burundi, a d’abord remercié la communauté internationale, la Commission de consolidation de la paix, le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB), l’Union européenne, l’Initiative régionale pour la paix au Burundi et l’Afrique du Sud pour leurs efforts en faveur du retour de la paix dans son pays.  « La guerre est terminée au Burundi », a-t-il indiqué, rappelant que le dernier mouvement rebelle était devenu un parti politique, que les personnes déplacées à l’intérieur du pays avaient rejoint leur village d’origine et que les réfugiés regagnaient eux aussi le pays.  M. Ntisezerana a également rappelé que son pays faisait « face à la problématique du financement de la réintégration professionnelle de milliers d’hommes, de femmes, voire d’enfants qui ont servi comme combattants ».  Il a donc demandé que le soutien « indispensable » de la communauté internationale se poursuive. 


Évoquant la question des armes à feu détenues illégalement par la population civile et qui constituent « une menace sérieuse » pour la paix, M. Ntisezerana a indiqué qu’une commission destinée à encourager la population à remettre ces armes aux autorités avait été créée.  Il a ajouté que la réforme de la justice se poursuivait « dans le souci de garantir une justice équitable et combattre l’impunité ».  S’agissant des élections qui se tiendront dans quelques mois, le Deuxième Vice-Président a souligné que son gouvernement s’engageait à les organiser dans la transparence et le calme.  Un nouveau code électoral a été promulgué et une Commission électorale nationale indépendante a été créée, a-t-il précisé.  Au plan économique, il a rappelé que son gouvernement avait compris qu’il devait promouvoir la bonne gouvernance et améliorer davantage le climat des affaires.  Dans cette optique, une série de réformes a été entreprise pour assainir la gestion des affaires publiques et faciliter les investissements privés nationaux ou internationaux, a-t-il indiqué.


Revenant ensuite sur le rôle du Burundi dans la région, M. Ntisezerana a souligné la participation de son pays aux missions de maintien de la paix sur le continent africain.  Le Burundi est représenté dans l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT), l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) et la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), a-t-il rappelé, insistant aussi sur le lourd tribut payé par le contingent burundais dans ce dernier pays.  M. Ntisezerana a d’ailleurs estimé que « dans sa forme actuelle », l’AMISOM ne pouvait se poursuivre.  Il a donc demandé la modification du mandat de la Mission en Somalie pour permettre aux contingents « de se prémunir des attaques, de passer à l’offensive et de poursuivre les assaillants ».  Il a aussi souhaité le renforcement des moyens de la Mission avec des capacités de frappes aériennes et de collecte d’informations supplémentaires et l’imposition de sanctions contre les pays ou organisations qui soutiennent les groupes islamistes.


M. Ntisezerana est également revenu sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  « Le Burundi, a-t-il dit, a l’ambition de relever le défi de ces objectifs. »  Pour preuve, la politique de gratuité de l’enseignement primaire et des soins de santé qui a été mise en place, la décision du Gouvernement de soigner gratuitement la malaria et de fournir des moustiquaires à toute la population, la création d’un organe chargé d’accorder une couverture d’assurance maladie aux personnes du monde rural et la construction de 700 écoles ou centres de santé en 2008.  Le Deuxième Vice-Président burundais a cependant rappelé que le principal problème auquel son pays devrait faire face était celui du financement.  C’est pourquoi, il a appelé les bailleurs de fonds à mobiliser plus de moyens pour « garantir la pérennité des acquis ».


M. Ntisezerana a poursuivi son intervention en évoquant la crise financière internationale qui « n’épargne pas le Burundi ».  « Les cours des matières premières ont chuté, en particulier les cours du café qui est le principal produit exporté », a-t-il indiqué.  Soulignant les mesures prises par son gouvernement pour limiter les effets de la crise internationale sur son pays, il a toutefois demandé aux pays riches, en particulier ceux du G-8, « d’honorer la promesse faite à Gleneagles d’augmenter l’aide au développement de 50 milliards de dollars par an à partir de 2010 ».  Avant de conclure, il a estimé que les changements climatiques constituaient « une menace pour la paix et la sécurité alimentaire en Afrique ».  Après avoir salué les initiatives annoncées devant l’Assemblée générale par les États-Unis, l’Union européenne et le Japon, il a rappelé que son pays se rangeait derrière la position commune de l’Union africaine qui sera défendue par l’Éthiopie lors de la Conférence de Copenhague. 


M. ABHISIT VEJJAJIVA, Premier Ministre de la Thaïlande, a commencé par affirmer que dans un monde interconnecté, aucun pays ne pouvait seul résoudre les problèmes du monde.  Il a déclaré que son pays était prêt à partager ses expériences et les leçons apprises de sa propre crise financière en 1997.  « Nous sommes convaincus, a-t-il dit, que les solutions de notre pays aux problèmes auxquels nous avons été confrontés pourraient servir à trouver une solution internationale aux défis mondiaux. »  La récente crise financière, a-t-il poursuivi, a montré que l’économie de suffisance n’est pas seulement une philosophie, mais peut aussi être mise en pratique.  La Thaïlande estime, a-t-il dit, que la modération est la clef de la durabilité.  La modération est un pilier important de la philosophie d’économie de suffisance de Sa Majesté, le Roi de Thaïlande.


S’exprimant en tant que Président de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), le Premier Ministre a souligné les efforts régionaux entrepris en matière de développement économique.  Le développement, a-t-il dit, ne concerne pas seulement le taux de croissance, mais aussi la croissance qualitative.  La Thaïlande, a-t-il indiqué, a rejeté le protectionnisme.  Concernant la sécurité alimentaire, il a proposé la contribution de son pays pour trouver une solution à ce problème, rappelant que la Thaïlande disposait d’une forte expérience en matière d’exportation de produits alimentaires et d’une capacité pour le développement des énergies alternatives, notamment le biodiesel et l’éthanol.  La Thaïlande a vigoureusement défendu une croissance écologiquement rationnelle.  C’est pourquoi, a-t-il dit, le Gouvernement a fait de l’énergie alternative une priorité de son agenda national et a investi de manière significative pour accélérer les développements dans ce domaine.  En outre, une des forces de la Thaïlande est la biodiversité qui a permis de développer des activités et produits économiques tant pour l’ensemble de la Thaïlande que pour les communautés locales.


La démocratie ne reconnaît pas seulement la direction du pays par la majorité, mais aussi le respect des droits des minorités, a-t-il insisté.  L’ANASE est en train de créer une commission intergouvernementale des droits de l’homme qui devrait voir le jour en octobre prochain.  La promotion de l’égalité entre les sexes est une priorité pour la Thaïlande, a-t-il poursuivi.


Concernant la réforme des institutions de l’ONU, le Premier Ministre a plaidé pour que son pays occupe un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité pour la période 2017-2018, en tant que représentant de l’ensemble des pays en développement dans le monde.  La Thaïlande se porte également candidate à un siège au sein du Conseil des droits de l’homme pour 2010-2013.


M. JAN PETER BALKENENDE, Premier Ministre des Pays-Bas, a déclaré que la crise que connaît actuellement le monde exigeait de chacun le courage de placer les valeurs communes au-dessus des intérêts limités.  Il nous faut faire preuve de détermination pour adapter les structures de gouvernance mondiale à cette nouvelle réalité, et de courage pour prendre des décisions capitales qui prennent en compte les intérêts de tous.  Une ONU puissante, décisive et efficace est essentielle pour mener à bien ce processus, a-t-il affirmé, pour se féliciter ensuite de la conclusion, à Pittsburgh lors du Sommet du G-20, d’un accord sur la création d’un cadre pour garantir une croissance forte, durable et équilibrée.  Il a également estimé que l’Accord de Pittsburgh sur les systèmes de compensation devrait aider à mettre un terme à une « culture des bonus » qui, selon lui, était devenue incontrôlable.


Après avoir signalé que la réforme institutionnelle ne devrait pas freiner le secteur financier et économique, M. Balkenende a affirmé que la crise actuelle ne devrait pas occulter les autres graves problèmes que connaît la planète, notamment les changements climatiques et les crises alimentaire et énergétique.  Il a également évoqué la paix et la sécurité, ainsi que la pauvreté et les droits de l’homme.  « Nous devons honorer les engagements pris, notamment en ce qui concerne les OMD, a-t-il déclaré.  « Nous sommes préoccupés par l’aggravation de la situation des droits de l’homme en Iran et par la réaction violente face aux manifestations populaires », a poursuivi le Premier Ministre des Pays-Bas, qui a également estimé que la question nucléaire iranienne présentait un « défi majeur » à la paix et à la sécurité internationales.  Les récentes révélations au sujet d’une centrale nucléaire tenue secrète jusqu’à une date récente exigent une ferme réaction de la part de la communauté internationale et la pleine transparence de la part de l’Iran, a-t-il dit.


M. Balkenende s’est ensuite attardé sur les effets de la crise sur le développement.  Si la crise est grave dans les pays riches, dans les pays pauvres c’est une question de vie ou de mort, a-t-il fait remarquer.  C’est pourquoi, il a appelé les pays donateurs à honorer leurs engagements à consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB) pour financer l’aide au développement, tout en encourageant les pays récipiendaires à utiliser ce fonds aussi efficacement que possible.  La solidarité internationale concerne également le secteur privé, a-t-il ajouté, en insistant sur l’importance de la responsabilité sociale des entreprises.


« À Copenhague, nous devons conclure un accord ambitieux, juste et détaillé », a souligné M. Balkenende.  Il a annoncé que les Pays-Bas s’engageaient à réduire de moitié les émissions de dioxyde de carbone d’ici à 2050, et ce, par rapport au niveau de 1990.  « Nous devons être justes envers les pays en développement, et chaque État doit jouer son rôle, mais ceux qui ont besoin d’aide pour mettre en place des politiques d’adaptation doivent pourvoir la recevoir », a-t-il insisté.  Il a annoncé que les Pays-Bas avaient alloué 500 000 euros à la promotion de l’énergie durable dans les pays en développement.  « Nous ne pouvons pas nous permettre d’échouer à Copenhague », a-t-il dit avant de conclure.


M. IGOR CHUDINOV, Premier Ministre du Kirghizistan, a tout d’abord appelé à une augmentation du nombre de membres permanents siégeant au Conseil de sécurité, et a confirmé que son pays avait l’intention de se porter candidat à un siège de membre non permanent pour 2012-2013.  Il s’est ensuite attardé sur la situation « compliquée » que connaît la région d’Asie centrale et sur l’importance de garantir la pleine stabilisation de l’Afghanistan, en particulier.  De l’avis du Premier Ministre, il n’est pas possible de stabiliser ce pays uniquement par le biais d’interventions militaires.  Il a par ailleurs expliqué qu’en mars 2009, le Président de son pays avait mis en avant l’initiative de « Bishkek » qui vise à faire de la capitale kirghize un centre permanent pour l’organisation de conférences internationales sur la sécurité et la stabilisation de l’Afghanistan.


S’agissant des pays en développement comme le sien, le Premier Ministre a estimé que la communauté internationale et l’ONU devraient mettre des mécanismes d’échange de dette au profit du développement durable.  Il a notamment proposé que la dette du Kirghizistan soit échangée au profit du développement durable des régions montagneuses les plus pauvres de son pays, ainsi que pour assainir les bassins de résidus d’uranium du pays.  M. Chudinov a également souhaité que le projet de résolution sur le développement durable des régions montagneuses, dont son pays est coauteur, reçoive l’appui nécessaire au cours de la présente session de l’Assemblée générale.


Le Premier Ministre a ensuite insisté sur le lien qui existe entre la gestion de l’environnement et le développement.  « Les nombreux bassins de résidus d’uranium, qui contiennent une quantité importante de déchets toxiques, sont une grave préoccupation pour notre région, » a-t-il ajouté, pour annoncer par ailleurs que le Traité portant création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale était entré en vigueur le 21 mars 2009.  Il s’est par ailleurs félicité des conclusions et recommandations du Forum international de haut niveau organisé en Suisse, au mois de juin dernier, et qui portait sur les problèmes posés dans sa région par les bassins de résidus d’uranium.  M. Chudinov a également annoncé que les pays de cette région allaient présenter un projet de résolution sur « Le rôle de la communauté internationale dans la prévention du risque de radiation en Asie centrale ».  Après avoir fait part de l’appui de son gouvernement à l’expansion du Centre régional de l’ONU pour la diplomatie préventive, le Premier Ministre kirghize a expliqué que les pays d’Asie centrale accordaient une attention particulière au problème de l’eau et de l’énergie.  Un projet prévoit de récolter les eaux dans le réservoir de Toktogul, le plus important de la région, afin de créer des stocks d’eau pour les périodes de sécheresse et faciliter l’irrigation dans les pays de la région.  Avant de conclure, M. Chudinov a insisté sur l’importance d’assurer un bon partage des ressources en eau et en énergie disponibles en Asie centrale.


M. APISAI IELEMIA, Premier Ministre de Tuvalu, a axé son intervention sur la mondialisation et ses effets sur son pays.  La mondialisation, a-t-il dit, c’est d’abord la crise financière qui a « sévèrement » frappé Tuvalu, petit État insulaire en développement, dont l’économie dépend des importations et qui a connu une forte augmentation des prix des produits de première nécessité.  « Cette crise nécessite une coopération internationale car, malheureusement, ce sont les petits pays pauvres qui auront à en assumer le fardeau », a-t-il regretté.  La mondialisation a aussi marqué de son empreinte le domaine de la santé, avec la pandémie de grippe A(H1N1), a-t-il estimé.  « L’accès à la santé et aux médicaments devrait être un droit pour tous les États et pas seulement les plus riches », a-t-il déploré.  La mondialisation, c’est encore la piraterie au large de la Somalie, a estimé M. Ielemia, qui a rappelé la prise d’otages pendant quatre mois, de 12 marins de Tuvalu.  « Nous condamnons fermement ces criminels, et appelons les Nations Unies et la communauté internationale à traduire ces pirates devant la justice, en application du principe de la compétence universelle, et leur demandons de mettre sur pied une unité spéciale chargée de lutter contre la piraterie », a insisté M. Ielemia.  Enfin, la mondialisation ce sont les changements climatiques auxquels Tuvalu est l’un des pays les plus exposés.  M. Ielemia a dit espérer que la Conférence sur les changements climatiques qui se tiendra à la fin de l’année à Copenhague marquera un tournant.  Le succès de la Conférence de Copenhague, a-t-il dit, dépendra d’un certain nombre de mesures préalables.  La communauté internationale doit passer rapidement à l’action pour que la température globale de la planète n’augmente pas de plus de 1,5°C d’ici à 2020.  M. Ielemia a demandé que la Conférence de Copenhague ne signifie pas la fin du Protocole de Kyoto.  « Il ne doit pas être abandonné », a-t-il martelé, estimant que certains pays pourraient en profiter pour prendre des engagements moins contraignants pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.  Il a demandé aussi des engagements sérieux de la part des pays développés les plus pollueurs, notamment les États-Unis.  « J’appelle avec force le Président Obama à prendre des engagements significatifs pour réduire les émissions de dioxyde de carbone », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que les pays en développement émergeants « doivent aussi réduire drastiquement leurs émissions ».


En outre, M. Ielemia a exigé des engagements forts dans le domaine de l’aide aux pays vulnérables pour lutter contre les changements climatiques.  L’aide au développement ne doit pas être détournée pour financer les mesures de lutte contre le réchauffement de la planète, a-t-il prévenu.  Il a également insisté sur les conséquences de la déforestation.  Pour lui, « un marché international du carbone ne produira pas d’effet.  Il faut au contraire trouver de nouveaux fonds pour soutenir les pays forestiers en développement, afin qu’ils diminuent le niveau de déforestation ».  Il a rappelé que Tuvalu est « vulnérable aux conséquences de la crise économique et financière mondiale, aux changements climatiques et aux différentes pandémies ».  Son pays, a–t-il indiqué, se félicite de la récente recommandation du Comité des politiques de développement selon laquelle Tuvalu reste pendant les trois prochaines années dans la catégorie des pays les moins avancés (PMA).


Abordant la question de la réforme et de la démocratisation des organes principaux des Nations Unies, M. Ielemia a réaffirmé que Tuvalu soutenait fermement l’élargissement du Conseil de sécurité pour que « sa composition assure une représentation plus équitable de toutes les régions ».  Il a aussi demandé que les petits États insulaires en développement aient un siège au Conseil de sécurité.  Avant de conclure, M. Ielemia a réitéré le soutien de son pays au Gouvernement de Taiwan, insistant sur le droit à l’autodétermination des 23 millions d’habitants de l’île.  Il a aussi estimé que Taiwan devrait être considéré comme un membre à part entière de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et des différentes institutions des Nations Unies.


M. PATRICK MANNING, Premier Ministre de Trinité-et-Tobago, a dénoncé les conséquences que les grandes crises font peser sur les petits pays, alors qu’ils n’en sont pas à l’origine.  « Nous, petits États insulaires en développement, avons toujours été les plus vulnérables et les plus affectés par les crises », a-t-il déclaré.  Dans l’hémisphère Sud, a-t-il remarqué, les taux de pauvreté et de chômage ont augmenté.  Combien de temps encore, cette vulnérabilité va-t-elle pouvoir continuer, a-t-il demandé.  La croyance du monde dans une économie de marché totalement non réglementé est révolue.  « Nous devons plutôt saisir l’occasion qu’offre cette crise pour réformer notre système économique », a-t-il plaidé.  Le Premier Ministre a estimé qu’il faudrait prendre en compte les voix exprimées par les différentes régions du monde dans les décisions qui aussi concernent le reste de l’humanité, a-t-il insisté.


S’exprimant au nom des pays de la CARICOM, le Premier Ministre de Trinité-et-Tobago a demandé que l’accès aux crédits, notamment auprès de la Banque mondiale, et à l’aide internationale soient facilités.  L’Assemblée générale doit s’assurer que la situation des pays à revenus moyens soit prise en considération.  Compte tenu de leur vulnérabilité, les besoins de ces pays ne doivent pas être sous-estimés pour l’accès aux financements internationaux.  Concernant la situation en Haïti, il s’est félicité de l’intérêt porté par la communauté internationale et des initiatives de l’ONU en vue de promouvoir la paix et la sécurité dans le pays.  Trinité-et-Tobago, a-t-il dit, a proposé l’établissement d’un fonds de développement dans la région.  Cette proposition, a-t-il indiqué, sera présentée au cours de la présente session de l’Assemblée générale en vue de son adoption.


La criminalité transnationale organisée est un des plus grands défis pour la communauté internationale, a-t-il lancé.  La région des Caraïbes est notamment touchée par le commerce illégal de la drogue et des armes en direction de l’Amérique du Nord et de l’Europe.  C’est pourquoi, les pays de la région se sont investis dans la lutte contre ce fléau, mais ils ont besoin d’un soutien financier pour combattre cette menace.  Sur les changements climatiques, le Premier Ministre a appelé l’Assemblée générale à promouvoir des formules plus significatives pour la réduction des gaz à effet de serre.  Le Premier Ministre a rejeté la technique actuelle pour déterminer le taux des gaz à effet de serre.  « Nous n’acceptons pas le barème établi par habitant.  C’est un calcul injuste pour les petits États insulaires en développement. »  La méthode reposant sur l’émission absolue est plus juste, a-t-il estimé, en proposant que la Conférence de Copenhague examine cette question.  S’agissant de la réforme du Conseil de sécurité, il a souhaité que cet organe soit plus représentatif des changements géopolitiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.


M. TUILA’EPA LUPESOLIAI SAILELE MALIELEGAOI, Premier Ministre de Samoa, a déclaré que « les changements climatiques ne sont pas un phénomène à venir et ils ne sont pas un problème qui touche uniquement les petits États insulaires en développement.  C’est pourquoi, la conclusion d’un accord à Copenhague devant établir un régime juridique sur les changements climatiques après 2012, qui exige une nouvelle forme de coopération et une vision plus large, est cruciale ».  Tout en convenant de la légitimité de la « responsabilité historique », le Premier Ministre a estimé qu’il ne faudrait pas laisser ce concept affecter la prise de décisions.  Ce serait là une grave erreur, a affirmé M. Malielegaoi, qui a estimé que l’accord de Copenhague sur les changements climatiques serait un test de la solidarité multilatérale.  Les tactiques des blâmes, d’attendre pour suivre, mais de refuser de tracer la voie ne sont plus des options, car aucun État ne peut gagner à lui seul la lutte contre les changements climatiques, a-t-il affirmé.


Le Premier Ministre a ensuite expliqué que le coût des mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques serait très lourd.  « Nous ne devons pas cependant être découragés et c’est pourquoi, nous devons déployer tous les efforts possibles pour bâtir notre résistance. »  Il a évoqué, à titre d’exemple, le programme de routes d’accès aux plantations qui facilitent la réinstallation et contribuent à une meilleure production agricole.


Passant ensuite à la crise économique, le Premier Ministre a indiqué que son pays avait besoin d’un « appui financier direct » afin d’assurer ses dépenses, tout en lui permettant de rééquilibrer ses finances et de relancer l’économie.  Il a par ailleurs affirmé que son pays, qui devrait être rayé de la liste des pays les moins avancés en 2010, devrait être maintenu dans la période de transition plus longtemps en raison de la situation imprévisible créée par la crise financière.  Il a également expliqué que son pays accordait une attention particulière à l’établissement de partenariats durables pour le développement.  Cela dit, a-t-il ajouté, certains donateurs prennent leur temps pour réagir ou ne se manifestent pas, ce qui est une grave source de préoccupations.  Il s’est également interrogé sur le fait que, malgré la relative stabilité que connaît la région du Pacifique, les donateurs n’appuyaient pas les efforts des pays de la région pour le développement.  Le Premier Ministre a réaffirmé l’appui de Samoa en faveur de l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).  M. Malielegaoi a également appuyé l’élargissement de la composition du Conseil de sécurité, estimant notamment que le Japon devrait pouvoir y occuper un siège de membre permanent.


Mme SHEIKH HASINA, Premier Ministre du Bangladesh, a fait part des progrès réalisés par son pays depuis le rétablissement de la démocratie avec les élections « libres, crédibles et transparentes » du 29 décembre 2008.  Dans le domaine de l’éducation, Mme Sheikh Hasina a rappelé que c’était une priorité de son gouvernement à laquelle il consacre la part la plus importante du budget de l’État.  Le Bangladesh ambitionne d’arriver à un niveau d’inscriptions dans l’enseignement primaire de 100% d’ici à l’année prochaine, a-t-elle indiqué.  Dans le domaine de la santé, elle a rappelé qu’une politique nationale avait été mise en place pour offrir les soins de base sans discrimination à l’ensemble de la population.  Elle a également indiqué que 4 000 centres de santé avaient été construits en vue d’assurer des soins pour une population de 6 000 habitants.  Évoquant ensuite les programmes de sécurité sociale, elle a insisté sur les dispositifs existants comme des programmes de microcrédit, des programmes de pensions et d’aide pour les femmes, les personnes âgées ou les personnes marginalisées.  Enfin, dans le domaine de la sécurité alimentaire, Mme Sheikh Hasina a regretté que son pays ne soit plus en mesure de faire face aux besoins de l’ensemble de sa population.  Elle a toutefois annoncé qu’une politique nationale en la matière avait été mise en place, avec une série de mesures visant à faciliter l’accès à la nourriture en assurant la réduction des prix, l’augmentation de la production agricole, la réduction des prix des carburants, des engrais et des matériaux d’irrigation.  Évoquant aussi le Sommet international sur la sécurité alimentaire qui se tiendra en novembre prochain à Rome, Mme Sheikh Hasina a annoncé que le Bangladesh y demanderait un accord global sur le développement de l’agriculture et l’autosuffisance alimentaire des pays en développement, en particulier les pays les moins avancés.


Passant ensuite à la question des changements climatiques, Mme Sheikh Hasina a rappelé que le Bangladesh contribuait de manière « négligeable » au réchauffement de la planète.  Elle a regretté toutefois que son pays en soit l’une des premières victimes avec des inondations à répétition, des cyclones ou des tremblements de terre qui détruisent l’agriculture et mettent en péril les ressources en eau, la santé de la population ou le développement urbain.  « Ce qui est alarmant, c’est qu’une augmentation d’un mètre du niveau de la mer entraînera une inondation de 18% de notre territoire et touchera directement 11% de notre population », a-t-elle souligné.  C’est pourquoi, a indiqué Mme Sheikh Hasina, le Bangladesh a pris un certain nombre de mesures.  Le dragage des fleuves et des rivières les plus importants du pays est une priorité, tout comme la construction de 14 000 abris anticyclone.  À la Conférence de Copenhague, le Bangladesh attend des engagements forts des pays développés, notamment dans le domaine du financement de l’adaptation et des transferts de technologie vers les pays en développement.


Revenant ensuite sur la crise économique internationale, Mme Sheikh Hasina a regretté que les pays les moins avancés soient « les plus grandes victimes » d’une crise dont « ils ne sont pas responsables ».  Pour le Bangladesh, cette crise s’est traduite par une forte réduction de ses exportations, une baisse des prix des denrées de première nécessité, une baisse des transferts d’argent, une augmentation du chômage et une crise du crédit qui a mis à mal la croissance économique et le développement du pays.  À l’heure où les pays développés et les institutions financières internationales tentent de limiter l’impact de la crise, Mme Sheikh Hasina demande qu’une meilleure représentation des pays en développement, notamment les pays les moins avancés, soit assurée au sein de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).  Pour elle, un soutien aux économies des pays vulnérables s’inscrit aussi dans le Cycle de négociation de Doha de l’OMC.  « Des concessions des pays développés sur les quotas et l’accès à leurs marchés peuvent sortir les pays en développement d’une situation catastrophique », a-t-elle expliqué.  Elle a finalement attiré l’attention sur la question des travailleurs migrants, rappelant que des dizaines de milliers de travailleurs expatriés avaient été rapatriés chez eux depuis le début de la crise, posant des problèmes d’instabilité sociale et économique aux gouvernements de leurs pays d’origine, dont le Bangladesh.


Revenant ensuite sur le rôle du Bangladesh dans la communauté internationale, Mme Sheikh Hasina a rappelé l’implication de son pays dans les opérations de maintien de la paix.  Depuis 1988, le Bangladesh a ainsi déployé 82 000 personnes au cours de 32 missions dans 24 pays.  En dépit de cette participation, Mme Sheikh Hasina a regretté que son pays ne jouisse pas d’une représentation plus proportionnelle au sein du Département des opérations de maintien de la paix des Nations unies.  Avant de conclure son intervention, Mme Sheikh Hasina a demandé que le « Bangla », langue parlée par 250 millions de personnes au Bangladesh et dans l’État indien du Bengale Ouest, devienne une langue officielle des Nations Unies.


M. DENZIL DOUGLAS, Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de Saint-Kitts-et-Nevis, a tout d’abord dénoncé les conséquences que subissent les petits États à l’occasion de crises dont ils ne sont pas à l’origine.  « Dans le cas des changements climatiques, a-t-il dit, nous sommes abandonnés à nous-mêmes pour trouver des solutions.  La crise doit nous apprendre que le partenariat et la coopération internationale sont aujourd’hui plus que nécessaires. »  Les nouvelles mesures qui seront prises à l’avenir devront faire en sorte que les gouvernements et les institutions travaillent ensemble pour établir les règles et les structures de régulation, a-t-il dit.


Invitant l’Assemblée générale à tenir compte de la situation particulière des petits États insulaires en développement à faibles revenus et lourdement endettés, le Premier Ministre a insisté sur le besoin de réformer le système économique et financier mondial.  La crise économique et financière mondiale souligne l’urgence de la restructuration du système international, a-t-il plaidé.  Le Premier Ministre a également appelé à la suppression de la dette.  Son pays, a-t-il dit, souhaite que réforme des institutions financières internationales permettra de mettre en place un véritable plan pour la réduction de la dette.  Lorsque de grandes crises se produisent, les petits États vulnérables doivent payer le prix fort, a-t-il argumenté.


S’agissant de la question des changements climatiques, le Premier Ministre a souhaité l’adoption d’une nouvelle approche qui soit axée sur l’action, ajoutant que son pays entend y contribuer activement.  Il a souhaité que les petits États insulaires en développement bénéficient d’une aide financière pour mettre en œuvre les initiatives prises en matière de changements climatiques.  Abordant les questions de sécurité, il a relevé que le coût humain, social et financier de la violence, y compris des maladies non transmissibles et du VIH/sida est élevé.  Il a invité les États Membres à se pencher sur ces questions à la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale.  S’exprimant toujours dans le cadre de la sécurité, il a évoqué le problème de la criminalité transnationale organisée qui sévit dans sa région.  Pour ce faire, il a demandé la réouverture dans la région des Caraïbes de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans le but d’aborder ce problème par le biais d’une approche multilatérale.  Concernant le VIH/sida, le Premier Ministre a fait part des mesures prises par son pays dans le cadre de la lutte contre la pandémie, notamment au sein du Partenariat Pan-Caribéen (PANCAP).  Il a souligné la nécessité pour la communauté internationale de concilier l’objectif de fourniture de médicaments à ceux qui en ont besoin avec les subventions dont bénéficient les entreprises pharmaceutiques pour la recherche et la fabrication de ces médicaments sans causer de préjudice aux pays en développement comme le sien, a-t-il conclu.


M. PAKALITHA BETHUEL MOSISILI, Premier Ministre du Lesotho, a expliqué que son pays était très vulnérable aux chocs économiques extérieurs, et que les demandes en exportation de textiles avaient fortement chuté, érodant ainsi les avancées accomplies en matière d’élimination de la pauvreté.  Prenant note des efforts déployés par le G-20 et du plus de 1 000 milliards de dollars qu’il a promis pour la relance économique, dont une partie devrait être consacrée aux pays en développement, le Premier Ministre s’est dit préoccupé par le fait que la répartition de ces fonds n’était pas claire, et qu’ils devaient de plus être distribués sans quotas et sans condition.  Il a également lancé un appel pour que soient honorés les engagements pris en matière d’aide au développement.  Le Lesotho espère que la Conférence de Copenhague de décembre prochain pourra déboucher sur un nouvel accord sur les changements climatiques qui permettra de réduire les effets du gaz à effet de serre, a-t-il poursuivi.  De l’avis du Premier Ministre, les pays les plus pollueurs doivent s’engager à limiter les émissions de gaz à effet de serre et aider ceux qui sont le plus gravement touchés par ce phénomène qui, a-t-il ajouté, est « notre responsabilité à tous ».


Évoquant ensuite le concept de la responsabilité de protéger, et le génocide du Rwanda, le Premier Ministre a estimé que le rapport du Secrétaire général sur la question fournissait une bonne base sur laquelle il faudrait faire avancer les discussions sur la question.  Il a toutefois estimé qu’il ne faudrait pas rouvrir les débats concernant les paragraphes 138 et 139 du Document final du Sommet mondial de 2005.  Il a par ailleurs affirmé l’attachement de son pays à la réforme du Conseil de sécurité.  Le Lesotho, a-t-il ajouté, se félicite de l’adoption du calendrier de la Conférence d’examen de 2010 sur le TICE.  À l’instar de l’Union africaine, le Premier Ministre a demandé l’organisation d’une conférence internationale sur la piraterie le long des côtes somaliennes.  M. Mosisili a par ailleurs engagé Israël à cesser ses activités liées à la construction de colonies de peuplement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.  Il a aussi appelé la « République démocratique arabe sahraouie » et le Royaume du Maroc à poursuivre leurs négociations.  Avant de conclure, le Premier Ministre a estimé que l’embargo imposé à Cuba devrait être levé.


M. MADHAV KUMAR NEPAL, Premier Ministre du Népal, a rappelé que son pays traverse une importante transition politique.  Il a évoqué l’élection de l’Assemblée constituante, se félicitant notamment du fait que les femmes représentent les deux tiers de ses membres.  Il a ensuite expliqué que son pays devrait s’acquitter de plusieurs tâches importantes, notamment la conclusion positive du processus de paix, la rédaction en temps voulu d’une nouvelle Constitution, ainsi que le redressement économique et l’élimination de la pauvreté.  « Nous devons également répondre aux attentes de la population en matière de démocratie », a-t-il ajouté.


Le Premier Ministre a ensuite demandé un appui solide de la part des partenaires du Népal afin de l’aider à répondre aux défis liés au développement après le conflit.  Il a également expliqué que son gouvernement entendait créer une commission pour la vérité et la justice, ainsi qu’une commission sur les disparitions afin de garantir la justice transitionnelle et rétablir l’harmonie sociale et la paix dans le pays.  M. Nepal a estimé que les besoins des pays les moins avancés exigeaient davantage d’attention de la part de la communauté internationale.  Il a demandé la mise en œuvre des résultats de la Conférence de l’ONU sur la crise financière et économique, organisée au mois de juin dernier, ainsi que de la Conférence de Doha sur le financement du développement.  Les pays développés ne doivent pas laisser la crise économique leur servir de prétexte pour ne pas honorer leurs engagements en faveur des OMD, a-t-il dit.  Le Premier Ministre a par ailleurs estimé que des mesures spéciales d’aide financière devraient être accordées aux pays les moins avancés.


Le Premier Ministre a ensuite expliqué que les changements climatiques avaient provoqué une fonte sans précédent de neiges de l’Himalaya, entraînant de graves conséquences pour les agriculteurs du pays.  Une conférence régionale de haut niveau, récemment organisée au Népal, a mis l’accent sur la responsabilité différenciée et la responsabilité historique des pays développés, de même que sur l’importance de financer de toute urgence les mécanismes et les technologies d’adaptation.  M. Nepal a également engagé les États Membres à « conclure l’accord » lors de la Conférence de Copenhague.  M. Nepal a par ailleurs estimé qu’à l’approche de la quatrième Conférence des pays les moins avancés, une attention particulière devrait être accordée à la mise en œuvre du Programme d’action de Bruxelles pour la période 2001-2010.  Passant ensuite à la question du désarmement, le Premier Ministre a souligné l’importance de promouvoir les discussions régionales et le rôle du Centre régional de l’ONU pour la paix et le désarmement.  Il a également réitéré son appui en faveur de la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Le Premier Ministre du Népal a en outre insisté sur l’importance de réformer le Conseil de sécurité.


M. FELETI VAKA’UTA SEVELE, Premier Ministre des Tonga, s’est félicité de la tenue du Sommet du Secrétaire général sur les changements climatiques et a rappelé que l’Alliance des petits États insulaires, dont fait partie Tonga, avait tenu son propre sommet sur le même thème peu auparavant.  Pour les petits États insulaires en développement, il est essentiel que chacun mette de côté ses intérêts particuliers au profit d’un sens de la responsabilité collective et au profit des pays les plus vulnérables qui ne peuvent faire face seuls aux conséquences des changements climatiques, a ajouté M. Sevele.  Il s’est félicité de l’adoption par la précédente session de l’Assemblée générale d’une résolution sur les implications de ces changements pour la sécurité.  De même, il s’est réjoui de la détermination à agir, affichée par les participants au récent Sommet du Secrétaire général.  Toutefois, a ajouté M. Sevele, les paroles de chefs d’État et de gouvernement ne peuvent suffire.  Il faut réellement agir pour limiter les changements climatiques et changer nos habitudes de gaspillage au profit de comportements plus productifs.


Rappelant que la totalité de la production de son pays est assurée par des combustibles fossiles importés, le Premier Ministre a expliqué que la hausse des coûts avait amené son gouvernement à adopter une « feuille de route pour l’énergie renouvelable » qui prévoit que 50% de la production d’électricité du pays devrait, en 2012, provenir d’énergies renouvelables.  Les technologies le plus modernes seront utilisées pour la production, mais aussi la distribution de l’électricité, a ajouté le Premier Ministre, qui a remercié l’ensemble des partenaires au développement des Tonga qui soutiennent ce projet.  M. Sevele a rappelé que la réalisation des OMD demeure un élément essentiel du programme de développement de Tonga.  Il a appuyé le projet du Secrétaire général de réunir, en 2010, un sommet spécial sur les OMD.  La tenue, la même année, de l’Examen à haut niveau de la Stratégie de Maurice pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement permettra à ces derniers de consolider les progrès acquis et d’examiner les efforts encore nécessaires, a-t-il estimé.


« Nous sommes fiers de notre Constitution en vigueur depuis 134 ans et une des plus anciennes à ce jour, a déclaré M. Sevele, qui a ajouté que le mode de vie de la société tongane repose à la fois sur les droits et responsabilités de l’individu et sur ceux de la famille au sens large et de l’ensemble de la communauté.  C’est le lien entre ces valeurs collectives et ces obligations individuelles qui fait la force des Tonga, a-t-il affirmé.  C’est pourquoi, le Parlement de Tonga, qui a récemment examiné l’opportunité de ratifier la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, s’est prononcé contre, en estimant que cette ratification serait « incompatible avec notre patrimoine social et culturel et notre mode de vie unique », a expliqué le Premier Ministre.  « Nous n’avons pas à présenter d’excuses pour notre prise de position, a-t-il ajouté, en précisant que son pays prend les traités internationaux au sérieux et ne voulait pas se lancer dans une ratification de complaisance.  Plutôt que de ratifier ce Traité, nous préférons examiner à notre manière certains problèmes relatifs aux femmes », a-t-il poursuivi, en affirmant que « nos femmes sont parmi les plus chéries et les plus respectées au monde ».


M. THOMGLOUN SISOULITH, Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la République démocratique populaire lao, a commencé son intervention par saluer l’ouverture de négociations intergouvernementales pour la réforme du Conseil de sécurité.  Il a réitéré l’engagement de son pays à contribuer à l’effort de réflexion dans cette nouvelle phase du processus de réforme.  L’existence d’armes nucléaires continue de constituer une menace pour l’humanité, a-t-il poursuivi.  Il est vital, a-t-il dit, de renforcer l’importance pour les États à adhérer à leurs obligations en matière de non-prolifération et de désarmement nucléaires.  La Conférence des parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2010 sera une grande occasion pour démontrer l’engagement politique et collectif des pays à résoudre ce problème récurrent, a-t-il poursuivi.


Concernant les changements climatiques, le Premier Ministre a plaidé pour des mesures urgentes en conformité avec les principes d’objectifs communs et de responsabilités partagées.  Dans ce sens, a-t-il dit, l’intégration des trois piliers que sont le développement économique viable, le développement social et la protection de l’environnement, devrait être mise en valeur dans le Plan d’action de Bali.  La République démocratique populaire lao, a-t-il dit, soutient l’idée d’un « Green New Deal » qui fournira une plate-forme pour résoudre les problèmes causés par ce défi.  Les multiples crises mondiales ont eu d’importantes répercussions sur les économies des pays les plus vulnérables, a affirmé le Premier Ministre.  Son pays, qui relève de cette catégorie, souhaite bénéficier d’un traitement spécial pour les exportations, la question de la dette et le transfert des technologies.  Le Premier Ministre s’est déclaré convaincu que la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins développés, qui se tiendra en 2011, sera une occasion pour la communauté internationale de revoir ses responsabilités pour identifier les obstacles et trouver des solutions au développement de ces pays, a-t-il conclu.


M. AHMED ABOUL GHEIT, Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, a déclaré que les différents défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés requièrent un haut degré de conscience collective.  Les actuelles structures internationales qui doivent gérer l’économie mondiale doivent refléter les réalités actuelles et à venir, a-t-il ajouté, en estimant qu’il faudrait progressivement rendre accessibles ces structures à un plus grand nombre de pays en développement.  De même, il a souhaité que la Conférence de Copenhague sur les changements climatiques permette de parvenir à un accord équitable et équilibré qui tienne compte des aspirations des pays en développement ainsi que des questions des transferts financiers et de technologie pour les aider à limiter les conséquences de ces changements.


La crise économique et financière n’a pas été causée par les pays en développement qui, pourtant, souffrent tous de ses conséquences, et même davantage que les pays développés, a déclaré M. Aboul Gheit.  En plus des conséquences de la crise alimentaire, dont ils souffrent également, les pays du Sud sont confrontés à des défis terribles qui requièrent un véritable soutien et une véritable solidarité internationale, a-t-il dit.  Le Ministre a jugé urgent de lancer un dialogue entre pays riches et pays pauvres, importateurs et exportateurs, pour parvenir à un « code de conduite international », pour notamment examiner la politique de production des biocarburants et mettre fin aux subventions à l’exportation des produits agricoles des pays développés.  M. Aboul Gheit a par ailleurs souhaité que le Sommet prévu en 2010 pour examiner la mise en œuvre des OMD aboutisse à la mise en place d’un mécanisme de suivi, qui permettrait de garantir la réalisation de ces Objectifs en 2015, notamment en Afrique.


Le Ministre égyptien des affaires étrangères a regretté la politisation des questions relatives aux droits de l’homme, en dépit des réformes fondamentales réalisées dans l’architecture des droits de l’homme au sein des Nations Unies et la création du Conseil des droits de l’homme.  Il a notamment souhaité un renforcement du rôle du Conseil et l’adoption d’une résolution sur la liberté d’expression qui en soulignerait l’importance, tout en évitant que des actes d’incitation à la haine religieuse, raciale ou autre ne puissent être considérés comme des actes légitimes relevant de cette liberté.


M. Aboul Gheit a affirmé que son pays attachait une grande importance à la Conférence d’examen du TNP qui se tiendra en 2010, et a souhaité que le processus de désarmement puisse être remis sur les rails.  Cela dépendra de la manière dont on traitera les résolutions des conférences de 1995 et 2000, notamment celle sur le Moyen-Orient, a-t-il ajouté.  Le Ministre a jugé essentiel que la communauté internationale soutienne l’élan actuel en faveur du désarmement, notamment à la lumière des positions des principales puissances nucléaires, et au premier chef des États-Unis.  Il a aussi demandé que soient traitées les questions de stabilité et de sécurité régionales, et que soit mis fin à « l’inexplicable et injustifiée latitude dont jouissent les capacités nucléaires d’Israël » et la menace que celles-ci font peser sur la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.


Le Ministre a constaté que la situation au Moyen-Orient reste dominée par une « tension considérable » malgré tous les efforts pour stabiliser la situation.  Il a rappelé que, l’an dernier, il avait exprimé ses doutes face à la volonté d’Israël de parvenir à un règlement juste, et a estimé que les faits lui avaient donné raison.  Il a rappelé que l’Égypte souhaite une reprise rapide des négociations en vue d’un accord final, qu’elle demande de veiller au respect par Israël de ses engagements de geler la colonisation dans l’ensemble des territoires occupés, y compris Jérusalem-Est, que l’accord prévoit la création d’un État palestinien dont les frontières seraient pour l’essentiel celles de 1967, que Jérusalem-Est fait intégralement partie des territoires occupés et ne doit à aucun prix être exclue des négociations à venir.


M. NASSER JUDEH, Ministre des affaires étrangères de la Jordanie, a estimé que le multilatéralisme représentait le meilleur moyen de venir à bout des défis complexes lesquels exigent, selon lui, une action internationale concertée.  Il a également affirmé que le processus de réforme de l’ONU devrait pouvoir lui permettra de répondre le mieux possible aux défis qu’elle doit affronter.  Il a notamment évoqué le problème du terrorisme, de la pauvreté et des armes de destruction massive.


S’attardant ensuite sur la question de la colonisation, le Ministre a dénoncé la poursuite de l’occupation par Israël des territoires palestiniens, syriens et libanais.  Il a affirmé son attachement à l’Initiative de paix arabe et aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale.  Il est indispensable, a-t-il insisté, d’apporter une réponse de « bonne foi » aux efforts déployés par l’Administration du Président américain.  Le Ministre s’est félicité du discours que ce dernier a prononcé à l’ouverture du débat général, en particulier lorsqu’il a condamné les colonies de peuplement israéliennes.  La communauté internationale doit assumer ses responsabilités pour que des négociations commencent immédiatement, a-t-il ajouté.


Ce climat constructif est mis à mal par les agissements d’Israël, a-t-il poursuivi.  Il a notamment mentionné la destruction d’habitations et la présence israélienne à Jérusalem-Est, ainsi que la poursuite des colonies de peuplement.  Nous demandons à Israël de revenir sur le chemin de la paix et de créer un climat apte à mener à bien des négociations de paix « fructueuses » assorti d’un calendrier clair.  Le Ministre a ensuite qualifié d’« inacceptable » la poursuite du siège « inhumain » de la bande de Gaza et a demandé sa levée.


Le Moyen-Orient doit devenir une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive, a enchaîné M. Judeh.  Nous affirmons cependant note droit à faire un usage pacifique de l’énergie nucléaire, a-t-il signalé, avant de préciser que la Jordanie était en conformité avec les préceptes de l’AIEA.  Le Ministre jordanien a ensuite fait part de l’appui que la Jordanie accorde à l’Iraq, notamment en ce qui concerne le rétablissement de sa légitimité.


M. MIROSLAV LAJČAK, Ministre des affaires étrangères de la Slovaquie, a rappelé l’attachement de son pays au multilatéralisme.  Il s’est félicité de l’attention accordée à la question des changements climatiques et a souhaité la conclusion à Copenhague d’un accord ambitieux, global et équilibré qui puisse remplacer le Protocole de Kyoto.  Il a demandé l’adoption d’une stratégie mondiale pour la sécurité alimentaire et a jugé essentiel de ne pas perdre de vue les OMD pour le développement, avant d’ajouter que la Slovaquie a consacré beaucoup d’efforts à définir et à adopter sa propre stratégie d’assistance au développement.  M. Lajčak a rappelé que son pays est candidat à un siège au Conseil économique et social (ECOSOC) et dispose en ce sens du soutien du groupe des pays d’Europe de l’Est. 


Estimant que les Nations Unies ont obtenu d’importants résultats dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, le Ministre a estimé qu’il faudrait adapter le concept de maintien de la paix aux défis actuels et futurs.  Il a demandé en particulier des efforts pour un meilleur équipement et entraînement des Casques bleus et autres personnels de l’ONU engagés sur le terrain, tout en insistant sur le recours à la diplomatie préventive.  Il s’est félicité de ce que le premier Centre régional de l’ONU pour la diplomatie préventive, installé en Asie centrale et dirigé par un Slovaque, ait obtenu de bons résultats et justifié le bien-fondé de ce projet.


M. Lajčak a rappelé que la Slovaquie est activement engagée dans plusieurs opérations internationales de paix et de sécurité, sous commandement des Nations Unies ou dans le cadre d’opérations autorisées par le Conseil de sécurité, en Afghanistan, à Chypre, au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine et au Moyen-Orient.  « Notre pays fait le maximum, eu égard à sa taille, dans les domaines de la consolidation de la paix, de la stabilisation et de la reconstruction », a ajouté le Premier Ministre.  Il a rappelé que son pays est également fortement impliqué dans la réforme du secteur de sécurité, un thème qu’il a promu en 2006-2007 lorsqu’il a disposé d’un siège non permanent au Conseil de sécurité.  Concernant le Conseil de sécurité, M. Lajčak a précisé que son pays était favorable à une réforme permettant de le rendre plus efficace et représentatif, en augmentant le nombre de ses membres, tant permanents que non permanents.


Le Premier Ministre a rappelé que la prévention des conflits était étroitement liée au respect des droits de l’homme, à la protection des civils, à l’égalité des sexes, à la protection des enfants en période de conflit armé.  La Slovaquie, qui siège au sein du Conseil des droits de l’homme, travaille à la promotion et à la défense de ces droits fondamentaux.  La communauté internationale, a-t-il estimé, doit concentrer davantage d’attention à la protection des populations contre le génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité ou le nettoyage ethnique et à la prévention de ces crimes, y compris en les renvoyant devant la Cour pénale internationale (CPI).


M. Lajčak a rappelé que le vieux principe « si tu veux la paix, prépare la guerre » a produit une course sans précédent aux armements, source de peur et d’insécurité.  Se déclarant très inquiet de voir les armes de destruction massive tomber entre les mains de terroristes, il a affiché sa volonté de faire de la Conférence d’examen du TNP, qui se tiendra en 2010, un succès.  Il a également souhaité l’entrée en vigueur du TICE et le début rapide de négociations de fond pour un traité sur le commerce des armes.  Il s’est dit profondément préoccupé de la défiance permanente affichée par l’Iran face à ses obligations internationales.  Le Ministre a réitéré sa condamnation des essais nucléaires lancés par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et a demandé à ce pays de renoncer à sa position à l’égard du TNP et d’adhérer au TICE.  M. Lajčak a déclaré que son pays est guidé par les principes de plein respect du droit international, y compris de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États dans leurs frontières internationalement reconnues.  Ces principes s’appliquent dans la partie occidentale des Balkans dont, a-t-il affirmé, le seul avenir crédible réside dans l’intégration européenne.  Ces principes guident aussi la position de la Slovaquie dans le cas de la Géorgie, a ajouté le Premier Ministre, qui s’est dit déçu de l’incapacité du Conseil de sécurité à proroger le mandat de la Mission d’observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG), ce qui a encore compliqué une situation déjà instable.


M. TAÏB FASSI FIRHI, Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Maroc, a d’abord estimé que « par leur caractère global, leurs multiples dimensions et leurs différentes implications, les crises internationales ont toujours donné une impulsion supplémentaire à l’action collective ».  Pour lui, les Nations Unies constituent « le cadre idoine de coordination d’une action commune, d’initiatives communes et de solutions consensuelles et fédératrices ». 


Évoquant ensuite les OMD, M. Taïb Fassi Firhi a estimé que les progrès effectués étaient encore loin des aspirations suscitées par la définition de ces objectifs en 2000.  Il a souhaité que le quatrième dialogue sur le financement du développement, prévu à New York en novembre, donne un nouvel élan aux efforts déployés jusqu’à présent.  Il a espéré qu’il conduira à la mise en place d’une « Alliance internationale pour le développement en Afrique », avant d’attirer l’attention sur les progrès réalisés dans son pays grâce à « l’Initiative nationale pour le développement humain », lancé en 2005.


Revenant ensuite sur la prochaine Conférence de Copenhague sur les changements climatiques, M. Taïb Fassi Firhi a renouvelé la proposition de son pays visant à créer un « fonds multilatéral de transfert de technologie environnementale aux pays en développement ».  M. Taïb Fassi Firhi a rappelé l’adoption par son pays d’une charte nationale globale pour l’environnement.


Abordant ensuite les questions internationales, M. Taïb Fassi Firhi a commencé par rappeler la position de son pays sur le processus de paix au Moyen-Orient, en disant suivre avec attention les efforts « louables » de l’Administration américaine et les positions « encourageantes ».  Il a souligné qu’en tant que Président du Comité Al-Qods, le Roi Mohammed VI n’a cessé de prévenir des dangers inhérents au changement du statut juridique de la ville d’Al-Qods et d’inciter les puissances à préserver l’identité religieuse, spirituelle et civilisationnelle de la ville sainte, susceptible de créer les conditions propices à la relance du processus de paix. 


Après avoir évoqué la situation en Iraq, la coopération Sud-Sud, l’évolution des opérations de maintien de la paix, le désarmement nucléaire et la réforme du Conseil de sécurité, le Ministre des affaires étrangères a réitéré l’appui de son pays au processus de l’Union pour la Méditerranée.  Le Maroc a aussi accueilli en août dernier une Réunion ministérielle des pays africains riverains de l’Atlantique et poursuit sa contribution à l’édification d’une Union du Maghreb arabe.


Sur cette base, a dit M. Taïb Fassi Firhi, le Maroc a répondu « avec sérieux, responsabilité et de bonne foi » aux appels du Conseil de sécurité pour la recherche d’une solution politique définitive négociée au différend régional sur le Sahara occidental.  Le Maroc a soumis son initiative « courageuse » d’autonomie qualifiée de sérieuse et crédible par la communauté internationale, en tant que base réaliste pour parvenir à une solution définitive dans ce différend « artificiel », a affirmé le Ministre. 


Soulignant que le principe d’autodétermination « ne saurait être l’apanage de quiconque ni faire l’objet d’une interprétation sélective afin de satisfaire des desseins inavoués », le Ministre a exprimé la détermination de son pays à poursuivre son étroite coopération avec le Secrétaire général de l’ONU et son Envoyé spécial, en vue de parvenir à une solution définitive dans le respect total de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume.  


M. SALI BERISHA, Premier Ministre de l’Albanie, a affirmé que son pays était déterminé à prendre toutes les mesures requises pour adhérer à l’Union européenne, « comme le souhaitent 94% des Albanais ».  Ce chiffre représente pour mon gouvernement, a-t-il dit, un encouragement mais aussi une obligation majeure de poursuivre dans cette voie.  Il a souhaité que son pays obtienne cet automne le statut de pays candidat à l’Union et se voit accorder le plus rapidement possible un régime de libéralisation des visas.


M. Berisha a affirmé que 400 000 Albanais sont passés depuis trois ans au dessus du seuil de pauvreté et que la pauvreté extrême a été réduite de 70%.  L’économie albanaise a été frappée par la crise économique et financière de 2008/2009 et a connu une baisse de 10% de ses exportations, alors que le crédit se tarissait, a déclaré le Premier Ministre.  Pourtant, a-t-il poursuivi, le PIB du pays a augmenté de 5% au premier semestre 2009.  Il a attribué la bonne tenue de son pays au fait que l’économie albanaise est essentiellement fondée sur des principes libéraux, à une des plus basses fiscalités, aux réformes entreprises pour réduire la présence de l’État et à une politique favorable aux investissements et aux affaires menée durant quatre ans. 


L’Albanie est un des pays pilotes de l’Initiative « Unis dans l’action » et contribue à la réforme de l’ONU, avec qui elle entretient d’excellentes relations, a affirmé M. Berisha.  Cette Initiative, qui repose sur le principe d’appropriation nationale, permet d’améliorer la coordination avec le système des Nations Unies et de faire des économies, a-t-il affirmé.  M. Berisha a en outre présenté son pays comme une communauté plurireligieuse qui « représente l’harmonie religieuse par excellence » et contribue activement au Dialogue des civilisations.


Plus de 90% de l’électricité de l’Albanie est d’origine hydraulique, a déclaré M. Berisha, à propos d’un pays qui n’exclut pas le recours à d’autres formes d’énergie, y compris nucléaire.  Il a précisé que son pays s’est assuré quelque 5 milliards d’euros pour investir dans l’énergie hydraulique, éolienne et dans la biomasse.  Il a dit vouloir faire de son pays une « superpuissance en miniature » en matière énergétique.


M. Berisha a ensuite apporté un soutien appuyé à « l’État indépendant du Kosovo », reconnu par 62 États des Nations Unies depuis sa déclaration unilatérale d’indépendance il y a vingt mois et devenu depuis membre du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, ce qu’il a présenté comme un « facteur important de paix et de stabilité » dans le sud-est de l’Europe.  Il a estimé que les relations interethniques se sont améliorées au Kosovo depuis la déclaration d’indépendance et que les familles serbes, loin de continuer à quitter le Kosovo, y reviennent.  Il a remercié la mission Eulex de l’Union européenne et la KFOR pour leur travail.  Il a regretté que la « République du Kosovo » n’ait pas encore pris la place qu’elle mérite dans la famille des États souverains de cette Organisation.


M. COMMODORE JOSAIA VOREQE BAINIMARAMA, Premier Ministre de Fidji, a d’abord constaté que son pays faisait partie des pays les plus exposés aux crises globales contemporaines, comme la crise économique et financière, la pandémie de grippe A(H1N1) ou les changements climatiques.  Rappelant que de tels phénomènes touchaient d’abord et avant tout les petits pays vulnérables comme Fidji, M. Bainimarama a salué la présence de ces thèmes au cœur des discussions de la soixante-quatrième Assemblée générale.


Revenant ensuite sur la situation intérieure de son pays depuis la suspension de la Constitution en avril dernier, M. Bainimarama a expliqué qu’une feuille de route organisant le retour à la démocratie avait été présentée le 1er juillet dernier.  Ce document prévoit l’élaboration d’une nouvelle constitution à partir de septembre 2012, son entrée en vigueur en septembre 2013, puis la tenue d’élections législatives libres et transparentes en septembre 2014. 


Aux critiques des pays qui jugent ce calendrier trop long, M. Bainimarama a rappelé que son pays était marqué par l’instabilité politique depuis la fin de la colonisation et qu’il sortait de 20 années de corruption, de mauvaise gestion et de népotisme.  « Aujourd’hui, notre système judiciaire et nos infrastructures sont sous-développés et improductifs », a-t-il expliqué, ajoutant que Fidji avait besoin de réformes pour poser les bases d’une démocratie viable.


M. Bainimarama a donc demandé de la patience et de la compréhension aux pays voisins de Fidji « qui ont fait preuve d’un manque de compréhension surprenant à l’égard de la situation particulière dans laquelle notre pays se trouve depuis l’indépendance ».  Il a notamment dénoncé les pressions diplomatiques et financières de certains États pour empêcher Fidji de participer à de nouvelles missions de maintien de la paix, bien que son pays soit un partenaire régulier de ces missions depuis 1978.


Remerciant ensuite les États qui ont continué le dialogue et la coopération avec Fidji, M. Bainimarama a appelé la communauté internationale à soutenir le Gouvernement actuel et à l’aider à mettre en œuvre des réformes.  Abordant ensuite la question des changements climatiques, M. Bainimarama a salué les membres de l’Assemblée générale qui ont accepté une résolution des petits États insulaires liant les menaces du réchauffement de la planète aux questions relatives à la sécurité. 


Pour Fidji, comme pour nombre de ses voisins, l’élévation du niveau de la mer représente une menace sur l’existence même.  « Aucune mesure d’assistance financière ne peut ni faire émerger ce qui a été submergé, ni arrêter les pluies et les inondations, et encore moins annuler les effets des catastrophes naturelles ou remplacer ce qui a été détruit », a insisté M. Bainimarama. 


Pour cette raison, Fidji appelle tous les États, en particulier les plus pollueurs, à assumer leurs responsabilités et à s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 45% d’ici à 2020 et de 85% d’ici à 2050, ainsi qu’à limiter l’augmentation moyenne de la température à la surface de la planète de 1,5° maximum.  Pour conclure, M. Bainimarama a souhaité que la bonne volonté politique et la recherche du compromis soient présentes à la Conférence de Copenhague.


M. CARLOS GOMES, Premier Ministre de la Guinée-Bissau, a indiqué que son pays avait restauré la normalité constitutionnelle six mois après la crise qui a été provoquée par l’assassinat du Président de la République.  Il a précisé que le nouveau Président, M. Malan Bacai Sanha, venait d’être installé aux termes d’élections libres, justes et transparentes, comme en ont témoigné les observateurs internationaux.  Il a précisé que le parti au pouvoir, le PAIGC, a créé les conditions de mise en œuvre des réformes pressantes dont le pays a besoin en particulier la réforme de l’administration publique, en mettant un accent particulier sur le secteur de la défense et de la sécurité, ainsi que sur les finances publiques, la décentralisation et la modernisation des appareils de l’État.  Il a remercié l’Union européenne et les pays membres de la CPLC pour le soutien apporté durant la crise qu’a connue son pays.  Il a mentionné le travail de la Commission d’enquête chargée de faire la lumière sur l’assassinat du Président et d’en traduire les auteurs en justice. 


Le Premier Ministre a indiqué que son pays venait de conclure l’évaluation de sa Stratégie nationale de réduction de la pauvreté, ce qui a permis de prendre conscience de la nécessité de renforcer son action sur tous les axes.  Cet examen, a-t-il ajouté, nous a permis de nous rendre compte de la priorité à accorder au développement du secteur de l’énergie.  Notre inquiétude concernant la stabilité de notre sous-région et du monde en général ainsi que l’intérêt à accorder aux objectifs de développement, a-t-il encore dit, nous amène à saluer avec satisfaction et à encourager la politique du Président Obama envers l’Afrique, telle que présentée lors de ses récentes visites sur le continent.  Il a également salué les initiatives de l’Administration américaine en faveur de la paix au Moyen-Orient et la nouvelle politique à l’égard de Cuba. 


Le Premier Ministre a rappelé que son pays sollicite depuis de nombreuses années un programme de développement postconflit, en rappelant que tous les secteurs de la vie économique et sociale de la Guinée-Bissau ont été touchés par le conflit politico-militaire. Il a salué le soutien de la Banque africaine de développement (BAD) et s’est félicité de la récente décision du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale de négocier et de conclure un programme pos-conflit avec la Guinée-Bissau qui devrait bientôt rejoindre la Facilité de croissance et de réduction de la pauvreté.  Il a particulièrement remercié les chefs d’État de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), l’Angola, le Nigéria et la Lybie, ainsi que le CPLP et l’Union européenne pour le soutien apporté au budget, ce qui a grandement contribué à améliorer le climat dans le pays.  Il a dit que son pays était près à envisager la présence de troupes étrangères sur son territoire pour la surveillance des frontières aériennes, terrestres et maritimes afin d’éradiquer la criminalité organisée et toutes les formes de trafic de stupéfiants, d’armes et d’êtres humains.


M. RATNASIRI WICKRAMANAYAKE, Premier Ministre du Sri Lanka, a déclaré que les événements survenus dans son pays depuis l’intervention l’an passé devant la soixante-troisième Assemblée générale du Président Mahinda Rajapaksa, lui permettaient cette année de faire preuve d’espoir et d’optimisme.  Il a rappelé qu’en mai, son pays avait « défait le fléau du terrorisme » du LTTE, le Mouvement de libération des Tigres de l’Eelam tamoul, et ce, à un coût, 2,8 milliards de dollars, qu’il a jugé bien inférieur à celui des autres « opérations antiterroristes » dans le monde. 


Nous sommes aujourd’hui entrés dans une nouvelle phase, a poursuivi M. Wickramanayake, qui a toutefois reconnu qu’il fallait guérir les blessures du passé.  Affirmant que la défaite du LTTE avait « libéré environ 290 000 personnes » du joug de cette organisation, il a reconnu la nécessité de satisfaire aux besoins humanitaires de ces civils déplacés, et de veiller à ce qu’ils rentrent chez eux durablement, volontairement et dans la dignité.  Le retour des déplacés ne doit pas se faire sous la contrainte, a-t-il prévenu, au risque de compromettre sa viabilité.  La stabilité revenue à un prix élevé pour la population ne peut être compromise, « surtout quand un nombre important de cadres autoproclamés du LTTE continuent de se mêler aux déplacés ».


M. Wickramanayake a affirmé la volonté de son pays d’œuvrer pour la réconciliation nationale et a rappelé que, dès le mois d’août, des élections locales ont pu se tenir dans le nord du pays autrefois sous le contrôle du LTTE, « sans aucune violence ni intimidation ».  Dans toutes les régions autrefois sous le contrôle des Tigres, la démocratie sera restaurée et les élections encourageront l’émergence de dirigeants régionaux, a ajouté le Premier Ministre.


Les organisations internationales et les donateurs expriment leur confiance en la reconstruction et le développement du Sri Lanka, a affirmé M. Wickramanayake, qui a ajouté que l’est du pays, pour la première fois depuis plusieurs décennies, pouvait désormais contribuer à l’économie nationale.  De même, un programme a été lancé cet été dans le nord pour y relancer l’économie.  La fin du conflit nous donne enfin l’occasion de trouver une solution politique à long terme aux griefs et aspirations de toutes nos communautés, a déclaré le Premier Ministre, qui a décrit un ample processus de consultation politique. 


M. Wickramanayake a estimé que les défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés ne pourront être traités que dans le cadre d’une démarche globale et concertée.  Il faut donc renforcer le multilatéralisme, a-t-il ajouté.  Toutefois, le multilatéralisme ne consiste pas seulement à répondre aux exigences d’un petit nombre d’États puissants, mais aussi à défendre les intérêts de la majorité des faibles.  Il doit respecter le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, un « impératif en tout temps », a insisté M. Wickramanayake.


Le Premier Ministre a déclaré que la nature internationale du terrorisme exige des mesures de coopération internationale bien coordonnée.  Ainsi, les membres du LTTE tenaient leurs ressources de réseaux bien implantés dans des pays industrialisés via des sociétés écrans menant diverses activités illicites.  Certaines de ces structures écran existent encore, a averti le Premier Ministre, qui a demandé aux États d’y prendre garde, en affirmant notamment que ces organisations utilisent comme écran des activités prétendument humanitaires.  Le Premier Ministre a par ailleurs souhaité l’adoption d’un cadre de lutte contre le terrorisme maritime, et la mise au point rapide du projet de convention-cadre générale sur le terrorisme.


En tant qu’État insulaire en développement, le Sri Lanka est hautement vulnérable face aux changements climatiques provoqués par les modes de production et de consommation non viables des pays développés, a déclaré M. Wickramanayake.  Il a estimé que la « dette en carbone » contractée par les pays développés doit servir à financer l’assistance financière et technologique nécessaire aux efforts d’adaptation.  Notre peuple aspire naturellement à progresser et à vivre mieux, a-t-il ajouté, en espérant que la Conférence de Copenhague permettra d’obtenir un accord fondé sur le principe de responsabilité commune mais différenciée.  


M. HOR NAMHONG, Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Cambodge, a d’abord rappelé que tous les pays étaient concernés par les défis auxquels le monde est aujourd’hui confronté, qu’il s’agisse de la crise financière, des changements climatiques, de l’insécurité alimentaire ou énergétique ou des menaces terroristes et de la prolifération des armes de destruction massive.


Pour M. Hor Namhong, la crise financière a « clairement miné » la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Alors que les pays développés ont les moyens de limiter l’impact de cette crise, les pays en développement sont les plus touchés, avec une chute de leur revenu national, un effondrement de leur croissance, une réduction drastique de leurs exportations, une baisse des investissements étrangers et une augmentation du chômage.


Pour aider ces pays à faire face aux conséquences de la crise, le Premier Ministre cambodgien a estimé que tout devait être fait pour que les négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dans le cadre du Cycle de Doha, aboutissent.  M. Hor Namhong a donc salué la décision du G-20 de Pittsburgh de s’engager à faire aboutir ces négociations avant la fin de 2010.


À propos des changements climatiques, M. Hor Namhong a souligné que l’Asie du Sud-Est était la région du monde la plus menacée, en raison de ses particularités géographiques.  Il a notamment insisté sur les conséquences du réchauffement de la planète sur l’agriculture, prenant en exemple la production du riz fortement tributaire du climat et de ses évolutions.  Pour lui, c’est la sécurité alimentaire de toute la région qui est mise en péril.  M. Hor Namhong a donné deux chiffres pour illustrer son propos. 


Le coût total des pertes liées aux changements climatiques dans l’agriculture pourrait atteindre 6,7% du PIB pour les pays d’Asie contre 2,6% pour le monde entier.  Avec 80% de la population qui dépend du secteur agricole, le Cambodge est particulièrement vulnérable, a-t-il déploré.  C’est pour cette raison cependant que le pays a redoublé d’efforts pour mettre en œuvre le Protocole de Kyoto, en élaborant des projets de mécanisme de développement propre ou en créant un programme national d’action sur les changements climatiques.  Une campagne de reforestation de 49 000 hectares est également en cours, a expliqué M. Hor Namhong.


Le Premier Ministre cambodgien a toutefois estimé que les pays industrialisés, qui rejettent 80% des gaz à effet de serre, devaient assumer une plus grande responsabilité et prendre des mesures drastiques pour réduire en urgence leurs émissions.  Concluant sur ce thème en évoquant la Conférence de Copenhague, M. Hor Namhong a souhaité qu’un « traité historique pour les futures générations » y soit signé.


Le Premier Ministre a soulevé le paradoxe dans l’utilisation des terres cultivables, à savoir entre leur exploitation à des fins alimentaires ou à des fins énergétiques.  M. Hor Namhong a mis en garde contre les risques d’une solution à court terme qui privilégierait la lutte contre le réchauffement climatique et mettrait en danger la sécurité alimentaire des pays en développement.


M. KENNETH BAUGH, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Jamaïque, a estimé que les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et très endettés constituaient une autre catégorie d’États méritant une attention particulière.  En théorie, en vertu de leur PIB par habitant, ces pays n’ont pas accès à une assistance internationale, a-t-il noté, en estimant que cette approche du PIB par habitant ne témoignait pas de la vulnérabilité de ce type de pays par rapport aux chocs externes. 


Il a dit que les pays de la CARICOM faisaient face à la fois aux conséquences des changements climatiques et à la diminution, en raison de la crise financière internationale, d’envois de fonds depuis l’étranger.  Il a indiqué que cette situation alourdissait le fardeau de la dette jamaïcaine qui représente 125% de son PIB.  Il a dit qu’une révision des critères permettrait de résoudre le problème de l’accessibilité aux ressources internationales à long terme de ces pays. 


Il s’est dit encouragé par la franchise de la plupart des pays du G-20 quant à leurs préoccupations relatives à la situation des pays en développement face à la crise. Il a souhaité que cet esprit se traduise par des objectifs chiffrés et ciblés.  Rappelant que la Jamaïque dépend fortement du commerce, il a estimé urgent d’achever le Cycle de Doha.  Quel que soit le résultat de ces négociations, a-t-il insisté, elles devront profiter à nos agriculteurs et à nos consommateurs en transformant le commerce international en un moteur de croissance. 


Il a déclaré que le Sommet des petits États insulaires en développement (PEID) et le dernier sommet sur les changements climatiques ont mis l’accent sur l’urgence de réagir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.  En tant que petit État insulaire en développement particulièrement vulnérable, a-t-il souligné, la Jamaïque souhaite que la prochaine Conférence de Copenhague se traduise en résultats concrets et s’accorde sur le principe d’une responsabilité commune mais différenciée.  Il a mis l’accent sur la responsabilité première des pays industrialisés.  Le Ministre a insisté sur les efforts de son pays pour soutenir le développement économique et social à long terme et la stabilité d’Haïti ainsi que la lutte contre la criminalité transnationale organisée.  S’agissant de la réforme des Nations Unies, il a fustigé un Conseil de sécurité qui, selon lui, demeure un club exclusif et non représentatif de l’Organisation. 


Il a précisé que la Jamaïque dépendait fortement du commerce.  Il a donc souligné l’urgence qu’il y a à conclure les négociations du Cycle de Doha.  Quels qu’en soient leurs résultats, ils doivent d’abord et avant tout bénéficier aux fermiers, aux producteurs, aux exportateurs et aux consommateurs.  Nous devons transformer le commerce international en un moteur de croissance.


M. MICHAEL SPINDELEGGER, Ministre des affaires étrangères et européennes de l’Autriche, a estimé qu’entre le leadership du Secrétaire général sur la question des changements climatiques, la nouvelle politique du Président américain et le Sommet du Conseil de sécurité sur le désarmement nucléaire, nous avons assisté à une semaine « réellement remarquable » qui a mis en évidence l’existence d’une chance unique pour une réelle renaissance du multilatéralisme.  Il existe « une possibilité réelle de faire de nouveau des Nations Unies ce qui était envisagé dans la Charte: non pas un simple forum de discussion, mais un lieu pour l’action et le point focal de tous les efforts de la communauté internationale pour trouver des solutions communes aux défis communs », a estimé M. Spindelegger, avant d’ajouter: « il appartient à chaque Membre de cette Organisation de faire en sorte que cette occasion historique soit saisie ».


Nous devons bâtir un monde qui repose sur des règles équitables et prévisibles, a déclaré le Ministre, pour qui le respect de l’état de droit et des principes de la Charte est essentiel pour la prévention des conflits, la stabilité et le développement à long terme.  M. Spindelegger a ensuite rappelé que l’Autriche, actuellement membre du Conseil de sécurité, travaille activement à la protection des enfants dans les conflits armés et votera la semaine prochaine en faveur du projet de résolution qui viendra renforcer la résolution 1820.  Il y a vu une réponse décisive de la communauté internationale face aux violences sexuelles en période de conflit.  En même temps,  de nombreux défis demeurent, a ajouté M. Spindelegger, qui a annoncé que son pays consacrera sa présidence tournante du Conseil de sécurité, en novembre, au moyen de renforcer concrètement la protection des civils dans les conflits.  Il a annoncé sa participation à un débat du Conseil sur ce sujet le 13 novembre et a rappelé que le rôle de certaines opérations de maintien de la paix dans la protection des civils et des déplacés avait constitué un important facteur dans la décision de son pays d’envoyer des Casques bleus en République centrafricaine et au Tchad.


M. Spindelegger a en outre salué les efforts de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime dans la reconstruction des institutions et ceux de la Commission de consolidation de la paix (CCP).  L’Autriche, a-t-il rappelé, a rejoint récemment les réunions spécifiques de la CCP sur la Sierra Leone.  Le Ministre a également rappelé le rôle, pour une paix durable, des mécanismes de réconciliation et de justice au plan national, ainsi que le rôle complémentaire de la Cour pénale internationale.


Tous les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix et de la sécurité ou pour éradiquer la pauvreté et promouvoir le développement resteront vains si nous ne sommes pas capables de préserver notre planète, a affirmé M. Spindelegger.  Il a souhaité que la Conférence de Copenhague adopte des mesures concrètes pour limiter ce fléau, grâce à la confiance mutuelle et à la coopération internationale.  Les mesures en faveur du climat et pour économiser l’énergie peuvent en outre représenter une part importance de notre réponse face à la crise économique et financière, a estimé le Ministre, pour qui investir dans les « technologies vertes » peut s’avérer bon à la fois pour le climat et pour l’économie.


En matière de désarmement, M. Spindelegger a déclaré que des progrès sont nécessaires sur plusieurs fronts.  Il s’est dit heureux que l’Autriche, Coprésidente de la Conférence sur le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, ait pu rapprocher l’heure de son entrée en application.  Présidente de la Conférence de Genève sur le désarmement, l’Autriche travaille à faire progresser les travaux sur un projet de traité sur l’arrêt de la production de matières fissiles.  Le TNP doit être renforcé lors de la Conférence d’examen de 2010, a-t-il, par ailleurs, plaidé.  Enfin, le Ministre a appelé tous les États à faire de la Conférence sur l’interdiction des mines antipersonnel un succès.  Il s’est félicité du soutien croissant à la Convention sur les armes à sous-munitions de 2008, que son pays a ratifiée en avril, et a estimé qu’un traité sur le commerce des armes représenterait un pas important dans la lutte contre la prolifération illégale des armes légères. 


M. Spindelegger a estimé que l’Iran devait se conformer pleinement aux décisions du Conseil de sécurité.  Il a jugé « décourageantes » les récentes annonces du Gouvernement iranien concernant une nouvelle usine d’enrichissement de l’uranium.  Appelant l’Iran à accepter la main que lui tend la communauté internationale, il a ajouté que les débats de cette semaine ont « clairement montré que le monde n’acceptera pas un Iran doté de l’arme nucléaire ».  Il a aussi fermement rejeté les « remarques inacceptables » du Président Ahmadinejad et son « usage abusif » de l’Assemblée générale comme plate-forme pour l’intolérance, l’antisémitisme et la haine raciale.


M. Spindelegger a enfin vu un signe d’espoir dans le Sommet tripartite Obama-Netanyahu-Abbas et a appelé toutes les parties à supprimer tout obstacle à une reprise rapide des négociations.  Le droit d’Israël de vivre en paix et en sécurité, et la réalisation des droits du peuple palestinien à disposer de son propre État ne sont pas incompatibles, a affirmé le Ministre, qui a rappelé que l’Autriche continuera de contribuer à créer les fondations économiques et institutionnelles du futur État palestinien.  De même, dans le cadre de l’Union européenne, l’Autriche contribuera à promouvoir un processus de paix dynamique, a ajouté M. Spindelegger.


CHEIKH ABDULLAH BIN ZAYED AL NAHYAN, Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis, a tout d’abord indiqué que son pays souhaitait développer un programme d’usage pacifique de l’énergie nucléaire dans le but de subvenir à ses besoins croissants en énergie, et ce en coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).


Les Émirats arabes unis, a poursuivi le Ministre, notent avec déception la poursuite de l’occupation, depuis 1971, par la République islamique d’Iran de trois îles des Émirats à savoir Abou Moussa, Tomb al Soughra et Tomb al Koubra.  Les Émirats demandent le retour de ces îles sous sa souveraineté, y compris leurs eaux régionales, leur espace aérien, leur plateau continental et leur zone économique exclusive en tant que partie intégrante des Émirats, a-t-il affirmé.  Le Ministre a également déclaré que toutes les mesures militaires et administratives prises par le Gouvernement iranien dans ces îles étaient nulles et non avenues.  Nous espérons que le Gouvernement iranien saura répondre de manière positive et juste à cette question, a-t-il ajouté.


Passant ensuite à l’Iraq, le Ministre s’est félicité dans un premier temps du retrait progressif des troupes étrangères mais s’est toutefois dit préoccupé par la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire.  Il a lancé un appel pour le respect de l’intégrité territoriale de l’Iraq, ainsi que de sa souveraineté et de son indépendance.


M. Al Nahyan s’est par ailleurs déclaré déçu par la détérioration du processus de paix au Moyen-Orient.  Les Émirats notent cependant avec satisfaction la position « positive » dont a fait preuve, ici même, le Président Barack Obama, a-t-il ajouté, avant de réclamer des efforts plus concertés pour assurer la reprise des négociations avec l’Autorité palestinienne.


Le Ministre a affirmé que les Émirats attachaient une grande importance à l’Afrique et renforçaient leur coopération et partenariats avec les pays de ce continent, notamment dans le domaine de la lutte contre la pauvreté.  Mon pays, a ajouté le Ministre, attache aussi une grande importance aux conditions de travail des migrants et à la protection de leurs droits.  Il a précisé qu’une série de mesures et politiques allant dans ce sens avait récemment été adoptées et que les Émirats avaient intensifié leur coopération avec les pays d’origine d’Asie.


M. YVES LETERME, Ministre des affaires étrangères de la Belgique, citant Jean Monnet, l’un des fondateurs de l’Union européenne, a déclaré que « rien ne se crée sans les hommes et rien ne dure sans les institutions ».  La sécurité, les changements climatiques, et certains effets de la mondialisation requièrent une approche mondiale qui réserve un rôle central à l’Organisation des Nations Unies.  Mais ce rôle, a-t-il dit, il faut que l’ONU le mérite.  Comme le disait ici le Président Barack Obama, on ne peut à la fois se plaindre de l’action unilatérale des États-Unis et en même temps attendre qu’à eux seuls, ils résolvent les problèmes du monde, a-t-il fait remarquer.  « C’est dans cet esprit que j’entends plaider pour un nouvel engagement multilatéral », a déclaré le Ministre belge des affaires étrangères, soulignant que « la réforme de nos institutions internationales est capitale pour renforcer leur légitimité, leur représentativité et leur capacité d’action ».  C’est par attachement à la Charte des Nations Unies que la Belgique, l’un des pays fondateurs, plaide avec insistance pour plus de rigueur et plus de transparence dans le fonctionnement et le budget de l’ONU, afin d’utiliser au mieux les moyens limités.  Une meilleure concertation doit permettre un meilleur usage des ressources, a-t-il insisté, tout en ajoutant que le multilatéralisme ne doit pas exclure, mais plutôt inclure tous les États Membres et être transparent.  La crise économique et financière touche plus durement les pays en développement.  Plus que jamais, il est important que les pays réalisent leur objectif d’aide publique au développement de 0,7% du PNB, a-t-il souligné, en assurant que pour sa part, la Belgique a prévu d’atteindre cet objectif en 2010.


« Pour bien fonctionner, nos institutions multilatérales ont besoin de dirigeants et de représentants des États ayant des positions de base communes, articulées autour de ce noyau dur qu’est la dignité unique de chaque être humain », a estimé le Ministre.  La Belgique, a-t-il poursuivi, soutient sans réserve le principe de la « responsabilité de protéger » et remercie le Secrétaire général pour l’excellent rapport consacré à cette question.  « Mon pays, a-t-il assuré, poursuivra son action contre la violence sexuelle et contre toute forme de violence qui vise les enfants ».  Passant à la question du contrôle des armements qui, selon lui, doit figurer en bonne place dans l’agenda international, le Ministre belge des affaires étrangères s’est félicité de la réunion au sommet du Conseil de sécurité sur la non-prolifération et le désarmement nucléaires, du 24 septembre.  Cette réunion, a-t-il précisé, a été un des éléments forts de cette semaine et la résolution que le Conseil a adoptée à cette occasion constitue un jalon pour un monde sans armes de destruction massive.  Les récentes informations concernant l’Iran semblent malheureusement aller en sens inverse, a-t-il regretté, tout en lançant un appel pressant à l’Iran et la Corée du Nord pour qu’ils coopèrent avec la communauté internationale et respectent les résolutions du Conseil de sécurité à leur sujet, faute de quoi, ils seront mis au ban de la scène internationale.  En même temps, la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive ne peut pas nous faire perdre de vue les mines antipersonnel, a rappelé le Ministre, qui a souhaité que la Convention interdisant ces armes sera renforcée lors de la Conférence d’examen qui se tiendra à la fin de l’année à Carthagène, en Colombie.


M. S. M. KRISHNA, Ministre des affaires extérieures de l’Inde, a rappelé que l’ONU fêtera en 2009 son soixante-cinquième anniversaire, après avoir vécu des changements fondamentaux ces dernières décennies.  Il a regretté qu’après toutes ces décennies, les structures de gouvernance internationale n’aient pas évolué et ne soient devenues ni inclusives ni participatives.  Il s’est demandé si ces institutions et structures étaient toujours en mesure de faire face à l’intensité et à la spécificité des problèmes mondiaux contemporains.  Il a estimé que la réforme de l’architecture de la gouvernance internationale était une nécessité de notre temps et qu’elle était indispensable pour que soient entendues les voix du monde en développement.  Il a souhaité l’aboutissement des négociations commerciales de Doha en estimant que le commerce international jouait un rôle central dans la revitalisation de la croissance économique mondiale.  S’agissant de la réforme de l’ONU, il a regretté que peu de progrès aient été observés depuis le Sommet mondial de 2005, alors que de nouveaux problèmes et crises mondiaux sont apparus.


En ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques, il a souhaité que l’on ne se concentre pas seulement sur l’atténuation, mais que l’on aborde aussi la question de l’adaptation, qui est une question critique pour les pays en développement.  Il a précisé que l’Inde accueillera les 22 et 23 octobre 2009, en coopération avec les Nations Unies, une Conférence mondiale de haut niveau sur le thème « Changements climatiques: développement et transfert des technologies » dont l’objectif est d’aider à la formulation d’une feuille de route sur la technologie dans le contexte de l’atténuation et de l’adaptation aux changements climatiques.  Il a exhorté la communauté internationale à soutenir les pays en développement par l’apport de ressources financières et technologiques et d’efforts visant le renforcement des capacités, afin qu’ils puissent faire face aux immenses défis liés à l’adaptation.  Il a ajouté que la lutte contre la pauvreté et pour la sécurité des moyens d’existence était une priorité du Gouvernement indien.  À cet égard, il a jugé que la croissance économique et la sécurité énergétique étaient des moteurs vitaux.  Soulignant les efforts de son pays, il a indiqué que l’Inde avait mis en place une politique et un cadre juridique, ainsi qu’un plan d’action national sur les changements climatiques avec huit missions nationales distinctes, dont une campagne de reboisement sans précédent. 


Par ailleurs, il a indiqué que l’Inde qui avait des états de service irréprochables en matière de non-prolifération, accordait la plus grande priorité à l’objectif de désarmement nucléaire.  Il a indiqué que son pays avait fait de nombreuses propositions à l’ONU en ce qui concerne le désarmement nucléaire, dont un document de travail, qui en 2006 proposait de nouveaux éléments susceptibles de nous aider à parvenir à un nouveau consensus en matière de désarmement et de non-prolifération.  Il a rappelé que l’année dernière, lors de la soixante-troisième Assemblée générale de l’ONU, l’Inde, en accord avec les engagements de longue date relatifs au Plan d’action Rajiv Gandhi de 1988, a réitéré sa proposition relative à une convention d’interdiction de la production, de la mise au point, du stockage, et du développement d’armes nucléaires, et visant à permettre leur élimination totale dans un délai limité.  C’est dans ce contexte, a-t-il encore ajouté, que l’Inde a appuyé en mai dernier lors de la Conférence du désarmement, l’adoption d’un programme de travail comprenant un traité sur l’arrêt de la production de matières fissiles, à condition qu’un tel traité corresponde aux intérêts de sécurité nationale de l’Inde. 


La paix, la sécurité et la stabilité de notre région sont des éléments vitaux pour l’Inde, a-t-il encore ajouté, avant de se féliciter des évolutions positives au Sri Lanka et au Népal ainsi que des efforts de la communauté internationale pour promouvoir la stabilité en Afghanistan.  Il a insisté sur le fait que l’Inde était prête à régler tous les problèmes existants avec le Pakistan moyennant un dialogue pacifique.  En outre, il a déclaré que les attentats terroristes de Mumbai le 26 novembre 2008, ont rappelé au monde le danger et la menace persistants du terrorisme.  Il a appelé à l’adoption d’une convention internationale de lutte contre le terrorisme, en regrettant que les discussions sur cette question durent depuis trop longtemps. 


Mme RUMIANA JELEVA, Ministre des affaires étrangères de la Bulgarie, a mis la crise économique et financière et les changements climatiques au rang des priorités, se félicitant à ce propos de l’initiative du Secrétaire général qui a convoqué le Sommet du 22 septembre.  Elle a partagé l’avis du Président français, qui soulignait le manque de temps pour lutter contre ces changements, et a appelé à faire le maximum pour arriver à conclure un accord à Copenhague.


En ce qui concerne la sécurité, la Ministre s’est dite convaincue de l’importance du multilatéralisme et a insisté sur le partenariat à cet égard entre les Nations Unies et les organisations régionales.  Elle a ainsi soutenu les progrès accomplis dans la coopération ONU-Union européenne (UE) dans les cas de la gestion des crises, tout en appelant à la renforcer afin qu’elle traite de tous les aspects d’une crise, de la prévention des conflits à la reconstruction.


Pour la Bulgarie, la priorité en termes de relations internationales est la coopération en Europe du Sud-Est et dans les Balkans, a poursuivi la Ministre.  Elle a souligné la coopération de son pays avec l’OTAN et l’Union européenne ainsi qu’avec ses plus proches voisins.  La Bulgarie cherche notamment à éliminer les discours de haine qui ont parfois cours dans l’ouest des Balkans, a indiqué la Ministre.  Elle a aussi souligné l’importance de voir un Kosovo stable, pacifique, démocratique et multiethnique, vivant en paix avec ses voisins, pour l’architecture de la région et de toute l’Europe.


La Bulgarie est attachée au développement pacifique et prospère de la région de la mer Noire, a aussi indiqué la Ministre, expliquant que son potentiel n’est pas complètement utilisé, comme c’est le cas du Caucase.  Elle a parlé du Programme de synergie de la mer Noire, qui permet une coopération entre les pays de cette région et l’Union européenne.  Abordant la question du désarmement, Mme Jeleva a réaffirmé son engagement à cette question et souhaité que la Conférence d’examen du Traité de non-prolifération en 2010 porte des fruits.  Elle a exprimé son inquiétude face au dossier nucléaire de l’Iran et à la détérioration des droits de l’homme dans ce pays.


S’agissant de la réforme de l’ONU, la Ministre a espéré la voir se concrétiser, en particulier en ce qui concerne le Conseil de sécurité, étant d’avis que la composition de cet organe devrait être élargie dans les deux catégories de membres.  Le Groupe des États d’Europe orientale devrait se voir attribuer au moins un siège non permanent supplémentaire, a-t-elle ajouté.  En matière de maintien de la paix, elle a parlé de la nécessité de poursuivre les efforts en cours au Moyen-Orient et en Afghanistan.


La Ministre bulgare s’est encore montrée fervente partisane du respect du droit international et des droits de l’homme, soutenant en particulier les juridictions pénales internationales comme la Cour pénale internationale.  Elle a aussi soutenu l’Alliance des civilisations dont l’ONU est à l’origine, estimant qu’elle contribue largement à la paix et à la stabilité dans le monde.  Enfin, elle a appelé à une plus grande coopération entre les pays développés et en développement pour faire face à la crise économique et financière.  Elle s’est aussi dite inquiète de l’augmentation du budget prévisionnel de l’ONU pour 2010/2011, appelant à une réduction des dépenses non justifiées.


M. ÖSSUR SKARPHEOINSSON, Ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur de l’Islande, a rappelé qu’il y a un an, son pays a subi la tempête financière qui a déstabilisé le système financier mondial.  Cette tempête a placé l’Islande dans la crise la plus sévère qu’elle ait jamais connue.  L’Islande est le premier pays qui est tombé victime de financiers internationaux qui ont abusé des lois et créé un système irresponsable de bonus exponentiels.  Ces responsables ont laissé des citoyens affolés.


L’Islande « a réussi à faire face » car « sa famille nordique l’a aidée », a confié le Ministre.  Il a tenu à citer les pays baltes et la Pologne.  Il a également évoqué le FMI qui, a-t-il dit, « nous a offert un programme de stabilisation » même si ce programme n’a pas pu être pleinement mis en œuvre.  Il a également ajouté que la candidature islandaise à l’Union européenne avait été chaleureusement accueillie par ses voisins européens.  Il s’est réjoui que la tempête financière commence à se calmer grâce aux Islandais et au soutien de la communauté internationale.


Dans un monde mondialisé, il est nécessaire de travailler de concert pour éliminer les paradis fiscaux et créer un cadre régulateur mondial rationnel.  « Le monde doit lutter contre la récession dans le cadre des Nations Unies », a-t-il déclaré.  Il a ensuite abordé la question de sa participation au sommet sur les changements climatiques, en se déclarant ému par la déclaration du Président du Kiribati qui a dit que son pays allait peut-être être rayé de la carte à cause des changements climatiques.


« Ce dernier a demandé justice », a déclaré M. Skarpheoinsson, en jugeant que pour ce faire, « il nous faut concerter nos efforts sur un accord juridiquement contraignant à Copenhague ».  Pour convaincre les sceptiques, le Ministre islandais a estimé qu’il faut montrer les succès.  Il a rappelé les paroles du Président brésilien qui a présenté les succès du Brésil en matière d’utilisation d’énergies renouvelables.


Le Ministre a souligné que son pays vit les mêmes succès comme en témoigne le fait que 80% des besoins énergétiques sont remplis par l’utilisation des ressources naturelles et de l’énergie géothermique.  Certains pays d’Asie ont le même potentiel, a dit le Ministre, en prônant la création d’un fonds thermique mondial pour les pays en développement.  Il s’est dit prêt à offrir l’expertise islandaise.       .


M. Skarpheoisson a souligné les graves conséquences des changements climatiques dans l’Arctique dont une grande partie va se retrouver sans glace à la fin de l’été.  Cela favorisera certes le passage entre l’Atlantique et le Pacifique ainsi que l’accès à des ressources vitales mais, compte tenu de la fragilité de l’environnement, il serait délicat d’utiliser ces ressources.  Ce défi doit être abordé à l’échelle du Conseil de l’Arctique, a dit le Ministre.


« Il semblerait que les dirigeants politiques commencent à parler la même langue, le langage de la raison », a relevé M. SERGEI MARTYNOV, Ministre des affaires étrangères du Bélarus, en soulignant l’importance des partenariats et des réseaux.  Il a noté que le monde réfléchissait maintenant dans un état d’esprit commun sur les questions de sécurité, de partenariat et de développement.  Comme exemple de partenariat, il a parlé de l’intention des 20 plus grandes économies du monde de mettre en commun leurs ressources afin de permettre au monde de sortir de la crise.  Il a aussi cité les récents sommets régionaux, sous-régionaux et ceux des groupes politiques de pays.


Le Ministre a cependant observé que certains accords ne sont pas respectés, comme celui de renoncer aux mesures protectionnistes dans le commerce international.  Il a estimé que le format du G-20 est trop étroit pour être un partenariat représentatif.  Il a dit sa préférence pour les regroupements régionaux, comme la Communauté économique eurasienne.  Le Ministre s’est aussi montré favorable aux partenariats entre le Mouvement des non-alignés et les principaux centres de pouvoir.


Les Nations Unies représentent l’organe le plus approprié pour répondre aux menaces et défis mondiaux, a poursuivi M. Martynov.  Il a rappelé qu’après les attentats du 11 septembre, les bases avaient été jetées pour créer une coalition et une stratégie antiterroristes.  Il a d’ailleurs évoqué l’idée de faire du 11 septembre la journée de lutte contre le terrorisme.  En ce qui concerne la réforme de l’ONU, le Ministre a déclaré apprécier les débats thématiques organisés à l’Assemblée générale.


Le Ministre du Bélarus a aussi abordé la question de la traite des êtres humains, invitant l’Assemblée générale à adopter un plan mondial d’action.  Il est ensuite passé au problème de l’énergie, souhaitant voir mettre en place un partenariat assorti d’un mécanisme mondial permettant d’améliorer, pour les pays en développement et les économies en transition, l’accès aux nouvelles technologies et aux sources d’énergies renouvelables.  On doit passer à la vitesse supérieure lors de cette session, a-t-il souhaité, avant d’annoncer que son pays allait lancer une étude sur ce sujet, avec la participation d’experts internationaux de renom.


M. Martynov a ensuite expliqué combien les pays à revenu intermédiaire avaient des possibilités d’accélérer leur rythme de croissance.  Ce n’est pas un hasard si les sociétés américaines et européennes se tournent vers l’Asie et d’autres marchés en développement, a-t-il fait remarquer.  Il a apprécié qu’une discussion ait eu lieu aux Nations Unies sur la façon d’aider ces pays en reconnaissance de leur importance dans le développement durable du monde.  Le Ministre a enfin appelé à faire de la prochaine Conférence de Copenhague un succès.  Il a aussi proposé de faire du prochain Sommet des Nations Unies en 2010, qui regroupera notamment les dirigeants du G-8, du G-20, de l’Union européenne et du Mouvement des non-alignés, un « sommet des partenariats ».


M. ATO SEYOUN MESFIN, Ministre des affaires étrangères de l’Éthiopie, a commencé par se féliciter de la joie de jouir de la démocratie dans le pays depuis qu’il y a 18 ans, le peuple s’est débarrassé d’une dictature militaire d’une cruauté sans précédent.  Depuis 18 ans, a-t-il poursuivi, nous avons tout rebâti depuis la base, dans tous les domaines sans exception.  Quoi qu’en disent nos détracteurs, a-t-il dit, l’Éthiopie est désormais un pays d’avenir et d’espoir.


Revenant sur les défis qui restent à relever, le Ministre des affaires étrangères a d’abord cité la question de la paix et de la sécurité dans la corne de l’Afrique.  Il a affirmé qu’il est temps de renoncer à la « fiction » selon laquelle la crise en Somalie ne serait qu’une guerre entre Somaliens.  La Somalie, a-t-il affirmé, est prise en otage par des forces étrangères qui n’ont aucune honte à affirmer que leur projet n’a rien à voir avec la Somalie.  Leur ambition, a-t-il dit, va bien au-delà de la Somalie et ils le proclament « haut et fort ». 


Aujourd’hui en Somalie, a-t-il poursuivi, on voit une plus grande coordination et une plus grande coopération chez ceux qui aident les extrémistes que chez ceux qui professent leur appui au Gouvernement fédéral de transition.  Prenant l’exemple de l’attaque récente contre la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), il a regretté que leurs auteurs s’en tirent aussi bien.  La communauté internationale, a-t-il accusé, se montre avare même de mesures symboliques pour montrer sa détermination face aux extrémistes.  Malgré les appels incessants des chefs d’État d’Afrique et des pays de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), le Conseil de sécurité ne considère toujours pas la Somalie comme une priorité.


Ce qui manque, a dit constaté le Ministre, c’est « la volonté politique ».  Quiconque connaît la Somalie sait q’Al-Shabaab n’y est pas populaire.  Il est urgent, a-t-il prévenu, que la communauté internationale se lève avant que la Somalie ne soit totalement envahie par les extrémistes.


Comme autre défi à relever, le Ministre s’est félicité que l’Afrique se soit montrée novatrice en décidant d’être représentée aux négociations de la Conférence de Copenhague par une seule équipe, celle de l’Éthiopie qui sera conduite par le Premier Ministre lui-même. 


M. CRISTIAN DIACONESCU, Ministre des affaires étrangères de la Roumanie, a jugé important de relever que l’Europe centrale et orientale fêtaient cette année les 20 ans de l’Automne du changement qui a remodelé le continent européen et ouvert la voie à une chance historique pour l’ancien bloc de l’Est.  Deux décennies après la chute du rideau de fer, nous reconnaissons maintenant que la puissance de changement de la démocratie représente une des valeurs européennes les plus efficaces, a-t-il ajouté, en précisant que cet exemple représentait un espoir pour des millions de gens à travers le monde, qui défendent aujourd’hui la liberté d’expression, le multipartisme, le respect de la diversité et la liberté de la presse.  À présent, nous devons faire face aux épreuves les plus importantes que l’humanité a jamais connues, a-t-il encore dit, en estimant que l’impact négatif des changements climatiques ne faisait qu’être renforcé par la crise financière et économique mondiale, la crise alimentaire, les prix énergétiques et les pandémies.


Il a mis l’accent sur les dangers des changements climatiques sur l’existence de l’humanité.  Il a présenté les principes sous-jacents de l’approche de la Roumanie sur ce thème en mettant l’accent sur la nécessité de mieux protéger et respecter la nature.  Tout ce que nous faisons et toute décision que nous prenons a une incidence sur les autres, a–t-il rappelé.  Il a salué les efforts du Secrétaire général pour mobiliser la communauté internationale, en prévision de Copenhague.  Il faut unir nos efforts pour que les instruments financiers internationaux soient réformés et que la croissance économique mondiale reprenne, a-t-il encore dit.  Il faut décourager le protectionnisme et assurer une issue heureuse aux négociations commerciales de Doha, a-t-il encore insisté. 


Illustrant la contribution de la Roumanie à un système des Nations Unies plus concret, il a cité la création à Timisoara d’un centre de transit d’urgence pour réfugiés, fruit d’une collaboration de son pays avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).  Il a également mentionné la signature à New York d’un mémorandum d’accord entre le Gouvernement roumain et l’ONU pour la formation des agents de sécurité de l’ONU à la protection rapprochée. 


Il a insisté sur quatre éléments essentiels à considérer pour une approche multilatérale plus forte, afin de garantir un système plus durable.  Le premier consiste en une gestion de la crise économique actuelle, afin d’assurer les objectifs de développement et de croissance durables.  Le deuxième consiste à se concentrer sur les liens entre les changements climatiques, la pauvreté, la sécurité alimentaire, la santé, l’énergie, la migration et les insuffisances démocratiques dans certaines parties du monde, tout en assurant la paix et la sécurité internationales.  Enfin, le troisième consiste en la consolidation du droit international et le quatrième au renforcement des institutions internationales.  En outre, le Ministre a estimé que les solutions aux défis du XXIe siècle passent par une utilisation plus efficace des mécanismes régionaux comme l’Union africaine, l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ANASE), le Conseil de coopération du Golfe, l’UNASUR, l’OSCE et l’OTAN ainsi que toutes les organisations qui ont pour vocation l’intégration régionale.  Il a également précisé que la Roumanie investissait beaucoup dans la stabilité et la sécurité du monde, en mettant par exemple 1 500 militaires à la disposition des Missions des Nations Unies au Kosovo, en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine et au Soudan.


Le Ministre a conclu en réitérant l’engagement de la Roumanie de lutter contre l’extrémisme, la xénophobie et toute forme de racisme et de discrimination.  Il a précisé que son pays était un promoteur actif de la diversité et du multiculturalisme ainsi que du dialogue interculturel et interreligieux, dans le cadre du Mouvement de la francophonie et de l’Alliance des civilisations. 


PRINCE MOHAMED BOLKIAH, Ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur de Brunéi Darussalam, a rappelé qu’il appartiendra à la prochaine génération de juger si nos actions ont été efficaces.  Au cours des 25 dernières années, l’ONU a apporté des réponses efficaces, a-t-il estimé, après avoir rappelé que son pays avait rejoint l’Organisation à une période dangereuse de guerre froide pendant laquelle il ne voulait pas rester seul.  Il a constaté que beaucoup de problèmes demeurent malgré tout, comme le terrorisme, la pauvreté, les maladies, la guerre et les 60 années de lutte du peuple palestinien pour la justice et la dignité.  Mais le bilan est positif pour ce qui est des communications et du partage des connaissances, a-t-il relevé.


Le Ministre a ensuite estimé que la réforme de l’ONU est une occasion à saisir pour prendre la bonne direction dans les affaires du monde.  Personne ne veut plus voir perdurer la division entre le monde développé et le monde en développement au détriment d’un monde uni qui partage les problèmes et cherche ensemble des solutions, a-t-il affirmé. La réunion du G-20 de cette semaine à Pittsburgh a lancé le même message, a-t-il observé avec satisfaction.  Mais, a-t-il ajouté, ce message est encore faible et n’apporte qu’un petit changement.  Il a toutefois dit apprécier ce bon début.


Mme AURELIA FRICK, Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein, a affirmé que depuis son arrivée à New York, il y a deux jours, elle s’était sentie encouragée par les multiples appels à la coopération internationale et les engagements renouvelés au multilatéralisme.  Elle a précisé que pour le Liechtenstein, les Nations Unies ont toujours symbolisé le multilatéralisme.  La Ministre a déclaré que sa délégation avait quitté le sommet sur les changements climatiques du 22 septembre, convaincue qu’une percée est possible pour parvenir à un accord à Copenhague à la fin de l’année.  Elle a salué le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, pour cette excellente initiative.  Elle a affirmé que les délégations qui y ont participé se rendront à Copenhague en tenant compte des voix exprimées par ceux qui sont exposés à de sérieux risques.  « Il ne faut plus de compromis », a-t-elle dit.


Mme Frick a ensuite souligné que la crise économique et financière a freiné les progrès réalisés dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Tout en reconnaissant que lors de rencontres comme celles du G-8 ou du G-20, il est possible de trouver des solutions dans l’intérêt de tous, la Ministre a estimé que l’on ne peut ignorer le fossé qui existe entre ceux qui prennent des décisions et le reste des États.  Des solutions efficaces exigent l’appui de ceux qui doivent les appliquer, a-t-elle rappelé.  Les règles établies, a-t-elle ajouté, doivent cependant tenir compte des intérêts de tous.  À cet égard, elle a rappelé que la notion d’égalité souveraine est l’un des principes fondamentaux énoncés par la Charte des Nations Unies.  Et c’est même le pilier principal d’un véritable multilatéralisme.  « Notre objectif vise à avoir un engagement positif et à établir une coopération productive afin de prendre des décisions de qualité », a-t-elle précisé.


La Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein a poursuivi en affirmant que les pères fondateurs de la Charte de l’ONU avaient compris que l’inclusion de tous les États était indispensable au succès du multilatéralisme.  Elle a cependant noté que l’ONU s’est parfois éloignée des principes d’inclusion, de transparence et de légitimité.  « Le Conseil de sécurité a pour mandat d’exercer ses décisions au nom de l’ensemble des États Membres », a-t-elle souligné.  Or, a-t-elle estimé, souvent le Conseil ne montre pas d’intérêt à inclure dans ses décisions ceux qui jouent un rôle dans la mise en œuvre de ses décisions.  « Avec les autres membres du « Groupe des cinq », nous continuons à travailler à l’inclusion et à la transparence des travaux du Conseil », a-t-elle précisé.  Elle a également affirmé que le Groupe travaillait à des améliorations du régime des sanctions du Conseil.


Mme Frick a souligné que la composition actuelle du Conseil de sécurité est dépassée.  « C’est le seul point sur lequel nous nous accordons après plusieurs années de discussions sur l’élargissement du Conseil de sécurité », a-t-elle ajouté.  Elle a estimé qu’il n’y avait que deux solutions pour l’élargissement: soit attendre qu’une crise institutionnelle frappe le Conseil et que celui-ci évolue alors par l’intermédiaire d’une forte pression publique; soit il faut œuvrer pour une solution de compromis institutionnellement durable.  Mme Frick a opté pour cette seconde solution qui est, selon elle, «dans l’intérêt de l’Organisation ».  Abordant la question de la justice pénale internationale, elle a souligné qu’au cours des deux dernières décennies, ce domaine est celui où le multilatéralisme a mieux réussi.  À cet égard, elle a fait référence à la création de la Cour pénale internationale, une institution qui était du domaine du rêve il n’y a pas si longtemps.  Durant ses premières années de fonctionnement, a souligné Mme Frick, « la Cour a enregistré des succès remarquables même si elle a été l’objet de discussions politiques controversées ».  Cela n’est guère étonnant, a-elle dit, dans la mesure où la justice peut être un exercice difficile, en particulier dans le cas des situations de conflit en cours.  La Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein a affirmé que la paix, le développement et la justice allaient de pair.  Il incombe en premier lieu aux États d’entreprendre les efforts nécessaires dans ces domaines.  « La Cour pénale internationale ne sera pas en mesure de juger tous les auteurs des crimes les plus graves », a-t-elle noté, mais la Cour est le signe qu’« il faut rendre des comptes quand les crimes sont commis et que l’impunité n’est plus une option ».  En outre, la Conférence des États parties de la CPI de 2010 sera l’occasion d’ajouter le crime d’agression à la liste des crimes relevant de la compétence de la Cour.  Mme Frick a émis l’espoir que cette opportunité historique sera saisie.


M. LAWRENCE CANNON, Ministre des affaires étrangères du Canada, a déclaré qu’il n’existe pas de meilleure enceinte que l’ONU où il peut réaffirmer l’attachement de son pays à une action collective, c’est-à-dire où il peut poursuivre, de concert avec tous les pays des objectifs partagés et surmonter des difficultés communes.  La crise économique et financière mondiale ainsi que les menaces internationales pour la sécurité et l’environnement font ressortir l’importance de cette interdépendance, a-t-il précisé.  En dépit des mesures décisives prises par le Gouvernement pour réduire les répercussions de la crise au Canada, la reprise de l’économie canadienne ne peut se faire en vase clos, sans un redressement économique à l’échelle de la planète.  « L’histoire nous enseigne que nous ne sortirons jamais de la crise actuelle si nous acceptons d’entraver le commerce international pour tenter de favoriser nos économies nationales », a indiqué M. Cannon.  C’est pourquoi, il a souligné qu’il était nécessaire d’établir une consultation énergique et efficace au plus haut niveau afin de faire front commun contre la tentation protectionniste.


Dans le domaine de la paix et de la sécurité, a rappelé le Ministre, plus de 100 000 Canadiens ont servi dans des missions des Nations Unies en Afrique, en Amérique latine, en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient.  Aujourd’hui, des milliers d’autres sont déployés auprès de missions mandatées ou dirigées par les Nations Unies dans le monde, a-t-il ajouté.  Comme les Nations Unies, le Canada est résolu à éradiquer la menace que les Taliban posent pour la paix et la sécurité mondiales, a-t-il assuré, précisant que le rôle que joue le Canada dans cet effort en Afghanistan est l’expression la plus forte de cette détermination.  « Bien que le Parlement ait adopté une résolution en vue de mettre fin à notre mission militaire en Afghanistan à la fin de 2011, le Canada poursuivra ses efforts de développement et de diplomatie dans ce pays », a assuré le Ministre.  Le Canada apporte également une aide non négligeable en Haïti, où sa contribution totalisera 555 millions de dollars entre 2006 et 2011, a indiqué par ailleurs M. Cannon.  Le Canada est également déterminé à aider au règlement des conflits au Soudan.  Depuis 2006, il a versé plus de 640 millions de dollars à l’appui des efforts internationaux visant à y instaurer une paix durable, a-t-il rappelé.  Le Canada espère aussi que les pourparlers, prévus pour le 1er octobre entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne, aborderont la duplicité entourant le programme nucléaire de l’Iran.  Le Ministre a fait savoir que son pays appuiera les actions visant à dissiper ce qui est clairement une menace à la paix et à la sécurité mondiales et à cet égard, il a salué la tenue du sommet du Conseil de sécurité sur la non-prolifération et le désarmement nucléaires du 24 septembre.


Concernant les changements climatiques, le Ministre a déclaré que son pays était résolu à prendre des mesures visant à réduire l’ensemble de ses émissions à gaz à effet de serre de 20% par rapport au niveau de 2006 d’ici à 2020 et de 60 à 70% d’ici à 2050.  Abordant la question de l’aide internationale, le Ministre a annoncé que le Canada envisage de la doubler en la faisant passer à 5 milliards de dollars d’ici à 2010.  Il continuera à apporter une aide humanitaire aux populations touchées par des conflits et des catastrophes naturelles.  En sa qualité de Président de la Configuration Sierra Leone de la Commission de la consolidation de la paix des Nations Unies, le Canada s’emploiera à combler le fossé entre l’aide internationale et le développement à long terme.  Il contribuera en outre à augmenter la capacité de prêt de la Banque africaine de développement à hauteur de 2,6 milliards de dollars, a indiqué le Ministre canadien des affaires étrangères avant de conclure.


M. XAVIER ESPOT MÍRO, Ministre des affaires étrangères et des relations institutionnelles de la Principauté d’Andorre, a indiqué que les Andorrans n’avaient pas l’intention de marquer la politique internationale mais voulaient démontrer « de façon claire » leur volonté de respecter et de défendre le droit international, les règles de bon voisinage et le principe de solidarité entre les peuples.  Il a notamment expliqué que la Principauté avait adopté, au mois de septembre, un projet de loi d’échange d’informations en matière fiscale.  M. Espot Míro a précisé que cette législation avait été au centre des débats au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ces derniers mois.


« Disons-le clairement », a-t-il ajouté, « les paradis fiscaux et l’opacité fiscale sont deux domaines que les Andorranes et les Andorrans veulent corriger.  Cette position stratégique est claire et notre engagement est ferme », a affirmé le Ministre.  Il a ensuite indiqué que son pays propose de mener à terme une réforme tributaire progressive qui permettra d’attribuer les ressources allouées à des priorités d’intérêt général.  Cette réforme permettra de soutenir nos entrepreneurs et professionnels afin qu’ils puissent exporter des biens et des services depuis Andorre, a-t-il ajouté.


Le Ministre a estimé que la réforme du système économique international et la modernisation de l’ONU devaient intégrer le droit à l’égalité de genre, lequel disposerait de normes et de règles justes, claires et homologables internationalement.  Après s’être attardé sur les changements climatiques, M. Espot Míro a abordé la question de la grippe et a expliqué que le Gouvernement andorran avait décidé de pallier ses effets en vaccinant une grande partie de la population.


Droit de réponse


Le représentant de l’Iran a réagit aux allégations relatives aux activités nucléaires de son pays, aux mauvais traitements dont auraient été victimes les manifestants iraniens et à la revendication « inacceptable » des Émirats arabes unis sur trois îles « iraniennes » du golfe Persique.  S’agissant de la question nucléaire, le représentant iranien a rejeté ce qu’il a appelé « les allégations et malentendus véhiculés par les délégations des Pays-Bas, de la Slovaquie, de l’Autriche et du Canada » concernant les activités nucléaires civiles iraniennes.  Il a estimé que ces craintes et inquiétudes étaient infondées, en assurant que les activités nucléaires iraniennes n’avaient que des objectifs pacifiques.  Il a dit que les rapports de l’AIEA témoignaient de la nature pacifique des activités nucléaires iraniennes.  Il a déclaré que l’Iran, en tant qu’État partie au Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), tout en respectant ses obligations juridiques et les accords de garanties, était déterminé à exercer son droit légitime de développer des techniques d’énergie nucléaire. 


Cette politique, a-t-il expliqué, est basée sur une planification à long terme visant à répondre aux besoins énergétiques croissants du pays.  Le représentant a dit que la mise en place d’une nouvelle centrale d’enrichissement a été menée dans le respect des accords de garanties de l’AIEA.  Il a fustigé les allégations qu’il a qualifiées d’absurdes, en notant qu’un communiqué de la porte-parole de l’AIEA publié hier confirmait que l’Iran a bien informé l’AIEA de cette question. 


L’accent mis sans raison sur des installations pacifiques conformes aux accords de garanties est contre-productif et constitue une distraction dangereuse.  Il faudrait plutôt, a-t-il estimé, traiter de la menace de prolifération posée par les installations nucléaires du régime sioniste.  C’est pourquoi, le représentant a exhorté les membres de l’Union européenne à s’abstenir de fermer les yeux face à cette véritable menace de prolifération et d’abandonner leur approche contraire aux efforts de non-prolifération.  


S’agissant des allégations de mauvais traitements dont les manifestations auraient été victimes, il a indiqué que la loi iranienne interdisait tout recours à la violence et prévoyait des peines pour les responsables de telles violences.  Il a également cité les dispositions pour la protection juridique des personnes victimes de violences.  Le représentant a aussi jugé « inacceptables » les revendications des Émirats arabes unis sur les îles « iraniennes » du golfe Persique.  L’Iran rejette ses revendications inacceptables, a-t-il insisté, en rappelant que ces îles font partie de son pays.  Nous sommes prêts à poursuivre les pourparlers bilatéraux avec les Émirats arabes unis en vue de dissiper tout malentendu qui pourrait persister.  En ce qui concerne la dénomination de la zone maritime située entre l’Iran et la péninsule arabique, le représentant a prévenu que toute autre dénomination que celle de golfe Persique serait inacceptable. 


À son tour, le représentant de la Serbie a répondu aux propos tenus par le Premier Ministre de l’Albanie.  Il a regretté que celui-ci se soit ingéré dans les affaires internes d’un pays voisin, en cautionnant ce qui est une tentative de sécession d’une minorité ethnique.  Le représentant a contesté les propos du Premier Ministre albanais selon lesquels la déclaration d’indépendance du Kosovo a constitué un facteur important de paix et de stabilité.  Cela ne correspond pas à la réalité, a dit le représentant, qui a par ailleurs, rappelé que son pays avait saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) sur la légalité de cette déclaration d’indépendance unilatérale.


Contrairement à ce qu’affirme le Premier Ministre albanais, les tensions interethniques au Kosovo n’ont pas diminué, a insisté le représentant de la Serbie, en arguant que les Serbes du Kosovo constituent aujourd’hui la communauté la plus menacée d’Europe.  Il s’est aussi insurgé contre les propos selon lesquels les Serbes reviennent au Kosovo pour y élever leurs familles.  Le Kosovo est un terrain fertile pour des activités illégales, a indiqué le représentant serbe, qui a conclu que la paix et la stabilité au Kosovo ne sont pas celles dont a parlé le représentant de l’Albanie.


En réponse à l’intervention du délégué de l’Iran, le représentant des Émirats arabes unis a regretté que son homologue ait des revendications sur les trois îles que son pays occupe depuis plusieurs années, estimant que cela va à l’encontre des valeurs démocratiques.  Il a demandé au Gouvernement iranien de traduire ses bonnes intentions en actes concrets et d’entamer des négociations sans tarder pour que ces trois îles soient rendues aux Émirats.  L’Iran pourrait aussi accepter de demander un avis à la Cour internationale de Justice sur cette question, a-t-il proposé.  Toute mesure prise par l’Iran concernant ces îles est nulle et non avenue, a-t-il ajouté.


C’est enfin le représentant de l’Albanie qui a exercé son droit de réponse pour expliquer que la République du Kosovo est une réalité indéniable.  Nous devons tous l’accepter en dépit d’une rhétorique dépassée, a-t-il dit, en voulant que l’on cesse d’entraver le développement et l’intégration de cette région en Europe.  Le nombre des pays, 63, qui ont reconnu le Kosovo ne fait qu’augmenter, a-t-il observé.  Il a aussi expliqué que le Kosovo a pris des mesures courageuses pour réunir les conditions permettant le retour des minorités serbes dans leurs foyers.  Le nombre de ces personnes a en conséquence fortement augmenté, a-t-il insisté, signalant les mesures destinées à préserver l’héritage culturel et spirituel de tous les citoyens et à promouvoir le développement du pays.  Nous ne souhaitons pas que des réfugiés franchissent encore nos frontières pour trouver refuge mais que tous les peuples aspirent à l’harmonie, a enfin déclaré le représentant albanais.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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