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TAD/2032
18 avril 2008

LA CNUCED XII SE RÉUNIT DU 20 AU 25 AVRIL À ACCRA DANS UN CONTEXTE DE TURBULENCES ÉCONOMIQUES ET MONÉTAIRES PORTEUSES DE RISQUES POUR LES PROGRÈS ENREGISTRÉS DANS LES PAYS DU SUD

18/04/2008
Conseil économique et social
TAD/2032
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Communiqué de base


LA CNUCED XII SE RÉUNIT DU 20 AU 25 AVRIL À ACCRA DANS UN CONTEXTE DE TURBULENCES ÉCONOMIQUES ET MONÉTAIRES PORTEUSES DE RISQUES POUR LES PROGRÈS ENREGISTRÉS DANS LES PAYS DU SUD


Accra, 18 avril -- Douze ans après Midrand, en Afrique du Sud, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) marque son retour en Afrique, continent emblématique de la mondialisation dans ce qu’elle a de meilleur et de pire.  Sur le thème général des « Perspectives et des enjeux de la mondialisation pour le développement », la douzième session quadriennale de la Conférence (CNUCED XII) se tient, du 20 au 25 avril 2008, à Accra, au Ghana, dans un contexte de turbulences économiques et financières révélant la nécessité d’une surveillance et d’une intermédiation multilatérales dans les domaines intrinsèquement liés du commerce et du financement.


Contexte encourageant mais fragile


Comme l’a rappelé le Secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi, le monde s’est profondément transformé économiquement, socialement, politiquement et même physiquement du fait des changements climatiques.  Aujourd’hui, il y a de fortes raisons d’espérer que plusieurs pays en développement atteindront les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici à 2015.  En effet, ces pays ont su profiter de la récente envolée du prix des produits de base.


Nombre d’entre eux sont désormais exportateurs nets de capitaux.  Le commerce et l’investissement Sud-Sud ont virtuellement explosé.  La nouvelle vague de la mondialisation a abouti à une meilleure répartition des bénéfices.  Le produit intérieur brut (PIB) par habitant dans ces pays est passé de 810 dollars en 1980 à 1 621 dollars en 2006.  La pauvreté a sensiblement reculé, en particulier en Asie mais aussi en Afrique où la croissance du PIB moyen, à l’exception du Nigéria et de l’Afrique du Sud, a été estimée l’an dernier à 7%.


Faut-il pour autant se laisser porter par l’optimisme?  Non, prévient le Secrétaire général de la CNUCED.  D’abord l’augmentation du pouvoir d’achat et la demande croissante en produits d’exportation ne suffiront vraisemblablement pas à atténuer les méfaits d’une éventuelle récession dans les pays du Sud.  En elle-même, la croissance économique n’a pas entraîné une réduction de la pauvreté ou une répartition plus équitable du revenu.


De nombreuses régions d’Afrique restent confrontées à une pauvreté grandissante ou connaissent une croissance non génératrice d’emplois.  Le continent dans son ensemble a compté pour à peine 2,7% des exportations mondiales en 2006, ce niveau étant nettement inférieur à celui que le continent a connu en 1980.  En Afrique et ailleurs, les nuages s’accumulent et la récente dynamique marque peut-être déjà le pas.  Les problèmes chroniques que connaissent les pays en développement depuis plusieurs décennies prennent aujourd’hui de nouvelles formes et une ampleur alarmante.


Que peut-faire la CNUCED?


« Nous avons l’espoir qu’à sa douzième session, la CNUCED étudiera les conséquences de ces nouvelles réalités pour le commerce et le développement, en s’efforçant de relever les défis et de tirer le meilleur parti des possibilités offertes par la mondialisation », confie Supachai Panitchpakdi.


Aussi, après la cérémonie d’ouverture à laquelle assisteront le Président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, en sa qualité d’hôte de la CNUCED XI, et son homologue ghanéen, John Kofi Agyekum Kufuor, ainsi que le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, les chefs d’État et de gouvernement, les ministres, les représentants des organisations internationales, du monde universitaire, du secteur privé et des organisations non gouvernementales (ONG), entameront leurs discussions dans différents foras.


Outre le Forum mondial de l’investissement, celui de la société civile, le débat général, la Réunion de haut niveau sur la prospérité de l’Afrique, la CNUCED a prévu pas moins de neuf tables rondes ministérielles s’articulant autour de quatre thèmes subsidiaires relatifs au renforcement de la cohérence, à la nouvelle géographie de l’économique mondiale, au renforcement des capacités productives et à l’efficacité institutionnelle de la CNUCED.


Réflexions pour aller de l’avant


«  Mondialisation, développement et réduction de la pauvreté: dimensions sociales et incidences sur les questions de parité », tel est le thème de la première table ronde qui devrait permettre aux participants de réfléchir aux moyens de concilier réduction de la pauvreté et justice sociale avec croissance économique et viabilité de l’environnement.  La tâche n’est pas aisée, mais elle est essentielle si l’on veut que les bienfaits de la mondialisation profitent à davantage d’individus et de pays.


« Mettre en place un environnement institutionnel propice à un accroissement de l’investissement étranger direct (IED) et à un développement durable. »  Au cours de cette deuxième table ronde, les participants auront l’occasion d’examiner les mesures à prendre pour encourager des formes d’IED qui aboutissent à l’incorporation de nouvelles technologies, au développement d’une main-d’œuvre qualifiée et à l’établissement de relations entre entreprises étrangères et entreprises locales.


Il s’agira donc du bon fonctionnement des marchés, des lois et réglementations relatives à la concurrence ou encore des partenariats public-privé, en gardant à l’esprit que, souvent le fait de sociétés transnationales, l’IED est d’un montant largement supérieur à d’autres formes d’apport comme, par exemple, l’aide publique au développement (APD).


« Le renouveau des produits de base au XXIe siècle », troisième table ronde, qui concerne un secteur où l’on observe depuis 2002, un rebond des prix attribuable en grande partie à la nouvelle demande dynamique de quelques pays en développement nouvellement industrialisés.  L’indice des prix de la CNUCED hors combustibles est à son plus haut niveau depuis 1960 et en hausse de 114% depuis 1992.  Les prix des métaux et des minéraux ont progressé de 265% au cours de la même période alors que ceux des matières bruts d’origine agricole ont augmenté de 78%.  Le pétrole, entre-temps, a brièvement atteint le prix record de 100 dollars au début de cette année.


La tâche des participants à la table ronde sera donc d’envisager les éléments à incorporer dans un plan d’action international pour mettre à profit pour le développement, les gains durables de l’actuelle envolée des prix et remédier aux problèmes de fluctuation des prix de ce secteur.


Comment s’assurer que le commerce Sud-Sud joue un plus grand rôle dans la lutte contre la pauvreté et dans l’expansion du développement économique et social?  Les participants à la table ronde intitulée « Émergence d’un nouveau Sud et commerce Sud-Sud en tant que vecteur d’intégration régionale et internationale pour le développement » tenteront de répondre à cette question.


Le dynamisme économique de pays tels que la Chine, le Brésil et l’Inde s’est traduit par une expansion spectaculaire du commerce Sud-Sud au cours de la dernière décennie, puisqu’il est passé de 577 milliards de dollars en 1995 à plus de 2 000 milliards en 2006.  La même année, le commerce Sud-Sud représentait 17% du commerce mondial et 46% du commerce total de marchandises des pays en développement.  Les pays du Sud jouent également un plus grand rôle dans les courants d’investissement, aussi bien comme pays de destination, que comme pays d’origine.


Après une table ronde concernant la « Mise à profit des connaissances et de la technologie pour le développement », la CNUCED offrira une autre table ronde sur la « Contribution de la gestion de la dette au commerce et au développement ».  Aujourd’hui, les économistes ne savent pas quelles seront l’ampleur et l’intensité des répercussions de la crise des prêts hypothécaires à risque et d’une éventuelle récession aux États-Unis sur le reste du monde.


Or, on ne peut exclure qu’un ralentissement économique ne provoque de nouvelles crises de la dette.  En 2006, la dette extérieure des pays en développement a diminué en pourcentage de leur produit national brut (PNB) passant de 29 à 25%.  D’un autre côté, un certain nombre de pays en développement et en transition continuent d’afficher d’importants déficits de leurs comptes courants et une monnaie surévaluée.  Les participants à la table ronde sont donc invités à examiner avec quelle efficacité les conditions et mécanismes de viabilité de la dette peuvent aider à prévoir et à prévenir des crises potentielles et quel pourrait être le rôle d’une gestion efficace de la dette.


Les deux dernières tables rondes auront pour thème « Développer les capacités de production dans les pays les moins avancés (PAM) » et le « Rôle de la CNUCED en matière de développement, son impact et son efficacité institutionnelle ».


Événements parallèles


En réalité, les travaux de la CNUCED XII ont commencé dès le vendredi 18 avril avec les réunions de l’Association mondiale des organismes de promotion et de l’investissement (WAIPA), la réunion ministérielle du Groupe des 77 et l’initiative « L’Afrique créative », qui vise à valoriser les industries africaines de la création, comme la peinture, la danse, la musique et la mode.  Enfin, lors du prix 2008 de la femme chef d’entreprise, un jury d’experts choisira la gagnante parmi les propriétaires d’entreprises ayant bénéficié des formations dispensées par les 27 centres Empretec de la CNUCED.


La CNUCED XII prendra fin le 25 avril avec l’adoption du document final que le Comité plénier aura finalisé pendant la durée de la session.


Pour plus d’informations, veuillez consulter le site Internet de la CNUCED XII à l’adresse suivante: www.unctadxii.org.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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