Au premier jour du débat général marqué par les questions des changements climatiques et du désarmement, le Président Obama ouvre « un nouveau chapitre de la coopération internationale »

AG/10860
23 septembre 2009

Au premier jour du débat général marqué par les questions des changements climatiques et du désarmement, le Président Obama ouvre « un nouveau chapitre de la coopération internationale »

23/09/2009
Assemblée générale
AG/10860
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-quatrième session

3e et 4e séances plénières – matin et après-midi


AU PREMIER JOUR DU DÉBAT GÉNÉRAL MARQUÉ PAR LES QUESTIONS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET DU DÉSARMEMENT, LE PRÉSIDENT OBAMA OUVRE « UN NOUVEAU CHAPITRE DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE »


« Les États-Unis sont prêts à ouvrir un nouveau chapitre de la coopération internationale », a déclaré le Président des États-Unis dans ce qui était sa première apparition à un débat général de l’Assemblée.  Au premier jour de ce débat, l’Assemblée générale a connu une autre première: l’intervention du Président libyen, Muammar Al-Qadhafi. 


En insistant sur la coopération internationale, Barack Obama a joint sa voix à celles des 29 autres chefs d’État et de gouvernement qui se sont succédés à la tribune pour souligner que cette session se déroule à un moment crucial compte tenu des problèmes posés par les changements climatiques, à la veille de la Conférence de Copenhague, et la prolifération nucléaire.


La structure de la paix mondiale ne peut être le travail d’un seul homme, d’un seul parti ou d’une seule nation, a reconnu le Président américain.  Cette paix, a-t-il dit, doit se fonder sur la coopération du monde entier.


« Nous avons le devoir d’inventer un monde nouveau où les folies d’hier ne seront plus possibles », a renchéri le Président de la France, Nicolas Sarkozy, qui a dénoncé « notre obstination à essayer de régler les problèmes du XXIe siècle avec les instruments et les idées du XXe siècle ».


Le Secrétaire général de l’ONU qui a présenté son rapport intitulé « Redonner vigueur au multilatéralisme » a invité les États Membres à « se mettre à la hauteur d’une situation exceptionnelle ».  Insistant, en particulier, sur la menace des changements climatiques, Ban Ki-moon a entendu Barack Obama promettre que les États-Unis n’allaient plus « trainer les pieds ». 


Tout effort, a-t-il cependant prévenu, doit impliquer les économies émergentes les plus pollueuses qui peuvent faire plus pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, sans pour autant compromettre leur croissance. 


Cette position a été en partie contestée par le Président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, pour qui on ne saurait imposer aux pays en développement des charges qui ne sont pas uniquement les leurs.  Le Président français a, une nouvelle fois, défendu l’idée de la taxe carbone aux frontières, car, a-t-il dit, c’est la seule condition pour que nul ne puisse tirer profit d’un dumping environnemental. 


Son homologue de la Bolivie, Evo Morales Ayma, a proposé la création d’un « tribunal de justice climatique », tandis que le Président de l’Assemblée générale, Ali AbdussalamTreki a estimé que l’organe qu’il préside devait faire preuve de leadership dans ce domaine.


S’attaquant à la question du désarmement, le Président de la Fédération de Russie, Dmitry Medvedev a salué « les ajustements annoncés par les États-Unis dans leur système de défense antimissiles qui sont un pas significatif dans la bonne direction ».  


Le Premier Ministre du Royaume-Uni, Gordon Brown, a proposé la mise sur pied d’un « grand deal mondial » qui tienne compte des droits et des devoirs des États nucléaires et non nucléaires.  Il s’est également dit prêt à parrainer la création d’une banque de l’uranium.


Si la République populaire démocratique de Corée et la République islamique d’Iran, a prévenu le Président américain, choisissent d’ignorer les normes internationales, ils devront être tenus responsables de leurs actes.  En misant sur la passivité de la communauté internationale, les dirigeants de l’Iran commettent une « tragique erreur », a insisté le Président français, alors que le Chef d’État iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a affirmé être en faveur de « l’élimination de toutes les armes nucléaires, chimiques et biologiques ».


Cette première journée du débat général a été marquée par la première intervention de Muammar Al-Qadhafi, Chef de l’État libyen, qui est monté à la tribune de l’Assemblée générale pour la première fois en 40 ans de règne.  Dans un discours de plus d’une heure et demi, le Président de la Libye a fait mine de déchirer la Charte de l’ONU, pour dénoncer le fonctionnement du Conseil de sécurité.  Il a annoncé la présentation prochaine de sa propre proposition de réforme.


Le débat général de l’Assemblée générale se poursuivra demain, jeudi 24 septembre, à partir de 9 heures.


EXPOSÉ DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR SON RAPPORT ANNUEL (A/64/1)


Cette année, l’ouverture du débat général de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale nous invite à être à la hauteur d’une situation exceptionnelle, a déclaré M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies.  En cette période de crises, a-t-il poursuivi, évoquant la crise alimentaire, la crise de l’énergie ainsi que la récession et la pandémie de grippe, « le monde attend de nous des réponses ».


Estimant que « le moment est venu de redonner vigueur au multilatéralisme et de mener une action véritablement collective au sein de l’ONU », le Secrétaire général a engagé les États Membres à « prendre à bras le corps le plus grave problème qui se pose à l’humanité » à savoir la menace de changements climatiques catastrophiques.  « La route qui mène à Copenhague passe par un rapprochement des positions et je crois fermement que ce rapprochement est possible », a-t-il ajouté après avoir évoqué la tenue, hier à l’ONU, du Sommet de haut niveau sur les changements climatiques.


Le Secrétaire général a également évoqué la question du désarmement, faisant remarquer que le climat international avait changé depuis la présentation, au mois d’octobre dernier, de son plan visant à remettre le désarmement à l’ordre du jour.  Il a notamment mentionné les engagements pris par la Fédération de Russie et les États-Unis de réduire leurs arsenaux nucléaires.  « Si nous agissons maintenant, nous obtiendrons les ratifications nécessaires pour assurer l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) ».  « Ensemble, faisons de cette année celle de l’élimination de la bombe », a-t-il ajouté.


Ban Ki-moon s’est ensuite penché sur les conclusions de son rapport sur « La voix des populations vulnérables », signalant notamment que « les quasi-pauvres deviennent les nouveaux pauvres » et que 100 millions de personnes risquent de tomber sous le seuil de la pauvreté, cette année.  « Les marchés rebondissent, mais ce n’est pas le cas ni des revenus ni des emplois », a-t-il averti, avant d’attirer l’attention sur sa proposition relative au Pacte mondial pour l’emploi et la mise en place du Dispositif mondial d’alerte vulnérabilités et impacts. 


« Nous devons savoir qui est en difficulté et où, pour pouvoir intervenir au mieux », a-t-il expliqué.  Il a également annoncé la tenue, à l’automne prochain, d’un sommet extraordinaire sur les Objectifs du Millénaire pour le développement.


Insistant sur l’importance de porter une attention particulière à la situation des femmes et des enfants, le Secrétaire général a déclaré que la prévention de la violence sexuelle à l’encontre des femmes devait être une « priorité absolue ».  « Cette violence est abominable, et les dirigeants de tous les pays sont personnellement responsables lorsque de tels crimes sont commis sur leur territoire » a-t-il dénoncé. 


« Lorsque des femmes meurent en couche, lorsque le viol devient une arme de guerre et que les victimes ne peuvent espérer aucun secours, l’ONU ne peut fermer les yeux », a-t-il enchainé.  À cet égard, le Secrétaire général s’est notamment félicité de la décision de créer, au sein de l’ONU, un organisme chargé de toutes les questions touchant les femmes.


Le Secrétaire général s’est ensuite attardé sur la question de la responsabilité de protéger, déclarant notamment que « là où il y a conflit, il doit y avoir justice et responsabilité ».  Il a souligné l’importance du travail de la Cour pénale internationale (CPI).  Il a également commenté la situation dans plusieurs régions du globe, notamment le Darfour, rappelant, entre autres, que l’ONU y manque toujours de matériel « critique » comme les moyens de transport. 


Il a parlé de la stabilisation du Soudan ainsi que de la Somalie, du Sri Lanka et du Myanmar.  À ce propos, il a estimé qu’afin que les prochaines élections de ce pays puissent être considérées « crédibles et ouvertes à tous », il faudra que tous les prisonniers politiques soient libérés, « y compris Daw Aung San Suu Kyi ».


Passant ensuite à Gaza, le Secrétaire général a demandé la relance des négociations pour parvenir à un règlement prévoyant deux États.  Il a aussi indiqué que l’ONU appuyait les efforts déployés par les États-Unis pour que reprennent les pourparlers de paix. 


Le Secrétaire général a également évoqué la situation en Afghanistan, estimant que malgré les sérieux problèmes apparus à la suite des élections, « on ne pouvait oublier les progrès accomplis ».  Il a abordé la question du Pakistan, du Timor-Leste, d’Haïti, de la Sierra Leone, du Népal, de l’Iraq et de Chypre.


Faisant allusion à la rénovation prochaine des locaux de l’ONU, le Secrétaire général a enchainé en déclarant que « notre ambition commune est de faire de cette rénovation extérieure le symbole d’un renouveau intérieur ».  Il a mis l’accent sur les efforts déployés pour améliorer la consolidation de la paix, en évoquant notamment la création du Département de l’appui aux missions et de la stratégie « Nouveaux Horizons » lesquels visent à rendre les opérations de maintien de la paix de l’ONU « plus souples et plus efficaces ».


« L’ONU est la voix de ceux qui n’en ont pas, les défenseurs des sans-défense », a-t-il lancé.  « Ensemble, nous sommes ici pour prendre des risques, pour prendre nos responsabilités, pour être à la hauteur d’une situation exceptionnelle et pour entrer dans l’histoire ». 


« Les Nations Unies c’est nous, et nous sommes le meilleur espoir de l’humanité », a-t-il ajouté avant de conclure.


DÉBAT GÉNÉRAL


M. ALI ABDUSSALAM TREKI, Président de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, a déclaré que cette session se déroulait à un moment critique.  La communauté internationale fait face à des crises multiples et à d’énormes défis, a-t-il estimé, en citant les défis posés à la paix et à la sécurité internationales sous la forme de conflits armés interétatiques, de guerres civiles, d’armes de destruction massive, du terrorisme et de la criminalité transnationale organisée. 


Les menaces représentées par la dégradation environnementale et les changements climatiques, la pauvreté extrême et les maladies infectieuses, exigent des solutions novatrices, a fait observer M. Treki.  Les reculs enregistrés dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les crises économique, alimentaire et énergétique, le désarmement et la non-prolifération sont autant de défis qui forment l’arrière-plan de cette session de l’Assemblée générale, a-t-il décrit.


« Soyons clairs: ces défis ne peuvent être relevés qu’au travers de la coopération internationale, d’un système multilatéral efficace », a jugé le Président, pour qui les Nations Unies, et plus particulièrement l’Assemblée générale, de par son universalité, représentent l’essence même du multilatéralisme. 


Il s’est dit satisfait du consensus sur le besoin de revitaliser les Nations Unies afin de garantir que l’Organisation puisse répondre de manière pertinente aux crises et menaces transnationales émergentes.  M. Treki a, pour sa part, promis de coopérer avec tous les États Membres afin de faciliter le consensus sur une Assemblée revitalisée, un Conseil de sécurité réformé et davantage représentatif, ainsi que sur d’autres initiatives visant à améliorer l’efficacité et la gestion de l’ONU.


Évoquant ensuite les changements climatiques, le Président a indiqué qu’il était indispensable d’intensifier les efforts en cours pour lutter contre ce phénomène.  Aucun État Membre ne peut se permettre d’ignorer cette question ou y répondre seul.  C’est pourquoi l’Assemblée générale doit faire preuve de leadership, a-t-il estimé, soulignant la nécessité de surmonter les divergences à l’approche de la Conférence de Copenhague, en décembre prochain. 


M. Treki a regretté qu’en dépit d’un consensus international et de nombreuses initiatives, les progrès sont mitigés s’agissant des efforts pour promouvoir la paix et le développement durables sur le continent africain.  Il a jugé nécessaire de mettre davantage l’accent sur la prévention et la résolution des conflits et sur un partenariat renforcé avec l’Union africaine et les organisations sous-régionales pertinentes.  Selon lui, le débat général de l’Assemblée constitue une excellente occasion d’échanger des vues sur ces questions importantes.


Se félicitant que l’Assemblée générale ait décidé de convoquer, en 2010, au début de sa soixante-cinquième session, une plénière de haut niveau à très exactement cinq ans de l’échéance fixée pour atteindre les OMD, le Président a affirmé que cette manifestation fournirait l’occasion d’évaluer les progrès réalisés et de faire de nouvelles propositions.  Il a assuré qu’il ferait des préparatifs de cet évènement une priorité de sa présidence. 


M. Treki a indiqué qu’il œuvrera aussi au renforcement et à la facilitation du processus d’évaluation des activités de la Commission de consolidation de la paix.  Il a promis de redoubler d’efforts pour veiller à ce que le respect des droits de l’homme, considérés comme le troisième pilier des Nations Unies avec le développement et la paix et la sécurité, soit défendu de la manière la plus équitable possible. 


« Au cours de la soixante-quatrième session, nous serons amenés à assurer un suivi de la Conférence d’examen de Durban, à un moment où le fléau de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance pose des défis à de nombreuses sociétés », a rappelé le Président de l’Assemblée.  Nous devrons aussi soutenir le développement du Conseil des droits de l’homme et préparer l’examen de son fonctionnement à l’approche du cinquième anniversaire de sa création, a-t-il ajouté.


La question de Palestine et la situation au Moyen-Orient exigent un règlement global et durable, a poursuivi M. Treki.  En dépit des énormes défis qui se posent, a-t-il dit, de nouvelles opportunités pourraient se présenter et l’Assemblée générale pourrait contribuer de manière constructive à réaliser l’objectif d’une paix durable dans la région. 


Par ailleurs, renforcer l’état de droit au niveau international exige une vision commune.  L’Assemblée générale constitue depuis toujours le forum universel au sein duquel s’élabore le droit international.  Face aux violations nombreuses que l’état de droit subit partout dans le monde, il doit exister des moyens de recours, a dit le Président. 


Alors que la communauté internationale est constamment en train de renforcer les mécanismes de responsabilité, il lui reste beaucoup à faire en ce domaine.  Être comptable de ses actes devant la loi est insuffisant pour un état de droit international en harmonie avec toutes nos valeurs fondamentales communes, a-t-il déclaré.  La loi elle-même, même au niveau international, doit renforcer notre foi partagée dans la dignité fondamentale de tous les êtres humains. 


Notre vision doit engager un système international responsable devant la loi, qui corresponde pleinement à la quête de justice et de respect universel des droits de l’homme.


M. LUIS INÁCIO LULA DA SILVA, Président du Brésil, a déclaré que trois périls liés entre eux menacent notre planète à savoir, la crise économique et financière actuelle, l’absence d’une gouvernance mondiale stable et représentative et la menace que font peser les changements climatiques sur nos vies.  M. Lula a rappelé que, l’an dernier à cette même tribune, il avait déclaré que l’Histoire ne nous pardonnerait jamais de ne traiter que des conséquences de la crise qui venait de commencer et non de ses causes.  Plus qu’une crise des grandes banques, cette crise est la crise des grands dogmes, a-t-il affirmé. 


Le Président a dénoncé la « doctrine absurde » selon laquelle les marchés pourraient s’autoréguler sans intervention prétendument « intrusive » des États et celle de la liberté absolue du capital financier, « libre de toute transparence financière et échappant au contrôle des populations et des institutions ».  Il a dénoncé les tenants de la doctrine d’un État faible, minimal, incapable de promouvoir le développement et de combattre la pauvreté et les inégalités, diabolisant les politiques sociales, obsédé par des conditions de travail précaires et une marchandisation des services publics. 


La cause réelle de la crise a été la confiscation de la souveraineté des peuples et des nations au profit des réseaux de pouvoir et des richesses, a affirmé M. Lula, pour qui il appartient aux dirigeants, et non à d’arrogants technocrates de mettre fin à ce désordre.  Le contrôle de la crise ne peut être laissé à la petite minorité habituelle, a poursuivi le Président du Brésil, qui a rappelé que les pays développés s’étaient révélés incapables de prévoir la catastrophe et plus encore de l’empêcher.  Il est injuste que le prix de la spéculation soit payé par les travailleurs et les pauvres des pays en développement qui n’ont rien à y voir, a-t-il ajouté.


M. Lula a qualifié d’« irresponsable » « la connivence » dans certains secteurs du fait que le système économique ne s’est pas totalement effondré.  Il a constaté une « énorme résistance » contre l’adoption de mécanisme de régulation des marchés financiers.  Les pays riches, a-t-il accusé, renoncent aux réformes du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.  Le Président a dit ne pas non plus comprendre la paralysie du Cycle de Doha, dont les résultats, selon lui, bénéficieraient surtout aux pays pauvres.  Il a aussi dénoncé les signes troublants d’un retour au protectionnisme. 


M. Lula s’est félicité que son pays, qui a été l’un des derniers à être frappé par la crise, soit l’un des premiers à en sortir.  Il n’y a là rien de magique, a-t-il affirmé, avant d’expliquer que son pays avait simplement veillé à ce que son système financier ne soit pas contaminé par le virus de la spéculation.  Bien avant la crise, le pays avait pris soin de prendre des mesures anticycliques en renforçant par exemple ses politiques sociales, en augmentant les salaires au-delà des taux d’inflation et en stimulant la demande.  Le Brésil a, comme d’autres, ainsi démontré qu’en temps de crise, nous pouvons poursuivre à la fois des politiques sociales et de développement.


Toutefois, a ajouté M. Lula, nous ne résoudrons pas tous nos problèmes seuls dans une économie mondialisée.  Il a rappelé que, dans de nombreuses réunions y compris celles du G-20, il avait insisté sur la nécessité de fournir au monde du crédit.  Il a plaidé pour que les pays pauvres accroissent leur participation et leur contrôle sur le FMI.


Nous ne pouvons plus, 60 ans après leur création, être gouvernés par les mêmes règles et valeurs qui prévalaient à Bretton Woods, a affirmé M. Lula, qui a également plaidé en faveur d’un changement de structure aux Nations Unies et au Conseil de sécurité.  Estimant que nous nous dirigeons vers un monde multipolaire, il a affirmé que ce dernier n’entrerait pas en conflit avec les Nations Unies mais pourrait au contraire les revitaliser, afin qu’elles aient l’autorité de résoudre les problèmes du Moyen-Orient, de faire face au terrorisme sans tomber dans le choc des civilisations, de promouvoir les droits de l’homme et de prendre des initiatives pour protéger l’environnement et pour favoriser le renouveau de l’Afrique en cours.


Ce ne sont pas là des propos de rêveur, a affirmé M. Lula, qui a toutefois affirmé qu’il faudra de la volonté politique pour surmonter les situations qui conspirent contre la paix, le développement et la démocratie, pour mettre fin à l’embargo contre Cuba ou pour empêcher des coups d’État tels que celui qui a renversé le Président du Honduras.  À ce propos, M. Lula a dit que la communauté internationale « exige le retour immédiat de M. Zelaya comme Président de son pays ».


M. Lula a enfin rappelé que tous les pays doivent agir contre les changements climatiques, et s’est dit affligé par les réticences des pays développés à porter leur part du fardeau.  Nous ne pouvons pas imposer aux pays en développement des charges qui ne sont pas uniquement les leurs, a-t-il ajouté, avant d’affirmer que le Brésil jouera son rôle et arrivera à Copenhague avec des engagements précis et chiffrés pour limiter la déforestation et réduire les émissions de gaz carbonique.


Il a ensuite défendu la production d’éthanol par son pays, affirmant que les biocarburants choisis, contrairement à d’autres, ne portent pas atteinte à la sécurité alimentaire.  Il a également affirmé que les récentes découvertes de pétrole qui vont faire du Brésil un producteur majeur d’hydrocarbure, ne feront pas abandonner au pays son programme environnemental, bien au contraire.


La crise économique et financière, les changements climatiques et la gouvernance mondiale ont pour dénominateur commun la nécessité de construire un nouvel ordre international durable, multilatéral et moins asymétrique, débarrassé des hégémonies et dirigé démocratiquement, a résumé M. Lula, qui a qualifié l’édification de ce nouveau monde « d’impératif à la fois politique et moral ».  Le Président a conclu que le monde ne peut se contenter de balayer les débris de ses échecs; il doit être « la sage-femme » de l’avenir.


M. BARACK OBAMA, Président des États-Unis, s’est déclaré conscient des importants défis qu’affronte le monde et des attentes qui accompagnent sa présidence.  Ces attentes trouvent leurs origines dans un mécontentement par rapport au statu quo, mais aussi dans l’espoir qu’un véritable changement est possible et que les États-Unis pourront opérer ce changement, a-t-il dit.  Il a ensuite évoqué les « malentendus et la désinformation » dont les États-Unis ont été l’objet.  Cet antiaméricanisme « réflexif » a souvent servi de prétexte à l’inaction collective, a-t-il constaté.


« Pour ceux qui contestent le caractère de ma nation, je vous demande d’examiner les politiques adoptées par mon administration », a-t-il enchaîné, évoquant notamment l’interdiction de la torture, la fermeture du centre de détention de Guantanamo et l’élaboration d’un cadre de lutte contre les extrémismes.


Après avoir affirmé que les États-Unis dirigeront par l’exemple, M. Obama a souligné l’importance qu’il y a à lutter contre Al-Qaida et à mettre un terme de manière « responsable » à la guerre en Iraq.  Nous allons aider les Iraquiens à assurer leur transition et procéderons au départ de tous les soldats américains du sol iraquien, a-t-il précisé.


Nous sommes, a dit le Président, à la recherche d’une ère nouvelle dans notre engagement avec la communauté internationale.  L’heure est venue d’assumer nos responsabilités partagées, a-t-il prévenu.  « La structure de la paix mondiale ne peut être le travail d’un seul homme, d’un seul parti ou d’une seule nation.  Elle doit être une paix fondée sur la coopération du monde entier », a–t-il déclaré, en jugeant que l’ONU ressemblait parfois à une instance née pour semer la discorde. 


« Le leadership du XXIe siècle exige davantage », a-t-il affirmé, ajoutant ensuite que les divisions entre le Nord et le Sud ne sont plus logiques dans un monde interdépendant.  Le Président américain a mis en avant les quatre piliers fondamentaux qui permettront d’assurer l’avenir des prochaines générations, à savoir la non-prolifération et le désarmement, la promotion de la paix et de la sécurité, la préservation de la planète et la création d’une économie mondiale capable d’offrir des chances à tous les peuples.


S’agissant du désarmement, le Président Obama a estimé que toutes les nations dotées d’armes nucléaires doivent s’orienter vers la non-prolifération et que les États non nucléaires doivent renoncer à les acquérir.  Il a annoncé la signature prochaine d’un nouvel accord avec la Fédération de Russie visant à réduire le nombre d’ogives et de lanceurs.  Il a aussi annoncé le lancement, au mois de janvier prochain, de nouvelles négociations destinées à arrêter la production des matières fissiles. 


Nous allons travailler avec d’autres pour assurer l’interdiction complète des armes nucléaires et œuvrer pour renforcer les initiatives et les institutions destinées à enrayer le vol d’armes nucléaires, a-t-il ajouté, avant d’annoncer qu’il présidera, au mois d’avril prochain, un sommet sur la sécurisation des matériaux nucléaires.  « Un monde dans lequel les inspections de l’AIEA sont évitées et les exigences de l’ONU ignorées nous laissera tous dans l’insécurité », a-t-il ajouté.


La République populaire démocratique de Corée et l’Iran menacent de nous engager « dans un terrain glissant », a dit le Président.  « S’ils choisissent d’ignorer les normes internationales et s’ils placent les armes nucléaires au-dessus de la stabilité régionale et méconnaissent les risques de la prolifération nucléaire, ils devront être tenus responsables de leurs actes. »  « Le monde doit parler d’une seule voix et dire que le droit international n’est pas un vain mot. »


Le Président américain a ensuite dénoncé le terrorisme.  Il n’y aura pas de sanctuaires pour Al-Qaida, a-t-il affirmé, indiquant que les États-Unis allaient continuer à appuyer le Pakistan.  M. Obama a ensuite fait part des efforts que son pays déploiera pour rétablir la paix au Soudan, en particulier au Darfour.  Les mêmes efforts seront déployés, en coopération avec les Nations Unies et les autres partenaires, pour des pays comme Haïti, la République démocratique du Congo et le Timor-Leste, a-t-il assuré. 


Après avoir annoncé qu’il a eu une réunion « constructive » hier avec Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, M. Obama a estimé que les États-Unis ne rendent pas service à Israël lorsqu’ils insistent sur leur attachement à la sécurité de ce pays sans insister dans le même temps sur le respect par Israël des revendications et des droits légitimes du peuple palestinien.  


Les nations rassemblées ici, a-t-il dit, ne rendent pas non plus service aux Palestiniens lorsqu’ils privilégient les attaques au vitriol au détriment d’une volonté constructive de reconnaître la légitimité d’Israël et son droit à vivre dans la paix et la sécurité.


Abordant ensuite le problème des changements climatiques, M. Obama a annoncé que son pays n’allait pas plus « trainer les pieds ».  Nous allons défendre, a-t-il promis, des coupes claires dans les émissions de gaz à effet de serre pour réaliser les objectifs fixés pour 2020 et 2050.  Tout effort en ce sens, a-t-il prévenu, doit impliquer les économies émergentes, grandes pollueuses, qui peuvent faire plus pour réduire leurs émissions sans compromettre leur croissance. 


Évoquant ensuite les défis que pose la récession, le Président américain a annoncé que la réunion du G-20, qui se tiendra à la fin de la semaine à Pittsburgh, allait mettre le cap sur une croissance « équilibrée et soutenue », par la mise en place de nouvelles règles et le renforcement de la régulation dans toutes les places financières pour mettre un terme à la cupidité et prévenir d’autres crises.


La croissance ne pourra être durable si tous les pays n’assument pas leurs responsabilités, a-t-il prévenu.  Les pays riches doivent ouvrir leurs marchés et réformer les institutions financières pour donner leur voix à davantage de nations.  Les pays en développement doivent extirper la corruption.


La démocratie, a-t-il reconnu, ne peut être imposée de l’extérieur.  Chaque pays doit choisir son modèle et aucun modèle n’est parfait.  Mais, a-t-il prévenu, certains principes sont universels et les États-Unis n’hésiteront jamais à défendre partout le droit des peuples à choisir leur destin. 


Les États-Unis sont prêts à ouvrir un nouveau chapitre de la coopération internationale, une coopération qui reconnaisse les droits et les responsabilités de chaque nation.  Avec foi en notre cause et attachement à nos valeurs, nous appelons toutes les nations à nous rejoindre pour édifier l’avenir que les peuples du monde méritent, a conclu le Président américain, au nom de son pays. 


M. MUAMMAR AL-QADHAFI, Président de la Jamahiriya arabe libyenne, a rappelé que les trois pays à l’origine de la création des Nations Unies, qui ont créé cette Organisation après la défaite de l’Allemagne, se sont arrogés le droit de veto au Conseil de sécurité et ont imposé au reste du monde « un habit qui n’était pas coupé pour lui ».  Le préambule de la Charte rappelle pourtant que toutes les nations sont égales, s’est étonné le Colonel.  Mais comment peut-on dire, à la lumière de la composition du Conseil, que les nations sont égales?  Le veto, privilège de quelques-uns, est contre tous les principes de la Charte, a-t-il affirmé. 


Son préambule stipule également que le recours à la force ne peut être invoqué que dans des situations d’intérêt commun.  Il y a eu pourtant 65 guerres après l’établissement du Conseil de sécurité, et personne ne peut dire qu’elles ont été menées dans l’intérêt de la communauté internationale, a poursuivi M. Al-Qadhafi.  Si une agression est perpétrée par un pays contre un autre, l’ONU doit y mettre un terme.  « Si la Libye veut agresser la France, il faut que l’ONU l’en dissuade ».  Mais comme l’histoire l’a montré, de nombreuses guerres ont été lancées par les pays qui se sont pourtant engagés à défendre l’indépendance et la souveraineté des peuples, les mêmes qui occupent un siège permanent au Conseil de sécurité.


Personne n’a le droit d’intervenir dans une situation intérieure, quel que soit le régime en vigueur dans le pays concerné, même s’il s’agit d’une dictature.  Si on nous avait parlé du droit de veto, nous n’aurions jamais rejoint cette Organisation, a assuré M. Al-Qadhafi.  « Nous récusons aujourd’hui l’augmentation du nombre des sièges permanents au Conseil de sécurité », a-t-il annoncé, soulignant que cette expansion ne ferait que renforcer l’injustice, l’iniquité et les rivalités entre tous les pays qui aspirent à rejoindre le Conseil. 


Nous n’avons pas besoin d’une Assemblée générale bis, mais d’une Assemblée qui serait l’instrument législatif universel des Nations Unies et d’un transfert des prérogatives aux groupes régionaux, a estimé le Président.  L’organe suprême des Nations Unies est l’Assemblée générale, a insisté le Président de la Libye, qui a annoncé qu’il allait soumettre ses propositions de réforme du Conseil au cours de la soixante-quatrième session.  Il faut laisser le Conseil de sécurité en l’état et transférer les pouvoirs à l’Assemblée générale. 


« Nous sommes des pays indépendants et nous voulons assurer l’égalité et l’équité de tous », a-t-il insisté.  Le terrorisme n’est pas seulement celui d’Al-Qaida mais aussi celui des décisions imposées par certains États.  « Celui qui dit: moi, je suis au-dessus de l’Assemblée générale, qu’il aille voir ailleurs », s’est exclamé le Président.   Si tel n’est pas le cas, on doit appeler ce Conseil, le « Conseil de la terreur ». 


Parce quand cela les arrange, ils invoquent le Chapitre VII de la Charte ou le chapitre « je-sais-pas-quoi ».  Quand ils n’en ont pas besoin, ils la mettent de côté, a dénoncé le Président, en soupçonnant que les grands pays veuillent utiliser le Conseil pour terroriser le tiers monde. 


La Cour internationale de justice impose aussi des décisions aux petits pays alors que d’autres, plus puissants, refusent de les appliquer, a poursuivi le Président.  L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a-t-il encore dit, se garde bien de vérifier les grandes puissances nucléaires.  « J’ai appelé un jour ElBaradei et je lui ai dit: en ce qui concerne les arsenaux des grands pays, avez-vous les moyens de vérifier? ».  Il m’a dit non, a-t-il révélé. 


Le Président libyen s’est félicité de voir un « noir » d’origine kenyane à la tête d’un pays comme les États-Unis, considérant Barack Obama « en quelque sorte comme une lueur dans le noir ».  Si M. Obama reste toujours au pouvoir, alors nous sommes tranquilles, a-t-il dit sous les applaudissements.  Le discours prononcé aujourd’hui par le Président Obama est vraiment différent de celui de ses prédécesseurs, a salué le Colonel.


Voulant alléger le fardeau de l’Amérique, il a proposé de transférer le siège des Nations Unies vers un autre pays pour 50 ans et ainsi de suite.  Le Président a également évoqué la question du Moyen-Orient, en se prononçant pour un État israélo-palestinien qu’il nommerait « Isratine ».


M. YOWERI KATUGA MUSEVENI, Président de l’Ouganda, a déclaré que son pays approuve le projet de réforme du Conseil de sécurité présenté par le Président de la Jamahiriya arabe libyenne et le principe d’un siège permanent pour l’Afrique.  Il a déclaré que son pays, comme de nombreux autres États d’Afrique, devait faire face à un double défi, à savoir, transformer son économie du stade préindustriel en celui d’économie moderne et, en même temps, affronter des problèmes causés par d’autres, comme l’actuelle crise économique et financière et la détérioration de l’environnement.


M. Museveni s’est demandé pourquoi, contrairement aux pays d’Asie, l’Afrique avait mis tant de temps pour sortir du « désert du sous-développement ».  « Avons-nous délaissé des choses que nous aurions dû faire et fait des choses que nous n’aurions pas dû faire?  Est-ce que la vérité n’était pas en nous? », s’est-il demandé, citant la Bible, avant de se réjouir que, depuis 15 ou 20 ans, les Africains aient trouvé la boussole du développement et que la « vérité commence à être vue en nous ». 


Le Président a ensuite rappelé que la croissance moyenne de son pays avait atteint 6,3% par an pendant 23 ans, et a été l’an passé de 7%, malgré la crise économique et financière, et sera encore plus élevée cette année.  Il a expliqué que ces résultats ont été obtenus malgré la faiblesse de trois types d’infrastructures stratégiques: l’électricité, les routes et le chemin de fer.  Les retards dans ces domaines étaient dus, a-t-il expliqué, à une dépendance envers des financements étrangers qu’il a qualifiés de « frivoles et erratiques ». 


En revanche, a ajouté M. Museveni, l’Ouganda est parvenu à la paix, à la stabilité macroéconomique et à une certaine forme de santé pour tous.  Il a mis l’accent sur l’éducation, l’intégration économique régionale, la démocratisation, l’accès aux marchés et la recherche scientifique.  De ce fait, les revenus de l’impôt qui étaient faibles à l’origine ont augmenté, et l’Ouganda est désormais en mesure de financer par lui-même ses routes, son électrification et ses voies ferrées, a affirmé le Président.  « Ce sont les Ougandais et les autres Africains de notre région qui ont longtemps été des sous-consommateurs, qui ont permis à notre économie de rester à flot malgré la récession mondiale » du fait de leur pouvoir d’achat accru, a-t-il affirmé.  Certes, a-t-il ajouté, nous accueillons volontiers les investissements étrangers, mais nous ne voulons pas être dépendants de ces derniers pour nos infrastructures vitales.


Le Président a toutefois reconnu que la résistance de son pays face à la crise aurait été encore meilleure s’il avait disposé des infrastructures en question.  Leur insuffisance en Afrique représente un goulet d’étranglement, a-t-il ajouté, avant d’en citer deux autres: l’exportation des matières premières plutôt que la transformation sur place, et le maintien d’une agriculture trop traditionnelle.  Estimant que l’Afrique disposait d’un grand potentiel, il a toutefois conclu en se demandant si l’abondance dont jouissent certains pays développés serait durable si le monde entier rejoignait leur mode de vie, ou si un tel mode de vie n’était possible que parce qu’il était réservé à une petite minorité. 


CHEIKH HAMAD BIN KHALIFA AL-THANI, Émir du Qatar, a estimé que la conjoncture actuelle était semblable à celle qui prévalait à la veille de la Conférence de Vienne de 1918, entre autres.  Cette situation offre la possibilité d’un renouveau car elle survient en une période de bouleversement international, a-t-il déclaré, citant notamment le « renouveau » des États-Unis.  Les tempêtes occasionnées par l’hégémonie et la bipolarité ont démontré qu’il importait de réévaluer ce dont le monde avait besoin, a-t-il estimé, affirmant ensuite que « rien ne peut remplacer le système des Nations Unies ».  Il a cependant dénoncé la manière dont avait été traitée la question des armes nucléaires ainsi que l’absence des petits États au processus de prise de décisions.


L’ONU doit être en mesure de fournir un cadre capable d’accommoder chaque État et de tenir compte des capacités de chaque partie.  L’Émir a également estimé qu’il importait de redonner l’autorité aux Nations Unies afin de leur permettre de gérer au mieux la question du Moyen-Orient et d’obtenir, par ailleurs, un consensus international légitime dans un cadre convenu. 


Il a ensuite déclaré que les pays producteurs de pétrole tenaient à s’assurer de la prospérité du monde, sans laquelle il ne saurait y avoir de paix.  Après avoir mentionné l’importance de la non-prolifération, le Cheikh Al-Thani s’est félicité de la tenue, hier au Siège de l’ONU, du Sommet sur les changements climatiques.


Évoquant ensuite les gisements de gaz dont dispose son pays, l’Émir a annoncé que le Qatar s’attachait à exporter ses ressources parce que leur consommation était moins préjudiciable pour l’environnement.  Le Qatar encourage également les industries à développer des nouvelles technologies d’énergie renouvelable et attache une importance particulière au partage des informations et des compétences en la matière, a-t-il dit.


M. GURBANGULY BERDIMUHAMEDOV, Président du Turkménistan, a plaidé en faveur d’une coordination et d’une interaction plus soutenues entre les États et les grandes organisations internationales en vue de réaliser les objectifs communs de la paix et de la sécurité mondiales, conditions préalables au développement et à la sauvegarde des valeurs morales et juridiques. 


À ce titre, les Nations Unies restent, pour M. Berdimuhamedov, le pôle d’attraction des espoirs et attentes des peuples du monde, et le pilier des discussions constructives entre États.  Par conséquent, le Turkménistan est en faveur des réformes rationnelles de l’ONU en vue de la rendre plus efficace.


Le Président a rappelé le principe de neutralité qui guide la politique étrangère de son pays.  Il a dit pleinement soutenir le travail du Centre régional de la diplomatie préventive pour l’Asie centrale qui a été créé en 2007 par les Nations Unies et dont le siège est à Ashgabat.  Parmi les facteurs qui menacent la paix et la sécurité régionales, M. Berdimuhamedov a cité la sécurité énergétique.  Il a préconisé, par conséquent, la mise en place d’un nouveau modèle universel des relations dans l’« espace énergétique » qui soit basé sur un équilibre entre les intérêts multilatéraux. 


Dans cet esprit et à l’initiative du Turkménistan, a rappelé le Président, l’Assemblée générale a adopté en 2008 une résolution sur le passage en transit des ressources énergétiques et son rôle dans la promotion d’une croissance stable et de la coopération internationale.  À la suite de cette adoption, le Turkménistan a proposé la tenue d’une Conférence internationale de haut niveau sur ce thème, qui a eu lieu en avril 2009 à Ashgabat. 


L’un des résultats de cette Conférence a été une proposition visant à demander aux Nations Unies de créer un instrument juridique international sur le transit des ressources énergétiques tenant compte de la position des pays concernés et des organisations internationales.  Comme première étape, le Turkménistan propose la création d’un groupe de travail sur la question.


Sur la question du désarmement, le Président a suggéré l’organisation, dans son pays en 2010, d’une conférence internationale sur la question du désarmement en Asie centrale et dans le bassin de la mer Caspienne.  À ce titre, le Turkménistan attache un intérêt particulier à l’établissement d’une paix durable en Afghanistan.  


Il a estimé qu’avec sa large expérience dans le domaine de la paix et son autorité morale, l’ONU est tout à fait capable de suggérer de nouvelles formes d’efforts diplomatiques pour résoudre les problèmes.  Un tel travail pourrait être fait par le Centre régional de la diplomatie préventive en Asie centrale, a encore estimé le Président.  


Mme MICHELLE BACHELET JERIA, Présidente du Chili, a rappelé que les Nations Unies ont, malgré bien des difficultés, contribué à des progrès dans les domaines de la paix, des droits de l’homme, du droit international, du développement, même si elles n’ont pas été en mesure d’éradiquer l’injustice.  « Nous ne pouvons décevoir les espoirs de l’humanité », a affirmé la Présidente.


« Pourtant, a fait remarquer Mme Bachelet, il semble parfois que ce soit ce que nous faisons. »  Elle a dénoncé le fait que plus d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim.  Il ne s’agit pas seulement d’une statistique, s’est indignée la Présidente, « c’est un enfant, c’est une mère qui meurt dans un pays pauvre, malgré l’opulence dans laquelle les pays développés vivent ».  Elle a mis en parallèle les trois mille milliards de dollars dépensés en quelques mois pour venir au secours du système financier mondial et la réduction annoncée de plus de moitié du budget du Programme alimentaire mondial (PAM) cette année.  Elle a jugé « impossible qu’au prétexte de la crise économique et financière, des pays réduisent leur contribution en faveur de la lutte contre la faim, de la protection de l’environnement et de la promotion du développement ».


Mme Bachelet a aussi estimé qu’il était « éthiquement intenable » que les dirigeants des banques d’investissement qui ont été au centre de la crise « reprennent aujourd’hui les affaires comme si de rien n’était et se reversent d’énormes bonus qui récompensent seulement une prise excessive de risques ».  « Nous ne pouvons tout simplement pas fonctionner ainsi », a-t-elle ajouté.


La Présidente du Chili s’est prononcée en faveur de modèles « plus justes, plus réalistes, soutenables et pratiques » pour garantir le progrès de tous les peuples.  Dénonçant « la crise d’un paradigme, d’une certaine forme de mondialisation », d’une « forme extrême de dogmatisme néolibéral » dans lequel « l’État est considéré comme un problème et non comme la solution », Mme »Bachelet a déclaré qu’au contraire, l’action du secteur public s’est révélée essentielle en cette période de crise.  Elle a cité son propre pays en exemple pour la manière dont il a agi pour limiter les effets de la crise et venir en aide aux plus vulnérables, affirmant qu’il avait su, contrairement à d’autres, tirer les leçons de crises passées et affronter l’actuelle avec de solides fondations économiques. 


Mme Bachelet a souhaité que la prochaine réunion du G-20 aboutisse à des progrès car, a-t-elle insisté, « la résignation n’est pas une option ».  Affirmant que « ni la rhétorique ni le populisme n’apporteront d’aide », elle a souhaité que chacun reste ouvert aux opportunités offertes par une mondialisation bien menée et s’est prononcée pour des mécanismes efficaces de sauvegarde de l’intérêt public.  Mais « ni le monde ni les États ne sont gouvernés par un pilote automatique qui serait à la traîne du marché, de la mondialisation et des changements sociaux », a-t-elle affirmé.


Prônant un retour au dialogue multilatéral et l’abandon de l’unilatéralisme, Mme Bachelet a dit soutenir la réforme et le renforcement des Nations Unies, ainsi qu’un élargissement du Conseil de sécurité.  Elle a salué le travail de la Commission de consolidation de la paix, a souhaité que l’Organisation forge « un pacte social mondial », et que les Objectifs du Millénaire pour le développement soient atteints en 2015.


La Présidente a souhaité et que des engagements contraignants soient pris pour lutter contre les changements climatiques et a demandé que les pays développés adoptent des mesures chiffrées plus ambitieuses que celles qui existent actuellement pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.  Elle leur a demandé d’assumer leur responsabilité historique dans les faits et non pas seulement en paroles.  S’ils apportent le soutien financier et technologique nécessaire, alors le monde en développement pourra faire des efforts encore plus importants, a-t-elle affirmé.


Mme Bachelet a rappelé que l’Amérique latine avait été en mesure de bâtir progressivement une vision commune qui permet notamment de venir rapidement en aide à une démocratie en péril.  À ce titre, elle a affirmé que le Honduras a droit à des élections libres et démocratiques sous la direction du Président constitutionnellement élu.  


M. TABARÉ VÁSQUEZ, Président de l’Uruguay, a réaffirmé l’importance pour son pays de respecter le droit international, en garantissant notamment la souveraineté des peuples et leur coexistence pacifique.  Il a dénoncé le coup d’État survenu au Honduras et a souhaité le retour au pouvoir du Président démocratiquement élu.  M. Vásquez a souligné l’importance de préserver les efforts d’intégration du continent américain sans exclusion, sans exception et sans embargo, tel que celui imposé à Cuba. 


L’Uruguay, a-t-il dit, encourage la coopération entre les États dans le combat contre le terrorisme, tout en soulignant son attachement aux droits de l’homme et au droit international.  Le pays est également engagé en faveur de l’environnement et du développement durable, a souligné son Président.  Il a précisé que l’Uruguay avait pris des engagements significatifs dans le cadre d’une politique de contrôle du tabac et est devenu en 2006 le premier pays sans tabac.  C’est une épidémie qui, chaque année, coûte la vie à quelque 5 millions de personnes dans le monde, a expliqué son Président.  À cette occasion, il a invité les Nations Unies à devenir, à leur tour, une zone sans tabac. 


Par ailleurs, en mai 2007, l’Uruguay s’est engagé à offrir à tous un accès aux technologies de l’information, avec comme objectif un ordinateur par enfant.  Enfin, le Président Vásquez a réaffirmé le soutien de son pays au processus de réforme des Nations Unies, et notamment la création des deux nouvelles structures que sont le Conseil des droits de l’homme et la Commission de consolidation de la paix.  


M. ABDELAZIZ BOUTEFLIKA, Président de l’Algérie, a débuté son propos en exprimant ses inquiétudes concernant la crise économique mondiale qui a montré les failles d’un système régi par les règles de la mondialisation et de la globalisation.  Il a estimé que toute solution sérieuse et durable passe par des décisions courageuses et concertées destinées à promouvoir la mise en place d’une gouvernance économique mondiale fondée sur les valeurs de responsabilité, d’équité, de solidarité et de progrès.  M. Bouteflika a déploré que les pays de l’hémisphère Sud portent aujourd’hui le fardeau de la crise alors que ces derniers ne sont pas responsables de la crise.


Concernant les changements climatiques, le Président de l’Algérie a souhaité que les négociations sur la conclusion d’un traité, qui remplacerait le Protocole de Kyoto, aboutissent dans l’intérêt de tous les pays.  Par ailleurs, les questions primordiales de désarmement et de non-prolifération sont restées otages de la politique de deux poids deux mesures, de pratiques discriminatoires et de non-respect des engagements pris par certaines puissances nucléaires, a souligné M. Bouteflika.  L’Algérie, a-t-il ajouté, adhère à la Stratégie antiterroriste mondiale et souhaite qu’un important arsenal juridique soit complété par l’adoption du projet de convention globale tant attendu. 


Le Président a plaidé en faveur d’un renforcement plus avant du dispositif concernant la lutte contre le financement du terrorisme, notamment l’interdiction absolue du paiement de rançon qui a atteint, au cours des dernières années, des proportions inquiétantes, d’autant que le produit de ces rançons s’est révélé être la principale source du financement du terrorisme.


M. Bouteflika a indiqué que son pays restait engagé dans le processus de réforme de l’Organisation des Nations Unies.  Il a souhaité une Assemblée générale revitalisée et confortée dans son mandat et un Conseil de sécurité renforcé qui intègre légitimement les pays en développement, et l’Afrique en général.  Le Président algérien a mis en avant l’attachement de son pays à respecter une politique de bon voisinage.  Cet attachement se manifeste à travers de nombreuses initiatives et notamment un Maghreb arabe apaisé, uni, prospère, totalement intègre, et qui laisse la place aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. 


L’Algérie a, à cet effet, déployé des efforts afin d’aboutir à une solution juste et durable dans conflit du Sahara occidental.  Nous apportons également un soutien au peuple palestinien, a poursuivi le Président.  Le Moyen-Orient ne peut retrouver la paix et la stabilité sans la résolution juste et durable de la question palestinienne, question au cœur du conflit arabo-palestinien, a-t-il dit.  M. Bouteflika a estimé qu’une solution satisfaisante ne sera possible que si des pressions sont exercées contre la force d’occupation israélienne afin d’amener cette dernière à cesser sa politique de provocation et d’agression contre le peuple palestinien.


M. Bouteflika a conclu son propos en indiquant que son pays participait activement à tous les efforts des pays africains pour consolider leur unité et mettre un terme aux conflits qui entravent leurs efforts de développement.  L’Union africaine est désormais un partenaire fiable et respecté, et sa collaboration avec les Nations Unies a permis des avancées visibles, notamment avec la réduction significative des tensions sur le continent.


M. LEE MYUNG-BAK, Président de la République de Corée, a promis qu’au Sommet du G-20, son pays jouera son rôle de représentant des pays en développement.  La République de Corée, a-t-il aussi promis, triplera d’ici à 2015, son aide au développent par rapport à l’année 2008.  En 2011, elle accueillera le quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide.  S’agissant des changements climatiques, le Président a rappelé que son pays a proposé la création d’un registre des meilleures pratiques d’atténuation (NAMAs) dans les pays en développement pour inciter ces pays à s’impliquer davantage dans ce type d’efforts.


Bien que non concerné par l’annexe I de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la République de Corée, a dit le Président, fera une annonce en matière de réduction de gaz à effet de serre d’ici à 2020 qui devrait contribuer au succès de la Conférence de Copenhague.  Au niveau national, le pays compte investir 2% de son PNB dans la croissance verte au cours des cinq prochaines années, soit le double de ce qui est préconisé par l’ONU.  Le Président a rappelé que son pays a été désigné par le G-8, leader dans la technologie de transformation.


Si l’énergie fossile est remplaçable, l’eau ne l’est pas, a souligné le Président.  Il est temps pour la communauté d’établir un système de gouvernance qui s’occuperait efficacement des questions liées à l’eau, a-t-il insisté, en proposant une initiative de coopération pour une gestion unifiée de l’eau.


Venant aux questions de non-prolifération nucléaire, le Président a estimé que la dénucléarisation de la péninsule nucléaire est une condition préalable à une réconciliation véritable et à l’unification de la région.  Il a indiqué que son pays s’impliquerait dans l’effort de démantèlement des programmes nucléaires de la République populaire démocratique de Corée.


Il a lancé un appel urgent à cette dernière pour qu’elle reprenne sans délai et sans conditions les Pourparlers à Six.  La République de Corée, a conclu le Président, multipliera les échanges avec la République populaire démocratique de Corée et veillera à son développement, avec la communauté internationale. 


« Je veux dire clairement qu’il est temps pour la République populaire démocratique de Corée de se décider et de rétablir la paix dans la péninsule.  Il y va aussi de son intérêt », a insisté le Président.


M. NICOLAS SARKOZY, Président de la France, a souligné le caractère extraordinaire de cette soixante-quatrième Assemblée générale qui se déroule au milieu d’une crise financière, économique et sociale sans précédent.  « Nous avons le devoir d’inventer un monde nouveau où les folies d’hier ne seront plus possibles », a déclaré M. Sarkozy, ajoutant que « maintenant nous savons tous vers quelles catastrophes peut nous conduire notre obstination à essayer de régler les problèmes du XXIe siècle avec les instruments et les idées du XXe siècle ».


Le Président de la France a estimé qu’après ce que le monde a vécu depuis un an, après être passé si près de l’effondrement de l’économie mondiale, après un tel démenti apporté aux habitudes de penser, aux certitudes, aux préjugés, la tâche qui incombe aux leaders d’aujourd’hui est de la même importance que celle qu’ont accomplie, au lendemain de la guerre, des hommes de bonne volonté qui voulaient asseoir la paix sur un nouvel ordre politique, économique et monétaire mondial.  « Le monde va changer.  Il ne peut en être autrement.  Nous avons trop attendu pour corriger les excès de la finance et pour réguler la mondialisation ».  « Nous avons également trop attendu pour faire obstacle à la prolifération nucléaire », a-t-il dit, en rappelant aux dirigeants iraniens qu’en misant sur la passivité de la communauté internationale pour poursuivre leur programme nucléaire militaire, ils commettraient une tragique erreur.  « Nous avons aussi trop attendu pour nous attaquer aux injustices et pour rétablir la paix au Moyen-Orient en donnant au peuple palestinien cet État qui lui est dû au nom du droit et de la justice, et en garantissant au peuple d’Israël ce droit de vivre en sécurité que les tragédies de l’Histoire lui ont rendu nécessaire. 


« La conscience universelle appelle ce changement », a poursuivi M. Sarkozy, ajoutant que cette crise oblige à faire preuve d’imagination et d’audace.  Pour la France, la nécessité d’une nouvelle gouvernance mondiale s’impose dans la politique, l’économie et dans l’environnement.  « Les pays les plus développés ne peuvent prétendre gouverner seuls l’humanité ».  Face à la crise, le G-8, a-t-il dit, n’aurait pas eu la force, l’autorité, la légitimité dont le G-20 a fait preuve.  C’est pourquoi, il faudrait élargir le cercle des membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité, a-t-il souligné.  Il en va de la légitimité de l’ONU et de sa capacité à agir dans un moment où le monde a tant besoin que la communauté internationale tout entière se mobilise pour relever des défis sans précédent, a-t-il insisté.  M. Sarkozy a souhaité que les États Membres parviennent à un accord sur une réforme provisoire du Conseil de sécurité avant la fin de cette année. 


Pour la France, a-t-il déclaré, les réformes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) sont également nécessaires, de manière à ce que les droits de vote y soient plus équitablement répartis.  M. Sarkozy a souhaité en outre que la mission de ces institutions soit redéfinie.  Il a estimé que leur rôle doit être de veiller aux grands équilibres économiques, monétaires et sociaux de la planète; et c’est pourquoi, il faut leur en donner les moyens. 


La France, a-t-il poursuivi, souhaite une refonte du système monétaire international pour qu’il n’y ait plus un « système unimonétaire » dans un monde devenu politiquement et économiquement multipolaire.  Elle souhaite en outre aller au bout de la refondation du capitalisme financier entreprise par le G-20; en finir avec les paradis fiscaux et limiter les fluctuations des cours des matières premières soumis à une spéculation excessive. 


Le Président Sarkozy a souligné que des engagements sur les objectifs chiffrés en matière d’émissions de gaz à effet de serre soient fixés cette année à Copenhague.  Il a préconisé la création d’une organisation mondiale de l’environnement unique qui viendrait remplacer les structures multiples actuelles.  Dans ce contexte, il a mis l’accent sur la nécessité de reconnaître la légitimité du principe de la taxe carbone aux frontières, car, a-t-il dit, c’est la seule condition pour que nul ne puisse tirer profit d’un dumping environnemental.


Abordant la question du commerce international, M. Sarkozy a estimé que l’on ne peut pas demander aux pays en développement qui ont du retard, et aux plus pauvres qui doivent faire face à tant de difficultés de respecter les normes fondamentales édictées par les organisations spécialisées des Nations Unies, sans les aider dans leurs efforts.  « Nous devons être capables de partager nos technologies et de trouver de nouvelles ressources pour l’aide au développement, pour relever ensemble le défi écologique, s’il le faut en taxant les gains excessifs de la spéculation et les rentes », a-t-il souligné.  Face à cette tâche immense, a estimé M. Sarkozy, il faudrait aller vite et le plus loin possible, car, a-t-il dit, il n’y aurait rien de pire qu’un compromis médiocre à Pittsburgh et à Copenhague. 


M. FREDERIK REINFELDT, Premier Ministre de la Suède, a, au nom de l’Union européenne, apporté un « message de coopération et de partenariat » aux Nations Unies, en disant que l’Union européenne « est ouverte sur le monde extérieur ».  Affirmant que la mondialisation a permis à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté mais est en même temps porteuse de risques, il a estimé que le monde a besoin de la légitimité des Nations Unies pour fixer le cadre et les mesures à prendre.  Les Nations Unies, pour leur part, doivent s’efforcer de rester crédibles et de traiter des problèmes à venir, a-t-il ajouté, avant de déclarer que l’Union européenne souhaite apporter sa contribution.  Il s’est en outre félicité de l’intention affichée par les États-Unis de travailler avec d’autres au sein d’organisations internationales.


Les pays développés doivent devenir chefs dans la lutte contre les changements climatiques, dont les conséquences s’annoncent alarmantes, a déclaré le Premier Ministre, qui a rappelé que ces pays devaient d’ici à 2020 réduire de 25% à 40% leurs émissions de gaz carbonique par rapport à leur niveau de 1990 et qu’ils feront tout pour parvenir à un accord lors de la Conférence de Copenhague.  Mais au-delà, pour que les émissions atteignent leur pic en 2020 puisqu’elles baissent de 50% d’ici à 2050, les efforts des pays développés ne suffiront pas, a ajouté M. Reinfeldt.  Nous avons besoin d’un engagement croissant de tous et d’engagements concrets à moyen terme de la part des pays en développement, a-t-il affirmé, tout en précisant que ces pays « ont besoin de notre aide pour payer l’addition que nous, pays développés, avons provoquée par nos émissions ».


L’Union européenne continuera de promouvoir la stabilité financière et une reprise mondiale durable, a déclaré M. Reinfeldt, qui a affirmé la volonté de l’Union de parvenir à un accord dans le cadre du Cycle de Doha, de contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et de respecter ses engagements en matière d’aide publique au développement (APD).


Rappelant que les droits de l’homme sont universels et indivisibles, M. Reinfeldt a affirmé que l’Union européenne continuera d’appeler à l’abolition totale et en toutes circonstances de la peine de mort dans le monde, et qu’elle s’efforcera de promouvoir la cause des femmes et de l’égalité des sexes.  L’Union européenne soutient pleinement le travail de la Cour pénale internationale (CPI). Elle travaille avec les Nations Unies en faveur du maintien et de la consolidation de la paix, et conduit ses propres opérations de maintien de la paix en coopération étroite avec l’ONU, a rappelé M. Reinfeldt, qui a lancé un appel pressant à la République populaire démocratique de Corée pour qu’elle renonce à l’arme nucléaire.  Il s’est félicité du Sommet sur la sécurité nucléaire qui aura lieu l’an prochain.


L’Union européenne a un partenariat fort avec l’Afrique et le soutient quand cela est nécessaire, a déclaré le Premier Ministre, qui a rappelé notamment la coopération de l’Union européenne avec les Nations Unies en République démocratique du Congo et l’opération navale Atalante au large de la Somalie, ainsi que son soutien à la Mission de l’Union africaine dans ce pays (AMISOM).


M. Reinfeldt a aussi rappelé que l’Europe est une union des cultures et qu’elle souhaite renforcer son interaction avec le monde musulman, via l’Alliance des civilisations ou encore la coopération pour l’éducation et le développement.  Il a rappelé le rôle de l’Union européenne en faveur de la stabilisation et du développement de l’Afghanistan et a souligné que l’éducation des fillettes et des femmes y est indispensable.  L’Union européenne, a-t-il ajouté, soutiendra les efforts de démocratisation du Pakistan.  Elle soutient aussi les efforts des États-Unis pour reprendre les négociations de paix au Moyen-Orient et est disposée à contribuer activement à leur succès, a encore affirmé M. Reinfeldt qui a, par ailleurs, demandé à l’Iran de respecter les résolutions du Conseil de sécurité et de contribuer à la paix dans la région.


M. SILVIO BERLUSCONI, Premier Ministre de l’Italie, est d’abord revenu sur les décisions prises par le Sommet du G-8 à L’Aquila concernant la régulation des milieux bancaires et des marchés financiers, les négociations commerciales du Cycle de Doha, la lutte contre les changements climatiques, le développement agricole, et le combat contre la spéculation dans les marchés de l’énergie, des matières premières et des produits alimentaires.  La crise de laquelle le monde émerge, a-t-il dit, exige de s’interroger sur les questions de gouvernance.  Avec le G-20, a-t-il estimé, il faut s’attaquer à la gouvernance de l’économie mondiale et ouvrir la porte à tous ceux qui veulent contribuer à ces efforts.


Ces efforts doivent tenir compte du rôle de l’ONU, en particulier de son organe le plus universel, l’Assemblée générale, a insisté le Premier Ministre.  Il faut aussi réformer le Conseil de sécurité, a-t-il convenu, tout en appelant à la prudence.  L’ajout de nouveaux membres permanents ne fera que renforcer le sentiment d’exclusion des pays qui contribuent activement à la paix et à la sécurité internationales et de ceux qui pourraient assumer plus de responsabilités dans le futur. 


M. GORDON BROWN, Premier Ministre du Royaume-Uni, a affirmé que, face à la crise qui menaçait rien moins que de provoquer l’effondrement de nations entières, les Gouvernements du G-20 avaient agi de concert en reconnaissant que les intérêts nationaux ne pourraient être préservés qu’en préservant l’intérêt commun.  Ils ont aussi réalisé, que dans un monde globalisé, l’économie est indivisible; que la croissance, pour être durable, doit être partagée; et enfin que les défis mondiaux ne peuvent être relevés que par des solutions mondiales. Aujourd’hui, a-t-il ajouté, nous pouvons tirer une force de cette unité sans précédent.


Toutefois, a averti M. Brown, nous ne pouvons pas nous montrer complaisants.  Le Premier Ministre a estimé que les six mois à venir pourraient même s’avérer encore plus éprouvants pour la coopération internationale.  Il a cité cinq « défis urgents » qui exigent des réponses susceptibles de marquer notre temps: les changements climatiques, le terrorisme, la prolifération nucléaire, la pauvreté et une prospérité inéquitable.  Sur ces questions, nous avons atteint le point de non-retour, a ajouté M. Brown.


Si nous ne parvenons pas à un accord à Copenhague, et si nous laissons passer cette occasion de protéger la planète, nous n’aurons pas de seconde chance, a averti le Premier Ministre britannique, en prévenant: « il n’y aura pas d’accord mondial rétrospectif pour revenir sur les dégâts que nous aurons causés ».  Malgré toutes les assurances reçues, le succès de Copenhague n’est pas garanti, a poursuivi M. Brown.  En effet, a-t-il expliqué, un accord solide et à long terme exige de l’argent.  Pour aider les pays pauvres à s’adapter, pour que les pays émergents s’engagent sur la voie des limitations d’émissions et pour mettre fin à la déforestation, il faudra que les pays riches contribuent, a-t-il affirmé.  Il a rappelé qu’il avait présenté une nouvelle approche pour le financement des mesures contre les changements climatiques.  Il a répété qu’il se rendrait personnellement à Copenhague pour conclure un accord; et a invité ses pairs à faire de même, jugeant l’enjeu trop important pour être laissé aux négociateurs officiels.


Si en Afghanistan nous cédons aux rebelles et autres groupes terroristes, Al-Qaida reviendra et, depuis ses sanctuaires, lancera de nouvelles attaques, a poursuivi M. Brown, pour qui « un Afghanistan plus sûr signifie un monde plus sûr ».  Le Premier Ministre a averti qu’on n’obtiendra pas cette sécurité en se retirant du pays et en renonçant à tous les efforts.  Après avoir souhaité l’adoption d’une nouvelle stratégie qui donne aux autorités et au peuple afghans une plus grande responsabilité dans leur propre sécurité, M. Brown a plaidé pour une union contre toutes les sources d’injustice et de terreur dans le monde.  Il a cité en ce sens la Somalie, la situation au Moyen-Orient et la Birmanie.  Nous pouvons et devons faire davantage et adopter une approche stratégique plus cohérente du maintien et du rétablissement de la paix, a affirmé le Premier Ministre.


M. Brown a mis en garde contre le risque croissant de la prolifération nucléaire et a proposé un « grand deal mondial » qui tienne compte des droits et des devoirs des États non nucléaires et des États nucléaires.  Il a averti l’Iran et la République populaire démocratique de Corée que le monde allait durcir sa position sur la non-prolifération et s’est dit prêt à étudier de nouvelles sanctions.  Aux États disposés à renoncer à toute forme d’arme nucléaire, il a proposé de les aider à acquérir la technologie nucléaire civile, en faisant référence au projet « atome pour la paix » du Président Eisenhower.  Il s’est ainsi dit prêt à parrainer une banque de l’uranium et a annoncé que son pays était disposé à créer un centre d’excellence pour mettre au point un combustible nucléaire « antiprolifération » et à faible émission de carbone.  Enfin, déclarant que les États dotés de l’arme nucléaire devaient prendre leur part en réduisant leur propre arsenal, il a annoncé avoir demandé au Comité national de sécurité britannique d’étudier la possibilité de ramener le nombre des sous-marins lanceurs d’engins de quatre à trois.


M. Brown a souhaité que le G-20 de Pittsburgh parvienne à un accord global ambitieux en faveur de l’emploi et de la croissance, et a plaidé en faveur d’une forte coordination économique.  Un tel accord doit s’appuyer sur une réforme globale du secteur financier, y compris ses principes internationaux et ses octrois de bonus, a ajouté le Premier Ministre.


Nous devons nous souvenir des promesses faites il y a 10 ans et que nous risquons maintenant de trahir, a déclaré M. Brown, en faisant référence aux Objectifs du Millénaire pour le développement.  Au rythme actuel, ce ne sont pas cinq ans, mais au moins 50 voire 100 ans, qui seront nécessaires pour atteindre certains de ces objectifs, a-t-il averti.  Face aux plus grandes injustices, il a réclamé les actions les plus fermes.  M. Brown a promis l’appui de son pays aux dirigeants de plusieurs États.  Il a cité, en particulier le Libéria, la Sierra Leone, le Ghana, le Malawi, le Népal et le Burundi qui devraient annoncer, au cours de cette session, des mesures pour étendre la gratuité de leur système de santé.  Il a invité les autres dirigeants à faire de même.


Mme CRISTINA FERNÁNDEZ DE KIRCHNER, Présidente de l’Argentine, a déclaré que si l’on n’applique pas de stratégie multilatérale forte au Honduras pour veiller à l’organisation d’élections démocratiques, dans le respect de la Constitution nationale, une crise politique très grave se profilerait à l’horizon.  Le vrai multilatéralisme exige de tous des actions concrètes, comme par exemple dans le domaine des changements climatiques, a-t-elle en effet estimé, regrettant que le Protocole de Kyoto n’ait pas été pleinement mis en œuvre. 


La Présidente a ensuite fustigé l’occupation des îles Falkland (Malvinas), qui continue de vivre sous la férule coloniale.  Elle a, par ailleurs, déclaré, en parlant du Président de l’Iran: « nul doute qu’il niera les tragédies historiques dont l’Occident a souffert au XXe siècle ».  Ce que j’aimerais lui dire, a-t-elle poursuivi, c’est que l’Argentine n’est pas un pays impérialiste mais a, au contraire, souffert du colonialisme et de la dictature.  « Comme M. Ahmadinejad, je crois en Dieu; et comme lui, je ne crois pas que Dieu parraine l’injustice », a souligné la Présidente.


Je ne peux pas conclure sans évoquer trois faits, a-t-elle ajouté.  Le premier s’est produit au début de ce mois, lorsque l’Argentine a reçu la visite de la Commission interaméricaine des droits de l’homme.  Cela faisait 30 ans qu’elle n’avait pas fait le déplacement, depuis qu’elle était venue évaluer les crimes et sévices commis sous la dictature.  Cette Commission est arrivée au moment où nous avons fait passer une loi punissant les entraves à la liberté d’expression, tandis qu’un projet de loi est à l’étude pour récupérer les enfants nés en captivité pendant la dictature. 


Par ailleurs, a poursuivi Mme de Kirchner, j’ai écouté ce matin M. Obama et j’ai été très ému de l’entendre dire que le peuple palestinien a le droit de vivre en paix et en sécurité aux côtés du peuple israélien.  Enfin, en tant que membre du G-20, nous avons demandé la présence demain au Sommet de Pittsburgh de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a indiqué la Présidente, estimant que la question de la crise économique et financière, et surtout de ses conséquences sur les populations, était d’une importance capitale. 


Enfin, a-t-elle réitéré, il est nécessaire de bâtir un nouveau multilatéralisme, dans le cadre duquel les droits et les obligations seront les mêmes pour les pays riches comme pour les pays pauvres.  Si nous n’y parvenons pas, nous allons nous perdre dans des exercices rhétoriques inutiles, a conclu la Présidente.


M. EMOMALI RAHMON, Président du Tadjikistan, a noté qu’au cours des dernières décennies, en dépit des progrès rendus possibles par la mondialisation, celle-ci avait aussi entraîné la propagation de fléaux qui constituent de sérieux défis pour la communauté internationale.  Parmi ces défis, le Président du Tadjikistan a cité le terrorisme, l’extrémisme, le crime organisé, les pandémies et divers défis écologiques nouveaux.


Les Nations Unies, a-t-il souligné, jouent un rôle central dans la mobilisation en vue de relever les défis de notre temps et d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a souligné le rôle majeur que jouent les opérations de maintien de la paix des Nations Unies auxquelles, pour la première fois en 2008, son pays s’est joint en y déployant des officiers de police.  M. Rahmon a en outre annoncé que son pays élaborait en ce moment une stratégie nationale de développement des compétences en matière de maintien de la paix.


Évoquant la question du désarmement, sujet auquel son pays accorde une grande importance, le Président tadjik a dit espérer que la Conférence des parties chargées d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), prévue en 2010, permettra des échanges constructifs et des actions pratiques sur ces enjeux urgents.  Il a, par ailleurs, apporté son soutien aux efforts des Nations Unies pour combattre le commerce illégal des armes légères. 


De même, il a exprimé son soutien aux efforts en vue d’aboutir à l’interdiction complète des mines antipersonnel.  « Il est essentiel d’accélérer l’adoption d’une convention internationale contre le terrorisme », a-t-il encore précisé.  Le Président a également estimé que les efforts de lutte contre le trafic illégal de drogues font partie des efforts de lutte contre le terrorisme.  À ce sujet, son pays, a-t-il expliqué, a mis en place des institutions avec le soutien des Nations Unies, ce qui vaut au Tadjikistan d’être classé en première position des pays de l’ex-Union soviétique en matière de lutte contre le trafic de drogues. 


Le Président a estimé que ce programme qui a permis de sauver plus de 36 millions de personnes de la dépendance à la drogue, pouvait être mis en œuvre en Afghanistan.  « Nous sommes profondément favorables au renforcement de la paix et de la stabilité en Afghanistan dans la mesure où la paix et la sécurité en Asie centrale dépendent de la situation en Afghanistan », a-t-il déclaré.


Sur la question de la crise énergétique, le Président a noté que les efforts s’étant avérés infructueux jusqu’à présent, l’accès à l’énergie et les Objectifs du Millénaire pour le développement, devaient être la priorité de l’heure.  « Chaque année, a-t-il rappelé, les catastrophes naturelles se multiplient et causent de sévères conséquences à l’agriculture, à l’environnement et à l’économie de pays comme le Tadjikistan dont 93% du territoire est recouvert de montagnes ». 


Le Président a noté que seule une approche intégrée mutuellement avantageuse pour les pays de sa région pour l’utilisation de l’eau et des autres ressources naturelles permettra de résoudre les problèmes de l’énergie, de l’alimentation et de l’environnement qui sont tous liés les uns aux autres ».  M. Rahmon a rappelé que son pays avait formulé des propositions, notamment sur la question liée à la crise de l’eau.  Il a notamment proposé que 2012 soit déclarée l’année internationale de la diplomatie de l’eau.


M. HU JINTAO, Président de la République populaire de Chine, a estimé qu’il faut envisager la sécurité avec une vue plus large pour préserver la paix et la stabilité mondiales.  Le dirigeant chinois a engagé les États Membres à ancrer dans leur esprit « le nouveau concept de sécurité » caractérisé par la confiance mutuelle, les bénéfices réciproques, l’égalité et la collaboration pour assurer la sécurité afin de défendre la sécurité nationale, tout en se souciant des préoccupations sécuritaires des autres.  Pour M. Hu, il importe d’assurer le rôle essentiel des Nations Unies en matière de sécurité internationale et de faire valoir l’esprit « d’égalité, de bénéfices mutuels et de coopération » pour garantir la stabilité économique et financière.  Il faut aussi combattre toute forme de terrorisme, de séparatisme et d’extrémisme pour approfondir sans cesse la coopération internationale en matière de sécurité.


Le Président a, en deuxième lieu, préconisé de « voir le développement avec une vision plus globale pour promouvoir une prospérité commune ».  Il faut, a-t-il préconisé, donner la priorité à la promotion d’un développement partagé et faire en sorte que les Nations Unies consentent davantage d’efforts pour orienter la mondialisation économique vers l’équilibre, le bénéfice pour tous et le gagnant-gagnant.


Les institutions financières devraient consacrer leurs nouvelles ressources aux pays en développement et leur octroyer des conditions de crédit plus souples, plus pratiques et plus efficaces.  La réforme du système financier international devrait permettre « surtout » de renforcer la représentation et la voix des pays en développement, a encore dit le Président.  Il faut, a-t-il poursuivi, « combattre fermement » le protectionnisme et faire aboutir rapidement les négociations du Cycle de Doha. 


En troisième lieu, le Président a appelé au développement de la coopération « avec un esprit plus ouvert pour réaliser les avantages mutuels ».  Une coopération internationale renforcée est le seul choix possible pour relever les défis et garantir l’harmonie et la paix, a-t-il notamment estimé.  La coopération est la clef pour faire face aux changements climatiques, a-t-il affirmé. 


Il faut aussi, a-t-il poursuivi, accroitre les investissements dans l’agriculture, juguler la spéculation sur les marchés, augmenter les aides alimentaires et renforcer la coopération agricole et alimentaire.  En quatrième lieu, le Président a appelé « à faire preuve de tolérance mutuelle grâce à une grande ouverture d’esprit pour une coexistence dans l’harmonie ». 


Le Prince ALBERT II de Monaco a estimé que l’échéance de 2015 prévue pour l’évaluation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui semblait déjà compromise, exige face aux souffrances causées par la récente crise la définition d’une vision globale pour l’avenir de l’humanité.  Soulignant l’importance de l’aide au développement, il a indiqué que son pays allait y consacrer 0,7% de son produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2015.  Cette aide ne doit pas être sacrifiée en raison de la situation économique et financière, a-t-il dit.  L’aide, a-t-il dit, doit s’accompagner d’investissements à long terme visant à renforcer les capacités des pays en développement, notamment par des transferts de technologies appropriées en vue de respecter les impératifs du développement durable.


Le Prince Albert qui a voulu que l’agriculture occupe la place qui lui revient dans le contexte de la sécurité alimentaire, pour laquelle « une gestion intégrée des ressources en eau s’impose ».  S’inquiétant des effets des changements climatiques, il a prévenu qu’« un échec des négociations à Copenhague ne saurait être envisagé ».  Le Prince Albert a réitéré l’ambition de sa Principauté de devenir « carbone neutre » et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici à 2020 et de 60% d’ici à 2050. 


S’agissant de la transparence et de l’échange des renseignements bancaires et fiscaux, le Prince a affirmé que son pays s’emploie, depuis des mois, à remplir les obligations qu’il a souscrites de se conformer aux normes exigées par l’Organisation de coopération et le développement économiques (OCDE).  Dans les prochains jours, a-t-il annoncé, Monaco verra ses efforts reconnus par l’OCDE en figurant désormais sur sa « liste blanche ». 


Mais, a-t-il prévenu, la crise de confiance engendrée par la débâcle financière rend plus que jamais nécessaire que les mesures prises au sein du G-20 rassemblent sans discrimination l’ensemble des États Membres.  Une structure de consultation permettrait d’assurer ainsi la légitimité des décisions prises, a-t-il dit. 


M. ÁLVARO URIBE VÉLEZ, Président de la Colombie, a déclaré que son pays cherchait à obtenir la confiance de la communauté nationale et internationale en agissant sur trois axes: la sécurité dans le respect des valeurs démocratiques; la promotion des investissements et de l’esprit d’entreprise; et la cohésion sociale dans la liberté.  M. Uribe Vélez a longuement insisté sur les progrès réalisés par son pays dans le domaine de la sécurité, en affirmant que l’État avait reconquis un double monopole qu’il n’aurait jamais dû perdre: celui des forces institutionnelles destinées à lutter contre la criminalité et celui de la justice.  Il a affirmé que les structures paramilitaires ont été démantelées.


Le terrorisme ne peut être ignoré au nom des bonnes relations internationales, a déclaré M. Uribe Vélez, pour qui le multilatéralisme et la diplomatie doivent au contraire mener à la collaboration dans la lutte contre ce fléau et ceux qui lui sont associés, comme le trafic de drogues, d’armes ou de drogues illégales, ainsi que les sanctuaires des terroristes ou le blanchiment d’argent.  En Colombie, la seule motivation du terrorisme est le trafic de drogues, a affirmé le Président.  Il a en outre estimé que la distinction entre pays producteurs et pays consommateurs de drogues avait disparu.  La Colombie, a-t-il ajouté, a commencé comme un espace de trafic de drogues avant de devenir un centre de production puis un pays consommateur.  Plutôt que de préconiser la légalisation des drogues, nous devrions insister sur le caractère illégal de leur consommation, a-t-il ajouté.


La crise actuelle est une crise de la spéculation, pas une crise de la créativité née de la liberté d’entreprendre, a ensuite affirmé le Président de la Colombie.  Il a cependant dit craindre une phase de protectionnisme dans les économies des pays développés, qui nuirait à la reprise durable de la croissance.  La responsabilité sociale est inséparable de la lutte contre les changements climatiques, a-t-il poursuivi, en rappelant que la Colombie est un producteur net d’oxygène et un petit contributeur en émission de gaz carbonique.  Notre plus grande contribution à la lutte contre les changements climatiques est la préservation des 578 000 km2 de la forêt tropicale, soit 51% du territoire national, a-t-il ajouté.


M. Uribe Vélez a également rappelé que son pays est le second producteur en Amérique latine d’éthanol fabriqué à partir de la canne à sucre, et le premier de biodiesel à partir d’huile de palme.  Les conditions de culture de ces deux productions en permettent la croissance sans détruire la forêt pluviale ni menacer la sécurité alimentaire.  Nous ne gagnerions rien de la sécurité, des investissements, de la santé, de l’éducation ni de l’ensemble de nos politiques de cohésion sociale si nous n’attachions pas une importance égale à notre environnement, a conclu M. Uribe Vélez, qui a rappelé que son pays détient 14% de la diversité mondiale, occupant le deuxième rang derrière le Brésil. 


M. DMITRI MEDVEDEV, Président de la Fédération de Russie, a déclaré que cette session de l’Assemblée générale se déroulait à un moment crucial, alors que sévit une crise économique aggravée par les menaces que rencontre le monde en développement, à savoir les conflits locaux et régionaux, le terrorisme et la criminalité transfrontalière, l’insécurité alimentaire et les changements climatiques. 


Un besoin de leadership collectif se fait plus que jamais ressentir, a-t-il estimé, comme en témoigne, selon lui, le rôle prépondérant du G-8 et du G-20, ainsi que par d’autres fora de médiation et de négociations.  La Fédération de Russie, pour sa part, continuera de renforcer les mécanismes d’interaction régionaux avec ses partenaires de la Communauté des États indépendants, de l’Organisation de Shanghai pour la coopération et du BRIC (composé du Brésil, de la Fédération de Russie, de l’Inde et de la Chine).


Le Président russe a ensuite affirmé que certains problèmes ne pouvaient être résolus sans les Nations Unies ou en dehors de cette Organisation.  Le premier est le déséquilibre qui prévaut au sein des mécanismes de gouvernance économique mondiale et l’inégalité des « règles du jeu ».  Nous devons unir nos efforts pour établir un modèle financier et économique capable de permettre à chacun de se prémunir des crises qui éclatent aujourd’hui. 


En outre, l’assistance des donateurs aux pays en développement ne peut être remise à plus tard, a poursuivi M. Medvedev, qui a également encouragé la recherche de solutions aux problèmes posés par la crise énergétique.  La Fédération de Russie considère aussi comme important que les Nations Unies s’adaptent aux nouvelles réalités mondiales tout en préservant leur nature multilatérale.


Évoquant le processus de désarmement, le Président a affirmé qu’il fallait l’accélérer sous les auspices des Nations Unies, se félicitant des récentes tendances positives observées en ce domaine.  Il a signalé l’initiative sino-russe concernant un traité contre le lancement d’armes dans l’espace extra-atmosphérique, ainsi que la proposition d’universaliser le Traité russo-américain sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à plus courte portée. 


La Fédération de Russie, a assuré M. Medvedev, continuera de s’engager sur la voie d’une réduction vérifiable et irréversible de son armement nucléaire, un élément essentiel du nouveau départ de ses relations avec les États-Unis.  Le Président Obama et moi-même, a-t-il dit, avons signé un document à Moscou au mois de juin dernier et un mandat pour des négociations supplémentaires a été convenu en vue d’élaborer un traité juridiquement contraignant pour remplacer celui concernant la limitation des armes stratégiques offensives, qui expire en décembre.


Soulignant la relation objective entre les armes stratégiques offensives et défensives, le Président russe a estimé que les ajustements récemment annoncés par les États-Unis dans leur système de défense antimissiles constituaient un pas significatif dans la bonne direction et méritaient une réponse positive de la part de la communauté internationale. 


M. Medvedev a déclaré que son pays était prêt à s’engager dans une discussion approfondie des propositions américaines et des initiatives russes concernant la coopération en ce domaine en vue de conclure des arrangements acceptables.  Il a également espéré que les efforts pour élaborer un nouveau traité sur le désarmement nucléaire seraient pleinement cohérents avec les dispositions pertinentes du document conjoint approuvé par le Président des États-Unis et lui-même au cours de leur entrevue à Moscou. 


« Nous sommes convaincus que d’autres puissances nucléaires devraient se joindre aux efforts de désarmement de nos deux pays », a assuré le Président Medvedev, qui a estimé qu’il n’était pas nécessaire pour cela d’attendre des progrès supplémentaires de la part de la Fédération de Russie et des États-Unis.  Abordant ensuite la situation au Moyen-Orient à la lumière du désarmement, il a rappelé que son pays, en tant que membre du Quatuor, soutenait de longue date les efforts visant à renforcer le régime de non-prolifération dans cette région du monde. 


La Fédération de Russie, a rappelé M. Medvedev, a fait des propositions spécifiques dans le cadre du processus d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) pour rechercher des moyens acceptables de mettre en œuvre les décisions pertinentes de ce Traité.  Tous les pays de la région doivent maintenant s’impliquer dans ce processus afin de parvenir un jour à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires.


Évoquant enfin les conflits régionaux, le Président a condamné l’intervention armée de la Géorgie pour résoudre ses problèmes avec l’Ossétie du Sud.  Pour éviter que de telles situations ne se reproduisent, nous devons disposer de mécanismes efficaces pour appliquer « le principe de l’indivisibilité de la sécurité », qui devrait devenir partie intégrante du droit international, a-t-il jugé.


M. JACOB ZUMA, Président de l’Afrique du Sud, a rappelé le rôle important joué par les membres de la communauté internationale et l’Assemblée générale pour mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud.  C’était il y a 20 ans et l’Afrique du Sud restera à jamais reconnaissante à l’égard de la solidarité internationale, a souligné le Président.  L’Afrique du Sud s’est, à cet égard, engagé à son tour auprès de la communauté internationale dans son combat contre la pauvreté et dans sa réponse à la crise économique mondiale, a-t-il poursuivi. 


M. Zuma a estimé que l’ONU était l’organe essentiel qui devait jouer un rôle significatif pour mettre fin à cette crise.  Elle ne doit pas, selon lui, être une excuse aux retards pris dans la réalisation des OMD.  Par ailleurs, le Président a estimé que la crise avait mis en lumière la nécessité de réformer les institutions telles que celles de Bretton Woods.  Ces institutions ne reflètent toujours pas le paysage international, depuis leur formation il y a un siècle, a-t-il poursuivi. 


Le Président de l’Afrique du Sud a estimé qu’au cours des 20 dernières années, l’Afrique avait fait des progrès considérables pour mettre fin aux conflits et promouvoir les pratiques et les institutions démocratiques.  Toutefois, plusieurs conflits persistent, a déploré M. Zuma.  Il a rappelé la nécessité de réaffirmer constamment les droits inaliénables de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes.  Alors que la première décennie du XXIe siècle s’achève, il a regretté que certaines nations soient toujours sous le joug de l’occupation et que les peuples soient oppressés. 


M. Zuma a souhaité que la question du Sahara occidental soit résolue, qu’Israël et la Palestine coexistent pacifiquement et qu’un terme soit mis à l’embargo économique, commercial et financier sur Cuba.  Il a aussi mis en garde contre les conséquences dramatiques des changements climatiques en Afrique qui mettent en péril les efforts pour éradiquer la pauvreté. 


Nous devons prendre des décisions dès à présent pour s’assurer qu’un accord mondial et juste soit trouvé pour relever ces défis.  La solution au problème climatique ne peut être séparée d’une bataille pour éradiquer la pauvreté, a dit M. Zuma en appuyant la réforme de l’ONU.


Rappelant que cette année marquait le vingtième anniversaire de la chute du communisme, M. VÁCLAV KLAUS, Président de la République tchèque, a indiqué que son pays, comme nombre d’autres pays d’Europe centrale et orientale, avait réussi à édifier une démocratie politique stable et une économie de marché libre.  Il s’est félicité de ce que grâce aux mesures mises en œuvre jusqu’à présent pour enrayer le crise financière, une « réaction protectionniste massive » ait pu être évitée. 


Le protectionnisme, sous toutes ses formes, doit être résolument condamné, a-t-il affirmé, avant de prévenir que « nous nous trouvons au début d’une période postcrise difficile et très compliquée ».  Il a averti que de nombreux États Membres font face au « piège de la dette », tandis que les flux de capitaux privés se font plus rares.  Les déficits fiscaux « énormes » compromettent la croissance économique aussi bien des pays développés que des pays en développement, a-t-il également indiqué.


Pour le Président tchèque, ce serait une « erreur tragique » que d’affaiblir la liberté économique au profit de régulations « étatiques ou supra-étatiques ».  Lorsque nous cherchons une réaction appropriée aux problèmes liées à la crise actuelle, a poursuivi M. Klaus, nous devons réaliser que la crise était l’échec des gouvernements et non des marchés. 


Ne nous laissons pas leurrer en croyant que le cycle économique et ses conséquences pourraient être évités par plus de régulations ou une gouvernance mondiale de l’économie mondiale, a-t-il notamment dit.  La croissance économique dépendra de la suppression des barrières commerciales et de l’érection d’autres qui compliqueraient l’accès des pays pauvres aux marchés et leur capacité à se développer par leurs propres moyens.  . 


Abordant la question des changements climatiques, le Président tchèque a estimé que les mesures proposées jusqu’à présent pour y remédier représentaient un « lourd fardeau », aussi bien pour les pays développés que pour les pays en développement.  Les pays riches, qui défendent souvent ces questions dans les forums internationaux, perdent pourtant leur capacité à aider les pays plus pauvres à assumer ces coûts supplémentaires, a prévenu le Président. 


M. CARLOS MAURICIO FUNES CARTAGENA, Président d’El Salvador, a affirmé que son pays avait, voici trois mois, lancé un processus d’approfondissement et de renforcement de la démocratie, après un changement de gouvernement mettant fin à deux décennies de la même direction politique.  Il a présenté les grandes lignes de la nouvelle politique de son gouvernement d’unité nationale placé sous le triple signe « unir, croître et intégrer », et a affirmé qu’en moins de 100 jours, d’importantes mesures sociales avaient été prises, notamment en faveur des plus pauvres.


M. Funes Cartagena a ensuite insisté sur deux « blessures ouvertes » dont souffre El Salvador: la violence urbaine et l’émigration, qui affectent trois millions de Salvadoriens.  Face à la première, il a affirmé la nécessité de politiques fermes, permanentes et intelligentes, tout en ajoutant que l’État et le Gouvernement ne pouvaient pas tout résoudre seuls et qu’ils avaient besoin du soutien et de la participation de l’ensemble de la société.  Il a proposé d’accueillir une conférence internationale sur cette question et a demandé à cette fin l’appui logistique et financier des Nations Unies et de l’Organisation des États américains. 


Quant aux émigrés dont il a renforcé les droits politiques, le Président s’est dit inquiet non seulement de l’instabilité et de la crainte dans laquelle vivent les émigrés illégaux, mais aussi des conséquences de la crise économique et financière mondiale sur eux.  Il s’est engagé à agir pour renforcer les droits des migrants et a dit attendre avec intérêt le dialogue de haut niveau sur les migrations internationales.  Il a garanti la participation de son pays au troisième Forum mondial sur les migrations et le développement qui aura lieu à Athènes.


El Salvador mène une politique extérieure fondée sur l’amitié, la coopération, la solidarité et le respect mutuel, la bonne foi et l’absence d’idéologie, a affirmé M. Funes Cartagena, qui a mentionné le rétablissement récent des relations diplomatiques entre son pays et Cuba.  Il a appelé ses homologues d’Amérique centrale à réfléchir à leur intégration, en faisant appel à l’esprit de liberté et d’indépendance dans lequel avait été fondé, au XIXe siècle, la République fédérale d’Amérique centrale.  Un des objectifs d’une telle intégration serait le renforcement des institutions démocratiques régionales pour éviter des épisodes tels que le coup d’État militaire au Honduras, a poursuivi M. Funes Cartagena, qui a exigé le retour immédiat à la constitutionnalité, le retour du Président Zelaya et la création d’un gouvernement d’union nationale dans l’esprit de l’Accord de San José.


Face à la crise économique et financière, qui affecte tous les pays mais en particulier les plus pauvres, la solidarité et la coopération internationales acquièrent une importance essentielle pour les pays en développement, a affirmé le Président.  Il a lancé un appel aux pays industrialisés et aux donateurs pour qu’ils s’unissent dans une initiative internationale et qu’ils surmontent les défis qui menacent les progrès réalisés par l’humanité.  Il leur a demandé de s’appuyer sur la capacité et l’expérience du système des Nations Unies et en particulier, de soutenir et de mettre en œuvre le Consensus de Monterrey et les recommandations de la Conférence sur la crise économique et financière et ses effets sur le développement.  Il a enfin souhaité que la Conférence de Copenhague permette de dégager un consensus qui place le bien-être commun de l’humanité devant les intérêts particuliers des États.  


M. TEODORO OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la Guinée équatoriale, a relevé que, malgré l’idéal de solidarité et de responsabilité partagée à l’origine de la création des Nations Unies et malgré les nombreuses résolutions adoptées pour promouvoir une égalité de droits politiques, économiques et socioculturels, le fossé entre les pays développés et les pays en développement n’a cessé de se creuser, ces dernières années. 


Nous constatons malheureusement que l’égoïsme et le désir de domination continuent de dominer les relations internationales, a-t-il ajouté.  Pour le Président, cela revient à une nouvelle « guerre froide ou chaude » entre les pays pauvres et les pays riches, parlant aussi de « bipolarisation absurde ».  « Quelle est la moralité de ces États qui se vantent de leur abondance économique devant d’autres qui souffrent de misère, de marginalisation et d’abandon? », a demandé le Président. 


Il a plaidé en faveur de nouveaux plans au niveau mondial qui permettraient une cohabitation garantissant les intérêts politiques et économiques de tous les pays.  Le Président a aussi appelé à réfléchir pour déterminer comment on pourrait revenir à des attitudes positives qui reflètent vraiment la philosophie initiale des Nations Unies, incitant notamment au dialogue interculturel.


La Guinée équatoriale, qui voit son développement comme le fruit des efforts nationaux conjugués à la coopération internationale, n’admet aucune discrimination fondée sur des systèmes politiques, économiques ou culturels, a poursuivi le Président.  Le pays maintient d’excellentes relations de coopération, d’amitié et de voisinage avec tous les pays d’Afrique centrale, a-t-il dit.  Il accepte toute coopération économique avec des pays de toute tendance idéologique, de l’Est comme de l’Ouest, du Nord comme du Sud, dans la mesure où elle contribue à la paix mondiale. 


Ainsi, a précisé le Président, nous offrons sans discrimination nos ressources pétrolières à la communauté internationale, malgré les invasions de mercenaires et les attentats terroristes dont nous sommes victimes.  M. Nguema Mbasogo a enfin réitéré l’adhésion de son pays aux principes de la Charte de l’ONU et à ceux de l’Union africaine pour le maintien des relations pacifiques, estimant que la paix mondiale est « un droit universel de tous et une condition préalable à la survie de l’humanité ».


M. LEONEL FERNÁNDEZ REYNA, Président de la République dominicaine, a alerté la communauté internationale sur la crise économique et financière et ses conséquences sur la réalisation des OMD.  M. Fernández a rappelé qu’il y a un an, avant la crise économique mondiale, le monde se trouvait sous l’impact de deux autres crises qui avaient connu une incubation simultanée: la crise des prix du pétrole avec l’envolée des cours des matières premières et la pénurie des denrées alimentaires. 


La crise économique s’est abattue et a, selon lui, été responsable de la très grave crise alimentaire.  Le nombre de personnes qui meurent de faim dans le monde a augmenté de 150 millions, et pour la première fois le nombre total de personnes mourrant de faim a atteint un milliard d’êtres humains, a-t-il souligné.  M. Fernández Reyna a rappelé qu’avant la crise de la faim, la crise des matières premières et la crise économique, la Banque mondiale avait exprimé ses vives préoccupations concernant la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. 


Le Président de la République dominicaine s’est dit profondément préoccupé face à la faculté de réaliser ces Objectifs.  L’année dernière, il fallait avancer, a-t-il dit, et le déluge de la crise s’est abattu.  Il ne faut en aucun cas répéter l’expérience d’une augmentation des prix du pétrole et des produits alimentaires, a mis en garde M. Fernández. 


Concernant les paradis fiscaux, M. Fernández Reyna a souhaité la création d’un groupe de travail qui présenterait un rapport détaillé sur les capitaux déposés dans les paradis fiscaux.  Il a, par ailleurs, déploré le coup d’État au Honduras et a rappelé que le monde entier avait condamné cet attentat contre la démocratie.  Pourtant, le Gouvernement de facto est resté au pouvoir et en ce moment même, M. Zelaya attend que la communauté internationale agisse et s’engage pour la démocratie et la liberté, a conclu le Président de la République dominicaine.


M. MAHMOUD AHAMADINEJAD, Président de la République islamique d’Iran, a déclaré que les conditions actuelles d’iniquités que connait le monde vont à l’encontre de la nature même de l’humanité et « des objectifs qui entouraient la création du monde ».  Le moteur du capitalisme débridé a atteint la fin de la route et est incapable de bouger, a-t-il notamment affirmé.  Il a également estimé que le temps était révolu pour tous ceux qui définissent la démocratie et la liberté, tout en étant les premiers à en violer les principes fondamentaux. 


Il a dénoncé la poursuite de politiques « inhumaines » en Palestine, s’offusquant notamment du fait que les habitations détruites pendant les « 22 jours d’attaques barbares du régime sioniste » ne puissent toujours pas être reconstruites.  Il n’est plus admissible qu’une petite minorité domine la politique, l’économie et la culture de régions importantes du globe pour réaliser ses ambitions racistes, a-t-il ajouté. 


Après avoir dénoncé la situation en Iraq et en Afghanistan, le Président Iranien a estimé qu’on ne pouvait imposer une occupation militaire à un pays au prétexte de la lutte contre le terrorisme ou le trafic de drogues.  Il a également évoqué la construction de bases militaires en Amérique latine.  La logique de la coercition et de l’intimidation provoquera de graves conséquences, a-t-il averti.


« Il est inacceptable que les Nations Unies et le Conseil de sécurité soient dominés par une minorité de gouvernements qui servent leurs propres intérêts », a enchainé M. Ahmadinejad, avant de dénoncer le libéralisme et le capitalisme, qui ont « aliéné les êtres humains », ainsi que l’iniquité des structures économiques actuelles qui pillent les richesses des pays au profit d’un « groupe de géants corrompus du monde des affaires ».  Grâce à Dieu, le marxisme fait maintenant parti de l’histoire et le capitalisme expansionniste connaitra certainement le même destin, a-t-il affirmé.


Après avoir évoqué les enseignements des « messagers de Dieu », le Président iranien a souligné l’importance de restructurer l’ONU afin de la rendre « plus efficace et plus démocratique ».  Il a également lancé un appel à la réforme du Conseil de sécurité, en abolissant, notamment, le « privilège discriminatoire » qu’est, selon lui, le droit de véto. 


Le Président iranien a plaidé pour la création d’un nouvel ordre mondial qui serait basé sur des valeurs humaines et morales, ainsi que pour « l’élimination de toutes les armes nucléaires, chimiques et biologiques ».  « Notre pays vient de tenir des élections glorieuses et entièrement démocratiques », a-t-il enchaîné, avant de déclarer que la République islamique d’Iran était l’un des gouvernements les plus démocratiques et les plus progressifs au monde, prêt à engager un processus constructif pour répondre aux défis internationaux.  « Notre nation se tient prête à serrer chaleureusement les mains qui se tendent vers elle avec honnêteté » a-t-il dit.


M. EVO MORALES AYMA, Président de la Bolivie, a estimé que pour résoudre les problèmes économiques il fallait une complémentarité et une collaboration entre Etats.  Aussi, a-t-il noté que les débats sur les changements climatiques et la crise énergétique étaient abordés sous l’angle de leurs conséquences et jamais sous celle de leurs causes.  Souhaitant être sincère, il a pointé du doigt le capitalisme, le mercantilisme et l’accumulation des biens comme véritables origines de la crise actuelle.  Il faut dire la vérité a-t-il martelé.  Ne pas dire la vérité c’est nous tromper nous même et tromper le peuple.


La recherche de la paix dans le monde ne peut se faire sans la paix économique et sociale.  Avec l’implantation de bases militaires étrangères dans les pays d’Amérique latine ou d’Afrique où sont l’égalité et la justice sociale, s’est-il interrogé.  Les bases militaires américaines en Amérique du Sud ne garantissent pas la paix sociale, a-t-il dit, en prenant l’exemple du Honduras où la base américaine n’a pas garanti la démocratie dans le pays.  Il a appelé l’Assemblée générale à prendre une résolution en faveur du démantèlement des bases militaires étrangères.


Abordant la question des changements climatiques, le Président de la Bolivie a affirmé que bientôt, il sera plus difficile de défendre les droits de la Terre que de défendre les droits de l’homme.  Pour garantir les droits de la « Terre nourricière », le Président a fait trois propositions.  Il a d’abord proposé que les pays développés payent une « dette climatique ».  Il a ensuite suggéré la création d’un tribunal de justice afin de juger et de sanctionner les États ou les entreprises qui portent atteinte a notre Terre, et enfin l’élaboration d’une charte pour garantir les droits de la Terre.  .


Si nous voulons changer le monde, il faut changer les structures des Nations Unies, a déclaré le Président.  Faisant directement allusion au Conseil de sécurité, il a souhaité y voir plus de démocratie et la suppression du droit de veto.  Refusant toute ingérence américaine dans les affaires intérieures de son pays, il a défendu, une nouvelle fois, la culture de la feuille de coca.  Il a affirmé que cette production locale ne servirait pas la production de la cocaïne et que tout serait mis en œuvre pour empêcher son éventuelle écoulement.


M. VICTOR YUSHCHENKO, Président de l’Ukraine, a d’emblée appelé les États à faire preuve de tolérance plutôt que de sectarisme et d’arrogance.  L’objectif majeur de notre nation aujourd’hui est de vivre dans la liberté et la paix, de faire renaître notre vielle tradition millénaire, de renouer les liens interrompus et d’être de nouveau une partie active de la civilisation planétaire, a-t-il poursuivi.  « Notre choix pour la démocratie est irréversible », et en tant que nation, nous ne saurons accepter une quelconque forme d’ingérence dans les affaires intérieures d’États souverains, a-t-il martelé.


Rappelant la célébration prochaine du soixante-cinquième anniversaire de la victoire sur le fascisme, le Président ukrainien a expliqué que la mission de tous les pays, est d’éviter le retour à l’idéologie totalitaire et ses dérivés.  « Je soulève cette question parce que nous assistons à la résurgence de signes du passé », s’est-il justifié.


M. Yushchenko a par ailleurs fermement condamné la violation des principes internationaux fondamentaux, en particulier l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières des États souverains, en soutenant l’obligation imposée aux membres du Conseil de sécurité de respecter les principes de droit international.  Il a en outre confirmé la volonté de son pays de devenir membre non permanent du Conseil de sécurité, de 2016 à 2017, avant d’annoncer la consolidation de la contribution de l’Ukraine aux activités de maintien de la paix de l’ONU.


Le Chef de l’État, qui a rappelé l’abandon par l’Ukraine de son armement nucléaire, a salué l’engagement russo-américain à élaborer un nouvel accord pour réduire de façon significative les arsenaux nucléaires stratégiques, tout en plaidant pour la sécurité des États non nucléaires.  Il a également fait part de sa préoccupation face aux dangers de la piraterie en mer, avant d’apporter son soutien à l’élaboration de règles uniformes et claires pour combattre les pirates et protéger les marins.  Il a proposé, dans ce cadre, la création d’un centre spécialisé en Afrique.  Devant les conséquences de la crise financière internationale, M. Yushchenko a aussi suggéré la création d’un conseil de sécurité des Nations Unies à vocation économique. 


M. LECH KACZYŃSKI, Président de la Pologne, a débuté son propos en rappelant la création des Nations Unies, il y a 64 ans, Organisation destinée à prévenir des atrocités comme celle de la Seconde Guerre mondiale.  La liberté des années 90, liberté économique, liberté des capitaux sur les marchés, a été sapée avec la crise qui nous a touchés, l’an dernier, a-t-il dit.  Selon lui, le problème du sida, de la pauvreté et des endémies vient s’ajouter aux problèmes créés par cette crise. 


Le Président a aussi dénoncé les nombreuses causes de conflit dans le monde, dont la violation de l’intégrité territoriale des États.  Il a rappelé qu’il y a des différences d’opinion entre les États, comme en Géorgie où ces différences peuvent être source de grands conflits.  Revenant sur la crise économique, il a mis en avant la situation de son pays qui est l’un des seuls pays européens à avoir renoué avec la croissance, cette année. 


Il a donc estimé que l’économie peut être gérée sans l’adoption de nouvelles règles.  Mais, a-t-il dit, il est de notre intérêt de mettre certaines choses en lumière comme la question des institutions financières et leur lien avec les Nations Unies, a-t-il dit.  Dans ce cadre, M. Kaczyński a suggéré à l’Organisation internationale du Travail (OIT) de mettre en place des programmes alternatifs qui prendraient en compte les besoins des salariés, des employeurs, des pays riches ou des pays pauvres. 


M. KEVIN RUDD, Premier Ministre de l’Australie, a déclaré que près de 70 ans après leur rédaction, les principes de la Charte des Nations Unies étaient toujours d’actualité.  Évoquant ensuite l’effondrement, il y a un an, de la firme d’investissement Lehman Brothers, le Premier Ministre a estimé qu’il fallait limiter la cupidité qui avait provoqué le « carnage » des marchés financiers. 


Ce sont les travailleurs et leur famille qui ont payé le prix de cet échec, a-t-il constaté, indiquant, entre autres, que 100 millions de dollars d’épargne des Australiens avaient été effacés, et que le chômage avait augmenté dans de nombreuses communautés de son pays.  Grâce aux réunions du G-20, les gouvernements ont pu agir de concert pour stabiliser le système financier, s’est-il félicité, prévenant néanmoins que « notre relèvement économique est loin d’être certain ».


Le Premier Ministre a préconisé l’établissement d’un nouveau cadre économique capable de se départir du système non durable du passé.  La prochaine réunion du G-20 à Pittsburgh présente une occasion unique et historique de se mettre d’accord sur un cadre commun et parvenir à une croissance durable.  Selon lui, le Fonds monétaire international (FMI) doit analyser les plans économiques nationaux, pour s’assurer qu’ils pourront garantir une croissance économique durable.  Il a également recommandé la mise au point d’une charte pour une économie durable.


Passant ensuite aux changements climatiques, M. Rudd a estimé que les engagements pris jusqu’à présent n’étaient pas à la hauteur des défis.  Tous nos gouvernements doivent dépasser leurs intérêts nationaux et parvenir à un accord entre pays développés et en développement, fondé sur la science des changements climatiques et le transfert de technologie, a-t-il dit.


Rappelant ensuite que 50% de la population des petits États insulaires du Pacifique vit à moins de 1,5 kilomètre des côtes, M. Rudd a déclaré que le Pacifique Sud était le « visage humain » de cette crise écologique.


Le Premier Ministre australien a ensuite prôné l’élimination complète des arsenaux nucléaires et a demandé le renforcement du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).  Nous devons faire preuve de volonté politique pour voir l’avènement d’un monde exempt d’armes nucléaires, a-t-il déclaré. 


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