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TAD/2042
23 avril 2008

CNUCED XII: DANS « LA NOUVELLE GÉOGRAPHIE DU COMMERCE INTERNATIONAL », SEULE L’INTÉGRATION RÉGIONALE PEUT OPTIMISER L’IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT DU COMMERCE SUD-SUD

23/04/2008
Conseil économique et social
TAD/2042
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Après-midi


CNUCED XII: DANS « LA NOUVELLE GÉOGRAPHIE DU COMMERCE INTERNATIONAL », SEULE L’INTÉGRATION RÉGIONALE PEUT OPTIMISER L’IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT DU COMMERCE SUD-SUD


(Publié tel que reçu)


Accra, GHANA, 23 avril –- Le Sud, est-il bien ce « bien public international » qui offre aujourd’hui de nouvelles perspectives de croissance soutenue, donc de développement, à une époque où se manifeste la crainte d’un ralentissement de l’économie mondiale? Oui, ont répondu, cet après-midi, les spécialistes du commerce international, en explorant les contours de la « la nouvelle géographie du commerce international », créée par l’expansion du commerce Sud-Sud. 


Les promesses de « bien public international » ne seront tenues, ont-ils prévenu, que si l’on se dirige résolument vers l’intégration régionale par le biais d’accords qui visent une vraie libéralisation du commerce.  « Nous ne pouvons pas continuer à travailler avec différentes réglementations techniques, normes sanitaires et phytosanitaires, et autres mesures de contrôle des prix », a insisté le Secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi, dont le point de vue a été particulièrement appuyé par Robert Davies, Vice-Ministre du commerce et de l’industrie de l’Afrique du Sud.


Réunis autour de la quatrième des neuf tables rondes organisées par la douzième Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XII), jusqu’au 25 avril à Accra, ces spécialistes ont réfléchi aux moyens de consolider le commerce Sud-Sud pour en optimiser l’impact sur le développement. 


Poursuivant sur sa lancée, le Secrétaire général de la CNUCED a regretté que les négociations du Système global de préférences entre pays en développement (SGP), qui en sont à leur troisième tentative, se compliquent dès que l’on cherche à se mettre d’accord sur des chiffres.  Or, en 2006, environ 71% des droits de douanes perçus sur des exportations en provenance des pays en développement l’avaient été par d’autres pays en développement, a-t-il fait remarquer. 


La moyenne pondérée des tarifs douaniers pour les échanges Sud-Sud était de 4,3%, comparé au taux de 2,3% appliqué par les pays développés aux exportations du Sud.  Cette situation « inacceptable » rend peu « crédibles » les discours d’adhésion à la coopération Sud-Sud, a insisté le Secrétaire général de la CNUCED, en ajoutant: « il faut se garder de créer des distorsions entre les pays du Sud eux-mêmes ».  La nécessité d’un système tarifaire fonctionnel et d’une politique commerciale commune a été reconnue par le Président de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).



Avec des pays comme la Chine, le Brésil et l’Inde, le « Sud dynamique » a été la locomotive de la progression des échanges Sud-Sud.  Les chiffres de la « nouvelle géographie du commerce international » parlent d’eux-mêmes: le commerce Sud-Sud est passé de 577 milliards de dollars en 1995 à plus de 2 000 milliards en 2006.  La même année, les échanges Sud-Sud représentaient 17% du commerce mondial et 46% du commerce total des marchandises des pays en développement.  L’Afrique est sans contexte le continent qui a enregistré la plus forte augmentation de ses exportations vers les autres pays du Sud, celles-ci ayant triplé entre 1995 et 2005. 


Dans le domaine des services, les exportations Sud-Sud représentent désormais plus de 10% des exportations mondiales des services alors que les sorties d’investissements étrangers directs (IED) en provenance des pays en développement et des pays à économie de transition sont passées de 65 milliards de dollars dans les années 90 à 193 milliards en 2006, représentant 16% du total mondial*.


Défis de l’intégration régionale


Le commerce Sud-Sud représente désormais 50% des échanges totaux de l’Inde, s’est félicité l’expert indien E. R. Khullar.  Le « nouveau Sud » est un Sud plus fort, qui ne peut être ignoré ni sur le plan politique ni sur le plan économique.  Aujourd’hui, il est reconnu que la prospérité du Nord dépend de celle du Sud, a indiqué M. Khullar.  Mais, a-t-il souligné, le nouveau Sud n’est pas un bloc monolithique.  Le défi à relever est donc de multiplier les arrangements commerciaux préférentiels pour accélérer l’intégration des pays qui sont à la traîne.  Aussi l’Inde, a-t-elle signé un accord d’accès des produits des pays les moins avancés (PMA) à son marché qui les exonère de toute  franchise douanière et de tout contingentement. 


Pour relever le défi de l’intégration régionale, a poursuivi l’expert indien, l’Inde est passée, avec ses voisins du sous-continent d’Asie du Sud, des arrangements commerciaux préférentiels à un accord de libre-échange.  Elle négocie également un accord de libre-échange avec l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ANASE).  Mais elle va plus loin, a expliqué l’expert, en indiquant qu’elle veut obtenir du Brésil et de l’Afrique un accord, mettant ainsi un pied dans l’intégration de région à région.  C’est à cela que ressemblera l’avenir, que cela plaise ou non.


Même si les États-Unis, l’Inde, la Chine et l’Union européenne négocient actuellement des accords entre eux, la tendance la plus importante de l’économie mondiale est à l’intégration de la région Asie-Pacifique, a souligné le Directeur de la Division du commerce international de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CESAP), au nom des cinq commissions régionales de l’ONU.  Osvaldo Rosales a estimé que des pays comme le Mexique ou le Pérou devraient renoncer aux accords bilatéraux et négocier directement avec l’ANASE.


Une intégration régionale réussie exige certains fondamentaux, a averti le Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Égypte.  Ezzeldin Ramzy a ainsi d’abord cité le renforcement des règles de la coopération Sud-Sud qui ne doivent en aucun cas être calquées sur les modèles existants.  Il a jugé important de laisser aux États une marge de manœuvre pour qu’ils puissent tenir compte des impératifs du développement. 


Le Vice-Ministre a cité le renforcement de la capacité productive des économies africaines qui doivent se diversifier grâce à de meilleures capacités institutionnelles, humaines et technologiques, en particulier dans le domaine des énergies renouvelables.  Il est donc important d’étudier l’impact des IED, qui se tournent trop souvent vers le seul secteur minier.  Enfin, le Vice-Ministre est revenu comme d’autres, dont le Sous-Secrétaire d’État au commerce et à l’industrie d’Oman, à la facilitation du commerce par la mise en place des infrastructures physiques et la connectivité.


Lorsque l’on parle d’intégration régionale dans le Sud, n’oublions pas les marchés du Nord, a tempéré le Secrétaire général de la CNUCED.  Supachai Panitchpakdi a rappelé que le commerce du Sud est conditionné par les réseaux de production du Nord.  Le Nord, a-t-il insisté, restera le marché le plus important pendant encore très longtemps.  La question qu’il faut poser est plutôt celle des progrès réalisés, a commenté, à son tour, le Secrétaire d’État principal aux affaires étrangères de Singapour, en attirant l’attention sur les défis de la stabilité politique et de la primauté du droit.  L’autre défi, a dit Zainul Abidin Rasheed, est celui de la libéralisation du commerce international qui exige des pays du Sud qu’ils y contribuent réellement, en ne se contentant pas de lancer des critiques au sein d’organisations comme l’OMC. 


Le Sous-Secrétaire d’État polonais à l’économie, Marcin Korolec, a d’ailleurs dénoncé la faiblesse des politiques de concurrence des pays en développement qui ont un impact négatif sur le commerce international.  Les normes de politiques telles que les mesures antidumping doivent s’améliorer au risque de voir s’ériger de nouvelles barrières tarifaires, a-t-il averti, en estimant que l’exemple de l’Union européenne pourrait être utilement étudié.  Ces questions seront dûment examinées, a poursuivi l’Ambassadeur du Japon en charge de l’Afrique.  Le représentant de la Slovénie a, au nom de l’Union européenne, mis en avant l’accord de coopération économique que l’Union européenne a signé avec les pays d’Asie, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) qui vise, entre autres, à encourager l’intégration régionale.


L’Ambassadeur du Gouvernement du Japon, Keitaro Sato, a annoncé la tenue de la quatrième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD IV) à laquelle doivent participer 40 chefs d’État africains, et qui aura lieu le mois prochain à Yokohama.  Toutefois, a-t-il prévenu, à son tour, sans stabilité et sans sécurité, même des initiatives comme l’aide pour le commerce resteront vaines.  La coopération Sud-Sud, a ajouté le représentant de la Chine, est un moyen important d’assurer la croissance économique et le développement, à condition que l’on n’oublie pas les forces du marché, dont le secteur privé.


*     TD/425


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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